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	<title>PARTAGE NOIR</title>
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		<title>PARTAGE NOIR</title>
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		<title>Histoire du drapeau rouge</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean Barru&#233;</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Les jeunes sont majeurs quand ils gazouillent comme les vieux ; on les pousse dans les &#233;coles pour qu'ils apprennent les vieux refrains. Quand j'&#233;tais un petit &#233;colier, aux alentours de 1910, j'ignorais ce propos de Stirner, mais le samedi apr&#232;s-midi, je chantais avec mes camarades : &lt;br class='autobr' /&gt; Les connais-tu les trois couleurs ; Les trois couleurs de France... &lt;br class='autobr' /&gt;
ou encore : &lt;br class='autobr' /&gt; Flotte petit drapeau, Flotte, flotte bien haut ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Ces s&#233;ances musicales ont certainement contribu&#233;, avant m&#234;me d'&#234;tre &#171; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-cahiers-de-l-humanisme-libertaire-no139-decembre-1967-" rel="directory"&gt;Cahiers de l'humanisme libertaire n&#176;139 - D&#233;cembre 1967&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/20230810164624000000_image_philippoteaux_henri_f-65ed7.jpg?1774693754' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Les jeunes sont majeurs quand ils gazouillent comme les vieux ; on les pousse dans les &#233;coles pour qu'ils apprennent les vieux refrains.&lt;/q&gt; Quand j'&#233;tais un petit &#233;colier, aux alentours de 1910, j'ignorais ce propos de Stirner, mais le samedi apr&#232;s-midi, je chantais avec mes camarades :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Les connais-tu les trois couleurs ; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Les trois couleurs de France...&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;ou encore :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Flotte petit drapeau, &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Flotte, flotte bien haut !&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Ces s&#233;ances musicales ont certainement contribu&#233;, avant m&#234;me d'&#234;tre &#171; majeur &#187;, &#224; me d&#233;go&#251;ter des drapeaux. Pour &#234;tre plus pr&#233;cis, je n'aime ni ne hais les drapeaux : ils me sont indiff&#233;rents. Nous sommes d&#233;j&#224; poss&#233;d&#233;s par tant de fant&#244;mes, pour parler comme Stirner, qu'il est bien inutile de cr&#233;er de nouveaux f&#233;tiches ou de conf&#233;rer &#224; des morceaux d'&#233;toffe et &#224; des bouts de m&#233;tal un caract&#232;re sacr&#233;. Il est ridicule de saluer un drapeau, et il est non moins ridicule de le planter dans le fumier ou de le br&#251;ler solennellement ; ces gestes en apparence contradictoires proc&#232;dent du m&#234;me &#233;tat d'esprit et, sous une forme positive ou n&#233;gative, sont une reconnaissance de la religion du drapeau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; mon indiff&#233;rence &#224; l'&#233;gard des drapeaux rouges, noirs ou tricolores, j'ai ouvert le gros livre de notre camarade Dommanget&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Maurice Dommanget, Histoire du drapeau rouge, des origines &#224; la guerre de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; sans appr&#233;hension. L'auteur, militant syndicaliste irr&#233;prochable de la vieille F&#233;d&#233;ration de l'Enseignement, est aussi un historien consciencieux du mouvement ouvrier, et, d&#232;s son introduction il expose clairement son dessein.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;... Il ne s'agit point, ici, du drapeau rouge de l'ancienne France pas plus, au reste, que des drapeaux rouges devenus avec des signes distinctifs, les embl&#232;mes de diff&#233;rents peuples. Le pr&#233;sent livre est consacr&#233; uniquement au drapeau rouge du prol&#233;tariat et de la subversion sociale. Faire l'histoire, ou plut&#244;t esquisser l'histoire du drapeau rouge &#233;quivaut donc &#224; retracer partiellement l'histoire du prol&#233;tariat... L'histoire du drapeau rouge est li&#233;e si &#233;troitement &#224; l'hagiographie socialiste, &#224; l'h&#233;ro&#239;sme, au sacrifice, au martyrologe de la classe ouvri&#232;re qu'elle prend, par la force des choses, le caract&#232;re d'une &#233;pop&#233;e.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut consid&#233;rer l'attachement &#224; un drapeau comme un f&#233;tichisme pu&#233;ril, mais il y a un fait historique : depuis 1848, le drapeau rouge est devenu, pour la fraction r&#233;volutionnaire de la classe ouvri&#232;re, un signe de ralliement dans les manifestations et les gr&#232;ves, un symbole des revendications et des aspirations des prol&#233;taires, et par l&#224;, un objet d'ex&#233;cration pour les &#201;tats bourgeois et les polices du monde entier. Quelle que soit notre opinion personnelle &#224; l'&#233;gard des drapeaux nous ne pouvons n&#233;gliger ce petit morceau d'&#233;toffe rouge cher &#224; des hommes comme Proudhon, Bakounine ou Blanqui, et qui r&#233;sumait l'id&#233;al de tant de combattants anonymes des luttes sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes il y eut en France et un peu partout dans le monde des exag&#233;rations enfantines. Dommanget, dans le dernier chapitre de son ouvrage, en donne bien des exemples savoureux et peut &#233;crire : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;On a parl&#233; du f&#233;tichisme ouvrier &#224; propos du drapeau rouge et du premier Mai. Le mot n'est pas trop fort.&lt;/q&gt; Mais &#224; &#171; l'idol&#226;trie rouge &#187; r&#233;pond la &#171; phobie rouge &#187;, et Dommanget fait l'historique de cette chasse au drapeau rouge pratiqu&#233;e &#224; la fin du si&#232;cle dernier ou dans les premi&#232;res ann&#233;es du si&#232;cle actuel, par toutes les polices. Chasse symbolique, mais c'&#233;tait l'id&#233;e qu'on traquait derri&#232;re le symbole, c'&#233;taient des hommes de chair et de sang qu'on matraquait pour arracher de leur main le drapeau rouge.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;i class=&#034;fa-asterisk fas&#034;&gt;&lt;/i&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Le livre de Dommanget ne se laisse pas r&#233;sumer. Il faut le lire &#8212; et le relire ! &#8212;pour se rendre compte de l'immense travail de recherche accompli par l'auteur. Jamais, malgr&#233; l'abondance de renseignements, de citations, de r&#233;f&#233;rences, une telle lecture n'est fastidieuse. Nous croyons conna&#238;tre l'histoire du mouvement ouvrier, et nous constatons &#224; chaque page combien notre connaissance est fragmentaire ou d&#233;faillante. &lt;i&gt;L'Histoire du Drapeau Rouge&lt;/i&gt; se lit non comme un roman, mais pour reprendre le mot de Dommanget, comme une &#171; &#233;pop&#233;e &#187; ; &#233;pop&#233;e douloureuse, car le tragique l'emporte, et la marche en avant des ouvriers r&#233;volutionnaires est marqu&#233;e de plus de deuils que de f&#234;tes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je voudrais seulement insister sur quelques points, j'entends sur ceux qui m'ont particuli&#232;rement frapp&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et tout d'abord les origines du drapeau rouge. Il apparut peut-&#234;tre dans la Guerre des Paysans en Allemagne en 1525 ; il apparut certainement &#224; Bordeaux en 1653 lors de la Fronde populaire connue sous le nom de l'Orm&#233;e. Mais ce sont l&#224; manifestations bien lointaines. Le drapeau rouge na&#238;t l&#233;galement le 21 octobre 1789, comme drapeau de la r&#233;pression l&#233;gale et de la loi martiale. En le hissant aux fen&#234;tres de l'H&#244;tel de Ville de Paris, on annon&#231;ait l'emploi de la force militaire pour r&#233;primer les troubles et la municipalit&#233; de La Fayette et de Bailly, apr&#232;s avoir d&#233;ploy&#233; le drapeau rouge, fit fusiller au Champ-de-Mars les citoyens qui r&#233;clamaient apr&#232;s la fuite de Varennes la d&#233;ch&#233;ance de Louis XVI. C'est en 92 que l'id&#233;e se r&#233;pandit de retourner &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;le petit torchon rouge contre ceux qui l'emploient&lt;/q&gt; et de faire ainsi passer &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;le drapeau de mort, le drapeau du courage&lt;/q&gt; dans le camp de la r&#233;volution populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir de la journ&#233;e du 10 Ao&#251;t, les Jacobins &#233;tant au pouvoir, le drapeau rouge semble abandonn&#233;. Il ne fut m&#234;me pas repris par Babeuf lors de la conspiration des Egaux, et il faut attendre l'insurrection qui suivit les fun&#233;railles du g&#233;n&#233;ral Lamarque (1832) et l'insurrection de Lyon (1834) pour voir r&#233;appara&#238;tre sur les barricades le drapeau rouge.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5424 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;141&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/20230810164624000000_image_philippoteaux_henri_f.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH250/20230810164624000000_image_philippoteaux_henri_f-9cc24.jpg?1774783536' width='500' height='250' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Lamartine refusant le drapeau rouge devant l'H&#244;tel de Ville. &lt;br class='autobr' /&gt;
Philippoteaux, Henri F&#233;lix (Paris, 03&#8211;04&#8211;1815 - Paris, 09&#8211;11&#8211;1884), peintre.&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est en f&#233;vrier 1848 que vraiment &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;les ouvriers de Paris prennent en g&#233;n&#233;ral le drapeau rouge comme signe de ralliement&lt;/q&gt;. Et le 25 f&#233;vrier la question se pose : le drapeau rouge deviendra-t-il le drapeau national ? La foule envahit l'H&#244;tel de Ville r&#233;clamant le drapeau rouge et c'est l&#224; que se place l'&#233;pisode fameux de Lamartine haranguant le peuple. Un beau morceau d'&#233;loquence et de brillante rh&#233;torique ! Un chef-d'&#339;uvre aussi de mauvaise foi &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;d&#233;passant les bornes de l'impudence&lt;/q&gt;. Lamartine, confondant deux drapeaux, le drapeau rouge du pass&#233;, celui des r&#233;pressions l&#233;gales, et le drapeau rouge du pr&#233;sent, celui des revendications ouvri&#232;res, trompait sciemment le peuple. Et le peuple &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;fut &#233;bloui par le cliquetis des mots sonores et vides&lt;/q&gt;. Le gouvernement provisoire adopte, le 25 f&#233;vrier, le drapeau tricolore. Une circulaire adress&#233;e aux Commissions du Gouvernement Provisoire dans chaque d&#233;partement pr&#233;cise :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Le drapeau rouge est un appel &#224; l'insurrection, le bonnet rouge retrace des souvenirs de sang et de deuil. C'est provoquer &#224; la d&#233;sob&#233;issance aux lois et &#224; la violence que d'arborer ces tristes embl&#232;mes.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;i class=&#034;fa-asterisk fas&#034;&gt;&lt;/i&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Au cours de son &#233;tude, Dommanget est amen&#233; &#224; pr&#233;ciser l'apparition du drapeau noir, le &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;futur drapeau de l'anarchisme&lt;/q&gt;. Il semble que c'est en 1831 qu'il fut arbor&#233; pour la premi&#232;re fois : &#224; Reims, &#224; Lyon et &#224; Grenoble. A Reims et &#224; Lyon ce sont des ouvriers terrassiers r&#233;duits &#224; la mis&#232;re qui manifestent aux cris de : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Du travail ou la mort !&lt;/q&gt; Drapeau de deuil &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;soulignant que les travailleurs sont accul&#233;s &#224; la mort s'ils n'ont pas de travail, parce qu'ils n'auront pas de pain&lt;/q&gt;. Le drapeau noir r&#233;appara&#238;t en 1848-1849 lors des troubles agraires dans diverses campagnes, et &#224; Paris apr&#232;s la perte de l'Alsace-Lorraine : dans ce dernier cas il repr&#233;sente la d&#233;tresse et le malheur de la nation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dommanget signale en passant que c'est le drapeau ronge qui fut arbor&#233; en 1876 lors du huiti&#232;me congr&#232;s de la branche bakouniniste de l'internationale et rappelle ce qu'&#233;crit alors James Guillaume : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Ce n'est qu'&#224; partir de 1848 que le drapeau rouge prend sa signification contemporaine comme drapeau international de l'affranchissement des travailleurs.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5420 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;141&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/louise_michel.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH229/louise_michel-57990-953d6.jpg?1774712090' width='150' height='229' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Louise Michel brandissant un drapeau noir inscrit &#171; pain ou mort &#187;, pendant la manifestation des ouvriers le 9 mars 1883 &#224; Paris.&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;C'est en 1883 que le mouvement anarchiste prend de l'importance, et il semble que &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;la r&#233;surgence du drapeau noir doit beaucoup &#224; Louise Michel&lt;/q&gt;. Le drapeau noir appara&#238;t dans la manifestation des sans-travail (9 mars 1883) et Louise Michel, devant la cour d'assises de la Seine, d&#233;clarait que &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;le caract&#232;re de la manifestation impliquait le port du drapeau noir, drapeau de la mis&#232;re, drapeau des gr&#232;ves plut&#244;t que le port du drapeau rouge, clou&#233; sur les tombes de la Commune&lt;/q&gt;. Cependant les drapeaux rouges et noirs devaient figurer dans les manifestations ouvri&#232;res : m&#234;me chez les anarchistes les opinions &#233;taient divis&#233;es et &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Louise Michel elle-m&#234;me abandonna par la suite toute distinction entre les deux drapeaux &#233;mancipateurs&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet &#233;clectisme ne fut pas du go&#251;t de Paul Lafargue qui, en 1900, fit l'apologie du drapeau rouge et condamna le drapeau noir &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;signe de deuil et embl&#232;me de l'anarchie&lt;/q&gt; ! Cela n'emp&#234;cha pas, en 1904, lors des fun&#233;railles de Louise Michel, que des centaines de drapeaux rouges et noirs d&#233;fil&#232;rent dans Paris. Et dans toutes les grandes manifestations qui pr&#233;c&#233;d&#232;rent la guerre de 1914, le drapeau noir &#233;tait pr&#233;sent &#224; c&#244;t&#233; du drapeau rouge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dommanget rappelle enfin que lors de la guerre civile d'Espagne &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;le sang des militants coula autant sous les plis non seulement du drapeau rouge, mais du drapeau rouge-noir du syndicalisme libertaire et du drapeau noir&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;i class=&#034;fa-asterisk fas&#034;&gt;&lt;/i&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;S'il y a d'heureux mariages de couleurs, il en est d'autres qui font grincer les dents... Et Dommanget consacre quelques pages au confusionnisme du Front Populaire ! Il stigmatise la fraternisation du drapeau rouge et du drapeau tricolore et, &#224; propos de la manifestation du 14 juillet 1935 &#224; Paris, il &#233;crit : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Par la volont&#233; du Parti Communiste, et par la complexit&#233; du Parti Socialiste et de la C.G.T., cette d&#233;monstration, essentiellement prol&#233;tarienne dans sa composition et qui fut peut-&#234;tre la plus forte d&#233;monstration de classe de l'histoire de France, marquait un recul du prol&#233;tariat sur ses positions id&#233;ologiques.&lt;/q&gt; Drapeau rouge et drapeau tricolore, &lt;i&gt;Marseillaise &lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Internationale&lt;/i&gt;, Jeanne d'Arc et &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;la police avec nous&lt;/q&gt; ; on conna&#238;t la conclusion de ces mascarades ! Il serait trop long de reproduire les singuli&#232;res d&#233;clarations du secr&#233;tariat du Parti Communiste (&lt;i&gt;Humanit&#233; &lt;/i&gt; du 30 juin 1936). Je laisse au lecteur du livre de Dommanget le soin de les lire &lt;i&gt;in extenso&lt;/i&gt; ; de telles lectures sont n&#233;cessaires et &#233;difiantes pour ceux qui auraient oubli&#233; les malpropret&#233;s du Parti Communiste et sa merveilleuse aptitude &#224; retourner sa veste. Concluons avec Dommanget : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Dans le pays qui fut le berceau du drapeau rouge, il reste des v&#233;t&#233;rans irr&#233;ductibles ou des jeunes d&#233;bordant d'enthousiasme pour consid&#233;rer comme une souillure son mariage avec le drapeau tricolore.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;i class=&#034;fa-asterisk fas&#034;&gt;&lt;/i&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Puissent ces quelques notes inciter nos camarades &#224; lire et &#224; m&#233;diter le livre de Dommanget ! Et, peut-&#234;tre, regretteront-ils comme moi, l'absence d'un chapitre final. Dans son introduction Dommanget insiste sur le fait que &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;le drapeau rouge a conquis droit de cit&#233; sur une large partie du globe. Il est devenu l'&#233;tendard de nombreux pays du tiers monde et, apr&#232;s avoir &#233;t&#233; adopt&#233; par la populeuse Russie, il est aujourd'hui l'embl&#232;me de la Chine, pays de 700 millions d'habitants&lt;/q&gt;. Et il ajoute : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Bien mieux... le drapeau rouge est le premier et jusqu'ici le seul drapeau qui ait &#233;t&#233; d&#233;pos&#233; sur un autre astre que la terre&lt;/q&gt;, faisant ainsi allusion au spectaculaire exploit sovi&#233;tique du 3 f&#233;vrier 1966. Sautons 420 pages et nous lisons : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;La guerre pass&#233;e, le drapeau rouge allait redevenir pour le prol&#233;tariat universel l'image de la lib&#233;ration des masses exploit&#233;es et de l'unit&#233; du genre humain. Cette image, esp&#233;rons-le restera imp&#233;rissable.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vraiment ces lignes ne peuvent &#234;tre la conclusion d'un tel livre. Qu'a de commun le drapeau rouge de Moscou ou de P&#233;kin, le drapeau rouge des Premiers Mai militaires et des foules enr&#233;giment&#233;es, avec le drapeau rouge des r&#233;voltes ouvri&#232;res ? Autant que, jadis, le drapeau tricolore, le drapeau rouge est d&#233;shonor&#233; : c'est sous les plis du drapeau rouge, au nom de ce drapeau qu'ont &#233;t&#233; &#233;cras&#233;s les marins de Kronstadt, les paysans de Makhno, les ouvriers de Budapest ! S'il est vrai que &#171; le pavillon couvre la marchandise &#187;, le drapeau rouge couvre une singuli&#232;re marchandise : interdiction des gr&#232;ves, syndicats domestiqu&#233;s, parti unique, dictature de ce parti unique, assassinats individuels ou collectifs, d&#233;portations. Tous ceux qui, depuis un si&#232;cle, ont lutt&#233; et sont morts pour le drapeau rouge, luttaient et mouraient pour la libert&#233;, contre l'oppression des &#201;tats, des polices et des arm&#233;es. Il n'y a rien de commun entre ce drapeau rouge et celui &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;qui a conquis droit de cit&#233; sur une large partie du globe&lt;/q&gt;. Je sais bien que telle est aussi la pens&#233;e de Dommanget. Je n'en regrette que plus vivement l'absence d'un chapitre o&#249; cette n&#233;cessaire distinction e&#251;t &#233;t&#233; largement d&#233;velopp&#233;e. Mais alors une conclusion s'impose : de m&#234;me que la classe ouvri&#232;re a abandonn&#233; &#224; son d&#233;shonneur le drapeau tricolore, elle doit renoncer au drapeau ronge. S&#233;paration d&#233;chirante peut-&#234;tre, mais n&#233;cessaire pour des raisons d'honn&#234;tet&#233; et de clart&#233;. Le drapeau rouge, ainsi que le Premier Mai, appartiennent au pass&#233;, un pass&#233; qu'ont d&#233;finitivement enterr&#233; les fossoyeurs qui r&#232;gnent &#224; Moscou ou &#224; P&#233;kin. Faut-il alors changer de drapeau ? Ne pourrait-on s'en passer et renoncer une fois pour toutes aux embl&#232;mes, insignes et f&#233;tiches ? Ce serait, je pense, la solution la plus sage. On roulerait &#224; son tour le drapeau rouge des vieilles luttes dans &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;le linceul de pourpre o&#249; dorment les dieux morts&lt;/q&gt; ; il resterait de lui des souvenirs exaltants, quelques chants, et le livre o&#249; Dommanget retrace magnifiquement son histoire intimement li&#233;e &#224; l'&#233;pop&#233;e ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Maurice Dommanget, &lt;i&gt;Histoire du drapeau rouge&lt;/i&gt;&lt;i&gt;, des origines &#224; la guerre de 1939.&lt;/i&gt; (Editions Librairie de l'Etoile).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;P.S. &#8212; Je pense que les quelques lignes suivantes, extraites de l'ouvrage de Jacques Ellul : &lt;i&gt;Ex&#233;g&#232;se des nouveaux lieux communs&lt;/i&gt;, int&#233;resseront nos camarades et je les livre &#224; leurs m&#233;ditations sans y joindre le moindre commentaire : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt; Au mois d'ao&#251;t 1965, M. Povlov, chef du Komsomol, critique s&#233;v&#232;rement M. Khrouchtchev qui a enlev&#233; l'id&#233;al communiste aux jeunes, mais ach&#232;ve par cette p&#233;roraison : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;Les jeunes doivent se p&#233;n&#233;trer d'un sentiment sacr&#233; pour le drapeau, l'embl&#232;me national et les h&#233;ros de la patrie socialiste.&lt;/span&gt;&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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