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		<title>PARTAGE NOIR</title>
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		<title>Proudhon - Sociologie et r&#233;volution</title>
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		<dc:date>2025-09-01T22:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre Ansart </dc:creator>


		<dc:subject>Pierre-Joseph Proudhon</dc:subject>
		<dc:subject>&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>@narlivres</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Par son analyse de la propri&#233;t&#233; et du travail, de l'&#201;tat, de la justice... Proudhon fait &#339;uvre de sociologue. Mais la connaissance des m&#233;canismes sociaux ne doit pas &#234;tre st&#233;rile, elle n'a de sens qu'en constituant le point de d&#233;part d'une th&#233;orie et d'une pratique r&#233;volutionnaires.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-itineraire-une-vie-une-pensee-no7-pierre-joseph-proudhon-" rel="directory"&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e n&#176;7 : &#171; Pierre-Joseph Proudhon &#187;&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-itineraire-une-vie-une-pensee-+" rel="tag"&gt;&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-source-narlivres-+" rel="tag"&gt;@narlivres&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/sans_titre-2-24-66ff0.jpg?1774715348' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Par son analyse de la propri&#233;t&#233; et du travail, de l'&#201;tat, de la justice... Proudhon fait &#339;uvre de sociologue. Mais la connaissance des m&#233;canismes sociaux ne doit pas &#234;tre st&#233;rile, elle n'a de sens qu'en constituant le point de d&#233;part d'une th&#233;orie et d'une pratique r&#233;volutionnaires.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;D&#232;s 1840, dans son ouvrage intitul&#233; &lt;i&gt;Qu'est-ce que la Propri&#233;t&#233; ?&lt;/i&gt;, Proudhon exprime son intention de rassembler les &#233;l&#233;ments d'une v&#233;ritable science de la soci&#233;t&#233;. Il s'agit, pour lui, de faire une d&#233;nonciation v&#233;h&#233;mente du &#171; vol &#187; que constitue l'extorsion des profits gr&#226;ce &#224; la propri&#233;t&#233; des moyens de production (&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;la propri&#233;t&#233; c'est le vol&lt;/q&gt;), mais aussi de d&#233;montrer scientifiquement l'existence de cette exploitation. Il s'agit d'associer &#224; l'indignation militante l'analyse de cette exploitation et de ses m&#233;canismes. Et, d&#232;s ses premiers travaux, il indique clairement qu'il faudrait fonder le projet r&#233;volutionnaire, non sur le r&#234;ve de la cit&#233; future comme le font alors les utopistes (Fourier, les saint-simoniens, E. Cabet), mais sur une connaissance scientifique des r&#233;alit&#233;s sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Proudhon participe ainsi, dans ces ann&#233;es 1840-1865, &#224; un mouvement de critique de l'ordre &#233;tabli, aspirant &#224; &#233;chapper aux improvisations et &#224; fonder le projet r&#233;volutionnaire sur une meilleure connaissance des faits. A ce mouvement participent Saint-Simon, Marx, mais Proudhon va y prendre une position originale, par certains c&#244;t&#233;s plus radicale et, par d'autres, plus r&#233;aliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier volet de cette science sociale est constitu&#233; historiquement par l'analyse critique du &#171; r&#233;gime propri&#233;taire &#187;. C'est l'objet des &lt;i&gt;M&#233;moires sur la Propri&#233;t&#233;&lt;/i&gt; (1840-1842), puis du &lt;i&gt;Syst&#232;me des contradictions &#233;conomiques&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;Philosophie de la mis&#232;re&lt;/i&gt; (1846). Proudhon se propose de d&#233;montrer que le profit capitaliste est bien un &#171; vol &#187;, une extorsion qui d&#233;finit une situation de violence entre le capital et le travail. Sa d&#233;monstration se fonde sur le fait du travail organis&#233; : en &#233;tant r&#233;unis au sein de cette organisation, les travailleurs constituent une force &#8212; la &#171; force collective &#187; &#8212; bien sup&#233;rieure &#224; ce que serait une simple somme des efforts individuels. La division et l'organisation du travail cr&#233;ent ainsi une force collective, mais les r&#233;sultats de cette force sont pr&#233;cis&#233;ment accapar&#233;s par le capitaliste. Celui-ci ne r&#233;tribue, en effet, chaque travailleur qu'individuellement par un salaire qui correspond aux frais d'entretien de la force de travail. Quant aux valeurs qui sont issues de cette force collective, le capital se les approprie l&#233;galement, mais, en r&#233;alit&#233;, gr&#226;ce &#224; un rapport social de violence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re le&#231;on de cette analyse socio-&#233;conomique est claire et Proudhon en d&#233;veloppe les cons&#233;quences dans le &lt;i&gt;Syst&#232;me des contradictions &#233;conomiques&lt;/i&gt; : le capitalisme est, n&#233;cessairement, un rapport d'ali&#233;nation, de vol, qui oppose dans un rapport de &#171; guerre &#187; le capitaliste et le travailleur. Ce rapport est, certes, voil&#233; par les lois et les l&#233;gitimations fallacieuses, mais d&#232;s lors qu'une classe sociale accapare les instruments de production et rel&#232;gue la force du travail dans le salariat, il y a n&#233;cessairement vol, violence et ali&#233;nation. C'est dire aussi que la simple &#171; possession &#187; n'est pas ici en cause. Si un paysan, par exemple, ou un artisan, poss&#232;de sa terre ou ses instruments de production, il n'est &#233;videmment pas un capitaliste vivant du travail d'autrui. Cette distinction est importante, elle devra &#234;tre retenue pour &#233;difier les projets de r&#233;volution sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On voit, par cette analyse du &#171; r&#233;gime propri&#233;taire &#187; que l'opposition du capital et du travail dresse l'une contre l'autre deux classes : la classe des entrepreneurs-capitalistes, d&#233;tenteurs des moyens de production, et celle des travailleurs, contraints de subir la loi du capital pour subsister. Mais on voit aussi que ce conflit, aussi important qu'il soit, n'&#233;puise pas tous les rapports sociaux. La classe des agriculteurs &#233;chappe, dans une large mesure, &#224; ce rapport d'exploitation, de m&#234;me que l'artisanat qui emploie peu la force de travail salari&#233;e ; de m&#234;me encore, beaucoup de professions lib&#233;rales et de petits commer&#231;ants &#233;chappent aux rapports strictement capitalistes. Une large classe moyenne demeure donc, et il faudra tenir compte de ces situations pour en com-prendre les attitudes politiques.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'&#201;tat &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les rapports socio-&#233;conomiques ne sont cependant pas les seuls qu'il faille consid&#233;rer. Proudhon, en effet, ne tombera jamais dans les exc&#232;s de &#171; l'&#233;conomisme &#187; et ne croira jamais que le mode de production d&#233;termine toute la soci&#233;t&#233;, m&#234;me dans la p&#233;riode de l'expansion industrielle. Parmi les fondateurs de la sociologie, il a, en effet, pour originalit&#233;, d'analyser tr&#232;s longuement les rapports politiques, les relations de pouvoir, et d'en faire une critique corrosive. C'est surtout au cours de la R&#233;volution de 1848, de f&#233;vrier 1848 &#224; 1852, qu'il a mesur&#233; toute l'importance des rapports politiques et aper&#231;u l'&#233;tendue des id&#233;ologies et des mythologies entourant les pouvoirs. D&#233;put&#233; &#224; l'Assembl&#233;e nationale, de juin 1848 &#224; mars 1849, t&#233;moin de la r&#233;pression sanglante de juin, emprisonn&#233; pendant trois ans pour ses articles publi&#233;s contre Louis Bonaparte, il eut alors de multiples occasions de m&#233;diter sur la violence politique, sur l'&#201;tat et son emprise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un th&#232;me fondamental de sa r&#233;flexion concerne l'opposition essentielle entre l'&#201;tat et la soci&#233;t&#233; civile. Il d&#233;nonce avec virulence l'illusion qui fait croire que le pouvoir d'&#201;tat aurait les m&#234;mes int&#233;r&#234;ts que l'ensemble des producteurs. Tout au contraire, dit-il, le pouvoir politique est &#171; ext&#233;rieur &#187; &#224; la soci&#233;t&#233; civile ; il ne tire sa force et sa puissance qu'en vivant aux d&#233;pens des producteurs. Proudhon rapproche et compare l'ali&#233;nation politique de l'ali&#233;nation capitaliste : de m&#234;me que le capital s'approprie les valeurs produites par les travailleurs &#224; son seul profit, de m&#234;me la classe gouvernante s'approprie les volont&#233;s des citoyens dans son int&#233;r&#234;t propre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Proudhon va beaucoup plus loin dans cette critique de l'&#201;tat que Saint-Simon, Marx ou Engels. Il pense que l'appareil gouvernemental et &#233;tatique s'oppose terme &#224; terme aux dynamismes et aux aspirations des travailleurs, qu'il est m&#251; par un v&#233;ritable d&#233;terminisme qui ne cesse de l'opposer aux dynamismes de la soci&#233;t&#233; civile. Alors que cette soci&#233;t&#233; ne cesse de revendiquer des libert&#233;s, de susciter des initiatives, l'&#201;tat centralisateur ne cesse de r&#233;genter les libert&#233;s qui sont autant de menaces pour son emprise. Alors que la soci&#233;t&#233; g&#233;n&#232;re des changements &#233;conomiques et sociaux, l'&#201;tat impose son ordre m&#233;canique. Alors que la soci&#233;t&#233; tend incessamment &#224; contester les hi&#233;rarchies et &#224; susciter des rapports d'&#233;galit&#233; et de r&#233;ciprocit&#233;, l'&#201;tat combat les tendances &#233;galitaires, impose sa hi&#233;rarchie et ses distinctions. L'&#201;tat centralis&#233; est donc anim&#233; d'un d&#233;terminisme qui conduit finalement &#224; la logique polici&#232;re et guerri&#232;re, d&#233;terminisme dont il faudra, l&#224; encore, prendre clairement la mesure pour fonder un projet r&#233;volutionnaire. La revendication anarchiste que Proudhon formule le plus vigoureusement dans les ann&#233;es r&#233;volutionnaires de 1848 &#224; 1852 est fond&#233;e sur cette analyse de la nocivit&#233; essentielle de l'&#201;tat centralis&#233;, source d'oppression, de violence et de guerre.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5863 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/sans_titre-3-22.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH460/sans_titre-3-22-88ace.jpg?1774915567' width='500' height='460' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;De la Justice &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Un troisi&#232;me volet de la sociologie de Proudhon doit aussi &#234;tre soulign&#233; : il concerne la nature et les fonctions des syst&#232;mes de repr&#233;sentations, des croyances, des id&#233;ologies. Proudhon, en effet, n'a jamais adh&#233;r&#233; &#224; un mat&#233;rialisme sommaire faisant de l'organisation &#233;conomique ou technologique la seule &#171; cause &#187; des structures sociales. Comme il l'&#233;crit en 1843, les rapports sociaux sont de nature &#171; id&#233;o-r&#233;aliste &#187;, c'est-&#224;-dire qu'ils sont &#224; la fois des r&#233;alit&#233;s d'ordre mat&#233;riel et des rapports de sens. Ainsi les significations que les &#234;tres humains donnent &#224; leurs actions, leurs croyances ou leurs illusions, leurs modes de connaissance ont bien une importance majeure et, l&#224; encore, faudra-t-il en tenir compte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi, de 1855 &#224; 1858, il se consacre &#224; la r&#233;daction de son &#339;uvre monumentale qu'est &lt;i&gt;De la Justice dans la R&#233;volution et dans l'&#201;glise&lt;/i&gt;, qui para&#238;t en avril 1858, et est imm&#233;diatement interdite par le gouvernement du Second Empire. Le th&#232;me g&#233;n&#233;ral du livre, comme son titre l'indique, oppose radicalement deux philosophies : celle des religions monoth&#233;istes et celle de la r&#233;volution sociale. Alors que les religions ne cessent de justifier les id&#233;aux transcendants et donc la soumission des hommes &#224; des principes qui leur sont ext&#233;rieurs, la r&#233;volution sociale devra se fonder sur des principes immanents &#224; la conscience, au droit et &#224; la pratique : ceux de justice et d'&#233;galit&#233;. La critique de Proudhon va tr&#232;s au-del&#224; d'une pol&#233;mique anticl&#233;ricale : il veut d&#233;noncer toute th&#233;orie qui l&#233;gitimerait des principes &#171; absolus &#187; (l'&#201;tat, la Communaut&#233;, la Nation...) et r&#233;introduirait une &#171; cause &#187; ext&#233;rieure aux humains justifiant, &#224; nouveau, leur soumission. A travers cette d&#233;nonciation des absolus, Proudhon d&#233;finit ce que devrait &#234;tre la &#171; philosophie populaire &#187; d'une soci&#233;t&#233; post-r&#233;volutionnaire : philosophie de la justice comme principe fondamental des rapports sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette sociologie devrait &#234;tre, &#224; ses yeux, le fondement d'une th&#233;orie et d'une pratique r&#233;volutionnaires. Cependant, il ne s&#233;pare pas compl&#232;tement l'analyse des r&#233;alit&#233;s sociales, la constitution d'une science sociale, et l'&#233;laboration des conclusions pratiques. Il est, en cela, tr&#232;s &#233;loign&#233; d'une pens&#233;e purement positiviste, soucieuse seulement d'accumuler des donn&#233;es empiriques sans perspectives d'action. D&#232;s ses premiers travaux, il proclame son dessein d'&#339;uvrer pour la classe dont il est issu, la classe ouvri&#232;re, et il est rest&#233; fid&#232;le &#224; ce premier engagement : la science sociale n'a, pour lui, de sens et d'importance qu'en raison des lumi&#232;res qu'elle apporte pour l'&#233;dification de la soci&#233;t&#233; de justice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On voit imm&#233;diatement que la science sociale, telle qu'elle a &#233;t&#233; constitu&#233;e, apprend &#224; &#233;carter aussi vigoureusement le lib&#233;ralisme individualiste que &#171; l'utopie &#187; communiste. L'abandon aux seules lois du march&#233; capitaliste ne fait r&#233;gner, comme on le voit par le renouvellement des contradictions &#233;conomiques, que des rapports de force destructeurs des relations sociales. De plus, le capitalisme maintient les rapports de domination dans les entreprises et fonde ainsi les relations &#233;tatiques d'autorit&#233; et de soumission.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La science sociale condamne aussi clairement le projet communiste, En fait, ce projet d'une totale appropriation des moyens de production par l'&#201;tat nie le principe m&#234;me de la vie sociale qu'est la n&#233;cessit&#233; du pluralisme. Quelles que soient les intentions des communistes (et Proudhon pense ici aux projets des communistes de l'&#233;poque, tels &#201;tienne Cabet ou Constantin Pecqueur), l'&#201;tat communiste ne ferait que renforcer les traits de l'&#201;tat capitaliste : la police et l'arm&#233;e. Il serait n&#233;cessairement conduit &#224; lutter contre les libert&#233;s individuelles et collectives et m&#232;nerait in&#233;luctablement au &#171; despotisme &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Propri&#233;t&#233; collective et f&#233;d&#233;ralisme &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;C'est bien entre ces deux &#233;cueils, entre le r&#233;gime propri&#233;taire et le communisme liberticide que doit se construire le projet de la r&#233;volution sociale. L'id&#233;e centrale de Proudhon est bien que la r&#233;volution future ne peut plus &#234;tre une r&#233;volution politique, limit&#233;e &#224; des changements de personnels, de partis ou de structures politiques, mais bien une r&#233;volution &#233;conomique, sociale, bouleversant les rapports de travail et de production, ce que ne firent ni la R&#233;volution de 1789 ni celles de 1830 et 1848. Il ne s'agit plus de transformer les pouvoirs politiques, mais bien de les subordonner au monde du travail. Pour reprendre l'expression de Saint-Simon : il faut que l'atelier se substitue au gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seul un syst&#232;me pluraliste, une d&#233;mocratie industrielle, permettrait de lib&#233;rer le travail, de respecter la libert&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
du petit producteur (paysan, artisan) dans un r&#233;gime de &#171; possession &#187; socialis&#233;e, et, pour les grandes entreprises, de lib&#233;rer les travailleurs dans un r&#233;gime d'autogestion et de propri&#233;t&#233; collective. L'une des parties les plus originales et les plus novatrices de l'&#339;uvre de Proudhon r&#233;side certainement dans cette th&#233;orie des &#171; conseils &#187; ouvriers et dans cette nouvelle repr&#233;sentation de la grande entreprise comme lieu social de formation, de participation et de d&#233;mocratie, lieu, non plus seulement de production, mais bien de formation, de r&#233;alisation de soi et des libert&#233;s concr&#232;tes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la derni&#232;re p&#233;riode de son existence, Proudhon, face aux tensions europ&#233;ennes et internationales, a, plus nettement que dans ses &#233;crits ant&#233;rieurs, insist&#233; sur la n&#233;cessit&#233; d'int&#233;grer ces conceptions &#233;conomiques dans une organisation f&#233;d&#233;raliste g&#233;n&#233;ralis&#233;e. Dans son livre de 1863, &lt;i&gt;Du Principe f&#233;d&#233;ratif&lt;/i&gt;, il rappelle les dangers que font courir aux peuples les grands &#201;tats centralis&#233;s et d&#233;montre que, seule, une organisation f&#233;d&#233;rale internationale pourra assurer la paix au monde. Il d&#233;montre l'insuffisance d'un f&#233;d&#233;ralisme r&#233;duit aux seuls rapports politiques : le f&#233;d&#233;ralisme g&#233;n&#233;ralis&#233; devrait &#234;tre &#224; la fois territorial, &#233;conomique et social ; sa garantie de fonctionnement serait l'&#233;tablissement de relations &#233;conomiques f&#233;d&#233;rales &#224; tous les niveaux, depuis les relations mutuellistes entre les communes et les r&#233;gions jusqu'aux relations &#233;conomiques internationales entre les anciennes provinces des diff&#233;rents pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une telle r&#233;volution, non plus politique et superficielle, mais &#233;conomique et sociale, ne sera possible que par l'action des classes ouvri&#232;res, d&#233;barrass&#233;es des illusions &#233;tatiques. Dans son livre de 1865,&lt;i&gt; De la capacit&#233; politique des classes ouvri&#232;res&lt;/i&gt;, qui est, en quelque sorte, son testament intellectuel, Proudhon r&#233;affirme sa th&#232;se centrale selon laquelle la r&#233;volution sociale doit &#234;tre men&#233;e par les classes ouvri&#232;res, c'est-&#224;-dire par l'ensemble des producteurs, conscients de leur v&#233;ritable r&#244;le social, s'emparant directement de la gestion et de l'organisation de la production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Proudhon ne pol&#233;mique pas explicitement contre les pr&#233;tentions d'un &#233;ventuel parti ouvrier &#224; diriger autoritairement les luttes, mais son &#339;uvre condamne toutes les tentatives pour capter les luttes ouvri&#232;res au profit d'un &#201;tat, d'un parti ou de nouveaux appareils bureaucratiques pr&#233;tendument ouvriers.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Proudhon prol&#233;taire </title>
		<link>https://www.partage-noir.fr/proudhon-proletaire</link>
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		<dc:date>2025-01-15T07:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Basson</dc:creator>


		<dc:subject>Pierre-Joseph Proudhon</dc:subject>
		<dc:subject>&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>@narlivres</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Voyage dans le temps et l'espace pour retrouver l'influence de cet &#171; humaniste du travail &#187;. Partout o&#249; la libert&#233; s'est oppos&#233;e &#224; l'autorit&#233;, on distingue les traces de sa pens&#233;e. Mais c'est en d&#233;passant l'id&#233;alisme proudhonien et ses contradictions, que les travailleurs ont su mettre &#224; profit ses enseignements r&#233;volutionnaires.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/sans_titre-2-8-464f7.jpg?1774715348' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Voyage dans le temps et l'espace pour retrouver l'influence de cet &#171; humaniste du travail &#187;. Partout o&#249; la libert&#233; s'est oppos&#233;e &#224; l'autorit&#233;, on distingue les traces de sa pens&#233;e. Mais c'est en d&#233;passant l'id&#233;alisme proudhonien et ses contradictions, que les travailleurs ont su mettre &#224; profit ses enseignements r&#233;volutionnaires.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En 1840 &#8211; il n'a que trente et un an &#8211; Proudhon r&#233;dige &lt;i&gt;Qu'est-ce que la propri&#233;t&#233; ?&lt;/i&gt; o&#249; il d&#233;montre que le capi&#173;taliste &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;s'adjuge le b&#233;n&#233;fice de la force collective&lt;/q&gt;. Il s'approprie ce qui, dans la production, est le fruit d'un effort collectif, une valeur n&#233;e de l'association. Cette appropriation est un vol, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;la propri&#233;t&#233; c'est le vol&lt;/q&gt;. R&#233;dig&#233;e dans un langage accessible &#224; tous, cette &#339;uvre a un grand retentissement. La d&#233;monstra&#173;tion de Proudhon fait dire &#224; Marx : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Maintenant nous avons une th&#233;orie du prol&#233;tariat&lt;/q&gt;. Ce n'est qu'en 1867 que Marx exposera sa th&#233;orie de la plus-value dans &lt;i&gt;le Capital&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s 1844 Proudhon s'attaque &#224; la r&#233;daction du &lt;i&gt;Syst&#232;me des contradic&#173;tions &#233;conomiques&lt;/i&gt; publi&#233; en 1846, ouvrage plus complexe, o&#249; il appro&#173;fondit son analyse et auquel Marx, changeant de ton, r&#233;pond par son m&#233;prisant &lt;i&gt;Mis&#232;re de la philosophie&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais Proudhon ne s'enferme pas dans son cabinet de travail et participe au mouvement social. En f&#233;vrier 1848 il entreprend la publication d'un p&#233;riodique,&lt;i&gt; le Repr&#233;sentant du Peuple&lt;/i&gt; qui, malgr&#233; les pers&#233;cutions gouvernementales, se vend &#224; 40 000 exemplaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour lui, la R&#233;volution de f&#233;vrier qui a renvers&#233; Louis-Philippe n'est pas sociale, mais seulement politique et il ne peut &#234;tre question de &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;fonder le vrai socialisme par l'initiative du gouvernement&lt;/q&gt;. La solution au probl&#232;me social c'est l'association mutuelle. La gestion des instruments de production et des &#233;changes doit &#234;tre confi&#233;e aux associations ouvri&#232;&#173;res. Dans son journal il proclame : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Nous, producteurs associ&#233;s ou en voie d'association, nous n'avons pas besoin de l'&#201;tat (...). Nous voulons que ces associations soient (...) le premier noyau de cette vaste f&#233;d&#233;ra&#173;tion de compagnies et de soci&#233;t&#233;s, r&#233;unies dans le commun lien de la r&#233;publique d&#233;mocratique et sociale&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Daniel Gu&#233;rin, Proudhon oui et non. &#233;d. Gallimard, p. 167.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La R&#233;volution de f&#233;vrier a provo&#173;qu&#233; l'&#233;closion d'une multitude d'associations ouvri&#232;res. Pour leur venir en aide, Proudhon tente l'exp&#233;&#173;rience d'une &#171; Banque du peuple &#187; qui doit appliquer les principes mutuellistes en offrant un cr&#233;dit gra&#173;tuit. Ce projet recueille 27 000 adh&#233;&#173;sions, mais il doit y renoncer &#224; la suite de sa condamnation &#224; trois ans de prison pour avoir publi&#233; des arti&#173;cles contre Louis-Napol&#233;on &#233;lu pr&#233;si&#173;dent de la R&#233;publique. Par ailleurs, &#224; propos de ces associations, Proudhon ne va pas tarder &#224; d&#233;chanter car il n'est gu&#232;re possible de maintenir sans d&#233;rive ces &#238;lots d'autogestion ouvri&#232;re dans une &#233;conomie de mar&#173;ch&#233; et sous la pression de l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les 4-5 juin 1848, Proudhon se pr&#233;sente aux l&#233;gislatives et 77 000 &#233;lecteurs l'envoient &#224; l'Assembl&#233;e. Trois semaines plus tard, l'&#233;crase&#173;ment par Cavaignac du prol&#233;tariat parisien le bouleverse et, dans ses &lt;i&gt;Carnets&lt;/i&gt;, il note : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Pour moi, le sou&#173;venir des journ&#233;es de juin p&#232;sera &#233;ternellement comme un remords sur mon c&#339;ur... J'ai manqu&#233;, par h&#233;b&#233;&#173;tude parlementaire, &#224; mon devoir de repr&#233;sentant. J'&#233;tais l&#224; pour voir, et je n'ai pas vu ; pour jeter l'alarme, et je n'ai pas cri&#233; !&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Daniel Gu&#233;rin, Ni Dieu ni ma&#238;tre, &#233;d. Masp&#233;ro, tome I. p. 61.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant quand l'insurrection &#233;clate, il descend dans la rue. Quand le canon se tait il proclame, &#224; l'Assembl&#233;e, sa solidarit&#233; avec les &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;combattants de juin&lt;/q&gt;. Toute l'Assembl&#233;e se d&#233;cha&#238;ne contre lui. Son journal est saisi et doit changer de nom. D&#233;sormais, c'est dans &lt;i&gt;le Peuple&lt;/i&gt; qu'il m&#232;ne sa campagne de soutien &#224; Raspail, candidat &#224; l'&#233;lec&#173;tion pr&#233;sidentielle du 10 d&#233;cembre 1848, en pr&#233;cisant qu'il ne s'agit pas de &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;donner &#233;ventuellement &#224; la R&#233;publique un chef : loin de l&#224;, nous acceptons Raspail comme protesta&#173;tion vivante contre le principe de la Pr&#233;sidence !&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1863 et 1864, le gouvernement imp&#233;rial organise des &#233;lections. L'empire autoritaire est devenu, en effet, une entrave au d&#233;veloppement du capital industriel et financier, et &#171; l'empire lib&#233;ral &#187; doit lui succ&#233;der. En mars 1864, Tolain, ouvrier cise&#173;leur, se pr&#233;sente &#224; Paris avec le sou&#173;tien d'un comit&#233; de soixante mem&#173;bres qui publie un &lt;i&gt;Manifeste &lt;/i&gt; rest&#233; c&#233;l&#232;bre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la conclusion qu'il ajoute &#224; &lt;i&gt;De la capacit&#233; politique des classes ouvri&#232;res&lt;/i&gt;, Gustave Chaudey, ex&#233;cu&#173;teur testamentaire de Proudhon, &#233;crit : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Selon Proudhon, les classes ouvri&#232;res n'ont fait leur v&#233;ritable entr&#233;e sur la sc&#232;ne politique qu'aux derni&#232;res &#233;lections, avec le &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;Manifeste des soixante&lt;/span&gt;. C'est alors seulement que, dans un langage &#224; elles, elles ont essay&#233; d'exprimer des id&#233;es &#224; elles. Mais elles n'ont pas su trouver la ligue politique qui devait les conduire &#224; la manifestation la plus efficace de ces id&#233;es. Les classes ouvri&#232;res ont des int&#233;r&#234;ts distincts de la bourgeoi&#173;sie. Elles doivent avoir une politique distincte de la politique bour&#173;geoise.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Proudhon, De la capacit&#233; politique des classes ouvri&#232;res, &#233;d. du Monde (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;De la capacit&#233; politique des classes ouvri&#232;res&lt;/i&gt; est le dernier ouvrage de Proudhon. C'est sur son lit de mort qu'il en a dict&#233; les derni&#232;res pages. Il s'agit d'un hommage au &lt;i&gt;Manifeste des soixante&lt;/i&gt;, mais aussi d'une criti&#173;que lucide. C'est un hommage quand il y per&#231;oit la d&#233;monstration que &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;l'id&#233;e mutuelliste a p&#233;n&#233;tr&#233;, d'une fa&#231;on nouvelle et originale, les clas&#173;ses ouvri&#232;res&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Id., ibid., tome I, p. 85.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Mais il se s&#233;pare des soixante qui veulent &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;fortifier, en la compl&#233;tant, l'action de l'oppo&#173;sition lib&#233;rale&lt;/q&gt; car, pour Proudhon, ce qui caract&#233;rise cette opposition, c'est &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;d'abord son antisocialisme d&#233;clar&#233;&lt;/q&gt;. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;La d&#233;mocratie ouvri&#232;re, &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;&#233;crit-il, &lt;/span&gt;a d'autres devoirs &#224; remplir que de se donner des avocats et d'organiser, au moyen de ces langues courantes, une critique du pouvoir compromettante pour elle seule, et &#224; tous les points de vue inutile.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Id., ibid., tome Il, p. 231.&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Naissance de l'AIT &lt;/h3&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_4705 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;14&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/sans_titre-3-14.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH141/sans_titre-3-14-2e550-ea75b.jpg?1774794262' width='150' height='141' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;&lt;a href=&#034;https://www.facebook.com/Kontrapatria&#034; target=&#034;_blank&#034;&gt;Kontrapatria&lt;/a&gt;&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Proudhon meurt le 19 janvier 1865. Les ouvriers parisiens assistent nombreux aux obs&#232;ques. L'influence de Proudhon est consid&#233;rable, en effet, dans le mouvement ouvrier en formation. Les signataires du &lt;i&gt;Mani&#173;feste des soixante&lt;/i&gt; sont acquis aux id&#233;es du mutuellisme. Bibal est insti&#173;tuteur, mais tous les autres sont ouvriers. Certains d'entre eux ont particip&#233; &#224; la d&#233;l&#233;gation ouvri&#232;re fran&#231;aise &#224; l'Exposition universelle de Londres, en 1862. Leur rencontre avec des d&#233;l&#233;gu&#233;s anglais a &#233;t&#233; le pre&#173;mier acte constitutif de l'Internatio&#173;nale. Outre Henri Tolain, Limouzin (passementier), Coutant (lithogra&#173;phe), Beaumont (monteur en bronze), Perrachon (monteur en bronze), Camelinat (monteur en bronze, qui sera directeur de la mon&#173;naie sous la Commune), Morel (bronzier), Delahaye (serrurier), deviennent membres de l'AIT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A propos de la constitution de l'AIT, James Guillaume a &#233;crit : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;il n'est pas vrai que l'Internationale ait &#233;t&#233; la cr&#233;ation de Karl Marx. Celui-ci est rest&#233; compl&#232;tement &#233;tranger aux travaux pr&#233;paratoires qui eurent lieu de 1862 &#224; septembre 1864. Il s'est joint &#224; l'Internationale au moment o&#249; l'initiative des ouvriers anglais et fran&#231;ais venait de la cr&#233;er&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C. Thomann, &#171; Le mouvement anarchiste dans les montagnes neuch&#226;teloises &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son &lt;i&gt;Histoire du mouvement ouvrier,&lt;/i&gt; Edouard Doll&#233;ans note que &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;le plan d'organisation apport&#233; &#224; Londres par Tolain et ses camarades demeure une cr&#233;ation ouvri&#232;re&lt;/q&gt;. C'est encore Tolain, dont Marx dit que &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;c'est un homme tr&#232;s bien&lt;/q&gt;, qui lance la formule : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Il nous faut nous unir, travailleurs de tous les pays&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Mouvement social n&#176;51, cit&#233;e par Th&#233;o Argence.&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Pour l'instituteur Bibal, !'AIT est &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;un enfant n&#233; dans les ate&#173;liers de Paris et mis en nourrice &#224; Londres&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fribourg, &#171; l'Association internationale des travailleurs &#187;, cit&#233; par Th&#233;o (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, rapidement, Marx ne sup&#173;porte plus la domination des id&#233;es proudhoniennes dans l'Internatio&#173;nale. Apr&#232;s le congr&#232;s de Gen&#232;ve il trouve que &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Messieurs les Parisiens avaient la t&#234;te pleine des phrases de Proudhon les plus vides&lt;/q&gt; et, en I 867, il &#233;crit &#224; Engels : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Au pro&#173;chain congr&#232;s de Bruxelles, j'&#233;tran&#173;glerais de mes propres mains ces &#226;nes de proudhoniens&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C. Thomann, op. cit.&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Ainsi que l'&#233;crit Th&#233;o Argence, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;les proudho&#173;niens ne disparurent pas pour autant. C'est que la pens&#233;e de Proudhon, lui, mort, restait dominante, plus vivante que celle de Marx vivant. Un homme qui &#233;tait loin d'&#234;tre un inconnu devait en apporter la preuve, en adh&#233;rant &#224; l'Internationale en juillet 1868 : Bakounine&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Th&#233;o Argence, les Cahiers de l'huma&#173;nisme libertaire, janvier-f&#233;vrier 1966.&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Proudhon et Bakounine, &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;note Daniel Gu&#233;rin&lt;/span&gt;, ont &#233;t&#233; contempo&#173;rains et amis (...). Leurs apports ont &#233;t&#233; r&#233;ciproques, avec pr&#233;pond&#233;rance de l'influence de Proudhon sur Bakounine&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Daniel Gu&#233;rin, Proudhon oui et non, op. cit., p. 153.&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Et, &#224; propos de Bakounine, Gu&#233;rin ajoute : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;La mue qui, aux approches de la cin&#173;quantaine, le fait bifurquer vers l'anarchisme est due, sans doute pour une large part, &#224; l'influence de Proudhon&lt;/q&gt;. S'il reproche parfois &#224; Proudhon d'&#234;tre &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;un id&#233;aliste incor&#173;rigible&lt;/q&gt; et &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;une contradiction per&#173;p&#233;tuelle&lt;/q&gt;, Bakounine n'en tire pas moins de la pens&#233;e proudhonienne la substance m&#234;me du socialisme liber&#173;taire. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Son socialisme &#224; lui, &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;dit-il,&lt;/span&gt; fond&#233; sur la libert&#233; tant individuelle que collective, et sur l'action sponta&#173;n&#233;e des associations libres, n'ob&#233;is&#173;sant &#224; d'autres lois qu'aux lois g&#233;n&#233;rales de l'&#233;conomie sociale, d&#233;couvertes ou qui sont &#224; d&#233;couvrir par la science, en dehors de toute r&#233;glementation gouvernementale et de toute protection de l'&#201;tat, subor&#173;donnant d'ailleurs la politique aux int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques, intellectuels et moraux de la soci&#233;t&#233;, devait plus tard et par une cons&#233;quence n&#233;cessaire aboutir au f&#233;d&#233;ralisme.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Michel Bakounine, &#338;uvres, Stock Plus, tome I, p. 78.&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'AIT, c'est donc surtout par les voix de Bakounine et de ses amis James Guillaume et Adh&#233;mar Schwitzgu&#233;bel que le f&#233;d&#233;ralisme proudhonien va d&#233;sormais s'opposer au centralisme autoritaire de Marx. Le projet f&#233;d&#233;raliste, reliant commu&#173;nes et associations de travailleurs, appara&#238;t comme le sch&#233;ma de la soci&#233;t&#233; future. D&#233;fendu au congr&#232;s de l'Internationale, &#224; B&#226;le, en 1869, par Jean-Louis Pindy, d&#233;l&#233;gu&#233; de l'Union syndicale des ouvriers du b&#226;timent de Paris, il sera repris par Adh&#233;mar Schwitzgu&#233;bel, lors d'une pol&#233;mique qui l'opposera, en 1874, &#224; C&#233;sar de Paepe. Il sera d&#233;velopp&#233;, pr&#233;cis&#233;, par James Guillaume qui, dans un essai paru &#224; la Chaux-de&#173;-Fonds, en 1876, sous le titre &lt;i&gt;Id&#233;es sur l'organisation sociale&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;James Guillaume, Id&#233;es sur l'organisa&#173;tion sociale, coll. Volont&#233; anarchiste (&#8230;)&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, &#233;tudiera, dans le d&#233;tail, le fonctionnement des communes, des associations de pro&#173;ducteurs, et leur organisation f&#233;d&#233;ra&#173;tive.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_4704 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;14&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/sans_titre-4d.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH128/sans_titre-4d-64436-44c12.jpg?1774794262' width='150' height='128' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;&lt;a href=&#034;https://www.facebook.com/Kontrapatria&#034; target=&#034;_blank&#034;&gt;Kontrapatria&lt;/a&gt;&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Marx, Bismarck, m&#234;me combat &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Bakounine est parfois s&#233;v&#232;re &#224; l'&#233;gard des mutuellistes &#224; qui il reproche de d&#233;former la pens&#233;e de Proudhon. Il sait, finalement, rallier la majorit&#233; d'entre eux &#224; ses concep&#173;tions collectivistes qui constituent, en fait, le d&#233;veloppement logique du socialisme proudhonien tel qu'il est exprim&#233; dans&lt;i&gt; l'Id&#233;e g&#233;n&#233;rale de la R&#233;volution au XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle &lt;/i&gt; et dans &lt;i&gt;De la capacit&#233; politique des classes ouvri&#232;res&lt;/i&gt;. En 1868, au congr&#232;s de B&#226;le, les repr&#233;sentants du bureau international de Paris, Eug&#232;ne Var&#173;lin, Simon Dereure, Tartaret, se ran&#173;gent aux c&#244;t&#233;s de Bakounine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette influence proudhonienne dans l'Internationale et dans le prol&#233;&#173;tariat parisien exasp&#232;re Marx et Engels. Quand la guerre &#233;clate, en 1870, Marx exprime dans une lettre &#224; Engels, le souhait que &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;l'arm&#233;e alle&#173;mande mate les ouvriers fran&#231;ais orgueilleux et l&#233;gers&lt;/q&gt;. Engels &#233;crit, de son c&#244;t&#233; : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;La victoire de Bis&#173;marck, ce sera la victoire de notre pens&#233;e contre la pens&#233;e de Proudhon et, d'ailleurs, les ouvriers parisiens ont besoin d'une le&#231;on&lt;/q&gt;. Au m&#234;me moment, les internationaux prou&#173;dhoniens s'adressent, eux, aux tra&#173;vailleurs allemands : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;La guerre entre les peuples ne peut &#234;tre consid&#233;&#173;r&#233;e que comme une guerre civile, un recul de la civilisation&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand ! 'insurrection &#233;clate le 18 mars 1871, les internationaux &#8211; &#224; l'exception de Varlin, membre du comit&#233; central de la Garde nationale &#8211; h&#233;sitent pendant quel&#173;ques jours, puis se rallient &#224; la Com&#173;mune. Tolain devenu d&#233;put&#233; et quelques autres partisans de la conci&#173;liation avec Versailles sont exclus. Les internationaux se pr&#233;occupent surtout de participer aux commis&#173;sions &#233;conomiques et sociales de la Commune : L&#233;o Frankel (ouvrier bijoutier) au travail, Eug&#232;ne Varlin (relieur) aux subsistances, Avrial (m&#233;canicien) &#224; l'arsenal, Francis Jourde (caissier de banque) aux finances, Charles Beslay (ing&#233;nieur) &#224; la Banque de France, Theisz (ouvrier m&#233;tallurgiste) aux postes. Ils s'acharneront &#224; donner &#224; la Com&#173;mune, &#224; l'origine mouvement de pro&#173;testation patriotique, un contenu social, r&#233;volutionnaire prol&#233;tarien. Avec Gustave Courbet, Jules Vall&#232;s, Charles Longuet (alors prou&#173;dhonien), ils s'opposent au centra&#173;lisme autoritaire des jacobins et des blanquistes, et d&#233;noncent la cr&#233;ation d'un &#171; comit&#233; de salut public &#187; dont ils redoutent la dictature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les internationaux &#233;gale&#173;ment membres de la Commune, citons encore Pindy (ouvrier menui&#173;sier), Assi (m&#233;canicien), Lefran&#231;ais (instituteur r&#233;voqu&#233;), Langevin ouvrier tourneur), Girardin (ma&#231;on), Chalain (tourneur sur cui&#173;vre), Cl&#233;mence (ouvrier relieur). Avec tous ces internationaux &#8211; seul Frankel est marxiste &#8211; ce sont bien les id&#233;es de Proudhon qui s'appli&#173;quent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi que l'a &#233;crit Maurice Joyeux, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;ce sont des hommes comme Jourde, Varlin, Theisz, Lefran&#231;ais, Langevin, Beno&#238;t Malon qui vont faire vivre et organiser la ville, et il faut lire, et chaque r&#233;volutionnaire devrait lire dans &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;le Journal officiel de la Commune&lt;/span&gt;, ces s&#233;ances de travail laborieuses o&#249; le s&#233;rieux a pris la place des fiestas romantiques&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Maurice Joyeux, le Monde libertaire, mars 1971, num&#233;ro sp&#233;cial &#171; Centenaire (&#8230;)&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. L'affiche r&#233;dig&#233;e Je 23 mars 1871 par le Conseil f&#233;d&#233;ral des sections pari&#173;siennes de l' AIT et la Chambre f&#233;d&#233;&#173;rale des soci&#233;t&#233;s ouvri&#232;res est une n&#233;gation du principe d'autorit&#233;. Elle proclame l'ind&#233;pendance de la Com&#173;mune et demande, entre autres, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;l'organisation du cr&#233;dit, de l'&#233;change, de l'association afin d'assurer au travailleur la valeur int&#233;grale de son travail&lt;/q&gt;. Comme le &lt;br class='autobr' /&gt;
remarque Maurice Joyeux, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;on sent &#224; chaque instant la pr&#233;sence de Proudhon&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Minoritaires, les internationaux ont d&#251; mener une lutte tr&#232;s difficile. N&#233;anmoins, parlant de la Commune, Bakounine a pu affirmer : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;j'en suis le partisan surtout parce qu'elle a &#233;t&#233; une n&#233;gation audacieuse, bien pro&#173;nonc&#233;e, de l'&#201;tat&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Versailles &#233;crase la Commune, mais sa mitraille et ses canons ne peuvent &#233;teindre la flamme r&#233;volu&#173;tionnaire. La plupart des commu&#173;nards, en exil &#224; Londres, Bruxelles, Gen&#232;ve, vont se retrouver dans la tendance antiautoritaire de l'AIT. Apr&#232;s l'exclusion de Bakounine et de James Guillaume par une majorit&#233; marxiste de circonstance, au congr&#232;s de la Haye en 1872, le congr&#232;s de Saint-Imier, les 15 et 16 septembre de la m&#234;me ann&#233;e regroupe les f&#233;d&#233;ra&#173;tions qui rejettent l'autoritarisme de Marx et du conseil g&#233;n&#233;ral. Aux c&#244;t&#233;s de d&#233;l&#233;gu&#233;s espagnols, italiens, jurassiens, Carnet et Pindy repr&#233;sen&#173;tent la France. D&#233;j&#224;, en 1870, une scission s'&#233;tait produite dans la f&#233;d&#233;&#173;ration romande, la majorit&#233; antiau&#173;toritaire se constituant en f&#233;d&#233;ration jurassienne anim&#233;e par James Guil&#173;laume et Adh&#233;mar Schwitzgu&#233;bel.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_4703 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;14&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/sans_titre-6dd.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH186/sans_titre-6dd-3b742-767e4.jpg?1774794262' width='150' height='186' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;&lt;a href=&#034;https://www.facebook.com/Kontrapatria&#034; target=&#034;_blank&#034;&gt;Kontrapatria&lt;/a&gt;&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Cependant, les pers&#233;cutions en France, en Espagne, en Italie auront finalement raison de l'Internatio&#173;nale : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;(elle) agonise sous le coup des diff&#233;rents proc&#232;s, des expulsions et des interdictions de r&#233;unions dans presque tous les pays depuis 1869. Elle dispara&#238;t par le grand proc&#232;s de Lyon, o&#249; quarante-six pr&#233;venus sont traduits en cour d'assises sous l'accu&#173;sation d'internationalisme, ils sont condamn&#233;s &#224; de nombreuses ann&#233;es de prison&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L. Gu&#233;rineau, l'Encyclop&#233;die anarchiste, tome II, p. 1 054.&#034; id=&#034;nh15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. L'Internationale antiautoritaire est en effet l'h&#233;riti&#232;re de Proudhon, impr&#233;gn&#233;e de ses id&#233;es et, comme le remarque Max Nettlau, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;ce fut lui que la bourgeoisie du XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle craignait et ha&#239;ssait &#224; mort, car ces mots : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;la propri&#233;t&#233; c'est le vol&lt;/span&gt;&lt;/q&gt; contenaient la force d'une r&#233;volution&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Max Nettlau, Histoire de l'anarchie, &#233;d. Dossiers de l'histoire, p. 64.&#034; id=&#034;nh16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France, apr&#232;s l'&#233;crasement de la Commune, ce sont des mutuellis&#173;tes mod&#233;r&#233;s qui tentent de reconsti&#173;tuer des organisations, notamment le Cercle de l'union ouvri&#232;re, sous l'impulsion de Barberet. Ce cercle sera dissous en 1873. Cependant, malgr&#233; la r&#233;pression, le mouvement prend de l'ampleur et les chambres syndicales reconstitu&#233;es envoient une d&#233;l&#233;gation &#224; l'Exposition universelle de Philadelphie, en 1875. A son retour, cette d&#233;l&#233;gation lance un manifeste qui, selon Pierre Besnard, rappelle celui des Soixante en 1863.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1878 se tient un congr&#232;s ouvrier &#224; Lyon o&#249; Ballivet, m&#233;canicien lyon&#173;nais, pr&#233;curseur de Pelloutier, pro&#173;nonce un discours retentissant o&#249; il affirme les principes du syndicalisme r&#233;volutionnaire. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Les deux princi&#173;pes qu'il faut donc propager, &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;dit-il,&lt;/span&gt; sont les principes de la propri&#233;t&#233; col&#173;lective et celui de la n&#233;gation de l'&#201;tat&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cit&#233; par Pierre Besnard, l'Encyclop&#233;die anarchiste, tome I, p. 275.&#034; id=&#034;nh17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Les id&#233;es de Proudhon apparaissent dans des textes publi&#233;s par des associations ouvri&#232;res, telle que &#171; la corporative du V&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; arrondis&#173;sement de Paris &#187; qui appelle les salari&#233;s &#224; l'union &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;entre tous ceux qui veulent l'affranchissement des travailleurs par eux-m&#234;mes&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre groupe d&#233;clare : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Le prol&#233;tariat, pour sa lutte &#233;mancipa&#173;trice, trouve aujourd'hui dans la cor&#173;poration, sa base d'op&#233;ration la plus s&#251;re (...). Il s'agit d'ouvri&#233;riser la soci&#233;t&#233;, de fa&#231;on que, sur les ruines du monde o&#249; l'on tenait &#224; l'honneur de vivre noblement sans rien faire, il s'&#233;l&#232;ve un monde plus juste o&#249; cha&#173;cun puisse vivre en travaillant et ne puisse vivre autrement. La clef de la question sociale, c'est la corpora&#173;tion&lt;/q&gt;. Pierre Besnard remarque : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;N'y a-t-il pas dans cette id&#233;e, b&#233;gay&#233;e, comme le disait Proudhon en 1863, l'id&#233;e de la reconstruction sociale dont les syndicats sont les cel&#173;lules&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pierre Besnard, l'Encyclop&#233;die anar&#173;chiste, op. cit., p. 393.&#034; id=&#034;nh18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir de 1886, les Bourses du Travail se multiplient et se f&#233;d&#232;rent. On en compte quatorze en 1892. La F&#233;d&#233;ration des Bourses se heurte, d&#232;s le d&#233;part, &#224; l'hostilit&#233; des guesdistes du Parti ouvrier fran&#231;ais. Ceux-ci ne s'y trompent pas : les militants qui animent les Bourses, et notamment Fernand Pelloutier, se placent sur le terrain &#233;conomique, dans les locali&#173;t&#233;s, et rejettent le parlementarisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont bien les id&#233;es de Proudhon que Fernand Pelloutier exprime et veut mettre en pratique : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Nous voulons que toute la fonction sociale se r&#233;duise &#224; la satisfaction de nos besoins ; l'union corporative le veut aussi, c'est son but, et de plus en plus elle s'affranchit de la croyance en la n&#233;cessit&#233; des gouvernements ; nous voulons l'entente libre des hommes ; l'union corporative (...) ne peut &#234;tre qu'&#224; condition de bannir de son sein toute autorit&#233; et toute con&#173;trainte&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fernand Pelloutier, L'Organisation cor&#173;porative et l'anarchie, publication (&#8230;)&#034; id=&#034;nh19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'union des Bourses du Travail et des syndicats aboutit en 1895 &#224; la constitution de la CGT sur des prin&#173;cipes syndicalistes r&#233;volutionnaires qui seront affirm&#233;s avec force dans la Charte d'Amiens en 1906. Les pion&#173;niers de la CGT &#233;taient, pour beau&#173;coup, anarchistes, tels Pelloutier, mais aussi Emile Pouget (r&#233;dacteur du &lt;i&gt;P&#232;re Peinard&lt;/i&gt;), Tortelier, qui avait particip&#233; au meeting anarchiste de Londres en 1896 (avec Louise Michel, Kropotkine, Malatesta et Elys&#233;e Reclus), Georges Yvetot, Pierre Monatte, Paul Delasalle, Beno&#238;t Broutchoux. Malgr&#233; une r&#233;f&#233;&#173;rence renouvel&#233;e &#224; la Charte d'Amiens, au congr&#232;s du Havre de 1912, le r&#233;formisme va bient&#244;t domi&#173;ner et la CGT s'embourbera dans l'Union sacr&#233;e en 1914.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devenu minoritaire, le syndica&#173;lisme r&#233;volutionnaire poursuivra n&#233;anmoins, apr&#232;s la guerre, un com&#173;bat acharn&#233; &#224; travers le Comit&#233; des syndicats r&#233;volutionnaires, puis &#224; la CGT-U, aux Comit&#233;s de d&#233;fense syndicalistes &#224; partir de 1922, &#224; l'Union f&#233;d&#233;rative des syndicats autonomes de France en 1924, enfin &#224; la Conf&#233;d&#233;ration g&#233;n&#233;rale du tra&#173;vail syndicaliste r&#233;volutionnaire (CGT-SR) jusqu'en 1939.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Une nouvelle AIT &lt;/h3&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_4702 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;14&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/sans_titre-7cccc.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH142/sans_titre-7cccc-5df41-a0305.jpg?1774794262' width='150' height='142' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;&lt;a href=&#034;https://www.facebook.com/Kontrapatria&#034; target=&#034;_blank&#034;&gt;Kontrapatria&lt;/a&gt;&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;A la fin de 1922 se tient &#224; Berlin le congr&#232;s constitutif d'une nouvelle AIT&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Eduardo Colombo, &#171; AIT, l'alternative libertaire &#187;,Itin&#233;raire n &#176;4 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. A ce congr&#232;s sont repr&#233;sen&#173;t&#233;s les Comit&#233;s de d&#233;fense syndicalis&#173;tes fran&#231;ais, la CNT espagnole, la FORA argentine, la FAUD alle&#173;mande, l'Union syndicaliste ita&#173;lienne, la minorit&#233; des syndicats rus&#173;ses ainsi que les organisations de Bul&#173;garie, de Norv&#232;ge, de Su&#232;de, du Por&#173;tugal, du Danemark, de Tch&#233;coslo&#173;vaquie, de Hollande, du Chili, du Mexique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;claration de principe de l' AIT ainsi reconstitu&#233;e pr&#233;conise l'abolition de tout monopole &#233;cono&#173;mique &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;au moyen de communes &#233;conomiques (... ) sur la base d'un syst&#232;me libre de conseils affranchis de toute subordination &#224; tout pou&#173;voir&lt;/q&gt;. La pens&#233;e de Proudhon est donc toujours vivante. Pierre Bes&#173;nard, infatigable militant du syndica&#173;lisme r&#233;volutionnaire, animateur de cette nouvelle AIT, est l'auteur d'un projet de soci&#233;t&#233; libertaire publi&#233; avant la derni&#232;re guerre sous le titre &lt;i&gt;le Monde nouveau&lt;/i&gt;. Cette organisa&#173;tion est, dit-il, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;adapt&#233;e du principe f&#233;d&#233;ratif de Proudhon&lt;/q&gt;. Et il pr&#233;&#173;cise : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Le syst&#232;me sera donc de forme associative, r&#233;gionaliste, com&#173;munaliste, f&#233;d&#233;rative et anti-&#233;tatiste&lt;/q&gt;. Le sch&#233;ma trac&#233; par Pierre Besnard est celui d'une double cons&#173;truction : f&#233;d&#233;ration des communes et organisation f&#233;d&#233;rative des pro&#173;ducteurs. Son fonctionnement s'ins&#173;pire fortement des projets de James Guillaume et Adh&#233;mar Schwitzgu&#233;&#173;bel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est certainement en terre ib&#233;ri&#173;que que la pens&#233;e de Proudhon a le plus de retentissement, le plus d'applications concr&#232;tes. En 1845, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;un disciple de Proudhon, Ramon de la Sagra, publie en Galice, &#224; la Corogne, l'un des premiers journaux anarchistes,&lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt; El Porvenir&lt;/span&gt;, imm&#233;diate&#173;ment interdit par la police&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Domenico Tarizzo, L'anarchie, &#233;d. Se&#173;ghers, p. 189.&#034; id=&#034;nh21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s 1866, l'influence des antiauto&#173;ritaires de la Premi&#232;re Internationale s'exerce sur le mouvement ouvrier espagnol et la F&#233;d&#233;ration r&#233;gionale ib&#233;rique est la section la plus impor&#173;tante de l'AIT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des exil&#233;s proudhoniens espagnols font conna&#238;tre l'anarchisme en tra&#173;duisant les &#339;uvres de Proudhon d&#232;s 1852 en Colombie, vers 1860 &#224; Cuba o&#249;, en 1865, les anarcho-syndicalistes fondent un journal. Proudhon est &#233;galement traduit au Mexique en 1877. Ainsi commence le d&#233;veloppement de l'anarcho&#173;syndicalisme en Am&#233;rique latine qui aboutira, notamment, &#224; la constitu&#173;tion, en 1901, de la FORA argentine, avec 250 000 adh&#233;rents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Espagne Pi y Margall, traduc&#173;teur des &#339;uvres de Proudhon, est &#224; l'origine d'un fort mouvement f&#233;d&#233;&#173;raliste et la f&#233;d&#233;ration de l'Interna&#173;tionale regroupe 50 000 membres quand &#233;clate un mouvement r&#233;volu&#173;tionnaire &#8211; le cantonalisme &#8211; qui &#233;tablit une &#233;ph&#233;m&#232;re r&#233;publique, en 1873. Un moment interdite, la f&#233;d&#233;&#173;ration se reconstitua en 1881 sous la d&#233;nomination de F&#233;d&#233;ration des tra&#173;vailleurs de la r&#233;gion espagnole. Les textes publi&#233;s par &lt;i&gt;Revista social&lt;/i&gt; &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;d&#233;montr&#232;rent, &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;nous dit Max Nett&#173;lau,&lt;/span&gt; l'esprit dans lequel fut pr&#233;par&#233; le congr&#232;s ouvrier&lt;/q&gt;. Ainsi, les ouvriers du b&#226;timent se prononcent pour &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;la commune libre et autonome, compos&#233;e de toutes les sections de producteurs de chaque localit&#233;&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Max Nettlau, op. cit., p. 174.&#034; id=&#034;nh22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, pour la f&#233;d&#233;ration r&#233;gionale des communes, pour &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;l'alliance fraternelle&lt;/q&gt; de toutes les r&#233;gions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s une longue p&#233;riode de luttes et de r&#233;pression, la CNT est fond&#233;e en 1911. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Ainsi, lorsque survint le coup d'&#201;tat fasciste de juillet 1936 et la r&#233;volution ouvri&#232;re et paysanne qui y r&#233;pondit, il y avait 70 ans d'action et de propagande libertaires au sein du peuple espagnol&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'anarcho-syndicalisme : aper&#231;u histori&#173;que et th&#233;orique, &#233;dit&#233; par (&#8230;)&#034; id=&#034;nh23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. En mai 1936, le congr&#232;s de Saragosse adopte un projet de &#171; communisme libertaire &#187; qui doit beaucoup &#224; Pierre Besnard, et par cons&#233;quent, aux antiautoritaires de la Premi&#232;re Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme l'a fait remarquer Daniel Gu&#233;rin, l'application qui est r&#233;alis&#233;e deux mois plus tard dans les collecti&#173;visations industrielles et agricoles s'&#233;cartent sans doute de ce projet, mais les principes de base demeurent, tels que Proudhon les avait &#233;labor&#233;s au si&#232;cle pr&#233;c&#233;dent, en particulier l'organisation f&#233;d&#233;rative des conseils d'usine. Abad de Santillan pr&#233;cise : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Notre id&#233;al est la commune asso&#173;ci&#233;e, f&#233;d&#233;r&#233;e, int&#233;gr&#233;e dans l'&#233;cono&#173;mie totale du pays et des autres pays en r&#233;volution&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Daniel Gu&#233;rin, L'anarchisme, &#233;d. Galli&#173;mard, coll. Id&#233;es NRF, p. 144.&#034; id=&#034;nh24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les principes du f&#233;d&#233;ralisme liber&#173;taire sont r&#233;affirm&#233;s, en 1945, par le congr&#232;s du Mouvement libertaire espagnol et dans les r&#233;solutions du V&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; congr&#232;s de la CNT en 1980.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Partout dans le monde &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu, cet aper&#231;u de l'influence de Proudhon sur le mou&#173;vement ouvrier international n'est pas exhaustif sinon c'est toute l'his&#173;toire du combat des anarchistes sur le terrain social qu'il faudrait retracer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si elle n'est pas reconnue, pro&#173;clam&#233;e, estampill&#233;e comme telle, la pens&#233;e proudhonienne est pr&#233;sente partout o&#249; les anarchistes participent &#224; la lutte du prol&#233;tariat pour son &#233;mancipation. On la retrouve, par exemple, dans cette d&#233;claration, en 1905, des syndicats r&#233;volutionnaires am&#233;ricains IWW, o&#249; les anarchistes sont nombreux : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;En nous organi&#173;sant sur le plan industriel, nous som&#173;mes en train de former la structure de la soci&#233;t&#233; nouvelle, sous l'enveloppe de la vieille&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb25&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Domenico Tarizzo, op. cit., p. 208.&#034; id=&#034;nh25&#034;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1919, en Allemagne, se d&#233;roule le congr&#232;s constitutif de la Frei Arbeiter Union Deutschlands (FAUD), &#224; l'initiative de Rudolf Rocker&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb26&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Martine (liaison Bas-Rhin, FA), &#171; Alle&#173;magne, un mouvement anarchiste (&#8230;)&#034; id=&#034;nh26&#034;&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Sa &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;d&#233;claration des principes du syndicalisme&lt;/q&gt; s'inspire directement des id&#233;es de l'Internatio&#173;nale de Saint-Imier : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Chaque f&#233;d&#233;&#173;ration locale deviendra une sorte d'office de statistiques local, et pren&#173;dra sous son administration tous les &#233;difices, les ressources alimentaires, d'habillement (...). De leur c&#244;t&#233;, les f&#233;d&#233;rations auront la charge de pren&#173;dre sous leur administration, gr&#226;ce &#224; leurs organismes locaux et avec l'aide des conseillers d'usines, tous les moyens de production existant, mati&#232;res premi&#232;res, (...) et de pour&#173;voir de tout le n&#233;cessaire les groupes de production et les usines&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb27&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Max Nettlau, op. cit., p. 209.&#034; id=&#034;nh27&#034;&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Russie, les conceptions prou&#173;dhoniennes, r&#233;percut&#233;es par Bakou&#173;nine et Kropotkine, apparaissent, de toute &#233;vidence, dans la r&#233;solution du groupe anarcho-syndicaliste au pre&#173;mier congr&#232;s panrusse des syndicats (7-14 janvier 1918) : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Les classes laborieuses doivent s'organiser &#224; l'aide de leurs structures fondamen&#173;tales : comit&#233;s de villages, d'usines et de fabriques, d'employ&#233;s de bureau, de quartiers et autres ; ils doivent les unir par industrie et par branche sur la base du f&#233;d&#233;ralisme&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb28&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Alexandre Skirda et Anatole Gorelik, Les anarchistes dans la R&#233;volution (&#8230;)&#034; id=&#034;nh28&#034;&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Les m&#234;mes id&#233;es sont d&#233;velopp&#233;es dans les r&#233;solutions de la premi&#232;re conf&#233;&#173;rence des anarcho-syndicalistes r&#233;u&#173;nie &#224; Moscou en ao&#251;t 1918.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#339;uvre de Proudhon est monu&#173;mentale, complexe. C'est celle d'un pionnier qui a un immense territoire &#224; explorer, &#224; d&#233;fricher. Il ne s'agit certes pas d'&#233;riger la pens&#233;e prou&#173;dhonienne en dogme. En cent cin&#173;quante ann&#233;es, le monde a connu maints bouleversements, les sciences, les techniques, les soci&#233;t&#233;s ont &#233;vo&#173;lu&#233;, parfois tr&#232;s rapidement. Cepen&#173;dant, Proudhon, ouvrier autodidacte du XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, a d&#233;gag&#233; les principes fondamentaux du socialisme liber&#173;taire qui, en cette fin de XX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, conservent toute leur valeur, toute leur actualit&#233;. Peut-on imaginer, en effet, un projet de soci&#233;t&#233; libertaire qui ne soit pas fond&#233; sur l'associa&#173;tion libre, le contrat, le f&#233;d&#233;ralisme ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'une &#233;poque &#224; l'autre, ce sont seulement les formes concr&#232;tes d'application qui peuvent changer, se diversifier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; l'analyse &#233;conomique, elle d&#233;crit toujours parfaitement l'exploi&#173;tation capitaliste. &#171; L'aubaine &#187;, cet exc&#233;dent dont Proudhon d&#233;c&#232;le l'existence, dont il d&#233;nonce les cons&#233;&#173;quences, &#8211; Marx parlera plus tard de &#171; plus-value &#187; &#8211; est toujours &#224; l'origine de la prosp&#233;rit&#233; du Capital :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt; Sous le r&#233;gime de la propri&#233;t&#233;, l'exc&#233;dent du travail, essentiellement collectif, passe tout entier, comme la rente, au propri&#233;taire (...). La cons&#233;&#173;quence de cette usurpation est que le travailleur, dont la part dans le pro&#173;duit collectif est sans cesse confis&#173;qu&#233;e par l'entrepreneur, est toujours en d&#233;bine, tandis que le capitaliste est toujours en b&#233;n&#233;fice&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb29&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;P.-J. Proudhon, Philosophie de la mis&#232;re, &#233;d. du gr. Fresnes-Antony de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh29&#034;&gt;29&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Au&#173;jourd'hui, le monde du travail peut toujours puiser dans l'&#339;uvre de Proudhon, pour mieux comprendre la soci&#233;t&#233; d'oppression et d'exploita&#173;tion afin de mieux la combattre, pour y trouver, aussi, les mat&#233;riaux de construction de la soci&#233;t&#233; future.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Daniel Gu&#233;rin, &lt;i&gt;Proudhon oui et non&lt;/i&gt;. &#233;d. Gallimard, p. 167.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Daniel Gu&#233;rin,&lt;i&gt; Ni Dieu ni ma&#238;tre&lt;/i&gt;, &#233;d. Masp&#233;ro, tome I. p. 61.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Proudhon, &lt;i&gt;De la capacit&#233; politique des classes ouvri&#232;res&lt;/i&gt;, &#233;d. du Monde libertaire, tome Il, p. 409.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Id., ibid., tome I, p. 85.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Id., ibid., tome Il, p. 231.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;C. Thomann, &#171; Le mouvement anarchiste dans les montagnes neuch&#226;teloises &#187;, cit&#233; par Th&#233;o Argence in &lt;i&gt;les Cahiers de l'humanisme libertaire&lt;/i&gt;, janvier-f&#233;vrier 1966.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le Mouvement social&lt;/i&gt; n&#176;51, cit&#233;e par Th&#233;o Argence.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Fribourg, &#171; l'Association internationale des travailleurs &#187;, cit&#233; par Th&#233;o Argence in le&lt;i&gt;s Cahiers de l'humanisme libertaire&lt;/i&gt;, janvier-&#173;f&#233;vrier 1966.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;C. Thomann, op. cit.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Th&#233;o Argence,&lt;i&gt; les Cahiers de l'huma&#173;nisme libertaire&lt;/i&gt;, janvier-f&#233;vrier 1966.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Daniel Gu&#233;rin, &lt;i&gt;Proudhon oui et non&lt;/i&gt;, op. cit., p. 153.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Michel Bakounine, &lt;i&gt;&#338;uvres&lt;/i&gt;, Stock Plus, tome I, p. 78.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;James Guillaume, &lt;a href=&#034;https://www.partage-noir.fr/-08-idees-sur-l-organisation-sociale-james-guillaume-&#034;&gt;&lt;i&gt;Id&#233;es sur l'organisa&#173;tion sociale&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, coll. Volont&#233; anarchiste n&#176; 8, &#233;d. du gr. Fresnes-Antony de la F&#233;d&#233;ration anarchiste.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Maurice Joyeux, &lt;i&gt;le Monde libertaire&lt;/i&gt;, mars 1971, num&#233;ro sp&#233;cial &#171; Centenaire de la Commune &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;L. Gu&#233;rineau,&lt;i&gt; l'Encyclop&#233;die anarchiste&lt;/i&gt;, tome II, p. 1 054.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Max Nettlau, &lt;i&gt;Histoire de l'anarchie&lt;/i&gt;, &#233;d. Dossiers de l'histoire, p. 64.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cit&#233; par Pierre Besnard, &lt;i&gt;l'Encyclop&#233;die anarchiste&lt;/i&gt;, tome I, p. 275.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Pierre Besnard, &lt;i&gt;l'Encyclop&#233;die anar&#173;chiste&lt;/i&gt;, op. cit., p. 393.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Fernand Pelloutier, &lt;i&gt;L'Organisation cor&#173;porative et l'anarchie&lt;/i&gt;, publication du gr. &#171; L'Art social &#187; [1896].&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cf. Eduardo Colombo, &#171; AIT, l'alternative libertaire &#187;,&lt;a href=&#034;https://www.partage-noir.fr/IMG/pdf/itineraire_rocker2-2.pdf&#034;&gt;&lt;i&gt;Itin&#233;raire &lt;/i&gt; n &#176;4&lt;/a&gt; consacr&#233; &#224; Rudolf Rocker, pp. 25-31.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Domenico Tarizzo, &lt;i&gt;L'anarchie&lt;/i&gt;, &#233;d. Se&#173;ghers, p. 189.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Max Nettlau, op. cit., p. 174.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;L'anarcho-syndicalisme : aper&#231;u histori&#173;que et th&#233;orique&lt;/i&gt;, &#233;dit&#233; par l'Alliance syndica&#173;liste.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Daniel Gu&#233;rin, &lt;i&gt;L'anarchisme&lt;/i&gt;, &#233;d. Galli&#173;mard, coll. Id&#233;es NRF, p. 144.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb25&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh25&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 25&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Domenico Tarizzo, op. cit., p. 208.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb26&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh26&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 26&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cf. Martine (liaison Bas-Rhin, FA), &#171; Alle&#173;magne, un mouvement anarchiste m&#233;&#173;connu &#187;, &lt;a href=&#034;https://www.partage-noir.fr/IMG/pdf/itineraire_rocker2-2.pdf&#034;&gt;Itin&#233;raire n&#176;4&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb27&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh27&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 27&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Max Nettlau, op. cit., p. 209.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb28&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh28&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 28&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;28&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Alexandre Skirda et Anatole Gorelik, &lt;i&gt;Les anarchistes dans la R&#233;volution russe&lt;/i&gt;, &#233;d. La T&#234;te de Feuilles, p. 92.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb29&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh29&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 29&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;29&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;P.-J. Proudhon, &lt;i&gt;Philosophie de la mis&#232;re&lt;/i&gt;, &#233;d. du gr. Fresnes-Antony de la FA, tome Il, p. 296.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		
		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le &#171; p&#232;re &#187; de l'anarchisme </title>
		<link>https://www.partage-noir.fr/le-pere-de-l-anarchisme</link>
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		<dc:date>2025-01-14T23:05:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno Pr&#233;posiet</dc:creator>


		<dc:subject>Pierre-Joseph Proudhon</dc:subject>
		<dc:subject>&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le Capital, l'Etat, Dieu... Proudhon s'acharne &#224; d&#233;boulonner les idoles de l'autoritarisme. Apr&#232;s avoir ni&#233;, il construit sa philosophie sur la base du contrat accept&#233; par tous et r&#233;ciproque afin d'associer le socialisme et la libert&#233;.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-itineraire-une-vie-une-pensee-no7-pierre-joseph-proudhon-" rel="directory"&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e n&#176;7 : &#171; Pierre-Joseph Proudhon &#187;&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-pierre-joseph-proudhon-+" rel="tag"&gt;Pierre-Joseph Proudhon&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-itineraire-une-vie-une-pensee-+" rel="tag"&gt;&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH94/sans_titre-2-35ef3.jpg?1774715348' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='94' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le Capital, l'&#201;tat, Dieu... Proudhon s'acharne &#224; d&#233;boulonner les idoles de l'autoritarisme. Apr&#232;s avoir ni&#233;, il construit sa philosophie sur la base du contrat accept&#233; par tous et r&#233;ciproque afin d'associer le socialisme et la libert&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'&#339;uvre de Proudhon a la r&#233;putation d'&#234;tre confuse et contradictoire, ce qui semble&#173;rait &#234;tre confirm&#233; par la diver&#173;sit&#233; des courants de pens&#233;e se r&#233;cla&#173;mant de l'autodidacte franc-comtois. De P Action fran&#231;aise aux anarchistes, en passant par les socialistes et les syndicalistes, La r&#233;f&#233;rence &#224; Proudhon est de mise. Une analyse d&#233;taill&#233;e des th&#232;mes formul&#233;s par ces &#171; continua&#173;teurs &#187; de Proudhon fait pourtant vite ressortir l'occultation d'une grande partie des analyses proudhoniennes pour privil&#233;gier tel ou tel point sorti de son contexte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Cercle Proudhon, par exemple, fond&#233; en 1911, &#224; l'initiative de membres de l'Action fran&#231;aise et de syndicalistes, se r&#233;clame d'un Proudhon mythique, fran&#231;ais, antid&#233;&#173;mocrate, apolitique, qui ne r&#233;siste pas &#224; un examen s&#233;rieux. Les socialistes, de leur c&#244;t&#233;, essaieront de r&#233;cup&#233;rer Proudhon en mettant l'accent sur son opposition &#224; Marx ou en amalga&#173;mant les solutions proudhoniennes imm&#233;diates avec leurs principes r&#233;for&#173;mistes. Pour en finir avec cette &#233;num&#233;&#173;ration des diverses interpr&#233;tations du proudhonisme, il appara&#238;t que si les syndicalistes r&#233;volutionnaires peuvent &#224; bon droit se r&#233;clamer de Proudhon, en faisant l'impasse sur ses options politiques toutefois, c'est le mouve&#173;ment anarchiste au sens large, ou plut&#244;t la philosophie libertaire qui semble continuer le plus r&#233;ellement le travail entrepris par celui que les th&#233;oriciens ou historiographes liber&#173;taires qualifient de &#171; p&#232;re de l'anar&#173;chisme &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette appellation n'aurait s&#251;rement pas plu &#224; Proudhon qui eut toujours horreur des disciples et fut quelque peu m&#233;fiant vis-&#224;-vis des organisa&#173;tions. Dans un sens philosophique, elle convient relativement bien, car c'est l'essence de la pens&#233;e proudhonienne que les anarchistes reprennent &#224; leur compte, sans faire de Proudhon un ma&#238;tre et en critiquant certaines de ses analyses, dans un esprit qui en somme lui aurait convenu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant d'entrer dans le d&#233;tail, disons que l'anarchisme s'articule sur un ensemble d'&#233;l&#233;ments qui forment l'ossature de la pens&#233;e proudhonienne et en font un syst&#232;me solide dont chaque point &#233;claire l'autre :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; rejet de la propri&#233;t&#233; dans le domaine &#233;conomique ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; rejet de l'&#201;tat dans le domaine politique ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; rejet de l'Eglise dans le domaine moral ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; organisation de la production et de la vie sociale de la base au sommet ou de la circonf&#233;rence au centre, par l'entraide et le f&#233;d&#233;ralisme ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; r&#233;volution permanente ou rejet du concept de fin de l'histoire.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;D&#233;truire &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Si j'avais &#224; r&#233;pondre &#224; la question suivante : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;Qu'est-ce que l'escla&#173;vage ?&lt;/span&gt;&lt;/q&gt; et que d'un seul mot, je r&#233;pon&#173;disse : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;c'est l'assassinat&lt;/span&gt;&lt;/q&gt;, ma pens&#233;e serait d'abord comprise.(...) &lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Pourquoi donc &#224; cette autre demande : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;Qu'est-ce que la pro&#173;pri&#233;t&#233; ?&lt;/span&gt;&lt;/q&gt; ne puis-je r&#233;pondre de m&#234;me : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;c'est le vol&lt;/span&gt;&lt;/q&gt;, sans avoir la certitude de n'&#234;tre pas entendu, bien que cette seconde proposition ne soit que la premi&#232;re transform&#233;e.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;P.-J. Proudhon, Qu'est-ce que la pro&#173;pri&#233;t&#233; ? (Premier M&#233;moire), 1840.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand para&#238;t son &lt;i&gt;Premier M&#233;moire sur la Propri&#233;t&#233;&lt;/i&gt;, en 1840, c'est &#224; un sujet tabou que s'attaque Proudhon. Mais il n'est pas le premier &#224; se pencher sur le probl&#232;me. Des &#233;cono&#173;mistes, comme Adam Smith, Ricardo ou Jean-Baptiste Say, ont d&#233;j&#224; jet&#233; les bases d'une science de l'&#233;conomie. Saint-Simon, Fourier ou Robert Owen ont trait&#233; la question ainsi que les h&#233;ritiers de Gracchus Babeuf, avec pour chef de file Etienne Cabet, qui pr&#244;nent la propri&#233;t&#233; commune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derri&#232;re la violence des formules, ce que fait ressortir Proudhon, c'est l'existence des &#234;tres collectifs et de la force collective qui n'est pas prise en compte par le capitaliste dans le r&#232;gle&#173;ment des salaires. Le capitaliste paye en effet autant de fois une journ&#233;e qu'il a employ&#233; d'ouvriers. Il ne paye pas le travail r&#233;&#173;sultant de la force collective. C'est l'int&#233;r&#234;t du capital, l'au&#173;baine, en quelque sorte ce que l'on retrouvera chez Marx sous le nom de plus-value.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Cette force immense qui r&#233;sulte de l'union et de l'harmonie des travailleurs, de la convergence et de la simultan&#233;it&#233; de leurs efforts, il ne l'a point pay&#233;e.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; La soci&#233;t&#233; capita&#173;liste est donc bas&#233;e sur un vol. L'appropriation de la force collective au seul profit du capitaliste, qui met le producteur dans une situation de d&#233;pendance vis-&#224;-vis de celui-ci. Si Proudhon rejette cette appropriation de la force collective par le capitaliste, il rejette &#233;galement celle qui pourrait &#234;tre faite par l'&#201;tat et c'est l&#224; ce qui le s&#233;pare du socialisme &#233;tatique et fait de lui un des fondateurs du socialisme libertaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;La politique est la science de la libert&#233;. Le gouvernement de l'homme par l'homme, sous quelque nom qu'il se d&#233;guise, est oppression ; la plus haute perfection de la soci&#233;t&#233; se trouve dans l'union de l'ordre et de l'Anarchie.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au rejet de la propri&#233;t&#233; dans le domaine &#233;conomique, correspond le rejet de l'&#201;tat dans le domaine politi&#173;que. L'&#201;tat, comme le capital, nie les &#234;tres collectifs. La soci&#233;t&#233; n'&#233;tant pas consid&#233;r&#233;e comme un &#234;tre collectif &lt;br class='autobr' /&gt;
mais simplement comme une somme d'individus aux int&#233;r&#234;ts diver&#173;gents, le r&#244;le de l'&#201;tat consiste &#224; arbitrer les conflits, &#224; souder la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Proudhon rejette cette conception, h&#233;riti&#232;re de Rousseau et de la R&#233;volu&#173;tion fran&#231;aise : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Au lieu de la libert&#233; &#233;conomique, la R&#233;volution nous a l&#233;gu&#233;, sous b&#233;n&#233;fice d'inventaire, l'autorit&#233; et la subordination politi&#173;que. La r&#233;publique avait &#224; fonder la soci&#233;t&#233;. Elle n'a song&#233; qu'au gouver&#173;nement. (...) Une r&#233;volution nouvelle, organisatrice et r&#233;paratrice, est n&#233;ces&#173;saire pour combler le vide creus&#233; par la premi&#232;re.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;P.-.J. Proudhon, Id&#233;e g&#233;n&#233;rale de la R&#233;vo&#173;lution au XIXe si&#232;cle, 1851.&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il rejette tout autant les th&#233;ories communistes qui voient dans l'&#201;tat un instrument de transformation sociale. La transformation sociale n'est pas &#224; attendre de l'&#201;tat mais de la soci&#233;t&#233; elle-m&#234;me, par la base. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Le gouverne&#173;ment est de sa nature contre-r&#233;volutionnaire, ou il r&#233;siste, ou il opprime, ou il corrompt, ou il s&#233;vit. Le gouver&#173;nement ne sait, ne peut, ne voudra jamais autre chose. Mettez un saint Vincent de Paul au pouvoir : il y sera Guizot ou Talleyrand.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;P.-.J. Proudhon, Confessions d'un r&#233;volutionnaire, 1849.&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet anti&#233;tatisme, pr&#233;sent dans l'ensemble de l'&#339;uvre de Proudhon, sera repris par Bakounine et l'ensem&#173;ble du mouvement anarchiste, et c'est cette distinction entre r&#233;volution sociale et r&#233;volution politique qui am&#232;nera &#224; la scission du mouvement socialiste en deux branches : les autoritaires et les libertaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il restait une idole &#224; d&#233;truire et Proudhon s'y emploie dans &lt;i&gt;De la Justice dans la R&#233;volution et dans L'Eglise&lt;/i&gt;. Cette idole, c'est Dieu et son propos n'est pas de le nier mais de le combattre comme un absolu ext&#233;rieur &#224; la soci&#233;t&#233; qui a toujours justifi&#233; tous les absolutismes : hier l'esclavage et le prince, aujourd'hui la propri&#233;t&#233; et l'&#201;tat. (Bakounine reprend ce th&#232;me dans &lt;i&gt;Dieu et l'&#201;tat&lt;/i&gt;.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'&#233;tant pas &#224; proprement parler un mat&#233;rialiste, Proudhon ne rejette pas le mysticisme, pour lui inh&#233;rent &#224; l'homme qui sent vaguement quelque chose au-dessus de lui (l'&#234;tre collectif, la soci&#233;t&#233;). Il souhaite la r&#233;appropria&#173;tion de cette mystique au profit de la soci&#233;t&#233;. Ce sera la Justice, non un absolu mais un id&#233;al vers lequel il faut sans cesse tendre, tout en sachant qu'on ne l'atteindra jamais. Comme dira Camus, un si&#232;cle plus tard, dans le m&#234;me esprit, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;il faut imaginer Sisyphe heureux.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Albert Camus, Le Mythe de Sisyphe, 1942.&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Construire &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Proudhon a mis l'accent sur le principe d'autorit&#233;, il l'a traqu&#233; sous ses diff&#233;rentes formes : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Le &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;Capital&lt;/span&gt;, dont l'analogue, dans l'ordre de la politique, est le &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;Gouvernement&lt;/span&gt;, a pour synonyme, dans l'ordre de la religion, le &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;Catholicisme&lt;/span&gt;. L'id&#233;e &#233;conomique du capital, l'id&#233;e politique du gouver&#173;nement ou de l'autorit&#233;, l'id&#233;e th&#233;olo&#173;gique de l'Eglise, sont trois id&#233;es identiques et r&#233;ciproquement conver&#173;tibles : attaquer l'une, c'est attaquer l'autre, ainsi que le savent parfaite&#173;ment aujourd'hui tous les philoso&#173;phes. Ce que le capital fait sur le travail, et l'&#201;tat sur la libert&#233;, l'Eglise l'op&#232;re &#224; son tour sur l'intelligence. Cette trinit&#233; de l'absolutisme est fatale, dans la pratique comme dans la philosophie. Pour opprimer effica&#173;cement le peuple, il faut l'encha&#238;ner &#224; la fois dans son corps, dans sa volont&#233;, dans sa raison.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement anarchiste conti&#173;nuera dans cette voie mais il ne se cantonnera pas dans ce r&#244;le critique et s'attachera au contraire &#224; tracer la voie d'une nouvelle construction sociale, tout comme Proudhon qu'ani&#173;mait un esprit positif &#233;quilibrant parfaitement son temp&#233;rament pol&#233;&#173;miste. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Nier, toujours nier, voil&#224; notre m&#233;thode de construction en philosophie.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;P.-.J. Proudhon, Solution du probl&#232;me social, 1848.&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1843, sous l'influence domi&#173;nante de la philosophie allemande, Proudhon publie &lt;i&gt;De la cr&#233;ation de l'ordre dans l'Humanit&#233;&lt;/i&gt;, dans lequel il tente de d&#233;finir une m&#233;thode d'ana&#173;lyse : la dialectique s&#233;rielle. Cette dialectique doit permettre d'analyser les contradictions de la soci&#233;t&#233;, ou couples antinomiques, qui repr&#233;sen&#173;tent le mouvement, l'action, la libert&#233;, ainsi que les grandes lignes ou s&#233;ries qui organisent ces contradictions. Cette dialectique proudhonienne qui rejette la synth&#232;se, artificielle en philo&#173;sophie, gouvernementale en politique, fonde une philosophie du pluralisme, de l'&#233;quilibre et du mouvement. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Les termes antinomiques ne se r&#233;solvent pas plus que les p&#244;les oppos&#233;s d'une pile &#233;lectrique ne se d&#233;truisent ; (...) le probl&#232;me consiste &#224; trouver non leur fusion, qui serait la mort, mais leur &#233;quilibre sans cesse instable, variable selon le d&#233;veloppement m&#234;me des soci&#233;t&#233;s.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;P.-J. Proudhon, Th&#233;orie de la propri&#233;t&#233; (posthume).&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les divergences entre autoritaires et antiautoritaires dans la Premi&#232;re Inter&#173;nationale auront pour origine cette distinction entre deux philosophies, l'une pluraliste, l'autre gouvernemen&#173;tale. Marx ne s'y trompe d'ailleurs pas, lui qui avait d&#233;clar&#233;, &#224; propos du &lt;i&gt;Premier M&#233;moire&lt;/i&gt; : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;L'ouvrage de Proudhon : &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;Qu'est-ce que la Propri&#233;t&#233; ?&lt;/span&gt; est aussi important pour l'&#233;conomie politique moderne que l'ouvrage de Siey&#232;s : &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;Qu'est-ce que le Tiers &#201;tat ?&lt;/span&gt; pour la politique moderne&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Marx-Engels, La Sainte Famille, 1845.&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, car d&#232;s que Proudhon applique sa dialec&#173;tique &#224; l'analyse &#233;conomique, dans &lt;i&gt;Syst&#232;me des contradictions &#233;conomi&#173;ques ou Philosophie de la mis&#232;re&lt;/i&gt;, il r&#233;plique, dans son pamphlet &lt;i&gt;Mis&#232;re de la philosophie&lt;/i&gt; : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Il &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;(M. Proudhon)&lt;/span&gt; veut planer en homme de science au-dessus des bourgeois et des prol&#233;taires ; il n'est que le petit-bourgeois, ballott&#233; constamment en&#173;tre le capital et le travail, entre l'&#233;conomie politique et le communisme.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;K. Marx, Mis&#232;re de la philosophie, 1847.&#034; id=&#034;nh2-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette philosophie du pluralisme va amener Proudhon &#224; pr&#233;coniser l'orga&#173;nisation &#233;conomique sur une base mutuelliste et l'organisation politique sur une base f&#233;d&#233;raliste. Cela implique de substituer le contrat &#224; l'autorit&#233;, le tout dans un but de r&#233;ciprocit&#233;. Le contrat proudhonien est une id&#233;e de base de la philosophie libertaire (cf. pacte associatif de la F&#233;d&#233;ration anarchiste) et il diff&#232;re totalement du contrat social de Rousseau, qui fonde l'&#201;tat en droit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chez Proudhon, il ne doit pas donner d'autre obligation que celle r&#233;sultant de l'engagement, il doit donner plus de bien-&#234;tre et de libert&#233; aux contractants, il doit &#234;tre librement d&#233;battu et individuellement consenti, enfin concernant &#224; la fois l'organisa&#173;tion &#233;conomique et l'organisation politique, il doit dissoudre la seconde dans la premi&#232;re : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Dissolution du gouvernement dans l'organisation &#233;conomique.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Du f&#233;d&#233;ralisme &#233;conomique au f&#233;d&#233;ralisme politique &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Transport&#233; dans la sph&#232;re politi&#173;que, ce que nous avons appel&#233; jusqu'&#224; pr&#233;sent mutuellisme ou garantisme prend le nom de f&#233;d&#233;ralisme. Dans une simple synonymie nous est donn&#233;e la r&#233;volution tout enti&#232;re, politique et &#233;conomique.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;P.-J. Proudhon, De la capacit&#233; politique des classes ouvri&#232;res, 1864.&#034; id=&#034;nh2-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'organisation de la production est bas&#233;e sur la libre entreprise dans le syst&#232;me lib&#233;ral ou sur l'&#233;tatisation dans le syst&#232;me communiste (cf. Louis Blanc, &lt;i&gt;L'organisation du travail&lt;/i&gt;, 1840). Dans le syst&#232;me proudhonien, elle sera l'&#339;uvre des producteurs et le r&#233;sultat de leurs &#233;changes sur la base de la r&#233;ciprocit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Proudhon distingue trois types d'unit&#233;s de production :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; l'exploitation familiale dans l'agri&#173;culture, o&#249; une famille b&#233;n&#233;ficie de la possession de la surface qu'elle peut cultiver. Ces exploitations peuvent se f&#233;d&#233;rer par paliers jusqu'&#224; la f&#233;d&#233;ra&#173;tion agricole nationale ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; les petits ateliers d'artisanat o&#249; chaque travailleur ma&#238;trise l'ensemble de la production ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; enfin les grandes unit&#233;s de produc&#173;tion industrielle o&#249; Proudhon propose une propri&#233;t&#233; collective et indivise, une socialisation par la cr&#233;ation d'associations ouvri&#232;res qui se f&#233;d&#233;re&#173;ront pour former la f&#233;d&#233;ration indus&#173;trielle.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Dans ces grandes unit&#233;s de produc&#173;tion, la gestion sera collective, pour combattre les effets n&#233;gatifs de la parcellisation du travail, le travailleur devra remplir successivement toutes les fonctions et enfin la formation et l'&#233;ducation de chacun sera &#224; la charge de l'entreprise pour faire du produc&#173;teur un &#234;tre complet et en finir avec la s&#233;paration manuel/intellectuel. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Le savant qui n'est que savant est une intelligence isol&#233;e, mutil&#233;e. On peut dire que, sous ce rapport, l'intel&#173;ligence de l'ouvrier n'est pas seule&#173;ment dans sa t&#234;te. Elle est aussi dans sa main.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;P.-J. Proudhon, De la Justice dans la R&#233;volution et dans l'Eglise, 1858.&#034; id=&#034;nh2-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces trois types d'unit&#233;s de produc&#173;tion, leurs principes d'organisation, leurs rapports d'&#233;change, leurs garanties mutuelles, forment le f&#233;d&#233;ralisme &#233;conomique qui est, sous diff&#233;rentes formes (mutuellisme proudhonien, collectivisme bakouninien, communisme libertaire, gestion directe), &#224; la base des th&#233;ories anarchistes. Nous en retrouvons l'application dans toutes les r&#233;volutions o&#249; les anarchistes pes&#232;rent sur les &#233;v&#233;nements, principa&#173;lement en Ukraine pendant la r&#233;volu&#173;tion russe et dans l'exp&#233;rience de socialisation men&#233;e par la CNT espagnole durant la guerre civile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Annonc&#233;e dans&lt;i&gt; Id&#233;e g&#233;n&#233;rale de la r&#233;volution au XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle&lt;/i&gt; et dans &lt;i&gt;De la Justice dans la R&#233;volution et dans l'Eglise&lt;/i&gt;, la th&#233;orie f&#233;d&#233;raliste de Proudhon sera expos&#233;e dans &lt;i&gt;Du Principe f&#233;d&#233;ratif&lt;/i&gt;, paru en 1862. Si Proudhon subordonne le politique &#224; l'&#233;conomique, c&#183;est dire qu'il ne rejette pas le politique. Il va lui appliquer sa m&#233;thode d'unit&#233; dans la diversit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'unit&#233; de base de l'&#233;conomie est l'atelier, dans l'ordre politique c'est la commune qui a autorit&#233; sur tout ce qui est de son domaine et, associ&#233;e &#224; d'autres communes, forme la r&#233;gion, elle-m&#234;me ayant autorit&#233; sur son domaine et cela jusqu'&#224; l'&#201;tat f&#233;d&#233;ral et la conf&#233;d&#233;ration des &#201;tats, &#201;tat f&#233;d&#233;ral &#233;tant entendu dans le sens de f&#233;d&#233;ration nationale. La p&#233;riode o&#249; Proudhon expose sa th&#233;orie f&#233;d&#233;raliste est marqu&#233;e par l'&#233;mergence de forts mouvements de nationalit&#233;s soutenus par les d&#233;mocrates, le mouvement pour l'unit&#233; italienne entre autres. Et Proudhon prend position contre l'unit&#233; italienne qui, pour lui, n'unifie pas mais uniformise, gomme les diff&#233;&#173;rences, synth&#233;tise en quelque sorte et surtout d&#233;tourne du vrai probl&#232;me :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt; Le nationalisme est le pr&#233;texte dont ils se servent pour esquiver la r&#233;volu&#173;tion &#233;conomique.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; encore, le mouvement anarchiste s'inspirera de cette analyse pour prendre position sur les probl&#232;mes de nationalit&#233; ou de r&#233;gionalisme, avec le souci d'unir en respectant les diff&#233;&#173;rences et avec m&#233;fiance &#233;galement devant certaines alliances contre-&#173;nature qui renvoient aux calendes grecques la r&#233;volution sociale. Le f&#233;d&#233;ralisme est son principe de fonctionnement dans le pr&#233;sent et c'est lui qui articule la soci&#233;t&#233; anarchiste chez l'ensemble des th&#233;oriciens liber&#173;taires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce tour d'horizon sommaire de la pens&#233;e proudhonienne nous a fait passer en revue l'ensemble des principes libertaires. L'apport de Proudhon &#224; l'anarchisme est ind&#233;&#173;niable. Si, depuis, plusieurs th&#233;ori&#173;ciens ont apport&#233; leur pierre &#224; la pens&#233;e anarchiste, si l'&#233;volution de la soci&#233;t&#233; a parfois n&#233;cessit&#233; d'avancer de nouveaux moyens, les principes g&#233;n&#233;raux d&#233;finis par Proudhon restent ceux de l'anarchisme contemporain. Le but est toujours l&#224; : associer le socialisme et la libert&#233;. Un th&#232;me &#224; l'ordre du jour !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;P.-J. Proudhon, &lt;i&gt;Qu'est-ce que la pro&#173;pri&#233;t&#233; ?&lt;/i&gt; (Premier M&#233;moire), 1840.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;P.-.J. Proudhon,&lt;i&gt; Id&#233;e g&#233;n&#233;rale de la R&#233;vo&#173;lution au XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle&lt;/i&gt;, 1851.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;P.-.J. Proudhon, &lt;i&gt;Confessions d'un r&#233;volutionnaire&lt;/i&gt;, 1849.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Albert Camus, &lt;i&gt;Le Mythe de Sisyphe&lt;/i&gt;, 1942.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;P.-.J. Proudhon, &lt;i&gt;Solution du probl&#232;me social&lt;/i&gt;, 1848.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;P.-J. Proudhon, &lt;i&gt;Th&#233;orie de la propri&#233;t&#233; &lt;/i&gt; (posthume).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Marx-Engels, &lt;i&gt;La Sainte Famille&lt;/i&gt;, 1845.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;K. Marx, &lt;i&gt;Mis&#232;re de la philosophie&lt;/i&gt;, 1847.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;P.-J. Proudhon, De la capacit&#233; politique des classes ouvri&#232;res, 1864.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;P.-J. Proudhon, &lt;i&gt;De la Justice dans la R&#233;volution et dans l'Eglise&lt;/i&gt;, 1858.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>Les libertaires et l'&#233;ducation </title>
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		<dc:date>2024-10-10T08:24:58Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean Barru&#233;</dc:creator>


		<dc:subject>Michel-Alexandrovitch Bakounine</dc:subject>
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		<description>&lt;p&gt;&lt;q&gt;Nulle r&#233;volution ne sera f&#233;conde, si l'instruction publique recr&#233;&#233;e n'en devient le couronnement.&lt;/q&gt; (Proudhon)&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/sans_titre-2-4-dd418.png?1774723241' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Nulle r&#233;volution ne sera f&#233;conde, si l'instruction publique recr&#233;&#233;e n'en devient le couronnement.&lt;/q&gt; (Proudhon)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tout &#201;tat, tout gouvernement, par chacun de ses actes exerce son autorit&#233; sur le pr&#233;sent imm&#233;diat, mais en m&#234;me temps &#8212; consciemment ou non &#8212; il songe &#224; assurer le p&#233;rennit&#233; du r&#233;gime dont il est le garant. L'&#201;tat, m&#234;me quand il pr&#233;tend pratiquer le changement, reste conservateur par nature. L'avenir sera fait &#224; l'image du pr&#233;sent et gardera pieusement l'h&#233;ritage du pass&#233;, sa morale, ses servitudes, ses contraintes. Et qui repr&#233;sente l'avenir, si ce n'est la jeunesse ? D'o&#249; la n&#233;cessit&#233; imp&#233;rieuse de former cette jeunesse, de lui enseigner le respect des id&#233;ologies qui sont le fondement de l'&#201;tat, d'extirper tout anticonformismes et de surveiller &#233;troitement ceux qui ont le mauvais esprit. Pens&#233;e uniforme... jeunesse en uniforme : c'est ce qu'ont r&#233;alis&#233; les &#201;tats totalitaires fascistes ou pr&#233;tendus communistes et c'est aussi ce que recherchent les &#201;tats d&#233;mocratiques avec moins de cynisme et davantage de m&#233;nagements. On consid&#232;re l'enfant comme un &#234;tre sans personnalit&#233;, &#224; qui on impose un syst&#232;me d'&#233;ducation destin&#233; &#224; faire de lui un sujet disciplin&#233; et un bon citoyen. Dressage et s&#233;lection assureront la formation des &#233;lites et des cadres de la soci&#233;t&#233; de demain soumise &#224; la m&#234;me morale et aux m&#234;mes devoirs que la soci&#233;t&#233; d'hier.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5394 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/938-cempuis-orpheliant-prevost-cempuis.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH322/938-cempuis-orpheliant-prevost-cempuis-8d596.jpg?1774751746' width='500' height='322' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Devant cette mise en condition de l'enfant, nous ne pouvons rester indiff&#233;rents. Nous : c'est-&#224;-dire les anarchistes, les libertaires ou, pour &#234;tre plus pr&#233;cis, tous ceux pour qui le socialisme f&#233;d&#233;raliste anti-autoritaire est la seule voie conduisant &#224; une v&#233;ritable transformation sociale. On peut &#234;tre tent&#233; d'opposer &#224; l'&#233;cole actuelle une p&#233;dagogie libertaire. Ce serait limiter singuli&#232;rement le d&#233;but. Une p&#233;dagogie, en effet, c'est une technique qui &#233;tablit certains modes de relations, de communication, entre l'&#233;ducateur et l'&#233;l&#232;ve. Mais si la mani&#232;re d'enseigner a son importance, elle ne doit point nous faire perdre de vue l'essentiel : c'est-&#224;-dire ce qu'on enseigne et le but de cet enseignement. Toute p&#233;dagogie doit avoir une finalit&#233;, et par suite, proc&#233;der d'un projet &#233;ducatif, d'une conception globale de l'&#233;ducation. Aussi parlerons-nous d'une &#233;ducation libertaire dont la p&#233;dagogie libertaire constitue la mise en pratique. Toutes les &#233;coles anim&#233;es dans le pass&#233; par l'esprit libertaire &#233;taient fond&#233;es sur le refus du ma&#238;tre d'imposer ses propres id&#233;es &#224; l'enfant qui doit pouvoir d&#233;velopper librement sa personnalit&#233; : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;la valeur enti&#232;re de l'&#233;ducation se trouve dans le respect de la volont&#233; physique, intellectuelle et morale de l'enfant&lt;/q&gt;, &#233;crivait Francisco Ferrer. L'orphelinat de Cempuis (Paul Robin), l'Ecole Moderne (Francisco Ferrer), la Ruche (S&#233;bastien Faure) pratiquaient une p&#233;dagogie fond&#233;e sur ce principe essentiel, avec, pour les deux derni&#232;res, une liaison &#233;troite entre l'&#233;cole et les syndicats ouvriers ou les Bourses du Travail et, pour la Ruche, l'existence d'une coop&#233;rative de production autog&#233;r&#233;e par la communaut&#233; scolaire. Les gens &#233;pris de dogmatisme ne manqueront pas de demander s'il existe un manuel d'&#233;ducation libertaire. Nous n'avons, h&#233;las ! aucun cat&#233;chisme de cette nature &#8212; ou de toute autre nature &#8212; &#224; leur soumettre. La pens&#233;e libertaire n'est esclave d'aucune id&#233;ologie monolithique, elle ne connait ni orthodoxie, ni h&#233;r&#233;sie : mais, aussi diff&#233;rents que soient entre eux les libertaires, ils ont en commun quelques id&#233;es qui font d'eux une famille spirituelle, et cr&#233;ent entre eux une solidarit&#233; de pens&#233;e. On trouvera les &#233;l&#233;ments fondamentaux d'une &#233;ducation libertaire aussi bien chez Stirner que chez Proudhon et Bakounine : &#233;l&#233;ments compl&#233;mentaires et non contradictoires, ce qui montre que, sur la question de l'&#233;ducation, il y a communaut&#233; de vues entre les divers courants de la pens&#233;e libertaire.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5395 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/la_ruche__depart_pour_les_champs.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH312/la_ruche__depart_pour_les_champs-e5bb8.jpg?1774751746' width='500' height='312' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Il ne faut pas croire cependant que l'id&#233;e d'une &#233;ducation int&#233;grale et antiautoritaire prit naissance brusquement dans quelques esprits au milieu du XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle ! Dans ce domaine, comme dans bien d'autres, l'anarchisme a b&#233;n&#233;fici&#233; de l'apport des si&#232;cles pr&#233;c&#233;dents, et les libertaires n'ont pas l'outrecuidance ridicule de pr&#233;tendre avoir invent&#233;. Et ce n'est pas une raison parce que Rabelais, Montaigne et Rousseau n'ont trait&#233; que de l'enseignement donn&#233; par un pr&#233;cepteur &#224; un jeune noble ou &#224; un jeune bourgeois, pour n&#233;gliger leurs &#233;crits. On y trouvera quelques v&#233;rit&#233;s premi&#232;res que l'&#233;ducation libertaire a reprises &#224; son compte. Rabelais donne aux exercices physiques et aux travaux domestiques autant d'importance qu'&#224; l'&#233;tude des lettres et des sciences. Le chant et la musique n'&#233;taient pas n&#233;glig&#233;s, et Rabelais recommande la fr&#233;quentation des artisans, la visite de leurs ateliers afin d'&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;apprendre et de consid&#233;rer l'industrie et invention des m&#233;tiers.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et que de vues judicieuses dans le c&#233;l&#232;bre essai de Montaigne sur l'&lt;i&gt;Institution des enfants&lt;/i&gt; ! Il s'&#233;l&#232;ve contre cette vaine &#233;rudition fond&#233;e sur la m&#233;moire et qui fait la t&#234;te bien pleine, sinon bien faite. Parlant de l'&#233;ducateur : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Je ne veux pas, &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;dit-il&lt;/span&gt;, qu'il invente et parle seul, je veux qu'il &#233;coute son disciple parler &#224; son tour... qu'il ne loge rien en sa t&#234;te par simple curiosit&#233;.&lt;/q&gt; L'enfant n'a pas &#224; embrasser les opinions et les pr&#233;ceptes des autres et ce qu'il empruntera &#224; autrui, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;il le transformera et confondra pour en faire un ouvrage tout sien : &#224; savoir son jugement.&lt;/q&gt; L'enfant doit juger et choisir par lui-m&#234;me et non selon l'autorit&#233; d'autrui, car &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;qui suit un autre, ne suit rien.&lt;/q&gt; Education oppos&#233;e &#224; tout fanatisme, &#224; tout embrigadement autoritaire : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;qu'on instruise l'enfant surtout &#224; se rendre et &#224; quitter les armes &#224; la v&#233;rit&#233;, tout aussit&#244;t qu'il l'apercevra... car il ne sera pas mis en chaire pour dire un r&#244;le prescrit. Il n'est engag&#233; a aucune cause, que parce qu'il l'approuve.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rousseau, dans l'&lt;i&gt;Emile&lt;/i&gt;, r&#233;clame pour l'enfant une &#233;ducation intellectuelle non livresque et partant de l'int&#233;r&#234;t sensible, une &#233;ducation du corps par les exercices physiques, l'hygi&#232;ne et la natation et une &#233;ducation sensorielle. P&#233;dagogie active fond&#233;e sur l'exp&#233;rience et non sur les discours, comportant une &#233;ducation manuelle et le choix d'un m&#233;tier manuel. Rousseau, comme Montaigne, d&#233;fend la personnalit&#233; de l'enfant qui ne doit point &#234;tre &#233;touff&#233;e par les pr&#233;jug&#233;s ou l'autorit&#233; d'autrui : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;pour rendre un jeune homme judicieux, il faut bien former ses jugements, au lieu de lui dicter les n&#244;tres. &lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est &#233;vident que si nous approuvons bien des pr&#233;ceptes et des recommandations de &lt;i&gt;Rabelais&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Montaigne &lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Rousseau&lt;/i&gt;, nous sommes oblig&#233;s de rejeter, dans leurs &#233;crits sur l'&#233;ducation, tout ce qui porte la marque d'une certaine &#233;poque, d'une certaine soci&#233;t&#233; ou m&#234;me de certains pr&#233;jug&#233;s. Un exemple seulement : dix ans apr&#232;s avoir &#233;crit l'&lt;i&gt;Emile&lt;/i&gt;, Rousseau, dans ses &lt;i&gt;Consid&#233;rations sur le Gouvernement de Pologne&lt;/i&gt;, veut que l'enfant soit, d&#232;s son plus jeune &#226;ge, &#233;lev&#233; dans le culte de la patrie : l'&#233;ducation doit donner aux &#226;mes la forme nationale et diriger tellement leurs opinions et leurs go&#251;ts qu'elles soient patriotes par inclination, par passion, par n&#233;cessit&#233;. L'U.R.S.S. et l'Allemagne de l'Est ont certainement retenu ce conseil de Rousseau qui, emport&#233; par son z&#232;le r&#233;publicain, semble oublier qu'il ne faut pas &lt;i&gt;dicter &lt;/i&gt; nos jugements.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;tt&gt;&lt;picto|nom=asterisk&gt;&lt;/tt&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois hommes, d'origine et de caract&#232;re fort diff&#233;rent &#8212; Stirner, Proudhon, Bakounine &#8212; ont fond&#233; la pens&#233;e libertaire moderne et c'est dans leurs &#233;crits de la p&#233;riode 1840-1970 qu'on trouve les principes g&#233;n&#233;raux d'une &#233;ducation libertaire.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5396 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH198/stirner-kar1900-c79fa-ddf61.jpg?1774695970' width='150' height='198' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Dans &lt;i&gt;Le faux principe de notre &#233;ducation&lt;/i&gt; (1842), Stirner montre que la vieille querelle entre ceux qui d&#233;fendent la pr&#233;dominance des &#233;tudes classiques et ceux qui insistent sur la sup&#233;riorit&#233; de l'enseignement scientifique et technique, ne peut aboutir &#224; un compromis. Ces deux formes du savoir ont conduit &#224; un &#233;chec : humanisme et r&#233;alisme finissant en dandysme attach&#233; &#224; la vaine recherche des &#233;l&#233;gances de style et en industrialisme uniquement pr&#233;occup&#233; de la formation de l'homme politique et &#233;tranger &#224; toute philosophie lib&#233;ratrice. Le Savoir, afin qu'il ne soit pas seulement un fardeau encombrant, doit mourir pour rena&#238;tre comme Volont&#233;. L'&#233;cole actuelle ne fabrique pas des hommes v&#233;ritables, elle &#233;touffe la libert&#233; : l'humanisme forme des &#233;rudits, le r&#233;alisme des citoyens utilisables, dans les deux cas des hommes serviles. Le savoir doit mourir pour ressusciter comme volont&#233; et exercer de nouveau son activit&#233; quotidienne comme personne libre. L'&#233;cole doit donc permettre l'&#233;panouissement libre de la personnalit&#233;, ne pas &#233;touffer la fiert&#233; et le naturel de l'enfant et concilier dans une association harmonieuse les volont&#233;s contradictoires de l'enfant et de l'&#233;ducateur. Faire des hommes libres et non des serviteurs dociles de l'&#201;tat : telle doit &#234;tre la vocation de l'&#233;cole, et Nietzsche formule le m&#234;me v&#339;u dans ses conf&#233;rences sur l'&lt;i&gt;Avenir de nos &#233;tablissements d'instruction&lt;/i&gt; (1872).&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5392 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;32&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/saavedra_toro_abelardo.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH223/saavedra_toro_abelardo-414b0-e4c3b.jpg?1774695970' width='150' height='223' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Abelardo Saavedra &lt;br&gt;del Toledo&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Relever la condition ouvri&#232;re en relevant sa valeur : tel est, selon Proudhon, le but d'une v&#233;ritable &#233;ducation. Depuis des si&#232;cles, la soci&#233;t&#233; repose sur la distinction entre arts m&#233;caniques et arts lib&#233;raux, entre gens m&#233;caniques et intellectuels. Le travail des mains est servile, tandis que le travail de l'esprit est r&#233;serv&#233; aux hommes libres. Une v&#233;ritable mal&#233;diction p&#232;se sur le travail manuel consid&#233;r&#233; comme une forme inf&#233;rieure de l'activit&#233; humaine, et elle se traduit par l'in&#233;galit&#233; des conditions et l'in&#233;galit&#233; des r&#233;mun&#233;rations. La main et l'esprit ne peuvent &#234;tre associ&#233;s : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;le travail, r&#233;unissant l'analyse et la synth&#232;se, la th&#233;orie et l'exp&#233;rience en une action continue ... r&#233;sumant la r&#233;alit&#233; et l'id&#233;e, se repr&#233;sente de nouveau comme mode universel d'enseignement. De tous les syst&#232;mes d'&#233;ducation, le plus absurde est celui qui s&#233;pare l'intelligence de l'activit&#233; et scinde l'homme en deux entit&#233;s impossibles ; un abstracteur et un automate. Ainsi, l'&#233;ducation doit &#234;tre exp&#233;rimentale et pratique, ne r&#233;servant le discours que pour expliquer, r&#233;sumer et coordonner le travail.&lt;/q&gt; (Chapitre IV du &lt;i&gt;Syst&#232;me des contradictions &#233;conomiques&lt;/i&gt; 1846). On parle actuellement d'&#233;ducation permanente : ce n'est point une id&#233;e nouvelle et nous lisons dans Proudhon que &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;l'instruction de l'homme doit &#234;tre constamment con&#231;ue qu'elle dure &#224; peu pr&#232;s toute la vie.&lt;/q&gt; Proudhon souhaite enfin que les associations ouvri&#232;res jouent un r&#244;le important dans l'&#233;ducation : elles doivent devenir &#224; la fois foyer de production et foyer d'enseignement. Ce principe proudhonien de la liaison atelier-&#233;cole a &#233;t&#233; mis en pratique &#224; la Ruche de S&#233;bastien Faure, et les nombreuses Ecoles Modernes fond&#233;es par Ferrer et Saavedra en Andalousie et dans la r&#233;gion du Levant avaient le soutien moral et mat&#233;riel des syndicats ouvriers (Gaston Leval, &lt;i&gt;Espagne Libertaire&lt;/i&gt;).. Faut-il dire enfin que Proudhon &#8212; comme Stirner &#8212; condamne les &#233;coles de son temps qui, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;quand elles ne sont pas des &#233;tablissements de luxe ou des pr&#233;textes &#224; sin&#233;cures, sont les s&#233;minaires de l'aristocratie ?&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;tt&gt;&lt;picto|nom=asterisk&gt;&lt;/tt&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5397 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH155/bakunin_by_vallotton-2-0f960-54ec1.jpg?1774695970' width='150' height='155' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Cette r&#233;habilitation du travail manuel, qui est une id&#233;e ma&#238;tresse de Proudhon, est indispensable, pense Bakounine, pour mettre un terme &#224; l'asservissement des ouvriers. Dans l'&#233;crit connu sous le titre de &lt;i&gt;Cat&#233;chisme r&#233;volutionnaire&lt;/i&gt; (1865-1866), Bakounine d&#233;nonce la s&#233;paration entre travail manuel et travail intellectuel comme la source du m&#233;pris qui s'attache aujourd'hui &#224; la condition ouvri&#232;re. Certes, on reconna&#238;t en th&#233;orie la dignit&#233; du travail, on proclame qu'il est honteux de vivre sans travailler : mais en maintenant la distinction entre le travail manuel servile et le travail intellectuel noble, la classe privil&#233;gi&#233;e se r&#233;serve le second et impose au peuple le premier. Il faut donc r&#233;aliser une synth&#232;se sociale qui fera pratiquer &#224; l'intellectuel comme au manuel ces deux formes de travail. L'&#233;cole, d&#233;barrass&#233;e de toute contrainte religieuse, doit dispenser une &#233;ducation et un enseignement &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;qui ne seront rien d'autre qu'une initiation graduelle et progressive &#224; la libert&#233;, une libert&#233; qui est ins&#233;parable de la libert&#233; des autres. Inspirez aux enfants le respect de tout &#234;tre humain et vous ferez d'eux des hommes ! &lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bakounine a consacr&#233; &#224; l'&#233;ducation une partie des articles parus dans le journal l'&lt;i&gt;Egalit&#233;&lt;/i&gt;, de Gen&#232;ve, et r&#233;unis g&#233;n&#233;ralement sous ces deux titres : &lt;i&gt;Les Endormeurs&lt;/i&gt;, et l'&lt;i&gt;Instruction int&#233;grale&lt;/i&gt;. Il insiste sur la collaboration indispensable entre travailleurs intellectuels et manuels et, parlant de la jeunesse des universit&#233;s, il &#233;crit : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;leur concours sera pr&#233;cieux &#224; condition qu'ils comprennent que la mission de la science aujourd'hui n'est plus de dominer, mais de servir le travail, et qu'ils auront bien plus de choses &#224; apprendre chez les travailleurs qu'&#224; leur enseigner. L'&#233;ducation int&#233;grale, aussi compl&#232;te que le permet la puissance intellectuelle du si&#232;cle, ne tend pas &#224; fabriquer uniquement des savants : tout le monde doit travailler et tout le monde doit &#234;tre instruit ... La science du savant deviendra plus utile, plus f&#233;conde et plus large quand le savant n'ignorera plus le travail manuel, et le travail de l'ouvrier instruit sera plus intelligent et par cons&#233;quent plus productif que celui de l'ouvrier ignorant.&lt;/q&gt; C'est pourquoi l'instruction &#233;gale pour tous et int&#233;grale &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;doit pr&#233;parer chaque enfant des deux sexes, aussi bien &#224; la vie de la pens&#233;e qu'&#224; celle du travail, afin que tous puissent &#233;galement devenir des hommes complets.&lt;/q&gt; Elle unira donc &#224; un enseignement scientifique ou pratique. L'adolescent pourra librement, en connaissance de cause, choisir sa propre carri&#232;re ; le risque d'une erreur est pr&#233;f&#233;rable au principe d'autorit&#233; et, rejoignant Montaigne et Rousseau, Bakounine &#233;crit : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;les enfants, comme les hommes m&#251;rs, ne deviennent sages que par les exp&#233;riences qu'ils font eux-m&#234;mes, jamais par celles d'autrui.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1021 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;25&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH208/sans_titre-1-6-876d3-f42c5.jpg?1774695970' width='150' height='208' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Pierre-Joseph Proudhon.&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Bakounine &#8212; comme Proudhon, comme Stirner &#8212; est un amant passionn&#233; de la libert&#233;, mais il ne confond pas la libert&#233; avec certaines outrances qui n'en sont que la caricature : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;La libert&#233; que l'&#233;cole enseignera, c'est l'ob&#233;issance involontaire et fatale &#224; toutes les lois qui, ind&#233;pendantes de toute volont&#233; humaine, sont la vie m&#234;me de la nature et de la soci&#233;t&#233;, mais c'est l'ind&#233;pendance aussi absolue que possible de chacun vis-&#224;-vis de toutes les pr&#233;tentions de commandement ... qui voudraient lui imposer non leur influence naturelle, mais leur loi.&lt;/q&gt; Bakounine sait aussi que le jeune enfant qui entre en contact avec le monde ext&#233;rieur a besoin d'&#234;tre guid&#233; et pr&#233;serv&#233; de tous les dangers qui guettent son inexp&#233;rience. D'o&#249; cette formule qui montre combien est r&#233;aliste sa pens&#233;e : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;&#233;ducation des enfants, prenant pour point de d&#233;part l'autorit&#233;, doit successivement aboutir &#224; la plus enti&#232;re libert&#233;.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Colin Ward : &#171; La sociologie anarchiste du f&#233;d&#233;ralisme &#187;</title>
		<link>https://www.partage-noir.fr/colin-ward-la-sociologie-anarchiste-du-federalisme</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.partage-noir.fr/colin-ward-la-sociologie-anarchiste-du-federalisme</guid>
		<dc:date>2024-08-13T23:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Colin Ward</dc:creator>


		<dc:subject>Pierre-Joseph Proudhon</dc:subject>
		<dc:subject>Michel-Alexandrovitch Bakounine</dc:subject>
		<dc:subject>Pierre Kropotkine</dc:subject>
		<dc:subject>Racines et Branches</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;La minorit&#233; des enfants de tous les pays europ&#233;ens qui ont eu l'opportunit&#233; d'&#233;tudier l'histoire de l'Europe ainsi que celle de leur propre pays ont appris qu'il y avait eu deux grands &#233;v&#233;nements durant le si&#232;cle dernier ; l'unification de l'Allemagne, r&#233;alis&#233;e par Bismarck et l'empereur Wilhelm I, et celle de l'Italie, r&#233;alis&#233;e par Cavour, Mazzini, Garibaldi et Victor Emmanuel II.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH91/arton1230-ab1e3.jpg?1774715347' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='91' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Texte original : &lt;i&gt;The Anarchist Sociology of Federalism&lt;/i&gt; &#8211; Colin Ward &lt;i&gt;Freedom&lt;/i&gt;, Juin-Juillet 1992 (traduction Racines et Branches)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La minorit&#233; des enfants de tous les pays europ&#233;ens qui ont eu l'opportunit&#233; d'&#233;tudier l'histoire de l'Europe ainsi que celle de leur propre pays ont appris qu'il y avait eu deux grands &#233;v&#233;nements durant le si&#232;cle dernier ; l'unification de l'Allemagne, r&#233;alis&#233;e par Bismarck et l'empereur Wilhelm I, et celle de l'Italie, r&#233;alis&#233;e par Cavour, Mazzini, Garibaldi et Victor Emmanuel II.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le monde entier, ce qui signifiait &#224; l'&#233;poque le monde europ&#233;en, a accueilli favorablement ces victoires. L'Allemagne et l'Italie avait abandonn&#233; toutes ces petites principaut&#233;s, r&#233;publiques, cit&#233;s-&#201;tats et provinces papales, pour devenir des &#201;tats-nations, des empires et des conqu&#233;rants. Elles ressemblaient &#224; la France, dont les petits despotes locaux avaient finalement &#233;t&#233; unifi&#233;s par la force d'abord par Louis XIV avec son slogan majestueux &#171; L'&#201;tat c'est moi &#187;, puis par Napol&#233;on, h&#233;ritier de la Grande R&#233;volution, tout comme Staline au vingti&#232;me si&#232;cle qui a construit la machinerie administrative pour se mettre en conformit&#233;. Ou elles ressemblaient &#224; l'Angleterre dont les rois (et un gouvernant r&#233;publicain, Oliver Cromwell) avait r&#233;ussi &#224; soumettre les Gallois, les &#201;cossais et les Irlandais, et ensuite domin&#233; le reste du monde en dehors de l' Europe. La m&#234;me chose &#233;tait arriv&#233;e &#224; l'autre extr&#233;mit&#233; du continent. Ivan IV, nomm&#233; &#224; juste titre &#171; Le Terrible &#187;, avait conquis l'Asie Centrale jusqu'au Pacifique et Pierre I&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt;, connu comme &#171; Le Grand &#187;, avait mis la main sur la Baltique, la plus grande partie de la Pologne et l'ouest de l'Ukraine, en utilisant les techniques qu'il avait apprise de la France et de la Grande Bretagne .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'opinion &#233;clair&#233;e &#224; travers l'Europe a salu&#233; le fait que l'Allemagne et l'Italie avaient rejoint le club des gentlemen des puissances nationales et imp&#233;rialistes. Le r&#233;sultat final lors de ce si&#232;cle fut des aventures consternantes de conqu&#234;tes, la perte d&#233;vastatrice de jeunes vies dans tous les villages d' Europe lors de deux guerres mondiales, la mont&#233;e des d&#233;magogues populistes comme Hitler et Mussolini, ainsi que de leurs imitateurs, jusqu'&#224; ce jour, qui pr&#233;tendent que &#171; L'&#201;tat c'est moi &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par la suite, chaque nation a eu sa moisson de politiciens de toutes tendances qui ont plaid&#233; pour l'unit&#233; europ&#233;enne, dans tous les domaines : &#233;conomique, social, administratif et, bien s&#251;r, politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Inutile de dire que, dans les efforts pour promouvoir l'unification pr&#244;n&#233;e par les politiciens, nous avons une multitude de technocrates &#224; Bruxelles formulant des &#233;dits sur quelles vari&#233;t&#233;s de graines potag&#232;res ou quels constituants de steaks hach&#233;s ou de glaces peuvent &#234;tre vendus dans les magasins des &#233;tats membres. Les journaux se font joyeusement l'&#233;cho de ces bagatelles. La presse porte beaucoup moins d'attention &#224; un autre courant d'opinion pan-europ&#233;en, qui se manifeste dans des positions exprim&#233;es &#224; Strasbourg et venant de personnes de diverses tendances du spectre politique, qui osent affirmer que les &#201;tats-nations sont un ph&#233;nom&#232;ne du seizi&#232;me au dix-neuvi&#232;me si&#232;cle, qui n'aura aucun avenir utile dans le vingt-et-uni&#232;me si&#232;cle. L'histoire &#224; venir de l'administration d'une Europe f&#233;d&#233;r&#233;e qu'elles s'efforcent de d&#233;couvrir est un lien entre, disons, la Calabre, le Pays de Galles, l'Aquitaine, l'Andalousie, la Galice ou la Saxe, comme r&#233;gions plut&#244;t que comme nations, &#224; la recherche de leur identit&#233; r&#233;gionale, &#233;conomique et culturelle, perdue lors de leur int&#233;gration dans les &#201;tats-nations, o&#249; le centre de gravit&#233; est ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de la grande vague des nationalismes du dix-neuvi&#232;me si&#232;cle, il y eut une poign&#233;e de voix proph&#233;tiques et dissidentes, appelant &#224; un type diff&#233;rent de f&#233;d&#233;ralisme. Il est int&#233;ressant, pour le moins, de noter que ceux dont les noms survivent furent les trois th&#233;oriciens les plus connus de l'anarchisme de ce si&#232;cle : Pierre-Joseph Proudhon, Michel Bakounine et Pierre Kropotkine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;volution de la gauche politique durant le vingti&#232;me si&#232;cle a rejet&#233; leur h&#233;ritage comme infond&#233;. Tant pis pour la gauche, puisque la route a &#233;t&#233; laiss&#233;e libre pour la droite qui a pu mettre en place son propre programme de f&#233;d&#233;ralisme et de r&#233;gionalisme. &#201;coutons, juste quelques minutes, ces pr&#233;curseurs anarchistes.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Proudhon&lt;/h3&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1689 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;42&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/proudhonnadar_copie.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH281/proudhonnadar_copie-6c549.jpg?1774834149' width='500' height='281' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Proudhon photographi&#233; par Nadar, en 1864&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;D'abord, il y eut Proudhon, qui a consacr&#233; deux de ses volumineux travaux &#224; l'id&#233;e de f&#233;d&#233;ration oppos&#233;e &#224; celle d'&#201;tat-nation. Il y eut &lt;i&gt;La F&#233;d&#233;ration et l'Unit&#233; en Italie&lt;/i&gt; en 1862, et l'ann&#233;e suivante, &lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Proudhon_-_Du_Principe_f%C3%A9d%C3%A9ratif&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Du Principe f&#233;d&#233;ratif&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Proudhon &#233;tait citoyen d'un &#201;tat-nation unifi&#233; et centralis&#233;, dont il fut oblig&#233; de fuir pour la Belgique. Et il craignait l'unification de l'Italie pour plusieurs raisons. Dans &lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/De_la_justice_dans_la_R%C3%A9volution_et_dans_l%E2%80%99%C3%89glise&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;De la Justice&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; en 1858, il affirmait que la cr&#233;ation de l'Empire allemand n'apporterait que des probl&#232;mes aux Allemands et au reste de l'Europe et a poursuivi son argumentation &#224; travers l'histoire politique de l'Italie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au premier plan, l'histoire, &#224; travers laquelle des facteurs naturels comme le climat et la g&#233;ologie avaient model&#233; des coutumes et attitudes locales &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;L'Italie, &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;affirmait-il , &lt;/span&gt;est f&#233;d&#233;rale par la composition de son territoire ; elle l'est par la diversit&#233; de ses habitants ; elle l'est par son g&#233;nie ; elle l'est par ses m&#339;urs ; elle l'est encore par son histoire ; elle est f&#233;d&#233;rale dans tout son &#234;tre et de toute &#233;ternit&#233;&#8230; par la f&#233;d&#233;ration vous la rendrez autant de fois libre qu'elle formera d'&#201;tats ind&#233;pendants&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pierre-Joseph Proudhon, Du Principe f&#233;d&#233;ratif&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Il ne s'agit pas pour moi de d&#233;fendre l'hyperbole du langage de Proudhon, mais il avait d'autres objections. Il avait compris comment Cavour et Napol&#233;on III s'&#233;taient mis d'accord pour transformer l'Italie en une f&#233;d&#233;ration d'&#201;tats, mais il avait aussi compris que la Maison de Savoie ne se contenterait de rien de moins qu'une monarchie constitutionnelle centralis&#233;e. Et en plus de cela, il se m&#233;fiait &#233;norm&#233;ment de l'anticl&#233;ricalisme lib&#233;ral de Mazzini, non pas par amour de la papaut&#233; mais parce qu'il avait conscience que le slogan de ce dernier, &#171; Dio e popolo &#187;, pouvait &#234;tre exploit&#233; par n'importe quel d&#233;magogue qui se saisirait de la machinerie de l'&#201;tat centralis&#233;. Il affirmait que l'existence de cet appareil administratif constituait une menace absolue pour la libert&#233; local et personnelle. Proudhon &#233;tait pratiquement le seul th&#233;oricien politique du dix-neuvi&#232;me si&#232;cle &#224; percevoir cela :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Lib&#233;rale aujourd'hui avec un gouvernement lib&#233;ral, elle deviendra demain un instrument formidable d'usurpation pour un pouvoir usurpateur, et apr&#232;s l'usurpation, un instrument formidable de despotisme ; sans compter que par cela m&#234;me elle est une tentation perp&#233;tuelle pour le pouvoir, une menace perp&#233;tuelle pour les libert&#233;s des citoyens. Sous le coup d'une force pareille, il n'y a point de droits individuels ou collectifs qui soient s&#251;rs d'un lendemain. Dans ces conditions, la centralisation pourrait s'appeler le d&#233;sarmement d'une nation au profit de son gouvernement&#8230;&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout ce que nous savons de l'histoire du vingti&#232;me si&#232;cle en Europe, en Asie, en Am&#233;rique du Sud ou en Afrique, justifie cette perception. Pas plus que le style de f&#233;d&#233;ralisme nord-am&#233;ricain, si amoureusement con&#231;u par Thomas Jefferson, ne garantit la disparition de cette menace. Un des biographes anglais de Proudhon, Edward Hyams, commente : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Il est devenu &#233;vident depuis la seconde guerre mondiale que les pr&#233;sidents des &#201;tats-Unis peuvent utiliser et utilisent l'appareil administratif f&#233;d&#233;ral d'une mani&#232;re qui se moque de la d&#233;mocratie&lt;/q&gt;. Et son traducteur canadien cite la conclusion de Proudhon :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Sollicitez l'opinion des hommes de la masse et ils vous renverront des r&#233;ponses stupides, volages et violentes ; sollicitez leur opinion en tant que membres d'un groupe d&#233;fini avec une r&#233;elle solidarit&#233; et un caract&#232;re distinctif et leurs r&#233;ponses seront responsables et avis&#233;es. Exposez-les au &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;langage&lt;/q&gt; politique de la d&#233;mocratie de masse, qui repr&#233;sente &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;le peuple&lt;/q&gt; comme uni et les minorit&#233;s comme traitres et ils donneront naissance &#224; la tyrannie ; exposez-les au langage politique du f&#233;d&#233;ralisme, par lequel le peuple est pr&#233;sent&#233; comme un agr&#233;gat diversifi&#233; d'associations r&#233;elles et ils r&#233;sisteront &#224; la tyrannie jusqu'au bout.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette observation r&#233;v&#232;le une compr&#233;hension profonde de la psychologie politique. Proudhon extrapolait &#224; partir de l'&#233;volution de la Conf&#233;d&#233;ration Suisse mais il existe d'autres exemples en Europe. Les Pays-Bas avait la r&#233;putation d'une politique p&#233;nale cl&#233;mente ou tol&#233;rante. L'explication officielle en &#233;tait le remplacement du Code Napol&#233;on en 1886 par un &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;code criminel sp&#233;cifiquement hollandais&lt;/q&gt; bas&#233; sur des traditions culturelles comme la &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;fameuse &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;tol&#233;rance&lt;/q&gt; hollandaise et la tendance &#224; accepter les minorit&#233;s d&#233;viantes&lt;/q&gt;. Je cite le criminologue hollandais, le D&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;r&lt;/sup&gt; Willem de Haan, qui avance l'explication selon laquelle la soci&#233;t&#233; hollandaise &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;a &#233;t&#233; bas&#233;e traditionnellement sur des fondements religieux, politiques et id&#233;ologiques plut&#244;t que de classes. Les grands groupes confessionnels ont cr&#233;&#233; leurs propres institutions sociales dans toutes les grandes sph&#232;res publiques. Ce processus&#8230; a v&#233;hicul&#233; une attitude g&#233;n&#233;rale tol&#233;rante et pragmatique comme r&#232;gle sociale absolue&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrement dit, c'est la diversit&#233; et non l'unit&#233; qui cr&#233;e le type de soci&#233;t&#233; dans laquelle nous pouvons vivre vous et moi de mani&#232;re confortable. Et les attitudes modernes aux Pays-Bas sont enracin&#233;es dans la diversit&#233;s des cit&#233;s-&#201;tats de Hollande et de Z&#233;lande, ce qui explique, aussi bien que le r&#233;gionalisme de Proudhon, qu'un futur souhaitable pour toute l'Europe est dans la combinaison des diff&#233;rences locales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Proudhon a assist&#233; dans les ann&#233;es 1860, &#224; une conf&#233;rence sur une conf&#233;d&#233;ration europ&#233;enne ou des &#201;tats Unis d'Europe. Son commentaire fut :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Par cela ils ne semblent envisager rien d'autre qu'une alliance de tous les &#233;tats qui existent actuellement en Europe, petits et grands, pr&#233;sid&#233;s par un congr&#232;s permanent. Il est consid&#233;r&#233; comme allant de soi que chaque &#233;tat gardera la forme de gouvernement qui lui conviendra le mieux. Mais, puisque chaque &#233;tat disposera de voix au sein du congr&#232;s en proportion de sa population et de son territoire, les petits &#233;tats de cette soi-disant conf&#233;d&#233;ration seront bient&#244;t int&#233;gr&#233;s dans les plus grands&#8230;&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Bakounine&lt;/h3&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1690 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;34&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/png/bakunin_copie.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH281/bakunin_copie-b385f.png?1774834149' width='500' height='281' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Bakounine photographi&#233; par Nadar&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Le second de mes mentors du dix-neuvi&#232;me si&#232;cle, Michel Bakounine, attire notre attention pour diverses raisons. Il fut pratiquement le seul parmi les th&#233;oriciens politique de ce si&#232;cle &#224; pr&#233;voir les horreurs de l'affrontement des &#201;tats-nations modernes du vingti&#232;me si&#232;cle lors de la premi&#232;re et seconde guerre mondiale, ainsi qu'&#224; pr&#233;dire le destin du marxisme centralisateur dans l'empire russe. En 1867 la Prusse et la France semblaient pr&#234;tes pour une guerre qui d&#233;ciderait quel empire contr&#244;lerait le Luxembourg et ceci, &#224; travers le r&#233;seau d'int&#233;r&#234;ts et d'alliances, &#171; mena&#231;ait d'engloutir toute l' Europe &#187;. Une Ligue pour la Paix et la Libert&#233; tint son congr&#232;s &#224; Gen&#232;ve, sponsoris&#233; par des personnalit&#233;s en vue de diff&#233;rents pays comme Giuseppe Garibaldi, Victor Hugo et John Stuart Mill. Bakounine saisit l'occasion de s'adresser &#224; cette audience, et publia ces positions sous le titre &lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/F%C3%A9d%C3%A9ralisme,_socialisme_et_antith%C3%A9ologisme&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;F&#233;d&#233;ralisme, Socialisme et Anti-Th&#233;ologisme&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;. Ce document pr&#233;sentait treize points sur lesquels, selon Bakounine, le congr&#232;s &#233;tait d'accord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier proclamait : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Que pour faire triompher la libert&#233;, la justice et la paix dans les rapports internationaux de l'Europe, pour rendre impossible la guerre civile entre les diff&#233;rents peuples qui composent la famille europ&#233;enne, il n'est qu'un seul moyen : c'est de constituer les &#201;tats-Unis de l'Europe.&lt;/q&gt; Son second point affirmait que cet objectif impliquait que les &#201;tats soient remplac&#233;s par des r&#233;gions car, observait-il : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;les &#201;tats de l'Europe ne pourront jamais se former avec les &#201;tats tels qu'ils sont aujourd'hui constitu&#233;s, vu l'in&#233;galit&#233; monstrueuse qui existe entre leurs forces respectives.&lt;/q&gt; Son quatri&#232;me point affirmait : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Qu'aucun &#201;tat centralis&#233;, bureaucratique et par l&#224; m&#234;me militaire, s'appela-t-il m&#234;me r&#233;publique, ne pourra entrer s&#233;rieusement et sinc&#232;rement dans une conf&#233;d&#233;ration internationale. Par sa constitution, qui sera toujours une n&#233;gation ouverte ou masqu&#233;e de la libert&#233; &#224; l'int&#233;rieur, il serait n&#233;cessairement une d&#233;claration de guerre permanente, une menace contre l'existence des pays voisins.&lt;/q&gt; Par cons&#233;quent son cinqui&#232;me point demandait : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Que tous les adh&#233;rents de la Ligue devront par cons&#233;quent tendre par tous leurs efforts &#224; reconstituer leurs patries respectives, afin d'y remplacer l'ancienne organisation fond&#233;e, de haut en bas, sur la violence et sur le principe d'autorit&#233;, par une organisation nouvelle n'ayant d'autre base que les int&#233;r&#234;ts, les besoins et les attractions naturelles des populations, ni d'autre principe que la f&#233;d&#233;ration libre des individus dans les communes, des communes dans les provinces, des provinces dans les nations, enfin de celles-ci dans les &#201;tats-Unis de l'Europe d'abord et plus tard du monde entier.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette vision devenait donc de plus en plus &#233;tendue mais Bakounine eut la prudence d'inclure l'acceptation de la s&#233;cession. Son huiti&#232;me point d&#233;clarait que : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;De ce qu'un pays a fait partie d'un &#201;tat, s'y f&#251;t-il m&#234;me adjoint librement, il ne s'ensuit nullement pour lui l'obligation d'y rester toujours attach&#233;. Aucune obligation perp&#233;tuelle ne saurait &#234;tre accept&#233;e par la justice humaine&#8230; Le droit de la libre r&#233;union et de la s&#233;cession &#233;galement libre est le premier, le plus important de tous les droits politiques ; celui sans lequel la conf&#233;d&#233;ration ne serait jamais qu'une centralisation masqu&#233;e.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bakounine fait r&#233;f&#233;rence avec admiration &#224; la Conf&#233;d&#233;ration Suisse qui &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;pratique la f&#233;d&#233;ration avec tant de succ&#232;s aujourd'hui&lt;/q&gt;, tout comme Proudhon, qui lui aussi, prit explicitement comme mod&#232;le la supr&#233;matie suisse des communes comme unit&#233;s de l'organisation sociale li&#233;es entre elles au sein des cantons, avec un conseil f&#233;d&#233;ral purement administratif. Mais tous les deux se souviennent des &#233;v&#232;nements de 1848, lorsque le Sonderbund des cantons s&#233;cessionnistes fut oblig&#233; par la guerre d'accepter la nouvelle constitution de la majorit&#233;. C'est pourquoi Proudhon et Bakounine &#233;taient d'accord pour condamner la subversion du f&#233;d&#233;ralisme par des principes unitaires. En d'autres termes, il doit exister un droit &#224; la s&#233;cession.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Kropotkine&lt;/h3&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1691 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;53&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/sans_titre-1-11.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH282/sans_titre-1-11-3fe7e.jpg?1774834149' width='500' height='282' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Pierre Kroptokine photographi&#233; par l'atelier Nadar.&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;La Suisse, pr&#233;cis&#233;ment du fait de sa constitution d&#233;centralis&#233;e, a &#233;t&#233; un refuge continuel pour des r&#233;fugi&#233;s politiques venus des empires austro-hongrois, allemand et russe. Un anarchiste russe fut m&#234;me expuls&#233; de Suisse. Il allait trop loin, m&#234;me pour le conseil f&#233;d&#233;ral suisse. C'&#233;tait pierre Kropotkine, qui a fait le lien entre le f&#233;d&#233;ralisme du dix-neuvi&#232;me si&#232;cle et la g&#233;ographie r&#233;gionale du vingti&#232;me si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a pass&#233; sa jeunesse comme officier de l'arm&#233;e dans des exp&#233;ditions g&#233;ologiques dans les provinces de l'est de l'empire russe, et son autobiographie nous apprend l'indignation qu'il a ressenti en voyant comme l' administration centrale et le syst&#232;me de financement emp&#234;chaient toute am&#233;lioration des conditions locales, par ignorance, incomp&#233;tence et corruption g&#233;n&#233;ralis&#233;e, ainsi que par la destruction d'anciennes institutions collectives qui auraient pu permettre aux gens d'am&#233;liorer leurs vies. Les riches devenaient plus riches, les pauvres plus pauvres et l'appareil administratif &#233;tait paralys&#233; par l'ennui et les d&#233;tournements de fonds.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe une litt&#233;rature similaire dans chaque empire ou &#233;tat-nation : l'empire britannique, austro-hongrois, et on peut lire des conclusions similaires dans les &#233;crits de Carlo Levi ou Danilo Dolci. En 1872, Kropotkine s'est rendu pour la premi&#232;re fois en Europe de l'ouest et, en Suisse, il fut contamin&#233; par l'air de la d&#233;mocratie, m&#234;me bourgeoise. Il r&#233;sida dans les collines du Jura avec les horlogers. Son biographe Martin Miller explique comment ce fut le moment charni&#232;re de sa vie :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Les rencontres et les discussions de Kropotkine avec les ouvriers durant leur travail ont fait appara&#238;tre une sorte de libert&#233; spontan&#233;e sans autorit&#233; ou consignes venant d'en haut &#224; laquelle il r&#234;vait. Isol&#233;s et auto-suffisants, les horlogers impressionnaient Kropotkine qui y voyait un exemple pour transformer la soci&#233;t&#233; si une telle collectivit&#233; pouvait se d&#233;velopper sur une large &#233;chelle. Il ne faisait aucun doute dans son esprit que cette collectivit&#233; travaillerait parce qu'il n'&#233;tait pas question d'imposer un &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;syst&#232;me&lt;/q&gt; artificiel, comme Muraviev avait essay&#233; de le faire en Sib&#233;rie, mais de permettre l'activit&#233; naturelle des ouvriers de fonctionner selon leurs propres int&#233;r&#234;ts.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce fut le moment-cl&#233; de sa vie. Le reste fut, en un sens, consacr&#233; &#224; rassembler les preuves du bien-fond&#233; de l'anarchisme, du f&#233;d&#233;ralisme et du r&#233;gionalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce serait une erreur de croire que l'approche qu'il a d&#233;velopp&#233; n'est qu'une question d'histoire th&#233;orique. Pour le d&#233;montrer, il suffit de se r&#233;f&#233;rer &#224; l'&#233;tude que Camillo Berneri a publi&#233; en 1922 on &lt;i&gt;Un federaliste Russo, Pietro Kropotkine&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C. Berneri, Pierre Kropotkine f&#233;d&#233;raliste&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Berneri cite la &#171; Lettre aux ouvriers d'Europe de l'ouest &#187; que Kropotkine a &#233;crit &#224; Margaret Bondfield, membre du Parti Travailliste britannique en juin 1920. Dans laquelle il d&#233;clarait :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;La Russie imp&#233;riale est morte et ne revivra jamais. L'avenir de ses diff&#233;rentes qui composaient l'empire ira vers une large f&#233;d&#233;ration. Les territoires naturels de ses diff&#233;rentes parties ne seront en rien distincts de celles que nous connaissons de l'histoire de la Russie, de son ethnographie et de son &#233;conomie. Toutes les tentatives pour r&#233;unir les parties qui constituaient l'empire russe, comme la Finlande, les provinces baltes, la Lithuanie, l'Ukraine, la G&#233;orgie, l'Arm&#233;nie la Sib&#233;rie et autres, sous une autorit&#233; centrale, sont vou&#233;es &#224; un &#233;chec certain. L'avenir de ce qui fut l'empire russe va vers un f&#233;d&#233;ralisme d'unit&#233;s ind&#233;pendantes.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous et moi pouvons voir aujourd'hui le bien-fond&#233; de cette opinion, m&#234;me si elle fut ignor&#233;e comme totalement non pertinente pendant soixante-dix ans. Comme exil&#233; en Europe de l'Ouest, il fut en contact permanent avec toute une vari&#233;t&#233; de pionniers de la pens&#233;e r&#233;gionaliste. La relation entre r&#233;gionalisme et anarchisme a &#233;t&#233; &#233;tablie &#233;l&#233;gamment, somptueusement m&#234;me, par Peter Hall, le g&#233;ographe qui est le directeur du Institute of Urban and Regional Development &#224; Berkeley, Californie, dans son livre &lt;i&gt;Cities of Tomorrow&lt;/i&gt; (1988). Il y eut le coll&#232;gue g&#233;ographe anarchiste de Kropotkine, &#201;lis&#233;e Reclus, plaidant pour des soci&#233;t&#233;s humaines &#224; petite &#233;chelle bas&#233;es sur l'&#233;cologie de leurs r&#233;gions&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Id&#233;e reprise par Peter Berg aux &#201;tats-Unis &#224; travers les bior&#233;gions.&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Il y eut Paul Vidal de la Blache, un autre fondateur de la g&#233;ographie fran&#231;aise, qui soutenait que &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;la r&#233;gion &#233;tait plus qu'un objet de survie ; elle servait &#224; fournir la base d'une totale reconstruction de la vie politique et sociale.&lt;/q&gt; Pour Vidal, comme l'explique le professeur Hall, la r&#233;gion, et non la nation, qui &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;en tant que force motrice du d&#233;veloppement humain, la r&#233;ciprocit&#233; presque sensuelle entre hommes et femmes et leur environnement, a &#233;t&#233; le si&#232;ge d'une libert&#233; concr&#232;te et le ressort de l'&#233;volution culturelle, et a &#233;t&#233; attaqu&#233;e et &#233;rod&#233;e par l'&#201;tat-nation centralis&#233; et par l'appareil industriel &#224; grande &#233;chelle.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Patrick Geddes&lt;/h3&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1692 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;16&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/sans_titre-3-6.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH281/sans_titre-3-6-c81f7.jpg?1774834149' width='500' height='281' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Patrick Geddes&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Enfin, il y eut l'extraordinaire biologiste &#233;cossais Patrick Geddes, qui a essay&#233; de r&#233;sumer toutes ces id&#233;es r&#233;gionalistes, sur le plan g&#233;ographique, social, historique politique ou &#233;conomique, dans une id&#233;ologie rationnelle pour les r&#233;gions, connu pour la plupart d'entre nous &#224; travers les travaux de son disciple, Lewis Mumford. Le professeur Hall a soutenu que :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Beaucoup, si ce n'est toutes, les premi&#232;res visions du mouvement d'urbanisme proviennent du mouvement anarchiste, qui a prosp&#233;r&#233; dans la derni&#232;re d&#233;cennie du dix-neuvi&#232;me si&#232;cle et les premi&#232;res ann&#233;es du vingti&#232;me&#8230; La vision de ces pionniers anarchistes n'&#233;tait pas seulement une forme alternative de construction, mais une soci&#233;t&#233; alternative, ni capitaliste, ni socialiste bureaucratique : une soci&#233;t&#233; fond&#233;e sur la coop&#233;ration volontaire parmi les femmes et les hommes, travaillant et vivant dans de petites collectivit&#233;s auto-gouvern&#233;es.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ward a travaill&#233; comme architecte et a &#233;crit de nombreux ouvrages sur le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Aujourd'hui&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, dans les derni&#232;res ann&#233;es du vingti&#232;me si&#232;cle, je veux partager cette vision. Ces th&#233;oriciens anarchistes du dix-neuvi&#232;me si&#232;cle &#233;taient un si&#232;cle en avance sur leurs contemporains en avertissant les peuples d'Europe des cons&#233;quences en n'adoptant pas une approche r&#233;gionaliste et f&#233;d&#233;raliste. Parmi les survivants de chaque sorte d'exp&#233;riences d&#233;sastreuses du vingti&#232;me si&#232;cle, les gouvernants des &#201;tats-nations d'Europe ont conduit des politiques allant vers plusieurs types d'existence supranationale. La question cruciale &#224; laquelle il sont confront&#233;s est de concevoir soit une Europe des &#201;tats ou une Europe des r&#233;gions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Proudhon, il y a 130 ans, a li&#233; cette question &#224; l'id&#233;e d'un &#233;quilibre des pouvoirs europ&#233;en, le but des hommes d'&#233;tat et th&#233;oriciens politiques, et a soutenu qu'il &#233;tait &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;impossible de le r&#233;aliser avec de grandes puissances dot&#233;es de constitutions unitaires&lt;/q&gt;. Il a affirm&#233; dans La F&#233;d&#233;ration et l'Unit&#233; en Italie que &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;la premi&#232;re &#233;tape vers une r&#233;forme du droit public en Europe&lt;/q&gt; &#233;tait &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;la restauration des conf&#233;d&#233;rations d'Italie, de Gr&#232;ce, des Pays-Bas de Scandinavie et du Danube, comme pr&#233;lude &#224; la d&#233;centralisation des grands &#233;tats et par cons&#233;quent, du d&#233;sarmement&lt;/q&gt;. Et dans &lt;i&gt;Du Principe F&#233;d&#233;ratif&lt;/i&gt;, il a not&#233; que &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Parmi les d&#233;mocrates fran&#231;ais, il y a eu beaucoup de discussions sur Conf&#233;d&#233;ration Europ&#233;enne ou &#201;tats Unis d'Europe. Par cela ils ne semblent envisager rien d'autre qu'une alliance de tous les &#233;tats qui existent actuellement en Europe, petits et grands, pr&#233;sid&#233;s par un congr&#232;s permanent.&lt;/q&gt; Il affirmait qu'une telle f&#233;d&#233;ration serait soit un pi&#232;ge, soit n'aurait aucune signification pour la raison &#233;vidente que les grands &#201;tats domineraient les petits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un si&#232;cle plus tard, l'&#233;conomiste &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Leopold_Kohr&#034; class=&#034;spip_glossaire&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Leopold Kohr&lt;/a&gt; (Autrichien de naissance, de nationalit&#233; britannique, Gallois par choix), qui se pr&#233;sente aussi comme anarchiste, a publi&#233; un livre &lt;i&gt;The Breakdown of Nations&lt;/i&gt;, glorifiant les vertus de soci&#233;t&#233;s &#224; petite &#233;chelle et soutenant, une fois de plus, que les probl&#232;mes de l'Europe proviennent de l'existence des &#201;tats-nations. Faisant l'&#233;loge, une fois de plus, de la Conf&#233;d&#233;ration Suisse, il a affirm&#233;, cartes &#224; l'appui, que &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;le probl&#232;me de l'Europe &#8212; comme de toute f&#233;d&#233;ration &#8212; est la division, pas l'union.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant, pour leur rendre justice, les avocats des &#201;tats Unis d'Europe ont &#233;labor&#233; une doctrine de &#171; subsidiarit&#233; &#187;, avan&#231;ant que les d&#233;cisions gouvernementales ne seraient pas prises par les institutions supranationales de la Communaut&#233; Europ&#233;enne, mais de pr&#233;f&#233;rence, par des niveaux locaux ou r&#233;gionaux d'administration, plut&#244;t que par des gouvernements nationaux. Ce principe particulier a &#233;t&#233; adopt&#233; par le Conseil de l' Europe, appelant les gouvernements nationaux a adopt&#233; sa Charte Europ&#233;enne de l'Autonomie Locale&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Charte Europ&#233;enne de l'Autonomie Locale&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;pour formaliser l'engagement sur le principe que les fonctions gouvernementales seront effectu&#233;es au plus bas niveau possible et seulement transf&#233;r&#233;es &#224; un plus haut niveau uniquement par consentement.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce principe est un extraordinaire hommage &#224; Proudhon, Bakounine et Kropotkine, et aux opinions qu'ils &#233;taient les seuls &#224; exprimer (&#224; part quelques th&#233;oriciens espagnols captivants comme Piy Margall ou Joaquin Costa), mais, bien s&#251;r, c'est l'un des premiers aspects de l'id&#233;ologie pan-europ&#233;enne que les gouvernements choisiront d'ignorer. Ils existe des diff&#233;rences manifestes entre les diff&#233;rentes &#233;tats-nations &#224; ce sujet. Dans beaucoup d'entre eux &#8212; L'Allemagne, l'Italie, l'Espagne et m&#234;me la France &#8212; l'appareil d'&#233;tat est beaucoup plus d&#233;centralis&#233; qu'il ne l'&#233;tait il y a cinquante ans. Cela sera bient&#244;t vrai pour l'Union Sovi&#233;tique. Cette d&#233;centralisation a pu ne pas s'effectuer &#224; la vitesse o&#249; vous et moi l'aurions voulu et je serais heureux de convenir que les fondateurs de la Communaut&#233; Europ&#233;enne ont atteint leur but premier de mettre fin aux anciens antagonismes nationaux et qu'ils ont rendu inconcevables de futures guerres en Europe de l'ouest. Mais nous sommes encore tr&#232;s loin de l'Europe des R&#233;gions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vis dans ce qui est maintenant l'&#233;tat le plus centralis&#233; d'Europe de l'ouest et la domination de l'&#233;tat central ici s'est infiniment accrue, au lieu de diminuer, ors de ces dix derni&#232;res ann&#233;es. Certaines personnes ici se rappelleront les paroles du Premier Ministre d'alors en 1988 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Nous n'avons pas fait reculer avec succ&#232;s les fronti&#232;res de l'&#201;tat en Grande Bretagne pour les voir r&#233;imposer &#224; un niveau europ&#233;en, avec un super-&#201;tat europ&#233;en exer&#231;ant un nouveau pouvoir de Bruxelles&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est de l'aveuglement. Ce n'est pas un langage li&#233; &#224; la r&#233;alit&#233; Vous n'avez pas &#224; &#234;tre un partisan de la Commission Europ&#233;enne pour vous en rendre compte Mais cela illustre combien certains d'entre nous sommes loin de concevoir la v&#233;rit&#233; du commentaire de Proudhon que : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;M&#234;me l'Europe serait trop grande pour former une seule conf&#233;d&#233;ration ; elle ne formerait qu'une conf&#233;d&#233;ration de conf&#233;d&#233;rations.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'avertissement anarchiste est pr&#233;cis&#233;ment que l'obstacle &#224; une Europe des r&#233;gions est l'&#201;tat-nation. Si vous ou moi avons une quelconque influence sur la pens&#233;e du prochain si&#232;cle, nous devrions plaider pour les r&#233;gions. &#171; Penser globalement &#8212; agir localement &#187; est un des slogans utiles du mouvement international Vert. L'&#201;tat-nation a occup&#233; une petite portion de l'histoire europ&#233;enne. Nous devons nous lib&#233;rer des id&#233;ologies nationales afin d'agir localement et de penser r&#233;gionalement. Les deux nous permettront de devenir des citoyens du monde, et non de nations ou de super-&#201;tats nationaux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Pierre-Joseph Proudhon, &lt;i&gt;Du Principe f&#233;d&#233;ratif&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;C. Berneri, &lt;a href=&#034;https://archivesautonomies.org/IMG/pdf/anarchismes/apres-1944/noiretrouge/documents/brochure-nr-kropotkine-1964.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Pierre Kropotkine f&#233;d&#233;raliste&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Id&#233;e reprise par Peter Berg aux &#201;tats-Unis &#224; travers les bior&#233;gions.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ward a travaill&#233; comme architecte et a &#233;crit de nombreux ouvrages sur le sujet, dont&lt;i&gt; Housing : An Anarchist Approach &lt;/i&gt; (1976)&lt;i&gt; When We Build Again : Let's Have Housing that Works !&lt;/i&gt; (1985) ou encore &lt;i&gt;Sociable Cities : The Legacy of Ebenezer Howard&lt;/i&gt; (avec Peter Hall) (1999) parmi d'autres.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.coe.int/fr/web/conventions/full-list?module=treaty-detail&amp;treatynum=122&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Charte Europ&#233;enne de l'Autonomie Locale&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les &#233;lections - Proudhon et le parlementarisme</title>
		<link>https://www.partage-noir.fr/les-elections-proudhon-et-le-parlementarisme</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.partage-noir.fr/les-elections-proudhon-et-le-parlementarisme</guid>
		<dc:date>2024-03-19T23:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre-Joseph Proudhon</dc:creator>


		<dc:subject>Pierre-Joseph Proudhon</dc:subject>
		<dc:subject>Volont&#233; Anarchiste</dc:subject>
		<dc:subject>Archives Autonomies</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le peuple, dans le vague de sa pens&#233;e, se contemple comme une gigantesque et myst&#233;rieuse existence et tout dans son langage semble fait pour l'entretenir dans l'opinion de son indivisible unit&#233;. Il s'appelle le Peuple, la Nation, c'est-&#224;-dire la Multitude, la Masse ; il est le vrai souverain, le L&#233;gislateur, la Puissance, la Domination, la Patrie, l'Etat. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il a ses Convocations, ses Scrutins, ses Assises, ses Manifestations, ses Prononcements, ses Pl&#233;biscites, sa L&#233;gislation directe, (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-03-les-anarchistes-et-les-elections-" rel="directory"&gt;03 - Les Anarchistes et les &#233;lections&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-pierre-joseph-proudhon-+" rel="tag"&gt;Pierre-Joseph Proudhon&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-volonte-anarchiste-302-+" rel="tag"&gt;Volont&#233; Anarchiste&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-source-fragments-d-histoire-de-la-gauche-radicale-+" rel="tag"&gt;Archives Autonomies&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/sans_titre-1-17-357e3.jpg?1774715348' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le peuple, dans le vague de sa pens&#233;e, se contemple comme une gigantesque et myst&#233;rieuse existence et tout dans son langage semble fait pour l'entretenir dans l'opinion de son indivisible unit&#233;. Il s'appelle le Peuple, la Nation, c'est-&#224;-dire la Multitude, la Masse ; il est le vrai souverain, le L&#233;gislateur, la Puissance, la Domination, la Patrie, l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a ses Convocations, ses Scrutins, ses Assises, ses Manifestations, ses Prononcements, ses Pl&#233;biscites, sa L&#233;gislation directe, parfois ses Jugements et ses Ex&#233;cutions, ses Oracles, sa Voix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autant il se sent innombrable, irr&#233;sistible, immense, autant il a peur des divisions, des scissions, des minorit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son id&#233;al, son r&#234;ve le plus d&#233;lectable, est unit&#233;, identit&#233;, uniformit&#233;, concentration ; il maudit comme attentoire &#224; sa majest&#233; tout ce qui peut partager sa volont&#233;, couper sa masse, cr&#233;er en lui diversit&#233;, pluralit&#233;, divergence (...).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plein de ses mythes et se consid&#233;rant comme une collectivit&#233; essentiellement indivise, comment le peuple saisirait-il le rapport de plein saut de l'individu &#224; la soci&#233;t&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment sous son inspiration les hommes d'&#201;tat qui le repr&#233;sentent donneraient-ils la vraie formule du gouvernement ? L&#224; o&#249; r&#232;gne dans sa na&#239;vet&#233; le suffrage universel, on peut affirmer d'avance que tout se fera dans le sens de l'indivision. Le Peuple &#233;tant la collectivit&#233; qui renferme toute autorit&#233; et tout droit, le suffrage universel pour &#234;tre sinc&#232;re dans son expression, devra autant que possible &#234;tre lui-m&#234;me indivis. C'est-&#224;-dire que les &#233;lections devront se faire par scrutins de liste : il s'est m&#234;me trouv&#233; en 1848 des unitaires qui demandaient qu'il n'y ait qu'une seule liste pour les 86 d&#233;partements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ce scrutin indivis surgit donc une assembl&#233;e indivise, d&#233;lib&#233;rant et l&#233;gif&#233;rant comme un seul homme. En cas de division du vote, c'est la majorit&#233; qui repr&#233;sente, sans diminution aucune, l'unit&#233; nationale. De cette majorit&#233; sortira &#224; son tour un gouvernement indivis qui, tenant ses pouvoirs de la nation indivisible, est appel&#233; &#224; gouverner et administrer collectivement et indivis&#233;ment, sans esprit de localit&#233;, ni int&#233;r&#234;t de clocher. C'est ainsi que le syst&#232;me de centralisation, d'imp&#233;rialisme, de communisme, d'absolutisme, tous ces mots sont synonymes, d&#233;coule de l'id&#233;alisme populaire ; c'est ainsi que dans le pacte social, con&#231;u &#224; la mani&#232;re de Rousseau et des Jacobins, le citoyen se d&#233;met de sa souverainet&#233; et que la commune, le d&#233;partement et la province ne sont plus que des agences sous la direction imm&#233;diate du minist&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cons&#233;quences ne tardent plus &#224; se faire sentir : le citoyen et la commune d&#233;chus de toute dignit&#233;, les envahissements de l'&#201;tat se multiplient, et les charges du contribuable croissent en proportion. Ce n'est plus le gouvernement qui est fait pour le peuple, c'est le peuple qui est fait pour le gouvernement. Le pouvoir envahit tout, s'arroge tout, &#224; perp&#233;tuit&#233;, toujours, &#224; jamais ! Guerre et marine, administration, justice, police, instruction publique, cr&#233;ations et r&#233;parations publiques ; banques, bourses, cr&#233;dit, assur-ances, secours, &#233;pargnes, bienfaisance ; for&#234;ts, rivi&#232;res, canaux ; cultes, finances, douanes, commerce, agriculture, industries, transports. Sur le tout un imp&#244;t formidable, qui enl&#232;ve &#224; la nation le quart de son produit brut. Le citoyen n'a plus qu'&#224; s'occuper que d'accomplir dans son coin sa t&#226;che, recevant son salaire, &#233;levant sa famille et s'en remettant pour le surplus &#224; la providence du gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant cette disposition des esprits, au milieu des puissances hostiles &#224; la r&#233;volution, quelle pouvait &#234;tre la pens&#233;e des fondateurs de 89, amis sinc&#232;res de la libert&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'osant rompre le faisceau de l'&#201;tat, ils devaient surtout se pr&#233;occuper de deux choses : 1&#176; de contenir le pouvoir toujours pr&#234;t &#224; usurper ; 2&#176; de contenir le peuple, toujours pr&#234;t &#224; se laisser entra&#238;ner par ses tribuns et &#224; remplacer les m&#339;urs de la l&#233;galit&#233; par celles de l'omnipotence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; pr&#233;sent, en effet, les auteurs de constitutions, Sey&#232;s, Mirabeau, le S&#233;nat de 1814, la Chambre de 1830, l'Assembl&#233;e de 1848, ont cru non sans raison, que le pouvoir capital du syst&#232;me politique &#233;tait de contenir le pouvoir central, en lui laissant toutefois la plus grande libert&#233; d'action, et la plus grande force. Pour parvenir &#224; ce but, que faisait-on ? D'abord on divisait le pouvoir par cat&#233;gorie de minist&#232;res ; puis on distribuait l'autorit&#233; l&#233;gislative entre la royaut&#233; et les chambres, &#224; la majorit&#233; desquelles on subordonnait encore le choix que le prince devait faire des ministres. Enfin l'imp&#244;t &#233;tait vot&#233;, pour un an, par les chambres, qui saisissaient cette occasion de passer en revue les actes du gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, tandis qu'on organisait le parlementage des chambres contre les minist&#232;res, qu'on balan&#231;ait la pr&#233;rogative royale par l'initiative des repr&#233;sentants, l'autorit&#233; de la couronne par la souverainet&#233; de la nation ; tandis qu'on opposait des mots &#224; des mots, des fictions &#224; des fictions, on adjugeait au gouvernement sans r&#233;serve aucune, sans autre contre-poids qu'une vaine facult&#233; de critique, la pr&#233;rogative d'une administration immense ; on mettait en ses mains toutes les forces du pays ; on supprimait, pour plus de s&#251;ret&#233;, les libert&#233;s locales ; on an&#233;antissait avec un z&#232;le fr&#233;n&#233;tique &#171; l'esprit de clocher &#187;. On cr&#233;ait, enfin, une puissance formidable, &#233;crasante, &#224; laquelle on se donnait ensuite le plaisir de faire une guerre d'&#233;pigrammes. Aussi qu'arrivait-il ? L'opposition finissait par avoir raison des personnes : on renversait une dynastie, puis une seconde ; on mettait empire sur r&#233;publique, et le despotisme centralisateur, anonyme, ne cessait de grandir, la libert&#233; de d&#233;cro&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tel a &#233;t&#233; notre progr&#232;s depuis la victoire des Jacobins sur la Gironde. R&#233;sultat in&#233;vitable d'un syst&#232;me artificiel, o&#249; l'on mettait d'un c&#244;t&#233; la souverainet&#233; m&#233;taphysique et le droit de critique, de l'autre toutes les r&#233;alit&#233;s du domaine national, toutes les puissances d'action d'un grand peuple.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;P.J. PROUDHON&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Le principe f&#233;d&#233;ratif&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Chapitre X : Id&#233;alisme politique, efficacit&#233; de la garantie f&#233;d&#233;rale.(extraits).&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#171; Les &#233;lections - Proudhon et le parlementarisme &#187;, Noir et Rouge n&#176;29, mars 1965 ; repris dans Les anarchistes et les &#233;lections, Volont&#233; anarchiste n&#176;3, 1978&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Pierre-Joseph Proudhon - La peur d'un homme </title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>V&#233;ronique Fau-Vincenti</dc:creator>


		<dc:subject>Pierre-Joseph Proudhon</dc:subject>
		<dc:subject>&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>@narlivres</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;En opposition avec ses aspirations &#224; la libert&#233; et &#224; l'&#233;galit&#233;, Proudhon ne r&#233;serve aux femmes que la place de&lt;i&gt; &#171; m&#233;nag&#232;res ou courtisanes &#187;&lt;/i&gt;. Deux femmes, deux &lt;i&gt;&#171; insurg&#233;es aux doigts tach&#233;s d'encre &#187;&lt;/i&gt; lui tiendront t&#234;te et auront raison du &lt;i&gt;&#171; vieux pudibond &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-itineraire-une-vie-une-pensee-no7-pierre-joseph-proudhon-" rel="directory"&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e n&#176;7 : &#171; Pierre-Joseph Proudhon &#187;&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-pierre-joseph-proudhon-+" rel="tag"&gt;Pierre-Joseph Proudhon&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-itineraire-une-vie-une-pensee-+" rel="tag"&gt;&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-source-narlivres-+" rel="tag"&gt;@narlivres&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/arton1184-cc089.png?1774715348' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En opposition avec ses aspirations &#224; la libert&#233; et &#224; l'&#233;galit&#233;, Proudhon ne r&#233;serve aux femmes que la place de&lt;i&gt; &#171; m&#233;nag&#232;res ou courtisanes &#187;&lt;/i&gt;. Deux femmes, deux &lt;i&gt;&#171; insurg&#233;es aux doigts tach&#233;s d'encre &#187;&lt;/i&gt; lui tiendront t&#234;te et auront raison du &lt;i&gt;&#171; vieux pudibond &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt; Les hommes en g&#233;n&#233;ral n'aiment point les femmes d'esprit et cela probablement par la m&#234;me raison que les pr&#234;tres et les tyrans ha&#239;ssent les philosophes. Un instinct secret les avertit les uns et les autres que le r&#232;gne des pr&#233;jug&#233;s cesse quand celui de la raison s'&#233;tablit.&lt;/q&gt; Constance de Salm.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Proudhon et les femmes..., vaste sujet d'autant qu'il s'inscrit dans un si&#232;cle o&#249; &#171; la&lt;br class='autobr' /&gt; question &#187; des femmes occupe nombre d'esprits. Romanciers, po&#232;tes, philosophes ou hommes politiques l'aborderont en effet comme une n&#233;cessit&#233; brillante. Proudhon sera de ceux-l&#224; et, d'une note en bas de page dans &lt;i&gt;Qu'est-ce que la Propri&#233;t&#233; ?&lt;/i&gt; en 1840 &#224; la publication posthume en 1875 de &lt;i&gt;De la Pornocratie&lt;/i&gt; &lt;i&gt;ou les Femmes dans les temps modernes&lt;/i&gt;, la question de la destin&#233;e sociale des femmes restera pr&#233;sente dans ses &#233;crits ; dans le&lt;i&gt; Syst&#232;me des contradictions &#233;conomiques&lt;/i&gt; en 1846, mais aussi dans deux &#233;tudes de &lt;i&gt;De la Justice&lt;/i&gt; &lt;i&gt;dans la R&#233;volution et dans l'Eglise &lt;/i&gt; en 1858.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ces r&#233;flexions s'ajouteront nombreux articles de journaux o&#249; Proudhon sera mis en demeure de s'expliquer tant bien que mal face aux attaques en r&#232;gle des f&#233;ministes... Devant l'ampleur des d&#233;bats et des &#233;tudes, nous nous bornerons &#224; exposer bri&#232;vement l'analyse proudhonienne. Aussi conviendra-t-il de &#171; replacer &#187; l'id&#233;e de la femme dans le syst&#232;me proudhonien et dans les pratiques sociales de son &#233;poque ; ne pas n&#233;gliger, enfin, les r&#233;actions suscit&#233;es par le discours masculin. Le f&#233;minisme qui retrouve alors un nouveau souffle (Seconde R&#233;publique) ne manquera pas de r&#233;pliquer aux contradictions masculines.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Proudhon et ses contemporains &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Avant d'aborder point par point l'id&#233;al proudhonien, il nous semble utile de resituer Proudhon parmi les hommes de son &#233;poque. Force est de constater en effet que de Proudhon &#224; Hegel, du p&#232;re de l'anarchisme au th&#233;oricien de l'&#201;tat, unanimit&#233; est faite autour de la question des femmes. Le principe d'une &#171; essence &#187;, d'une &#171; identit&#233; &#187; f&#233;minine est admis par tous. Si la fonction sociale de la femme est restreinte &#224; &#171; sa &#187; vocation maternelle et nourrici&#232;re, c'est que son corps la condamne &#224; &#234;tre l'unique instrument de reproduction. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;L'humanit&#233; est m&#226;le&lt;/q&gt; et, du m&#234;me coup, l'homme d&#233;finit la femme relativement &#224; lui : jamais concurrente, donc jamais &#233;quivalente, la femme est l'autre de l'homme ; ses fonctions &#171; compl&#232;tent &#187; celles de l'homme : il pense, elle aime, il con&#231;oit, elle met au monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ce titre, le partage des r&#244;les se fait non selon les comp&#233;tences individuelles (ce qui constituera le leurre de Fourier), mais selon l'appartenance &#224; l'un ou l'autre des sexes. La fonction naturelle de la femme &#8212; la maternit&#233; &#8212; lui interdit du m&#234;me coup de participer &#224; tout acte &#171; social &#187;. La justification de cette partition repose sur cette &#171; identit&#233; &#187; naturelle entre mythes et r&#233;alit&#233;s. Ainsi du procureur Chaumette qui s'adressait aux femmes venues assister aux discussions de la Convention nationale : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Femmes imprudentes qui voulez devenir des hommes n'&#234;tes-vous pas assez bien partag&#233;es ? Que vous faut-il de plus ? Au nom de la nature restez ce que vous &#234;tes, et loin de nous envier les p&#233;rils d'une vie orageuse, contentez-vous de nous la faire oublier au sein de nos familles&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cit&#233; par Alfred Dessens, Les Revendications des droits de la femme au point (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Le mot est lanc&#233; ! Et pourtant, l'&#233;pisode r&#233;volutionnaire est marqu&#233; par l'&#233;mergence des femmes sur la sc&#232;ne publique. Leur participation active au mouvement bousculera l'univers masculin : il est vrai qu'elles r&#233;clameront plus pour l'am&#233;lioration de leur condition qu'elles n'en avaient jamais sollicit&#233; en plusieurs si&#232;cles. En septembre 1791 paraissent sous l'&#233;gide d'Olympes de Gouges &lt;i&gt;les Droits de la femme et de la citoyenne&lt;/i&gt; o&#249; elle clame pour les femmes le droit de monter &#224; la tribune comme celui de p&#233;rir sur l'&#233;chafaud (pour toute r&#233;ponse, elle sera guillotin&#233;e le 3 novembre 1793 !).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 20 octobre 1793, les clubs f&#233;minins li&#233;s &#224; la fraction la plus radicale de la r&#233;volution sont interdits. Le 4 prairial an 111 (1795) enfin la Convention nationale d&#233;cr&#232;te : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Toutes les femmes se retireront jusqu'&#224; ce qu'autrement soit ordonn&#233;es dans leur domicile respectif, celles qui une heure apr&#232;s le pr&#233;sent d&#233;cret seront trouv&#233;es dans les rues attroup&#233;es au-dessus d'un nombre de cinq seront dispers&#233;es et mises en &#233;tat d'arrestation jusqu'&#224; ce que la tranquillit&#233; publique soit r&#233;tablie dans Paris&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cit&#233; par P.-M. Duhet, Les Femmes et la R&#233;volution, &#233;d. Julliard, 1971, p. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les lendemains de la R&#233;volution fran&#231;aise marqueront ainsi les jours les plus sombres de l'histoire des femmes : interdites de cit&#233;, leur sort est d&#233;sormais r&#233;gl&#233; par le Code civil. Napol&#233;on, aid&#233; et entour&#233; d'une commission de quatre membres, y stigmatise le r&#244;le de la femme. Code civil que Proudhon saluera en ces termes : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Le Code civil, interpr&#232;te de la R&#233;volution, est admirable en la mati&#232;re&lt;/q&gt; ; et de citer :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Art. 212 : les &#233;poux se doivent mutuellement fid&#233;lit&#233;, secours et assistance.&lt;/q&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt; Art. 213 : le mari doit protection &#224; sa femme, la femme ob&#233;issance &#224; son mari&lt;/q&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Art. 214 : la femme est oblig&#233;e d'habiter avec le mari et de le suivre partout o&#249; il juge &#224; propos de r&#233;sider&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pierre-Joseph Proudhon, De la Justice dans la R&#233;volution et dans l'Eglise, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tr&#232;s peu d'hommes s'opposeront en fait &#224; cette conception de la femme &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;&#233;ternelle mineure&lt;/q&gt;. Seuls quelques-uns, de Condorcet aux disciples de Saint-Simon ou de Fourier, pr&#233;coniseront une voie nouvelle pour les femmes. Les autres s'attacheront &#224; une image mythique o&#249; l'individualit&#233; sera ni&#233;e, mais o&#249; l'entit&#233; f&#233;minine sera &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;adul&#233;e&lt;/q&gt;. Cette croyance en une in&#233;galit&#233; naturelle de l'homme et de la femme va entra&#238;ner dans son sillage une cons&#233;cration de la &#171; f&#233;minit&#233; &#187;. Ainsi du discours proudhonien qui se veut &#234;tre celui d'une c&#233;l&#233;bration de la nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Raillant les penseuses qui &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;tuent leur prog&#233;niture&lt;/q&gt; par leurs &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;baisers qui sentent l'homme&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Id., ibid., p. 200.&#034; id=&#034;nh4-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, il ne cesse de c&#233;l&#233;brer les femmes pour leur beaut&#233;, leur sensibilit&#233;. A celles qui s'opposent, il r&#233;pond : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Mesdames, si le droit de la femme &#233;tait la seule chose qui vous tint au c&#339;ur, voici tout ce que vous aviez &#224; me dire : Monsieur Proudhon, vous &#234;tes jusqu'&#224; pr&#233;sent le premier de nos d&#233;fenseurs et nous sommes heureuses de vos excellentes dispositions. (...) Il y a en vous l'&#233;toffe d'un fervent adorateur de la femme, d'un f&#233;al chevalier de la reine du ciel&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pierre-Joseph Proudhon, De la Pornocratie ou les Femmes dans les temps (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreux auteurs seront tr&#232;s proches de Proudhon sur la question des femmes. A propos de Michelet, Jeanne Calo remarque : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Le misogyne est par d&#233;finition celui qui hait la femme tandis que l'antif&#233;ministe peut l'admirer sous ses aspects essentiellement f&#233;minins et m&#234;me en faire une idole. Il la cantonne pourtant dans ses r&#244;les de procr&#233;atrice et d'&#233;pouse d&#233;vou&#233;e (...). S'il lui attribue des qualit&#233;s de c&#339;ur et de sensibilit&#233;, il lui refuse les facult&#233;s intellectuelles qu'il croit propres &#224; l'autre sexe. Il est toujours de mani&#232;re plus ou moins consciente imbu de la supr&#233;matie masculine, convaincu que la femme a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e pour le bonheur de l'homme et que c'est &#224; ce dernier qu'incombe la t&#226;che de diriger la famille et la nation&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jeanne Calo, La Cr&#233;ation de la femme chez Michelet, &#233;d. Nizet, 1975, in (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Proudhon, d'ailleurs en correspondance avec Michelet, note :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Bruxelles, 23 janvier 1859, &lt;/q&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Cher ma&#238;tre, &lt;/q&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;J'ai re&#231;u, chacune en son temps, vos bonnes lettres et votre &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;Amour, La Femme&lt;/span&gt; ne m'est pas encore parvenue et je garde l'exemplaire de notre ami, M. Jonqui&#232;res. &lt;/q&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt; Vous &#234;tes toujours vous-m&#234;me, fid&#232;le dans votre vie et marchant toujours dans votre progr&#232;s. (...) J'ai lu l'&lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;Amour&lt;/span&gt;, ce n'&#233;tait pas la peine que vous pr&#233;tendissiez diff&#233;rer d'opinion avec moi. Nous voulons tous les deux la m&#234;me femme forte, la famille sacr&#233;e, le mariage inviolable. L'&#233;poux et le p&#232;re souverains parce qu'il est d&#233;vou&#233; comme le Christ, &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;Deus quia passus&lt;/span&gt;&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;P.-J. Proudhon, De la Pornocratie, op. cit., p. 318.&#034; id=&#034;nh4-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'id&#233;al proudhonien &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Si Proudhon aborde r&#233;guli&#232;rement ce qu'il est convenu d'appeler la &#171; question &#187; des femmes, c'est dans &lt;i&gt;De la Justice&lt;/i&gt; qu'il s'explique le plus clairement. A ce titre, les dixi&#232;me et onzi&#232;me &#233;tudes (&lt;i&gt;Amour et Mariage&lt;/i&gt;) ne se veulent pas &#234;tre uniquement consacr&#233;es aux femmes. Proudhon y souhaite &#224; la fois justifier son opinion et replacer le r&#244;le d&#233;volu aux femmes au travers d'une probl&#233;matique beaucoup plus large... vers la Justice. Son discours se fera moins coupant : il s'agit pour lui de faire la d&#233;monstration du bien-fond&#233; du statut f&#233;minin. Aussi s'il conclut dans le premier chapitre de la onzi&#232;me &#233;tude &#224; la triple inf&#233;riorit&#233; des femmes, du point de vue physique, moral et intellectuel (p. 181), c'est pour affirmer que la femme est sup&#233;rieure &#224; l'homme non &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;par le travail, le g&#233;nie et la justice&lt;/q&gt; o&#249; &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;l'homme est &#224; la femme comme 27 est &#224; 8&lt;/q&gt; mais &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;par les gr&#226;ces de la figure et de l'esprit, par l'am&#233;nit&#233; du caract&#232;re et la tendresse du c&#339;ur&lt;/q&gt;, o&#249; elle est &#224; l'homme comme 27 est &#224; 8 (p. 271)&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Proudhon, De la Justice, op. cit., p. 271. Affirmant la triple inf&#233;riorit&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Affirmant donc l'inf&#233;riorit&#233; f&#233;minine et son incapacit&#233; &#224; s'illustrer dans le domaine de la pens&#233;e ou de l'action, Proudhon applaudit bien fort aux qualit&#233;s d'amour et de tendresse qui la caract&#233;risent. Son propos consiste ainsi &#224; opposer inlassablement des aptitudes dites f&#233;minines et masculines. De la m&#234;me fa&#231;on, il d&#233;clare que &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;du c&#244;t&#233; masculin&lt;/q&gt; on note &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;brutalit&#233;, paresse &#233;go&#239;ste, l&#226;che tyrannie ; que de crapule !&lt;/q&gt; et chez la femme on remarque &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;l&#233;g&#232;ret&#233;, folie, parfois insolence !&lt;/q&gt;, mais aussi &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;ineptie et bavardage&lt;/q&gt; et &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;noblesse, ordure sous sa vaine coquetterie&lt;/q&gt; (p. 279).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son but est de prouver que si l'un a re&#231;u de la nature la puissance et l'autre la beaut&#233;, ils peuvent &#224; eux deux exprimer une forme achev&#233;e de l'humanit&#233;. Point d'&#233;galit&#233; et d'&#233;quivalence, mais compl&#233;mentarit&#233; qui m&#232;ne &#224; l'&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;union naturelle&lt;/q&gt;. Tout en r&#233;novant d'avec le mythe platonicien de l'androgynie selon lequel l'humanit&#233; aurait compt&#233; un &#234;tre androgyne avec deux t&#234;tes, quatre bras et quatre jambes, Proudhon cherche &#224; garantir et la n&#233;cessit&#233; du mariage et l'incommutabilit&#233; des &#171; qualit&#233;s &#187; masculines et f&#233;minines. (D'autres comme Fourier et Enfantin y verront au contraire un facteur de mobilit&#233; sexuelle !)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mariage devient ainsi l'union de &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;deux &#233;l&#233;ments h&#233;t&#233;rog&#232;nes, la puissance et la gr&#226;ce&lt;/q&gt; car &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;toute la cr&#233;ation qui, de la mousse aux mammif&#232;res, a pr&#233;par&#233;, par la distinction des sexes, l'ineffable myst&#232;re, applaudit au mariage&lt;/q&gt; (p. 275). Si l'homme et la femme ne sont pas &#233;gaux &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;devant la soci&#233;t&#233;, dans la pratique ext&#233;rieure et dans tout ce qui concerne les travaux et la direction de la vie, l'administration et la d&#233;fense de la R&#233;publique&lt;/q&gt; reste n&#233;anmoins qu'au &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;point de vue de leur dignit&#233; et de la f&#233;licit&#233;, dans le secret de la chambre nuptiale et dans leur for int&#233;rieur, oui ! ils sont &#233;gaux !&lt;/q&gt; (p. 278).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet &#234;tre familial est, selon Proudhon, le garant de la justice dans la mesure o&#249; &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;il faut une dualit&#233; form&#233;e de qualit&#233;s dissemblables et compl&#233;mentaires&lt;/q&gt; (p. 264). La justice s'exprimerait en fait par trois degr&#233;s de juridiction : le mariage, qui unit deux &#234;tres compl&#233;mentaires, en est le premier degr&#233;. Vient ensuite la famille o&#249; l'enfant recevrait par l'amour la r&#233;v&#233;lation de la justice. Cette communaut&#233; de conscience serait l'embryon de toute r&#233;publique. Au troisi&#232;me degr&#233; enfin se trouve la cit&#233;. Au bout du compte, Proudhon cherche &#224; se laver des attaques et des accusations des f&#233;ministes. Dans &lt;i&gt;De la Justice&lt;/i&gt;, il justifie la subordination de la femme sans cesser cependant de la louer. Quand il s'interroge sur le sort de la femme (chapitre III de la 11&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; &#233;tude), il ne peut que conclure &#224; une destination &#171; domestique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nature de la femme, contre laquelle elle ne peut lutter, la conduit &#224; la maternit&#233; o&#249; elle &#171; excelle &#187; par d&#233;finition. Malheur donc &#224; celles qui chercheront une voie nouvelle ou rivaliseront avec l'homme car s'&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;il y a antagonisme, joute, agiotage, discorde, guerre&lt;/q&gt; (p. 258), il n'y a plus d'entit&#233; androgyne, plus de famille et enfin la justice se trouverait compromise.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Proudhon pol&#233;mique &lt;/h3&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1561 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;16&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH216/jeanne_deroin_1-3ede0-05a3e.jpg?1774706647' width='150' height='216' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt; Jeanne Deroin.&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Fid&#232;le &#224; ses &#233;crits, Proudhon ne manquera pas de r&#233;agir d&#232;s qu'objection lui sera faite. Son fameux &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;m&#233;nag&#232;res ou courtisanes&lt;/q&gt; des &lt;i&gt;Contradictions &lt;/i&gt; illustrera, jusqu'&#224; sa mort, son propos. L'ann&#233;e 1848 fera date dans l'histoire des femmes. Il s'agit tout d'abord de leur &#171; retour &#187; sur la sc&#232;ne r&#233;volutionnaire o&#249; elles seront pr&#233;sentes comme en 1789. Mais la question du droit de vote universel va raviver d&#233;bats et pol&#233;miques. D&#232;s f&#233;vrier, certaines journalistes de &lt;i&gt;la Voix des femmes&lt;/i&gt;, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;organe des int&#233;r&#234;ts de toutes&lt;/q&gt;, vont r&#233;clamer le droit de cit&#233;. Le 28 mars, Jeanne Deroin publie une &lt;i&gt;P&#233;tition au gouvernement provisoire pour demander les droits politiques des femmes&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1849, apr&#232;s avoir fond&#233; son propre journal, la premi&#232;re &#171; suffragette &#187; clame que &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;le moment est venu pour la femme de prendre part au mouvement social et &#224; l'&#339;uvre de r&#233;g&#233;n&#233;ration sociale&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'Opinion des femmes, 10 avril 1849.&#034; id=&#034;nh4-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Elle revendique enfin le droit de participer aux travaux de l'Assembl&#233;e l&#233;gislative et &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;pose sa candidature&lt;/q&gt;. Le 10 avril 1849, elle proteste : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Vous &#234;tes d&#233;mocrates socialistes, vous voulez l'abolition de l'exploitation de l'homme par l'homme et de la femme par l'homme, vous voulez l'abolition de tous les privil&#232;ges de sexe, de race, de naissance, de caste et de fortune, vous voulez sinc&#232;rement toutes les cons&#233;quences de nos grands principes : libert&#233;, &#233;galit&#233;, fraternit&#233; ? C'est au nom de ces principes qui n'admettent pas d'exclusion injuste que je me pr&#233;sente candidat &#224; l'Assembl&#233;e l&#233;gislative et que je viens demander votre appui au moins pour obtenir de votre justice que je ne sois point &#233;cart&#233;e de cette liste au nom d'un privil&#232;ge de sexe qui est une violation manifeste des principes d'&#233;galit&#233; et de fraternit&#233;&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'Opinion des femmes, 10 avril 1849.&#034; id=&#034;nh4-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi ses nombreux d&#233;tracteurs, nous trouvons tout naturellement Proudhon qui s'expliquera dans deux articles du &lt;i&gt;Peuple &lt;/i&gt; sur cette candidature qui fut, malgr&#233; un long et acharn&#233; combat, jug&#233;e inconstitutionnelle. Proudhon y affirmera une fois de plus que le r&#244;le de la femme est au foyer et que, quoi qu'il en soit, le vote ne saurait uniquement r&#233;soudre la question sociale. D'autres comme Michelet notent que la femme est un &#234;tre superstitieux, naturellement &#171; conservateur &#187; et craignent ainsi que donner le droit de vote aux femmes revienne &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;&#224; faire tomber dans l'urne 80 000 bulletins pour les pr&#234;tres&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Droit politique des femmes, 1er mai 1850, citation extraite de la r&#233;ponse (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au bout du compte, la pol&#233;mique ne s'arr&#234;te pas l&#224; : exclu en 1848 comme en 1789, le mouvement f&#233;minin, alors proche des r&#233;volutionnaires, va peu &#224; peu s'organiser en mouvement autonome pour finir par se d&#233;solidariser d'avec les luttes ouvri&#232;res. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Invit&#233;es &#224; subordonner leurs revendications &#224; la lutte des classes&lt;/q&gt;, les femmes vont se lancer dans un militantisme f&#233;ministe, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;d&#233;but d'un long malentendu&lt;/q&gt; comme le signale Michelle Perrot : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;le f&#233;minisme est alors condamn&#233; &#224; &#234;tre bourgeois quasi par essence&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Michelle Perrot, Histoire de la vie priv&#233;e, &#233;d. du Seuil, tome IV, p. 103.&#034; id=&#034;nh4-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1564 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;19&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH213/746415-36488-0d6df.jpg?1774706647' width='150' height='213' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Jenny d'H&#233;ricourt&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;La rupture consomm&#233;e, les f&#233;ministes vont d&#233;sormais lancer des attaques en r&#232;gle. La th&#233;orie proudhonienne sur la femme et l'amour se r&#233;v&#232;le &#234;tre &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;une cible offerte&lt;/q&gt; tant Proudhon y brasse paradoxes, aberrations scientifiques et misogynie exemplaire. Deux femmes, deux &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;insurg&#233;es aux doigts tach&#233;s d'encre&lt;/q&gt; selon ses propres termes, vont lui tenir t&#234;te. En d&#233;cembre 1856, Jenny d'H&#233;ricourt publie dans la &lt;i&gt;Revue philosophique&lt;/i&gt; (dont elle est la collaboratrice) un article, &#171; M. Proudhon et les femmes &#187;. Un mois plus tard, il lui r&#233;pond, suscitant une nouvelle r&#233;plique de d'H&#233;ricourt en f&#233;vrier 1857. Si bien qu'en mars Proudhon s'adresse aux r&#233;dacteurs de la revue en leur signifiant ne plus vouloir poursuivre la pol&#233;mique.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1563 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;17&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/131864214_o.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH230/131864214_o-e8035-3bc3a.jpg?1774706647' width='150' height='230' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Juliette Lamber&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;En 1858, Proudhon publie &lt;i&gt;De la Justice dans la R&#233;volution et dans l'Eglise&lt;/i&gt; o&#249; deux &#233;tudes sont enti&#232;rement consacr&#233;es &#224; la question des femmes. Il n'aborde cependant rien de la pol&#233;mique et des d&#233;bats qui l'oppose &#224; elles. Cette ann&#233;e-l&#224; paraissent les &lt;i&gt;Id&#233;es antiproudhoniennes&lt;/i&gt; de Juliette Lamber (Juliette La Messine). La jeune romanci&#232;re va, dans un style alerte et incisif, mettre en difficult&#233; le vieux Proudhon. Elle s'inqui&#232;te de ce que &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;ses doctrines sur la femme (...) expriment le sentiment g&#233;n&#233;ral des hommes, qui &#224; quelque parti qu'ils appartiennent, progressistes ou r&#233;actionnaires, monarchistes ou r&#233;publicains, chr&#233;tiens ou pa&#239;ens, ath&#233;es ou d&#233;vots seraient enchant&#233;s qu'on trouv&#226;t le moyen de concilier &#224; la fois leur &#233;go&#239;sme et leur conscience en un syst&#232;me qui leur perm&#238;t de conserver les b&#233;n&#233;fices de l'exploitation appuy&#233;e sur la force, sans avoir &#224; craindre les protestations fond&#233;es sur le droit&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Juliette Lamber, Id&#233;es antiproudhoniennes, &#233;d. Dentu, 1861, in Histoire du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La saint-simonienne Jenny d'H&#233;ricourt publie en 1860 &#224; Bruxelles deux volumes intitul&#233;s La Femme affranchie, r&#233;ponse &#224; &lt;i&gt;MM. Michelet, Proudhon, E. de Girardin et autres novateurs modernes&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1562 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;19&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH170/973a8bfd7ad09a107a65168901efbfa4-3f652-a1209.jpg?1774706647' width='150' height='170' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Jenny d'H&#233;ricourt&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Et ses deux insurg&#233;es vont se &#171; moquer &#187; des arguments avanc&#233;s par Proudhon. En particulier de son argumentation pr&#233;tendument scientifique : Jenny d'H&#233;ricourt l'enjoint &#224; se mettre au courant des derniers r&#233;sultats de la phr&#233;nologie, de l'anatomie, etc. Que si, comme il l'affirme dans &lt;i&gt;De la Justice&lt;/i&gt;, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;la pens&#233;e en tout &#234;tre vivant est proportionnelle &#224; la force&lt;/q&gt; (p. 191), il ne doit pas &#234;tre difficile de prouver gr&#226;ce &#224; un dynamom&#232;tre &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;qu'un portefaix pense mieux qu'un philosophe&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Id. ib., pp. 49 et 319.&#034; id=&#034;nh4-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, elles lui reprochent s&#233;v&#232;rement d'&#234;tre en contradiction avec ses &#233;crits car s'il soutient que &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;ni la figure, ni la naissance, ni les facult&#233;s, ni la fortune, ni le rang, ni la profession, ni le talent, ni rien de ce qui distingue les individus, n'&#233;tablit entre eux une diff&#233;rence d'esp&#232;ce, tous &#233;tant hommes et la loi ne r&#233;glant que des rapports humains, elle est la m&#234;me pour tous&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cit&#233; par Jenny d'H&#233;ricourt, La Femme affranchie, 1860, in Histoire du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, reste &#224; prouver que la femme est hors de l'esp&#232;ce humaine !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Proudhon, victime et bourreau &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ces attaques, fort bien men&#233;es au demeurant, agaceront Proudhon. Il s'en expliquera dans &lt;i&gt;De la Pornocratie&lt;/i&gt;, publication posthume. Dans cet ouvrage, Proudhon s'accrochera &#224; ses th&#232;ses jusqu'&#224; en sombrer ! Sa r&#233;ponse sera donc &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;presque parfois injurieuse et, sous une apparence d'argumentation m&#233;thodique et ordonn&#233;e, elle demeure confuse, malveillante et sans nulle gr&#226;ce&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J.-L. Puech, auteur de l'introduction et des annotations de De la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Ainsi de l'introduction :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;A M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;mes&lt;/sup&gt; J*** L** et Jenny d'H***, &lt;/q&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt; Je poss&#232;de vos trois volumes et je les ai lus : ce n'a pas &#233;t&#233; sans effort. Jamais je n'&#233;prouverai pareil m&#233;compte, jamais plus d&#233;testable cause ne fut servie par de si pauvres moyens. (...) et ce qui m'affecte de votre part, c'est l'effronterie m&#234;me de la d&#233;raison (...). Vous figurez, comme dames patronesses, au premier rang de cette pornocratie qui, depuis plus de trente ans, a fait reculer en France la pudeur publique &lt;/q&gt; (pp. 326-328).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pens&#233;e proudhonienne se divise en diff&#233;rentes &#233;poques : la premi&#232;re, constitu&#233;e des &lt;i&gt;Contradictions&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;De la Justice&lt;/i&gt;, o&#249; il s'exprime sur la destin&#233;e sociale de la femme ; la seconde, celle des pol&#233;miques qui ternissent sa philosophie aupr&#232;s de la population f&#233;minine &#233;mancip&#233;e ; et enfin celle de la &lt;i&gt;Pornocratie &lt;/i&gt; o&#249; il perd, semble-t-il, sa coh&#233;rence et sa cr&#233;dibilit&#233;. Une constante demeure cependant : l'antif&#233;minisme, voire la misogynie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi r&#233;voltantes que soient ses th&#233;ories en la mati&#232;re, il s'agit l&#224; d'opinions largement r&#233;pandues et partag&#233;es par la plupart des hommes de son &#233;poque. Le nombre impressionnant d'ouvrages masculins traitant de la question des femmes est l&#224; pour en attester ; ce qui fera dire en 1929 &#224; Virginia Woolf que de &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;tous les animaux de la cr&#233;ation, la femme est celui dont on discute le plus&lt;/q&gt;. Ces &#233;crits qui sont aussi bien le fait de m&#233;decins, de biologistes ou d'hommes &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;que rien ne semble qualifier en apparence pour parler des femmes, sinon qu'ils n'en sont pas&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Virginie Woolf, Une chambre &#224; soi (1929), &#233;d. Deno&#233;l, 1986, pp. 41-42.&#034; id=&#034;nh4-17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, oscillent entre deux opinions contradictoires qui vont du sentiment d'admiration pour la &#171; chose &#187; femme (plus particuli&#232;rement m&#232;re) au m&#233;pris de l'individu &#171; femelle &#187;. A ce titre, Proudhon n'a rien invent&#233; : il a &#233;t&#233; autant victime d'une tradition s&#233;culaire d'antif&#233;minisme que bourreau de la condition f&#233;minine. Son audience dans le public militant et ouvrier est &#171; r&#233;elle &#187; dans la mesure o&#249; elle r&#233;pond &#224; une volont&#233;, &#224; un besoin : garder une image &#171; pure &#187;, quasi mythique, de la femme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la fin du si&#232;cle, le mouvement anarchiste s'entred&#233;chirera sur ce sujet selon le m&#234;me sch&#233;ma, parfois nous trouvons dans &lt;i&gt;le Libertaire&lt;/i&gt; des articles qui d&#233;noncent l'&#233;go&#239;sme masculin en s'attaquant aux id&#233;es de Proudhon&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L. Grandidier, &#171; Sur l'inf&#233;riorit&#233; de la femme &#187;, le Libertaire du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; et d'autres, comme celui de Rodolphe V&#233;ris, affirmant : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Que la femme suive donc les instincts de sa nature en demeurant au foyer pour &#233;lever les tout-petits, qu'elle garde intacte &#224; l'abri des vulgaires compromissions sa belle fonction de premi&#232;re &#233;ducatrice de tous les hommes&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Libertaire, 6 avril 1901, p. 1.&#034; id=&#034;nh4-19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Tous s'accorderont &#224; multiplier des attaques parfois violentes contre les f&#233;ministes qu'ils rangent d'embl&#233;e parmi les bourgeoises et les intellectuelles. Ceux qui adh&#232;rent aux luttes de leurs compagnes ne pourront s'emp&#234;cher de combattre les femmes qui veulent construire un mouvement sp&#233;cifique... Ayant mis &#224; l'&#233;cart la femme durant tous les combats du XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, ils n'admettront pas que celles qu'ils ont exclues du genre humain puissent salutairement leur livrer bataille.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1566 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;62&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/image_courbet_gustave_pierre-joseph_proudhon_et_ses_enfants_en_1853_ppp34_581794.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH381/image_courbet_gustave_pierre-joseph_proudhon_et_ses_enfants_en_1853_ppp34_581794-c34d5.jpg?1774915569' width='500' height='381' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Gustave Courbet - Pierre-Joseph Proudhon et ses enfants 1853
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cit&#233; par Alfred Dessens, &lt;i&gt;Les Revendications des droits de la femme au point de vue politique&lt;/i&gt;, Toulouse, 1905, p. 165, in &lt;i&gt;Histoire du f&#233;minisme fran&#231;ais&lt;/i&gt;, Ma&#239;t&#233; Albistur et Daniel Amorgath, &#233;d. des Femmes, 1977.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cit&#233; par P.-M. Duhet, &lt;i&gt;Les Femmes et la R&#233;volution&lt;/i&gt;, &#233;d. Julliard, 1971, p. 164, in &lt;i&gt;Histoire du f&#233;minisme&lt;/i&gt;, op. cit.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Pierre-Joseph Proudhon, &lt;i&gt;De la Justice dans la R&#233;volution et dans l'Eglise&lt;/i&gt;, &#233;d. Marcel-Rivi&#232;re, 1935 (1858), p. 291.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Id., ibid., p. 200.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Pierre-Joseph Proudhon, &lt;i&gt;De la Pornocratie ou les Femmes dans les temps modernes&lt;/i&gt;, &#233;d. Marcel-Rivi&#232;re, 1939 (1875), p. 338.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Jeanne Calo, &lt;i&gt;La Cr&#233;ation de la femme chez Michelet&lt;/i&gt;, &#233;d. Nizet, 1975, in &lt;i&gt;Histoire du f&#233;minisme&lt;/i&gt;, op. cit., p. 262.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;P.-J. Proudhon, &lt;i&gt;De la Pornocratie&lt;/i&gt;, op. cit., p. 318.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Proudhon, &lt;i&gt;De la Justice&lt;/i&gt;, op. cit., p. 271. Affirmant la triple inf&#233;riorit&#233; de la femme par rapport &#224; l'homme, Proudhon utilise une comparaison arithm&#233;tique : la femme est &#224; l'homme comme 8 (2 X 2 X 2) est &#224; 27 (3 X 3 X 3) &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;par le travail, le g&#233;nie et la justice&lt;/q&gt;. Tandis que pour la deuxi&#232;me comparaison, le rapport s'inverse : la femme est &#224; l'homme comme 27 est &#224; 8.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt; L'Opinion des femmes&lt;/i&gt;, 10 avril 1849.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;L'Opinion des femmes&lt;/i&gt;, 10 avril 1849.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le Droit politique des femmes&lt;/i&gt;, 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; mai 1850, citation extraite de la r&#233;ponse d'une anonyme &#224; Michelet sur la question du vote.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Michelle Perrot, &lt;i&gt;Histoire de la vie priv&#233;e&lt;/i&gt;, &#233;d. du Seuil, tome IV, p. 103.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Juliette Lamber, &lt;i&gt;Id&#233;es antiproudhoniennes&lt;/i&gt;, &#233;d. Dentu, 1861, in &lt;i&gt;Histoire du f&#233;minisme&lt;/i&gt;, op. cit., p. 319.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Id. ib., pp. 49 et 319.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cit&#233; par Jenny d'H&#233;ricourt,&lt;i&gt; La Femme affranchie&lt;/i&gt;, 1860, in &lt;i&gt;Histoire du f&#233;minisme&lt;/i&gt;, op. cit., p. 319.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;J.-L. Puech, auteur de l'introduction et des annotations de &lt;i&gt;De la Pornocratie&lt;/i&gt;, op. cit. (note 1, p. 325).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Virginie Woolf, &lt;i&gt;Une chambre &#224; soi&lt;/i&gt; (1929), &#233;d. Deno&#233;l, 1986, pp. 41-42.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;L. Grandidier, &#171; Sur l'inf&#233;riorit&#233; de la femme &#187;, &lt;i&gt;le Libertaire&lt;/i&gt; du 17.09.1899, p.1 ; S. Carruette, &#171; La femme de demain &#187;,&lt;i&gt; le Libertaire&lt;/i&gt; du 22.04.1900, p. 1 J. Wintsch, &#171; Sur la femme &#187;, &lt;i&gt;le Libertaire&lt;/i&gt; du 21.12.1902, p. 2 ; in Madeleine Guilbert, &lt;i&gt;Les femmes et l'organisation syndicale avant 1914&lt;/i&gt;, CNRS, 1966, p. 404.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt;, 6 avril 1901, p. 1.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		
		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Kropotkine - De l'Entraide &#224; l'Ethique </title>
		<link>https://www.partage-noir.fr/kropotkine-de-l-entraide-a-l-ethique</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.partage-noir.fr/kropotkine-de-l-entraide-a-l-ethique</guid>
		<dc:date>2023-11-27T23:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Liaison Bas-Rhin (FA) , Martine</dc:creator>


		<dc:subject>Pierre Kropotkine</dc:subject>
		<dc:subject>Gaston Leval</dc:subject>
		<dc:subject>Pierre-Joseph Proudhon</dc:subject>
		<dc:subject>&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>@narlivres</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Etymologiquement, la morale est l'ensemble des r&#232;gles de conduite admises &#224; une &#233;poque et dans une soci&#233;t&#233; d&#233;termin&#233;es. Cela sous-entend non seulement une connaissance du bien et du mal, mais encore un lien avec les aspirations intellectuelles et sentimentales du groupement qui lui a donn&#233;e naissance ainsi qu'un lien direct avec les besoins &#233;conomiques et les conditions particuli&#232;res li&#233;es &#224; l'environnement dans lequel &#233;volue ce groupement.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-itineraire-une-vie-une-pensee-no3-kropotkine-" rel="directory"&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e n&#176;3 : &#171; Kropotkine &#187;&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-itineraire-une-vie-une-pensee-+" rel="tag"&gt;&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-source-narlivres-+" rel="tag"&gt;@narlivres&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH76/frr1uffwuamidlx-2e274.jpg?1774694508' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='76' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Etymologiquement, la morale est l'ensemble des r&#232;gles de conduite admises &#224; une &#233;poque et dans une soci&#233;t&#233; d&#233;termin&#233;es. Cela sous-entend non seulement une connaissance du bien et du mal, mais encore un lien avec les aspirations intellectuelles et sentimentales du groupement qui lui a donn&#233;e naissance ainsi qu'un lien direct avec les besoins &#233;conomiques et les conditions particuli&#232;res li&#233;es &#224; l'environnement dans lequel &#233;volue ce groupement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut donc, d'embl&#233;e, affirmer qu'il n'y a pas &#171; une &#187; morale, mais &#171; des &#187; morales. Mais qu'elle est l'ori&#173;gine de la morale ? Divers courants de pens&#233;e ont tent&#233; de r&#233;pondre &#224; cette question fondamentale. Certaines &#233;co&#173;les ont pr&#233;tendu qu'elle se trouvait dans l'homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toujours est-il que dans la lente &#233;vo&#173;lution qui va du pr&#233;homme au primi&#173;tif puis &#224; l'homme civilis&#233;, le facteur moral s'est impos&#233; comme une condi&#173;tion&lt;i&gt; sine qua non&lt;/i&gt; d'existence, de survi&#173;vance et de progr&#232;s. Ce facteur moral se traduit essentiellement par l'entraide. L'entraide est le fait domi&#173;nant de la nature. Elle y est largement r&#233;pandue parce qu'elle donne aux esp&#232;ces animales qui la pratiquent des avantages tels que le rapport des forces s'en trouve compl&#232;tement chang&#233;. Elle constitue la meilleure arme dans la grande lutte pour l'existence que les animaux m&#232;nent constamment contre le climat, les orages, les temp&#234;tes, etc. Elle exige constamment de nouvelles adaptations aux conditions sans cesse changeantes de la vie. Pierre Kropot&#173;kine a admirablement d&#233;crit ce trait essentiel de la nature dans son ouvrage : &lt;i&gt;L'Entraide, un facteur d'&#233;volution&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. L'Entraide. P. Kropotkine, &#233;ditions de l'Entraide.&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ses observations du monde animal l'ont progressivement conduit &#224; s'int&#233;&#173;resser &#224; l'homme. Plus Kropotkine &#233;tudie de pr&#232;s l'homme primitif, plus il constate que c'est de la vie des ani&#173;maux avec lesquels il vit en &#233;troite communaut&#233; que l'homme primitif re&#231;oit les premi&#232;res le&#231;ons de d&#233;fense des siens, d'abn&#233;gation au profit du groupe, d'amour illimit&#233; pour sa pro&#173;g&#233;niture, de l'utilit&#233; de la vie en soci&#233;t&#233; en g&#233;n&#233;ral. Kropotkine s'est &#233;galement aper&#231;u que les notions de &#171; vertu &#187; ou de &#171; vice &#187; ne sont pas seulement humaines mais zoologiques. Son &#233;tude des soci&#233;t&#233;s animales et humaines lui a r&#233;v&#233;l&#233; que l'&#233;volution de la morale comporte trois stades successifs :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i class=&#034;fas fa-fw fa-caret-right&#034;&gt;&lt;/i&gt; le premier est commun aux hommes et aux animaux, c'est l'instinct de sociabilit&#233;, manifest&#233; dans les actes d'entraide ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i class=&#034;fas fa-fw fa-caret-right&#034;&gt;&lt;/i&gt; le second &#233;volue sur cet instinct : des liens de sympathie, de bienveillance se cr&#233;ent, donnant naissance &#224; toute une s&#233;rie de r&#232;gles morales dans lesquelles se trouvent les notions de justice et d'&#233;galit&#233; entre les hommes. II s'agit l&#224; de la morale &#233;l&#233;mentaire ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i class=&#034;fas fa-fw fa-caret-right&#034;&gt;&lt;/i&gt; le troisi&#232;me stade est la g&#233;n&#233;rosit&#233;, c'est-&#224;-dire le stade le plus &#233;lev&#233; de l'&#233;volution morale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais avant de nous lancer dans une analyse plus approfondie de la morale, de ce qu'elle serait en soci&#233;t&#233; anar&#173;chiste, voyons plut&#244;t comment ont chemin&#233; les id&#233;es morales.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les id&#233;es morales des peuples primitifs &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Gr&#226;ce aux objets retrouv&#233;s lors des fouilles arch&#233;ologiques, on sait que les hommes les plus primitifs de la p&#233;riode glaciaire et lacustre vivaient d&#233;j&#224; en soci&#233;t&#233;, dans des grottes ou dans des fentes de rochers ; qu'ils chassaient ou p&#234;chaient en commun &#224; l'aide de leurs outils primitifs. Cette cohabitation et cette collaboration supposent donc l'existence de certaines r&#232;gles de morale. L'homme primitif avait d&#233;j&#224; r&#233;ussi &#224; distinguer le &#171; moi &#187; du &#171; nous &#187; collectif et ainsi &#233;labor&#233; les premiers &#233;l&#233;ments de la morale. Sa tribu &#233;tait une entit&#233; dont il n'&#233;tait qu'une partie. Il savait aussi que s'il &#233;tait livr&#233; &#224; lui-m&#234;me, la nature hostile l'engloutirait. Aussi a-t-il appris &#224; con&#173;tr&#244;ler sa volont&#233; suivant celle des autres. Ce qui est la base fondamentale de toute morale. Cette &#171; &#233;ducation &#187; de l'homme se poursuivra au fil des si&#232;cles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc, du moment qu'une commu&#173;naut&#233; existe, il se cr&#233;e n&#233;cessairement des formes de vie, des usages, des m&#339;urs qui, une fois reconnus utiles et devenus des proc&#233;d&#233;s courants de la pens&#233;e, se transforment d'abord en habitudes instinctives, puis en r&#232;gles de vie. Voil&#224; donc constitu&#233;e une &#233;thique propre que les anciens, les gardiens de la coutume de la tribu, placent sous la sauvegarde des superstitions et de la religion ; c'est-&#224;-dire sous la garde des anc&#234;tres morts&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Elie Reclus (fr&#232;re d'Elis&#233;e) et son ouvrage : Les primitifs pour cette (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#232;gles de vie ne sont pas toutes les m&#234;mes chez les peuplades primiti&#173;ves. L'environnement, le climat, la pr&#233;sence ou non de voisins influent grandement sur l'&#233;laboration de ces r&#232;gles. Mais d'une fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, on peut affirmer que ces peuplades poss&#232;&#173;dent des &#171; codes &#187; non &#233;crits, sauve&#173;gard&#233;s par la tradition, qui se scindent en trois grandes cat&#233;gories de r&#232;gles. Les premi&#232;res maintiennent les formes &#233;tablies pour assurer la recherche des moyens de subsistance du clan entier et pour chacun de ses membres en parti&#173;culier. Elles d&#233;terminent les bases de la jouissance des biens appartenant au clan (eaux, for&#234;ts, terrains de chasse, embarcations, conservation du feu...). Les secondes fixent les droits et les rap&#173;ports personnels (par ex. : les maria&#173;ges, l'&#233;ducation, les soins prodigu&#233;s aux vieillards, aux nouveau-n&#233;es) et le r&#232;glement des conflits aigus (actes de violence au sein m&#234;me du clan, conflit avec des clans voisins risquant de tour&#173;ner &#224; la guerre). Les troisi&#232;mes for&#173;ment les prescriptions &#8212; scrupuleuse&#173;ment observ&#233;es &#8212; relatives aux supers&#173;titions, aux rites religieux li&#233;s &#224; la chasse, aux saisons, aux voyages, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au fur et &#224; mesure de l'&#233;volution de la vie sociale, la notion d'&#233;quit&#233; dans les relations mutuelles prend une place de plus en plus grande. Dans chaque soci&#233;t&#233;, les d&#233;sirs et les passions des individus se heurtent &#224; ceux d'autres individus &#233;galement membres de la soci&#233;t&#233;. Ces conflits auraient fatale&#173;ment men&#233; &#224; la d&#233;sagr&#233;gation de la soci&#233;t&#233; si la notion de justice n'&#233;tait pas apparue. Par &#171; justice &#187;, les primitifs entendaient le &#171; r&#233;tablissement de l'&#233;galit&#233; viol&#233;e &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'Ethique, P. Kropotkine, &#233;ditions Stock.&#034; id=&#034;nh5-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Si l'&#233;galit&#233; de deux membres de la soci&#233;t&#233; est l&#233;s&#233;e, elle doit &#234;tre r&#233;tablie par l'intervention de la soci&#233;t&#233;. La vie du clan enseigne &#224; l'homme la r&#232;gle fondamentale de toute vie en soci&#233;t&#233; : ne fais pas &#224; autrui ce que tu ne veux pas qu'on te fasse, et contraint par divers moyens ceux qui ne veulent pas se soumettre &#224; cette r&#232;gle. Malheureusement, dans l'orga&#173;nisation du clan, cette r&#232;gle ne s'appli&#173;que pas au-del&#224; du clan. On voit donc appara&#238;tre une distinction entre les rapports &#224; l'int&#233;rieur du clan et les rap&#173;ports avec les clans voisins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La notion &#171; d'&#233;tranger &#187; va influer consid&#233;rablement sur l'&#233;volution de l'humanit&#233; et les transformations importantes (guerres, d&#233;couvertes, progr&#232;s techniques, scientifiques...) ne manqueront pas de marquer l'ensem&#173;ble des id&#233;es morales de chaque pays aux diverses &#233;poques. Mais cette &#233;tude de l'&#233;volution de la morale en rapport avec les modifications de la vie sociale serait trop longue a d&#233;velopper ici&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On s'aper&#231;oit que l'&#233;thique (c'est-&#224;-dire la a science des id&#233;es et des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toujours est-il que, d&#232;s les temps les plus recul&#233;s, des penseurs se sont pos&#233;s la question de l'origine des sentiments moraux et des id&#233;es morales qui emp&#234;&#173;chent les hommes de commettre des actes nuisant &#224; leurs cong&#233;n&#232;res ou, en g&#233;n&#233;ral, affaiblissant les liens sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les penseurs grecs &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les peuplades primitives ont &#233;labor&#233; un mode de vie social essentiellement fond&#233; sur la coutume, c'est-&#224;-dire l'habitude de vivre comme autrefois. La crainte des changements et l'inertie de la pens&#233;e forment ainsi le facteur principal des r&#232;gles sociales &#233;tablies. Quiconque voudrait s'en &#233;carter tom&#173;berait aussit&#244;t sous la vengeance des anc&#234;tres et des esprits peuplant l'uni&#173;vers. Cette intimidation, mise au point par les sorciers pour conserver la cou&#173;tume &#8212; et par l&#224; m&#234;me leurs pouvoirs &#8212; va appeler toute une s&#233;rie de rites sacr&#233;s : on adore les puissances natu&#173;relles, on leur offre des sacrifices. La morale se fonde alors sur une esp&#232;ce de &#171; terreur sacr&#233;e &#187; : l'adoration de ces forces devient une religion qui fixe et sanctifie les notions morales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les anciens Grecs ont longtemps vu dans le d&#233;cha&#238;nement des forces de la nature un signe des dieux. Il suffit de s'int&#233;resser &#224; leur mythologie ou de relire les grands classiques que sont &lt;i&gt;L'Illiade &lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;L'Odyss&#233;e&lt;/i&gt;. Mais d&#232;s le VII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle avant l'&#232;re chr&#233;tienne, des penseurs ont cherch&#233; &#224; fonder les notions morales non plus sur la seule crainte des dieux, mais sur la compr&#233;&#173;hension par l'homme de sa propre nature : respect de soi-m&#234;me, senti&#173;ment de la dignit&#233;, connaissance de quelque but sup&#233;rieur, intellectuel et moral. Plusieurs &#233;coles se sont for&#173;m&#233;es : les unes ont expliqu&#233; d'une fa&#231;on naturelle le cosmos tout entier et, par cons&#233;quent, l'&#233;l&#233;ment moral chez l'homme. Pour celles-ci, la con&#173;naissance d&#233;coule de l'observation et de l'exp&#233;rience. D'autres affirment que l'origine et la vie de l'univers ne peuvent pas avoir d'explication natu&#173;relle car le monde visible est une cr&#233;a&#173;tion des forces surnaturelles, c'est-&#224;&#173;-dire des &#171; entit&#233;s &#187; se trouvant en-dehors de ce qui est accessible &#224; l'observation humaine. L'homme con&#173;na&#238;t l'univers par la sp&#233;culation abs&#173;traite : la m&#233;taphysique, qui a engen&#173;dr&#233; de multiples &#233;coles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les nombreux philosophes qu'&#224; abrit&#233;s la Gr&#232;ce antique, nous ne citerons que les plus c&#233;l&#232;bres sans entrer dans le d&#233;tail de leur pens&#233;e : Protagoras, Socrate, Platon, Aristote, Epicure, les sto&#239;ciens. En d&#233;pit de leurs divergences dans les explications de la morale, tous les penseurs grecs ont &#233;t&#233; d'accord sur un point : ils ont reconnu les inclinations naturelles et la raison de l'homme pour source de ses aspira&#173;tions morales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette recherche philosophique s'est op&#233;r&#233;e du temps o&#249; les cit&#233;s grecques &#233;taient florissantes et prosp&#232;res. Une vague d'invasions, des guerres succes&#173;sives plong&#232;rent peu &#224; peu ce &#171; ber&#173;ceau de civilisation &#187; dans la d&#233;ca&#173;dence. Et ce fut l'av&#232;nement d'une nouvelle puissance : de Rome, s'&#233;ten&#173;dit dans toutes les directions l'&#201;tat cen&#173;tralis&#233; et pillard, o&#249; le bien-&#234;tre des classes sup&#233;rieures reposait sur le tra&#173;vail des peuples conquis, r&#233;duits en esclavage. Dans de telles conditions, il fallait s'attendre &#224; un soul&#232;vement, &#224; une protestation.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La doctrine jud&#233;o-chr&#233;tienne &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Cette protestation prend la forme du christianisme, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;la religion des pau&#173;vres s'insurgeant contre la d&#233;bauche des riches&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Beaucoup de similitudes existent entre le christianisme et le bouddhisme. Il (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. On conna&#238;t les ensei&#173;gnements du Christ : m&#233;pris du pou&#173;voir et de la richesse, amour pour tous les hommes, amis et ennemis, &#233;galit&#233; entre les hommes, etc. De tels argu&#173;ments ne pouvaient que s&#233;duire les populations exploit&#233;es et meurtries par les guerres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, &#224; la diff&#233;rence des reli&#173;gions pr&#233;c&#233;dentes, le christianisme ne s'appuie pas sur des divinit&#233;s vindicati&#173;ves ou cruelles pour terrifier les hom&#173;mes, mais &#171; cr&#233;e &#187; un &#171; homme-dieu&#173;-id&#233;al &#187; : le Christ aime tous les hom&#173;mes sans distinction de race, de rang social. Il va jusqu'&#224; l'acte d'abn&#233;ga&#173;tion le plus sublime : mourir sur la croix pour racheter les p&#233;ch&#233;s de l'humanit&#233;. Voil&#224; donc l'exemple &#224; suivre. Historiquement, l'existence de ce charpentier de Galil&#233;e, J&#233;sus, est controvers&#233;e. Sans doute s'agit-il d'un agitateur quelconque qui a r&#233;ussi &#224; s'imposer comme guide moral d'une poign&#233;e d'opprim&#233;s. Mais, &#224; la mort du chef, des disciples continuent de r&#233;pandre son enseignement et forment la premi&#232;re &#171; Eglise &#187;, c'est-&#224;-dire un gouvernement d'&#171; &#233;lus &#187;. Comme dans les autres religions, il se cr&#233;e au sein du christianisme un noyau d'hom&#173;mes se voulant les gardiens de la doc&#173;trine du Christ. Et l'on voit ainsi des glissements s'op&#233;rer : &#224; la bont&#233; et au pardon pr&#233;conis&#233;s par le fondateur du christianisme succ&#232;dent la cruaut&#233; et la pers&#233;cution. Des alliances sont sign&#233;es avec les rois. Si les premiers chr&#233;tiens sont morts pers&#233;cut&#233;s, le christianisme n'en est pas moins devenu religion d'&#201;tat. Les repr&#233;sentants de l'Eglise deviennent propri&#233;taires de serfs et de terres. Le pouvoir de l'Eglise cro&#238;t et, par son influence et sa richesse, elle aide &#224; la constitution des &#201;tats nais&#173;sants. Pour punir toute r&#233;sistance &#224; son pouvoir, elle cr&#233;e l'inquisition, dont on sait depuis &#224; quels horribles m&#233;faits celle-ci s'est livr&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous voici donc loin de la forme primitive de la doctrine chr&#233;tienne qui avait introduit des &#233;l&#233;ments nouveaux de la morale. Si la fraternit&#233; et l'entraide sont communs &#224; l'esprit de nombreux groupements, il n'en est pas de m&#234;me pour la vengeance. Dans les tribus anciennes, r&#233;paration devait &#234;tre faite. Mais les chr&#233;tiens, eux, doivent renoncer &#224; la vengeance. Or, l'Histoire nous montre que ce principe est tr&#232;s vite r&#233;pudi&#233;. Il en va de m&#234;me du prin&#173;cipe d'&#233;galit&#233;. N'ont-ils pas us&#233; et abus&#233; de la formule &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;&#233;gaux et fr&#232;res... en J&#233;sus-Christ&lt;/q&gt; ? Les &lt;i&gt;Epitres &lt;/i&gt; de Paul dans le &lt;i&gt;Nouveau Testament&lt;/i&gt; &#233;ri&#173;gent en vertu chr&#233;tienne fondamen&#173;tale l'ob&#233;issance aux autorit&#233;s &#233;tablies. Les ma&#238;tres doivent traiter leurs escla&#173;ves &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;avec douceur&lt;/q&gt;. Soutenant l'esclavage et pr&#244;nant une soumission servile au pouvoir en place, l'Eglise va geler la soci&#233;t&#233; et emp&#234;cher tout essor moral pendant onze si&#232;cles, jusqu'aux premi&#232;res insurrections dans les villes aux XI&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; et XII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cles&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. L'&#201;tat, son r&#244;le historique, P. Kropotkine.&#034; id=&#034;nh5-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, Et il faudra quinze si&#232;cles pour que certains &#233;cri&#173;vains, rompant avec la religion, se d&#233;cident &#224; reconna&#238;tre l'&#233;galit&#233; des droits comme base de la soci&#233;t&#233; civile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant mille ans, l'Eglise affirme que ce que l'homme a de moral en lui provient, non pas de la nature qui ne peut que le pousser au mal, mais exclu&#173;sivement de la r&#233;v&#233;lation divine. Toute recherche des sources naturelles de l'&#233;l&#233;&#173;ment moral chez l'homme est syst&#233;ma&#173;tiquement &#233;cart&#233;e. La science grecque devient h&#233;r&#233;tique. Au XI&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, avec les r&#233;voltes des villes, na&#238;t le mouve&#173;ment rationaliste. On red&#233;couvre la g&#233;om&#233;trie, l'astronomie, la physique, la philosophie. C'est la Renaissance, d'abord dans les sciences, puis dans la vie en g&#233;n&#233;ral et aussi dans les recher&#173;ches sur l'essence et les bases de la morale. Ab&#233;lard, Roger Bacon s'essaient &#224; des explications rationnel&#173;les. Giordano Bruno est br&#251;l&#233; &#224; Rome par l'Inquisition pour avoir publi&#233; un livre en faveur de la th&#232;se de Copernic&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Contrairement &#224; ce qu'affirmait l'Eglise, Copernic avait d&#233;montr&#233; que la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Galil&#233;e est contraint sous la torture &#224; renier ses travaux. Le pen&#173;seur et savant anglais, Fran&#231;ois Bacon, fonde une nouvelle m&#233;thode de recher&#173;che scientifique : la m&#233;thode induc&#173;tive. Cette m&#233;thode part d'une &#233;tude minutieuse des faits de la nature pour en tirer ensuite les conclusions, alors que la m&#233;thode d&#233;ductive part de sp&#233;&#173;culations abstraites faites &#224; priori. Une telle transformation des sciences a naturellement des r&#233;percussions sur la science de la morale. C'est le point de d&#233;part d'une &#233;thique rationaliste, c'est&#173;&#224;-dire fond&#233;e sur des bases scientifi&#173;ques.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les doctrines morales dans les temps modernes XVII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; et XVIII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cles &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il existe une certaine parent&#233; entre la philosophie grecque et la science des temps modernes. Les deux tendances de l'&#233;thique apparues dans la Gr&#232;ce ancienne se rencontrent chez divers penseurs jusque vers le milieu du XVIII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle et la plupart cherchent volontiers une explication surnaturelle &#224; l'origine de la morale, appuy&#233;s en ce sens par l'Eglise, qui clame haut et fort que le &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;monde est plong&#233; dans le mal&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, malgr&#233; les obstacles dress&#233;s par l'Eglise et l'&#201;tat, la ten&#173;dance nouvelle de l'&#233;thique, qui cher&#173;che la source des id&#233;es morales dans l'homme et dans la nature qui l'envi&#173;ronne, poursuit son chemin. Elle rend de plus en plus &#233;vident que les id&#233;es morales sont n&#233;es et se sont d&#233;velop&#173;p&#233;es de fa&#231;on absolument naturelle et font partie du sentiment social propre &#224; l'homme et &#224; la plupart des animaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans entrer dans le d&#233;tail, nous ne citerons que les noms des savants, pen&#173;seurs ou philosophes qui ont marqu&#233; cene p&#233;riode : Hobbes, Cumberland, Spinoza, Locke, Clarke, Shaftesbury, Leibniz, Hume et Smith. Ces hommes ont principalement marqu&#233; le courant anglais. En france, nous retiendrons les noms de Montaigne, Descartes, Gassendi, Bayle, La Rochefoucauld, La Bruy&#232;re, Helv&#233;tius, les Encyclop&#233;&#173;distes, Montesquieu, Voltaire, Rous&#173;seau et Condorcet&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Relire les pages de L'Ethique pour conna&#238;tre ces diff&#233;rentes th&#233;ories.&#034; id=&#034;nh5-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes les doctrines morales n&#233;es et d&#233;velopp&#233;es au cours de cette p&#233;riode s'efforcent de donner &#224; l'origine de la morale une explication naturelle, pure&#173;ment scientifique. Elles r&#233;futent toutes les pr&#233;tentions de l'Eglise &#224; rattacher la morale &#224; la religion. Toutefois, des gens comme Hobbes et ses disciples n'admettent pas que la morale puisse d&#233;couler de la nature m&#234;me de l'homme. Ils la consid&#232;rent comme prescrite par une puissance ext&#233;rieure. Et ainsi ils remplacent l'Eglise par l'&#201;tat. Ce qui revient &#224; dire que l'homme ne trouve son salut que dans un pouvoir central, strictement orga&#173;nis&#233; qui emp&#234;che la lutte incessante entre les individus. Les autres consid&#232;&#173;rent que seule une large libert&#233; de l'individu et une large possibilit&#233; accor&#173;d&#233;e aux hommes de former entre eux des accords de toutes sortes permettra d'&#233;tablir dans la soci&#233;t&#233; un ordre des choses nouveau, fond&#233; sur le principe d'une juste satisfaction de tous les besoins.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les doctrines morales au XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;A la fin du XVIII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, la terreur de la R&#233;volution fran&#231;aise et le boule&#173;versement g&#233;n&#233;ral qui accompagne l'abolition des droits f&#233;odaux, tout comme les guerres qui font suite &#224; la r&#233;volution, am&#232;nent de nombreux pen&#173;seurs &#224; chercher de nouveau les bases de l'&#233;thique dans des principes surna&#173;turels plus ou moins d&#233;guis&#233;s. La r&#233;ac&#173;tion politique et sociale s'accompagne dans le domaine philosophique d'une r&#233;surrection de la m&#233;taphysique. Celle&#173;-ci se manifeste d'abord en Allemagne avec Kant. Sa doctrine se situe &#224; mi-chemin entre la philosophie sp&#233;cu&#173;lative des si&#232;cles pr&#233;c&#233;dents et la philo&#173;sophie naturelle du XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. Kant se fixe comme but de cr&#233;er une &#233;thique rationnelle absolument distincte de l'&#233;thique empirique. Il pense d&#233;couvrir les lois fondamentales de la nature, non pas en &#233;tudiant la nature humaine et en observant la vie et les actes des hommes, mais par la pens&#233;e abstraite. Il arrive ainsi &#224; la conviction que c'est le sens du devoir qui constitue la base de la morale et non le sentiment d'uti&#173;lit&#233; ou de sympathie et de bienveil&#173;lance. L'&#233;thique de Kant convient par&#173;ticuli&#232;rement &#224; tous ceux qui, tout en doutant du caract&#232;re obligatoire des prescriptions de l'Eglise et des &lt;i&gt;Evangi&#173;les&lt;/i&gt;, se refusent pourtant &#224; se placer du point de vue des sciences naturelles. Mais, en d&#233;finitive, l'&#233;thique de Kant, si &#233;lev&#233;e soit-elle, ne r&#233;pond pas &#224; la question principale de l'&#233;thique : l'ori&#173;gine du sentiment du devoir. Kant affirme que c'est la raison qui nous impose une loi morale et que le respect de cette loi est suscit&#233; par quelque &#171; divinit&#233; &#187;. Kant, pour proche qu'il soit de la m&#233;taphysique, ne contribue pas moins par sa r&#233;flexion &#224; &#233;branler les fondements de l'&#233;thique tradition&#173;nelle de l'Eglise et pr&#233;pare le terrain pour une &#233;thique nouvelle, purement scientifique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres penseurs allemands occupent dans l'histoire de la philosophie une place importante, tels Fichte, Schelling et Hegel. Tous penchent en faveur d'une philosophie m&#233;taphysique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours du XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle apparaissent trois nouveaux courants dans l'&#233;thique :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i class=&#034;fas fa-fw fa-caret-right&#034;&gt;&lt;/i&gt; le positivisme, &#233;labor&#233; par A. Comte, avec comme repr&#233;sentant en Allemagne, Feuerbach ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i class=&#034;fas fa-fw fa-caret-right&#034;&gt;&lt;/i&gt; l'&#233;volutionnisme, c'est-&#224;-dire l'id&#233;e du d&#233;veloppement graduel des &#234;tres vivants, des institutions sociales et des croyances, y compris les id&#233;es morales de l'homme. Darwin cr&#233;e cette th&#233;orie, peaufin&#233;e par la suite par Spencer et Huxley&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cette th&#233;orie a longtemps &#233;t&#233; mal interpr&#233;&#173;t&#233;e dans le but de justifier le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i class=&#034;fas fa-fw fa-caret-right&#034;&gt;&lt;/i&gt; le socialisme, c'est-&#224;-dire la doctrine de l'&#233;galit&#233; politique et sociale des hommes. Cette doctrine na&#238;t de la R&#233;volution fran&#231;aise et des th&#233;ories &#233;conomiques apparues &#224; sa suite, sous l'influence du d&#233;veloppement rapide de l'industrie et du capitalisme en Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces trois doctrines exercent une forte influence sur l'&#233;volution de la morale au XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. Mais il n'existe encore aucun syst&#232;me &#233;thique fond&#233; sur les donn&#233;es de toutes ces doctrines &#224; la fois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup de penseurs &#224; la fin du XVIII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle et au d&#233;but du XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle commencent &#224; entrevoir dans la justice la base de l'&#233;l&#233;ment moral chez l'homme. Cette notion a du mal &#224; s'imposer car, &#224; c&#244;t&#233; de la notion de justice, existe le d&#233;sir de dominer les autres et d'exercer son autorit&#233;. L'&#233;thique moderne a donc pour t&#226;che principale de rechercher, par l'&#233;tude philosophique, ce qu'il y a de commun entre ces deux cat&#233;gories de sentiments contraires qui existent dans l'homme. L'&#233;thique moderne doit nous aider &#224; trouver non pas un compromis ou un accord entre eux, mais une synth&#232;se de ces sentiments.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;l&#233;ments pour cette nouvelle compr&#233;hension de la morale existent d&#233;j&#224;. L'importance de la sociabilit&#233; et de l'entraide dans l'&#233;volution animale et dans l'histoire de l'humanit&#233; peut &#234;tre admise comme une v&#233;rit&#233; scientifi&#173;que &#233;tablie, exempte d'hypoth&#232;ses. On peut ensuite consid&#233;rer comme prouv&#233; qu'&#224; mesure que l'entraide devient, dans la soci&#233;t&#233; humaine, un usage &#233;ta&#173;bli, pratiqu&#233; pour ainsi dire instinctive&#173;ment, cette pratique m&#234;me conduit &#224; d&#233;velopper le sentiment de la justice, avec son corollaire n&#233;cessaire : le senti&#173;ment d'&#233;galit&#233; ou d'&#233;quit&#233;, et la capa&#173;cit&#233; de contenir ses pulsions au nom de cette &#233;galit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les id&#233;es de justice et d'&#233;galit&#233; &#233;co&#173;nomiques se manifestent dans le socia&#173;lisme dont les fondateurs sont Saint-&#173;Simon, Owen et Fourier. En m&#234;me temps, ces id&#233;es p&#233;n&#232;trent les milieux ouvriers qui se regroupent pour former l'Association internationale des tra&#173;vailleurs (A.I.T., 1864-1879). Trois propositions essentielles marquent ce mouvement, &#224; la fois intellectuel et r&#233;volutionnaire :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i class=&#034;fas fa-fw fa-caret-right&#034;&gt;&lt;/i&gt; l'abolition du salariat, celui-ci n'&#233;tant autre chose que la forme moderne de l'esclavage antique et du servage ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i class=&#034;fas fa-fw fa-caret-right&#034;&gt;&lt;/i&gt; l'abolition de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des moyens de production, d'&#233;change et de distribution ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i class=&#034;fas fa-fw fa-caret-right&#034;&gt;&lt;/i&gt; la suppression de l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;alisation de ces trois points est n&#233;cessaire pour l'&#233;tablissement de la justice sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celui qui se rapproche le plus de la conception de la justice comme base de la morale est Pierre-Joseph Proudhon. Le m&#233;rite de Proudhon est d'avoir net&#173;tement d&#233;gag&#233; la notion fondamentale qui d&#233;coule de l'h&#233;ritage de la R&#233;volu&#173;tion fran&#231;aise : la notion d'&#233;galit&#233;, et par cons&#233;quent de justice, et d'avoir d&#233;montr&#233; que cette notion a toujours &#233;t&#233; la base de toute soci&#233;t&#233;, donc de toute &#233;thique. D&#233;j&#224; dans un de ses pre&#173;miers &#233;crits&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Qu'est-ce que la propri&#233;t&#233; ?, P.-J. Prou&#173;dhon, &#233;ditions Garnier-Flammarion.&#034; id=&#034;nh5-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, Proudhon identifie la justice avec l'&#233;galit&#233; en citant l'ancienne d&#233;finition de la justice : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Est juste ce qui est &#233;gal, est injuste ce qui est in&#233;gal&lt;/q&gt;. II aborde ce probl&#232;me &#224; diverses reprises dans son ouvrage &lt;i&gt;Syst&#232;me des contradictions &#233;conomi&#173;ques ou philosophie de la mis&#232;re&lt;/i&gt; et dans &lt;i&gt;Philosophie du progr&#232;s&lt;/i&gt;, mais c'est surtout dans son &#339;uvre parue en 1858, &lt;i&gt;De la Justice dans la R&#233;volution et dans l'Eglise&lt;/i&gt;, qu'il r&#233;v&#232;le l'impor&#173;tance &#233;norme de l'id&#233;e de justice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Proudhon se refuse absolument &#224; construire sa philosophie du droit et de la morale sur une base religieuse ou m&#233;taphysique. Il faut, dit-il, &#233;tudier la vie des soci&#233;t&#233;s et en d&#233;duire ce qui leur sert de fil conducteur. Jusqu'alors, aucune doctrine n'avait os&#233; proclamer l'&#233;galit&#233; des hommes et l'&#233;galit&#233; des droits &#233;conomiques. Proudhon s'y est attach&#233;, d&#233;jouant la censure napol&#233;o&#173;nienne. Il consid&#232;re le sentiment de la dignit&#233; comme l'essence de la justice et la base fondamentale de la morale toute enti&#232;re. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Sentir, affirmer la dignit&#233; humaine, d'abord dans tout ce qui nous est propre, puis dans la per&#173;sonne du prochain, et cela sans retour d'&#233;go&#239;sme comme sans consid&#233;ration aucune de divinit&#233; ou de commu&#173;naut&#233; : voil&#224; le droit. Etre pr&#234;t en toute circonstance &#224; prendre, et au besoin contre soi-m&#234;me, la d&#233;fense de cette dignit&#233; : voil&#224; la justice&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;De la Justice dans la R&#233;volution et dans l'Eglise, &#233;dition de 1870, Tome 1, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Proudhon consid&#232;re que l'origine du sentiment de justice est un produit de l'&#233;volution des soci&#233;t&#233;s humaines. Etu&#173;diant les contradictions dans l'histoire de l'humanit&#233; entre la notion de jus&#173;tice, inh&#233;rente &#224; l'homme, et l'injustice sociale (maintenue par les autorit&#233;s et les &#233;glises), il conclut que, m&#234;me si la notion de justice est inn&#233;e &#224; l'homme, il aura fallu des si&#232;cles pour que l'id&#233;al de justice devienne un principe fonda&#173;mental de la l&#233;gislation, notamment dans la &lt;i&gt;D&#233;claration des droits de l'homme&lt;/i&gt; de 1789.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais Proudhon trouve d&#233;j&#224; utile de compl&#233;ter la justice par l'id&#233;al, c'est-&#224;-&#173;dire par l'aspiration &#224; des actes d'un caract&#232;re id&#233;al, ce qui fait, dit-il, que notre conception de la justice s'&#233;tend et s'affine sans cesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Proudhon a laiss&#233; derri&#232;re lui une &#339;uvre consid&#233;rable et des r&#233;flexions pertinentes qui forment les premiers jalons de l'anarchisme. Et surtout, depuis la parution de &lt;i&gt;De la Justice dans la R&#233;volution et dans l'Eglise&lt;/i&gt;, il est devenu impossible de b&#226;tir une &#233;thi&#173;que sans prendre pour base l'&#233;galit&#233; des droits de tous les citoyens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, nous conclurons en citant M.-J. Guyau. Ce penseur fran&#231;ais cherche &#224; fonder l'&#233;thique sur des bases purement scientifiques. Il expose sa th&#233;orie dans un ouvrage essentiel : &lt;i&gt;Esquisse d'une morale sans obligation ni sanction&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Esquisse d'une morale sans obligation ni sanction, M.-J. Guyau, &#233;ditions Fayard.&#034; id=&#034;nh5-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Il se propose de d&#233;ter&#173;miner la port&#233;, l'&#233;tendue et les limites d'une morale exclusivement scientifi&#173;que, c'est-&#224;-dire fond&#233;e sur les faits biologiques et sociologiques et non sur les sentiments et les pr&#233;jug&#233;s ou sur une quelconque contrainte ext&#233;rieure ou un devoir impos&#233; du dehors. Guyau s'attache &#224; d&#233;noncer la confusion qui existe entre sanction morale et sanction sociale. D'une fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, on peut dire que cette &#233;tude de la morale pr&#233;fi&#173;gure ce que sera la morale en soci&#233;t&#233; anarchiste.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La morale en soci&#233;t&#233; anarchiste &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'anarchie est la forme que rev&#234;t une soci&#233;t&#233; fonctionnant sans autorit&#233;. C'est un projet social global qui cher&#173;che &#224; promouvoir une civilisation r&#233;el&#173;lement diff&#233;rente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les soci&#233;t&#233;s de type autoritaire se caract&#233;risent essentiellement par trois aspects : leur forme politique (l'&#201;tat), leur forme &#233;conomique (la propri&#233;t&#233;) et leur forme morale (la religion).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les anarchistes opposent &#224; ce type de soci&#233;t&#233;s, une soci&#233;t&#233; sans &#201;tat, f&#233;d&#233;&#173;raliste, et g&#233;r&#233;e directement par les individus et les groupements sociaux, dont la r&#232;gle &#233;conomique est la sui&#173;vante :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i class=&#034;fas fa-fw fa-caret-right&#034;&gt;&lt;/i&gt; l'&#233;galit&#233; &#233;conomique et sociale de tous les individus ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i class=&#034;fas fa-fw fa-caret-right&#034;&gt;&lt;/i&gt; la possession collective ou indivi&#173;duelle des moyens de production et de distribution, excluant toute possibilit&#233; pour certains de vivre du travail des autres ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i class=&#034;fas fa-fw fa-caret-right&#034;&gt;&lt;/i&gt; l'abolition du salariat et du syst&#232;me d'exploitation de l'homme par l'hom&#173;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La base &#233;thique d'une telle soci&#233;t&#233; ne peut &#234;tre qu'une morale libre de toute obligation oppressive et de toute sanction r&#233;pressive, se fondant sur l'entraide et la fraternisation de tous les groupes humains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons vu, en introduction de cette &#233;tude, que chaque division, cha&#173;que groupement constitu&#233; a sa morale propre ainsi que des notions bien diff&#233;&#173;rentes du bien et du mal. La morale anarchiste a ceci de particulier : elle n'ordonne rien, elle refuse absolument de modeler l'individu selon une id&#233;e abstraite, tout comme elle refuse de le mutiler par la religion, la loi ou le gou&#173;vernement. Elle veut laisser la libert&#233; pleine et enti&#232;re &#224; l'individu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup ne verront l&#224; que douce utopie. Mais comme l'&#233;crivait tr&#232;s jus&#173;tement Gaston Leval : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;L'utopie pr&#233;&#173;c&#232;de presque toujours les cr&#233;ations rationalis&#233;es. Dans le domaine social, elle n'est pas seulement fruit de l'ima&#173;gination, elle est fille des sentiments les plus nobles sans lesquels tout est avili&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;El&#233;ments d'&#233;thique moderne. G. Leval, &#233;dition Civilisation libertaire.&#034; id=&#034;nh5-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les anarchistes n'ont pas la pr&#233;ten&#173;tion de changer la nature humaine. Ils n'esp&#232;rent qu'une chose : c'est que, avec une meilleure &#233;ducation, une con&#173;ception plus saine des rapports des individus entre eux, les causes de fric&#173;tion iront en diminuant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car en soci&#233;t&#233; anarchiste, comme dans n'importe quelle soci&#233;t&#233;, des con&#173;flits surgiront. Cependant, la soci&#233;t&#233; libertaire reposant sur la parfaite &#233;ga&#173;lit&#233; &#233;conomique et sociale, la plupart des d&#233;lits actuels n'auront plus de rai&#173;son d'&#234;tre. En outre, le f&#233;d&#233;ralisme permettant la libre association, il se formera au sein de la soci&#233;t&#233; une multi&#173;tude de soci&#233;t&#233;s particuli&#232;res. Chacun pouvant choisir le groupement qui lui pla&#238;t ou organiser avec ceux qui pen&#173;sent comme lui une association refl&#233;&#173;tant leurs conceptions, les divergences ne pourront jamais atteindre un stade aigu et les difficult&#233;s s'arrangeront &#224; l'amiable entre les int&#233;ress&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste le cas des individus, qui mal&#173;gr&#233; les facilit&#233;s qu'offre l'organisation libertaire de la soci&#233;t&#233;, constituent un danger pour leur entourage. On s'efforcera de les r&#233;&#233;duquer pour les rendre &#224; la vie sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous voyons d&#233;j&#224; les critiques fuser de toutes parts : le projet anarchiste est certes attrayant mais irr&#233;alisable car seuls des &#234;tres exceptionnels pourraient composer cette soci&#233;t&#233;. Pourquoi ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons vu que tout homme normalement constitu&#233; &#233;prouve le besoin imp&#233;rieux de &#171; faire quelque chose d'utile &#187; pour lui-m&#234;me, pour ses semblables, pour la soci&#233;t&#233;. Si la morale anarchiste pr&#233;sente des lacunes et des impr&#233;cisions, elle n'en t&#233;moigne pas moins de l'effort constructif en vue d'une soci&#233;t&#233; libre, &#233;galitaire et frater&#173;nelle. Elle est une des conditions &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;d'&#233;l&#233;vation &#224; plus d'humanit&#233;&lt;/q&gt; comme le disait G. Leval, &#224; qui nous laissons le soin de conclure : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Lut&#173;tons pour plus de justice, pour la prati&#173;que de la fraternit&#233;, l'am&#233;lioration des relations humaines, le fonctionnement toujours perfectible d'une soci&#233;t&#233; humanis&#233;e. Que notre &#233;thique soit aussi esth&#233;tique, celle de l'homme int&#233;&#173;gral, atteignant la pl&#233;nitude de sa per&#173;sonnalit&#233;, dans l'harmonie et la noblesse de ses facult&#233;s les meilleures.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;strong&gt;On peut lire &#233;galement &lt;/strong&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Pierre Kropotkine, &lt;i&gt;L'&#201;tat, son r&#244;le historique&lt;/i&gt;, brochure &#233;dit&#233;e par la liaison du Bas-Rhin de la F.A. &lt;br class='autobr' /&gt;
Gaston Leval, &lt;i&gt;L'humanisme liber&#173;taire&lt;/i&gt;, &#233;ditions du groupe Humanisme libertaire, et &lt;i&gt;Pratique du socialisme libertaire&lt;/i&gt;, &#233;ditions du groupe Huma&#173;nisme libertaire. &lt;br class='autobr' /&gt;
Jean Barru&#233;, &lt;i&gt;Morale sans obligation ni sanction ou morale anarchiste&lt;/i&gt;, &#233;di&#173;tions Les Cahiers du Vent du Ch'min. &lt;br class='autobr' /&gt;
Jean Grave, &lt;i&gt;En soci&#233;t&#233; anarchiste, comment se conduira l'individu ?&lt;/i&gt;, &#233;di&#173;tions La Rue. &lt;br class='autobr' /&gt;
Elis&#233;e Reclus, &lt;i&gt;L'homme et la Terre&lt;/i&gt;, &#233;ditions Librairie Universelle, Paris. &lt;br class='autobr' /&gt;
Michel Bakounine,&lt;i&gt; &#338;uvres compl&#232;tes&lt;/i&gt;, &#233;ditions Champ libre. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pierre-Joseph Proudhon, &lt;i&gt;Philosophie du progr&#232;s,&lt;/i&gt; Fonds Marcel Rivi&#232;re, reprint Slatkine et &lt;i&gt;Syst&#232;me des contra&#173;dictions &#233;conomiques ou philosophie de la mis&#232;re&lt;/i&gt; (3 tomes), &#233;ditions du groupe Fresnes-Anthony de la F.A., Collection Anarchiste. &lt;br class='autobr' /&gt;
Volont&#233; Anarchiste, &lt;i&gt;Les anarchistes et le probl&#232;me social&lt;/i&gt;, &#233;ditions du groupe Fresnes-Anthony de la F.A. &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cf.&lt;i&gt; L'Entraide&lt;/i&gt;. P. Kropotkine, &#233;ditions de l'Entraide.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cf. Elie Reclus (fr&#232;re d'Elis&#233;e) et son ouvrage : &lt;i&gt;Les primitifs&lt;/i&gt; pour cette croyance que &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;la grande multitude des morts surveille les vivants&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;L'Ethique&lt;/i&gt;, P. Kropotkine, &#233;ditions Stock.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;On s'aper&#231;oit que l'&#233;thique (c'est-&#224;-dire la a science des id&#233;es et des doctrines morales) touche &#224; une autre science, la sociologie (c'est-&#173;&#224;-dire de la vie et de l'&#233;volution des soci&#233;t&#233;s).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Beaucoup de similitudes existent entre le christianisme et le bouddhisme. Il semble que le christianisme n'ait &#233;t&#233; qu'une forme d&#233;rivante du bouddhisme (NDA).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cf.&lt;i&gt; L'&#201;tat, son r&#244;le historique&lt;/i&gt;, P. Kropotkine.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Contrairement &#224; ce qu'affirmait l'Eglise, Copernic avait d&#233;montr&#233; que la terre n'&#233;tait pas le centre de l'univers.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Relire les pages de &lt;i&gt;L'Ethique&lt;/i&gt; pour conna&#238;tre ces diff&#233;rentes th&#233;ories.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cette th&#233;orie a longtemps &#233;t&#233; mal interpr&#233;&#173;t&#233;e dans le but de justifier le capitalisme et les exc&#232;s engendr&#233;s par le syst&#232;me d'exploitation de l'homme par l'homme. Le darwinisme, ce n'est pas seulement la lutte pour l'existence de chacun contre tous, mais aussi des notions d'entraide, de ce que Darwin lui-m&#234;me appelait &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;la pr&#233;dominance en l'homme de la sympathie sociale sur l'&#233;go&#239;sme personnel&lt;/q&gt; (NDA).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;Qu'est-ce que la propri&#233;t&#233; ?&lt;/i&gt;, P.-J. Prou&#173;dhon, &#233;ditions Garnier-Flammarion.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;De la Justice dans la R&#233;volution et dans l'Eglise&lt;/i&gt;, &#233;dition de 1870, Tome 1, p. 216.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Esquisse d'une morale sans obligation ni sanction, M.-J. Guyau, &#233;ditions Fayard.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;El&#233;ments d'&#233;thique moderne&lt;/i&gt;. G. Leval, &#233;dition Civilisation libertaire.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		
		<enclosure url="https://www.partage-noir.fr/IMG/pdf/itineraire_kropotkine2.pdf" length="14273531" type="application/pdf" />
		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pierre-Joseph Proudhon </title>
		<link>https://www.partage-noir.fr/pierre-joseph-proudhon-1173</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.partage-noir.fr/pierre-joseph-proudhon-1173</guid>
		<dc:date>2022-10-03T22:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Herv&#233; Trinquier </dc:creator>


		<dc:subject>Pierre-Joseph Proudhon</dc:subject>
		<dc:subject>&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>@narlivres</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Fils d'un tonnelier et d'une cuisini&#232;re, il na&#238;t &#224; Besan&#231;on en 1809 sous le r&#232;gne de Napol&#233;on I&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt;. De tous les th&#233;oriciens socialistes du XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, il est le seul &#224; &#234;tre d'origine populaire. Il mourra &#224; Paris, en 1865, quelques ann&#233;es avant la Commune.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-itineraire-agenda-2001-161-" rel="directory"&gt;Itin&#233;raire - Agenda 2001&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-pierre-joseph-proudhon-+" rel="tag"&gt;Pierre-Joseph Proudhon&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-itineraire-une-vie-une-pensee-+" rel="tag"&gt;&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-source-narlivres-+" rel="tag"&gt;@narlivres&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH106/arton1173-08e91.jpg?1774715348' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='106' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Fils d'un tonnelier et d'une cuisini&#232;re, il na&#238;t &#224; Besan&#231;on en 1809 sous le r&#232;gne de Napol&#233;on I&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt;. De tous les th&#233;oriciens socialistes du XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, il est le seul &#224; &#234;tre d'origine populaire. Il mourra &#224; Paris, en 1865, quelques ann&#233;es avant la Commune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1820, une bourse lui permet de faire des &#233;tudes au coll&#232;ge de Besan&#231;on. Seul pauvre parmi les riches, les vexations sont courantes, ce qui ne l'emp&#234;che pas de remporter de nombreux prix d'excellence. A 17 ans, il devient ouvrier typographe pour aider financi&#232;rement ses parents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il profite de son m&#233;tier et de ses loisirs pour faire des &#233;tudes de philologie en comparant les versions grecques, h&#233;bra&#239;ques, latines et fran&#231;aises de la Bible et r&#233;dige un ouvrage sur les &lt;i&gt; Cat&#233;gories grammaticales &lt;/i&gt; &#8212; qu'il reniera par la suite &#8212; qui attire l'attention de certains membres de l'Acad&#233;mie de Besan&#231;on. En 1838, celle-ci lui attribue une bourse qui lui permet, &#224; 29 ans, de passer son baccalaur&#233;at et de poursuivre des &#233;tudes sup&#233;rieures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1839, Proudhon fait para&#238;tre son premier ouvrage connu, &lt;i&gt;De la c&#233;l&#233;bration du dimanche&lt;/i&gt; puis, l'ann&#233;e suivante, &lt;i&gt;Qu'est-ce que la propri&#233;t&#233; ?&lt;/i&gt;. Sa fameuse formule &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;La propri&#233;t&#233;, c'est le vol !&lt;/q&gt; le rend c&#233;l&#232;bre dans le monde entier mais d&#233;cide l'Acad&#233;mie &#224; lui retirer sa bourse en raison des pol&#233;miques suscit&#233;es. Ce premier m&#233;moire sur la propri&#233;t&#233; sera suivi de deux autres qui le conduiront devant la cour d'assises. Le jury, se d&#233;clarant incomp&#233;tent pour juger de questions &#171; scientifiques &#187;, l'acquitte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La propri&#233;t&#233; pour Proudhon est avant tout la possibilit&#233; qu'&#224; celui qui d&#233;tient un capital d'acheter (dans le cas de l'esclavagisme) ou de louer (dans le cas du fermage ou du salariat) des &#234;tres humains. La propri&#233;t&#233;, c'est &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;l'exploitation de l'homme par l'homme&lt;/q&gt;. Le prol&#233;tariat n'&#233;tant pas &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;un Dieu qu'il faut adorer mais un mal qu'il faut d&#233;truire&lt;/q&gt;, Proudhon se prononce pour la propri&#233;t&#233; des moyens de production par les travailleurs eux-m&#234;mes. Il se pose ainsi comme p&#232;re de l'autogestion ou, pour employer sa terminologie dans &lt;i&gt;Les Confessions d'un r&#233;volutionnaire&lt;/i&gt;, de la gestion directe. D'autre part, Proudhon d&#233;veloppe ce qui deviendra l'un des concepts fondamentaux de sa sociologie, celui des forces collectives, irr&#233;ductibles aux forces individuelles. L'organisation sociale qu'il faut, non pas inventer, mais d&#233;couvrir dans la soci&#233;t&#233; elle-m&#234;me, devra respecter cette pluralit&#233; des individus comme des collectivit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation mat&#233;rielle de Proudhon est plus que pr&#233;caire. Il devient fond&#233; de pouvoir d'une entreprise de p&#233;niches que viennent de cr&#233;er &#224; Lyon des anciens amis de coll&#232;ge. R&#233;sidant souvent &#224; Paris, il rencontre de nombreux intellectuels fran&#231;ais, allemands et russes, en particulier Gr&#252;n, Bakounine, Herzen et Marx. Ce dernier d&#233;sirait que Proudhon soit le repr&#233;sentant fran&#231;ais d'un organisme de propagande internationale qu'il essayait de mettre sur pied. Le refus de Proudhon sera &#224; l'origine d'une haine que Marx conservera jusqu'&#224; sa mort et qui le conduira &#224; publier des &#233;crits injustes, calomnieux, injurieux et d'une mauvaise foi extr&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Proudhon publie alors deux ouvrages importants : &lt;i&gt;La Cr&#233;ation de l'ordre&lt;/i&gt; en 1843 et les &lt;i&gt;Contradictions &#233;conomiques&lt;/i&gt; (ou &lt;i&gt;Philosophie de la mis&#232;re&lt;/i&gt;) en 1846 dans lesquels il d&#233;finit sa dialectique, rejette tout &#224; la fois le spiritualisme et le mat&#233;rialisme et cherche une m&#233;thode d'analyse qui permettrait d'appr&#233;hender la diversit&#233; sociale dans tous ses d&#233;tails. Il reproche, entre autres, &#224; l'&#233;conomie politique classique, d'ignorer qu'elle n'est qu'une partie de la science sociale, c'est-&#224;-dire qu'elle n'est possible que comme sociologie.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1550 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;46&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/277179264_390312603099692_31662307941926236_n.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH177/277179264_390312603099692_31662307941926236_n-d1f20-f3ada.jpg?1774699770' width='150' height='177' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;P.-J. Proudhon (Illustration : &lt;a href=&#034;https://www.facebook.com/Kontrapatria&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Kontrapatria&lt;/a&gt;)&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;En 1847, Proudhon d&#233;cide de quitter son poste &#224; Lyon pour devenir journaliste. Apr&#232;s bien des d&#233;boires, il r&#233;ussit &#224; fonder un quotidien, &lt;i&gt;Le Peuple&lt;/i&gt;, qui deviendra &lt;i&gt; Le Repr&#233;sentant du peuple&lt;/i&gt;, puis &lt;i&gt;La Voix du peuple&lt;/i&gt; et, &#224; nouveau, &lt;i&gt; Le Peuple&lt;/i&gt; suite aux divers proc&#232;s et interdictions successifs. F&#233;vrier 1848, la monarchie est &#224; nouveau mise &#224; bas. La R&#233;publique est proclam&#233;e. Aux &#233;lections du 8 juin 1848, Proudhon est &#233;lu d&#233;put&#233;. Il incarne l'extr&#234;me gauche de la r&#233;volution de f&#233;vrier. Il critique violemment les d&#233;crets du gouvernement provisoire &#8212; en particulier ceux relatifs &#224; la cr&#233;ation d'ateliers nationaux &#8212; et nie sa comp&#233;tence r&#233;volutionnaire. La grande majorit&#233; de ses coll&#232;gues le regarde avec hostilit&#233;. Fin juin, le peuple de Paris se l&#232;ve contre ce gouvernement qu'il a mis en place et qui s'av&#232;re incapable d'am&#233;liorer la situation sociale. La r&#233;pression des r&#233;publicains est f&#233;roce. Proudhon n'a pas souhait&#233; cette insurrection car, se r&#233;alisant sans &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;id&#233;e g&#233;n&#233;rale&lt;/q&gt;, elle ne pouvait d&#233;boucher sur une r&#233;volution. Lors des journ&#233;es sanglantes, il est n&#233;anmoins le seul, &#224; l'Assembl&#233;e, &#224; prendre fait et cause pour les insurg&#233;s. Son discours de juillet 1848 r&#233;clame tout d'abord cl&#233;mence et aide aux travailleurs parisiens. Suite au rejet des d&#233;put&#233;s, il oppose alors le prol&#233;tariat &#224; la bourgeoisie. Proudhon affirme que le premier instaurera un ordre nouveau et proc&#233;dera &#224; une &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;liquidation&lt;/q&gt; en se passant des moyens l&#233;gaux. La guerre de classes entrait pour la premi&#232;re fois dans l'enceinte sacr&#233;e. Indign&#233;e, l'Assembl&#233;e lui inflige un bl&#226;me motiv&#233;, &#224; l'unanimit&#233; moins deux voix : la sienne et celle d'un canut lyonnais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque Louis-Napol&#233;on Bonaparte est &#233;lu pr&#233;sident de la R&#233;publique, en d&#233;cembre 1848, Proudhon se d&#233;cha&#238;ne. Ses articles sont si violents et insultants qu'il est condamn&#233; &#224; trois ans de prison d&#232;s mars 1849 et ne seront pas reproduits dans les &lt;i&gt;M&#233;langes (articles de journaux 1848-1852 par P.-J. Proudhon)&lt;/i&gt; en 1868. Entre-temps, il avait essay&#233; de cr&#233;er une Banque du peuple dont le but &#233;tait d'instaurer le cr&#233;dit gratuit afin que les prol&#233;taires parviennent &#224; leur ind&#233;pendance vis-&#224;-vis des propri&#233;taires. La prison mettra fin &#224; l'exp&#233;rience. Incarc&#233;r&#233;, il &#233;crit &lt;i&gt;Les Confessions d'un r&#233;volutionnaire&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Id&#233;e g&#233;n&#233;rale de la r&#233;volution&lt;/i&gt;, deux ouvrages dans lesquels il d&#233;veloppe ses positions anti&#233;tatistes et anti-communistes, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;gouvernement de l'homme par l'homme&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lib&#233;r&#233; en juin 1852, Proudhon est de nouveau condamn&#233; &#224; trois ans de prison, d&#232;s la parution, en 1858, de son &lt;i&gt;De la justice dans la R&#233;volution et dans l'Eglise&lt;/i&gt;, ouvrage fondamental dans lequel il r&#233;sume l'ensemble de ses premi&#232;res recherches &#224; travers un combat g&#233;n&#233;ral contre la religion et, plus g&#233;n&#233;ralement, contre tout mysticisme, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;adoration de l'homme par l'homme&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'exile en Belgique o&#249; il restera jusqu'en 1862. Le f&#233;d&#233;ralisme s'impose de plus en plus &#224; lui comme solution r&#233;volutionnaire d'organisation des soci&#233;t&#233;s. Cette id&#233;e s'oppose tout &#224; la fois aux r&#233;gimes en place et aux positions de la gauche qui combat alors pour l'unification de l'Italie ou la reconstruction d'un &#201;tat polonais. La maladie l'emp&#234;chera de totalement d&#233;velopper ses conceptions. C'est n&#233;anmoins en puisant dans &lt;i&gt;La Guerre et la paix&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Du principe f&#233;d&#233;ratif &lt;/i&gt; que les th&#233;oriciens du mouvement anarchiste qui succ&#233;deront &#224; Proudhon &#233;laboreront une th&#233;orie f&#233;d&#233;raliste libertaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La derni&#232;re ann&#233;e de sa vie sera consacr&#233;e &#224; sa &lt;i&gt;Capacit&#233; politique des classes ouvri&#232;res &lt;/i&gt; qui deviendra le cat&#233;chisme du mouvement ouvrier fran&#231;ais. S&#233;v&#232;re r&#233;plique &#224; un groupe de proudhoniens mod&#233;r&#233;s qui souhaitait pr&#233;senter des candidatures ouvri&#232;res ind&#233;pendantes aux &#233;lections, Proudhon en pr&#233;conise le boycottage et pr&#234;che une pratique de s&#233;paration absolue. P&#232;re de l'anarchisme, de l'autogestion, de la dialectique moderne, du f&#233;d&#233;ralisme int&#233;gral, de la sociologie... Proudhon est ind&#233;niablement le penseur fran&#231;ais le plus important du XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. Mais, inlassable agitateur d'id&#233;es, pourfendeur de tout dogmatisme, de tout &lt;i&gt;a priori&lt;/i&gt;, son nom laisse une odeur de soufre au nez des bien-pensants de tous bords qui s'attachent &#224; ce que son &#339;uvre demeure m&#233;connue.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Qu'est-ce que l'anarchisme ?</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nicolas Walter </dc:creator>


		<dc:subject>La Commune de Paris (1871)</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution espagnole (1936-1939)</dc:subject>
		<dc:subject>Pierre-Joseph Proudhon</dc:subject>
		<dc:subject>Michel-Alexandrovitch Bakounine</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;L'anarchisme est l'id&#233;ologie des anarchistes ; les anarchistes sont les partisans de l'anar&#173;chie ; l'anarchie (du grec &#171; anarkhia &#187;) est l'absence de gouvernement, l'absence d'autorit&#233; institu&#233;e, l'absence de chefs permanents dans un groupe humain.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-michel-alexandrovitch-bakounine-+" rel="tag"&gt;Michel-Alexandrovitch Bakounine&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/arton1168-7b380.jpg?1774723241' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'anarchisme est l'id&#233;ologie des anarchistes ; les anarchistes sont les partisans de l'anar&#173;chie ; l'anarchie (du grec &#171; anarkhia &#187;) est l'absence de gouvernement, l'absence d'autorit&#233; institu&#233;e, l'absence de chefs permanents dans un groupe humain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut interpr&#233;ter l'anarchie de fa&#231;on n&#233;gative ou positive. Elle est souvent condamn&#233;e sous le pr&#233;texte qu'elle m&#232;ne au chaos, que la libert&#233; d&#233;pend de l'autorit&#233;, que la soci&#233;t&#233; d&#233;pend de l'&#201;tat, que l'ordre d&#233;pend d'autres ordres, les r&#232;gles de gouvernants et la loi de l&#233;gislateurs. Elle peut, tout au contraire, &#234;tre positivement attendue car elle permettrait &#224; la soci&#233;t&#233; de se lib&#233;rer du joug de l'&#201;tat et &#224; l'humanit&#233; de l'autorit&#233; tout en encourageant la spontan&#233;it&#233;, l'autogestion, l'entraide et la libert&#233; authentique. L'anarchisme est la th&#233;orie politique de ce que nous appellerons l'anarchie positive.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Une vieille id&#233;e &lt;/h3&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1548 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;16&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/png/william_godwin_-_author_of_thoughts_on_man.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH208/william_godwin_-_author_of_thoughts_on_man-1cdd8-3030e.png?1774727311' width='150' height='208' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;William Godwin&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Des comportements favorables &#224; l'anarchie ont exist&#233; pendant plus de deux mille ans et bien avant que ne surgisse l'anarchisme. Des &#233;crivains dissidents de la Gr&#232;ce et de la Rome antiques, de la Chine et de l'Inde anciennes ont condamn&#233; l'autorit&#233; et r&#233;clam&#233; l'anarchie. Plus pr&#232;s de nous, des au&#173;teurs comme William Godwin en 1793 ou Max Stirner en 1844, par exemple, ont r&#233;fl&#233;chi sur l'anarchie. Des mouvements insurrectionnels et des communaut&#233;s utopistes ont, &#224; travers l'histoire, aboli les formes tra&#173;ditionnelles de gou&#173;vernement sans en adopter de nouvelles, du moins pendant un temps. Des exp&#233;riences marquantes ont &#233;t&#233; initi&#233;es en Europe et en Am&#233;rique au XVIII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; et au XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cles. Mais l'&#233;volution de la th&#233;orie et des pratiques anarchistes au sein d'une id&#233;ologie anarchiste coh&#233;rente et un mouvement anarchiste permanent d&#233;pendaient d'une &#233;troite ad&#233;quation entre les id&#233;es et les actes.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'id&#233;ologie anarchiste est bas&#233;e sur quatre assertions : &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;i class=&#034;fas fa-fw fa-caret-right&#034;&gt;&lt;/i&gt; scientifique : la soci&#233;t&#233; peut exister sans gouvernement ;
&lt;br /&gt;&lt;i class=&#034;fas fa-fw fa-caret-right&#034;&gt;&lt;/i&gt; esth&#233;tique : la soci&#233;t&#233; serait meilleure sans gouvernement ;
&lt;br /&gt;&lt;i class=&#034;fas fa-fw fa-caret-right&#034;&gt;&lt;/i&gt; &#233;thique : nous aurions int&#233;r&#234;t &#224; travailler pour construire une soci&#233;t&#233; sans gouverne&#173;ment ;
&lt;br /&gt;&lt;i class=&#034;fas fa-fw fa-caret-right&#034;&gt;&lt;/i&gt; tactique : mieux vaut affaiblir l'autorit&#233; aujourd'hui plut&#244;t que demain.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le mouvement anarchiste est fond&#233; sur quatre &#233;l&#233;ments : &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;i class=&#034;fas fa-fw fa-caret-right&#034;&gt;&lt;/i&gt; &#233;conomique : contre le monopole de la propri&#233;t&#233; ;
&lt;br /&gt;&lt;i class=&#034;fas fa-fw fa-caret-right&#034;&gt;&lt;/i&gt; politique : contre le monopole de l'autorit&#233; ;
&lt;br /&gt;&lt;i class=&#034;fas fa-fw fa-caret-right&#034;&gt;&lt;/i&gt; social : pour la construction d'une so&#173;ci&#233;t&#233; bas&#233;e sur la liber&#173;t&#233;, l'&#233;galit&#233; et la fraternit&#233; authentiques ;
&lt;br /&gt;&lt;i class=&#034;fas fa-fw fa-caret-right&#034;&gt;&lt;/i&gt; individuel : pour la suppression de l'au&#173;torit&#233; dans les rapports quotidiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;ologie anarchiste s'est d&#233;velopp&#233;e dans le contexte des mouve&#173;ments r&#233;volutionnaires, en Europe et en Am&#233;rique du Nord, allant du XVII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; au XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. Le mouvement anarchiste est n&#233; des r&#233;volutions survenant en France de 1789 &#224; 1871 et de la mont&#233;e, en parall&#232;le, des mouvements socialistes en Europe occidentale. Lors des r&#233;volutions anglaise, am&#233;ricaine et fran&#231;aise, les r&#233;volutionnaires les plus radicaux se sont oppos&#233;s &#224; l'Ancien R&#233;gime, mais &#233;galement au nouveau. Ils ont revendiqu&#233;, pour ceux qui constituaient la classe la plus pauvre et la plus nombreuse, l'&#233;mancipation de toute forme d'oppression. Ils furent condamn&#233;s et on les rejeta en les traitant d'anarchistes. Finalement, certains d'entre eux d&#233;cid&#232;rent d'adopter cette d&#233;nomination mais dans un sens positif.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1550 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/277179264_390312603099692_31662307941926236_n.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH177/277179264_390312603099692_31662307941926236_n-d1f20-f3ada.jpg?1774699770' width='150' height='177' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;descriptif
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;En 1840, Proudhon fut le premier &#224; revendiquer l'appellation d'anarchiste et, pendant la p&#233;riode r&#233;volutionnaire allant de 1848 &#224; 1851, d'autres &#233;crivains fran&#231;ais suivirent son exemple, voire all&#232;rent plus loin dans leurs d&#233;marches. C'est seulement aux environs de 1870 qu'&#233;mergea un mouvement anarchiste, suite &#224; la scission intervenant au sein de l'Association internationale des travailleurs (AIT) entre partisans de Marx et de Bakounine. Les sections antiautoritaires se revendiqu&#232;rent du collectivisme, mais les marxistes les expuls&#232;rent de l' AIT en les traitant d'anarchistes. Plusieurs congr&#232;s internationaux ont, &#224; partir de 1880, ent&#233;riner la scission d'avec le reste du mouvement socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Anarchisme (s) ... &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La th&#233;orie anarchiste, en tant que telle, s'est doublement impr&#233;gn&#233;e des th&#232;ses &#233;galitaires du socialisme et des th&#232;ses libertaires du lib&#233;ralisme. Les d&#233;bats concernant l'anar&#173;chisme ont d'abord concern&#233; les exil&#233;s fran&#231;ais de la Commune de Paris, mais des exil&#233;s d'autres pays les rejoignirent. C'est en Suisse francophone que ce mouvement dissident a vu le jour pour s'&#233;tendre ensuite &#224; a France, mais aussi &#224; d'autres pays d'Europe, d'Am&#233;rique et d'Asie. On retrouvera plus tard, avec l'anarcho-syndicalisme, cette influence fran&#231;aise, ainsi qu'au sein d'autres courants tel le situationnisme d&#233;riv&#233; d'un m&#233;lange de critique culturelle et d'un marxisme dissident.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs variantes de l'anarchisme sont apparues par la suite mais les diff&#233;rences entre elles sont si importantes qu'il serait plus exact de parler de plusieurs anarchismes. Au d&#233;part, l'anarchisme &#233;tait une forme de socialisme bas&#233;e sur l'organisation de la classe ouvri&#232;re, rurale et urbaine, &#339;uvrant pour une r&#233;volution sociale et politique, qui reposait sur l'insurrection de masse et la destruction violente du syst&#232;me existant. Rejetant la d&#233;mocratie parlementaire ou la dictature d'un parti politique, il cherchait &#224; &#233;tablir une soci&#233;t&#233; libre et &#233;galitaire dans laquelle le gouvernement des hommes &#233;tait remplac&#233; par l'administration des choses et dans laquelle l'&#201;tat &#233;tait volontairement aboli plut&#244;t qu'abandonn&#233; &#224; son d&#233;p&#233;rissement.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1552 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;45&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/287047318_445715587559393_246282111346881728_n_copie.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH338/287047318_445715587559393_246282111346881728_n_copie-7167a.jpg?1774727311' width='500' height='338' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Louise Michel (Illustration : &lt;a href=&#034;https://www.facebook.com/Kontrapatria&#034; target=&#034;_blank&#034;&gt;Kontrapatria&lt;/a&gt;)&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Cette variante de l'anarchisme fut au d&#233;but collectiviste, envisageant la possession commune des instruments de travail mais la r&#233;partition individuelle des fruits de ce dernier selon le principe de chacun selon ses capacit&#233;s &#224; chacun selon ses moyens. Elle deviendra rapidement communiste en pr&#233;f&#233;rant la possession et l'administration communes de toute l'&#233;conomie et se basera sur le principe de chacun selon ses capacit&#233;s &#224; chacun selon ses besoins. Le communisme anarchiste, qui devint la tendance la plus importante au sein du mouvement anarchiste organis&#233;, tenta de propager les id&#233;es et actions anarchistes au-del&#224; de la lutte pour l'&#233;mancipation de la classe ouvri&#232;re vers la lib&#233;ration de la soci&#233;t&#233; dans son ensemble, incluant femmes et enfants, &#233;ducation et culture, crime et dissidence.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;... l'anarchisme est multiple &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'anarcho-syndicalisme, qui &#233;mergea &#8212;par un retour aux origines socialistes de l'anarchisme et par une influence plus grande des tendances libertaires au sein du mouvement syndicaliste r&#233;volutionnaire&#8212;, se recentra sur le monde du travail, en donnant la priorit&#233; aux m&#233;thodes de lutte sur le lieu de travail, aux formes d'action directe, &#224; la structure des syndicats ouvriers et &#224; la restructuration de la soci&#233;t&#233; par la r&#233;organisation du travail. Malgr&#233; cela, continuait toujours &#224; exister de fortes tendances favorables au mutuellisme, qui pr&#233;f&#233;raient maintenir des entreprises coop&#233;ratives de petite taille &#8212;plut&#244;t que d&#233;velopper une industrie et une agriculture collective &#224; grande &#233;chelle&#8212; tout cela aid&#233;e par une distribution d&#233;centralis&#233;e. Ces tendances n'&#233;taient pas n&#233;cessairement favorables &#224; l'abolition r&#233;volutionnaire de l'autorit&#233; ou de la propri&#233;t&#233; ni &#224; s'orienter vers le collectivisme ou le communalisme. Elles pr&#233;f&#233;raient une r&#233;alisation de la vie libertaire dans le cadre de communaut&#233;s ou de petits collectifs ind&#233;pendants plut&#244;t qu'&#224; l'&#233;chelle globale de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la m&#234;me p&#233;riode existaient &#233;galement, au sein du mouvement socialiste r&#233;volutionnaire de fortes tendances favorables au communisme des conseils, c'est-&#224;-dire une forme d'organisation dans laquelle les composantes de la soci&#233;t&#233; seraient administr&#233;es par des conseils &#233;galitaires et libertaires. Il &#233;tait suppos&#233;, apr&#232;s la r&#233;volution sociale, que toutes les composantes de la soci&#233;t&#233;, &#224; quelque niveau que ce soit, seraient reli&#233;es entre elles selon les principes f&#233;d&#233;ralistes, sans hi&#233;rarchie ni bureaucratie ; que les discussions seraient men&#233;es par des d&#233;l&#233;gu&#233;s r&#233;vocables plut&#244;t que par des repr&#233;sentants permanents ; que les d&#233;cisions seraient prises par libre consentement bas&#233; sur un consensus g&#233;n&#233;ral plut&#244;t que par une imposition l&#233;gale suivant un vote majoritaire.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Ni Dieu ni ma&#238;tre... ni &#233;go&#239;sme &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il y a toujours eu une tendance tr&#232;s forte au sein de l'anarchisme tourn&#233;e vers l'indi&#173;vidualisme qui se pr&#233;occupait non pas tant de l'&#233;mancipation de la soci&#233;t&#233; de l'&#201;tat, mais plut&#244;t de celle de l'individu vis-&#224;-vis de la soci&#233;t&#233;. Cela pouvait m&#234;me aller jusqu'&#224; une glorification de l'ego tourn&#233;e vers l'&#233;go&#239;sme ou vers un rejet n&#233;gatif du monde ext&#233;rieur s'orientant vers le nihilisme. Ces deux derni&#232;res tendances se sont retrouv&#233;es &#234;tre des composantes occasionnelles de certaines vari&#233;t&#233;s d'anarchisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a exist&#233; au sein de l'anarchisme, comme du socialisme ou du lib&#233;ralisme, des polarit&#233;s constantes. La plupart des anarchistes ont sereinement rejet&#233; ou bruyamment attaqu&#233; la religion, et nombreux ont &#233;t&#233; ceux qui ont effectu&#233; leurs premiers pas vers l'anarchisme avec un rejet des croyances religieuses de leur milieu familial. Il a cependant toujours exist&#233; quelques anarchistes religieux et il est vrai que les communaut&#233;s libertaires les plus efficaces avaient souvent des ant&#233;c&#233;dents ou des bases religieuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart des anarchistes ont condamn&#233;s l'utilisation de la violence comme &#233;tant l'expression extr&#234;me de l'autorit&#233;, mais nombreux sont ceux qui ont accept&#233; le principe de l'existence in&#233;vitable de la violence comme un des &#233;l&#233;ments de tout changement radical dans les soci&#233;t&#233;s humaines. Certains ont acclam&#233; la violen&#339; en tant qu'arme essentielle dans la lutte contre la puissance arm&#233;e de l'&#201;tat. Les anarchistes, tout comme les socialistes, ont en g&#233;n&#233;ral &#339;uvr&#233; par l'organisation de groupes et la propagande orale et &#233;crite. Mais certains anarchistes, comme certains socialistes ou lib&#233;raux, ont pr&#233;f&#233;r&#233; la propagande par le fait, perp&#233;trant des actions spectaculaires et exemplaires (manifestations, insurrections, sacrifice de soi), et m&#234;me assassinat afin de dramatiser le message de la lutte et symboliser le but de la r&#233;volution libertaire. Ce dernier mot, qui apparut comme un euph&#233;misme pour anarchiste, devint ensuite un terme impliquant un degr&#233; de mod&#233;ration et, plus tard, prit le sens de partisan d'une vari&#233;t&#233; droiti&#232;re de l'anarchisme, ou anarcho&#173;capitalisme, dans lequel l'&#233;l&#233;ment socialiste avait &#233;t&#233; compl&#232;tement gomm&#233;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En anglais, le mot &#171; libertarian &#187; signifie &#224; la fois libertaire et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Apoth&#233;ose espagnole et long sommeil &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement anarchiste d'origine, c'est-&#224;-dire la forme libertaire du socialisme pr&#233;sente au sein du mouvement ouvrier &#224; la fin du XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, &#233;tait surtout fort dans les pays latins du sud de l'Europe occidentale et, plus tard, dans divers pays d'Am&#233;rique latine. Il s'est ensuite &#233;tendu aux pays slaves de l'Europe de l'Est et en particulier &#224; la Russie tsariste, aux pays sous influence germanique de l'Europe centrale et du nord, aux iles grecques, &#224; l'Am&#233;rique du Nord, &#224; la Grande-&#173;Bretagne et &#224; certaines parties de l'Empire britannique, puis plus tard &#224; la Chine et au Japon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &#171; parti &#187; anarchiste fut quasiment toujours beaucoup plus r&#233;duit que ses autres rivaux socialistes, r&#233;volution&#173;naires ou par&#173;lementaristes, except&#233; dans quelques pays o&#249; il joua un r&#244;le important dans l'histoire de la gauche ; notamment en France, en Ita&#173;lie et en Espagne, lors des d&#233;cades pr&#233;c&#233;dant la Premi&#232;re Guerre mondiale, aux &#201;tats-Unis durant les ann&#233;es 1880, en Chine et au Japon au d&#233;but du XX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, dans plusieurs pays d'Am&#233;rique latine entre les deux guerres mondiales, et au Mexique, en Russie et en Espagne durant leurs r&#233;volutions allant de 1910 &#224; 1939.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1554 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;29&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/292470226_472193888244896_7910546948051337484_n_copie.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH453/292470226_472193888244896_7910546948051337484_n_copie-4269c.jpg?1774727311' width='500' height='453' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Illustration : &lt;a href=&#034;https://www.facebook.com/Kontrapatria&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Kontrapatria&lt;/a&gt;&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Le point culminant de l'anarchisme militant se situa lors de la r&#233;volution espagnole, durant la guerre civile de 1936-1939, o&#249; de grands pans de l'agriculture et de l'industrie, dans la partie nord-est du pays, furent contr&#244;l&#233;s par des collectivit&#233;s anarcho&#173;-syndicalistes. Mais comme dans la plupart des cas, ce succ&#232;s anarchiste fut la proie d'ennemis clairement identifi&#233;s de la droite aussi bien que d'ennemis camoufl&#233;s de la gauche. Il y eu un l&#233;ger sursaut de l'anarchisme durant les ann&#233;es 1950-1960, de m&#234;me qu'un bref regain de l'activit&#233; militante lors du mouvement &#233;tudiant, notamment en France en 1968, mais celui-ci fut &#233;ph&#233;m&#232;re comme la jeunesse. Contrairement aux id&#233;es re&#231;ues, l'anarchisme a eu peu &#224; voir avec les &#233;pisodes contem&#173;porains de ce que l'on a appel&#233; la Nouvelle Gauche ou le terrorisme de gu&#233;rilla urbaine, domin&#233;s par des marxistes dissidents.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Une h&#233;r&#233;sie indispensable&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Depuis plus d'un demi-si&#232;cle, le mouvement anarchiste historique a eu peu d'influence, l'anarchisme ayant &#233;t&#233; r&#233;duit &#224; une tradition marginale, aux imites des mouvements socialiste, pacifique, f&#233;mi&#173;niste, &#233;cologique, de la contre-culture alternative, etc. L'id&#233;ologie anarchiste a fortement &#233;t&#233; influenc&#233;e par cer&#173;taines des id&#233;es pacifistes, f&#233;ministes, &#233;cologistes, situationnistes &#8212;qui ont affirm&#233; que l'autorit&#233; ne s'exprimait pas tant au tra&#173;vers de l'oppression &#233;conomique mais plut&#244;t &#224; travers la mystification culturelle&#8212;, de m&#234;me que par certains primitivistes qui ont milit&#233; pas tant contre la civilisation moderne que contre la civilisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement anarchiste a continu&#233; &#224; exister comme forme permanente de protestation et de r&#233;sistance occasionnelle contre les pouvoirs dominants de la droite et de la gauche. L'id&#233;ologie anarchiste a offert la critique la plus convaincante des orthodoxies &#233;tablies &#8212;&#224; la fois du socialisme, qu'il soit parlementaire ou r&#233;volutionnaire, et du lib&#233;ralisme, qu'il soit mod&#233;r&#233; ou extr&#234;me&#8212;, de m&#234;me que des divers gangs arm&#233;s qu'ils soient &#233;tiquet&#233;s fascistes ou communistes, nationalistes ou fondamentalistes. A la fin du XX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, peu nombreux sont les anarchistes optimistes croyant &#224; une r&#233;volution &#224; venir, comme cela a &#233;t&#233; le cas &#224; la fin du XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; et au d&#233;but du XX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, les anarchistes pensent toujours que l'humanit&#233; pourrait &#234;tre plus heureuse si elle faisait le choix de la libert&#233; et de l'&#233;galit&#233; plut&#244;t que celui de l'autorit&#233; et de la propri&#233;t&#233;, et qu'il est de notre devoir de montrer les raisons d'une telle croyance par l'exemple personnel et l'argumentation rationnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;small&gt;&lt;i&gt;Le titre et les intertitres sont de la r&#233;daction.&lt;/i&gt;&lt;/small&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;strong&gt;Adieu Nicolas &lt;/strong&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1547 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;16&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L100xH130/nicolas-walter-conway-hall-7a4af-dfb6a.png?1774727311' width='100' height='130' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Nicolas Walter&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Notre camarade Nicolas Walter est d&#233;c&#233;d&#233; le 7 mars 2000, &#224; l'&#226;ge de 66 ans. Si sa mort ne nous a pas surpris car il se savait atteint d'un cancer en phase terminale, nous n'avons toujours pas accept&#233; son injustice qui nous prive trop t&#244;t d'un &#234;tre brillant. Nicolas &#233;tait l'auteur de &lt;a href=&#034;https://fr.theanarchistlibrary.org/library/nicolas-walter-pour-l-anarchisme&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Pour l'anarchisme&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, plaquette de vulgarisation traduite dans une vingtaine de langues, et avait &#224; plusieurs occasions particip&#233; &#224; la revue &lt;i&gt;Itin&#233;raire &lt;/i&gt;. Nous ne pouvons que vous conseiller de lire l'hommage que lui a rendu notre collaborateur Heiner Becker dans les colonnes du &lt;a href=&#034;https://www.partage-noir.fr/1169&#034;&gt;&lt;i&gt;Monde libertaire&lt;/i&gt; (n&#176;1201, du 13 au 19 avril 2000)&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;En anglais, le mot &#171; libertarian &#187; signifie &#224; la fois libertaire et libertarien (NDLR).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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