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		<title>PARTAGE NOIR</title>
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		<title>En marge des Lois La&#239;ques [3]</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Roger Hagnauer</dc:creator>


		<dc:subject>La R&#233;volution prol&#233;tarienne </dc:subject>
		<dc:subject>Archives Autonomies</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;L'antis&#233;mitisme fut sans doute la motivation ori&#173;ginelle de l'Affaire Dreyfus. Mais celle-ci ne put se prolonger et s'&#233;tendre que parce qu'elle engagea des forces sociales et politiques o&#249; le capitaine juif n'avait gu&#232;re de place.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-source-fragments-d-histoire-de-la-gauche-radicale-+" rel="tag"&gt;Archives Autonomies&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/dd-2-d0700.jpg?1774933213' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le Socialisme des imb&#233;ciles &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'antis&#233;mitisme fut sans doute la motivation ori&#173;ginelle de l'Affaire Dreyfus. Mais celle-ci ne put se prolonger et s'&#233;tendre que parce qu'elle engagea des forces sociales et politiques o&#249; le capitaine juif n'avait gu&#232;re de place. Et le terme de motivation, du point de vue de la psychologie contemporaine, signifie justement un mouvement de tension et de dissociation assez confus en ses causes, car il im&#173;plique des motifs conscients et des mobiles incons&#173;cients, qu'il d&#233;pend plus de l'affectivit&#233; que de l'intelligence. L'antis&#233;mitisme mobilise une cohue au sein de laquelle s'estompent les oppositions de classes et les divergences doctrinales ou id&#233;ologi&#173;ques. Il ne se situa pas toujours &#224; droite. &lt;i&gt;Voltaire&lt;/i&gt;, au XVIII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle et &lt;i&gt;Michelet&lt;/i&gt;, au XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;, us&#232;rent du terme &#171; juif &#187; dans une intention p&#233;jorative. Le Jean Christophe de Romain Rolland fulminait, en son style fougueux, contre les artistes et les esth&#232;tes juifs. Des socialistes... antis&#233;mites r&#233;&#233;dit&#232;rent, en 1898, une brochure sur la &#171; question juive &#187;, &#233;crite en 1847, par Karl Marx qui comptait cependant des rabbins dans son ascendance (il est vrai que son p&#232;re &#233;tait converti au protestantisme). F. Engels qualifiait sans doute l'antis&#233;mitisme de &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;socialisme des imb&#233;ciles&lt;/q&gt;. Mais c'est admettre implicitement que l'on peut &#234;tre socialiste, antis&#233;mite et... im&#173;b&#233;cile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On d&#233;cida &#8211; Karl Marx peut-&#234;tre ? &#8211; que les juifs &#233;taient &#224; l'origine du capitalisme. La puissance insolite des Rothschild qui, sur le plan financier, gouvernaient les places : Francfort, Londres, Paris, Milan et Vienne, a entretenu cette l&#233;gende. En r&#233;alit&#233;, aussi bien au Moyen Age et au d&#233;but des Temps Modernes, qu'au XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, l'absence des juifs &#8211; ainsi que l'ont d&#233;montr&#233; les historiens Henri Pirenne et Henri See &#8211; n'aurait nullement emp&#234;ch&#233;, ou ralenti, la formation et le d&#233;veloppement des fortunes commerciales, des capitaux industriels et des tr&#233;sors de la finance internationale. L'importance prise par la famille Rothschild tient essentiellement &#224; leur intervention dans la politique des &#201;tats. Ils ont favoris&#233; la victoire de l'Angleterre sur Napol&#233;on, le placement des emprunts fran&#231;ais, le payement de l'indemnit&#233; de guerre impos&#233;e &#224; la France par l'Allemagne en 1871, le financement de grands tra&#173;vaux publics dans les pays europ&#233;ens &#8211; jouant un r&#244;le analogue &#224; celui des Fugger qui assur&#232;rent l'&#233;lection de Charles Quint, empereur d'Allemagne, au XVI&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. D'autre part, des juifs exclus de la propri&#233;t&#233; fonci&#232;re et f&#233;odale s'adapt&#232;rent plus vite que les autres au maniement de la propri&#233;t&#233; mobili&#232;re, au fonctionnement du syst&#232;me capita&#173;liste. Des usuriers juifs provoqu&#232;rent quelque scan&#173;dale en Alsace, pendant les guerres de la R&#233;volution et de l'Empire. Il fallut en 1808 annuler par d&#233;cret leurs cr&#233;ances sur les paysans alsaciens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la R&#233;volution industrielle en Angleterre et en France n&#233;cessita l'investissement de capitaux consid&#233;rables qui provenaient 1&#176;) des b&#233;n&#233;fices commerciaux r&#233;alis&#233;s au XVIII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle surtout en Grande-Bretagne ; 2&#176;) des capitaux immobilis&#233;s dans l'achat d'offices royaux lib&#233;r&#233;s en France par la suppression de la v&#233;nalit&#233; des charges ; 3&#176;) aussi des profits exorbitants de l'exploitation des pays conquis et vassaux, des dotations des g&#233;n&#233;raux, mar&#233;chaux et grands fonctionnaires, des b&#233;n&#233;fices des fournis&#173;seurs militaires, accumul&#233;s sous l'Empire. Rien de sp&#233;cifiquement juif dans cette gen&#232;se du capita&#173;lisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les antis&#233;mites r&#233;actionnaires, parce que Karl Marx &#233;tait juif, attribu&#232;rent aux juifs la cr&#233;ation de l'Internationale &#8211; ce qui est doublement absurde. La formation intellectuelle de Karl Marx s'est accom&#173;plie dans les universit&#233;s allemandes, et sa doctrine m&#251;rit au contact du capitalisme, du chartisme et du travaillisme britanniques. Bertrand Russell attri&#173;bue ses&lt;i&gt; &#171; mauvais c&#244;t&#233;s &#187; &#224; ses origines juives : son autoritarisme, son intol&#233;rance, la malignit&#233; de ses pol&#233;miques. &lt;/i&gt; Au reste, Bertrand Russell en incrimine surtout l'atmosph&#232;re des universit&#233;s allemandes, et les humiliations subies par le jeune &#233;tudiant juif. Quant &#224; la Premi&#232;re Internationale, elle naquit d'une initiative des ouvriers parisiens et londoniens. Rien de sp&#233;cifiquement juif dans la gen&#232;se de l'Internationale ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est vrai que nous avons d&#233;cel&#233; une sorte d'anti&#173;s&#233;mitisme visc&#233;ral et presque inconscient chez des militants libertaires et syndicalistes r&#233;volutionnaires. C'est qu'ils pouvaient s'irriter de la &#171; savantasserie &#187; outrecuidante et pr&#233;tentieuse de docteurs en marxis&#173;me &#8211; juifs en majorit&#233; &#8211; qui venaient des univer&#173;sit&#233;s allemandes ou de Pologne ou de Russie o&#249; ils avaient grandi dans une atmosph&#232;re de jalousie et de m&#233;pris... m&#233;pris artificiel de fils d'une aristocratie d&#233;cadente et d'une bourgeoisie corrompue par la richesse, qui ne pardonnaient pas &#224; leurs contem&#173;porains juifs des aptitudes intellectuelles, dues &lt;i&gt;non &#224; des caract&#232;res ethniques mais &#224; une vie errante et p&#233;rilleuse&lt;/i&gt;. Ces militants ouvriers r&#233;agissaient comme le Jean Christophe de Romain Rolland.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_6264 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;62&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/sans_titre-4dd.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH748/sans_titre-4dd-94661.jpg?1774933213' width='500' height='748' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Dessin de Felix Vallotton - &lt;i&gt;Le cri de Paris&lt;/i&gt;, 23 janvier 1898&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Ils furent &#233;videmment et tout naturellement drey&#173;fusistes pour la plupart, non par sympathie pour un officier juif, mais parce que leur bon sens les garan&#173;tissait contre la d&#233;magogie antis&#233;mite, comme elle les avait garantis contre la d&#233;magogie boulangiste. Pierre Monatte, qui fut parmi nous le plus s&#251;r d&#233;fen&#173;seur de l'h&#233;ritage de Fernand Pelloutier, le plus fid&#232;le gardien de l'esprit syndicaliste r&#233;volutionnaire, me confiait, que r&#233;p&#233;titeur dans un coll&#232;ge d'Arras, il y provoqua un petit scandale public en se pro&#173;menant dans les couloirs avec le num&#233;ro de &lt;i&gt;l'Aurore&lt;/i&gt;, portant sur toute la premi&#232;re page, le &#171; J'accuse &#187; d'Emile Zola, manifestation tonitruante du parti dreyfusiste.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Paternalisme chr&#233;tien et r&#233;actions cl&#233;ricales &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'antis&#233;mitisme avait-il atteint le corps enseignant primaire ? C'est peu probable. Il semble au contraire qu'il ait quelque peu alt&#233;r&#233; la foi patriotique, jaco&#173;bine et revancharde des humbles ex&#233;cutants des lois la&#239;ques. Les jeunes instituteurs, &#224; qui on venait d'imposer l'obligation militaire, &#224; leur sortie de l'Ecole Normale, ayant souffert de la grossi&#232;re stupi&#173;dit&#233; des sous-officiers, devaient ressentir comme un outrage &#224; leurs convictions r&#233;publicaines, l'esprit de clan d'officiers sup&#233;rieurs et g&#233;n&#233;raux capables de justifier, par des mensonges et des falsifications, la condamnation et la d&#233;gradation d'un officier ind&#233;&#173;sirable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils ignoraient sans doute les sentiments inavoua&#173;bles motiv&#233;s par de sordides rivalit&#233;s, car jusqu'en 1939, le nombre d'instituteurs d'origine juive fut presque n&#233;gligeable, alors qu'en 1894, on comptait d&#233;j&#224; de nombreux professeurs du secondaire et du sup&#233;rieur, pas mal d'avocats et de m&#233;decins appar&#173;tenant &#224; la race d&#233;test&#233;e. L'universit&#233;, d'ailleurs, dans sa grande majorit&#233; s'engagea dans le rassem&#173;blement dreyfusiste. Les outrances de l'antis&#233;mitis&#173;me, comme les monstrueuses op&#233;rations de l'hitl&#233;&#173;risme, en Allemagne de 1933 &#224; 1939, en France de 1940 &#224; 1944, furent jug&#233;es &#171; impensables &#187; par pres&#173;que tous les universitaires, &#224; l'exception de quelques intellectuels... en uniforme.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Paternalisme chr&#233;tien &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'Affaire Dreyfus pouvait se produire dans une p&#233;riode de. stabilit&#233;. En tous temps, une erreur judi&#173;ciaire est possible. Mais souvent, elle ne touche que l'entourage imm&#233;diat de la victime. Elle peut m&#234;me s'accomplir et se perp&#233;tuer dans le silence de l'indif&#173;f&#233;rence ou de la contrainte. Elle prend place, dans les r&#233;gimes autoritaires ou totalitaires, dans la bana&#173;lit&#233; quotidienne de l'arbitraire syst&#233;matique. Lors&#173;que r&#232;gne une libert&#233; relative, il suffit que la victime ou le pr&#233;sum&#233; coupable soit socialement ou politi&#173;quement repr&#233;sentatif pour qu'une campagne natio&#173;nale s'engage pour ou contre le h&#233;ros de l'aventure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'Affaire Dreyfus &#233;tonne par l'intensit&#233; et la dur&#233;e des d&#233;marches et des agitations. Il para&#238;t normal que l'on ait oppos&#233; le Droit &#224; l'arbitraire, l'impartialit&#233; &#233;quitable au parti pris injuste, la v&#233;rit&#233; aux &#171; mensonges triomphants qui passent &#187;. Mais c'est l&#224; une attitude intellectuelle qui ne touche gu&#232;re le grand public. Il fallait donc que les juges de Dreyfus agissent comme l'apprenti sorcier dont un geste banal lib&#232;re des forces explosives compri&#173;m&#233;es sur un espace minuscule. Ce ne fut pas une v&#233;ritable R&#233;volution, car il aurait fallu une volont&#233; consciente de changement. Mais ce fut une crise, une rupture d'&#233;quilibre, la d&#233;monstration &#233;clatante de l'&#233;ternel conflit entre l'ordre et le mouvement. Ce ne fut pas une R&#233;volution, mais une contre-r&#233;volu&#173;tion, au moins &#224; l'origine. Ce furent les r&#233;actionnai&#173;res &#8211; au sens plein du terme &#8211; qui prirent l'initia&#173;tive des op&#233;rations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est symptomatique que l'Affaire ait &#233;clat&#233; en 1894, alors que le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; d&#233;cembre 1893, le minist&#232;re Casimir P&#233;rier constitu&#233; sous le signe de &#171; l'esprit nouveau &#187;..., &lt;i&gt;entendait mettre fin &#224; la grande offen&#173;sive la&#239;que et profiter du &#171; Ralliement &#187; &#224; la R&#233;pu&#173;blique conservatrice, ordonn&#233;e par le Pape L&#233;on XIII dans son encyclique du 16 f&#233;vrier 1892. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Auparavant, l'encyclique &#171; Rerunz novarum &#187; du 15 mai 1891 avait condamn&#233; en termes &#233;nergiques les abus du capitalisme triomphant. Que les grands industriels catholiques aient ignor&#233; ou m&#233;pris&#233; cet appel &#224; leur conscience chr&#233;tienne, que les &#233;v&#234;ques n'aient gu&#232;re favoris&#233; la diffusion des th&#232;mes pon&#173;tificaux, cela t&#233;moignait de leur &#171; immobilisme &#187;... de leur volont&#233; de r&#233;sister aux revendications ouvri&#232;res, que la sollicitude de L&#233;on XIII pouvait encourager.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, la d&#233;nonciation des mis&#232;res ouvri&#232;res au nom de la charit&#233; chr&#233;tienne, le ralliement &#224; la R&#233;publique (voulue par la majorit&#233; du peuple fran&#173;&#231;ais), le groupement des travailleurs sous le patro&#173;nage de l'Eglise, c'&#233;tait l'application d'une politique pr&#233;voyante qui n'avait pas d'autre but que de pr&#233;&#173;venir &lt;i&gt;les effets de l'organisation syndicale sur le terrain de classe et du d&#233;veloppement de l'enseigne&#173;ment populaire engag&#233; par les lois la&#239;ques de Jules Ferry. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syndicalisme chr&#233;tien a conquis aujourd'hui droit de cit&#233;. La Conf&#233;d&#233;ration fran&#231;aise des Tra&#173;vailleurs (C.F.D.T.) se s&#233;parant de la Conf&#233;d&#233;ration fran&#231;aise des Travailleurs chr&#233;tiens (C.F.T.C.) recon&#173;na&#238;t la n&#233;cessit&#233; de la lutte des classes et son action d&#233;passe souvent par sa vigueur et sa clart&#233; celle de la C.G.T.-F.O., m&#234;me celle de la C.G.T. colonis&#233;e par les communistes. Le syndicat g&#233;n&#233;ral de l'Education nationale qui fut &#224; la pointe de 1a C.F.D.T. a d&#233;fendu l'Ecole la&#239;que, la d&#233;mocratisation de l'enseignement avec une remarquable constance &#8211; et n'a plus rien de commun avec les d&#233;fenseurs d'un corporatisme sordide que nous combattions &#226;prement avant la derni&#232;re guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et d&#233;j&#224; dans les derni&#232;res ann&#233;es du XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle des travaill&#233;urs chr&#233;tiens retrouvaient leurs cama&#173;rades syndicalistes dans la revendication et la gr&#232;ve. Le groupement &#224; cette &#233;poque, sous le signe du paternalisme chr&#233;tien, ne fut gu&#232;re appr&#233;ci&#233; par la classe ouvri&#232;re, assez indiff&#233;rente &#224; l'&#233;gard .de l'Egli&#173;se, m&#234;me ceux de ses membres qui se soumettaient aux pratiques du culte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est que les intentions des promoteurs, dont l'esprit de charit&#233; valait par sa sinc&#233;rit&#233;, ne s'opposaient pas aux vieilles traditions de l'Eglise. Albert de Mun, le pr&#233;dicateur le plus &#233;loquent de l'appel au peuple, au nom du Saint-P&#232;re, s'&#233;levait contre &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;le socialisme, n&#233;gation de l'autorit&#233; de Dieu, autant que contre le lib&#233;ralisme capitaliste&lt;/q&gt;. Il souhaitait &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;le retour aux corporations de l'Ancien R&#233;gime, unissant les ma&#238;tres et les compagnons&lt;/q&gt;. Pr&#233;sident de la conf&#233;rence de Saint-Vincent-de-Paul, il fl&#233;tris&#173;sait les doctrines qui &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;flattent les ouvriers dans leurs passions et leur orgueil, consommaient la ruine de la Patrie et du Monde. Il fallait sauver le peuple et h&#226;ter le r&#232;gne de Dieu dans l'atelier r&#233;g&#233;n&#233;r&#233;.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un ouvrage assez objectif, &#233;crit en 1932 par E. Barbier : &lt;i&gt;Histoire du capitalisme lib&#233;ral et du capitalisme social&lt;/i&gt;, on lit une appr&#233;ciation s&#233;v&#232;re et exacte sur le recrutement des premiers syndicats chr&#233;tiens o&#249; l'on rencontrait : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;des attard&#233;s de l'industrie, des cancres de l'usine, braves gens au demeurant et d'une pi&#233;t&#233; ext&#233;rieure suffisante... ou des employ&#233;s des librairies cl&#233;ricales, des bedeaux en rupture de hallebarde, des sacristains retrait&#233;s, des concierges des communaut&#233;s, des gar&#231;ons de bureaux des annexes...&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Casimir P&#233;rier qui, en 1894, apr&#232;s l'assassinat de Sadi Carnot, fut &#233;lu Pr&#233;sident de la R&#233;publique, incarnait&lt;i&gt; l'esprit nouveau&lt;/i&gt;, s'affirmant sans doute par r&#233;action contre les attentats anarchistes. Rappelons qu'il d&#251;t d&#233;missionner au bout de six mois, compro&#173;mis par ses liens avec le grand capitalisme industriel.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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