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Leclerc D’Oze (Théophile Leclerc dit)

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Expédié en trois lignes dans le dictionnaire biographique du mouvement ouvrier, Leclerc mérite un peu plus. C’est un compagnon du maire de Lyon, Chalier, que Kropotkine appelle « communiste mystique ». En mai 1793 éclate une insurrection royaliste soutenue par les grands industriels. Chalier est tué, tandis que Leclerc se réfugie à Paris. Là, il se bat aux côtés des Enragés Jacques Roux et Varlet (voir ces noms). Comme eux, il lutte pour le droit à l’existence (politique, économique) revendiqué par les sans-culottes. En juillet 1793, Leclerc reprend le journal de Marat, L’Ami du Peuple que celui-ci a abandonné. Il y souligne aussi bien les problèmes économiques que la différence de classe entre députés et sans-culottes. Lors de la répression jacobine, Leclerc est exclu avec Roux du club des Cordeliers. Marat l’accuse de collusion avec les immigrés et d’être responsable des désordres de Lyon ! Après la mort de Marat, les jacobins envoient sa veuve protester à la Convention de l’usurpation du nom du journal.

Après avoir épousé Pauline Léon le 18 novembre 1793, Leclerc s’enrôle dans l’armée et il est muté à La Fère. Ce départ ressemble assez à une fuite. Pauline Léon l’y rejoint peu après. Le 3 avril, ils sont arrêtés tous les deux et enfermés au Luxembourg bien qu’il n’y ait aucun motif d’accusation. Ils furent libérés le 19 août 1794, on perd ensuite leur trace. Kropotkine s’est trompé en faisant « mourir » Leclerc avec les hébertistes en mars 1794 (il s’agissait en fait d’Hubert-Leclerc, un obscur fonctionnaire de la faction).

Source : P. Kessel (Les gauchistes de 89, Paris, 1969) et A. Soboul (des citations dans Comprendre la Révolution, Paris, 1981).

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