Partage Noir

Accueil > Conseils Ouvriers > Anarchistes et communistes dans le mouvement des Conseils à Turin (...) > Annexe - « La propagande du camarade Errico Malatesta »


Errico Malatesta

Annexe - « La propagande du camarade Errico Malatesta »

Par Umanità Nova

CC by-nc-sa

Umanità Nova du 16 septembre 1920.

Dans l’après-midi d’hier notre camarade Errico Malatesta a visité les établissements métallurgiques Levi e Bologna, et l’usine de chaussures Bernina, invité par les ouvriers de ces usines.

Dans les trois établissements le travail continue dans l’ordre, malgré l’absence des techniciens et des employés. L’enthousiasme est très vif et tous les ouvriers n’entendent plus céder les usines à l’exploiteur oisif : l’ancien patron.

Errico Malatesta a parlé, et a été applaudi par les ouvriers et les ouvrières de Messieurs Bologna e Levi, à peine la journée de travail terminée. Il a illustré l’importance du mouvement d’expropriation actuel, l’inéluctabilité de la révolution sociale. Vous avez commencé - a dit l’orateur - la révolution en Italie. Les révolutions du passé avaient changé de gouvernement, sans détruire le système social bourgeois. Aujourd’hui au contraire les ouvriers ont pris possession des moyens de production, et par cet acte nouveau ils ont commencé la vraie révolution. Les patrons devront travailler comme vous et avec vous, s’ils veulent manger. Le gouvernement est impuissant à arrêter votre marche par la seule force brute. Bourgeoisie et gouvernement tenteront alors de vous leurrer : ils vous promettront beaucoup, tout ce que vous demanderez, les augmentations de salaires et le contrôle d’entreprise qui n’est qu’un piège, tout pour redevenir patrons. Si vous cédez, vous rentrerez à l’usine en esclaves, vos ateliers seront présidés par les gardes royales et les mitraillettes. Tout le prolétariat doit évidemment intervenir, malgré les tâtonnements et les indécisions de vos dirigeants. Vous ne devez céder les usines à aucun prix ; vous devez tenir dur. Malgré les décisions des pompiers la cause de la révolution n’est pas encore perdue ; il faut que les douches froides de vos chefs n’aient pas prise sur vous, si vous voulez que cette fois soit la bonne pour vous émanciper. Rappelez-vous de la noble mission que l’histoire vous a confié : une mission de libération et de progrès.

A la fin de son discours notre camarade a été vivement applaudi.