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		<title>PARTAGE NOIR</title>
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		<title>Les Martyrs &amp; les Pr&#233;curseurs : &#201;tienne Dolet</title>
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		<dc:creator>Paul Gourmelon</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;tienne Dolet</dc:subject>
		<dc:subject>Le Flambeau</dc:subject>
		<dc:subject>Archives Autonomies</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#201;tienne Dolet, que l'on a surnomm&#233; le &#171; Martyr de la Renaissance &#187;, naquit &#224; Orl&#233;ans, le 3 ao&#251;t 1509, de parents d'une certaine aisance, qui lui donn&#232;rent une &#233;ducation lib&#233;rale, laissant libre carri&#232;re &#224; son go&#251;t pour les lettres.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-le-flambeau-no-5-decembre-1927-" rel="directory"&gt;Le Flambeau n&#176; 5 - D&#233;cembre 1927&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-etienne-dolet-+" rel="tag"&gt;&#201;tienne Dolet&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-le-flambeau-+" rel="tag"&gt;Le Flambeau&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-source-fragments-d-histoire-de-la-gauche-radicale-+" rel="tag"&gt;Archives Autonomies&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/sans_titre-1-38-6c93f.jpg?1774726704' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#201;tienne Dolet, que l'on a surnomm&#233; le &#171; Martyr de la Renaissance &#187;, naquit &#224; Orl&#233;ans, le 3 ao&#251;t 1509, de parents d'une certaine aisance, qui lui donn&#232;rent une &#233;ducation lib&#233;rale, laissant libre carri&#232;re &#224; son go&#251;t pour les lettres. Jusqu'&#224; l'&#226;ge de douze ans, Dolet resta &#224; Orl&#233;ans pour aller, apr&#232;s, &#224; Paris o&#249; il resta 5 ann&#233;es. Il devint un adepte fervent de Cic&#233;ron et eut, &#224; ce sujet, des pol&#233;miques assez vives avec Erasme, le c&#233;l&#232;bre auteur de l'&lt;i&gt;Eloge de la folie&lt;/i&gt;, livre rempli de sarcasmes contre les bigots et les moines. Pendant ces cinq ann&#233;es, Dolet fut l'&#233;l&#232;ve de Nicolas B&#233;rauld, l'un des plus illustres professeurs d'&#233;loquence et de litt&#233;rature latine de cette &#233;poque. Il cultiva son &#233;loquence et apprit &#224; penser, il s'adonna plus sp&#233;cialement &#224; l'&#233;tude de Cic&#233;ron et, avant de quitter Paris, il avait con&#231;u l'id&#233;e et arr&#234;t&#233; le plan de son grand ouvrage les &lt;i&gt;Commentaires de la langue latine&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5931 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/french_school_-_etiene_dolet_copy_by_boris_mestchersky__d1957__illustration_from_histoire_de_la_-__meisterdrucke-445234_.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH670/french_school_-_etiene_dolet_copy_by_boris_mestchersky__d1957__illustration_from_histoire_de_la_-__meisterdrucke-445234_-c221b.jpg?1774787064' width='500' height='670' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;&#201;tienne Dolet&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Dolet avait alors 17 ans. Il partit pour l'Italie et s'installa &#224; Padoue, c&#233;l&#232;bre alors par son universit&#233; et ses &#233;loquents orateurs. Il subit l'influence d'un disciple de Pomponatius, qui combattait l'esprit superstitieux du Moyen-Age et &#233;tait humaniste. Il resta trois ann&#233;es &#224; Padoue et ce fut surtout la litt&#233;rature qui &#233;tait la ma&#238;tresse de Dolet et non le philosophie. Il semble qu'il n'ait &#233;tudi&#233; cette science que pour se rendre compte des tendances irrationnelles des opinions orthodoxes qui pr&#233;valaient alors. &#201;l&#232;ve et ami du savant Simon Villanovanus, Dolet &#233;crivit, &#224; la mort de son v&#233;n&#233;r&#233; maire (1530), son &#233;pitaphe et trois odes latines qui, par leur noble sentiment et leur langage &#233;lev&#233;, montrent l'estime et l'affection de l'&#233;l&#232;ve pour le ma&#238;tre. Dolet nous a laiss&#233; une charmante description de la vie studieuse de Padoue, dialogue imag&#233; dans lequel il combat Erasme ; mais qu'il combat avec les armes de la plus libre tol&#233;rance et avec la plus grande courtoisie. Affect&#233; profond&#233;ment par la mort de Simon Villanovanus, Dolet trouve le s&#233;jour de Padoue irrespirable pour sa trop grande douleur ; il songeait &#224; retourner en France, lorsqu'il c&#233;da aux pri&#232;res de Jean de Langeac, qui passait alors par Padoue pour se rendre &#224; Venise, comme ambassadeur, et qui l'engageait &#224; l'accompagner en qualit&#233; de secr&#233;taire. &#201;tant secr&#233;taire d'un ambassadeur, &#224; l'&#226;ge de 21 ans, Dolet, on pouvait le supposer, &#171; devait &#234;tre emport&#233; par cette vague qui, &#224; la mar&#233;e montante, m&#232;ne &#224; la fortune. &#187; Il n'en fut pourtant rien. Il n'en conserva que l'estime et l'amiti&#233; de Jean de Langeac, qui l'encouragea &#224; suivre les cours d'&#233;loquence de Enazio, alors c&#233;l&#232;bre &#224; Venise comme professeur de composition latine. Dolet suivit ces cours avec toute l'ardeur de son &#226;ge et augmenta encore le bagage de ses connaissances, d&#233;j&#224; grandes. Il n'y resta qu'un an et revint en Fraie, avec de Langeac, pour se consacrer &#224; son livre &lt;i&gt;Commentaires sur la langue latine&lt;/i&gt;, con&#231;u &#224; l'&#226;ge de 16 ans. Il en avait 22 &#224; son d&#233;part de Padoue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le poste de secr&#233;taire n'enrichit pas Dolet. A son d&#233;part de Padoue, Dolet &#233;tait tr&#232;s pauvre. Il put, n&#233;anmoins, entrer &#224; l'Universit&#233; de Toulouse comme &#233;tudiant. La pauvret&#233; de ses habits, la mis&#232;re et la g&#234;ne, qui ne l'emp&#234;chaient pas de vivre dans le contentement, par son go&#251;t pour l'&#233;tude, lui valurent d'&#234;tre tourn&#233; en ridicule par ses coll&#232;gues d'universit&#233;. Les deux ann&#233;es que passa Dolet &#224; Toulouse sont parmi les plus importantes de sa vie. C'est l&#224; que se pr&#233;par&#232;rent tous ses malheurs et qu'il suscita toutes ces inimiti&#233;s qui le poursuivirent jusqu'au jour o&#249; il fut br&#251;l&#233; sur la place Maubert ; c'est l&#224; aussi qu'il se lia avec d'excellents amis qui ne l'abandonn&#232;rent jamais. A Toulouse, Dolet s'attaqua, par la parole et par la plume, aux bigots et aux juges. Il fut jet&#233; en prison, sous pr&#233;texte d'avoir excit&#233; &#224; la r&#233;volte et attaqu&#233; le parlement. A sa sortie de prison, il quitta Toulouse (1534) et se fixa &#224; Lyon, o&#249; il entra comme correcteur chez un savant imprimeur, S&#233;bastien Gryphius. A partir de cette &#233;poque et pendant les douze ann&#233;es qui lui restent &#224; vivre, Lyon sera la r&#233;sidence de Dolet, sauf deux s&#233;jours de courte dur&#233;e &#224; Paris, un petit voyage en Pi&#233;mont et deux longues captivit&#233;s de chacune l&#224; mois. Dolet se marie avec la fille d'un imprimeur et tient une imprimerie &#224; son compte. Dolet publie au moins 15 ouvrages diff&#233;rents de sa composition. Il traduisit en fran&#231;ais encore 5 autres ouvrages et les fit imprimer. Il dirigea la publication de 50 &#339;uvres de diff&#233;rents auteurs grecs, latins et fran&#231;ais. Il se lia d'amiti&#233; avec Cl&#233;ment Marot et Rabelais, alors r&#233;sidant &#224; Lyon. Il engagea celui-ci &#224; faire imprimer son &lt;i&gt;Gargantua &lt;/i&gt; et son &lt;i&gt;Pantagruel&lt;/i&gt;. Outre les &lt;i&gt;Commentaires de la langue latine&lt;/i&gt;, qu'il avait mis dix ans &#224; &#233;crire, Dolet imprima aussi, de lui, l'&lt;i&gt;Orateur fran&#231;ais&lt;/i&gt;, o&#249; il &#233;purait la langue fran&#231;aise et un livre d'histoire.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5930 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;38&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/arton4147.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH771/arton4147-d9b0e.jpg?1774787064' width='500' height='771' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Au martyr Etienne Dolet - &lt;a href=&#034;https://cartoliste.ficedl.info/article4147.html&#034;&gt;Cartoliste&lt;/a&gt;&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Il n'y avait, &#224; cette &#233;poque o&#249; s&#233;vissait en France la Sainte-Inquisition et Ignace de Loyola, de profession plus odieuse, pour les amis de la bigoterie et de la superstition, que celle d'imprimeur. On intima l'ordre &#224; &#201;tienne Dolet de cesser ses publications et de retirer, de ses presses, ses livres. Dolet continua quand m&#234;me. Il fut arr&#234;t&#233; &#224; Lyon et conduit &#224; Paris pour y &#234;tre jug&#233;. Le Parlement de cette ville d&#233;clara Dolet coupable de blasph&#232;me, de s&#233;dition et d'exposition de livres prohib&#233;s et damn&#233;s. Il fut condamn&#233; &#224; &#234;tre br&#251;l&#233; vif avec ses livres. L'ex&#233;cution eut lieu sur la place Maubert, le 3 ao&#251;t 1546.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi mourut ce savant, pour avoir r&#233;sist&#233; &#224; la bigoterie et attaqu&#233; la superstition. Pour montrer la belle &#226;me de ce martyr de la Libre Pens&#233;e, quelques lignes de lui, cit&#233;es ici, suffiront &#224; le faire aimer : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Les lettres, de nos jours, s'&#233;panouissent avec splendeur : heureuse et brillante floraison ! La litt&#233;rature est cultiv&#233;e avec un si bel enthousiasme que, pour atteindre &#224; la gloire des anciens, une seule chose nous manque : la libert&#233;. Cependant la br&#232;che est ouverte. De tous les coins de l'Italie, de l'Allemagne, de l'Angleterre, de la France, de l'Espagne, la Science fait partir, en m&#234;me temps, ses foudres de guerre dont les &#233;clats tombent sur la barbarie encore debout...&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'on semble r&#234;ver en songeant que cela fut &#233;crit vers 1540. Aussi ce grand esprit &#233;tait trop clairvoyant, et trop g&#234;nant par cons&#233;quent. Les forces mauvaises d'obscurantisme ont assassin&#233; cette intelligence sup&#233;rieure et cette &#226;me g&#233;n&#233;reuse et courageuse. Salut &#224; toi, &#201;tienne Dolet ! Honte &#224; vous, l&#226;ches bourreaux qui, sous le couvert d'une religion d'amour et de bont&#233;, n'avaient comme seule arme : l'&#233;teignoir du b&#251;cher.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Martyrs et pr&#233;curseurs - Michel Servet </title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Paul Gourmelon</dc:creator>


		<dc:subject>Michel Servet </dc:subject>
		<dc:subject>Archives Autonomies</dc:subject>
		<dc:subject>Le Flambeau</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;C'est une noble et belle ligure que celle de Michel Servet, assassin&#233; par Calvin, sur le b&#251;cher de Champel (Gen&#232;ve), le 27 octobre 1553.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-le-flambeau-+" rel="tag"&gt;Le Flambeau&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH85/sans_titre-2-26-03893.jpg?1774729903' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='85' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;C'est une noble et belle ligure que celle de Michel Servet, assassin&#233; par Calvin, sur le b&#251;cher de Champel (Gen&#232;ve), le 27 octobre 1553.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Nous relatons tr&#232;s bri&#232;vement cette trop courte vie enlev&#233;e a la Science, &#224; l'Humanit&#233;, par le fanatisme religieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Michel Servet, qui n'avait que 42 ans lorsqu'il fut br&#251;l&#233; vif pour crime d'h&#233;r&#233;sie, &#233;tait n&#233; &#224; Tuleda, ville du royaume de Navarre, le 29 septembre 1511. Son p&#232;re, originaire de Villannova, exer&#231;ait la profession de notaire. Sa m&#232;re &#233;tait d'origine fran&#231;aise. L'&#233;ducation qu'il re&#231;ut, dans sa ville natale, fut s&#233;rieuse et vari&#233;e. D&#232;s son adolescence, il fit preuve d'une grande aptitude pour les math&#233;matiques et les langues anciennes. A quatorze ans, dit un de ses biographes, il entendait le latin, le grec, l'h&#233;breu, et avait une connaissance approfondie et &#233;tendue de la philosophie et de la th&#233;ologie scolastique. Il m&#233;rite de prendre place parmi les enfants c&#233;l&#232;bres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De bonne heure, sa conscience fut acquise aux id&#233;es de libert&#233;, et mise en r&#233;volte contre l'intol&#233;rance religieuse. Les pers&#233;cutions s&#233;vissaient, quotidienne et nombreuses, dans toute l'Espagne. Michel Servet eut, sous les yeux, pendant son enfance, le spectacle de la plus effrayante cruaut&#233;. Le tribunal du Saint-Office &#8212; l'inquisition &#8212; institu&#233; par le roi, confirm&#233; par le pape, avait des pouvoirs illimit&#233;s. Exigeant et r&#233;compensant la d&#233;lation, proc&#233;dant par le myst&#232;re et la torture, le Saint-Office envahissait l'Espagne et r&#233;gnait, sur elle, par l'&#233;pouvante. En une seule ann&#233;e, dix-sept mille personnes furent condamn&#233;es &#224; l'amende, &#224; la prison, ou soumises &#224; la torture et envoy&#233;es &#224; la mort ; plusieurs centaines de cadavres d'h&#233;r&#233;tiques furent d&#233;terr&#233;s et livr&#233;s au feu. De l'ann&#233;e 1481 &#224; 1541, vingt mille victimes p&#233;rirent dans les flammes. Tout cela au nom de la religion catholique, apostolique et romaine !&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5928 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/michael_servetus.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH683/michael_servetus-09520.jpg?1774795069' width='500' height='683' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;A quatorze ans, sa famille l'envoya &#224; l'universit&#233; de Saragosse. Il y prit le go&#251;t de la g&#233;ographie. Craignant, sans doute, pour la s&#233;curit&#233; de leur fils dont la vive imagination et l'ind&#233;pendance intellectuelle les inqui&#233;taient, ses parents le firent partir pour la France : il arriva &#224; Toulouse, en 1528, et se fit inscrire comme &#233;tudiant en droit &#224; l'universit&#233; de cette ville. Il avait donc dix-sept ans. Cette universit&#233;, jadis si c&#233;l&#232;bre pour son esprit de tol&#233;rance, &#233;tait devenue d&#233;vote depuis que Saint Dominique y avait s&#233;journ&#233; et institu&#233;, avec le concours de Foulques, ancien moine de Citeaux, le tribunal eccl&#233;siastique charg&#233; &#171; d'extirper l'h&#233;r&#233;sie &#187;. Michel Servet quittait une terre d'inquisition espagnole pour rencontrer, &#224; Toulouse, une terre d'inquisition fran&#231;aise. Il ne resta, dans la capitale du Languedoc, que quelques mois, ayant &#233;t&#233; pris, comme secr&#233;taire, par le confesseur de Charles-Quint, Jean de Quinlana, non hostile aux id&#233;es luth&#233;riennes. Il suivit son protecteur en Italie, puis en Allemagne. Il avait 19 ans. D&#233;j&#224; d&#233;tach&#233; du catholicisme, il ne se sentait pas protestant selon les formules &#224; la mode. Il voulait &#234;tre libre penseur, dans l'h&#233;r&#233;sie th&#233;ologique. Tendance dangereuse qui allait faire de lui un isol&#233; au milieu de fr&#232;res ennemis, une cible vivante offerte &#224; l'hostilit&#233; des protestants enr&#233;giment&#233;s et des catholiques officiels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Michel Servet quitta son protecteur peu apr&#232;s et se rendit &#224; B&#226;le, o&#249; il publia un livre qui fil grand bruit : &lt;i&gt;Les Erreurs de la Trinit&#233;&lt;/i&gt;. Les catholiques et les protestants furent d'accord pour fl&#233;trir le d&#233;moniaque Servet (1530). Un protestant, du nom de Bucer, osa dire, en pleine chaire, qu'il faudrait &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;arracher les entrailles &#224; cet Espagnol, et l'&#233;carteler ensuite.&lt;/q&gt; Abreuv&#233; d'injures , Michel Servet quitta R&#226;le, arriva en France et parvint &#224; Lyon, d&#233;pourvu de ressources, &#233;puis&#233; de fatigue et mourant presque de faim. Un imprimeur eut piti&#233; de sa jeunesse, de son talent, de son d&#233;nuement et l'employa comme correcteur d'imprimerie. En 1534, il apprend la m&#233;decine et devint m&#233;decin en 1537. En 1538, il publia, &#224; Paris, un livre sur la &#171; th&#233;rapeutique &#187;, qui bouleversait toutes les vielles formules des officiels d'alors.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5927 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;21&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/statue_of_michel_servet__michael_servetus__in_annemasse.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH667/statue_of_michel_servet__michael_servetus__in_annemasse-b8e88.jpg?1774795068' width='500' height='667' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Statue d'Annemasse.&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Ce livre fut condamn&#233; par le Parlement de Paris et la Facult&#233; de m&#233;decine. Les exemplaires furent saisis et br&#251;l&#233;s en place de Gr&#232;ve. Michel Servet ne dut la vie sauve qu'&#224; sa fuite. Il se fixa alors a Vienne, sous le faux nom de Michel de Villeneuve, du nom du pays d'origine de son p&#232;re. Il resta l&#224; 12 ans, exer&#231;ant la m&#233;decine. Il &#233;tait aim&#233;, estim&#233;, l'ami et le consolateur des pauvres. L'exercice de son m&#233;tier de m&#233;decin ne l'emp&#234;chait pas d'&#233;crire et de pol&#233;miquer. Il entra en correspondance avec Calvin, de Gen&#232;ve. Il lui adressa trois lettres pour r&#233;futer la th&#233;orie du pape protestant. C'est ce qui le perdit. Ayant publi&#233; un livre : &lt;i&gt;La Restitution du Christianisme&lt;/i&gt;, sans nom d'auteur, Calvin, dont la haine &#233;tait tenace et farouche contre l'h&#233;r&#233;tique Servet, put se procurer un exemplaire de ce livre, qui faisait grand bruit en France et dont les exemplaires furent saisis et br&#251;l&#233;s par la main du bourreau. Calvin d&#233;non&#231;a, &#224; l'inquisition fran&#231;aise, Michel Servet comme &#233;tant l'auteur de cette publication. Il fit parvenir, au grand inquisiteur de France, les trois lettres personnelles que Servet lui avait &#233;crites quelque temps auparavant. Michel Servet fut arr&#234;t&#233;, jug&#233; et condamn&#233; &#224; &#234;tre brid&#233; vif. Il parvint &#224; s'&#233;vader de prison et s'enfuit en Suisse, comptant se rendre, apr&#232;s, en Italie. Malheureusement, il passa par Gen&#232;ve o&#249; il fut reconnu, arr&#234;t&#233;, jug&#233;, condamn&#233; au b&#251;cher, sur l'ordre de Calvin, qui faisait office de grand inquisiteur. Son proc&#232;s fut odieux. Priv&#233; de d&#233;fenseur, il fut soigneusement emmur&#233; : on cloua les fen&#234;tres de sa prison pour l'emp&#234;cher de communiquer avec le dehors. Isol&#233;, abattu par les longs interrogatoires, priv&#233; presque de nourriture, d&#233;vor&#233; par la vermine, le malheureux pourrissait litt&#233;ralement dans l'humidit&#233; de son cachot. Il y resta trois semaines. Le 27 octobre 1553, il sortit pour &#234;tre envoy&#233; au b&#251;cher, &#224; Champel, sans vouloir renier sa pens&#233;e. On eut la cruaut&#233; de le faire mourir &#224; petit feu : son supplice dura une demi heure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que mourut Michel Servet, celui de qu'&#201;lis&#233;e Reclus, le c&#233;l&#232;bre g&#233;ographe et anarchiste bien connu, disait : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Qu'a fait Calvin, ma&#238;tre du pouvoir ? Il a fait br&#251;ler Michel Servet, un des hommes de divination scientifique comme on en compte &#224; peine dix ou douze, dans l'histoire de l'humanit&#233; toute enti&#232;re.&lt;/q&gt; Elis&#233;e Reclus &#233;crivait encore ceci : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;La ville de Calvin, qui dresse maintenant un tombeau somptueux au duc de Brunswick, ne pourrait-elle aussi &#233;riger une pierre d'expiation &#224; l'endroit o&#249; fut br&#251;l&#233; Michel Servet, l'illustre Espagnol qui d&#233;couvrit, avant Harvey, la circulation du sang et qui fut le pr&#233;curseur de d'Anville, dans la g&#233;ographie compar&#233;e ?&lt;/q&gt; Carl Vogl, l'illustre naturaliste, dit, en parlant de Michel Servet, que c'est : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt; le plus grand savant du seizi&#232;me si&#232;cle. &lt;/q&gt; Jules Michelet, le grand historien, s'exprime ainsi : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Au moment o&#249; Copernic donne au monde la r&#233;v&#233;lation de la terre... Servet donne la r&#233;v&#233;lation de l'homme et la circulation de la vie. &lt;/q&gt; Auguste Dide, l'auteur du beau livre intitul&#233; &lt;i&gt;Michel Servet et Calvin&lt;/i&gt;, o&#249; ces renseignements ont &#233;t&#233; puis&#233;s, parle ainsi de Servet : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Par la prodigieuse activit&#233; de son esprit, par l'immensit&#233; de ses connaissances, Servet, qui savait &#224; fond l'espagnol, le fran&#231;ais, l'italien, le latin, le grec, l'h&#233;breu, se rapproche de Rabelais. Mais c'est un Rabelais grave et qui ignore l'art de faire grimacer et rire la v&#233;rit&#233;. Comme Rabelais, il croit &#224; la bont&#233; de la nature humaine... Dolet, Rabelais, Servet, revendiquent les droits de l'homme, pr&#234;chent la foi profonde, celle qui permet d'arriver, par la libert&#233; de la science, &#224; &#233;panouissement complet des esprits, au r&#232;gne de la fraternit&#233; universelle, &#224; l'anarchie de la bont&#233;, &#224; l'abbaye de Th&#233;l&#232;me. Rabelais a formul&#233; cette doctrine de libert&#233;s, de bonne humeur, de cordialit&#233; rayonnante, dans un livre qui, litt&#233;rairement, est la merveille des merveilles, o&#249; la langue fran&#231;aise appara&#238;t avec une ampleur qu'elle n'a jamais eue avant ni apr&#232;s : o&#249; tout s'harmonise... &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Fais ce que veulx ! Ecarte de ta compagnie les cagots, hypocrites, scribes et pharisiens, mangeurs du populaire : Confie-toi &#224; l'alme nature.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Inutile, n'est-ce pas, d'&#233;piloguer. Tous les fanatiques, qu'ils s'appellent Calvin, Ignace de Loyola ou Lenine, ne sont que des bourreaux, des assassins.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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