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Paul Robin (1837-1912) [08]

Par Victor Méric - Flax

Domaine public

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Tel est Paul Robin, savant, pédagogue et militant. Âgé aujourd’hui de soixante-douze ans, il continue à se dépenser au service de ses idées. Il vit actuellement en Suisse. Nous regrettons de n’avoir pu disposer de plus de place pour en parler longuement et donner d’amples détails sur l’existence de cet homme de science et de dévouement. Mais, comme nous le disons plus haut, il nous a paru important de fournir quelques aperçus sur les doctrines condamnées au Palais-Bourbon et signalées à l’indignation vertueuse des bons esprits.

Maintenant, on ne se contente plus de s’indigner, on sévit. Les malthusiens sont condamnés, au nom de la Morale et de la Pudeur. Liard-Courtois et Humbert, le premier propagandiste, le deuxième directeur de Génération Consciente, viennent de récolter la prison et l’amende sur la dénonciation d’un certain Gast, avocat millionnaire, père d’un seul enfant, qui a porté plainte contre les malthusiens à la suite d’une conférence faite à Sotteville-les-Rouen. Et ça continue. Humbert est de nouveau poursuivi, cette fois, pour avoir reproduit dans son journal la préface d’un roman de M. René Emery : la Faute nuptiale, roman qui, lui, n’a pas été poursuivi.

Notons que les propagandistes du néo-malthusianisme ne sont pas traduits en cour d’assises où ils pourraient s’expliquer. Ils sont étranglés proprement en correctionnelle où il leur est impossible de se défendre.

Il faut s’attendre à ce que la répression continue. Peut-être même ce numéro pour les quelques. banales vérités qu’il contient bénéficiera-t-il des avantages que nous ont déjà valus certaines considérations antimilitaristes. Ce ne sont pas ces poursuites ridicules qui empêcheront les lecteurs de réfléchir et de se prononcer, pas plus qu’elles ne détourneront un instant de sa route la vérité invincible.

Victor Méric

P.-S. - Nous apprenons, au moment de mettre sous presse, la condamnation, devant la neuvième Chambre, de Humbert, à six mois de prison et 3 000 francs d’amende, et du gérant Fernandez à 200 francs d’amende. La répression ne fait que commencer. Gare à la suite.

 

Les Hommes du jour, 1er janvier 1910 - n°102