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[BD] Rouslan Sidiki - Anarchiste et partisan, condamné à 29 ans de prison en Russie [05]

samedi 30 août 2025, par St-Arc (CC by-nc-sa)

TORTURE

L’explosion a eu lieu le 11 novembre 2023 et j’ai été arrêté le 29.
Les tchékistes m’ont dit qu’ils n’avaient pas réussi à déterminer comment je suis arrivé sur le lieu du sabotage.
Le téléphone de campagne Ta-57 (appelé communément Tapik ) leur a servi d’appareil de torture. Ils ont attaché des câbles électriques à mes jambes et quand l’un d’eux ordonnait de lancer l’appel, ils commençaient la torture à l’électricité.

Le lendemain matin, des gens masqués m’ont repris et ont commencé à me frapper dans la foulée et à me torturer à l’aide d’un Taser.
Le Taser n’a rien de flippant, mais il crame les tissus des fringues en laissant des traces de brûlure sur le corps. Ils ont même brûlé une partie de mon tatouage sur l’épaule.

Dans ce cas précis, un événement extraordinaire s’est produit. Après les tortures subies au poste de police, Rouslan a été emmené en prison, où le médecin traitant a documenté les blessures. L’avocat demande – et se voit généralement refuser – un rapport médical.
Dans le cas de Rouslan, l’administration pénitentiaire commet une « ­erreur » et délivre le document. Cela pourrait avoir son importance.
Pour une fois, les autorités elles-mêmes reconnaissent les blessures. Il est difficile de dire s’il s’agit d’une question d’incompétence ou d’un geste de défiance de l’intérieur du système.
« Le seul espoir pour Rouslan est de faire connaître son cas. Cela le protégera de nouvelles tortures et, peut-être, un jour, il pourra être inscrit sur la liste des prisonniers de guerre à échanger », explique son avocat.

PROCÈS

La déclaration finale de Sidiki devant la cour

Je regrette que mes actions aient mis en danger [Alexander] Bogatyrev, [Sergey] Tarabukin et [Dmitry] Unshakov. Ils n’étaient pas mes cibles et je suis heureux qu’aucun préjudice grave ne leur soit arrivé.
Mon objectif était le matériel militaire russe, ainsi que les chaînes logistiques utilisées pour transporter celui-ci et le carburant. Je voulais compliquer les opérations de combat contre l’Ukraine.
Bien sûr, toute explosion ou nouvelle sur des sabotages peut effrayer des gens. Mais c’est le cas aussi pour les survols de missiles et de début d’opérations militaires – ils sont destinés eux aussi à terroriser les populations civiles.
J’ai déclaré à plusieurs reprises que je n’avais pas l’intention d’intimider délibérément qui que ce soit. J’ai moi-même choisi mes cibles. J’ai attaqué la zone de stationnement des avions militaires pour détruire des avions de combat. J’ai fait sauter la ligne ferroviaire pour la mettre hors d’usage, après avoir confirmé que des transports militaires l’utilisaient.
Je me suis assuré qu’aucun train de voyageurs ne circulait sur la voie que j’ai sabotée et j’ai maintenu un contact visuel pour confirmer cela. Si je ne me souciais pas de la vie humaine, j’aurais pu faire dérailler un train sans être physiquement présent.
Je n’ai rien à voir avec la tentative supposée de fabriquer un nouvel engin explosif ou de faire sauter un autre train. Après l’explosion du 11 novembre 2023, j’ai su que la sécurité allait être resserrée. De plus, j’avais de nombreux problèmes personnels.
Je n’ai aucune rancune à l’encontre du peuple de Russie. Depuis [20]14, j’ai des désaccords sur ce qui se passe, mais ce n’est pas une raison pour haïr qui que ce soit.
Quand les moyens pacifiques d’influencer les décisions du gouvernement ne sont pas disponibles et la dissidence est criminalisée, certaines personnes émigrent, tandis que d’autres agissent. Peu importe la gravité du crime, la torture pendant un interrogatoire est inacceptable dans un État de droit. Électrocuter et frapper une personne arrêtée est quelque chose d’abject. La responsabilité incombe non seulement à ceux qui commettent de tels actes, mais aussi à ceux qui savent et ne font rien. 

Et, pour finir, je lirai une strophe de Nestor Makhno :
Même si, maintenant, ils nous enterrent,
Notre vérité ne sera pas balayée.
Elle surgira quand le moment viendra,
Et elle gagnera – je crois en ce jour !

Sources :

 Rouslan Sidiki raconte comment il a fait dérailler un train et attaqué un aéroport militaire
 Enquête sur Nouvelle voie
 Déclaration finale de Sidiki
 ITV Sota Vision
 Desk Russie


[BD] Rouslan Sidiki - Anarchiste et partisan, condamné à 29 ans de prison en Russie [04]