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	<title>PARTAGE NOIR</title>
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		<title>PARTAGE NOIR</title>
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		<title>Les Canuts pendant la R&#233;volution</title>
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		<dc:date>2022-06-28T22:05:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Yves Blavier</dc:creator>


		<dc:subject>&lt;i&gt;Gavroche - Revue d'histoire populaire&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>Archives Autonomies</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;L'insurrection des Canuts en 1831 a rendu c&#233;l&#232;bre les travailleurs lyonnais de la soie. Pourtant leurs luttes n'ont pas commenc&#233; &#224; cette date. Sous la R&#233;volution notamment, les Canuts ont fait entendre leur voix, preuve s'il en est que l'&#233;v&#233;nement politique n'&#233;tait pas exempt de pr&#233;occupations sociales !&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-gavroche-no47-septembre-octobre-1989-" rel="directory"&gt;Gavroche n&#176;47 - Septembre-Octobre 1989&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-gavroche-revue-d-histoire-populaire-+" rel="tag"&gt;&lt;i&gt;Gavroche - Revue d'histoire populaire&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-source-fragments-d-histoire-de-la-gauche-radicale-+" rel="tag"&gt;Archives Autonomies&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH97/arton1119-34069.jpg?1774715879' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='97' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'insurrection des Canuts en 1831 a rendu c&#233;l&#232;bre les travailleurs lyonnais de la soie. Pourtant leurs luttes n'ont pas commenc&#233; &#224; cette date. Sous la R&#233;volution notamment, les Canuts ont fait entendre leur voix, preuve s'il en est que l'&#233;v&#233;nement politique n'&#233;tait pas exempt de pr&#233;occupations sociales !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;gion du Lyonnais est en 1789 une riche r&#233;gion industrialis&#233;e et tr&#232;s peupl&#233;e (Lyon compte environ 150 000 habitants), l'industrie de la soie utilise 14 000 m&#233;tiers &#224; tisser et emploie pr&#232;s de 30 000 personnes. Mais tout le monde ne profite pas &#233;galement de ce dynamisme. Dans le monde de la soierie, la hi&#233;rarchie sociale ne variera gu&#232;re du Moyen &#226;ge &#224; 1831. Au sommet, on trouve les n&#233;gociants ou marchands-fabricants. Ces riches entrepreneurs dirigent la production de la Fabrique lyonnaise. Ils avancent le capital, choisissent la mati&#232;re premi&#232;re puis la livrent au chef d'atelier. Une fois celle-ci pr&#233;par&#233;e, ils la vendent avec de fructueux b&#233;n&#233;fices. Cette oligarchie de n&#233;gociants n'est gu&#232;re r&#233;ceptive aux id&#233;es nouvelles du 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. Elle fusionne au contraire avec les nobles et s'int&#232;gre parfaitement dans les structures d'Ancien r&#233;gime. Nobles et bourgeois ne s'affrontent gu&#232;re dans ce milieu mais craignent plut&#244;t l'agitation parmi les Canuts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux cat&#233;gories in&#233;gales divisent le salariat de la soierie. Les chefs d'atelier ou ma&#238;tres-ouvriers en sont la frange sup&#233;rieure. Ils poss&#232;dent des m&#233;tiers &#224; domicile. Ils travaillent et font travailler leur famille et des salari&#233;s. Les n&#233;gociants leur paient le travail aux pi&#232;ces. Ces sous-traitants ne sont pas des prol&#233;taires mais restent des salari&#233;s. Tout au long du 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, les ma&#238;tres-ouvriers cherchent &#224; acqu&#233;rir leur ind&#233;pendance. Ils veulent se d&#233;tacher &#233;conomiquement des n&#233;gociants en commercialisant leur production. Mais non seulement ils n'ont pas les moyens suffisants, mais le r&#232;glement tatillon des corporations leur interdit de s'&#233;manciper malgr&#233; quelques succ&#232;s &#233;ph&#233;m&#232;res. Aussi les ma&#238;tres-ouvriers sont souvent en lutte aux c&#244;t&#233;s des compagnons. Ceux-ci forment la grande masse du salariat. Les compagnons sont des ouvriers embauch&#233;s et souvent nourris et log&#233;s par les ma&#238;tres-ouvriers. Ils sont eux aussi pay&#233;s aux pi&#232;ces. Leur salaire est souvent &#233;quivalent &#224; la moiti&#233; du prix pay&#233; par le fabricant au chef d'atelier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a bien s&#251;r d'autres diff&#233;rences et hi&#233;rarchies au sein de la soierie mais celles-ci sont les plus importantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'insurrection de 1831 prend pour origine la pauvret&#233; des Canuts, la situation est pire au 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. Une mis&#232;re noire, atroce frappe les tisserands. L'insalubrit&#233; des logements, la sous-alimentation sont le lot des Canuts. Dans un m&#233;moire envoy&#233; au roi en 1788, le Consulat de Lyon &#233;crit : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;La vie s&#233;dentaire de ces individus, la qualit&#233; et parfois l'insuffisance de leur nourriture, souvent l'exc&#232;s de leur travail les r&#233;duisent &#224; la complexion la plus faible, parce que les enfants de cette classe d'hommes n&#233;s de p&#232;re d&#233;biles, viennent au monde la plupart malsains et rachitiques...&lt;/q&gt;. A la m&#234;me &#233;poque un pr&#234;tre, l'abb&#233; Bertholou, va encore plus loin et n'h&#233;site pas &#224; &#233;crire : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Quelle vie que celle de l'ouvrier fabricant ! Toujours il devance le lever de l'aurore et prolonge ses travaux bien avant la nuit pour pouvoir, par la longueur du temps, compenser la modicit&#233; des salaires insuffisants... La plus modique subsistance les soutient et, l'on peut dire qu'ils mangent moins pour vivre que pour ne pas mourir&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;veloppement des &#233;changes internationaux, l'accroissement de la productivit&#233; rendent plus brutales encore les crises. Les soci&#233;t&#233;s de secours charitables ne suffisent pas &#224; secourir les ch&#244;meurs. En 1750, ne compte-t-on pas 4 &#224; 5 000 pauvres &#224; la rue ? Aussi il ne faut pas s'&#233;tonner que se produisent &#224; Lyon de grandes insurrections motiv&#233;es par la faim, notamment en 1744 et en 1786, mais ces explosions de col&#232;re ne doivent pas faire oublier la mobilisation permanente des Canuts tout au long du 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle : p&#233;titions, arr&#234;ts de travail, manifestations. Une contestation larv&#233;e s'exprime aussi par la chanson, les &#233;crits s&#233;ditieux. Les chefs d'atelier d&#233;tournent une partie de la mati&#232;re premi&#232;re au d&#233;triment du fabricant (le piquage d'once qui consiste &#224; incorporer un poids d'eau ou d'huile &#224; la pi&#232;ce tiss&#233;e).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soul&#232;vement de 1786 est d'une certaine fa&#231;on le pr&#233;lude lyonnais &#224; la R&#233;volution. Au d&#233;but les ma&#238;tres-ouvriers protestent contre la chert&#233; des denr&#233;es. Leur demande d'augmentation des salaires &#233;tant rejet&#233;e par les n&#233;gociants, les Canuts organisent plusieurs manifestations en ao&#251;t 1786 et se r&#233;unissent en assembl&#233;es : c'est la gr&#232;ve. Le leader du mouvement est un ma&#238;tre-ouvrier, Denis Monet, que l'on retrouvera en 1789. Dans un m&#233;moire qu'il a probablement r&#233;dig&#233; avec des chanoines, il &#233;crivait : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;La fabrique des &#233;toffes de Lyon deviendrait un vice dans l'&#201;tat qu'il faudrait extirper, s'il &#233;tait impossible de la soutenir sans r&#233;duire &#224; la plus affreuse mis&#232;re les ouvriers qu'exige sa main d'&#339;uvre&lt;/q&gt;. Le m&#233;moire s'&#233;tend longuement sur la mis&#232;re des Canuts : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;nos ateliers ne sont pas des forteresses qu'il soit difficile de r&#233;duire par la famine : tous les jours, il faut du travail&lt;/q&gt;. Devant l'h&#244;tel du Pr&#233;v&#244;t des marchands, les Canuts se rassemblent au cri de &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Point de navettes sans les deux sols&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La navette est l'instrument qui servait &#224; porter et &#224; faire courir les fils.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; puis ils d&#233;vastent le palais du pr&#233;v&#244;t et mettent en fuite la troupe. Lorsque les ouvriers chapeliers se joignent au mouvement, le Consulat accordera l'augmentation de deux sous. Par contre les ouvriers ne peuvent obtenir la fixation de la journ&#233;e de travail &#224; douze heures et un pr&#233;avis pour les licenciements. Lorsque les autorit&#233;s reprennent le contr&#244;le de la ville, elles font pendre deux meneurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'insurrection de 1786 n'a rien r&#233;solu. La crise &#233;conomique s'accentue apr&#232;s le trait&#233; de commerce franco-anglais. Aussi la R&#233;volution se d&#233;roule-t-elle dans des conditions tr&#232;s semblables &#224; 1786. Alors que dans d'autres endroits en France, Noblesse et Tiers-&#201;tat s'affrontent, &#224; Lyon, leur ennemi commun, c'est le Canut, car le n&#233;goce s'inqui&#232;te des d&#233;sordres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors des &#201;tats g&#233;n&#233;raux, seuls les ma&#238;tres-ouvriers ont le droit de r&#233;diger des cahiers de dol&#233;ances. On retrouve Denis Monet qui est &#233;lecteur du Tiers en 1789. Il n'est pas &#233;tonnant que les cahiers reprennent pour grande part les revendications de 1786. On y condamne aussi le jeu de l'offre et de la demande. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Depuis cette loi, on a vu plusieurs n&#233;gociants contraindre l'ouvrier &#224; travailler &#224; moiti&#233; prix et forcer des p&#232;res de famille &#224; travailler, eux, leurs femmes, leurs enfants, dix-sept ou dix-huit heures par jour&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1789 les Canuts obtiennent un avantage r&#233;clam&#233; depuis longtemps, le tarif qui assurait un salaire minimum (ce sera aussi une revendication en 1831). Mais la crise &#233;conomique permet &#224; des n&#233;gociants et des ma&#238;tres peu scrupuleux de tourner la mesure. Malgr&#233; tout, l'ouverture politique cr&#233;&#233;e par les &#201;tats g&#233;n&#233;raux provoque le d&#233;sarroi des notables lyonnais et d&#233;cha&#238;ne l'enthousiasme des ouvriers lyonnais. Le 30 juin 1789 &#233;clate une &#233;meute. Il s'agissait d'abord de c&#233;l&#233;brer la victoire du Tiers. Les manifestants illuminent les fen&#234;tres, jetant des pierres sur les fa&#231;ades des r&#233;calcitrants. Inqui&#232;te, la municipalit&#233; appelle les bourgeois de Lyon &#224; s'armer de fa&#231;on pr&#233;ventive. D&#233;but juillet, les barri&#232;res d'octroi sont incendi&#233;es par les manifestants antifiscaux. Lors de la r&#233;pression, on pend un ouvrier et on en envoie un autre aux gal&#232;res. Un contemporain d&#233;crit avec crainte &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;l'attitude mena&#231;ante, outrageuse m&#234;me de la population des ateliers&lt;/q&gt; r&#233;v&#233;lant &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;plus de haine qu'on avait pu jusqu'alors en apercevoir dans la lutte de l'ouvrier et du n&#233;gociant&lt;/q&gt;. C'est &#224; cette &#233;poque qu'appara&#238;t le qualificatif de muscadin pour d&#233;signer la jeunesse dor&#233;e de Lyon qui compose la milice bourgeoise. En juillet 1790 se produisent de nouvelles &#233;meutes toujours dirig&#233;es contre les octrois. Les Canuts r&#233;clament aussi des armes. Le 26 juillet 1790, les r&#233;giments de Suisses sont attaqu&#233;s par les Canuts du quartier Pierre-Scize. C'est au cours de cette &#233;meute qu'appara&#238;t pour la premi&#232;re fois le drapeau noir. Dessus est &#233;crite la devise &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Vaincre ou mourir&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une nouvelle r&#233;pression tr&#232;s dure vient &#224; bout de l'&#233;meute, mais la tension demeure. La soierie &#233;tant une activit&#233; de luxe, l'&#233;migration des nobles et l'abandon des habits de cour ruine cette industrie tandis que le d&#233;but de la guerre, en 1792, met un terme aux &#233;changes. L'activit&#233; se r&#233;duit au point de mettre les Canuts massivement au ch&#244;mage. Fin 1792, la municipalit&#233; fait part de ses inqui&#233;tudes au ministre de l'Int&#233;rieur girondin : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;La Fabrique presque an&#233;antie, une multitude d'ouvriers sans travail, la chert&#233; exorbitante des denr&#233;es de premi&#232;re n&#233;cessit&#233;, la difficult&#233; des approvisionnements, surtout des grains, font craindre que la ville ne se trouve, l'hiver prochain, expos&#233;e &#224; d'affreuses calamit&#233;s&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette inqui&#233;tude des autorit&#233;s est surtout motiv&#233;e par le fait que la protestation sociale est en train de rejoindre l'action r&#233;volutionnaire. Fait significatif : le commandement de la Garde nationale est attribu&#233; en 1792 &#224; un Canut, Guillard. propos&#233; par un club populaire de la Croix-Rousse. Dans le m&#234;me temps, de nombreux clubs populaires se d&#233;veloppent, chapeautant les sections de quartiers. A la diff&#233;rence de Paris o&#249; ce sont surtout les intellectuels et les professions lib&#233;rales qui dominent dans les clubs, &#224; Lyon le recrutement est vraiment populaire. On compte pr&#232;s de 3 000 membres sur Lyon, celui de la rue Belle-Cordi&#232;re en a 178. En cette ann&#233;e 1792, la nouvelle municipalit&#233; girondine ne peut nier le ch&#244;mage et l'attribue &#224; l'&#233;go&#239;sme des n&#233;gociants, mais elle ne peut se r&#233;soudre &#224; intervenir. Aussi le d&#233;veloppement des soci&#233;t&#233;s populaires s'accompagne-t-il de la mont&#233;e d'un parti de militants plus radicaux. Ils sont men&#233;s par Joseph Chalier.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1438 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH172/sans_titre-3-10-8387c-bab1b.png?1774692853' width='150' height='172' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;descriptif
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Celui-ci n'est pas un Canut. Bien au contraire, il vient du monde privil&#233;gi&#233; des n&#233;gociants, mais il a reni&#233; son milieu, entra&#238;nant avec lui Bertrand, le fils de son ancien associ&#233;. La plupart des &lt;i&gt;Chaliers &lt;/i&gt; sont issus des classes moyennes comme le chirurgien Achard ou l'&#233;crivain Hidins, seul Fernex est un Canut, mais ils se pr&#233;occupent de la question sociale. Leurs positions les rapprochent davantage des Enrag&#233;s parisiens, Jacques Roux et Varlet, que des Jacobins. Dans une brochure intitul&#233;e &lt;i&gt;Projet de constitution&lt;/i&gt; (1792), le th&#233;oricien des &lt;i&gt;Chaliers&lt;/i&gt;, Rousseau Hidins propose de r&#233;organiser la Fabrique lyonnaise par des ateliers &#233;galitaires et la mise en r&#233;gie de l'&#233;conomie, mais cela reste peu pr&#233;cis. Un autre &lt;i&gt;Chalier&lt;/i&gt;, le ma&#238;tre d'&#233;cole Dodieu pr&#233;side la section de la Juiverie, tonnant en assembl&#233;e contre les n&#233;gociants. Il constate &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;la situation d&#233;plorable de la plus grande partie des ouvriers que l'incivisme d&#233;pourvoit de travail dans ces moments de crise et de calamit&#233; publique&lt;/q&gt;. Mais pour d&#233;fendre les Canuts, les propositions se concentrent sur la taxation des riches et le Maximum du prix des grains, ce qui correspond &#224; la mentalit&#233; de consommateur des sans-culottes. L'id&#233;e de la taxation est populaire dans le peuple. C'est ainsi qu'il se constitue un club de femmes dont il est dit qu'elles sont &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;de la classe inf&#233;rieure des ouvri&#232;res&lt;/q&gt;. Ces citoyennes de Lyon fixent un prix pour soixante articles de premi&#232;re n&#233;cessit&#233; (septembre 1792). Les &lt;i&gt;Chaliers &lt;/i&gt; sont au diapason de ces revendications. Dodieu propose en ao&#251;t 1792 la r&#233;quisition des grains et farines accapar&#233;s tandis qu'Hidins pr&#233;voit dans ses brochures la nationalisation du commerce de base. Dans la nuit du 25 ao&#251;t 1792 se d&#233;roule une manifestation populaire men&#233;e par les &lt;i&gt;Chaliers&lt;/i&gt;. Dans une sc&#232;ne rappelant les carnavals, la foule simule une ex&#233;cution d'accapareurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bient&#244;t, il para&#238;t certain que les &lt;i&gt;Chaliers &lt;/i&gt; vont &#234;tre &#233;lus &#224; la t&#234;te de la municipalit&#233;. Inquiets, les n&#233;gociants et les notables provoquent une r&#233;action. Malgr&#233; leur r&#233;publicanisme de fa&#231;ade, ces notables sont aussi en contact avec les agents royalistes. La d&#233;finition politique de mod&#233;r&#233; n'a pas grand sens puisqu'il s'agit avant tout d'une r&#233;action sociale. Le refus des &lt;i&gt;Chaliers &lt;/i&gt; d&#233;borde des milieux privil&#233;gi&#233;s et touche une frange populaire. Artisans et boutiquiers, qui fournissent ailleurs la base des sans-culottes, s'inqui&#232;tent &#224; Lyon des attaques contre la richesse et du pillage des magasins. On craint que l'exode des riches n'aggrave encore la crise. La place pr&#233;pond&#233;rante des Canuts au c&#244;t&#233; des &lt;i&gt;Chaliers &lt;/i&gt; m&#233;contente parfois certains secteurs d'activit&#233; autres que la soierie. La propagande d&#233;magogique des notables peut facilement s'exprimer en raison de maladresses des &lt;i&gt;Chaliers&lt;/i&gt;. Ceux-ci centralisent l'action autour des clubs de sections, d&#233;laissant les sections elles-m&#234;mes. Aussi, les notables reprennent souvent le contr&#244;le des assembl&#233;es &#224; l'exception des quartiers de Canuts. Le 16 janvier 1793, les ouvriers en soie bl&#226;ment les marchands et r&#233;clament un tarif collectif des fa&#231;ons ainsi que le maximum du prix des grains. C'&#233;tait l&#224; un soutien tr&#232;s clair &#224; l'action des &lt;i&gt;Chaliers&lt;/i&gt;. De leur c&#244;t&#233; leurs adversaires font saccager le club central o&#249; se r&#233;unissent Chalier et ses amis. Ces derniers parviennent malgr&#233; tout &#224; s'emparer de la mairie. Le 8 mars 1793, Bertrand devient maire et Chalier son adjoint.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussit&#244;t, ils adoptent plusieurs mesures : taxes sur les riches, perquisitions au domicile des accapareurs suppos&#233;s, cr&#233;ation d'un tribunal populaire. Bient&#244;t ils projettent la cr&#233;ation d'une arm&#233;e r&#233;volutionnaire de sans-culottes pour servir de police du ravitaillement. La peur sociale est telle que les notables passent &#224; la rebellion ouverte. Leur d&#233;magogie rallie un large mouvement de m&#233;contents qui s'arment contre les &lt;i&gt;Chaliers &lt;/i&gt; rendus responsables de la crise &#233;conomique ! Le 29 mai 1793, l'H&#244;tel de Ville est assi&#233;g&#233; par un grand nombre de sections. Apr&#232;s une bataille tr&#232;s violente, le b&#226;timent est pris et la municipalit&#233; renvers&#233;e. Joseph Chalier sera assassin&#233; peu de temps apr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'incapacit&#233; des &lt;i&gt;Chaliers &lt;/i&gt; &#224; d&#233;nouer la crise vient probablement de leur centralisme politique. Cela les coupa d'une partie de leur base populaire. On trouve un tiers d'artisans parmi les officiers des rebelles. Par contre les Canuts appuyaient les &lt;i&gt;Chaliers&lt;/i&gt;. Lors du si&#232;ge de l'H&#244;tel de Ville, les sections qui se sont soulev&#233;es en d&#233;fense de la mairie recoupent la g&#233;ographie ouvri&#232;re : ce sont les quartiers sur les pentes de la Croix-Rousse, le quartier de Pierre-Scize sur les pentes de Fourvi&#232;re, la vieille ville (Saint-Vincent, Port Saint-Paul) et enfin autour de l'H&#244;tel-Dieu. Il n'y a aucun doute : les Canuts se sont majoritairement mobilis&#233;s en faveur des &lt;i&gt;Chaliers &lt;/i&gt; tandis que les marchands et rentiers soutenaient les rebelles. Les nuances sociales indiqu&#233;es plus haut n'emp&#234;chent pas de parler d'une lutte sociale. Si le r&#233;veil des Canuts fut trop tardif, la faute en incombe aux &lt;i&gt;Chaliers &lt;/i&gt; qui s'&#233;taient coup&#233;s d'eux par centralisme.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1439 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/fusillades_de_lyon_1793.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH407/fusillades_de_lyon_1793-80256.jpg?1774975012' width='500' height='407' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Parmi les rebelles, les agents royalistes prennent une part d&#233;cisive dans la d&#233;fense de la ville assi&#233;g&#233;e par les r&#233;publicains. Apr&#232;s des combats sanglants une terreur impitoyable est organis&#233;e par les envoy&#233;s de la Convention, Fouch&#233; et Collot d'Herbois. Les &lt;i&gt;Chaliers &lt;/i&gt; survivants et quelques meneurs Canuts se r&#233;organisent autour de Bertrand et s'opposent aux terroristes parisiens &#224; qui ils reprochent leur mentalit&#233; d'occupant et les exc&#232;s sanguinaires. Pourtant on fera des ouvriers lyonnais les responsables de la Terreur apr&#232;s la chute de Robespierre !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, quelques ma&#238;tre-ouvriers ou compagnons avaient cru trouver en pleine mis&#232;re des emplois sous la Terreur. Ceux-l&#224; travailleront &#224; la destruction de maisons ordonn&#233;e par Fouch&#233; ou serviront de gardiens de prison, mais ce sont des r&#244;les tr&#232;s secondaires. Pourtant, la Terreur blanche de 1795 se d&#233;cha&#238;nera contre eux. Une publication contre-r&#233;volutionnaire circule donnant les noms de 1 500 partisans de 1793. Les ouvriers de la soie dominent &#233;videmment dans cette liste. Des bagarres &#233;clatent entre &lt;i&gt;muscadins &lt;/i&gt; et &lt;i&gt;mathevons &lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Selon une source admise, le terme viendrait du nom d'un ouvrier lyonnais (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; ; la violence se d&#233;cha&#238;ne. Le Canut Fernex est lynch&#233; par la foule, jet&#233; dans le Rh&#244;ne et achev&#233; &#224; coups de gaffe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant cette Terreur blanche, une cinquantaine de suppos&#233;s r&#233;volutionnaires sont &#233;gorg&#233;s. Inqui&#232;tes, les autorit&#233;s se d&#233;cideront &#224; juger les assassins regroup&#233;s sous l'appellation de &#171; Compagnons de J&#233;hu &#187;. En amalgamant les Canuts avec la Terreur, les notables crurent &#233;teindre tout esprit de r&#233;volte ! chez les ouvriers. Le soul&#232;vement de 1831 les d&#233;trompera&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A lire&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Rude F.,&lt;i&gt; Les Canuts en 1789. Dol&#233;ances des ma&#238;tres-ouvriers...&lt;/i&gt; Lyon 1976. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ko&#239; T., &lt;i&gt;Les chaliers et les sans-culottes lyonnais &lt;/i&gt; Th&#232;se - Universit&#233; de Lyon I, 1975. &lt;br class='autobr' /&gt;
Godart T., &lt;i&gt;L'ouvrier en soie&lt;/i&gt; Lyon -1899. &lt;br class='autobr' /&gt;
Jacques J., &lt;i&gt;Luttes sociales et gr&#232;ves sous l'ancien r&#233;gime&lt;/i&gt; - Paris 1948. &lt;br class='autobr' /&gt;
Garden M., &lt;i&gt;Lyon et les Lyonnais au XVIII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle &lt;/i&gt; - Paris 1975, r&#233;&#233;dit&#233; en poche chez Champs-Flammarion.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;La navette est l'instrument qui servait &#224; porter et &#224; faire courir les fils.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Selon une source admise, le terme viendrait du nom d'un ouvrier lyonnais introduit dans une r&#233;union de royalistes pour les d&#233;noncer ensuite ; depuis, synonyme de terroriste.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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