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		<title>PARTAGE NOIR</title>
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		<title>George Grosz</title>
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		<dc:subject>George Grosz</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;George Grosz est sans doute le dessinateur qui a le mieux pressenti l'arriv&#233;e du nazisme en Allemagne ; &#224; tel point que, malgr&#233; la violence de son graphisme, ses dessins illustrent r&#233;guli&#232;rement les dossiers, les documents, voire m&#234;me les manuels scolaires traitant de l'Allemagne pr&#233;-hitl&#233;rienne.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-soleil-noir-no2-septembre-1990-" rel="directory"&gt;Soleil Noir n&#176;2 - Septembre 1990&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-george-grosz-277-+" rel="tag"&gt;George Grosz&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/arton1111-2b090.jpg?1774711551' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;George Grosz est sans doute le dessinateur qui a le mieux pressenti l'arriv&#233;e du nazisme en Allemagne ; &#224; tel point que, malgr&#233; la violence de son graphisme, ses dessins illustrent r&#233;guli&#232;rement les dossiers, les documents, voire m&#234;me les manuels scolaires traitant de l'Allemagne pr&#233;-hitl&#233;rienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, plus que la richesse de son style et ses diff&#233;rentes exp&#233;riences graphiques, c'est sa haine du militarisme, du nationalisme, du clerg&#233; et de la bourgeoisie qui fascinent. Une haine cruelle qui le fera dessiner ses contemporains, &#224; commencer, d&#232;s la fin juillet 1913, par la bourgeoisie dont il est issu : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Mon second moi grogne qu'il se sent bien. (C'est l'un de mes nombreux moi qui m'habitent.) Je suis assis dans un fauteuil, recouvert de velours d'un vert tr&#232;s v&#233;g&#233;tal. Dans ma main, je tiens un grand verre de vin de fraises couleur framboise... J'ai sous ma t&#234;te un petit coussin avec des pompons... Le plus souvent confectionn&#233;s par de vieilles demoiselles, qui attendent encore l'homme de leur vie, et c'est ainsi, dit-on, que rembourr&#233; d'un peu d'esprit conservateur et r&#233;sign&#233;, le coussin sert de paratonnerre contre les id&#233;es d&#233;mocrates et anarchistes ce qui explique sa vogue dans les milieux bourgeois.&lt;/q&gt; (lettre &#224; Robert Bell).&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1404 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/george-grosz-the-gray-day.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH223/george-grosz-the-gray-day-fc028-1d9c7.jpg?1774698142' width='150' height='223' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Mais si, &#224; cette &#233;poque, il semble manifester une certaine sympathie pour les travailleurs et les ch&#244;meurs, il reste plus int&#233;ress&#233; par la litt&#233;rature et sa r&#233;bellion int&#233;rieure :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt; Durant l'avant-guerre, j'avais tir&#233; cette unique conclusion de mon exp&#233;rience : les hommes sont des porcs. Parler d'&#233;thique, c'est une duperie, un pi&#232;ge tendu pour les imb&#233;ciles, la vie n'a aucun autre sens que la satisfaction du besoin de nourriture et de femmes. L'&#226;me n'existe pas. L'important, c'est d'avoir le n&#233;cessaire.&lt;/q&gt; (&lt;i&gt;L'Art en danger&lt;/i&gt;, 1925).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors qu'il est, selon ses propres dires, encore apolitique, bien qu'il ait plus ou moins reni&#233; sa classe et la religion, il s'engage comme volontaire en 1914 pour la Premi&#232;re Guerre mondiale. D&#232;s 1915, il est lib&#233;r&#233; pour raison de sant&#233; et, en septembre, dans une lettre &#224; Robert Bell, il d&#233;clare :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Cette &#233;poque que j'ai v&#233;cue dans le carcan du militarisme &#233;tait une d&#233;fense perp&#233;tuelle &#8212;et je sais que tous les actes que j'accomplissais alors me d&#233;go&#251;taient au plus profond de moi-m&#234;me. Voici l'un de mes r&#234;ves : peut-&#234;tre y aura-t-il l&#224; encore des changements, des r&#233;voltes / peut-&#234;tre un jour le socialisme international exsangue aura-t-il la force de se soulever ouvertement / et apr&#232;s Guillaume II et le Kronprinz c'est un r&#234;ve fantastique, et rien de plus..., les envoyer &#224; l'abattoir ! &lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;George Grosz, sur qui plane en permanence la menace d'une r&#233;incorporation, change son pr&#233;nom (Georg) autant par antinationalisme que par amour de l'Am&#233;rique. C'est &#224; cette &#233;poque que son antimilitarisme se transforme en antinationalisme farouche :&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1405 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH273/93065436-6f68-46dc-bb85-2d5cd3de7e11_4_5005_c-64666-7a673.jpg?1774698142' width='150' height='273' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;C'est exact, je suis un adversaire de la guerre, c'est-&#224;-dire que je m'oppose &#224; tout syst&#232;me qui exerce une contrainte sur moi. Ceci dit, d'un point de vue purement esth&#233;tique, je me r&#233;jouis toujours pour chaque Allemand qui va trouver sur le champ d'honneur (comme c'est beau !) une mort h&#233;ro&#239;que. &#202;tre Allemand, cela veut toujours dire &#234;tre d&#233;nu&#233; de go&#251;t, &#234;tre b&#234;te, haineux, gros, rigide. Cela signifie ne plus pouvoir monter &#224; une &#233;chelle &#224; quarante ans, &#234;tre mal habill&#233;, &#234;tre r&#233;actionnaire de la pire esp&#232;ce. Sur cent Allemands, il n'y en a pas un seul qui se lave parfois de la t&#234;te aux pieds. &lt;/q&gt; (lettre &#224; Robert Bell, 1916).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;incorpor&#233; le 4 janvier 1917, il sera transf&#233;r&#233; dans divers centres hospitaliers, ce qui n'attendrira pas sa vision du monde :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Tout est sombre autour de moi, et les heures s'envolent en noircissant. Mieux vaut.. Pardieu, je ne suis plus heureux, ma haine pour les hommes a atteint des proportions monstrueuses... J'ai l'impression d'avancer vers la neurasth&#233;nie... je parcours des enfers briqu&#233;s &#224; neuf... Souvent, la mort cliquette en chancelant m&#233;lodieusement entre les lits puants... &#201;crivez-moi, ici je suis totalement seul... Votre G. d&#233;c&#233;d&#233;. &lt;/q&gt; (lettre &#224; Otto Schmalhausen ; 18 janvier 1917).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien qu'encore davantage guid&#233; par ses haines et ses refus individuels, G. Grosz, qui parle alors anglais par provocation antipatriotique, ne se d&#233;finit plus comme &#171; apolitique &#187; mais comme &#171; individualiste &#187; : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;On se demande comment il est possible que des millions d'&#234;tre humains puissent vivre sans esprit, sans aucune vision pr&#233;cise des &#233;v&#233;nements r&#233;els, des &#234;tres qui, d&#232;s leur enfance, &#224; l'&#233;cole, re&#231;oivent sans broncher dans leurs stupides yeux aqueux le sable qu'on leur jette, dont on bourre l'esprit avec les attributs de la r&#233;action la plus abrutissante. Dieu, la Patrie et le Militarisme.&lt;/q&gt; (lettre &#224; Robert Bell, 1916).&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1406 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;194&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/dada02.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH347/dada02-a3829.jpg?1774711551' width='500' height='347' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;1920 : Premi&#232;re Foire internationale Dada &#224; Berlin en 1920. De gauche &#224; droite : Hausmann, Hanna H&#246;ch, D&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;r&lt;/sup&gt; Burchard, Baader, Wieland Herzfelde et sa femme, D&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;r&lt;/sup&gt; Oz, George Grosz, John Heartfield.&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Cependant, G. Grosz s'engagera dans le mouvement dada&#239;ste, o&#249;, avec son camarade John Heartfield (l'&#171; inventeur &#187; du photomontage politique), ils d&#233;fendront la R&#233;volution sovi&#233;tique (&#224; une &#233;poque o&#249;, il est vrai, on pouvait y croire honn&#234;tement). Adh&#233;rant au Parti communiste allemand depuis le 31 d&#233;cembre 1918, ils &#233;crivaient en 1919, dans la revue &lt;i&gt;Der Gegner&lt;/i&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Celui qui veut que l'on consid&#232;re l'activit&#233; de son pinceau comme une mission divine est une canaille. Aujourd'hui, o&#249; un soldat rouge graissant son fusil a plus d'importance que toute l'&#339;uvre m&#233;taphysique des peintres. Les notions d'art et d'artiste sont des inventions de bourgeois et la place qu'ils occupent dans l'&#201;tat ne peut &#234;tre que du c&#244;t&#233; de la bourgeoisie. Le titre d'artiste est une insulte. La d&#233;nomination art est l'annulation de l'&#233;galit&#233; entre les hommes. D&#233;ifier l'artiste &#233;quivaut &#224; se d&#233;ifier soi-m&#234;me. L'artiste n'est jamais au-dessus de son milieu et de la soci&#233;t&#233; de ceux qui l'acclament (...). Il n'y a qu'une seule t&#226;che : acc&#233;l&#233;rer la ruine de cette civilisation d'exploiteurs par tous les moyens, le plus intelligemment et le plus cons&#233;quemment possible. Toute indiff&#233;rence est contre-r&#233;volutionnaire ! Nous appelons tout le monde &#224; prendre position contre le respect masochiste des valeurs historiques, contre la culture et l'art ! &lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;crasement des mouvements spartakistes et des Conseils de Bavi&#232;re (o&#249; des anarchistes tels que M&#252;hsam, Landauer et Marut/Traven jou&#232;rent un r&#244;le important) par les sociaux d&#233;mocrates Ebert et Noske, avec l'aide de l'arm&#233;e et des corps-francs, radicalisera davantage les dessins de G. Grosz : Noske buvant &#224; la mort de la jeune r&#233;volution (1919) ; Ouvriers jugeant l'arm&#233;e sous le portrait de Karl Liebnecht (1919). Mais c'est principalement au sein du mouvement dada&#239;ste que Grosz pourra pousser la provocation &#224; son paroxysme. Ainsi, &#224; la premi&#232;re messe dada internationale, organis&#233;e &#224; Berlin en 1920 &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;une course fut organis&#233;e entre une machine &#224; coudre mue par G. Grosz et une machine &#224; &#233;crire actionn&#233;e par Walter Mehring. Au plafond pendait l'effigie empaill&#233;e d'un officier &#224; t&#234;te de porc, et pourvue d'une pancarte : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;pendu par la r&#233;volution&lt;/q&gt;&lt;/q&gt; (&lt;i&gt;Weimar une histoire culturelle de l'Allemagne des ann&#233;es 20&lt;/i&gt;, de W. Laqueur, Robert Laffont, pages 134-135).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien qu'il ait quitt&#233; le Parti communiste allemand probablement d&#232;s 1923, Grosz collabore encore &#224; l'organe de ce parti. Il continue &#224; croquer des bourgeois repus et obsc&#232;nes, des militaires grotesques et arrogants. Suivant de pr&#232;s l'actualit&#233; politique, il dessinera &#233;galement, en 1926, la statue de la libert&#233; couverte de sang et brandissant une chaise &#233;lectrique &#224; la suite de la condamnation &#224; mort des anarchistes Sacco et Vanzetti. Mais c'est le recueil de dessins qu'il avait r&#233;alis&#233; pour l'adaptation par Piscator des &lt;i&gt;Aventures du brave soldat Chve&#239;k&lt;/i&gt; de l'anarchiste tch&#232;que Jaroslav Hasek qui lui vaudra le plus de tracas, en vertu d'une loi contre le blasph&#232;me qui est d'ailleurs toujours en vigueur (et utilis&#233;e) en Allemagne :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;George Grosz, le grand dessinateur r&#233;volutionnaire allemand et son &#233;diteur Wieland Herzfelde ont &#233;t&#233; condamn&#233;s, lundi dernier, par le tribunal de Charlottenburg, chacun &#224; deux mois de prison et deux mille marks d'amende. Motif : calomnie et atteinte port&#233;es aux institutions publiques de l'&#201;glise, que d&#233;fend le &#167; 166 du Code p&#233;nal. &lt;/q&gt; (&lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt;, dirig&#233; par Barbusse, d&#233;cembre 1928).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est particuli&#232;rement reproch&#233; &#224; Grosz d'avoir dessin&#233; le Christ crucifi&#233; avec des bottes allemandes et un masque &#224; gaz sur une croix mena&#231;ant de tomber, avec la l&#233;gende suivante : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt; Taire sa gueule et continuer &#224; servir&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1402 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/png/sans_titre-4-6.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH340/sans_titre-4-6-422aa.png?1774711552' width='500' height='340' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne la mont&#233;e du nazisme, on peut dire que Grosz fut d'une lucidit&#233; &#233;tonnante et cynique. Ainsi, d&#232;s 1930, il d&#233;clarait : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt; Dans les deux mouvements (socialiste et national-socialiste), on trouve le m&#234;me d&#233;sir de recevoir les ordres d'en haut, et d'y ob&#233;ir avec le petit doigt sur la couture du pantalon &lt;/q&gt; (&lt;i&gt;Das Kunstblatt&lt;/i&gt;, 1931).&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1401 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;29&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH713/george_grosz_1930-022ef.jpg?1774711552' width='500' height='713' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;George Grosz, Berlin, 1930.&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Et, encore plus troublant, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt; au cours d'une conversation avec Thomas Mann, Grosz pr&#233;dit en 1933 qu'Hitler ne tiendrait pas six mois mais six ans ou m&#234;me dix ans ; que les Allemands qui l'avaient &#233;lu le m&#233;ritaient, que le nazisme et le communisme &#233;taient tous deux des r&#233;gimes de terreur et d'esclavage et que d'ici quelques ann&#233;es, on assisterait &#224; une alliance entre Hitler et Staline &lt;/q&gt; (&lt;i&gt;Weimar une histoire culturelle de l'Allemagne des ann&#233;es 20&lt;/i&gt;, de W. Laqueur, Robert Laffont).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Grosz eut la chance de pouvoir &#233;migrer aux &#201;tats-Unis avant que la r&#233;pression ne le frappe. Il fut le premier &#224; se voir retirer sa nationalit&#233; par les nouvelles autorit&#233;s qui, par ailleurs, lui r&#233;serv&#232;rent une place de choix dans leur exposition sur l'art d&#233;g&#233;n&#233;r&#233; organis&#233;e en 1937.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1400 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;125&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/89275d1a711e067293e227fb39ce1fd0dfb7fa3b_copie.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH359/89275d1a711e067293e227fb39ce1fd0dfb7fa3b_copie-7d27c.jpg?1774711552' width='500' height='359' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Adolf Hitler et Adolf Ziegler inspectent l'installation de Willrich et Hansen de l'exposition d'art d&#233;g&#233;n&#233;r&#233; &#224; Munich, 1937&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1403 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L236xH328/0557c5394cc05f52149d8b876fddade7--degenerate-art-george-grosz-7d7d8.jpg?1774698143' width='236' height='328' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Bien qu'il dessine encore de temps &#224; autres sur des sujets d'actualit&#233; (sur les camps de concentration, Franco, etc.), Grosz s'assagira consid&#233;rablement et le reste de son &#339;uvre est beaucoup plus traditionnelle et nettement moins int&#233;ressante. Notons tout de m&#234;me que, bien qu'il ait r&#233;agi de fa&#231;on &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;parfaitement cynique&lt;/q&gt; &#224; la mort de son ami Erich M&#252;hsam en camp de concentration (aux dires de Piscator, &#233;galement exil&#233; aux &#201;tats-Unis), il dessinera le calvaire de celui-ci... Ayant pris la nationalit&#233; am&#233;ricaine, il ne retournera d&#233;finitivement &#224; Berlin qu'en 1959, o&#249; il meurt le 6 juillet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Grosz, dessinateur cruel et cynique t&#233;moin d'une &#233;poque ? Peut-&#234;tre... Ou bien un moraliste, comme le laisse entendre la r&#233;ponse qu'il donnait au juge qui l'accusait de briser les r&#232;gles morales : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;M&#234;me en repr&#233;sentant les choses les plus laides, comme je l'ai fait dans cette &#339;uvre, et dont on pourrait penser qu'elles d&#233;concerteront un certain nombre de gens, j'accomplis &#224; mon avis un travail &#233;ducateur, et pr&#233;cis&#233;ment gr&#226;ce &#224; ces laideurs m&#234;mes. Car lorsque je repr&#233;sente un vieil homme avec toute la laideur de la s&#233;nilit&#233;, de son corps incontr&#244;l&#233;, c'est pour que l'on prenne soin de son corps d&#232;s la jeunesse, pour qu'on l'entra&#238;ne par le sport, etc. M&#234;me lorsqu'ils repr&#233;sentent les choses les plus d&#233;testables, mes dessins sont toujours l'expression de certaines tendances morales...&lt;/q&gt; (Compte rendu du proc&#232;s d'&lt;i&gt;Ecce Homo&lt;/i&gt;, publi&#233; dans &lt;i&gt;Das Tagebuch&lt;/i&gt;, 23 f&#233;vrier 1924).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Une nouvelle de Traven : Dans le brouillard</title>
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		<dc:date>2022-08-02T22:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Traven</dc:creator>


		<dc:subject>B. Traven</dc:subject>
		<dc:subject>Fanzinoth&#232;que</dc:subject>
		<dc:subject>Soleil Noir (fanzine)</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution allemande (1918-1919]</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Etrange destin&#233;e que celle de l'&#233;crivain qui se faisait ap&#173;peler B. Traven. Auteur rebelle, il fut adul&#233; par des millions de lecteurs. Homme secret, il fut recherch&#233; par de nombreux journalistes. Malgr&#233; le masque dont il se couvrit, on peut re&#173;constituer &#224; peu pr&#232;s sa vie aujourd'hui.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-soleil-noir-no2-septembre-1990-" rel="directory"&gt;Soleil Noir n&#176;2 - Septembre 1990&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-source-la-fanzinotheque-+" rel="tag"&gt;Fanzinoth&#232;que&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-soleil-noir-fanzine-141-+" rel="tag"&gt;Soleil Noir (fanzine)&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/arton1137-885a7.png?1774707253' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Etrange destin&#233;e que celle de l'&#233;crivain qui se faisait ap&#173;peler B. Traven. Auteur rebelle, il fut adul&#233; par des millions de lecteurs. Homme secret, il fut recherch&#233; par de nombreux journalistes. Malgr&#233; le masque dont il se couvrit, on peut re&#173;constituer &#224; peu pr&#232;s sa vie aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1457 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/soleilnoir1990_19900901_n002-9.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH150/soleilnoir1990_19900901_n002-9-94af0.jpg?1774707253' width='150' height='150' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Otto Max Felge nait le 23 f&#233;vrier 1882 &#224; Schwiebus, ville allemande actuellement en Pologne. De caract&#232;re distant et rebelle, il accomplit sa r&#233;&#173;volte en se faisant acteur d'avant-garde et &#233;crivain. Il prend le pseudonyme de Ret Marut et lance un Journal anarchiste : &lt;i&gt;Der Ziegelbrenner&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;Le Briquetier&lt;/i&gt;). Feige/Marut &#233;crit plusieurs nouvelles d&#232;s 1915 (c'est d'ailleurs l'une d'elles dont nous vous offrons la traduction). En tant qu'anarchiste, Ret Marut s'implique dans l'&#233;ph&#233;m&#232;re R&#233;publique des Conseils de Bavi&#232;re (1919) anim&#233;e par des libertaires allemands. L'arm&#233;e &#233;crase dans le sang cette r&#233;publique r&#233;volutionnaire, et Marut &#233;chappe de peu au massacre en s'enfuyant. Vers 1920-1924, Il m&#232;ne une vie errante faite d'expulsions et d'arrestations en Europe et aux &#201;tats-Unis. Un de ses livres, &lt;i&gt;Le Vaisseau des morts&lt;/i&gt;, &#233;voque son odyss&#233;e. li s'installe au Mexique, sans doute &#224; la fin de l'ann&#233;e 1924. Tout en s'occupant de commerce dans la r&#233;gion de Tampico, il envoie ses &#233;crits &#224; des &#233;diteurs allemands. Il signe du nom de Traven en vivant au Mexique sous celui de Torsvan ! Malgr&#233; cette manie de brouiller les pistes, il int&#233;resse les &#233;diteurs, qui publient son &#339;uvre d&#232;s 1925. Les romans de Traven sont un succ&#232;s dans le monde entier. Un de ses livres est adapt&#233; au cin&#233;ma : &lt;i&gt;Le Tr&#233;sor de la Sierra Madre&lt;/i&gt; (1947).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les livres de Traven c&#233;l&#232;brent la r&#233;volte, non pas en termes militants mais en pr&#233;&#173;sentant la lutte comme une dignit&#233; n&#233;cessaire. Les indiens du Mexique, cat&#233;gorie exploit&#233;e s'il en fut. sont au c&#339;ur de son &#339;uvre. &lt;i&gt;La R&#233;volte des pendus&lt;/i&gt;, son chef-d'&#339;uvre, conte une insurrection de forestiers, &lt;i&gt;La Charette&lt;/i&gt; est le parcours initiatique d'un jeune indien, &lt;i&gt;Rosa Blanca&lt;/i&gt; d&#233;nonce l'emprise des compa&#173;gnies p&#233;troli&#232;res sur le Mexique. Citons encore &lt;i&gt;Indios &lt;/i&gt; et le tr&#232;s beau recueil de nouvelles intitul&#233; &lt;i&gt;Le Visiteur du soir&lt;/i&gt;. Cet &#233;tranger au Mexique a su com&#173;prendre avec finesse la psy&#173;chologie indienne et les pro&#173;bl&#232;mes de leurs communaut&#233;s face au monde blanc. Lorsque Traven meurt, en 1969, ses cen&#173;dres sont dispers&#233;es sur les for&#234;ts sacr&#233;es des indiens du Chapias. En m&#234;me temps, Il s'agit d'une litt&#233;rature uni&#173;verselle qu'on appr&#233;cie hors de tout int&#233;r&#234;t ethnologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France, Traven est un auteur culte pour de nombreux lecteurs, mais on vit sur le fonds de traduction des ann&#233;es 50. Il reste toujours une partie de son &#339;uvre qui n'a pas &#233;t&#233; traduite. Ce scandale devait &#234;tre signal&#233; en publiant cet in&#233;dit en fran&#231;ais !&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Y. B.&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Parfois, quand son esprit &#233;tait disponible, le sergent Karl Veek se rappelait un r&#234;ve qu'il avait fait dans le pass&#233;. Il ne pouvait se souvenir qu'avec difficult&#233; des d&#233;tails de ce songe enchanteur. Il y &#233;tait ing&#233;nieur civil vivant une vie d'oisivet&#233; somptueuse, dans une maison magnifiquement am&#233;nag&#233;e qu'il poss&#233;dait en ville. Il &#233;tait mari&#233; &#224; une &#233;pouse &#224; la fois s&#233;duisante et cultiv&#233;e, il avait une petite fille ravissante. Et il go&#251;tait l'existence d'un homme consciencieux, paisible et totalement satisfait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait un r&#234;ve. Peut-&#234;tre, ce qui le rendait si enchanteur &#233;tait qu'il se trouvait hors de port&#233;e, inaccessible. Car, en r&#233;alit&#233;, Karl Veek avait toujours &#233;t&#233; soldat aussi loin qu'il puisse s'en souvenir, au moins depuis trois ans. Il ne pouvait se rappeler avoir jamais fait autre chose qu'attendre l'ennemi, ici, dans la tranch&#233;e, son fusil &#224; la main. De temps en temps, ob&#233;issant &#224; des ordres n'admettant pas de critiques, il devait fixer sa ba&#239;onnette et livrer l'assaut &#224; une position de l'ennemi, en chassant r&#233;solument toute pens&#233;e de son esprit. Sauf celle-ci : tout homme se dressant sur mon chemin, qui porte un uniforme diff&#233;rent du mien, me tuera si je ne le tue pas le premier. Et, au moindre bruit que j'entendrais - que ce soit le tonnerre ou la cannonade, le crissement des cailloux ou le bruissement des feuilles, le murmure d'une voix &#8212;en toute probabilit&#233;, cela signifiera&#8230; ma mort !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son fusil devant lui, sur le parapet, il t&#226;tonna vers sa poche. Il en tira une photographie et une lettre, trouvant bien &#233;trange que celle-ci poss&#232;de une lointaine ressemblance avec cette femme dont il avait r&#234;v&#233; qu'elle &#233;tait son &#233;pouse. Et les mots contenus dans cette lettre, qui semblaient si impersonnels et sans aucune vie propre, lanc&#232;rent un appel r&#233;sonnant dans tout son &#234;tre pour lui rappeler les l&#232;vres rouges de la belle femme de son r&#234;ve. Mais l'&#233;cho fut si soudain qu'il aurait pu s'agir du son de cloches d'argent magiques carillonnant doucement en bas du terrain o&#249; il se tenait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Sergent Veek ! &lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Ici, lieutenant ! &lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce que les r&#234;ves m'ont jamais apport&#233;, pensait Veek, si ce n'est remplir ma t&#234;te de sottises ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Pr&#233;sentez-vous imm&#233;diatement au commandant, sergent Veek. Le caporal Ehming va prendre votre poste.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Tr&#232;s bien, lieutenant !&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Relev&#233; par le caporal, il se dirigea en vitesse, le fusil &#224; l'&#233;paule, pour se pr&#233;senter au commandant dans son abri.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Sergent Veek, j'ai l&#224; une mission difficile, une mission qui n&#233;cessite de l'intelligence. Vous &#234;tes le seul homme pour cette t&#226;che, je ne peux me s&#233;parer d'aucun de mes officiers. Vous pouvez donc voir &#224; quel point j'attache de l'importance &#224; cette op&#233;ration. Il n'y a eu aucun tir d'en face depuis maintenant deux jours. Aucun mouvement d'aucune sorte n'a &#233;t&#233; observ&#233;. Trois hypoth&#232;ses se pr&#233;sentent : soit la position a &#233;t&#233; &#233;vacu&#233;e, soit c'est un pi&#232;ge ou bien encore ils se pr&#233;parent &#224; quelque chose l&#224;-bas. Nous avons besoin de savoir ce qui se passe. Prenez deux soldats pour vous aider. Pas de fusils, seulement les couteaux et les revolvers. Je veux que personne, l&#224;-bas, ne sache que nous avons une patrouille en reconnaissance. Mangez un morceau et allez-y. Faites en sorte d'&#234;tre revenu avant la tomb&#233;e de la nuit. Des questions ?&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Non, commandant ! &lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait le d&#233;but de la matin&#233;e, le ciel &#233;tait d&#233;gag&#233;. Mais deux heures apr&#232;s que Veek fut sorti, un &#233;pais et pesant brouillard avait recouvert lentement le terrain. &#192; ce moment, le brouillard s'&#233;tait intensifi&#233; jusqu'&#224; ce qu'il devienne aussi solide qu'un mur blanchi &#224; la chaux. Maintenant Veek ne pouvait plus distinguer ce qu'il y avait &#224; deux pas devant lui. Ordonnant aux deux hommes de rester o&#249; ils &#233;taient, il continua seul, marquant son chemin pour le retour en appuyant sa botte dans le sol.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; petits pas h&#233;sitants, il commen&#231;a &#224; se frayer un chemin &#224; travers le dense mur blanc qui &#233;tait pr&#234;t &#224; reculer d'un pas &#8212;juste pour le laisser avancer&#8212; et puis se refermait imm&#233;diatement apr&#232;s, aussi ferme derri&#232;re que devant, comme s'il &#233;tait en ciment. Effray&#233; &#224; l'id&#233;e de perdre ses rep&#232;res, il sortit sa boussole et la tint contre une petite carte rudimentaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce fut quand il releva la t&#234;te qu'il vit, &#224; moins de deux pas de lui, un officier fran&#231;ais qui, croisant son regard, se figea sur place. Aucun d'eux ne ressentit de la peur, il n'y avait pas non plus de crainte dans leurs yeux, seulement un profond &#233;tonnement. Chacun regardait l'autre comme s'il avait &#233;t&#233; le seul et unique habitant de la plan&#232;te jusqu'&#224; ce qu'il se trouve tout &#224; coup face &#224; face avec le premier homme. Quand ils virent l'uniforme de l'autre, chacun pensa en m&#234;me temps que maintenant ils devaient faire une chose bien pr&#233;cise, une chose plut&#244;t habituelle, une chose banale, une chose qui les dominait presque avec la force d'une obligation &#224; laquelle ils ne pouvaient &#233;chapper, une chose qui leur fermait toute issue. Mais aucun d'eux ne savait ce que c'&#233;tait, ni ce que ce devoir irr&#233;sistible ordonnait d'eux. Il leur semblait qu'une voix int&#233;rieure hurlait : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Agis ! Tu sais ce que tu dois faire !&lt;/q&gt; Mais, durant toutes ces ann&#233;es, jamais l'un d'eux n'avait rencontr&#233;, si proche et si calme, si inattendu et si seul sur cette &#238;le d&#233;serte, un homme &#224; habit diff&#233;rent du sien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chacun d'eux pouvait ressentir le souffle de l'autre, ils pouvaient m&#234;me voir les lignes les plus d&#233;licates inscrites sur le visage de l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, ils restaient debout compl&#232;tement stup&#233;faits et, tout &#224; coup, ils n'arriv&#232;rent plus &#224; comprendre les mani&#232;res de fonctionner du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au m&#234;me moment, chacun d'eux leva lentement la main &#224; son k&#233;pi et adressa d&#233;lib&#233;r&#233;ment un salut &#8212;l&#233;ger mais reconnaissable&#8212; en direction de l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'expression de leurs visages &#233;tait aussi s&#233;v&#232;re que la mort. Mais dans les profondeurs insondables de leurs yeux reposait une simple question que les hommes ne manquent jamais de comprendre. Ils rabaiss&#232;rent leurs mains et firent demi-tour pour s'en aller. Pendant un instant infiniment bref, une seconde d'&#233;ternit&#233; les enveloppa et les d&#233;pouilla de leurs uniformes, et sans y penser, ob&#233;issant &#224; cette volont&#233; puissante, ils s'avanc&#232;rent en m&#234;me temps pour prendre la main de l'autre. Ils se serr&#232;rent la main comme des amis qui doivent se s&#233;parer pour toujours. Tout aussi rapidement, ils rel&#226;ch&#232;rent la main de l'autre, et repartirent par le chemin qui les avait amen&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel autre comportement chacun d'eux aurait-il d&#251; avoir, apr&#232;s qu'il eut reconnu que face &#224; lui se trouvait un homme ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car, ils furent tous les deux soudainement rendus aveugles et ne virent pas l'ennemi.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Ret Marut&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Note &lt;/strong&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
La traduction a &#233;t&#233; r&#233;ali&#173;s&#233;e &#224; partir d'une traduction anglaise du texte allemand publi&#233; en 1916 dans l'hebdomadaire &lt;i&gt;M&#228;rz &lt;/i&gt; (Berlin/Munich). Traducteur allemand-anglais : Petar Sllcock ; traducteur anglais-fran&#231;ais : Laurent Recassa.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Comment fabriquer un &#171; mythe &#187; : Andr&#233; Marty</title>
		<link>https://www.partage-noir.fr/comment-fabriquer-un-mythe-andre-marty</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Andr&#233; Massart</dc:creator>


		<dc:subject>Soleil Noir (fanzine)</dc:subject>
		<dc:subject>Fanzinoth&#232;que</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Pourquoi consacrer une &#233;tude &#224; un personnage bien oubli&#233; comme Andr&#233; Marty ? L'&#233;chec du marxisme est aujourd'hui connu, mais cette &#233;vidence ne doit pas faire oublier les impostures historiques sinon les m&#234;mes mythes risquent de resurgir apr&#232;s une p&#233;riode d'oubli.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/arton1077-c419a.png?1774711552' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pourquoi consacrer une &#233;tude &#224; un personnage bien oubli&#233; comme Andr&#233; Marty ? L'&#233;chec du marxisme est aujourd'hui connu, mais cette &#233;vidence ne doit pas faire oublier les impostures historiques sinon les m&#234;mes mythes risquent de resurgir apr&#232;s une p&#233;riode d'oubli. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans son roman &lt;i&gt;Pour qui sonne le glas ?&lt;/i&gt;, Ernest Hemingway a d&#233;crivait un stalinien du nom d'Andr&#233; Massart derri&#232;re lequel on devine Marty. Une fois de plus la litt&#233;rature aura fait preuve de plus de lucidit&#233; que l'Histoire !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1236 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende descriptif' data-legende-len=&#034;14&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH201/andr-marty-5ce81b17-549e-40e5-948e-64cd7d1ad31-resize-750-bfa8c-fad00.jpg?1774711552' width='150' height='201' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Andr&#233; Marty.&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Nous, Comit&#233; de d&#233;fense sociale et Comit&#233; des marins de la Mer Noire, avons transform&#233; cette baudruche [Andr&#233; Marty] en h&#233;ros&lt;/q&gt; (fin du compte rendu d'un discours de Louis Sellier aux conseillers municipaux de Paris, prononc&#233; le 11 d&#233;cembre 1931).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Titulaire du baccalaur&#233;at, Andr&#233; Marty a suivi les Arts et M&#233;tiers d'o&#249; il est sorti ing&#233;nieur. A 21 ans, en 1908, il s'engage dans la Marine nationale. En 1914, il est admis &#224; l'&#233;cole des officiers-m&#233;caniciens, ce qu'il devient en 1917.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un p&#232;re condamn&#233; &#224; mort par contumace pour sa participation &#224; la Commune dans le Midi, Marty avait des amiti&#233;s dans le milieu libertaire. L'un de ses deux fr&#232;res, Jean, &#233;tabli m&#233;decin en Seine-et-Oise, venait au Comit&#233; de d&#233;fense sociale, l'autre, Michel, avait &#233;t&#233; un temps secr&#233;taire du groupe anarchiste de Perpignan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant toute sa p&#233;riode dans la Marine, Marty se veut un bon r&#233;publicain franc-ma&#231;on de la Grande-Loge. Le commandant de navire, Welf&#233;l&#233;, le d&#233;crit comme suit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;M. Marty qui, au point de vue professionnel, m&#233;rite tous les &#233;loges, est un malade. Il vit isol&#233;... c'est un monomane des soci&#233;t&#233;s secr&#232;tes (...). Tr&#232;s disciplin&#233; dans ses relations ext&#233;rieures avec ses chefs, il passe son temps &#224; collectionner des petits papiers et &#224; constituer des dossiers contre eux.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce type de personnalit&#233; explique peut-&#234;tre en partie le fait que Marty ait accept&#233; de jouer le r&#244;le d'homme de confiance de Staline au sein du PC, ce qui revenait &#224; exercer une fonction de surveillance des dirigeants communistes.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;span style=&#034;font-size:1.2em&#034;&gt;&lt;b&gt;*&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Il existe deux versions de l'histoire des mutineries qui ont &#233;clat&#233; &#224; bord de certains navires de la flotte fran&#231;aise stationn&#233;e en Mer Noire. Il y a d'une part la version officielle, celle du PCF, qui est g&#233;n&#233;ralement reprise par les dictionnaires (cf. le Petit Robert 2, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Il fut le chef de la mutinerie de 1919&lt;/q&gt;) et les pseudo-sp&#233;cialistes (cf. &lt;i&gt;Histoire du PCF&lt;/i&gt; de Jacques Fauvet), et autre part la version officieuse, diffus&#233;e par les t&#233;moins de l'&#233;poque et par quelques historiens avertis. Curieusement cette derni&#232;re est, approximativement, aussi celle qu'il est possible de lire dans les propres ouvrages de Marty, &#224; condition de saisir les non-dits.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1235 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende descriptif' data-legende-len=&#034;33&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/png/sans_titre-3dd.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH281/sans_titre-3dd-2d52b.png?1774711552' width='500' height='281' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Le torpilleur d'escadre &lt;i&gt;Protet&lt;/i&gt;.&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Marty, chef-m&#233;canicien sur le torpilleur &lt;i&gt;Protet&lt;/i&gt;, voulait par un coup de force s'en emparer pour le conduire &#224; Odessa. Le contexte est celui des exp&#233;ditions militaires des pays capitalistes contre la Russie bolchevique. Dans son projet, Marty savait pouvoir compter sur le quartier-maitre Badina. Apr&#232;s une r&#233;union dans le port roumain de Galatz avec des r&#233;volutionnaires le 15 avril 1919, une d&#233;nonciation conduit Marty aux arr&#234;ts de rigueur le 16 et Badina &#224; la fuite. Le 18, Marty est conduit &#224; terre pour n'&#234;tre ramen&#233; &#224; bord du &lt;i&gt;Protet &lt;/i&gt; que le 22. Le 23, il est transport&#233; sur le croiseur Waldeck-Rousseau, o&#249; il reste jusqu'au 26. Ce jour-l&#224;, nouveau retour sur le &lt;i&gt;Protet &lt;/i&gt; qui prend la mer pour Constantinople. L&#224;, il sera enferm&#233; dans l'enceinte de l'ambassade de France. Pendant qu'il croupit dans sa prison, des mutineries &#233;clatent sur plusieurs b&#226;timents de la flotte fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 11 juin, Marty est traduit devant un conseil de guerre r&#233;uni sur le &lt;i&gt;Paris &lt;/i&gt; en rade de Constantinople, sous la double inculpation d'&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;intelligence avec l'ennemi&lt;/q&gt; et de &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;complot dans le but de s'emparer par la force du torpilleur &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;Protet&lt;/span&gt; et de passer &#224; l'ennemi en lui livrant le b&#226;timent&lt;/q&gt;. Acquitt&#233; pour la premi&#232;re accusation, il est condamn&#233; &#224; 20 ans de travaux forc&#233;s, &#224; la d&#233;gradation militaire et &#224; 20 ans d'interdiction de s&#233;jour, le 5 juillet 1919.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est par Badina, qui ne rentra se constituer prisonnier en France qu'en 1920, que le Comit&#233; de d&#233;fense sociale et celui des marins furent alert&#233;s sur le cas de Marty. Ensuite, ces deux comit&#233;s li&#232;rent le cas Badina-Marty &#224; celui des mutins de la Mer Noire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La version officielle pratique l'amalgame entre les deux trajectoires et oublie, volontairement ou par manque de connaissances, de relater les faits exacts concernant Marty. Quelques citations extraites d'ouvrages du PCF dans leurs &#233;ditions ant&#233;rieures &#224; 1953, sont r&#233;v&#233;latrices de l'amalgame op&#233;r&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Les marins fran&#231;ais, guid&#233;s par Andr&#233; Marty s'&#233;taient r&#233;volt&#233;s.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;In Histoire du Parti communiste de l'URSS 1939.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Le prol&#233;tariat&#8230; salue la r&#233;volte de la Mer Noire d'avril 1919, incarn&#233;e par Andr&#233; Marty.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;In M. Thorez, Fils du Peuple, Paris, 1949.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;(&#8230;) ing&#233;nieur-m&#233;canicien assimil&#233; &#224; officier, (&#8230;) rest&#233; fid&#232;le &#224; ses origines de travailleur en se dressant contre la guerre faite &#224; la jeune R&#233;publique des Soviets. Car Andr&#233; Marty avait par deux fois, en 1919, organis&#233; en Mer Noire la mutinerie et le passage des &#233;quipages aux c&#244;t&#233;s des travailleurs russes.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;In A. Marty, Dans les prisons de la r&#233;publique, Paris, 1926.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;L'officier-m&#233;canicien Andr&#233; Marty, fils d'un communard, cherchait &#224; organiser la r&#233;volte sur son torpilleur, le &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;Protet&lt;/span&gt;, &#224; Galatz. Un malheureux concours de circonstances l'emp&#234;cha d'agir et le 16 avril. Il fut arr&#234;t&#233;, sa longue &#233;preuve commen&#231;a.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;In Ch. Tillon, On chantait rouge, Paris, Laffont, 1977.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une grande campagne de solidarit&#233; en faveur de l'amnistie des condamn&#233;s se d&#233;veloppe dans les milieux de gauche. Les fr&#232;res d'Andr&#233; Marty n'obtiennent pas l'int&#233;r&#234;t de&lt;i&gt; L'Humanit&#233; &lt;/i&gt; mais seulement celui d'&lt;i&gt;Avant-garde&lt;/i&gt;. C'est en lisant ce dossier que L.O. Frossard eut l'id&#233;e d'utiliser Marty &#233;lectoralement. Par ses ant&#233;c&#233;dents familiaux et par l'amalgame cach&#233; avec les v&#233;ritables mutins de la Mer Noire, Marty faisait figure d'une personnalit&#233; tr&#232;s marqu&#233;e &#224; gauche. Il suffisait de lui attribuer un r&#244;le dirigeant dans la mutinerie et la l&#233;gende prenait corps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien qu'encore emprisonn&#233;, il est &#233;lu conseiller municipal, puis conseiller g&#233;n&#233;ral. Une fois lib&#233;r&#233;, il devient d&#233;put&#233; communiste. Son adh&#233;sion officielle ne date que du 23 septembre 1923, un peu plus de deux mois apr&#232;s sa sortie de prison.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;span style=&#034;font-size:1.2em&#034;&gt;&lt;b&gt;*&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Il reste &#224; d&#233;finir quelles &#233;taient en r&#233;alit&#233; les v&#233;ritables motivations de Marty dans son projet de s'emparer du &lt;i&gt;Protet &lt;/i&gt; avec Badina.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut pour cela se r&#233;f&#233;rer &#224; ses interrogatoires avant le proc&#232;s et &#224; sa correspondance avec ses fr&#232;res qui se trouvent aux Archives de la Marine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marty a &#233;t&#233; tr&#232;s affect&#233; par le d&#233;c&#232;s de son p&#232;re, qu'il apprit le 20 octobre 1918 et par celui de sa grand-m&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Mes retours de permission &#233;taient de plus en plus p&#233;nibles. Aller &#224; la maison pour la quitter encore une fois m'eut &#233;t&#233; impossible. J'aurais refus&#233; de reprendre la route du bord. Je serais parti en Espagne, car j'en avais assez de vivre sans famille.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lettre envoy&#233;e &#224; son fr&#232;re juste avant son proc&#232;s, a &#233;t&#233; utilis&#233;e par le PCF pour le discr&#233;diter aupr&#232;s des militants de base. Elle &#233;tait parue le 26 juillet 1919 dans le journal &lt;i&gt;Le Cri catalan&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En voici un passage :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Je suis inculp&#233; dans une de ces affaires et depuis le 16 avril, je suis aux arr&#234;ts de forteresse, autant dire en cellule, au secret absolu. Pourquoi ai-je fait cela, moi, officier sans t&#226;che et que tout le monde reconna&#238;t comme ayant une haute valeur professionnelle ? Moi, que vous attendiez d'un jour &#224; l'autre, pourquoi suis-je en prison ? Fr&#232;re, c'est pour vous. De vous savoir si seuls depuis la mort de papa, de penser que jamais plus je ne verrai notre pauvre grand-m&#232;re, que, par la faute de ces salauds, je n'aurai pas pu embrasser, ma t&#234;te a tourn&#233;, je suis devenu fou de rage et, du matin au soir, je ne vivais plus&#8230;&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marty s'est donc d&#233;termin&#233; en fonction de motifs personnels, &#224; la suite d'une d&#233;pression et non dans une intention r&#233;volutionnaire. D&#233;grad&#233;, sans plus aucun espoir de faire carri&#232;re dans la Marine fran&#231;aise, Marty a-t-il vu dans le march&#233; que lui proposait le PC, une sorte de secours, une fa&#231;on de prendre sa revanche sur une soci&#233;t&#233; qui l'avait bris&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par une &#233;trange ironie du sort, le v&#233;ritable organisateur de la mutinerie de la Mer Noire et l'animateur de l'Amicale des Anciens de la Mer Noire, le matelot-m&#233;canicien Virgilo Vuillemin, alors syndicaliste libertaire, d&#233;missionnera du PCF pour protester contre les proc&#233;d&#233;s d'exclusion de Marty des rangs du parti.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;span style=&#034;font-size:1.2em&#034;&gt;&lt;b&gt;*&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Le r&#244;le de Marty durant les mutineries de la Mer Noire en 1919 a &#233;t&#233; arrang&#233; a posteriori &#224; des fins &#233;lectoralistes. La l&#233;gende de Marty &#233;tait utilis&#233;e par le PCF dans sa propagande antimilitariste pour inciter les soldats fran&#231;ais &#224; la d&#233;sob&#233;issance. Elle l'&#233;tait encore sous la IV&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; R&#233;publique pour protester contre la guerre d'Indochine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En n'&#233;tant qu'une figure l&#233;gendaire invent&#233;e par et pour la propagande d'un parti, Marty se retrouvait prisonnier des mensonges qu'il avait laiss&#233; r&#233;pandre &#224; son sujet. Ainsi peut s'expliquer la facilit&#233; avec laquelle Marty a &#233;t&#233; exclu du PCF en 1953.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bibliographie&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Contre-Courant&lt;/i&gt;, les mutineries en Mer Noire racont&#233;es par deux mutins authentiques. Document fourni par anarlivres.org : cliquez sur ce &lt;a href=&#034;https://www.partage-noir.fr/IMG/pdf/mutineriesmernoire.pdf&#034;&gt;lien&lt;/a&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
H. Le Goff,&lt;i&gt; Les grands trucages de l'Histoire&lt;/i&gt;, Paris, Jacques Grancher &#233;diteur, 1983.&lt;br class='autobr' /&gt;
R. Lochu, &lt;i&gt;Libertaires mes compagnons de Brest et d'ailleurs&lt;/i&gt;, Quimperl&#233;, Ed. La Digitale. 1983.&lt;br class='autobr' /&gt;
A. Marty,&lt;i&gt; Dans les prisons de la r&#233;publique&lt;/i&gt;, Paris, 1926, les Editeurs fran&#231;ais r&#233;unis, 1951.&lt;br class='autobr' /&gt;
A. Marty, &lt;i&gt;La R&#233;volte des marins de la Mer Noire&lt;/i&gt;, 2 vol. Paris, 1927.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ph. Masson, &lt;i&gt;La Marine fran&#231;aise et la Mer Noire (1918-1919)&lt;/i&gt;, th&#232;se, service historique de la Marine, 401260, tomes 12-3-4.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ch. Tillon, &lt;i&gt;La R&#233;volte vient de loin&lt;/i&gt;, Paris, Julliard, 1969.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ch. Tillon, &lt;i&gt;On chantait rouge Paris&lt;/i&gt;, Laffont, 19)7.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;table class=&#034;table spip&#034;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;&lt;strong&gt;NOTE HISTORIQUE&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La r&#233;volte des marins de la Mer noire est un &#233;v&#233;nement oubli&#233;. En 1918 la France envoie sa flotte aider les arm&#233;es blanches &#224; vaincre la R&#233;volution russe. Mais les marins n'ont gu&#232;re envie de se battre, d'autant que l'on sort d'une guerre mondiale (14/18). Un complot &#233;choue &#224; bord du &lt;i&gt;Protet &lt;/i&gt; (voir article ci-dessus) suivi par des mutineries sur d'autres navires. La r&#233;volte durera jusqu'&#224; la fin de l'ann&#233;e 1919. Tandis que le gouvernement annule cette mission plut&#244;t impopulaire, il y aura 100 condamnations dont 21 &#224; plus de 5 ans. Mais le comit&#233; de soutien obtient des amnisties d&#232;s 1920.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1237 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende descriptif' data-legende-len=&#034;14&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH102/marty_1937-22fb9-b5f06.png?1774711552' width='150' height='102' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Andr&#233; Marty.&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; Andr&#233; Marty, &#233;lu d&#233;put&#233; communiste depuis sa prison, il est lib&#233;r&#233; en 1922. Il devient l'homme de confiance de Staline au sein du PC. Pendant la Guerre d'Espagne, il est charg&#233; d'&#171; &#233;purer &#187; les brigades internationales des contestataires. Ses assassinats lui valent le surnom de &#171; boucher d'Albacete &#187;. Apr&#232;s la guerre, il est exclu du Parti communiste. Les marxistes libertaires de Georges Fontenis font appel &#224; lui en vue d'une campagne &#233;lectorale, mais c'est un &#233;chec. Marty est mort en 1956.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;tt&gt;&lt;widget_sitereference109|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;In &lt;i&gt;Histoire du Parti communiste de l'URSS&lt;/i&gt; 1939.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;In M. Thorez,&lt;i&gt; Fils du Peuple&lt;/i&gt;, Paris, 1949.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;In A. Marty, &lt;i&gt;Dans les prisons de la r&#233;publique&lt;/i&gt;, Paris, 1926.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;In Ch. Tillon, &lt;i&gt;On chantait rouge&lt;/i&gt;, Paris, Laffont, 1977.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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