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	<title>PARTAGE NOIR</title>
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		<title>PARTAGE NOIR</title>
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		<title>Un courageux pr&#233;curseur de la limitation des naissances : Eug&#232;ne Humbert</title>
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		<dc:date>2024-08-21T13:19:41Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alexandre Croix</dc:creator>


		<dc:subject>Paul Robin</dc:subject>
		<dc:subject>Eug&#232;ne Humbert</dc:subject>
		<dc:subject>Jeanne Humbert</dc:subject>
		<dc:subject>&lt;i&gt;Les Temps nouveaux&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>Archives Autonomies</dc:subject>
		<dc:subject>&lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt;</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Un certain nombre d'adresses auront &#233;t&#233; famili&#232;res &#224; travers le monde aux compagnons de plusieurs g&#233;n&#233;rations. Ainsi du 6 de la rue des Savoises, &#224; Gen&#232;ve, o&#249; plus de quarante ann&#233;es durant, Louis Bertoni r&#233;digea et composa avec des moyens de fortune son R&#233;veil anarchiste ; ainsi du 140 de la rue Mouffetard et du 4 de la rue Broca o&#249; Jean Grave fit successivement la R&#233;volte et les Temps nouveaux ; ainsi encore du 15 de la rue d'Orsel, o&#249; Matha d'abord et Pierre Martin ensuite maintinrent (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-liberte-no167-du-1er-avril-1970-" rel="directory"&gt;Libert&#233; n&#176;167 du 1er avril 1970&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-paul-robin-+" rel="tag"&gt;Paul Robin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-eugene-humbert-+" rel="tag"&gt;Eug&#232;ne Humbert&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-jeanne-humbert-+" rel="tag"&gt;Jeanne Humbert&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-les-temps-nouveaux-+" rel="tag"&gt;&lt;i&gt;Les Temps nouveaux&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-source-fragments-d-histoire-de-la-gauche-radicale-+" rel="tag"&gt;Archives Autonomies&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-le-libertaire-+" rel="tag"&gt;&lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/sans_titre-1_copie_2-a3b1e.jpg?1774704491' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un certain nombre d'adresses auront &#233;t&#233; famili&#232;res &#224; travers le monde aux compagnons de plusieurs g&#233;n&#233;rations. Ainsi du 6 de la rue des Savoises, &#224; Gen&#232;ve, o&#249; plus de quarante ann&#233;es durant, Louis Bertoni r&#233;digea et composa avec des moyens de fortune son &lt;i&gt;R&#233;veil anarchiste&lt;/i&gt; ; ainsi du 140 de la rue Mouffetard et du 4 de la rue Broca o&#249; Jean Grave fit successivement la &lt;i&gt;R&#233;volte &lt;/i&gt; et les &lt;i&gt;Temps nouveaux&lt;/i&gt; ; ainsi encore du 15 de la rue d'Orsel, o&#249; Matha d'abord et Pierre Martin ensuite maintinrent longtemps le &lt;i&gt;Libertaire&lt;/i&gt;, malgr&#233; bourrasques et avanies. Adresse quasi historique que cette derni&#232;re, puisque M. Jacques Hillairet veut bien en faire cas dans son &lt;i&gt;Dictionnaire des rues de Paris&lt;/i&gt; sauf toutefois &#224; se tromper l&#233;g&#232;rement sur les dates, en assignant celle de 1910 comme point limite de l'existence du &lt;i&gt;Libertaire &lt;/i&gt; &#224; cet endroit. Qu'il relise Roger Martin du Gard et il verra que dans le d&#233;sarroi de l'&lt;i&gt;Et&#233; 1914&lt;/i&gt;, Jacques Thibault se souciait encore de ce qu'on pouvait penser au 15 de la rue d'Orsel au fort de la premi&#232;re boucherie. D'ailleurs, des tracts pacifistes et antimilitaristes prirent encore leur essor de cette voie alors discr&#232;te de Clignancourt, mais que le voisinage du March&#233; Saint-Pierre, haut lieu de la passementerie parisienne, a livr&#233; maintenant aux multitudes p&#233;piantes et jacassi&#232;res !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais aujourd'hui, c'est vers une autre bonne adresse du pass&#233;, de notre pass&#233;, que nos pas veulent nous porter, l&#224;-bas, au plus haut de M&#233;nilmontant, au 27 de la rue de la Du&#233;e, art&#232;re encore plus discr&#232;te que celles que nous avons d&#233;j&#224; &#233;voqu&#233;es et qu'on pouvait avoir peine &#224; d&#233;couvrir lors de la premi&#232;re visite. Le coin &#233;tait retir&#233;, quasi villageois et sentait bon un autre temps, qu'on aurait maintenant difficult&#233; &#224; retrouver, encore que le quartier n'ait pas &#233;t&#233; de nos jours tellement d&#233;vast&#233; par la sp&#233;culation immobili&#232;re, ce qui ne saurait tarder. Le Passage des Saint-Simoniens est aussi tout proche ; il a &#233;chapp&#233; jusqu'&#224; maintenant &#224; la pioche du d&#233;molisseur, parfumant toujours le secteur d'un brin d'utopie. Et &#233;galement la rue de Pix&#233;r&#233;court, o&#249; S&#233;bastien Faure eut longtemps son imprimerie, la Fraternelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est de ce 27 de la rue de la Du&#233;e que partit peut-&#234;tre, que se d&#233;veloppa en tout cas, un mouvement qui est dit aujourd'hui de Planning Familial mais qu'on disait plus expressivement &#224; l'&#233;poque de limitation des naissances. Un gars bien plant&#233;, solide, r&#233;solu, Eug&#232;ne Humbert, hardi pr&#233;curseur et qui comme tous les pr&#233;curseurs v&#233;cut l'aventure par les c&#244;t&#233;s les plus difficiles, qui sont aussi les plus prenants, partant les seuls qui vaillent !&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5224 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;16&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH190/delale_auguste-572ff-6fe49-4ba59.jpg?1774704492' width='150' height='190' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Auguste Delale&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;L'occasion, au demeurant secondaire, d'en parler aujourd'hui est dans le centi&#232;me anniversaire de sa naissance. Au vrai, elle aurait d&#233;j&#224; pu s'offrir, voici deux mois, quand quelques anciens de la rue de la Du&#233;e se retrouv&#232;rent pour f&#234;ter les quatre-vingts ans de Jeanne Humbert, toujours ingambe, toujours vaillante et dont le mordant parait s'accro&#238;tre avec l'&#226;ge. Et que de souvenirs le seul nom de cette ch&#232;re Jeanne ne tra&#238;ne-t-il pas apr&#232;s lui ? L&#224; voil&#224; vraisemblablement la derni&#232;re qui pourrait parler valablement des temps de l'A.I.A. (Association internationale antimilitariste), dont son beau-p&#232;re, le syndicaliste Delal&#233; &#233;tait le tr&#233;sorier ; de Miguel Almereyda, de Merle et de tant d'autres, qu'elle connut pour ainsi dire dans l'&#339;uf et qui, dans leur jeunesse hasardeuse, venaient souvent demander le g&#238;te et le couvert &#224; sa m&#232;re, cette l&#233;gendaire &#171; m&#232;re Blanc &#187;, disparue plus tard dans un fait divers tragique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eug&#232;ne Humbert venait de Nancy, o&#249; il &#233;tait n&#233; le 6 mars 1870. Les Humbert sont nombreux dans la r&#233;gion, et longtemps un de ses cousins, Lucien Humbert, y anima un petit journal, le &lt;i&gt;R&#233;veil ouvrier&lt;/i&gt;, qui fit date dans le syndicalisme local.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tr&#232;s jeune, Eug&#232;ne Humbert, qui &#233;tait p&#233;tri de r&#233;volte et que des commencements amers n'avaient pas pr&#233;cis&#233;ment induit &#224; la b&#233;atitude, s'&#233;tait orient&#233; vers l'anarchisme ; et c'est vers Jean Grave, un des militants les plus en vue, qu'&#233;taient all&#233;es ses premi&#232;res curiosit&#233;s. Le fait est s&#251;r qu'on peut d&#233;j&#224; relever son nom dans les colonnes de la &lt;i&gt;R&#233;volte&lt;/i&gt;, autour des ann&#233;es 90, comme un des correspondants du journal pour la r&#233;gion nanc&#233;ienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;T&#233;moin cet entrefilet dans l'organe en question du 3 avril 1891, qui permet de prendre date irr&#233;futablement :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Nancy. &#8212; Le camarade Eug&#232;ne Humbert demande aux compagnons de Toulon, qui lui ont envoy&#233; des &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;R&#233;volte&lt;/span&gt; de correspondre avec lui ; il informe en outre tous les amis que sa nouvelle adresse est : Eug&#232;ne Humbert, rue de l'Equitation, 36, &#224; Nancy.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5225 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;16&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH225/yuuiyu-654ee-03935.jpg?1774704492' width='150' height='225' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Louis L&#233;veill&#233;&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Le 3 avril, on est &#224; deux mois de la p&#233;riode ravacholienne qui s'ouvrira avec l'affaire Dardare, Decamp et L&#233;veill&#233;, trois compagnons de Levallois, arr&#234;t&#233;s le premier mai 91, et qui, maltrait&#233;s par les policiers et par les juges, feront que Ravachol confectionnera ses bombes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean Grave et son journal sont avec Pouget et son &lt;i&gt;P&#232;re Peinard&lt;/i&gt; les grands p&#244;les d'attraction vers lesquels se tournent alors les camarades de province. Eug&#232;ne Humbert est tout naturellement entr&#233; en relations avec Jean Grave. Celui-ci est encore dans son aur&#233;ole premi&#232;re d'avoir &#233;t&#233; choisi par Kropotkine pour prendre sa succession au &lt;i&gt;R&#233;volt&#233; &lt;/i&gt; de Gen&#232;ve, mu&#233; en &lt;i&gt;R&#233;volte &lt;/i&gt; en raison de tracasseries administratives !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean Grave est pourtant discut&#233; d&#232;s 1890 et Charles Ma-lato l'a d&#233;j&#224; trait&#233;, fort irr&#233;v&#233;rencieusement de &#171; pape de la rue Mouffetard &#187; ! L'affaire Ravachol va aussi entamer son prestige, mais Grave conna&#238;tra encore des regains apr&#232;s qu'Elis&#233;e Reclus l'aura remis sur le bon cap !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand Humbert aura rejoint Paris, apr&#232;s la grande tornade de 93-94, ce n'est pas le groupe des&lt;i&gt; Temps nouveaux&lt;/i&gt;, qui a pris la suite de la &lt;i&gt;R&#233;volte &lt;/i&gt; qui l'attirera. Le charme a &#233;t&#233; rompu ! La rencontre d'un homme qu'il faut bien dire extraordinaire, le p&#232;re Robin, fixe maintenant son destin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paul Robin venait d'accaparer, &#224; son corps d&#233;fendant, l'attention publique, par un &#171; scandale &#187; survenu &#224; l'Orphelinat Pr&#233;vost, qu'il dirigeait &#224; Cempuis, dans l'Oise, depuis 1880. Il avait os&#233; instituer dans cet &#233;tablissement la co&#233;ducation des sexes, v&#233;rit&#233; premi&#232;re d'aujourd'hui mais regard&#233;e alors comme l'abomination de la d&#233;solation ! Puis, un jour, une des femmes de charge de l'orphelinat ayant &#233;t&#233; prise des douleurs de l'enfantement, il avait voulu que quelques-unes des pensionnaires de la maison assistent &#224; la d&#233;livrance. C'&#233;tait l&#224; mettre le comble &#224; une infamie d&#232;s longtemps reconnue !&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5226 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/arton694-34453.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH251/arton694-34453-152ea.jpg?1774704492' width='500' height='251' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Paul Robin&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;La presse, toujours bien pensante, &#233;tait aux aguets, notamment la &lt;i&gt;Libre parole&lt;/i&gt; du vertueux Drumont, et aussi le &lt;i&gt;Matin &lt;/i&gt; qui appartenait &#224; un pourri entre les pourris, de ce temps-l&#224;, le nomm&#233; Alfred Edwards. Celui-ci s'honorait d'ailleurs de la collaboration du sieur Jules Guesde, noble figure du jans&#233;nisme socialiste, comme nul n'en ignorait, et cela dans les moments m&#234;mes o&#249; toute la valetaille de plume du &lt;i&gt;Matin &lt;/i&gt; &#233;tait d&#233;cha&#238;n&#233;e contre le &#171; porc de Cempuis &#187;, comme revuistes et boulevardiers disaient alors pour d&#233;signer Paul Robin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jet&#233; &#224; la rue, celui-ci n'avait pas d&#233;sarm&#233; et il avait cr&#233;&#233; imm&#233;diatement un p&#233;riodique l'&lt;i&gt;Education int&#233;grale &lt;/i&gt; pour continuer la divulgation de ses th&#233;ories p&#233;dagogiques, et conjointement il s'&#233;tait attel&#233; &#224; un autre Rocher de Sisyphe et avait cr&#233;&#233; la ligue de la R&#233;g&#233;n&#233;ration Humaine ! C'&#233;tait sans doute un titre bien ambitieux, mais les ap&#244;tres se doivent de pr&#233;sumer beaucoup du prochain ! Un journal faisait cort&#232;ge, &lt;i&gt;R&#233;g&#233;n&#233;ration&lt;/i&gt;, qui commen&#231;a de para&#238;tre en d&#233;cembre 1896 et qui n'eut pas plus de six num&#233;ros en six ans, le terrain devant &#234;tre plut&#244;t ingrat comme tr&#232;s souvent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paul Robin pourtant innovait beaucoup. Il posait pour la premi&#232;re fois les fondements th&#233;oriques et pratiques de ce qui recevra bient&#244;t le nom de n&#233;o-malthusianisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous laisserons de c&#244;t&#233; le probl&#232;me dans son essence, qui opposerait encore aujourd'hui les abondancistes qui croient que le globe peut supporter, sinon un pullulement infini, en tout cas un nombre encore accru de bip&#232;des et ceux qui pensent que l'optimum quantitatif de pauvres h&#232;res en qu&#234;te du minimum vital est atteint ! L'heure n'est pas de rouvrir la controverse Drysdale - Kropotkine sur le th&#232;me fameux : &#171; Y a-t-il des subsistances pour tous ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'affaire ne doit nous soucier que dans ses cons&#233;quences individuelles et imm&#233;diates. Et &#224; cet &#233;gard, Paul Robin fut un lib&#233;rateur, dont les avaleuses de pilules d'aujourd'hui devraient r&#233;v&#233;rer pieusement la m&#233;moire. Mais il &#233;tait d'abord un homme de th&#233;orie et il abordait la soixantaine quand il se lan&#231;a &#224; corps perdu dans la propagande n&#233;o-malthusienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224; qu'Eug&#232;ne Humbert, qui venait d'embrasser ses th&#233;ories, allait lui &#234;tre pr&#233;cieux par son allant juv&#233;nile et sa volont&#233; d'aller tout de suite au concret et au pratique.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5227 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;112&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/arton703.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH319/arton703-1e6f1.jpg?1774704492' width='500' height='319' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt; Eug&#232;ne Humbert est assis &#224; la table aux c&#244;t&#233;s de Jeanne, en clair, debout Eug&#233;nie de Bast. Source : &lt;a href=&#034;https://cartoliste.ficedl.info/article703.html&#034; target=&#034;_blank&#034;&gt;Cartoliste&lt;/a&gt;&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;C'est sous l'impulsion d'Humbert que na&#238;t le nouveau journal, dont le titre en dit plus long qu'un long discours, &lt;i&gt;G&#233;n&#233;ration consciente&lt;/i&gt; et &#224; partir duquel on peut vraiment parler de la naissance d'un mouvement n&#233;o-malthusien en France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la rue du Surmelin voisine, o&#249; le premier branle a &#233;t&#233; donn&#233; &#224; l'entreprise, on est venu s'installer rue de la Du&#233;e. Le XX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissement, plus exactement le haut M&#233;nilmontant, fut un terrain d'&#233;lection pour le n&#233;o-malthusianisme. Le quartier vivait encore des souvenirs de la Commune et du massacre de la rue Haxo. C'&#233;tait aussi un coin o&#249; grouillaient les &#171; faminombreuses &#187;, selon le n&#233;ologisme que cr&#233;a pr&#233;cis&#233;ment Humbert.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rue de la Du&#233;e, Eug&#232;ne Humbert, hormis les s&#233;jours en prison et l'exil &#224; Barcelone, tiendra g&#238;te et bureau jusqu'&#224; la guerre de 1939. Les abonn&#233;s de la soci&#233;t&#233; de consommation se refuseraient probablement aujourd'hui &#224; une installation aussi modeste. La maison &#233;tait vieillotte, un tantinet humide, en contrebas du corps principal du b&#226;timent. Quelques arbustes avaient des allures de fausse charmille, et quelquefois, quand la saison &#233;tait douce, une table simple mais g&#233;n&#233;reuse y r&#233;unissait quelques amis. Que de gens y d&#233;fil&#232;rent, de Paul-Napol&#233;on Roinard, rescap&#233; de la p&#233;riode symboliste et un des premiers compagnons de Zo d'Axa &#224; l'&lt;i&gt;En dehors&lt;/i&gt; &#224; Marc St&#233;phane, l'auteur de &lt;i&gt;Ceux du Trimard&lt;/i&gt;, de Fernand Kolney, le beau-fr&#232;re de Tailhade, et qui incarnait, lui, la forme totalement d&#233;sesp&#233;r&#233;e du n&#233;o-malthusianisme &#8212; les titres de ses brochures le disent crument : la &lt;i&gt;Gr&#232;ve des ventres&lt;/i&gt;, le &lt;i&gt; Crime d'engendrer&lt;/i&gt; le disent assez &#8212; &#224; Alexandre Jacob, dont il est question aujourd'hui dans une page voisine. Jean Marestan aussi, quand il montait de Marseille &#224; Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; Manuel Devald&#232;s, Gabriel Giroud (G. Hardy) ils &#233;taient les h&#244;tes ordinaires de la maison. Giroud, gendre de Robin et ancien &#233;l&#232;ve de Cempuis, y avait, si l'on peut dire part de fondateur. Son nom est indissolublement li&#233; &#224; la diffusion des premiers rudiments pratiques que les classes pauvres en France purent conna&#238;tre pour rem&#233;dier &#224; leur fr&#233;n&#233;sie procr&#233;atrice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;G&#233;n&#233;ration consciente &lt;/i&gt; tra&#231;a un assez joli sillon jusqu'&#224; la guerre de 1914, c&#233;sure brutale ouverte dans toutes les propagandes, mais la chose ne s'&#233;tait pas faite sans les anicroches rituelles. Des repopulateurs, du s&#233;nateur Piot &#224; l'&#233;conomiste Paul Leroy-Beaulieu en passant par un docteur Bertillon &#8212; parent d'Alphonse, celui de l'anthropom&#233;trie &#8212;, bramaient partout qu'on allait au d&#233;sastre si le prol&#233;taire &#8212; comme le veut l'&#233;tymologie m&#234;me du mot &#8212; ne besognait pas &#224; c... rabattues, ainsi qu'on dit dans Rabelais, pour assurer les prochaines lev&#233;es de chair &#224; canon ! La guerre qui venait supposait, en effet, de grandes consommations de celle-ci, et il &#233;tait urgent d'y pourvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais voil&#224;, l'arsenal du l&#233;gislateur &#233;tait plus d&#233;pourvu qu'il ne le fut dans la suite, apr&#232;s les monstrueuses lois de 1920, et il fallait poursuivre alors sous couleur d'&#171; outrage aux bonnes m&#339;urs &#187;, d&#233;lit pr&#233;vu par une loi du 2 ao&#251;t 1882, modifi&#233;e par une loi du 16 mars 1898 et une autre du 7 avril 1908.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5228 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;16&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH200/humbert-eugene-51513-4750e-f29a2.png?1774704492' width='150' height='200' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Eug&#232;ne Humbert&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs fois donc Humbert se trouva poursuivi et l'h&#244;te de la Sant&#233; pour avoir contrevenu aux aust&#232;res dispositions en question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son cas fit m&#234;me jurisprudence si l'on ose dire et c'est dans un peu affriolant recueil de la &lt;i&gt;Gazette du Palais&lt;/i&gt;, acquis un jour au march&#233; aux puces, que nous trouv&#226;mes, &#224; la date du 25 mars 1911, un arr&#234;t&#233; de la Cour de Cassation, dont nous donnons, pour l'anecdote le court extrait suivant. (On y verra que, paradoxalement, par certains c&#244;t&#233;s, la V&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; R&#233;publique, qui permet beaucoup plus qu'il ne fut jamais permis, est singuli&#232;rement moins antilib&#233;rale que la III&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;, sinon de la volont&#233; de ses dirigeants, en tout cas par le simple poids de l'&#233;volution des m&#339;urs) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;... Attendu que l'annonce de substances, m&#233;dicaments ou rem&#232;des destin&#233;s, soit &#224; procurer l'avortement d'une femme enceinte, soit &#224; mettre obstacle &#224; la f&#233;condation ne peut, par elle-m&#234;me et ind&#233;pendamment de toute expression ou description obsc&#232;ne ou contraire aux bonnes m&#339;urs, constituer le d&#233;lit pr&#233;vu et puni par la loi de 1898. &lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Attendu, toutefois, qu'il en est diff&#233;remment lorsque comme dans l'esp&#232;ce, cette annonce est accompagn&#233;e de descriptions obsc&#232;nes ou contraires aux bonnes m&#339;urs, qu'il en est ainsi notamment dans le num&#233;ro du journal &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;G&#233;n&#233;ration consciente&lt;/span&gt; du 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; janvier 1909, contenant un entrefilet intitul&#233; &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Petit courrier m&#233;dical&lt;/q&gt;, que cet entrefilet contient une description obsc&#232;ne ou contraire aux bonnes m&#339;urs rentrant dans les pr&#233;visions de la loi de 1898, et que c'est par suite, &#224; bon droit que l'arr&#234;t attaqu&#233; a fait &#224; Humbert l'application des dispositions de ladite loi...&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si ce texte avait surv&#233;cu &#8212;mais il peut &#234;tre lettre morte sans qu'on puisse parler d'abrogation, comme il arrive si souvent en France &#8212;, tous les membres du &#171; Planning familial &#187;, qui ont &#224; exposer quotidiennement, dessins et coupes anatomiques &#224; la main, la fa&#231;on la plus appropri&#233;e de poser diaphragmes ou st&#233;rilets pourraient se trouver demain poursuivis pour outrages aux bonnes m&#339;urs !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne fermons pas ce chapitre sur la r&#233;pression d'avant 1914, sans &#233;voquer la figure de Liard-Courtois, un autre ancien des Iles du Salut o&#249; la &#171; Terreur grise &#187; des ann&#233;es 94-95 l'avait exp&#233;di&#233; pour des motifs anciens, une simple substitution d'&#233;tat civil, et qui de retour du bagne, s'&#233;tait vou&#233; particuli&#232;rement &#224; la propagande n&#233;o-malthusienne, jusqu'&#224; compara&#238;tre souvent en correctionnelle, aux c&#244;t&#233;s d'Humbert ou ind&#233;pendamment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; du n&#233;o-malthusianisme, Eug&#232;ne Humbert fut encore un antimilitariste cons&#233;quent, de l'esp&#232;ce assez rare, qui ne faillit point en 1914. Il devait d'ailleurs payer son insoumission de guerre d'une peine de 5 ans de prison prononc&#233;e en 1920, la pr&#233;sence &#224; la barre de son avocat Andr&#233; Berthon, qui venait d'&#234;tre apostroph&#233; par Poincar&#233; de l'&#233;pith&#232;te &#171; abominable gredin &#187; (&#224; cause de l'allusion que Berthon avait os&#233; faire au chantage exerc&#233; par l'&#171; Action fran&#231;aise &#187; sur l'&#171; honn&#234;te Poincar&#233; &#187;, en raison d'affaires priv&#233;es) ayant plut&#244;t fait pour aggraver les choses !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dirons-nous encore la suite, plus pr&#232;s de nous : la tentative de faire revivre l'ancien mouvement n&#233;o-malthusien au travers de la &lt;i&gt;Grande R&#233;forme&lt;/i&gt;), que Jeanne Humbert tenta de maintenir quelque temps apr&#232;s 1945, et faut-il parler de sa fin tragique lors du bombardement de la prison d'Amiens en 1944, o&#249; &#224; plus de 70 ans il se trouvait d&#233;tenu, pour avoir c&#233;d&#233; encore &#224; son p&#233;ch&#233; ingu&#233;rissable de propagandiste-n&#233; ! Il le faudrait ; mais le mieux &#233;tait d'&#233;clairer aujourd'hui le pass&#233; le plus lointain. Pour l'avant-hier, nous trouverons bien quelque occasion, pour c&#233;l&#233;brer une fois de plus notre vaillant et vieux camarade Eug&#232;ne Humbert, cet actif pr&#233;curseur de la limitation des naissances.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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