<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.partage-noir.fr/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>PARTAGE NOIR</title>
	<link>https://www.partage-noir.fr/</link>
	<description></description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.partage-noir.fr/spip.php?id_mot=415&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>PARTAGE NOIR</title>
		<url>https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L144xH144/siteon0_copie-9a1a7.jpg?1774693359</url>
		<link>https://www.partage-noir.fr/</link>
		<height>144</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Les libertaires et l'&#233;ducation </title>
		<link>https://www.partage-noir.fr/les-libertaires-et-l-education</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.partage-noir.fr/les-libertaires-et-l-education</guid>
		<dc:date>2024-10-10T08:24:58Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean Barru&#233;</dc:creator>


		<dc:subject>Michel-Alexandrovitch Bakounine</dc:subject>
		<dc:subject>Pierre-Joseph Proudhon</dc:subject>
		<dc:subject>Max Stirner </dc:subject>
		<dc:subject>Paul Robin</dc:subject>
		<dc:subject>S&#233;bastien Faure</dc:subject>
		<dc:subject>Francisco Ferrer</dc:subject>
		<dc:subject>Archives Autonomies</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&lt;q&gt;Nulle r&#233;volution ne sera f&#233;conde, si l'instruction publique recr&#233;&#233;e n'en devient le couronnement.&lt;/q&gt; (Proudhon)&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-cahiers-de-l-humanisme-libertaire-no215-avril-1975-" rel="directory"&gt;Cahiers de l'humanisme libertaire n&#176;215 - Avril 1975&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-michel-alexandrovitch-bakounine-+" rel="tag"&gt;Michel-Alexandrovitch Bakounine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-pierre-joseph-proudhon-+" rel="tag"&gt;Pierre-Joseph Proudhon&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-max-stirner-+" rel="tag"&gt;Max Stirner &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-paul-robin-+" rel="tag"&gt;Paul Robin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-sebastien-faure-+" rel="tag"&gt;S&#233;bastien Faure&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-francisco-ferrer-+" rel="tag"&gt;Francisco Ferrer&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-source-fragments-d-histoire-de-la-gauche-radicale-+" rel="tag"&gt;Archives Autonomies&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/sans_titre-2-4-dd418.png?1774723241' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Nulle r&#233;volution ne sera f&#233;conde, si l'instruction publique recr&#233;&#233;e n'en devient le couronnement.&lt;/q&gt; (Proudhon)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tout &#201;tat, tout gouvernement, par chacun de ses actes exerce son autorit&#233; sur le pr&#233;sent imm&#233;diat, mais en m&#234;me temps &#8212; consciemment ou non &#8212; il songe &#224; assurer le p&#233;rennit&#233; du r&#233;gime dont il est le garant. L'&#201;tat, m&#234;me quand il pr&#233;tend pratiquer le changement, reste conservateur par nature. L'avenir sera fait &#224; l'image du pr&#233;sent et gardera pieusement l'h&#233;ritage du pass&#233;, sa morale, ses servitudes, ses contraintes. Et qui repr&#233;sente l'avenir, si ce n'est la jeunesse ? D'o&#249; la n&#233;cessit&#233; imp&#233;rieuse de former cette jeunesse, de lui enseigner le respect des id&#233;ologies qui sont le fondement de l'&#201;tat, d'extirper tout anticonformismes et de surveiller &#233;troitement ceux qui ont le mauvais esprit. Pens&#233;e uniforme... jeunesse en uniforme : c'est ce qu'ont r&#233;alis&#233; les &#201;tats totalitaires fascistes ou pr&#233;tendus communistes et c'est aussi ce que recherchent les &#201;tats d&#233;mocratiques avec moins de cynisme et davantage de m&#233;nagements. On consid&#232;re l'enfant comme un &#234;tre sans personnalit&#233;, &#224; qui on impose un syst&#232;me d'&#233;ducation destin&#233; &#224; faire de lui un sujet disciplin&#233; et un bon citoyen. Dressage et s&#233;lection assureront la formation des &#233;lites et des cadres de la soci&#233;t&#233; de demain soumise &#224; la m&#234;me morale et aux m&#234;mes devoirs que la soci&#233;t&#233; d'hier.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5394 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/938-cempuis-orpheliant-prevost-cempuis.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH322/938-cempuis-orpheliant-prevost-cempuis-8d596.jpg?1774751746' width='500' height='322' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Devant cette mise en condition de l'enfant, nous ne pouvons rester indiff&#233;rents. Nous : c'est-&#224;-dire les anarchistes, les libertaires ou, pour &#234;tre plus pr&#233;cis, tous ceux pour qui le socialisme f&#233;d&#233;raliste anti-autoritaire est la seule voie conduisant &#224; une v&#233;ritable transformation sociale. On peut &#234;tre tent&#233; d'opposer &#224; l'&#233;cole actuelle une p&#233;dagogie libertaire. Ce serait limiter singuli&#232;rement le d&#233;but. Une p&#233;dagogie, en effet, c'est une technique qui &#233;tablit certains modes de relations, de communication, entre l'&#233;ducateur et l'&#233;l&#232;ve. Mais si la mani&#232;re d'enseigner a son importance, elle ne doit point nous faire perdre de vue l'essentiel : c'est-&#224;-dire ce qu'on enseigne et le but de cet enseignement. Toute p&#233;dagogie doit avoir une finalit&#233;, et par suite, proc&#233;der d'un projet &#233;ducatif, d'une conception globale de l'&#233;ducation. Aussi parlerons-nous d'une &#233;ducation libertaire dont la p&#233;dagogie libertaire constitue la mise en pratique. Toutes les &#233;coles anim&#233;es dans le pass&#233; par l'esprit libertaire &#233;taient fond&#233;es sur le refus du ma&#238;tre d'imposer ses propres id&#233;es &#224; l'enfant qui doit pouvoir d&#233;velopper librement sa personnalit&#233; : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;la valeur enti&#232;re de l'&#233;ducation se trouve dans le respect de la volont&#233; physique, intellectuelle et morale de l'enfant&lt;/q&gt;, &#233;crivait Francisco Ferrer. L'orphelinat de Cempuis (Paul Robin), l'Ecole Moderne (Francisco Ferrer), la Ruche (S&#233;bastien Faure) pratiquaient une p&#233;dagogie fond&#233;e sur ce principe essentiel, avec, pour les deux derni&#232;res, une liaison &#233;troite entre l'&#233;cole et les syndicats ouvriers ou les Bourses du Travail et, pour la Ruche, l'existence d'une coop&#233;rative de production autog&#233;r&#233;e par la communaut&#233; scolaire. Les gens &#233;pris de dogmatisme ne manqueront pas de demander s'il existe un manuel d'&#233;ducation libertaire. Nous n'avons, h&#233;las ! aucun cat&#233;chisme de cette nature &#8212; ou de toute autre nature &#8212; &#224; leur soumettre. La pens&#233;e libertaire n'est esclave d'aucune id&#233;ologie monolithique, elle ne connait ni orthodoxie, ni h&#233;r&#233;sie : mais, aussi diff&#233;rents que soient entre eux les libertaires, ils ont en commun quelques id&#233;es qui font d'eux une famille spirituelle, et cr&#233;ent entre eux une solidarit&#233; de pens&#233;e. On trouvera les &#233;l&#233;ments fondamentaux d'une &#233;ducation libertaire aussi bien chez Stirner que chez Proudhon et Bakounine : &#233;l&#233;ments compl&#233;mentaires et non contradictoires, ce qui montre que, sur la question de l'&#233;ducation, il y a communaut&#233; de vues entre les divers courants de la pens&#233;e libertaire.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5395 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/la_ruche__depart_pour_les_champs.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH312/la_ruche__depart_pour_les_champs-e5bb8.jpg?1774751746' width='500' height='312' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Il ne faut pas croire cependant que l'id&#233;e d'une &#233;ducation int&#233;grale et antiautoritaire prit naissance brusquement dans quelques esprits au milieu du XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle ! Dans ce domaine, comme dans bien d'autres, l'anarchisme a b&#233;n&#233;fici&#233; de l'apport des si&#232;cles pr&#233;c&#233;dents, et les libertaires n'ont pas l'outrecuidance ridicule de pr&#233;tendre avoir invent&#233;. Et ce n'est pas une raison parce que Rabelais, Montaigne et Rousseau n'ont trait&#233; que de l'enseignement donn&#233; par un pr&#233;cepteur &#224; un jeune noble ou &#224; un jeune bourgeois, pour n&#233;gliger leurs &#233;crits. On y trouvera quelques v&#233;rit&#233;s premi&#232;res que l'&#233;ducation libertaire a reprises &#224; son compte. Rabelais donne aux exercices physiques et aux travaux domestiques autant d'importance qu'&#224; l'&#233;tude des lettres et des sciences. Le chant et la musique n'&#233;taient pas n&#233;glig&#233;s, et Rabelais recommande la fr&#233;quentation des artisans, la visite de leurs ateliers afin d'&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;apprendre et de consid&#233;rer l'industrie et invention des m&#233;tiers.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et que de vues judicieuses dans le c&#233;l&#232;bre essai de Montaigne sur l'&lt;i&gt;Institution des enfants&lt;/i&gt; ! Il s'&#233;l&#232;ve contre cette vaine &#233;rudition fond&#233;e sur la m&#233;moire et qui fait la t&#234;te bien pleine, sinon bien faite. Parlant de l'&#233;ducateur : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Je ne veux pas, &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;dit-il&lt;/span&gt;, qu'il invente et parle seul, je veux qu'il &#233;coute son disciple parler &#224; son tour... qu'il ne loge rien en sa t&#234;te par simple curiosit&#233;.&lt;/q&gt; L'enfant n'a pas &#224; embrasser les opinions et les pr&#233;ceptes des autres et ce qu'il empruntera &#224; autrui, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;il le transformera et confondra pour en faire un ouvrage tout sien : &#224; savoir son jugement.&lt;/q&gt; L'enfant doit juger et choisir par lui-m&#234;me et non selon l'autorit&#233; d'autrui, car &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;qui suit un autre, ne suit rien.&lt;/q&gt; Education oppos&#233;e &#224; tout fanatisme, &#224; tout embrigadement autoritaire : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;qu'on instruise l'enfant surtout &#224; se rendre et &#224; quitter les armes &#224; la v&#233;rit&#233;, tout aussit&#244;t qu'il l'apercevra... car il ne sera pas mis en chaire pour dire un r&#244;le prescrit. Il n'est engag&#233; a aucune cause, que parce qu'il l'approuve.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rousseau, dans l'&lt;i&gt;Emile&lt;/i&gt;, r&#233;clame pour l'enfant une &#233;ducation intellectuelle non livresque et partant de l'int&#233;r&#234;t sensible, une &#233;ducation du corps par les exercices physiques, l'hygi&#232;ne et la natation et une &#233;ducation sensorielle. P&#233;dagogie active fond&#233;e sur l'exp&#233;rience et non sur les discours, comportant une &#233;ducation manuelle et le choix d'un m&#233;tier manuel. Rousseau, comme Montaigne, d&#233;fend la personnalit&#233; de l'enfant qui ne doit point &#234;tre &#233;touff&#233;e par les pr&#233;jug&#233;s ou l'autorit&#233; d'autrui : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;pour rendre un jeune homme judicieux, il faut bien former ses jugements, au lieu de lui dicter les n&#244;tres. &lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est &#233;vident que si nous approuvons bien des pr&#233;ceptes et des recommandations de &lt;i&gt;Rabelais&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Montaigne &lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Rousseau&lt;/i&gt;, nous sommes oblig&#233;s de rejeter, dans leurs &#233;crits sur l'&#233;ducation, tout ce qui porte la marque d'une certaine &#233;poque, d'une certaine soci&#233;t&#233; ou m&#234;me de certains pr&#233;jug&#233;s. Un exemple seulement : dix ans apr&#232;s avoir &#233;crit l'&lt;i&gt;Emile&lt;/i&gt;, Rousseau, dans ses &lt;i&gt;Consid&#233;rations sur le Gouvernement de Pologne&lt;/i&gt;, veut que l'enfant soit, d&#232;s son plus jeune &#226;ge, &#233;lev&#233; dans le culte de la patrie : l'&#233;ducation doit donner aux &#226;mes la forme nationale et diriger tellement leurs opinions et leurs go&#251;ts qu'elles soient patriotes par inclination, par passion, par n&#233;cessit&#233;. L'U.R.S.S. et l'Allemagne de l'Est ont certainement retenu ce conseil de Rousseau qui, emport&#233; par son z&#232;le r&#233;publicain, semble oublier qu'il ne faut pas &lt;i&gt;dicter &lt;/i&gt; nos jugements.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;tt&gt;&lt;picto|nom=asterisk&gt;&lt;/tt&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois hommes, d'origine et de caract&#232;re fort diff&#233;rent &#8212; Stirner, Proudhon, Bakounine &#8212; ont fond&#233; la pens&#233;e libertaire moderne et c'est dans leurs &#233;crits de la p&#233;riode 1840-1970 qu'on trouve les principes g&#233;n&#233;raux d'une &#233;ducation libertaire.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5396 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH198/stirner-kar1900-c79fa-ddf61.jpg?1774695970' width='150' height='198' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Dans &lt;i&gt;Le faux principe de notre &#233;ducation&lt;/i&gt; (1842), Stirner montre que la vieille querelle entre ceux qui d&#233;fendent la pr&#233;dominance des &#233;tudes classiques et ceux qui insistent sur la sup&#233;riorit&#233; de l'enseignement scientifique et technique, ne peut aboutir &#224; un compromis. Ces deux formes du savoir ont conduit &#224; un &#233;chec : humanisme et r&#233;alisme finissant en dandysme attach&#233; &#224; la vaine recherche des &#233;l&#233;gances de style et en industrialisme uniquement pr&#233;occup&#233; de la formation de l'homme politique et &#233;tranger &#224; toute philosophie lib&#233;ratrice. Le Savoir, afin qu'il ne soit pas seulement un fardeau encombrant, doit mourir pour rena&#238;tre comme Volont&#233;. L'&#233;cole actuelle ne fabrique pas des hommes v&#233;ritables, elle &#233;touffe la libert&#233; : l'humanisme forme des &#233;rudits, le r&#233;alisme des citoyens utilisables, dans les deux cas des hommes serviles. Le savoir doit mourir pour ressusciter comme volont&#233; et exercer de nouveau son activit&#233; quotidienne comme personne libre. L'&#233;cole doit donc permettre l'&#233;panouissement libre de la personnalit&#233;, ne pas &#233;touffer la fiert&#233; et le naturel de l'enfant et concilier dans une association harmonieuse les volont&#233;s contradictoires de l'enfant et de l'&#233;ducateur. Faire des hommes libres et non des serviteurs dociles de l'&#201;tat : telle doit &#234;tre la vocation de l'&#233;cole, et Nietzsche formule le m&#234;me v&#339;u dans ses conf&#233;rences sur l'&lt;i&gt;Avenir de nos &#233;tablissements d'instruction&lt;/i&gt; (1872).&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5392 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;32&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/saavedra_toro_abelardo.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH223/saavedra_toro_abelardo-414b0-e4c3b.jpg?1774695970' width='150' height='223' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Abelardo Saavedra &lt;br&gt;del Toledo&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Relever la condition ouvri&#232;re en relevant sa valeur : tel est, selon Proudhon, le but d'une v&#233;ritable &#233;ducation. Depuis des si&#232;cles, la soci&#233;t&#233; repose sur la distinction entre arts m&#233;caniques et arts lib&#233;raux, entre gens m&#233;caniques et intellectuels. Le travail des mains est servile, tandis que le travail de l'esprit est r&#233;serv&#233; aux hommes libres. Une v&#233;ritable mal&#233;diction p&#232;se sur le travail manuel consid&#233;r&#233; comme une forme inf&#233;rieure de l'activit&#233; humaine, et elle se traduit par l'in&#233;galit&#233; des conditions et l'in&#233;galit&#233; des r&#233;mun&#233;rations. La main et l'esprit ne peuvent &#234;tre associ&#233;s : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;le travail, r&#233;unissant l'analyse et la synth&#232;se, la th&#233;orie et l'exp&#233;rience en une action continue ... r&#233;sumant la r&#233;alit&#233; et l'id&#233;e, se repr&#233;sente de nouveau comme mode universel d'enseignement. De tous les syst&#232;mes d'&#233;ducation, le plus absurde est celui qui s&#233;pare l'intelligence de l'activit&#233; et scinde l'homme en deux entit&#233;s impossibles ; un abstracteur et un automate. Ainsi, l'&#233;ducation doit &#234;tre exp&#233;rimentale et pratique, ne r&#233;servant le discours que pour expliquer, r&#233;sumer et coordonner le travail.&lt;/q&gt; (Chapitre IV du &lt;i&gt;Syst&#232;me des contradictions &#233;conomiques&lt;/i&gt; 1846). On parle actuellement d'&#233;ducation permanente : ce n'est point une id&#233;e nouvelle et nous lisons dans Proudhon que &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;l'instruction de l'homme doit &#234;tre constamment con&#231;ue qu'elle dure &#224; peu pr&#232;s toute la vie.&lt;/q&gt; Proudhon souhaite enfin que les associations ouvri&#232;res jouent un r&#244;le important dans l'&#233;ducation : elles doivent devenir &#224; la fois foyer de production et foyer d'enseignement. Ce principe proudhonien de la liaison atelier-&#233;cole a &#233;t&#233; mis en pratique &#224; la Ruche de S&#233;bastien Faure, et les nombreuses Ecoles Modernes fond&#233;es par Ferrer et Saavedra en Andalousie et dans la r&#233;gion du Levant avaient le soutien moral et mat&#233;riel des syndicats ouvriers (Gaston Leval, &lt;i&gt;Espagne Libertaire&lt;/i&gt;).. Faut-il dire enfin que Proudhon &#8212; comme Stirner &#8212; condamne les &#233;coles de son temps qui, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;quand elles ne sont pas des &#233;tablissements de luxe ou des pr&#233;textes &#224; sin&#233;cures, sont les s&#233;minaires de l'aristocratie ?&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;tt&gt;&lt;picto|nom=asterisk&gt;&lt;/tt&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5397 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH155/bakunin_by_vallotton-2-0f960-54ec1.jpg?1774695970' width='150' height='155' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Cette r&#233;habilitation du travail manuel, qui est une id&#233;e ma&#238;tresse de Proudhon, est indispensable, pense Bakounine, pour mettre un terme &#224; l'asservissement des ouvriers. Dans l'&#233;crit connu sous le titre de &lt;i&gt;Cat&#233;chisme r&#233;volutionnaire&lt;/i&gt; (1865-1866), Bakounine d&#233;nonce la s&#233;paration entre travail manuel et travail intellectuel comme la source du m&#233;pris qui s'attache aujourd'hui &#224; la condition ouvri&#232;re. Certes, on reconna&#238;t en th&#233;orie la dignit&#233; du travail, on proclame qu'il est honteux de vivre sans travailler : mais en maintenant la distinction entre le travail manuel servile et le travail intellectuel noble, la classe privil&#233;gi&#233;e se r&#233;serve le second et impose au peuple le premier. Il faut donc r&#233;aliser une synth&#232;se sociale qui fera pratiquer &#224; l'intellectuel comme au manuel ces deux formes de travail. L'&#233;cole, d&#233;barrass&#233;e de toute contrainte religieuse, doit dispenser une &#233;ducation et un enseignement &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;qui ne seront rien d'autre qu'une initiation graduelle et progressive &#224; la libert&#233;, une libert&#233; qui est ins&#233;parable de la libert&#233; des autres. Inspirez aux enfants le respect de tout &#234;tre humain et vous ferez d'eux des hommes ! &lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bakounine a consacr&#233; &#224; l'&#233;ducation une partie des articles parus dans le journal l'&lt;i&gt;Egalit&#233;&lt;/i&gt;, de Gen&#232;ve, et r&#233;unis g&#233;n&#233;ralement sous ces deux titres : &lt;i&gt;Les Endormeurs&lt;/i&gt;, et l'&lt;i&gt;Instruction int&#233;grale&lt;/i&gt;. Il insiste sur la collaboration indispensable entre travailleurs intellectuels et manuels et, parlant de la jeunesse des universit&#233;s, il &#233;crit : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;leur concours sera pr&#233;cieux &#224; condition qu'ils comprennent que la mission de la science aujourd'hui n'est plus de dominer, mais de servir le travail, et qu'ils auront bien plus de choses &#224; apprendre chez les travailleurs qu'&#224; leur enseigner. L'&#233;ducation int&#233;grale, aussi compl&#232;te que le permet la puissance intellectuelle du si&#232;cle, ne tend pas &#224; fabriquer uniquement des savants : tout le monde doit travailler et tout le monde doit &#234;tre instruit ... La science du savant deviendra plus utile, plus f&#233;conde et plus large quand le savant n'ignorera plus le travail manuel, et le travail de l'ouvrier instruit sera plus intelligent et par cons&#233;quent plus productif que celui de l'ouvrier ignorant.&lt;/q&gt; C'est pourquoi l'instruction &#233;gale pour tous et int&#233;grale &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;doit pr&#233;parer chaque enfant des deux sexes, aussi bien &#224; la vie de la pens&#233;e qu'&#224; celle du travail, afin que tous puissent &#233;galement devenir des hommes complets.&lt;/q&gt; Elle unira donc &#224; un enseignement scientifique ou pratique. L'adolescent pourra librement, en connaissance de cause, choisir sa propre carri&#232;re ; le risque d'une erreur est pr&#233;f&#233;rable au principe d'autorit&#233; et, rejoignant Montaigne et Rousseau, Bakounine &#233;crit : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;les enfants, comme les hommes m&#251;rs, ne deviennent sages que par les exp&#233;riences qu'ils font eux-m&#234;mes, jamais par celles d'autrui.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1021 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;25&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH208/sans_titre-1-6-876d3-f42c5.jpg?1774695970' width='150' height='208' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Pierre-Joseph Proudhon.&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Bakounine &#8212; comme Proudhon, comme Stirner &#8212; est un amant passionn&#233; de la libert&#233;, mais il ne confond pas la libert&#233; avec certaines outrances qui n'en sont que la caricature : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;La libert&#233; que l'&#233;cole enseignera, c'est l'ob&#233;issance involontaire et fatale &#224; toutes les lois qui, ind&#233;pendantes de toute volont&#233; humaine, sont la vie m&#234;me de la nature et de la soci&#233;t&#233;, mais c'est l'ind&#233;pendance aussi absolue que possible de chacun vis-&#224;-vis de toutes les pr&#233;tentions de commandement ... qui voudraient lui imposer non leur influence naturelle, mais leur loi.&lt;/q&gt; Bakounine sait aussi que le jeune enfant qui entre en contact avec le monde ext&#233;rieur a besoin d'&#234;tre guid&#233; et pr&#233;serv&#233; de tous les dangers qui guettent son inexp&#233;rience. D'o&#249; cette formule qui montre combien est r&#233;aliste sa pens&#233;e : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;&#233;ducation des enfants, prenant pour point de d&#233;part l'autorit&#233;, doit successivement aboutir &#224; la plus enti&#232;re libert&#233;.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
