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[BD] Bernard Lazare (Nîmes, 14 juin 1865 – Paris, 3 septembre 1903)
jeudi 2 avril 2026, par , (CC by-nc-sa)
Texte : MLT & Dessins : OLT
Lazare Bernard est né à Nîmes le 14 juin 1865 dans une famille de la petite bourgeoisie juive. Il s’inscrit en 1886 à l’École pratique des hautes études de Paris. Son mémoire remit en 1887-1888 est consacré à la « législation conciliaire relative aux Juifs ». Son nom de plume devient Lazare Bernard.
Il s’« engage en anarchie » et en soutient les idées et la pensée par ses écrits dans la presse, sans pour autant cautionner l’action directe. Il aide financièrement des publications anarchistes et se manifeste en leur faveur lors des procès.
En 1894 Lazare publie, L’Antisémitisme, son histoire et ses causes. La première édition des œuvres de Bakounine paraîtra chez Stock en 1895 grâce à sa participation.
À Londres en 1896 Lazare assiste au congrès socialiste. Il dénonce l’autoritaire et jaloux Karl Marx, infidèle à son propre programme que l’Internationale dévia de son but
.
Il provoque en duel le chef de file des antisémites Édouard Drumont en juin 1896. à vingt mètres devant témoins, ils échangent deux coups de feu « sans résultat ».
En octobre 1896 Lazare dénonce l’erreur judiciaire de 1894 accusant de trahison le capitaine juif Alfred Dreyfus. Il demande la révision du procès en démontant point à point l’accusation. Ce long combat enflammera la France tout entière.
Face à l’antisémitisme militant, Lazare partagera les vues du fondateur du sionisme Theodor Herzl avant de s’en éloigner en 1899 et il écrit :
Vous êtes des bourgeois de pensée, des bourgeois de sentiment, des bourgeois d’idées, des bourgeois de conception sociale.
Aspirant aux valeurs sans compromis Bernard Lazare poursuit son combat : justice, vérité, liberté pour les Juifs et les Arméniens persécutés. Le 3 septembre 1903, il meurt d’un cancer à 38 ans.
Un monument en son honneur est inauguré à Nîmes le 4 octobre 1908. Plusieurs fois vandalisé par des militants de l’Action française, celui-ci est détruit par le gouvernement de Vichy en 1942. à la Libération, les débris sont ensevelis sous la pyramide du monument des Martyrs de la Résistance avenue Jean-Jaurès à Nîmes.
Une nouvelle statue a retrouvé la place historique de l’originale dans les Jardins de la Fontaine le 14 décembre 2025.
| [BD] Lucía Sánchez Saornil |
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