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	<title>PARTAGE NOIR</title>
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		<title>PARTAGE NOIR</title>
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		<title>Pourquoi nous sommes anarchistes - III. La Famille</title>
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		<dc:date>2024-11-15T06:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Francesco Saverio Merlino</dc:creator>


		<dc:subject>Le R&#233;veil/Il Risveglio </dc:subject>
		<dc:subject>Archives Autonomies</dc:subject>

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&lt;p&gt;Dans la soci&#233;t&#233; actuelle, la femme est la victime pr&#233;destin&#233;e aux caprices, aux passions et parfois &#224; la tyrannie de l'homme : ce qui ne l'emp&#234;che pas de se pr&#233;valoir de ces m&#234;mes passions et caprices pour devenir tyrannique &#224; son tour, par une r&#233;action naturelle. L'injustice se paye, et ceux qui croient trouver leur int&#233;r&#234;t dans l'oppression et l'exploitation des autres se trompent souvent. &lt;br class='autobr' /&gt;
Rien de plus injuste que l'in&#233;galit&#233; &#233;tablie et maintenue artificiellement entre l'homme et la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-le-reveil-il-risveglio-+" rel="tag"&gt;Le R&#233;veil/Il Risveglio &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-source-fragments-d-histoire-de-la-gauche-radicale-+" rel="tag"&gt;Archives Autonomies&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/merli_copie_03-c9869.jpg?1774693551' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans la soci&#233;t&#233; actuelle, la femme est la victime pr&#233;destin&#233;e aux caprices, aux passions et parfois &#224; la tyrannie de l'homme : ce qui ne l'emp&#234;che pas de se pr&#233;valoir de ces m&#234;mes passions et caprices pour devenir tyrannique &#224; son tour, par une r&#233;action naturelle. L'injustice se paye, et ceux qui croient trouver leur int&#233;r&#234;t dans l'oppression et l'exploitation des autres se trompent souvent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien de plus injuste que l'in&#233;galit&#233; &#233;tablie et maintenue artificiellement entre l'homme et la femme. Elle commence par l'&#233;ducation incompl&#232;te de la femme, et se prolonge dans la vie domestique, o&#249; la femme est destin&#233;e au service de l'homme, puis, dans les rapports sociaux, la femme &#233;tant consid&#233;r&#233;e comme inf&#233;rieure &#224; l'homme et indigne de certaines charges et fonctions. Tout concourt &#224; maintenir la femme dans un &#233;tat de d&#233;pendance &#233;conomique et morale vis-&#224;-vis de l'homme : l'&#233;ducation imparfaite et mauvaise, le genre de travail plus ou moins d&#233;gradant auquel elle doit se livrer, les salaires moins &#233;lev&#233;s, la prostitution qui la guette, si elle ne trouve personne pour pourvoir &#224; son existence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas de situation plus tragique que celle d'une fille pauvre. Les occupations qui lui sont offertes sont peu nombreuses et mal r&#233;tribu&#233;es ; parfois, m&#234;me, elles cachent et pr&#233;parent un pi&#232;ge &#224; son honneur. A un moment de l'existence, o&#249; m&#234;me le fils du bourgeois doute de son avenir, la fille pauvre, qui doit se suffire et nourrir m&#234;me une vieille m&#232;re, se trouve dans une situation des plus douloureuses. Aux n&#233;cessit&#233;s de l'existence physique vient s'ajouter pour elle le besoin d'aimer et d'&#234;tre aim&#233;e, de trouver quelqu'un pour se confier, d'&#233;prouver la joie de vivre. Simple, confiante, d&#233;sint&#233;ress&#233;e, elle se jettera dans les bras du premier venu et se consacrerait enti&#232;rement &#224; lui et &#224; son bonheur ; mais elle ne rencontre la plupart du temps que la duplicit&#233;, la tromperie, l'&#233;go&#239;sme et le calcul. L'homme, pr&#234;t &#224; abuser de sa moindre faiblesse, n'aurait pour elle que l'ironie et le m&#233;pris. Et la femme, en lutte avec le besoin d'aimer et sa dignit&#233;, par l'instinct m&#234;me de conversation, devient m&#233;chante, trompeuse, Le charme est rompu ; au lieu de la cr&#233;ature douce et affectueuse, il ne reste plus qu'un monstre. Qui l'a pervertie ainsi ?... L'homme ennemi de son bonheur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Combien de filles se sont d&#233;shonor&#233;es pour quelques sous ; combien d'autres sont tomb&#233;es, victimes de leur simplicit&#233; ou de la tromperie d'un fourbe ! D'autres encore ont lutt&#233; pendant des ann&#233;es pour se laisser enfin choir ou bien elles sont mortes de douleur impuissantes &#224; se faire aimer. Il n'y a pas de spectacle plus r&#233;voltant que celui de la fille-m&#232;re, trahie et abandonn&#233;e par un mis&#233;rable qui rit de sa l&#226;chet&#233; et des souffrances dont il est la cause&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'on parle de la prostitution, on l'attribue g&#233;n&#233;ralement au vice et &#224; la corruption d'un certain nombre d'individus des deux sexes, pour en conclure que si ces m&#234;mes individus n'&#233;taient pas n&#233;s ou pouvaient &#234;tre amend&#233;s, elle dispara&#238;trait du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, le vice et la corruption ne sont pas les causes de la prostitution, puisque les hommes, morig&#233;n&#233;s pour le reste, sont des d&#233;bauch&#233;s, et des filles aptes &#224; devenir de bonnes m&#232;res, sont pouss&#233;es dans l'ab&#238;me de la prostitution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La prostitution est impos&#233;e &#224; la fille pauvre comme le travail aux champs est impos&#233; au paysan. D'ailleurs, il y a les capitalistes et les marchands de la prostitution, qui n'est qu'une industrie au m&#234;me titre que celles du fer, du drap, etc. Elle ne consiste pas &#224; se prostituer, mais &#224; faire prostituer, en recrutant d'une part les victimes, de l'autre les consommateurs, en se chargeant des frais d'installation, d'am&#233;nagement, de r&#233;clame, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De toutes les industries, la prostitution est la plus florissante et productive. Que de maisons, de caf&#233;s, de magasins, d'&#233;tablissements vou&#233;s &#224; la prostitution, depuis le vulgaire lupanar jusqu'&#224; la maison priv&#233;e, o&#249; la fille et la femme honteuse laissent leurs photographies et adresses, pr&#234;tes &#224; r&#233;pondre &#224; l'appel des &#233;trangers et des agences de placement. Toute une arm&#233;e de courtiers, de gar&#231;ons, d'entremetteuses de toutes les conditions est employ&#233;e dans ce commerce. Propri&#233;taires de caf&#233;s, journalistes, le gouvernement m&#234;me pr&#233;l&#232;vent leur part sur les recettes de la prostitution. Dans les grandes villes, la prostitution est li&#233;e avec d'autres industries, et elle se pratique dans les caf&#233;s, dans les restaurants, dans les d&#233;bits de tabacs ou d'autres articles. La concurrence que ces magasins louches font aux autres est la cause de faillites, de la ruine de familles et de la prostitution d'autres filles !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La famille, l&#233;gitime ou ill&#233;gitime, suppose aujourd'hui une certaine aisance. Les plus pauvres ne peuvent penser &#224; un m&#233;nage : savoir o&#249; dormir tous les soirs, c'est d&#233;j&#224; une sorte de privil&#232;ge dans notre soci&#233;t&#233; soi-disant civilis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle famille, d'ailleurs, que celle de l'ouvrier, log&#233;e dans un taudis ! Le mari ne vit pas chez lui, il travaille dehors et ne rentre que pour avaler un morceau et se coucher. La femme aussi doit laisser la maison pour la fabrique ou le magasin, et les enfants, ont &#224; choisir entre l'&#233;cole, la rue ou un bagne industriel. On ne fait plus rien &#224; la maison ; tout s'ach&#232;te au march&#233;, souvent m&#234;me on est oblig&#233; de manger dans une gargotte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la famille de l'ouvrier est d&#233;truite, la famille bourgeoise est aussi expos&#233;e &#224; tous les malheurs provenant des changements de fortune. Les richesses aujourd'hui s'acqui&#232;rent et se perdent avec la m&#234;me rapidit&#233;. Une faillite et la famille est d&#233;truite ; la femme passe &#224; d'autres, les enfants sont recueillis par la parent&#233; ou s'en vont au quatre coins du monde. La famille bourgeoise, m&#234;me en n'&#233;tant pas dissoute, n'est qu'un simulacre. Sans enfants, elle ne saurait-&#234;tre appel&#233;e une famille, et lorsqu'il y en a plusieurs on pense de suite &#224; leur trouver une situation, on les surcharge de besogne et &#224; peine ont-ils grandi un peu qu'on les envoie au loin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l'int&#233;r&#234;t, et non l'amour, qui est la base de la famille. La femme se marie pour assurer son existence ; elle se vend &#224; l'homme, se d&#233;charge sur lui de tout soin et lui reste attach&#233;e comme un boulet au pied d'un for&#231;at. L'homme est la b&#234;te de somme ; il doit travailler &#224; tout prix pour apporter le pain &#224; la maison. Si l'ouvrage manque, la famille devient pour lui un v&#233;ritable supplice !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'homme &#224; son tour, ayant achet&#233; sur le march&#233; la marchandise et se chargeant de son entretien, se croit en droit d'exiger de la femme l'ob&#233;issance passive m&#234;me &#224; ses caprices. La loi et la coutume sanctionnent sa tyrannie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus on a de c&#339;ur et plus l'on souffre. L'homme de cour n'abandonnera pas la femme &#224; la mis&#232;re, &#224; la prostitution, d&#251;t-il en souffrir lui-m&#234;me. La femme de c&#339;ur est la proie du premier d&#233;bauch&#233; venu. Il n'y a pas de vexation ou de martyre qu'une m&#232;re ne soit pas pr&#234;te &#224; endurer pour ne pas se s&#233;parer de ses enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les riches, en attendant, ne manquent pas de distractions : en cas de d&#233;saccord, le mari passe son temps au club, la femme lit ou fait des romans. D'ailleurs, les deux ont chacun leur appartement, et la saison des bains et de la vill&#233;giature leur r&#233;serve toutes sortes de plaisirs. lorsqu'on est pauvres et oblig&#233;s de vivre dans une m&#234;me chambre et &#224; coucher dans un m&#234;me lit, la plus petite divergence ou le moindre mot &#233;chapp&#233; dans un moment de mauvaise humeur, peut avoir les plus f&#226;cheuses cons&#233;quences. Les deux &#234;tres se rencontrent &#224; tout instant et, se sachant enchain&#233;s par la mis&#232;re, s'aigrissent. Une id&#233;e funeste traverse le cerveau de l'un ou de l'autre. Un crime, plusieurs crimes, &#224; la fois, sont commis, et le drame s'ach&#232;ve dans un suicide.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;(A suivre.)&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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