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	<title>PARTAGE NOIR</title>
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		<title>PARTAGE NOIR</title>
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		<title>[03] Augustin Souchy - Max Nettlau </title>
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		<dc:creator>Augustin Souchy</dc:creator>


		<dc:subject>Augustin Souchy</dc:subject>
		<dc:subject>Max Nettlau</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'historien Max Nettlau, &#171; l'H&#233;rodote de l'anarchie &#187; comme le nomma Rocker dans sa biographie, me fit une grande impression. Nettlau, fils d'un homme de fortune, avait &#233;tudi&#233; la philologie &#224; Vienne et passa son doctorat avec un travail sur la langue celtique. Plus tard, il se consacra enti&#232;rement &#224; l'&#233;tude de l'anarchisme. Je ne m'occupe que de th&#232;mes particuliers qui n'int&#233;ressent qu'un cercle restreint et ne rapportent rien, me dit-il en riant, lors d'une de nos discussions, lorsque je (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-augustin-souchy-3-attention-anarchiste-" rel="directory"&gt;Augustin Souchy 3 - Attention : anarchiste !&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-max-nettlau-+" rel="tag"&gt;Max Nettlau&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/arton583-bc6a9.jpg?1774708926' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'historien Max Nettlau, &#171; l'H&#233;rodote de l'anarchie &#187; comme le nomma Rocker dans sa biographie, me fit une grande impression. Nettlau, fils d'un homme de fortune, avait &#233;tudi&#233; la philologie &#224; Vienne et passa son doctorat avec un travail sur la langue celtique. Plus tard, il se consacra enti&#232;rement &#224; l'&#233;tude de l'anarchisme. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Je ne m'occupe que de th&#232;mes particuliers qui n'int&#233;ressent qu'un cercle restreint et ne rapportent rien&lt;/q&gt;, me dit-il en riant, lors d'une de nos discussions, lorsque je lui rendis visite dans sa petite chambre de Vienne. L'historien absorb&#233; par ses recherches avait perdu &#224; cause de l'inflation la fortune dont il avait h&#233;rit&#233; et qui lui aurait permis en temps normal de vivre une vie sans souci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#339;uvres de Nettlau : &lt;i&gt;Le printemps de l'anarchie&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;L'Anarchisme de Proudhon &#224; Kropotkine&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Anarchistes et socialistes r&#233;volutionnaires&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Bakounine &lt;/i&gt; (3 tomes), &lt;i&gt;Errico Malatesta, la vie d'un anarchiste&lt;/i&gt; et quelques autres &#233;crits de moindre importance parurent aux &#233;ditions Der Syndikalist. Sa brochure &lt;i&gt;Responsabilit&#233; et solidarit&#233; dans la lutte des classes&lt;/i&gt; est d'une importance particuli&#232;re et conserve encore aujourd'hui toute son actualit&#233;. Il y exhorte les ouvriers &#224; &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;cesser de se consid&#233;rer comme les outils irresponsables du capitalisme&lt;/q&gt; et &#224; chercher &#224; influencer le processus de production. Par cet &#233;crit, Nettlau devint l'un des pionniers de la cogestion syndicale actuelle&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La cogestion syndicale actuelle n'incite pas les travailleurs &#224; cesser de se (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; tout. comme, par ses appels &#224; refuser de fabriquer des produits dangereux, il fut un pionnier de l'&#233;cologie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les revenus que tirait Nettlau de la publication &#224; petits tirages de ses &#339;uvres &#233;taient maigres. Lorsque les nazis ferm&#232;rent notre maison d'&#233;dition et d&#233;truisirent notre stock de livres, il ne lui resta plus rien. Les nazis pill&#232;rent aussi la biblioth&#232;que de l'Association communiste pour la culture ouvri&#232;re, fond&#233;e &#224; Londres au si&#232;cle dernier par des &#233;migrants socialistes allemands. Cette biblioth&#232;que &#233;tait conserv&#233;e dans nos locaux de Berlin et &#233;tait d'un grand int&#233;r&#234;t historique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Nettlau cependant, le proverbe : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Quand l'urgence est grande, le secours n'est pas loin&lt;/q&gt; devait jouer. Il l&#233;gua sa biblioth&#232;que &#224; l'Institut d'histoire sociale d'Amsterdam, qui lui offrit en &#233;change de ce don de valeur une rente perp&#233;tuelle et la possibilit&#233; de travailler dans les locaux de l'institut. Il v&#233;cut &#224; Amsterdam jusqu'&#224; sa mort en 1944. Les nazis ne l'inqui&#233;t&#232;rent pas lui-m&#234;me, mais en avaient apr&#232;s sa biblioth&#232;que. Lorsqu'au cours de la Seconde Guerre mondiale, Amsterdam fut occup&#233;e par les Allemands, Alfred Rosenberg, l'id&#233;ologue du national-socialisme, fit r&#233;quisitionner les livres de Nettlau pour son usage personnel. Mais les d&#233;sordres de la guerre contrari&#232;rent ses projets. La guerre finie, on trouva les caisses de livres encore ferm&#233;es dans une gare du Nord-Ouest de l'Allemagne. Ils furent ramen&#233;s &#224; Amsterdam et se trouvent aujourd'hui encore &#224; l'Institut d'histoire sociale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;La cogestion syndicale actuelle n'incite pas les travailleurs &#224; &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;cesser de se consid&#233;rer comme les outils irresponsables du capitalisme&lt;/q&gt; (NDE) !&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>[12] Augustin Souchy - Buenaventura Durruti</title>
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		<dc:date>2024-07-13T22:05:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Augustin Souchy</dc:creator>


		<dc:subject>Buenaventura Durruti</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Comme secr&#233;taire de l'AIT, j'entretenais des contacts &#233;troits avec les anarcho-syndicalistes espagnols qui, sous la dictature de Primo de Rivera, menaient un combat commun avec la gauche catalane. Ce fut je crois en 1927, que le leader du mouvement autonomiste catalan, le colonel Francesc Maci&#224; i Llusa, nous rendit visite, dans l'espoir d'obtenir des ai&#173;des financi&#232;res pour le combat commun. Je dus lui &#244;ter ses illusions, car l'internationale syndicale &#233;tait financi&#232;rement peu riche. Il se (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/arton601-b15ff.jpg?1774708926' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Comme secr&#233;taire de l'AIT, j'entretenais des contacts &#233;troits avec les anarcho-syndicalistes espagnols qui, sous la dictature de Primo de Rivera, menaient un combat commun avec la gauche catalane. Ce fut je crois en 1927, que le leader du mouvement autonomiste catalan, le colonel Francesc Maci&#224; i Llusa, nous rendit visite, dans l'espoir d'obtenir des ai&#173;des financi&#232;res pour le combat commun. Je dus lui &#244;ter ses illusions, car l'internationale syndicale &#233;tait financi&#232;rement peu riche. Il se tourna vers l'Internationale syndicale rouge de Moscou, mais il n'eut gu&#232;re plus de succ&#232;s. Staline n'&#233;tait pas le moins du monde int&#233;ress&#233; par les buts que s'&#233;taient fix&#233;s les Catalans et les syndicalistes, car les communistes n'y auraient trouv&#233; aucun profit. Apr&#232;s les &#233;lections munici&#173;pales du 14 avril 1931, qui donn&#232;rent la majorit&#233; aux r&#233;publi&#173;cains, Maci&#224; eut l'honneur d'&#234;tre le premier &#224; pouvoir annoncer la naissance d'une Catalogne autonome, qui fut suivie quelques jours plus tard par la proclamation de la R&#233;publique espagnole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les patriotes catalans d&#233;cid&#232;rent en 1977 d'&#233;riger un monument &#224; Barcelone en souvenir de leur pionnier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un soir de l'&#233;t&#233; 1928, alors que j'entrais dans mon appartement de Berlin-Wilmersdorf j'entendis une sonore voix d'hom&#173;me chantant le refrain fran&#231;ais : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;C'est le piston, piston, pis&#173;ton qui fait marcher la machine&lt;/q&gt;. Le chanteur &#233;tait un homme brun, grand et fort, la trentaine pass&#233;e, qui jouait avec mon fils de trois ans. Ce fut mon premier contact avec Buenaven&#173;tura Durruti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233; en 1896 dans la capitale provinciale du Le&#243;n, au nord de l'Espagne, d'un p&#232;re cheminot, apprenti serrurier et m&#233;ca&#173;nicien apr&#232;s ses &#233;tudes primaires, Durruti prit part d&#232;s ses plus jeunes ann&#233;es &#224; la lutte syndicale. Militant, mais selon ses mots non militaire, il &#233;vita le service national en se r&#233;&#173;fugiant en France, afin que &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;le roi ait un soldat de moins et un r&#233;volutionnaire de plus&lt;/q&gt;, selon ce qu'il &#233;crivit plus tard &#224; sa s&#339;ur. Il vint &#224; l'anarchisme en fr&#233;quentant les exil&#233;s es&#173;pagnols et en lisant les &#233;crits libertaires. Apr&#232;s deux ans d'exil, il rentra au pays. A vingt-deux ans, le jeune homme est d&#233;j&#224; l'un des activistes les plus z&#233;l&#233;s de la lutte sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant la Premi&#232;re Guerre mondiale, l'Espagne b&#233;n&#233;ficiait d'une conjoncture favorable. Le plein emploi offrait d'excel&#173;lentes conditions dans la lutte pour l'augmentation des salai&#173;res et l'am&#233;lioration des conditions de travail. Dans le domaine social, l'Espagne &#233;tait rest&#233;e loin derri&#232;re les pays industriels europ&#233;ens, plus &#233;volu&#233;s. Le comportement arrogant des patrons et la l&#233;gislation du travail rudimentaire pous&#173;saient les travailleurs sur les chemins de &#171; l'action directe &#187;, tradition h&#233;rit&#233;e de la Premi&#232;re Internationale. Le gouverne&#173;ment, la police, l'arm&#233;e et l'Eglise &#233;taient du c&#244;t&#233; du capital. Les syndicats radicaux devaient &#234;tre d&#233;truits, les leaders ouvriers les plus actifs &#233;limin&#233;s. Les &#171; pistoleros &#187;, policiers priv&#233;s et arm&#233;s, faisaient la chasse aux syndicalistes en vue. Lorsque l'anarcho-syndicaliste Salvador Segu&#237; fut abattu en plein jour &#224; Barcelone, les travailleurs r&#233;pondirent par une gr&#232;ve de protestation. Il n'y eut pas moins de trente-trois syndicalistes &#171; abattus alors qu'ils tentaient de fuir &#187; en 1920, partie par les pistoleros, partie par la police.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La terreur venant d'en bas fut la r&#233;ponse &#224; celle venant d'en haut. Le conservateur Eduardo Dato, pr&#233;sident du Con&#173;seil, fut victime en mars 1921 d'un attentat des anarchistes catalans Pedro Mateu et Luis Nicolau. L'organisateur des pis&#173;toleros fut ex&#233;cut&#233; par les anarchistes Francisco Ascaso et Juan Garci&#225; Oliver. Le gouverneur Regueral, responsable des pers&#233;cutions en Aragon mourut de mort violente. A l'assassinat par la police du leader de la CNT Salvador Segu&#237;, r&#233;pon&#173;dit l'ex&#233;cution de l'archev&#234;que de Saragosse, Soldevila. C'&#233;&#173;tait Soldevila qui avait introduit les pistoleros dans son dioc&#232;se. Les attentats &#233;taient le fait d'individus ou de quel&#173;ques compagnons d'armes. Il n'y avait pas d'organisation ter&#173;roriste centrale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durruti lia une fraternit&#233; d'arme avec Francisco Ascaso, qui devait durer jusqu'&#224; la mort. Pour ne pas compromettre les syndicats, ils cr&#233;&#232;rent une association id&#233;ologique en 1922 : &#171; Los Justicieros &#187;. Elle prit plus tard le nom de &#171; Los Solidarios &#187;. Tous deux furent des pionniers de la FAI (Federac&#237;on Anarquista Ib&#233;rica) fond&#233;e en 1927.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tension monte, il faut aider les prisonniers, payer leurs avocats. Lors de l'interdiction et de la dissolution des syndicats, la caisse de ceux-ci a &#233;t&#233; confisqu&#233;e. L'argent manque. Durruti trouve une solution : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Puisque l'&#201;tat pille la caisse de notre syndicat, nous avons le droit de nous d&#233;dommager sur les deniers publics&lt;/q&gt;. Cela demande bien-s&#251;r de l'audace, du courage, de la confiance en soi. Mais ni Durruti ni Ascaso n'en manquent. L'attaque d'un convoi de la Banco de Espa&#241;a leur rapporte 100 000 pesetas (selon la presse), l'attaque de la Banco de Bilbao, 300 000. Les journaux pr&#234;tent ces mots &#224; la m&#232;re de Durruti : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Je ne sais pas si mon fils manipule les millions. Ce que je sais, c'est qu'&#224; chaque fois qu'il rentre &#224; la maison, je dois l'habiller de la t&#234;te aux pieds&lt;/q&gt;. Arr&#234;t&#233; &#224; Madrid, Durruti est accus&#233; de d&#233;sertion, d'un hold-up et de la pr&#233;paration d'un attentat contre le roi Alfonso XIII. Comme on ne peut apporter de preuves sur ces principaux chefs d'accusation, il est envoy&#233; comme d&#233;serteur au Maroc. Il &#233;chappe &#224; la condamnation en prenant la fuite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En septembre 1923, le g&#233;n&#233;ral Primo de Rivera proclame la dictature. Les conf&#233;d&#233;rations syndicales suspendent leurs activit&#233;s pour ne pas donner pr&#233;texte &#224; une intervention au gouvernement militaire, mais les groupes militants poursuivent la lutte dans l'ill&#233;galit&#233;. Durruti et Ascaso arrivent &#224; se retirer en France avant de se faire arr&#234;ter. Ils ont perdu une bataille, mais l'&#233;lan demeure intact, le combat continue. Un an apr&#232;s, un soul&#232;vement g&#233;n&#233;ral est en pr&#233;paration. On projette une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, l'occupation des casernes par les ouvriers r&#233;volutionnaires aid&#233;s de camarades soldats et sous-officiers, des op&#233;rations de gu&#233;rilla dans les Pyr&#233;n&#233;es, sous la conduite d'Ascaso et de Durruti. Mais la premi&#232;re tentative &#233;choue et les g&#233;n&#233;raux mobilisent toutes heurs forces de combat : les r&#233;volutionnaires ne sont plus &#224; la hauteur. La r&#233;bellion s'effondre, la r&#233;action tombe de tout son poids. Les prisons s'emplissent de combattants pour la libert&#233;, dont les familles ont besoin d'aide. Mais les moyens manquent, les syndicats ayant &#233;t&#233; dissous et l'organisation de qu&#234;tes est impossible. Durruti et Ascaso d&#233;cident d'aller chercher de l'argent en Am&#233;rique latine. Gregorio Jover, du groupe des Solidarios, se joint &#224; eux. Ils commencent leur mission fin 1924 par Cuba et la terminent, un an et demi apr&#232;s, par l'Argentine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De retour en France au d&#233;but de 1926, ils apprennent une nouvelle d'une importance strat&#233;gique : le roi Alfonso XIII est invit&#233; aux festivit&#233;s du 14 juillet &#224; Paris. Une occasion inesp&#233;r&#233;e de porter un coup d&#233;cisif &#224; la dictature : enlever le roi ! Les pr&#233;paratifs se font avec le plus grand soin, mais le plan est d&#233;couvert, les &#171; trois mousquetaires &#187; (comme Durruti, Ascaso et Jover seront appel&#233;s par plaisanterie) atterrissent en prison. L'Espagne demande leur extradition, mais il s'agit d'un d&#233;lit politique, et le public proteste contre les pr&#233;tentions espagnoles. La presse lib&#233;rale et d&#233;mocrate, tout comme les personnalit&#233;s du monde de la culture espagnole vivant en exil &#8212; parmi elles Miguel de Unamuno, Jos&#233; Ortega y Gasset et Vicente Blasco Ib&#225;&#241;lez &#8212; soutiennent les malheureux enleveurs de majest&#233;. Le gouvernement fran&#231;ais c&#232;de. Mais c'est au tour de l'Argentine de demander l'extradition des accus&#233;s, pour des d&#233;lits politiques. L&#224; encore, le public fran&#231;ais proteste. Plus de 250 d&#233;put&#233;s de l'Assembl&#233;e nationale demandent par p&#233;tition au pr&#233;sident du Conseil de lib&#233;rer les trois Espagnols. Les repr&#233;sentants du peuple sont d'avis que les d&#233;lits commis pour des motifs politiques doivent &#234;tre jug&#233;s selon des crit&#232;res politiques. Poincar&#233;, le pr&#233;sident du Conseil, veut &#233;viter un vote qui pourrait amener sa chute. C'est donc pour cette raison qu'il rejette la demande d'ex-tradition de l'Argentine. Les trois anarchistes, enferm&#233;s depuis plus d'un an, sont enfin lib&#233;r&#233;s, mais interdits de s&#233;jour en France. La Russie communiste leur refuse aussi le droit d'entrer. Durruti et Ascaso se d&#233;cident donc &#224; entrer ill&#233;galement en Allemagne. Et c'est ainsi qu'ils arrivent &#224; Berlin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s de vaines d&#233;marches aupr&#232;s des autorit&#233;s polici&#232;res pour obtenir un permis de s&#233;jour aux deux exil&#233;s politiques, j'allai demander conseil &#224; l'ancien ministre social-d&#233;mocrate de la Justice dans le gouvernement de Prusse, Kurt Rosenfeld, que je connaissais et qui &#233;tait un avocat renomm&#233; et efficace. Il consid&#233;ra que l'espoir d'obtenir un permis de s&#233;jour pour Ascaso et Durruti &#233;tait exclu, &#224; cause de leur attentat contre le cardinal Soldevila. Le parti centriste au gouvernement appuierait leur extradition vers l'Espagne. Mais si les deux r&#233;fugi&#233;s restaient &#224; Berlin sans &#234;tre d&#233;clar&#233;s, il y avait des chances qu'on ferm&#226;t les yeux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durruti s&#233;journa plusieurs semaines durant dans mon appartement berlinois. J'eus donc la possibilit&#233; de d&#233;couvrir et d'appr&#233;cier sa simplicit&#233;, sa droiture et son temp&#233;rament ouvert. A Berlin, loin de leur patrie et de leurs compagnons conspirant depuis la France et la Belgique, les deux militants anarchistes &#233;taient perdus. Lass&#233;s par l'inactivit&#233;, ils se rendirent en Belgique, o&#249; ils pr&#233;par&#232;rent avec Maci&#224; l'insurrection contre la dictature. L'effondrement de la monarchie n'&#233;tait plus loin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la &#171; familia libertaria &#187;, la famille libertaire interna&#173;tionale, &#224; laquelle nous appartenions, nous nous sentions tous fr&#232;res et s&#339;urs. Tout comme j'avais moi-m&#234;me trouv&#233; le g&#238;te chez des compagnons d'id&#233;es au cours de mes nombreux voyages sur le vieux et le nouveau continent, ma maison &#233;tait aussi ouverte &#224; tous mes parents spirituels. Les plus connus d'entre eux dont je me souviens furent Emma Goldman, le professeur de philosophie Camillo Berneri, pers&#233;cut&#233; par Mus&#173;solini et que les communistes abattirent d'une balle dans le dos au cours des tragiques semaines de mai 1937 &#224; Barcelone, et l'intellectuel espagnol Orob&#243;n Fernandez, &#224; qui je dus pr&#234;ter un costume afin qu'il puisse se pr&#233;senter en costume bourgeois &#224; l'&#233;cole Berlitz, o&#249; il postulait pour un emploi de professeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de l'&#233;clatement de la guerre civile espagnole en juillet 1936, je me trouvais chez Durruti et ses compagnons. La lutte de ces journ&#233;es de juillet &#233;tait d'une grandeur &#233;pi&#173;que. Ascaso tomba lors de la prise de la caserne d'Ataraza&#173;nas. Ce furent des anarchistes, non form&#233;s &#224; la lutte militai&#173;re, qui gagn&#232;rent cette bataille contre une arm&#233;e classique et entra&#238;n&#233;e. Deux jours apr&#232;s la victoire en Catalogne, Durruti, &#224; la t&#234;te d'une colonne de plusieurs milliers d'hom&#173;mes, marcha vers la province d'Aragon dont la capitale Sara&#173;gosse &#233;tait aux mains des rebelles militaires. Dans chaque village, dans chaque ville que traversait la colonne de Dur&#173;ruti, s'ensuivait &#8212; comme d'un coup de baguette magique &#8212; une r&#233;volution sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La marche de Durruti fut stopp&#233;e du c&#244;t&#233; de Caspe par les forces sup&#233;rieures des franquistes. Une guerre de posi&#173;tion succ&#233;da &#224; la r&#233;bellion militaire et &#224; la r&#233;volution sociale. Lorsqu'un mois plus tard, Madrid fut menac&#233;e par les troupes de Franco, ce fut encore Durruti qui arriva &#224; la rescousse. Mais les combats faisaient d'innombrables victimes. Des 4 000 miliciens qui avaient accompagn&#233; Durruti sur Madrid, les deux tiers tomb&#232;rent en l'espace de quatre semaines. Lui-m&#234;me re&#231;ut une balle en plein c&#339;ur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte de Durruti avait d&#233;but&#233; &#224; dix-sept ans comme meneur de gr&#232;ve, elle se termine &#224; quarante ans comme leader d'une colonne dans la guerre civile. Gu&#232;re th&#233;oricien, il luttait pour ses id&#233;es par des actes et n'avait pas peur de commettre des attentats (il est vrai qu'on ne put jamais attester sa participation &#224; ceux-ci). Sa vie mouvement&#233;e fascina les historiens et les po&#232;tes, tels Hans Magnus Enzensber&#173;qer (&lt;i&gt;Le bref &#233;t&#233; de l'anarchie&lt;/i&gt;). Des biographies d&#233;taill&#233;es de Durruti sont parues en espagnol et en fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durruti n'&#233;tait pas de ces g&#233;n&#233;raux qui meurent dans leur lit. Il combattit en militant r&#233;volutionnaire. Dans sa colonne, il n'y avait que des camarades &#233;gaux en droits. Il mangeait au m&#234;me plat que tous, et dormait par terre pour laisser son lit aux plus n&#233;cessiteux. Il ne for&#231;ait pas &#224; la discipline par la subordination, il l'obtenait en montrant lui-m&#234;me l'exemple. L&#224; &#233;tait sa force : leader au milieu de ses &#233;gaux. Ardent id&#233;aliste, audacieux lutteur, incorruptible ca&#173;ract&#232;re : Buenaventura Durruti &#233;tait tout cela. N&#233; un 14 juil&#173;let, jour de la prise de la Bastille, qui d&#233;clencha la R&#233;volution fran&#231;aise, il mourut un 20 novembre, anniversaire de l'&#233;clatement de la R&#233;volution mexicaine : il &#233;tait pr&#233;destin&#233; &#224; &#234;tre un grand r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Erich M&#252;hsam (1878-1934) - Brochure</title>
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		<dc:creator>Partage Noir</dc:creator>



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&lt;p&gt;La personnalit&#233; et l'action d'Erich M&#252;hsam sont parfois &#233;tudi&#233;es. En effet, il joua un r&#244;le important dans le mouvement anarchiste allemand. Mais son &#339;uvre reste &#224; d&#233;couvrir en France. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cette brochure regroupe principalement des articles introuvables ou in&#233;dits en fran&#231;ais. Elle montre un aspect peu connu de l'&#339;uvre de M&#252;hsam, celui de l'&#233;crivain, du critique ou du dramaturge, mais privil&#233;gie les positions sociales. &lt;br class='autobr' /&gt;
PARTAGE NOIR - 1990&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-erich-muhsam-1878-1934-" rel="directory"&gt;Erich M&#252;hsam (1878-1934)&lt;/a&gt;


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La personnalit&#233; et l'action d'Erich M&#252;hsam sont parfois &#233;tudi&#233;es. En effet, il joua un r&#244;le important dans le mouvement anarchiste allemand. Mais son &#339;uvre reste &#224; d&#233;couvrir en France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette brochure regroupe principalement des articles introuvables ou in&#233;dits en fran&#231;ais. Elle montre un aspect peu connu de l'&#339;uvre de M&#252;hsam, celui de l'&#233;crivain, du critique ou du dramaturge, mais privil&#233;gie les positions sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PARTAGE NOIR - 1990&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Augustin Souchy 3 - Attention : anarchiste ! Brochure [PDF]</title>
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		<dc:creator>Partage Noir</dc:creator>


		<dc:subject>Augustin Souchy</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;PARTAGE NOIR 2020 - Les brochures Partage Noir sont r&#233;alis&#233;es avec les logiciels libres #GIMP #Inkscape #Scribus&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-augustin-souchy-3-attention-anarchiste-" rel="directory"&gt;Augustin Souchy 3 - Attention : anarchiste !&lt;/a&gt;

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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_555 spip_doc_pdf spip_documents spip_documents_center' style='width:100%'&gt; &lt;object data=&#034;IMG/pdf/souchy-3-attention-pn-brochure.pdf&#034; type=&#034;application/pdf&#034; width=&#034;100%&#034; height=&#034;800px&#034; typemustmatch=&#034;true&#034;&gt;&lt;/object&gt; &lt;div class='spip_doc_titre'&gt;&lt;strong&gt;Augustin Souchy 3 - Attention : anarchiste ! Brochure [PDF]&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt;
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		<title>Augustin Souchy 3 - Attention : anarchiste ! [PDF]</title>
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		<dc:subject>Augustin Souchy</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;PARTAGE NOIR - 1990&lt;/p&gt;

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&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Augustin Souchy 3 - Attention : anarchiste ! [PDF]
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		<title>[01] Augustin Souchy - Simon Radowitzsky</title>
		<link>https://www.partage-noir.fr/12-augustin-souchy-simon-radowitzsky</link>
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		<dc:creator>Augustin Souchy</dc:creator>


		<dc:subject>Sim&#243;n Radowitzky</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Qui aurait pu pr&#233;voir que le petit Simon Radowitzky, n&#233; en 1889 dans le village ukrainien de Stepanitz, deviendrait le 14 novembre 1909 l'auteur d'un attentat contre le pr&#233;fet de police de Buenos Aires, et expierait cet acte en passant 21 ans dans le sinistre p&#233;nitencier d'Ushuaia en Terre de Feu ? Qu'est-ce qui poussa cet adolescent sentimental &#224; cet acte de violence si &#233;tranger &#224; sa personnalit&#233; ? On ne peut comprendre cette trag&#233;die humaine qu'en la resituant dans le contexte social de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/arton602-7e861.jpg?1774697559' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Qui aurait pu pr&#233;voir que le petit Simon Radowitzky, n&#233; en 1889 dans le village ukrainien de Stepanitz, deviendrait le 14 novembre 1909 l'auteur d'un attentat contre le pr&#233;fet de police de Buenos Aires, et expierait cet acte en passant 21 ans dans le sinistre p&#233;nitencier d'Ushuaia en Terre de Feu ? Qu'est-ce qui poussa cet adolescent sentimental &#224; cet acte de violence si &#233;tranger &#224; sa personnalit&#233; ? On ne peut comprendre cette trag&#233;die humaine qu'en la resituant dans le contexte social de l'&#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Afin d'assurer une &#233;ducation scolaire &#224; ses enfants, le p&#232;re de Radowitzky, &#233;lev&#233; dans le Talmud, s'&#233;tablit avec sa famille dans la ville industrielle voisine, Iekaterinoslav. Le jeune Simon apprit ainsi les rudiments de la lecture, de l'&#233;cri&#173;ture et du calcul. Mais la mis&#232;re for&#231;a le p&#232;re &#224; retirer son enfant, &#226;g&#233; de dix ans, de l'&#233;cole. Apprenti serrurier, Simon &#233;tait nourri et log&#233;, mais il lui fallait travailler de six heures le matin &#224; huit heures le soir, avec seulement de courtes pauses pour manger. L'enfant, qui n'avait pas encore onze ans, dormait sur une couchette, sous la table de l'appartement du ma&#238;tre. De l&#224;, il pouvait jusque tard dans la nuit suivre les conversations des camarades d'&#233;tudes de la fille du ma&#238;tre, qui parlaient de politique, de l'oppression du peuple par le r&#233;gime tsariste et des luttes de lib&#233;ration sociales. Des mots nouveaux, des id&#233;es &#233;tranges, un monde inconnu se r&#233;v&#233;laient &#224; lui. Ces &#171; cours du soir &#187; &#8212; comme il les appela plus tard en m'en parlant &#8212; eurent une grande influence sur la formation intellectuelle du jeune indiscret, ainsi que sur son futur militantisme socialiste r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A quatorze ans, Simon Radowitzky entra dans une usine m&#233;tallurgique de Iekaterinoslav. En 1904, les ouvriers de l'en&#173;treprise se mirent en gr&#232;ve pour l'abaissement de la journ&#233;e de travail de 12 &#224; 10 heures. Au cours d'une charge de cosa&#173;ques contre une manifestation de rue des gr&#233;vistes, le jeune ouvrier m&#233;tallo est si gri&#232;vement bless&#233; d'un coup de sabre &#224; la poitrine qu'il doit rester six mois clou&#233; sur un lit d'h&#244;pi&#173;tal. A peine r&#233;tabli, le jeune socialiste de quinze ans est condamn&#233; &#224; quatre mois de prison pour diffusion de tracts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la R&#233;volution de 1905 qui va fixer le sort de Radowitzky. La temp&#234;te d'indignation qui soul&#232;ve toute la Russie, apr&#232;s le dimanche sanglant de Saint-Petersbourg du 22 juillet 1905, souffle aussi sur Iekaterinoslav. Simon Radowitzky, qui malgr&#233; son &#226;ge est &#233;lu second secr&#233;taire du soviet (conseil d'entreprise) de l'usine Brandsi Zavot, fait hurler les sir&#232;nes : c'est le signal convenu entre les ouvriers pour descendre dons la rue. Cette audace pouvait co&#251;ter la d&#233;portation en Sib&#233;rie au jeune homme de seize ans. Press&#233; par ses parents et amis de fuir &#224; l'&#233;tranger, il parvint &#224; s'embarquer &#224; Hambourg en direction de l'Argentine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce qui l'attend dans cette &#171; terra incognita &#187; qu'est pour lui le nouveau continent ? Va-t-il concentrer ses jeunes &#233;nergies sur l'acquisition de richesses personnelles ? Ou va-t-il prendre part aux luttes ouvri&#232;res dans cette nouvelle r&#233;gion ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Le jeune immigrant n'a gu&#232;re comme bagage qu'un c&#339;ur qui bat avec passion. Il trouve un travail &#224; la forge Zamboni, adh&#232;re au syn&#173;dicat, apprend la langue du pays et lit le quotidien anarchiste &lt;i&gt;La Pro&#173;testa&lt;/i&gt;. Il y trouve les id&#233;es et les fondements th&#233;oriques de ce que, jusque-l&#224;, il ne connaissait que par ses actes. Les libert&#233;s politiques existent bien au pays de La Plata, mais l'exploitation, la mis&#232;re et l'ignorance y r&#232;gnent aussi, et les travailleurs doivent se battre pour l'am&#233;liora&#173;tion de leur condition &#233;conomique et leur promotion sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; mai 1909, jour ch&#244;m&#233; dans toute l'Am&#233;rique latine en souvenir des martyrs de Chicago, les syndicats organisent, comme les ann&#233;es pr&#233;c&#233;dentes, leur traditionnelle manifestation. Ils revendiquent le raccourcissement de la journ&#233;e de travail, qui varie de dix &#224; douze heures, et l'am&#233;lioration des conditions de travail. Le colonel Ram&#243;n Falc&#243;n, pr&#233;fet de police de Buenos Aires a bien interdit la manifestation, mais les travailleurs entendent faire respecter leur droit, garanti par la Constitution. Trente mille manifestants sont rassembl&#233;s sur la Plaza Lorea ... Le colonel Falc&#243;n, arriv&#233; avec ses policiers, donne l'ordre de tirer. Bilan : huit morts, quarante bless&#233;s. Le massacre soul&#232;ve l'indignation. Les ouvriers de&#173;mandent la destitution et la condamnation de la brute, soutenue par le gouvernement. Le lendemain, la gr&#232;ve de protes&#173;tation, appel&#233;e par les syndicats, paralyse tout le pays. Le gouvernement ferme les syndicats, interdit la presse ouvri&#232;re et arr&#234;te tous les leaders ouvriers radicaux. Une semaine plus tard, le calme est revenu, les prisonniers sont lib&#233;r&#233;s, les journaux peuvent repara&#238;tre et les syndicats reprendre leurs activit&#233;s, les ouvriers retournent au travail. Quant au pr&#233;fet de police coupable, il reste en fonction, aucun juge ne lui demande des comptes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Simon Radowitzky, qui &#233;tait pr&#233;sent &#224; la manifestation et a vu tomber des camarades &#224; ses c&#244;t&#233;s, se souvient de ce que lui ont fait les cosaques de la Russie tsariste. Le besoin de solidarit&#233; et de justice le tenaille : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;S'il n'y a pas de jus&#173;tice en haut, me suis-je dit, il faut qu'elle vienne d'en bas ; et si la conscience collective manque, la conscience individuelle doit y suppl&#233;er ; c'est ce qui me poussa, &#224; l'&#226;ge de dix&#173;-neuf ans &#224; faire vengeance&lt;/q&gt;, me raconta-t-il trente ans apr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 14 novembre 1909, six mois apr&#232;s les sanglants &#233;v&#233;nements de mai, les journaux du soir annoncent en grandes manchettes que le pr&#233;fet de police Ram&#243;n Falc&#243;n a &#233;t&#233; victime d'un attentat. Les travailleurs apprennent la nouvelle avec satisfaction, mais c'est la panique au gouvernement. Dans l'hypoth&#232;se d'un complot anarchiste pr&#233;m&#233;dit&#233;, il prend des mesures draconiennes. L'&#233;tat d'urgence est proclam&#233; pour deux mois, la conf&#233;d&#233;ration syndicale FORA est dissoute, la presse socialiste et anarchiste interdite, de nombreuses personnes sont arr&#234;t&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bient&#244;t cependant, on apprend que l'auteur de l'attentat est un solitaire, qui a projet&#233; tout seul l'attentat, l'a lui-&#173;m&#234;me pr&#233;par&#233; et a agi sans l'aide de quiconque. Il a lui-m&#234;me pr&#233;par&#233; l'explosif dans l'atelier o&#249; il travaillait comme serrurier, s'est achet&#233; un revolver avec l'argent qu'il a &#233;pargn&#233; sur son salaire. La bombe lanc&#233;e dans la cal&#232;che a tu&#233; la victime sur le coup. Mais, dans la nervosit&#233;, l'auteur de l'attentat, qui a dirig&#233; l'arme contre lui pour se soustraire &#224; l'arrestation, rate son suicide. La balle &#233;vite le c&#339;ur. La blessure est s&#233;rieuse mais non mortelle. Devant le juge, Si&#173;mon Radowitzky d&#233;clare : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;J'ai tu&#233; l'homme qui a commis le massacre des ouvriers, le premier mai, &#224; la t&#234;te de ses cosaques. Comme beaucoup d'autres, mon c&#339;ur saigna cet apr&#232;s-midi-l&#224;. Mon acte fut un acte de justice. J'aspire &#224; un avenir meilleur, plus libre, plus digne pour l'humanit&#233;.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La peine de mort ne peut &#234;tre prononc&#233;e contre l'accus&#233;, encore mineur. Il est condamn&#233; &#224; la r&#233;clusion &#224; perp&#233;tuit&#233;, dont vingt ans &#224; l'isolement. Il devra purger sa peine au sinistre p&#233;nitencier d'Ushuaia, en Terre de Feu. Il va d&#233;sormais y passer sa triste existence, bien souvent au pain sec et &#224; l'eau, dans des cachots humides et sombres. Il est trait&#233; avec d'autant plus de s&#233;v&#233;rit&#233; par le directeur de la prison qu'il ne regrette pas son geste.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_536 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L200xH292/sans_titre-1-5-64382.jpg?1774762770' width='200' height='292' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Dix ans avaient pass&#233;. En vain ses compagnons d'id&#233;es, les syndicats et les socialistes avaient demand&#233; la lib&#233;ration du prisonnier enterr&#233; vivant dans la lointaine Terre de Feu. De temps &#224; autre, des r&#233;cits faisaient mention du comportement exemplaire de l'auteur de l'attentat politique, qui, malgr&#233; toutes les mis&#232;res, conservait sa dignit&#233; et faisait constamment preuve de solidarit&#233; avec ses compagnons de bagne. La presse lib&#233;rale s'int&#233;ressait &#224; lui. Des intellectuels de gauche et des philanthropes bourgeois, consid&#233;rant que dix ans suffisaient &#224; expier un acte d&#233;sint&#233;ress&#233;, firent chorus pour demander l'amnistie. La lib&#233;ration attendue pour le jour de ses dix ans de prison n'ayant pas eu lieu, des compagnons d'id&#233;es voulurent l'aider &#224; fuir. Le plan r&#233;ussit, le fugitif et les complices d&#233;barqu&#232;rent, pleins d'esp&#233;rance comme jadis Magellan, &#224; la pointe sud du Chili, pr&#232;s de Punta Arenas. Mais l'optimisme tourna &#224; la d&#233;ception lorsque les Chiliens ramen&#232;rent le c&#233;l&#232;bre mais redout&#233; auteur d'attentat dans son froid enfer de la Terre de Feu. Une nouvelle p&#233;riode de souffrance commen&#231;ait pour le prisonnier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une commission parlementaire, venue enqu&#234;ter sur le terrain &#233;crivit dans son rapport que les d&#233;tenus y &#233;taient trait&#233;s inhumainement et que le p&#233;nitencier d'Ushuaia n'avait nullement vol&#233; sa sinistre r&#233;putation. La campagne pour la gr&#226;ce de Radowitzky reprit de plus belle, mais il fallut encore onze ans pour qu'elle aboutisse. Ce fut se&#241;ora Medina de Botano, &#233;pouse de l'&#233;diteur du quotidien lib&#233;ral &lt;i&gt;Cr&#237;tica&lt;/i&gt;, qui r&#233;ussit &#224; obtenir du pr&#233;sident Yrigoyen la lib&#233;ration du c&#233;l&#232;bre prisonnier en 1930.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque Radowitzky entama sa peine, il &#233;tait un jeune homme de dix-neuf ans plein d'avenir ; lorsqu'il quitta le p&#233;nitencier, c'&#233;tait un homme m&#251;r de quarante ans. Sa sant&#233; &#233;tait fortement &#233;branl&#233;e, mais son esprit &#233;tait intact. Vingt et un ans de souffrances physiques et morales n'avaient pas r&#233;ussi &#224; &#233;branler sa foi en l'humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Expuls&#233; d'Argentine, Simon Radowitzky trouve asile dans l'Uruguay voisin. Avec le premier argent qu'il gagne une fois libre, il offre des cadeaux &#224; ses amis et &#224; leurs enfants : faire la joie des autres lui procure le bonheur et l'apaisement. Le professeur Luce Fabbri rapporte &#224; propos des premiers temps de son s&#233;jour &#224; Montevideo :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q&gt;Un jour, il vint avec une belle serviette qu'il m'offrit. Je lui recommandai de faire attention &#224; ses maigres moyens et do ne pas &#234;tre aussi g&#233;n&#233;reux. Il me regarda chagrin&#233; et r&#233;pondit tout bas : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;J'ai &#233;t&#233; si longtemps priv&#233; de ce bonheur d'offrir&lt;/q&gt;. Je venais de lui g&#226;ter sa joie.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; ses dizaines d'ann&#233;es de cellule, Simon Radowitzky n'&#233;tait pas homme &#224; se retirer dans sa coquille. Apr&#232;s le coup d'&#201;tat de mars 1933 en Uruguay, il s'engagea dans la lutte clandestine contre le dictateur Gabriel Terra. Il fut arr&#234;t&#233; et d&#233;port&#233; sur une &#238;le d&#233;serte (Isla de Flores). L'ambassade sovi&#233;tique lui offrit de retourner dans son pays natal, mais il refusa d'aller dans un pays o&#249; ses compagnons d'id&#233;es &#233;taient eux-m&#234;mes pers&#233;cut&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vie de Simon Radowitzky, ses actions et ses souffrances m'&#233;taient depuis longtemps connues lorsque je le rencontrai. Dans les ann&#233;es vingt, je m'&#233;tais efforc&#233; d'attirer l'attention du public sur son cas, par des articles dans la presse de gauche en Su&#232;de et en Allemagne. Le 6 d&#233;cembre 1929, je pris la parole avec Rudolf Rocker, lors d'un meeting de protestation &#224; la Boekers Fests&#228;le de Berlin, Weberstra&#223;e 17, &#224; propos de Radowitzkv. L'assembl&#233;e adopta une r&#233;solution demandant l'amnistie au gouvernement argentin.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_535 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;84&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L252xH588/casanova02-399cb.jpg?1774762770' width='252' height='588' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;span style=&#034;float:left;&#034;&gt;&lt;small&gt;Sim&#243;n Radowitzky sur le front d'Aragon pendant la guerre civile espagnole en 1937.&lt;/small&gt;&lt;/span&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;C'est en 1936, &#224; Barcelone, que je fis personnellement connaissance avec le silencieux prisonnier d'Ushuaia. Il &#233;tait venu en Espagne afin de prendre part &#224; la lutte contre le putsch du g&#233;n&#233;ral Franco et participer &#224; la r&#233;volution so&#173;ciale. L'homme de quarante-sept ans partit comme milicien sur le front d'Aragon et travailla plus tard &#224; la commission culturelle des syndicats. Son visage aux traits r&#233;guliers laissait voir un &#234;tre &#233;quilibr&#233;, son fort menton indiquait l'&#233;nergie et la d&#233;cision, ses yeux luisaient de bont&#233;. Il pla&#231;a toujours l'abn&#233;gation au-dessus de son int&#233;r&#234;t particulier : lorsqu'en pleine p&#233;nurie alimentaire, une bouteille de lait lui &#233;chouait entre les mains, il en faisait imm&#233;diatement don &#224; une femme enceinte, disant qu'elle avait plus besoin de ce lait que lui&#173;-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la d&#233;faite de la R&#233;publique, Radowitzky trouva une nouvelle patrie dans le Mexique hospitalier, en tant que r&#233;fugi&#233; espagnol, sous le nom de Ra&#250;l G&#243;mez. Au pays de la R&#233;volution &#171; institutionnelle &#187;, o&#249; la r&#233;volution sociale &#233;tait devenue &#233;volutionniste et o&#249; le mouvement ouvrier cherchait &#224; atteindre le bien-&#234;tre pour tous par la voie pacifique, il ne pensa gu&#232;re aux attentats, car la violence n'&#233;tait pas pour lui une fin en soi. L&#224;, en plus de dix ans d'amiti&#233;, j'eus l'occasion d'appr&#233;cier la force de son caract&#232;re. Apr&#232;s la Seconde Guerre mondiale, nous travaill&#226;mes un temps ensemble &#224; la section mexicaine de l'international Rescue and Relief Comittee, aidant les r&#233;fugi&#233;s politiques dans l'Europe &#224; demi affam&#233;e, essentiellement par l'envoi de m&#233;dicaments.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;les derni&#232;res ann&#233;es de la vie de Radowitzky furent bien tristes. Son corps, &#233;puis&#233; par les ann&#233;es de prison, &#233;tait de&#173;venu faible et fragile. Lorsqu'il n'&#233;tait pas &#224; l'h&#244;pital, il passait ses journ&#233;es sous la mansarde d'une cage &#224; poules qui lui servait de logis. Lorsqu'il mourut, le 29 f&#233;vrier 1956, des groupes de r&#233;fugi&#233;s espagnols et autres migrants lui rendirent les derniers hommages. La m&#234;me ann&#233;e, je publiai sa biographie sous le titre &lt;i&gt;Una vida por un ideal&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec Simon Radowitzky s'en allait un des derniers survivants de la R&#233;volution russe de 1905 et l'un des plus purs id&#233;alistes du mouvement ouvrier international. Ce n'&#233;tait pas un th&#233;oricien : les seuls &#233;crits qu'il nous a laiss&#233;s sont ses lettres de prison qui furent publi&#233;es &#224; plus de trente mille exemplaires en Argentine. Radowitzky &#233;tait un homme d'action au plus profond de lui-m&#234;me. Les discussions sur les th&#232;mes abstraits n'&#233;taient pas pour lui. Il mettait la justice sociale en pratique, en grand comme en petit, en public comme dans la vie priv&#233;e. Il n'avait rien de commun avec ces terroristes fana&#173;tiques actuels, qui pour atteindre leurs buts n'h&#233;sitent plus &#224; sacrifier la vie des innocents. Son seul acte de vengeance fut de ch&#226;tier un coupable prot&#233;g&#233; par l'autorit&#233; de l'&#201;tat. Il ne luttait pour aucun nationalisme, pour aucune domination de classe, f&#251;t-elle prol&#233;taire. Aucun peuple amoureux de libert&#233; et de paix n'a &#224; craindre les terroristes de sa trempe. Les vers qu'Edwig Lachmann d&#233;dia &#224; son mari, Gustav Lan&#173;dauer, comptent aussi pour Simon Radowitzky :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Il ne choisit pas, il n'eut pas le choix &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;N'aspirant pas &#224; la r&#233;compense, l&#224; &#233;tait sa force&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Il suivit la voie que son c&#339;ur lui dicta &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Oublieux des &#233;pines et des dangers &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Pr&#234;t &#224; affronter un lourd destin &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Il n'eut d'autre but que le bonheur sur Terre &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Courant apr&#232;s ses plus folles chim&#232;res.&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>[11] Augustin Souchy - Quelques auteurs d'attentats anarchistes. Alexander Berkman</title>
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		<dc:date>2020-08-13T22:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Augustin Souchy</dc:creator>


		<dc:subject>Alexander Berkman</dc:subject>
		<dc:subject>Emma Goldman</dc:subject>
		<dc:subject>Johann Most</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;N&#233; en 1870 &#224; Vilna en Russie (en Lituanie, NDE), Alexander Berkman &#233;crivit &#224; l'&#226;ge de treize ans une r&#233;daction ath&#233;e qui &#233;veilla la m&#233;fiance de ses professeurs. Lorsque deux ans plus tard il se joignit &#224; un groupe d'&#233;tudiants r&#233;volutionnaires, le lyc&#233;en issu d'un milieu bourgeois fut renvoy&#233; de l'&#233;cole et inscrit sur la liste noire : ce qui signifiait qu'il ne serait plus admis dans aucun des &#233;tablissements de l'Empire tsariste. Dans l'impossibilit&#233; de continuer ses &#233;tudes, le jeune homme de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-augustin-souchy-3-attention-anarchiste-" rel="directory"&gt;Augustin Souchy 3 - Attention : anarchiste !&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-alexander-berkman-+" rel="tag"&gt;Alexander Berkman&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-emma-goldman-+" rel="tag"&gt;Emma Goldman&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-johann-most-+" rel="tag"&gt;Johann Most&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/arton600-be53b.png?1774694618' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_532 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L217xH300/v171-m-85b88.jpg?1774729981' width='217' height='300' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;N&#233; en 1870 &#224; Vilna en Russie (en Lituanie, NDE), Alexander Berkman &#233;crivit &#224; l'&#226;ge de treize ans une r&#233;daction ath&#233;e qui &#233;veilla la m&#233;fiance de ses professeurs. Lorsque deux ans plus tard il se joignit &#224; un groupe d'&#233;tudiants r&#233;volutionnaires, le lyc&#233;en issu d'un milieu bourgeois fut renvoy&#233; de l'&#233;cole et inscrit sur la liste noire : ce qui signifiait qu'il ne serait plus admis dans aucun des &#233;tablissements de l'Empire tsariste. Dans l'impossibilit&#233; de continuer ses &#233;tudes, le jeune homme de dix-huit ans &#233;migra aux &#201;tats-Unis, terre promise des libert&#233;s d&#233;mocratiques, apr&#232;s la mort de son p&#232;re. Venant d'un milieu r&#233;volutionnaire, le jeune immigrant chercha dans sa nouvelle patrie &#224; se joindre &#224; l'avant-garde sociale. Il apprit le m&#233;tier de compositeur &#224; l'imprimerie new-yorkaise du journal de langue allemande, &lt;i&gt;Freiheit&lt;/i&gt;, &#233;dit&#233; par Johann Most. Il appartenait dor&#233;navant &#224; la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au pays de la libert&#233; et du profit, les conditions de vie de la plus grande partie de la population &#233;taient &#224; l'&#233;poque loin d'&#234;tre id&#233;ales. La journ&#233;e de travail &#233;tait de 10 &#224; 12 heures, les salaires &#233;taient bas, il n'y avait ni assurance-maladie ni pensions de retraite, et les ch&#244;meurs vivaient aux limites de la famine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques mois avant l'arriv&#233;e du jeune Alexander Berkman, quatre anarchistes avaient &#233;t&#233; ex&#233;cut&#233;s &#224; Chicago (&lt;a href=&#034;https://www.partage-noir.fr/04-augustin-souchy-sacco-et-vanzetti#02&#034;&gt;lire cet article&lt;/a&gt;). L'indignation mondiale &#224; propos de cet assassinat l&#233;gal &#233;tait encore fra&#238;che dans les m&#233;moires, lorsqu'en 1892 les ouvriers des aci&#233;ries Carnegie de Homestead se mirent en gr&#232;ve pour faire aboutir leurs revendications sur le temps de travail. Lors de la manifestation du 6 juillet, les Pinkerton (police priv&#233;e au service des patrons) ouvrirent le feu sur les gr&#233;&#173;vistes, tuant onze ouvriers dont un gar&#231;on de onze ans. Ce massacre des manifestants d&#233;sarm&#233;s suscita l'indignation dans tout le pays. M&#234;me les milieux conservateurs r&#233;clam&#232;rent le ch&#226;timent des coupables. Mais le directeur g&#233;n&#233;ral de l'en&#173;treprise, Henry Clay Frick, qui &#233;tait responsable du massacre, ne fut pas inqui&#233;t&#233;. Police et justice rest&#232;rent sourdes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puisque m&#234;me les plus hautes autorit&#233;s se refusaient &#224; intervenir, Alexander Berkman d&#233;cida d'exercer lui-m&#234;me des repr&#233;sailles. La po&#233;tesse danoise Karin Micha&#235;lis explique pourquoi et comment : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Berkman, parvenu &#224; l'&#226;ge de vingt-deux ans sans jamais avoir jusque-l&#224; commis la moindre iniquit&#233; ou injustice &#224; travers le monde, d&#233;cida de sacrifier sa vie. Il veut mettre Frick &#224; mort. Le mettre &#224; mort et se faire tuer lui-m&#234;me, pour servir &#224; la cause ouvri&#232;re. C'est une sorte de propagande par le fait... R&#233;fl&#233;chie, comme on r&#233;fl&#233;chit &#224; vingt ans et qu'on est id&#233;aliste&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_531 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;70&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L250xH199/berkman_with_frick__1892_-03ffa.jpg?1774729982' width='250' height='199' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;span style=&#034;float:left;&#034;&gt;&lt;smal&gt;Tentative d'assassinat de Berkman sur Frick. &lt;i&gt;Harper's Weekly&lt;/i&gt; (1892).&lt;/small&gt;&lt;/span&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Berkman fait le long voyage jusqu'&#224; Homestead, entre dans le bureau du directeur g&#233;n&#233;ral et fait feu &#224; trois re&#173;prises sur lui. Frick, seulement l&#233;g&#232;rement bless&#233;, en r&#233;chappe. Berkman est bless&#233; lors de son arrestation et condamn&#233; &#224; 22 ans de r&#233;clusion. Pendant 11 ans il expie son acte dans l'&#233;tablissement bien mal fam&#233; d'Alleghanie. Il a d&#233;crit l'horrible s&#233;jour qu'il y passa dans &lt;i&gt;Prison memoirs of an anarchist&lt;/i&gt; (paru en 1912). Ce livre est un des plus remarquables r&#233;cits de prison de la litt&#233;rature mondiale. Berkman montre &#224; quel point des &#234;tres humains peuvent se comporter de mani&#232;re tout &#224; fait inhumaine d&#232;s qu'une administration leur retire toute responsabilit&#233; personnelle. Le fait que Berkman ait surv&#233;cu &#224; toutes les douleurs de ces ann&#233;es montre sa force d'esprit et sa grandeur d'&#226;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lib&#233;r&#233; en 1906, Alexander Berkman met &#224; nouveau sa vie au service des luttes sociales. Il prend en charge la r&#233;daction du mensuel &lt;i&gt;Mother Earth&lt;/i&gt; &#233;dit&#233; par sa compagne de combat Emma Goldman, entreprend des tourn&#233;es de conf&#233;rences &#224; travers tout le pays, organise des gr&#232;ves, des manifestations et des campagnes pour la lib&#233;ration des prisonniers politi&#173;ques. Alexander Berkman et Emma Goldman militent aussi activement pour la r&#233;gulation des naissances. Lorsqu'Emma Goldman est condamn&#233;e &#224; ce sujet, &lt;i&gt;The little review anthology&lt;/i&gt; &#233;crit : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Emma Goldman doit aller en prison car elle exhorte les femmes &#224; ne pas rester bouches cousues et ventres ouverts.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_533 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;13&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L200xH248/mooney-tom--b4b2d.jpg?1774729982' width='200' height='248' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;span style=&#034;float:left;&#034;&gt;&lt;small&gt;Tom Mooney.&lt;/small&gt;&lt;/span&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Lors de l'entr&#233;e des USA dans la Premi&#232;re Guerre mondiale (d&#233;but 1917), Alexander Berkman se trouve en t&#234;te d'un mouvement contre l'instauration du service militaire obligatoire, qui n'avait, jusque-l&#224; jamais exist&#233; dans ce pays. Cela ne lui rapporte aucun laurier, mais, bien au contraire, il &#233;cope de deux ans de prison. Emma Goldman est condamn&#233;e elle aussi &#224; la m&#234;me peine pour le m&#234;me d&#233;lit. A sa lib&#233;ration, Berkman se fait l'avocat du leader ouvrier radical Tom Mooney, qui avait &#233;t&#233; condamn&#233; &#224; mort pour l'explosion d'une bombe au cours d'une manifestation patriotique, alors qu'il &#233;tait innocent. La campagne est un succ&#232;s, Mooney a la vie sauve. Mais les autorit&#233;s judiciaires californiennes r&#233;clament &#224; pr&#233;sent que leur soit livr&#233; Berkman, entre-temps retourn&#233; &#224; New York et qu'une lourde peine menace. La justice californienne ne put condamner le propagandiste antimilitariste, gr&#226;ce aux actions de protestation des ou&#173;vriers am&#233;ricains et russes (la R&#233;volution russe venait d'&#233;&#173;clater). Mais fin 1919, Alexander Berkman, Emma Goldman et 245 extr&#233;mistes de gauche n&#233;s en Russie et soutenant la R&#233;volu&#173;tion russe, furent d&#233;port&#233;s en Russie sovi&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en mai 1920 que je fis personnellement connaissance avec Alexander Berkman et Emma Goldman, dont les noms m'&#233;&#173;taient d&#233;j&#224; connus depuis des ann&#233;es pour leurs combats pour la justice sociale, la libert&#233; et la paix. Je les rencontrai &#224; Moscou. Sur les traits du quinquag&#233;naire se lisaient la force de caract&#232;re, la d&#233;termination, l'&#233;nergie. Les contacts personnels que j'eus avec lui me confirm&#232;rent les impressions que je m'&#233;tais faites de cet homme qui, dans sa jeunesse, avait mis sa vie en jeu pour la justice, qui affronta tous les p&#233;rils, et pour qui il n'y avait pas de retour en arri&#232;re. Berkman ne m'&#233;tait pas un &#233;tranger. Nous appartenions &#224; la m&#234;me famille de pens&#233;e et avions de nombreux amis communs. C'est donc tout naturellement que nous nous appel&#226;mes par nos pr&#233;noms d&#232;s notre premi&#232;re rencontre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mes conversations avec &#171; Sacha &#187;, auxquelles prenait part Emma Goldman, tournaient autour de la R&#233;volution russe, dont la d&#233;g&#233;n&#233;rescence ne manquait pas de nous inqui&#233;ter. La dictature du parti bolchevique se faisait toujours plus pesante, la r&#233;pression des r&#233;volutionnaires non communistes toujours plus violente. Les propres mots de Berkman nous disent ce qu'il avait pens&#233; de la R&#233;volution. Dans son livre &lt;i&gt;Die russi&#173;sche Trag&#246;die&lt;/i&gt;, il &#233;crivit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q&gt;Mon c&#339;ur battait sereinement lorsque je partis pour la Russie. Je voulais me mettre enti&#232;rement au service du peu&#173;ple. Je sentais que je rajeunirais en travaillant durement et en me d&#233;menant au service du bien commun. J'&#233;tais pr&#234;t &#224; donner jusqu'&#224; ma vie pour la r&#233;alisation du grand espoir du monde, la r&#233;volution sociale.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les libert&#233;s gagn&#233;es de haute lutte par les travailleurs r&#233;volutionnaires leur furent confisqu&#233;es sans m&#233;nagement par le parti communiste. Un jour, Berkman me raconta que Karl Radek, le secr&#233;taire de l'Internationale communiste, lui avait propos&#233; de traduire en anglais le livre de L&#233;nine sur la &#171; maladie infantile &#187; de l'extr&#234;me gauche. Berkman se d&#233;clara pr&#234;t &#224; rendre ce service, &#224; la condition qu'il puisse donner sa propre position sur ce sujet dans une pr&#233;face ou une postface. Inutile de dire que L&#233;nine refusa. Il n'y avait pas de critique possible sous la dictature, et encore moins &#224; son sommet. Les partisans du tsar &#233;taient vaincus, les d&#233;fenseurs du capital d&#233;sorganis&#233;s, il n'y avait plus aucun danger du c&#244;t&#233; des forces conservatrices. Et pourtant, il n'y avait aucune libert&#233; et que peu de pain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;bellion de Kronstadt en mars 1921 fut le point culminant du mouvement d'opposition au bolchevisme. Alexander Berkman et Emma Goldman s'engag&#232;rent pour les ouvriers de Petrograd et les marins de Kronstadt, qui r&#233;clamaient une plus juste r&#233;partition des biens de consommation, les &#233;lec&#173;tions libres des soviets, la libert&#233; de presse et de r&#233;union. L&#233;nine et Trotsky r&#233;pondirent par les canons, les voitures blind&#233;es et les mitrailleuses. Dix-huit mille matelots, ouvriers et soldats r&#233;volutionnaires furent abattus. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Se taire l&#224;-dessus serait un crime&lt;/q&gt;, &#233;crivirent Alexander Berkman et Emma Gold&#173;man aux d&#233;tenteurs du pouvoir communiste. Les deux anar&#173;chistes ne virent plus aucune possibilit&#233; d'exercer librement leurs activit&#233;s dans ce pays. La Russie r&#233;volutionnaire &#233;tait devenue, sous la domination du parti communiste, un pays r&#233;actionnaire. Tout comme &#224; dix-huit ans, au temps du tsar, Berkman dut, &#224; cinquante et un ans, fuir le pays de la dictature communiste. Cette seconde &#233;migration fut plus am&#232;re que la premi&#232;re, elle d&#233;truisit ses illusions. Des dizaines d'ann&#233;es d'espoir venaient de s'effondrer. La domination du parti communiste lui montrait comment se perd une r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fin 1921, Alexander Berkman et Emma Goldman quitt&#232;rent donc le pays de leurs r&#234;ves et de leurs d&#233;sillusions. Apr&#232;s un court s&#233;jour en Su&#232;de, ils d&#233;barqu&#232;rent &#224; Berlin. Berkman, qui connaissait les souffrances du cachot, n'oublia pas ses camarades rest&#233;s dans les ge&#244;les communistes. Il collecta de l'argent pour les soutenir et publia une feuille d'information sur les pers&#233;cutions politiques en Union sovi&#233;tique. Dans ses livres &lt;i&gt; La r&#233;bellion de Kronstadt&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;La trag&#233;die russe&lt;/i&gt;, il montra l'incompatibi&#173;lit&#233; entre dictature et socialisme. Dans &lt;i&gt;L'ABC de l'anarchisme&lt;/i&gt;, il d&#233;montra &#224; partir de l'exp&#233;rience de la Russie de L&#233;nine, que la justice sociale ne peut se r&#233;aliser dans une &#233;conomie &#233;tatique. Il y pr&#233;conisait la libre association des producteurs autonomes. Au cours de son s&#233;jour de plusieurs an&#173;n&#233;es &#224; Berlin, j'eus l'occasion de faire de plus pr&#232;s connaissance avec l'homme, le d&#233;sint&#233;ressement de ses efforts et son sentiment de solidarit&#233;, si pro&#173;fond&#233;ment enracin&#233; en lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Berlin &#233;tait une &#233;tape pour les r&#233;fugi&#233;s russes, pas un terminus. Peu d'entre eux pouvaient s'y acclimater. La plupart se cherch&#232;&#173;rent des pays plus hospitaliers lors de la baisse de la con&#173;joncture et de la mont&#233;e du mouvement hitl&#233;rien. Alexander Berkman &#233;tait &lt;i&gt;persona non grata &lt;/i&gt; aux USA. En France, on ne voulut d'abord pas lui accorder d'autorisation de s&#233;jour en raison de son pass&#233;. Ce n'est qu'apr&#232;s l'intervention de Romain Rolland, Bertrand Russel, Thomas Mann et Albert Ein&#173;stein qu'il put avoir le droit de s&#233;journer dans la patrie de la r&#233;volution europ&#233;enne. Il mourut le 28 juin 1936, trois semaines avant qu'&#233;clate la guerre civile espagnole. De sa fin am&#232;re, Emma Goldman &#233;crivit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q&gt;Les nombreuses ann&#233;es de prison et d'exil, les humiliations inhumaines auxquelles il avait &#233;t&#233; expos&#233; &#8212; il avait d&#251; mendier &#224; des l&#232;che-bottes patent&#233;s jusqu'&#224; l'air qu'il respirait &#8212; le combat &#233;reintant pour la simple existence, auxquels la mala&#173;die vint s'ajouter, tout cela avait fait de sa vie un fardeau ; il refusait d'&#234;tre une charge pour son entourage ; aussi fit-il ce qu'il avait toujours annonc&#233; : il acc&#233;l&#233;ra sa fin de ses propres mains.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au contraire des professionnels de la r&#233;volution, Alexan&#173;der Berkman fut un rebelle permanent. Dans sa jeunesse, il avait cru pouvoir &#234;tre le bras d'une justice terrestre. Lui&#173;-m&#234;me, lui tout seul, voulut punir un tyran, qui n'avait pas h&#233;sit&#233; &#224; faire assassiner des hommes innocents. Son attentat &#233;choua, mais il dut lourdement expier la tentative. Des soi&#173;xante-six ans de sa vie, un demi-si&#232;cle fut vou&#233; &#224; la cause de la libert&#233; et de la justice sociale. M&#234;me en prison, il se battit pour les droits de ses compagnons d'infortune enferm&#233;s avec lui. Auteur d'attentats manqu&#233;s, Sacha Berkman fut toute sa vie un homme int&#232;gre et un anarchiste cons&#233;quent.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>[10] Augustin Souchy - Louis Lecoin, un pacifiste radical</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Augustin Souchy</dc:creator>


		<dc:subject>Louis Lecoin</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Mes compagnons antimilitaristes &#233;taient d'indestructibles &#171; poussi&#232;res de paix &#187;, et tout particuli&#232;rement mon vieux compagnon de lutte Louis Lecoin, avec qui j'&#233;tais rest&#233; en relation depuis mon premier s&#233;jour en France, en 1921. Qu'il soit allemand ou fran&#173;&#231;ais, le militarisme restait pour Lecoin le militarisme. Lors d'une r&#233;union de d&#233;l&#233;&#173;gu&#233;s syndicaux parisiens, il critiqua les camarades qui parlent du r&#233;armement outre-Rhin, mais n'ont pas un mot de reproche pour le colossal budget (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-augustin-souchy-3-attention-anarchiste-" rel="directory"&gt;Augustin Souchy 3 - Attention : anarchiste !&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-louis-lecoin-+" rel="tag"&gt;Louis Lecoin&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/arton599-25720.jpg?1774708927' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Mes compagnons antimilitaristes &#233;taient d'indestructibles &#171; poussi&#232;res de paix &#187;, et tout particuli&#232;rement mon vieux compagnon de lutte Louis Lecoin, avec qui j'&#233;tais rest&#233; en relation depuis mon premier s&#233;jour en France, en 1921. Qu'il soit allemand ou fran&#173;&#231;ais, le militarisme restait pour Lecoin le militarisme. Lors d'une r&#233;union de d&#233;l&#233;&#173;gu&#233;s syndicaux parisiens, il critiqua les camarades qui &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;parlent du r&#233;armement outre-Rhin, mais n'ont pas un mot de reproche pour le colossal budget militaire fran&#231;ais&lt;/q&gt;. Il rejetait la guerre en tant que telle, f&#251;t-elle contre un ennemi fasciste&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Son pacifisme ne l'aveugla cependant pas. Ainsi en 1936, il aida les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Selon lui, aucun r&#233;gime d&#233;mocratique, aucune libert&#233; ne valait le prix d'une guerre. Il &#233;tait pr&#234;t &#224; renoncer &#224; son id&#233;al de libert&#233;, qu'il appelait anarchie, s'il lui e&#251;t fallu passer sur des monceaux de cadavres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233; en 1888 dans le centre de la France, petit de taille et fluet de stature, les traits r&#233;guliers de son visage de celte blond ne trahissaient gu&#232;re la force de son caract&#232;re. La vie militante de Lecoin commen&#231;a &#224; l'&#226;ge de 22 ans. Durant son service militaire, son r&#233;giment re&#231;ut l'ordre d'avancer l'arme en main sur des travailleurs en gr&#232;ve. Lecoin refusa d'ob&#233;ir. Devant la justice militaire, il expliqua qu'on lui avait appris &#224; l'&#233;cole que l'arm&#233;e servait &#224; la d&#233;fense contre un ennemi ext&#233;rieur, et non &#224; tirer sur des gr&#233;vistes. Sa conscience lui interdisait de laisser faire de tels abus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s six mois de prison, il fut mut&#233; dans un bataillon disciplinaire. Peu apr&#232;s sa lib&#233;ration, il milita dans le mouvement libertaire. Il fut condamn&#233; &#224; sept ans de prison comme instigateur d'une manifestation politique. Durant la Premi&#232;re Guerre mondiale, il passa de prison en prison. Il passa huit ann&#233;es de sa jeunesse derri&#232;re les barreaux. Il a racont&#233; cette partie de sa vie dans son livre &lt;i&gt;De prison en prison&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_530 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;56&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L336xH400/lecoin_louis_a_gauche-55175-b6364.jpg?1774729982' width='336' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;span style=&#034;float:left;&#034;&gt;&lt;small&gt;Louis Lecoin (&#224; gauche) dans les locaux du &lt;i&gt;Libertaire&lt;/i&gt;.&lt;/small&gt;&lt;/span&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Lib&#233;r&#233; en 1920, Louis Lecoin entra &#224; la r&#233;daction du jour&#173;nal anarchiste &lt;i&gt;Le libertaire&lt;/i&gt;. Durant un demi-si&#232;cle, il fut l'&#226;me du mouvement antimilitariste fran&#231;ais. Partout o&#249; les droits de l'homme &#233;taient &#224; d&#233;fendre, Lecoin se tenait &#224; la pointe du combat. Il d&#233;peint de fa&#231;on impressionnante les diff&#233;rentes &#233;tapes de sa vie dans ses m&#233;moires : &lt;i&gt;Le cours d'une vie&lt;/i&gt; (Paris 1965). La R&#233;volution fran&#231;aise avait bien aboli le syst&#232;me f&#233;odal et proclam&#233; les &#171; droits de l'homme &#187;, mais elle avait aussi cr&#233;&#233; le service national obligatoire pour tous. Et cette mesure, destin&#233;e &#224; d&#233;fendre la R&#233;volution, &#233;tait devenue une institution conservatrice. Depuis un si&#232;cle et demi, de lourdes peines sanctionnaient le refus d'effectuer le service national. En 1958 encore, plus de 150 objecteurs de conscience croupissaient dans les prisons fran&#231;aises. Lecoin s'engagea activement en faveur de leur lib&#233;ration. Conjointement avec Albert Camus, il &#233;labora un statut, permettant aux objecteurs de conscience d'effectuer un service civil de remplacement. Ce texte fut transmis au gouvernement Je 15 octobre 1959. Des sondages r&#233;v&#233;laient que la plupart des d&#233;put&#233;s voteraient ce projet. Cependant, deux ans plus tard, le gouvernement n'avait toujours pas donn&#233; de r&#233;ponse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 28 mai 1962, Lecoin &#233;crivit au pr&#233;sident de la R&#233;pu&#173;blique, Charles de Gaulle, pour l'informer qu'il allait se mettre en gr&#232;ve de la faim &#224; partir du 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; juin, au bureau du co&#173;mit&#233; d'aide aux objecteurs ; et qu'il refuserait de s'alimenter jusqu'&#224; ce que le gouvernement promulgue la loi sur le ser&#173;vice civil et lib&#232;re les objecteurs dont quelques-uns &#233;taient enferm&#233;s depuis des ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lecoin agit comme annonc&#233;. La presse rendit compte du combat inhabituel du vieux pacifiste. Le cas Lecoin &#233;veilla l'int&#233;r&#234;t jusqu'&#224; l'&#233;tranger. D'Italie arriv&#232;rent des t&#233;l&#233;grammes du futur pr&#233;sident Saragat et du futur ministre de l'In&#173;t&#233;rieur Nenni, dans lesquels ils manifestaient leur sympathie &#224; l'&#233;gard de ce Lecoin. Des cercles pacifistes des USA envoy&#232;rent des messages de solidarit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s 22 jours de gr&#232;ve de la faim, Lecoin &#233;tait &#224; bout de force. Les m&#233;decins le consid&#233;raient comme perdu. Les journaux parlaient de sa mort imminente. Alors le chef du gouvernement fran&#231;ais fit savoir qu'il soumettrait la proposition de loi sur le service civil au Parlement, et qu'il s'engageait &#224; lib&#233;rer les objecteurs de conscience emprisonn&#233;s. La tension retomba, l'opinion publique &#233;tait rassur&#233;e. Lecoin avait vaincu. Les pacifistes fran&#231;ais jubilaient : un vieillard de 75 ans, avec la faim comme seule arme, avait oblig&#233; le gouvernement de la grande nation &#224; l&#226;cher prise. Le conservateur &lt;i&gt;Figaro-magazine&lt;/i&gt; &#233;crivit le 30 juin 1962, sous le titre &#171; Un seul juste suffisait &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q&gt;Lecoin, qui se pr&#233;parait &#224; mourir, est, comme on l'esp&#233;rait, sauv&#233;. Il entra en gr&#232;ve de la faim, pour que les r&#233;fractaires &#224; l'arm&#233;e pour des motifs de conscience soient lib&#233;r&#233;s. Lecoin a gagn&#233;. Une seule volont&#233; d'acier a triomph&#233; de la lenteur d'escargot de l'administration, qui n'avait dans le fond rien contre, mais laissait passer le temps. On sait que le g&#233;n&#233;ral de Gaulle, favorable &#224; un r&#232;glement du statut du service civil voulait garder Lecoin en vie. On a des raisons de supposer que son intervention a acc&#233;l&#233;r&#233; la prise de d&#233;cision. Ainsi Lecoin, au bord de la tombe, put retrouver la sant&#233;.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement tint parole, la navette entre l'ex&#233;cutif et le l&#233;gislatif dura encore plus d'un an. Enfin, le 22 d&#233;cem&#173;bre 1963, la loi fut promulgu&#233;e. Les portes des prisons s'ouvrirent pour tous les objecteurs de conscience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les amis de la paix et de la libert&#233; pleur&#232;rent am&#232;rement la mort de Louis Lecoin, survenue en 1970, &#224; l'&#226;ge de 82 ans&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En 1964, seize intellectuels fran&#231;ais, dont des prix Nobel et des membres de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Son pacifisme ne l'aveugla cependant pas. Ainsi en 1936, il aida les anarchistes espagnols contre le fascisme (NDE).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;En 1964, seize intellectuels fran&#231;ais, dont des prix Nobel et des membres de l'Acad&#233;mie Fran&#231;aise parrain&#232;rent le mili&#173;tant antimilitariste Lecoin au prix Nobel de la paix. Il est regrettable que le Parlement norv&#233;gien ne se pronon&#231;&#226;t pas pour lui. Cet honneur n'e&#251;t pas seulement &#233;t&#233; bien m&#233;rit&#233;, il aurait donn&#233; un nouvel &#233;lan aux militants pacifistes du monde entier et aurait ainsi servi la cause de la paix.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>[09] Augustin Souchy - 1933 : deuxi&#232;me &#233;migration. Retour en France</title>
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		<dc:creator>Augustin Souchy</dc:creator>



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&lt;p&gt;Arriv&#233; &#224; Paris, j'&#233;crivis &#224; la demande de mes compagnons su&#233;dois un pamphlet contre le national-socialisme, qui fut publi&#233; &#224; Stockholm sous le titre Den bruna pesten (&#171; La peste brune &#187;). Les syndicalistes su&#233;dois organis&#232;rent un boycott &#233;conomique et culturel du Troisi&#232;me Reich, mais le r&#233;sultat de leur campagne fut maigre : quelques cin&#233;mas retir&#232;rent de leurs programmes les films nazis &#224; la demande du public... Un succ&#232;s moral pour la propagande anti-nazie, sans doute, mais qui ne fit (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-augustin-souchy-3-attention-anarchiste-" rel="directory"&gt;Augustin Souchy 3 - Attention : anarchiste !&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/arton598-1a786.jpg?1774708928' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Arriv&#233; &#224; Paris, j'&#233;crivis &#224; la demande de mes compagnons su&#233;dois un pamphlet contre le national-socialisme, qui fut publi&#233; &#224; Stockholm sous le titre &lt;i&gt;Den bruna pesten&lt;/i&gt; (&#171; La peste brune &#187;). Les syndicalistes su&#233;dois organis&#232;rent un boycott &#233;conomique et culturel du Troisi&#232;me Reich, mais le r&#233;sultat de leur campagne fut maigre : quelques cin&#233;mas retir&#232;rent de leurs programmes les films nazis &#224; la demande du public... Un succ&#232;s moral pour la propagande anti-nazie, sans doute, mais qui ne fit gu&#232;re plus de mal au r&#233;gime nazi qu'une piq&#251;re de moustique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France et particuli&#232;rement &#224; Paris, il n'y avait jamais eu autant d'&#233;migrants politiques allemands qu'en ce d&#233;but de l'&#232;re hitl&#233;rienne. Le nombre de r&#233;fugi&#233;s &#233;tait si grand, que Georg Bernhard, l'ancien r&#233;dacteur en chef du &lt;i&gt;Vossischen Zeitung&lt;/i&gt; de Berlin, pensa qu'il &#233;tait &#233;conomiquement possible d'&#233;diter une feuille quotidienne, &lt;i&gt;Der pariser Tageblatt&lt;/i&gt;. Leo&#173;pold Schwarzschild avait transf&#233;r&#233; son &lt;i&gt;Tagebuch &lt;/i&gt; des bords de la Spree aux quais de la Seine, et Willy M&#252;nzenberg publia un temps &lt;i&gt;Die Zukunft &lt;/i&gt; (&#171; L'Avenir &#187;) apr&#232;s sa rupture Staline.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but, je fr&#233;quentais les r&#233;unions d'&#233;migrants allemands, o&#249; l'on parlait aussi bien de probl&#232;mes politiques et de th&#233;ories sociales que de th&#232;mes litt&#233;raires. J'ai encore &#224; l'oreille les paroles d'orateurs marxistes, qui voyaient dans le fascisme et l'hitl&#233;risme la phase finale du capitalisme pr&#233;dite par Marx, qui serait &#224; coup s&#251;r suivie de la r&#233;volution prol&#233;tarienne mondiale. D'un niveau un peu plus &#233;lev&#233; &#233;taient mes discussions avec Helmut von Gerlach, que je rencontrais assez souvent &#224; la Ligue fran&#231;aise des droits de l'homme, et avec Alfred Doblin, avec qui je prenais le caf&#233; &#224; la Closerie des Lilas, &#224; Montparnasse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je gagnais mon pain quotidien et mon bifteck hebdoma&#173;daire comme journaliste ind&#233;pendant : j'&#233;crivais pour le &lt;i&gt;G&#246;teborgsposten &lt;/i&gt; (G&#246;teborg), &lt;i&gt;Arbetaren &lt;/i&gt; (Stockholm) et &#173;le &lt;i&gt;Freie Arbeiter Stimme&lt;/i&gt; de New York. A Paris, o&#249; j'avais des parents fran&#231;ais et o&#249; j'entretenais des contacts &#233;troits avec les compagnons libertaires, je me sentais chez moi, tant culturellement qu'humainement et intellectuellement. Mes camarades fran&#231;ais me consid&#233;raient comme l'un des leurs, d'autant que j'avais &#233;pous&#233; une Fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France aussi, il existait un mouvement ultra-nationa&#173;liste sur le mod&#232;le de Mussolini et d'Hitler, mais qui ne parvint pas &#224; sortir de son lit. Son initiateur &#233;tait le colonel de la Rocque, qui pour imiter la croix gamm&#233;e choisit la croix de feu &#171; gauloise &#187; comme embl&#232;me. Ses partisans march&#232;rent le 6 f&#233;vrier 1934 sur le Parlement, dans le but d'en chasser les d&#233;put&#233;s et d'&#233;tablir leur propre r&#233;gime dictatorial. Mais la tentative de putsch &#233;choua. Ni les conditions objectives ni les facteurs subjectifs n'&#233;taient r&#233;unis pour une telle entreprise. Il n'y avait pas de traumatisme social en France, le &#171; psychisme &#187; du peuple n'&#233;tait pas alourdi d'une guerre perdue. Alert&#233;e par l'&#233;crasement de la d&#233;mocratie en Allemagne, la gauche fran&#231;aise s'unit en un Front populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une semaine apr&#232;s la marche des Croix-de-feu, le Rassemblement populaire, comme se nommait la gauche, organisa &#224; Paris une grande manifestation &#224; laquelle prirent part des ouvriers, des employ&#233;s, des intellectuels et des &#233;tudiants de tous les partis de gauche, depuis les radicaux bourgeois jus&#173;qu'aux communistes. Le &#171; Rassemblement &#187; gagna les &#233;lections parlementaires en mai de la m&#234;me ann&#233;e ; un gouvernement de gauche s'installa pour un temps au pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement de Front populaire qui s'ensuivit, sous la direction du socialiste L&#233;on Blum (juin 1936 &#224; juin 1937), introduisit des r&#233;formes sociales telles que la semaine de 40 heures, l'allongement des cong&#233;s pay&#233;s, qui amen&#232;rent l'apaisement social. En mati&#232;re de politique &#233;trang&#232;re, le gouvernement Blum se trouvait devant un dilemme id&#233;ologique : le c&#339;ur socialiste inclinait au d&#233;sarmement et &#224; la paix, mais le bon sens politique commandait le renforcement de l'&#233;tat d'alerte militaire, apr&#232;s le retrait d'Hitler de la Soci&#233;t&#233; des nations et le commencement du r&#233;armement allemand. Les deux tendances &#233;taient inconciliables.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>[08] Augustin Souchy - Erich M&#252;hsam, chevalier de la libert&#233;</title>
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		<dc:creator>Augustin Souchy</dc:creator>


		<dc:subject>Erich M&#252;hsam</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le soir de l'incendie du Reichstag (la nuit du 27 au 28 f&#233;vrier 1933, NOE), je d&#238;nais chez moi en compagnie d'Erich M&#252;hsam. Les nouvelles diffus&#233;es par la radio n'annon&#231;aient rien de bon. Le V&#246;lkische Beobachter (&#171; L'Observateur natio&#173;nal &#187;), l'organe du parti nazi, avait depuis longtemps excit&#233; la haine contre Erich M&#252;hsam, &#171; juif et anarchiste &#187;. On lui reprochait sa participation &#224; la R&#233;publique des conseils de Bavi&#232;re et d'&#234;tre responsable de l'ex&#233;cution des otages du 25 avril 1919, bien (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-augustin-souchy-3-attention-anarchiste-" rel="directory"&gt;Augustin Souchy 3 - Attention : anarchiste !&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-erich-muhsam-3-+" rel="tag"&gt;Erich M&#252;hsam&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/arton595-01d8a.jpg?1774703963' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le soir de l'incendie du Reichstag (la nuit du 27 au 28 f&#233;vrier 1933, NOE), je d&#238;nais chez moi en compagnie d'Erich M&#252;hsam. Les nouvelles diffus&#233;es par la radio n'annon&#231;aient rien de bon. Le &lt;i&gt;V&#246;lkische Beobachter&lt;/i&gt; (&#171; L'Observateur natio&#173;nal &#187;), l'organe du parti nazi, avait depuis longtemps excit&#233; la haine contre Erich M&#252;hsam, &#171; juif et anarchiste &#187;. On lui reprochait sa participation &#224; la R&#233;publique des conseils de Bavi&#232;re et d'&#234;tre responsable de l'ex&#233;cution des otages du 25 avril 1919, bien qu'il e&#251;t d&#233;j&#224; &#233;t&#233; fait prisonnier le 13 avril 1919. M&#252;hsam se trouvait en grand danger. Je lui conseillai de ne plus rentrer &#224; son appartement. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Reste passer la nuit ici,&lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt; lui dis-je&lt;/span&gt;, &#224; l'&#233;tage en dessous de chez moi habite un sergent de ville proche du SPD, qui m'a promis de m'avertir &#224; temps. Les SA et SS prennent toujours avec eux un policier du poste le plus proche pour les rafles, qu'ils pr&#233;parent la veille. Nous sommes encore en s&#233;curit&#233; cette nuit.&lt;/q&gt; Erich M&#252;hsam ne voyait pas le danger aussi grand. Il avait l'intention de fuir le lendemain vers Prague, et rentra chez lui pour pr&#233;parer son voyage. Mais il ne put partir : le lendemain matin, il fut arr&#234;t&#233; dans son appartement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La triste fin de M&#252;h&#173;sam est connue. Lorsqu'on somma le prisonnier de chanter le Horst-Wessel&#173;lied des nazis, il entonna l'Internationale. On voulut le forcer &#224; creuser sa propre tombe et &#224; l&#233;cher des crachats sur le sol. Il r&#233;sista de toute la force de son caract&#232;re aux humiliations et &#224; la douleur. Il expliqua &#224; ses compagnons de d&#233;tention qu'il ne ferait pas aux bourreaux le plaisir de se tuer. Au matin du 10 juil&#173;let 1934, on le retrouva pendu dans les latrines de la prison d'Oranienburg. Ses souf&#173;frances avaient dur&#233; quinze mois&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Quelques semaines apr&#232;s, &#224; Paris, j'&#233;crivis une brochure sur la vie, les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques jours apr&#232;s l'incendie du Reichstag, alors que je rentrais chez moi vers les neuf heures du soir (j'habitais Wilmersdorf, Auguststra&#223;e 62) je fus attaqu&#233; par trois jeunes gens. Je r&#233;ussis &#224; me d&#233;gager et &#224; refermer prestement la porte de la maison derri&#232;re moi. Il &#233;tait maintenant grand temps de dispara&#238;tre. Une fois assis dans le train qui m'emmenait vers Paris, je vis des affiches coll&#233;es aux colonnes publicitaires de Berlin, repr&#233;sentant des anti-nazis recherch&#233;s : j'y reconnus mon portrait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les barbares ne purent m'arr&#234;ter, mais ils emmen&#232;rent mon fr&#232;re Max, qui s&#233;journait quelque temps chez moi. Au commissariat, quand ils se rendirent compte qu'ils avaient fait erreur, ils le pass&#232;rent &#224; tabac et le laiss&#232;rent filer. Ils d&#233;truisirent ma biblioth&#232;que, emport&#232;rent les &#339;uvres classiques et br&#251;l&#232;rent les livres socialistes et anarchistes &#224; m&#234;me la rue. Un rideau de sang s'&#233;tait abattu sur l'Allemagne. Ma seconde &#233;migration devait durer plus longtemps que la premi&#232;re.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Quelques semaines apr&#232;s, &#224; Paris, j'&#233;crivis une brochure sur la vie, les souffrances et la mort d'Erich M&#252;hsam, qui fut publi&#233;e par les syndicalistes espagnols de Barcelone sous le titre : &lt;i&gt;Caballero de la libertad &lt;/i&gt; (&#171; Chevalier de la libert&#233; &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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