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Ilona Duczynska

Revue Anarchiste n°33 avril 1925

III. Le mouvement anarchiste en Hongrie

Par Achille Dauphin-Meunier

autre

III

 

Korvin Ottó

Au cours des hostilités, la propagande anarchiste se concentra exclusivement sur l’antimilitarisme. Sous l’impulsion d’Ottó Korvin, qu’une déformation de la colonne vertébrale fit réformer, en 1917, le premier régiment des gardes nationaux à Budapest refusa de partir au front. Trois semaines plus tard, les marins de Pola se révoltèrent. Des tracts répandus à profusion dans les casernes, des affiches apposées nuitamment dans les lieux publics exhortèrent les troupes à se mutiner.

La répression gouvernementale dirigée par Horthy qui mérita ainsi son chapeau d’amiral, fut impitoyable. On fusilla les officiers compromis ; on enrégimenta les soldats peu sûrs dans les corps d’assaut. Ottó Korvin fut arrêté.

Alors Tivadar Lukacs et son amie Ilona Duczynska, étudiants en médecine, âgés respectivement de 21 et 19 ans, devinrent l’âme du mouvement antimilitariste.

Aidés de galiléens et de libertaires que l’on n’avait pas incorporés par suite de leur extrême jeunesse, ils poursuivirent l’œuvre de Korvin et organisèrent des cachettes pour les déserteurs.

On se saisit d’eux et les condamna à cinq ans de travaux forcés.

Andreas Latzko

Le Barbusse hongrois, fut l’écrivain Andréas Latzko. Il vécut la plus grande partie de son existence à l’étranger, principalement en Suisse et en Allemagne. Se trouvant par hasard en Autriche en juillet 1914, il fut incorporé comme officier de réserve. Pendant un an, il resta dans l’armée, étudiant minutieusement la stratégie et l’organisation militaire. Puis, estimant connaître assez les méthodes de combat de ses adversaires politiques, il déserta.

Réfugié en Suisse, il écrivit son livre capital Les hommes en guerre (Emberer a haboruban), traduit dans la plupart des langues et qu’édita l’écrivain français Arcos au Sablier de Genève. L’œuvre de Latzko est inspiré du plus pur esprit libertaire. Nul n’a senti mieux que l’auteur magyar, la douleur de l’homme écrasé par le mécanisme complexe de la vie contemporaine ; nul n’a mieux exprimé sa haine des préjugés sociaux et son espoir dans l’avènement d’un univers meilleur où les hommes unis puissent développer leur personnalité.