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	<title>PARTAGE NOIR</title>
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		<title>PARTAGE NOIR</title>
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		<title>Espagne 1963 : L'affaire Delgado-Granado</title>
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		<dc:creator>Miguel Chueca </dc:creator>


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		<dc:subject>Francisco Granado</dc:subject>
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		<dc:subject>&lt;i&gt;Gavroche - Revue d'histoire populaire&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>Archives Autonomies</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Madrid, 29 juillet 1963 : &#224; cinq heures de l'apr&#232;s-midi, une bombe explose dans les locaux de la DGS (Direcci&#243;n General de Seguridad), le si&#232;ge des services r&#233;pressifs du r&#233;gime, causant une vingtaine de bless&#233;s parmi les personnes pr&#233;sentes &#224; la section des passe-ports . Quelques heures plus tard, une autre bombe explose, cette fois-ci au si&#232;ge du syndicat &#171; vertical &#187; franquiste. Alors que le r&#233;gime &#233;tabli sur des dizaines de milliers de morts se flatte d'en avoir fini avec ses opposants (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH106/protesta_paris_1963-b5311.jpg?1774697123' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='106' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Madrid, 29 juillet 1963 : &#224; cinq heures de l'apr&#232;s-midi, une bombe explose dans les locaux de la DGS (Direcci&#243;n General de Seguridad), le si&#232;ge des services r&#233;pressifs du r&#233;gime, causant une vingtaine de bless&#233;s parmi les personnes pr&#233;sentes &#224; la section des passe-ports&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On a su, depuis, que l'engin devait sauter bien apr&#232;s la fermeture des lieux (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Quelques heures plus tard, une autre bombe explose, cette fois-ci au si&#232;ge du syndicat &#171; vertical &#187; franquiste. Alors que le r&#233;gime &#233;tabli sur des dizaines de milliers de morts se flatte d'en avoir fini avec ses opposants et qu'il s'appr&#234;te &#224; lancer la campagne des &#171; 25 ann&#233;es de paix &#187;, ceux-ci viennent de frapper, coup sur coup, et au c&#339;ur m&#234;me de la B&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les soup&#231;ons s'orientent aussit&#244;t vers le mouvement anarchiste, qui tente de r&#233;activer l'opposition arm&#233;e au r&#233;gime malgr&#233; la dure r&#233;pression dont il a &#233;t&#233; victime, et en d&#233;pit du d&#233;couragement qui, au fil des ans, a gagn&#233; nombre de ses militants. Les choses ne tra&#238;nent pas : deux jours apr&#232;s les faits, la presse annonce l'arrestation des auteurs pr&#233;sum&#233;s des attentats, Francisco Granado et Joaquin Delgado, li&#233;s tous deux au mouvement libertaire espagnol.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;gime, qui est encore sous le coup de la campagne men&#233;e &#224; l'&#233;tranger contre l'ex&#233;cution, en avril de la m&#234;me ann&#233;e, du communiste Juli&#224;n Grimau, va conduire l'affaire au pas de charge, en coupant l'herbe sous le pied de tous ceux qui seraient tent&#233;s de lancer une campagne du m&#234;me genre. Qu'importent donc les communiqu&#233;s de la CNT certifiant que les deux hommes sont &#233;trangers aux faits qui leur sont reproch&#233;s, et qu'importe l'incapacit&#233; des autorit&#233;s &#224; prouver leur responsabilit&#233; dans les attentats du 29 juillet. Apr&#232;s une enqu&#234;te men&#233;e tambour battant et un proc&#232;s &lt;i&gt;sumar&#237;simo &lt;/i&gt; instruit par le Conseil de guerre, ils sont condamn&#233;s &#224; la peine capitale le 13 ao&#251;t. Le 17, apr&#232;s que le tr&#232;s-catholique Caudillo eut refus&#233; &#8212; une fois de plus &#8212; la gr&#226;ce qu'on lui demandait, Granado et Delgado sont livr&#233;s aux bourreaux et ex&#233;cut&#233;s par le proc&#233;d&#233; du &lt;i&gt;garrote vil&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5165 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH211/9782951616356_1_75-fdbc0-1df13.jpg?1774760429' width='150' height='211' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Il faudra de longues ann&#233;es pour qu'enfin la preuve soit faite que les deux supplici&#233;s &#233;taient morts pour un acte qu'ils n'avaient pas commis. Il y eut d'abord le documentaire de Lala Gom&#224; et Xavier Muntany&#224;, &lt;i&gt;Granado et Delgado, un crime l&#233;gal&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le documentaire a &#233;t&#233; diffus&#233; d'abord sur ARTE, en d&#233;cembre 1996. Il n'est (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, o&#249; apparurent &#224; visage d&#233;couvert les auteurs des attentats. Deux ans apr&#232;s, c'est le journaliste Carlos Fonseca qui se penchait &#224; son tour sur ces &#233;v&#233;nements dans un livre, &lt;i&gt;Garrote vil para dos inocentes&lt;/i&gt;, o&#249; il d&#233;montait le terrible engrenage qui mena deux innocents &#224; la mort, frapp&#233;s par un pouvoir qui, malgr&#233; les apparences, n'avait gu&#232;re chang&#233; depuis 1939. C'est de ce livre dont les &#233;ditions de la CNT ont publi&#233; cet &#233;t&#233; 2003 une version fran&#231;aise, &#224; l'occasion du quaranti&#232;me anniversaire de l'ex&#233;cution des deux militants libertaires&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Carlos Fonseca, Le garrot pour deux innocents. L'affaire Delgado-Granado, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'Espagne de 1963 &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Cette Espagne de 1963, o&#249; r&#232;gne toujours sans partage le m&#234;me Caudillo vieillissant, elle n'est plus, pourtant, celle qui sortait alors de l'effroyable bain de sang o&#249; la plongea l'initiative prise par les militaires et les fascistes les 17 et 18 juillet 1936. Oublieuses des appuis trouv&#233;s par ceux-ci aupr&#232;s de Hitler et Mussolini, les puissances d&#233;mocratiques ont admis le pays dans les principales organisations de l'ONU. Vers la fin des ann&#233;es 50, les experts de l'OCDE parviennent &#224; convaincre le gouvernement espagnol d'en finir avec l'autarcie instaur&#233;e d&#232;s la fin de la guerre civile et son dirigisme &#233;conomique. Commenc&#233;e en 1957, cette nouvelle politique culmine en 1959 avec le Plan dit de stabilisation, &#224; la r&#233;alisation duquel veille un groupe de technocrates li&#233;s &#224; l'Opus Dei.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#233;decine lib&#233;rale administr&#233;e alors &#224; une &#233;conomie sous perfusion aurait produit sans doute les m&#234;mes effets que les politiques-&#233;lectrochocs inspir&#233;es par les Diafoirus du FMI induisent aujourd'hui sur les pays &#171; &#233;mergents &#187; si l'Espagne n'avait profit&#233; du cycle d'expansion dont b&#233;n&#233;ficient alors les &#233;conomies du monde occidental. Sans cela, elle n'aurait pas pu exporter le ch&#244;mage massif caus&#233; par le Plan de stabilisation, et elle n'aurait pas tir&#233; profit non plus de la venue de millions de touristes &#8212; ils sont 9 millions, dont 3,5 millions de Fran&#231;ais, &#224; visiter le pays en 1963 &#8212; , qui apport&#232;rent &#224; l'&#233;conomie espagnole les devises dont elle avait le plus grand besoin.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;unification de la CNT et cr&#233;ation de Defensa Interior &lt;/h3&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5169 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/y.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH206/y-3d8d5-05c17.jpg?1774760429' width='150' height='206' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt; Francisco Sabat&#233;&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;C'est parce qu'ils ont bien compris l'importance du tourisme de masse pour la survie du r&#233;gime que les libertaires veulent cr&#233;er un climat qui dissuade les touristes de venir d&#233;penser leurs &#233;conomies au soleil d'Espagne. En 1963, le Mouvement libertaire espagnol &#8212; qui regroupe la CNT, la FAI et la FIJL&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Respectivement, la Conf&#233;d&#233;ration nationale du travail, la F&#233;d&#233;ration (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; &#8212; vient de refermer les blessures ouverte en son sein entre un secteur dit &#171; politique &#187;, partisan d'une collaboration avec les secteurs antifranquistes, et la tendance dite &#171; apolitique &#187;, qui souhaite retourner aux sources de la plus pure tradition anarcho-syndicaliste. Apr&#232;s la r&#233;unification ratifi&#233;e par le congr&#232;s de Limoges fin 1960, le MLE s'essaie &#224; relancer un combat arm&#233; qui n'&#233;tait plus assur&#233; depuis quelques ann&#233;es que par des groupes et des individualit&#233;s agissant hors de tout contr&#244;le, &#224; l'instar du mythique Francisco Sabat&#233;, dit &#171; El Quico &#187;, tu&#233; par la garde civile en 1960 &#224; San Celoni.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; cette CNT r&#233;unifi&#233;e qu'il revient de cr&#233;er la section Dl (&#171; Defens&#224; Interior &#187;), en vue de &#171; galvaniser les enthousiasmes libertaires &#187; et de secouer la torpeur qui, peu &#224; peu, a saisi les milieux de l'exil. Elle en confie l'animation &#224; un groupe de militants historiques, dont Cipriano Mera et Juan Garcia Oliver, auxquels se joignent quelques membres des Jeunesses libertaires. Mais il ne s'agit pas seulement pour eux d'entretenir un climat susceptible d'&#233;loigner les touristes des plages espagnoles : c'est au plus haut, &#224; la t&#234;te m&#234;me du r&#233;gime, que les militants libertaires sont r&#233;solus &#224; frapper, malgr&#233; les pr&#233;cautions extr&#234;mes dont s'entoure le &lt;i&gt;General&#237;simo &lt;/i&gt; et les &#233;checs successifs des tentatives pr&#233;c&#233;dentes.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La mission de Granado &lt;/h3&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5164 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/arton7698.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH215/arton7698-168c1-3e686.jpg?1774760429' width='150' height='215' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'instigation d'Octavio Alberola, un nouveau projet est mis sur pied pour l'ann&#233;e 1963. Le lieu choisi pour l'attentat contre Franco se situe en un point du trajet que le Caudillo emprunte pour se rendre de sa r&#233;sidence de El Pardo au Palacio de Oriente. Le commando responsable de l'action doit trouver sur place les explosifs qu'un autre militant aura introduits peu avant. Cet autre militant, ce sera Francisco Granado.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Install&#233; depuis peu &#224; Al&#232;s, il pr&#233;sente l'avantage d'&#234;tre un &#233;migr&#233; &#233;conomique, d'avoir des papiers en r&#232;gle et de ne pas &#234;tre connu de la police. Il l'est d'autant moins que son entr&#233;e en &#171; politique &#187; est toute r&#233;cente : c'est une fois arriv&#233; en France, en 1960, qu'il a pris conscience de la situation r&#233;elle de son pays et qu'il a d&#233;cid&#233; de s'engager dans la r&#233;sistance arm&#233;e au franquisme. Sans formation id&#233;ologique, son besoin d'action le porte vers les libertaires pr&#233;sents dans la r&#233;gion. L'un d'entre eux, Vicente Mart&#237;, transmet son nom &#224; Alberola, qui d&#233;cide d'accepter la &#171; candidature &#187; du jeune ouvrier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 14 mai 1963, Francisco Granado part en Espagne remplir sa premi&#232;re mission. Il ne sait pas qu'elle sera la derni&#232;re de sa vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois arriv&#233; &#224; destination, rien ne va se passer comme pr&#233;vu. Alors que le s&#233;jour de Granado ne devait pas exc&#233;der trois ou quatre semaines, il lui faudra attendre plus de deux mois pour que Dl lui envoie le contact charg&#233; de r&#233;ceptionner le mat&#233;riel amen&#233; par lui. Cependant, &#224; la date pr&#233;vue, le 20 juillet, celui-ci n'est pas au rendez-vous. Pour des raisons qui n'ont toujours pas &#233;t&#233; &#233;claircies, ledit contact, Robert Ari&#241;o, se pr&#233;sente le 21 juillet. C'est &#224; partir de ce jour que le pi&#232;ge commence &#224; se refermer sur Granado.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5163 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/arton7697.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH219/arton7697-09a3d-28a22.jpg?1774760429' width='150' height='219' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Et il se refermera aussi sur Joaquin Delgado, fils d'un exil&#233; c&#233;n&#233;tiste et militant d&#233;j&#224; chevronn&#233;, accouru en Espagne pour contacter Ari&#241;o et Granado et les inciter &#224; rentrer en France au plus vite, d'autant que le Dl a mis au point un autre plan d'action pour les premiers jours d'ao&#251;t. Mais alors que Delgado et Granado ne peuvent quitter Madrid aussi vite qu'ils le souhaiteraient, les deux militants charg&#233;s des attentats contre des institutions du r&#233;gime, Sergio Hern&#224;ndez et Antonio Mart&#237;n &#8212; qui ignorent la pr&#233;sence &#224; Madrid de leurs deux compagnons &#8212; d&#233;cident, pour leur part, d'avancer la date des actions : le premier nomm&#233; a &#233;t&#233; reconnu par une ancienne connaissance et il a eu le plus grand mal &#224; expliquer sa pr&#233;sence en Espagne. C'est ce m&#234;me militant qui avoue &#224; l'auteur du livre combien il fut boulevers&#233; du d&#233;nouement de l'affaire, et quel ressentiment il &#233;prouva &#224; l'endroit de ceux qui l'envoy&#232;rent &#224; Madrid, qu'il tenait pour responsables de la mort de ses deux compagnons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si une telle r&#233;action est compr&#233;hensible, il n'en reste pas moins qu'elle ne rend pas justice aux dirigeants de Dl, puisqu'il fallut une v&#233;ritable avalanche de rat&#233;s et de circonstances impr&#233;vues pour qu'on arriv&#226;t &#224; un d&#233;nouement aussi d&#233;sastreux et dramatique. Il n'est pas exclu, enfin, qu'une trahison ait &#233;t&#233; cause &#8212; en partie, au moins &#8212; de cet &#233;pilogue. L'auteur examine s&#233;rieusement cette hypoth&#232;se, mais il a l'honn&#234;tet&#233; de reconna&#238;tre que rien ne vient la confirmer &#224; coup s&#251;r.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Des coupables tout d&#233;sign&#233;s &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Si on ne sait toujours pas comment la police fut amen&#233;e si vite sur la piste des deux hommes, on sait, en revanche, pourquoi ils furent ex&#233;cut&#233;s. Que la police ait cru ou qu'elle ait feint de croire qu'elle tenait les responsables des deux attentats, cela n'a, tout compte fait, gu&#232;re d'importance. L'essentiel, pour le r&#233;gime, &#233;tait qu'on p&#251;t exhiber le plus t&#244;t possible des coupables plausibles : Delgado et Granado r&#233;pondaient on ne peut mieux &#224; cette exigence, d'autant que le second ne chercha pas &#224; cacher le but de sa pr&#233;sence en Espagne. Enfin, il n'est que de se reporter &#224; l'acte d'accusation lu par le procureur Enrique Amado pour r&#233;aliser que ce proc&#232;s fut aussi l'occasion de r&#233;gler ses comptes &#224; l'anarchisme militant, depuis son apparition &#224; la fin du XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle jusqu'&#224; la guerre civile, en passant par la Semaine tragique de Barcelone (1909) ou l'assassinat du cardinal Soldevila&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Soldevila fut abattu en 1923, peu apr&#232;s le meurtre du dirigeant syndicaliste (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Un pr&#233;c&#233;dent : l'affaire Sacco et Vanzetti &lt;/h3&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5171 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/arton4693.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH202/arton4693-abc20-be483.jpg?1774760429' width='150' height='202' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; juste titre que l'auteur du livre &#233;tablit un parall&#232;le entre le sort connu par les deux Espagnols et la condamnation inflig&#233;e aux deux anarchistes italiens, Sacco et Vanzetti, innocents les uns et les autres des faits pour lesquels ils furent conduits au supplice. Il rel&#232;ve n&#233;anmoins l'immense diff&#233;rence entre les mobilisations que suscita la sentence prononc&#233;e contre les deux Italiens et la quasi-indiff&#233;rence dans laquelle Delgado et Granado all&#232;rent ensemble &#224; la mort. Ne parlons m&#234;me pas de ce qui est rest&#233; des uns et des autres dans la m&#233;moire collective : si l'Histoire a, en quelque sorte, r&#233;habilit&#233; Sacco et Vanzetti, elle se souvient &#224; peine du nom des deux Espagnols.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ma part, je conclurais sur un point qui n'a gu&#232;re retenu l'attention de l'auteur et qui, &#224; mon sens, aurait m&#233;rit&#233; au moins quelques lignes. Les noms de Sacco et Vanzetti sont li&#233;s depuis plus de 70 ans et on peut supposer qu'ils le resteront toujours. Unis dans la mort et dans la m&#233;moire, Sacco et Vanzetti l'avaient &#233;t&#233; avant, dans leur vie : ils se connaissaient, ils &#233;taient amis. Or, une des choses les plus poignantes de l'affaire Delgado-Granado, c'est qu'ils ne partag&#232;rent que les trois derni&#232;res semaines qui les men&#232;rent au supplice. Avant la date du 29 juillet 1963, ils ne se connaissaient pas et n'&#233;taient rien l'un pour l'autre. C'est le jour m&#234;me o&#249;, sans le savoir, ces deux hommes dont les noms sont maintenant ins&#233;parables entraient du m&#234;me pas dans la mort, c'est ce jour-l&#224; qu'ils se virent pour la premi&#232;re fois de leur vie, ce jour du 29 juillet o&#249; deux autres de leurs compagnons mettaient des bombes dans Madrid, l'une au si&#232;ge du syndicat unique et l'autre dans les locaux de la DGS, dans l'antre m&#234;me de la B&#234;te.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;On a su, depuis, que l'engin devait sauter bien apr&#232;s la fermeture des lieux au public, mais un d&#233;tonateur d&#233;fectueux en d&#233;cida autrement.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Le documentaire a &#233;t&#233; diffus&#233; d'abord sur ARTE, en d&#233;cembre 1996. Il n'est pass&#233; en Espagne qu'en novembre 1997, &#224;... deux heures du matin !&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;Carlos Fonseca, Le garrot pour deux innocents. L'affaire Delgado-Granado&lt;/i&gt;, &#201;ditions CNT-RP. Paris, 2003, 226 pages. 15 euros. (Dessin de couverture de Jacques Tardi).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Respectivement, la Conf&#233;d&#233;ration nationale du travail, la F&#233;d&#233;ration anarchiste ib&#233;rique et la F&#233;d&#233;ration ib&#233;rique des jeunesses libertaires.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Soldevila fut abattu en 1923, peu apr&#232;s le meurtre du dirigeant syndicaliste Salvador Segui par des pistoleros &#224; la solde du patronat.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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