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L’Éveil social, deuxième année, n°2, février 1933

Mohamed Saïl (1894-1953) : « Réponse au Secours rouge »

Par Mohamed Saïl

CC by-nc-sa

L’organisme intitulé « Secours rouge » ne perd pas une occasion lorsqu’il s’agit de masquer son hypocrisie en matière de défense des emprisonnés et des persécutés politiques.

Aujourd’hui il lui prend la fantaisie de réclamer l’amnistie pour mon cas. Le « Secours rouge » s’attache à démontrer ainsi son indépendance politique, tout comme il s’attache à démontrer le plus souvent possible un internationalisme qui n’exclut pas une soumission servile au gouvernement de Moscou qui torture et emprisonne les meilleurs révolutionnaires dans les bagnes de Russie.

Que le Secours rouge sache bien que, anarchiste convaincu, je ne tolérerai jamais que ma défense soit prise par les enfants de chœur du fascisme rouge qui sévit en Russie, pas plus d’ailleurs que par tout autre polichinelle politique qui viendra crier aujourd’hui amnistie pour m’enfermer lui-même demain. Ma carcasse est suffisamment dure pour résister à plus d’un séjour dans les geôles des régimes blancs ou rouges qui pourront porter atteinte à ma liberté. Ce n’est pas pour cela que j’irai implorer la pitié de gens qui ne sont que des rabatteurs de certains politiciens et les valets d’un régime qui ne le cède en rien au régime capitaliste.

Dans le journal La Défense du 31 décembre, les bons apôtres du Secours rouge consacrent quelques lignes à ma personne. A l’avenir, je les dispense entièrement d’une formalité aussi hypocrite ; je ne pourrai que mépriser une telle sollicitude tant qu’elle ne s’étendra pas aux victimes de Staline.

Pour les dirigeants de Secours rouge, comme pour tous ceux qui font les laquais et les soutiens des dictateurs, je ne saurais avoir que du mépris. Avec moi, toutes les victimes des dictatures et de l’autorité se dresseront pour crier : A bas toutes les prisons de la terre ! Que sur leurs mines, un jour, s’élève, radieuse et triomphante, l’Anarchie !

Notre ami Vergine, insulté par les professionnels de la calomnie qui font l’ornement du faisceau rouge de Drancy, a déjà répondu vertement à ces polichinelles dans un tract édité par le groupe libertaire. Dans leur dernier bulletin paroissial, les radoteurs assermentés du PC continuent à insulter notre camarade qui eut le tort de gêner certaines de leurs petites « combines » politiques. Les troupiers de la milice stalinienne de Drancy évoluent admirablement dans l’ordure. On voit que c’est leur élément naturel. Le groupe libertaire se solidarise avec le camarade Vergine et exprime tout son mépris pour les pitoyables histrions qui, entre deux grimaces, ne savent que baver des insanités sur les meilleurs militants.