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MM. les frères Tharaud

Le Populaire n°2087, 22 octobre 1928

Une enquête en Hongrie. Horthy, Bethlen - Quand Israël est roi ! [02]

Par Achille Dauphin-Meunier

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Dans une interview accordée à M. Pogany, le savant docteur de l’Université de Pest, et publiée dans le Vilag, les Tharaud ont affirmé qu’ils n’étaient pas antisémites et que leur récit de la République et de la Commune était conforme à la vérité.

Comment se fait-il alors que leur réquisitoire, traduit en hongrois par ordre gouvernemental et dont chaque page est souillée du d’un sang juif, contienne tant d’erreurs ?

C’est ainsi que les Tharaud assurent que l’ambassadeur du président Karolyi à Berne, Kéri, fils d’un négociant juif, rédigea lui-même la proclamation par laquelle le président avertit le peuple de sa démission, et qu’il le contraignit à signer. Ils ajoutent que Kéri faisait circuler la fable que sa grand’mère avait été la maîtresse de Pétofi, le grand poète magyar..., qu’il ne pouvait approcher, paraît-il, une femme jolie, ou seulement bien habillée, sans essayer de la salier ou de cracher dessus, etc.

Or, ces calomnies sont formellement démenties par les assertions de M. Bizony, qui pourtant n’est pas suspect de sympathie pour les démocrates et les juifs. Dans 133 Jours de bolchevisme hongrois, livre rédigé en octobre 1919, moins de deux mois après la disparition des soviets, il donne une version contraire, la version d’un témoin oculaire.

MM. Tharaud, qui n’ont fréquenté personnellement aucun des ex-commissaires du peuple, présentent l’un d’eux Tibor Szamuely comme un monstre sanguinaire, débauché, pédéraste. Or, les premières mesures prises par Szamuely furent l’interdiction de la vente des alcools, l’obligation pour les parents et les pédagogues de faire laver les enfants dans les baignoires communalisées, la création de colonies enfantines de vacances. Ce fut encore Szamuely qui inspira le décret du 6 mai 1919 supprimant les formations terroristes qui outrepassaient les ordres du gouvernement. Pendant les cinq mois de communisme, les tribunaux révolutionnaires ne prononcèrent que 165 condamnations. Qu’est-ce à côté des dix-huit mille victimes de la Terreur blanche ?

Les Tharaud déclarent encore que les commissaires étaient tous juifs et opprimaient les chrétiens. Ils feignent d’oublier que le président de leur collège, Garbaï, était catholique et que c’est précisément sur la demande d’un juif, le théoricien socialiste Kunfi, qu’on proclama la liberté des cultes et qu’on créa un ministère des religions dirigé par un piariste [1], le R. P. Oscar Faber.

Et pourquoi n’indiquent-ils pas qu’au sein des conseils, l’opposition contre l’immonde Bela Kun était menée par des juifs : le professeur Kunfi, commissaire à l’Instruction Publique, Simon Kalmar, commissaire des nationalités, enfin Szamuely lui-même, qui devait expier si cruellement son indéfectible foi dans l’émancipation humaine ?





[1Les Clercs réguliers des écoles pies ou Piaristes sont des clercs réguliers de droit pontifical voués à l’éducation chrétienne.