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	<title>PARTAGE NOIR</title>
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		<title>PARTAGE NOIR</title>
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		<title>En marge des Lois La&#239;ques [1]</title>
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		<dc:date>2026-03-28T23:30:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Roger Hagnauer</dc:creator>


		<dc:subject>Archives Autonomies</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Une constatation historique essentielle, c'est que l'enseignement des masses populaires et la forma&#173;tion des &#233;lites ont suivi deux processus nettement diff&#233;rents et qui ne sont m&#234;me pas parall&#232;les. Les join&#173;dre, les confondre jusqu'&#224; un certain niveau, ce fut l'id&#233;e force de ceux qui ont milit&#233; &#8211; particuli&#232;rement pendant l'entre-deux guerres de 1918 &#224; 1919 &#8211; pour la R&#233;novation de l'Enseignement et la d&#233;mocratisa&#173;tion de l'Universit&#233;.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-la-revolution-proletarienne-no665-avril-mai-1981-" rel="directory"&gt;la R&#233;volution prol&#233;tarienne n&#176;665 - Avril-Mai 1981&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-source-fragments-d-histoire-de-la-gauche-radicale-+" rel="tag"&gt;Archives Autonomies&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/sans_titre-1-recupere-a5ed8.jpg?1774743383' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Une constatation historique essentielle, c'est que l'enseignement des masses populaires et la forma&#173;tion des &#233;lites ont suivi deux processus nettement diff&#233;rents et qui ne sont m&#234;me pas parall&#232;les. Les join&#173;dre, les confondre jusqu'&#224; un certain niveau, ce fut l'id&#233;e force de ceux qui ont milit&#233; &#8211; particuli&#232;rement pendant l'entre-deux guerres de 1918 &#224; 1919 &#8211; pour la &lt;i&gt;R&#233;novation de l'Enseignement&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;la d&#233;mocratisa&#173;tion de l'Universit&#233;. &lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'Histoire de l'Enseignement populaire prouve que celui-ci a toujours &#233;t&#233; soumis &#224; des n&#233;cessit&#233;s politiques. Le d&#233;veloppement de la soci&#233;t&#233; industrielle et capitaliste impose &#171; l'alphab&#233;tisation &#187; de la classe ouvri&#232;re (v&#233;rit&#233; historique qui se v&#233;rifie encore aujourd'hui dans les pays en voie de d&#233;veloppement). &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais en France, l'introduction des lois la&#239;ques doit &#234;tre interpr&#233;t&#233;e du point de vue de la volont&#233; des r&#233;publicains opportunistes et radicaux et m&#234;me d'une fraction des anciens orl&#233;anistes, de vaincre l'Eglise catholique, non parce que chr&#233;tienne mais parce que catholique au sens originel du terme, c'est-&#224;-dire ultramontaine, donc plac&#233;e au-dessus des &#201;tats, soumise au Pape... souverain &#233;tranger. Les &#233;glises : luth&#233;&#173;riennes en Allemagne, anglicane en Grande-Bretagne, orthodoxe en Russie tzariste sont nationales, sou&#173;mises &#224; l'&#201;tat national, au souverain national. La bataille la&#239;que fut beaucoup plus violente et sanglante dans les pays latins (on sait qu'en Italie, l'Ecole subit encore les effets des accords de Latran, conclus par Mussolini et le Pape, maintenus dans la Constitution en 1946, gr&#226;ce au vote des communistes). Qu'on ait envisag&#233; en France la formation d'une &#233;glise chr&#233;tienne nationale... &#224; coloration calviniste... ce qui tendrait &#224; le prouver, c'est l'influence des protestants dans le personnel politique de la Sainte R&#233;publi&#173;que ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Le caract&#232;re politique de l'Ecole primaire, gratuite, la&#239;que, obligatoire est encore attest&#233; par un r&#233;gime qui, jusqu'en 1945, soumettait &#8211; seuls parmi les enseignants &#8211; les instituteurs et institutrices &#224; l'autorit&#233; du Pr&#233;fet et non &#224; celle de l'inspecteur d'Acad&#233;mie qui restait soumis au repr&#233;sentant du gou&#173;vernement central. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais ce qui pour nous reste singuli&#232;rement &#233;difiant, c'est que l'instruction gratuite et obligatoire, r&#233;clam&#233;e par toutes les organisations ouvri&#232;res et socialistes, figurait dans le programme de la Premi&#232;re Internationale et fut, pendant sa courte existence, l'une des premi&#232;res r&#233;alisations de la Commune de Paris qui imposa naturellement la la&#239;cit&#233;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Extraits d'un manuscrit qui devait para&#238;tre : De l'Ecole &#224; la Bourse du travail.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;SOUS L'ORDRE MORAL ! &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Historiquement, l'Assembl&#233;e Versaillaise de 1871 &#224; 1875 usurpa le pouvoir constituant, &#224; la faveur d'une imposture &#171; pacifiste &#187; et de la f&#233;roce r&#233;pres&#173;sion de la Commune. Les ruraux avaient vot&#233; en majorit&#233; contre le jusqu'auboutisme gambettiste et le jacobinisme parisien. D&#232;s ses d&#233;buts &#224; Bordeaux, l'Assembl&#233;e excluait Garibaldi et provoquait la d&#233;&#173;mission de Victor Hugo. A Versailles, elle utilisa Thiers dans l'&#233;crasement pr&#233;m&#233;dit&#233; de la classe ou&#173;vri&#232;re parisienne et le chassa lorsqu'il pr&#233;tendit prolonger son &#171; omnipotence &#187; provisoirement accor&#173;d&#233;e, et se poser en &#171; protecteur &#187; d'une R&#233;publique conservatrice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'&#233;tait plus question des r&#233;volutionnaires ou des socialistes, massacr&#233;s, d&#233;port&#233;s... ou neutralis&#233;s lors de la sanglante r&#233;pression de la Commune. La peur des classes dirigeantes se traduisait par la pers&#233;cution de tous les r&#233;publicains fid&#232;les. Et catho&#173;liques ou voltairiens, les Versaillais se r&#233;jouissaient de spectaculaires et massives d&#233;monstrations popu&#173;laires, lors des p&#232;lerinages de Lourdes, de la Salette, de Paray le Monial, en 1873, et souriaient d'apai&#173;sante b&#233;atitude en entendant le &#171; vrai chant natio&#173;nal &#187; (sic) &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Sauvez la France, par votre Sacr&#233;-C&#339;ur...&lt;/q&gt;, rempla&#231;ant &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;la hideuse Marseillaise&lt;/q&gt; (resic !).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malheureusement, le salut se localisa dans le temps et les lieux. Le Sacr&#233;-C&#339;ur de J&#233;sus saigna en vain... Les provocations de l'ultramontanisme sous l'infail&#173;libilit&#233; du Pontife de Rome proclam&#233;e en 1870, quelques semaines avant la prise de Rome par les troupes du Roi d'Italie, eurent comme premier effet de rassembler tous les R&#233;publicains et pas mal d'orl&#233;a&#173;nistes sous le signe d'un &lt;i&gt;nationalisme gallican&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;anticl&#233;rical&lt;/i&gt;. La majorit&#233; versaillaise d&#233;j&#224; grignot&#233;e et d&#233;valoris&#233;e par des &#233;lections partielles et les &#233;lections cantonales s'effondra lors des &#233;lections g&#233;n&#233;&#173;rales de 1876. A une faible majorit&#233; conservatrice au S&#233;nat (149 contre 130) s'opposa une nette majorit&#233; r&#233;publicaine &#224; la Chambre des D&#233;put&#233;s (360 contre 170). Celle-ci s'affirma nettement en invitant, par 304 voix contre 116, le gouvernement &lt;i&gt;&#224; r&#233;primer les me&#173;n&#233;es ultramontaines. &lt;/i&gt; C'&#233;tait le 4 mai 1877. Le 16 mai 1877, Mac Mahon renvoya le minist&#232;re mod&#233;r&#233;ment r&#233;publicain de Jules Simon et obtint du S&#233;nat la dissolution de la Chambre des D&#233;put&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous &#171; l'ordre moral &#187; de 1873 &#224; 1876, sous &lt;i&gt;le r&#233;gime dit du Seize mai an 1877&lt;/i&gt;, le gouvernement s'employa syst&#233;matique &#224; chasser les r&#233;publicains de toutes les administrations. Cependant, malgr&#233; une pression officielle, pire que sous l'Empire, les R&#233;pu&#173;blicains ne perdirent que 36 si&#232;ges, lors du renouvellement de la Chambre des D&#233;put&#233;s. Des orl&#233;a&#173;nistes lib&#233;raux, inquiets des progr&#232;s bonapartistes et des pr&#233;tentions cl&#233;ricales, s'employ&#232;rent, au S&#233;&#173;nat, &#224; &#233;viter une seconde dissolution. La Chambre ayant refus&#233; tout rapport avec le minist&#232;re form&#233; par Mac Mahon, celui-ci, que Gambetta avait menac&#233; du fameux dilemme : &lt;i&gt;se soumettre ou se d&#233;mettre&lt;/i&gt;, en r&#233;alisa successivement les deux termes : sa soumission en 1878, sa d&#233;mission en 1879. La R&#233;publi&#173;que triomphait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette victoire au sommet ne correspondait pas &#224; une base solidement acquise. Les paysans d&#233;pendaient encore &#233;conomiquement des grands propri&#233;taires, et politiquement des pr&#234;tres, sauf dans les r&#233;gions de vignobles et de cultures mara&#238;ch&#232;res o&#249; les petits propri&#233;taires, peu religieux, &#233;taient &#233;conomiquement et politiquement ind&#233;pendants... sur&#173;tout dans l'Est, les plaines du Sud-Est, les vall&#233;es du Sud-Ouest, les versants ouest et nord du Massif Central, le Val-de-Loire et une partie de la r&#233;gion parisienne.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;LES CHEFS LA&#207;QUES D&#201;PASS&#201;S PAR LES EX&#201;CUTANTS DE LEUR POLITIQUE &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il ne serait pas sans int&#233;r&#234;t de situer ainsi g&#233;ogra&#173;phiquement les origines du syndicalisme universi&#173;taire. Car la grande propri&#233;t&#233; fonci&#232;re, le grand pa&#173;tronat, les hauts fonctionnaires demeuraient li&#233;s &#224; l'Eglise et aux cadres de l'Arm&#233;e. Pour &#233;tablir le nouveau r&#233;gime, pour vaincre l'ultramontanisme, pour utiliser la centralisation bureaucratique au profit de la nouvelle classe dirigeante (celle du capi&#173;talisme financier et industriel), pour consolider l'&#201;tat national auquel la d&#233;mocratie politique apporta l'adh&#233;sion des classes moyennes, il fallait imposer les lois la&#239;ques et jeter, sur toutes les r&#233;gions, les instituteurs, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;hussards noirs de la R&#233;publique&lt;/q&gt;, dans la bataille contre le cl&#233;ricalisme et la R&#233;action. Seulement, comme toujours, on peut d'en haut d&#233;&#173;clencher le mouvement, mais on ne peut longtemps ma&#238;triser son rythme et le bloquer lorsque les pre&#173;miers objectifs strictement limit&#233;s ont &#233;t&#233; atteints. Lanc&#233;s dans la lutte anticl&#233;ricale et r&#233;publicaine par les gouvernements &#171; opportunistes &#187;, les instituteurs, par la vitesse acquise, allaient dans leur majorit&#233; s'orienter vers le radicalisme &#8211; et le d&#233;passer lors&#173;que les radicaux furent &#224; leur tour install&#233;s au pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s 1890, les grands bourgeois conservateurs, for&#173;tement secou&#233;s par la renaissance d'un socialisme r&#233;volutionnaire et par le &#171; coup de gong &#187; des attentats anarchistes, d&#233;sirent vivement une r&#233;con&#173;ciliation avec les catholiques ralli&#233;s dans leur majo&#173;rit&#233; &#224; la R&#233;publique. En 1892, on entend les premi&#232;&#173;res bombes de &#171; la propagande par le fait &#187;. Et le journal catholique &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;La Concorde&lt;/q&gt; &#233;crit, le 24 avril 1892 : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Donnez-nous des g&#233;n&#233;rations d'ath&#233;es, et les anarchistes praticiens de la propagande par le fait deviendront vite l&#233;gion. L'explosif plus effroya&#173;ble que celui invent&#233; par Ravachol, c'est l'Ecole sans Dieu&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque la lutte reprit au d&#233;but du XX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, contre les instituteurs la&#239;ques, les cl&#233;ricaux all&#232;rent beaucoup plus loin et rendirent responsables les &#171; satyres dipl&#244;m&#233;s de la R&#233;publique &#187; (sic !) de tous les vols, crimes, attentats aux m&#339;urs commis sur tout le territoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux grandes man&#339;uvres de 1905, un coup de fusil tir&#233; contre un colonel, manquant son but, blesse un soldat. Impossible de d&#233;couvrir le coupable. Ce n'&#233;tait pourtant pas difficile. M. Renauld dans le catholique &#171; Soleil &#187; n'h&#233;site pas : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Les instituteurs doivent &#234;tre satisfaits ; leurs &#233;l&#232;ves sont complets ; ils fusillent les officiers&lt;/q&gt;. Et il pr&#233;voit le jour &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;o&#249; les instituteurs seront l'objet de l'universel d&#233;go&#251;t et o&#249; chacun leur jettera des pierres et m&#234;me des ordures au visage&lt;/q&gt;. L'Ecole sans Dieu fabriquant des anarchistes devient naturellement &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;l'Ecole sans Patrie&lt;/q&gt; qui apprend &#224; fusiller les officiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui cependant explique beaucoup mieux que ces d&#233;lirantes diatribes, l'&#233;volution du personnel enseignant primaire vers le radicalisme, puis vers le socialisme, c'est que l'&#233;cole la&#239;que, en d&#233;livrant paysans et ouvriers de &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;l'opium du peuple&lt;/q&gt;, abou&#173;tit n&#233;cessairement &#224; la contestation des pouvoirs &#233;tablis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est Jaur&#232;s qui, dans son discours du 21 novembre 1893, a exprim&#233; la logique interne d'un mouve&#173;ment universel, en des phrases magnifiques, sou&#173;vent reproduites :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Vous avez interrompu la vieille chanson qui ber&#231;ait la mis&#232;re humaine et la mis&#232;re humaine s'est r&#233;veill&#233;e avec des cris. C'est vous qui avez &#233;lev&#233; la temp&#233;rature r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat et si vous vous &#233;pouvantez aujourd'hui, c'est devant votre &#339;uvre. C'est parce que vous sentez vous-m&#234;mes que le mouvement socialiste sort de toutes nos institu&#173;tions que vous &#234;tes accul&#233;s aujourd'hui pour le com&#173;battre &#224; une &#339;uvre r&#233;trograde&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'OBLIGATION MILITAIRE &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Cette id&#233;e, force du jaur&#233;sisme que le socialisme est naturellement engendr&#233; par la D&#233;mocratie &#8211; discutable sans doute et que les marxistes n'accep&#173;tent pas sans r&#233;serves (quoique Marx ait expliqu&#233; la r&#233;volution permanente par les insuffisances de la R&#233;volution de 1789) &#233;claire sans nul doute l'&#233;volution politique du personnel enseignant primaire. Ajou&#173;tons que les lois militaires de 1889 et de 1892, en imposant le service militaire &#224; tous les enseignants, en les obligeant &#224; subir le Droit commun, en leur supprimant un privil&#232;ge qui les alignait sur les clercs de l'Eglise, ont sans doute contribu&#233; &#224; les int&#233;grer dans la population laborieuse, et aussi &#224; d&#233;velopper chez un grand nombre d'entre eux, l'anti&#173;militarisme spontan&#233; des paysans et ouvriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dire cela, ce n'est pas minimiser la vocation sociale de l'instituteur. Mais en instituant l'enseignement gratuit, la&#239;que et obligatoire, les hommes d'&#201;tat opportunistes semblaient conf&#233;rer au plus humble desservant de l'Universit&#233;, une sorte de cl&#233;ricature la&#239;que, pour ne pas dire de sacerdoce. Et cela pou&#173;vait contribuer &#224; l'&#233;tablissement de ce culte patrio&#173;tique s'opposant au cl&#233;ricalisme, ultramontain et cosmopolite par d&#233;finition. Mais le pr&#234;tre du clerg&#233; s&#233;culier b&#233;nit, au nom de l'Eglise, des c&#233;r&#233;monies familiales, mondaines et nationales dans lesquelles il ne peut figurer comme acteur &#8211; le mariage et le bapt&#234;me &#8211; par exemple, alors qu'il n'a pas droit &#224; une &#233;pouse et &#224; des enfants. Restant au port, l'&#233;v&#234;&#173;que b&#233;nit le vaisseau qui prend le large. Et celui qui invoque le Dieu des Arm&#233;es pour assurer la victoire de son souverain ne saurait prendre place dans l'arm&#233;e qu'il veut victorieuse. On se place &#224; un autre point de vue lorsqu'on figure dans la masse des ex&#233;cutants. Et en &#233;coutant les ordres, contre-ordres, menaces, injures de l'adjudant Flick, on ne distin&#173;gue plus l'autel du culte patriotique sous le sac et les godillots du soldat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;i class=&#034;fa-asterisk fas&#034;&gt;&lt;/i&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;LA CRISE DE L'AFFAIRE DREYFUS &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;volution du personnel enseignant demeur&#233;, dans sa grande majorit&#233;, fid&#232;le aux id&#233;es &#171; anticl&#233;&#173;ricales &#187; de Jules Ferry et de Paul Bert, aurait suivi un cours normal, d'un rythme lent, si une grande crise politique n'avait d&#233;truit l'&#233;quilibre des forces, divis&#233; le peuple fran&#231;ais en deux partis irr&#233;ducti&#173;bles, discr&#233;dit&#233; l'Arm&#233;e et la Justice, ruin&#233; le pres&#173;tige des gouvernants et des l&#233;gislateurs, engag&#233; l'Eglise dans une bataille dont l'issue sera l'aboli&#173;tion du Concordat et la s&#233;paration de l'Eglise et de l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit de l'affaire Dreyfus qui &#233;clata en 1894, ne fut close juridiquement qu'en 1906, fournit jusqu'en 1914 un crit&#232;re de classement politique et aujour&#173;d'hui encore provoque des explications, des interpr&#233;tations contradictoires et m&#234;me des pol&#233;miques. Pendant la guerre 1914-1918, dans une &#233;cole primaire sup&#233;rieure parisienne (r&#233;serv&#233;e &#224; des enfants de la petite bourgeoisie et des classes moyennes) un jeune &#233;l&#232;ve ayant annonc&#233; que son p&#232;re officier &#233;tait sous les ordres du lieutenant-colonel Dreyfus, ce fut un cri d'indignation presque unanime parmi ses cama&#173;rades. Au proc&#232;s d'H&#233;l&#232;ne Brion &#8211; institutrice f&#233;mi&#173;niste, pacifiste, syndicaliste, secr&#233;taire de la F&#233;d&#233;&#173;ration des Syndicats d'instituteurs, traduite devant le Conseil de Guerre en 1917, sous l'inculpation de &lt;i&gt;haute trahison&lt;/i&gt;, puis de &lt;i&gt;d&#233;faitisme &lt;/i&gt; &#8211; l'avocat Oscar Bloch, ayant insinu&#233; que peut-&#234;tre des pi&#232;ces du dossier n'avaient pas &#233;t&#233; soumises &#224; la D&#233;fense, s'attira cette d&#233;n&#233;gation &#8211; courageuse &#8211; du colo&#173;nel pr&#233;sidant le Conseil de Guerre : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Nous ne som&#173;mes pas les juges de l'Affaire Dreyfus&lt;/q&gt;. Il y a quel&#173;ques ann&#233;es, un magazine historique &#8211; dirig&#233; par le fils de Roland Garros, h&#233;ro&#239;que pionnier de l'avia&#173;tion &#8211; osait, entre autres affabulations ahurissan&#173;tes, reprendre une explication rocambolesque de l'Affaire... Notons encore le succ&#232;s de l'&#233;mission de t&#233;l&#233;vision consacr&#233;e &#224; Emile Zola ou plut&#244;t au r&#244;le de celui-ci dans l'Affaire Dreyfus.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_6253 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;52&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/helene_brion__15232341588___cropped_-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH327/helene_brion__15232341588___cropped_-2-1eb9a.jpg?1774743383' width='500' height='327' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;H&#233;l&#232;ne Brion devant le Conseil de guerre, en 1918.&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, apr&#232;s de nombreuses r&#233;volutions, apr&#232;s l'&#233;pop&#233;e sanglante de la Commune, apr&#232;s les guerres et les bouleversement du XX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, il est encore possible d'&#233;voquer l'Affaire Dreyfus sans profiter des s&#233;ductions de la d&#233;couverte et de l'insolite. Et transmis par quatre g&#233;n&#233;rations successives, le nom de Dreyfus symbolise encore l'antis&#233;mitisme d'un c&#244;t&#233;, la D&#233;mocratie, l'anticl&#233;ricalisme et m&#234;me l'antimilitarisme de l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous n'avons pas l'intention de reprendre le d&#233;bat sur l'affaire elle-m&#234;me. Si l'on veut en conna&#238;tre l'essentiel, nous recommandons l'ouvrage de la col&#173;lection Kiosque &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;l'Affaire Dreyfus et la presse&lt;/q&gt; de Patrice Boussel. Une monstrueuse erreur judiciaire, un infernal parti-pris de la part des accusateurs, une fabrication officielle de faux, la solidarit&#233; par-del&#224; la tombe entre les artisans de la falsification, les r&#233;alisateurs conscients de la monstruosit&#233; juridique &#8211; et les d&#233;fenseurs distingu&#233;s et honorables de l'Arm&#233;e et de l'Eglise (sans parler de l'ent&#234;tement gros&#173;si&#232;rement stupide d'hommes d'&#201;tat). En face de cela ; la t&#233;nacit&#233; de quelques isol&#233;s, puis l'ampleur du mouvement d&#233;bordant les objectifs pr&#233;cis des promoteurs et finalement noyant dans la &lt;i&gt;masse dreyfusarde&lt;/i&gt;&lt;i&gt;, l'&#233;lite dreyfusiste&lt;/i&gt; (on peut lire ou relire pour com&#173;prendre ce drame d'une g&#233;n&#233;ration l'admirable livre de Roger Martin du Gard : &lt;i&gt;Jean Barois&lt;/i&gt;). Tout cela reste du domaine d'une r&#233;alit&#233; dramatique d&#233;pas&#173;sant la fiction romanesque. On sait aujourd'hui que le Capitaine Dreyfus fut arbitrairement choisi, que d'ailleurs il n'a jamais accept&#233; d'&#234;tre &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;le symbole de la justice&lt;/q&gt; (&lt;i&gt;ce Dreyfus&lt;/i&gt;-l&#224;, &#233;crivait-il en 1935, &#224; Victor Basch, pr&#233;sident de la Ligue des Droits de l'Homme, &lt;i&gt;c'est vous autres qui l'avez cr&#233;&#233;, ce n'est pas moi&lt;/i&gt;) &#8211; que l'ignoble ruffian Esterhazzy a &#233;t&#233; formellement signal&#233; comme tra&#238;tre &#224; la France par Schwartzkopen attach&#233; militaire allemand dans &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Ses m&#233;moires posthumes&lt;/q&gt; &#8211; que dans ses pro&#173;pres m&#233;moires, l'ambassadeur Pal&#233;ologue d&#233;nonce, sans le nommer, un g&#233;n&#233;ral vendu &#224; l'Allemagne &#8211; que le colonel Henry fut un faussaire criminel que l'on suspecta m&#234;me d'avoir &#233;t&#233; complice de tra&#238;tres &#8211; que le g&#233;n&#233;ral Mercier, ministre de la guerre en 1894 dont, au d&#233;but de l'Affaire, Henri Rochefort l'ancien Communard devenu boulangiste, f&#233;rocement antidreyfusiste, nationaliste tapageur) d&#233;non&#231;ait l'in&#173;curie, la b&#234;tise et la mauvaise foi, accus&#233; ensuite formellement par Emile Zola &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;de s'&#234;tre rendu com&#173;plice, tout au moins par faiblesse d'esprit, d'une des plus grandes iniquit&#233;s du si&#232;cle&lt;/q&gt;, c&#233;da au chan&#173;tage des antis&#233;mites... parce qu'il avait peur ou parce qu'il craignait des r&#233;v&#233;lations d&#233;shonorantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lieutenant colonel Henry, apr&#232;s avoir avou&#233; sa falsification se suicida le 31 ao&#251;t 1898. Or, &#224; une souscription ouverte en 1899, dans la &lt;i&gt;Libre Parole&lt;/i&gt;, pour permettre &#224; la veuve du faussaire de poursui&#173;vre en justice les accusateurs de son mari, particip&#232;&#173;rent des &#233;crivains comme&lt;i&gt; Fran&#231;ois Copp&#233;e, Pierre Louys, Paul Val&#233;ry... Paul L&#233;autaud &lt;/i&gt; avait offert 20 F &#224; la condition que l'on porte sur la liste la mention : &#171; POUR l'ordre, CONTRE la justice et la v&#233;rit&#233; &#187;. On supprima la deuxi&#232;me motivation et il protesta vai&#173;nement. Sur la liste de souscription, on a lu : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Un cur&#233; de campagne qui fait des v&#339;ux pour l'extermi&#173;nation des deux ennemis de la France : le juif et le franc-ma&#231;on...&lt;/q&gt; &#8211; &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;L'abb&#233; Cras, ex-lieutenant, pour une descente de lit en peau de youpins, afin de la pi&#233;tiner matin et soir&lt;/q&gt; &#8211; &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Un capitaine de l'Est qui fait des th&#233;ories morales sur le youpin &#224; ses hommes et engage ses camarades &#224; en faire autant...&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les hitl&#233;riens sont all&#233;s beaucoup plus loin et beaucoup plus efficacement dans l'activit&#233; antis&#233;&#173;mite... ils n'ont pas d&#233;pass&#233; un tel cr&#233;tinisme dans l'abjection... C'&#233;tait en 1899. En 1900, Mercier qui disait quelques mois auparavant : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;dans cette affaire, il y a s&#251;rement un coupable... c'est lui ou c'est moi&lt;/q&gt; fut &#233;lu s&#233;nateur de la Loire-Inf&#233;rieure et mourut en 1921, grand officier de la L&#233;gion d'Honneur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1931, le Th&#233;&#226;tre de !'Ambigu dut interrompre les repr&#233;sentations d'une pi&#232;ce de deux auteurs allemands : &lt;i&gt;l'Affaire Dreyfus&lt;/i&gt;, traduite par Jacques Ri&#173;chepin, qui avaient provoqu&#233; de violentes bagarres entre les camelots du Roy d'Action Fran&#231;aise et des groupes de d&#233;fense r&#233;publicaine et socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;R. H.&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;(&#224; suivre)&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Extraits d'un manuscrit qui devait para&#238;tre : &lt;i&gt;De l'Ecole &#224; la Bourse du travail.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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