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	<title>PARTAGE NOIR</title>
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		<title>PARTAGE NOIR</title>
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		<title>Les mots et des choses : Le mot &#171; socialisme &#187;</title>
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		<dc:date>2023-09-19T22:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre-Valentin Berthier </dc:creator>


		<dc:subject>Espoir - CNT AIT</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Ayant pass&#233; en revue les vicissitudes des mots &#171; r&#233;publique, &#171; d&#233;mocrate &#187; et &#171; libertaire &#187;, c'est &#224; la destin&#233;e du mot &#171; socialis&#173;me &#187; et de son d&#233;riv&#233; &#171; socialiste &#187;, tous deux souvent maltrait&#233;s mais s'en &#233;tant tir&#233;s sans trop de dommages, que nous consacrerons ce chapitre.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-espoir-cnt-ait-+" rel="tag"&gt;Espoir - CNT AIT&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/sans_titre-4_copie-4c8d8.jpg?1774695290' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ayant pass&#233; en revue les vicissitudes des mots &#171; r&#233;publique, &#171; d&#233;mocrate &#187; et &#171; libertaire &#187;, c'est &#224; la destin&#233;e du mot &#171; socialis&#173;me &#187; et de son d&#233;riv&#233; &#171; socialiste &#187;, tous deux souvent maltrait&#233;s mais s'en &#233;tant tir&#233;s sans trop de dommages, que nous consacrerons ce chapitre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;IV. - LE MOT &#171; SOCIALISME &#187; &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les mots &#171; socialisme &#187;, &#171; socialiste &#187;, n'ont pas de chance : ils ont &#233;t&#233; mis aux sauces les plus indigestes ; &#8212; ou plut&#244;t ils en ont beaucoup : malgr&#233; des emplois tr&#232;s nocifs, ils n'ont gu&#232;re &#233;t&#233; d&#233;valu&#233;s, ainsi que tend &#224; le d&#233;montrer le r&#233;cent succ&#232;s &#233;lectoral du parti socialiste en France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans remonter au socialisme dit &#171; utopique &#187;, on sait que deux grands courants se sont partag&#233;s le socialisme &#224; partir de la moiti&#233; du XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle : le courant autoritaire, &#233;tatique, se r&#233;f&#233;rant surtout &#224; Marx et &#224; Engels ; le courant libertaire, anti&#233;tatique, se recommandant principalement de Proudhon et de Bakounine. Le premier &#233;tait centraliste et jacobin, le second communaliste et f&#233;d&#233;ratif. Tous deux internationalistes mais chacun &#224; sa mani&#232;re. Dans l'&#233;preuve de 1914, les socialistes autoritaires se ralli&#232;rent presque tous &#224; l'union sacr&#233;e ; les socialistes libertaires, &#224; quelques exceptions pr&#232;s, refus&#232;rent de collaborer avec les bellig&#233;rants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce ne sont donc pas vraiment deux tendances d'un m&#234;me socialisme, mais plut&#244;t deux socialismes tout &#224; fait diff&#233;rents. Si, dans l'action quotidienne contre l'adversaire commun, les partisans de l'un et de l'autre se retrouvaient souvent au coude &#224; coude, les d&#233;bats qui ne cess&#232;rent jamais de les opposer montraient en permanence la dissemblance de leurs philosophies, correspondant &#224; des temp&#233;raments humains divergents. La n&#233;cessit&#233; d'ajouter un adjectif au mot &#171; socialisme &#187; en r&#233;v&#233;lait la profonde ambigu&#239;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celle-ci ne fit que cro&#238;tre quand, la r&#233;volution russe de 1917 ayant fait &#233;clater les partis ouvriers, on se trouva en pr&#233;sence de deux mouvements : le mouvement communiste li&#233; au bolchevisme moscovite, et un mouvement socialiste traditionnel, parlementariste, vulgairement appel&#233; &#171; social-d&#233;mocratie &#187; ou &#171; travaillisme &#187; dans les pays anglo-saxons. Tous deux se r&#233;clamaient pareillement du socialisme, le premier comme une sorte de &#171; super-socialisme &#187; r&#233;volutionnaire, le second comme un socialisme r&#233;formiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que prenant &#224; leur compte les principes formul&#233;s par les &#171; grands anc&#234;tres &#187;, les deux mouvements s'en &#233;cartaient s&#233;rieusement. Le socialisme &#224; la russe &#233;tait une &#233;tatisation de toute l'activit&#233; publique ne laissant aucune place &#224; l'initiative priv&#233;e ni &#224; la libert&#233; individuelle. La social-d&#233;mocratie, quant &#224; elle, en arrivait au contraire &#224; ne plus mettre en cause les normes de la soci&#233;t&#233; ancienne, g&#233;rait les affaires du monde capitaliste selon la tradition bourgeoise et se compromettait souvent dans une collaboration peu reluisante avec les classes dirigeantes. Il serait injuste de pr&#233;tendre qu'il n'y a pas eu de socialisme dans ce qui fut r&#233;alis&#233; ; des conqu&#234;tes sociales ont &#233;t&#233; obtenues. Mais l'&#233;volution g&#233;n&#233;rale du socialisme a fait sombrer le mot dans l'&#233;quivoque, d'autant plus que les deux mouvements se livraient une guerre &#224; mort : l'Internationale communiste traitait les sociaux-d&#233;mocrates de &#171; social-fascistes &#187; &#224; cause de leur fr&#233;quente d&#233;mission devant les factieux de droite et de la r&#233;pression qu'ils exerc&#232;rent contre les soul&#232;vements ouvriers ; de leur c&#244;t&#233;, les sociaux-d&#233;mocrates mettaient en relief les atrocit&#233;s liberticides commises par les communistes l&#224; o&#249; ceux-ci monopolisaient le pouvoir avec une rigueur et une intol&#233;rance dignes des fanatismes religieux pers&#233;cuteurs. Quelques tr&#234;ves comme le Front populaire permirent des progr&#232;s sociaux int&#233;ressants, mais elles furent de peu de dur&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;tt&gt;&lt;picto|nom=asterisk&gt;&lt;/tt&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Le mot &#171; socialisme &#187; avait &#233;t&#233; repris entre-temps par les mouvements totalitaires de droite, surtout par Hitler et le national-socialisme. Ici, la confusion est extr&#234;me : pour mieux d&#233;truire le puissant socialisme allemand &#8212; divis&#233; en deux fractions ennemies : la bolcheviste et la social-d&#233;mocrate &#8212;, Hitler s'approprie la d&#233;nomination m&#234;me de &#171; socialisme &#187; ; et, puisque le mot ne signifie plus rien sans l'appoint d'un adjectif, il y ajoute l'&#233;pith&#232;te &#171; national &#187;. Comme le parti fasciste italien, le parti nazi avait d'ailleurs un programme social &#233;tendu : paternaliste, corporatiste, communautaire, avec certains aspects hardis destin&#233;s &#224; convaincre le peuple qu'il n'est pas r&#233;actionnaire (les mots &#171; r&#233;volution nationale &#187; furent adopt&#233;s en France par P&#233;tain au temps du projet de &#171; charte du travail &#187;, sous l'occupation hitl&#233;rienne). Il s'est fond&#233; en outre un socialisme chr&#233;tien ; on a vu un socialisme islamique gouverner des pays d'Afrique, et des peuples de race noire adopter sous le nom de &#171; socialisme &#187; des r&#233;gimes de parti unique arborant le pavillon d&#233;mocratique sur un contenu dictatorial. En revanche, un socialisme dit &#171; autogestionnaire &#187; a vu le jour sous des formes diverses (Yougoslavie, Alg&#233;rie), et des syndicalistes polonais y aspirent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; ces avatars peu glorieux, le mot &#171; socialisme &#187; a conserv&#233; son prestige. Aucun de ces contacts impurs ne semble l'avoir d&#233;shonor&#233;. Le socialisme libertaire lui-m&#234;me poursuit son existence marginale. Cependant, il y eut des esprits pour s'alarmer de la d&#233;ch&#233;ance du mot. Le regrett&#233; Gaston Leval, qui avait d'abord intitul&#233; sa publication &lt;i&gt;Cahiers du socialisme libertaire&lt;/i&gt;, en modifia plus tard le titre et y rempla&#231;a le mot &#171; socialisme &#187;, d&#233;cid&#233;ment trop polys&#233;mique, par le mot &#171; humanisme &#187;, avant de forger le nouveau titre, encore usit&#233;, de &lt;i&gt;Civilisation libertaire&lt;/i&gt;. Je ne crois pas qu'il ait gagn&#233; &#224; ces substitutions un lecteur ou un adepte de plus. Et les heurs et malheurs du mot n'ont pas davantage &#244;t&#233; une voix &#224; Mitterrand, comme si, finalement, tout cela n'avait aucune importance.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;tt&gt;&lt;picto|nom=asterisk&gt;&lt;/tt&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, il y a tout int&#233;r&#234;t &#224; ce que le mot soit rendu &#224; son sens d'origine : appropriation collective des biens de production au profit de la communaut&#233; des travailleurs, pour la satisfaction maximale des besoins g&#233;n&#233;raux et particuliers. Cette appropriation vise surtout, voire exclusivement, ce qui exc&#232;de l'usage individuel ou artisanal. Elle est parfaitement compatible avec les libert&#233;s publiques. Il est abusif de coller l'&#233;tiquette &#171; socialiste &#187; &#224; des r&#233;gimes qui n'ont pas r&#233;alis&#233; cette appropriation, et, d'autre part, c'est pervertir le socialisme par une imposture criminelle que de l'assortir de la confiscation des libert&#233;s essentielles, comme l'a fait une clique baptis&#233;e &#171; parti &#187; et cramponn&#233;e &#224; un &#201;tat totalitaire dans de nombreux pays qui se recommandent du marxisme et du l&#233;ninisme. Cette conception, qui est demeur&#233;e celle des socialistes libertaires, trop peu &#233;cout&#233;s, fait son chemin &#231;&#224; et l&#224; jusque dans les nations o&#249; les communistes d&#233;tiennent dictatorialement le pouvoir, ainsi que le prouvent ces paroles du professeur Lipinski rapport&#233;es par Bernard Guetta dans&lt;i&gt; Le Monde&lt;/i&gt; du 30 septembre 1981 et prononc&#233;es l'avant-veille &#224; Gdansk au congr&#232;s du syndicat Solidarit&#233; : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Le socialisme devait &#234;tre une meilleure &#233;conomie que celle du capitalisme, ce devait &#234;tre une libert&#233; plus grande que dans le capitalisme, ce devait &#234;tre la lib&#233;ration de la classe ouvri&#232;re, ce devait &#234;tre la cr&#233;ation de conditions dans lesquelles chaque homme puisse se d&#233;velopper pleinement et avoir libre acc&#232;s aux tr&#233;sors de la culture et de la civilisation. On a cr&#233;&#233; pourtant un socialisme d'&#233;conomie inefficace, de gaspillage, un syst&#232;me qui n'a pas conduit &#224; la crise, mais &#224; la catastrophe &#233;conomique &#8212; &#224; une catastrophe sans &#233;gal dans les cent ou deux cents derni&#232;res ann&#233;es. Faut-il penser au Cambodge, o&#249; le r&#233;gime socialiste a fusill&#233; trois millions et demi d'hommes pour d&#233;fendre ce socialisme-l&#224; ? Ce socialisme des prisons, de la censure et de la police, ce socialisme-l&#224; nous a d&#233;truits durant plus de trente ann&#233;es comme il d&#233;truit d'autres nations ! &lt;/q&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Pour moi, le socialisme, c'est la lutte pour une &#233;conomie d&#233;mocratique, pour la propri&#233;t&#233; collective des moyens de production &#8212; non pas la propri&#233;t&#233; &#233;tatique avec un groupe de nouveaux propri&#233;taires priv&#233;s des moyens de production, mais la propri&#233;t&#233; sociale des moyens de production. Pour moi, le socialisme, c'est la lutte pour la gestion d&#233;mocratique des usines, pour les libert&#233;s politiques, qui sont le but de tout socialisme, pour l'abolition de la censure. Et ce serait cela, les forces antisocialistes et contre-r&#233;volutionnaires ! Non, c'est leur socialisme qui est contre-r&#233;volutionnaire et antisocialiste.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le professeur Lipinski est rest&#233; fid&#232;le au vrai socialisme. Il peut s'en souvenir et s'en pr&#233;valoir : il a quatre-vingt-treize ans.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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