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		<title>PARTAGE NOIR</title>
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		<title>La social-d&#233;mocratie et la guerre - Deuxi&#232;me partie</title>
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		<dc:date>2026-04-16T22:01:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Arthur Lehning</dc:creator>


		<dc:subject>Arthur Lehning</dc:subject>
		<dc:subject>Allemagne</dc:subject>

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&lt;p&gt;DEUXI&#200;ME PARTIE &lt;br class='autobr' /&gt;
La Premi&#232;re Internationale, fond&#233;e en 1864, &#233;tait la premi&#232;re tentative majeure d'unir les travailleurs de tous les pays sous la banni&#232;re de la lutte des classes pour lib&#233;rer le travail de l'esclavage. Son mot d'ordre &#233;tait : &#171; l'&#233;mancipation des travailleurs doit &#234;tre l'&#339;uvre des travailleurs eux-m&#234;mes &#187;, et elle proclamait la &#171; solidarit&#233; &#233;conomique &#187; comme son arme principale. Par &#171; &#233;mancipation des travailleurs &#187;, elle entendait l'&#233;galit&#233; &#233;conomique, sans laquelle toute (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-die-sozialdemokratie-und-der-krieg-" rel="directory"&gt;Die Sozialdemokratie und der Krieg &lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-arthur-lehning-+" rel="tag"&gt;Arthur Lehning&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-allemagne-79-+" rel="tag"&gt;Allemagne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/lehning_copie_ll-fcabc.jpg?1776376866' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;DEUXI&#200;ME PARTIE&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La Premi&#232;re Internationale, fond&#233;e en 1864, &#233;tait la premi&#232;re tentative majeure d'unir les travailleurs de tous les pays sous la banni&#232;re de la lutte des classes pour lib&#233;rer le travail de l'esclavage. Son mot d'ordre &#233;tait : &#171; l'&#233;mancipation des travailleurs doit &#234;tre l'&#339;uvre des travailleurs eux-m&#234;mes &#187;, et elle proclamait la &#171; solidarit&#233; &#233;conomique &#187; comme son arme principale. Par &#171; &#233;mancipation des travailleurs &#187;, elle entendait l'&#233;galit&#233; &#233;conomique, sans laquelle toute libert&#233; politique n'est qu'une illusion trompeuse. Elle d&#233;clara que cette lib&#233;ration n'&#233;tait pas un probl&#232;me national, mais international, et appelait donc les travailleurs &#224; la lutte et &#224; la solidarit&#233; internationales. Conform&#233;ment aux propos de Marx dans son &lt;i&gt;Manifeste du Parti communiste&lt;/i&gt; de 1848, les travailleurs n'avaient pas d'autre patrie que la grande f&#233;d&#233;ration des travailleurs du monde entier. Il est clair que cela a engendr&#233; une position pacifiste, tr&#232;s diff&#233;rente de l'approche des socialistes patriotiques de l'&#233;poque. La question de la guerre &#233;tait largement d&#233;battue au sein de l'Internationale, notamment quand la question luxembourgeoise&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;(N.d.l.T.) Il s'agit de la crise diplomatique autour du Luxembourg (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; la remit sur le devant de la sc&#232;ne. Diverses sections de l'Internationale protest&#232;rent contre la guerre imminente. Par exemple, le 28 avril 1867, la section de Locle appelait les ouvriers &#171; &#224; s'unir &#224; elle pour fl&#233;trir une lutte qui ne pourrait &#234;tre que fatale au travail et &#224; la libert&#233;. [&#8230;] Aujourd'hui, toute guerre entre les peuples europ&#233;ens n'est plus une guerre nationale, c'est une guerre civile. &#187; Nous verrons comment Marx lui-m&#234;me reniera bient&#244;t les principes qu'il avait lui-m&#234;me formul&#233;s. D&#233;j&#224; le 7 juin 1866 il &#233;crivait avec m&#233;pris &#224; Engels : &#171; Chez les &#233;tudiants de Paris, la clique proudhonienne (&lt;i&gt;Le Courrier fran&#231;ais&lt;/i&gt;) pr&#234;che la paix, d&#233;clare que la guerre est d&#233;pass&#233;e, que les nationalit&#233;s sont un non-sens, s'en prend &#224; Bismarck et &#224; Garibaldi, etc. &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Correspondance Friedrich Engels et Karl Marx&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Et le 20 juin : &#171; De plus, les repr&#233;sentants de la &#8220;Jeune France&#8221; s'accordent &#224; dire que toutes les nationalit&#233;s et nations elles-m&#234;mes ne sont que des pr&#233;jug&#233;s d&#233;pass&#233;s. Un stirn&#233;risme proudhonis&#233; ; dissoudre tout en petits &#8220;groupes&#8221; ou &#8220;communes&#8221;, qui forment &#224; leur tour une &#8220;association&#8221;, mais sans &#201;tat. &#187; En 1867, le deuxi&#232;me congr&#232;s de l'Internationale eut lieu &#224; Lausanne. Concernant la guerre, le constat fut fait que seul un nouvel ordre social, un ordre o&#249; la soci&#233;t&#233; ne serait plus divis&#233;e en deux classes, l'une exploit&#233;e par l'autre, pourrait garantir la paix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En parlant de la paix comme d'une &#171; condition premi&#232;re &#187; et de la suppression de l'exploitation comme d'une cons&#233;quence, on mettait la charrue avant les b&#339;ufs, remarque le Belge C&#233;sar De Paepe. Une r&#233;solution fut adopt&#233;e qui constate &#224; nouveau &#171; que pour arriver &#224; supprimer la guerre, il ne suffit pas d'abolir les arm&#233;es, mais qu'il faut encore modifier l'organisation sociale. &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;James Guillaume, L'Internationale. Documents et Souvenirs (1864-1878), P.-V. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;) Cette r&#233;solution fut pr&#233;sent&#233;e par une d&#233;l&#233;gation, dont James Guillaume faisait partie, au congr&#232;s pour la paix qui s'est tint peu apr&#232;s &#224; Gen&#232;ve. Ce congr&#232;s &#233;tait convoqu&#233; par des r&#233;publicains et d&#233;mocrates radicaux de l'&#233;poque en Europe. &#201;taient &#233;galement pr&#233;sents 26 des 64 d&#233;l&#233;gu&#233;s du congr&#232;s de Lausanne, qui esp&#233;raient orienter les d&#233;bats vers une direction r&#233;volutionnaire et antimilitariste. La section parisienne de l'Internationale d&#233;l&#233;gua les m&#234;mes membres qu'au Congr&#232;s de Lausanne. Dupont, d&#233;l&#233;gu&#233; international &#224; Londres, exposa la position pacifiste de l'Internationale et s'opposa fermement &#224; tout pacifisme bourgeois : &#171; Croyez-vous, citoyens, que lorsque ces arm&#233;es permanentes seront dissoutes et transform&#233;es en milices nationales, nous aurons la paix perp&#233;tuelle ? Non, citoyens, la r&#233;volution de juin 1848 est l&#224; pour r&#233;pondre... Pour &#233;tablir la paix perp&#233;tuelle, il faut an&#233;antir les lois qui oppriment le travail, tous les privil&#232;ges, et faire de tous les citoyens une seule classe de travailleurs. En un mot, accepter la r&#233;volution sociale avec toutes ses cons&#233;quences. &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., p.146-147.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce point de vue rencontra une forte opposition de la part des &#233;l&#233;ments bourgeois au congr&#232;s, tout comme le discours de Bakounine, qui attaquait le mal &#224; la racine. Son discours, qui s'attaquait &#224; l'&#201;tat comme cause de la guerre, &#233;tait sans doute le plus coh&#233;rent et l'un des meilleurs qui furent &#233;crits ou prononc&#233;s contre la guerre &#224; cette &#233;poque. Bakounine &#233;tait venu de Naples &#224; Gen&#232;ve, o&#249; il esp&#233;rait trouver une occasion favorable pour diffuser ses id&#233;es. Depuis quelques ann&#233;es, Bakounine avait rassembl&#233; autour de lui des r&#233;volutionnaires qui s'&#233;taient organis&#233;s en une association connue sous le nom de &#171; Fraternit&#233; internationale &#187; ; cette association reposait principalement sur les affinit&#233;s entre ses membres. Son programme &#233;tait le programme r&#233;volutionnaire-socialiste bakouninien : ath&#233;e, socialiste et f&#233;d&#233;raliste. Il esp&#233;rait introduire ce programme dans la Ligue de la libert&#233; et de la paix (fond&#233;e lors du congr&#232;s de Gen&#232;ve). Ses discours aux deux congr&#232;s de Gen&#232;ve et de Berne contenaient l'essentiel de toutes ses id&#233;es, qu'il propageait depuis 1868 au sein de l'Internationale ; un condens&#233; de ses id&#233;es principales sur les probl&#232;mes &#233;conomiques, politiques, religieux et nationaux. Pour lui, la condition pr&#233;alable &#224; la libert&#233; et &#224; la paix &#233;tait la destruction de l'&#201;tat centralis&#233;, bureaucratique et donc militariste, et son remplacement par l'union de f&#233;d&#233;rations libres. &#171; La paix universelle, conclut-il son discours &#224; Gen&#232;ve, sera impossible tant qu'existeront les &#201;tats centralis&#233;s actuels. Nous devons donc d&#233;sirer leur dissolution, afin que, sur les ruines de ces unit&#233;s violentes, organis&#233;es du haut en bas par voie d'autorit&#233; et de conqu&#234;te, se forment des unit&#233;s libres, par la libre f&#233;d&#233;ration des communes &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Annales du congr&#232;s de Gen&#232;ve. 9-12 Sept. 1867, p.187-191.&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire de la Ligue Internationale fut, en un sens, celle de la lutte entre la majorit&#233; de la bourgeoisie lib&#233;rale et radicale et la minorit&#233; des socialistes r&#233;volutionnaires. Lorsque, sur la question &#233;conomique, principal sujet du Congr&#232;s de Berne, l'&#233;galit&#233;, non seulement politique mais aussi &#233;conomique, fut revendiqu&#233;e, il devint &#233;vident qu'une fusion n'&#233;tait plus possible. Bakounine et ses amis firent s&#233;cession. Il proposa d'adh&#233;rer collectivement &#224; l'Internationale. On fonda cependant l'Alliance de la d&#233;mocratie sociale (ce &#224; quoi Bakounine s'opposait, car elle risquait d'entrer en concurrence ind&#233;sirable avec l'Internationale&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Max Nettlau, Michael Bakunin. Eine Biografie. Londres, 1896 1900, Vol. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;). Le programme de l'Internationale fut g&#233;n&#233;ralement accept&#233;, et ses sections furent rapidement r&#233;int&#233;gr&#233;es &#224; l'Internationale apr&#232;s la dissolution de cette derni&#232;re. Borkheim, ami de Marx (et sur ses instructions), d&#233;clara au Congr&#232;s de Gen&#232;ve que, pour garantir la paix en Europe, tous les &#201;tats europ&#233;ens devaient d&#233;clarer la guerre &#224; la Russie ! Nous verrons comment ce spectre russe de Marx et de la social-d&#233;mocratie allemande a servi, sans cesse, de pr&#233;texte, durant le demi-si&#232;cle suivant &#8211; jusqu'&#224; la premi&#232;re semaine d'ao&#251;t 1914 &#8211; pour justifier leur politique militariste et imp&#233;rialiste. &#171; Il ne faut pas rire &#187;, observait Domela Nieuwenhuis &#224; Zurich en 1893, en d&#233;fense de la r&#233;solution n&#233;erlandaise, &#171; quand la Russie est qualifi&#233;e de foyer d'horreur et de barbarie ; comme si l'Allemagne &#233;tait un foyer de civilisation et de douceur ! La France peut adresser la m&#234;me accusation &#224; l'Allemagne, car elle est une r&#233;publique. O&#249; cela nous m&#232;nera quand les socialistes commenceront &#224; prof&#233;rer de telles accusations contre d'autres nations ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au troisi&#232;me congr&#232;s de la Premi&#232;re Internationale, &#224; Bruxelles en 1868, la position du parti sur la question de la guerre fut pr&#233;cis&#233;ment d&#233;finie. Une longue discussion eut lieu, &#224; laquelle participa notamment De Paepe. &#171; La guerre est un mal &#233;vident pour nous tous. Mais outre notre &#233;ternelle protestation, on nous demande que nous t&#226;chions d'intervenir pratiquement pour sa suppression. Pour cela il y a deux m&#233;thodes : la premi&#232;re, c'est de s'attaquer directement &#224; la guerre par le refus du service militaire (Applaudissements) ou, ce qui revient au m&#234;me, puisque les arm&#233;es ont besoin de consommer, par le refus du travail. La seconde n'intervient pas directement ; c'est en r&#233;solvant la question sociale elle-m&#234;me qu'elle pr&#233;tend arriver &#224; la suppression de la guerre : telle est la m&#233;thode que, par son d&#233;veloppement, l'Internationale est destin&#233;e &#224; faire triompher. (Bravos.) En employant la premi&#232;re mani&#232;re, c'est sans cesse &#224; recommencer. La seconde, seule, d&#233;truit le mal dans sa source m&#234;me. On a cherch&#233; &#224; attribuer la cause de la guerre &#224; des individualit&#233;s ; c'est une erreur : les rois, les empereurs, ne sont que des accidents, des instruments. La seule vraie cause de la guerre est dans nos institutions sociales. &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Oscar Testut, Le Livre bleu de l'Internationale, E. Lachaud &#201;diteur, Paris, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cet esprit, une r&#233;solution a &#233;t&#233; adopt&#233;e &lt;strong&gt;&#224; l'unanimit&#233; &lt;/strong&gt; : la cause premi&#232;re et permanente de la guerre est d'ordre &#233;conomique. Mais une deuxi&#232;me cause, et pas moins importante, est l'arbitraire, &#171; qui r&#233;sulte de la centralisation et du despotisme &#187;. Aujourd'hui encore, les peuples peuvent donc r&#233;duire le nombre de guerres en s'opposant &#224; ceux qui les provoquent ou les d&#233;clarent. Les classes ouvri&#232;res disposent d'un moyen concret d'y parvenir imm&#233;diatement : puisque le corps social ne saurait survivre &#224; un arr&#234;t de la production, il suffit que les producteurs cessent de produire pour rendre impossibles les desseins des gouvernements despotiques&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le Congr&#232;s de l'Association internationale des travailleurs, r&#233;uni &#224; Bruxelles, d&#233;clare protester avec la plus grande &#233;nergie contre la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il invite toutes les Sections de l'Association, chacune dans leurs pays respectifs, ainsi que toutes les soci&#233;t&#233;s ouvri&#232;res et tous les groupes d'ouvriers quels qu'ils soient, &#224; agir avec la plus grande activit&#233; pour emp&#234;cher une guerre de peuple &#224; peuple, qui aujourd'hui ne pourrait &#234;tre consid&#233;r&#233;e que comme une guerre civile, parce que faite entre ceux qui produisent, elle ne serait qu'une lutte entre fr&#232;res et citoyens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Congr&#232;s recommande surtout aux travailleurs de cesser tout travail dans le cas o&#249; une guerre viendrait &#224; &#233;clater dans leurs pays respectifs. &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;James Guillaume, L'Internationale. Documents et Souvenirs (1864-1878), op. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marx, qui n'avait jamais assist&#233; aux congr&#232;s, &#233;crivit aussit&#244;t &#224; Engels au sujet de &#171; l'absurdit&#233; belge de faire gr&#232;ve contre la guerre &#187;. La social-d&#233;mocratie allemande et la Deuxi&#232;me Internationale, qu'il dominait, allaient &#233;galement suivre leur grand ma&#238;tre sur ce point et, selon les propres termes d'Auer, d&#233;clarer que &#171; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale &#187; &#233;tait une &#171; absurdit&#233; g&#233;n&#233;rale &#187;. Lorsque, deux ans plus tard, en 1870, la guerre qui mena&#231;ait depuis longtemps entre la France et l'Allemagne &#233;clata, Marx d&#233;clara au nom du Conseil g&#233;n&#233;ral de l'Internationale : &#171; Du c&#244;t&#233; allemand, cette guerre est une guerre d&#233;fensive. &#187; Il justifiait ainsi la guerre du c&#244;t&#233; allemand, contredisant ses propos du &lt;i&gt;Manifeste du Parti communiste &lt;/i&gt; selon lesquels on ne peut prendre aux travailleurs ce qu'ils ne poss&#232;dent pas, et en totale contradiction avec les d&#233;cisions de Bruxelles, qui affirmaient que toute guerre devait &#234;tre rejet&#233;e, car elle ne pouvait &#234;tre qu'une &#171; guerre civile &#187;. Avec l'introduction du terme &#171; guerre d&#233;fensive &#187;, toute lutte coh&#233;rente contre la guerre fut d&#233;pouill&#233;e de ses fondements ; d&#232;s lors, toutes les tactiques antimilitaristes coh&#233;rentes furent et continuent d'&#234;tre sabot&#233;es par les marxistes, et toutes les politiques imp&#233;rialistes furent d&#233;fendues ! Cette affirmation de Marx se comprend ais&#233;ment si on tient compte qu'il voulait la victoire de la Prusse-Allemagne. Pour lui, une victoire de Bismarck &#233;quivalait &#224; une victoire pour son socialisme d'&#201;tat prussien. L'&#233;mergence d'un &#201;tat allemand &#8211; m&#234;me imp&#233;rialiste &#8211; constituerait la premi&#232;re &#233;tape vers l'&#171; &#201;tat populaire &#187;. Bismarck fait un travail &#224; la t&#226;che pour nous, &#233;crit Marx &#224; Engels le 20 juillet : &#171; Les Fran&#231;ais ont besoin d'un coup dur. Si les Prussiens l'emportent, la centralisation du pouvoir d'&#201;tat favorisera la centralisation de la classe ouvri&#232;re allemande. De plus, la domination allemande d&#233;placera le centre de gravit&#233; du mouvement ouvrier d'Europe occidentale de la France vers l'Allemagne [&#8230;] Sa domination (de la classe ouvri&#232;re allemande) sur la sc&#232;ne mondiale signifierait simultan&#233;ment la domination de notre th&#233;orie sur celle de Proudhon, etc. &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf Correspondance Marx-Engels.&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; Les &#233;loges de &#171; la fraternit&#233; des ouvriers &#187;, de Marx dans son discours au Conseil g&#233;n&#233;ral du 23 juillet, relevaient donc davantage d'une discussion philosophique : &#171; Tandis que la France et l'Allemagne officielles se livrent &#224; une lutte fratricide, les ouvriers s'envoient des messages de paix et d'amiti&#233;. Ce grand fait, sans pr&#233;c&#233;dent dans le pass&#233;, ouvre la perspective d'un avenir radieux. &#187; Mais toutes ces proclamations n'ont &#233;videmment que peu de sens si, en m&#234;me temps, il faut &#171; d&#233;fendre &#187; la patrie en danger&#8230; Un socialiste &#233;crivait dans le journal Volksstaat&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;James Guillaume, L'Internationale. Documents et Souvenirs (1864-1878), P.-V. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; : &#171; Qu'arriverait-il si tous les ouvriers de France et d'Allemagne cessaient le travail d'un commun accord &#224; un jour donn&#233;, et opposaient ainsi &#224; la guerre une gr&#232;ve internationale ? Je suis persuad&#233; que dans ce cas la guerre serait termin&#233;e en quelques jours, sans m&#234;me que le sang ait coul&#233;. Car de m&#234;me que la guerre rend impossible le travail r&#233;mun&#233;rateur, de m&#234;me la cessation du travail rendrait la guerre impossible. &#187; Ce point de vue &#233;tait en accord avec la r&#233;solution de 1868 et constituait un moyen plus s&#251;r d'&#233;viter la guerre que les proclamations mutuelles de fraternit&#233;. Si cette proposition avait &#233;t&#233; mise en pratique, elle aurait ouvert davantage de perspectives pour un &#171; avenir radieux &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La section parisienne de l'Internationale resta &#233;galement fid&#232;le aux d&#233;cisions de Bruxelles. Dans son appel du 12 juillet 1870, elle protesta avec force contre la guerre : &#171; la destruction syst&#233;matique du genre humain &#187;, &#171; la guerre ne fait qu'attiser les instincts sauvages et la haine nationale &#187;, &#171; c'est un pr&#233;texte pour les gouvernements afin de supprimer la libert&#233; publique &#187;, &#171; n'&#233;coutez pas ces provocations insens&#233;es, car une guerre entre nous serait une guerre fratricide &#187;, &#171; nos divisions n'aboutiraient qu'&#224; un triomphe complet du despotisme des deux c&#244;t&#233;s du Rhin &#187;. Lors de la conscription en France au d&#233;but de 1870, ce sont les femmes de Lyon, dont Virginie Barbet, qui diffus&#232;rent le &lt;i&gt;Manifeste des femmes lyonnaises adh&#233;rentes &#224; l'Internationale &lt;/i&gt; que l'on peut consid&#233;rer comme l'un des premiers manifestes d'objection de conscience. Elles y appelaient &#224; l'objection de conscience directe : &#171; C'est par&lt;i&gt; un acte r&#233;volutionnaire&lt;/i&gt;, celui de refuser la conscription, qu'il faut protester, et non par d'inutiles r&#233;clamations. [&#8230;] Nous nous disons civilis&#233;s et &#233;mancip&#233;s, erreur ! nous sommes encore que des mis&#233;rables esclaves, et ce qu'il y a de plus triste, non seulement mat&#233;riellement, mais encore moralement, puisque, sans nous r&#233;volter, nous subissons la condition qui nous est faite. nous nous soumettons sans nous r&#233;volter &#224; la situation dans laquelle nous sommes plac&#233;s [...] Une occasion se pr&#233;sente &#224; nous de donner l'exemple de la dignit&#233; humaine, ne la laissez pas passer [&#8230;] et vous aurez bien m&#233;rit&#233; la r&#233;volution. &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Oscar Testut, L'Internationale et le Jacobinisme au ban de l'Europe, E. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut dire de mani&#232;re g&#233;n&#233;rale qu'une tactique antimilitariste coh&#233;rente, et donc toujours antinationaliste, &#233;tait inh&#233;rente &#224; la lutte r&#233;volutionnaire de la Premi&#232;re Internationale. Il va de soi &#224; partir de la constatation que la lib&#233;ration de la classe ouvri&#232;re n'est pas un probl&#232;me national, mais international. Et on peut dire qu'elle a conserv&#233; ce caract&#232;re partout o&#249; elle n'a pas substitu&#233; la lutte &#233;lectorale &#224; la lutte de classe r&#233;volutionnaire. C'est la conception de l'&#201;tat de Marx qui l'a mis en contradiction avec la voie qu'il avait lui-m&#234;me emprunt&#233;e et l'a conduit &#224; l'abandonner ; et, intimement li&#233;e &#224; cette contradiction, la politique parlementaire passait de plus en plus au premier plan, avec laquelle une politique antinationale et antimilitariste cons&#233;quente n'est pas conciliable. Seule l'Internationale anti-autoritaire (bakouniniste), qui a continu&#233; d'exister apr&#232;s la scission des &#233;l&#233;ments marxistes en 1872, a pu continu&#233; dans cette voie. Elle a pu poursuivre cette tradition antimilitariste parce qu'elle rejetait par principe toute politique parlementaire, parce qu'elle ne voulait pas conqu&#233;rir un &#201;tat centralis&#233; pour instaurer le socialisme, mais consid&#233;rait comme premi&#232;re t&#226;che des travailleurs de d&#233;truire l'&#201;tat ; et parce qu'elle n'attendait aucun autre salut que celui de &lt;strong&gt;l'organisation &#233;conomique&lt;/strong&gt; des travailleurs eux-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tactique des partis sociaux-d&#233;mocrates nationaux, qui ont poursuivi les id&#233;es marxistes de la Premi&#232;re Internationale, a finalement conduit l&#224; o&#249; elle ne pouvait que conduire : &#224; ao&#251;t 1914. Le parti social-d&#233;mocrate et, dans une moindre mesure, les syndicats qu'il influen&#231;ait s'&#233;taient tellement int&#233;gr&#233;s dans l'ensemble du syst&#232;me de l'&#201;tat capitaliste, &#233;taient devenus &#224; un tel degr&#233; partie int&#233;grante de cet &#201;tat, que toute leur tactique &#171; socialiste &#187;, qui ne visait qu'&#224; accro&#238;tre leur influence dans cet &#201;tat, rendait absolument impossible qu'il puisse un jour se trouver soudainement en opposition de principe avec lui. C'&#233;tait, on ne le r&#233;p&#233;tera jamais assez, une cons&#233;quence in&#233;vitable. Quiconque pense pouvoir combattre la tactique de ces r&#233;solutions internationales de paix et de la politique nationale de guerre sans combattre l'ensemble de la politique nationale socialiste met la charrue avant les b&#339;ufs.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;(N.d.l.T.) Il s'agit de la crise diplomatique autour du Luxembourg (notamment la crise de 1867) dans un contexte de tensions europ&#233;ennes o&#249; le territoire du Luxembourg devenait un point strat&#233;gique entre puissances.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/marx/works/1866/06/km18660607.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Correspondance Friedrich Engels et Karl Marx&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;James Guillaume, &lt;i&gt;L'Internationale. Documents et Souvenirs (1864-1878)&lt;/i&gt;, P.-V. Stock, 1905, Paris, t. I, p.115.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., p.146-147.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Annales du congr&#232;s de Gen&#232;ve. 9-12 Sept. 1867, p.187-191.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cf. Max Nettlau, &lt;i&gt;Michael Bakunin. Eine Biografie&lt;/i&gt;. Londres, 1896 1900, Vol. 11, chapitres. 31, 32, 33 ; Michel Bakounine, &lt;i&gt;&#338;uvres compl&#232;tes&lt;/i&gt;, P.-V. Stock.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Oscar Testut, &lt;i&gt;Le Livre bleu de l'Internationale&lt;/i&gt;, E. Lachaud &#201;diteur, Paris, 1871, p.173.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;James Guillaume, &lt;i&gt;L'Internationale. Documents et Souvenirs (1864-1878)&lt;/i&gt;, op. cit., p.183.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cf Correspondance Marx-Engels.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;James Guillaume, &lt;i&gt;L'Internationale. Documents et Souvenirs (1864-1878)&lt;/i&gt;, P.-V. Stock, 1905, Paris, t. II, p. 70.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Oscar Testut, &lt;i&gt;L'Internationale et le Jacobinisme au ban de l'Europe&lt;/i&gt;, E. Lachaud &#201;diteur, Paris, 1872, p.277-278.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La social-d&#233;mocratie et la guerre - Premi&#232;re partie</title>
		<link>https://www.partage-noir.fr/la-social-democratie-et-la-guerre-premiere-partie</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.partage-noir.fr/la-social-democratie-et-la-guerre-premiere-partie</guid>
		<dc:date>2026-04-15T22:01:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Arthur Lehning</dc:creator>


		<dc:subject>Arthur Lehning</dc:subject>
		<dc:subject>Allemagne</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;PREMI&#200;RE PARTIE &lt;br class='autobr' /&gt;
Le monde bourgeois et socialiste c&#233;l&#232;bre l'anniversaire du d&#233;clenchement de la &#171; premi&#232;re &#187; guerre mondiale. Dix ans plus tard, la question se pose : o&#249; en sommes-nous ? Avant 1914, des congr&#232;s pour la paix avaient aussi &#233;t&#233; organis&#233;s, tant &#224; La Haye qu'&#224; B&#226;le. Avant 1914, nombreux &#233;taient ceux, du tsar &#224; Kautsky, qui se d&#233;claraient en faveur de la paix. Malgr&#233; cela, la guerre a &#233;clat&#233;.(Kautsky a d&#233;clar&#233; que ce d&#233;clenchement &#171; ne signifie pas un &#233;chec, mais une confirmation (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-die-sozialdemokratie-und-der-krieg-" rel="directory"&gt;Die Sozialdemokratie und der Krieg &lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-arthur-lehning-+" rel="tag"&gt;Arthur Lehning&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-allemagne-79-+" rel="tag"&gt;Allemagne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/lehning_copie_1-8ef67.jpg?1776290579' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;PREMI&#200;RE PARTIE&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le monde bourgeois et socialiste c&#233;l&#232;bre l'anniversaire du d&#233;clenchement de la &#171; premi&#232;re &#187; guerre mondiale. Dix ans plus tard, la question se pose : o&#249; en sommes-nous ? Avant 1914, des congr&#232;s pour la paix avaient aussi &#233;t&#233; organis&#233;s, tant &#224; La Haye qu'&#224; B&#226;le. Avant 1914, nombreux &#233;taient ceux, du tsar &#224; Kautsky, qui se d&#233;claraient en faveur de la paix. Malgr&#233; cela, la guerre a &#233;clat&#233;.(Kautsky a d&#233;clar&#233; que ce d&#233;clenchement &#171; ne signifie pas un &#233;chec, mais une confirmation de nos opinions th&#233;oriques. Nous n'avons rien &#224; regretter, rien &#224; revoir. Nos points de vue, que nous avions avant la guerre, ont &#233;t&#233; confirm&#233;es &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Karl Kautsky, Die Internationalitat und der Krieg, p.6.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;). Les points de vue qui ont &#233;t&#233; confirm&#233;s et qui sont encore d&#233;fendus aujourd'hui peuvent &#234;tre r&#233;sum&#233;s ainsi :&lt;/p&gt;
&lt;ol class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; les causes de la guerre r&#233;sident dans le syst&#232;me social capitaliste ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; la guerre est en contradiction absolue avec tous les int&#233;r&#234;ts du prol&#233;tariat ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; augmenter l'influence sur les gouvernements des &#201;tats capitalistes est le principal moyen de lutter contre le danger de guerre.&lt;/li&gt;&lt;/ol&gt;
&lt;p&gt;Et dans toutes ses variations, la d&#233;claration cat&#233;gorique &#233;tait : tant que les causes existent et que le syst&#232;me d'exploitation de l'homme par l'homme et la lutte des classes qui en r&#233;sulte persistent, il serait vraiment utopique d'esp&#233;rer une paix universelle. Certains points de vue n'ont pas &#233;t&#233; confirm&#233;s non plus (par exemple que &#171; le Parti Socialiste et le prol&#233;tariat organis&#233;s sont les seules forces efficaces de la paix internationale &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Huiti&#232;me Congr&#232;s socialiste international tenu &#224; Copenhague du 28 ao&#251;t au 3 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;). De plus, ces derniers temps, il s'est av&#233;r&#233; que m&#234;me les gouvernements soi-disant socialistes, qui ne repr&#233;sentent apr&#232;s tout que des int&#233;r&#234;ts capitalistes ou capitalistes d'&#201;tat, ne r&#233;duisent en rien le risque de guerre. Comme le syst&#232;me capitaliste n'a toujours pas &#233;t&#233; remplac&#233; par un autre, il faut, selon ces conceptions marxistes, s'attendre &#224; juste titre &#224; de nouvelles guerres mondiales. Cette conception est d'ailleurs confirm&#233;e quotidiennement par les faits de la politique internationale. On sait comment, depuis Versailles, tant les conflits que les armements, qui m&#232;nent in&#233;vitablement &#224; une nouvelle guerre, ne cessent de s'intensifier ; on sait avec quels moyens de destruction barbares, chimiques et techniques, l'humanit&#233; tout enti&#232;re est menac&#233;e. La bourgeoisie le confirme. Je n'irai pas plus loin sur ce sujet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela n'a rien d'&#233;tonnant de dire que ce que nous avons v&#233;cu et ce que nous allons vivre bient&#244;t sera, d'un point de vue technique, comparable &#224; la guerre mondiale, elle-m&#234;me comparable &#224; la guerre de 1870, et qu'il ne doit plus jamais arriver. Mais avant la guerre aussi, on disait que ce qui s'&#233;tait pass&#233; ne devait plus jamais arriver.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &#171; social-d&#233;mocratie r&#233;volutionnaire internationale &#187;, la social-d&#233;mocratie de tous les pays, n'a rien appris, n'a rien &#224; regretter et rien &#224; revoir. C'est vrai. Si les r&#233;solutions de paix avant la guerre se sont r&#233;v&#233;l&#233;es &#234;tre des mots creux, les &#171; plus jamais &#187; actuels sont tout simplement trompeurs. &#192; chaque protestation contre la guerre et le militarisme, &#224; chaque r&#233;solution pour la paix, on pose la question suivante : que ferez-vous si la guerre &#233;clate demain ? Jusqu'en 1914, on a &#233;vit&#233; de r&#233;pondre &#224; cette question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On l'&#233;vite &#224; nouveau aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, Kautsky a d&#233;j&#224; donn&#233; la r&#233;ponse : il n'y a rien &#224; revoir. Le socialisme international n'&#233;tait pas en faillite ; ce n'&#233;tait pas un effondrement, c'&#233;tait une confirmation ; une confirmation de toute la tactique social-d&#233;mocrate. C'&#233;tait juste que le socialisme s'est d&#233;masqu&#233;. C'&#233;tait une confirmation de tout ce que les anarchistes avaient pr&#233;dit depuis des d&#233;cennies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout comme la guerre a r&#233;v&#233;l&#233; la nature profonde du capitalisme, ainsi que ce qui &#233;tait latent en temps de paix et l'a fait &#233;clater au grand jour de mani&#232;re horrible (et la paix n'&#233;tait qu'une continuation de la guerre par d'autres moyens), le v&#233;ritable caract&#232;re de ce qu'on appelait le socialisme a &#233;galement &#233;t&#233; r&#233;v&#233;l&#233; pendant et apr&#232;s la guerre. Le socialisme a lui aussi d&#251; montrer son vrai visage, et l&#224;, les programmes et les r&#233;solutions n'ont servi &#224; rien. Et il a jet&#233; le masque. La &#171; trahison &#187; d&#233;coulait naturellement de son caract&#232;re m&#234;me, de son id&#233;ologie, de sa tactique. C'&#233;tait une cons&#233;quence in&#233;vitable. Nous examinerons bri&#232;vement la question du militarisme dans le mouvement ouvrier au cours du dernier demi-si&#232;cle et verrons que cette question est li&#233;e et d&#233;termin&#233;e par les moyens de lutte pour l'&#233;mancipation &#233;conomique du prol&#233;tariat en g&#233;n&#233;ral. C'est l'&#233;chec de toute l'id&#233;ologie et la tactique de ces moyens de lutte sociaux-d&#233;mocrates et marxistes qui a &#233;t&#233; confirm&#233; d&#232;s le d&#233;but de la guerre et de plus en plus depuis lors.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Karl Kautsky, &lt;i&gt;Die Internationalitat und der Krieg&lt;/i&gt;, p.6.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Huiti&#232;me Congr&#232;s socialiste international tenu &#224; Copenhague du 28 ao&#251;t au 3 septembre 1910, compte rendu analytique publi&#233; par le secr&#233;tariat du Bureau socialiste international, p.60.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La social-d&#233;mocratie et la guerre - Introduction</title>
		<link>https://www.partage-noir.fr/la-social-democratie-et-la-guerre-introduction</link>
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		<dc:date>2026-04-15T10:13:22Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Arthur Lehning</dc:creator>


		<dc:subject>Arthur Lehning</dc:subject>
		<dc:subject>Allemagne</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;INTRODUCTION &lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis la r&#233;daction du texte qui suit &#8211; Berlin, juillet 1924 &#8211;, il a suffi de mettre en &#233;vidence quelques faits et gestes de la social-d&#233;mocratie pour non seulement y ajouter une nouvelle partie, mais aussi constater combien ces r&#233;flexions, bien qu'avant tout historiques, ont &#233;t&#233; &#233;crites pour une application pratique, d&#233;sormais confirm&#233;e par les &#233;v&#233;nements actuels. &lt;br class='autobr' /&gt;
Puisque d&#233;sormais, malgr&#233; les d&#233;clarations de paix et les congr&#232;s pour la paix, la paix entretient elle-m&#234;me (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-die-sozialdemokratie-und-der-krieg-" rel="directory"&gt;Die Sozialdemokratie und der Krieg &lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-arthur-lehning-+" rel="tag"&gt;Arthur Lehning&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-allemagne-79-+" rel="tag"&gt;Allemagne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/lehning_copie_2-5a208.jpg?1776248067' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;INTRODUCTION&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Paris, 14-9-1925.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Depuis la r&#233;daction du texte qui suit &#8211; Berlin, juillet 1924 &#8211;, il a suffi de mettre en &#233;vidence quelques faits et gestes de la social-d&#233;mocratie pour non seulement y ajouter une nouvelle partie, mais aussi constater combien ces r&#233;flexions, bien qu'avant tout historiques, ont &#233;t&#233; &#233;crites pour une application pratique, d&#233;sormais confirm&#233;e par les &#233;v&#233;nements actuels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puisque d&#233;sormais, malgr&#233; les d&#233;clarations de paix et les congr&#232;s pour la paix, la paix entretient elle-m&#234;me les conditions d'un risque de guerre permanent, il n'est plus n&#233;cessaire d'attendre le d&#233;clenchement de la prochaine guerre mondiale pour comprendre ce que signifie le combat et l'antimilitarisme social-d&#233;mocrates. Du moins si la guerre elle-m&#234;me ne nous l'avait pas d&#233;j&#224; appris. Mais les journaux nous font oublier, et comme c'est imprim&#233; noir sur blanc, on croit &#224; la tromperie d'aujourd'hui et non plus &#224; celle d'hier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis lors, le proc&#232;s Ebert&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;(N.d.l.T.) Il s'agit du proc&#232;s Friedrich Ebert (1924). Apr&#232;s la Premi&#232;re (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; a montr&#233; avec une franchise surprenante comment, pendant la guerre, le socialisme et les travailleurs furent trahis par les dirigeants sociaux-d&#233;mocrates. Il constitue une illustration remarquable du texte qui suit cette introduction. Avec les deux proc&#232;s sociaux-d&#233;mocrates qui suivirent &#8212; ceux d'Auer et de Barmat&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;(N.d.l.T.) Il s'agit du &#171; proc&#232;s Auer &#187; : Erhard Auer (1874&#8211;1945) &#233;tait un (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; &#8212; ce parti et ce syst&#232;me partisan furent &#233;clair&#233;s d'une mani&#232;re plus cr&#251;e que par la critique la plus violente que l'on puisse imaginer. Il fut d&#233;montr&#233; comment l'embourgeoisement de ce parti, comment le parlementarisme et le minist&#233;rialisme aboutissent finalement &#8212; et ne peuvent qu'aboutir &#8212; &#224; la corruption et &#224; la trahison. D'un parti qui sortirait indemne de ces trois proc&#232;s, on peut dire, en paraphrasant Karl Kraus&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;(N.d.l.T.) Karl Kraus (1874&#8211;1936), &#233;crivain autrichien connu pour sa plume (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; : &#171; Le parti qui dig&#232;re cela a un bon estomac ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;crasez l'inf&#226;me !?&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En fran&#231;ais dans le texte original.&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; Qu'on n'oublie pas que cette classe ouvri&#232;re qui, en l'occurrence, devrait pourtant s'insurger, a &#233;t&#233; &#233;duqu&#233;e pendant un demi-si&#232;cle au social-d&#233;mocratisme sous un Empire prussien. Certes, cette corruption ne touche pas seulement le parti allemand, mais elle s'&#233;tend aussi au-del&#224; des fronti&#232;res hollandaises et impr&#232;gne toute la Deuxi&#232;me Internationale, dite socialiste. Car il ne s'agit pas des personnes, mais du syst&#232;me. Et ce syst&#232;me se manifeste en Allemagne sous la forme de trahison politique sournoise, de r&#233;action brutale, de corruption. Il se manifeste autrement ailleurs. Ces Ebert et Scheidemann, ces Noske et Auer, ces Bauer et Heilmann, ils s'appellent ailleurs Macdonald et Vandervelde, Renaudel et Boncour&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;(N.d.l.T.) Arthur Lehning dresse une galerie de dirigeants sociaux-d&#233;mocrates&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Ils incarnent ce que Kropotkine indiquait : &#171; Le socialisme ne peut &#234;tre r&#233;formiste. S'il cesse d'&#234;tre r&#233;volutionnaire, il tombe aux mains de la r&#233;action. &#187; Car lorsque le gouvernement &#171; antimilitariste &#187;, &#171; socialiste &#187; de Macdonald&#8212; qui poursuit la politique imp&#233;rialiste du gouvernement conservateur, pour ensuite en laisser la gestion au m&#234;me gouvernement et la voir continuer sur le m&#234;me pied &#8212; construit des navires de guerre et d&#233;veloppe l'aviation, cela n'a rien &#224; voir avec le socialisme et la paix ; c'est au contraire une pr&#233;paration capitaliste &#224; la guerre, donc une r&#233;action. Quand, en Autriche, l'adversaire le plus acharn&#233; de l'abolition de l'arm&#233;e professionnelle c'est la social-d&#233;mocratie et qu'elle appelle les &#171; jeunes ch&#244;meurs(!) sociaux-d&#233;mocrates &#187; &#224; s'engager dans l'arm&#233;e, pr&#233;cis&#233;ment parce que cette arm&#233;e est un instrument docile d'un g&#233;n&#233;ral fasciste, c'est de la r&#233;action, et en plus inf&#226;me. Quand les sociaux-d&#233;mocrates fran&#231;ais soutiennent la guerre coloniale imp&#233;rialiste et votent les cr&#233;dits de guerre, c'est l&#224; encore de la r&#233;action, qui d&#233;voile toute la phras&#233;ologie antimilitariste et met en lumi&#232;re le v&#233;ritable caract&#232;re de cette lutte contre la guerre, social-patriotique. Dans cette guerre au Maroc, comme dans toute guerre pr&#233;par&#233;e par le gouvernement Poincar&#233;, provoqu&#233;e par un g&#233;n&#233;ral fasciste et men&#233;e dans l'int&#233;r&#234;t du capital bancaire fran&#231;ais, il s'agit de d&#233;bouch&#233;s et d'&#171; exploration &#187;, c'est-&#224;-dire d'exploitation &#8212; sous pr&#233;texte que la culture fran&#231;aise est en danger et que la civilisation occidentale doit &#234;tre d&#233;fendue contre les barbares &#8212; avec des chars, des escadrons d'avions et des gaz toxiques. Pour la &#233;ni&#232;me fois, il s'est av&#233;r&#233; que ce parti pr&#233;f&#232;re l'int&#233;r&#234;t national et capitaliste &#224; l'int&#233;r&#234;t le plus &#233;l&#233;mentaire du prol&#233;tariat, blanc ou &#171; de couleur &#187;. Cette image s'est renouvel&#233;e lors du congr&#232;s de la II&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; Internationale tenu r&#233;cemment &#224; Marseille, qui rejoint les consid&#233;rations qui suivent et les confirme encore une fois avec &#233;clat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne peut attendre de cette Internationale des ministres et de Barmat ni qu'elle combatte la guerre, ni qu'elle l'emp&#234;che. Elle ne peut pas emp&#234;cher la guerre, car elle est elle-m&#234;me une composante essentielle du capitalisme bourgeois qui, comme cela a &#233;t&#233; d&#233;clar&#233; &#224; juste titre &#224; Marseille, est la cause principale de la guerre. Certes, Hilferding&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;7 (N.d.l.T.) Rudolf Hilferding (1877&#8211;1941) &#233;tait social-d&#233;mocrate, membre du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; a combattu le slogan &#171; Le capitalisme, c'est la guerre, le socialisme, c'est la paix &#187; en le qualifiant d'obsol&#232;te. Non pas qu'il ait enfin reconnu ouvertement (ce qui est &#233;vident et le devient chaque jour davantage) que ce socialisme social-d&#233;mocrate n'assure en aucun cas la paix, mais il voulait d&#233;fendre la th&#232;se que le capitalisme, lorsqu'il est g&#233;r&#233; par des ministres socialistes, ne signifie pas n&#233;cessairement la guerre !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le socialisme serait la paix ? Oui, mais pas le &#171; socialisme qui veut conqu&#233;rir l'&#201;tat &#187;. Car &#224; mesure qu'il progresse sur la &#171; voie du pouvoir &#187;, c'est le socialisme qui est conquis par l'&#201;tat et les paroles pr&#233;monitoires de Domela Nieuwenhuis, qui servent de devise &#224; ces r&#233;flexions, se confirment :&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;La victoire de la social-d&#233;mocratie &lt;br class='autobr' /&gt;
sera la destruction du socialisme.&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Paris, 14-9-1925.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;(N.d.l.T.) Il s'agit du proc&#232;s Friedrich Ebert (1924). Apr&#232;s la Premi&#232;re Guerre mondiale, Ebert, membre du parti socio-d&#233;mocrate (SPD) devient pr&#233;sident de la R&#233;publique de Weimar (1919&#8211;1925). Il est accus&#233; par des milieux nationalistes d'avoir particip&#233; &#224; une gr&#232;ve pendant la guerre (1918) et donc d'avoir &#171; trahi la patrie &#187; et contribu&#233; &#224; la d&#233;faite allemande. Ebert poursuit en justice pour diffamation. Le tribunal reconna&#238;t que les accusations de haute trahison sont fausses, mais admet officiellement qu'il a particip&#233; &#224; une gr&#232;ve politique pendant la guerre. Pour la gauche r&#233;volutionnaire, le proc&#232;s r&#233;v&#232;le surtout la collaboration du SPD non seulement avec l'ordre imp&#233;rial et militaire, mais aussi avec l'arm&#233;e contre les r&#233;volutionnaires (notamment lors de l'&#233;crasement des spartakistes en 1919). Le proc&#232;s devient donc une arme pol&#233;mique contre la social-d&#233;mocratie r&#233;formiste.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;(N.d.l.T.) Il s'agit du &#171; proc&#232;s Auer &#187; : Erhard Auer (1874&#8211;1945) &#233;tait un dirigeant du SPD en Bavi&#232;re. Pendant la R&#233;volution allemande de 1918&#8211;1919, la Bavi&#232;re conna&#238;t l'insurrection de la R&#233;publique des conseils de Bavi&#232;re). Le SPD bavarois, dont Auer fait partie, participe &#224; la r&#233;pression du mouvement r&#233;volutionnaire avec l'aide des corps francs (Freikorps). Le proc&#232;s autour d'Auer concerne son r&#244;le politique et ses responsabilit&#233;s dans la r&#233;pression et &#233;videmment les luttes internes au mouvement ouvrier. Auer devient un symbole de la social-d&#233;mocratie qui r&#233;prime les r&#233;volutionnaires au nom de l'ordre. L'&#171; affaire Barmat &#187; (1924&#8211;1925), quant &#224; elle, concerne un gros scandale financier de la R&#233;publique de Weimar. Les fr&#232;res Julius Barmat &#233;taient des hommes d'affaires li&#233;s &#224; des milieux du SPD qui ont obtenu des pr&#234;ts publics et des faveurs administratives gr&#226;ce au soutien des socialistes. La faillite de leur entreprise, au-del&#224; de la corruption et du favoritisme r&#233;v&#232;le surtout les collusions entre milieux d'affaires et social-d&#233;mocrates. La gauche r&#233;volutionnaire d&#233;nonce alors l'embourgeoisement du SPD.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;(N.d.l.T.) Karl Kraus (1874&#8211;1936), &#233;crivain autrichien connu pour sa plume satirique contre le militarisme, la presse et l'hypocrisie politique.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;En fran&#231;ais dans le texte original.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;(N.d.l.T.) Arthur Lehning dresse une galerie de dirigeants sociaux-d&#233;mocrates europ&#233;ens accus&#233;s de trahison et de r&#233;formisme. En Allemagne, Philipp Scheidemann (dirigeant du SPD qui a proclam&#233; la r&#233;publique en 1918 et symbolise la voie parlementaire), Gustav Noske (ministre SPD qui a r&#233;prim&#233; violemment les r&#233;volutionnaires spartakistes en 1919), Otto Bauer (th&#233;oricien marxiste, d&#233;riv&#233; vers un r&#233;formisme &#233;tatique) et Friedrich Heilmann (dirigeant SPD associ&#233; &#224; l'appareil parlementaire). Au Royaume-Uni : Ramsay MacDonald (premier ministre travailliste qui a maintenu la politique imp&#233;riale britannique - marine, armement). En Belgique, &#201;mile Vandervelde (figure majeure du socialisme belge, ministre pendant la guerre et partisan de l'Union sacr&#233;e) et en France, Pierre Renaudel (socialiste r&#233;formiste, favorable &#224; la d&#233;fense nationale), Joseph Paul-Boncour (politicien socialiste devenu ministre, favorable aux alliances militaires) et Raymond Poincar&#233; (pr&#233;sident puis chef du gouvernement fran&#231;ais, associ&#233; &#224; une politique nationaliste).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;7 (N.d.l.T.) Rudolf Hilferding (1877&#8211;1941) &#233;tait social-d&#233;mocrate, membre du SPD et th&#233;oricien du capitalisme financier. Dans&lt;i&gt; Le Capital financier&lt;/i&gt;, il a analys&#233; la fusion du capital industriel et du capital bancaire, la concentration et la cartellisation des entreprises, le r&#244;le croissant des banques dans le contr&#244;le de l'&#233;conomie et le lien entre capital financier et imp&#233;rialisme (dont L&#233;nine s'est largement &#171; inspir&#233; &#187; pour &lt;i&gt;L'Imp&#233;rialisme, stade supr&#234;me du capitalisme&lt;/i&gt;). Ministre des Finances de la R&#233;publique de Weimar (1923 puis 1928-1929) et partisan d'une transformation socialiste par voie parlementaire, Hilferding a int&#233;gr&#233; l'&#201;tat bourgeois au lieu de le renverser, exer&#231;ant &#233;videmment une politique r&#233;formiste.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Ricardo Mella, un anarchiste galicien </title>
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		<dc:date>2026-04-08T09:08:52Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Claudio Rodr&#237;guez Fer</dc:creator>


		<dc:subject>Ricardo Mella</dc:subject>
		<dc:subject>CNT</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Ricardo Mella Cea (Vigo, 23 avril 1861-7 ao&#251;t 1925), humaniste, grand intellectuel et militant libertaire, est consid&#233;r&#233; comme l'un des plus importants th&#233;oriciens de l'anarchisme en Espagne.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-calendrier-du-cira-2018-" rel="directory"&gt;Calendrier du CIRA 2018&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-ricardo-mella-+" rel="tag"&gt;Ricardo Mella&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-cnt-espagne-+" rel="tag"&gt;CNT&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/1b85a46f-330c-47e2-84b0-dcf55c292882_16-9-discover-aspect-ratio_default_0_copie-c8b7a.jpg?1775639384' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ricardo Mella Cea (Vigo, 23 avril 1861-7 ao&#251;t 1925), humaniste, grand intellectuel et militant libertaire, est consid&#233;r&#233; comme l'un des plus importants th&#233;oriciens de l'anarchisme en Espagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fils d'un r&#233;publicain f&#233;d&#233;ral adepte de l'id&#233;ologie de Pi i Margall, il acquiert une solide formation en fran&#231;ais, anglais et italien. Tr&#232;s jeune, il adh&#232;re au Parti r&#233;publicain d&#233;mocratique f&#233;d&#233;ral, dont il devient, plus tard, secr&#233;taire. Il d&#233;bute comme journaliste critique au journal &lt;i&gt;La Verdad.&lt;/i&gt; Mais il est rapidement d&#233;nonc&#233; pour ses articles, jug&#233; et exil&#233; &#224; Madrid. En 1881, il cr&#233;e &#224; Vigo le journal &lt;i&gt;La Propaganda&lt;/i&gt;, f&#233;d&#233;raliste et ouvri&#233;riste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus tard, il conna&#238;t l'&#233;diteur anarchiste de &lt;i&gt;La Revista Social&lt;/i&gt;, Juan Serrano Oteiza. Il se marie &#224; Madrid avec la fille de l'&#233;diteur, Esperanza Serrano Rivera, avec laquelle il a douze enfants. D&#232;s lors, il collabore &#224; la r&#233;daction de&lt;i&gt; La Revista social &lt;/i&gt; ainsi qu'&#224; de nombreuses publications anarchistes en Espagne. Il traduit en espagnol &lt;i&gt;Dieu et l'&#201;tat&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;&#201;tatisme et anarchie &lt;/i&gt; de Bakounine, &lt;i&gt;L'anarchie&lt;/i&gt; de Malatesta et La science moderne et l'anarchisme de Kropotkine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il &#233;tudie la topographie qu'il exerce ensuite en Andalousie. L&#224;, il cr&#233;e des journaux tels que &lt;i&gt;La Solidaridad &lt;/i&gt; en 1888. Il s'engage dans la lutte paysanne contre le latifundio, rejetant toute forme de violence.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_6272 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/montjuicexecucions1897.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH325/montjuicexecucions1897-f4780.jpg?1775639384' width='500' height='325' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;En 1895, il revient &#224; Vigo o&#249; il donne refuge &#224; Josep Prat qui fuit la r&#233;pression de Barcelone apr&#232;s le proc&#232;s de Montjuic. En 1897, il s'installe &#224; Pontevedra o&#249; il participe &#224; l'installation du chemin de fer. L&#224;, il condamne les ex&#233;cutions des anarchistes de Montjuic &#224; travers ses articles. Il d&#233;nonce aussi la situation des paysans galiciens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s une p&#233;riode dans les Asturies, il revient &#224; Vigo en 1909. Il abandonne son militantisme et devient directeur d'une entreprise de construction des tramways &#233;lectriques de la ville. Pourtant, en 1911, il repr&#233;sente les Asturies au premier congr&#232;s de la Conf&#233;d&#233;ration nationale du travail, dont les principes fondamentaux refl&#232;tent ses propres th&#232;ses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jour de son enterrement, tous les tramways de Vigo s'arr&#234;tent pour lui rendre hommage. Il est enterr&#233; au cimeti&#232;re de Pereir&#243;, dans un mausol&#233;e du sculpteur galicien Asorey et construit gr&#226;ce &#224; une souscription populaire. Une grande avenue de Vigo a port&#233; son nom jusqu'&#224; l'arriv&#233;e du franquisme. Une nouvelle rue et un lyc&#233;e public portent son nom depuis le retour de la d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_6270 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;14&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH689/sans_titre-2-33-b3d4f.jpg?1775639384' width='500' height='689' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Urania Mella &lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Sa fille Urania est arr&#234;t&#233;e et emprisonn&#233;e lors du soul&#232;vement fasciste de 1936. Son gendre, Humberto Solleiro, dirigeant dans le secteur des tramways, est fusill&#233;. Son fils Ricardo, a &#233;t&#233; un important militant socialiste dans la zone r&#233;publicaine durant la guerre civile et a d&#251; s'exiler en Am&#233;rique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ricardo Mella est l'auteur de nombreux ouvrages et articles pour lesquels il re&#231;ut divers prix en Espagne et aussi dans le monde. Il &#233;crivit pour des journaux aux &#201;tats-Unis et en Argentine. Ses &#233;crits ont &#233;t&#233; traduits en italien, n&#233;erlandais, portugais, anglais et fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart de ses articles ont &#233;t&#233; regroup&#233;s dans des publications. Ils sont le reflet de sa pens&#233;e sociale, de ses principes sur l'&#233;ducation libertaire et de ses tactiques de lutte r&#233;volutionnaire. Mella a laiss&#233; aussi des textes sur l'amour, la philosophie, la morale et la litt&#233;rature. Il rendit hommage &#224; Pi i Margall et &#224; Anselmo Lorenzo &#224; travers ses textes. Il a &#233;galement &#233;crit une r&#233;ponse au livre de Lombroso dans son ouvrage &lt;i&gt;Lombroso et les anarchistes&lt;/i&gt; (1896).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Gaston Leval : &#171; Ouvrier chapelier, il devint ing&#233;nieur par ses propres efforts. En possession d'une vaste culture, il a &#233;t&#233; le th&#233;oricien le plus marquant de l'anarchisme en Espagne. Esprit rigoureusement logique et scientifique, de conception ample et d'originalit&#233; vigoureuse, il peut, si nous excluons Proudhon, &#234;tre plac&#233; &#224; c&#244;t&#233; des meilleurs th&#233;oriciens anarchistes fran&#231;ais. Il joint &#224; cela un style souvent magnifique qui n'est jamais que la cons&#233;quence de la force de sa pens&#233;e. Ses &#233;crits sont toujours brefs et d&#233;cisifs. Sa r&#233;plique au livre de Lombroso, &lt;i&gt;Les anarchistes&lt;/i&gt;, est d'une valeur pol&#233;miste incomparable &#187;. &lt;i&gt;L'Id&#233;e anarchiste&lt;/i&gt;, n&#186; 1, 18 mars 1924.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Claudio Rodr&#237;guez Fer, traduit du galicien par Mar&#237;a Lopo &lt;/strong&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>En marge des Lois La&#239;ques [3]</title>
		<link>https://www.partage-noir.fr/en-marge-des-lois-laiques-3</link>
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		<dc:date>2026-03-31T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Roger Hagnauer</dc:creator>


		<dc:subject>La R&#233;volution prol&#233;tarienne </dc:subject>
		<dc:subject>Archives Autonomies</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;L'antis&#233;mitisme fut sans doute la motivation ori&#173;ginelle de l'Affaire Dreyfus. Mais celle-ci ne put se prolonger et s'&#233;tendre que parce qu'elle engagea des forces sociales et politiques o&#249; le capitaine juif n'avait gu&#232;re de place.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-source-fragments-d-histoire-de-la-gauche-radicale-+" rel="tag"&gt;Archives Autonomies&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/dd-2-d0700.jpg?1774933213' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le Socialisme des imb&#233;ciles &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'antis&#233;mitisme fut sans doute la motivation ori&#173;ginelle de l'Affaire Dreyfus. Mais celle-ci ne put se prolonger et s'&#233;tendre que parce qu'elle engagea des forces sociales et politiques o&#249; le capitaine juif n'avait gu&#232;re de place. Et le terme de motivation, du point de vue de la psychologie contemporaine, signifie justement un mouvement de tension et de dissociation assez confus en ses causes, car il im&#173;plique des motifs conscients et des mobiles incons&#173;cients, qu'il d&#233;pend plus de l'affectivit&#233; que de l'intelligence. L'antis&#233;mitisme mobilise une cohue au sein de laquelle s'estompent les oppositions de classes et les divergences doctrinales ou id&#233;ologi&#173;ques. Il ne se situa pas toujours &#224; droite. &lt;i&gt;Voltaire&lt;/i&gt;, au XVIII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle et &lt;i&gt;Michelet&lt;/i&gt;, au XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;, us&#232;rent du terme &#171; juif &#187; dans une intention p&#233;jorative. Le Jean Christophe de Romain Rolland fulminait, en son style fougueux, contre les artistes et les esth&#232;tes juifs. Des socialistes... antis&#233;mites r&#233;&#233;dit&#232;rent, en 1898, une brochure sur la &#171; question juive &#187;, &#233;crite en 1847, par Karl Marx qui comptait cependant des rabbins dans son ascendance (il est vrai que son p&#232;re &#233;tait converti au protestantisme). F. Engels qualifiait sans doute l'antis&#233;mitisme de &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;socialisme des imb&#233;ciles&lt;/q&gt;. Mais c'est admettre implicitement que l'on peut &#234;tre socialiste, antis&#233;mite et... im&#173;b&#233;cile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On d&#233;cida &#8211; Karl Marx peut-&#234;tre ? &#8211; que les juifs &#233;taient &#224; l'origine du capitalisme. La puissance insolite des Rothschild qui, sur le plan financier, gouvernaient les places : Francfort, Londres, Paris, Milan et Vienne, a entretenu cette l&#233;gende. En r&#233;alit&#233;, aussi bien au Moyen Age et au d&#233;but des Temps Modernes, qu'au XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, l'absence des juifs &#8211; ainsi que l'ont d&#233;montr&#233; les historiens Henri Pirenne et Henri See &#8211; n'aurait nullement emp&#234;ch&#233;, ou ralenti, la formation et le d&#233;veloppement des fortunes commerciales, des capitaux industriels et des tr&#233;sors de la finance internationale. L'importance prise par la famille Rothschild tient essentiellement &#224; leur intervention dans la politique des &#201;tats. Ils ont favoris&#233; la victoire de l'Angleterre sur Napol&#233;on, le placement des emprunts fran&#231;ais, le payement de l'indemnit&#233; de guerre impos&#233;e &#224; la France par l'Allemagne en 1871, le financement de grands tra&#173;vaux publics dans les pays europ&#233;ens &#8211; jouant un r&#244;le analogue &#224; celui des Fugger qui assur&#232;rent l'&#233;lection de Charles Quint, empereur d'Allemagne, au XVI&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. D'autre part, des juifs exclus de la propri&#233;t&#233; fonci&#232;re et f&#233;odale s'adapt&#232;rent plus vite que les autres au maniement de la propri&#233;t&#233; mobili&#232;re, au fonctionnement du syst&#232;me capita&#173;liste. Des usuriers juifs provoqu&#232;rent quelque scan&#173;dale en Alsace, pendant les guerres de la R&#233;volution et de l'Empire. Il fallut en 1808 annuler par d&#233;cret leurs cr&#233;ances sur les paysans alsaciens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la R&#233;volution industrielle en Angleterre et en France n&#233;cessita l'investissement de capitaux consid&#233;rables qui provenaient 1&#176;) des b&#233;n&#233;fices commerciaux r&#233;alis&#233;s au XVIII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle surtout en Grande-Bretagne ; 2&#176;) des capitaux immobilis&#233;s dans l'achat d'offices royaux lib&#233;r&#233;s en France par la suppression de la v&#233;nalit&#233; des charges ; 3&#176;) aussi des profits exorbitants de l'exploitation des pays conquis et vassaux, des dotations des g&#233;n&#233;raux, mar&#233;chaux et grands fonctionnaires, des b&#233;n&#233;fices des fournis&#173;seurs militaires, accumul&#233;s sous l'Empire. Rien de sp&#233;cifiquement juif dans cette gen&#232;se du capita&#173;lisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les antis&#233;mites r&#233;actionnaires, parce que Karl Marx &#233;tait juif, attribu&#232;rent aux juifs la cr&#233;ation de l'Internationale &#8211; ce qui est doublement absurde. La formation intellectuelle de Karl Marx s'est accom&#173;plie dans les universit&#233;s allemandes, et sa doctrine m&#251;rit au contact du capitalisme, du chartisme et du travaillisme britanniques. Bertrand Russell attri&#173;bue ses&lt;i&gt; &#171; mauvais c&#244;t&#233;s &#187; &#224; ses origines juives : son autoritarisme, son intol&#233;rance, la malignit&#233; de ses pol&#233;miques. &lt;/i&gt; Au reste, Bertrand Russell en incrimine surtout l'atmosph&#232;re des universit&#233;s allemandes, et les humiliations subies par le jeune &#233;tudiant juif. Quant &#224; la Premi&#232;re Internationale, elle naquit d'une initiative des ouvriers parisiens et londoniens. Rien de sp&#233;cifiquement juif dans la gen&#232;se de l'Internationale ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est vrai que nous avons d&#233;cel&#233; une sorte d'anti&#173;s&#233;mitisme visc&#233;ral et presque inconscient chez des militants libertaires et syndicalistes r&#233;volutionnaires. C'est qu'ils pouvaient s'irriter de la &#171; savantasserie &#187; outrecuidante et pr&#233;tentieuse de docteurs en marxis&#173;me &#8211; juifs en majorit&#233; &#8211; qui venaient des univer&#173;sit&#233;s allemandes ou de Pologne ou de Russie o&#249; ils avaient grandi dans une atmosph&#232;re de jalousie et de m&#233;pris... m&#233;pris artificiel de fils d'une aristocratie d&#233;cadente et d'une bourgeoisie corrompue par la richesse, qui ne pardonnaient pas &#224; leurs contem&#173;porains juifs des aptitudes intellectuelles, dues &lt;i&gt;non &#224; des caract&#232;res ethniques mais &#224; une vie errante et p&#233;rilleuse&lt;/i&gt;. Ces militants ouvriers r&#233;agissaient comme le Jean Christophe de Romain Rolland.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_6264 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;62&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/sans_titre-4dd.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH748/sans_titre-4dd-94661.jpg?1774933213' width='500' height='748' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Dessin de Felix Vallotton - &lt;i&gt;Le cri de Paris&lt;/i&gt;, 23 janvier 1898&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Ils furent &#233;videmment et tout naturellement drey&#173;fusistes pour la plupart, non par sympathie pour un officier juif, mais parce que leur bon sens les garan&#173;tissait contre la d&#233;magogie antis&#233;mite, comme elle les avait garantis contre la d&#233;magogie boulangiste. Pierre Monatte, qui fut parmi nous le plus s&#251;r d&#233;fen&#173;seur de l'h&#233;ritage de Fernand Pelloutier, le plus fid&#232;le gardien de l'esprit syndicaliste r&#233;volutionnaire, me confiait, que r&#233;p&#233;titeur dans un coll&#232;ge d'Arras, il y provoqua un petit scandale public en se pro&#173;menant dans les couloirs avec le num&#233;ro de &lt;i&gt;l'Aurore&lt;/i&gt;, portant sur toute la premi&#232;re page, le &#171; J'accuse &#187; d'Emile Zola, manifestation tonitruante du parti dreyfusiste.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Paternalisme chr&#233;tien et r&#233;actions cl&#233;ricales &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'antis&#233;mitisme avait-il atteint le corps enseignant primaire ? C'est peu probable. Il semble au contraire qu'il ait quelque peu alt&#233;r&#233; la foi patriotique, jaco&#173;bine et revancharde des humbles ex&#233;cutants des lois la&#239;ques. Les jeunes instituteurs, &#224; qui on venait d'imposer l'obligation militaire, &#224; leur sortie de l'Ecole Normale, ayant souffert de la grossi&#232;re stupi&#173;dit&#233; des sous-officiers, devaient ressentir comme un outrage &#224; leurs convictions r&#233;publicaines, l'esprit de clan d'officiers sup&#233;rieurs et g&#233;n&#233;raux capables de justifier, par des mensonges et des falsifications, la condamnation et la d&#233;gradation d'un officier ind&#233;&#173;sirable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils ignoraient sans doute les sentiments inavoua&#173;bles motiv&#233;s par de sordides rivalit&#233;s, car jusqu'en 1939, le nombre d'instituteurs d'origine juive fut presque n&#233;gligeable, alors qu'en 1894, on comptait d&#233;j&#224; de nombreux professeurs du secondaire et du sup&#233;rieur, pas mal d'avocats et de m&#233;decins appar&#173;tenant &#224; la race d&#233;test&#233;e. L'universit&#233;, d'ailleurs, dans sa grande majorit&#233; s'engagea dans le rassem&#173;blement dreyfusiste. Les outrances de l'antis&#233;mitis&#173;me, comme les monstrueuses op&#233;rations de l'hitl&#233;&#173;risme, en Allemagne de 1933 &#224; 1939, en France de 1940 &#224; 1944, furent jug&#233;es &#171; impensables &#187; par pres&#173;que tous les universitaires, &#224; l'exception de quelques intellectuels... en uniforme.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Paternalisme chr&#233;tien &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'Affaire Dreyfus pouvait se produire dans une p&#233;riode de. stabilit&#233;. En tous temps, une erreur judi&#173;ciaire est possible. Mais souvent, elle ne touche que l'entourage imm&#233;diat de la victime. Elle peut m&#234;me s'accomplir et se perp&#233;tuer dans le silence de l'indif&#173;f&#233;rence ou de la contrainte. Elle prend place, dans les r&#233;gimes autoritaires ou totalitaires, dans la bana&#173;lit&#233; quotidienne de l'arbitraire syst&#233;matique. Lors&#173;que r&#232;gne une libert&#233; relative, il suffit que la victime ou le pr&#233;sum&#233; coupable soit socialement ou politi&#173;quement repr&#233;sentatif pour qu'une campagne natio&#173;nale s'engage pour ou contre le h&#233;ros de l'aventure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'Affaire Dreyfus &#233;tonne par l'intensit&#233; et la dur&#233;e des d&#233;marches et des agitations. Il para&#238;t normal que l'on ait oppos&#233; le Droit &#224; l'arbitraire, l'impartialit&#233; &#233;quitable au parti pris injuste, la v&#233;rit&#233; aux &#171; mensonges triomphants qui passent &#187;. Mais c'est l&#224; une attitude intellectuelle qui ne touche gu&#232;re le grand public. Il fallait donc que les juges de Dreyfus agissent comme l'apprenti sorcier dont un geste banal lib&#232;re des forces explosives compri&#173;m&#233;es sur un espace minuscule. Ce ne fut pas une v&#233;ritable R&#233;volution, car il aurait fallu une volont&#233; consciente de changement. Mais ce fut une crise, une rupture d'&#233;quilibre, la d&#233;monstration &#233;clatante de l'&#233;ternel conflit entre l'ordre et le mouvement. Ce ne fut pas une R&#233;volution, mais une contre-r&#233;volu&#173;tion, au moins &#224; l'origine. Ce furent les r&#233;actionnai&#173;res &#8211; au sens plein du terme &#8211; qui prirent l'initia&#173;tive des op&#233;rations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est symptomatique que l'Affaire ait &#233;clat&#233; en 1894, alors que le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; d&#233;cembre 1893, le minist&#232;re Casimir P&#233;rier constitu&#233; sous le signe de &#171; l'esprit nouveau &#187;..., &lt;i&gt;entendait mettre fin &#224; la grande offen&#173;sive la&#239;que et profiter du &#171; Ralliement &#187; &#224; la R&#233;pu&#173;blique conservatrice, ordonn&#233;e par le Pape L&#233;on XIII dans son encyclique du 16 f&#233;vrier 1892. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Auparavant, l'encyclique &#171; Rerunz novarum &#187; du 15 mai 1891 avait condamn&#233; en termes &#233;nergiques les abus du capitalisme triomphant. Que les grands industriels catholiques aient ignor&#233; ou m&#233;pris&#233; cet appel &#224; leur conscience chr&#233;tienne, que les &#233;v&#234;ques n'aient gu&#232;re favoris&#233; la diffusion des th&#232;mes pon&#173;tificaux, cela t&#233;moignait de leur &#171; immobilisme &#187;... de leur volont&#233; de r&#233;sister aux revendications ouvri&#232;res, que la sollicitude de L&#233;on XIII pouvait encourager.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, la d&#233;nonciation des mis&#232;res ouvri&#232;res au nom de la charit&#233; chr&#233;tienne, le ralliement &#224; la R&#233;publique (voulue par la majorit&#233; du peuple fran&#173;&#231;ais), le groupement des travailleurs sous le patro&#173;nage de l'Eglise, c'&#233;tait l'application d'une politique pr&#233;voyante qui n'avait pas d'autre but que de pr&#233;&#173;venir &lt;i&gt;les effets de l'organisation syndicale sur le terrain de classe et du d&#233;veloppement de l'enseigne&#173;ment populaire engag&#233; par les lois la&#239;ques de Jules Ferry. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syndicalisme chr&#233;tien a conquis aujourd'hui droit de cit&#233;. La Conf&#233;d&#233;ration fran&#231;aise des Tra&#173;vailleurs (C.F.D.T.) se s&#233;parant de la Conf&#233;d&#233;ration fran&#231;aise des Travailleurs chr&#233;tiens (C.F.T.C.) recon&#173;na&#238;t la n&#233;cessit&#233; de la lutte des classes et son action d&#233;passe souvent par sa vigueur et sa clart&#233; celle de la C.G.T.-F.O., m&#234;me celle de la C.G.T. colonis&#233;e par les communistes. Le syndicat g&#233;n&#233;ral de l'Education nationale qui fut &#224; la pointe de 1a C.F.D.T. a d&#233;fendu l'Ecole la&#239;que, la d&#233;mocratisation de l'enseignement avec une remarquable constance &#8211; et n'a plus rien de commun avec les d&#233;fenseurs d'un corporatisme sordide que nous combattions &#226;prement avant la derni&#232;re guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et d&#233;j&#224; dans les derni&#232;res ann&#233;es du XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle des travaill&#233;urs chr&#233;tiens retrouvaient leurs cama&#173;rades syndicalistes dans la revendication et la gr&#232;ve. Le groupement &#224; cette &#233;poque, sous le signe du paternalisme chr&#233;tien, ne fut gu&#232;re appr&#233;ci&#233; par la classe ouvri&#232;re, assez indiff&#233;rente &#224; l'&#233;gard .de l'Egli&#173;se, m&#234;me ceux de ses membres qui se soumettaient aux pratiques du culte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est que les intentions des promoteurs, dont l'esprit de charit&#233; valait par sa sinc&#233;rit&#233;, ne s'opposaient pas aux vieilles traditions de l'Eglise. Albert de Mun, le pr&#233;dicateur le plus &#233;loquent de l'appel au peuple, au nom du Saint-P&#232;re, s'&#233;levait contre &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;le socialisme, n&#233;gation de l'autorit&#233; de Dieu, autant que contre le lib&#233;ralisme capitaliste&lt;/q&gt;. Il souhaitait &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;le retour aux corporations de l'Ancien R&#233;gime, unissant les ma&#238;tres et les compagnons&lt;/q&gt;. Pr&#233;sident de la conf&#233;rence de Saint-Vincent-de-Paul, il fl&#233;tris&#173;sait les doctrines qui &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;flattent les ouvriers dans leurs passions et leur orgueil, consommaient la ruine de la Patrie et du Monde. Il fallait sauver le peuple et h&#226;ter le r&#232;gne de Dieu dans l'atelier r&#233;g&#233;n&#233;r&#233;.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un ouvrage assez objectif, &#233;crit en 1932 par E. Barbier : &lt;i&gt;Histoire du capitalisme lib&#233;ral et du capitalisme social&lt;/i&gt;, on lit une appr&#233;ciation s&#233;v&#232;re et exacte sur le recrutement des premiers syndicats chr&#233;tiens o&#249; l'on rencontrait : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;des attard&#233;s de l'industrie, des cancres de l'usine, braves gens au demeurant et d'une pi&#233;t&#233; ext&#233;rieure suffisante... ou des employ&#233;s des librairies cl&#233;ricales, des bedeaux en rupture de hallebarde, des sacristains retrait&#233;s, des concierges des communaut&#233;s, des gar&#231;ons de bureaux des annexes...&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Casimir P&#233;rier qui, en 1894, apr&#232;s l'assassinat de Sadi Carnot, fut &#233;lu Pr&#233;sident de la R&#233;publique, incarnait&lt;i&gt; l'esprit nouveau&lt;/i&gt;, s'affirmant sans doute par r&#233;action contre les attentats anarchistes. Rappelons qu'il d&#251;t d&#233;missionner au bout de six mois, compro&#173;mis par ses liens avec le grand capitalisme industriel.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>En marge des Lois La&#239;ques [2]</title>
		<link>https://www.partage-noir.fr/en-marge-des-lois-laiques-2</link>
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		<dc:date>2026-03-29T22:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Roger Hagnauer</dc:creator>


		<dc:subject>Archives Autonomies</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Certes, aujourd'hui, l'Affaire n'excite plus que la curiosit&#233; d'historiens professionnels ou amateurs. La trag&#233;die de l'extermination des Juifs par les nazis, l'existence d'un Etat isra&#233;lien suffisamment redou&#173;table ont quelque peu modifi&#233; les donn&#233;es du pro&#173;bl&#232;me juif. Il reste &#224; interpr&#233;ter objectivement les bouleversements provoqu&#233;s par l'affaire et ses pro&#173;longements politiques.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-la-revolution-proletarienne-no666-juin-1981-" rel="directory"&gt;La R&#233;volution Prol&#233;tarienne N&#176;666 &#8211; Juin 1981&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-source-fragments-d-histoire-de-la-gauche-radicale-+" rel="tag"&gt;Archives Autonomies&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/sans_titre-3-19-b3a04.jpg?1774861274' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;On excusera le d&#233;sordre de ces notes dans les&#173;quelles nous avons tent&#233; de placer l'application des lois la&#239;ques dans leur contexte historique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Responsabilit&#233;s de la presse dans l'Affaire Dreyfus &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Certes, aujourd'hui, l'Affaire n'excite plus que la curiosit&#233; d'historiens professionnels ou amateurs. La trag&#233;die de l'extermination des Juifs par les nazis, l'existence d'un &#201;tat isra&#233;lien suffisamment redou&#173;table ont quelque peu modifi&#233; les donn&#233;es du pro&#173;bl&#232;me juif. Il reste &#224; interpr&#233;ter objectivement les bouleversements provoqu&#233;s par l'affaire et ses pro&#173;longements politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; encore, la chronologie peut nous &#233;clairer. C'est la fin en triste fait divers de l'aventure boulangiste : le g&#233;n&#233;ral &#171; Revanche &#187; se suicida le 30 septembre 1891, &#224; Bruxelles, sur la tombe de son &#233;g&#233;rie : Madame de Bonnemain. C'est aussi la liquidation du scandale de Panama. En 1888, la Compagnie avait d&#233;pos&#233; son bilan et l'on apprenait, en juin 1892, que la presse avait touch&#233; &lt;i&gt;24 millions&lt;/i&gt;, soit environ &lt;i&gt;1 milliard 152 millions de francs 1981 ou 115 mil&#173;liards 200 millions d'anciens francs&lt;/i&gt; &#8211; et cela dans une seule distribution.&lt;i&gt; Le Gaulois&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;le Temps&lt;/i&gt;, et &lt;i&gt;le Figaro &lt;/i&gt; en t&#234;te de ce palmar&#232;s de la corruption. On n'avait pas oubli&#233; le scandale de l'&lt;i&gt;Union G&#233;n&#233;rale&lt;/i&gt;, grande banque d'affaires comptant dans son conseil les plus grands noms de l'aristocratie l&#233;gitimiste et catholique qui, fond&#233;e en 1878 pour enlever aux Rothschild leur pouvoir discr&#233;tionnaire &#224; la Bourse, avait ferm&#233; ses guichets en 1882. L'antis&#233;mitisme s'alimentait de la haine des grands serviteurs du tr&#244;ne et de l'autel aux app&#233;tits contrari&#233;s, et des &#233;pargnants que leur enthousiasme pour la bonne cause avait ruin&#233;s et humili&#233;s. Il fallait se venger des juifs rendus responsables de cette faillite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La grande presse se roulait dans les plis du dra&#173;peau tricolore pour se nettoyer de la boue de Pana&#173;ma. La trahison d'un capitaine juif !... on ne pouvait trouver de formule publicitaire plus all&#233;chante. Patrice Boussel impute &#224; la presse toute la respon&#173;sabilit&#233; de la &#171; fabrication &#187; de l'Affaire. Il est difficile de croire &#224; une sorte de g&#233;n&#233;ration spon&#173;tan&#233;e. Mais on demeure confondu par la richesse de l'imagination feuilletonesque. Il semble impossible que nos p&#232;res et grands-p&#232;res aient pu supporter des affabulations aussi grossi&#232;res et aussi grotesques, des mensonges aussi pu&#233;rils, des calomnies aussi &#233;videntes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a parl&#233; de la bonne foi des journalistes abus&#233;s, clamant leur haine du &#171; tra&#238;tre &#187; Dreyfus. Mais, lorsque &lt;i&gt;le Figaro&lt;/i&gt; publia, le 28 novembre 1897, des lettres du commandant Esterhazy&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le commandant Esterhazy a avou&#233; &#234;tre l'auteur du fameux bordereau, pi&#232;ce (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, contenant des phrases aussi r&#233;v&#233;latrices que celles-ci : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Je suis absolument convaincu que ce peuple (le peuple fran&#173;&#231;ais) ne vaut pas la cartouche pour le tuer... si on venait me dire que je serais tu&#233; demain comme capitaine des uhlans en sabrant des Fran&#231;ais, je serais certainement parfaitement heureux. Je ne ferais pas de mal &#224; un chien mais je ferais tuer cent mille Fran&#231;ais avec plaisir... Comme tout cela ferait triste figure dans un rouge soleil de bataille, dans Paris pris d'assaut et livr&#233; au pillage de cent mille soldats ivres...&lt;/q&gt;. La presse patriote, ne pou&#173;vant douter de l'authenticit&#233; de ces lettres (dont &lt;i&gt;le Figaro &lt;/i&gt; publia le lendemain la reproduction photo&#173;graphique &#8211; ce qui prouva d'ailleurs l'identit&#233; de l'&#233;criture du commandant et de celle du fameux bordereau imput&#233; &#224; Dreyfus) jugea cette publication attristante pour les amis de Dreyfus, car &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;ils doivent &#234;tre aux abois... pour publier ces lettres &#233;crites par le commandant &#224; une heure d'exasp&#233;ration.&lt;/q&gt;. Et lorsque celui qui regrettait de ne pas &#234;tre &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;capitaine des uhlans&lt;/q&gt; fut acquitt&#233; par un conseil de guerre, h&#226;tivement constitu&#233;, ce fut accueilli par les d&#233;li&#173;rantes acclamations d'un public &#233;difi&#233; par la presse... patriote&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C'est ce scandaleux acquittement qui poussa Emile Zola &#224; composer le fameux (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une telle aberration de l'opinion publique n'est &#233;videmment pas invraisemblable aujourd'hui. Elle reste cependant exceptionnelle. Ce que l'on a appel&#233; &#171; le bourrage de cr&#226;nes &#187;, pratiqu&#233; par la presse pendant la guerre de 1914-1918 n'a pas d&#233;pass&#233; ce niveau. Et on peut se f&#233;liciter que, si faibles qu'elles soient, des minorit&#233;s aient pu se faire entendre aussi bien au d&#233;but de l'Affaire Dreyfus que pendant la Grande Guerre, malgr&#233; la censure. Les images de la presse sous des r&#233;gimes totalitaires suffisent pour justifier une distinction qualitative plus que quan&#173;titative. M&#234;me, sous l'occupation, la presse autoris&#233;e parce que pro-hitl&#233;rienne, n'a jamais atteint la per&#173;fection dans l'ignominie de la presse allemande apr&#232;s la synchronisation nazie et de la presse sovi&#233;tique pendant les proc&#232;s de Moscou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pendant la crise de l'Affaire Dreyfus, les vio&#173;lences de la &lt;i&gt;Libre Parole&lt;/i&gt; d'Edouard Drumont, de &lt;i&gt;L'Intransigeant &lt;/i&gt; d'Henry Rochefort &#233;veill&#232;rent tout naturellement le doute chez des esprits libres, et les outrances caricaturales de la presse cl&#233;ricale r&#233;veil&#173;l&#232;rent la vigilance des libres penseurs.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les premiers dreyfusistes &lt;/h3&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_6257 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;76&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/sans_titre-1-32.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH372/sans_titre-1-32-b0312.jpg?1774861274' width='500' height='372' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Ao&#251;t 1899 - Jean Jaur&#232;s et Bernard Lazare lors du proc&#232;s Dreyfus &#224; Rennes.&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but, deux des hommes politiques fran&#231;ais qui incarn&#232;rent la bataille pour la r&#233;vision du pro&#173;c&#232;s Dreyfus, &lt;i&gt;Georges Clemenceau&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Jean Jaur&#232;s&lt;/i&gt; ne doutaient pas de la culpabilit&#233; du capitaine. Il n'est peut-&#234;tre pas inutile de souligner que celui qui prit l'initiative de la premi&#232;re manifestation dreyfusiste : Bernard Lazare, avait profess&#233; des &lt;i&gt;opinions anar&#173;chistes&lt;/i&gt;... ce qui sans doute le rendait ind&#233;pendant &#224; l'&#233;gard des partis et des entreprises &#233;lectorales. Juif alsacien, libre-penseur &#8211; dont Charles P&#233;guy (pas encore d&#233;voy&#233; par la fr&#233;n&#233;sie nationaliste) tra&#231;a, en de fort belles pages, une haute et noble figure &#8211; il s'orienta apr&#232;s l'Affaire vers une sorte de sionisme explicable et d&#233;concertant &#224; la fois. Sa brochure publi&#233;e &#224; Bruxelles en 1895 : &lt;i&gt;Une erreur judiciaire &#8211; La v&#233;rit&#233; sur l'affaire Dreyfus&lt;/i&gt; avait s&#233;duit des universitaires honn&#234;tes par la rigueur de sa d&#233;mons&#173;tration. (Notons en passant qu'&#233;crivain et po&#232;te, Bernard Lazare appartenait &#224; l'&#233;cole symboliste, dite aussi d&#233;cadente qui ne s'accordait gu&#232;re avec le naturalisme d'Emile Zola).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est peut-&#234;tre pas inutile non plus de rappeler qu'&lt;i&gt;Alfred Dreyfus&lt;/i&gt;, comme &lt;i&gt;Scheurer-Kestner&lt;/i&gt;, vice&#173;pr&#233;sident du S&#233;nat, l'un des premier dreyfusistes (d'ailleurs protestant) &#233;taient &#233;galement Alsaciens. Or, qu'ils soient juifs, protestants, catholiques ou ath&#233;es, les Alsaciens n&#233;s avant 1870, qui avaient opt&#233; pour la France en 1871, manifestaient presque tous un patriotisme intransigeant, ombrageux et revan&#173;chard. Je puis incidemment invoquer un t&#233;moignage familial. Mon grand-p&#232;re maternel, soldat de l'Em&#173;pire pendant sept ans, m&#233;daill&#233; de la campagne du Mexique, engag&#233; volontaire en 1871, jugeait sacril&#232;ge la moindre plaisanterie antimilitariste. Mon grand-&#173;p&#232;re paternel avait perdu deux de ses fils en pleine jeunesse. En ao&#251;t 1914 (lors de la stupide offensive alsacienne d&#233;clench&#233;e pendant que les troupes alle&#173;mandes s'engageaient massivement vers Charleroi), il d&#233;clarait : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Pourquoi faut-il que Ferdinand et Lucien&lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt; (ses deux fils) &lt;/span&gt;soient morts. Ils seraient entr&#233;s les premiers dans Mulhouse.&lt;/q&gt; J'ajoute que l'option pour la France ne les avait pas enrichis. Le premier, porteur de journaux, &#224; 70 ans, mourut de congestion un matin de 1910. Le second, qui avait d&#251; se loger avec ses six enfants dans un taudis de la rue Oberkampf, ne quitta l'atelier que pour sur&#173;vivre, paralys&#233;, pendant pr&#232;s de dix ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les anarchistes et les marxistes demeur&#232;rent d'abord &#8211; et tout naturellement &#8211; des spectateurs ironiques de cette m&#234;l&#233;e. Un capitaine &#8211; m&#234;me juif &#8211; li&#233; &#224; des capitalistes, aurait trahi la France capitaliste et militariste. Quelle rigolade ! &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Le youpin Dreyfus, galonnard, patriote jusqu'au bout des orteils, gratte-papier au Minist&#232;re de la Guerre, ma&#173;quignonnait des secrets de polichinelle, qu'on garde pr&#233;cieusement dans cette sale bo&#238;te...&lt;/q&gt; (&lt;i&gt;La Sociale&lt;/i&gt; des 20-27 septembre 1896).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les Temps Nouveaux&lt;/i&gt;, revue anarchiste, reconnais&#173;sait qu'il n'est &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;rien de plus r&#233;pugnant qu'un tra&#238;tre et son acte&lt;/q&gt;. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Mais il est plaisant de voir les simagr&#233;es de tous ces fantoches se ruant avec achar&#173;nement sur Dreyfus, dont le seul tort est de s'&#234;tre laiss&#233; prendre.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La Petite R&#233;publique&lt;/i&gt;, dans laquelle Jaur&#232;s devait publier plus tard une s&#233;rie d'articles dreyfusistes sous le titre &#171; Les Preuves &#187;, ouvrait ses colonnes &#224; l'avocat Alexandre Zeva&#232;s, socialiste, guesdiste, d&#233;&#173;fenseur en 1918 de l'assassin de Jaur&#232;s, puis bio&#173;graphe du tribun socialiste &#8211; qui se d&#233;shonora une premi&#232;re fois en insultant, le 10 novembre 1896, Bernard Lazare : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;ce distingu&#233; repr&#233;sentant du high life anarchiste, l'un des plus fid&#232;les admirateurs de Sa Majest&#233; Rothschild vient de publier en Belgique une brochure tapageuse... nouvelle man&#339;uvre dans la campagne sournoise engag&#233;e par les journaux de la finance et de la juiverie pour faire douter l'opi&#173;nion de la culpabilit&#233; du tra&#238;tre.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le P&#232;re Peinard&lt;/i&gt;, journal r&#233;dig&#233; par Emile Pouget, l'un des r&#233;dacteurs de la Charte d'Amiens de 1906 (charte de la C.G.T.), anarchiste et syndi&#173;caliste, &#233;crivait encore, le 21-28 novembre 1897 : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt; ... qu'il soit innocent ou coupable, je m'en tam&#173;ponne le coquillard ! j'ai beau reluquer sur toutes les coutures, je ne trouve en lui que l'officier.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;R. H.&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;(&#224; suivre)&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Le commandant Esterhazy a avou&#233; &#234;tre l'auteur du fameux bordereau, pi&#232;ce essentielle de l'accusation contre Dreyfus. Les m&#233;moires posthumes de l'attach&#233; militaire allemand de l'&#233;poque, Schwartkopen &#8211; publi&#233;es apr&#232;s la guerre de 1914-1918 &#8211; ne laissent aucun doute sur son r&#244;le d'espion au service de l'Allemagne.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;C'est ce scandaleux acquittement qui poussa Emile Zola &#224; composer le fameux &#171; J'accuse &#187;, publi&#233; sur toute la premi&#232;re page de &lt;i&gt;l'Aurore&lt;/i&gt;, le journal de Clemenceau.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>En marge des Lois La&#239;ques [1]</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Roger Hagnauer</dc:creator>


		<dc:subject>Archives Autonomies</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Une constatation historique essentielle, c'est que l'enseignement des masses populaires et la forma&#173;tion des &#233;lites ont suivi deux processus nettement diff&#233;rents et qui ne sont m&#234;me pas parall&#232;les. Les join&#173;dre, les confondre jusqu'&#224; un certain niveau, ce fut l'id&#233;e force de ceux qui ont milit&#233; &#8211; particuli&#232;rement pendant l'entre-deux guerres de 1918 &#224; 1919 &#8211; pour la R&#233;novation de l'Enseignement et la d&#233;mocratisa&#173;tion de l'Universit&#233;.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-la-revolution-proletarienne-no665-avril-mai-1981-" rel="directory"&gt;la R&#233;volution prol&#233;tarienne n&#176;665 - Avril-Mai 1981&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-source-fragments-d-histoire-de-la-gauche-radicale-+" rel="tag"&gt;Archives Autonomies&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/sans_titre-1-recupere-a5ed8.jpg?1774743383' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Une constatation historique essentielle, c'est que l'enseignement des masses populaires et la forma&#173;tion des &#233;lites ont suivi deux processus nettement diff&#233;rents et qui ne sont m&#234;me pas parall&#232;les. Les join&#173;dre, les confondre jusqu'&#224; un certain niveau, ce fut l'id&#233;e force de ceux qui ont milit&#233; &#8211; particuli&#232;rement pendant l'entre-deux guerres de 1918 &#224; 1919 &#8211; pour la &lt;i&gt;R&#233;novation de l'Enseignement&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;la d&#233;mocratisa&#173;tion de l'Universit&#233;. &lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'Histoire de l'Enseignement populaire prouve que celui-ci a toujours &#233;t&#233; soumis &#224; des n&#233;cessit&#233;s politiques. Le d&#233;veloppement de la soci&#233;t&#233; industrielle et capitaliste impose &#171; l'alphab&#233;tisation &#187; de la classe ouvri&#232;re (v&#233;rit&#233; historique qui se v&#233;rifie encore aujourd'hui dans les pays en voie de d&#233;veloppement). &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais en France, l'introduction des lois la&#239;ques doit &#234;tre interpr&#233;t&#233;e du point de vue de la volont&#233; des r&#233;publicains opportunistes et radicaux et m&#234;me d'une fraction des anciens orl&#233;anistes, de vaincre l'Eglise catholique, non parce que chr&#233;tienne mais parce que catholique au sens originel du terme, c'est-&#224;-dire ultramontaine, donc plac&#233;e au-dessus des &#201;tats, soumise au Pape... souverain &#233;tranger. Les &#233;glises : luth&#233;&#173;riennes en Allemagne, anglicane en Grande-Bretagne, orthodoxe en Russie tzariste sont nationales, sou&#173;mises &#224; l'&#201;tat national, au souverain national. La bataille la&#239;que fut beaucoup plus violente et sanglante dans les pays latins (on sait qu'en Italie, l'Ecole subit encore les effets des accords de Latran, conclus par Mussolini et le Pape, maintenus dans la Constitution en 1946, gr&#226;ce au vote des communistes). Qu'on ait envisag&#233; en France la formation d'une &#233;glise chr&#233;tienne nationale... &#224; coloration calviniste... ce qui tendrait &#224; le prouver, c'est l'influence des protestants dans le personnel politique de la Sainte R&#233;publi&#173;que ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Le caract&#232;re politique de l'Ecole primaire, gratuite, la&#239;que, obligatoire est encore attest&#233; par un r&#233;gime qui, jusqu'en 1945, soumettait &#8211; seuls parmi les enseignants &#8211; les instituteurs et institutrices &#224; l'autorit&#233; du Pr&#233;fet et non &#224; celle de l'inspecteur d'Acad&#233;mie qui restait soumis au repr&#233;sentant du gou&#173;vernement central. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais ce qui pour nous reste singuli&#232;rement &#233;difiant, c'est que l'instruction gratuite et obligatoire, r&#233;clam&#233;e par toutes les organisations ouvri&#232;res et socialistes, figurait dans le programme de la Premi&#232;re Internationale et fut, pendant sa courte existence, l'une des premi&#232;res r&#233;alisations de la Commune de Paris qui imposa naturellement la la&#239;cit&#233;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Extraits d'un manuscrit qui devait para&#238;tre : De l'Ecole &#224; la Bourse du travail.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;SOUS L'ORDRE MORAL ! &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Historiquement, l'Assembl&#233;e Versaillaise de 1871 &#224; 1875 usurpa le pouvoir constituant, &#224; la faveur d'une imposture &#171; pacifiste &#187; et de la f&#233;roce r&#233;pres&#173;sion de la Commune. Les ruraux avaient vot&#233; en majorit&#233; contre le jusqu'auboutisme gambettiste et le jacobinisme parisien. D&#232;s ses d&#233;buts &#224; Bordeaux, l'Assembl&#233;e excluait Garibaldi et provoquait la d&#233;&#173;mission de Victor Hugo. A Versailles, elle utilisa Thiers dans l'&#233;crasement pr&#233;m&#233;dit&#233; de la classe ou&#173;vri&#232;re parisienne et le chassa lorsqu'il pr&#233;tendit prolonger son &#171; omnipotence &#187; provisoirement accor&#173;d&#233;e, et se poser en &#171; protecteur &#187; d'une R&#233;publique conservatrice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'&#233;tait plus question des r&#233;volutionnaires ou des socialistes, massacr&#233;s, d&#233;port&#233;s... ou neutralis&#233;s lors de la sanglante r&#233;pression de la Commune. La peur des classes dirigeantes se traduisait par la pers&#233;cution de tous les r&#233;publicains fid&#232;les. Et catho&#173;liques ou voltairiens, les Versaillais se r&#233;jouissaient de spectaculaires et massives d&#233;monstrations popu&#173;laires, lors des p&#232;lerinages de Lourdes, de la Salette, de Paray le Monial, en 1873, et souriaient d'apai&#173;sante b&#233;atitude en entendant le &#171; vrai chant natio&#173;nal &#187; (sic) &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Sauvez la France, par votre Sacr&#233;-C&#339;ur...&lt;/q&gt;, rempla&#231;ant &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;la hideuse Marseillaise&lt;/q&gt; (resic !).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malheureusement, le salut se localisa dans le temps et les lieux. Le Sacr&#233;-C&#339;ur de J&#233;sus saigna en vain... Les provocations de l'ultramontanisme sous l'infail&#173;libilit&#233; du Pontife de Rome proclam&#233;e en 1870, quelques semaines avant la prise de Rome par les troupes du Roi d'Italie, eurent comme premier effet de rassembler tous les R&#233;publicains et pas mal d'orl&#233;a&#173;nistes sous le signe d'un &lt;i&gt;nationalisme gallican&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;anticl&#233;rical&lt;/i&gt;. La majorit&#233; versaillaise d&#233;j&#224; grignot&#233;e et d&#233;valoris&#233;e par des &#233;lections partielles et les &#233;lections cantonales s'effondra lors des &#233;lections g&#233;n&#233;&#173;rales de 1876. A une faible majorit&#233; conservatrice au S&#233;nat (149 contre 130) s'opposa une nette majorit&#233; r&#233;publicaine &#224; la Chambre des D&#233;put&#233;s (360 contre 170). Celle-ci s'affirma nettement en invitant, par 304 voix contre 116, le gouvernement &lt;i&gt;&#224; r&#233;primer les me&#173;n&#233;es ultramontaines. &lt;/i&gt; C'&#233;tait le 4 mai 1877. Le 16 mai 1877, Mac Mahon renvoya le minist&#232;re mod&#233;r&#233;ment r&#233;publicain de Jules Simon et obtint du S&#233;nat la dissolution de la Chambre des D&#233;put&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous &#171; l'ordre moral &#187; de 1873 &#224; 1876, sous &lt;i&gt;le r&#233;gime dit du Seize mai an 1877&lt;/i&gt;, le gouvernement s'employa syst&#233;matique &#224; chasser les r&#233;publicains de toutes les administrations. Cependant, malgr&#233; une pression officielle, pire que sous l'Empire, les R&#233;pu&#173;blicains ne perdirent que 36 si&#232;ges, lors du renouvellement de la Chambre des D&#233;put&#233;s. Des orl&#233;a&#173;nistes lib&#233;raux, inquiets des progr&#232;s bonapartistes et des pr&#233;tentions cl&#233;ricales, s'employ&#232;rent, au S&#233;&#173;nat, &#224; &#233;viter une seconde dissolution. La Chambre ayant refus&#233; tout rapport avec le minist&#232;re form&#233; par Mac Mahon, celui-ci, que Gambetta avait menac&#233; du fameux dilemme : &lt;i&gt;se soumettre ou se d&#233;mettre&lt;/i&gt;, en r&#233;alisa successivement les deux termes : sa soumission en 1878, sa d&#233;mission en 1879. La R&#233;publi&#173;que triomphait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette victoire au sommet ne correspondait pas &#224; une base solidement acquise. Les paysans d&#233;pendaient encore &#233;conomiquement des grands propri&#233;taires, et politiquement des pr&#234;tres, sauf dans les r&#233;gions de vignobles et de cultures mara&#238;ch&#232;res o&#249; les petits propri&#233;taires, peu religieux, &#233;taient &#233;conomiquement et politiquement ind&#233;pendants... sur&#173;tout dans l'Est, les plaines du Sud-Est, les vall&#233;es du Sud-Ouest, les versants ouest et nord du Massif Central, le Val-de-Loire et une partie de la r&#233;gion parisienne.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;LES CHEFS LA&#207;QUES D&#201;PASS&#201;S PAR LES EX&#201;CUTANTS DE LEUR POLITIQUE &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il ne serait pas sans int&#233;r&#234;t de situer ainsi g&#233;ogra&#173;phiquement les origines du syndicalisme universi&#173;taire. Car la grande propri&#233;t&#233; fonci&#232;re, le grand pa&#173;tronat, les hauts fonctionnaires demeuraient li&#233;s &#224; l'Eglise et aux cadres de l'Arm&#233;e. Pour &#233;tablir le nouveau r&#233;gime, pour vaincre l'ultramontanisme, pour utiliser la centralisation bureaucratique au profit de la nouvelle classe dirigeante (celle du capi&#173;talisme financier et industriel), pour consolider l'&#201;tat national auquel la d&#233;mocratie politique apporta l'adh&#233;sion des classes moyennes, il fallait imposer les lois la&#239;ques et jeter, sur toutes les r&#233;gions, les instituteurs, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;hussards noirs de la R&#233;publique&lt;/q&gt;, dans la bataille contre le cl&#233;ricalisme et la R&#233;action. Seulement, comme toujours, on peut d'en haut d&#233;&#173;clencher le mouvement, mais on ne peut longtemps ma&#238;triser son rythme et le bloquer lorsque les pre&#173;miers objectifs strictement limit&#233;s ont &#233;t&#233; atteints. Lanc&#233;s dans la lutte anticl&#233;ricale et r&#233;publicaine par les gouvernements &#171; opportunistes &#187;, les instituteurs, par la vitesse acquise, allaient dans leur majorit&#233; s'orienter vers le radicalisme &#8211; et le d&#233;passer lors&#173;que les radicaux furent &#224; leur tour install&#233;s au pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s 1890, les grands bourgeois conservateurs, for&#173;tement secou&#233;s par la renaissance d'un socialisme r&#233;volutionnaire et par le &#171; coup de gong &#187; des attentats anarchistes, d&#233;sirent vivement une r&#233;con&#173;ciliation avec les catholiques ralli&#233;s dans leur majo&#173;rit&#233; &#224; la R&#233;publique. En 1892, on entend les premi&#232;&#173;res bombes de &#171; la propagande par le fait &#187;. Et le journal catholique &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;La Concorde&lt;/q&gt; &#233;crit, le 24 avril 1892 : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Donnez-nous des g&#233;n&#233;rations d'ath&#233;es, et les anarchistes praticiens de la propagande par le fait deviendront vite l&#233;gion. L'explosif plus effroya&#173;ble que celui invent&#233; par Ravachol, c'est l'Ecole sans Dieu&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque la lutte reprit au d&#233;but du XX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, contre les instituteurs la&#239;ques, les cl&#233;ricaux all&#232;rent beaucoup plus loin et rendirent responsables les &#171; satyres dipl&#244;m&#233;s de la R&#233;publique &#187; (sic !) de tous les vols, crimes, attentats aux m&#339;urs commis sur tout le territoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux grandes man&#339;uvres de 1905, un coup de fusil tir&#233; contre un colonel, manquant son but, blesse un soldat. Impossible de d&#233;couvrir le coupable. Ce n'&#233;tait pourtant pas difficile. M. Renauld dans le catholique &#171; Soleil &#187; n'h&#233;site pas : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Les instituteurs doivent &#234;tre satisfaits ; leurs &#233;l&#232;ves sont complets ; ils fusillent les officiers&lt;/q&gt;. Et il pr&#233;voit le jour &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;o&#249; les instituteurs seront l'objet de l'universel d&#233;go&#251;t et o&#249; chacun leur jettera des pierres et m&#234;me des ordures au visage&lt;/q&gt;. L'Ecole sans Dieu fabriquant des anarchistes devient naturellement &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;l'Ecole sans Patrie&lt;/q&gt; qui apprend &#224; fusiller les officiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui cependant explique beaucoup mieux que ces d&#233;lirantes diatribes, l'&#233;volution du personnel enseignant primaire vers le radicalisme, puis vers le socialisme, c'est que l'&#233;cole la&#239;que, en d&#233;livrant paysans et ouvriers de &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;l'opium du peuple&lt;/q&gt;, abou&#173;tit n&#233;cessairement &#224; la contestation des pouvoirs &#233;tablis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est Jaur&#232;s qui, dans son discours du 21 novembre 1893, a exprim&#233; la logique interne d'un mouve&#173;ment universel, en des phrases magnifiques, sou&#173;vent reproduites :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Vous avez interrompu la vieille chanson qui ber&#231;ait la mis&#232;re humaine et la mis&#232;re humaine s'est r&#233;veill&#233;e avec des cris. C'est vous qui avez &#233;lev&#233; la temp&#233;rature r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat et si vous vous &#233;pouvantez aujourd'hui, c'est devant votre &#339;uvre. C'est parce que vous sentez vous-m&#234;mes que le mouvement socialiste sort de toutes nos institu&#173;tions que vous &#234;tes accul&#233;s aujourd'hui pour le com&#173;battre &#224; une &#339;uvre r&#233;trograde&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'OBLIGATION MILITAIRE &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Cette id&#233;e, force du jaur&#233;sisme que le socialisme est naturellement engendr&#233; par la D&#233;mocratie &#8211; discutable sans doute et que les marxistes n'accep&#173;tent pas sans r&#233;serves (quoique Marx ait expliqu&#233; la r&#233;volution permanente par les insuffisances de la R&#233;volution de 1789) &#233;claire sans nul doute l'&#233;volution politique du personnel enseignant primaire. Ajou&#173;tons que les lois militaires de 1889 et de 1892, en imposant le service militaire &#224; tous les enseignants, en les obligeant &#224; subir le Droit commun, en leur supprimant un privil&#232;ge qui les alignait sur les clercs de l'Eglise, ont sans doute contribu&#233; &#224; les int&#233;grer dans la population laborieuse, et aussi &#224; d&#233;velopper chez un grand nombre d'entre eux, l'anti&#173;militarisme spontan&#233; des paysans et ouvriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dire cela, ce n'est pas minimiser la vocation sociale de l'instituteur. Mais en instituant l'enseignement gratuit, la&#239;que et obligatoire, les hommes d'&#201;tat opportunistes semblaient conf&#233;rer au plus humble desservant de l'Universit&#233;, une sorte de cl&#233;ricature la&#239;que, pour ne pas dire de sacerdoce. Et cela pou&#173;vait contribuer &#224; l'&#233;tablissement de ce culte patrio&#173;tique s'opposant au cl&#233;ricalisme, ultramontain et cosmopolite par d&#233;finition. Mais le pr&#234;tre du clerg&#233; s&#233;culier b&#233;nit, au nom de l'Eglise, des c&#233;r&#233;monies familiales, mondaines et nationales dans lesquelles il ne peut figurer comme acteur &#8211; le mariage et le bapt&#234;me &#8211; par exemple, alors qu'il n'a pas droit &#224; une &#233;pouse et &#224; des enfants. Restant au port, l'&#233;v&#234;&#173;que b&#233;nit le vaisseau qui prend le large. Et celui qui invoque le Dieu des Arm&#233;es pour assurer la victoire de son souverain ne saurait prendre place dans l'arm&#233;e qu'il veut victorieuse. On se place &#224; un autre point de vue lorsqu'on figure dans la masse des ex&#233;cutants. Et en &#233;coutant les ordres, contre-ordres, menaces, injures de l'adjudant Flick, on ne distin&#173;gue plus l'autel du culte patriotique sous le sac et les godillots du soldat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;i class=&#034;fa-asterisk fas&#034;&gt;&lt;/i&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;LA CRISE DE L'AFFAIRE DREYFUS &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;volution du personnel enseignant demeur&#233;, dans sa grande majorit&#233;, fid&#232;le aux id&#233;es &#171; anticl&#233;&#173;ricales &#187; de Jules Ferry et de Paul Bert, aurait suivi un cours normal, d'un rythme lent, si une grande crise politique n'avait d&#233;truit l'&#233;quilibre des forces, divis&#233; le peuple fran&#231;ais en deux partis irr&#233;ducti&#173;bles, discr&#233;dit&#233; l'Arm&#233;e et la Justice, ruin&#233; le pres&#173;tige des gouvernants et des l&#233;gislateurs, engag&#233; l'Eglise dans une bataille dont l'issue sera l'aboli&#173;tion du Concordat et la s&#233;paration de l'Eglise et de l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit de l'affaire Dreyfus qui &#233;clata en 1894, ne fut close juridiquement qu'en 1906, fournit jusqu'en 1914 un crit&#232;re de classement politique et aujour&#173;d'hui encore provoque des explications, des interpr&#233;tations contradictoires et m&#234;me des pol&#233;miques. Pendant la guerre 1914-1918, dans une &#233;cole primaire sup&#233;rieure parisienne (r&#233;serv&#233;e &#224; des enfants de la petite bourgeoisie et des classes moyennes) un jeune &#233;l&#232;ve ayant annonc&#233; que son p&#232;re officier &#233;tait sous les ordres du lieutenant-colonel Dreyfus, ce fut un cri d'indignation presque unanime parmi ses cama&#173;rades. Au proc&#232;s d'H&#233;l&#232;ne Brion &#8211; institutrice f&#233;mi&#173;niste, pacifiste, syndicaliste, secr&#233;taire de la F&#233;d&#233;&#173;ration des Syndicats d'instituteurs, traduite devant le Conseil de Guerre en 1917, sous l'inculpation de &lt;i&gt;haute trahison&lt;/i&gt;, puis de &lt;i&gt;d&#233;faitisme &lt;/i&gt; &#8211; l'avocat Oscar Bloch, ayant insinu&#233; que peut-&#234;tre des pi&#232;ces du dossier n'avaient pas &#233;t&#233; soumises &#224; la D&#233;fense, s'attira cette d&#233;n&#233;gation &#8211; courageuse &#8211; du colo&#173;nel pr&#233;sidant le Conseil de Guerre : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Nous ne som&#173;mes pas les juges de l'Affaire Dreyfus&lt;/q&gt;. Il y a quel&#173;ques ann&#233;es, un magazine historique &#8211; dirig&#233; par le fils de Roland Garros, h&#233;ro&#239;que pionnier de l'avia&#173;tion &#8211; osait, entre autres affabulations ahurissan&#173;tes, reprendre une explication rocambolesque de l'Affaire... Notons encore le succ&#232;s de l'&#233;mission de t&#233;l&#233;vision consacr&#233;e &#224; Emile Zola ou plut&#244;t au r&#244;le de celui-ci dans l'Affaire Dreyfus.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_6253 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;52&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/helene_brion__15232341588___cropped_-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH327/helene_brion__15232341588___cropped_-2-1eb9a.jpg?1774743383' width='500' height='327' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;H&#233;l&#232;ne Brion devant le Conseil de guerre, en 1918.&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, apr&#232;s de nombreuses r&#233;volutions, apr&#232;s l'&#233;pop&#233;e sanglante de la Commune, apr&#232;s les guerres et les bouleversement du XX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, il est encore possible d'&#233;voquer l'Affaire Dreyfus sans profiter des s&#233;ductions de la d&#233;couverte et de l'insolite. Et transmis par quatre g&#233;n&#233;rations successives, le nom de Dreyfus symbolise encore l'antis&#233;mitisme d'un c&#244;t&#233;, la D&#233;mocratie, l'anticl&#233;ricalisme et m&#234;me l'antimilitarisme de l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous n'avons pas l'intention de reprendre le d&#233;bat sur l'affaire elle-m&#234;me. Si l'on veut en conna&#238;tre l'essentiel, nous recommandons l'ouvrage de la col&#173;lection Kiosque &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;l'Affaire Dreyfus et la presse&lt;/q&gt; de Patrice Boussel. Une monstrueuse erreur judiciaire, un infernal parti-pris de la part des accusateurs, une fabrication officielle de faux, la solidarit&#233; par-del&#224; la tombe entre les artisans de la falsification, les r&#233;alisateurs conscients de la monstruosit&#233; juridique &#8211; et les d&#233;fenseurs distingu&#233;s et honorables de l'Arm&#233;e et de l'Eglise (sans parler de l'ent&#234;tement gros&#173;si&#232;rement stupide d'hommes d'&#201;tat). En face de cela ; la t&#233;nacit&#233; de quelques isol&#233;s, puis l'ampleur du mouvement d&#233;bordant les objectifs pr&#233;cis des promoteurs et finalement noyant dans la &lt;i&gt;masse dreyfusarde&lt;/i&gt;&lt;i&gt;, l'&#233;lite dreyfusiste&lt;/i&gt; (on peut lire ou relire pour com&#173;prendre ce drame d'une g&#233;n&#233;ration l'admirable livre de Roger Martin du Gard : &lt;i&gt;Jean Barois&lt;/i&gt;). Tout cela reste du domaine d'une r&#233;alit&#233; dramatique d&#233;pas&#173;sant la fiction romanesque. On sait aujourd'hui que le Capitaine Dreyfus fut arbitrairement choisi, que d'ailleurs il n'a jamais accept&#233; d'&#234;tre &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;le symbole de la justice&lt;/q&gt; (&lt;i&gt;ce Dreyfus&lt;/i&gt;-l&#224;, &#233;crivait-il en 1935, &#224; Victor Basch, pr&#233;sident de la Ligue des Droits de l'Homme, &lt;i&gt;c'est vous autres qui l'avez cr&#233;&#233;, ce n'est pas moi&lt;/i&gt;) &#8211; que l'ignoble ruffian Esterhazzy a &#233;t&#233; formellement signal&#233; comme tra&#238;tre &#224; la France par Schwartzkopen attach&#233; militaire allemand dans &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Ses m&#233;moires posthumes&lt;/q&gt; &#8211; que dans ses pro&#173;pres m&#233;moires, l'ambassadeur Pal&#233;ologue d&#233;nonce, sans le nommer, un g&#233;n&#233;ral vendu &#224; l'Allemagne &#8211; que le colonel Henry fut un faussaire criminel que l'on suspecta m&#234;me d'avoir &#233;t&#233; complice de tra&#238;tres &#8211; que le g&#233;n&#233;ral Mercier, ministre de la guerre en 1894 dont, au d&#233;but de l'Affaire, Henri Rochefort l'ancien Communard devenu boulangiste, f&#233;rocement antidreyfusiste, nationaliste tapageur) d&#233;non&#231;ait l'in&#173;curie, la b&#234;tise et la mauvaise foi, accus&#233; ensuite formellement par Emile Zola &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;de s'&#234;tre rendu com&#173;plice, tout au moins par faiblesse d'esprit, d'une des plus grandes iniquit&#233;s du si&#232;cle&lt;/q&gt;, c&#233;da au chan&#173;tage des antis&#233;mites... parce qu'il avait peur ou parce qu'il craignait des r&#233;v&#233;lations d&#233;shonorantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lieutenant colonel Henry, apr&#232;s avoir avou&#233; sa falsification se suicida le 31 ao&#251;t 1898. Or, &#224; une souscription ouverte en 1899, dans la &lt;i&gt;Libre Parole&lt;/i&gt;, pour permettre &#224; la veuve du faussaire de poursui&#173;vre en justice les accusateurs de son mari, particip&#232;&#173;rent des &#233;crivains comme&lt;i&gt; Fran&#231;ois Copp&#233;e, Pierre Louys, Paul Val&#233;ry... Paul L&#233;autaud &lt;/i&gt; avait offert 20 F &#224; la condition que l'on porte sur la liste la mention : &#171; POUR l'ordre, CONTRE la justice et la v&#233;rit&#233; &#187;. On supprima la deuxi&#232;me motivation et il protesta vai&#173;nement. Sur la liste de souscription, on a lu : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Un cur&#233; de campagne qui fait des v&#339;ux pour l'extermi&#173;nation des deux ennemis de la France : le juif et le franc-ma&#231;on...&lt;/q&gt; &#8211; &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;L'abb&#233; Cras, ex-lieutenant, pour une descente de lit en peau de youpins, afin de la pi&#233;tiner matin et soir&lt;/q&gt; &#8211; &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Un capitaine de l'Est qui fait des th&#233;ories morales sur le youpin &#224; ses hommes et engage ses camarades &#224; en faire autant...&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les hitl&#233;riens sont all&#233;s beaucoup plus loin et beaucoup plus efficacement dans l'activit&#233; antis&#233;&#173;mite... ils n'ont pas d&#233;pass&#233; un tel cr&#233;tinisme dans l'abjection... C'&#233;tait en 1899. En 1900, Mercier qui disait quelques mois auparavant : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;dans cette affaire, il y a s&#251;rement un coupable... c'est lui ou c'est moi&lt;/q&gt; fut &#233;lu s&#233;nateur de la Loire-Inf&#233;rieure et mourut en 1921, grand officier de la L&#233;gion d'Honneur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1931, le Th&#233;&#226;tre de !'Ambigu dut interrompre les repr&#233;sentations d'une pi&#232;ce de deux auteurs allemands : &lt;i&gt;l'Affaire Dreyfus&lt;/i&gt;, traduite par Jacques Ri&#173;chepin, qui avaient provoqu&#233; de violentes bagarres entre les camelots du Roy d'Action Fran&#231;aise et des groupes de d&#233;fense r&#233;publicaine et socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;R. H.&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;(&#224; suivre)&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Extraits d'un manuscrit qui devait para&#238;tre : &lt;i&gt;De l'Ecole &#224; la Bourse du travail.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Malsand ses conceptions sur l'anarchisme, ses projets</title>
		<link>https://www.partage-noir.fr/malsand-ses-conceptions-sur-l-anarchisme-ses-projets</link>
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		<dc:date>2026-03-28T09:45:00Z</dc:date>
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		<dc:subject>Paulino Malsand</dc:subject>
		<dc:subject>Archives du Monde libertaire</dc:subject>
		<dc:subject>&lt;i&gt;Le Monde Libertaire&lt;/i&gt;</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Notre camarade Malsand avait des connaissances quasi exhaustives de tous les &#233;crits anarchistes, les domaines les plus difficiles comme la dialectique s&#233;rielle n'avaient pas de secrets pour lui, et si l'on ajoute ses connaissances des autres th&#233;ories et sciences humaines, surtout la sociologie, on s'aper&#231;oit ais&#233;ment qu'il est tr&#232;s difficile de rendre compte de sa pens&#233;e, et que cela fait l'objet d'un livre.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-le-monde-libertaire-no383-du-8-janvier-1981-" rel="directory"&gt;Le Monde libertaire n&#176;383 du 8 janvier 1981&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-paulino-malsand-+" rel="tag"&gt;Paulino Malsand&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-archives-du-monde-libertaire-+" rel="tag"&gt;Archives du Monde libertaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-le-monde-libertaire-173-+" rel="tag"&gt;&lt;i&gt;Le Monde Libertaire&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/arton1245-de4f3.jpg?1774697211' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Extrait du &lt;i&gt;Monde libertaire&lt;/i&gt; n&#176; 383, 8 janvier 1981, p. 5.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notre camarade Malsand avait des connaissances quasi exhaustives de tous les &#233;crits anarchistes, les domaines les plus difficiles comme la dialectique s&#233;rielle&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le monde humain et le monde mat&#233;riel apparaissent comme une pluralit&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; n'avaient pas de secrets pour lui, et si l'on ajoute ses connaissances des autres th&#233;ories et sciences humaines, surtout la sociologie, on s'aper&#231;oit ais&#233;ment qu'il est tr&#232;s difficile de rendre compte de sa pens&#233;e, et que cela fait l'objet d'un livre.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous allons essayer de retransmettre certaines des id&#233;es de notre compagnon Malsand et certains de ses projets sur la base des discussions que nous avons eues avec lui, de ses quelques &#233;crits trop rares, mais surtout d'une intervention remarquable qu'il avait faite &#224; un stage de formation de militants de la F&#233;d&#233;ration anarchiste en juillet 1979 sur le sujet des &#171; bases sociologiques et &#233;conomiques de l'anarchisme &#187;, dont nous donnerons de larges extraits, o&#249; les r&#233;p&#233;titions seront nombreuses et o&#249; l'on devra consid&#233;rer que c'est une retranscription d'une bande magn&#233;tique. Il ne fait, bien s&#251;r, que reprendre les id&#233;es de nos anciens, surtout de Proudhon, mais sa mani&#232;re de les exposer est int&#233;ressante et qui mieux que lui pouvait exposer ces id&#233;es qu'il a appliqu&#233;es en Espagne, pendant la r&#233;volution ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malatesta, que Malsand appr&#233;ciait beaucoup, ne disait-il pas au d&#233;but d'une de ses brochures de propagande, &lt;i&gt;Notre Programme&lt;/i&gt;, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;nous n'allons rien dire de nouveau. La propagande n'est et ne peut &#234;tre que la r&#233;p&#233;tition continue, inlassable de ces principes qui doivent servir de guide &#224; notre conduite dans les diverses contingences de la vie&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1021 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;25&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH208/sans_titre-1-6-876d3-f42c5.jpg?1774695970' width='150' height='208' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Pierre-Joseph Proudhon.&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;L'anarchisme, nous disait Malsand, est la derni&#232;re th&#233;orie sociale cr&#233;&#233;e, et elle le fut par P.-J. Proudhon. Il nous d&#233;crivait alors sa naissance en tant que th&#233;orie globale : dans la premi&#232;re moiti&#233; du XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;&#224; cette &#233;poque-l&#224;, on peut dire que presque toutes les conceptions fondamentales de la soci&#233;t&#233; que nous connaissons aujourd'hui sont d&#233;j&#224; fix&#233;es&lt;/q&gt;. Les religions sont fix&#233;es, le communisme est assez d&#233;fini, le capitalisme s'installe au pouvoir et le socialisme, relativement nouveau, veut repr&#233;senter la soci&#233;t&#233; face &#224; l'oligarchie religieuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Tous les fondements de ces conceptions, les bases essentielles sont donn&#233;es ; ce qui a chang&#233;, ce sont les cadres sociaux de la soci&#233;t&#233;, les &#339;uvres de civilisation avec la technologie, les forces nouvelles se sont cr&#233;&#233;es, les routes, les chemins de fer, les ponts, les villes d'importance qui n'existaient pas, mais les principes fondamentaux de la vie en soci&#233;t&#233; des hommes subsistent et ce sont les m&#234;mes. C'est &#224; ce moment-l&#224; qu'appara&#238;t un homme de g&#233;nie qui, avec sa m&#233;moire historique et exhaustive de ce qu'a &#233;t&#233; l'humanit&#233; et de ce qu'elle est, avec sa vision aussi des propositions faites pour l'avenir de la soci&#233;t&#233;, que ce soit le suffrage universel, la d&#233;mocratie, le socialisme (forme de vie &#224; laquelle Proudhon s'en prendra, forme de soci&#233;t&#233; encore utopique &#224; l'&#233;poque, car jamais r&#233;alis&#233;e sauf partiellement dans les soci&#233;t&#233;s anciennes) et le communisme. Il conna&#238;t tous ces probl&#232;mes, et apr&#232;s quelques &#233;crits, il &#233;merge avec un livre qui s'intitule &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;Qu'est-ce que la propri&#233;t&#233; ?&lt;/span&gt; : cet homme s'appelle Proudhon. Le g&#233;nie de Proudhon, c'est de r&#233;futer toutes les formes de soci&#233;t&#233; qui ont exist&#233; jusqu'&#224; son temps et m&#234;me les projets de soci&#233;t&#233; de son temps, principalement le communisme et le socialisme. La raison fondamentale de cette r&#233;futation est que toutes ces soci&#233;t&#233;s sont fond&#233;es sur l'autocratie, sur l'autorit&#233;. Elles ont &#233;t&#233; g&#233;r&#233;es par des oligarchies form&#233;es autour du pouvoir. Proudhon a constat&#233; et mis en valeur, comme on ne l'avait jamais fait avant lui, que la vraie force des hommes vivants en soci&#233;t&#233;, c'est la force sociale. La force sociale que Proudhon avait trouv&#233;e a &#233;t&#233; d&#233;montr&#233;e par beaucoup, apr&#232;s, et surtout l'exemple de l'ob&#233;lisque de Vend&#244;me &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Proudhon prend l'exemple de la colonne Vend&#244;me pour d&#233;montrer ce que Marx (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;, et cette notion a &#233;t&#233; admise comme quelque chose de valeur.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Proudhon consid&#232;re donc que la soci&#233;t&#233; est ali&#233;n&#233;e par l'autocratie et que c'est le gouvernement qui emp&#234;che la soci&#233;t&#233; de se d&#233;velopper, de s'&#233;panouir, de se r&#233;aliser, de faire tous les progr&#232;s qu'elle devrait. Le gouvernement est cause du mauvais fonctionnement des soci&#233;t&#233;s dans le pass&#233;, et pourtant, tous les projets de soci&#233;t&#233; qui sont faits de son temps sont tous fond&#233;s sur le m&#234;me principe : le principe du gouvernement. Proudhon rejette l'id&#233;e que toutes les soci&#233;t&#233;s doivent &#234;tre gouvern&#233;es, et il dira souvent que la soci&#233;t&#233; doit &#234;tre d&#233;sali&#233;n&#233;e, libre, spontan&#233;e, et que c'est seulement lorsqu'elle est spontan&#233;e qu'elle est cr&#233;ative.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; On dit qu'il a mal choisi le mot, le nom qu'il a donn&#233; &#224; sa conception. Mais il savait bien ce qu'il voulait, preuve en est ses connaissances des langues, son &#233;crit d'une grammaire de fran&#231;ais (dans l'acad&#233;mie de la langue fran&#231;aise, beaucoup de gens ont pens&#233; et propos&#233; que Proudhon soit mis &#224; l'&#233;tude en classes de terminales de fran&#231;ais), la richesse de langage de ses &#339;uvres dont beaucoup sont tr&#232;s complexes. Proudhon savait ce qu'il voulait quand il a choisi le nom qui vient du grec &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;an archie&lt;/span&gt;, sans gouvernement.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Tous les principes essentiels de ce qu'il veut sont d&#233;j&#224; en lui lorsqu'il &#233;crit &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;Qu'est-ce que la propri&#233;t&#233; ?&lt;/span&gt; ; il ne lui manque plus que le temps de d&#233;velopper et les r&#233;aliser.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Il propose donc une soci&#233;t&#233; anti-autocratique, la suppression du gouvernement et de toute forme de gouvernement comme solution de progr&#232;s &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'appui de ce qu'il vient de dire, notre camarade Malsand d&#233;finira l'anarchisme d'une mani&#232;re &#224; laquelle peu sont habitu&#233;s : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;l'anarchisme est une explication sociologique pour des soci&#233;t&#233;s globales&lt;/q&gt;, et il pr&#233;cisera aussi ce que l'anarchisme n'est pas : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;un manifeste, un programme circonstanciel, une th&#233;orie pas assez assise. Ce n'est pas une interpr&#233;tation de l'histoire, ni une philosophie de l'histoire, ou ce que Marx a appel&#233; dialectique mat&#233;rialiste&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Malsand, les principes anarchistes sont d&#233;finis par Proudhon : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Si les conceptions anarchistes viennent de loin, s'il a exist&#233; des id&#233;es, des philosophies et m&#234;me des essais de soci&#233;t&#233;s sans gouvernement, si m&#234;me on trouve que les premi&#232;res soci&#233;t&#233;s humaines ont v&#233;cu sans gouvernement, en r&#233;alit&#233;, celui qui a fait le premier un expos&#233; global d'une soci&#233;t&#233; qui puisse &#234;tre vivable, c'est Proudhon&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Combien de fois Malsand nous a-t-il dit, dans cette &#233;poque d'apr&#232;s-68 o&#249; les jeunes en r&#233;volte, croyant avoir invent&#233; quelque chose, r&#233;p&#233;taient de vieux poncifs, que les d&#233;couvertes sont rares et difficiles en sociologie, qu'il n'y a pas d'apports sur les principes de l'anarchisme mais des d&#233;veloppements, des pr&#233;cisions et des corrections sur la base des principes eux-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malsand conna&#238;t bien les autres th&#233;oriciens de l'anarchisme et leurs participations au d&#233;veloppement de l'anarchisme :&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1711 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L80xH80/sans_titre-1-13-11aac-736c4.png?1774701431' width='80' height='80' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &lt;strong&gt;Bakounine&lt;/strong&gt; : &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Il n'y a pas de doute que Bakounine a &#233;t&#233; un de ceux qui a le plus contribu&#233; &#224; la formation du mouvement anarchiste dans le monde, &#224; son &#233;poque, et dont les r&#233;percussions se font sentir encore de nos jours.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1712 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/png/elisee-reclus.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L80xH80/elisee-reclus-c1cd6-ab175.png?1774701431' width='80' height='80' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &lt;strong&gt;Reclus &lt;/strong&gt; : &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Il y aura Elis&#233;e Reclus qui &#233;largira les id&#233;es et les principes donn&#233;s par Proudhon avec sa grande g&#233;ographie, qui en fera le premier &#233;cologiste des temps modernes.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1713 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/png/kropotkine.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L80xH80/kropotkine-20dbb-26bcd.png?1774701431' width='80' height='80' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &lt;strong&gt;Kropotkine&lt;/strong&gt; : &lt;br class='autobr' /&gt;
il fera &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;une r&#233;futation des id&#233;es &#224; caract&#232;re social des darwinistes qui disaient que pareilles aux soci&#233;t&#233;s du pass&#233;, o&#249; les guerriers les plus forts dominaient, avec l'&#233;volution, les soci&#233;t&#233;s dans le futur seront g&#233;r&#233;es par les plus aptes&#8230; A l'&#233;poque, Kropotkine s'en &#233;tait pris &#224; la bourgeoisie, aux capitalistes, en disant que le progr&#232;s des soci&#233;t&#233;s n'&#233;tait pas d&#251; aux plus aptes, car un autre facteur existe ; que ce progr&#232;s ne se faisait pas seulement par la lutte, car cet autre facteur important de l'&#233;volution est la sociabilit&#233;, la solidarit&#233;, l'entraide. Il en revenait aux principes de Proudhon : la vraie force, la vraie richesse de la soci&#233;t&#233;, c'est la force sociale. Il rajoute alors l'entraide, ce qui va plus loin que les forces sociales, parce que cette notion a un caract&#232;re moral.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1714 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L80xH80/malatesta-1add1-c391f.png?1774701431' width='80' height='80' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &lt;strong&gt;Malatesta &lt;/strong&gt; : &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Malatesta insistera sur un probl&#232;me important : les connaissances historiques, la m&#233;moire historique, les sciences naturelles&#8230; c'est tr&#232;s bien&#8230; mais la volont&#233; est une chose fondamentale ; tous les individus qui veulent faire une soci&#233;t&#233; anarchiste, que les dieux le veuillent ou non, que les philosophes le veuillent ou non, que la science l'affirme ou la nie, ont le droit de le faire et ils peuvent le faire.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1715 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L80xH80/fabbri-2300b-32be8.png?1774701431' width='80' height='80' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &lt;strong&gt;Luiggi Fabbri&lt;/strong&gt; : &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;Dans Dictature et R&#233;volution&lt;/span&gt;, il d&#233;nonce que l'on ait pens&#233; que la dictature pouvait lib&#233;rer les hommes.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1716 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L80xH80/rocker-87d4e-80998.png?1774701431' width='80' height='80' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &lt;strong&gt;Rocker &lt;/strong&gt; : &lt;br class='autobr' /&gt;
dans son livre &lt;i&gt;Nationalisme et Culture&lt;/i&gt;, il dit que &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;le nationalisme (breton, basque, fran&#231;ais) est contraire &#224; la culture ; c'est donc dans l'int&#233;gration que la culture peut se faire.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;En conclusion au stage, notre camarade Malsand nous disait : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Il n'y a pas de socialisme diff&#233;rent ; il n'y a pas de communisme diff&#233;rent. Ce sont des conceptions autoritaires, autocratiques, maintenant le principe de gouvernement.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Il n'y a aucun rapport entre l'anarchisme et le socialisme, et beaucoup d'anarchistes se sont dits socialistes car ils ne pensaient pas que le socialisme serait r&#233;alis&#233; totalement. Bakounine aurait dit que, si cela se faisait, ce serait le pire des r&#233;gimes. Staline est dans le socialisme, dans Marx, dans tous les socialismes. Il y a des hommes diff&#233;rents, des temporalit&#233;s diff&#233;rentes, mais pas de socialismes diff&#233;rents. Il n'y a pas de capitalismes diff&#233;rents, il y a des r&#233;gimes diff&#233;rents. Il n'y a pas de religions diff&#233;rentes, elles sont toutes absolutistes quand elles ont le pouvoir. Nous sommes une explication sociologique des soci&#233;t&#233;s globales. L'anarchisme n'est pas d'un seul homme, mais en sociologie, les apports et les exp&#233;rimentations sont tr&#232;s difficiles.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Ce n'est pas un probl&#232;me &#224; r&#233;soudre par un groupe autonome, par un groupe de voleurs ou de terroristes. C'est un probl&#232;me &#224; aborder par de grands groupements d'hommes, qui doit &#234;tre accept&#233; par la soci&#233;t&#233;. Ce n'est pas avec un groupement ill&#233;gal ou tol&#233;r&#233; que l'on aura des chances de mettre en pratique le projet anarchiste de lib&#233;rer la soci&#233;t&#233; du gouvernement, mais avec la capacit&#233; politique des hommes &#224; s'administrer, avec un groupement d'hommes accomplis.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Il faut &#234;tre pr&#233;sent dans la soci&#233;t&#233; avec un groupement qui a comme projet de disputer aux autres les formes de soci&#233;t&#233; et de faire accepter la disparition de toute forme de gouvernement et d'ali&#233;nations.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Ceci devrait avoir lieu surtout en France, avec son rayonnement international (la R&#233;volution fran&#231;aise, les philosophes fran&#231;ais, la Commune de Paris, &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;La Marseillaise&lt;/span&gt;). Il est dommage que le mouvement espagnol n'ait pas exist&#233; plut&#244;t en France ; le rayonnement de l'anarchisme aurait &#233;t&#233; plus grand.&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous verrons dans un prochain article les bases &#233;conomiques de l'anarchisme, la n&#233;cessit&#233; de d&#233;finir aussi ce grand groupement d'hommes accomplis pouvant faire accepter, sinon approuver, l'anarchisme dans la soci&#233;t&#233;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nous n'avons pas trouv&#233; trace de cet article dans les diff&#233;rents num&#233;ros du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Groupe Malatesta&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Le monde humain et le monde mat&#233;riel apparaissent comme une pluralit&#233; d'&#233;l&#233;ments irr&#233;ductibles, &#224; la fois antagonistes et solidaires. De la confrontation de ces &#233;l&#233;ments na&#238;t le mouvement et la vie. Un &#233;quilibre, instable, peut se cr&#233;er mais la synth&#232;se est impossible contrairement &#224; qu'affirment les marxistes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Proudhon prend l'exemple de la colonne Vend&#244;me pour d&#233;montrer ce que Marx appellera plus tard la plus-value. Un homme ne peut pas &#233;difier seul une telle colonne, il doit se grouper avec d'autres pour le faire. Mais la force de travail de ce groupe est plus importante que la somme de travail additionn&#233;e de chacun. Le propri&#233;taire s'empare de ce surplus pour son plus grand profit.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Nous n'avons pas trouv&#233; trace de cet article dans les diff&#233;rents num&#233;ros du &lt;i&gt;Monde libertaire&lt;/i&gt; qui ont suivi (NDLR).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'adieu des militants de la F&#233;d&#233;ration anarchiste &#224; leur camarade Paulino Malsand</title>
		<link>https://www.partage-noir.fr/l-adieu-des-militants-de-la-federation-anarchiste-a-leur</link>
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		<dc:date>2026-03-28T09:43:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Paulino Malsand</dc:subject>
		<dc:subject>&lt;i&gt;Le Monde Libertaire&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution espagnole (1936-1939)</dc:subject>
		<dc:subject>Espagne</dc:subject>
		<dc:subject>CNT</dc:subject>
		<dc:subject>Archives du Monde libertaire</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Notre camarade Paulino Malsand est mort d'un cancer g&#233;n&#233;ralis&#233; vendredi 19 d&#233;cembre [1980] dans la nuit. Celui que beaucoup connaissaient comme le permanent de la librairie du Monde libertaire, apr&#232;s une longue vie militante internationale et des plus &#233;prouvantes (ge&#244;les espagnoles, r&#233;volution en Espagne, lutte contre le fascisme, etc.), se sera battu jusqu'au bout, pour la vie, pour pouvoir continuer &#224; militer dans les meilleures conditions possibles.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-le-monde-libertaire-no382-du-1er-janvier-1981-" rel="directory"&gt;Le Monde libertaire n&#176;382 du 1er janvier 1981&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-paulino-malsand-+" rel="tag"&gt;Paulino Malsand&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-le-monde-libertaire-173-+" rel="tag"&gt;&lt;i&gt;Le Monde Libertaire&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-revolution-espagnole-1936-1939-+" rel="tag"&gt;R&#233;volution espagnole (1936-1939)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-espagne-+" rel="tag"&gt;Espagne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-cnt-espagne-+" rel="tag"&gt;CNT&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-archives-du-monde-libertaire-+" rel="tag"&gt;Archives du Monde libertaire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/arton1244-efa97.jpg?1774697211' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Extrait du &lt;i&gt;Monde libertaire&lt;/i&gt; n&#176; 382, 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; janvier 1981, p. 5.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Notre camarade &lt;a href=&#034;https://maitron.fr/spip.php?article156777&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Paulino Malsand&lt;/a&gt; est mort d'un cancer g&#233;n&#233;ralis&#233; vendredi 19 d&#233;cembre &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;[1980]&lt;/span&gt; dans la nuit. Celui que beaucoup connaissaient comme le permanent de la librairie du Monde libertaire, apr&#232;s une longue vie militante internationale et des plus &#233;prouvantes (ge&#244;les espagnoles, r&#233;volution en Espagne, lutte contre le fascisme, etc.), se sera battu jusqu'au bout, pour la vie, pour pouvoir continuer &#224; militer dans les meilleures conditions possibles. Cet &#233;t&#233;, il s'est fait op&#233;rer de son seul &#339;il, en Espagne ; cette op&#233;ration a r&#233;ussi. D&#232;s son retour, il s'est mis tout de suite &#224; lire, trier ses papiers, faire des projets de tracts et d'affiches, pr&#233;voir l'&#233;dition de brochures et de livres aujourd'hui introuvables qu'il avait entam&#233;e au groupe du 19 Juillet &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ancien nom du groupe libertaire de Bordeaux.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;, se d&#233;placer &#224; la librairie pour &#234;tre au courant de tout et prendre position sur tous les probl&#232;mes, organisationnels ou id&#233;ologiques. Comme toute sa vie, sa vue retrouv&#233;e ne fut pas utilis&#233;e pour un repos bien m&#233;rit&#233;, pour lui, mais elle fut mise au service de la collectivit&#233;, de l'organisation, du combat. Notre camarade Malsand se sera battu jusqu'au bout, usant de toute sa personne et donnant un caract&#232;re exemplaire &#224; son militantisme anarchiste. (Il fut inhum&#233; au cimeti&#232;re de Thiais mardi 23 d&#233;cembre au matin).&lt;/q&gt; F&#233;d&#233;ration anarchiste&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
&lt;span style=&#034;font-size:1.2em&#034;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;De Bordeaux...&lt;/h3&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;La mort de Paulino Malsand a douloureusement &#233;mu les camarades de Bordeaux qui ont, durant vingt ans, connu et estim&#233; ce compagnon actif, d&#233;vou&#233; et parfaitement instruit du mouvement ouvrier et de la pens&#233;e anarchiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paulino Malsand, n&#233; le 28 mars 1911, &#233;tait le fils d'une ouvri&#232;re espagnole et d'un ouvrier fran&#231;ais qui travaillait dans les mines de potasse du Sallent (province de Barcelone). Sa jeunesse se passa &#224; Manresa : &#224; peine au sortir de l'enfance, il travailla dans une usine de textile, puis comme ouvrier du b&#226;timent. Il adh&#233;ra &#224; la CNT et fut membre de la FAI&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Conf&#233;d&#233;ration nationale du travail et F&#233;d&#233;ration anarchiste ib&#233;rique.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Il participa au mouvement insurrectionnel de janvier 1932 qui, durant plusieurs jours, fut ma&#238;tre d'une partie de la Catalogne et instaura le communisme libertaire dans quelques communes dont Figols et Sallent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arr&#234;t&#233; avec une centaine de compagnons, il fut dirig&#233; sur la prison de Barcelone. La lib&#233;ration de tous ces &#171; suspects &#187; d&#233;pendait du bon vouloir du gouverneur. Au d&#233;but de la r&#233;volution espagnole, il fit partie de la colonne qui, form&#233;e &#224; Manresa, fut dirig&#233;e vers le front d'Aragon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais sa vue, d&#233;j&#224; tr&#232;s affaiblie, le fit se consacrer aux collectivit&#233;s m&#233;tallurgiques. Devant Franco, il dut abandonner la Catalogne, il s'expatria en France et fit partie du comit&#233; national clandestin de la CNT en exil (r&#233;gion nord de la France). En mai 45, le congr&#232;s de Paris qui unifia les groupes de la CNT en exil en France (nord et sud) le d&#233;signa comme membre du comit&#233; national &#233;lu par le congr&#232;s. Il se fixa donc &#224; Toulouse jusqu'en 1947, date o&#249; il d&#233;missionna du comit&#233; national. C'est alors qu'il vient &#224; Bordeaux, o&#249; il devait travailler comme ouvrier du b&#226;timent et docker occasionnel, et il y demeura jusqu'en 1970. Puis il fut amen&#233;, pour des raisons familiales, &#224; venir habiter Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Bordeaux, il fut de ces rares camarades espagnols &#8212; trop rares, h&#233;las ! &#8212; qui ne se content&#232;rent pas de se replier &#224; l'int&#233;rieur du mouvement &#171; CNT en exil &#187;, mais participeront activement au mouvement fran&#231;ais : syndicaliste et anarchiste, Malsand milita dans la CNT fran&#231;aise qui, &#224; ses d&#233;buts, connut un certain essor &#224; Bordeaux et dans le groupe S&#233;bastien Faure (F&#233;d&#233;ration anarchiste) qu'animait &lt;a href=&#034;https://maitron.fr/spip.php?article24798&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Aristide Lapeyre&lt;/a&gt;. Le d&#233;part de Malsand pour Paris mettait fin &#224; vingt ans de militantisme &#171; bordelais &#187;, mais ouvrait la voie &#224; une nouvelle activit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Groupe S&#233;bastien Faure de Bordeaux&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;
&lt;span style=&#034;font-size:1.2em&#034;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#8230; &#224; Paris&#8230;&lt;/h3&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;En ce qui nous concerne, nous connaissions bien notre camarade Malsand, certains depuis son arriv&#233;e &#224; Paris, et il s'est forg&#233; entre nous une amiti&#233; solide, une amiti&#233; d'anarchistes, dans le combat, pas de ces &#171; amiti&#233;s &#187; ponctuelles cr&#233;&#233;es au gr&#233; des strat&#233;gies int&#233;ress&#233;es. Pour tout ce qu'il nous a apport&#233;, &#224; nous, &#224; la F&#233;d&#233;ration anarchiste et au mouvement anarchiste international, nous nous devons de contribuer &#224; fixer sa place dans l'histoire des anarchistes et de l'anarchisme, &#224; faire hommage &#224; l'homme, sa vie, ses combats, ses id&#233;es, ses projets pour que notamment ses id&#233;es et projets ne disparaissent pas, mais soient constamment pr&#233;sents pour engendrer ce mouvement anarchiste et cette r&#233;volution anarchiste qu'il aurait tant aim&#233; voir se r&#233;aliser en France et pour laquelle il a vou&#233; toute son &#233;nergie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre camarade Malsand fut avant tout un homme au service du collectif o&#249; l'int&#233;r&#234;t de l'organisation primait tout. Toute sa vie fut au service de l'anarchisme et de ses organisations, en Espagne, &#224; Bordeaux et &#224; Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; toute son exp&#233;rience, tout ce qu'il a v&#233;cu, toutes ses connaissances intellectuelles, il n'a jamais rien r&#233;clam&#233; pour lui, ni repos, ni hommage, ni notori&#233;t&#233;, ni quelqu'avantage que ce soit, ni m&#234;me ce qui lui &#233;tait souvent d&#251;. D'un c&#244;t&#233;, son caract&#232;re partisan, d'un autre c&#244;t&#233;, sa modestie, ont toujours masqu&#233; la somme de travail qu'il effectuait, pratique et th&#233;orique. Son service de l'organisation faisait que Malsand &#233;tait toujours dans l'actualit&#233;, interne &#224; l'organisation ou ext&#233;rieure, en France, en Espagne, mais aussi dans le monde entier. Cette actualit&#233; fait que notre camarade n'a jamais &#233;t&#233; le sage qui, se retirant dans sa maison, est consult&#233; sur des probl&#232;mes th&#233;oriques pour donner des conseils mais le jeune militant au niveau de tous, prenant position et se battant avec fougue pour ses positions, et encore fallait-il que ces positions servent l'organisation car sinon il se taisait, r&#233;pondant vertement &#224; qui l'insultait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ces traits de caract&#232;re, il donnera &#224; beaucoup l'image d'un vieil &#233;migr&#233; espagnol, s'occupant d'une librairie comme d'un loisir, et individualiste de surcro&#238;t de par son verbe haut, alors qu'il &#233;tait exactement le contraire : un militant toujours dans l'actualit&#233;, ne se trompant que tr&#232;s rarement dans ses analyses de tous ordres, effectuant une quantit&#233; de t&#226;ches impressionnantes, poss&#233;dant des connaissances intellectuelles tr&#232;s vastes et ce dans tous les domaines, faisant passer l'organisation anarchiste avant tout et souvent avant lui-m&#234;me. Mais que lui importait qu'on le connaisse sous son vrai jour, l'important &#233;tant qu'il puisse militer, que le travail pratique se fasse, que les id&#233;es soient accept&#233;es et que les militants se forment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'il sera secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la F&#233;d&#233;ration anarchiste, poste qui le fera d&#233;couvrir &#224; certains, cela ne changera rien pour lui, et il continuera comme avant, partisan et militant. Ouvrier toute sa vie, notre camarade Malsand &#233;tait de la g&#233;n&#233;ration des militants qui voulaient tout conna&#238;tre et savoir pour faire une r&#233;volution anarchiste durable, et c'est depuis le d&#233;but de son militantisme, ainsi que dans les ge&#244;les espagnoles, qu'il va lire et apprendre dans tous les domaines et de tout temps. Ses connaissances seront d'autant plus solides qu'elles ont &#233;t&#233; tremp&#233;es &#224; l'&#233;cole des r&#233;alit&#233;s par ses activit&#233;s, avant, pendant et apr&#232;s la r&#233;volution espagnole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; lui que nous devons le principal de nos connaissances sur l'Histoire, l'anarchisme et ses fondateurs, surtout Proudhon et Bakounine, mais aussi tous les autres qui ont fait des apports, Kropotkine, Nettlau, Malatesta, Rocker, Reclus, Read (&lt;i&gt;cf.&lt;/i&gt; les textes qu'il nous avait fournis pour le ML sp&#233;cial &#171; Art et Soci&#233;t&#233; &#187;, n&#176; 282), et bien d'autres. Il nous a appris aussi ce qu'&#233;taient les autres, cl&#233;ricaux et communistes, dans la th&#233;orie (peu connaissent autant que lui les th&#233;ories religieuses et marxistes), mais aussi dans la pratique, car il les a vus &#224; l'&#339;uvre en Espagne et aussi en France apr&#232;s la guerre, et nous le comprenions tr&#232;s bien, nous qui vivons dans la ceinture &#171; rouge &#187; de la banlieue nord de Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas avec exc&#232;s, mais avec justesse que Malsand r&#233;pondait toujours pr&#233;sent, &#224; la F&#233;d&#233;ration anarchiste, pour repousser toutes les entreprises d'entrisme des politiciens et des communistes avec tous leurs avatars (situationnistes, conseillistes, trotskystes, etc.). Ses connaissances s'&#233;tendaient &#224; tous les domaines des sciences humaines, dont surtout la sociologie, l'histoire, la philosophie, etc. Il connaissait bien tous les penseurs espagnols, mais aussi fran&#231;ais, anglais, italiens, am&#233;ricains, etc., des temps anciens, du d&#233;but du si&#232;cle, mais aussi les modernes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces connaissances, il a essay&#233; de nous les transmettre. Il a fait quelques interventions dans les groupes qui lui ont demand&#233; et aussi dans des stages de formation. Mais apparemment il n'aimait pas ce r&#244;le d'intervenant. Par contre, &#224; la &#171; boutique &#187; ou autour d'une table il &#233;tait intarissable. Il conseillait des lectures, mais en fonction de l'individu qu'il avait en face de lui, nouveau ou non, ayant certaines id&#233;es ou d'autres. Il pouvait conseiller souvent des livres avec lesquels il &#233;tait globalement en d&#233;saccord mais qu'il trouvait n&#233;cessaire pour la formation d'un militant, et cela faisait partie de sa conception de la formation d'un militant, li&#233; en cela &#224; la dialectique proudhonienne de la connaissance. Il n'&#233;tait d'ailleurs pas rare de le voir critiquer la veille ce qu'il approuvait le lendemain, mais d'une part ses jugements &#233;taient pr&#233;cis, repla&#231;ant toujours les &#339;uvres de nos anciens dans leur contexte historique, d'autre part, cela lui permettait de jauger le militant qu'il avait en face de lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malsand formait des militants anarchistes &#224; avoir une dialectique et des moyens de raisonnement pour qu'ils puissent se d&#233;brouiller seuls, dans n'importe quelle occasion, sans ma&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malsand a impuls&#233; dans les groupes le d&#233;sir de lire mais aussi et surtout d'&#233;diter, comme il l'a fait lui-m&#234;me et pr&#233;voyait de continuer &#224; le faire, et depuis les brochures et les livres ont plus que d&#233;cupl&#233;s &#224; la librairie. Cela a pu permettre &#224; la F&#233;d&#233;ration d'avoir les bases indispensables &#224; l'assise d'une organisation. Par ce travail important qu'il a effectu&#233; &#224; la librairie, nous pouvons affirmer que la parution hebdomadaire du &lt;i&gt;Monde libertaire&lt;/i&gt; a &#233;t&#233; due pour une grande part &#224; notre camarade Malsand. Malgr&#233; son &#226;ge et ses facult&#233;s visuelles qui ont d&#233;clin&#233;es jusqu'&#224; la c&#233;cit&#233;, malgr&#233; le contexte de pagaille de l'apr&#232;s-68, s'occupant de mani&#232;re permanente et b&#233;n&#233;vole de la &#171; boutique &#187;, Malsand a redress&#233; la barre. A c&#244;t&#233; de toutes les t&#226;ches journali&#232;res et fatigantes, du matin jusqu'au soir, t&#226;ches d&#233;bordant de beaucoup les activit&#233;s normales d'un libraire de par la position centrale et militante de cette librairie et le caract&#232;re moral de beaucoup d'autres t&#226;ches, Malsand a su donner une image de marque importante &#224; la librairie, amplifier son rayonnement et ses capacit&#233;s militantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malsand, c'est aussi une aide importante qu'il a constamment donn&#233;e aux secr&#233;tariats, et en premier au secr&#233;tariat aux relations internationales. De par son pass&#233;, de par ses contacts, et surtout de par le fait qu'il se tenait toujours au courant de l'actualit&#233;, il a pu aider le F&#233;d&#233;ration anarchiste &#224; nouer des relations avec les pays d'Am&#233;rique latine, avec le mouvement espagnol anarchiste, en exil et de l'int&#233;rieur, et il aura &#233;t&#233; un des promoteurs &#224; notre rattachement &#224; l'Internationale des F&#233;d&#233;rations anarchistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malsand, c'est le camarade qui &#233;coutait tous les soirs Radio-P&#233;kin, Radio-Moscou, la radio espagnole, et qui avait beaucoup de contacts &#233;trangers. C'est ainsi que devant beaucoup de copains incr&#233;dules, il donnait des informations et analysait la situation, et combien ces analyses &#233;taient justes ! Combien le croyaient lorsqu'il nous disait qu'un changement intervenant en Espagne, la CNT r&#233;pondrait pr&#233;sente ? Apr&#232;s la mort de Franco, la CNT organisait le plus grand meeting en Espagne, &#224; Barcelone, r&#233;unissant quelques 300 000 personnes (bien plus que les communistes) ! Combien le croyaient lorsque les discussions qui avaient lieu sur le choix de la reconstruction de la CNT sur les bases d'un vaste mouvement libertaire tous azimuts, ou seules les bases de la lign&#233;e de la Premi&#232;re Internationale, du congr&#232;s de Saragosse en 1936 (l'un des congr&#232;s les plus importants du mouvement anarchiste en Espagne, sinon dans le monde) et des r&#233;solutions de congr&#232;s du mouvement en exil en 45 (&lt;i&gt;cf &lt;/i&gt; ML n&#176; 213), il nous disait que ce serait le deuxi&#232;me choix qui serait pris ? Et combien nous avons f&#234;t&#233; le d&#233;part des politiciens et des conseillistes de la CNT qui l'emp&#234;chaient de fonctionner correctement et qui s'embourbent dans la CNT &#171; r&#233;nov&#233;e &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;vocation trop courte, qui demanderait des livres, de notre camarade Malsand d&#233;montre, nous l'esp&#233;rons, sa jeunesse, sa modestie et son importance. Nous n'oublierons pas notre camarade Malsand dont la vie, les combats, la morale, sont autant d'exemples de ce que doit &#234;tre un militant anarchiste, et nous &#233;voquerons dans le prochain num&#233;ro quelques-unes de ses id&#233;es ainsi que certains de ses projets.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Groupe Malatesta&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;
&lt;span style=&#034;font-size:1.2em&#034;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le 23 d&#233;cembre&lt;/h3&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Devant sa famille et ses camarades anarchistes espagnols et fran&#231;ais r&#233;unis au cimeti&#232;re de Thiais, notre camarade &lt;a href=&#034;https://maitron.fr/spip.php?article155284&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Maurice Joyeux&lt;/a&gt;, au nom de la F&#233;d&#233;ration anarchiste, a rendu un dernier hommage &#224; notre camarade Paulino Malsand :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chers camarades, chers amis,&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1710 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH233/ad8091f1c7ac2c302e6eae85e8e99aa1-f694c-14758.jpg?1774701431' width='150' height='233' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Paulino Malsand (1972)&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Nous voici de nouveau r&#233;unis pour accompagner l'un des n&#244;tres dans son dernier parcours. Notre ami Malsand nous a quitt&#233;s. Il fut un militant exemplaire, et il ne s'agit pas l&#224; d'une formule de circonstance !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nos amis espagnols qui sont pr&#233;sents connaissent mieux que moi l'itin&#233;raire que ce militant suivit dans sa jeunesse. Il suffit de rappeler qu'il fut membre de la FAI et de la CNT espagnoles et qu'il participa &#224; toutes les luttes qui, entre les deux guerres mondiales, firent de l'organisation anarcho-syndicaliste d'Espagne la premi&#232;re et la plus incisive des organisations syndicales du pays. Puis, ce fut l'agression de Franco contre la r&#233;publique et les journ&#233;es exaltantes de Barcelone, o&#249; il assuma des t&#226;ches d'organisation et de gestion dans l'industrie o&#249; il travailla. Enfin, l'exil ! L'organisation de la CNT espagnole reconstitu&#233;e sur la terre d'asile lui confiera d'importantes fonctions &#224; son secr&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malsand &#233;tait un internationaliste, un vrai ! Pour lui, le combat r&#233;volutionnaire et anarchiste se livre partout o&#249; les hasards de la vie jettent le militant. En France, il rejoindra le groupe de Bordeaux, un des plus solides du mouvement anarchiste fran&#231;ais. Il sera un des fondateurs de la CNT fran&#231;aise. Pendant quelques ann&#233;es, avec un certain nombre d'anarchistes espagnols de la m&#234;me trempe, il travaillera aux c&#244;t&#233; d'Aristide et de &lt;a href=&#034;https://maitron.fr/spip.php?article115882&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Paul Lapeyre&lt;/a&gt; puis, ayant regagn&#233; Paris, il rejoindra le groupe Louise Michel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, c'est au sein de la F&#233;d&#233;ration anarchiste qu'il donnera toute la mesure de sa valeur. Dans une p&#233;riode difficile de notre histoire, o&#249; tout semblait se d&#233;faire, o&#249; des personnages faisaient joujou avec l'anarchie comme ils faisaient joujou avec le reste, et o&#249; notre si&#232;ge &#233;tait devenu une p&#233;taudi&#232;re, nous l'avons install&#233; &#224; la permanence de notre librairie. Et alors, tout changea ! Avec lui, la mesure, la d&#233;cence, le savoir, la rigueur de notre pens&#233;e anarchiste s'install&#232;rent de nouveau dans notre local.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malsand avait une intelligence robuste et claire, une lecture consid&#233;rable, une connaissance de nos auteurs sans faille. Je le revois dans notre librairie, le bras lev&#233; pour cueillir un ouvrage, l'ouvrir, en commenter une page devant des jeunes camarades qui avaient pour lui de l'amiti&#233; et de l'admiration. Il fut, apr&#232;s 1968 et ses avatars, un des &#233;l&#233;ments essentiels du redressement de notre F&#233;d&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malsand a &#233;t&#233; un militant espagnol de qualit&#233; puis, par la force des choses, un militant de notre F&#233;d&#233;ration anarchiste, une figure pittoresque de nos congr&#232;s o&#249; sa sagesse et sa parfaite connaissance de nos th&#233;oriciens sera pr&#233;cieuse. Un militant &#224; part enti&#232;re ! Il fut mon ami, et nous sommes quelques-uns bien d&#233;cid&#233;s &#224; ce qu'on n'&#233;crive pas l'histoire du mouvement anarchiste fran&#231;ais de notre &#233;poque sans qu'on lui r&#233;serve la place qu'il m&#233;rite, une des premi&#232;res parmi ceux qui, ces dix derni&#232;res ann&#233;es, particip&#232;rent au d&#233;veloppement de la F&#233;d&#233;ration anarchiste fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;M. J.&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ancien nom du groupe libertaire de Bordeaux.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Conf&#233;d&#233;ration nationale du travail et F&#233;d&#233;ration anarchiste ib&#233;rique.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La bataille pour la la&#239;cit&#233; de l'Enseignement sous la Commune</title>
		<link>https://www.partage-noir.fr/la-bataille-pour-la-laicite-de-l-enseignement-sous-la-commune</link>
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		<dc:date>2026-03-26T11:37:13Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Maurice Dommanget</dc:creator>


		<dc:subject>La Commune de Paris (1871)</dc:subject>
		<dc:subject>Edouard Vaillant</dc:subject>
		<dc:subject>Archives Autonomies</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;La bataille pour la la&#239;cit&#233; de l'enseignement sous la Commune, vue sous l'ange de l'&#233;volution historique, ne fait que continuer la lutte anticl&#233;ricale et la&#239;que entreprise &#224; la fin du Second Empire. Elle parach&#232;ve aussi l'effort constructif sur le plan scolaire r&#233;alise pendant le si&#232;ge par les r&#233;publicains et les socialistes plac&#233;s &#224; la t&#234;te des municipalit&#233;s d'arrondissement.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-la-revolution-proletarienne-no268-mars-1971-" rel="directory"&gt;La R&#233;volution Prol&#233;tarienne N&#176;268 - Mars 1971&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-la-commune-de-paris-+" rel="tag"&gt;La Commune de Paris (1871)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-edouard-vaillant-+" rel="tag"&gt;Edouard Vaillant&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-source-fragments-d-histoire-de-la-gauche-radicale-+" rel="tag"&gt;Archives Autonomies&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/sans_titre-2-31-1ffa2.jpg?1774693650' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La bataille pour la la&#239;cit&#233; de l'enseignement sous la Commune, vue sous l'ange de l'&#233;volution historique, ne fait que continuer la lutte anticl&#233;ricale et la&#239;que entreprise &#224; la fin du Second Empire. Elle parach&#232;ve aussi l'effort constructif sur le plan scolaire r&#233;alise pendant le si&#232;ge par les r&#233;publicains et les socialistes plac&#233;s &#224; la t&#234;te des municipalit&#233;s d'arrondissement. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le terrain du combat se trouva, si l'on peut dire, d&#233;blay&#233; id&#233;ologiquement d&#232;s la constitution de la Commune par le groupe &#171; l'&#201;ducation Nouvelle &#187;, qui se r&#233;unissait, deux fois par semaine, &#224; l'&#233;cole Turgot, foyer de r&#233;novation p&#233;dagogique dont un professeur allait &#234;tre tu&#233; par une balle versaillaise et dont le directeur allait &#234;tre condamn&#233; &#224; la d&#233;portation dans une enceinte fortifi&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_6244 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;17&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L170xH230/louise_laffitte-823a1.jpg?1774693650' width='170' height='230' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt; Louise Laffitte&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'Education Nouvelle &#187; envoya &#224; l'H&#244;tel de Ville une d&#233;l&#233;gation comprenant les citoyennes Henriette Garoste, Louise Laffitte, Maria Verdure et les citoyens J. Manier, J. Rama et Rheims. Ces d&#233;l&#233;&#173;gu&#233;s d&#233;pos&#232;rent une requ&#234;te pr&#233;conisant la r&#233;forme radicale de l'enseignement des deux sexes. Elle faisait ressortir la n&#233;cessit&#233; d'une &#233;ducation r&#233;pu&#173;blicaine &#171; toute &#224; cr&#233;er &#187; et l'importance de l'&#233;ducation, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;question-m&#232;re qui embrasse et domine toutes les questions politiques et sociales et sans la solution de laquelle il ne sera jamais fait de r&#233;formes s&#233;rieuses et durables&lt;/q&gt;. Elle demandait, en cons&#233;quence, que l'instruction f&#251;t consid&#233;r&#233;e &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;comme un service public de premier ordre&lt;/q&gt; et dev&#238;nt &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;un droit &#224; la port&#233;e de tout enfant quelle que soit sa position sociale et un devoir pour les parents ou pour les tuteurs ou pour la soci&#233;t&#233;&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La requ&#234;te insistait sur la n&#233;cessit&#233; de la la&#239;cit&#233; dont elle tirait le principe d'une question de fait, &#224; savoir que &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;les maisons d'instruction et d'&#233;duca&#173;tion entretenues par la commune ou par le d&#233;par&#173;tement ou par l'&#201;tat doivent &#234;tre ouvertes aux enfants de tous les membres de la collectivit&#233;, quelles que soient les croyances intimes de chacun d'eux&lt;/q&gt;. Puis, invoquant la libert&#233; de conscience et la justice, la requ&#234;te demandait d'urgence :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;UNE V&#201;RITABLE CHARTE DE LA LA&#207;CIT&#201;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que l'instruction religieuse ou dogmatique soit laiss&#233;e tout enti&#232;re &#224; l'initiative et &#224; la direction libre des familles, et qu'elle soit imm&#233;diatement et radicalement supprim&#233;e pour les deux sexes dans toutes les &#233;coles, dans tous les &#233;tablissements dont les frais sont pay&#233;s par l'imp&#244;t ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que ces maisons d'instruction et d'&#233;ducation ne contiennent aux places expos&#233;es aux regards des &#233;l&#232;ves ou du public aucun objet du culte, aucune image religieuse :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'il n'y soit enseign&#233; ou pratiqu&#233; en commun ni pri&#232;res, ni dogmes, ni rien de ce qui est r&#233;serv&#233; &#224; la conscience individuelle ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'on n'y emploie exclusivement que la m&#233;thode exp&#233;rimentale ou scientifique, celle qui part tou&#173;jours de l'observation des faits, quelle qu'en soit la nature : physiques, moraux, intellectuels ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que toutes les questions du domaine religieux soient compl&#232;tement supprim&#233;es dans tous les examens publics, et principalement dans les exa&#173;mens pour brevets de capacit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'enfin les corporations enseignantes ne puis&#173;sent plus exister que comme &#233;tablissements priv&#233;s ou libres.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Ces six alin&#233;as sont &#224; ce point pr&#233;cis que, dans leur bri&#232;vet&#233;, ils ne laissent rien dans l'ombre. Pour l'&#233;poque, ils constituent une sorte de charte de la la&#239;cit&#233;, en avance de quinze ans sur les premi&#232;res r&#233;alisations de la III&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; R&#233;publique.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_6245 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L282xH396/vaillantjeune-2-7d6aa.jpg?1774693651' width='282' height='396' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Edouard Vaillant&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Les membres de la Commune qui re&#231;urent la d&#233;l&#233;gation se montr&#232;rent tout &#224; fait partisans de la r&#233;forme de l'&#233;ducation dans le sens indiqu&#233;. Ils en affirm&#232;rent &#171; l'importance capitale &#187; et estim&#232;rent qu'une telle d&#233;marche les encourageait &#224; entrer dans la voie de la r&#233;novation scolaire. Quant &#224; &#201;douard Vaillant, d&#233;l&#233;gu&#233; &#224; l'enseigne&#173;ment, qui entendait pratiquer avec les &#233;ducateurs la&#239;cs la m&#233;thode de collaboration, il choisit parmi les membres de la sous-commission dite &#171; d'organi&#173;sation de l'enseignement &#187; deux des d&#233;l&#233;gu&#233;s de &#171; l'&#201;ducation Nouvelle &#187; : Rama et Manier. Le premier devait poursuivre, tant dans cette commis&#173;sion qu'aux Batignolles (17&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;), un effort remarquable en faveur de la la&#239;cit&#233;. Le second devait faire fonction d'adjoint &#224; l'Instruction publique pour l'enseignement primaire et, en cette qualit&#233;, contri&#173;buer d'une fa&#231;on majeure &#224; la la&#239;cisation du personnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vue sous un autre angle, la bataille pour la la&#239;cit&#233; de l'enseignement sous la Commune se relie &#233;troitement &#224; toute la politique anticl&#233;ricale des hommes du 18 mars, qui n'est elle-m&#234;me qu'une forme de d&#233;fense contre les intrigues ver&#173;saillaises. Cette politique trouve son expression dans la loi de s&#233;paration de l'&#201;glise et de l'&#201;tat vot&#233;e par l'Assembl&#233;e communaliste le 3 avril. Cette loi sp&#233;cifie, en son article 3, que les biens des congr&#233;gations religieuses &#8211; donc des congr&#233;&#173;gations enseignantes &#8211; deviennent propri&#233;t&#233;s nationales. En outre, les mesures tendant &#224; la&#239;ciser les services d'assistance compl&#232;tent l'&#339;uvre de la&#239;cisation scolaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, l'enseignement religieux se trouve atteint durement par des rigueurs frappant ses t&#234;tes les plus repr&#233;sentatives. C'est ainsi que, successive&#173;ment, furent arr&#234;t&#233;s : le R.P. Ducoudray, J&#233;suite, recteur de l'Ecole Sainte-Genevi&#232;ve (3 avril) ; le R.P. Olivaint, sup&#233;rieur, et le P. Caubert, &#233;cono&#173;me de la Maison des J&#233;suites de la rue de S&#232;vres (5 avril) ; Icart, sup&#233;rieur ; Roussel et Hogan, directeurs du S&#233;minaire de Saint-Sulpice (6 avril) ; Calixte, premier assistant des Fr&#232;res de la Doctrine chr&#233;tienne (11 avril) ; Sire, professeur au s&#233;mi&#173;naire de Saint-Sulpice (16 avril). On doit observer que certains r&#233;sultats furent obtenus par la force m&#234;me des choses. En effet, la lutte prenant un &#171; caract&#232;re plus mena&#231;ant &#187;, les Fr&#232;res de Saint-&#173;Nicolas-d'Issy ferm&#232;rent eux-m&#234;mes leur &#233;tablis&#173;sement le 30 avril.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 11 mai, Vaillant annon&#231;a que l'enseignement religieux devait dispara&#238;tre des &#233;coles parisiennes. Il intima l'ordre aux instituteurs et institutrices d'enlever &#171; les crucifix, madones et autres symbo&#173;les &#187; qui pouvaient encore rester dans les classes comme offensant la libert&#233; de conscience. Il sp&#233;ci&#173;fia que les objets de cette nature en m&#233;tal pr&#233;cieux seraient inventori&#233;s et envoy&#233;s &#224; la Monnaie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vaillant se rendit compte qu'il ne pourrait obte&#173;nir une la&#239;cisation v&#233;ritable des &#233;coles, tant qu'il y aurait non seulement des instituteurs congr&#233;ga&#173;nistes, mais des inspecteurs plus ou moins imbus d'id&#233;ologie religieuse. Aussi, le 13 mai, il r&#233;voqua les inspecteurs et inspectrices des &#233;coles primaires et des &#233;coles de chant nomm&#233;s par l'ancienne administration et remit l'inspection du premier degr&#233; &#224; la fois aux membres de la Commission de l'Enseignement &#233;lus par l'Assembl&#233;e et &#224; des d&#233;l&#233;gu&#233;s munis d'un &#171; pouvoir sp&#233;cial &#187; d&#233;livr&#233; par lui.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_6243 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;41&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L344xH469/tinayre_victoire-0a573-c2ca0.jpg?1774693651' width='344' height='469' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Marguerite Victoire Tinayre (1831-1895) &lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Parmi les inspectrices qui exerc&#232;rent sous les ordres de Vaillant figure la citoyenne Tinayre, qui avait &#233;t&#233; charg&#233;e par le gouvernement de la D&#233;fense nationale de r&#233;organiser les &#233;coles de filles de la ville de Paris. Elle paya son attache&#173;ment &#224; la Commune de la mort de son mari, fusill&#233;, sans qu'on ait pu retrouver sa trace, et de neuf ans d'exil en Suisse. Elle se montra toujours fi&#232;re d'avoir servi la &#171; glorieuse &#187; insurrection. C'est la m&#232;re du graveur Julien Tinayre &#8211; &#233;poux de la romanci&#232;re Marcelle Tinayre &#8211; et du peintre Louis Tinayre, bien connu par ses belles toiles de Louise Michel et de Rog&#233;ard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Co&#239;ncidence curieuse, le jour m&#234;me o&#249; Vaillant proc&#233;dait aux r&#233;vocations d'universitaires d&#233;vou&#233;s &#224; l'ancien r&#233;gime, Jules Simon &#224; Versailles, pour le compte du gouvernement de Thiers, suspendait trois professeurs qui avaient parl&#233; avec sympathie de la Commune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut croire que ces professeurs n'&#233;taient pas seuls &#224; s'affirmer pour la Commune, puisque, dans une circulaire sp&#233;ciale, le ministre versaillais rap&#173;pelait les &#233;ducateurs &#224; leur &#171; devoir &#187;, leur inter&#173;disait les controverses passionn&#233;es et n'admettait que la collaboration &#171; en bonne compagnie &#187; dans des &#171; journaux qui se respectent &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la m&#234;me date du 13 mai, Vaillant r&#233;clama des municipalit&#233;s d'arrondissement un &#233;tat du personnel en fonction (la&#239;c et congr&#233;ganiste), afin de d&#233;nombrer les ma&#238;tres d&#233;faillants et vraisem&#173;blablement de voir dans quelle mesure le licencie&#173;ment pouvait s'op&#233;rer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est visible que Vaillant est guid&#233; par le souci de concilier la poursuite rapide de la la&#239;cisation et le d&#233;sir de ne pas priver brusquement de ma&#238;tres un trop grand nombre d'&#233;coles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De leur c&#244;t&#233;, des membres et des partisans de la Commune trouvaient que la la&#239;cisation n'allait pas assez vite. D&#233;j&#224;, le 9 mai, la section des Grandes-Carri&#232;res de l'Internationale (18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;) avait vot&#233; une motion demandant que la Commune pers&#233;v&#232;re &#171; dans la voie du progr&#232;s de l'esprit humain &#187; en d&#233;cr&#233;tant &#171; l'instruction la&#239;que, primaire et professionnelle obligatoire et gratuite &#224; tous les degr&#233;s &#187;. D'autre part, les blanquistes, dont la lutte contre l'&#201;glise &#233;tait pour ainsi dire une sp&#233;cialit&#233;, ne cessaient de r&#233;criminer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vaillant lui-m&#234;me &#233;tait loin d'&#234;tre satisfait. Il se voyait aux prises, d'un c&#244;t&#233;, avec la mauvaise volont&#233; de certaines municipalit&#233;s, de l'autre, avec l'activit&#233; des j&#233;suites qui intervenaient partout et sous toutes les formes. Dans des arrondissements, les congr&#233;ganistes se trouvaient liquid&#233;s en deux jours. Dans d'autres, ils subsistaient, refusant d'ob&#233;ir aux ordres de la Commune qu'ils savaient, avant tout, pr&#233;occup&#233;e de sa d&#233;fense.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 14 mai, entrant dans une voie plus &#233;nergique, Vaillant publiait une note enjoignant que, partout o&#249; de semblables r&#233;sistances se produiraient, elles devaient &#234;tre &#171; imm&#233;diatement bris&#233;es &#187; et les r&#233;calcitrants arr&#234;t&#233;s. Les municipalit&#233;s d'arrondis&#173;sement et le d&#233;l&#233;gu&#233; &#224; la S&#251;ret&#233; g&#233;n&#233;rale &#233;taient invit&#233;s &#224; agir &#171; rapidement et &#233;nergiquement &#187; en ce sens et &#224; s'entendre &#224; cet effet avec la d&#233;l&#233;ga&#173;tion de l'enseignement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour en souligner l'importance, cette note fut approuv&#233;e et contresign&#233;e par Eudes et Gambon, au nom du Comit&#233; de Salut Public. Elle ne mit pas fin &#224; la r&#233;sistance de certains membres de l'Assembl&#233;e, en tant que gestionnaires de l'arron&#173;dissement qui les avait &#233;lus. Ainsi s'explique l'in&#173;tervention de Vaillant &#224; la Commune, le 17 mai, et la proposition qu'il fit adopter. Elle parut &#224; l'&#171; &lt;i&gt;Officiel&lt;/i&gt; &#187; en ces termes :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Dans les quarante-huit heures, un &#233;tat sera dress&#233; de tous les &#233;tablissements tenus encore, malgr&#233; les ordres de la Commune, par les congr&#233;&#173;ganistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les noms des membres de la Commune d&#233;l&#233;gu&#233;s &#224; la municipalit&#233; de l'arrondissement, o&#249; les ordres de la Commune relatifs &#224; l'&#233;tablissement de l'en&#173;seignement exclusivement la&#239;que n'auront pas &#233;t&#233; ex&#233;cut&#233;s, seront publi&#233;s chaque jour dans l'&lt;i&gt;Officiel&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Cette mesure vigoureuse arrivait trop tard. La Commune n'avait plus que six jours &#224; vivre et il est &#233;vident que les mesures militaires, m&#234;me, et surtout pour Vaillant qui si&#233;geait &#224; l'Ex&#233;cutif, absorbaient l'activit&#233; de tous ses membres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La R&#233;volution du 18 mars ne s'effondra pour&#173;tant point sur un faible bilan la&#239;c. La preuve en est administr&#233;e en passant en revue l'&#339;uvre des municipalit&#233;s d'arrondissement. Du reste, redevenu pr&#233;fet de la Seine, Jules Ferry reconnaissait, dans sa premi&#232;re circulaire relative &#224; l'instruction pri&#173;maire, que les la&#239;cisations d'&#233;coles s'&#233;taient effec&#173;tu&#233;es &#171; en beaucoup plus grand nombre &#187; que pendant le si&#232;ge.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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