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		<title>PARTAGE NOIR</title>
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		<title>Une oubli&#233;e : Floran Tristan</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marcel Renot</dc:creator>



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&lt;p&gt;Proches ou loin de notre pens&#233;e, les &#339;uvres des savants, artistes, philosophes, historiens, etc., sont les grandes forces psychologiques de l'humanit&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans un de ses bons livres, Jean Rostand nous expose, comme il sait le faire, la puissance de foi des &#171; hommes de v&#233;rit&#233; &#187; (Fontenelle, La Rochefoucauld, Claude Bernard, etc.). &#338;uvres grandioses, certes, noms prestigieux sans doute. Mais il en est d'autres, oubli&#233;s aujourd'hui et qui d&#233;signent pourtant des personnalit&#233;s attachantes, voire (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-cahiers-de-l-humanisme-libertaire-no96-97-novembre-decembre-1963-" rel="directory"&gt;Cahiers de l'humanisme libertaire N&#176;96-97 &#8211; Novembre-D&#233;cembre 1963&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/sans_titre-3-17-fb0f8.jpg?1774704382' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Proches ou loin de notre pens&#233;e, les &#339;uvres des savants, artistes, philosophes, historiens, etc., sont les grandes forces psychologiques de l'humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un de ses bons livres, Jean Rostand nous expose, comme il sait le faire, la puissance de foi des &#171; hommes de v&#233;rit&#233; &#187; (Fontenelle, La Rochefoucauld, Claude Bernard, etc.). &#338;uvres grandioses, certes, noms prestigieux sans doute. Mais il en est d'autres, oubli&#233;s aujourd'hui et qui d&#233;signent pourtant des personnalit&#233;s attachantes, voire h&#233;ro&#239;ques, envers lesquelles les hommes ne se sont pas toujours montr&#233;s g&#233;n&#233;reux. C'est ce qui nous am&#232;ne &#224; parler de Flora Tristan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; trouvons-nous ce nom ? Les &#233;tudes biographiques consacr&#233;es aux pionniers des causes humanitaires l'&#233;crivent rarement, et c'est seulement &#224; la notori&#233;t&#233; du peintre Gauguin, son petit-fils, qu'il doit d'&#234;tre parfois cit&#233;. Mais jamais, &#224; cette occasion, il ne sera fait allusion &#224; la fanatique d&#233;votion aux devoirs que cette femme admirable s'imposa durant une vie abr&#233;g&#233;e par des sacrifices trop peu spectaculaires pour tenir une place dans l'histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La courte vie de Flora ne fut que luttes et tourments. De sa naissance &#224; sa mort (&#224; quarante et un ans), en elle comme autour d'elle, jamais la paix ne r&#233;gna. Son p&#232;re, don Mariano de Tristan, issu d'une noble famille p&#233;ruvienne, avait h&#233;rit&#233; lui-m&#234;me d'un caract&#232;re ind&#233;pendant et passionn&#233;. Colonel dans l'arm&#233;e espagnole, il connut Th&#233;r&#232;se Lain&#233;, qui, fuyant la R&#233;volution fran&#231;aise, vivait mis&#233;rablement &#224; Bilbao.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour des raisons assez obscures, il n'&#233;pousa jamais celle qu'il aimait, malgr&#233; la tendresse qu'il lui voua jusqu'&#224; sa mort. Mais on sait que le colonel don Mariano s'&#233;tait toujours montr&#233; rebelle &#224; toute forme de lien. Quoi qu'il en soit, la situation de ce &#171; faux m&#233;nage &#187; &#8212; comme on dit &#8212; eut un retentissement consid&#233;rable sur le destin de Flora, car plus tard, quand mourut le colonel, sa femme, Th&#233;r&#232;se Lain&#233;, ne fut pas consid&#233;r&#233;e comme une h&#233;riti&#232;re l&#233;gale. Puis, comble de malheur, un important envoi de fonds, peut-&#234;tre une fortune, avait &#233;t&#233; englouti dans le naufrage du navire qui le transportait.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5949 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;32&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/flora_tristan_par_jules_laure.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH621/flora_tristan_par_jules_laure-60551.jpg?1774783535' width='500' height='621' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Flora Tristan par Jules Laure.&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Le m&#233;nage Tristan s'&#233;tait fix&#233; &#224; Paris un peu avant la naissance de Flora, en 1803. Don Mariano, ami de Bolivar, prit un int&#233;r&#234;t passionn&#233; aux controverses que celui-ci soutenait contre les bonapartistes. On le traitait de jacobin &#8212; comme tous les hommes oppos&#233;s &#224; Bonaparte d'ailleurs. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;D&#233;nominations encore tout impr&#233;gn&#233;es de sang&lt;/q&gt;, &#233;crira Flora plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Libert&#233;, oppression, &#233;galit&#233; &#187;, ces termes bien des fois prononc&#233;s, &#233;taient nouveaux pour elle, et son p&#232;re t&#226;chait d'en faire comprendre le sens &#224; l'enfant qu'elle &#233;tait alors. Mais cela &#233;tait bien au-dessus de sa port&#233;e, d'autant plus que don Mariano, trop fantaisiste, n'&#233;tait gu&#232;re un &#233;ducateur !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il mourut en 1808, laissant ses deux filles &#8212; Flore, avait une s&#339;ur &#8212; et leur m&#232;re sans un sou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;fugi&#233;e &#224; la campagne avec ses deux enfants, Th&#233;r&#232;se Lain&#233; se voit r&#233;duite, pour vivre, &#224; accepter toutes les besognes et n'eut jamais le courage ni surtout le loisir d'instruire Flora, son a&#238;n&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s son enfance, celle-ci sentit vivement l'iniquit&#233; de son sort et d'autant plus p&#233;niblement que son nom &#233;tait celui d'une famille de haut rang.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fi&#232;re, les privations de toute sorte, l'humble condition de son milieu l'humiliaient, l'irritaient. Et l'&#233;puisement de sa m&#232;re au travail l'affectait douloureusement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'&#234;tre sans instruction aussi la rendait avide d'acqu&#233;rir l'&#233;ducation, la science qui lui avaient &#233;t&#233; refus&#233;es ; l'orthographe, qu'elle ignora longtemps, prit pour elle une importance qui tournait &#224; l'obsession. Margaret Goldsmith, sa biographe, &#224; laquelle nous empruntons, ainsi qu'&#224; Jules Puech, des renseignements pour ce petit travail, nous dit que, jeune fille, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;elle dissimulait ses ignorances et ses incertitudes derri&#232;re un masque d'arrogance qu'elle ne d&#233;pouilla jamais enti&#232;rement, surtout en face des &#233;trangers&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Distante, d'une froideur d&#233;cid&#233;e, mais d'une grande beaut&#233;, il rayonnait d'elle un charme qui, plus tard, lui permit d'exercer une emprise rare sur les auditoires populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De retour &#224; Paris avec sa m&#232;re, en 1818 &#8212; elle avait alors quinze ans &#8212; on les trouve install&#233;es dans un quartier des plus mal fam&#233;s : la place Maubert. Il lui fallait gagner sa vie. Entr&#233;e dans un atelier de lithographie, elle en &#233;pousa le patron, un nomm&#233; Chazal, en 1821. Peut-&#234;tre voulait-elle ainsi mettre fin &#224; l'extr&#234;me pauvret&#233; dont elle avait tant souffert ? On ne sait. Mais elle ne put supporter son m&#233;nage malgr&#233; une situation mat&#233;rielle acceptable. Elle rompit et confia &#224; sa m&#232;re la garde des trois enfants qui lui &#233;taient n&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traqu&#233;e par son mari, syst&#233;matiquement pers&#233;cut&#233;e, elle &#233;tait chass&#233;e de chez ses employeurs, auxquels il faisait conna&#238;tre la situation de sa femme. Renvoy&#233;e par ses logeurs, Flora doit encore soutenir une lutte implacable pour garder ses enfants, dont la derni&#232;re, Aline, future m&#232;re de Paul Gauguin, devait conna&#238;tre une enfance plus mis&#233;rable encore que ne l'avait &#233;t&#233; celle de Flora ! Contre vents et mar&#233;es, celle-ci assurait l'existence des enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La haine de Chazal, son mari, ne la laissant pas en paix, elle se r&#233;fugia en Angleterre, o&#249; elle resta cinq ans. C'est durant cette p&#233;riode que sa dure existence la fit r&#233;fl&#233;chir aux injustices, aux souffrances du monde. Elle commence &#224; lire, &#224; penser, &#224; &#233;tudier, incit&#233;e qu'elle y est par une large propagande des journaux anglais, comme &lt;i&gt;The Pionner&lt;/i&gt;, qui appelaient les travailleurs &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle rentra en France dans l'hiver 1829, mais ne pourra &#233;viter une rencontre avec Chazal, son mari, qui, furieux de ne pouvoir la vaincre, tira sur elle. L&#233;g&#232;rement bless&#233;e, elle se r&#233;tablit vite. Son mari &#233;copa vingt ans de travaux forc&#233;s...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s le drame, nous la retrouvons encore en Angleterre, o&#249; elle pense assurer l'avenir de ses enfants. Pour cela, elle tentera de nouer des relations avec la famille p&#233;ruvienne de don Mariano, son p&#232;re. Sans succ&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors elle se d&#233;cide &#224; partir pour le P&#233;rou, o&#249; elle ne sera pas plus heureuse, le &#171; mariage &#187; irr&#233;gulier de ses parents &#233;tant mal jug&#233;, comme aussi le voyage d'une femme seule &#224; l'&#233;tranger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toujours vaillante, toujours lucide malgr&#233; sa sant&#233; &#233;branl&#233;e et ses am&#232;res d&#233;ceptions, la voici de nouveau en France ; elle va publier deux brochures, ses premiers &#233;crits probablement, traitant de l'affranchissement de la femme et de la n&#233;cessit&#233; de r&#233;tablir le divorce. C'est alors qu'elle commencera &#224; envisager le probl&#232;me social, mais du point de vue f&#233;ministe. On la comprend. Elle conna&#238;t que c'est bien l'in&#233;galit&#233; impos&#233;e &#224; son sexe qui lui valut sa triste vie conjugale avec son dramatique d&#233;nouement. De plus, la mis&#232;re de l'ouvri&#232;re lui est, d'exp&#233;rience, aussi connue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme les saint-simoniens, elle envisage l'am&#233;lioration de l'humanit&#233; par l'&#233;galit&#233; des sexes et ne perd jamais de vue la cause f&#233;ministe, m&#234;me au plus fort de son activit&#233; dans la lutte ouvri&#232;re. Au reste, dans son livre &lt;i&gt;l'Union ouvri&#232;re&lt;/i&gt;, bien oubli&#233;, sa vive critique de la morale courante parut des plus os&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle admirait Fourier, qui condamnait durement le principe du mariage, proclamant la haute moralit&#233; de l'amour libre. La faillite de son aventure conjugale n'&#233;tait sans doute pas &#233;trang&#232;re &#224; cette admiration. Id&#233;aliste par nature, les th&#233;ories humanitaires l'aideront grandement &#224; s'&#233;vader de l'impitoyable lutte pour la vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;fl&#233;chissant de plus en plus profond&#233;ment, elle se convainquit que l'int&#233;r&#234;t du travailleur exigeait autre chose que de douces r&#233;formes. Elle &#233;crit alors : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Les masses ouvri&#232;res seules doivent, par une association &#233;troite, se lib&#233;rer de l'oppression et de la famine. &lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis le temps arrive o&#249; elle accorde moins de s&#233;rieux &#224; Fourier. Plus attentivement, elle examine les travaux de Robert Owen, dont la colonie de &#171; New Lamark &#187; l'int&#233;ressait vivement. Les m&#233;thodes pacifistes l'emport&#232;rent alors, dans son esprit, sur la violence, encore qu'elle trouv&#226;t Owen trop convaincu des &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;influences ext&#233;rieures sur l'&#233;volution de l'&#234;tre humain&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes &#224; pr&#233;sent en 1837. Elle conna&#238;t Robert Owen. Son int&#233;r&#234;t pour l'Angleterre en est &#233;veill&#233; compl&#232;tement. Elle veut y retourner d&#232;s que le grand ouvrage qu'elle projette serait termin&#233;. Un grand ouvrage : &lt;i&gt;Les p&#233;r&#233;grinations d'une paria&lt;/i&gt;. C'est le r&#233;cit du voyage au P&#233;rou. Il parut en 1838 et fut son premier succ&#232;s litt&#233;raire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son talent d'&#233;crivain, r&#233;el, se confirme la m&#234;me ann&#233;e avec son roman &lt;i&gt;M&#233;phis &lt;/i&gt;. La voici collaborant &#224; plusieurs journaux, &#233;tendant ses relations ; son appartement, au 100 de la rue du Bac, devient un salon litt&#233;raire cot&#233;. La stabilit&#233; dans la vie de Flora semble s'&#233;tablir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais attention ! &#171; semble &#187; seulement.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5951 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;115&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/flora_tristan_1838.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH519/flora_tristan_1838-afa0e.jpg?1774783535' width='500' height='519' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Flora Tristan (1803-1844), lithographie &#233;dit&#233;e chez Aubert en 1838, publi&#233;e dans &lt;i&gt;Le Charivari&lt;/i&gt; le 22 f&#233;vrier 1839.&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Hant&#233;e encore une fois par un d&#233;sir de changement comme par la mission sociale qui s'imposait &#224; sa conscience dont l'appel est pour elle un devoir, elle d&#233;cide de retourner &#224; Londres, o&#249;, &#224; leurs sources, elle &#233;tudiera les travaux d'Owen, de John Grey et d'autres. Elle se met alors &#224; une &#233;tude sur l'Angleterre dans laquelle elle s'oppose syst&#233;matiquement &#224; la violence dans la guerre des classes, ce qui ne l'emp&#234;chera pas d'y placer, en exergue, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Mieux vaut p&#233;rir par l'&#233;p&#233;e que mourir de faim. &lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle prend part &#224; des r&#233;unions secr&#232;tes, ce qui comble bien son esprit romanesque. Elle &#233;crira : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Dans le secret des cavernes, les ap&#244;tres enseignaient les cat&#233;chum&#232;nes et leurs paroles &#233;taient plus puissantes que la force des C&#233;sars.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa v&#233;ritable vocation s'affirme dans son livre &lt;i&gt;Promenades dans Londres&lt;/i&gt;, publi&#233; &#224; Paris en 1840 et qui refl&#232;te une profonde connaissance du probl&#232;me ouvrier de ce pays. On y trouve une &#233;tude peu ordinaire des conditions industrielles qui font la richesse d&#233;s uns et la mis&#232;re des autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Infatigablement, Flora ira d'un bout &#224; l'autre des districts ouvriers, posant des questions aux patrons, prenant des notes, &#233;tablissant des statistiques sur les salaires et les conditions &#233;conomiques en France et en Grande-Bretagne&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;N. de la R. &#8212; Soulignons que cette &#233;tude remonte &#224; 1840, que d'autres furent (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle connait &#224; pr&#233;sent le sort des travailleurs et, plus que jamais, est r&#233;solue &#224; faire quelque chose pour eux. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Sur le sol anglais &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;&#8212; &#233;crit-elle &#8212;&lt;/span&gt; vingt millions de prol&#233;taires g&#233;missent ; qui leur r&#233;v&#233;lera &#224; eux-m&#234;mes leur pouvoir et organisera l'union de leurs forces ?&lt;/q&gt; C'est ce qui lui inspirera son livre &lt;i&gt;l'Union ouvri&#232;re&lt;/i&gt;, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt; moins un livre qu'une action &lt;/q&gt;, dira-t-elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle va partout o&#249; des &#234;tres humains sont opprim&#233;s. En Angleterre, toujours, on la verra &#233;tudiant la prostitution, visitant les ali&#233;n&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un fou fran&#231;ais, reconnaissant tout de m&#234;me sa langue, lui offrira une croix faite de quelques brins de paille : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Prends cette croix, lui dit-il, et va par le monde annoncer la loi nouvelle.&lt;/q&gt; Elle prend la croix et &#233;crit : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;J'accomplirai la t&#226;che que cet homme m'a indiqu&#233;e ; je d&#233;livrerai la femme de la servitude de l'homme ; le pauvre de la servitude du riche ; l'&#226;me humaine de la servitude du p&#233;ch&#233;.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son &#233;motion indique-t-elle un c&#244;t&#233; mystique de son caract&#232;re ? On le dirait, car sa t&#226;che se teinte un peu de surnaturel sans pour cela que sa lucidit&#233; en soit alt&#233;r&#233;e. Paris l'attire encore. Elle y est rentr&#233;e pour &#233;crire un livre et continuer ce qu'elle consid&#232;re comme une mission.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour cela, Flora organisera des meetings partout en France ; elle tentera de grouper les ouvriers en &#171; Soci&#233;t&#233; de Compagnonnage &#187; dans l'esprit de ce qui devait &#234;tre plus tard les syndicats. Elle est prise &#224; partie violemment, trait&#233;e &#171; d'ap&#244;tre en jupon &#187;, pourchass&#233;e par la police et, dans maintes villes, sa chambre sera perquisitionn&#233;e. Ses &#233;crits sont s&#233;ditieux ? Elle continuera de plus belle &#224; les diffuser. Aucun &#233;diteur rie veut publier &lt;i&gt;l'Union ouvri&#232;re&lt;/i&gt; ? elle le fera imprimer elle-m&#234;me, t&#226;che ardue quand on n'a pas d'argent ! Il faut recueillir des fonds ? Elle se met en campagne, allant jusqu'&#224; solliciter le banquier Laffite qui, furieux, la cong&#233;die. Il est vrai qu'elle n'avait qu'une m&#233;diocre confiance dans le lib&#233;ralisme de fa&#231;ade de ce bourgeois richissime. Flora avait frapp&#233; &#224; la mauvaise porte. Mais d'autres devaient s'ouvrir, plus accueillantes &#224; son courage : ce furent celles d'Eug&#232;ne Sue, de B&#233;ranger, de Ponsard, de George Sand.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'aimant pas qu&#233;mander, sa nature trop fi&#232;re puisait dans sa foi pour vaincre ses r&#233;pugnances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle dira plus tard : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Je vais &#224; pied, je visite vingt personnes pour n'en trouver que trois qui donnent quelque chose. Seule l'indiff&#233;rence de ceux que je veux servir, les travailleurs, m'accable, mais je sais que je fais &#339;uvre utile, qu'un grand bien en r&#233;sultera.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette visionnaire, comme beaucoup d'orateurs brillants, subjuguait moins un interlocuteur isol&#233; qu'un auditoire nombreux. Puis on n'avait pas oubli&#233; l'h&#233;ro&#239;ne d'un crime passionnel, et les esprits mal avertis ne la voyaient gu&#232;re en r&#233;formatrice sociale...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi qu'il en soit, l'apparition de &lt;i&gt;l'Union ouvri&#232;re&lt;/i&gt; fut une r&#233;v&#233;lation. Son langage simple &#233;tait bien &#224; la port&#233;e de ceux auxquels il s'adressait ; les noms de Saint-Simon, Owen, Fourier, Proudhon y &#233;taient cit&#233;s. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Il ne reste qu'une chose &#224; faire, &#233;crit-elle : agir. Et c'est aux travailleurs de le faire.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un biographe de Flora, Puech, dira de l'Union ouvri&#232;re : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;C'est le plus complet r&#233;sum&#233; du cat&#233;chisme r&#233;volutionnaire paru jusqu'ici en France. Il ouvre le champ &#224; la guerre des classes sans contrarier l'altruisme et le pacifisme de son auteur.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Flora, l'aide mat&#233;rielle temporaire qu'apportaient les soci&#233;t&#233;s de secours mutuels &#233;tait insuffisante. Les causes de la mis&#232;re restaient enracin&#233;es. Elle verra se dresser les adversaires de son enseignement, c'est-&#224;-dire tous ceux pour qui les conceptions d'un avenir meilleur pour les d&#233;sh&#233;rit&#233;s &#233;taient non seulement pure folie, mais attentats aux sacro-saints privil&#232;ges de la classe riche. Il n'y avait que des malfaiteurs comme elle pour songer &#224; une coop&#233;ration entre les travailleurs eux-m&#234;mes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son id&#233;alisme, par certains c&#244;t&#233;s un peu aveugle &#8212; tout amour ne l'est-il pas ? &#8212; lui assurait que les travailleurs comprendraient qu'en donnant chacun deux francs par an ils constitueraient un fonds de soutien de quinze millions et que, ainsi, l'union ouvri&#232;re serait une force contre le patronat, qui se verrait d&#233;sarm&#233;. H&#233;las ! elle oubliait, d'abord, que bon nombre d'ouvriers sollicit&#233;s refuseraient leur obole ; elle oubliait encore que les chefs d'industries pouvaient, quand ils le voulaient, licencier les ouvriers, rien ne les en emp&#234;chant, et qu'alors la contribution indispensable cesserait &#8212; au moins pour ceux-l&#224;. L'argent n&#233;cessaire &#224; la lutte manquerait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle veut r&#233;aliser l'union entre les travailleurs. Oui. Mais sans entrevoir que &#171; l'arme &#233;conomique &#187;, comme elle l'appelait, n'est pas tout &#8212; surtout &#224; cause de son instabilit&#233; &#8212; et qu'il y a, qu'il aura toujours des facteurs moraux et psychologiques qui domineront la situation...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle oubliait aussi les stupides querelles entre les membres de diverses corporations. Sans rel&#226;che, on la verra adjurer, les travailleurs de tous les pays d'adh&#233;rer &#224; &#171; l'union &#187; sans distinction de nationalit&#233; ou de m&#233;tier. A cet &#233;gard, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;elle observe avec chagrin l'ostracisme de O'Connell, qui, au nom de la religion, emp&#234;chait les ouvriers d'Irlande de fraterniser avec leurs camarades anglais&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son livre paru, Flora reprendra sa propagande active, ne comptant pas que son ouvrage suffirait &#224; lui seul pour &#233;clairer les masses populaires. Alors, dans beaucoup de grandes villes de France, des auditoires &#233;mus et nombreux iront chercher dans ses &#233;loquentes paroles des rem&#232;des &#224; leur mis&#232;re, des enseignements, des consolations...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle se trouvait &#224; Bordeaux en 1844 quand une h&#233;morragie c&#233;r&#233;brale la frappa. Elle en mourut, privant les pauvres qui l'aimaient de son admirable d&#233;vouement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Supr&#234;me t&#233;moignage de respect et d'amour pour Flora, qui avait vou&#233; toutes ses forces &#224; leur cause, ils &#233;rig&#232;rent un monument &#224; sa m&#233;moire. Aux mots &#171; Libert&#233;, Egalit&#233;, Fraternit&#233; &#187;, grav&#233;s dans la pierre de son tombeau, ils ajout&#232;rent : &#171; Solidarit&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5950 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/_127477117_14131305870_178fb3f41b_b.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH329/_127477117_14131305870_178fb3f41b_b-a5da1.jpg?1774783535' width='500' height='329' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
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&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;N. de la R. &#8212; Soulignons que cette &#233;tude remonte &#224; 1840, que d'autres furent aussi publi&#233;es &#224; cette &#233;poque. Et les cat&#233;chum&#232;nes enrag&#233;s de Marx pensent que c'est lui, et Engels, qui furent les r&#233;v&#233;lateurs de la v&#233;rit&#233; sur la naissance du capitalisme anglais.&lt;/p&gt;
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