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Georges Yvetot (1868-1942) [06]

Par Flax

CC by-nc-sa

Pour mieux comprendre Yvetot, il nous faut examiner ici les théories syndicalistes sur lesquelles nous reviendrons prochainement, quand nous présenterons d’autres militants.

Il y a plusieurs tendances dans le mouvement syndicaliste. Mais il y a, tout de même, des vues d’ensemble. Il faut distinguer d’abord deux grands courants : le syndicaliste réformisme et le syndicalisme révolutionnaire. Nous nous occuperons de ce dernier, le seul qui compte véritablement.

Le syndicalisme réformiste, en effet, n’est guère autre chose que la résurrection de l’ancien corporatisme tel qu’il existait avant la Révolution. Cependant, au Moyen-âge, ainsi que Reclus l’a mis en lumière, les corporations étaient d’essence révolutionnaire, elles visaient au triomphe de la classe dite des artisans. Peu à peu les bourgeois s’emparèrent de la direction de ce mouvement. Les corporations devinrent des groupements composés de patrons et d’ouvriers et il en résulta pour ces derniers, une discipline, des obligations, des corvées. La Révolution accomplit un acte nécessaire en les détruisant, mais, malheureusement, elle laissa l’ouvrier isolé, sans défense devant les exigences patronales.

Fatalement les corporations devaient se reconstituer sous une autre forme. C’est l’origine des syndicats. Le développement du machinisme, l’extension du capitalisme devaient conduire les ouvriers à se grouper, à se solidariser pour la lutte. Au début, les préoccupations des syndicats furent les mêmes que celles des anciennes corporations, seulement la communauté d’intérêts entre patrons et ouvriers disparut. Les travailleurs prirent bientôt conscience de l’antagonisme qui s’établit entre leurs intérêts et les intérêts patronaux.

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