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	<title>PARTAGE NOIR</title>
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		<title>PARTAGE NOIR</title>
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		<title>Les &#233;lections - Les anarchistes et la situation politique en 1978</title>
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		<dc:creator>Groupe Libertaire Fresnes-Antony (FA)</dc:creator>


		<dc:subject>Volont&#233; Anarchiste</dc:subject>

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&lt;p&gt;Vingt ans de pouvoir... &lt;br class='autobr' /&gt;
1958. Le g&#233;n&#233;ral De Gaulle monte sur Paris, renverse les institutions de la Quatri&#232;me R&#233;publique et s'autoproclame Pr&#233;sident des Fran&#231;ais. Ce coup d'Etat qui marque une rupture historique, une p&#233;riode de transition dans la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise entre la IV&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; et la V&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; R&#233;publique marque la volont&#233; d&#233;lib&#233;r&#233;e d'une droite qui, pour maintenir et renforcer son pouvoir, doit rompre in&#233;vitablement avec une gestion politique et &#233;conomique dont le but proclam&#233; &#233;tait d'unir toutes (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/sans_titre-3ffff-349e7.jpg?1774723414' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Vingt ans de pouvoir...&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;1958. Le g&#233;n&#233;ral De Gaulle monte sur Paris, renverse les institutions de la Quatri&#232;me R&#233;publique et s'autoproclame Pr&#233;sident des Fran&#231;ais. Ce coup d'&#201;tat qui marque une rupture historique, une p&#233;riode de transition dans la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise entre la IV&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; et la V&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; R&#233;publique marque la volont&#233; d&#233;lib&#233;r&#233;e d'une droite qui, pour maintenir et renforcer son pouvoir, doit rompre in&#233;vitablement avec une gestion politique et &#233;conomique dont le but proclam&#233; &#233;tait d'unir toutes les traditions &#171; d&#233;mocratiques &#187; fran&#231;aises dans un seul et m&#234;me &#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1959, quand De Gaulle se fit pl&#233;bisciter par voie de r&#233;f&#233;rendum, la situation politique de la France avait chang&#233;. De Gaulle avait pu r&#233;aliser l'unit&#233; de la droite derri&#232;re son personnage ; il n'existait plus qu'une seule force politique imposante et puissante, le mouvement gaulliste qui laissait derri&#232;re lui une gauche bien faible, divis&#233;e, dont le discr&#233;dit n'avait fait que s'accro&#238;tre depuis l'&#233;pisode de la guerre d'Alg&#233;rie. C'est dans cette p&#233;riode que la bourgeoisie fran&#231;aise va r&#233;diger la nouvelle constitution qui, de son premier article jusqu'au dernier, va &#234;tre un ramassis de lois qui sanctionne un r&#233;gime b&#226;ti sur un coup d'&#201;tat, irrespectueux des libert&#233;s les plus &#233;l&#233;mentaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement &#224; cette attaque sans pr&#233;c&#233;dent contre les droits du peuple fran&#231;ais, le patronat va mener une offensive &#233;conomique caract&#233;ris&#233;e par un d&#233;sir d'&#233;lever toujours plus haut la quantit&#233; de production et de rentabiliser au maximum la main-d'&#339;uvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'en 1965, malgr&#233; des hauts et des bas (notamment le r&#233;flexe de peur suscit&#233; par le nombre de suffrages qu'obtient Fran&#231;ois Mitterrand lors des &#233;lections pr&#233;sidentielles de 1965), la bourgeoisie fran&#231;aise va conna&#238;tre une p&#233;riode de prosp&#233;rit&#233; &#233;conomique : la production, les stocks augmentent jusqu'au jour o&#249; ce bel &#233;difice, d'apparence solide, va laisser s'&#233;chapper des failles qui vont devenir par la suite irr&#233;sistibles. La premi&#232;re nation industrielle mondiale, les U.S.A., va &#234;tre la premi&#232;re touch&#233;e par ce qu'on appelle commun&#233;ment la crise. Un pourcentage de rentabilit&#233; insuffisant dans la production ainsi qu'un d&#233;ficit de la balance des paiements vont amener les U.S.A. &#224; prendre un certain nombre de mesures tels que le flottement du dollar, la non-convertibilit&#233;, etc., qui se r&#233;v&#233;leront d'ailleurs par la suite totalement inefficaces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les U.S.A., de par leur situation &#233;conomique dans le monde, vont &#171; frapper &#187; dans le dos les &#233;conomies occidentales. En instituant la non-convertibilit&#233; suivie du flottement du dollar, les dirigeants am&#233;ricains savaient pertinemment que les nations occidentales allaient in&#233;vitablement plonger dans un d&#233;s&#233;quilibre dramatique pour leurs &#233;conomies respectives. Cons&#233;quence logique de cette situation, les prix vont conna&#238;tre une forte hausse (l'inflation), d'o&#249; une baisse de la consommation et enfin un n&#233;cessaire r&#233;ajustement de la production entra&#238;nant avec lui la fermeture d'entreprises, les licenciements, ce qu'on appelle en clair la mise au ch&#244;mage d'un certain nombre de travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous n'allons pas continuer plus loin cette recherche &#233;conomique, n&#233;cessaire et fondamentale quant &#224; la compr&#233;hension anarchiste des &#233;v&#233;nements d'aujourd'hui, tel n'est pas l'objet de cet article. Qu'il nous suffise simplement de dire ici que la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise, comme les autres nations occidentales, est en proie &#224; une crise &#233;conomique dans laquelle le capital ne pourra plus se relever. Pris dans le cercle infernal de l'inflation et du ch&#244;mage, dans l'incapacit&#233; qu'il a &#224; r&#233;soudre cette situation (quand il veut stopper l'un, il augmente l'autre) le seul recours pour le patronat va &#234;tre alors de mener une politique d'aust&#233;rit&#233; dont les travailleurs feront naturellement les frais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est vers le d&#233;but de l'ann&#233;e 1966 que le monde du travail va &#234;tre frapp&#233; par cette crise. Des gr&#232;ves &#233;clatent ici et l&#224; sans pour autant mettre en danger le r&#233;gime, les organisations syndicales restent peu combatives et se contentent de d&#233;noncer verbalement les exploiteurs. L'affrontement majeur, qui existe dans la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise, est dirig&#233; sur le plan politique et non dans le social. En effet, c'est en 1967 qu'ont lieu les &#233;lections l&#233;gislatives ; la droite commence alors &#224; &#234;tre discr&#233;dit&#233;e pour sa mauvaise gestion &#233;conomique, la gauche conclut un accord &#233;lectoral entre le Parti Communiste et l'Union de la Gauche D&#233;mocrate et Socialiste. Incontestablement, la situation de 1967 par le retournement d'alliance qu'elle engendre, laisse entrevoir une nouvelle transformation de la vie politique fran&#231;aise caract&#233;ris&#233;e par une alliance &#171; durable &#187; entre P.C. et socialistes d'une part, et par la division analytique et programmatique des forces de droite d'autre part ; nous aurons l'occasion d'y revenir plus loin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;lections de 1967 vont reporter pour une nouvelle l&#233;gislature la droite au pouvoir mais au d&#233;but de l'ann&#233;e 1968, l'agitation qui commence dans les facult&#233;s parisiennes, va remettre en cause un processus politique jusque l&#224; bien &#233;tabli. Durant le mois d'avril, les universit&#233;s vont &#234;tre en effervescence ; les &#233;tudiants descendent dans la rue et le petit incident de Nanterre va faire grain de sable dans tout le pays. A Nantes, le personnel de l'usine Sud-Aviation, sous l'impulsion des militants anarchistes et syndicalistes-r&#233;volutionnaires, occupe l'entreprise ; ce sera le d&#233;part de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale qui gagnera les lyc&#233;es, les ateliers et les bureaux. Durant un mois le pouvoir se trouvera dans la rue. De Gaulle, pris de panique, rejoint Massu &#224; l'&#233;tranger tout en donnant des instructions tr&#232;s pr&#233;cises au minist&#232;re de l'Int&#233;rieur et des Arm&#233;es. La gr&#232;ve continue, le portemonnaie des travailleurs devient de plus en plus l&#233;ger et apr&#232;s un mois d'agitation tout rentre dans l'ordre : les &#233;tudiants dans les facult&#233;s, les ouvriers dans les usines, les employ&#233;s dans les bureaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mai 68 aurait pu d&#233;boucher beaucoup plus loin si les organisations syndicales avaient refus&#233; la mascarade des accords de Grenelle, v&#233;ritable symbole de la collaboration des classes. Les diff&#233;rents mouvements r&#233;volutionnaires de l'&#233;poque, l'extr&#234;me-gauche et les anarchistes, bien qu'ayant un &#233;norme courant de sympathie autour d'eux, ne furent pas en mesure d'avancer une alternative cr&#233;dible faute d'une capacit&#233; organisationnelle et militante suffisante. Mai 68 va donner mati&#232;re &#224; r&#233;flexion pour les militants anarchistes : d'abord il faut &#234;tre pr&#234;t &#224; assumer toutes les cons&#233;quences d'une situation r&#233;volutionnaire et pour cela renforcer l'organisation sp&#233;cifique ; ensuite et suivant cette d&#233;marche, une p&#233;riode r&#233;volutionnaire dure un certain temps mais qu'elle ne saurait durer ind&#233;finiment. C'est bien parce qu'au bout d'un mois de gr&#232;ve les travailleurs ont eu sur le bout des l&#232;vres l'&#233;ternelle question &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Et maintenant qu'est-ce qu'on fait ?&lt;/q&gt;, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Faut que je bouffe&lt;/q&gt;... que Mai 68 n'a pu avoir un prolongement durable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mai 68 n'a pas &#233;t&#233; qu'un &#233;chec au sens strict du terme, loin s'en faut. La domination id&#233;ologique pressante exerc&#233;e depuis l'apparition de la radio et de la t&#233;l&#233; va &#234;tre balay&#233;e d'un seul coup et au fur et &#224; mesure, la population va se donner progressivement une conscience politique qui, dans bien des foyers, va changer la vie. L'apparition sur la sc&#232;ne politique d'une force &#171; incontr&#244;l&#233;e &#187; qui inqui&#232;te les partis traditionnels parce qu'ils luttent contre eux, pratiquant l'action directe, le sabotage, les s&#233;questrations... va aller de pair avec le renouveau des id&#233;es libertaires dans lesquelles nombre de militants ouvriers et syndicaux vont se retrouver.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s dix ann&#233;es de pouvoir personnel, De Gaulle va finir sa carri&#232;re politique &#224; Colombey. Une majorit&#233; de NON se d&#233;gage lors du r&#233;f&#233;rendum de 1969, les &#233;lections pr&#233;sidentielles commencent. Pompidou, ancien Premier ministre de De Gaulle, gagne la bataille et le r&#233;gime de corruption de la Cinqui&#232;me R&#233;publique continue son bonhomme de chemin &#224; la diff&#233;rence, cette fois, que les syndicats, sous la pression de la base, vont se montrer plus combatifs et que les partis de gauche signent un programme commun en 1972. Frapp&#233; par la maladie, Pompidou rend l'&#226;me en 1974. C'est l&#224; v&#233;ritablement que la situation politique du pays va conna&#238;tre un nouveau dynamisme et un nouveau visage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le d&#233;but de la campagne &#233;lectorale, les tensions se font de plus en plus fortes au sein de la droite. Celle-ci est d&#233;pourvue de personnalit&#233;s qui pouvaient par le pass&#233; incarner l'&#171; unit&#233; et la grandeur de la France &#187;. Les conflits entre gaullistes, lib&#233;raux et centristes vont rejaillir de plus belle, ce qui aboutira &#224; une bataille de voix entre Chaban-Delmas qui incarne la vieille U.D.R. et Giscard d'Estaing, jeune loup des finances et de la politique, qui repr&#233;sente le courant lib&#233;ral et centriste. La progression de la gauche, d&#233;j&#224; remarqu&#233;e lors des &#233;lections l&#233;gislatives de 1973, va d&#233;finitivement couper le courant &#171; majoritaire &#187; en deux ; les ann&#233;es 1975, 76, 77 poussent les partis de droite &#224; saccager leurs organisations, l'U.D.R. se transforme en R.P.R., les R&#233;publicains Ind&#233;pendants en P.R.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors, les divergences de programme qui portent sur la strat&#233;gie &#224; employer pour barrer la route &#224; la gauche, vont aller en s'accroissant. Le Parti R&#233;publicain, s'inspirant de la situation portugaise et ouest-allemande, pense qu'il existe une profonde coupure entre la social-d&#233;mocratie du P.S. et le communisme totalitaire du P.C. L'objectif sera donc d'essayer de rassembler ces socialistes en utilisant leur cr&#233;dit &#233;lectoral pour former un gouvernement incolore qui ne s'occupe que d'&#233;conomie, laissant loin derri&#232;re lui la politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vision du R.P.R. est toute diff&#233;rente. Pour lui, le P.C. et le P.S. ont sign&#233; un programme en 1972. Ce programme est un programme de gestion commune de la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise et il sait bien que socialistes et communistes, s'ils veulent un jour arriver au pouvoir, auront besoin de l'un et de l'autre. A partir de cette analyse, le R.P.R. pense qu'il ne sert &#224; rien de jouer sur la diversion entre socialistes et communistes ; ce qu'il faut pour sauver la France du p&#233;ril Rouge, c'est que d&#232;s maintenant s'organise une offensive politique contre la gauche, terrain trop souvent d&#233;laiss&#233; par la droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En organisant des centaines de meetings dans le pays, construisant des sections d'entreprises et un mouvement de jeunes, le R.P.R., bien que dirig&#233; par les vieux d&#233;mons du gaullisme, devient une force militante et dynamique qui s&#233;duit tout une petite-bourgeoisie d&#233;class&#233;e touch&#233;e par la peur du communisme. Pour battre la gauche, Chirac va effectivement utiliser ce r&#233;flexe de peur, strat&#233;gie qui s'est r&#233;v&#233;l&#233;e extr&#234;mement payante que ce soit dans les pays latins ou sud-am&#233;ricains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;unions du comit&#233; de liaison de la majorit&#233; ne changeront rien &#224; cette situation. En opposant aux ministres-candidats &#224; la d&#233;putation d&#233;sign&#233;s par Raymond Barre des candidatures strictement R.P.R., Chirac et les siens m&#232;nent ainsi le combat frontalement contre le Pr&#233;sident Giscard d'Estaing. En formant des candidatures d'unit&#233; radicale-centriste et lib&#233;rale, le Parti R&#233;publicain constitue un front anti-R.P.R. que personne ne pourrait nier aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;alit&#233; est bien pr&#233;sente : la bourgeoisie est &#224; long terme incapable de r&#233;soudre la crise &#233;conomique, entre une politique dure et autoritaire contre les travailleurs et une autre qui tendrait &#224; faire avaler la carotte de mani&#232;re plus coulante, la droite au pouvoir depuis plus de vingt ans se trouve divis&#233;e dans des questions strat&#233;giques. Il ne s'agit pas pour les travailleurs de savoir comment on peut mieux les berner, R.P.R. et P.R. ont au moins en commun un choix de soci&#233;t&#233; : celle qui nie les droits des travailleurs et qui les exploitent par l'interm&#233;diaire du capital et de l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La droite au pouvoir ? Un million cinq cent mille ch&#244;meurs, le pouvoir d'achat en baisse, le droit syndical bafou&#233;, l'in&#233;galit&#233; constante entre l'homme et la femme, les centrales nucl&#233;aires qu'on impose, les nervis du S.A.C. et de la C.S.L. (ex-C.F.T.) contre les travailleurs en lutte, le racisme vis-&#224;-vis des travailleurs immigr&#233;s, les scandales qui &#233;claboussent les politiciens... l'exploitation de l'homme par l'homme ! C'est un constat de faillite, il est grand temps de se d&#233;barrasser d'elle.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le Programme commun - Les syndicats&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'histoire de la gauche fran&#231;aise est aussi vieille que l'histoire du mouvement ouvrier et remonte aux origines du socialisme : 1848, la Commune de 1871. C'est vers les ann&#233;es 1880 qu'une multitude de petits partis r&#233;volutionnaires vont se cr&#233;er, s'inspirant plus ou moins bien de la pens&#233;e marxiste mais qui, au fil des ann&#233;es, vont r&#233;ussir &#224; s'unifier sous la houlette du Parti Socialiste. En 1917, la r&#233;volution russe &#233;clate et les pol&#233;miques entre L&#233;nine et Pl&#233;khanov vont rejaillir sur toute l'histoire mondiale du marxisme. En 1920, au congr&#232;s de Tours, le parti socialiste voit ses tendances voler de toute part : Cachin, Vaillant et d'autres fondent le Parti Communiste, Section Fran&#231;aise de l'Internationale Communiste, Blum conserve la maison-m&#232;re et donne ainsi au P.S. une image social-d&#233;mocrate bon teint.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les affrontements entre les deux partis vont &#234;tre extr&#234;mement durs et ce n'est qu'en 1934, sous ordre de la direction du Kremlin, que le Parti Communiste engage la bataille pour le Front Populaire alliant socialistes, radicaux et communistes. En 1936, cette politique du &#171; Front Popu &#187; va gagner pour un temps limit&#233; et permettra aux travailleurs d'avoir une certaine am&#233;lioration dans leur condition de vie et de travail (cong&#233;s pay&#233;s, 40 heures). En 1939, la guerre &#233;clate et en 1945, lors de la Lib&#233;ration, le P.C. se trouvera au gouvernement aux c&#244;t&#233;s de la bourgeoisie fran&#231;aise, puis se fera chasser de celui-ci en 1947. D&#232;s lors, la bataille &#226;pre entre socialistes et communistes va rejaillir de plus belle, c'est soixante ans d'histoire de division, soixante ans dont il sera extr&#234;mement dur de se d&#233;barrasser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;sultats de la gauche au gouvernement sont loin d'&#234;tre convaincants. Si le Front Populaire accorde les 40 heures, les cong&#233;s pay&#233;s pour les travailleurs, il ne le fera pas spontan&#233;ment. C'est sous la pression de milliers de gr&#233;vistes qui occuperont les entreprises que le gouvernement va c&#233;der devant ces revendications ouvri&#232;res. A aucun moment, la gauche n'a jou&#233; le r&#244;le de &#171; moteur r&#233;volutionnaire &#187;, socialistes et communistes ont tout fait pour freiner la mobilisation populaire. Blum s'est comport&#233; comme un loyal g&#233;rant du capitalisme et il suffit pour s'en convaincre de se remettre en m&#233;moire ces quelques citations extraites des publications&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S.F.I.O. : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Mon devoir &#233;tait clair, imp&#233;rieux : il &#233;tait... de ne pas provoquer entre patrons et ouvriers ce que les patrons redoutaient alors le plus, cette esp&#232;ce de division morale qui est plus grave et plus pernicieuse que tout dans un pays et une d&#233;mocratie&lt;/q&gt;. Plus loin, Blum explique que lorsque la vague de gr&#232;ves s'est calm&#233;e, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Nous n'avons pas h&#233;sit&#233; : nous avons fait respecter le droit de propri&#233;t&#233;&lt;/q&gt;. En fait, Blum, soutenu par les communistes, a g&#233;r&#233; une soci&#233;t&#233; comme n'importe quel autre bourgeois aurait pu le faire &#224; sa place. Et quand Thorez eut cette phrase demeur&#233;e c&#233;l&#232;bre dans l'histoire du mouvement ouvrier &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Il faut savoir terminer une gr&#232;ve&lt;/q&gt;, les travailleurs pouvaient savoir d&#232;s ce moment que la politique du P.C. et de la S.F.I.O. &#233;tait d&#233;finitivement &#233;trang&#232;re aux v&#233;ritables int&#233;r&#234;ts de la classe ouvri&#232;re, que l'un et l'autre n'h&#233;siteraient pas &#224; mener une politique &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;de gauche&lt;/q&gt; au service de la bourgeoisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quarante ann&#233;es plus tard, le visage que nous offre la gauche &#224; travers son programme commun n'a gu&#232;re chang&#233;. Il s'agit toujours de garder ni plus ni moins le capitalisme, l'&#233;conomie de march&#233; tel que se plaisent &#224; le faire remarquer ses dirigeants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1971 au congr&#232;s d'Epinay, les r&#233;sidus sociaux-d&#233;mocrates se trouvent &#233;cart&#233;s de la direction pour faire place &#224; l'&#233;quipe de Mitterand qui souhaite donner au parti socialiste une image plus r&#233;volutionnaire. Sous la pression du CERES (tendance du P.S.) et du P.C. qui fait sienne depuis un certain temps la politique d'&#171; union de la Gauche &#187;, les deux partis se rencontrent afin d'&#233;laborer ensem-ble un programme commun de gouvernement. Le 25 juin 1972, le document est sign&#233; puis ratifi&#233; quelques mois plus tard par les radicaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cette &#233;poque, le Parti Communiste &#233;tait le mieux repr&#233;sent&#233; dans cette union et pouvait, par le poids de ses suffrages, influer sur le comportement politique du P.S. Les &#233;lections pr&#233;sidentielles, cantonales puis municipales devaient renverser les r&#244;les ; non seulement les socialistes devenaient la force &#233;lectorale la plus puissante de la gauche, mais aussi de tout le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1976, Mitterrand comme Marchais reconnaissent qu'il faut actualiser le programme commun en expliquant avec raison que la situation &#233;conomique s'est transform&#233;e depuis 1972 et que les r&#233;ponses &#224; apporter dans tel domaine sont peut-&#234;tre aujourd'hui &#224; revoir. Les n&#233;gociations vont donc &#234;tre entam&#233;es et aboutissent au d&#233;but de l'ann&#233;e 1978 &#224; une cassure entre le P.C. et le P.S. qui devraient aller chacun de leur c&#244;t&#233; dans la bataille des l&#233;gislatives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, la pol&#233;mique qui s'est engag&#233;e entre le P.C. et le P.S. ne porte pas sur le probl&#232;me de la r&#233;actualisation mais bien sur le programme commun de 1972 en tant que tel. L'objet principal des n&#233;gociations r&#233;sidait dans le nombre et le contenu des nationalisations, P.C. et P.S. avaient l&#224; tous les deux en commun une d&#233;marche capitaliste qui variait dans les accessoires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vouloir faire passer le secteur &#233;conomique priv&#233; dans les mains de l'&#201;tat n'engage en rien un processus r&#233;volutionnaire. En nationalisant les filiales des multinationales et d'autres secteurs clefs, la gauche ne fait que changer les propri&#233;taires mais ne remet pas en cause cette propri&#233;t&#233; gagn&#233;e par les patrons sur la sueur des travailleurs. En quoi le fait d'avoir un patron de gauche peut-il changer quelque chose pour la classe ouvri&#232;re ? Contre les &#233;boueurs en gr&#232;ve de Marseille, employ&#233;s municipaux, Defferre n'a- t-il pas envoy&#233; l'arm&#233;e et les C.R.S. pour briser leur lutte ? Non, un patron m&#234;me de gauche reste toujours un patron et la fameuse autogestion que pr&#244;ne le P.S. et maintenant le P.C. n'est qu'un vulgaire argument de propagande &#233;lectorale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Defferre, dans son livre &lt;i&gt;Si Demain la Gauche &lt;/i&gt; nous &#233;claire quant &#224; la conception autogestionnaire du Parti Socialiste : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;L'autogestion ne doit donc pas consister en ce que chaque individu, ou chaque groupe d'individus qui travaille dans l'entreprise d&#233;cide &#224; tout bout de champ de ceci ou de cela. Elle consiste &#224; faire en sorte que chaque individu participe &#224; la discussion, soit consult&#233;, mais qu'ensuite celui qui est charg&#233; de conduire la discussion, celui qui est au sommet, soit seul responsable de l'ex&#233;cution des d&#233;cisions, sans qu'elles puissent &#234;tre remises en cause &#224; tout moment. On le constate dans la vie, au gouvernement comme dans l'entreprise. Quand il s'agit d'une d&#233;cision courante, c'est &#224; celui qui est comp&#233;tent qu'il revient de statuer &#224; son &#233;chelon, mais quand une d&#233;cision tr&#232;s grave est &#224; prendre, en d&#233;finitive on se tourne toujours vers celui qui est au sommet... Que restera-t-il sinon pour le chef d'entreprise de ce sentiment de responsabilit&#233; qui lui est essentiel ?&lt;/q&gt;. Nous ne pensons pas n&#233;cessaire de commenter ce paragraphe, il se suffit &#224; lui-m&#234;me, pas plus que de discuter de l'autogestion &#224; la sauce P.C. car nous ne pensons pas tr&#232;s s&#233;rieux de la part d'un parti qui a lanc&#233; ses militants pendant des ann&#233;es contre l'autogestion &#171; contre-r&#233;volutionnaire &#187; et qui d'un seul coup s'en fait le meilleur d&#233;fenseur. Nous laissons soin aux travailleurs, et surtout aux militants de base (qui n'ont jamais &#233;t&#233; consult&#233;s) des sections et cellules du P.C. de juger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pol&#233;mique entre le P.C. et le P.S. n'indique pas que tel parti est r&#233;volutionnaire et que l'autre ne l'est pas, tout au contraire, elle montre aux travailleurs combien l'int&#233;r&#234;t des partis pour leur propre appareil prime sur l'int&#233;r&#234;t de la classe. La conf&#233;rence nationale du P.C. de janvier 78 o&#249; il d&#233;clare se d&#233;sister au second tour pour le P.S. qu'&#224; la condition sine qua non que le P.C. obtienne un minimum de 25 % des suffrages n'est qu'un exemple parmi tant d'autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit pas pour nous, en constatant que cette division influe n&#233;gativement sur le potentiel de combativit&#233; des travailleurs, d'appeler &#224; l'unit&#233; des deux partis comme le font la plupart des organisations d'extr&#234;me-gauche. Au contraire, il s'agit de profiter de cette division pour expliquer aux travailleurs en quoi le P.C. et le P.S., une fois au pouvoir, m&#232;neront une politique &#233;trang&#232;re &#224; leurs int&#233;r&#234;ts. De-mander au P.C. et au P.S. de rompre avec les radicaux rel&#232;ve d'un manque de r&#233;alisme politique des plus flagrants. Vouloir faire croire aux travailleurs qu'une fois le P.C. et le P.S. d&#233;faits de l'alliance avec les radicaux, c'est ouvrir la voie &#224; la crise r&#233;volutionnaire, c'est m&#233;conna&#238;tre la mani&#232;re dont le pro-gramme commun a vu le jour. C'est le P.C. et le P.S. qui seuls l'ont r&#233;dig&#233;, les radicaux ont juste appos&#233; leur signature et ce n'est pas cela qui a emp&#234;ch&#233; que le programme commun soit un programme bourgeois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cent ans d'histoire nous confirme dans notre analyse : la gauche au pouvoir n'a fait que la politique de la bourgeoisie, elle continuera dans cette voie-l&#224;. Si nous pouvons penser dans une certaine mesure qu'il serait pr&#233;f&#233;rable qu'il y ait une majorit&#233; de gauche en 1978 dans le sens o&#249; cela signifierait que la population laborieuse de ce pays refuse le r&#233;gime d'aust&#233;rit&#233;, de ch&#244;mage et de vie ch&#232;re que m&#232;ne la droite depuis vingt ans, nous ne pensons pas que cela suffise pour changer vraiment de soci&#233;t&#233;, pour changer vraiment la vie. En 1978 comme en 1936 et en 1968, les travailleurs ne doivent compter que sur leurs luttes, mais seront-ils aid&#233;s par leurs directions syndicales ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 1945, trois centrales syndicales se partagent le taux de syndicalisation dans la classe ouvri&#232;re : C.G.T. inf&#233;od&#233;e au Parti Communiste, C.F.D.T. et F.O. o&#249; se c&#244;toient avec plus ou moins de bonheur les militants r&#233;volutionnaires et r&#233;formistes. Les militants libertaires, eux, se sont toujours investis dans l'action syndicale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1968, des milliers de jeunes travailleurs conquis par les id&#233;es r&#233;volutionnaires commencent &#224; bousculer les directions conf&#233;d&#233;rales jug&#233;es peu combatives ; la r&#233;action de la C.G.T. ne tardera pas &#224; se faire sentir, celle de la C.F.D.T. viendra plus tard quand le Parti Socialiste aura soigneusement men&#233; son O.P.A. (offre publique l'achat) sur elle. Jusqu'en 1974, le recrutement de la C.F.D.T. s'effectue nettement &#224; gauche, elle regroupe nombre de travailleurs radicalis&#233;s qui n'entretiennent que peu d'espoirs vis-&#224;-vis du P.C. et du P.S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les militants &#171; syndicalistes &#187; du P.S. vont mener une v&#233;ritable bataille politique pour conqu&#233;rir tous les postes clefs au sein des directions f&#233;d&#233;rales, si bien qu'&#224; la fin de l'ann&#233;e 1976, une v&#233;ritable chasse aux sorci&#232;res va se d&#233;clencher au sein de la C.F.D.T. L'exclusion par les dirigeants conf&#233;d&#233;raux de plusieurs sections locales va se mener sur deux fronts &#224; la fois : contre l'extr&#234;me-gauche, dont la pratique bureaucratique, soit dit en passant, n'est gu&#232;re diff&#233;rente de celle men&#233;e par le bureau conf&#233;d&#233;ral, et contre les &#171; basistes &#187;, d&#233;nomination derri&#232;re laquelle se retrouvent les militants libertaires ou plus simplement les travailleurs qui se battent pour l'autonomie et la pratique de la d&#233;mocratie directe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objectif d'une telle op&#233;ration est on ne peut plus clair : face &#224; l'&#233;ventuelle arriv&#233;e au pouvoir de la gauche, le gouvernement d'union aura n&#233;cessairement besoin de la paix sociale ; les syndicats, organisations de classe des travailleurs, devront donc l'y aider, et pour ce faire &#233;liminer toutes les oppositions discordantes &#224; l'int&#233;rieur des sections ou des f&#233;d&#233;rations. Ainsi, toute une politique d'&#233;puration va &#234;tre men&#233;e au sein de la C.F.D.T. que S&#233;guy qualifie de sage et raisonnable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que la crise &#233;conomique s&#233;vissait sur tous les fronts, les directions syndicales, pour contrecarrer l'offensive du patronat, n'ont trouv&#233; rien de mieux &#224; opposer que des gr&#232;ves bidon de vingt-quatre heures. 7 octobre, 24 mai... des millions de travailleurs dans la rue pour manifester leur m&#233;contentement, mais pourtant aucun d&#233;bouch&#233; aux luttes n'&#233;tait donn&#233;. Il s'agissait de rassurer avant tout l'&#233;lectorat mod&#233;r&#233; de la gauche, inquiets d'une base sociale potentiellement combative et capable d'ouvrir la crise r&#233;volutionnaire. Ainsi en pratiquant la tactique des gr&#232;ves tournantes, du secteur par secteur, les directions syndicales ont v&#233;ritablement cass&#233; la lutte. Les belles d&#233;clarations &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Le Plan Barre ne passera pas !&lt;/q&gt; n'ont rien chang&#233; &#224; la situation, le premier plan Barre est pass&#233; comme l'ont &#233;t&#233; par la suite les deux autres qui suivaient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En cela, les travailleurs en lutte ont durement fait l'exp&#233;rience d'une tactique purement r&#233;formiste qui ne s'est conclue par aucune victoire. Toutes les actions lanc&#233;es par la C.G.T., la C.F.D.T. et la F.E.N. n'ont &#233;t&#233; que des mobilisations solidement encadr&#233;es par l'union de la gauche ou du moins ce qu'il en reste. L'aust&#233;rit&#233; ne se n&#233;gocie pas, elle se refuse m&#234;me sous un gouvernement qui pr&#233;tend repr&#233;senter les int&#233;r&#234;ts des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Nos propositions, les t&#226;ches de l'organisation anarchiste&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;R&#233;p&#233;ter inlassablement que la gauche ne pr&#233;sente pas une alternative r&#233;volutionnaire cr&#233;dible serait propagande totalement inutile si nous n'offrions pas, nous, militants r&#233;volutionnaires, quelque chose de diff&#233;rent qui puisse &#234;tre capable d'instaurer une nouvelle soci&#233;t&#233; lib&#233;r&#233;e de l'oppression et de l'exploitation quotidienne. Mais contrairement &#224; certains, nous ne pensons pas qu'il soit bonne politique de faire de la surench&#232;re aux r&#233;formistes : Mitterrand propose le SMIC &#224; 2 400 F, demandons-le &#224; 2 700 F ; ils demandent les 40 heures, proposons les 35 heures... la t&#226;che des militants r&#233;volutionnaires ne r&#233;side pas en cela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces revendications, si nous ne les n&#233;gligeons pas en tant que travailleurs, ne sont pas r&#233;volutionnaires dans la mesure o&#249; elles n'offrent pas une perspective de rupture avec le capitalisme et c'est l&#224; le r&#244;le que nous devons assumer dans les entreprises. Nous pensons qu'il est bien plus profitable de mener un combat contre la hi&#233;rarchie des salaires, contre la hi&#233;rarchie des fonctions qui vont &#224; l'encontre directe du syst&#232;me. De m&#234;me lorsqu'une action est men&#233;e, notre devoir consiste &#224; ce que la lutte soit prise en charge directement par les travailleurs. Les militants anarchistes doivent se battre pour la pratique des Assembl&#233;es G&#233;n&#233;rales souveraines, qui &#233;lisent des comit&#233;s de gr&#232;ve r&#233;unissant syndiqu&#233;s et non-syndiqu&#233;s dont le mandatement est r&#233;vocable &#224; tout moment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En cela, une telle pratique est compl&#232;tement contradictoire avec les journ&#233;es de 24 heures d&#233;cid&#233;es d'en haut sans aucune consultation de la base. C'est &#224; partir de revendications pr&#233;cises, d'une mobilisation directe dans les bo&#238;tes, d'une participation g&#233;n&#233;rale des travailleurs dans l'organisation de leur lutte, que le chemin d'une victoire de classe peut &#234;tre trac&#233;. Mais la t&#226;che des travailleurs libertaires ne saurait se limiter au combat &#233;troit d'une seule entreprise, ils doivent se battre pour la coordination des luttes, celle-ci doit se faire en trois temps :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand les travailleurs du &lt;i&gt;Parisien Lib&#233;r&#233;&lt;/i&gt; sont en lutte contre les licenciements que veut imposer la direction, ils savent bien qu'ils ne sont pas les seuls &#224; &#234;tre victimes de la restructuration entreprise par les patrons du Livre. Contre les licenciements, contre le plan d'ensemble du patronat, ce sont tous les travailleurs de la presse et du labeur qui doivent riposter. C'est la coordination par secteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'une gr&#232;ve &#233;clate dans une ville, tous les travailleurs doivent y apporter leur soutien en renfor&#231;ant ainsi la solidarit&#233; ouvri&#232;re. Rien n'est plus important que le combat contre le corporatisme, les travailleurs ont des int&#233;r&#234;ts communs : c'est la coordination par localit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, et ce troisi&#232;me point est important car il permet de d&#233;passer le stade revendicatif pour devenir potentiellement r&#233;volutionnaire, c'est la coordination de tous les secteurs de lutte : dans toutes les industries, les patrons frappent dur les travailleurs, dans toutes les entreprises les travailleurs doivent lancer une contre-offensive de classe g&#233;n&#233;ralis&#233;e, c'est la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, insurrectionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, si les directions syndicales t&#233;l&#233;guid&#233;es par la volont&#233; des partis de gauche ne pratiquaient pas l'attentisme &#233;lectoral, il serait d'ores et d&#233;j&#224; possible de lancer des grandes actions r&#233;volutionnaires d'envergure. Il n'est pas de notre politique de souhaiter la paup&#233;risation de la classe ouvri&#232;re, mais force nous est de constater que chaque jour, elle subit de plus en plus l'exploitation patronale et &#233;tatique, par les diff&#233;rents plans Barre qui ont tous &#233;t&#233; des plans de restructuration capitaliste, par les atteintes aux droits ouvriers, &#224; la r&#233;pression la plus f&#233;roce des luttes ; il ne faut pas baisser les bras !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les patrons qui nous gouvernent ne se g&#234;nent pas pour licencier, pour r&#233;primer, d&#232;s lors les travailleurs ne doivent pas se g&#234;ner pour exproprier les patrons et balayer l'exploitation salariale. La gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, pr&#233;par&#233;e dans les assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales et coordonn&#233;es entre elles par le lien f&#233;d&#233;raliste, est possible d&#232;s aujourd'hui et doit n&#233;cessairement faire &#233;clater un processus r&#233;volutionnaire. Elle doit devenir gestionnaire et expropriatrice : en occupant les locaux de l'entreprise et en faisant red&#233;marrer la production pour leur propre compte, les travailleurs ouvrent la voie &#224; la construction du socialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S'organiser pour vaincre :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De tels axes de bataille, s'ils veulent aboutir, doivent faire &#233;cho &#224; la volont&#233; d'acqu&#233;rir une capacit&#233; organisationnelle et militante ad&#233;quate &#224; une possible transformation r&#233;volutionnaire. Le congr&#232;s extraordinaire de la F.A. qui s'est tenu &#224; Boussy-Saint-Antoine dans le mois de novembre 1977, en trace les grandes lignes. Si nous pensons que l'entreprise est un terrain de notre propagande, nous devons immanquablement nous doter de structures qui la facilitent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En cr&#233;ant des cercles anarchistes d'entreprise sp&#233;cifiquement F.A., les militants se donnent les moyens de lutter efficacement tout en gardant leur autonomie politique. En f&#233;d&#233;rant ces cercles par liaisons professionnelles, ils donnent une dimension nationale &#224; leurs probl&#232;mes respectifs et peuvent ainsi d&#233;terminer une politique globale pour chaque secteur. Mais si ce renforcement de l'organisation dans les entreprises est n&#233;cessaire, il ne se suffit pas &#224; lui-m&#234;me ; il doit faire &#233;cho &#224; la volont&#233; de milliers de travailleurs radicalis&#233;s, d&#233;&#231;us par le r&#233;formisme syndical ou bien exclus par celui-ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En donnant aux cercles d'entreprise F.A. le r&#244;le d'impulser des commissions larges regroupant les travailleurs, syndiqu&#233;s ou non, sur des bases libertaires, le congr&#232;s F.A. entend pr&#233;figurer la construction d'un mouvement autonome r&#233;volutionnaire de masse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face aux exclusions syndicales de plus en plus nombreuses, face &#224; la volont&#233; de plus en plus de travailleurs qui veulent se regrouper diff&#233;remment, la construction d'un mouvement libertaire de masse est devenue une n&#233;cessit&#233; indispensable. Dans ce cadre-l&#224;, la F.A. ne compte pas se comporter en avant-garde r&#233;volutionnaire. Elle dit simplement qu'il faut que les travailleurs libertaires se regroupent et se donnent les moyens de lutter ; la mani&#232;re de s'organiser concerne ces travailleurs et c'est tous ensemble que nous devons nous donner des accords pratiques, armes indispensables pour une propagande s&#233;rieuse et efficace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation d'aujourd'hui est potentiellement r&#233;volutionnaire ; il faut que les militants libertaires en soient conscients et qu'ils puissent &#234;tre &#224; la hauteur de leur t&#226;che. Si la gauche gagne les &#233;lections, chacun peut facilement s'imaginer l'&#233;lan populaire qui suivra. Il ne faudra pas &#224; ce moment-l&#224; que les travailleurs se fassent berner, ils auront de nouveau &#224; lutter contre l'aust&#233;rit&#233; que voudra leur imposer la gauche, il faudra qu'ils comptent sur leurs propres luttes. Si la droite l'emporte, les partis de gauche d&#233;clareront tout bonnement qu'il faudra attendre la prochaine fois, les syndicats reconduiront leur politique d'attentisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tout &#233;tat de cause, nombreux sont les travailleurs qui &#224; ce moment se retourneront vers nous, d&#233;&#231;us par la gauche, d&#233;&#231;us par cette politique &#233;lectoraliste dans laquelle ils mettaient tous leurs espoirs. Il faudrait cependant se garder d'un optimisme trop rassurant : si la gauche perd les &#233;lections, la lutte des classes se trouvera confront&#233;e &#224; deux mouvements contradictoires : l'un qui s'engage dans la rup-ture r&#233;volutionnaire, l'autre qui d&#233;moralise une frange importante de la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces circonstances, une br&#232;che sera &#224; saisir par les militants r&#233;volutionnaires anarchistes. L'enjeu est d'importance, il est d&#233;cisif.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Groupe Libertaire Fresnes-Antony. &lt;br class='autobr' /&gt;
F&#233;d&#233;ration Anarchiste.&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les &#233;lections - Parlementarisme et marxisme</title>
		<link>https://www.partage-noir.fr/les-elections-parlementarisme-et-marxisme</link>
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		<dc:date>2024-03-22T23:05:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Domela Nieuwenhuis</dc:creator>


		<dc:subject>Volont&#233; Anarchiste</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les rapports entre le marxisme et le parlementarisme ont l'air tr&#232;s compliqu&#233;s et contradictoires. Sur ce point, comme d'ailleurs sur beaucoup d'autres, leur position varie d'une extr&#233;mit&#233; &#224; l'autre, depuis l'identification et l'application jusqu'au refus complet. Et, ce qui est encore plus significatif, les marxistes trouvent toujours les explications et les bases &#171; scientifiques &#187; et &#171; historiques &#187; de n'importe laquelle de ces positions. Ou si ces explications sont difficiles &#224; trouver, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-03-les-anarchistes-et-les-elections-" rel="directory"&gt;03 - Les Anarchistes et les &#233;lections&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-volonte-anarchiste-302-+" rel="tag"&gt;Volont&#233; Anarchiste&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/donela-c290a.jpg?1774723414' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les rapports entre le marxisme et le parlementarisme ont l'air tr&#232;s compliqu&#233;s et contradictoires. Sur ce point, comme d'ailleurs sur beaucoup d'autres, leur position varie d'une extr&#233;mit&#233; &#224; l'autre, depuis l'identification et l'application jusqu'au refus complet. Et, ce qui est encore plus significatif, les marxistes trouvent toujours les explications et les bases &#171; scientifiques &#187; et &#171; historiques &#187; de n'importe laquelle de ces positions. Ou si ces explications sont difficiles &#224; trouver, les questions th&#233;oriques, c'est-&#224;-dire immuables, deviennent un probl&#232;me tactique qu'on peut changer autant de fois qu'on le veut. Ainsi, nous assistons, depuis le XX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; Congr&#232;s du P.C. sovi&#233;tique, &#224; l'apparition d'une nouvelle tactique portant sur les m&#233;rites et les avantages du parlementarisme, voie vers le socialisme :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt; ... Une solide majorit&#233; parlementaire sur la base d'un front ouvrier et populaire et la collaboration politique entre diff&#233;rents partis et organisations sociales peut faire du parlement, instrument au service de la classe bourgeoise un instrument du peuple travailleur...&lt;/q&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;i&gt;(Derni&#232;re d&#233;claration des chefs des P.C. r&#233;unis &#224; Moscou en novembre 1957).&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Essayons de mettre un peu de clart&#233; dans ces contradictions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne chercherons pas l'explication et la signification de ce dernier &#171; nouveau retour &#187; dans la tactique du Kremlin car nous en ignorons les vrais motifs et risquons d'entrer dans le domaine des hypoth&#232;ses. Mais nous essaierons plut&#244;t de remonter &#224; la base de cette question qui existe depuis &#224; peu pr&#232;s un si&#232;cle, au lieu de nous arr&#234;ter &#224; ses cons&#233;quences. D&#232;s la deuxi&#232;me moiti&#233; du XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, commencement de la vie organis&#233;e du mouvement socialiste, ce fut un des probl&#232;mes th&#233;oriques fondamentaux d&#233;battus dans la presse et discut&#233;s dans les congr&#232;s. Il fut, entre autres, un des signes de diff&#233;renciation entre les types de mouvements socialistes. Il joua aussi un r&#244;le pratique, car l'acceptation ou le refus du parlementarisme modifiait profond&#233;ment l'activit&#233; de telle ou telle organisation socialiste, avec tout ce qui s'en suit. A vrai dire, la discussion ne dura pas longtemps, d&#232;s le d&#233;but l'intransigence et l'esprit autoritaire de Marx et Engels d&#233;plac&#232;rent la discussion sur le plan personnel, la tranch&#232;rent par des exclusions et des interdictions, puis par la chasse aux h&#233;r&#233;tiques en m&#234;me temps que l'&#233;dification d'une v&#233;rit&#233; unique, d'une discipline, d'un parti et d'un chef uniques. Ils furent aid&#233;s par la conduite des militants trouv&#233;s une fois en minorit&#233; et d&#233;go&#251;t&#233;s de pareilles m&#233;thodes, qui se sont enferm&#233;s dans leur propre organisation leur laissant le champ libre tout en &#233;tant convaincus de la valeur de leurs principes...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a de nouveau dans l'air depuis un certain temps un esprit de discussion, de recherche, de redressement, de red&#233;couverte des solutions de la question sociale, que beaucoup avaient cru r&#233;solue une fois pour toutes. Nous esp&#233;rons avoir bient&#244;t l'occasion de revenir sur cette nouvelle attitude. Pour nous limiter ici au sujet de notre travail, nous pensons utile de republier quelques pages d'un ouvrage paru il y a plus d'un demi-si&#232;cle o&#249; la question th&#233;orique et pratique du parlementarisme a &#233;t&#233; concr&#232;tement discut&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant de donner la parole &#224; F. Domela Nieuwenhuis, il faut placer son livre&lt;i&gt; Le socialisme en danger&lt;/i&gt; (&#233;d. Stock, 1897) dans son contexte historique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord quelques mots sur Nieuwenhuis : il &#233;tait membre du parti social-d&#233;mocrate, marxiste. Mais il a quitt&#233; le parti apr&#232;s y avoir constitu&#233; une opposition interne de gauche. Cette &#233;volution n'&#233;tait pas isol&#233;e chez lui ni chez les sociaux-d&#233;mocrates hollandais ; &#224; la m&#234;me &#233;poque, Fernand Pelloutier en France, Whilhelm Wern et d'autres en Allemagne ont parcouru le m&#234;me chemin. Au commencement, Nieuwenhuis d&#233;clarait sa fid&#233;lit&#233; &#224; Marx et en se basant sur certains de ses &#233;crits qui co&#239;ncidaient avec sa position, a essay&#233; de se d&#233;fendre ; mais il s'est vite aper&#231;u que malgr&#233; les contradictions apparentes chez Marx, le fond en &#233;tait profond&#233;ment unique et inacceptable pour lui. D'un autre c&#244;t&#233;, Engels, encore en vie &#224; cette &#233;poque et d&#233;j&#224; consid&#233;r&#233; comme continuateur de l'&#339;uvre de Marx, non seulement s'est rang&#233; aux c&#244;t&#233;s des chefs officiels des social-d&#233;mocraties europ&#233;ennes, mais a stigmatis&#233; toute opposition. Nieuwenhuis et les autres sont ainsi arriv&#233;s &#224; un rapprochement avec l'anarchisme sur une base th&#233;orique et pratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre point int&#233;ressant : la discussion et la s&#233;paration de Domela Nieuwenhuis portaient principalement sur la participation ou non-participation parlementaire, avec ses cons&#233;quences : r&#233;formisme ou r&#233;volution, lutte politique ou &#233;conomique, acceptation ou refus de l'&#201;tat soit tel qu'il est, soit sous forme d'un &#201;tat populaire ou m&#234;me socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un dernier point : les positions que Domela Nieuwenhuis combattait n'&#233;taient pas seulement celles du parti social-d&#233;mocrate allemand, mais les positions officielles du marxisme, b&#233;nies par Engels lui-m&#234;me ; elles &#233;taient donc par cons&#233;quent celles de tous les P.S.-D., y compris de Russie. Il ne faut pas oublier que le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; groupe marxiste russe est celui de Plekhanov &#224; Gen&#232;ve (1883) et le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; Congr&#232;s de R.S.-D.R.P. (parti social-d&#233;mocrate ouvrier russe) a eu lieu &#224; Minsk en 1898. Plus tard, L&#233;nine a essay&#233; et a r&#233;ussi &#224; donner un autre aspect &#224; ce parti, et m&#234;me &#224; en changer le nom, mais le l&#233;ninisme lui-m&#234;me est solidement bas&#233; sur Marx et Engels. C'est-&#224;-dire que les critiques que D. Nieuwenhuis adresse aux chefs social-d&#233;mocrates de son &#233;poque sont valables pour les &#233;poques suivantes, y compris les social-d&#233;mocrates actuels ; elles sont valables &#224; un moindre degr&#233; pour les autres courants du marxisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;poque trait&#233;e dans&lt;i&gt; Le socialisme en danger&lt;/i&gt; inclut plus particuli&#232;rement la p&#233;riode comprise entre le Congr&#232;s du P.S.-D. allemand de Gotha (1876) et celui de Halle (1890) et Erfurt (1891). Pendant cette p&#233;riode, il mentionne aussi les Congr&#232;s Internationaux de la Social-D&#233;mocratie de Paris (1889), de Bruxelles et Zurich (1893). Dans toutes ces r&#233;unions le parlementarisme figurait &#224; l'ordre du jour. Son &#233;tude commence plus pr&#233;cis&#233;ment par les discussions et les diff&#233;rents points de vue exprim&#233;s au Congr&#232;s d'Erfurt (1891). Liebknecht et Bebel &#233;taient &#224; l'&#233;poque les chefs du parti social-d&#233;mocrate allemand.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_4817 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;43&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/png/arton1156.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH354/arton1156-27ab1.png?1774975797' width='500' height='354' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Tableau bibliographique d'Eric B. Coulaud&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;center&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;tt&gt;&lt;picto|nom=asterisk&gt;&lt;/tt&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(...) Le socialisme international traverse, en ce moment, une crise profonde. Dans tous les pays se r&#233;v&#232;le la m&#234;me divergence de conception ; dans tous les pays deux courants se manifestent : on pourrait les intituler parlementaire et antiparlementaire, ou parlementaire et r&#233;volutionnaire, ou encore autoritaire et libertaire (...).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(...) Ce fut le Comit&#233; Central R&#233;volutionnaire de Paris qui pr&#233;senta au Congr&#232;s de Zurich en 1893 la r&#233;solution suivante :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Le Congr&#232;s d&#233;cide : l'action incessante pour la conqu&#234;te du pouvoir politique par le parti socialiste et la classe ouvri&#232;re est le premier des devoirs, car c'est seulement lorsqu'elle sera ma&#238;tresse du pouvoir politique que la classe ouvri&#232;re, an&#233;antissant privil&#232;ges et classes, expropriant la classe gouvernante et poss&#233;dante, pourra s'emparer enti&#232;rement de ce pouvoir et fonder le r&#233;gime d'&#233;galit&#233; et de solidarit&#233; de la R&#233;publique sociale&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On doit reconna&#238;tre que ce n'&#233;tait pas habile. En effet, il est na&#239;f de croire que l'on puisse se servir du pouvoir politique pour an&#233;antir classes et privil&#232;ges, pour exproprier la classe poss&#233;dante. Donc nous devons travailler jusqu'&#224; ce que nous ayons obtenu la majorit&#233; au Parlement et alors, calmes et sereins, nous proc&#233;derons, par d&#233;cret du Parlement, &#224; l'expropriation de la classe poss&#233;dante.&lt;i&gt; O sancta simplicitas !&lt;/i&gt; Comme si la classe poss&#233;dante, disposant de tous les moyens de force, le permettrait jamais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une proposition de m&#234;me tendance, mais formul&#233;e plus adroitement, fut soumise &#224; la discussion par le parti social-d&#233;mocrate allemand. On y disait que :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;La lutte contre la domination de classes et l'exploitation doit &#234;tre politique et avoir pour but la conqu&#234;te de la puissance politique&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le but est donc la possession du pouvoir politique, ce qui est en parfaite concordance avec les paroles de Bebel &#224; la r&#233;union du parti &#224; Erfurt :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;En premier lieu nous avons &#224; conqu&#233;rir et utiliser le pouvoir politique, afin d'arriver &#171; &#233;galement &#187; au pouvoir &#233;conomique par l'expropriation de la soci&#233;t&#233; bourgeoise. Une fois le pouvoir politique dans nos mains, le reste suivra de soi&lt;/q&gt;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, on alla m&#234;me si loin qu'il fut d&#233;clar&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;... C'est ainsi que seul celui qui prendra une part active &#224; cette lutte politique de classe et se servira de tous les moyens politiques de combat qui sont &#224; la disposition de la classe ouvri&#232;re, sera reconnu un membre actif de la d&#233;mocratie socialiste internationale r&#233;volutionnaire&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(...) Lors de la r&#233;union du parti &#224; Erfurt, Bebel r&#233;p&#233;ta ce qu'il avait &#233;crit pr&#233;c&#233;demment :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;On doit en finir enfin avec cette continuelle norglerei (chicane) et ces brandons de discorde qui font croire au-dehors que le parti est divis&#233; ; je ferai en sorte dans le cours de nos r&#233;unions que toute &#233;quivoque disparaisse entre le parti et l'opposition et que, si l'opposition ne se rallie pas &#224; l'attitude et &#224; la tactique du parti, elle ait l'occasion de fonder un parti s&#233;par&#233;&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'est-ce pas comme l'empereur Guillaume, parlant des Norgler (chicaneurs) et disant : si cela ne leur pla&#238;t pas, ils n'ont qu'&#224; quitter l'Allemagne ! Moi, Guillaume, je ne souffre pas de Norglerei, dit l'empereur. Moi, Bebel, je ne souffre pas de Norglerei dans le parti, dit le dictateur socialiste. Touchante analogie ! (...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(...) Proposition vot&#233;e par le Congr&#232;s :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Consid&#233;rant que l'action politique n'est qu'un moyen pour arriver &#224; l'affranchissement &#233;conomique du prol&#233;tariat : le Congr&#232;s d&#233;clare, en se basant sur les r&#233;solutions du Congr&#232;s de Bruxelles concernant la lutte de classes :&lt;br class='autobr' /&gt;
1- que l'organisation nationale et internationale des ouvriers de tous les pays en associations de m&#233;tiers et autres organisations pour combattre l'exploitation, est une n&#233;cessit&#233; absolue ;&lt;br class='autobr' /&gt;
2- que l'action politique est n&#233;cessaire, aussi bien dans un but d'agitation et de discussion ressortant des principes du socialisme que dans le but d'obtenir des r&#233;formes urgentes. A cette fin, il ordonne aux ouvriers de tous les pays de lutter pour la conqu&#234;te et l'exercice des droits politiques qui se pr&#233;sentent comme n&#233;cessaires pour faire valoir avec le plus d'accent et de force possibles les pr&#233;tentions des ouvriers dans les corps l&#233;gislatifs et gouvernants ; de s'emparer des moyens de pouvoir politique, moyens de domination du capital, et de les changer en moyens utiles &#224; la d&#233;livrance du prol&#233;tariat&lt;/q&gt; (...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(...) Que restait-il du Liebknecht r&#233;volutionnaire qui disait si justement que &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;le socialisme n'est plus une question de th&#233;orie mais une question br&#251;lante qui doit &#234;tre r&#233;solue, non au Parlement, mais dans la rue, sur le champ de bataille, comme toute autre question br&#251;lante&lt;/q&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(...) Apr&#232;s avoir dit que &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;avec le suffrage universel, voter ou ne pas voter n'est qu'une question d'utilit&#233;, non de principe&lt;/q&gt;, il conclut :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Nos discours ne peuvent avoir aucune influence directe sur la l&#233;gislation ; nous ne convertirons pas le Parlement par des paroles ; par nos discours nous ne pouvons jeter dans la masse des v&#233;rit&#233;s qu'il ne soit pas possible de mieux divulguer d'une autre mani&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quelle utilit&#233; pratique offrent alors les discours au Parlement ? Aucune. Et parler sans but constitue la satisfaction des imb&#233;ciles. Pas un seul avantage. Et voici, de l'autre c&#244;t&#233;, les d&#233;savantages : sacrifice des principes ; abaissement de la lutte politique s&#233;rieuse &#224; une escarmouche parlementaire ; faire croire au peuple que le Parlement bismarckien est appel&#233; &#224; r&#233;soudre la question sociale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et pour des raisons pratiques nous devrions nous occuper du Parlement ? Seule la trahison ou l'aveuglement pourrait nous y contraindre&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne saurait s'exprimer plus &#233;nergiquement ni d'une fa&#231;on plus juste. Quelle singuli&#232;re incons&#233;quence ! D'apr&#232;s ses pr&#233;misses et apr&#232;s avoir fait un bilan qui se cl&#244;turait au d&#233;savantage de la participation aux travaux parlementaires, il aurait d&#251; conclure in&#233;vitablement &#224; la non-participation ; pourtant il dit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Pour &#233;viter que le mouvement socialiste ne soutienne le c&#233;sarisme, il faut que le socialisme entre dans la lutte politique&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comprenne qui pourra comment un homme si logique peut s'ab&#238;mer ainsi dans les contradictions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(...) Le triomphe de la social-d&#233;mocratie sera alors la d&#233;faite du socialisme, comme la victoire de l'&#233;glise chr&#233;tienne constitua la chute du principe chr&#233;tien. D&#233;j&#224; les congr&#232;s internationaux ressemblent &#224; des conciles &#233;conomiques, o&#249; le parti triomphant expulse ceux qui pensent autrement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;j&#224;, la censure est appliqu&#233;e &#224; tout &#233;crit socialiste : apr&#232;s seulement que Bernstein, &#224; Londres, l'a examin&#233; et qu'Engels y a appos&#233; le sceau de &#171; doctrine pure &#187;, l'&#233;crit est accept&#233; et l'on s'occupe de le vulgariser parmi les cor&#233;ligionnaires (..).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(...) Maintenant il existe encore deux points de vue chez les parlementaires, notamment : il y en a qui veulent la conqu&#234;te du pouvoir politique pour s'emparer par l&#224; du pouvoir &#233;conomique ; cela constitue la tactique de la social-d&#233;mocratie allemande actuelle, d'apr&#232;s les d&#233;clarations formelles de Bebel, Liebknecht et leurs accolytes. D'un autre c&#244;t&#233; se trouvent ceux qui veulent bien participer &#224; l'action politique et parlementaire, mais seulement dans un but d'agitation. C'est toujours de la demi-besogne. Il faut qu'une porte soit ouverte ou ferm&#233;e. On commence par proposer des candidats de protestation ; le mouvement augmente, ils deviennent des candidats s&#233;rieux. Une attitude n&#233;gative, mais, leur nombre augmentant, ils sont bien forc&#233;s de pr&#233;senter des projets de loi, et s'ils veulent les faire accepter, ce ne sera qu'en proposant des compromis, comme Singer l'a fait remarquer. C'est le premier pas qui co&#251;te et une fois sur la pente on est forc&#233; de descendre. Le programme pratique vot&#233; &#224; Erfurt n'est-il pas &#224; peu pr&#232;s litt&#233;ralement celui des radicaux fran&#231;ais ? Les ordres du jour des derniers congr&#232;s internationaux portaient-ils un seul point qui fut sp&#233;cifiquement socialiste ? Le v&#233;ritable principe devient de plus en plus une enseigne pour un avenir &#233;loign&#233;, et en attendant on travaille aux revendications pratiques, ce que l'on peut faire parfaitement avec les radicaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On se repr&#233;sente la chose un peu na&#239;vement. Voici la base du raisonnement des parlementaires : il faut t&#226;cher d'obtenir parmi les &#233;lecteurs une majorit&#233; ; ceux-ci enverront des socialistes au Parlement et si nous parvenons &#224; y avoir la majorit&#233; plus un, tout est dit. Il n'y a plus qu'&#224; faire des lois, &#224; notre guise, dans l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral (...).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(...) Il y a connexion entre libert&#233; &#233;conomique et libert&#233; politique de sorte qu'&#224; chaque nouvelle phase &#233;conomique de la vie correspond une nouvelle phase politique. Kropotkine l'a tr&#232;s bien d&#233;montr&#233;. La monarchie absolue dans la politique s'accorde avec le syst&#232;me de l'esclavage personnel et du servage dans l'&#233;conomie. Le syst&#232;me repr&#233;sentatif en politique correspond au syst&#232;me mercenaire. Toutefois, ils constituent deux formes diff&#233;rentes d'un m&#234;me principe. Un nouveau mode de production ne peut jamais s'accorder avec un ancien mode de consommation, et ne peut non plus s'accorder des formes surrann&#233;es de l'organisation politique. Dans la soci&#233;t&#233; o&#249; la diff&#233;rence entre capitaliste et ouvrier dispara&#238;t, il n'y a pas de n&#233;cessit&#233; d'un gouvernement : ce serait un anachronisme, un obstacle. Des ouvriers libres demandent une organisation libre, et celle-ci est incompatible avec la supr&#233;matie d'individus dans l'&#201;tat. Le syst&#232;me non capitaliste comprend en soi le syst&#232;me non gouvernemental.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les chemins suivis par les deux socialismes n'aboutissent pas au m&#234;me point ; non, ce sont des chemins parall&#232;les qui ne se joindront jamais. Le socialisme parlementaire doit aboutir au socialisme de l'&#201;tat. Les socialistes parlementaires ne s'en aper&#231;oivent pas encore (...).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(...) Les socialistes d'&#201;tat ou socialistes parlementaires ne veulent pas l'abolition de l'&#201;tat mais la centralisation de la production aux mains du gouvernement, c'est-&#224;-dire : l'&#201;tat ordonnateur g&#233;n&#233;ral (&lt;i&gt;alregelaar&lt;/i&gt;) dans l'industrie. Ne cite-t-on pas Glasgow et son organisation communale comme exemple de socialisme pratique ? Emile Vandervelde, dans sa brochure &lt;i&gt;Le Collectivisme ?&lt;/i&gt;, signale le m&#234;me cas. Eh bien, si c'est l&#224; le mod&#232;le, les esp&#233;rances de ce socialisme pratique ne sont pas grandes...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(...) Une fois un &#201;tat social-d&#233;mocratique constitu&#233;, il ne sera pas facile de l'abolir et il est bien possible qu'il soit moins difficile de l'emp&#234;cher de se d&#233;velopper &#224; sa naissance que de l'an&#233;antir lorsqu'il sera constitu&#233;. On ne peut supposer que le peuple, apr&#232;s avoir &#233;puis&#233; ses forces dans la lutte hom&#233;rique contre la bourgeoisie, sera imm&#233;diatement pr&#234;t &#224; lutter contre l'&#201;tat bureaucratique des social-d&#233;mocrates. Si nous arrivons jamais &#224; cet &#201;tat-l&#224; nous serons pendant longtemps accabl&#233;s par ses b&#233;n&#233;dictions. De la r&#233;volution chr&#233;tienne au commencement de notre &#232;re &#8211; qui &#233;tait d'abord &#233;galement &#224; tendance communiste &#8211; nous sommes tomb&#233;s aux mains du despotisme cl&#233;rical et f&#233;odal et nous le subissons actuellement &#224; peu pr&#232;s depuis 20 si&#232;cles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si cela peut &#234;tre &#233;vit&#233;, employons-y nos efforts. Liebknecht croyait &#224; Berlin que le socialisme d'&#201;tat et la social-d&#233;mocratie n'avaient plus que la derni&#232;re bataille &#224; livrer : plus le capitalisme marche &#224; sa ruine, s'&#233;miette et se dissout, plus la soci&#233;t&#233; bourgeoise s'aper&#231;oit que finalement elle ne peut se d&#233;fendre contre les attaques des id&#233;es socialistes, et d'autant plus nous approchons de l'instant o&#249; le socialisme d'&#201;tat sera proclam&#233; s&#233;rieusement ; et la derni&#232;re bataille que la social-d&#233;mocratie aura &#224; livrer se fera sous la devise : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Ici, la social-d&#233;mocratie, l&#224;, le socialisme d'&#201;tat&lt;/q&gt;. La premi&#232;re partie est vraie, la seconde pas. Il est &#233;vident qu'alors les social-d&#233;mocrates auront &#233;t&#233; tellement absorb&#233;s par les socialistes d'&#201;tat, qu'ils feront cause commune. N'oublions pas que, d'apr&#232;s toute apparence, la r&#233;volution ne se fera pas par les social-d&#233;mocrates, qui pour la plupart se sont d&#233;pouill&#233;s, except&#233; en paroles, de leur caract&#232;re r&#233;volutionnaire ; mais par la masse qui, devenue impatiente, commencera la r&#233;volution &#224; l'encontre de la volont&#233; des meneurs. Et quand cette masse aura risqu&#233; sa vie, la r&#233;volution aboutissant, les social-d&#233;mocrates surgiront tout &#224; coup pour s'approprier sans coup f&#233;rir les honneurs de la r&#233;volution et t&#226;cher de s'en emparer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Actuellement les socialistes r&#233;volutionnaires ne sont pas tout &#224; fait impuissants ; ils peuvent aboutir aussi bien &#224; une dictature qu'&#224; la libert&#233;. Ils doivent donc t&#226;cher qu'apr&#232;s la lutte la masse ne soit renvoy&#233;e avec des remerciements pour services rendus, qu'elle ne soit pas d&#233;sarm&#233;e ; car celui qui poss&#232;de la force prime le droit. Ils doivent emp&#234;cher que d'autres apparaissent et s'organisent comme comit&#233; central ou comme gouvernement, sous quelque forme que ce soit, et ne pas se montrer eux-m&#234;mes comme tels. Le peuple doit s'occuper lui-m&#234;me de ses affaires et d&#233;fendre ses int&#233;r&#234;ts, s'il ne veut de nouveau &#234;tre dup&#233;. Le peuple doit &#233;viter que des d&#233;clarations ronflantes des Droits de l'Homme se fassent sur le papier, que la socialisation des moyens de production soit d&#233;cr&#233;t&#233;e et que ne surgissent en r&#233;alit&#233; au pouvoir de nouveaux gouvernants, &#233;lus sous l'influence n&#233;faste des tripotages &#233;lectoraux, qui ne sont pas exclus sous le r&#233;gime du suffrage universel, et sous l'apparence d'une fausse d&#233;mocratie. Nous en avons assez des r&#233;formes sur le papier : il est temps que l'&#232;re des v&#233;ritables r&#233;formes arrive. Et cela ne se fera que lorsque le peuple poss&#233;dera r&#233;ellement le pouvoir. Qu'on ne joue pas, non plus, sur les mots &#171; &#233;volution &#187; et &#171; r&#233;volution &#187; comme si c'&#233;taient des anti-th&#232;ses. Tous deux ont la m&#234;me signifi-cation ; leur unique diff&#233;rence consiste dans la date de leur apparition (...).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(...) En effet, la r&#233;volution n'est autre chose que la phase finale in&#233;vitable de toute &#233;volution, mais il n'y a pas d'antith&#232;se entre ces deux termes, comme on le proclame souvent. Que l'on ne l'oublie pas, pour &#233;viter toute confusion. Une r&#233;volution est une transition vive ; facilement perceptible, d'un &#233;tat &#224; un autre ; une &#233;volution, une transition beaucoup plus lente et partout moins perceptible (...).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(...) R&#233;sumons-nous et arrivons &#224; &#233;tablir cette conclusion que le socialisme est en danger par suite de la tendance de la grande majorit&#233;. Et ce danger est l'influence du capitalisme sur le parti social-d&#233;mocrate. En effet, le caract&#232;re moins r&#233;volutionnaire du parti dans plusieurs pays provient de la circonstance qu'un nombre beaucoup plus grand d'adh&#233;rents du parti ont quelque chose &#224; perdre si un changement violent de la soci&#233;t&#233; venait &#224; se produire. Voil&#224; pourquoi la social-d&#233;mocratie se montre de plus en plus mod&#233;r&#233;e, sage, pratique, diplomatique (d'apr&#232;s elle plus rus&#233;e), jusqu'&#224; ce qu'elle s'an&#233;mie &#224; force de ruse et devienne tellement p&#226;le qu'elle ne se reconna&#238;tra plus. La social-d&#233;mocratie obtiendra encore beaucoup de voix, quoique l'augmentation ne se fasse pas aussi vite que le r&#234;vent Engels et Bebel &#8211; comparez &#224; ce sujet les derni&#232;res et avant-derni&#232;res &#233;lections en Allemagne &#8211; il y aura plus de d&#233;put&#233;s, de conseillers communaux et autres dignitaires socialistes ; plus de journaux, de librairies et d'imprimeries ; dans les pays comme la Belgique et le Danemark il y aura plus de boulangeries, pharmacies, etc., coop&#233;ratives ; l'Allemagne comptera plus de marchands de cigares, de patrons de brasserie, etc. ; en un mot, un grand nombre de personnes seront &#233;conomiquement d&#233;pendantes du futur &#171; d&#233;veloppement paisible et calme &#187; du mouvement, c'est-&#224;-dire qu'il ne se produira aucune secousse r&#233;volutionnaire qui ne soit un danger pour eux. Et justement ils sont les meneurs du parti et, par suite de la discipline, presque tout-puissants. Ici &#233;galement ce sont les conditions &#233;conomiques qui dirigent leur politique (...).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(...) L'id&#233;e r&#233;volutionnaire est supprim&#233;e par la confiance dans le parlementarisme. On demande l'aum&#244;ne &#224; la classe dominante, mais celle-ci agit d'apr&#232;s les besoins de ses propres int&#233;r&#234;ts. Lorsqu'elle prend en consid&#233;ration les revendications socialistes, elle ne le fait pas pour les social-d&#233;mocrates, mais pour elle-m&#234;me. L'on aboutit ainsi au mar&#233;cage possibilit&#233; petit-bourgeois et involontairement la lutte des classes est mise &#224; l'arri&#232;re-plan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela sonne bien lorsqu'on veut nous faire croire que la classe travailleuse doit s'emparer du pouvoir politique pour arriver &#224; son affranchissement &#233;conomique, mais, pratiquement, est-ce bien possible ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(...) Comment l'ouvrier, d&#233;pendant sous le rapport &#233;conomique, pourra-t-il jamais s'emparer du pouvoir politique ? Nous verrions plut&#244;t le baron de Munchausen passer au-dessus d'une rivi&#232;re en tenant en main la queue de sa perruque que la classe ouvri&#232;re devenir ma&#238;tresse de la politique aussi longtemps qu'&#233;conomiquement elle est compl&#232;tement d&#233;pendante (...).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(...) Pour nous la v&#233;rit&#233; est dans la parole suivante : Aujourd'hui le vol est Dieu, le parlementarisme est son proph&#232;te et l'&#201;tat son bourreau ; c'est pourquoi nous restons dans les rangs des socialistes libertaires, qui ne chassent pas le diable par Belz&#233;but, le chef des diables, mais qui vont au but, sans compromis et sans faire des offrandes sur l'autel de notre soci&#233;t&#233; capitaliste corrompue (...).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(...) Autant que qui que ce soit, je respecte Marx. Son esprit g&#233;nial a fait de lui un Darwin sur le terrain &#233;conomique. Qui donc ne rendrait volontiers hommage &#224; un homme, qui, par sa m&#233;thode scientifique, a forc&#233; la science officielle &#224; l'honorer ? Son adversaire, Bakounine lui-m&#234;me, ne reste pas en arri&#232;re pour t&#233;moigner de Marx que sa &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;science &#233;conomique &#233;tait incontestablement tr&#232;s s&#233;rieuse, tr&#232;s profonde&lt;/q&gt;, et qu'il est un &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;r&#233;volutionnaire s&#233;rieux, sinon toujours tr&#232;s sinc&#232;re, qu'il veut r&#233;ellement le soul&#232;vement des masses&lt;/q&gt;. Son influence fut tellement puissante que ses disciples en arriv&#232;rent &#224; une sorte d'adoration du ma&#238;tre. Ce que la tradition rapporte de Pythagore, &#224; savoir que le &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;il l'a dit&lt;/q&gt; mettait fin, chez ses disciples, &#224; toute controverse, s'applique aujourd'hui &#224; l'&#233;cole de Marx. La marxol&#226;trie est comme la v&#233;n&#233;ration que certaines personnes ont pour la Bible. Il existe m&#234;me une science, celle des commentaires officiels et, sous l'inspiration d'Engels, chaque d&#233;viation du dogme est stigmatis&#233;e comme une h&#233;r&#233;sie et le coupable est jet&#233; hors du temple des fid&#232;les. Moi-m&#234;me, &#224; un moment donn&#233;, j'ai senti cette puissance occulte, hypnotis&#233; comme je l'&#233;tais par Marx mais graduellement, surtout par suite de la conduite des fanatiques gardiens post&#233;s sur les murs de la Sion socialiste, je me suis ressaisi, et sans vouloir attenter &#224; l'int&#233;grit&#233; de Marx, je me suis aper&#231;u aussi qu'il a &#233;t&#233; l'homme du socialisme autoritaire. Il est vrai que ses disciples l'ont d&#233;pass&#233; en autoritarisme (...).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(...) Contre ces traits caract&#233;ristiques des marxistes, il n'y a pas grand-chose &#224; dire. Et si jadis j'ai pu croire qu'il ne fallait pas attribuer &#224; Marx la tactique que ses partisans aveugles ont d&#233;clar&#233;e la seule salutaire, j'ai fini par me rendre compte que Marx lui-m&#234;me suivrait cette direction. J'en ai acquis la certitude par la lecture de cette lettre de Bakounine o&#249; il est &#233;crit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Le fait principal, qui se retrouve &#233;galement dans le manifeste r&#233;dig&#233; par Marx en 1864, au nom du conseil g&#233;n&#233;ral provisoire et qui a &#233;t&#233; &#233;limin&#233; du programme de l'Internationale par le Congr&#232;s de Gen&#232;ve, c'est la conqu&#234;te du pouvoir politique par la classe ouvri&#232;re. On comprend que des hommes aussi indispensables que MM. Marx et Engels soient les partisans d'un programme qui, en consacrant et en pr&#233;conisant le pouvoir politique, ouvre la porte &#224; toutes les ambitions. Puisqu'il y aura un pouvoir politique, il y aura n&#233;cessairement des sujets travestis r&#233;publicainement en citoyens, il est vrai, mais qui n'en seront pas moins des sujets, et qui comme tels seront forc&#233;s d'ob&#233;ir, parce que sans ob&#233;issance il n'y a point de pouvoir possible. On m'objectera qu'ils n'ob&#233;issent pas &#224; des hommes mais &#224; des lois qu'ils auront faites eux-m&#234;mes. A cela je r&#233;pondrai que tout le monde sait comment, dans les pays les plus d&#233;mocratiques, les plus libres mais politiquement gouvern&#233;s, le peuple fait les lois. Quiconque n'a pas le parti pris de prendre des fictions pour des r&#233;alit&#233;s, devra bien reconna&#238;tre que, m&#234;me dans ces pays, le peuple ob&#233;it non &#224; des lois qu'il fait r&#233;ellement, mais qu'on fait en son nom, et qu'ob&#233;ir &#224; ces lois n'a jamais d'autre sens pour lui que de le soumettre &#224; l'arbitraire d'une minorit&#233; tut&#233;laire et gouvernante quelconque, ou, ce qui veut dire la m&#234;me chose, d'&#234;tre librement esclave&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous voyons que &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;la conqu&#234;te du pouvoir politique par la classe ouvri&#232;re&lt;/q&gt; fut d&#233;j&#224; son id&#233;e fixe et lorsqu'il parlait de la dictature du prol&#233;tariat, ne voulait-il pas parler en r&#233;alit&#233; de la dictature des meneurs du prol&#233;tariat ? En ce cas, il faut l'avouer, le parti social-d&#233;mocrate allemand a suivi religieusement la ligne de conduite trac&#233;e par Marx. L'id&#233;al peut donc se condenser dans ces quelques mots : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;L'assujettissement politique et l'exploitation &#233;conomique des classes&lt;/q&gt;. Il est impossible de se soustraire &#224; cette logique conclusion lorsqu'on vise &#224; &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;la conqu&#234;te du pouvoir politique par la classe ouvri&#232;re&lt;/q&gt; avec toutes ses in&#233;vitables cons&#233;quences (...).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(...) D'apr&#232;s Bakounine, en effet, les marxistes s'imaginent que &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;le prol&#233;tariat des villes est appel&#233; aujourd'hui &#224; d&#233;tr&#244;ner la classe bourgeoise, &#224; l'absorber et &#224; partager avec elle la domination et l'exploitation du prol&#233;tariat des campagnes, ce dernier paria de l'histoire, sauf &#224; celui-ci de se r&#233;volter, et de supprimer toutes les classes, toutes les dominations, tous les pouvoirs, en un mot tous les &#201;tats plus tard&lt;/q&gt;. Et comme il appr&#233;cie bien la signification des candidatures ouvri&#232;res pour les corps l&#233;gislatifs lorsqu'il &#233;crit : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;C'est toujours le m&#234;me temp&#233;rament allemand et la m&#234;me logique qui les conduit directement, fatalement, dans ce que nous appelons le socialisme bourgeois, et &#224; la conclusion d'un pacte politique nouveau entre la bourgeoisie radicale, ou forc&#233;e de se faire telle, et la minorit&#233; intelligente, respectable, c'est-&#224;-dire embourgeois&#233;e du prol&#233;tariat des villes, &#224; l'exclusion et au d&#233;triment de la masse du prol&#233;tariat, non seulement des campagnes, mais des villes. Tel est le vrai sens des candidatures ouvri&#232;res aux parlements des &#201;tats existants et celui de la conqu&#234;te politique du pouvoir par la classe ouvri&#232;re&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Domela Nieuwenhuis.&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Les &#233;lections - Le syst&#232;me parlementaire est il meilleur en Suisse ?</title>
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		<dc:date>2024-03-21T23:05:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mikha&#239;l Bakounine</dc:creator>


		<dc:subject>Michel-Alexandrovitch Bakounine</dc:subject>
		<dc:subject>Volont&#233; Anarchiste</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La soci&#233;t&#233; moderne est tellement convaincue de cette v&#233;rit&#233; : que tout pouvoir politique, quelles que soient son origine et sa forme, tend n&#233;cessairement au despotisme, que, dans tous les pays o&#249; elle a p&#251; s'&#233;manciper quelque peu, elle s'est empress&#233;e de soumettre les gouvernants, lors m&#234;me qu'ils sont issus de la R&#233;volution et de l'&#233;lection populaire, &#224; un contr&#244;le aussi s&#233;v&#232;re que possible. Elle a mis tout le salut de la libert&#233; dans l'organisation r&#233;elle et s&#233;rieuse du contr&#244;le exerc&#233; par (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-03-les-anarchistes-et-les-elections-" rel="directory"&gt;03 - Les Anarchistes et les &#233;lections&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-michel-alexandrovitch-bakounine-+" rel="tag"&gt;Michel-Alexandrovitch Bakounine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-volonte-anarchiste-302-+" rel="tag"&gt;Volont&#233; Anarchiste&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/sans_titre-2-11-454de.jpg?1774726749' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La soci&#233;t&#233; moderne est tellement convaincue de cette v&#233;rit&#233; : que tout pouvoir politique, quelles que soient son origine et sa forme, tend n&#233;cessairement au despotisme, que, dans tous les pays o&#249; elle a p&#251; s'&#233;manciper quelque peu, elle s'est empress&#233;e de soumettre les gouvernants, lors m&#234;me qu'ils sont issus de la R&#233;volution et de l'&#233;lection populaire, &#224; un contr&#244;le aussi s&#233;v&#232;re que possible. Elle a mis tout le salut de la libert&#233; dans l'organisation r&#233;elle et s&#233;rieuse du contr&#244;le exerc&#233; par l'opinion et la volont&#233; populaires sur tous les hommes investis de la force publique. Dans tous les pays jouissant du gouvernement repr&#233;sentatif, et la Suisse en est un, la libert&#233; ne peut donc &#234;tre r&#233;elle que lorsque ce contr&#244;le est r&#233;el. Par contre, si le contr&#244;le est fictif, la libert&#233; populaire devient n&#233;cessairement aussi une pure fiction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il serait facile de d&#233;montrer que nulle part en Europe le contr&#244;le populaire n'est r&#233;el. Nous nous bornerons pour cette fois &#224; en examiner l'application en Suisse. D'abord parce qu'elle nous tient de plus pr&#232;s, et ensuite, parce qu'&#233;tant aujourd'hui, seule en Europe, une R&#233;publique d&#233;mocratique&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Texte publi&#233; en 1870 - NDLR.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, elle a r&#233;alis&#233; en quelque sorte l'id&#233;al de la souverainet&#233; populaire, de sorte que ce qui est vrai pour elle doit l'&#234;tre &#224; bien plus forte raison pour tous les autres pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cantons les plus avanc&#233;s de la Suisse ont cherch&#233; vers l'&#233;poque de 1830, la garantie de la libert&#233; dans le suffrage universel. C'&#233;tait un mouvement tout &#224; fait l&#233;gitime. Tant que nos conseils l&#233;gislatifs &#233;taient nomm&#233;s par une classe de citoyens privil&#233;gi&#233;s, tant qu'il existait des diff&#233;rences sous le rapport de droit &#233;lectoral, entre les villes et les campagnes, entre les patriciens et le peuple, le pouvoir ex&#233;cutif choisi par ces conseils, aussi bien que les lois &#233;labor&#233;es dans leur sein, ne pouvaient avoir d'autre objet que d'assurer et de r&#233;glementer la domination d'une aristocratie sur la nation. Il fallait donc, dans l'int&#233;r&#234;t de la libert&#233; populaire, renverser ce r&#233;gime, et le remplacer par la souverainet&#233; du peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois le suffrage universel &#233;tabli, on crut avoir assur&#233; la libert&#233; des populations. Eh bien, ce fut une grande illusion, et on peut dire que la conscience de cette illusion a amen&#233; dans plusieurs cantons la chute, et dans tous, la d&#233;moralisation aujourd'hui si flagrante du parti radical. Les radicaux n'ont pas voulu tromper le peuple, comme l'assure notre presse soi-disant lib&#233;rale, mais ils se sont tromp&#233;s eux-m&#234;mes. Ils &#233;taient r&#233;ellement convaincus lorsqu'ils promirent au peuple, par le moyen du suffrage universel, la libert&#233;, et, pleins de cette conviction ils eurent la puissance de soulever les masses et de renverser les gouvernements aristocratiques &#233;tablis. Aujourd'hui, instruits par l'exp&#233;rience et par la pratique du pouvoir, ils ont perdu cette foi en eux-m&#234;mes et dans leur propre principe, et c'est pour cela qu'ils sont abattus et si profond&#233;ment corrompus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et en effet, la chose paraissait si naturelle et si simple : une fois que le pouvoir l&#233;gislatif et le pouvoir ex&#233;cutif &#233;maneraient directement de l'&#233;lection populaire, ne devraient-ils pas devenir l'expression pure de la volont&#233; du peuple, et cette volont&#233; pourrait- elle produire autre chose que la libert&#233; et la prosp&#233;rit&#233; populaires ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout le mensonge du syst&#232;me repr&#233;sentatif repose sur cette fiction, qu'un pouvoir et une chambre l&#233;gislative sortis de l'&#233;lection populaire doivent absolument ou m&#234;me peuvent repr&#233;senter la volont&#233; r&#233;elle du peuple. Le peuple, en Suisse comme partout, veut instinctivement, veut n&#233;cessairement deux choses : la plus grande prosp&#233;rit&#233; possible, avec la plus grande libert&#233; d'existence, de mouvement et d'action pour lui-m&#234;me ; c'est-&#224;-dire la meilleure organisation de ses int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques et l'absence compl&#232;te de tout pouvoir, de toute organisation politique, aboutit fatalement &#224; la n&#233;gation de sa libert&#233;. Tel est le fond de tous les instincts populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les instincts de ceux qui gouvernent, aussi bien de ceux qui font les lois que de ceux qui exercent le pouvoir ex&#233;cutif, sont, &#224; cause m&#234;me de leur position exceptionnelle, diam&#233;tralement oppos&#233;s. Quels que soient leurs sentiments et leurs intentions d&#233;mocratiques, de la hauteur o&#249; ils se trouvent plac&#233;s ils ne peuvent consid&#233;rer la soci&#233;t&#233; autrement que comme un tuteur consid&#232;re son pupille. Mais, entre le tuteur et le pupille l'&#233;galit&#233; ne peut exister.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un c&#244;t&#233;, il y a le sentiment de la sup&#233;riorit&#233;, inspir&#233; n&#233;cessairement par une position sup&#233;rieure ; de l'autre, celui d'une inf&#233;riorit&#233; qui r&#233;sulte de la sup&#233;riorit&#233; du tuteur, exer&#231;ant soit le pouvoir ex&#233;cutif, soit le pouvoir l&#233;gislatif. Qui dit pouvoir politique, dit domination ; mais l&#224; o&#249; la domination existe, il doit y avoir n&#233;cessairement une partie plus ou moins grande de la soci&#233;t&#233; qui est domin&#233;e, et ceux qui sont domin&#233;s d&#233;testent naturellement ceux qui les dominent, tandis que ceux qui dominent doivent n&#233;cessairement r&#233;primer, et par cons&#233;quent opprimer, ceux qui sont soumis &#224; leur domination. Telle est l'histoire du pouvoir politique, depuis que ce pouvoir a &#233;t&#233; &#233;tabli dans le monde. C'est ce qui explique aussi pourquoi et comment des hommes qui ont &#233;t&#233; les d&#233;mocrates les plus rouges, les r&#233;volt&#233;s les plus furibonds lorsqu'ils se sont trouv&#233;s dans la masse des gouvern&#233;s, deviennent des conservateurs excessivement mod&#233;r&#233;s d&#232;s qu'ils sont mont&#233;s au pouvoir. On attribue ordinairement des palinodies &#224; la trahison. C'est une erreur ; elles ont pour cause principale le changement de perspective et de position ; et n'oublions jamais que les positions et les n&#233;cessit&#233;s qu'elles imposent sont toujours plus puissantes que la haine ou la mauvaise volont&#233; des individus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;P&#233;n&#233;tr&#233; de cette v&#233;rit&#233;, je ne craindrai pas d'exprimer cette conviction, que si demain on &#233;tablissait un gouvernement et un conseil l&#233;gislatif, un parlement, exclusivement compos&#233; d'ouvriers, ces ouvriers qui sont aujourd'hui de fermes d&#233;mocrates socialistes, deviendraient demain des aristocrates d&#233;termin&#233;s, des adorateurs hardis ou timides du principe d'autorit&#233;, des oppresseurs et des exploiteurs. Ma conclusion est celle-ci : il faut abolir compl&#232;tement, dans le principe et dans les faits, tout ce qui s'appelle pouvoir politique ; parce que tant que le pouvoir politique existera, il y aura des dominateurs et des domin&#233;s, des ma&#238;tres et des esclaves, des exploiteurs et des exploit&#233;s. Le pouvoir politique une fois aboli, il faut le remplacer par l'organisation des forces productives et des services &#233;conomiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revenons &#224; la Suisse. Chez nous, comme partout ailleurs, la classe des gouvernants est toute diff&#233;rente et compl&#232;tement s&#233;par&#233;e de la masse des gouvern&#233;s. En Suisse, comme partout, quelque &#233;galitaires que soient nos institutions politiques, c'est la bourgeoisie qui gouverne, et c'est le peuple des travailleurs, y compris les paysans, qui ob&#233;it &#224; ses lois. Le peuple n'a ni le loisir ni l'instruction n&#233;cessaire pour s'occuper de gouvernement. La bourgeoisie poss&#233;dant l'un et l'autre, en a non le droit mais, de fait, le privil&#232;ge exclusif. Donc l'&#233;galit&#233; politique n'est, en Suisse, comme partout, qu'une fiction pu&#233;rile, mensonge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais &#233;tant s&#233;par&#233;e du peuple par toutes les conditions de son existence &#233;conomique et sociale, comment la bourgeoisie peut-elle r&#233;aliser, dans le gouvernement et dans nos lois, les sentiments, les id&#233;es, la volont&#233; du peuple ? C'est impossible, et l'exp&#233;rience quotidienne nous prouve, en effet, que, dans la l&#233;gislation aussi bien que dans le gouvernement, la bourgeoisie se laisse principalement diriger par ses propres int&#233;r&#234;ts et par ses propres instincts, sans se soucier beaucoup de ceux du peuple. Il est vrai que tous nos l&#233;gislateurs, aussi bien que tous les membres de nos gouvernements cantonaux, sont &#233;lus, soit directement, soit indirectement par le peuple. Il est vrai qu'au jour des &#233;lections, les bourgeois les plus fiers, pour peu qu'ils soient ambitieux, sont forc&#233;s de faire leur cour &#224; Sa Majest&#233; le peuple souverain. Ils viennent &#224; lui chapeau bas et semblent avoir d'autre volont&#233; que la sienne. Mais ce n'est qu'un mauvais quart d'heure &#224; passer. Une fois les &#233;lections termin&#233;es, chacun revient &#224; ses occupations quotidiennes : le peuple &#224; son travail et la bourgeoisie &#224; ses affaires et &#224; ses intrigues politiques. Ils ne se rencontrent, ils ne se connaissent presque plus. Comment le peuple, &#233;cras&#233; par son travail et ignorant de la plupart des questions qui s'agitent, contr&#244;lera-t-il les actes politiques de ses &#233;lus ? Et n'est-il pas &#233;vident que le contr&#244;le exerc&#233; par les &#233;lecteurs sur leurs repr&#233;sentants n'est qu'une pure fiction ? Mais comme le contr&#244;le populaire dans le syst&#232;me repr&#233;sentatif est l'unique garantie de la libert&#233; populaire, il est &#233;vident que cette libert&#233; aussi n'est rien qu'une fiction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour obvier &#224; cet inconv&#233;nient, les d&#233;mocrates radicaux du canton de Zurich ont fait triompher un nouveau syst&#232;me politique, celui du &#171; r&#233;f&#233;rendum &#187;, ou de la l&#233;gislation directe par le peuple. Mais le r&#233;f&#233;rendum lui-m&#234;me n'est qu'un moyen palliatif, une nouvelle illusion, un mensonge. Pour voter avec pleine connaissance de cause et avec une enti&#232;re libert&#233; les lois qu'on lui propose ou qu'on le pousse &#224; proposer lui-m&#234;me, il faudrait que le peuple e&#251;t le temps et l'instruction n&#233;cessaire pour les &#233;tudier, les m&#251;rir, les discuter ; il devrait se transformer en un immense parlement en plein champs. Ce n'est que rarement possible et seulement dans les grandes occasions, alors que la loi propos&#233;e excite l'attention et touche aux int&#233;r&#234;ts de tout le monde. Ces cas sont excessivement rares. La plupart du temps, les lois propos&#233;es ont un caract&#232;re tellement sp&#233;cial qu'il faut avoir l'habitude des abstractions politiques et juridiques pour en saisir la v&#233;ritable port&#233;e. Elles &#233;chappent naturellement &#224; l'attention et &#224; la compr&#233;hension du peuple, qui les vote en aveugle, sur la foi de ses orateurs favoris. Prise s&#233;par&#233;ment, chacune de ces lois para&#238;t trop insignifiante pour int&#233;resser beaucoup le peuple, mais ensemble elles forment un r&#233;seau qui l'encha&#238;ne. Et c'est ainsi qu'avec et malgr&#233; le r&#233;f&#233;rendum, il reste, sous le nom de peuple souverain, l'instrument et le serviteur tr&#232;s humble de la bourgeoisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On le voit bien, dans le syst&#232;me repr&#233;sentatif, m&#234;me corrig&#233; par le r&#233;f&#233;rendum, le contr&#244;le populaire n'existe pas ; et, comme il ne peut y avoir de libert&#233; s&#233;rieuse pour le peuple sans ce contr&#244;le, nous en concluons que notre libert&#233; populaire, notre gouvernement par nous-m&#234;mes, est un mensonge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui se passe chaque jour dans les cantons de la Suisse nous confirme dans cette triste conviction. Quel est le canton o&#249; le peuple exerce une action r&#233;elle et directe sur les lois fabriqu&#233;es dans son Grand Conseil et sur les mesures ordonn&#233;es dans son Petit Conseil ? o&#249; ce souverain fictif ne soit trait&#233; par ses propres &#233;lus comme un mineur &#233;ternel, et o&#249; il ne soit forc&#233; d'ob&#233;ir &#224; des commandements partis d'en haut, et dont pour la plupart du temps il ne sait ni la raison, ni l'objet ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart des affaires et des lois, et beaucoup d'affaires et de lois importantes, qui ont un rapport direct avec le bien-&#234;tre, avec les int&#233;r&#234;ts mat&#233;riels des communes, se font par-dessus la t&#234;te du peuple, sans que le peuple s'en aper&#231;oive, soucie et s'en m&#234;le. On le compromet, on le lie, on le ruine quelquefois, sans qu'il en ait la conscience. Il n'a ni l'habitude, ni le temps n&#233;cessaire pour &#233;tudier tout cela et il laisse faire ses &#233;lus, qui naturellement servent les int&#233;r&#234;ts de leur classe, de leur monde &#224; eux, non les siens, et dont le plus grand art consiste &#224; lui pr&#233;senter leurs mesures et leurs lois sous l'aspect le plus anodin et le plus populaire. Le syst&#232;me de la repr&#233;sentation d&#233;mocratique est celui de l'hypocrisie et du mensonge perp&#233;tuels. Il a besoin de la sottise du peuple, et il fonde tous ses triomphes sur elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes indiff&#233;rentes et toutes patientes que se montrent les populations de nos cantons, elles ont pourtant certaines id&#233;es, certains instincts de libert&#233;, d'ind&#233;pendance et de justice auxquels il n'est pas bon de toucher, et qu'un gouvernement habile se gardera bien de froisser. Lorsque le sentiment populaire se sent attaqu&#233; sur ces points qui constituent pour ainsi dire le &#171; sanctum sanctorum &#187; et toute la conscience politique de la nation suisse, alors il se r&#233;veille de son habituelle torpeur et il se r&#233;volte, et, lorsqu'il se r&#233;volte, il balaie tout : constitution et gouvernement, Petit et Grand Conseils. Tout le mouvement progressif de la Suisse, jusqu'en 1848, a proc&#233;d&#233; par une s&#233;rie de r&#233;volutions cantonales. Ces r&#233;volutions, la possibilit&#233; toujours pr&#233;sente de ces soul&#232;vements populaires, la crainte salutaire qu'ils inspirent, telle est encore aujourd'hui l'unique forme de contr&#244;le qui existe r&#233;ellement en Suisse, l'unique borne qui arr&#234;te le d&#233;bordement des passions ambitieuses et int&#233;ress&#233;es de nos gouvernants...&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Michel Bakounine&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
(&lt;i&gt;Les Ours de Berne et l'Ours de Saint-P&#233;tersbourg&lt;/i&gt;) 1870 - Neuch&#226;tel - Imprimerie G. Guillaume et fils&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Texte publi&#233; en 1870 - NDLR.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les &#233;lections - Anarchistes &#171; &#233;lectionnistes &#187;</title>
		<link>https://www.partage-noir.fr/les-elections-anarchistes-electionnistes</link>
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		<dc:date>2024-03-20T23:05:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Errico Malatesta</dc:creator>


		<dc:subject>Volont&#233; Anarchiste</dc:subject>
		<dc:subject>Archives Autonomies</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Nous ne voulons pas, nous n'avons jamais voulu, sombrer dans le culte des &#171; grands hommes &#187;, de la &#171; vieille barbe &#187;, fussent-ils anarchistes... Mais nous pensons que l'exc&#232;s contraire est aussi ridicule : pourquoi ne laisserions-nous pas la parole aux camarades du pass&#233; quand ce qu'ils ont dit r&#233;sonne encore avec clart&#233;, actualit&#233; ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Sur le probl&#232;me &#233;lectoral et les &#171; bonnes raisons &#187; - on en d&#233;couvre toujours - que pourraient donner et se donner d'&#233;ventuels camarades &#171; &#233;lectionnistes &#187;, nous trouvons la position d'Errico Malatesta (&lt;i&gt;Pensiero e Volont&#224;&lt;/i&gt;, n&#176;10, 15 mai 1924), plus juste, plus actuelle que jamais. Et nous la faisons n&#244;tre.&lt;br class='autobr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;Noir et Rouge&lt;/div&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-03-les-anarchistes-et-les-elections-" rel="directory"&gt;03 - Les Anarchistes et les &#233;lections&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-volonte-anarchiste-302-+" rel="tag"&gt;Volont&#233; Anarchiste&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-source-fragments-d-histoire-de-la-gauche-radicale-+" rel="tag"&gt;Archives Autonomies&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/sans_titre-1-18-6383c.jpg?1774726749' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous ne voulons pas, nous n'avons jamais voulu, sombrer dans le culte des &#171; grands hommes &#187;, de la &#171; vieille barbe &#187;, fussent-ils anarchistes... Mais nous pensons que l'exc&#232;s contraire est aussi ridicule : pourquoi ne laisserions-nous pas la parole aux camarades du pass&#233; quand ce qu'ils ont dit r&#233;sonne encore avec clart&#233;, actualit&#233; ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Sur le probl&#232;me &#233;lectoral et les &#171; bonnes raisons &#187; - on en d&#233;couvre toujours - que pourraient donner et se donner d'&#233;ventuels camarades &#171; &#233;lectionnistes &#187;, nous trouvons la position d'Errico Malatesta (&lt;i&gt;Pensiero e Volont&#224;&lt;/i&gt;, n&#176;10, 15 mai 1924), plus juste, plus actuelle que jamais. Et nous la faisons n&#244;tre.&lt;br class='autobr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;Noir et Rouge&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Etant donn&#233; qu'il n'y a pas et qu'il ne peut y avoir aucune autorit&#233; qui donne ou enl&#232;ve le droit de se dire anarchiste, nous sommes bien forc&#233;s, de temps en temps, de noter l'apparition de quelque converti au parlementarisme qui continue, au moins pendant un certain temps, de se d&#233;clarer anarchiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne trouvons rien de mal, ni de d&#233;shonorant, &#224; changer d'opinion, quand le changement est motiv&#233; par de nouvelles et sinc&#232;res convictions et non par l'int&#233;r&#234;t personnel ; nous voudrions cependant que l'on dise franchement ce que l'on est devenu et ce que l'on a cess&#233; d'&#234;tre, pour &#233;viter les discussions inutiles. Mais peut-&#234;tre cela n'est-il pas possible, parce que celui qui change d'id&#233;es ne sait g&#233;n&#233;ralement pas, au d&#233;but, o&#249; il va atterrir. Du reste, ce qui nous arrive, arrive, dans une proportion plut&#244;t plus grande, &#224; tous les mouvements politiques et sociaux. Les socialistes, par exemple, ont d&#251; subir les socialistes exploiteurs et des politiciens de toute esp&#232;ce qui se disaient socialistes ; et les r&#233;publicains sont &#233;galement contraints aujourd'hui &#224; supporter que certains, vendus au parti dominant, usurpent le nom m&#234;me de mazziniens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Heureusement l'&#233;quivoque ne peut durer longtemps. Bien vite la logique des id&#233;es et le besoin de l'action poussent les pr&#233;tendus anarchistes &#224; renoncer spontan&#233;ment &#224; leur nom et &#224; se mettre &#224; la place qui leur revient. Les anarchistes &#233;lectionnistes, qui se sont montr&#233;s en plusieurs occasions, ont tous plus ou moins rapidement abandonn&#233; l'anarchisme, tout comme les anarchistes dictatoriaux ou bolchevisants sont devenus rapidement des bolcheviks s&#233;rieux, qui se sont mis au service du Gouvernement russe et de ses d&#233;l&#233;gu&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le ph&#233;nom&#232;ne s'est reproduit en France, &#224; l'occasion des &#233;lections de ces derniers jours. Le pr&#233;texte est l'amnistie. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Des milliers de victimes gisent dans les prisons et dans les bagnes ; un gouvernement de gauche les amnistierait ; c'est le devoir de tous les r&#233;volutionnaires, de tous les hommes de c&#339;ur, de faire ce qu'ils peuvent pour que des urnes sortent les noms des hommes politiques dont on attend qu'ils donnent l'amnistie&lt;/q&gt;. Voil&#224; la tendance qui pr&#233;domine dans le raisonnement des convertis.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_4814 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/423715401_887941473336800_6872515649801601666_n.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH186/423715401_887941473336800_6872515649801601666_n-ba161-6a8c3.jpg?1774692765' width='150' height='186' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Dessin de &lt;a href=&#034;https://www.facebook.com/Kontrapatria/&#034; target=&#034;_blank&#034;&gt;Kontrapatria&lt;/a&gt;&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Que les camarades fran&#231;ais soient attentifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Italie, il y eut une agitation en faveur de Cipriani, prisonnier, qui servit de pr&#233;texte &#224; Andrea Costa pour entra&#238;ner les anarchistes romagnols aux urnes et &#224; commencer ainsi &#224; faire d&#233;g&#233;n&#233;rer le mouvement r&#233;volutionnaire cr&#233;&#233; par la Premi&#232;re Internationale et &#224; finir par r&#233;duire le socialisme &#224; un moyen pour amuser les masses et &#224; assurer la tranquillit&#233; de la monarchie et de la bourgeoisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais en v&#233;rit&#233; les Fran&#231;ais n'ont pas besoin d'aller chercher des exemples en Italie, puisqu'ils en ont de tr&#232;s &#233;loquents dans leur histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France, comme dans tous les pays latins, le socialisme a d&#233;but&#233;, sinon par l'anarchisme, du moins comme antiparlementaire ; et la litt&#233;rature r&#233;volutionnaire fran&#231;aise de la premi&#232;re d&#233;cade apr&#232;s la Commune abonde en pages &#233;loquentes dues, entre autres, &#224; la plume de Guesde et de Brousse, contre le mensonge du suffrage universel et la com&#233;die &#233;lectorale et parlementaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc, comme Costa en Italie, les Guesde, les Massard, les Deville, et plus tard Brousse en personne, furent pris par la fringale du pouvoir et peut-&#234;tre aussi par le d&#233;sir de concilier le renom de r&#233;volutionnaire avec la vie sereine et les petits et grands avantages que s'attire celui qui rentre dans la vie politique officielle, m&#234;me en tant qu'opposant. Et alors toute une man&#339;uvre a commenc&#233; pour changer la direction du mouvement et faire que les camarades acceptent la tactique &#233;lectorale. La note sentimentale servit &#233;galement beaucoup &#224; ce moment : on voulait l'amnistie pour les Communards, il fallait lib&#233;rer le vieux Blanqui qui se mourait en prison... et avec une centaine de pr&#233;textes, une centaine d'exp&#233;dients pour vaincre la r&#233;pugnance qu'eux-m&#234;mes, les transfuges, avaient contribu&#233; &#224; faire na&#238;tre chez les travailleurs contre l'&#233;lectionnisme et qui, en outre, &#233;tait aliment&#233;e par le souvenir encore vif du pl&#233;biscite napol&#233;onien et des massacres perp&#233;tr&#233;s en juin 1848 et en mai 1871 &#224; cause de la volont&#233; des assembl&#233;es issues du suffrage universel. On disait qu'il fallait voter pour se compter, mais que l'on voterait pour les in&#233;ligibles, pour les condamn&#233;s ou pour les femmes ou pour les morts ; d'autres propos&#232;rent de voter en blanc ou avec un slogan r&#233;volutionnaire ; d'autres voulaient que les candidats laissent aux mains des comit&#233;s &#233;lectoraux des lettres de d&#233;mission au cas o&#249; ils seraient &#233;lus... Et puis, quand le fruit fut m&#251;r, c'est-&#224;-dire quand les gens furent persuad&#233;s d'aller voter, on voulut &#234;tre candidat et d&#233;put&#233; s&#233;rieusement : on laissa les condamn&#233;s pourrir en prison, on renia l'antiparlementarisme, on jeta la peste sur l'anarchisme ; et Guesde, apr&#232;s cent palinodies, finit comme ministre du gouvernement de l'&#171; Union sacr&#233;e &#187;, Deville devint ambassadeur de la R&#233;publique bourgeoise et Massard, je crois, quelque chose de pire encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne voulons pas mettre en doute, pr&#233;alablement, la bonne foi des nouveaux convertis, d'autant plus que, parmi eu, il y en a plus d'un avec qui nous avons des liens d'amiti&#233; personnels. En g&#233;n&#233;ral, ces &#233;volutions &#8211; ou involutions, si l'on veut &#8211; commencent toujours dans la bonne foi, et puis la logique pousse, l'amour-propre s'y m&#234;le, l'ambiance vainc... et l'on devient ce qu'auparavant on r&#233;pugnait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-&#234;tre, dans cette circonstance, n'y aura-t-il rien de ce que nous craignons, parce que les n&#233;o-convertis sont fort peu, et bien faible est la probabilit&#233; qu'ils trouvent de grandes adh&#233;sions dans le camp anarchiste, et ces camarades ou ex-camarades r&#233;fl&#233;chiront mieux ou reconna&#238;tront leur erreur. Le nouveau gouvernement qui sera install&#233; en France apr&#232;s le triomphe &#233;lectoral du bloc de gauche les aidera &#224; se persuader qu'il y a bien peu de diff&#233;rences entre lui et le gouvernement pr&#233;c&#233;dent, car il ne fera rien de bon &#8211; pas m&#234;me l'amnistie &#8211; si la masse ne l'impose pas par son agitation. Nous chercherons, de notre point de vue, &#224; les aider &#224; trouver la raison par une observation qui, du reste, ne devrait pas &#234;tre nouvelle pour celui qui a d&#233;j&#224; accept&#233; la tactique anarchiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est inutile de venir nous dire, comme le font ces bons amis, qu'un peu de libert&#233; vaut mieux que la tyrannie brutale sans limite et sans frein, qu'un horaire de travail raisonnable, un salaire qui permette de vivre un peu mieux que les b&#234;tes, la protection des femmes et des enfants, sont pr&#233;f&#233;rables &#224; une exploitation du travail humain jusqu'&#224; l'&#233;puisement complet du travailleur, que l'&#233;cole d'&#201;tat, pour mauvaise qu'elle soit, est toujours meilleure du point de vue du d&#233;veloppement moral de l'enfant, que celle dirig&#233;e par les pr&#234;tres ou les fr&#232;res... Nous en convenons volontiers ; et nous convenons &#233;galement qu'il y peut y avoir des circonstances dans lesquelles le r&#233;sultat des &#233;lections dans un &#201;tat ou dans une commune peut avoir des cons&#233;quences bonnes ou mauvaises et que ce r&#233;sultat pourrait &#234;tre d&#233;termin&#233; par le vote des anarchistes si les forces des partis en pr&#233;sence &#233;taient presque &#233;gales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;G&#233;n&#233;ralement il s'agi l&#224; d'une illusion ; les &#233;lections, quand elles sont passablement libres, n'ont que la valeur d'un symbole : elles indiquent l'&#233;tat de l'opinion publique, opinion qui ne serait impos&#233;e par des moyens plus efficaces et avec des r&#233;sultats plus grands si l'&#233;chappatoire que constituent les &#233;lections ne lui avait pas &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233;e. Mais cela n'importe pas : m&#234;me si certains petits progr&#232;s &#233;taient la cons&#233;quence directe d'une victoire &#233;lectorale, les anarchistes ne devraient pas aller aux urnes ni cesser de pr&#234;cher leur m&#233;thode de lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puisqu'il n'est pas possible de faire tout dans le monde, il faut choisir sa propre ligne de conduite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a toujours une certaine contradiction entre les petites am&#233;liorations, la satisfaction des besoins imm&#233;diats, et le combat pour une soci&#233;t&#233; vraiment meilleure que celle qui existe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celui qui veut se consacrer &#224; faire construire des urinoirs et des fontaines o&#249; il en faut, qui veut se d&#233;penser pour obtenir la construction d'une rue ou l'institution d'une &#233;cole municipale, ou tout autre petite loi de protection du travail, ou la destitution d'un policier brutal, peut-&#234;tre fait bien de se servir de son bulletin &#233;lectoral en promettant son vote &#224; tel ou tel personnage puissant. Mais alors &#8211; puisque l'on veut &#234;tre &#171; pratique &#187;, il faut l'&#234;tre jusqu'au bout , alors plut&#244;t que d'attendre le triomphe du parti d'opposition, mieux vaut voter pour le parti le plus proche, faire la cour au parti dominant, servir le gouvernement existant, se faire l'agent du pr&#233;fet ou du maire en exercice. Et, en fait, le n&#233;o-converti dont nous parlons ne se proposait pas de voter pour le parti le plus avanc&#233;, mais pour celui qui avait la plus grande probabilit&#233; d'&#234;tre &#233;lu : le bloc de gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais alors, o&#249; va-t-on en arriver ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les anarchistes ont certainement commis mille erreurs, ont dit une centaine d'absurdit&#233;s, mais ils sont toujours rest&#233;s purs et ils demeurent le parti r&#233;volutionnaire par excellence, le parti de l'avenir, parce qu'ils ont su r&#233;sister &#224; la sir&#232;ne &#233;lectorale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il serait vraiment impardonnable de se faire attirer dans le tourbillon au moment o&#249; s'approche rapidement notre heure.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#171; Les &#233;lections - Anarchistes &#171; &#233;lectionnistes &#187; &#187;, Noir et Rouge n&#176;29, mars 1965 ; repris dans Les anarchistes et les &#233;lections, Volont&#233; anarchiste n&#176;3, 1978&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Les &#233;lections - Proudhon et le parlementarisme</title>
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		<dc:date>2024-03-19T23:05:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre-Joseph Proudhon</dc:creator>


		<dc:subject>Pierre-Joseph Proudhon</dc:subject>
		<dc:subject>Volont&#233; Anarchiste</dc:subject>
		<dc:subject>Archives Autonomies</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le peuple, dans le vague de sa pens&#233;e, se contemple comme une gigantesque et myst&#233;rieuse existence et tout dans son langage semble fait pour l'entretenir dans l'opinion de son indivisible unit&#233;. Il s'appelle le Peuple, la Nation, c'est-&#224;-dire la Multitude, la Masse ; il est le vrai souverain, le L&#233;gislateur, la Puissance, la Domination, la Patrie, l'Etat. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il a ses Convocations, ses Scrutins, ses Assises, ses Manifestations, ses Prononcements, ses Pl&#233;biscites, sa L&#233;gislation directe, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-03-les-anarchistes-et-les-elections-" rel="directory"&gt;03 - Les Anarchistes et les &#233;lections&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-pierre-joseph-proudhon-+" rel="tag"&gt;Pierre-Joseph Proudhon&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-volonte-anarchiste-302-+" rel="tag"&gt;Volont&#233; Anarchiste&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-source-fragments-d-histoire-de-la-gauche-radicale-+" rel="tag"&gt;Archives Autonomies&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/sans_titre-1-17-357e3.jpg?1774715348' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le peuple, dans le vague de sa pens&#233;e, se contemple comme une gigantesque et myst&#233;rieuse existence et tout dans son langage semble fait pour l'entretenir dans l'opinion de son indivisible unit&#233;. Il s'appelle le Peuple, la Nation, c'est-&#224;-dire la Multitude, la Masse ; il est le vrai souverain, le L&#233;gislateur, la Puissance, la Domination, la Patrie, l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a ses Convocations, ses Scrutins, ses Assises, ses Manifestations, ses Prononcements, ses Pl&#233;biscites, sa L&#233;gislation directe, parfois ses Jugements et ses Ex&#233;cutions, ses Oracles, sa Voix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autant il se sent innombrable, irr&#233;sistible, immense, autant il a peur des divisions, des scissions, des minorit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son id&#233;al, son r&#234;ve le plus d&#233;lectable, est unit&#233;, identit&#233;, uniformit&#233;, concentration ; il maudit comme attentoire &#224; sa majest&#233; tout ce qui peut partager sa volont&#233;, couper sa masse, cr&#233;er en lui diversit&#233;, pluralit&#233;, divergence (...).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plein de ses mythes et se consid&#233;rant comme une collectivit&#233; essentiellement indivise, comment le peuple saisirait-il le rapport de plein saut de l'individu &#224; la soci&#233;t&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment sous son inspiration les hommes d'&#201;tat qui le repr&#233;sentent donneraient-ils la vraie formule du gouvernement ? L&#224; o&#249; r&#232;gne dans sa na&#239;vet&#233; le suffrage universel, on peut affirmer d'avance que tout se fera dans le sens de l'indivision. Le Peuple &#233;tant la collectivit&#233; qui renferme toute autorit&#233; et tout droit, le suffrage universel pour &#234;tre sinc&#232;re dans son expression, devra autant que possible &#234;tre lui-m&#234;me indivis. C'est-&#224;-dire que les &#233;lections devront se faire par scrutins de liste : il s'est m&#234;me trouv&#233; en 1848 des unitaires qui demandaient qu'il n'y ait qu'une seule liste pour les 86 d&#233;partements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ce scrutin indivis surgit donc une assembl&#233;e indivise, d&#233;lib&#233;rant et l&#233;gif&#233;rant comme un seul homme. En cas de division du vote, c'est la majorit&#233; qui repr&#233;sente, sans diminution aucune, l'unit&#233; nationale. De cette majorit&#233; sortira &#224; son tour un gouvernement indivis qui, tenant ses pouvoirs de la nation indivisible, est appel&#233; &#224; gouverner et administrer collectivement et indivis&#233;ment, sans esprit de localit&#233;, ni int&#233;r&#234;t de clocher. C'est ainsi que le syst&#232;me de centralisation, d'imp&#233;rialisme, de communisme, d'absolutisme, tous ces mots sont synonymes, d&#233;coule de l'id&#233;alisme populaire ; c'est ainsi que dans le pacte social, con&#231;u &#224; la mani&#232;re de Rousseau et des Jacobins, le citoyen se d&#233;met de sa souverainet&#233; et que la commune, le d&#233;partement et la province ne sont plus que des agences sous la direction imm&#233;diate du minist&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cons&#233;quences ne tardent plus &#224; se faire sentir : le citoyen et la commune d&#233;chus de toute dignit&#233;, les envahissements de l'&#201;tat se multiplient, et les charges du contribuable croissent en proportion. Ce n'est plus le gouvernement qui est fait pour le peuple, c'est le peuple qui est fait pour le gouvernement. Le pouvoir envahit tout, s'arroge tout, &#224; perp&#233;tuit&#233;, toujours, &#224; jamais ! Guerre et marine, administration, justice, police, instruction publique, cr&#233;ations et r&#233;parations publiques ; banques, bourses, cr&#233;dit, assur-ances, secours, &#233;pargnes, bienfaisance ; for&#234;ts, rivi&#232;res, canaux ; cultes, finances, douanes, commerce, agriculture, industries, transports. Sur le tout un imp&#244;t formidable, qui enl&#232;ve &#224; la nation le quart de son produit brut. Le citoyen n'a plus qu'&#224; s'occuper que d'accomplir dans son coin sa t&#226;che, recevant son salaire, &#233;levant sa famille et s'en remettant pour le surplus &#224; la providence du gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant cette disposition des esprits, au milieu des puissances hostiles &#224; la r&#233;volution, quelle pouvait &#234;tre la pens&#233;e des fondateurs de 89, amis sinc&#232;res de la libert&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'osant rompre le faisceau de l'&#201;tat, ils devaient surtout se pr&#233;occuper de deux choses : 1&#176; de contenir le pouvoir toujours pr&#234;t &#224; usurper ; 2&#176; de contenir le peuple, toujours pr&#234;t &#224; se laisser entra&#238;ner par ses tribuns et &#224; remplacer les m&#339;urs de la l&#233;galit&#233; par celles de l'omnipotence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; pr&#233;sent, en effet, les auteurs de constitutions, Sey&#232;s, Mirabeau, le S&#233;nat de 1814, la Chambre de 1830, l'Assembl&#233;e de 1848, ont cru non sans raison, que le pouvoir capital du syst&#232;me politique &#233;tait de contenir le pouvoir central, en lui laissant toutefois la plus grande libert&#233; d'action, et la plus grande force. Pour parvenir &#224; ce but, que faisait-on ? D'abord on divisait le pouvoir par cat&#233;gorie de minist&#232;res ; puis on distribuait l'autorit&#233; l&#233;gislative entre la royaut&#233; et les chambres, &#224; la majorit&#233; desquelles on subordonnait encore le choix que le prince devait faire des ministres. Enfin l'imp&#244;t &#233;tait vot&#233;, pour un an, par les chambres, qui saisissaient cette occasion de passer en revue les actes du gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, tandis qu'on organisait le parlementage des chambres contre les minist&#232;res, qu'on balan&#231;ait la pr&#233;rogative royale par l'initiative des repr&#233;sentants, l'autorit&#233; de la couronne par la souverainet&#233; de la nation ; tandis qu'on opposait des mots &#224; des mots, des fictions &#224; des fictions, on adjugeait au gouvernement sans r&#233;serve aucune, sans autre contre-poids qu'une vaine facult&#233; de critique, la pr&#233;rogative d'une administration immense ; on mettait en ses mains toutes les forces du pays ; on supprimait, pour plus de s&#251;ret&#233;, les libert&#233;s locales ; on an&#233;antissait avec un z&#232;le fr&#233;n&#233;tique &#171; l'esprit de clocher &#187;. On cr&#233;ait, enfin, une puissance formidable, &#233;crasante, &#224; laquelle on se donnait ensuite le plaisir de faire une guerre d'&#233;pigrammes. Aussi qu'arrivait-il ? L'opposition finissait par avoir raison des personnes : on renversait une dynastie, puis une seconde ; on mettait empire sur r&#233;publique, et le despotisme centralisateur, anonyme, ne cessait de grandir, la libert&#233; de d&#233;cro&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tel a &#233;t&#233; notre progr&#232;s depuis la victoire des Jacobins sur la Gironde. R&#233;sultat in&#233;vitable d'un syst&#232;me artificiel, o&#249; l'on mettait d'un c&#244;t&#233; la souverainet&#233; m&#233;taphysique et le droit de critique, de l'autre toutes les r&#233;alit&#233;s du domaine national, toutes les puissances d'action d'un grand peuple.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;P.J. PROUDHON&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Le principe f&#233;d&#233;ratif&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Chapitre X : Id&#233;alisme politique, efficacit&#233; de la garantie f&#233;d&#233;rale.(extraits).&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#171; Les &#233;lections - Proudhon et le parlementarisme &#187;, Noir et Rouge n&#176;29, mars 1965 ; repris dans Les anarchistes et les &#233;lections, Volont&#233; anarchiste n&#176;3, 1978&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Les &#233;lections - La C.N.T. et les &#233;lections</title>
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		<dc:creator>Renof</dc:creator>


		<dc:subject>Volont&#233; Anarchiste</dc:subject>
		<dc:subject>Archives Autonomies</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Depuis sa cr&#233;ation (novembre 1910) jusqu'&#224; son interdiction en 1923 lors de l'instauration de la dictature de Primo de Rivera, la Conf&#233;d&#233;ration nationale du Travail n'eut gu&#232;re &#224; se poser le probl&#232;me des &#233;lections. Celles-ci n'int&#233;ressaient que la droite, qui truquait ouvertement le scrutin gr&#226;ce &#224; ses hommes de main locaux (caciquismo) ou gr&#226;ce &#224; des fonctionnaires suborn&#233;s (pucherazo). La gauche, soit dit en passant, faisait de m&#234;me mais &#224; une &#233;chelle inf&#233;rieure. &lt;br class='autobr' /&gt;
La chute de Primo de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-03-les-anarchistes-et-les-elections-" rel="directory"&gt;03 - Les Anarchistes et les &#233;lections&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-volonte-anarchiste-302-+" rel="tag"&gt;Volont&#233; Anarchiste&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-source-fragments-d-histoire-de-la-gauche-radicale-+" rel="tag"&gt;Archives Autonomies&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/sans_titre-1-16-49660.jpg?1774726749' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis sa cr&#233;ation (novembre 1910) jusqu'&#224; son interdiction en 1923 lors de l'instauration de la dictature de Primo de Rivera, la Conf&#233;d&#233;ration nationale du Travail n'eut gu&#232;re &#224; se poser le probl&#232;me des &#233;lections. Celles-ci n'int&#233;ressaient que la droite, qui truquait ouvertement le scrutin gr&#226;ce &#224; ses hommes de main locaux (caciquismo) ou gr&#226;ce &#224; des fonctionnaires suborn&#233;s (pucherazo). La gauche, soit dit en passant, faisait de m&#234;me mais &#224; une &#233;chelle inf&#233;rieure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La chute de Primo de Rivera, en 1927, et le r&#233;gime de transition de Berenguer donn&#232;rent lieu &#224; des &#233;lections en vue de cr&#233;er une assembl&#233;e constituante en avril 1931. A dire vrai, ces &#233;lections ne faisaient que sanctionner une s&#233;rie d'accords politiques entre la droite mod&#233;r&#233;e et les r&#233;publicains, pour remplacer la monarchie parlementaire par une r&#233;publique (pacte de San Sebastian).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De 1923 &#224; 1927, la C.N.T. &#233;tant interdite, une partie des militants se r&#233;fugia en France et en Belgique, mais la grande majorit&#233; resta en Espagne. (Il est &#224; noter que le parti communiste, fond&#233; par deux groupes diff&#233;rents en 1921, puis regroup&#233;, &#233;tait si faible qu'il ne fut pas interdit.) Cependant, la propagande anarchiste demeurait et les journaux anarchistes d'Am&#233;rique latine circulaient en assez grand nombre. Les exil&#233;s de France firent des tentatives arm&#233;es pour s'introduire en Espagne, mais &#233;chou&#232;rent (Val d'Aran et Bidassoa). Comme dans tout mouvement en exil, des m&#233;sententes apparurent, certains &#233;l&#233;ments prirent contact avec des politiciens et particip&#232;rent indirectement au pacte de San S&#233;bastian (Pesta&#241;a), les autres travaill&#232;rent avec les anarchistes fran&#231;ais et avec diff&#233;rents anarchistes exil&#233;s : russes et italiens. Eusebio Carbo et Orobon Fernandez particip&#232;rent m&#234;me aux r&#233;unions sur la plateforme d'Archinof&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En 1927, des anarchistes russes propos&#232;rent un projet d'organisation du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; (t&#233;moignage d'Ugo Fedeli participant &#233;galement, dans &lt;i&gt;Volonta&lt;/i&gt;, anno III, 6-7, page 373).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La C.N.T., redevenue l&#233;gale en 1930, annon&#231;a bien avant les &#233;lections de 1931 que la r&#233;publique ne valait pas mieux que la monarchie, et elle donna la consigne d'abstention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'incapacit&#233; de la monarchie amena la majorit&#233; des votants &#224; &#233;lire les candidats r&#233;publicains, ce qui provoqua le d&#233;part du roi ; aucune effusion de sang n'avait eu lieu et, d'autre part, aucun changement social, si minime soit-il, n'avait &#233;t&#233; fait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une bonne preuve de ce que le changement de r&#233;gime &#233;tait une farce nous est donn&#233;e par l'ancien maire de Sabadell, Jos&#233; Maria Marcet Coll, franquiste aimant parler ferme et franc : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Et le 14 avril 1931, &#224; l'abri d'&#233;lections municipales qui, en r&#233;alit&#233;, signifiaient peu de chose, on forgea rien moins que la chute de la monarchie sans que les monarchistes eux-m&#234;mes ne la d&#233;fendissent &#8212; certains d'ailleurs pouss&#232;rent &#224; la roue &#8212; et la proclamation de la r&#233;publique&lt;/q&gt; (&lt;i&gt;Mi ciudad y yo&lt;/i&gt;, page 12, Barcelone 1963).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plut&#244;t que d'utiliser uniquement des t&#233;moignages de camarades, il nous semble pr&#233;f&#233;rable de pr&#233;senter d'abord les chiffres des abstentions, d'en tirer des lignes g&#233;n&#233;rales, puis de les comparer &#224; ces t&#233;moignages pour essayer de conclure. (Documentation tir&#233;e de la th&#232;se de Jean B&#233;carud : &lt;i&gt;La II&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; R&#233;publique espagnole&lt;/i&gt;, 1962. Fondation nationale des Sciences politiques.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous consid&#233;rons que les abstentions dues &#224; la propagande anarchiste apparaissent &#224; partir de 30 p. 100 des inscrits qui n'ont pas vot&#233; ; en-dessous, c'est le chiffre moyen d'abstention consid&#233;r&#233; normal dans toute &#233;lection. Il nous faut tout de suite faire remarquer que nos consid&#233;rations sont al&#233;atoires, du fait qu'il faut inclure parmi les abstentionnistes anarchistes ceux, nombreux, qui ont refus&#233; de se faire inscrire comme votants et qui sont exclus des chiffres que nous allons citer. Cependant nous aurons une id&#233;e g&#233;n&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord il faut savoir o&#249; &#233;tait la C.N.T. Selon les d&#233;l&#233;gations ayant particip&#233; au congr&#232;s de 1919, on voit qu'elle s'&#233;tendait &#224; la Catalogne et &#224; l'Andalousie et, en moins grande proportion, au Levant, aux Asturies et &#224; la Galicie. Ailleurs, il y avait des foyers locaux, comme Madrid et Puertollano en Castille, Santander et Pasajes sur la c&#244;te cantabrique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1931, les provinces ayant plus de 35 p. cent d'abstentions sont :&lt;/p&gt;
&lt;table class=&#034;table spip&#034;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;&lt;i&gt;De 35 &#224; 40 p. 100&lt;/i&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;Oviedo, Barcelone, S&#233;ville, Grenade, Alm&#233;ria, Murcie.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;&lt;i&gt;De 40 &#224; 45 p. 100&lt;/i&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;Cadix, Malaga et La Corogne.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;&lt;i&gt;Plus de 45 p. 100&lt;/i&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;Pontevedra.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;Dans toutes ces provinces, la C.N.T. est fortement implant&#233;e, donc la d&#233;monstration est nette : &lt;i&gt;des consignes d'abstention ont &#233;t&#233; donn&#233;es et elles ont &#233;t&#233; suivies.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est int&#233;ressant de remarquer que, selon le recensement de 1930, les r&#233;gions les plus peupl&#233;es d'Espagne sont : de 750 000 &#224; 1 000 000 d'habitants : La Corogne, Oviedo, S&#233;ville ; plus de 1 000 000 d'habitants : Barcelone, Madrid, Valence. Ajoutons que les r&#233;gions les plus industrielles &#233;taient (et sont) Oviedo, Barcelone, Madrid, Valence et le Pays Basque. On remarque donc que toutes les r&#233;gions les plus peupl&#233;es d'Espagne (sauf Madrid et Valence) et les r&#233;gions industrialis&#233;es (sauf Madrid, Valence et le Pays Basque) sont touch&#233;es par l'influence de la C.N.T. en 1931. Ceci est une preuve de ce que l'anarchisme espagnol n'est pas confin&#233; dans les r&#233;gions les plus retard&#233;es d'Espagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voyons maintenant les &#233;lections de 1933. En 1931, la C.N.T. avait ordonn&#233; un soul&#232;vement, puis en 1933 un autre. La consigne fut l'abstention massive pour permettre &#224; la droite de gouverner et pour d&#233;clencher la r&#233;volution en entra&#238;nant les militants de l'U.G.T. : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Nous ferons les alliances dans la rue&lt;/q&gt;. Telle fut la position de la C.N.T.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1933, les provinces ayant plus de 35% d'abstentions sont :&lt;/p&gt;
&lt;table class=&#034;table spip&#034;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;De 35 &#224; 40 p. 100&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;L&#233;on, Alm&#233;ria, Teruel, L&#233;rida, G&#233;rone, Barcelone.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;De 40 &#224; 45 p. 100&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;La Corogne, Pontevedra, Saragosse, Tarragone.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;Plus de 45 p. 100&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;Huesca, S&#233;ville, Cadix, Malaga.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;L'affaire est nette : plusieurs provinces se d&#233;tachent : la Galice, l'Aragon, une partie de la Catalogne (Barcelone), la Basse-Andalousie. De nouvelles r&#233;gions ont &#233;t&#233; gagn&#233;es : au L&#233;on, en Aragon et dans le reste de la Catalogne. Si on ajoute &#224; ces chiffres les abstentions de 30 &#224; 35 p. 100, on retrouve toutes les r&#233;gions de 1931 : Grenade, Murcie, Oviedo, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Espagne &#224; tendance franchement anarchiste se dessine nettement en trois blocs :&lt;/p&gt;
&lt;ol class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; L'Aragon, la Catalogne et la petite province de Logrono.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; La Galicie et les Asturies.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; L'Andalousie et le Levant (sauf Valence).&lt;/li&gt;&lt;/ol&gt;
&lt;p&gt;Passons, pour finir, aux &#233;lections de 1936, les plus controvers&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La C.N.T. a lanc&#233; un mouvement en d&#233;cembre 1933 et n'a pu entra&#238;ner les masses, bien au contraire, l'U.G.T. a refus&#233; de suivre la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale appliqu&#233;e par la C.N.T. (voir &lt;i&gt;El Sol&lt;/i&gt;, 12 d&#233;cembre 1933, page 10).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En octobre 1934, le parti socialiste a lanc&#233; une insurrection g&#233;n&#233;rale sans avertir la C.N.T., qui y a pourtant particip&#233; aux Asturies. Mais les mouvements de 1931, 1933 et 1934 ont amen&#233; l'arrestation d'un grand nombre de militants aguerris (10 &#224; 15 000, le chiffre des emprisonn&#233;s &#233;tant de 30 000 environ), plusieurs membres importants de la C.N.T., dont Durruti (voir &lt;i&gt;El Congreso Conf&#233;d&#233;ral de Zaragosa&lt;/i&gt;, page 145, sont pour le vote, c'est-&#224;-dire la lib&#233;ration des prisonniers. Cependant une campagne pour l'abstention est men&#233;e, mais &#224; Saragosse le vote est pr&#233;conis&#233; (m&#234;me source)&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rappelons que ces diff&#233;rences d'attitude s'expliquent naturellement par la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici le r&#233;sultat des abstentions en 1936 :&lt;/p&gt;
&lt;table class=&#034;table spip&#034;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;De 35 &#224; 40 p. 100&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;La Corogne, Lugo, Zamora, Cadix, Alm&#233;ria, Murcie.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;De 40 &#224; 45 p. 100&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;Burgos, Guadalajara, Malaga.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;Plus de 45 p. 100&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;Teruel.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;De nouvelles r&#233;gions apparaissent : Lugo, Zamara et Guadalajara. Lugo a eu de 30 &#224; 35 p. 100 d'abstentions en 1933, Zamora &#233;galement, Burgos de 20 &#224; 30 p. 100 , de m&#234;me que Guadalajara. Si pour Lugo et Zamora on peut envisager une pouss&#233;e de la C.N.T., pour Burgos et Guadalajara nous pensons qu'il s'agit de circonstances &#233;trang&#232;res &#224; l'influence de la C.N.T.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On remarque que, sauf pour les quatre r&#233;gions que nous venons de voir, les six autres ont d&#233;j&#224; obtenu de fortes abstentions en 1931 ou en 1933 (et 1933 pour La Corogne, Alm&#233;ria, Cadix, Malaga), donc ce sont surtout l'Aragon et la Catalogne qui ont vot&#233; ; ailleurs les r&#233;sultats sont sensiblement identiques.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;CONCLUSIONS&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;lections de 1931, 1933 et 1936 montrent que :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i class=&#034;fas fa-fw fa-caret-right&#034;&gt;&lt;/i&gt; la C.N.T. est un mouvement de masse solidement implant&#233; ;
&lt;br /&gt;&lt;i class=&#034;fas fa-fw fa-caret-right&#034;&gt;&lt;/i&gt; elle a &#233;tendu son influence de 1931 &#224; 1933 (les chiffres de 1936 ne permettent pas de v&#233;rifier si cette avance continuait) ;
&lt;br /&gt;&lt;i class=&#034;fas fa-fw fa-caret-right&#034;&gt;&lt;/i&gt; alors qu'en 1931 et 1933 ils se sont abstenus, les militants de la C.N.T. ont en majorit&#233; vot&#233; en 1936. Ce vote a-t-il apport&#233; quelque chose de positif ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les prisonniers ont en partie &#233;t&#233; lib&#233;r&#233;s, mais aucun des &#233;l&#233;ments de la crise &#233;conomique et politique n'a &#233;t&#233; chang&#233;. Le leurre que furent ces &#233;lections est &#233;voqu&#233; par Felipe Alaiz :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Pour l'Espagne, rappelons que, lors des &#233;lections de f&#233;vrier 1936, on propageait la n&#233;cessit&#233; de voter &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;pour &#233;craser le fascisme&lt;/q&gt;. On vota pour &#233;craser le fascisme et, cinq mois apr&#232;s avoir &#233;t&#233; &#233;cras&#233; au Parlement, le fascisme surgit dans la rue avec la violence que l'on sait&lt;/q&gt; (&lt;i&gt;Nueva maldici&#243;n del 1945&lt;/i&gt;, page 9&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A l'&#233;poque, un partisan du vote &#233;crivit : Si nous avions eu la certitude que (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les anarchistes furent presque partout en Espagne la seule force organis&#233;e &#224; r&#233;agir imm&#233;diatement et par les armes&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En cela les t&#233;moignages historiques sont quasi unanimes. Citons celui de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, ce n'est pas &#224; leur &#171; &#233;lectoralisme &#187; tr&#232;s circonstanciel de 1936 qu'ils le doivent, mais, bien au contraire, aux habitudes d'action directe qu'ils avaient depuis si longtemps.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;En 1927, des anarchistes russes propos&#232;rent un projet d'organisation du mouvement international, tr&#232;s centraliste et jug&#233; tr&#232;s dangereux par des militants comme Voline, Berneri, Malatesta, etc.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Rappelons que ces diff&#233;rences d'attitude s'expliquent naturellement par la structure f&#233;d&#233;raliste de la C.N.T.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;A l'&#233;poque, un partisan du vote &#233;crivit : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Si nous avions eu la certitude que les r&#233;volutionnaires espagnols eussent &#233;t&#233; capables de balayer ce pouvoir des droites par l'action directe, la question du vote n'aurait m&#234;me pas &#233;t&#233; pos&#233;e. Mais qui osera nous l'affirmer ?&lt;/q&gt; (P.M. &lt;i&gt;Voix Libertaire&lt;/i&gt;, 25-4-36, reproduit dans &lt;i&gt;La Revue Anarchiste&lt;/i&gt;, avril-juin 1936, page 15).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;En cela les t&#233;moignages historiques sont quasi unanimes. Citons celui de Marcel Coll : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;En Catalogne... les seuls drapeaux que l'on voyait &#233;taient ceux de la C.N.T. et de la F.A.I.&lt;/q&gt; (&lt;i&gt;Mi ciudad y yo&lt;/i&gt;, page 131).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#171; Les &#233;lections - La C.N.T. et les &#233;lections &#187;, Noir et Rouge n&#176;29, mars 1965 ; repris dans&lt;i&gt; Les anarchistes et les &#233;lections&lt;/i&gt;, Volont&#233; anarchiste n&#176;3, 1978&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Les &#233;lections - La Franc-ma&#231;onnerie et les &#233;lections</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Aurelio Chessa</dc:creator>


		<dc:subject>Volont&#233; Anarchiste</dc:subject>
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		<dc:subject>Aurelio Chessa</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'organisation charg&#233;e par les forces bourgeoises au pouvoir de surveiller, de s'infiltrer dans les mouvements d'opposition, &#224; part les &#233;ternels mouchards et flics, est la franc-ma&#231;onnerie. La franc-ma&#231;onnerie est la bourgeoisie parlementaire, c'est son parti, son id&#233;ologie (d'o&#249; son lib&#233;ralisme : une bonne organisation de classe se doit d'&#233;couter tous les courants pour mieux diriger et harmoniser sa politique avec les int&#233;r&#234;ts de ses membres). Derni&#232;rement, &#224; chaque fois que la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/sans_titre-2-10-85826.jpg?1774726750' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'organisation charg&#233;e par les forces bourgeoises au pouvoir de surveiller, de s'infiltrer dans les mouvements d'opposition, &#224; part les &#233;ternels mouchards et flics, est la franc-ma&#231;onnerie. La franc-ma&#231;onnerie est la bourgeoisie parlementaire, c'est son parti, son id&#233;ologie (d'o&#249; son lib&#233;ralisme : une bonne organisation de classe se doit d'&#233;couter tous les courants pour mieux diriger et harmoniser sa politique avec les int&#233;r&#234;ts de ses membres). Derni&#232;rement, &#224; chaque fois que la franc-ma&#231;onnerie a &#233;t&#233; pers&#233;cut&#233;e, elle l'a &#233;t&#233; par les fascistes, d'o&#249; opposition anti-fasciste, avec laquelle nous nous sommes trouv&#233;s d'accord. Mais cet anti-fascisme est celui de la bourgeoisie, de m&#234;me que certains catholiques et protestants sont antifascistes. La franc-ma&#231;onnerie prot&#232;ge le r&#233;gime capitaliste. Tous les anarchistes en faveur des &#233;lections, ou qui refusent de se dire anti-&#233;lectoralistes, ne sont-ils pas des francs-ma&#231;ons ? Pour le montrer, nous donnons le texte qui suit &#171; N&#233;cessit&#233; de clart&#233;, anarchisme et franc-ma&#231;onnerie &#187;, publi&#233; par &lt;i&gt;Umanit&#224; Nova&lt;/i&gt; (11-2-1962) et &#233;crit par Aurelio Chessa (administrateur de &lt;i&gt;Volont&#224;&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Je pense aussi qu'il est probable que la franc-ma&#231;onnerie et la &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;d&#233;mocratie&lt;/q&gt; en g&#233;n&#233;ral intriguent parmi nous avec l'espoir que nous ne leur serons pas trop hostiles le jour o&#249; le r&#233;gime changera&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;Errico Malatesta (lettre du 7 mars 1923 &#224; Armando Borghi).&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;... Nous avons eu des &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;camarades&lt;/q&gt; francs-ma&#231;ons qui, pour remplir leurs objectifs, se sont affirm&#233;s comme d&#233;fenseurs d'un des deux blocs actuellement en pr&#233;sence.&lt;/span&gt; Et, naturellement, leur bloc favori est le bloc occidental, &#233;tant donn&#233; que dans les &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;d&#233;mocraties&lt;/q&gt; occidentales la franc-ma&#231;onnerie r&#232;gne et travaille pour la d&#233;fense de ce &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;monde libre&lt;/q&gt; qui reste encore &#224; lib&#233;rer. Ils ne manquent pas de raisons pour se d&#233;clarer favorables &#224; une intervention arm&#233;e contre le bolchevisme ; bien des raisons que partagent aussi les anarchistes ; encore que nos raisons ne peuvent se confondre avec celles des anticommunistes bourgeois ; les n&#244;tres ont pour base la libert&#233; de l'homme que communistes, aussi bien que bourgeois, francs-ma&#231;ons et partis gouvernementaux nient, bien qu'en apparence les &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;d&#233;mocraties&lt;/q&gt; nous laissent le droit conditionnel de... ne pas sortir des rangs.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;Nous avons encore, bien que tr&#232;s n&#233;gligeable, le ph&#233;nom&#232;ne franc-ma&#231;on aliment&#233; parmi nous par les vieilles amiti&#233;s du r&#233;publicanisme franc-ma&#231;on d'origine antifasciste (...)&lt;/span&gt;. Ces camarades qui se sont mis ouvertement au service de certains partis tel que le parti r&#233;publicain, en arrivant &#224; faire cause commune pour convaincre certains secteurs anarchistes d'&lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;entrer dans les comp&#233;titions &#233;lectorales&lt;/span&gt; et, au nom d'une libert&#233; unilat&#233;rale, d&#233;clarer publiquement que l'anarchisme n'&lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;interdit &#224; personne de voter&lt;/span&gt;, ne se sont pas aper&#231;us qu'ils se sont mis en dehors du mouvement anarchiste. Et m&#234;me s'ils ne s'en sont pas aper&#231;us, comme je le crois en v&#233;rit&#233;, ils ont l'attitude du franc-ma&#231;on qui cherche &#224; semer le d&#233;sordre dans notre camp. L'anarcho-franc-ma&#231;on, outre qu'il est en contradiction avec l'anarchisme qui ne reconna&#238;t pas la hi&#233;rarchie de la franc-ma&#231;onnerie et des partis, est &#233;galement insolent quand, toujours au nom de la libert&#233; anarchiste, il c&#232;de &#224; la tentation bourgeoise d'exploiter son prochain en faisant une question de droit parce que nous ne sommes pas encore en anarchie (...).&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Le mal est qu'il continue &#224; fr&#233;quenter nos groupes, nos assembl&#233;es, nos congr&#232;s, et parfois il y prend la parole et, toujours en hommage &#224; la libert&#233; anarchiste, on le laisse dire et faire sans qu'anarchistement parlant on lui dise de sortir et de ne plus repara&#238;tre.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Notre libert&#233; ne doit pas &#234;tre conditionn&#233;e par aucune sorte de camarade. Et puisqu'ils s'obstinent &#224; nous noyauter, il faut les isoler, les &#233;loigner. Ils peuvent avoir int&#233;r&#234;t &#224; rester parmi nous et &#224; chercher &#224; corrompre quelques-uns d'entre nous, proie facile de personnes qui ont eu un pass&#233; d'anarchistes, mais qui aujourd'hui exploitent ce pass&#233; lui-m&#234;me pour des fins &#233;trang&#232;res &#224; l'anarchisme&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;(Phrases soulign&#233;es par nous.)&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#171; Les &#233;lections - La Franc-ma&#231;onnerie et les &#233;lections &#187;, Noir et Rouge n&#176;29, mars 1965 ; repris dans&lt;i&gt; Les anarchistes et les &#233;lections&lt;/i&gt;, Volont&#233; anarchiste n&#176;3, 1978&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>Les &#233;lections - L&#233;nine et les elections</title>
		<link>https://www.partage-noir.fr/les-elections-lenine-et-les-elections</link>
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		<dc:date>2024-03-15T23:05:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Th&#233;o</dc:creator>


		<dc:subject>Volont&#233; Anarchiste</dc:subject>
		<dc:subject>Archives Autonomies</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Pour les partis politiques, l'exemple le plus int&#233;ressant nous semble celui du parti communiste, puisqu'il se d&#233;clare r&#233;volutionnaire et en m&#234;me temps accepte de participer aux &#233;lections dans le syst&#232;me bourgeois. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour comprendre cette position, il faut &#233;tudier la position de L&#233;nine. Elle est surtout exprim&#233;e dans La maladie infantile du communisme. Or, cet ouvrage est un texte de circonstance, &#233;crit en avril-mai 1920 et publi&#233; en juillet pour le II&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; Congr&#232;s de la III&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; Internationale (du (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH76/5fb38f3715e9f9616b19ed94-bcc74.png?1774726750' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='76' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pour les partis politiques, l'exemple le plus int&#233;ressant nous semble celui du parti communiste, puisqu'il se d&#233;clare r&#233;volutionnaire et en m&#234;me temps accepte de participer aux &#233;lections dans le syst&#232;me bourgeois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour comprendre cette position, il faut &#233;tudier la position de L&#233;nine. Elle est surtout exprim&#233;e dans&lt;i&gt; La maladie infantile du communisme&lt;/i&gt;. Or, cet ouvrage est un texte de circonstance, &#233;crit en avril-mai 1920 et publi&#233; en juillet pour le II&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; Congr&#232;s de la III&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; Internationale (du 19 juillet au 6 ao&#251;t 1920). L&#233;nine s'opposait aux r&#233;formistes et aux parlementaristes, d'o&#249; &#233;laboration d'une th&#233;orie tr&#232;s particuli&#232;re, tenant &#224; la fois compte de l'exp&#233;rience et des diff&#233;rentes tendances &#224; contenter dans la III&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;nine pose d'abord les &#171; principes &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Une centralisation absolue et la plus rigoureuse discipline du prol&#233;tariat sont une des conditions essentielles pour vaincre la bourgeoisie&lt;/q&gt;. (Page 14. Editions 10-18).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Nier la n&#233;cessit&#233; du parti et de la discipline du parti, voil&#224; o&#249; en est arriv&#233;e l'opposition. Or, cela &#233;quivaut &#224; d&#233;sarmer enti&#232;rement le prol&#233;tariat au profit de la bourgeoisie&lt;/q&gt;. (Page 50).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il aborde le probl&#232;me du parlementarisme de fa&#231;on n&#233;gative (page 88) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;En Europe occidentale et en Am&#233;rique, le parlement s'est rendu particuli&#232;rement odieux &#224; l'avant-garde r&#233;volutionnaire de la classe ouvri&#232;re, c'est ind&#233;niable. Et cela se con&#231;oit... par la conduite de l'immense majorit&#233; des d&#233;put&#233;s socialistes et social-d&#233;mocrates au parlement pendant et apr&#232;s la guerre&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Le parlementarisme en tant que syst&#232;me d'&#201;tat est devenu la forme &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;d&#233;mocratique&lt;/q&gt; de la domination bourgeoise. Le parlementarisme est une forme d&#233;termin&#233;e de l'&#201;tat. Aussi, ne convient-il en aucune fa&#231;on &#224; la soci&#233;t&#233; communiste qui ne conna&#238;t ni classe ni lutte de classes, ni pouvoir d'&#201;tat d'aucune sorte&lt;/q&gt;. &lt;br class='autobr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;(&#171; L'ann&#233;e 1920 &#187;, page 650.&lt;i&gt; &#338;uvres compl&#232;tes, tome XXV&lt;/i&gt;, Paris 1935).&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Mais il rattrape aussit&#244;t son id&#233;e motrice :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;La participation aux &#233;lections parlementaires et aux luttes parlementaires est obligatoire pour le parti du prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire pr&#233;cis&#233;ment afin d'&#233;duquer les couches retardataires de sa classe, pr&#233;cis&#233;ment afin d'&#233;veiller et d'&#233;clairer la masse villageoise inculte, opprim&#233;e et ignorante. Tant que vous n'avez pas la force de dissoudre le parlement bourgeois et toutes les autres institutions r&#233;actionnaires, vous &#234;tes tenus de travailler dans ces institutions, pr&#233;cis&#233;ment parce qu'il s'y trouve encore des ouvriers abrutis par la pr&#234;traille et par l'atmosph&#232;re &#233;touffante des trous de province. Autrement vous risquez de n'&#234;tre plus que des bavards&lt;/q&gt;. (Page 80).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;La participation &#224; un parlement d&#233;mocratique bourgeois, loin de nuire au prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire, lui permet de d&#233;montrer plus facilement aux masses retardataires pourquoi ces parlements m&#233;ritent d'&#234;tre dissous, facilite le succ&#232;s de leur dissolution&lt;/q&gt;. (Pages 82-83).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Cette action parlementaire... consiste surtout &#224; user de la tribune parlementaire &#224; des fins d'agitation r&#233;volutionnaire, &#224; d&#233;noncer les man&#339;uvres de l'adversaire, &#224; grouper autour de certaines id&#233;es les masses qui, surtout dans les pays arri&#233;r&#233;s, consid&#232;rent la tribune parlementaire avec de grandes illusions d&#233;mocratiques. Le parti communiste y entre, non pour s'y livrer &#224; une action organique, mais pour, de l'int&#233;rieur du parlement, aider les masses &#224; faire sauter la machine d'&#201;tat de la bourgeoisie et le parlement m&#234;me&lt;/q&gt;. (Ann&#233;e 1920, r&#233;solutions du II&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; Congr&#232;s, page 651).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette position tout &#224; fait contradictoire est justifi&#233;e par les conditions objectives :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Il faut saisir la moindre possibilit&#233; de s'assurer un alli&#233; num&#233;riquement fort, f&#251;t-il un alli&#233; temporaire, chancelant, conditionnel, peu solide et peu s&#251;r. Qui n'a pas compris cette v&#233;rit&#233; n'a compris goutte au marxisme, ni en g&#233;n&#233;ral au socialisme scientifique contemporain&lt;/q&gt;. (Page 103).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le prol&#233;tariat n'est pas pur :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;D'o&#249; la n&#233;cessit&#233; absolue pour l'avant-garde du prol&#233;tariat, pour sa partie consciente, le parti communiste, de louvoyer, de r&#233;aliser des ententes, des compromis avec les divers groupes de prol&#233;taires, les divers partis d'ouvriers et de petits exploitants&lt;/q&gt;. (Page 109).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;La conclusion est claire : rejeter les compromis &#171; en principe &#187;, nier la l&#233;gitimit&#233; des compromis en g&#233;n&#233;ral, quels qu'ils soient, c'est un enfantillage qu'il est m&#234;me difficile de prendre au s&#233;rieux. L'homme politique d&#233;sireux d'&#234;tre utile au prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire doit savoir discerner les cas concrets o&#249; les compromis sont admissibles (...)&lt;/q&gt;. (Page 39).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On sait que le II&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; Congr&#232;s de la III&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; Internationale donna la direction des partis communistes au bureau du Komintern, c'est-&#224;-dire &#224; L&#233;nine. C'est de cette &#233;poque que date la vassalisation des P.C. &#233;trangers &#224; la politique ext&#233;rieure russe. L&#233;nine le pr&#233;voyait et pr&#233;parait une th&#233;orie totalement subjec-tive, dont l'interpr&#233;tation restait au seul bureau du Komintern. Les luttes internes, les purges, les remous dans le monde communiste sont les cons&#233;quences in&#233;vitables du centralisme dictorial, &#171; tzariste &#187;, de L&#233;nine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La position d'un P.C. aux &#233;lections est devenue un enjeu, un pion de la politique russe. En niant toute autonomie, tout f&#233;d&#233;ralisme. L&#233;nine a fait de l'opportunisme la condition essentielle pour le maintien au pouvoir d'une nouvelle classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parlementarisme n'am&#232;ne que des compromis avec les partis au pouvoir, en aucun cas il ne donne un r&#233;sultat quelconque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;La classe ouvri&#232;re peut-elle devenir la classe dirigeante en s'en tenant simplement aux votes &#233;lectoraux ? L'histoire n'a vu aucune classe opprim&#233;e devenir classe dirigeante par les &#233;lections. Le bourgeoisie fait l'&#233;loge de la d&#233;mocratie parlementaire et du syst&#232;me &#233;lectoral, mais il n'est pas un pays o&#249; la bourgeoisie ait pris la place des seigneurs f&#233;odaux par des voix gagn&#233;es aux scrutins&lt;/q&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;(Extrait d'&lt;i&gt;Encore une fois sur les divergences entre le camarade Togliatti et nous&lt;/i&gt;. Editions en langues &#233;trang&#232;res, P&#233;kin 1963, page 117.)&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;D'ailleurs, comme par hasard, les deux seuls exemples o&#249; une classe semble avoir pris le pouvoir l&#233;galement sont celui du fascisme italien, puis du fascisme allemand. Comme s'il existait une complicit&#233; entre les forces d&#233;mocratiques militaires et &#233;conomiques et le fascisme, est-ce possible ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est un secret pour personne que Krupp et les industriels de la Rhur ont financ&#233; Hitler, que la police l'a laiss&#233; se d&#233;barrasser de la gauche. En Italie, ce fut la m&#234;me chose : en novembre 1919, Mussolini, candidat &#224; la d&#233;putation, avait obtenu 4 000 voix contre 180 000 &#224; son concurrent, mais en octobre 1922, le voil&#224; au pouvoir. La classe au pouvoir ne faisait que changer de m&#233;thode et d'allure.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#171; Les &#233;lections - L&#233;nine et les elections &#187;, Noir et Rouge n&#176;29, mars 1965 ; repris dans &lt;i&gt;Les anarchistes et les &#233;lections&lt;/i&gt;, Volont&#233; anarchiste n&#176;3, 1978&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les &#233;lections - Manifestation de la souverainet&#233; populaire ?</title>
		<link>https://www.partage-noir.fr/les-elections-manifestation-de-la-souverainete-populaire</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.partage-noir.fr/les-elections-manifestation-de-la-souverainete-populaire</guid>
		<dc:date>2024-03-14T23:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>P.J. Vidal</dc:creator>


		<dc:subject>Volont&#233; Anarchiste</dc:subject>
		<dc:subject>Archives Autonomies</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;On nous demande de voter ?... C'est oublier que le Parlement est un masque, et que le pouvoir r&#233;el, dans la soci&#233;t&#233; actuelle, r&#233;side on ne sait o&#249;, incroyablement incontr&#244;lable et secret.
&lt;br class='autobr' /&gt;
(C. Radcliffe : &#171; Anarchy &#187;, n&#176; 37, 1964.) &lt;br class='autobr' /&gt;
Les anarchistes ne voteront pas, une fois de plus, aux prochaines &#233;lections. Ils feront un effort de propagande pour expliquer qu'il ne sert &#224; rien de voter. C'est l&#224;, quoi qu'il paraisse, non une r&#233;action sentimentale (&#171; la soci&#233;t&#233; n'est pas pure, les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-03-les-anarchistes-et-les-elections-" rel="directory"&gt;03 - Les Anarchistes et les &#233;lections&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH94/image_1177296_20220611_ob_c8320a_affiche-fa-ceci-nest-pas-la-democratie-36934.jpg?1774726750' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='94' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;On nous demande de voter ?... C'est oublier que le Parlement est un masque, et que le pouvoir r&#233;el, dans la soci&#233;t&#233; actuelle, r&#233;side on ne sait o&#249;, incroyablement incontr&#244;lable et secret&lt;/q&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;(C. Radcliffe : &#171; Anarchy &#187;, n&#176; 37, 1964.)&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les anarchistes ne voteront pas, une fois de plus, aux prochaines &#233;lections. Ils feront un effort de propagande pour expliquer qu'il ne sert &#224; rien de voter. C'est l&#224;, quoi qu'il paraisse, non une r&#233;action sentimentale (&#171; la soci&#233;t&#233; n'est pas pure, les anarchistes ne voudraient pas se m&#234;ler &#224; elle &#187;), mais une attitude r&#233;fl&#233;chie, et depuis longtemps pes&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;examiner n'est peut-&#234;tre pas inutile, aussi bien pour v&#233;rifier qu'elle est toujours raisonnable, que pour expliquer nettement pourquoi nous ne votons pas dans le syst&#232;me &#233;tatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour mieux comprendre la position des anarchistes en mati&#232;re d'&#233;lections pr&#233;sidentielles ou parlementaires, il faut comprendre quelle est, bri&#232;vement r&#233;sum&#233;e, leur vue de la soci&#233;t&#233; actuelle. Celle-ci est organis&#233;e selon le sch&#233;ma gouvernants-gouvern&#233;s : ceux qui commandent et ceux qui ob&#233;issent. La fiction d&#233;mocratique n'y est introduite que par le biais du vote qui l&#233;gitime la pl&#233;nitude du pouvoir qu'exercent les gouvernants par l'entremise de l'&#201;tat : la souverainet&#233; (la situation est encore plus nette aujourd'hui, l'Assembl&#233;e n'a plus de pouvoir, les centres de direction sont ailleurs, et la l&#233;gitimation, qui en est dissoci&#233;e, porte sur un seul homme. Le probl&#232;me n'en reste pas moins exactement le m&#234;me).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;LA SOUVERAINET&#201;&lt;/h3&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;L'imp&#244;t est de tous les temps. Le service militaire a commenc&#233; avec le bulletin de vote. Vous qui savez ce que &#171; citoyen &#187; veut dire, vous qui savez que &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;soldat&lt;/q&gt; et &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;&#233;lecteur&lt;/q&gt; sont les deux &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;moments&lt;/q&gt; de souverainet&#233; du citoyen dans une libre R&#233;publique, vous &#234;tes les bienvenus &#224; la pr&#233;paration militaire parachutiste&lt;/q&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;(Affichette militaire au fort de Vincennes, 1958.)&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Quelle est donc cette souverainet&#233; du ciyoyen ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Cette souverainet&#233; est la propre seigneurie de l'&#201;tat... Or elle consiste en &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;puissance absolue&lt;/span&gt;, c'est-&#224;-dire parfaite et enti&#232;re de tout point... Et comme la couronne ne peut &#234;tre si son cercle n'est entier, aussi &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;la souverainet&#233; n'est point si quelque chose y fait d&#233;faut.&lt;/span&gt;&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi parlait, en 1666, Loyseau, l&#233;giste subtil et serviteur fid&#232;le de la monarchie. La souverainet&#233; dont il parle, c'est celle du roi de France. Mais la souverainet&#233; qu'il d&#233;finit, c'est toujours celle de l'&#171; &#201;tat fran&#231;ais &#187;. La couronne a chang&#233; de t&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;tat est souverain, c'est-&#224;-dire, en clair, les quelques individus qui &#171; repr&#233;sentent &#187; au sommet l'&#201;tat, qui parfois, disent-ils, &#171; l'incarnent &#187;, ont la puissance absolue &#8212; c'est-&#224;-dire, en clair, le monopole et l'usage exclusif de la force arm&#233;e &#8212; police, force militaire. Voil&#224; comment, par quelques mots, &#201;tat, souverainet&#233;, se trouve justifi&#233;e l'oppression par la minorit&#233;. Mais cette justification ne suffisait pas &#224; rassurer tout le monde, et les juristes vont inventer cette farce illogique : souverainet&#233;... du peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;C'est que le prince estime bon a force de loi... puisque le peuple lui conf&#232;re et met en lui sa souverainet&#233; et sa puissance&lt;/q&gt;&lt;i&gt; (Digeste)&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au III&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle de notre &#232;re, la fiction &#233;tait d&#233;j&#224; invent&#233;e. Une classe, la bourgeoisie, allait la reprendre &#224; son compte et b&#226;tir dessus sa fortune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le peuple qui a la souverainet&#233; ! Mais il ne la garde pas, il la d&#233;l&#232;gue. Les princes qui nous gouvernent renoncent &#224; ne tenir leur pouvoir que de Dieu. Ils ne le tiennent plus que du peuple. En fait, le peuple n'a jamais la mat&#233;rialit&#233; de la souverainet&#233;. Il n'a pas de moyen de l'exercer, ne serait-ce qu'un moment et en partie. Il n'a pas de moyen d'en contr&#244;ler l'exercice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet exercice, confi&#233; aux mains d'un seul homme, ou d'une petite minorit&#233; (d&#233;put&#233;s de la constituante de 89, minist&#232;re anglais, pr&#233;sident de la R&#233;publique en France, etc.), ne cesse jamais, n'est jamais remis aux mains des &#171; citoyens &#187;. On n'attend d'eux qu'une seule chose, qu'ils fassent le geste magique, qu'ils d&#233;l&#232;guent... quelque chose qu'ils n'ont jamais eu : la puissance absolue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Berneri faisait d'ailleurs remarquer la parent&#233; de conception entre le &#171; peuple souverain &#187; du jacobinisme et l'&#233;quivoque formule de la &#171; dictature du prol&#233;tariat &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Quel que soit le jacobinisme, il est destin&#233; &#224; faire d&#233;vier la r&#233;volution sociale. Et quand elle d&#233;vie, l'ombre d'un Bonaparte se profile&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le prol&#233;tariat a exerc&#233; sa &#171; dictature &#187; de la m&#234;me fa&#231;on que le peuple, il l'a d&#233;l&#233;gu&#233;e, et elle n'a jamais plus &#233;t&#233; sienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un cas comme dans l'autre, c'est la m&#234;me construction. Le pouvoir absolu est confi&#233; &lt;i&gt;en bloc&lt;/i&gt; &#224; une minorit&#233;, pour une p&#233;riode ind&#233;termin&#233;e, par la collectivit&#233;. Et ensuite, cette minorit&#233;, d'en haut, impose &#224; la collectivit&#233; un ordre social, met en place des organisations interm&#233;diaires qui ne d&#233;pendent que du sommet, que la collectivit&#233; ne peut contr&#244;ler. Certes, on peut &#233;lire son maire en France, mais une fois &#233;lu, il doit ob&#233;ir au pr&#233;fet pour ce qui est de la l&#233;gislation, au ministre des Finances pour ce qui est des moyens. C'est toujours l'accaparement, le contr&#244;le des organismes interm&#233;diaires par ceux qui exercent la souverainet&#233;. Ce qui pla&#238;t au souverain, c'est d'avoir devant lui des individus isol&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &#171; souverainet&#233; du peuple &#187;, ou &#171; dictature du prol&#233;tariat &#187;, n'est pas un m&#233;canisme social logique mais une fiction juridique. La &#171; d&#233;l&#233;gation &#187; populaire ou prol&#233;tarienne fut invent&#233;e pour justifier une forme de pouvoir (souverainet&#233; royale, dictature, tyrannie) qui existait bien avant cette justification. Il ne s'agit l&#224; que d'une adaptation.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;tt&gt;&lt;picto|nom=asterisk&gt;&lt;/tt&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il nous faut voir maintenant le syst&#232;me &#233;lectoral en tant que &lt;i&gt;m&#233;canisme juridique&lt;/i&gt;. Et ensuite essayer de le replacer dans son contexte g&#233;n&#233;ral pour voir plus nettement son r&#244;le et sa port&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;LES M&#201;CANISMES JURIDIQUES :&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'op&#233;ration des &#233;lections consiste &#224; donner, par un vote, un mandat. &lt;/i&gt; Il y a, en r&#233;alit&#233;, deux m&#233;canismes qu'il faut distinguer :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1) &lt;i&gt;Le vote : &lt;/i&gt; Selon le Larousse, le vote est un suffrage, un v&#339;u &#233;nonc&#233; par chacune des personnes appel&#233;es &#224; &#233;mettre un avis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mot d&#233;signe donc un proc&#233;d&#233; technique, et un proc&#233;d&#233; technique susceptible de bien des formes. Aussi les anarchistes ne sont- ils g&#233;n&#233;ralement pas oppos&#233;s au vote-proc&#233;d&#233; technique en tant que tel, au vote indicatif, qui n'a des cons&#233;quences obligatoires que pour ceux qui le veulent bien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus exactement, ce n'est pas au vote que les anarchistes en ont, c'est au mandat, &#224; la duperie monumentale que repr&#233;sente, dans la soci&#233;t&#233; actuelle, la pseudo-d&#233;l&#233;gation par le &#171; peuple &#187; de sa pr&#233;tendue &#171; souverainet&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voter en soi n'a rien, aux yeux d'un anarchiste, de &#171; r&#233;pr&#233;hensible &#187;. Emettre un avis sur un bulletin de vote, quoi de plus normal. Mais dans les &#233;lections, le vote ne sert pas &#224; &#233;mettre un avis, il sert &#224; conf&#233;rer un mandat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2) &lt;i&gt;Le mandat :&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Le mandat ou procuration est un acte par lequel une personne donne &#224; une autre le pouvoir de faire quelque chose pour le mandant, en son nom&lt;/q&gt;. (Code civil, art. 1984).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;l&#233;guer des pouvoirs, c'est donner un mandat. Et le terme se retrouve dans deux domaines : mandat civil du &lt;i&gt;droit priv&#233;&lt;/i&gt;, et mandat parlementaire, pr&#233;sidentiel, etc, du &lt;i&gt;droit public&lt;/i&gt;. Il y a longtemps que la bourgeoisie conna&#238;t le mandat civil, priv&#233;, h&#233;rit&#233; du Droit romain. Mais c'est seulement au XVIII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle qu'appara&#238;t cette notion de mandat public, de mandat parlementaire. Or, si l'on compare mandat priv&#233; et mandat public, on s'aper&#231;oit vite qu'ils sont tr&#232;s dissemblables ; ou, pour parler plus nettement, le &#171; bourgeois &#187; n'a pas du tout la m&#234;me conception de la d&#233;l&#233;gation du pouvoir selon qu'il s'agit de faire faire des affaires en son nom par un interm&#233;diaire (mandat civil), ou de faire g&#233;rer l'&#201;tat (mandat public). Comparons ces deux mandats :&lt;/p&gt;
&lt;table class=&#034;table spip&#034;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;MANDAT CIVIL&lt;/td&gt;
&lt;td&gt; &lt;/td&gt;
&lt;td&gt;MANDAT PARLEMENTAIRE&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;1&#176; Si le mandat est con&#231;u en termes g&#233;n&#233;raux (tous pouvoirs, etc.), il ne comporte que de simples pouvoirs d'&lt;i&gt;administration&lt;/i&gt;, c'est-&#224;-dire de routine.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour les actes graves (vente, etc), il doit &#234;tre expr&#232;s, c'est-&#224;-dire autoriser pr&#233;cis&#233;ment&lt;i&gt; tel ou tel acte&lt;/i&gt;. Et le mandataire ne peut rien faire d'autre que ce qui y est port&#233;.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;2&#176; Tout mandataire, sa gestion finie, rend des comptes &#224; celui qui l'a mandat&#233;.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;3&#176; Le mandataire est responsable des fautes qu'il commet dans sa gestion (et a fortiori de son dol : tromperie).&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;4&#176; Le mandant, celui qui a mandat&#233;, peut r&#233;voquer sa procuration quand bon lui semble.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;(Cf. Code civil, art. 1988, 1989, 1991, 1993, 2004.)&lt;/div&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;1&#176; Le bulletin de vote est un mandat en blanc. Le candidat n'est en rien tenu par son programme (qu'en fait il n'ex&#233;cute jamais). Mais ce mandat en blanc lui conf&#232;re, nous l'avons vu, les pleins pouvoirs, la souverainet&#233;.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;2&#176; Ceux &#224; qui le &#171; peuple &#187; d&#233;l&#232;gue sa &#171; souverainet&#233; &#187; ne rendent jamais de comptes.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;3&#176; Il n'y a aucun exemple de condamnation d'un dirigeant politique, ni pour ses fautes ni m&#234;me pour son dol av&#233;r&#233;.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;4&#176; Le citoyen ne peut r&#233;voquer sa procuration qu'&#224; des intervalles fix&#233;s, qu'il ne choisit m&#234;me pas puisque ce sont ses &#171; d&#233;l&#233;gu&#233;s &#187; qui d&#233;cident eux-m&#234;mes du moment favorable &#224; leur reconduction.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;On voit que dans le mandat priv&#233;, le mandant contr&#244;le &#224; tout moment son mandataire, celui-ci peut logiquement &#234;tre tenu pour son repr&#233;sentant. Par contre, dans le mandat public, le mandant ne contr&#244;le ses mandataires qu'&#224; intervalles plus ou moins &#233;loign&#233;s, et surtout au moment choisi par eux (pensons aux d&#233;coupages &#233;lectoraux, &#224; la tactique &#233;lectorale, aux pressions &#233;conomiques, &#224; la propagande et autres astuces de m&#234;me esp&#232;ce). De plus, le mandataire public est irresponsable, le citoyen contr&#244;le tr&#232;s mal son mandataire, celui-ci n'est pas son repr&#233;sentant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comparons ce pseudo-mandat public avec une repr&#233;sentation, par exemple celle du pr&#233;fet, repr&#233;sentant du Pouvoir central dans sa r&#233;gion. Le pr&#233;fet peut &#234;tre r&#233;voqu&#233; &#224; tout instant par d&#233;cret en Conseil des ministres, celui-ci sait tenir en main ses repr&#233;sentants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conclusion : Quand la banque Rotschild se choisit un mandataire (comme nagu&#232;re Pompidou), le mandat est &lt;i&gt;strict&lt;/i&gt;. Quand le m&#234;me Pompidou d&#233;l&#232;gue des agents de l'&#171; autorit&#233; &#187;, le mandat est toujours strict. Mais quand le &#171; Peuple &#187; d&#233;l&#232;gue des pouvoirs, qu'&lt;i&gt;il lui est d'ailleurs interdit d'exercer directement, ne serait-ce qu'en partie&lt;/i&gt;, le mandat devient extr&#234;mement souple, pour ne pas dire inexistant. Dans les deux cas pr&#233;c&#233;dents, le mandat est un m&#233;canisme, dans le dernier cas, c'est une fiction&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le m&#234;me Pompidou &#233;tudie les moyens de faire en sorte qu'en cas de gr&#232;ve, le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce &#224; dire que les gouvernements, ou d'une mani&#232;re plus g&#233;n&#233;rale, tous les d&#233;tenteurs de cette fameuse souverainet&#233;, soient incontr&#244;l&#233;s ? (l'id&#233;e selon laquelle le g&#233;n&#233;ral de Gaulle &#171; fait tout ce qu'il veut &#187;). Ce serait avoir une vue bien na&#239;ve de notre monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement n'est pas assur&#233; par le &#171; peuple &#187;, cette aimable abstraction, mais par une minorit&#233; (une classe) et par des moyens autres que ceux du vote.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syst&#232;me &#233;lectoral ne peut &#234;tre un moyen technique de choisir des responsables. Il y a pourtant une raison &#224; tout ce gaspillage de temps et d'argent qu'est une campagne &#233;lectorale. Ce qui n'est qu'une bien pauvre fiction juridique, devient, dans la vie, une importante op&#233;ration d'intoxication psychologique. Si le pouvoir de la minorit&#233; dirigeante s'exer&#231;ait sans masque, il deviendrait vite intol&#233;rable pour la plupart des gens. Le pouvoir pr&#233;tend donc s'exercer au nom des gouvern&#233;s eux-m&#234;mes. Encore faut-il, de temps &#224; autre, leur donner l'impression qu'ils &lt;i&gt;participent&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le conte classique de la f&#233;e qui pr&#234;te sa baguette magique : fais un v&#339;u, etc. Le v&#339;u se retourne d'ailleurs souvent contre celui qui l'a fait, et la baguette magique revient en des mains plus capables. Pendant un jour, le lampiste de base peut avoir l'impression qu'il a le pouvoir. Pendant quelques semaines, tous les hommes politiques, de tous les partis, &#171; r&#233;volutionnaires &#187; ou non, vont essayer de lui faire croire qu'il est important, que son opinion compte. L'op&#233;ration est-elle en g&#233;n&#233;ral r&#233;ussie ? Oui et non : oui, puisque au moins 50 p. 100 des gens votent ; non, parce que les pourcentages d'abstention sont g&#234;nants&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Elections cantonales de mars 1964. Pourcentage officiel d'abstention : 43,4% (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, et surtout parce que la plupart de ceux qui votent le font sans enthousiasme, &#171; parce qu'il faut bien faire quelque chose &#187;. Pour beaucoup d'entre eux, la vie se charge de les rappeler &#224; la r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;lections sont donc pour les anarchistes tout au plus une sorte de vaste socio-drame dirig&#233;, auquel la collectivit&#233; est invit&#233;e &#224; participer, pour mieux retourner ensuite au travail. Mais o&#249; est donc le pouvoir ? Dans les mains d'un groupe social modeste et discret, qui fait tout ce qu'il peut, aussi bien &#224; l'Est qu'&#224; l'Ouest, pour expliquer qu'il n'existe pas.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;LE GOUVERNEMENT DU PEUPLE&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La France est divis&#233;e en 3 800 communes, 89 d&#233;partements, 23 ressorts de l&#233;gions de gendarmerie, 17 r&#233;gions de police judiciaire, 9 r&#233;gions de groupements de C.R.S., 9 r&#233;gions militaires, 9 ressorts de &#171; super-pr&#233;fets &#187;. Et tout en haut de cette pyramide veille le ministre de l'Int&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les fils du &#171; gouvernement des hommes &#187; (et pas simplement la police) sont rassembl&#233;s dans ses mains, tandis que son puissant coll&#232;gue, le ministre des Finances, s'occupe des grandes lignes de I'&#171; administration des choses &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici quelle est l'organisation du minist&#232;re de l'Int&#233;rieur :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Premier niveau. &lt;/i&gt; &#8212; Le ministre et son cabinet : secr&#233;tariat + services adjoints (courrier, chiffre, transmissions, protection civile et service &#171; int&#233;rieur &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Deuxi&#232;me niveau. &lt;/i&gt; &#8212; Six directions : 1&#176; Finances et contentieux. 2&#176; Personnel et mat&#233;riel de police. 3&#176; R&#233;glementation. 4&#176; Affaires d&#233;partementales et communales (tutelle des collectivit&#233;s locales). 5&#176; Personnel et affaires politiques (administre le &lt;i&gt;corps pr&#233;fectoral&lt;/i&gt;, tient &#224; jour les dossiers, propose l'avancement, &#171; pr&#233;pare les &#233;lections &#187;)&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Waline : Trait&#233; de Droit administratif, page 265.&#034; id=&#034;nh5-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. 6&#176; La direction g&#233;n&#233;rale : la plus importante, se subdivise elle-m&#234;me en quatre directions : a) personnel et mat&#233;riel ; b) police judiciaire (rue des Saussaies) ; c) renseignements g&#233;n&#233;raux (police politique) ; d) surveillance du territoire (contre-espionnage).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Troisi&#232;me niveau.&lt;/i&gt; &#8212; Les &lt;i&gt;igames &lt;/i&gt; (super-pr&#233;fets) : prennent tous les pouvoirs du ministre &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;en cas de troubles, gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale par exemple&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Idem, page 269. Pour tous renseignements, se reporter &#224; ce livre.&#034; id=&#034;nh5-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Quatri&#232;me niveau.&lt;/i&gt; &#8212; Les pr&#233;fets &#171; d&#233;positaires dans les d&#233;partements de l'autorit&#233; de l'&#201;tat &#187;. Pour le d&#233;partement de la Seine et les 193 communes suburbaines : deux pr&#233;fectures : 1) de la Seine ; 2) de Police : se subdivise en trois services : a) police municipale ; b) renseignements g&#233;n&#233;raux (&#233;trangers, contre-espionnage, mouvements factieux) ; c) police judiciaire (Quai des Orf&#232;vres : quatre brigades : finances, de la voie publique, volante, &#171; mondaine &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le ministre exerce sur tous les fonctionnaires de son administration le pouvoir hi&#233;rarchique le plus total. Tous les fonctionnaires d&#233;pendent de son minist&#232;re, &#224; tous les niveaux et &#224; tous moments sont r&#233;vocables sans motivation de la d&#233;cision.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Recrutement : concours &#224; l'Ecole nationale d'Administration avec affectation &#224; la sortie au minist&#232;re de l'Int&#233;rieur. Mais le gouvernement peut toujours refuser une candidature ou recruter &#224; l'ext&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est qu'au &lt;i&gt;cinqui&#232;me niveau&lt;/i&gt; qu'interviennent des &#233;lections (sauf &#224; Paris o&#249; les maires ne sont pas &#233;lus, mais nomm&#233;s).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le maire et le conseil municipal : le conseil municipal est &#233;lu par les habitants de la commune en principe tous les six ans (le pr&#233;fet fixe la date des &#233;lections). Il n'est pas permanent (quatre sessions, mais possibilit&#233;s de sessions extraordinaires). Le gouvernement peut dissoudre le conseil municipal (d&#233;cret en conseil des ministres) sans donner de motifs. Le pr&#233;fet peut prononcer la &#171; d&#233;mission d'office &#187; d'un conseiller, notamment en cas de refus d'accomplir une fonction prescrite par la loi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pouvoirs du conseil municipal : vote du budget, cr&#233;ation de &lt;i&gt;services municipaux&lt;/i&gt;. Cette attribution pouvait offrir des possibilit&#233;s, et &#224; la fin du XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, un courant de &#171; socialisme municipal &#187; entra&#238;ne certaines communes &#224; cr&#233;er, sous ce pr&#233;texte, des boulangeries municipales, des boucheries municipales, des pharmacies municipales, etc. La r&#233;action fut d'abord brutale (1901, interdiction par le conseil d'&#201;tat) puis plus nuanc&#233;e : autorisation de principe, mais seulement en cas de carence des entreprises priv&#233;es (loi de 1926 et de 1955) et surtout avec l'organisation suivante, en cas de gestion directe, de R&#233;gie, par la municipalit&#233; (c'est-&#224;-dire le seul cas o&#249; on pourrait parler de tendances &#171; collectivistes &#187;) ; le service sera administr&#233; par un conseil d'exploitation : un quart des membres nomm&#233; par le pr&#233;fet, un quart par le maire, directeur nomm&#233; &lt;i&gt;par le maire avec l'agr&#233;ment du pr&#233;fet&lt;/i&gt;, le reste des membres peut &#234;tre nomm&#233; par le conseil municipal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le maire est &#233;lu par le conseil municipal. Il est plac&#233; &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;sous l'autorit&#233;&lt;/q&gt; du pr&#233;fet pour : la tenue de l'&#233;tat civil, la r&#233;vision des listes &#233;lectorales, la collaboration avec la police. Dans tous les cas, il peut &#234;tre suspendu pour un mois par le pr&#233;fet (sans motifs d&#233;clar&#233;s), trois mois par le minist&#232;re de l'Int&#233;rieur (idem) et m&#234;me r&#233;voqu&#233; par d&#233;cret motiv&#233; (le conseil d'&#201;tat admet comme motivation les injures &#171; grossi&#232;res &#187; &#224; l'&#233;gard d'un ministre).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pouvoirs du maire ? Il pr&#233;pare le budget (les recettes ordinaires en tant que &#171; repr&#233;sentant du conseil municipal &#187;, insuffisantes la plupart du temps, sont fix&#233;es, mais libres : les emprunts sont autoris&#233;s par le gouvernement. Parmi les d&#233;penses, certaines sont obligatoires, d'autres interdites. Toutes celles qui restent sont libres). Le maire a l'entier pouvoir du plan d'alignement des voies de la commune, les reconnaissances de dettes communales, les proc&#232;s communaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il reste toutefois, en tant que repr&#233;sentant du conseil municipal, plac&#233; sous &#171; la surveillance &#187; du pr&#233;fet. Il est tenu de se conformer aux lois et aux r&#232;glements en vigueur.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;LA CLASSE DIRIGEANTE&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les classes dirigeantes pass&#233;es ayant &#233;t&#233; bien &#233;tudi&#233;es (ce sont toujours les classes dirigeantes pass&#233;es qui sont &#233;tudi&#233;es), il n'est pas difficile d'en donner une d&#233;finition : la classe dirigeante est un groupe social minoritaire qui s'est empar&#233; de la direction du reste du milieu social en contr&#244;lant l'organisation politique de ce milieu (elle d&#233;tient des postes de &#171; commandement &#187;, et notamment le monopole de la force arm&#233;e) et l'organisation &#233;conomique (soit directement : patron, soit indirectement : &#201;tat-patron). La cons&#233;quence et le signe infaillible de sa pr&#233;dominance sociale est sa richesse ; si l'&#171; &#233;lite &#187; dirigeante n'est pas riche en arrivant au pouvoir, elle ne tarde jamais &#224; le devenir (par richesse, il faut entendre naturellement niveau de vie : peu importe que celui qui dispose d'un palais n'en soit pas &#171; propri&#233;taire &#187;, du moment qu'il sait qu'il pourra s'en servir tant qu'il le d&#233;sire). Enfin, ce groupe social, cette classe, tend automatiquement &#224; la continuit&#233;, c'est-&#224;-dire &#224; l'h&#233;r&#233;dit&#233; du niveau social ; et, corr&#233;lativement, elle est &#224; peu pr&#232;s ferm&#233;e &#224; tout intrus d'un niveau social &#171; inf&#233;rieur &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette d&#233;finition un peu longue une fois pos&#233;e, nous pouvons nous demander s'il y a vraiment, oui ou non, une classe dirigeante actuellement. Et nous rencontrons d'abord &lt;i&gt;trois arguments&lt;/i&gt; qui nous d&#233;montrent qu'il n'y a plus &#171; &#224; proprement parler &#187; de classe dirigeante :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1&#176; &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Les industries cl&#233;s sont nationalis&#233;es, ou en voie de l'&#234;tre. Les grandes entreprises elles-m&#234;mes sont int&#233;gr&#233;es dans le plan national. Il n'y a donc plus que des salari&#233;s, la &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;plus-value&lt;/q&gt; tend &#224; dispara&#238;tre sauf dans le petit commerce, la petite industrie, tenus pour n&#233;gligeables.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;L'argument joue encore plus dans le cas de la Russie o&#249; tout est pratiquement nationalis&#233; (et non collectivis&#233; comme on le dit &#224; tort)&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette premi&#232;re objection doit, &#224; notre avis, &#234;tre &#233;cart&#233;e imm&#233;diatement. Elle confond en effet la &lt;i&gt;mani&#232;re &lt;/i&gt; dont une classe s'approprie &#224; la fois le pouvoir et un niveau de vie tr&#232;s sup&#233;rieur (les deux sont toujours li&#233;s) avec l'existence de cette classe. Or, le mode d'appropriation juridique du pouvoir et de la richesse importe peu en fait. La haute bourgeoisie du XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle d&#233;tenait le pouvoir parce qu'elle &#233;tait individuellement propri&#233;taire des moyens de production, et qu'elle percevait la plus-value. Mais les anc&#234;tres de cette bourgeoisie dans les si&#232;cles pr&#233;c&#233;dents n'avaient conquis cette position que par l'accaparement des charges publiques. Avant elle, la haute noblesse f&#233;odale tirait sa richesse de l'exercice des pouvoirs publics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette rapide remont&#233;e dans les si&#232;cles, pour superficielle qu'elle soit, aide &#224; comprendre que l'exploitation de la soci&#233;t&#233; par une classe peut prendre bien d'autres formes que celles de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e du code civil et de la plus-value au sens strictement marxiste du terme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ailleurs, que le capitalisme ait chang&#233;, c'est l&#224; une &#233;vidence, encore convient-il de bien noter que la r&#233;gression de la petite et moyenne entreprise au profit des trusts &#224; caract&#232;re monopoliste n'en a pas pour autant d&#233;sagr&#233;g&#233; la classe bourgeoise, bien au contraire, elle a plut&#244;t renforc&#233; la solidarit&#233; soumise des petits actionnaires avec les &#171; gros &#187;, en m&#234;me temps qu'elle a accru la puissance de ceux-ci et notamment au niveau politique, en consommant la r&#233;conciliation du capitalisme industriel avec le capitalisme bancaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2&#176; Les diff&#233;rences de niveau de vie (si importantes puisqu'elles forment la mentalit&#233; du groupe social, et ses raisons d'agir) se seraient att&#233;nu&#233;es. Il n'y aurait plus de foss&#233;s entre groupes sociaux, on passerait d'un niveau de revenu &#224; un autre par d'insensibles transitions. C'est l'image d'une pente douce, avec le man&#339;uvre portugais &#224; un bout et le pr&#233;sident-directeur de P&#233;chiney &#224; l'autre. Il y a bien une petite diff&#233;rence, mais le dimanche ils portent le m&#234;me complet... ce genre d'exemple simplet est fr&#233;quent dans certains milieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3&#176; De toute fa&#231;on, l'in&#233;galit&#233; encore existante dans les niveaux sociaux serait le strict reflet de la &#171; valeur individuelle &#187; de chacun. La preuve en serait que si, par exemple, le fils du man&#339;uvre portugais, devenu fran&#231;ais bien entendu, a les &#171; capacit&#233;s intellectuelles &#187;, il pourra s'&#233;lever dans l'&#233;chelle sociale et, qui sait, devenir pr&#233;sident-directeur de, disons Saint-Gobain, pour varier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'argumentation toute enti&#232;re se r&#233;sume alors ainsi : il manque, de nos jours, deux caract&#232;res essentiels pour faire une classe dirigeante : la diff&#233;rence tr&#232;s nette de niveau de vie, autrement dit la coupure sociale (argument 2), et l'h&#233;r&#233;dit&#233; (argument 3). Cette argumentation para&#238;t tr&#232;s d&#233;mentie par ce que nous pouvons savoir de la r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;LA COUPURE SOCIALE&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La pyramide des revenus&lt;/i&gt; (I.N.S.E.E.). &#8212; Etablie par l'Institut national de la Statistique (le seul organisme s&#233;rieux actuellement, et de plus d'&#201;tat), cette pyramide r&#233;v&#233;latrice a peu attir&#233; l'attention de la presse. A notre connaissance, elle n'a &#233;t&#233; publi&#233;e que par&lt;i&gt; France Observateur&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Tribune Socialiste&lt;/i&gt; (troisi&#232;me semaine d'octobre 1964). Elle m&#233;ritait pourtant plus d'int&#233;r&#234;t&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'I.N.S.E.E. a dress&#233; son graphique &#224; partir d'une enqu&#234;te portant sur 20 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Ce document nous enseigne entre autres :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1&#176; Que la hi&#233;rarchie des revenus est &#233;norme dans notre pays, puisque pr&#232;s d'un million de vieux, &#233;conomiquement faibles, ne disposent que de 6 000 francs par mois, alors qu'&#224; l'autre extr&#233;mit&#233; de la pyramide, plus de 500 familles ont un revenu de 5 &#224; 6 millions par mois chacune (150 000 disposent de plus de 312 000 francs par mois, 14 000 de plus de 625 000 francs, 3 000 de plus de 3 millions, et quelques dizaines de 10 &#224; 20 millions par mois).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La hi&#233;rarchie des revenus en France va donc de 1 &#224; 2 000 ou 3 000&lt;/i&gt;. Encore cette disparit&#233; de revenus serait-elle beaucoup plus forte si les classes privil&#233;gi&#233;es ne dissimulaient pas au fisc une partie importante de leurs revenus, soit que la loi les y autorise (revenus d'emprunts d'&#201;tat, int&#233;r&#234;ts de pr&#234;ts aux soci&#233;t&#233;s d'investissement, certains b&#233;n&#233;fices dans la vente d'appartements, avantages en nature offerts &#224; leurs dirigeants par les grandes soci&#233;t&#233;s : chauffeurs, auto, villa, chasse, domestique, yachts), soit qu'elles fraudent purement et simplement (commer&#231;ants, professions lib&#233;rales...). Les revenus r&#233;els de ces groupes sociaux favoris&#233;s sont manifestement sup&#233;rieurs &#224; ceux que le fisc a recens&#233;s dans la pyramide ci-dessus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2&#176; Comme nous l'avons rappel&#233; bien des fois, la grande masse des m&#233;nages fran&#231;ais n'a encore qu'un revenu extr&#234;mement bas, puisque 45% disposent de moins de 62 500 &#224; 100 000 francs par mois. Au total, trois m&#233;nages sur quatre ont moins de 100 000 francs par mois pour vivre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela n'est pas pour surprendre, puisque les statistiques du minist&#232;re du Travail &#233;tablissent que 65 p. 100 des ouvriers et des employ&#233;s gagnent encore moins que 55 000 anciens francs par mois et que les salaires moyens pour ces deux cat&#233;gories &#8212; qui constituent les 7/8 des salari&#233;s du commerce et de l'industrie &#8212; sont d'environ :&lt;/p&gt;
&lt;table class=&#034;table spip&#034;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;Hommes&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;Femmes&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;Ouvriers&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;58 000&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;38 000&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;Employ&#233;s&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;68 000&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;52 000&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;Pour ce qui est de l'&lt;i&gt;h&#233;r&#233;dit&#233;&lt;/i&gt;, la documentation se fait plus rare, on pourra cependant prendre une connaissance assez pr&#233;cise du r&#244;le politique et &#233;conomique que jouent les dynasties financi&#232;res et industrielles, en compulsant les num&#233;ros du &lt;i&gt;Crapouillot &lt;/i&gt; : &#171; les gros &#187; et &#171; les 200 familles &#187;... et aussi &#171; les ma&#238;tres de l'U.N.R. &#187; et &#171; la r&#233;publique des Rotschild &#187;. Mais l'id&#233;e qui nous int&#233;resse ici est celle de la &#171; promotion sociale &#187; : la promotion des individus de valeur serait une r&#233;alit&#233;, du fait que l'universit&#233; est ouverte &#224; tous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les statistiques r&#233;cemment publi&#233;es dans un ouvrage au titre significatif&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Les H&#233;ritiers &#187;. Les &#233;tudiants et la culture. 1964, Ed. de Minuit.&#034; id=&#034;nh5-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; par les sociologues Passeron et Bourdieu, nous montrent que l'universit&#233; compte 0,6 p. cent de fils de salari&#233;s agricoles, 0,9 p. 100 de fils du personnel de service, 6,4 p. 100 de fils d'ouvriers et 7,9 p. cent d'employ&#233;s (de bureaux et de commerce). Contre 28 p. 100 de fils de cadres sup&#233;rieurs et de membres de professions lib&#233;rales, 17,7 p. cent de fils de patrons de l'industrie et du commerce, 17,8 p. cent de fils de cadres moyens et 7 p. cent de fils de rentiers sans profession. Ces pourcentages d&#233;j&#224; r&#233;v&#233;lateurs quant &#224; l'&#233;galitarisme de l'enseignement fran&#231;ais, deviennent probants si l'on en d&#233;duit le nombre d'&#233;tudiants pour 1 000 personnes actives de la cat&#233;gorie d'origine ; ce nombre part de 1,4 pour les salari&#233;s agricoles, 1,7 pour le personnel de service, 1,9 pour les ouvriers, passe &#224; 6,8 pour les employ&#233;s, pour aboutir ensuite &#224; 106,8 pour les industriels et 168 pour les professions lib&#233;rales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux obstacles &#233;conomiques, &#233;vidents, s'ajoutent les obstacles culturels, peut-&#234;tre moins apparents mais tout aussi efficaces (cf. titre de l'ouvrage cit&#233;) et qui ont notamment pour effet, d'une part le retard et le pi&#233;tinement des &#171; classes d&#233;favoris&#233;es &#187; qui, s'il n'est pas absolument r&#233;dhibitoire quant &#224; l'obtention des &#171; places &#187; s'accompagne d'autre part d'une rel&#233;gation des &#171; classes inf&#233;rieures &#187; dans certaines disciplines : 7,2 p. 100 et 8,6 p. 100 de fils d'ouvriers en lettres et en sciences (pour devenir : professeurs, techniciens, cadres moyens et subalternes...) contre 4,8 p. 100 en droit, 3,1 p. 100 et 2,2 p. 100 en pharmacie, alors que les fils des cadres sup&#233;rieurs et professions lib&#233;rales, par exemple, sont 27,1 p. 100 en droit, 34 p. 100 en m&#233;decine, 44,2 p. 100 en pharmacie, contre 27,6 p. 100 et 25,1 p. 100 en sciences et en lettres. L'in&#233;galit&#233; est encore plus nette pour ce qui est des grandes &#233;coles, p&#233;pini&#232;res des futurs cadres sup&#233;rieurs, administrateurs publics et priv&#233;s. Prenons les &#233;coles les plus renomm&#233;es pour leurs d&#233;bouch&#233;s : Polytechnique compte dans ses effectifs 2 p. 100 de fils d'ouvriers contre 13 p. 100 de fils de patrons de l'industrie et du commerce et 57 p. 100 de fils des professions lib&#233;rales et cadres sup&#233;rieurs ; les &#233;coles normales sup&#233;rieures de la rue d'Ulm (gar&#231;ons) et de S&#232;vres (filles) d&#233;nombrent 3 p. 100 de fils d'ouvriers contre 51 p. 100 de fils de cadres sup&#233;rieurs et professions lib&#233;rales, et 9 p. 100 de fils de patrons de l'industrie et du commerce. Arrivons-en, pour terminer ces &#233;num&#233;rations fastidieuses, au sanctuaire de la haute bourgeoisie qu'est l'Institut d'Etudes Politiques (Sciences-P&#244; pour ceux qui connaissent !) et qui pr&#233;pare &#224; &#171; ma tr&#232;s fid&#232;le &#187; Ecole nationale d'Administration (pr&#233;fets, sous-pr&#233;fets, diplomates, secr&#233;taires de cabinet, conseil d'&#201;tat, minist&#232;re des Finances...) : on y trouve 2 p. 100 de fils d'ouvriers (33,8 p. 100 de la population active) contre 19 p. 100 de fils de patrons de l'industrie et du commerce (12 p. 100 de la population active).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi donc si pour un fils de prol&#233;taire les chances d'acc&#233;der au poste de cadre moyen sont minimes, celles d'acc&#233;der &#224; celui de cadre sup&#233;rieur ou plus g&#233;n&#233;ralement de dirigeant sont purement symboliques, tant il est vrai que :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Les classes privil&#233;gi&#233;es trouvent dans l'id&#233;ologie (de la s&#233;lection par le talent) une l&#233;gitimation de leurs privil&#232;ges culturels qui sont ainsi transmu&#233;s d'h&#233;ritage social en gr&#226;ce individuelle ou en m&#233;rite personnel. &lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Ainsi masqu&#233;, le &#171; racisme de classe &#187; peut s'afficher sans jamais appara&#238;tre&lt;/q&gt;. &lt;br class='autobr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;(Op. cit.)&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Telle est, nous semble-t-il, la juste r&#233;ponse &#224; l'argument n&#176; 3.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il reste cependant, et c'est l&#224; pr&#233;cis&#233;ment notre propos, une voie d'acc&#232;s vers un niveau plus &#233;lev&#233; de l'ordre social pour les ambitions prol&#233;tariennes individuelles, c'est la voie politique et surtout parlementaire (on pourrait envisager dans cette optique un parlementarisme syndical). L'histoire de la social-d&#233;mocratie allemande et des partis communistes fran&#231;ais et italien (entre autres...) est bien faite pour inciter l'arrivisme, ou du moins pour le catalyser ; les &#171; repr&#233;sentants &#187; &#233;lus, des partis soi-disant prol&#233;tariens, et m&#234;me &#171; r&#233;volutionnaires &#187;, savent se montrer collectivement de bons gardiens du syst&#232;me d&#232;s lors que, d&#233;put&#233;s, il leur assure largement le n&#233;cessaire et le superflu, et satisfait leur volont&#233; de puissance (en 1936 : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Il faut savoir finir une gr&#232;ve&lt;/q&gt;), ce sont m&#234;me de bons g&#233;rants du capitalisme &#224; qui l'on peut faire confiance dans les heures graves (en 45 : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Produire d'abord, revendiquer ensuite&lt;/q&gt;. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;La gr&#232;ve, c'est l'arme des trusts&lt;/q&gt;). Mais individuellement aussi les politiciens du prol&#233;tariat peuvent se faire appr&#233;cier comme &#233;ventuels administrateurs de soci&#233;t&#233;s (priv&#233;es), plus couramment encore ils peuvent &#234;tre tout simplement v&#233;naux. Ce sont l&#224; les seuls modes de &#171; promotion sociale &#187; du prol&#233;tariat, le second terme de l'alternative &#233;tant la destruction de cet ordre social hi&#233;rarchis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;tt&gt;&lt;picto|nom=asterisk&gt;&lt;/tt&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il pourrait y avoir une certaine confusion entre &lt;i&gt;notre attitude antiparlementaire et celle des id&#233;ologies totalitaires&lt;/i&gt; (elles deviennent parlementaristes quand elles peuvent organiser la terreur polici&#232;re). Si nous sommes antiparlementaristes, c'est parce que nous reprochons au parlementarisme son &lt;i&gt;manque de d&#233;mocratie&lt;/i&gt; (dans le sens &#171; pouvoir du peuple &#187;), tandis que les th&#233;ories totalitaires lui reprochent un &lt;i&gt;exc&#232;s de d&#233;mocratie&lt;/i&gt;. Les uns et les autres consid&#232;rent que le r&#233;gime &#233;lectoral et parlementaire, tout en gardant les apparences d'un &#171; vox populi &#187;, n'est pas une vraie expression de la voix du peuple. Nous consid&#233;rons que cela provient de deux faits : le d&#233;put&#233; et le pouvoir l&#233;gislatif sont un paravent au vrai pouvoir, celui de la classe dominante qui utilise les fa&#231;ades pseudo-populaires pour toujours imposer ses d&#233;cisions ; par le truchement du vote, on continue de tenir et de perp&#233;tuer les vieux sentiments, les vieilles habitudes et les symboles de repr&#233;sentation, de soumission, d'abdication, de centralisation, d'irresponsabilit&#233;, d'immaturit&#233; des masses en les emp&#234;chant de s'occuper effectivement et directement des probl&#232;mes de leur propre vie en tant que producteurs, consommateurs et citoyens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les th&#233;ories autoritaires, encore plus les th&#233;ories totalitaires, par contre, refusent toute participation populaire, m&#234;me la fiction du parlementarisme, en d&#233;cr&#233;tant que la masse n'a qu'un devoir &#8212; se soumettre, ob&#233;ir, ex&#233;cuter les directives venues d'en haut, soit d'un chef providentiel et omniscient, soit d'une oligarchie, parti, mouvement, arm&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'attitude antiparlementaire classique nous semble insuffisante. La plupart des &#233;lecteurs sont d'accord sur le c&#244;t&#233; ridicule et impuissant de la pratique &#233;lectoraliste, mais &lt;i&gt;ils continuent tout de m&#234;me &#224; voter&lt;/i&gt;, parce qu'ils ne voient pas d'autre possibilit&#233;. La propagande antiparlementaire purement n&#233;gative ne suffit pas, il faut en m&#234;me temps proposer quelque chose d'autre. Cet &#171; autre chose &#187; peut se situer sur deux plans : un plan &lt;i&gt;lointain&lt;/i&gt; &#8212; le changement du r&#233;gime par un autre, plus juste, plus humain, vraiment d&#233;mocratique ; un plan &lt;i&gt;quotidien&lt;/i&gt; &#8212; l'encouragement et la participation en tant qu'individu (dans certains cas m&#234;me, en tant que groupe ou f&#233;d&#233;ration), &#224; l'activit&#233; sociale quotidienne, surtout celle o&#249; l'emprise &#233;tatique est la moins forte, pour pouvoir susciter, encourager les initiatives, les aspirations, les besoins venant de la base, c'est-&#224;-dire de vastes couches du peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'organisation libertaire de la vie sociale &lt;/i&gt; n'est que l'expression de la d&#233;mocratisation pouss&#233;e et effect ive : une multitude d'organisations locales le plus autonome possible (donc le plus responsable et le plus &#171; adulte &#187;) r&#233;unies par agglom&#233;ration, par r&#233;gion, par unit&#233; territoriale, r&#233;unies aussi par affinit&#233; et similitude d'int&#233;r&#234;t et de travail, sur la base d'entraide, de f&#233;d&#233;ralisme, d'autogestion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;limination des secteurs de distribution artificielle (comme aujourd'hui tel produit vendu 5 ou 8 fois plus cher au consommateur qu'il n'est achet&#233; au producteur) abaissera les co&#251;ts de production. La concentration des industries, horizontalement et verticalement, supprimera la concurrence et permettra de diversifier, d'adapter l'offre &#224; la demande. Le nivellement, la r&#233;duction des diff&#233;rences de salaires &#233;vitera les in&#233;galit&#233;s sociales cr&#233;&#233;es dans les r&#233;gimes actuels capitalistes et communistes &#224; des fins d&#233;magogiques et r&#233;pressives (&#171; diviser pour r&#233;gner &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est &#224; remarquer que ces trois mesures : suppression des secteurs parasitaires, de la concurrence et &#233;galisation des salaires, en m&#234;me temps que la cr&#233;ation de conseils ou comit&#233;s ouvriers ou paysans, sont les ph&#233;nom&#232;nes qui apparaissent dans tout mouvement historique o&#249; les masses ont une part importante. La Russie de 1917-21, les mouvements spartakistes allemands de 1919-20, les occupa-tions d'usines en Italie en 1920, l'Espagne en 1936, la Hongrie en 1956, l'Alg&#233;rie en 1962, pour ne prendre que les exemples les plus caract&#233;ristiques, ont appliqu&#233; ces m&#233;thodes. Il ne s'agit pas par cons&#233;quent d'une vue th&#233;orique. Et il est aussi int&#233;ressant de signaler que c'est en Espagne, o&#249; l'anarchisme &#233;tait le plus puissant et le plus organis&#233;, que la participation des travailleurs &#224; la gestion de la soci&#233;t&#233; a &#233;t&#233; la plus pouss&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les conceptions anarchistes de gestion ne sont pas sp&#233;cifiques au mouvement anarchiste, elles sont une n&#233;cessit&#233; dans une soci&#233;t&#233; dont les besoins et les contradictions ont cr&#233;&#233; les chambres &#224; gaz et les bombes nucl&#233;aires.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Le m&#234;me Pompidou &#233;tudie les moyens de faire en sorte qu'en cas de gr&#232;ve, le contr&#244;le de l'E.D.F. demeure aux mains de sa direction, qui en est &#171; gestionnaire et d&#233;positaire au nom du propri&#233;taire, l'&#201;tat , et ne tombe pas, f&#251;t-ce pour quelques heures, au seul pouvoir d'un comit&#233; de gr&#232;ve sans mandat et sans responsabilit&#233; &#187; (&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, 24-12-1964).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Elections cantonales de mars 1964. Pourcentage officiel d'abstention : 43,4% (&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, 11 mars 1964). Si l'on tient compte du fait que, d'apr&#232;s une &#233;tude de &lt;i&gt;L'Express&lt;/i&gt; (10-62), sur 30 267 900 Fran&#231;ais en &#226;ge de voter, 2 267 900 n'ont pas pris la peine de se faire inscrire, on comprend pourquoi le nombre des &#171; abstentionnistes &#187;, au sens large du mot, inqui&#232;te tant les &#171; pousse au vote &#187; de droite et de gauche.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Waline : &lt;i&gt;Trait&#233; de Droit administratif&lt;/i&gt;, page 265.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Idem, page 269. Pour tous renseignements, se reporter &#224; ce livre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;L'I.N.S.E.E. a dress&#233; son graphique &#224; partir d'une enqu&#234;te portant sur 20 000 familles-&#233;chantillons. Le revenu retenu est le revenu fiscal. Le revenu r&#233;el d&#233;passe de 10 &#224; 30% le revenu fiscal, principalement dans les cat&#233;gories sociales &#233;lev&#233;es. Aux r&#233;sultats ainsi obtenus, on pourrait ajouter les quelques lignes que consacrait &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; (30-4-62) aux pyramides des salaires et aux d&#233;clarations d'imp&#244;ts (2-2-64). L'image que ces documents nous donnent est celle d'un groupe social dont le niveau de vie n'a rien de commun avec le niveau de vie du plus grand nombre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&#171; Les H&#233;ritiers &#187;. Les &#233;tudiants et la culture. &lt;/i&gt; 1964, Ed. de Minuit.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;P.J. Vidal &#171; Les &#233;lections - Manifestation de la souverainet&#233; populaire ? &#187;,&lt;i&gt; Noir et Rouge&lt;/i&gt; n&#176;29, mars 1965 ; repris dans &lt;i&gt;Les anarchistes et les &#233;lections&lt;/i&gt;, Volont&#233; anarchiste n&#176;3, 1978&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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