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Le Libertaire n° 22, 25 mars 1946

Mohamed Saïl (1894-1953) : « Aux travailleurs algériens »

Par Mohamed Saïl

CC by-nc-sa

Pour mieux vous endormir, les gouvernants de la 4e République vous accordent pompeusement le droit de vote qui, en réalité, ne servira qu’à renforcer un capitalisme agonisant dont les députés sont les plus fiers larbins.

Sous la poussée des masses algériennes évoluées, la sale clique des caïds et des marabouts est en train de disparaître quand, en crapules rusées, les partis politiques se dépêchent de les remplacer par d’autres béni-oui-oui au service du capitalisme qu’ils appellent députés pour mieux vous tromper.

Ce sont, bien entendu, des étiquettes plus ronflantes mais, en réalité, c’est du kif au même, car bourrique officielle ou bourrique officieuse ne font qu’un même dada du régime qui les paie grassement et dont vous faites les frais.

Jaloux des lauriers du pape Staline qui est en train d’imposer sa dictature au monde arabe, tels l’Iran et la Turquie dont il veut s’accaparer, en vertu sans doute du droit des peuples à se diriger eux-mêmes, nos communistes repartis de France tentent de vous empoisonner avec une fausse doctrine dont le but est de profiter de votre crédulité.

Tous les partis politiques, en vous faisant croire qu’ils sont vos défenseurs, sont des parasites qui vivent grassement sur votre dos. Un député gagne 350 000 F par an, plus les petits à-côtés, pour quelques heures de bavardage par mois, alors que vous, créateurs de toutes les richesses, vous peinez du matin au soir pour un salaire qui suffit à peine à vous empêcher de mourir de faim.

Camarades algériens, ouvrez les yeux ! Ne servez plus de cobayes à des arrivistes sans scrupules qui vous grugent et vous dominent. Assez de bourrage de crâne. Votre place est parmi les anarchistes qui ne vous demandent ni place ni prébende, mais seulement de lutter avec eux pour la suppression totale du régime d’exploitation et de domination de l’homme par l’homme.

Travailleurs algériens, pour qu’il n’y ait plus de caïds de députés ou de marabouts endormeurs du peuple, venez avec nous !

Tous ensembles, nous édifierons un règne sans classes, le fédéralisme libertaire, où il n’existera ni maîtres ni valets, mais seulement des hommes égaux.

Debout pour la révolution sociale qui nous débarrassera à jamais des dominateurs et des exploiteurs. Camarades algériens, en avant pour un monde nouveau ! Ni dieu, ni maître, et crions tous ensemble : Vive l’anarchie !.

 

Le Libertaire n° 22, 25 mars 1946 [PDF]
Fragments d’Histoire de la gauche radicale