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	<title>PARTAGE NOIR</title>
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		<title>PARTAGE NOIR</title>
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		<title>Deux heures avec Charles d'Avray </title>
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		<dc:date>2023-09-08T09:26:25Z</dc:date>
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		<dc:creator>Maurice Joyeux</dc:creator>


		<dc:subject>Charles d'Avray</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le souffle chaud de l'orateur passe au-dessus des t&#234;tes que la passion fait osciller. Une houle profonde soul&#232;ve les corps press&#233;s. A la tribune la grande voix de S&#233;bas&#173;tien Faure prend de l'ampleur ! - 1896 (l'affaire Dreyfus agite le pays. Soubresauts douloureux qui vont enfanter une soci&#233;t&#233; litt&#233;raire, artistique, politique nouvelle).&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-le-monde-libertaire-no39-juin-1958-265-" rel="directory"&gt;Le Monde Libertaire n&#176;39 - Juin 1958&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-charles-d-avray-+" rel="tag"&gt;Charles d'Avray&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/fff-30474.jpg?1774697126' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le souffle chaud de l'orateur passe au-dessus des t&#234;tes que la passion fait osciller. Une houle profonde soul&#232;ve les corps press&#233;s. A la tribune la grande voix de S&#233;bas&#173;tien Faure prend de l'ampleur ! - 1896 (l'affaire Dreyfus agite le pays. Soubresauts douloureux qui vont enfanter une soci&#233;t&#233; litt&#233;raire, artistique, politique nouvelle).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans les salles surchauff&#233;es les ouvriers et les intellectuels s'entament. Une jeunesse ardente fait ses premi&#232;res armes et s'appr&#234;te &#224; monter &#224; l'assaut de la g&#233;n&#233;ration romantique qui l'a pr&#233;c&#233;d&#233;e et qui elle aussi a aliment&#233; de tumulte ses vingt ans passionn&#233;s. Parmi cette jeunesse enthousiaste, frondeuse, avide de libert&#233;, une mince silhouette d'adolescent se dresse clamant sa foi en l'avenir. Ce jeune homme va porter un nom magnifique qui pendant cinquante ans claquera fi&#232;rement les jours de joie ou de col&#232;re. Un nom qui va dominer la chanson r&#233;volutionnaire de son &#233;poque ! Ce damoiseau, pour une g&#233;n&#233;ration passionn&#233;ment socialiste, syndicaliste, libertaire va s'appeler Charles d'Avray !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je pense &#224; tout cela assis &#224; la table devant le vieil artiste. Sa t&#234;te blanchie par les tourmentes qui ont secou&#233; ce demi-si&#232;cle, se penche sur du papier &#224; musique. Charles d'Auray copie des notes ! des notes toutes pareilles &#224; d'autres milliers de notes qu'il a vers&#233;es sur notre sensibilit&#233;. Le vieil homme se l&#232;ve, s'installe au piano et une fois de plus la musique, sa musique nous transporte. Un dernier accord prolonge notre r&#234;verie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin je l'interroge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Peux-tu me dire peur notre journal &lt;i&gt;Le Monde Libertaire&lt;/i&gt;, comment tu es venu &#224; la chanson et plus sp&#233;cialement &#224; la chanson r&#233;volutionnaire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son visage s'&#233;claire. Dans ses yeux transparents passe une lueur de m&#233;lancolie. La remont&#233;e du temps ne permet pas seulement de retrouver nos joies envol&#233;es, mais &#233;galement les r&#233;cifs dont les aiguilles percent le souvenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Je suis n&#233; d'une famille ais&#233;e et ma jeunesse fut heureuse. Charles m&#233;dite un instant : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;A l'ombre des frondaisons, sur la colline de St-Cloud qui alors mirait sa chevelure de broussaille dans la Seine, j'ai connu mes premi&#232;res r&#234;veries. L&#224;, des hommes v&#233;n&#233;rables m'ont cont&#233; leurs voyages et initi&#233; aux philosophies v&#233;cues. Puis ce fut l'affaire Dreyfus, enfin mon &#233;loignement d'une famille qui m'avait tendrement aim&#233;, mais que mon &#233;volution effrayait.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le vieux lutteur marque un temps d'arr&#234;t, puis &#224; nouveau sa figure s'embrase :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; A celte &#233;poque, je fis la connaissance du secr&#233;taire du syndicat de la Chaussure. Il s'appelait Delal&#233;. C'&#233;tait an homme remarquable. Une chaude amiti&#233; nous unit bient&#244;t. Dans sa r&#233;sidence, o&#249; il voulut bien m'accueillir, je d&#233;couvris le charme f&#233;minin et l'intelligence r&#233;unis en la personne de sa fille devenue depuis Jeanne Humbert.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Et c'est &#224; cette &#233;poque que tu as commenc&#233; a &#233;crire des chansons ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Charles me regarde malicieusement :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#8212; En ce temps-l&#224;, mon cher Joyeux, je fr&#233;quentais Montmartre, pas le tien bien s&#251;r ! car sur la Butte qui fut notre Butte, bien des choses ont chang&#233;. La boh&#232;me alors r&#233;gnait en ma&#238;tre. Le public, compos&#233; de professeurs, de docteurs, de peintres, de musiciens, masse homog&#232;ne de lettr&#233;s, exigeait des programmes artistiques. C'est cette ambiance qui me fit d&#233;couvrir la richesse de la prosodie et de la ponctuation &#224; travers les nasardes de tous ces chansonniers parisiens. L'existence sur la Butte d'une pl&#233;iade de talentueux artistes donnait la force d'&#233;crire. J'&#233;crivis ! Quelques camarades anarchiste me demand&#232;rent mon concours. Tr&#232;s peu de chansons avaient un fond anarchiste. Pourtant je me rendis compte qu'il &#233;tait possible de faire une propagande fructueuse aupr&#232;s des auditoires. J'&#233;crivis alors &#171; Le peuple est vieux &#187;, &#171; Loin du r&#234;ve &#187;, &#171; Les G&#233;ants. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Qu'on chantera aussi longtemps qu'il existera des pauvres et des riches. C'est donc ainsi qu'est n&#233;e la propagande par la chanson ? Pour alimenter tes conf&#233;rences, tu n'as jamais cess&#233; d'&#233;crire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le vieillard bandit l&#232;ve les bras au ciel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Cesser d'&#233;crire, comment aurais-je pu ? J'ai &#233;crit plus de six mille chansons, j'ai fait des milliers de conf&#233;rences, j'ai parcouru la France et la Belgique. Ces r&#233;unions, vois-tu, elles n'&#233;taient pas toujours faciles ! En province j'avais recours au &lt;i&gt;Libertaire &lt;/i&gt; qui ins&#233;rait mes appels. Et avec moi, les camarades anarchistes organisaient les r&#233;unions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Tu pr&#233;parais tes tourn&#233;es comme les tourn&#233;es th&#233;&#226;trales, avec un programme pr&#233;cis ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Je divisais les s&#233;ances en trois parties. La premi&#232;re &#233;tait consacr&#233;e &#224; l'histoire sous forme de pamphlet o&#249; je faisais le proc&#232;s des personnages et des r&#233;gimes qui avaient pr&#233;c&#233;d&#233; la R&#233;publique. La seconde &#233;tait compos&#233;e de chansons condamnant les injustices de la troisi&#232;me de ces R&#233;publiques, des partis politiques, des confessions religieuses. Enfin la troisi&#232;me &#233;tait r&#233;serv&#233;e aux &#339;uvres purement anarchistes. Ensuite la contradiction et c'est alors que...!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Tu as dirig&#233; des cabarets ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; De nombreux ! Charles &#233;clate de rire : ils eurent tous un point commun ! Tous furent d&#233;ficitaires. Dans ces cabarets se sont form&#233;s la plupart des chansonniers qui, entre les deux guerres, atteignirent la notori&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_4076 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;26&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/sans_titre-3rrrrrrrr.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH490/sans_titre-3rrrrrrrr-7b261.jpg?1774843348' width='500' height='490' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Charles et Aline d'Auray&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Le temps a pass&#233;, le soir tombe sur le quartier populeux. Nous &#233;coutons toujours le vieil artiste qui maintenant rappelle une anecdote, pr&#233;cise un point d'histoire rest&#233; obscur, situe une aventure. Sa vitalit&#233; est extraordinaire. j'ai dans la main le magnifique recueil qu'il vient de faire &#233;diter a l'intention de ses amis. Aline d'Auray, sa fid&#232;le compagne, en choisit les po&#232;mes. Et quels po&#232;mes ! Une question me br&#251;le les l&#232;vres :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Pourrais-tu me dire si tes go&#251;ts sur la musique et l'&#233;criture ont &#233;volu&#233; au cours de ta longue carri&#232;re ? Si les &#233;volutions profondes qui ont boulevers&#233; l'esth&#233;tique t'ont influenc&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Charles d'Auray hausse doucement les &#233;paules :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Vois-tu, ces questions sur l'&#233;volution de l'art ne se sont jamais pos&#233;es pour moi. Avant d'&#234;tre &#171; art &#187; la chanson fut pour moi &#171; propagande &#187; et la forme classique me parut le plus susceptible de toucher le peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ponse surprend, car l'artiste fut &#233;tonnamment &#171; l'homme d'une &#233;poque &#187; et le lyrisme que l'on retrouve dans ses couplets rejoint le lyrisme des masses ouvri&#232;res en marche vers la r&#233;volution que le romantisme leur avait l&#233;gu&#233;. Les cinquante ans de chansons que nous venons d'&#233;voquer marquent le beau visage grave du po&#232;te et peut-&#234;tre en lui-m&#234;me r&#233;cite-t-il ces beaux vers :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Au cours de tes vieilles ann&#233;es &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Tu reliras en ton foyer &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Ces vieilles feuilles surann&#233;es.&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Avec lui, pour notre &lt;i&gt;Monde Libertaire&lt;/i&gt;, nous avons tourn&#233; ces feuillets jaunis o&#249; il a inscrit sa sensibilit&#233; et qui jalonnent l'histoire de notre mouvement anarchiste. Apais&#233;, d&#233;tendu, le vieux po&#232;te libertaire est l&#224; devant nous. C'est le dernier survivant dune vieille &#233;quipe magnifique qui compta Zo d'Axa, S&#233;bastien Faure, Han Ryner, Lacase-Duthiers qui vient de nous quitter. Equipe qui domina le d&#233;but du si&#232;cle et qui semble jaillir d'un roman d'Alexandre Dumas. Large feutre, lavalli&#232;re au vent, pr&#234;ts pour toutes les r&#233;voltes, pour tous les amours, pour tous les pardons, tels nous apparaissent ces mousquetaires de l'anarchie qui sillonn&#232;rent la France et inscrivirent leur nom par la parole, par la chanson, par l'exemple sur les pierres des villes o&#249; la r&#233;volte soufflait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Charles d'Auray nous reste, oui ! Mais alors c'est &#224; nous de manier autour de lui une garde vigilante. C'est &#224; notre tour de verser dans son c&#339;ur un peu de cette chaleur qu'avec une g&#233;n&#233;rosit&#233; in&#233;galable il a d&#233;vers&#233;e aux quatre coins du pays.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;table class=&#034;table spip&#034;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;&lt;strong&gt;&#171; Triomphe de l'anarchie &#187; de Charles d'Avray (&lt;a href=&#034;http://anarlivres.free.fr/pages/biblio/complements_texte/ChansonsAvray.html#triomphe&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;texte&lt;/a&gt;)&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;iframe width=&#034;100%&#034; height=&#034;400&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/9VeTV1ASnf0&#034; title=&#034;YouTube video player&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://anarlivres.free.fr/pages/archives_nouv/pages_nouv/Nouv_juillaout22.html#audio" class="spip_out"&gt;Sur le site Anarlivres, retrouvez la retranscription de quelques chansons libertaires du d&#233;but du XX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, la plupart introuvables sur le Web. &lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;par Maurice JOYEUX&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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