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La grève (Dessin de Grandjouan)

Les Hommes du jour, 1908 - n°27

Émile Pouget (1860-1931) [08]

Par Flax

Domaine public

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A côté de ce souci opiniâtre que nous venons de noter, il y en a un deuxième qui caractérise Pouget. En même temps qu’il rêvait de pousser les anarchistes dans les syndicats, il songeait à créer un journal quotidien qui résumerait toutes les aspirations et toutes les tendances du révolutionnarisme.

L’opération était beaucoup plus difficile. Il faut de l’argent pour lancer un quotidien. A notre époque où la presse est un formidable instrument entre les mains des capitalistes, il est peu aisé de lutter et d’entrer en concurrence avec les feuilles bourgeoises. Longtemps Pouget dut se contenter d’un hebdomadaire. A son retour de Londres, il avait transformé son Père Peinard qu’il baptisa la Sociale, et qui reprit, par la suite, son titre primitif. Rappelons, en passant, qu’il fut de nouveau condamné pour un article de la Sociale, dans lequel il attaquait la Compagnie de Montceau-les-Mines.

Quand Sébastien Faure fonda le Journal du Peuple en pleine affaire Dreyfus, Pouget crut qu’on allait enfin posséder le quotidien rêvé. Malheureusement les fonds manquèrent. Secrétaire de la rédaction, durant les derniers six mois, Pouget fit des efforts inouïs pour conserver la vie à cet organe. Il dut céder devant l’inévitable.

Mais il ne se découragea pas. Sa marotte – si l’on peut appeler ainsi son désir obstiné –le tenait toujours. Ne pouvant avoir de quotidien, il fonda un hebdomadaire. Au Congrès des Syndicats de Toulouse, en 1900, il fut décidé la création d’un organe syndicaliste la Voix du Peuple, dont il est depuis le secrétaire de rédaction.

Et, en cette année 1908, Pouget est bien près d’avoir réalisé son rêve. On peut le dire, en effet, ce n’est plus un secret. Le 1er septembre prochain, un nouveau quotidien verra le jour, avec le concours et la collaboration des militants révolutionnaires de toutes nuances, parlementaires mis à part. Ce quotidien, qui n’est pas l’œuvre personnelle de Pouget et qui est fondé à l’aide de Ch. Malato et quelque autres, on l’a baptisé : le Cri du Peuple ; il a repris le titre de Jules Vallès. Et il nous promet de belles batailles,

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