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		<title>PARTAGE NOIR</title>
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		<title>{100 a&#241;os} Ricardo Flores Mag&#243;n : &#171; A la recherche de la libert&#233; &#187;</title>
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		<dc:date>2022-12-01T12:19:41Z</dc:date>
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		<dc:creator>Ricardo Flores Mag&#243;n</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;volution mexicaine (1910)</dc:subject>
		<dc:subject>Ricardo Flores Mag&#243;n</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Comme nos camarades de F&#233;d&#233;ration Anarchiste Mexicaine, au cours de l'ann&#233;e 2022, nous allons comm&#233;morer le centenaire de la mort de Ricardo Flores Mag&#243;n. Aujourd'hui nous mettons en ligne un article publi&#233; dans &lt;i&gt;Regeneraci&#243;n&lt;/i&gt; (4&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; &#233;poque) n&#176;10 - 5 novembre 1910&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-ricardo-flores-magon-regeneracion-1910-" rel="directory"&gt;Ricardo Flores Mag&#243;n - Regeneraci&#243;n 1910&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-revolution-mexicaine-1910-+" rel="tag"&gt;R&#233;volution mexicaine (1910)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-ricardo-flores-magon-11-+" rel="tag"&gt;Ricardo Flores Mag&#243;n&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/arton535-75a34.png?1774713335' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Comme nos camarades de F&#233;d&#233;ration Anarchiste Mexicaine, au cours de l'ann&#233;e 2022, nous allons comm&#233;morer le centenaire de la mort de Ricardo Flores Mag&#243;n. Aujourd'hui nous mettons en ligne un article publi&#233; dans &lt;i&gt;Regeneraci&#243;n&lt;/i&gt; (4&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; &#233;poque) n&#176;10 - 5 novembre 1910&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Paroles prononc&#233;es &#224; la session du groupe &#171; Regeneraci&#243;n &#187; le 30 octobre 1910.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'humanit&#233; se trouve en ce moment dans une de ces p&#233;riodes qu'on appelle de transition, c'est-&#224;-dire, le moment historique o&#249; les soci&#233;t&#233;s humaines font des efforts pour transformer le milieu politique et social o&#249; ils ont v&#233;cu, en un autre qui s'adapte mieux &#224; la ligne de pens&#233;e de l'&#233;poque et satisfasse un peu plus les aspirations g&#233;n&#233;rales de la masse humaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui que ce soit, ayant la bonne habitude de s'informer de ce qui se passe de par le monde, aura not&#233; qu'il y a depuis une dizaine d'ann&#233;es, une augmentation de l'activit&#233; de divers organes de la vie politique et sociale. On sent une esp&#232;ce de fi&#232;vre, une envie soudaine de respirer, comme si on se rendait compte que manque d'air. C'est un malaise collectif, qui s'aggrave de jour en jour, comme s'accentue de jour en jour la diff&#233;rence entre nos pens&#233;es et les actes que nous sommes oblig&#233;s d'ex&#233;cuter, tant dans le d&#233;tail que dans l'ensemble de nos relations avec nos semblables. On pense d'une fa&#231;on et on agit diff&#233;remment ; aucun rapport n'existe entre la pens&#233;e et l'action. C'est &#224; cette incongruit&#233; de la pens&#233;e et de la r&#233;alit&#233;, &#224; ce manque d'harmonie entre l'id&#233;al et les faits, que l'ail doit cette f&#233;brile excitation, cette envie, ce malaise qui est en partie responsable de ce grand mouvement qui se traduit par l'activit&#233; qu'on observe dans tous les pays civilis&#233;s pour essayer de transformer ce milieu, cette ambiance politique et sociale, soutenue par des institutions caduques qui ne satisfont plus les peuples, en un autre milieu qui s'harmonise mieux avec la tendance moderne d'une plus grande libert&#233; et d'un plus grand bien-&#234;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le moins observateur des lecteurs de journaux aura remarqu&#233; ce fait. Il existe une tendance g&#233;n&#233;rale &#224; l'innovation, &#224; la r&#233;forme, qui s'ext&#233;riorise par des faits individuels ou collectifs : la destitution d'un roi, la d&#233;claration d'une gr&#232;ve, l'adoption de l'action directe par un syndicat ouvrier, l'explosion d'une bombe au passage d'un tyran, le passage au r&#233;gime constitutionnel pour des peuples r&#233;gis, encore r&#233;cemment, par des monarchies absolues, le r&#233;publicanisme qui menace les monarchies constitutionnelles, le socialisme qui fait entendre sa voix dans les Parlements, l'Ecole Moderne qui ouvre ses portes dans les principales villes du monde et la philosophie anarchiste qui fait des adeptes m&#234;me dans les peuples comme l'Inde et la Chine. Ce sont des faits qui ne peuvent &#234;tre consid&#233;r&#233;s isol&#233;ment, comme s'ils n'avaient aucun rapport avec l'&#233;tat g&#233;n&#233;ral de l'opinion publique, mais plut&#244;t comme le d&#233;but d'un puissant mouvement universel &#224; la recherche de la libert&#233; et du bonheur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui montre clairement que nous nous trouvons dans une p&#233;riode de transition, c'est le caract&#232;re de la tendance de ce mouvement universel. On ne voit en lui, d'aucune mani&#232;re, le d&#233;sir de conserver les formes de vie politiques et sociales actuelles ; tout au contraire, chaque peuple, selon le degr&#233; de culture qu'il a atteint, selon le degr&#233; d'&#233;ducation o&#249; il se trouve et le caract&#232;re plus ou moins r&#233;volutionnaire de ses syndicats ouvriers, r&#233;agit contre le milieu ambiant &#224; la recherche de la transformation ; et il est bon de noter que la force propulsante, dans la majorit&#233; des cas, pour atteindre la transformation dans le sens progressif du climat social, ne vient plus du haut vers le bas, c'est-&#224;-dire des avants-gardes vers le prol&#233;tariat, comme par le pass&#233;, mais du bas vers le haut, les syndicats ouvriers &#233;tant, en r&#233;alit&#233;, les laboratoires o&#249; se moule et se pr&#233;pare la nouvelle forme qu'adopteront les soci&#233;t&#233;s futures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce travail universel de transformation ne pouvait &#234;tre ignor&#233; par le peuple mexicain qui, malgr&#233; le retard dans son &#233;volution d&#251; &#224; la contrainte d'un despotisme presque sans &#233;gal dans l'histoire des infortunes humaines, donne des signes de vie depuis quelques ann&#233;es. Car le peuple mexicain ne pouvait se soustraire &#224; ce travail universel, &#224; cette &#233;poque o&#249; tous les peuples de la terre se mettent si facilement en communication. Les journaux, les revues, les livres, les voyageurs, le t&#233;l&#233;graphe, les relations commerciales, tout contribue &#224; ce qu'aucun peuple ne reste isol&#233;, &#224; ce que la moindre &#233;volution prenne un caract&#232;re mondial. Le Mexique prend la part qui lui revient, dispos&#233;, comme tous les peuples de la terre dans ce moment solennel &#224; faire un pas, s'il ne peut pas faire le grand saut &#8212;selon moi il le fera&#8212;pour la grande &#339;uvre qu'est la transformation universelle des soci&#233;t&#233;s humaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Mexique, comme je viens de le dire, ne pouvait rester isol&#233; dans le grand mouvement ascensionnel des soci&#233;t&#233;s humaines et la preuve en est donn&#233;e par l'agitation que l'on observe dans toutes les branches de la famille mexicaine. Mettant de c&#244;t&#233; les pr&#233;occupations de partis, que je ne crois pas avoir, je vais essayer de d&#233;crire devant vous la v&#233;ritable situation du peuple mexicain et ce que la cause universelle de la dignification humaine peut attendre de la participation de la soci&#233;t&#233; mexicaine dans le mouvement de transformation du milieu ambiant. Non pas par son &#233;ducation, mais &#224; cause des circonstances sp&#233;ciales dans lesquelles se trouve le peuple mexicain, il est probable que ce soit notre race la premi&#232;re au monde &#224; faire un pas r&#233;el dans la voie de la r&#233;forme sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Mexique est le pays des immens&#233;ment riches et des immens&#233;ment pauvres. On peut dire qu'au Mexique il n'y a pas de moyen terme entre les deux classes sociales : la haute et la basse, celle qui poss&#232;de et celle qui ne poss&#232;de pas ; il y a tout simplement des pauvres et des riches. Les premiers, les pauvres, sont totalement priv&#233;s de toute commodit&#233;, de tout bien-&#234;tre ; les seconds, les riches, sont pourvus de tout ce qui rend la vie agr&#233;able. Le Mexique est le pays des contrastes. Sur une terre merveilleusement riche, v&#233;g&#232;te un peuple incomparablement pauvre. Autour d'une aristocratie brillante, richement v&#234;tue, la classe ouvri&#232;re prom&#232;ne sa nudit&#233;. Trains luxueux et superbes palais montrent le pouvoir et l'arrogance de la classe riche, tandis que les pauvres s'entassent dans les bidonvilles et les porcheries des banlieues des grandes villes. Et pour que tout soit contraste au Mexique, &#224; c&#244;t&#233; d'une grande instruction acquise par la classe poss&#233;dante, s'&#233;tale la noirceur de la mis&#233;rable ignorance de la classe opprim&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces contrastes si notoires, qu'aucun &#233;tranger qui visite le Mexique ne peut s'emp&#234;cher d'observer, alimentent et fortifient deux sentiments : d'une part le m&#233;pris infini de la classe riche et instruite pour la classe ouvri&#232;re, et d'autre part la haine am&#232;re de la classe pauvre pour la classe dominante. Cette diff&#233;rence, si nette entre les deux classes, marque en chacune d'elles des caract&#232;res ethniques distincts, &#224; tel point que l'on peut dire que le peuple mexicain est compos&#233; de deux races diff&#233;rentes, et il arrivera que cette diff&#233;rence soit telle qu'en parlant du Mexique, les livres de g&#233;ographie du futur diront qu'il est peupl&#233; de deux races. On peut &#233;viter cela en provoquant une transformation sociale qui rapprocherait ces deux classes sociales, les m&#233;langerait, et fondrait les diff&#233;rences physiques de chacune d'elles en un seul et m&#234;me type.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque jour les relations entre ces deux classes se tendent davantage, &#224; mesure que le prol&#233;tariat prend conscience de sa mis&#232;re et que la bourgeoisie se rend compte de la tendance, chaque fois plus d&#233;termin&#233;e, qu'a la classe ouvri&#232;re &#224; s'&#233;manciper. Le travailleur ne se contente plus des salaires mesquins habituels. Maintenant il &#233;migre &#224; l'&#233;tranger &#224; la recherche du bien-&#234;tre &#233;conomique, ou envahit les grands centres industriels du Mexique. Le travailleur type que la bourgeoisie mexicaine d&#233;sire, tend &#224; dispara&#238;tre : celui qui travaillait pour un seul patron toute sa vie, le domestique qui, d&#232;s son enfance, entrait dans une maison et y vieillissait, le &#171; p&#233;on &#187; qui ne connaissait m&#234;me pas les limites de la propri&#233;t&#233; o&#249; ils naissait, grandissait, travaillait et mourait. Certains ne s'&#233;loignaient jamais au-del&#224; de l'endroit o&#249; ils pouvaient encore entendre le clocher du village. Ce type de travailleur se fait de plus en plus rare. Les dettes envers la propri&#233;t&#233; ne sont plus sacr&#233;es, comme elles l'&#233;taient par le pass&#233; ; les gr&#232;ves se font de jour en jour plus fr&#233;quentes et en divers endroits du pays naissent les embryons des syndicats ouvriers du futur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le conflit entre le capital et le travail est un fait, un fait confirm&#233; par une s&#233;rie d'actes qui ont un rapport pr&#233;cis entre eux, la m&#234;me cause, la m&#234;me tendance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a quelques ann&#233;es ces premiers mouvements furent ceux de celui qui se r&#233;veille et se trouve sur une pente ; aujourd'hui c'est d&#233;j&#224; le d&#233;sespoir de celui qui se rend compte du danger et lutte de toutes ses forces, pouss&#233; par son instinct de conservation. Je dis instinct, et je ne crois pas me tromper. Il y a une grande diff&#233;rence dans le fond entre deux actes &#224; premi&#232;re vue semblables. L'instinct de conservation pousse l'ouvrier &#224; se d&#233;clarer en gr&#232;ve pour gagner davantage, pour vivre mieux. Lorsqu'il agit ainsi, l'ouvrier, ne se rend pas compte du bien-fond&#233; de sa demande. Il veut seulement pouvoir jouir de quelques-unes des commodit&#233;s qui lui font d&#233;faut, et s'il les obtient, il va jusqu'&#224; remercier le patron, et en le remerciant, il montre qu'il n'a aucune id&#233;e de ses droits. Au contraire, l'ouvrier qui se met en gr&#232;ve dans le but d'obtenir non seulement une augmentation de salaire, mais de soustraire la force morale au pr&#233;tendu droit du capital d'obtenir des b&#233;n&#233;fices aux d&#233;pens du travail, bien qu'il s'agisse &#233;galement d'une gr&#232;ve, l'ouvrier agit dans ce cas-l&#224; consciemment, et la transcendance de son acte sera grande pour la cause de la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si ce mouvement spontan&#233;, produit par l'instinct de conservation, est inconscient pour la masse ouvri&#232;re mexicaine, il ne l'est pas en g&#233;n&#233;ral pour une minorit&#233; avanc&#233;e de la classe ouvri&#232;re de notre pays, vrai noyau du grand organisme qui r&#233;soudra le probl&#232;me social dans un futur tr&#232;s proche. Cette minorit&#233; en agissant au moment opportun, aura le pouvoir suffisant pour amener la grande masse des travailleurs &#224; la conqu&#234;te de son &#233;mancipation politique et sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; pour la situation &#233;conomique de la classe ouvri&#232;re mexicaine. En ce qui concerne sa situation politique, ses relations avec le pouvoir public, vous &#234;tes tous t&#233;moins de la fa&#231;on dont le gouvernement s'y prend pour soumettre le prol&#233;tariat. Personne ici n'ignore que sur le Mexique p&#232;se le plus honteux des despotismes. Porfirio D&#237;az, le ma&#238;tre de ce despotisme, s'est surtout pr&#233;occup&#233; de maintenir les travailleurs dans l'ignorance de leurs droits, tant politiques que sociaux, car il sait tr&#232;s bien que la meilleure base d'une tyrannie est l'ignorance des masses. Pour maintenir la stabilit&#233; de sa domination, un tyran compte davantage sur l'aveuglement des masses que sur la force des armes. En cons&#233;quence, Porfirio D&#237;az, n'a aucun int&#233;r&#234;t &#224; ce que les masses s'&#233;duquent et prennent conscience de leur dignit&#233;. Le bien-&#234;tre, en soi, est un bienfait pour la moralit&#233; de l'individu ; D&#237;az le comprend ainsi, et pour &#233;viter que le Mexicain ne retrouve sa dignit&#233; par le bien-&#234;tre, il conseille aux patrons de ne point payer des salaires &#233;lev&#233;s aux travailleurs. De cette fa&#231;on, le tyran, ferme toutes les portes &#224; la classe ouvri&#232;re mexicaine, en lui enlevant deux des principaux agents de la force morale l'&#233;ducation et le bien-&#234;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Porfirio D&#237;az s'est toujours montr&#233; d&#233;cid&#233; &#224; ce que le prol&#233;taire mexicain se consid&#232;re, lui-m&#234;me, inf&#233;rieur en mentalit&#233;, moralit&#233; et habilet&#233; technique, et m&#234;me en r&#233;sistance physique, &#224; son fr&#232;re le travailleur europ&#233;en et nord-am&#233;ricain. Les journaux, pay&#233;s par le gouvernement, parmi lesquels &#233;merge l'&lt;i&gt;Impartial&lt;/i&gt;, ont toujours conseill&#233; au travailleur mexicain la soumission, en vertu d'une soi-disant inf&#233;riorit&#233;, en insinuant que, si le travailleur obtenait un meilleur salaire et une diminution de la journ&#233;e de travail, il aurait plus d'argent &#224; gaspiller dans le vice et plus de temps pour prendre de mauvaises habitudes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela, naturellement, a retard&#233; l'&#233;volution du prol&#233;tariat mexicain ; mais il n'a pas souffert uniquement de cela sous le despotisme f&#233;roce de ce bandit de Oaxaca&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;tat du Mexique o&#249; est n&#233; Porfirio D&#237;az.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. La mis&#232;re dans sa totalit&#233; la plus aigu&#235;, la pauvret&#233; la plus abjecte, a &#233;t&#233; le r&#233;sultat imm&#233;diat de cette politique qui a ainsi autant profit&#233; ail despotisme qu'&#224; la classe capitaliste. Politique profitable pour le despotisme, parce qu'en se servant d'elle on a pu mettre sur le dos du pauvre toutes les charges : les contributions sont presque exclusivement pay&#233;es par les pauvres ; les contingents pour l'arm&#233;e se recrutent exclusivement dans la masse des prol&#233;taires ; les services gratuits impos&#233;s par les autorit&#233;s des villages retombent aussi, exclusivement, sur les pauvres. Les autorit&#233;s, tant politiques que municipales, amassent des fortunes en condamnant les ouvriers &#224; payer des amendes sous le moindre pr&#233;texte, et pour parachever l'exploitation, le clerg&#233; marchande le droit d'aller au ciel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne sait combien de temps aurait pu durer cette situation pour le prol&#233;tariat mexicain, si malheureusement les effets de la tyrannie de Porfirio D&#237;az n'avaient atteint les classes dirigeantes elles-m&#234;mes. Celles-ci, pendant les premiers temps de la dictature de Porfirio D&#237;az, furent le meilleur appui du despotisme. Le clerg&#233; et la bourgeoisie, fortement unis &#224; l'autorit&#233;, avaient soumis compl&#232;tement le peuple travailleur ; mais comme la comp&#233;tence sur le terrain des affaires est la loi de l'&#233;poque, une bonne partie de la bourgeoisie a &#233;t&#233; vaincue par une minorit&#233; de celle-ci, compos&#233;e d'hommes intelligents qui ont su profiter de leur influence aupr&#232;s des Pouvoirs Publics, pour tirer d'abondants profits, en monopolisant les meilleures entreprises aux d&#233;pens du reste de la bourgeoisie, ce qui provoqua, naturellement, la division de cette classe. Ceux qui avaient su tirer des profits, la minorit&#233; bourgeoise connue sous le nom de &#171; scientifiques &#187;, rest&#232;rent fid&#232;les &#224; Porfirio D&#237;az, tandis que le reste tourna ses armes contre le gouvernement et forma les partis militants d'opposition &#224; D&#237;az et, sp&#233;cialement, &#224; Ramon Corral, le Vice-pr&#233;sident, sous les d&#233;nominations de Partido Nacionalista Democratico&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Parti Nationaliste d&#233;mocrate.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; et Partido Nacional Antireelecionista&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Parti National Anti-r&#233;&#233;lectionniste.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; dont les program-mes conservateurs ne laissent aucun doute sur leur caract&#232;re bourgeois. Quoi qu'il en soit, ces deux partis se m&#234;lent aux forces qui luttent en ce moment contre la tyrannie qui domine le pays. Parmi ces forces, celle du Parti Lib&#233;ral constitue la plus &#233;nergique et c'est elle qui, en dernier ressort, pr&#233;vaudra sur les autres, comme il faut le souhaiter, parce que le Parti Lib&#233;ral est le v&#233;ritable parti des opprim&#233;s, des pauvres, des prol&#233;taires ; l'espoir des esclaves du salaire, des d&#233;sh&#233;rit&#233;s, de ceux qui ont pour patrie une terre qui appartient aussi bien aux scientifiques porfiristes, qu'aux bourgeois des partis d&#233;mocrate et anti-r&#233;electioniste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation du peuple mexicains est tr&#232;s sp&#233;ciale. Contre le Pouvoir public luttent en ce moment les pauvres, repr&#233;sent&#233;s par le Parti Lib&#233;ral, et les bourgeois, repr&#233;sent&#233;s par le PND et le PNA. Cette situation doit forc&#233;ment se r&#233;soudre par un conflit arm&#233;. La bourgeoisie veut des avantages que la minorit&#233; &#171; scientifique &#187; ne lui donnera pas. Le prol&#233;tariat de son c&#244;t&#233;, veut le bien-&#234;tre &#233;conomique et la dignit&#233; sociale par les seuls moyens dont il dispose : prendre possession de la terre et s'organiser syndicalement, ce &#224; quoi s'opposent, tant le gouvernement que les partis bourgeois. Je crois avoir d&#233;velopp&#233; le probl&#232;me le plus clairement possible. Une lutte &#224; mort se pr&#233;pare en ce moment pour la modification du milieu o&#249; le peuple mexicain, le peuple pauvre, se d&#233;bat dans une agonie mill&#233;naire. Si le peuple triomphe, c'est-&#224;-dire, s'il suit les drapeaux du Parti Lib&#233;ral, qui est celui des travailleurs et des classes qui ne poss&#232;dent rien, le Mexique sera la premi&#232;re nation du monde qui fera un grand pas dans le chemin que tous les peuples de la terre voudraient emprunter, puissante aspiration qui agite l'humanit&#233; enti&#232;re, assoiff&#233;e de libert&#233;, anxieuse de justice, affam&#233;e de bien-&#234;tre mat&#233;riel ; aspiration qui se fait chaque fois plus profonde, &#224; mesure qu'on voit avec plus de clart&#233; l'&#233;vident &#233;chec de la r&#233;publique bourgeoise &#224; assurer la libert&#233; et le bonheur des peuples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_445 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;54&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/pdf/e4n10.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 3.7 Mio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH629/e4n10_page_1-904a1.jpg?1774752293' width='500' height='629' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Regeneraci&#243;n (4&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; &#233;poque) n&#176;10 - 5 novembre 1910
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#201;tat du Mexique o&#249; est n&#233; Porfirio D&#237;az.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Parti Nationaliste d&#233;mocrate.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Parti National Anti-r&#233;&#233;lectionniste.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Ricardo Flores Mag&#243;n : &#171; Les utopistes &#187;</title>
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		<dc:date>2022-09-20T12:28:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ricardo Flores Mag&#243;n</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;volution mexicaine (1910)</dc:subject>
		<dc:subject>Ricardo Flores Mag&#243;n</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;R&#233;bellion et l&#233;galit&#233; sont des termes contradictoires. Restent donc, la Loi et l'Ordre pour les conservateurs et les fripons.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-ricardo-flores-magon-regeneracion-1910-" rel="directory"&gt;Ricardo Flores Mag&#243;n - Regeneraci&#243;n 1910&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-revolution-mexicaine-1910-+" rel="tag"&gt;R&#233;volution mexicaine (1910)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-ricardo-flores-magon-11-+" rel="tag"&gt;Ricardo Flores Mag&#243;n&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH150/arton537-42f4f.jpg?1774707605' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Regeneraci&#243;n (4&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; &#233;poque) n&#176;11 - 12 novembre 1910&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;R&#233;bellion et l&#233;galit&#233; sont des termes contradictoires. Restent donc, la Loi et l'Ordre pour les conservateurs et les fripons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Visionnaires, utopistes !&lt;/q&gt;, voil&#224; ce dont, pour le moins, on nous traite, et c'est toujours le cri des conservateurs de tous les temps contre ceux qui essayent de mettre un pied hors du cercle qui tient le troupeau humain prisonnier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Visionnaires, utopistes !&lt;/q&gt;, nous crient-ils, et lorsqu'ils apprennent que dans nos revendications nous demandons le partage de la terre, pour la donner au peuple, les cris se font plus aies et les insultes plus fortes : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Voleurs, assassins, tra&#238;tres !&lt;/q&gt;, nous disent-ils.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, c'est aux visionnaires et aux utopistes de tous les temps que l'humanit&#233; doit les progr&#232;s qu'elle a accomplis. Ce qu'on appelle civilisation, qu'est-ce sinon le r&#233;sultat des efforts des utopistes Les r&#234;veurs, les po&#232;tes, les visionnaires, les utopistes ont toujours &#233;t&#233; m&#233;pris&#233;s par les gens &#171; s&#233;rieux &#187; et pers&#233;cut&#233;s par le &#171; paternalisme &#187; des gouvernements pendus ici, fusill&#233;s l&#224;-bas, br&#251;l&#233;s, tortur&#233;s, emprisonn&#233;s dans tous les pays et de tout temps, ils ont &#233;t&#233;, cependant, les propulseurs de tous les mouvements d'avant-garde, les voyants qui ont montr&#233; aux masses aveugles les chemins lumineux qui conduisent aux cimes glorieuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faudrait renoncer &#224; tout progr&#232;s ; il vaudrait mieux renoncer &#224; tout espoir de justice et de grandeur dans l'humanit&#233; si, ne serait-ce que dans l'espace d'un si&#232;cle, la famille humaine ne comprenait parmi ses membres quelques visionnaires, utopistes et r&#234;veurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'elles parcourent, ces personnes &#171; s&#233;rieuses &#187;, la liste des hommes morts qu'elles admirent. Qu'&#233;taient-ils sinon des r&#234;veurs ? Pourquoi les admire-t-on, sinon parce qu'ils &#233;taient des visionnaires ? Qu'est-ce qui les entoure de gloire, si ce n'est leur caract&#232;re d'utopistes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De cette esp&#232;ce d'&#234;tres humains si m&#233;pris&#233;e a surgi Socrate, m&#233;pris&#233; par les personnes &#171; s&#233;rieuses &#187; et &#171; sens&#233;es &#187; de son &#233;poque et admir&#233; par ceux-l&#224; m&#234;mes qui alors lui avaient ouvert la bouche pour lui faire avaler la cigu&#235;. J&#233;sus-Christ ? S'ils avaient v&#233;cu &#224; son &#233;poque, les messieurs &#171; s&#233;rieux &#187; et &#171; sens&#233;s &#187; d'aujourd'hui, ils l'auraient accus&#233;, jug&#233;, condamn&#233; et m&#234;me clou&#233; sur le bois inf&#226;me, ce grand utopiste devant lequel ils se signent et s'humilient aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas eu de r&#233;volutionnaire, dans le sens social du mot ; il n'y a pas eu de r&#233;formateur qui n'ait pas &#233;t&#233; attaqu&#233; par les classes dirigeantes de son &#233;poque comme utopiste, r&#234;veur ou visionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Utopie, illusion, r&#234;ve...! Que de po&#233;sie, que de progr&#232;s, que de beaut&#233; et, malgr&#233; tout, combien on vous m&#233;prise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au milieu de la trivialit&#233; ambiante, l'utopiste r&#234;ve d'une humanit&#233; plus juste, plus saine, plus belle, plus savante, plus heureuse et tandis qu'il ext&#233;riorise ses r&#234;ves, la jalousie bl&#234;mit, le poignard cherche son dos, le sbire espionne, le ge&#244;lier pr&#233;pare les cl&#233;s et le tyran signe la sentence de mort. De cette fa&#231;on l'humanit&#233; a mutil&#233;, de tous les temps, ses meilleurs membres. En avant ! L'insulte, la prison et les menaces de mort ne peuvent emp&#234;cher l'utopiste de r&#234;ver.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_446 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;55&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/pdf/e4n11.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 4.9 Mio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH613/e4n11_page_1-ab7a6.jpg?1774752296' width='500' height='613' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Regeneraci&#243;n (4&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; &#233;poque) n&#176;11 - 12 novembre 1910
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1530 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/294789026_477415421056076_4965101200203426045_n.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH622/294789026_477415421056076_4965101200203426045_n-28a9e.jpg?1774752296' width='500' height='622' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>{100 a&#241;os} - Ricardo Flores Mag&#243;n : &#171; La r&#233;volution &#187;</title>
		<link>https://www.partage-noir.fr/ricardo-floresmagon-la-revolution</link>
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		<dc:date>2022-09-10T22:02:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ricardo Flores Mag&#243;n</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;volution mexicaine (1910)</dc:subject>
		<dc:subject>Ricardo Flores Mag&#243;n</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Comme nos camarades de F&#233;d&#233;ration Anarchiste Mexicaine, au cours de l'ann&#233;e 2022, nous allons comm&#233;morer le centenaire de la mort de Ricardo Flores Mag&#243;n. Aujourd'hui nous mettons en ligne un article publi&#233; dans &lt;i&gt;Regeneraci&#243;n&lt;/i&gt; (4&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; &#233;poque) n&#176;12 - 19 novembre 1910.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-ricardo-flores-magon-regeneracion-1910-" rel="directory"&gt;Ricardo Flores Mag&#243;n - Regeneraci&#243;n 1910&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-revolution-mexicaine-1910-+" rel="tag"&gt;R&#233;volution mexicaine (1910)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-ricardo-flores-magon-11-+" rel="tag"&gt;Ricardo Flores Mag&#243;n&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/arton539-d6665.jpg?1774713336' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Comme nos camarades de F&#233;d&#233;ration Anarchiste Mexicaine, au cours de l'ann&#233;e 2022, nous allons comm&#233;morer le centenaire de la mort de Ricardo Flores Mag&#243;n. Aujourd'hui nous mettons en ligne un article publi&#233; dans &lt;i&gt;Regeneraci&#243;n&lt;/i&gt; (4&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; &#233;poque) n&#176;12 - 19 novembre 1910.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le fruit m&#251;r de la r&#233;volte intestine est pr&#234;t &#224; tomber, fruit amer pour tous les orgueilleux dont la situation leur donne honneurs, richesses, distinctions, et qui construisent leurs plaisirs sur la douleur et l'esclavage de l'humanit&#233; : mais fruit doux et savoureux pour tous ceux qui, pour n'importe quel motif, ont senti leur dignit&#233; foul&#233;e par les sabots des b&#234;tes, qui dans une nuit de trente-quatre ans, ont vol&#233;, viol&#233;, tu&#233;, tromp&#233;, trahi, cachant leurs crimes sous le manteau de la loi, esquivant le ch&#226;timent sous l'investiture officielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui a peur de la R&#233;volution ? Ceux qui l'ont provoqu&#233;e ; ceux qui par leur oppression, leur exploitation sur les masses populaires, ont fait que le d&#233;sespoir s'empare des victimes de leurs infamies ceux qui par leurs injustices et leur rapacit&#233; ont r&#233;veill&#233; les consciences, et ont provoqu&#233; l'indignation des gens honn&#234;tes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volution va &#233;clater d'un moment &#224; l'autre. Nous, qui avons &#233;t&#233; ces derni&#232;res ann&#233;es, attentifs aux &#233;v&#233;nements politiques et sociaux du peuple mexicain, ne pouvons pas nous tromper. Les sympt&#244;mes du formidable cataclysme ne laissent aucun doute : quelque chose est en train de s'&#233;crouler. Enfin, apr&#232;s trente-quatre ans de honte, le peuple mexicain va pouvoir lever la t&#234;te, et enfin, apr&#232;s cette longue nuit, le noir &#233;difice dont la pr&#233;sence nous &#233;touffait, va tomber en ruines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le moment, maintenant, de r&#233;p&#233;ter ce qu'on vous a dit tant de fois : il ne faut pas que ce mouvement, caus&#233; par le d&#233;sespoir, soit la man&#339;uvre aveugle de celui qui fait un effort pour se lib&#233;rer du poids d'un &#233;norme fardeau, mouvement o&#249; l'instinct domine la raison. Nous les libertaires, devons essayer de faire en sorte que ce mouvement prenne l'orientation que montre la science. En n'agissant pas ainsi, la R&#233;volution qui se l&#232;ve, ne servira qu'&#224; substituer un Pr&#233;sident &#224; un autre Pr&#233;sident, ou ce qui revient au m&#234;me, un patron &#224; un autre patron. Nous ne devons pas oublier que ce qui est essentiel, c'est que le peuple ait du pain, une maison et de la terre &#224; cultiver ; nous ne devons pas oublier qu'aucun gouvernement, si honn&#234;te soit-il, ne peut supprimer la mis&#232;re. C'est le peuple lui-m&#234;me, les affam&#233;s, les d&#233;sh&#233;rit&#233;s qui doivent abolir la mis&#232;re, en prenant en premier lieu possession de la terre qui, par droit naturel ne peut &#234;tre la propri&#233;t&#233; de quelques-uns, parce qu'elle est la propri&#233;t&#233; de tous les &#234;tres humains. On ne peut pr&#233;dire jusqu'o&#249; ira l'&#339;uvre revendicatrice de la prochaine r&#233;volution ; mais nous sommes d&#233;cid&#233;s, les r&#233;volutionnaires de bonne foi, &#224; avancer le plus possible sur ce chemin. Si nous empoignons les winchester, d&#233;cid&#233;s, non pas &#224; faire monter sur le tr&#244;ne un nouveau ma&#238;tre, mais &#224; lutter pour les revendications des droits des prol&#233;taires ; si nous amenons sur le champ de bataille le d&#233;sir de conqu&#233;rir la libert&#233; &#233;conomique, qui est la base de toutes les libert&#233;s, et la condition sans laquelle, il ne peut y avoir de vraie libert&#233; ; si nous luttons tous avec ce d&#233;sir, nous canaliserons le prochain mouvement populaire vers un chemin digne de notre &#233;poque. Mais, si pour le d&#233;sir de triompher facilement, si pour vouloir abr&#233;ger la lutte, nous enlevons de nos tendances le radicalisme qui les rend incompatibles avec les tendances des partis bourgeois et conservateurs, alors nous aurons fait &#339;uvre de bandits et d'assassins, parce que le sang vers&#233; n'aura servi qu'&#224; renforcer le pouvoir bourgeois, c'est-&#224;-dire la minorit&#233; qui poss&#232;de la richesse et qui, apr&#232;s le triomphe, encha&#238;nera de nouveau le prol&#233;tariat, profitant de son sang, de son sacrifice, de son martyre pour gagner le pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut donc, prol&#233;taires, il faut donc d&#233;sh&#233;rites, que vous ne vous trompiez pas. Les partis conservateurs et bourgeois vous parlent de libert&#233;, de justice, de loi, de gouvernement honn&#234;te, et vous disent que, lorsque le peuple changera les hommes qui sont aujourd'hui au pouvoir par d'autres, vous aurez la libert&#233;, justice, loi et un gouvernement honn&#234;te. Ne vous laissez pas tromper. Ce dont vous avez besoin est l'assurance du bien-&#234;tre de vos familles et le pain quotidien ; ce bien-&#234;tre, aucun gouvernement ne pourra vous le donner. C'est vous qui devez le conqu&#233;rir, en prenant, bien s&#251;r, possession de la terre, qui est la source primordiale de la richesse, et la terre aucun gouvernement ne vous la donnera, comprenez-le bien ! Parce que la loi prot&#232;ge le &#171; droit &#187; des d&#233;tenteurs de la richesse. Il faut que vous la preniez, en d&#233;pit de la Loi, en d&#233;pit du Gouvernement, en d&#233;pit du pr&#233;tendu droit de propri&#233;t&#233;. Il faudra que vous la preniez au nom de la justice naturelle, au nom du droit de vivre, de d&#233;velopper son corps et son intelligence qu'a tout &#234;tre humain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque vous serez en possession de la terre, vous aurez libert&#233; et justice, parce que la libert&#233; et la justice ne peuvent &#234;tre d&#233;cr&#233;t&#233;es : elles sont le r&#233;sultat de l'ind&#233;pendance &#233;conomique, c'est-&#224;-dire, de la facult&#233; que chaque individu a de vivre sans d&#233;pendre d'un ma&#238;tre, c'est-&#224;-dire, de profiter pour soi et pour les siens, int&#233;gralement, des fruits de son travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc, prenez la terre. La Loi dit qu'il ne faut pas que vous la preniez car c'est une propri&#233;t&#233; priv&#233;e mais la Loi qui dit une telle chose fut &#233;crite par ceux qui vous ont s&#233;duit &#224; l'esclavage, et la preuve qu'elle ne r&#233;pond pas, &#224; un besoin g&#233;n&#233;ral est le fait Qu'elle a besoin de l'appui de la force. Si la Loi &#233;tait le r&#233;sultat du consentement de tous, elle n'aurait pas besoin de l'appui du flic, du ge&#244;lier, du juge, du bourreau, du soldat et du fonctionnaire. La Loi nous fut impos&#233;e, et contre les impositions arbitraires appuy&#233;es par la force que nous devons, les hommes dignes, r&#233;pondre par notre rebellion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant, au combat ! La R&#233;volution, irr&#233;m&#233;diable, d&#233;vastatrice, ne va pas tarder &#224; arriver. Si vous voulez &#234;tre vraiment libre, groupez-vous sous les drapeaux libertaires du Parti Lib&#233;ral : mais si vous voulez seulement vous donner l'&#233;trange plaisir de verser le sang et verser le v&#244;tre en &#171; jouant aux soldats &#187;, groupez-vous sous d'autres drapeaux, sous celui des anti-r&#233;&#233;lectionnistes par exemple, qui apr&#232;s que vous ayez &#171; jou&#233; aux soldats &#187;, vous placerons de nouveau sous le joug patronal et gouvernemental ; mais il est vrai que vous auriez eu le grand plaisir de changer le vieux Pr&#233;sident, que vous ne supportiez d&#233;j&#224; plus, par un autre tout frais, tout neuf.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camarades, le probl&#232;me est grave. Je sais que vous &#234;tes dispos&#233;s &#224; lutter, mais combattez pour le profit de la classe pauvre. Toutes les r&#233;volutions ont profit&#233;, jusqu'&#224; ce jour, aux classes riches parce que vous n'aviez pas une id&#233;e exacte de vos droits et de vos int&#233;r&#234;ts, qui comme vous le savez, sont compl&#232;tement oppos&#233;s aux droits et aux int&#233;r&#234;ts des classes riches et intellectuelles. L'int&#233;r&#234;t des riches est que les pauvres soient &#233;ternellement pauvres, parce que la pauvret&#233; des masses est la meilleure garantie de leurs richesses. S'il n'y avait pas d'hommes oblig&#233;s de travailler polir d'autres hommes, les riches seraient oblig&#233;s de faire quelque chose d'utile, de produire quelque chose d'utilit&#233; g&#233;n&#233;rale pour pouvoir vivre ; ils n'auraient plus alors d'esclaves &#224; exploiter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est pas possible de pr&#233;dire, je le r&#233;p&#232;te, jusqu'o&#249; arriveront les revendications populaires dans la R&#233;volution qui approche ; mais il faut essayer d'aller le plus loin possible. Ce serait d&#233;j&#224; un grand pas, de faire en sorte que la terre soit la propri&#233;t&#233; de tous ; et s'il n'y avait pas de force ou de conscience suffisante parmi les r&#233;volutionnaires, pour obtenir d'autres avantages, elle serait la base des prochaines revendications qui par la seule force des circonstances, seraient conquises par le prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En avant, camarades ! Bient&#244;t vous entendrez les premiers coups de fusil ; bient&#244;t les opprim&#233;s lanceront leur cri de r&#233;volte. Il faut que tout le monde participe au mouvement, en lan&#231;ant avec force et conviction ce cri supr&#234;me : Terre et Libert&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_447 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;55&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/pdf/e4n12.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 4.2 Mio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH635/e4n12_page_1-1b301.jpg?1774936064' width='500' height='635' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Regeneraci&#243;n (4&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; &#233;poque) n&#176;12 - 19 novembre 1910
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>{100 a&#241;os} Ricardo Flores Mag&#243;n : &#171; Chair &#224; canon &#187;</title>
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		<dc:date>2022-02-25T09:06:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ricardo Flores Mag&#243;n</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;volution mexicaine (1910)</dc:subject>
		<dc:subject>Ricardo Flores Mag&#243;n</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Comme nos camarades de F&#233;d&#233;ration Anarchiste Mexicaine, au cours de l'ann&#233;e 2022, nous allons comm&#233;morer le centenaire de la mort de Ricardo Flores Mag&#243;n. Aujourd'hui nous mettons en ligne un article publi&#233; dans &lt;i&gt;Regeneraci&#243;n&lt;/i&gt; (4&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; &#233;poque) n&#176;7 - 15 octobre 1910.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-ricardo-flores-magon-regeneracion-1910-" rel="directory"&gt;Ricardo Flores Mag&#243;n - Regeneraci&#243;n 1910&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-revolution-mexicaine-1910-+" rel="tag"&gt;R&#233;volution mexicaine (1910)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-ricardo-flores-magon-11-+" rel="tag"&gt;Ricardo Flores Mag&#243;n&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/arton534-947fa.jpg?1774707605' class='spip_logo spip_logo_right spip_logo_survol' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; data-src-hover=&#034;IMG/logo/artoff534.png?1687900808&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Comme nos camarades de F&#233;d&#233;ration Anarchiste Mexicaine, au cours de l'ann&#233;e 2022, nous allons comm&#233;morer le centenaire de la mort de Ricardo Flores Mag&#243;n. Aujourd'hui nous mettons en ligne un article publi&#233; dans &lt;i&gt;Regeneraci&#243;n&lt;/i&gt; (4&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; &#233;poque) n&#176;7 - 15 octobre 1910.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est l'heure de r&#233;fl&#233;chir. Depuis des si&#232;cles la t&#226;che de penser, de r&#233;fl&#233;chir a &#233;t&#233; l'apanage de ce qu'on appelle les classes dirigeantes de la soci&#233;t&#233; : les intellectuels et les riches. La masse ne pensait pas et, naturellement, ceux qui l'ont fait &#224; sa place se sont rembours&#233;s avantageusement de ce &#171; service &#187;, au pr&#233;judice de celle-ci. Mais le moment est venu de d&#233;cider si nous, les pauvres, nous allons continuer sous la direction int&#233;ress&#233;e des intellectuels et des riches, ou si, vaillamment nous prenons &#224; notre compte l'&#233;tude de nos probl&#232;mes, et confions &#224; nos propres forces la d&#233;fense de nos int&#233;r&#234;ts. Il est temps de le faire ; choisissons : ou troupeau manipulable ou phalange d'&#234;tres conscients ; la honte ou la gloire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Manipul&#233;es dans l'int&#233;r&#234;t des classes dirigeantes, les masses prol&#233;tariennes ont vers&#233; leur sang &#224; travers les temps. Il y a toujours eu un m&#233;contentement parmi les pauvres, m&#233;contentement provoque par la mis&#232;re et l'injustice, par la faim et l'oppression. Par l&#224;-m&#234;me, le prol&#233;tariat a toujours &#233;t&#233; pr&#234;t &#224; se r&#233;volter, avec l'espoir d'atteindre, par la victoire, un changement favorable &#224; ses int&#233;r&#234;ts ; mais les prol&#233;taires n'ont pas pens&#233; par eux-m&#234;mes, car les classes dirigeantes l'ont fait pour eux, ce sont elles qui ont achemin&#233; les tendances des mouvements insurrectionnels, et elles ont &#233;t&#233; les seules &#224; tirer profit des sacrifices de la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voyez donc, combien il est important que le prol&#233;tariat entreprenne, pour son propre compte, la conqu&#234;te de son bien-&#234;tre. Chaque fois que les classes dirigeantes ont besoin de la force du nombre pour s'assurer une victoire qui leur profite, ils ont recours au prol&#233;tariat, &#224; la masse toujours dispos&#233;e &#224; se r&#233;volter, s&#251;rs de trouver dans la foule des h&#233;ros qu'ils m&#233;prisent cordialement, mais qu'alors ils adulent, flattent leurs passions, et ils vont m&#234;me jusqu'&#224; applaudir et stimuler leurs vices et leurs &#233;garements, de la mime fa&#231;on qu'on passe la main sur le dos des b&#234;tes, pour les soumettre par la douceur, lorsqu'il n'est pas n&#233;cessaire d'employer le fouet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De cette fa&#231;on les masses prol&#233;taires ont &#233;t&#233; jet&#233;es dans la guerre, ont &#233;t&#233; pouss&#233;es &#224; r&#233;aliser des entreprises contraires &#224; leurs int&#233;r&#234;ts. Guerres de conqu&#234;te, guerres commerciales, guerres coloniales, insurrections politiques, tout a &#233;t&#233; fait avec le sang des prol&#233;taires, fr&#233;n&#233;tiquement applaudis lorsqu'ils risquaient leur vie comme des h&#233;ros, m&#233;pris&#233;s et rejet&#233;s le lendemain de la victoire. Car il faut semer le grain, garder le troupeau, faire des v&#234;tements, construire des maisons ; pour cela les h&#233;ros sont descendus &#224; coups de pied du pi&#233;destal o&#249; les avaient mont&#233;s les flatteurs des classes dirigeantes, pour aller reprendre leur travail dans le sillon, dans l'atelier, dans l'usine, dans la mine, dans le chemin de fer, chacun d'eux ayant comme seul b&#233;n&#233;fice, un pauvre morceau de papier o&#249; figure la d&#233;claration officielle de leur bravoure, une m&#233;daille de cuivre qu'ils porteront sur leurs haillons des grands jours, et quelques cicatrices, en plus des mauvaises habitudes contract&#233;es dans la promiscuit&#233; des casernes, tandis que les intellectuels et les riches se partagent les terres du pays conquis par le sacrifice de la pl&#232;be, et ils gaspillent dans l'orgie et le luxe le copieux butin que les affam&#233;s ravirent aux vaincus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et tout cela s'est r&#233;p&#233;t&#233; depuis des temps imm&#233;morables ; ceux d'en-bas toujours tromp&#233;s ; ceux d'en-haut toujours b&#233;n&#233;ficiaires. sans que l'exp&#233;rience ait ouvert les yeux du troupeau ; sans que la d&#233;ception, constamment r&#233;p&#233;t&#233;e, ait fait &#233;voluer la masse, l'ait faite penser. La foule actuelle est la m&#234;me foule enflamm&#233;e et innocente qui porta sur ses &#233;paules les grands capitaines de l'antiquit&#233; : la foule d'Alexandre le Grand, celle de Sirus, la pl&#232;be de Cambyse, le troupeau de Scipion, les multitudes d'Hannibal, les barbares d'Attila, pensaient de m&#234;me que les foules napol&#233;onniennes, que celles conqu&#233;rantes du Transvaal, la pl&#232;be am&#233;ricaine de Santiago et de Cavite&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ville des Philippines, pr&#232;s de Manille. En 1898, la marine espagnole fut (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; et les l&#233;gions jaunes triomphatrices en Mandchourie. La psychologie des masses contemporaines est la m&#234;me que celle des messes fran&#231;aises en 1789, des masses de Hidalgo en 1810, des masses r&#233;publicaines du Portugal de nos jours. Toujours la m&#234;me chose : le sacrifice des g&#233;n&#233;reux prol&#233;taires au b&#233;n&#233;fice des classes dominantes ; la souffrance et la douleur des humbles au profit des intellectuels et des riches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il en a toujours &#233;t&#233; ainsi, parce que les prol&#233;taires n'ont jamais orient&#233; les mouvements populaires vers un but favorable &#224; leurs int&#233;r&#234;ts, et ils ont toujours ob&#233;i aux ordres de la minorit&#233; dominante qui, naturellement, a toujours travaill&#233; en faveur de ses int&#233;r&#234;ts de classe. Ainsi, par exemple, dans les guerres de conqu&#234;te, dans les guerres commerciales et coloniales, guerres que le gouvernement d'une nation d&#233;clare au peuple d'une autre nation pour &#233;tendre ses domaines territoriaux ou conqu&#233;rir des march&#233;s qui consommeront les produits industriels ou agricoles de la nation dominatrice, le prol&#233;tariat n'a rien fait d'autre que donner son sang sans obtenir, en &#233;change, aucun b&#233;n&#233;fice mat&#233;riel. Les grands industriels, les grands commer&#231;ants, les banquiers et les hommes du Gouvernement sont ceux qui profitent de ces guerres. Au prol&#233;tariat il ne lui reste que la gloire, si gloire il peut y avoir &#224; commettre des assassinats sur une grande &#233;chelle, commis contre des peuples &#233;trangers, pour satisfaire l'absurde cupidit&#233; des rois de L'industrie, de la banque et du commerce. Est-il plus heureux le prol&#233;tariat anglais d'aujourd'hui, apr&#232;s le triomphe des arm&#233;es anglaises dans le Transvaal ? Est-il plus heureux le peuple des &#201;tats-Unis apr&#232;s le triomphe de l'arm&#233;e de son pays sur celle d'Espagne ? Le japonais d'aujourd'hui, jouit-il de plus de commodit&#233;s depuis son triomphe sur la Russie ? Rien de cela : Anglais, Am&#233;ricains et Japonais continuent &#224; affronter les m&#234;mes probl&#232;mes sociaux aggrav&#233;s encore davantage par l'accroissement du pouvoir que donn&#232;rent aux classes dirigeantes l'agrandissement territorial ou l'acquisition de nouveaux march&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne les r&#233;volutions, on peut observer le m&#234;me r&#233;sultat. Faites seulement pour obtenir la libert&#233; politique, les masses de prol&#233;taires qui les firent triompher avec leur sang, ont &#233;t&#233; esclaves apr&#232;s les mouvements insurrectionnels autant qu'elles l'&#233;taient avant de le verser. Notre propre histoire nous fournit des exemples suffisants pour d&#233;montrer cette grande v&#233;rit&#233;, qui peut para&#238;tre blasph&#233;matoire &#224; ceux qui n'essayent pas d'approfondir ces questions, aux conservateurs d'institutions politiques d&#233;j&#224; tomb&#233;es en complet discr&#233;dit. L'insurrection de 1810, qui nous donna l'ind&#233;pendance politique, n'e&#251;t pas le pouvoir de donner au peuple, affam&#233; de pain et d'instruction, ce dont il avait besoin pour son d&#233;veloppement, et cela est d&#251; au fait que le prol&#233;tariat ne prit pas la d&#233;cision de r&#233;aliser pour son propre compte sa r&#233;demption, en orientant le mouvement du martyr Miguel Hidalgo vers une fin profitable &#224; la classe ouvri&#232;re. Le mouvement d'insurrection contre Santa-Anna&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;G&#233;n&#233;ral mexicain, Dictateur en 1833 et de 1853 &#224; 1855.&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, foment&#233; &#224; Ayulta&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ville de l'&#201;tat de Guerrero.&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; et qui e&#251;t comme r&#233;sultat la promulgation de la constitution de 1857 n'e&#251;t pas, lui non plus, le pouvoir de donner au peuple pain et instruction. Il lui donna des libert&#233;s politiques qui, comme on sait, profitent seulement &#224; ceux qui occupent des postes importants dans la vie politique et sociale, mais pas au prol&#233;tariat qui, par son manque d'argent, d'instruction et m&#234;me de repr&#233;sentation sociale, se trouve subordonn&#233; en tout &#224; la volont&#233; des classes dirigeantes. Du mouvement d'Ayutla, le prol&#233;tariat ne sut tirer aucun profit, pour ne pas avoir su l'orienter dans le but d'obtenir un b&#233;n&#233;fice pour sa classe. L'insurrection de Tuxtepec&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Elle eut lieu en 1873. Le 25 septembre 1873 les Lois de R&#233;forme sont (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, qui entra&#238;na le peuple derri&#232;re le drapeau &#171; Suffrage effectif et non r&#233;&#233;lection &#187;, conquit pour les masses la possibilit&#233; d'obtenir des postes lors d'&#233;lections populaires, et e&#251;t pour r&#233;sultat le despotisme dont aujourd'hui nous souffrons tant du point de vue politique, que de la recrudescence de la mis&#232;re et de l'infortune de la classe ouvri&#232;re, parce que la classe ouvri&#232;re ne prit pas en charge la direction du mouvement r&#233;volutionnaire de Porfirio D&#237;az, et parce qu'elle a confia son avenir aux classes dirigeantes de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant une nouvelle r&#233;volution est en train de fermenter. Les exc&#232;s de la tyrannie de Porfirio D&#237;az blessent tout le monde, prol&#233;taires et non prol&#233;taires, hommes et femmes, vieillards et enfants. Le pouvoir politique &#233;tant accapar&#233; par une infime minorit&#233; fait que, bon nombre de personnes des classe dirigeantes se sont vues oblig&#233;es de laisser &#224; cette infime minorit&#233; la part de pouvoir qu'elles d&#233;tenaient dans les gouvernements pr&#233;c&#233;dents, et s'occupent maintenant, naturellement, &#224; travailler pour la reconqu&#234;te de leur pouvoir. Comme toujours, ces classes dirigeantes se tournent vers le prol&#233;tariat ; maintenant qu'ils ont besoin de ta force du nombre, elles le caressent, le flattent, misent sur la ruse traditionnelle d'applaudir ce qu'habituellement elles censurent ; elles passent la main sur le dos du monstre pour l'attirer par la douceur, et d&#233;s le lendemain de la victoire, acquise par le sang, le sacrifice, l'h&#233;ro&#239;sme des masses de prol&#233;taires, elles n'ont aucun remords &#224; rendre plus dur l'esclavage dans les haciendas, plus p&#233;nible et moins r&#233;mun&#233;rateur le travail dans les usines, les ateliers et les mines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prol&#233;taires : il est temps de r&#233;fl&#233;chir. Le mouvement r&#233;volutionnaire ne peut s'arr&#234;ter, il faut qu'il &#233;clate par la nature mime des causes qui le produisent ; mais il ne faut pas avoir peur de ce mouvement. Il est pr&#233;f&#233;rable de le d&#233;sirer et m&#234;me de le pr&#233;cipiter. Il vaut mieux mourir en d&#233;fendant l'honneur, d&#233;fendant l'avenir des familles que de continuer &#224; souffrir, au milieu de la paix, l'affront de l'esclavage, la honte de la mis&#232;re et de l'ignorance. Mais, camarades, ne laissez pas aux dites classes dirigeantes le soin de penser pour vous et d'arranger la r&#233;volution de fa&#231;on ce qu'elle soit favorable &#224; leurs int&#233;r&#234;ts. Participez activement au grand mouvement qui va &#233;clater, et faites qu'il prenne la direction souhait&#233;e pour que la r&#233;volution soit cette fois-ci profitable &#224; la classe ouvri&#232;re. Parcourez les pages de l'Histoire et vous y constaterez que, dans les combats o&#249; prirent part les classes dirigeantes, vous avez jou&#233; le r&#244;le de chair &#224; canon, et ceci tout simplement parce que ce n'&#233;tait pas vous qui pensiez, ce n'&#233;tait pas vous qui aviez entrepris votre propre r&#233;demption. Souvenez-vous que l'&#233;mancipation de la classe ouvri&#232;re doit &#234;tre l'&#339;uvre des travailleurs eux-m&#234;mes, et cette &#233;mancipation commence par la prise de possession de la terre. Enr&#244;lez-vous, donc, pour la grande r&#233;volution ; mais en ayant le d&#233;sir de prendre la terre, de l'arracher des griffes de ces seigneurs f&#233;odaux qui aujourd'hui la poss&#232;dent. Si nous faisons de cette fa&#231;on, nous ne serons pas de la chair &#224; canon, mais des h&#233;ros qui sauront se faire respecter au sein de la r&#233;volution et apr&#232;s son triomphe, parce que nous aurons, par la seule reprise de la terre, le pouvoir n&#233;cessaire pour atteindre, avec un minimum d'efforts, notre totale lib&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ayez &#224; l'esprit une fois de plus que le simple changement de mandataires n'est pas source de libert&#233;, et que n'importe quel programme r&#233;volutionnaire, ne stipulant pas la prise de la terre par le peuple, est un programme des classes dirigeantes, de celles qui ne veulent pas lutter contre leurs int&#233;r&#234;ts comme l'histoire le d&#233;montre, de celles qui ne s'appuient sur la masse, la pl&#232;be, la populace, que lorsqu'elles ont besoin de h&#233;ros pour les d&#233;fendre et se sacrifier pour elles, des h&#233;ros qui quelques heures apr&#232;s le triomphe, peuvent se trouver avec les flancs saignants, sous l'&#233;peron de leurs ma&#238;tres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prol&#233;taires : prenez le fusil et groupez-vous sous le drapeau du Parti Lib&#233;ral ; c'est le seul qui vous invite &#224; prendre la terre pour vous-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_444 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;53&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/pdf/e4n7.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 3.3 Mio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH624/e4n7_page_1-13430.jpg?1774952121' width='500' height='624' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Regeneraci&#243;n (4&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; &#233;poque) n&#176;7 - 15 octobre 1910
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ville des Philippines, pr&#232;s de Manille. En 1898, la marine espagnole fut battue par celle des USA.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;G&#233;n&#233;ral mexicain, Dictateur en 1833 et de 1853 &#224; 1855.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ville de l'&#201;tat de Guerrero.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Elle eut lieu en 1873. Le 25 septembre 1873 les Lois de R&#233;forme sont incorpor&#233;es &#224; la Constitution de 1857.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>{100 a&#241;os} Ricardo Flores Mag&#243;n : &#171; Libert&#233;, Egalit&#233;, Fraternit&#233; &#187;</title>
		<link>https://www.partage-noir.fr/ricardo-flores-magon-liberte-egalite-fraternite</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.partage-noir.fr/ricardo-flores-magon-liberte-egalite-fraternite</guid>
		<dc:date>2022-02-16T23:02:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ricardo Flores Mag&#243;n</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;volution mexicaine (1910)</dc:subject>
		<dc:subject>Ricardo Flores Mag&#243;n</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Comme nos camarades de F&#233;d&#233;ration Anarchiste Mexicaine, au cours de l'ann&#233;e 2022, nous allons comm&#233;morer le centenaire de la mort de Ricardo Flores Mag&#243;n. Aujourd'hui nous mettons en ligne un article publi&#233; dans &lt;i&gt;Regeneraci&#243;n&lt;/i&gt;, (4&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; &#233;poque) n&#176;6 - 8 octobre 1910.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-ricardo-flores-magon-regeneracion-1910-" rel="directory"&gt;Ricardo Flores Mag&#243;n - Regeneraci&#243;n 1910&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-revolution-mexicaine-1910-+" rel="tag"&gt;R&#233;volution mexicaine (1910)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-ricardo-flores-magon-11-+" rel="tag"&gt;Ricardo Flores Mag&#243;n&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/arton533-539c3.jpg?1774713336' class='spip_logo spip_logo_right spip_logo_survol' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; data-src-hover=&#034;IMG/logo/artoff533.jpg?1687900808&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Comme nos camarades de F&#233;d&#233;ration Anarchiste Mexicaine, au cours de l'ann&#233;e 2022, nous allons comm&#233;morer le centenaire de la mort de Ricardo Flores Mag&#243;n. Aujourd'hui nous mettons en ligne un article publi&#233; dans &lt;i&gt;Regeneraci&#243;n&lt;/i&gt;, (4&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; &#233;poque) n&#176;6 - 8 octobre 1910.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Qu'il est loin l'id&#233;al, qu'il est loin ! Mirage du d&#233;sert, illusion de la steppe, image d'une &#233;toile scintillant au fond du lac. D'abord c'&#233;tait un ab&#238;me sans fond qui s&#233;parait l'humanit&#233; de la Terre Promise. Comment remplir cet ab&#238;me ? Comment le combler ? Comment atteindre la souriante plage dont nous devinons l'existence sur la rive oppos&#233;e ? L'arabe assoiff&#233; voit subitement s'agiter au loin la crini&#232;re des palmiers et pour y parvenir il fustige son chameau. Vaine entreprise : il avance vers l'oasis et l'oasis semble reculer. Toujours la m&#234;me distance entre lui et l'illusion, toujours la m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pr&#233;occupations, les traditions, le fanatisme religieux, la loi d&#233;fendent cet ab&#238;me ; pour le franchir, il faut y faire couler, jusqu'&#224; le remplir, le sang des gardiens, et ensuite, s'embarquer sur cette nouvelle mer Rouge. A travers le temps, des hommes se sont d&#233;vou&#233;s &#224; remplir cet ab&#238;me du sang des m&#233;chants mais aussi du leur, h&#233;las ! Mais l'ab&#238;me ne se remplit pas ; on pourrait vider en lui le sang de toute l'humanit&#233; sans que pour cela l'ab&#238;me se remplisse : car il faudrait noyer dans ce sang les pr&#233;occupations, les traditions, le fanatisme religieux et la loi de ceux qui oppriment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les grandes r&#233;volutions ont eu pour objectif ces trois mots : Libert&#233;, Egalit&#233;, Fraternit&#233;, qui ont &#233;t&#233; inscrits sur des centaines de drapeaux, et que des centaines de milliers d'hommes ont eu sur leurs l&#232;vres au moment d'expirer sur les champs de bataille ; et pourtant l'ab&#238;me ne se remplit pas, le niveau du sang ne monte pas. Pourquoi ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucune r&#233;volution ne s'est s&#233;rieusement pr&#233;occup&#233;e de l'Egalit&#233; ; l'Egalit&#233; est la base de la Libert&#233; et de la Fraternit&#233;. L'Egalit&#233; face &#224; la loi, qui fut la conqu&#234;te de la R&#233;volution Fran&#231;aise, est un mensonge que la conscience moderne repousse indign&#233;e. Les r&#233;volutions ont &#233;t&#233; des incendies superficiels. Les arbres d'une for&#234;t peuvent br&#251;ler ; mais les racines resteront intactes. De la m&#234;me fa&#231;on les r&#233;volutions ont &#233;t&#233; superficielles, elles n'ont pas &#233;t&#233; jusqu'&#224; la racine des malaises sociaux, elles n'ont pas fouill&#233; la chair malade jusqu'&#224; l'origine de la plaie, et de cela, ceux qu'on appelle les chefs sont coupables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les chefs ont toujours &#233;t&#233; moins radicaux que le groupe d'hommes qu'ils pr&#233;tendent diriger et ceci a sa raison d'&#234;tre : non seulement le pouvoir rend l'homme conservateur, mais il lui donne le go&#251;t du commandement. Pour ne pas perdre leur position, les chefs mod&#232;rent leur radicalisme, le compriment, le d&#233;figurent, &#233;vitent les chocs avec les int&#233;r&#234;ts contraires ; et si par la nature m&#234;me des choses le choc est in&#233;vitable et la lutte arm&#233;e un besoin, les chefs essaient toujours de s'arranger de telle fa&#231;on que leur position ne soit pas en danger, et concilient, autant qu'ils le peuvent, les int&#233;r&#234;ts de la r&#233;volution avec les int&#233;r&#234;ts des dominateurs, obtenant ainsi une diminution de l'intensit&#233; du choc, de la dur&#233;e de la lutte, en se contentant d'un triomphe plus ou moins facile. L'id&#233;al... L'id&#233;al reste tr&#232;s loin apr&#232;s ces luttes de nains, qui arrivent tout juste &#224; balayer la superficie et rien de plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour cela, malgr&#233; le sang vers&#233; &#224; travers les temps ; malgr&#233; le sacrifice de tant d'hommes g&#233;n&#233;reux ; malgr&#233; les belles paroles Libert&#233;, Egalit&#233;, Fraternit&#233;, grav&#233;es sur cent drapeaux, il existe encore les cha&#238;nes, la soci&#233;t&#233; est divis&#233;e en classes et la guerre de tous contre tous est ce qui a de plus normal, de l&#233;gal, d'honn&#234;te, ce que les &#171; s&#233;rieux &#187; appellent l'&#171; ordre &#187;, ce que les tyrans appellent le &#171; progr&#232;s &#187; et ce que les esclaves, aveugl&#233;s par l'ignorance et &#233;cras&#233;s par des si&#232;cles d'oppression et d'injustice, v&#233;n&#232;rent et soutiennent par leur soumission.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut creuser, il est n&#233;cessaire d'approfondir. Les chefs sont l&#226;ches ; les chefs n'approfondissent pas, ne creusent pas. L'impulsion r&#233;volutionnaire tr&#233;buche toujours sur la mod&#233;ration de ce qu'on appelle dirigeants, politiciens habiles si on veut, mais sans nerf r&#233;volutionnaire. Ce sur quoi il faut mettre vaillamment les mains, si on veut faire &#339;uvre r&#233;volutionnaire et non &#339;uvre de vulgaires politiciens, d'ambitieux de postes publics, c'est sur la propri&#233;t&#233; terrienne ; car tant que la terre continuera &#224; &#234;tre la propri&#233;t&#233; de quelques-uns, tant qu'il y aura des millions d'&#234;tres humains ne disposant que du petit morceau de terre o&#249; ils seront ensevelis apr&#232;s leur mort, tant que les pauvres continueront &#224; travailler la terre pour leurs ma&#238;tres, n'importe quelle r&#233;volution n'aura d'autre d&#233;nouement que le changement de propri&#233;taires, parfois plus cruels que les d&#233;tr&#244;n&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La R&#233;volution est imminente. D'un moment &#224; l'autre le c&#226;ble annoncera aux nations du monde entier que le peuple mexicain est en r&#233;volte. Les attentats de la tyrannie sont chaque fois plus sauvages, chaque fois plus cyniques. Porfirio D&#237;az est fou ; il ne lui suffit plus d'arracher la vie aux hommes ; maintenant, il assassine les femmes, dont il laisse les cadavres abandonn&#233;s pour que le chiens les mangent. La Vieille B&#234;te pr&#233;cipite la r&#233;volution, et les ambitieux profiteront d'elle si le peuple ne prend pas possession de la terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Libert&#233;, Egalit&#233;, Fraternit&#233; : trois belles paroles qu'il faut convertir en trois beaux faits. R&#233;volutionnaires, mettons la main sur ce dieu qui s'appelle &#171; droit de propri&#233;t&#233; terrienne &#187; et faisons en sorte que la terre appartienne &#224; tous. Si le sang doit &#234;tre vers&#233;, que ce soit au profit du peuple. Verser du sang pour &#233;lever un candidat &#224; la Pr&#233;sidence de la R&#233;publique est un crime, parce que le mal qui afflige le peuple mexicain ne se soigne pas en enlevant D&#237;az et en mettant &#224; sa place un autre homme. Supposons que le citoyen le plus honn&#234;te, le meilleur des Mexicains, triomphe par le moyen des armes et occupe la place du plus pervers et le plus criminel des Mexicains : Porfirio D&#237;az. Ce qu'il fera, cet homme, ce sera mettre en vigueur la Constitution de 1857. Le peuple, par cons&#233;quent, aura le droit de voter ; aura le droit de manifester en toute libert&#233; ses id&#233;es ; la presse ne sera plus b&#226;illonn&#233;e ; les pouvoirs de la F&#233;d&#233;ration seraient ind&#233;pendants les uns des autres ; les &#201;tats retrouveraient leur souverainet&#233; ; il n'y aurait plus de r&#233;&#233;lection. En somme, le peuple mexicain obtiendrait ce qu'on appelle la libert&#233; politique. Mais, ferait-on ainsi le bonheur du peuple ? Le droit de voter, le droit de se r&#233;unir, le droit d'&#233;crire sur n'importe quel sujet, la non-r&#233;&#233;lection, l'ind&#233;pendance des Pouvoirs, pourraient-ils donner du pain, logement et v&#234;tements au peuple ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois de plus, il faut le dire la libert&#233; politique ne donne pas &#224; manger au peuple ; il faut conqu&#233;rir la libert&#233; &#233;conomique, base de toutes les libert&#233;s, et sans laquelle la libert&#233; politique n'est qu'une sanglante ironie qui transforme le Peuple-Roi en roi des bouffons ; parce que si dans la th&#233;orie il est libre, dans la pratique il est esclave. Il faut donc prendre possession de la terre l'arracher des griffes de ceux qui la d&#233;tiennent, et la donner au peuple. Alors, les pauvres auront du pain ; alors, le peuple pourra &#234;tre libre ; alors, avec un effort suppl&#233;mentaire, nous approcherions l'id&#233;al que nous voyons loin parce que les dirigeants des r&#233;volutions n'ont pas eu le courage de renverser les idoles, de r&#233;soudre les probl&#232;mes, de r&#233;duire en morceaux la loi qui prot&#232;ge ce crime qui s'appelle propri&#233;t&#233; terrienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut pourtant, parler avec honn&#234;tet&#233;. La prise de la terre par le peuple ne sera qu'un grand pas vers l'id&#233;al de Libert&#233;, Egalit&#233;, Fraternit&#233;. Un grand pas seulement ; mais, gr&#226;ce &#224; lui, le peuple aura l'occasion d'acqu&#233;rir l'&#233;ducation qui lui fait d&#233;faut pour arriver &#224; construire, dans un avenir plus ou moins proche, la soci&#233;t&#233; juste et sage qui n'est aujourd'hui qu'une belle illusion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et tant qu'on avancera pas vaillamment par le chemin de la lib&#233;ration &#233;conomique, on ne fera pas &#339;uvre saine. La libert&#233; ne peut exister tant que les lois seront faites par une partie de la soci&#233;t&#233; pour que l'autre partie leur ob&#233;isse ; car il est tr&#232;s facile de comprendre que personne ne fera une loi contraire &#224; ses int&#233;r&#234;ts, et comme la classe qui poss&#232;de la richesse est celle qui fait les lois, ou du moins celle qui ordonne qu'on les fasse, ces lois doivent &#234;tre totalement favorables aux int&#233;r&#234;ts du Capital, et par l&#224;-m&#234;me, d&#233;favorables aux int&#233;r&#234;ts des pauvres. Voil&#224; la raison pour laquelle la loi n'arrive pas &#224; ch&#226;tier les riches ni &#224; les g&#234;ner en quoi que ce soit. Toutes les charges sociales et politiques retombent sur le pauvre. Les contributions doivent &#234;tre pay&#233;es exclusivement par les pauvres ; les services gratuits p&#232;sent, exclusivement, sur les &#233;paules du pauvre ; le contingent pour l'arm&#233;e se recrute uniquement parmi les prol&#233;taires, et dans les maisons publiques ce ne sont pas les filles de la bourgeoisie qui se d&#233;gradent, mais les filles des pauvres. Il ne pourrait en &#234;tre autrement il serait absurde de penser que les riches font la loi contre eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;galit&#233;, dans de telles conditions, peut-elle exister ? Socialement, l'&#233;galit&#233; est une chim&#232;re sous le r&#233;gime actuel. Comment peuvent &#234;tre &#233;gaux le pauvre et le riche ? La classe dominante et la classe domin&#233;e ne se ressemblent ni dans l'instruction, ni dans la fa&#231;on de s'habiller, ni dans la mani&#232;re de vivre. Le travail du pauvre est rude et fatiguant ; sa vie est une s&#233;rie de privations et d'angoisses, occasionn&#233;es par la mis&#232;re ; ses distractions sont rares : l'alcool et l'amour ; il ne peut pas participer aux jouissances du riche parce qu'elles co&#251;tent cher, et de plus, il n'a pas l'habit qu'il faut pour c&#244;toyer les gens &#233;l&#233;gants ; la n&#233;gligence o&#249; il vit n'est pas indiqu&#233;e pour acqu&#233;rir les mani&#232;res distingu&#233;es ; l'op&#233;ra et le th&#233;&#226;tre, en plus d'&#234;tre des divertissements tr&#232;s co&#251;teux, requi&#232;rent une certaine pr&#233;paration artistique ou litt&#233;raire que les pauvres ne peuvent avoir, pouss&#233;s, d&#232;s l'enfance, &#224; gagner le pain pour survivre. En ce qui concerne l'&#233;galit&#233; face &#224; la loi, c'est la plus grande des sottises que les aspirants au gouvernement offrent aux masses. Si socialement, l'&#233;galit&#233; entre les hommes est impossible, tant qu'il y aura des classes sociales, politiquement elle ne l'est pas moins. Les juges se d&#233;clarent en faveur des riches et contre les pauvres lorsqu'ils prononcent leurs sentences ; l'exercice du droit de vote est toujours dirig&#233;, organis&#233; et ex&#233;cut&#233; par les classes dominantes, car elles ont tout le temps, les pauvres n'ayant que le &#171; droit &#187; de porter les bulletins aux urnes avec le nom qui a &#233;t&#233; choisi par les dirigeants et organisateurs des &#233;lections ; d'o&#249; il r&#233;sulte que le &#171; choix &#187; de prol&#233;taires est celui des classes dominantes ; les pauvres n'ont pas le droit d'exprimer librement leurs id&#233;es, car ils n'ont pas pu acqu&#233;rir l'instruction n&#233;cessaire pour &#233;crire ou parler en public, et seules les classes dominantes profitent de ce droit. Et si on parcourt la liste des tous les droits politiques, on arrivera &#233;galement &#224; la conclusion de ce que les pauvres ne peuvent les exercer, car leurs t&#226;ches d'esclaves leur laissent &#224; peine le temps n&#233;cessaire pour se d&#233;tendre les membres durant de courtes heures de sommeil ; ils n'ont pas la repr&#233;sentation sociale que donne l'&#233;ducation, l'ind&#233;pendance &#233;conomique et m&#234;me le simple costume correct, et ils manquent de l'instruction n&#233;cessaire pour rivaliser, avec avantage, contre les &#171; lumi&#232;res &#187; intellectuelles de la bourgeoisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fraternit&#233; ! Quelle fraternit&#233; peut exister entre le loup et l'agneau ? L'in&#233;galit&#233; sociale fait des classes sociales des ennemies naturelles. Les possesseurs ne peuvent nourrir des sentiments d'amiti&#233; envers les d&#233;sh&#233;rites, en qui ils voient une menace constante pour la tranquille jouissance de leurs richesses, tandis que les pauvres, non plus, ne peuvent nourrir des sentiments fraternels envers ceux qui les oppriment et leur volent le fruit de leur travail. De ceci na&#238;t un antagonisme constant, une querelle interminable, une lutte sournoise, et parfois ouverte et d&#233;cisive, entre les deux classes sociales, lutte qui donne vie et force &#224; des sentiments de haine, &#224; des d&#233;sirs de vengeance, qui ne sont pas recommand&#233;s pour l'existence de liens fraternels et de sinc&#232;re amiti&#233;, impossibles dans les relations du bourreau et de la victime. Mais ce n'est pas tout. Il y a encore quelque chose qui emp&#234;che les &#234;tres humains de se rapprocher, d'ouvrir leurs c&#339;urs et d'&#234;tre fr&#232;res. La lutte pour la vie, bien que ce soit honteux de le confesser, rev&#234;t dans l'esp&#232;ce humaine, les m&#234;mes caract&#232;res de brutalit&#233; et de f&#233;rocit&#233; que dans les esp&#232;ces inf&#233;rieures animales. L'&#233;go&#239;sme commande les relations entre les hommes. L'esp&#232;ce humaine n'&#233;tant pas &#233;duqu&#233;e dans la solidarit&#233; et l'appui mutuel, chacun, pour du pain, se dispute avec ses semblables, de la m&#234;me fa&#231;on que les chiens affam&#233;s se disputent, &#224; coups de dents le droit de ronger un os r&#233;pugnant. Ceci est une v&#233;rit&#233; dans toutes les classes sociales. Le riche, jaloux de la richesse de son semblable, lui fait la guerre pour augmenter ses tr&#233;sors avec les d&#233;pouilles de celui de sa classe. Ceci s'appelle, avec l'hypocrisie de l'&#233;poque, la concurrence. Le pauvre, pour sa part, est l'ennemi de ses fr&#232;res &#233;galement pauvres. Le pauvre voit un ennemi en un autre pauvre, qui arrive &#224; louer ses services moins cher. S'il y a une gr&#232;ve, il ne manque pas d'affam&#233;s dispos&#233;s &#224; trahir leurs fr&#232;res de classe, en occupant la place des gr&#233;vistes. De ce fait, la fraternit&#233; est un r&#234;ve et &#224; sa place nous trouvons seulement la haine d'une classe contre l'autre : la haine des individus d'une m&#234;me classe entre eux ; l'&#233;pouvantable guerre de tous contre tous, qui d&#233;shonore la race humaine et retarde l'av&#232;nement de ce jour d'amour et de justice auquel r&#234;vent les hommes g&#233;n&#233;reux du monde entier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volution va &#233;clater. Tous, combattants et non combattants, allons &#234;tre entra&#238;n&#233;s par ce mouvement grandiose. Personne ne pourra rester indiff&#233;rent au grand choc. Il faut, donc, choisir un drapeau. Si on d&#233;sire simplement le changement de ma&#238;tres, il y a des partis, en dehors du Lib&#233;ral, qui luttent uniquement pour avoir de nouveaux Pr&#233;sident et Vice-Pr&#233;sident ; mais tous ceux qui d&#233;sirent faire &#339;uvre vraiment r&#233;volutionnaire, &#339;uvre grande et profonde, b&#233;n&#233;fique pour les pauvres, qu'ils viennent dans nos rangs, qu'ils se groupent sous le drapeau &#233;galitaire du Parti Lib&#233;ral, et unis nous arracherons la terre aux quelques mains qui la d&#233;tiennent pour la donner au peuple, et nous approcherons l'id&#233;al de Libert&#233;, Egalit&#233;, Fraternit&#233;, par le moyen du bien-&#234;tre du plus grand nombre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_442 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;52&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/pdf/e4n6.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 5 Mio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH624/e4n6-fbb50.png?1774952121' width='500' height='624' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Regeneraci&#243;n (4&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; &#233;poque) n&#176;6 - 8 octobre 1910
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>{100 a&#241;os} Ricardo Flores Mag&#243;n : &#171; R&#233;veille-toi prol&#233;taire &#187;</title>
		<link>https://www.partage-noir.fr/ricardo-floresmagon-reveille-toi-proletaire</link>
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		<dc:date>2022-02-14T23:02:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ricardo Flores Mag&#243;n</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;volution mexicaine (1910)</dc:subject>
		<dc:subject>Ricardo Flores Mag&#243;n</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Comme nos camarades de F&#233;d&#233;ration Anarchiste Mexicaine, au cours de l'ann&#233;e 2022, nous allons comm&#233;morer le centenaire de la mort de Ricardo Flores Mag&#243;n. Aujourd'hui nous mettons en ligne un article publi&#233; dans &lt;i&gt;Regeneraci&#243;n&lt;/i&gt;, (4&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; &#233;poque) n&#176;17 - 24 d&#233;cembre 1910.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-ricardo-flores-magon-regeneracion-1910-" rel="directory"&gt;Ricardo Flores Mag&#243;n - Regeneraci&#243;n 1910&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-revolution-mexicaine-1910-+" rel="tag"&gt;R&#233;volution mexicaine (1910)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-ricardo-flores-magon-11-+" rel="tag"&gt;Ricardo Flores Mag&#243;n&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/arton541-4ce76.jpg?1774713336' class='spip_logo spip_logo_right spip_logo_survol' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; data-src-hover=&#034;IMG/logo/artoff541.jpg?1687900808&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Comme nos camarades de F&#233;d&#233;ration Anarchiste Mexicaine, au cours de l'ann&#233;e 2022, nous allons comm&#233;morer le centenaire de la mort de Ricardo Flores Mag&#243;n. Aujourd'hui nous mettons en ligne un article publi&#233; dans &lt;i&gt;Regeneraci&#243;n&lt;/i&gt;, (4&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; &#233;poque) n&#176;17 - 24 d&#233;cembre 1910.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Rel&#232;ve-toi, prol&#233;taire conscient ; rel&#232;ve-toi, mon fr&#232;re ! En ce moment beaucoup de prol&#233;taires sont en armes ; mais ils ne savent pas ce qu'ils font ; ou plus exactement, ils ne savent pas pour qui ils travaillent, comme dit le vulgaire adage. Toi, qui connais les int&#233;r&#234;ts de ta classe ; toi, qui sais ce dont les pauvres ont besoin, cours leur dire : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Camarades, pour conqu&#233;rir la libert&#233; et le bonheur, il ne suffit pas d'avoir un c&#339;ur brave et une arme &#224; la main : il faut une id&#233;e dans le cerveau.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un bateau sans boussole dans l'immensit&#233; de l'oc&#233;an, voil&#224; ce qu'est le r&#233;volutionnaire qui ne compte qu'avec son arme et sa bravoure. Le bateau peut lutter contre les vagues et le vent ; mais, comment s'orienter pour arriver au port, s'il lui manque la boussole ? Ainsi, le r&#233;volutionnaire peut se maintenir en r&#233;bellion, peut semer la mort ; mais s'il lui manque l'id&#233;e directrice de son action, il ne sera rien d'autre qu'un bateau sans boussole. Le r&#233;volutionnaire, alors, ne sait pas pourquoi il tue, comme la hache ne sait pas pourquoi elle abat l'arbre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rel&#232;ve-toi, prol&#233;taire conscient ; rel&#232;ve-toi, mon fr&#232;re ! Il faut que tu voles aux c&#244;t&#233;s de tes fr&#232;res inconscients pour leur dire : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Camarades, jusqu'&#224; ce jour, vous &#233;tiez bras et ciseaux ; maintenant, il faut que vous soyez cerveau, bras et ciseaux&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prol&#233;taire : ne permet plus qu'un autre pense pour que toi, tu ex&#233;cutes. Les ciseaux, avec leur tranchant, arrachent des morceaux au marbre sans savoir ce qu'il en r&#233;sultera. Le r&#233;volutionnaire, au prix de son sang, attaque les bastions du despotisme sans savoir quelle sera la forme de l'&#233;difice qui se l&#232;vera sur les d&#233;combres fumants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si un autre pense pour toi, ne t'&#233;tonnes pas de voir surgir, comme si le noir &#233;difice que tu avais &#233;cras&#233; renaissait, un autre plus noir encore, plus lourd. Tu t'apercevras que les d&#233;fenseurs de ce nouvel &#233;difice sont encore plus sinistres, et parmi ces nouveaux d&#233;fenseurs du futur despotisme tu reconna&#238;tras ceux qui aujourd'hui te conseillent de prendre un fusil et de te r&#233;volter ; car ils omettent de te dire quels sont tes int&#233;r&#234;ts de pauvre, pour que tu donnes ta vie pour eux et non pour tes int&#233;r&#234;ts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ouvre les yeux, &#233;ternel paria ; saigne-toi, chair &#224; canon, locataire des casernes et des bagnes. Comprends o&#249; est ton int&#233;r&#234;t ; r&#233;fl&#233;chis, choisis une id&#233;e, et ainsi, tu iras droit vers ton but ; et du chaos de la R&#233;volution tu sauras extraire la formule de ta r&#233;demption, avec la m&#234;me adresse que le sculpteur qui r&#233;veille dans le morceau de pierre la figure, l'attitude, le geste de l'objet d'art qui, sans lui, aurait dormi pendant des mill&#233;naires au sein de la terre ; et alors, si tu tombes au combat, bless&#233; &#224; mort, tu pourras dire avec orgueil, ce qu'un po&#232;te, alors qu'il allait &#234;tre d&#233;capit&#233;, clama devant le bourreau et le peuple, portant sa main au front : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Ici, il y a quelque chose !&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne vas pas au combat comme un mouton, mais comme une unit&#233; de combattants qui s'additionnent &#224; d'autres unit&#233;s, &#233;galement conscientes et rebelles, pour ouvrir le tombeau de la tyrannie politique et de l'exploitation capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Renverse, surtout n'oublie pas de d&#233;placer les d&#233;combres et d'arracher les fondations. Supprime par l'action ce qu'on appelle le droit de propri&#233;t&#233; ; non pour t'emparer individuellement de ce que d&#233;tiennent tes ma&#238;tres, car tu deviendrais alors patron, tu opprimerais tes fr&#232;res et tu serais voleur et pervers, autant que ceux qui t'exploitent maintenant. Ta lib&#233;ration doit &#234;tre comprise dans la lib&#233;ration de tous les humains. La terre qu'il faut enlever aux bourgeois ne doit pas &#234;tre pour toi seul, ni pour quelques-uns, mais pour tous, sans distinction de sexe. L&#232;ve ta t&#234;te tremp&#233;e de sueur ; regarde tes patrons en face, ils tremblent en pressentant ta col&#232;re ; domine-la et raisonne. La col&#232;re aveugle ; la raison &#233;claire. Ainsi tu verras mieux le chemin au milieu des ombres de la terrible lutte ; ainsi tu pourras t'apercevoir que, parmi ceux qui veulent te diriger, il y a beaucoup de loups d&#233;guis&#233;s en agneaux ; il y en a beaucoup qui trompent ta faim pour un moment, en te donnant quelque menue monnaie pour ta famille, avant de t'envoyer au combat. Quelque menue monnaie pour aller donner ton sang, pour qu'eux montent sur tes &#233;paules Est-ce digne ? Es-tu soldat de la libert&#233; ou un mercenaire lou&#233; par un ambitieux ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camarade, refuse l'argent. Ce n'est pas digne d'un homme, de demander de l'argent pour aller conqu&#233;rir la libert&#233; et le bien-&#234;tre. Si tu faisais cela, quelle serait la diff&#233;rence entre toi et le sbire qui tire sur ses fr&#232;res, pour I'argent qu'il a re&#231;u ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fusil du mercenaire forge des cha&#238;nes parce qu'il est soutenu par un c&#339;ur &#233;go&#239;ste ; le fusil du libertaire forge la libert&#233; parce qu'il est soutenu par c&#339;ur d&#233;vou&#233;. Celui qui prend les armes pour l'argent, porte en lui l'id&#233;e du profit personnel &#224; l'exclusion de celui d'autrui ; celui qui prend les armes par amour de la libert&#233;, porte en lui l'id&#233;e du bien-&#234;tre de tous. Est-ce qu'ils lui demand&#232;rent de l'argent, pour &#234;tre des h&#233;ros, Hidalgo, &#171; Pipila &#187;, &#171; El hombre de Eurena &#187; ? Est-ce qu'on peut seulement concevoir un h&#233;ros qui se ferait payer ? Imaginez-vous le &#171; H&#233;ros de Nacozari &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Acteurs, parmi les plus connus, du premier soul&#232;vement populaire, en 1810, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; discutant sur le prix de son h&#233;ro&#239;sme ; imaginez-vous Juarez demandant de l'argent pour d&#233;cr&#233;ter l'expropriation des biens du clerg&#233; ; imaginez-vous J&#233;sus-Christ demandant de l'or pour &#234;tre sacrifi&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;veille-toi, prol&#233;taire ! Va au combat avec le d&#233;sir de lutter pour ta classe. Celui qui te donnera de l'argent pour que tu empoignes un fusil, m&#233;prise-le, regarde-le avec m&#233;fiance, car il te demande ta vie en &#233;change de quelque menue monnaie ; il veut ton sacrifice pour faire son bonheur ; il veut ta ruine et le malheur de ta famille pour son profit personnel. Va au combat prol&#233;taire ; non pas pour mettre quelqu'un au pouvoir, mais pour &#233;lever ta classe, la dignifier. Puisque l'occasion se pr&#233;sente et que tu as une arme entre les mains, prends la terre, mais pas pour toi tout seul : pour toi et pour taus les autres, puisqu'elle est &#224; tous par droit naturel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prol&#233;taire conscient : vole o&#249; luttent tes fr&#232;res, pour leur dire qu'avoir un c&#339;ur vaillant et une arme dans les mains ne suffit pas : dis-leur qu'il faut une id&#233;e dans le cerveau. Et cette id&#233;e, entendez-le bien, doit &#234;tre l'&#233;mancipation &#233;conomique. Si tu n'obtiens pas cette libert&#233;, tu auras donn&#233;, une fois de plus ton sang pour qu'un autre tyran t'opprime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_449 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;55&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/pdf/e4n17.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 4.7 Mio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH614/e4n17_page_1-2d051.jpg?1774952123' width='500' height='614' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Regeneraci&#243;n (4&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; &#233;poque) n&#176;17 - 24 d&#233;cembre 1910
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Acteurs, parmi les plus connus, du premier soul&#232;vement populaire, en 1810, luttant pour l'abolition de l'esclavage et l'ind&#233;pendance du Mexique.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Ricardo Flores Mag&#243;n : &#171; L'horreur de la r&#233;volution &#187;</title>
		<link>https://www.partage-noir.fr/ricardo-floresmagon-l-horreur-de-la-revolution</link>
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		<dc:date>2020-06-21T22:02:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ricardo Flores Mag&#243;n</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;volution mexicaine (1910)</dc:subject>
		<dc:subject>Ricardo Flores Mag&#243;n</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171; Nous ne voulons plus de luttes fratricides, nous ne voulons pas de sang, nous ne voulons pas de guerre &#187;, disent les timor&#233;s.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-ricardo-flores-magon-regeneracion-1910-" rel="directory"&gt;Ricardo Flores Mag&#243;n - Regeneraci&#243;n 1910&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-revolution-mexicaine-1910-+" rel="tag"&gt;R&#233;volution mexicaine (1910)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-ricardo-flores-magon-11-+" rel="tag"&gt;Ricardo Flores Mag&#243;n&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/arton540-d7f9c.jpg?1774713337' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Regeneraci&#243;n (4&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; &#233;poque) n&#176;16 - 17 d&#233;cembre 1910&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Nous ne voulons plus de luttes fratricides, nous ne voulons pas de sang, nous ne voulons pas de guerre&lt;/q&gt;, disent les timor&#233;s. Et ils parlent de suite des horreurs du carnage : le sang coulant en abondance, l'atmosph&#232;re charg&#233;e d'&#233;paisses fum&#233;es, le bruit assourdissant des armes &#224; feu ; sang, agonie, mort, incendie, quelle horreur Quelle horreur !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est vrai, camarades, que le spectacle qu'offre la guerre n'a rien d'agr&#233;able ; mais la guerre est n&#233;cessaire. Elle est n&#233;cessaire lorsqu'il y a quelque chose qui s'oppose &#224; la conqu&#234;te du bien-&#234;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre est horrible, elle co&#251;te beaucoup de vies, beaucoup de larmes et beaucoup de douleurs ; mais que dire de la paix ? Que dire, camarades, de la paix sous le pr&#233;sent syst&#232;me d'exploitation capitaliste et de barbarie gouvernementale ? Est-ce qu'elle garantit seulement la vie, cette paix ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si horrible soit-elle, la guerre ne peut surpasser en horreur cette paix. La paix a ses victimes, elle est sombre ; non que la paix soit mauvaise en elle-m&#234;me, mais par l'ensemble des circonstances dont elle est actuellement compos&#233;e. Sans avoir besoin de la guerre, il y a des victimes en temps de paix, et selon les statistiques, les victimes en temps de paix sont plus nombreuses qu'en temps de guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il suffit de lire tous les jours les journaux d'informations pour se convaincre que ce que je dis est la v&#233;rit&#233;. L&#224;-bas c'est une mine qui s'&#233;croule et &#233;crase des centaines ou des milliers de travailleurs ; ou bien, un train qui d&#233;raille et cause la mort des passagers ; ou un bateau qui coule et entra&#238;ne au fond de la mer de nombreuses personnes. La mort guette l'&#234;tre humain dans tous les moments de son existence. Le travailleur tombe de l'&#233;chafaudage et se brise le corps. Un autre, en maniant une machine, se coupe un bras, une jambe et reste mutil&#233; ou en meurt. Le nombre de personnes qui meurent annuellement &#224; cause des catastrophes mini&#232;res, ferroviaires, maritimes ou d'autre nature est vraiment alarmant. Ceux qui meurent &#224; cause d'incendies de th&#233;&#226;tres, h&#244;tels et maisons, atteignent chaque ann&#233;e, un chiffre effarant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce n'est pas tout : les conditions d'insalubrit&#233; o&#249; s'effectue le travail dans les usines et les ateliers ; les travaux p&#233;nibles ; l'incommodit&#233; et l'insalubrit&#233; des demeures des travailleurs, oblig&#233;s de vivre dans de vrais taudis ; la salet&#233; des quartiers ouvriers ; la mauvaise alimentation que le travailleur peut s'offrir avec le salaire mis&#233;rable qu'il gagne ; la d&#233;t&#233;rioration des articles alimentaires ; l'inqui&#233;tude o&#249; vit l'homme de perdre son travail, qui a peur de ne plus pouvoir nourrir sa famille ; le d&#233;go&#251;t que produit le fait de travailler sous l'influence du surveillant, de se trouver sous l'influence de lois barbares dict&#233;es par le stupide &#233;go&#239;sme des classes dominantes, sous l'influence autoritaire d'&#233;pouvantails sans cervelle. Tout cela : insalubrit&#233;, mauvaise alimentation, travail p&#233;nible, inqui&#233;tude pour l'avenir, d&#233;go&#251;t du pr&#233;sent, minent la sant&#233; des classes pauvres, engendrent des maladies horribles comme la phtisie, la typho&#239;de et autres, qui d&#233;ciment les d&#233;sh&#233;rit&#233;s et dont les ravages n'&#233;pargnent personne : hommes, femmes, enfants et vieillards. Cela n'arrive pas pendant la guerre, o&#249; il est tr&#232;s rare de voir les femmes, les enfants ou les vieillards frapp&#233;s, &#224; moins qu'il ne s'agisse d'un tyran bestial, comme Porfirio D&#237;az, car pour lui il n'existe pas dans cette vie de cr&#233;ature respectable. Le tigre plante ses crocs indiff&#233;remment dans les chairs d'un vieillard, d'une femme ou d'un enfant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes ces calamit&#233;s, dont souffre l'humanit&#233; en temps de paix, sont le r&#233;sultat de l'impuissance du Gouvernement et de la Loi pour faire le bonheur des peuples, pour la simple raison que tant le Gouvernement, que la Loi ne sont rien d'autre que les gardiens du capital, et le capital est notre cha&#238;ne commune. Le Capital veut des b&#233;n&#233;fices et, par cons&#233;quent, il ne s'occupe pas de la vie humaine. Le propri&#233;taire d'une mine ne veut pas savoir, si le travail offre des risques pour la vie des travailleurs ; il ne fait pas les travaux n&#233;cessaires pour que le travail s'effectue dans des conditions de s&#233;curit&#233; garantissant la vie des mineurs. C'est pour cela que les mines, s'&#233;croulent, des explosions ont lieu, des ouvriers s'&#233;crasent avec les &#233;l&#233;vateurs, et beaucoup d'autres sinistres. Le capitaliste gagnerait moins, s'il fallait qu'il prot&#232;ge la vie des ouvriers, et il pr&#233;f&#232;re que ceux-ci cr&#232;vent dans une catastrophe ; que les veuves et les orphelins p&#233;rissent de faim ou se prostituent pour pouvoir vivre, au lieu de d&#233;penser quelques sommes en faveur de ceux qui par leur travail l'enrichissent, de ceux qui par leur sacrifice font son bonheur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut dire la m&#234;me chose pour les catastrophes ferroviaires et maritimes. Le mauvais mat&#233;riel employ&#233; pour la construction des bateaux, des voitures et des locomotives, le moins cher possible, et l'usure qui s'op&#232;re en eux avec l'usage ; le fait que les compagnies doivent utiliser tout au maximum pour d&#233;penser moins, s'ajoutant &#224; tout cela le mauvais &#233;tat des voies, qu'il faut r&#233;parer le moins possible pour obtenir le maximum de b&#233;n&#233;fices, font que l'ins&#233;curit&#233; est effective et les catastrophes in&#233;vitables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les b&#233;n&#233;fices que veut le Capital, sont aussi, la cause des conditions d'insalubrit&#233; o&#249; s'effectue le travail dans les ateliers et usines. Le capitaliste devrait d&#233;penser de l'argent pour que les conditions hygi&#233;niques des lieux de travail soient bonnes, et c'est pr&#233;cis&#233;ment ce qu'il ne veut pas. La sant&#233; et la vie des travailleurs ne rentrent pas dans les calculs des capitalistes. Gagner de l'argent, n'importe comment, c'est la devise de messieurs les bourgeois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mis&#232;re, en elle-m&#234;me, est plus horrible que la guerre et cause plus de ravages. Le nombre d'enfants qui meurent chaque ann&#233;e est fabuleux ; le nombre de tuberculeux qui meurent chaque ann&#233;e est, &#233;galement, &#233;tonnant. Ces d&#233;c&#232;s sont dus &#224; la mis&#232;re, et la mis&#232;re est le produit du syst&#232;me capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi avoir peur de la guerre ? S'il faut mourir &#233;cras&#233; par la tyrannie capitaliste et gouvernementale en temps de paix, n'est-il pas pr&#233;f&#233;rable de mourir en combattant ce qui nous &#233;crase ? C'est moins &#233;pouvantable de verser le sang pour conqu&#233;rir la libert&#233; et le bien-&#234;tre, que de continuer &#224; le verser sous l'actuel syst&#232;me politique et social, au profit de nos exploiteurs et tyrans. En outre, la guerre produit moins de victimes que la paix dans le syst&#232;me actuel. Le nombre de personnes qui meurent au cours d'une bataille est tr&#232;s r&#233;duit en rapport au nombre des combattants des deux camps ; et s'il &#233;tait possible que toute une nation soit en guerre pendant une ann&#233;e, on pourrait constater &#224; la fin de cette p&#233;riode que le nombre des d&#233;c&#232;s aurait diminu&#233; ou tout au moins aurait &#233;t&#233; sensiblement &#233;gal &#224; celui des ann&#233;es de paix, par le fait que le capitalisme aurait eu des difficult&#233;s pour exploiter les travailleurs car la plupart de ceux-ci se seraient trouv&#233;s sur les champs de bataille. Ceci a pu &#234;tre constat&#233; dans les pays qui ont &#233;t&#233; en r&#233;volution. Les travaux sont suspendus &#224; cause de la guerre ; les travailleurs changent la vie malsaine de l'usine, l'atelier ou la mine, par la vie saine, &#224; l'air libre, mangeant de la viande en abondance, faisant un exercice salutaire, et surtout ayant l'esprit anim&#233; par l'espoir de changer de condition, ou simplement satisfaits de pouvoir lever le visage et de se sentir libres face aux patrons &#233;pouvant&#233;s. Il vaut mieux mourir travers&#233; par une balle, en d&#233;fendant son droit et le bien-&#234;tre de ses fr&#232;res, que p&#233;rir &#233;cras&#233;, comme un ver, sous les d&#233;combres d'une mine, ou broy&#233; par une machine, ou dans une agonie p&#233;nible et lente dans le coin d'un noir taudis. Crions de toutes nos forces : Vive la R&#233;volution ! Mort &#224; la paix capitaliste !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_448 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;55&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/pdf/e4n16.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 8.3 Mio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH627/e4n16_page_1-7b5da.jpg?1774952124' width='500' height='627' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Regeneraci&#243;n (4&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; &#233;poque) n&#176;16 - 17 d&#233;cembre 1910
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Ricardo Flores Mag&#243;n : &#171; Libert&#233; politique &#187;</title>
		<link>https://www.partage-noir.fr/ricardo-flores-magon-liberte-politique</link>
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		<dc:date>2020-06-20T11:49:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ricardo Flores Mag&#243;n</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;volution mexicaine (1910)</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Nous d&#233;sirons que nos camarades les d&#233;sh&#233;rites comprennent bien ce qu'est la libert&#233; politique et les b&#233;n&#233;fices qu'elle peut apporter aux peuples.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-ricardo-flores-magon-regeneracion-1910-" rel="directory"&gt;Ricardo Flores Mag&#243;n - Regeneraci&#243;n 1910&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-revolution-mexicaine-1910-+" rel="tag"&gt;R&#233;volution mexicaine (1910)&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/arton538-5a508.jpg?1774713337' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Regeneraci&#243;n (4&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; &#233;poque) n&#176;11 - 12 novembre 1910&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Nous d&#233;sirons que nos camarades les d&#233;sh&#233;rites comprennent bien ce qu'est la libert&#233; politique et les b&#233;n&#233;fices qu'elle peut apporter aux peuples. Nous sommes convaincus que la libert&#233; politique, par elle-m&#234;me, est impuissante &#224; faire le bonheur des peuples, et c'est pour cela que nous travaillons avec obstination pour faire comprendre au peuple que son r&#233;el int&#233;r&#234;t est de travailler pour la libert&#233; &#233;conomique, qui est la base de toutes les libert&#233;s, la solide fondation sur laquelle peut s'&#233;lever le grandiose &#233;difice de l'&#233;mancipation humaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La libert&#233; politique donne &#224; l'homme le droit de penser, le droit d'&#233;mettre ses id&#233;es, le droit de se r&#233;unir, le droit d'exercer le m&#233;tier qui lui pla&#238;t, le droit de se d&#233;placer librement sur le territoire national, et entre beaucoup d'autres droits et pr&#233;rogatives, il a le droit de voter et d'&#234;tre &#233;lu pour les charges publiques lors d'&#233;lections populaires. En contre-partie de ces libert&#233;s il a des obligations, les principales &#233;tant : le paiement des contributions pour les d&#233;penses publiques, le service gratuit aux autorit&#233;s lorsque celles-ci ont besoin de l'aide des citoyens, l'obligation de servir comme soldat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons d&#233;j&#224; expliqu&#233; plusieurs fois que l'inf&#233;riorit&#233; sociale du prol&#233;taire et du pauvre en g&#233;n&#233;ral rend compl&#232;tement illusoire la libert&#233; politique, c'est-&#224;-dire, qu'il ne peut en jouir. L'ignorance et la mis&#232;re rendent l'homme incapable de penser et d'&#233;mettre ses id&#233;es, et m&#234;me s'il y arrivait, celles-ci seraient d'une inf&#233;riorit&#233; intellectuelle si prononc&#233;e, que leur influence serait nulle par l'impossibilit&#233; de les faire pr&#233;valoir sur la brillante argumentation des hommes instruits. Intellectuellement donc, le prol&#233;taire est subordonn&#233; au savoir des hommes instruits qui par le fait m&#234;me de leur culture jouissent de commodit&#233;s et ont, par cons&#233;quent, des id&#233;ologies qui correspondent &#224; la vie facile des hautes classes de la soci&#233;t&#233;, dont l'int&#233;r&#234;t est de conserver ces facilit&#233;s d'existence qui ne se basent pas sur un principe d'&#233;galit&#233; et de justice sociale, mais sur l'in&#233;galit&#233; m&#234;me, du fait de la diff&#233;rence de facilit&#233;s d'existence entre les classes, hautes et basses, de la soci&#233;t&#233;. On peut voir, par l&#224;, que la libre &#233;mission de la pens&#233;e profite, presque exclusivement, aux classes bourgeoises. Le droit de r&#233;union est &#233;galement illusoire pour le prol&#233;tariat, en vertu de son inf&#233;riorit&#233; intellectuelle qui le subordonne, naturellement, logiquement, aux classes cultiv&#233;es qui, s'il s'agit de r&#233;union politiques, se sert alors de la masse comme force num&#233;rique pour battre une rivalit&#233; &#233;lectorale, ou pour faire changer de politique un gouvernement ou simplement d'estrade sur laquelle on peut s'exhiber et briller.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Illusoire est, &#233;galement, le droit d'exercer un m&#233;tier qui nous pla&#238;t. L'ignorance et la mis&#232;re rendent l'homme incapable de se consacrer librement &#224; l'exercice d'une profession, droit dont seules peuvent jouir les classes hautes qui ont l'argent pour payer les &#233;tudes de leurs enfants. Egalement, il faut poss&#233;der des biens pour travailler &#224; son compte. Il ne reste au prol&#233;tariat d'autre droit que celui d'exercer un m&#233;tier quelconque, et m&#234;me pour exercer ce m&#233;tier il faut jouir d'une certaine ind&#233;pendance &#233;conomique et poss&#233;der une certaine instruction, conditions en g&#233;n&#233;ral que les pauvres ne remplissent pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui a &#233;t&#233; dit sur les droits politiques ici &#233;num&#233;r&#233;s, est valable, avec de l&#233;g&#232;res variantes, des autres droits. Pour jouir des droits politiques, il faut l'ind&#233;pendance &#233;conomique et l'instruction, et tout homme qui se consacre sinc&#232;rement &#224; travailler pour le bien-&#234;tre du peuple doit lutter, de toutes ses forces, pour un changement des conditions politiques et sociales existantes, par d'autres qui garantissait l'ind&#233;pendance &#233;conomique, base de l'&#233;ducation et de la libert&#233;, m&#234;me relative gr&#226;ce &#224; laquelle le prol&#233;tariat puisse s'unir, s'&#233;duquer et s'&#233;manciper enfin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le droit de vote est aussi illusoire pour la m&#234;me raison qui rend illusoires les autres droits, dont l'ensemble est ce qu'on appelle la libert&#233; politique. L'ignorance et la mis&#232;re placent les pauvres dans une situation d'inf&#233;riorit&#233; qui les subordonne, naturellement et logiquement, &#224; l'activit&#233; politique des hautes classes de la soci&#233;t&#233;. Pour des raisons d'&#233;ducation, d'instruction et position sociale, les classes hautes assument le r&#244;le de dirigeants dans les luttes &#233;lectorales. Les individus des classes hautes, en vertu de leur ind&#233;pendance &#233;conomique, disposent de davantage de temps que les prol&#233;taires pour se consacrer &#224; des occupations autres que celles de la vie courante et m&#234;me, les classes dirigeantes font de la politique la seule occupation de leur vie. Tout cela contribue &#224; ce que le prol&#233;tariat, qui est oblig&#233; de travailler, jour apr&#232;s jour, pour pouvoir survivre, ne puisse prendre &#224; son compte la direction des campagnes politiques, soit oblig&#233; de se subordonner aux travaux des classes dirigeantes, les travailleurs se contentant de jouer le r&#244;le de votants dans les farces &#233;lectorales. Le choix des candidats, l'&#233;laboration des programmes de gouvernement, le plan de la campagne &#233;lectorale, la propagande, et tout ce qui requiert activit&#233; et discernement, est pris en charge par les dirigeants de la campagne &#233;lectorale, car m&#234;me dans le cas o&#249; il se formerait des assembl&#233;es sp&#233;ciales de travailleurs, ce qui en sortirait ne serait rien d'autre que le reflet de ce qui se fait dans les assembl&#233;es &#233;lectorales des classes dirigeantes, dont elles sont le simple reflet. De tout cela il r&#233;sulte que les pauvres n'ont d'autre droit que celui de signer le bulletin de vote et de le porter aux urnes : mais sans &#234;tre fix&#233;s sur les qualit&#233;s des personnes qu'ils doivent &#233;lire, dont ils ne connaissent que ce qu'en disent les propagandistes des classes dirigeantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De cela les travailleurs &#8211;et les pauvres en g&#233;n&#233;ral&#8211; ne gagnent rien, si ce n'est de changer de ma&#238;tre, ma&#238;tre qui ne va pas travailler pour les int&#233;r&#234;ts des pauvres, mais pour ceux des classes hautes de la soci&#233;t&#233;, car ce furent celles-ci qui en r&#233;alit&#233;, le port&#232;rent au pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici comment la libert&#233; politique, par elle-m&#234;me, n'a pas le pouvoir de rendre le peuple heureux. Le besoin urgent, non seulement pour le Mexique, mais pour tous les peuples cultiv&#233;s de la terre, c'est la libert&#233; &#233;conomique qui est un bien qui ne peut &#234;tre conquis par les campagnes &#233;lectorales, mais par la prise de possession des biens mat&#233;riels tels que la terre, ainsi que la dignification et l'ennoblissement de la classe ouvri&#232;re au moyen de meilleurs salaires et de la r&#233;duction des heures de travail, ce qui, comme nous l'avons beaucoup r&#233;p&#233;t&#233;, donnera au prol&#233;tariat l'opportunit&#233; de s'unir, d'&#233;tudier ses probl&#232;mes, de s'&#233;duquer et finalement de s'&#233;manciper.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A travers ce qui vient d'&#234;tre expos&#233; on voit que, en r&#233;alit&#233;, le peuple n'exerce pas, ne peut exercer les droits politiques ; mais cela ne l'emp&#234;che pas de subir la loi. Il n'a d'autre droit que celui de mourir de faim ; mais il est oblig&#233; de payer des contributions pour que vivent ais&#233;ment ceux qui, pr&#233;cis&#233;ment le dominent. La brillante Arm&#233;e, les policiers de toutes sortes, les fonctionnaires politiques, judiciaires, municipaux et administratifs, depuis les plus hauts jusqu'aux plus humbles, les membres des chambres l&#233;gislatives f&#233;d&#233;rales et des &#201;tats et une ribambelle d'employ&#233;s grands et petits, doivent &#234;tre pay&#233;s par les contributions de tous genres, directes et municipales, droits de douane, du Timbre, qui p&#232;sent exclusivement sur les &#233;paules du pauvre, parce que s'il est vrai que les riches payent pour les affaires qu'ils d&#233;tiennent, ils r&#233;cup&#232;rent ce qu'ils payent au gouvernement en augmentant les loyers des maisons, les marchandises en g&#233;n&#233;ral. De ce fait, les pauvres sont les seuls &#224; payer les d&#233;penses du Gouvernement, parmi lesquelles il faut ajouter les subventions &#224; la presse pro-gouvernementale, les gratifications qu'il accorde aux plus vils et plus bas des flatteurs, et les sommes importantes que les hommes qui gouvernent pr&#233;l&#232;vent sur les caisses publiques pour augmenter leurs richesses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l&#224; n'est pas la seule obligation des pauvres. Entre autres, il y a le service gratuit qu'on doit effectuer, soit par des rondes pour garder les int&#233;r&#234;ts des riches, soit en r&#233;parant les routes pour que les voitures des riches roulent mieux, et beaucoup d'autres services de ce genre, ex&#233;cut&#233;s gratuitement par ceux d'en bas pour ceux d'en haut, et, comme digne conclusion de la moquerie avec laquelle on paye la candeur des peuples, le prol&#233;tariat doit donner ses meilleurs fils &#224; la caserne et ses plus belles filles au lupanar, pour qu'on assassine les fils lorsqu'ils se mettent en gr&#232;ve ou r&#233;clament leurs droits, et que ses filles soient salies par les petits messieurs, et aussi les vieux, de la sainte bourgeoisie. Obligations, charges, affronts, mis&#232;re, prostitution, crime, ignorance, d&#233;sunion, voil&#224; le sombre cort&#232;ge de malheurs que la libert&#233; politique accorde au peuple, lorsqu'on la consid&#232;re comme la panac&#233;e qui doit soigner toutes les maladies de l'humanit&#233;. La libert&#233;, ainsi, est un &#233;difice sans base solide et incapable de tenir debout. Ce dont le peuple a besoin pour jouir de libert&#233; est l'&#233;mancipation &#233;conomique, base in&#233;branlable de la vraie libert&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_446 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;55&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/pdf/e4n11.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 4.9 Mio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH613/e4n11_page_1-ab7a6.jpg?1774752296' width='500' height='613' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Regeneraci&#243;n (4&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; &#233;poque) n&#176;11 - 12 novembre 1910
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Ricardo Flores Mag&#243;n : &#171; &#192; la femme &#187;</title>
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		<dc:creator>Ricardo Flores Mag&#243;n</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;volution mexicaine (1910)</dc:subject>
		<dc:subject>Ricardo Flores Mag&#243;n</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Camarades la catastrophe est en route, les yeux brillants, les cheveux rouges au vent, les mains impatientes de frapper aux portes de la patrie. Attendons-la avec s&#233;r&#233;nit&#233;. Bien qu'elle porte la mort dans son sein, elle est signe de vie, elle est messag&#232;re d'espoir.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-ricardo-flores-magon-regeneracion-1910-" rel="directory"&gt;Ricardo Flores Mag&#243;n - Regeneraci&#243;n 1910&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-ricardo-flores-magon-11-+" rel="tag"&gt;Ricardo Flores Mag&#243;n&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/arton532-65d7a.jpg?1774713337' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Regeneraci&#243;n (4&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; &#233;poque) n&#176;4 - 24 septembre 1910&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Camarades la catastrophe est en route, les yeux brillants, les cheveux rouges au vent, les mains impatientes de frapper aux portes de la patrie. Attendons-la avec s&#233;r&#233;nit&#233;. Bien qu'elle porte la mort dans son sein, elle est signe de vie, elle est messag&#232;re d'espoir. Elle d&#233;truira et cr&#233;era en m&#234;me temps, elle renversera et reconstruira. Ses poings sont les poings formidables du peuple en r&#233;volte. Elle n'am&#232;ne ni roses ni caresses, mais une hache et une torche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Interrompant le festin mill&#233;naire des exploiteurs, la r&#233;volte gronde, et la phrase de Balthazar s'est transform&#233;e avec le temps en un poing tendu, &#233;lev&#233; sur les t&#234;tes des classes dirigeantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &#171; catastrophe &#187; est en route. Sa marche provoquera l'incendie o&#249; br&#251;leront les privil&#232;ges et l'injustice. Camarades, n'ayez pas peur de la &#171; catastrophe &#187;. Vous constituez la moiti&#233; de l'esp&#232;ce humaine, et tout ce qui touche celle-ci vous concerne, car vous faites partie int&#233;grante de l'humanit&#233;. Si l'homme est esclave, vous l'&#234;tes aussi. Les cha&#238;nes, ne font pas de distinction entre tes sexes ; l'infamie dont l'homme est l'objet, est aussi la v&#244;tre. Vous ne pouvez pas vous soustraire &#224; la honte de l'oppression la m&#234;me poigne qui assomme l'homme, vous &#233;trangle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut donc, &#234;tre solidaires dans la grande lutte pour la libert&#233; et le bonheur. Vous &#234;tes m&#232;res ? Vous &#234;tes &#233;pouses ? Vous &#234;tes s&#339;urs ? Vous &#234;tes filles ? Votre devoir est d'aider l'homme, d'&#234;tre &#224; ses c&#244;t&#233;s lorsqu'il h&#233;site pour l'encourager ; voler vers lui pour adoucir sa peine lorsqu'il souffre, rire et chanter avec lui lorsque le triomphe sonnera. Vous ne comprenez rien &#224; la politique ? Cette question n'a rien &#224; voir avec la politique s'agit ici de vie ou de mort. La cha&#238;ne de l'homme est aussi la v&#244;tre et elle est peut-&#234;tre, h&#233;las, encore plus lourde, plus noire et plus infamante. Si vous &#234;tes ouvri&#232;re ? On vous paye moins que l'homme et on vous fait travailler davantage. Vous &#234;tes oblig&#233;es de subir les impertinences du contrema&#238;tre ou du patron ; si, en plus, vous &#234;tes jolie, les patrons assi&#233;geront votre vertu, et si vous faiblissez, ils vous la volent avec la m&#234;me l&#226;chet&#233;, qu'ils vous volent le produit de votre travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous l'empire de l'injustice sociale o&#249; pourrit l'humanit&#233;, l'existence de la femme oscille dans le champ mesquin de son destin, dont les fronti&#232;res se perdent dans la grisaille de la fatigue et de la faim, ou dans les t&#233;n&#232;bres du mariage et de la prostitution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est n&#233;cessaire d'&#233;tudier, il faut voir, il est indispensable de parcourir chaque page de ce sombre livre qui s'appelle la vie, aigre ronceraie qui d&#233;chire les chairs du troupeau humain, pour se faire une juste id&#233;e de la femme dans la douleur universelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'infortune de la femme est si ancienne, que son origine se perd dans la p&#233;nombre des l&#233;gendes. Au d&#233;but de l'humanit&#233;, on consid&#233;rait la naissance d'une fille comme un malheur pour ta tribu. La femme labourait la terre, transportait le bois des for&#234;ts et l'eau des rivi&#232;res, gardait le b&#233;tail, trayait les vaches et les ch&#232;vres, construisait les masures, tissait la toile des v&#234;tements, cuisinait, soignait les malades et les enfants. Les travaux les plus sales &#233;taient ex&#233;cut&#233;s par la femme. Si un b&#339;uf venait &#224; mourir de fatigue, il &#233;tait remplac&#233; par la femme, et lorsque la guerre &#233;clatait entre deux tribus ennemies, la femme changeait de ma&#238;tre ; mais, elle continuait, sous le fouet du nouveau, &#224; remplir ses fonctions de b&#234;te de somme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus tard, sous l'influence de la civilisation grecque, la femme monta d'un &#233;chelon dans la consid&#233;ration des hommes. Elle n'&#233;tait plus la b&#234;te de somme du clan primitif, et ne vivait plus clo&#238;tr&#233;e comme dans les soci&#233;t&#233;s de l'Orient ; son r&#244;le fut alors, celui de productrice de citoyens pour la patrie, si elle appartenait &#224; une famille libre, ou de serfs, si elle &#233;tait ilote.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le christianisme aggrava la situation de la femme par le m&#233;pris de la chair, l'&#201;glise d&#233;cha&#238;na les rayons de sa col&#232;re contre les gr&#226;ces f&#233;minines ; et saint Augustin, saint Thomas et autres saints, devant les images desquels s'agenouillent les pauvres femmes, appel&#232;rent la femme fille du d&#233;mon, verre des impuret&#233;s, et la condamn&#232;rent &#224; souffrir les tortures de l'enfer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La condition de la femme dans notre si&#232;cle diff&#232;re selon sa cat&#233;gorie sociale ; mais malgr&#233; l'adoucissement des coutumes, malgr&#233; les progr&#232;s de la philosophie, la femme reste subordonn&#233;e &#224; l'homme par la tradition et par la loi. &#201;ternelle mineure, la loi la met sous la tutelle de l'&#233;poux. Elle ne peut voter ni &#234;tre &#233;lue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De tout temps, la femme a &#233;t&#233; consid&#233;r&#233;e comme un &#234;tre inf&#233;rieur &#224; l'homme, non seulement par la loi, mais aussi par les coutumes. Et &#224; ce concept erron&#233; et injuste, on doit l'infortune dont elle souffre, depuis que l'humanit&#233; ne se diff&#233;rencie de la faune animale, que par l'usage du feu et de la hache de pierre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Humili&#233;e, m&#233;pris&#233;e, attach&#233;e par tes liens de la tradition au poteau d'une inf&#233;riorit&#233; irrationnelle, familiaris&#233;e par les cur&#233;s avec les n&#233;goces du ciel, mais totalement ignorante des probl&#232;mes de la terre, la femme se trouve brutalement happ&#233;e par l'ouragan de l'activit&#233; industrielle qui a besoin de bras &#224; bon march&#233; surtout, pour faire face &#224; la concurrence provoqu&#233;e par la voracit&#233; des rois de l'argent. La femme est une proie facile, du fait qu'elle n'est pas &#233;duqu&#233;e comme l'homme, pour la guerre industrielle, qu'elle n'est pas organis&#233;e avec celles de sa classe pour lutter avec ses fr&#232;res, les travailleurs, contre la rapacit&#233; du capital. De tout ceci il r&#233;sulte que la femme, bien que travaillant davantage que l'homme, gagne moins, et que la mis&#232;re, les mauvais traitements et le m&#233;pris sont aujourd'hui, comme le furent hier, les fruits amers qu'elle cueille pour toute une existence de sacrifices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le salaire de la femme est si mesquin que fr&#233;quemment, elle doit se prostituer, pour pouvoir subvenir aux besoins des siens, lorsque sur le march&#233; matrimonial, elle ne trouve pas un homme qui en fasse son &#233;pouse. Ceci constitue une autre esp&#232;ce de prostitution autoris&#233;e par la loi et sanctionn&#233;e par l'officier d'&#233;tat-civil, parce que le mariage n'est rien d'autre qu'une prostitution l&#233;galis&#233;e, lorsque la femme se marie, non pas par amour, mais avec le seul d&#233;sir de trouver l'homme qui l'entretienne, cela revient &#224; dire qu'elle vend son corps pour manger, exactement comme le pratique la femme perdue, et c'est ce qui arrive dans la plupart des mariages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et que pourrait-on dire de l'immense r&#233;giment de femmes qui ne trouvent pas d'&#233;poux ? La carence croissante des articles de premi&#232;re n&#233;cessit&#233;, la baisse chaque jour plus inqui&#233;tante des prix du travail humain, r&#233;sultat du perfectionnement des machines, tout cela uni aux exigences chaque fois plus grandes, que cr&#233;e la vie moderne, rendent l'homme &#233;conomiquement incapable d'assumer une charge suppl&#233;mentaire : le soutien d'une famille. L'institution du service militaire obligatoire, qui arrache du sein de la soci&#233;t&#233; un grand nombre de m&#226;les, forts et jeunes, diminue aussi l'offre masculine dans le march&#233; matrimonial. Les &#233;migrations de travailleurs, provoqu&#233;es par divers facteurs &#233;conomiques et politiques, diminuent encore le nombre d'hommes aptes pour le mariage. L'alcoolisme, le jeu et autres vices, les diverses maladies, r&#233;duisent aussi ces candidats au mariage. De tout cela il r&#233;sulte que le nombre d'hommes aptes au mariage est tr&#232;s r&#233;duit et que, par cons&#233;quent, le nombre de femmes c&#233;libataires est alarmant. Comme leur situation est angoissante, les rangs de la prostitution grossissent chaque jour davantage, et la race humaine d&#233;g&#233;n&#232;re par l'avilissement du corps et de l'esprit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camarades : voil&#224; l'&#233;pouvantable tableau qu'offrent les soci&#233;t&#233;s modernes. Par ce tableau, vous voyez qu'hommes et femmes souffrent &#233;galement de la tyrannie d'un milieu politique et social qui est en complet d&#233;saccord avec les progr&#232;s de la civilisation et les conqu&#234;tes de la philosophie. Dans les moments d'angoisse, n'&#233;levez plus vos yeux vers le ciel, car c'est l&#224;-haut que se trouvent ceux qui ont le plus contribu&#233; &#224; faire de vous d'&#233;ternelles esclaves. La solution est ici, sur ta terre : c'est la r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faites que vos &#233;poux, vos fr&#232;res, vos p&#232;res, vos fils, vos amis prennent le fusil. Crachez au visage de celui qui ne voudra pas empoigner une arme contre l'oppression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tourmente est en marche. Jimenez y Acayucan, Palomas, Viesca, Las Vacas et Valladolid&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;R&#233;f&#233;rence aux soul&#232;vements dirig&#233;s par le Parti Lib&#233;ral en 1908 et 1910. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; sont les premi&#232;res rafales de son formidable souffle. Paradoxe tragique : la libert&#233;, qui est le symbole de la vie, se conquiert en tuant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_440 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;55&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
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&lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/pdf/e4n4.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 2.7 Mio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH615/e4n4-cfb66.png?1774952124' width='500' height='615' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Regeneraci&#243;n (4&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; &#233;poque) n&#176;4 - 24 septembre 1910
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
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&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;R&#233;f&#233;rence aux soul&#232;vements dirig&#233;s par le Parti Lib&#233;ral en 1908 et 1910. Trop pr&#233;matur&#233;s, ils &#233;chou&#232;rent, niais donn&#232;rent le signal de l'insurrection g&#233;n&#233;rale qui &lt;br class='autobr' /&gt;
suivit.&lt;/p&gt;
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		<title>Ricardo Flores Mag&#243;n - Regeneraci&#243;n 1910 - Brochure</title>
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&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Ricardo #FloresMag&#243;n - Regeneraci&#243;n 1910 - Brochure
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