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Charles Malato

[05] Charles Malato (1857-1938)

Par Flax

Domaine public

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En Nouvelle-Calédonie, où on le considérait comme français, on l’avait dispensé du service militaire ainsi que tous les jeunes Français qui habitent la Nouvelle. De retour, on le considéra comme italien. Naturellement, il se garda de protester et put ainsi échapper à la caserne.

Malato se proclamait alors républicain internationaliste. Il n’était que cela, en effet, par une sorte d’humanitarisme révolutionnaire semblable à celui de son père qui, nous l’avons dit, appartenait à cette école de révolutionnaires romantiques qui a préparé l’unité italienne. Il entra dans le mouvement social. Mais, en même temps, il lui fallait gagner sa vie. La lutte fut rude. Pendant trois années, Malato et son père, qui avaient perdu famille et fortune, vécurent passage Rapier à Charonne c’était alors un cloaque fangeux, peuplé de chiffonniers. Malato débuta à l’Agence Continentale comme employé aux traductions. Puis il devint correspondant du Réveil Lyonnais il donna ensuite à la Gazette du Soir son premier feuilleton : David Marx qui lui fut payé, d’ailleurs, avec des félicitations.

Peu à peu sa situation s’améliora. Sa plume lui fournit les moyens de vivre plus largement. Tout en travaillant cependant à assurer le pain quotidien, il achevait son éducation révolutionnaire. La lecture de Lissagaray et de la première série de la Bataille en firent un socialiste. En 1885, il prenait part aux manifestations contre le Gaulois et l’afflux de deux cents monarchistes à la nouvelle Chambre. L’année suivante, il fondait avec des amis le Groupe Cosmopolite, puis le journal la Révolution Cosmopolite qui, d’abord hebdomadaire, fut transformé en revue et mourut au feu de la Cour d’assises.

Signalons que Malato fut un des premiers à combattre Drumont [1] à un moment où des socialistes comme Benoit-Malon et des anarchistes le considéraient comme une recrue. Drumont devait se venger plus tard en traitant Malato d’agent de Rothschild.

A la même époque, Malato publie des brochures : Avant l’Heure, Les Travailleurs des Villes aux Travailleurs des campagnes, etc. En 1888, il donne un livre La Philosophie de l’Anarchie, qu’il a réédité depuis, en l’augmentant considérablement.





[1Édouard Drumont, né à Paris le 3 mai 1844 et décédé dans la même ville le 3 février 1917, était un journaliste et écrivain catholique, antisémite et nationaliste français.