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Une tranche d’histoire et une vie exemplaire

Marthe Pichorel -1878-1968

mardi 24 février 2026, par Roger Hagnauer (CC by-nc-sa)

Marthe Pichorel est morte en novem­bre 1968. Il n’est peut-être pas trop tard pour évoquer ici une figure originale et un destin hors série. Et même si notre retard est anormal, il l’est moins que la désinvolture avec laquelle on a enterré le souvenir d’une militante syndicaliste qui a incarné pendant plus de soixante ans le féminisme universi­taire. L’École Libératrice a simplement re­produit l’allocution du secrétaire général du Syndicat National des Instituteurs aux obsè­ques de Marthe Pichorel, sans mentionner les deux autres oraisons funèbres : celle de Belliot, au nom de la Fédération des Retraités, et la mienne [1]. Il serait indécent de se plaindre, en telle circonstance, d’une blessure d’amour-propre. Mais l’insuffisance de l’allocution de Jean Daubard a doulou­reusement surpris les « vieux » présents, qui furent les compagnons de Marthe Pichorel. Au reste l’orateur officiel confessa son igno­rance – que sa jeunesse explique mais n’ex­cuse pas –. Ainsi, le premier représentant d’un puissant syndicat juge inutile d’étudier le passé de l’organisation dont il a la charge. Est-ce parti pris ou négligence ? En 1967, j’avais cru, dans ma sénile innocence, que L’École Libératrice serait heureuse de pu­blier un papier sur le centenaire de Fernand Pelloutier, l’animateur de la Fédéra­tion des Bourses du Travail. On ne jugea même pas utile de m’accuser réception de mon envoi et de motiver le refus d’insertion...

Ce n’est pas d’ailleurs par hasard que j’as­socie au centenaire de Pelloutier, la mort de Marthe Pichorel qui fut presque sa contem­poraine (elle atteignait 91 ans), car le syndicalisme des Instituteurs à sa naissance se résumait dans cette conclusion du Mani­feste publié en 1905 : Nous voulons re­joindre les travailleurs dans les Bourses du travail.

Ce qui fut exceptionnel chez Marthe Pichorel c’est justement une contradiction constante entre ce que l’on pouvait attendre d’elle et ce qu’elle fit et ce qu’elle fut. Au début du siècle, la grande majorité des ins­tituteurs et institutrices était d’origine po­pulaire, surtout paysanne, aussi ouvrière. Marthe Pichorel sortait d’une famille bour­geoise (son père, commandant de marine, exerçait de hautes fonctions à la Préfecture maritime de Cherbourg). Elle bénéficia de l’éducation de jeunes filles « bien élevées », d’avant 1914, préparées à tenir leur rang dans un monde où le travail salarié des femmes paraissait une indigne déchéance, et où le mariage, avec dot (souvent corrigé par la pratique tolérée de l’adultère) s’im­posait comme la seule issue convenable. Par vocation et volonté d’indépendance, elle s’engagea dans l’enseignement, mais pas dans ces postes où l’on est assuré de la sécu­rité matérielle et du prestige dont jouit dans la bourgeoisie, l’aristocratie cultivée et pro­fessorale. Elle s’intégra dans un personnel victime d’une triple injustice : institutrices n’ayant pas encore obtenu l’égalité de traite­ment avec les instituteurs – institutrices d’Écoles Maternelles soumises encore aux servitudes très lourdes des « asiles » pour enfants déshérités – suppléantes de ban­lieue, condamnées avant leur titularisation, aux emplois précaires et provisoires dans des villes « champignons » où campait une po­pulation dense et souvent misérable, privée à cette époque de toutes les commodités d’un urbanisme intelligent et prévoyant. Anomalie encore : titularisée, directrice d’École maternelle, chargée de responsabi­lités nationales dans le syndicat, elle n’ou­blia pas les misères qu’elle avait expérimen­tées à ses débuts et entendit résoudre les problèmes ainsi posés, satisfaire les revendi­cations dont l’expression énergiquement af­firmée lui avait gagné la confiance de ses camarades.

Marthe Pichorel

Féministe, comptant parmi les fonda­trices de l’Action féministe universitaire, elle n’adopta pas le parti pris –peut-être légitime – de celles qui entendaient, par l’habit, les habitudes, les tendances affec­tives, proscrire toute « féminité » et pous­ser au paroxysme la révolte contre les prétentions du « sexe fort ». Son élégance, la distinction qu’elle affectait, sans effort apparent, dans son maintien, son compor­tement, son éloquence équilibrée et harmo­nieuse paraissaient insolites dans les congrès, au milieu d’institutrices et d’instituteurs soumis longtemps aux servitudes des nota­bles de terroirs, ou plus tard affectant, lors des escapades loin de leur école quotidien­ne, une liberté vestimentaire et oratoire un peu spectaculaire. Ce qui surprenait c’était justement qu’elle pouvait, avec une bonne grâce souriante, se solidariser pleinement avec les féministes les plus intran­sigeantes, formuler les thèses les plus au­dacieuses, exprimer les jugements et les incitations les plus énergiques. Certes elle ne ressemblait guère à une Louise Michel, survivante de la Commune de 1871, jetant à la face de ses juges : Si vous n’êtes pas des lâches, vous me ferez fusiller, ... à une Rosa Luxembourg menant les spartakistes de 1919 à l’assaut des citadelles de Berlin. Mais de l’une et de l’autre, elle partageait la sensibilité et la tendresse... et la volonté sincère et délibérée [2]. Je l’entendais en 1922, flétrir les antisyndicalistes qui devant l’administration se tiennent non plus à genoux, mais à plat ventre. Je l’avais entendue en 1919, en pleine euphorie de la victoire, se glorifier d’avoir en pleine guerre, appris aux petits orphelins de son école... que des petits enfants allemands pleuraient aussi leur papa et qu’ils devaient les aimer comme des frères. Je l’entendis en 1928, reprendre à la tribune du Congrès du S.N., la formule de la grève générale, incluse dans la Charte d’Amiens.

En avril 1934, alors que la tentative fasciste du 6 février avait amené au pouvoir un gouvernement d’Union Nationale décidé à réprimer toute agitation revendicative, le Cartel des Services Publics et la Fédération de l’Enseignement lancèrent, contre les décrets-lois Doumergue, un ordre de rassem­blement public autour de l’Hôtel de Ville de Paris – interdit et sauvagement dispersé par la police. En grand deuil, ayant perdu son mari quelques jours auparavant, Marthe Pichorel se tenait avec nous, au milieu des manifestants qui tentaient de résister aux coups de la flicaille. On vint l’avertir que la Commission fédérale se réunissait dans l’arrière-salle d’un café proche et qu’on l’attendait pour ouvrir la discussion. Elle répondit doucement, gentiment : J’ai signé avec les membres du bureau l’appel pour la manifestation. De nombreux camarades ont déjà été arrêtés. Excusez-moi. Mais je ne vous rejoindrai que lorsqu’il n’y aura plus de manifestants dans la rue.

En 1934, c’était pour elle la dernière année d’activité professionnelle. Élue con­seillère départementale par les institutrices de banlieue en 1907, devenue membre du bureau de la Fédération des Amicales en 1909, puis du Syndicat National en 1920, seule femme représentante du personnel primaire au Conseil Supérieur de l’Instruction Publique, secrétaire corporative du Syndicat National, elle n’avait jamais aban­donné son poste de directrice d’École mater­nelle, et tout naturellement elle se retira du bureau syndical en prenant sa retraite, se refusant, malgré de pressantes sollicitations à engager des actions auxquelles elle ne pouvait plus participer. Mais la retraite ne mit pas fin à son activité militante. Elle anima longtemps la Fédération des Retraités, fonda la Coopérative des Maisons de retrai­tés qu’elle présidait, et dirigeait effectivement jusqu’à son entrée dans la clinique d’où elle ne devait plus sortir vivante. Première et dernière interruption dans une vie exclusi­vement consacrée... aux autres... qui ne fut pas exempte de tourments, d’épreuves phy­siques douloureuses, que l’on décelait mal, car elle ne se plaignait jamais.

Le miracle, c’est justement que cette femme de 91 ans restait tellement efficace que sa succession pose de graves problèmes.

 

 

Tout cela paraîtra bien ordinaire, presque banal a nos amis. Les enseignants ne seront guère émus par les résultats obtenus pendant plus d’un demi-siècle d’action corpora­tive. J’ai souvent formuler ce mépris de l’histoire et ce que les existentialistes appelleraient peut-être la néantisation du passé. Et je ne suis pas hostile a priori a une philosophie qui implique la fatalité de la liberté, déterminant un engagement constamment renouvelé. Il est d’autre part incontestable que les vieux nostalgiques du « bon temps » d’autrefois, les « honoraires » opposant leurs exploits « mémorables » aux prétentions (?) des jeunes actifs, portent une lourde part de responsabilité dans la rupture entre générations, et justifient même le dédain des militants d’aujourd’hui pour... « les tableaux de famille ».

Mais il ne s’agit pas d’opposer le passé au présent ; au contraire, il convient de lier le passé au présent dans un mouvement qui engage le futur, de soumettre l’être et l’avant été au devenir. Même si l’on veut faire « table rase du passé », il convient de connaître exactement ce que l’on veut abolir hors de soi et en soi. Il convient aussi d’apprécier le temps des luttes passées et la valeur des succès, peut-être la permanence de questions provisoirement résolues.

Ce qui est justement édifiant dans la vie militante de Marthe Pichorel, c’est que par son action personnelle, par l’effort des équipes dont elle fut l’une des animatrices, chaque étape fut close par un succès in­contestable : une énumération incomplète suffit pour illustrer ce propos :

Pauline Kergomard

1) assimilation des institutrices d’écoles maternelles aux institutrices primaires, ce qui assura l’efficacité pédagogique – à longue portée – de l’éducation maternelle telle que Pauline Kergomard l’avait conçue.

2) Égalité de traitements entre institu­teurs et institutrices, en vertu d’un principe qui est loin d’être appliqué aujourd’hui dans toutes les administrations et dans toutes les industries de France et d’Europe.

3) Reclassement des intérimaires – Statut du personnel auxiliaire accordant à celui-ci des garanties encore insuffisantes, mais lui assurant une situation supérieure à ceux de toutes les autres administrations.

4) Reclassement de la fonction enseignante.
5) Péréquation des pensions.

Ce qui est édifiant encore, ce qui n’est pas banal, c’est justement la durée unique peut-être d’une activité aussi pratique en 1968 qu’en 1907.

Mais ce qui est surtout édifiant pour nous c’est que, engagée toute sa vie dans l’action corporative, Marthe Pichorel s’est parallèle­ment engagée dans une action sociale dont des gestes audacieux, insolites, soulignèrent, en des tourments décisifs, la constance et l’originalité.

J’espère avoir un jour le loisir de repren­dre l’histoire du Syndicalisme universitaire depuis sa naissance jusqu’à la Deuxième Guerre mondiale. En fait, au début du siècle il y eut deux mouvements parallèles entre
lesquels des ponts furent jetés par une équipe de militants réalistes et convaincus. L’amicalisme, au lendemain des troubles de l’affaire Dreyfus sortait du conformisme officiel et s’efforçait vers une démocratisation des institutions administratives et universi­taires. Le syndicalisme, qui dans ses velléités de la fin du XIXe siècle tendait surtout à inclure le corporatisme dans les cadres de la loi de 1884, subissait après 1902 l’influ­ence d’une CGT à laquelle l’adhésion de la Fédération des Bourses du Travail et l’héritage de Fernand Pelloutier confé­raient son originalité et sa force de rayon­nement. C’est un an avant la Charte d’Amiens, en 1905, que parut le Manifeste des instituteurs syndicalistes dont l’idée ­force était bien la participation des maîtres d’école à la vie des Bourses de Travail. En 1912, au congrès de Chambéry l’adhésion au Sou du soldat, qui provoqua une campagne d’une violence inouïe contre les instituteurs antimilitaristes et l’École sans Dieu, ni patrie, n’était, dans l’esprit de ses promoteurs qu’un geste presque symbo­lique confirmant la haute ambition de 1905. On sait cependant que ce fut le prétexte à une action gouvernementale et juridique qui atteignit l’organisation et surtout effraya de nombreux syndiqués, démissionnant quel­quefois par télégramme ou pneumatique.

Marthe Pichorel avait gagné en 1907, par son action, la confiance des institutrices qui l’élurent conseillère départementale de la banlieue parisienne. Elle fut naturellement déléguée aux congrès successifs de la Fédé­ration des Amicales, que dirigeaient depuis 1909 des signataires du Manifeste syndicaliste – en particulier Louis Roussel et Emile Glay. Mais malgré ses tendances nettement affirmées, elle n’avait pas encore rejoint le syndicat. Dans son courrier en 1912, le secrétaire du syndicat de la Seine sous un tas de lettres de démission, décou­vrait une lettre d’adhésion. Celle de Marthe Pichorel affirmant délibérément sa solidarité avec les congressistes de Chambéry.

 

 

On a peut-être oublié la place importante prise dès 1915, par la Fédération des Syn­dicats d’Instituteurs, dans la minorité syndicale hostile à la politique d’Union sacrée. On ignore sans doute que déjà quelques femmes avaient manifesté leur haine de la guerre et constitué le premier groupement pacifiste... évidemment clandestin qui se réunissait dans une école de la rue Fondary. Parmi elles : Berthe Duchene, Madame de Saint-Prix (la fille du président Loubet, la mère de l’admirable militant libertaire Jean de Saint-Prix mort tuberculeux en 1918), Lara (sociétaire de la Comédie Française, mère d’Autant-Lara), Séverine (digne de son maître Jules Vallès), Nelly Roussel (la grande oratrice libertaire), Marguerite The­venet (qui devint la compagne d’Alfred Rosmer)... et des institutrices : Julia Ber­trand (enfermée dans un camp de concen­tration, dès août 1914), Louise Saumoneau qui anima la minorité zimmervaldienne au sein du Parti Socialiste), Lucie Colliard, Marie Mayoux, Gabrielle Bouet, Hélène Brion, Noély Drous, Henriette Izambart, Marthe Bigot... qui presque toutes furent atteintes pendant et après la guerre par la répression. Marthe Pichorel était avec elles. Et en 1919, le petit groupe de jeunes paci­fistes que nous avions constitué, rue Dupetit­-Thouard, faisait appel à Marthe Pichorel, après Marthe Bigot et Hélène Brion, celle-ci à peine sortie de prison.

Hélène Brion devant le Conseil de guerre, en 1918.

Marthe Pichorel avait adhéré avant la guerre au parti socialiste, elle se retrouva au parti communiste en 1920 jusqu’à la bolchevisation de 1924. Etait-ce par choix doctrinal ? Je n’en suis pas certain. Elle voulait surtout retrouver dans sa commune les ouvriers révolutionnaires. Au concierge de son école, naturellement affilié au parti possédant la municipalité, un peu gêné par cette « dame » qu’il pouvait retrouver dans les réunions de partisans, elle disait en souriant : Pour vous, jusqu’à 18 h, je suis la Directrice, à 18 h 05, je ne suis plus que la camarade Pichorel.

 

 

La scission confédérale de 1922 se produisit alors que l’on n’avait pas résolu le problème de la fusion du Syndicat national (prolongement de la Fédération des Amica­les) et la vieille Fédération de l’Enseigne­ment. Le choix imposé fut en fait assez déconcertant. Le Syndicat national prit place dans la CGT dite réformiste ; la Fédération rallia la CGTU. Mais – et cela vaudrait une explication plus longue – par une anomalie paradoxale : Louis Roussel. Mar­the Pichorel, Georges Lapierre, militants représentatifs du Syndicat national, main­tinrent leur adhésion à la Fédération. Nous fûmes quelques-uns à les imiter, réalisant ainsi l’unité syndicale... dans notre porte­-cartes. La bolchevisation corrompant le vieux syndicat de la Seine, nous obligea en 1929 à un choix particulièrement doulou­reux.

En 1930, la scission confédérale prolon­geait ses tristes effets, alors que les séquelles de la crise catastrophique mondiale, déchaî­née à New York en 1929, atteignaient l’Europe et la France. La vieille CGT dite réformiste, très faible dans les industries privées, s’était renforcée dans les services publics. La CGTU s’affaiblissait chaque jour davantage. Maurice Chambelland prit, approuvé par Pierre Monatte, l’initiative d’un rassemblement de 22 manifestants confédérés, unitaires et autonomes lançant une campagne pour l’Unité syndicale. Que Monatte, Chambelland et naturellement tout le noyau de la Révolution Prolétarienne (dont j’étais membre) fussent parmi les premiers signataires, avec les leaders de la minorité « anarcho-syndicaliste » de la CGTU et quelques militants de la Fédéra­tion autonome des Fonctionnaires, c’était normal et ne causa aucune surprise. Le « sensationnel »... c’était l’adhésion d’impor­tants militants de la CGT... qui gardait depuis la scission la structure d’une cita­delle dressée contre les tentatives de noyau­tage communiste. Deux noms significatifs, ceux de Dumoulin et de Digat... sincère­ment acquis à l’idée d’unité, avec peut-être l’arrière pensée d’ébranler l’autorité du pesant état-major confédéral.

Marthe Pichorel, très simplement, adhéra dès sa constitution au fameux Comité des 22... Elle n’y voyait pas autre chose que le moyen de reconstituer l’unité ouvrière. Elle voulait, comme Pierre Monatte et nous,
l’unité pour l’unité.

Et c’est peut-être en cela qu’elle était encore exceptionnelle. En méditant sur la longue vie de cette amie, dont l’affection discrète et délicate nous fut si précieuse à chaque épreuve qui nous meurtrit, je me demande si une sorte de généreuse naïveté n’était pas sa qualité dominante. De 1930 à 1968, dans les tragédies que nous avons vécues, j’ai toujours rencontré chez elle, jusqu’à la fin, la même « noble candeur ».

Marthe Pichorel

Libérée des préjugés de sa classe d’ori­gine, portant le poids de longues et mul­tiples expériences, servant de cible, sans que cela troublât sa sérénité, aux impréca­tions de vieux réactionnaires, aux injures de pitres professionnels (tel ce lamentable René Benjamin), aux quolibets méprisables de boulevardiers décadents, elle gardait sa confiance dans une humanité fraternelle, semblait toujours étonnée par l’hypocrisie, la fourberie, les sordides défaillances. C’est cette constante jeunesse de cœur, qui se traduisait encore, sur son lit de mort, par un sourire aimable que ses souffrances physiques ne déformaient pas. Et c’était peut­-être, avant sa disparition, la joie tranquille de quelqu’un qui avait parfaitement rempli ,sa tâche et qui sortait de la vie, comme d’un banquet... où furent conviés toutes les victimes [3], tous les humbles... et tous leurs amis... !


 



[1(Rien dans les bulletins départementaux de la région parisienne. La Révolution prolétarienne a publié le texte presque in-extenso de mon allocution... Seule dans la presse à consacrer un article à Marthe Pichorel

[2(La tendresse de Louise Michel était bien connue. Celle de Rose Luxembourg apparaît, d’une lucide et innocente humanité, dans ses « Lettres de la Prison ».

[3Ayant rencontré par hasard Jehan Rictus, alors que le vieux poète des Soliloques du Pauvre, oublié, désabusé, ayant renié son anarchisme de jeunesse, se traînait vers une fin presque misérable, elle lui apporta le réconfort de son amitié, alors qu ’il demeurait isolé, abandonné par tous ceux qui avaient misé sur ses succès.