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Victor Griffuelhes (1874-1922) [06]

Par Victor Méric - Flax

Domaine public

Le dessein du ministre était de canaliser le mouvement révolutionnaire et de précipiter les syndicats dans la voie réformiste. Il comptait, pour la réussite de son projet, sur les Keufer, les Briat et autres faux amis des travailleurs. Griffuelhes fut de ceux qui s’opposèrent le plus audacieusement à ce projet de mainmise sur les syndicats.

Le gouvernement — précédant dans cette voie le ministère Clemenceau qui, depuis...— imagina alors de fabriquer un complot royalo-révolutionnaire. C’était le moment où l’on jugeait les conspirateurs réactionnaires à la Haute Cour. Des militants ouvriers furent arrêtés ; parmi eux E. Guérard —aujourd’hui rallié au réformisme— et Riom, qui furent accusés de s’être fait les intermédiaires entre les syndicats et les royalistes. On voit que dans l’art d’imaginer des complots, Clemenceau n’a rien innové.

En 1899, Griffuelhes avait été nommé secrétaire de l’Union des syndicats. En cette qualité, il prit part au défilé de la place de la Nation, lors du triomphe de la République. Mentionnons qu’il avait protesté contre cette manifestation. Il n’y contribua que sous la pression de ses camarades. Déjà, il avait pu juger, à Longchamps, où on l’avait quelque peu malmené, la comédie qui se jouait sur le dos des travailleurs.