Le mouvement libertaire argentin fut, après celui d’Espagne, l’un des plus puissants du monde. Ce mouvement s’est développé dans la seconde moitié du XIXe siècle, sous l’influence de l’émigration européenne. La FORA, fondée en 1901, compte bientôt 250 000 membres. Les luttes ouvrières se multiplient au début du siècle, jusqu’à prendre une dimension insurrectionnelle du 7 au 16 janvier 1919, les ouvriers pillant les armureries pour faire face à la violence policière conjuguée à celle des groupes fascistes paramilitaires, qui se regroupent au sein de la Ligue patriotique pour semer la terreur contre la « subversion cosmopolite »... Les insurgés sont massacrés tandis que le pouvoir négocie avec les syndicats réformistes. Cette « semaine sanglante » se solde par 700 morts, 2 000 blessés et 50 000 arrestations.
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FORA
La Fédération ouvrière régionale argentine (en espagnol Federación Obrera Regional Argentina) ou F.O.R.A. est une organisation anarcho-communiste (considérée souvent à tort comme anarcho-syndicaliste alors que la FORA a développé un concept tout à fait original et particulier, que l’on peut qualifier d’anarchisme globaliste) qui agit dans la "région mondiale" argentine. Après avoir longtemps fait partie de l’Association Internationale des Travailleurs elle fait partie depuis 2018 de la Confédération Internationale du Travail .
Articles
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Argentine : La solitude des expropriateurs de fonds
9 mai 2022, par Alfred -
Brève biographie de Pano Vassilev
5 septembre 2020, par Georges BalkanskiLe 13 avril (1933) à 19 h dans une rue de Sofia, a été assassiné par la police l’ouvrier anarcho-syndicaliste Pano Vassilev.
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Le débat Malatesta-Monatte toujours d’actualité
4 mai 2023, par Philippe PelletierLes familiers du mouvement anarchiste connaissent le débat qui opposa Errico Malatesta (1853-1932) et Pierre Monatte (1881-1960) lors du congrès anarchiste international d’Amsterdam en 1907 . Tout cela pourrait paraître lointain mais il est utile d’y revenir pour évaluer les choses à la lumière d’aujourd’hui.
Pierre Monatte est alors un jeune militant actif au sein de la jeune CGT française, alors syndicaliste révolutionnaire et fortement influencée par les anarchistes. Monatte défend (…) -
FORA - Nouvelle donne
6 juin 2019, par Alex MatinToutes ces grèves ont eu pour conséquence un grossissement considérable des syndicats, bien que les chiffres sur cette période soient très contradictoires. De toutes façons, il semble clair que, depuis 1915, l’anarcho-syndicalisme a perdu la supériorité numérique qu’il détenait depuis le début du siècle. Ainsi, 127 syndicats représentant 36 000 adhérents assistèrent au Xe congrès de la FORA « syndicaliste » fin 1918. Cette même organisation comptait 45 000 adhérents début 1919 et 95 000 en (…)
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Recomposition du panorama syndical toujours dominé par la FORA
3 juin 2019, par Alex MatinLes 25 et 26 septembre 1909 a lieu un nouveaux congrès d’unification syndicale, y participent 42 syndicats (ceux de l’UGT, quelques autonomes et 10, parmi les plus importants, de la FORA). La réunion débouche sur la création de la Confédération ouvrière argentine (CORA). La CORA adopte intégralement le pacte de la FORA - exception faite du paragraphe sur le communisme anarchiste. Les secrétariats comprennent des syndicalistes révolutionnaires, des socialistes et quelques anarchistes. Tous (…)
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FORA - Déclin anarchiste
9 juin 2019, par Alex MatinEntre temps, la FORA connaît quelques problèmes. Comme les autres organisations, elle est victime en 1925-1927 du faiblissement général que connaît le mouvement syndical, dû principalement au taux de chômage important (d’ailleurs, la FORA mènera une campagne pour la journée de 6 heures, pour y faire face). Mais la FORA doit aussi faire face à des problèmes internes : depuis quelques mois faisait rage une dispute entre les deux principaux journaux anarchistes, La Protesta et La Antorcha. La (…)
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FORA - Pacte de solidarité approuvé par le IVe congres régional et adopté par le IXe (1923)
11 juin 2019, par Alex MatinConsidérant :
Que le développement scientifique tend, de plus en plus, à économiser les efforts de l’homme pour produire ce qui est nécessaire à la satisfaction de ses besoins ; que cette même abondance de production déloge les travailleurs de l’atelier, de la mine, de l’usine et de la campagne, en les convertissant en intermédiaires et en rendant, avec cette augmentation de salariés improductifs, leurs vies chaque fois plus difficiles ; que tout homme requiert, pour sa subsistance, un (…) -
Patagonie 1921 : Prélude pour un massacre
10 mai 2019, par Alex MatinLa province de Santa Cruz occupe la moitié australe de la Patagonie, à l’extrême sud de l’Argentine Vaste de 250 000 km2 (presque la moitié de la superficie de la France), au climat rude et froid, elle est encore aujourd’hui faiblement peuplée. En 1920, les principaux centres habités sont sur la côte. Rio Gallegos, la capitale et plus grande ville du territoire, a alors 4 000 habitants. La distance routière à Buenos Aires est de 3 000 km ; le principal moyen de transport est en fait maritime (…)
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Patagonie 1921 : Marches funèbres
11 mai 2019, par Alex MatinLes latifundistes et autres propriétaires regroupés au sein de la Sociedad Rural de Rio Gallegos se sentent brimés. Non seulement ils ont dû signer un accord rédigé par la Sociedad Obrera, mais de plus, malgré leur insistance, aucune poursuite judiciaire n’est engagée contre les grévistes ayant participé aux « réquisitions ». Il arrive même qu’un navire ne puisse partir, les machinistes du bateau refusant de travailler sous prétexte qu’est embarqué un propriétaire qui s’était mal comporté (…)
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Patagonie 1921 : Avant-propos
18 février 2022, par Alex MatinLe 18 février 1927, naissance d’Osvaldo Bayerà Santa Fé (Argentine).
Journaliste, scénariste pour le cinéma et historien du mouvement anarchiste argentin.
Après des études d’histoire à l’Université de Hambourg de 1952 à 1956, il retourne en Argentine où il devient secrétaire de rédaction dans le journal Noticias Graficas de Patagonie. Il collabore à diverses revues et milite dans le syndicat de presse dont il devient (de 1959 à 1962), le secrétaire général. Il se consacre par ailleurs à des recherches historiques et publie le livre Patagonie Rebelle, qui sera tourné en film par Hector Ovivera dont il sera le scénariste (film lauréat de l’Ours d’Argent au festival de Berlin en 1974). Mais il est contraint à l’exil en 1975 sous la présidence de Peron, après avoir été à plusieurs reprises menacé et persécuté par les autorités.
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