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Annexe - « Tout n’est pas fini ! »

Par Umanità Nova

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Umanità Nova du 22 septembre 1920.

Dans l’après-midi du 20, Errico Malatesta, réclamé avec insistance, se rendait à l’atelier de Fibre Vulcanisée rue Monza à Milan, malgré la « fête nationale » on y travaillait ferme, comme du reste dans les autres ateliers occupés. Aux ouvriers et aux ouvrières réunis dans la cour à l’heure de la sortie, notre camarade tint un bref discours en appliquant notre pensée à la situation créée à la suite de l’accord entre les dirigeants ouvriers et les patrons, conclu à Rome avec l’absence inqualifiable du parti socialiste.

Retraçant à grands traits l’histoire du mouvement parti d’une lutte placée sur un plan purement économique pour aboutir, du fait de l’occupation spontanée des usines, à un véritable mouvement révolutionnaire, notre camarade y voit une des situations les plus favorables aux principes de l’émancipation intégrale, et il met en garde ses auditeurs sur les hésitations, les soucis bureaucratiques des dirigeants des organismes centraux, qui placent leurs calculs mesquins au-dessus du seul objectif que dans cette crise il faut défendre, au dessus des efforts du prolétariat conscient : la révolution sociale.

Si les circonstances vous imposent - termine-t-il - d’abandonner malgré tout les ateliers, faites-le en sachant que pour le moment par la faute de vos dirigeants ineptes, vous êtes vaincus. Mais bientôt vous reprendrez la lutte et alors ce ne sera pas pour obtenir des concessions qui finissent en mystification, mais pour exproprier définitivement vos exploiteurs, sans aucune collaboration de classes d’aucune sorte.

Le discours persuasif de notre camarade a été écouté avec la plus profonde attention et sa conclusion a été soulignée par de très vifs signes d’approbations.

Puis Errico Malatesta s’est rendu aussi à l’Atelier mécanique Franco Tosi et y a exposé nos conceptions, tout aussi écoutées. Ensuite il a a eu une discussion brève et aimable sur les possibilités techniques de la révolution. Notre camarade a été l’objet de la plus grande sympathie et aurait dû se rendre aussi chez Pirelli, et dans d’autres établissements, mais l’heure avancée ne le lui a pas permis.