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Varlet (Jean-François) - 1764 - 1831 (?)

Par Partage Noir

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Une des figures les plus désintéressées de la Révolution. N’ayant jamais recherché le pouvoir, il se fera toujours l’interprète des humbles.

Né le 14 juillet 1764, Jean-François Varlet est un commis des postes inscrit à la section des Droits-de-l’Homme (quartier du Marais). Dès le début de la Révolution, il se confectionne une estrade roulante et la tire aux carrefours. Il devient un orateur apprécié des pauvres de Paris. Il écrit aussi de nombreuses brochures dont un projet de mandat impératif pour les députés et une « Déclaration solennelle des Droits de l’Homme dans l’État social », beaucoup plus modérée que la plupart de ses propositions. Il demandait la limitation des propriétés et l’élimination des spéculateurs, diffusant des thèses proches de celles de Jacques Roux (voir ce nom).

Bien que rattaché par les historiens au groupe des Enragés, Varlet semble avoir souvent agi en franc-tireur. Le 31 mai 1793, il est nommé responsable du comité insurrectionnel qui prépare la marche sur la Convention pour imposer des mesures économiques dans l’esprit des sans-culottes. Pour de multiples raisons, la tentative échoue. Le pouvoir jacobin le persécute en septembre car il provoque une fronde dans les sections contre la réduction des assemblées populaires et la fonctionnarisation des militants. Il est arrêté. Après la chute de Robespierre, il relance un mouvement opposé aussi bien aux jacobins qu’aux bourgeois qui leur succèdent.

Une nouvelle arrestation en septembre 1794 semble briser son énergie et il ne participe pas à la Conjuration des Egaux où Babeuf l’avait inscrit (1796). Bonapartiste à la fin de l’Empire, il profite de la Révolution de Juillet pour écrire une lettre publi­que anti-royaliste et proposer ses services.

Il ne mérite pas le qualificatif de « furieux » (ou de « massacreur ») que lui donnent les historiens de droite puisqu’il n’a jamais fait tuer contrairement à Danton, Robespierre ou les girondins ! A l’inverse on le considère parfois comme un des précurseurs de l’anarchisme avec Sylvain Maréchal (cf. Kropotkine) mais il ne faut pas oublier certaines limites de sa pensée dues au contexte de l’époque.

Source : Il n’existe pas d’étude en français mais les éditions Partage noir n’apprêtent à combler cette lacune ! En attendant, le lecteur peut se référer à J.F. Varlet : Déclaration solennelle..., Paris, 1975). Deux textes figurent dans le recueil de P. Kessel (Les gauchistes de 89, Paris, 1969).

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