Partage Noir

Accueil > Portraits > Mohamed Saïl (1894-1953) > Mohamed Saïl (1894-1953) : « L’idéal du Parti communiste »


Bagne de Solovki

Le Libertaire n° 341, 24 novembre 1924

Mohamed Saïl (1894-1953) : « L’idéal du Parti communiste »

Par Mohamed Saïl

CC by-nc-sa

Voici le texte d’une convocation, par pneumatique, du chaouch Hady Ali à un Algérien adhérent au parti des voleurs, dit communiste : Camarade, vous êtes obligatoirement convoqué à assister à notre réunion pour l’organisation d’un Congrès d’indigènes algériens adhérents au PC. Hé, oui ! Vous avez encore le culot de vous dire anti-bourgeois ! Vous convoquez ainsi vos michetons au prix de 0,75 F ; s’ils sont au nombre de sept ou huit cents ça serait kif-kif. C’est tout de même révoltant que cet argent soit perdu ainsi : il y a de quoi nourrir une bonne famille de ceux qui crèvent tant de misère. Hé oui ! Le jeune camarade serait donc obligé d’assister à votre réunion, sinon gare au refus d’obéissance ! Vous avez tellement l’habitude de vous servir de la flicaille pour vous accaparer des coopératives ! Mais la police trouvera plus de facilités à être sous vos ordres pour recruter vos adhérents. Il n’y aurait rien d’étonnant que sous peu vous obligiez encore ces pauvres fanatiques à porter des jupons au lieu de culottes.

Enfin, vous donnez toutes les preuves de votre barbarie. Il n’y a que ces forçats du patronat qui ne montrent rien de leur dignité pour vous cracher sur la gueule au lieu d’écouter vos saloperies.

Ça commence à aller mal avec vos électeurs français, après la reconnaissance de votre Russie bourgeoise, par sa petite sœur française. Hélas, vous avez quand même l’habitude d’accoucher d’autres nouvelles politiques, mais pour asservir les Arabes, cette fois avec la complicité du barbare Hadj Ali.

Pauvres Khonia ! Pas de chance ! La première bourrique qui se présente vous fait tourner comme des girouettes et pourtant la chose est assez claire : Vous n’avez qu’à demander combien de roubles ils touchent, vos frères de Moscou, pour vous bourrer ainsi le crâne au nom de leur révolution. Je voudrais bien savoir, moi, à mon tour, dans quelle usine travaillent les rois bandits : Cachin et ses enfants de chœur. Quant à leurs gardes-chiourmes Monmousseau, Sémar et toute la clique, je connais leurs places et leurs salaires : journalistes pour les mensonges et calomnies via la place de député. Je ne trouve qu’un seul bon révolutionnaire chez eux, le petit capitaine polonais. Quant aux tout petits poussins, ils débutent par béni-oui-oui, en attendant l’héritage de leur grand papa, bien sûr qu’ils sont des révolutionnaires en manchettes et faux-cols, mais en attendant les pauvres bagnards de Solovietski vous envoient le cri d’amnistie, eux qui ont osé élever la voix contre toutes les dictatures. Quant à nous, leurs frères de misère, nous vous crions : A bas les deux bagnes : celui de Biribi et celui de Solovietski ! A bas les politiciens, les lutteurs, les hypocrites pour l’autorité, contre le bien-être et la liberté !