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Grève des mineurs de Cananea (Sonora)



Tierra y libertad ! (1906)

Par Partage Noir

CC by-nc-sa

1906

  • Le 1er février, Regeneración reparaît de nouveau.
  • Le 20 mars, de peur que Díaz n’obtienne leur extradition, Ricardo, Enrique et Sarabia s’enfuient à Toronto (Canada).
    Regeneración est alors édité par Libra­do, Villarreal et Manuel Sarabia, bien qu’à la demande du gouvernement mexicain l’administration postale nord-américaine leur retire les avantages des affranchis­sements de 4e classe.
  • Mai, à cause du harcèlement des agents de Díaz à Toronto, Ricardo, Enrique et Sarabia s’en vont à Montréal. Une récom­pense de 20 000 dollars est offerte pour la capture de Ricardo.
  • Du 1er au 4 juin, une grève de mineurs éclate à Cananea (Sonora), les leaders de cette grève sont : soit membres de clubs libéraux (l’un de ceux-ci avait été fondé par Lázaro Gutiérrez de Lara) ou sympathi­sants. Le Mémorandum des grévistes est le suivant :
    1. La population ouvrière se déclare en grève.
    2. La population ouvrière s’engage à reprendre le travail sous les conditions suivantes :
    I. La destitution du contremaître Luis (19e niveau).
    II. Le salaire minimum de l’ouvrier sera de cinq pesos pour huit heures de travail.
    III. Dans tous les emplois, la Cananea Consolidated Copper Co occupera 75% de Mexicains et 25% d’étrangers, les pre­miers ayant les mêmes aptitudes que les seconds.
    IV. Nommer comme surveillants des cages de descente des individus ayant des senti­ments nobles afin d’éviter toute friction.
    V. Dans toutes les branches de l’entre­prise, les Mexicains auront le droit de monter en grade selon leurs aptitudes propres.


    A la demande du propriétaire, William C. Green, 275 volontaires américains armés traversent la frontière mexicaine. Durant cette grève plusieurs dizaines de Mexicains seront tués. Esteban Baca Calderón et Manuel M. Diéguez, deux leaders proches du Parti libéral, sont arrêtés et condamnés à quinze ans de prison dans la forteresse de San Juan de Ulúa, geôle inhumaine et épouvan­table où le porfirisme jetait ses victimes.

  • Le 3 juin, le groupe « Ouvriers libres » est fondé à Morenci (Arizona) avec Práxedis comme président.
  • Le 1er juillet, le programme du Parti libéral mexicain est lancé de Saint Louis (Missouri). Ce programme, qui allait être la plate-forme du Parti libéral mexicain jus­qu’à ce qu’il soit réécrit 5 ans plus tard, fut écrit après que le maximum de membres aient été consultés. Ce programme compre­nait un important passage sur « La question du travail » :
    (...) Etablir un maximum de huit heures de travail et un salaire minimum dans la pro­portion suivante : un peso pour l’ensemble du pays, là où la moyenne des salaires est inférieure à celle mentionnée ci-dessus, et supérieur à un peso dans les régions où la vie est chère, et dans les régions où ce salaire ne suffirait pas à sauver le travail­leur de la misère.
    Réglementation du service domestique et du travail à domicile.
    Prendre des mesures pour que les patrons n’éludent pas l’application du temps maximum et du salaire minimum dans le travail à forfait.
    Interdire de la façon la plus absolue l’emploi d’enfants âgés de moins de 14 ans.
    Obliger les patrons des usines, des fabri­ques, des ateliers, etc., à conserver leurs propriétés dans les meilleures conditions d’hygiène possibles, et maintenir les zones de danger dans un état offrant des garan­ties de sécurité pour la vie des ouvriers.
    Obliger les patrons à payer une indemnisa­tion pour les accidents de travail.
    Considérer comme nulles les dettes des ouvriers agricoles envers leurs patrons.
    Obliger les patrons, sous peine de châti­ments sévères, à ne payer les ouvriers qu’en numéraire, à l’exclusion de toute autre forme de paiement ; prohiber et punir toute imposition d’amendes aux tra­vailleurs ; supprimer les retenues sur les salaires et le retard du paiement de la raya pour une période de plus d’une se­maine. Les patrons ne peuvent refuser à celui qui abandonne son travail, sous peine d’être punis, le paiement immédiat de ce qu’il a gagné jusque-là ; supprimer les tiendas de raya.
    Obliger toutes les entreprises ou com­merces à ne prendre parmi leurs employeurs et travailleurs qu’une minorité d’étrangers. Ne permettre en aucun cas que l’on paie au Mexicain un salaire inférieur à celui de l’étranger pour des travaux de la même espèce dans le même établissement, ou que l’on paie différemment Mexicains et étran­gers.
    Repos dominical obligatoire.
  • le 2 septembre, Ricardo et Sarabia arrivent secrètement à El Paso (Texas) pour rejoindre Villarreal et d’autres libé­raux, dont Prisciliano G. Silva pour la préparation finale d’un plan d’insurrection armée au Mexique.
  • Le 4 septembre, les maisons des membres du Parti libéral mexicain de Douglas, Mowry et Patagonia (Arizona) sont razziées par les Rangers d’Arizona. Le journal El Demócrata est confisqué, des armes sont trouvées et 15 libéraux sont arrêtés et remis entre les mains des autorités mexicaines. Ils sont incarcérés à la prison San Juan de Ulua (au large du port de Veracruz).
  • Le 12 septembre, Librado et Aarôn Lôpez Manzano (typographe) sont arrêtés à Saint Louis (Missouri) et mis dans un train pour être extradés vers le Mexique, à la demande des autorités mexicaines. Ils sont près de Ironton (Missouri) quand un tollé général provoqué par un journal de Saint Louis force les États-Unis à arrêter cette expulsion illégale. Immédiatement, Librado et Manzano sont emprisonnés et mis au secret.
  • Le 15 septembre, l’installation de Regeneración est détruite par la police nord-américaine.
  • Le 24 septembre, Prisciliano G. Silva, maintenant au Mexique, demande des armes à Madero qui n’est alors qu’un propriétaire terrien inconnu. Celui-ci refuse, car il ne veut pas voir le sang mexicain couler et déclare que Díaz n’est pas réellement un tyran.

  • Le 26 septembre, Juan José Arredondo et Trinidad Garcia, avec 30 hommes, pren­nent la place de la ville-frontière de Jiménez, à partir de laquelle ils contrôlent la ville pour une journée, après avoir coupé les lignes télégraphiques et s’être emparés de la trésorerie de la ville.
  • Le 30 septembre, Hilario C. Salas et 300 hommes attaquent Acayucân (État de Veracruz). Ils étaient prêts de réussir, quand Salas fut malheureusement blessé. Ceci força les libéraux mals armés à se retirer. Dans le même temps, des groupes auraient dû attaquer Minatitlân et Puerto Mexico (État de Veracruz), mais faute de coordination ces actions n’eurent pas lieu.
    En octobre, Jésus Maria Rangel dirige une insurrection à Camargo (Tamaulipas), mais il est repoussé par les « rurales » (police rurale).
  • Le 19 octobre, Juan Sarabia, César Elpidio Canales et Vicente de la Torre sont arrêtés à Ciudad Juérez (Chihuahua), après être tombés dans le piège tendu par un ancien camarade d’école de Sarabia. Juste en face, du côté nord-américain, à El Paso (Texas), les autorités américaines font un raid sur le local de la Junte. Antonio I. Villarreal, Lauro Aguirre et J. Cano sont arrêtés pendant que Ricardo s’évade en sautant par la fenêtre. Les listes trouvées des groupes libéraux et des abonnés à Regeneración sont immédiate­ment transmises aux autorités mexicaines. A l’aide de celles-ci, la dictature commence une répression systématique des libéraux mexicains (250 sont arrêtés dans l’État de Chihuaha).
  • Le 14 novembre, Ricardo est repéré alors qu’il se cache dans la maison de Romulo Carmona à Los Angeles (Californie), mais il réussit à éviter l’arrestation.
  • Le 30 novembre, Librado passe en juge­ment à Saint Louis (Missouri), il est relâché.
  • Le 4 décembre, influencés par la propa­gande libérale, les ouvriers du textile se mettent en grève à Veracruz.