Le mouvement libertaire argentin fut, après celui d’Espagne, l’un des plus puissants du monde. Ce mouvement s’est développé dans la seconde moitié du XIXe siècle, sous l’influence de l’émigration européenne. La FORA, fondée en 1901, compte bientôt 250 000 membres. Les luttes ouvrières se multiplient au début du siècle, jusqu’à prendre une dimension insurrectionnelle du 7 au 16 janvier 1919, les ouvriers pillant les armureries pour faire face à la violence policière conjuguée à celle des groupes fascistes paramilitaires, qui se regroupent au sein de la Ligue patriotique pour semer la terreur contre la « subversion cosmopolite »... Les insurgés sont massacrés tandis que le pouvoir négocie avec les syndicats réformistes. Cette « semaine sanglante » se solde par 700 morts, 2 000 blessés et 50 000 arrestations.
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FORA
La Fédération ouvrière régionale argentine (en espagnol Federación Obrera Regional Argentina) ou F.O.R.A. est une organisation anarcho-communiste (considérée souvent à tort comme anarcho-syndicaliste alors que la FORA a développé un concept tout à fait original et particulier, que l’on peut qualifier d’anarchisme globaliste) qui agit dans la "région mondiale" argentine. Après avoir longtemps fait partie de l’Association Internationale des Travailleurs elle fait partie depuis 2018 de la Confédération Internationale du Travail .
Articles
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Argentine : La solitude des expropriateurs de fonds
9 mai 2022, par Alfred -
FORA - Déclin anarchiste
9 juin 2019, par Alex MatinEntre temps, la FORA connaît quelques problèmes. Comme les autres organisations, elle est victime en 1925-1927 du faiblissement général que connaît le mouvement syndical, dû principalement au taux de chômage important (d’ailleurs, la FORA mènera une campagne pour la journée de 6 heures, pour y faire face). Mais la FORA doit aussi faire face à des problèmes internes : depuis quelques mois faisait rage une dispute entre les deux principaux journaux anarchistes, La Protesta et La Antorcha. La (…)
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FORA - Pacte de solidarité approuvé par le IVe congres régional et adopté par le IXe (1923)
11 juin 2019, par Alex MatinConsidérant :
Que le développement scientifique tend, de plus en plus, à économiser les efforts de l’homme pour produire ce qui est nécessaire à la satisfaction de ses besoins ; que cette même abondance de production déloge les travailleurs de l’atelier, de la mine, de l’usine et de la campagne, en les convertissant en intermédiaires et en rendant, avec cette augmentation de salariés improductifs, leurs vies chaque fois plus difficiles ; que tout homme requiert, pour sa subsistance, un (…) -
FORA - De 1930 à aujourd’hui
10 juin 2019, par Alex MatinAlors qu’Uriburu laissa une certaine marge de manœuvre à la toute nouvelle CGT, il pourchassa implacablement le mouvement anarchiste. Il procéda, en vertu de la « loi de résidence », à une expulsion massive d’anarchistes immigrés. On compta plus de 12 000 prisonniers politiques, souvent libertaires, plusieurs centaines de déportés et plusieurs dizaines de fusillés. La FORA, ainsi que tous les journaux anarchistes, furent naturellement déclarés illégaux. Ce n’est qu’en 1932, lors de la levée (…)
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FORA - La « Semana Trágica »
5 juin 2019, par Alex MatinLes luttes en 1915-1916 sont relativement peu intenses, exception faite des grèves menées par 5 000 ouvriers-marins (dockers, conducteurs...) fin 1916, qui obtiendront satisfaction. mais où certains éléments de la FORA du IXe congrès adopteront des attitudes franchement réformistes. La réaction patronale dans les ports consistera en la création de syndicats jaunes, d’où de nouvelles grèves de dockers qui obtiendront satisfaction en avril 1917. De juin à octobre 1917 (puis en janvier-février (…)
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FORA - La Patagonie rebelle
7 juin 2019, par Alex MatinEntre temps, des luttes importantes avaient lieu. L’année 1921 fut très sanglante. En avril et en mai, les ouvriers récemment syndiqués des usines de traitement de Quebracho à la Forestal, dans le Chaco soutiennent la grève pour améliorer leur condition de vie presque animale. La police, à la solde des exploiteurs, puis l’armée, se chargent de réprimer violemment le mouvement, tuant une vingtaine d’ouvriers. A Gualeguaychu (Entre-Rios), le 1er Mai, plusieurs travailleurs sont tués par les (…)
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La F.O.R.A. dans le mouvement syndical argentin - Brochure
22 avril 2019, par Alex MatinLes brochures Partage Noir sont réalisées avec les logiciels libres #GIMP #Inkscape #Scribus
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FORA - Creux syndical
8 juin 2019, par Alex MatinLa FORA tient son IXe congrès (celui de 1915 n’ayant jamais été reconnu) du 31 mars au 6 avril 1923, à Buenos-Aires. Parmi les motions adoptées, une signale la défaite des « anarcho-bolchevistes » (souvent passés à l’USA) : On rejette absolument, comme moyen transitoire ou définitif, la dénommée dictature du prolétariat ou n’importe quelle sorte de dictature qui essaiera de s’établir en période révolutionnaire. On décide aussi d’amplifier la campagne en faveur de Sacco et Vanzetti.
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[05] Augustin Souchy - 1929 : Amérique du Sud. Impressions argentines
8 août 2020, par Augustin SouchyEn 1929, je pris part à un congrès syndical inter-américain à Buenos Aires, en tant que représentant de l’internationale syndicale. C’était la FORA, la Fédération ouvrière régionale argentine, qui avait organisé ce congrès. La FORA était le plus ancien syndicat du pays et était de tendance anarchiste ; elle avait publié pendant, vingt ans le quotidien La Protesta. De nombreux migrants espagnols et italiens — entre autres Malatesta, célèbre disciple de Bakounine — avaient introduit, (…)
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Patagonie 1921 : Avant-propos
18 février 2022, par Alex MatinLe 18 février 1927, naissance d’Osvaldo Bayerà Santa Fé (Argentine).
Journaliste, scénariste pour le cinéma et historien du mouvement anarchiste argentin.
Après des études d’histoire à l’Université de Hambourg de 1952 à 1956, il retourne en Argentine où il devient secrétaire de rédaction dans le journal Noticias Graficas de Patagonie. Il collabore à diverses revues et milite dans le syndicat de presse dont il devient (de 1959 à 1962), le secrétaire général. Il se consacre par ailleurs à des recherches historiques et publie le livre Patagonie Rebelle, qui sera tourné en film par Hector Ovivera dont il sera le scénariste (film lauréat de l’Ours d’Argent au festival de Berlin en 1974). Mais il est contraint à l’exil en 1975 sous la présidence de Peron, après avoir été à plusieurs reprises menacé et persécuté par les autorités.
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