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		<title>PARTAGE NOIR</title>
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		<title>Tcherkesov </title>
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		<dc:creator>Max Nettlau </dc:creator>


		<dc:subject>Archives Autonomies</dc:subject>
		<dc:subject>Tcherkesov</dc:subject>
		<dc:subject>Russie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Beaucoup ne connaissent de Tcherkesov que le nom et quelques &#233;crits tr&#232;s r&#233;pandus, mais tous savent qu'il &#233;tait toujours l&#224; &#8211; depuis des temps imm&#233;moriaux. Et, en effet, s'il n'a pas pris part aux &#233;v&#233;nements en acteur qui imprime sa griffe &#224; une &#233;poque, il a &#233;t&#233; m&#234;l&#233; intimement &#224; la longue s&#233;rie des mouvements qui sont d&#233;roul&#233;s depuis pr&#232;s de soixante ans.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-plus-loin-no7-15-septembre-1925-" rel="directory"&gt;Plus Loin n&#176;7 - 15 septembre 1925&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-tcherkesov-384-+" rel="tag"&gt;Tcherkesov&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-russie-281-+" rel="tag"&gt;Russie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/varlam_cherkezov_by_nadar_copie-42eb5.jpg?1774693368' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Son pays natal&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup ne connaissent de Tcherkesov que le nom et quelques &#233;crits tr&#232;s r&#233;pandus, mais tous savent qu'il &#233;tait toujours l&#224; &#8211; depuis des temps imm&#233;moriaux. Et, en effet, s'il n'a pas pris part aux &#233;v&#233;nements en acteur qui imprime sa griffe &#224; une &#233;poque, il a &#233;t&#233; m&#234;l&#233; intimement &#224; la longue s&#233;rie des mouvements qui sont d&#233;roul&#233;s depuis pr&#232;s de soixante ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'ici, &#224; notre, connaissance, aucune notice biographique n'a &#233;t&#233; &#233;crite sur lui. Aussi ne dira-t-on pas qu'on fait trop de publicit&#233; autour de son nom si nous donnons ici un coup d'&#339;il sur sa vie et que nous apportions quelques souvenirs. Cette notice nous permettra de rappeler beaucoup de choses du pass&#233; que les nouvelles g&#233;n&#233;rations de camarades et les nouveaux lecteurs ont certainement int&#233;r&#234;t &#224; conna&#238;tre. Ce qui suit est en grande partie tir&#233; de ma m&#233;moire et d'impressions personnelles remplissant la p&#233;riode de 1892 &#224; 1913. Depuis longtemps, mon d&#233;sir &#233;tait que Tcherkesov lui-m&#234;me ou sa vaillante femme nous donne ce livre des&lt;i&gt; Souvenirs de Soixante Ans&lt;/i&gt; dont je leur parlai si souvent.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5100 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;29&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH210/varlam_cherkezov_by_nadar-2-876b2-28a87.jpg?1774835670' width='150' height='210' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Varlam Cherkezov par Nadar.&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Tcherkesov est n&#233; le 15 septembre 1846, dans une petite localit&#233; de l'ancienne G&#233;orgie, pays montagneux, mais bien cultiv&#233; qui s'&#233;tend sur le versant m&#233;ridional du Caucase vers l'Asie. Le Caucase pr&#233;sente une agglom&#233;ration d'un grand nombre de peuples et de langues ; mais la G&#233;orgie proprement dite formait, depuis les temps anciens, une petite unit&#233; nationale tr&#232;s caract&#233;ristique et assez favoris&#233;e sous maints rapports. Il y a beaucoup de sol bien cultiv&#233; et une v&#233;g&#233;tation m&#233;ridionale ; les vignes et les fruits abondent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par son acceptation du christianisme &#224; une &#233;poque tr&#232;s recul&#233;e (348) la population fut soustraite aux influences qui ont imprim&#233; un caract&#232;re nettement asiatique &#224; une partie de ses voisins. D'un autre c&#244;t&#233;, ce christianisme isol&#233; ne fut pas assez fort pour s'imposer hors de ses limites locales par le fer et la ruse. Dans le nord, la haute montagne et d'immenses territoires peu cultiv&#233;s s&#233;paraient enti&#232;rement le pays de l'Europe et lui procur&#232;rent, de ce c&#244;t&#233;, des si&#232;cles de tranquillit&#233;. Ce fut donc un pays faible, forc&#233;ment tol&#233;rant, et r&#233;unissant les meilleurs aspects des civilisations orientales et europ&#233;ennes. Jusqu'&#224; la conqu&#234;te de Constantinople par les Turcs, en 1453, la G&#233;orgie fut en relations &#233;troites avec l'Occident dont elle partageait le d&#233;veloppement intellectuel et religieux, la litt&#233;rature et la philosophie grecques &#233;tant traduites en g&#233;orgien aux douzi&#232;me et treizi&#232;me si&#232;cles. Tout cela sur la base d'un tr&#232;s ancien fonds original o&#249; survivant unique d'un pass&#233; plus large. D'apr&#232;s les indications de Rawlinson, le premier &#224; d&#233;chifrer les cun&#233;iformes, la langue g&#233;orgienne est le repr&#233;sentant moderne du sum&#233;rien et de l'alarodien. Cette hypoth&#232;se est confirm&#233;e par les recherches de Michel Tzeretheli et la philologie moderne. Ceci signifierait que ce pays se serait soustrait, d&#232;s cette &#233;poque, au despotisme babylonien, pour conserver son existence autonome avec l'aide de sa langue et de sa religion locale, &#8211; en v&#233;rit&#233; gr&#226;ce &#224; son esprit d'ind&#233;pendance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vie du peuple g&#233;orgien ne fut rien moins qu'idylique. Les guerres et invasions fr&#233;quentes prolong&#232;rent la pr&#233;dominance du f&#233;odalisme et, &#224; la fin de quatre si&#232;cles d'isolement de l'Europe, la G&#233;orgie se vit forc&#233;e, en 1783, de conclure un trait&#233; de protectorat avec l'empire de Catherine II. Puis, en 1801, la Russie for&#231;a le dernier roi g&#233;orgien d'abandonner la succession &#224; l'empereur de Russie sous condition de l'autonomie perp&#233;tuelle de la G&#233;orgie. Ce trait&#233; fut un des moyens entre mille autres par lesquels la Russie s'est &#233;tendue, de gr&#233; ou de force, dans toutes les directions depuis quatre si&#232;cles. Il fut suivi de la conqu&#234;te du Caucase et de la Transcaucasie entiers, achev&#233;e en dernier lieu par la guerre russo-turque de 1877. La promesse d'autonomie fut oubli&#233;e. Il aurait &#233;t&#233; facile &#224; la Russie de laisser subsister un r&#233;gime national local comme en Finlande ; on pr&#233;f&#233;ra ce qu'on appelle la civilisation, la colonisation on la p&#233;n&#233;tration pacifique du Caucase, et ce qui fut dans tous les cas sa russification. Ce r&#233;gime &#233;tait d&#233;j&#224; en pleine vigueur lors de la jeunesse de Tcherkesov, alors qu'il s'agissait d'un pays purement agricole, tandis que plus tard, quand le p&#233;trole et d'autres richesses du sous-sol furent d&#233;couverts et exploit&#233;s, ces pays devinrent, en outre le marchepied permettant d'atteindre les fameuses &#171; sph&#232;res d'influences &#187; en Perse et en Asie Mineure, et il est &#233;vident qu'ils furent trait&#233;s tout &#224; fait en province russe assimil&#233;e d&#233;finitivement &#224; l'Empire ; et la cause nationale de la G&#233;orgie parut compl&#232;tement perdue, oubli&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un des moyens de russification fut l'&#233;ducation de la jeunesse g&#233;orgienne en Russie, un autre fut les mariages fr&#233;quents de fonctionnaires et d'officiers russes avec des jeunes filles de la belle race du pays. La noblesse y &#233;tait tr&#232;s nombreuse ; Tcherkesov lui aussi porte un titre ; d'apr&#232;s l'acte d'accusation du grand proc&#232;s de 1871, il s'appelle prince Varlaam Tcherkesov et la forme g&#233;orgienne patronymique est Tcherkesichvili. Il fut envoy&#233; tr&#232;s t&#244;t, d&#232;s l'&#226;ge de dix ans, &#224; Moscou, &#224; l'&#233;cole des Cadets, o&#249; il resta jusqu'en 1864.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;small&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;tt&gt;&lt;picto|nom=asterisk&gt;&lt;/tt&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/small&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Tcherkesov &#224; Moscou, le groupe Karakosov&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les ann&#233;es de 1859 &#224; 1863 furent remarquables pour le mouvement lib&#233;rateur en Europe comme en Russie. En Europe, c'&#233;tait la guerre pour l'ind&#233;pendance italienne ; les noms de Garibaldi, de Mazzini &#233;taient v&#233;n&#233;r&#233;s par la jeunesse de tous les pays. De son c&#244;t&#233;, la Russie se pr&#233;parait &#224; l'abolition du servage, et la litt&#233;rature russe s'inspirait des id&#233;es humanitaires, lib&#233;rales et m&#234;me socialistes, sous t'influence de Tchernychevsky, Herzen, Tourgu&#233;niev, Mikha&#239;lov, etc. La jeunesse des &#233;coles suivait passionn&#233;ment leurs &#233;crits. Lorsque Tcherkesov eut ternin&#233; l'&#233;cole (1864), il entra en relations avec le groupe de Karakozov, compos&#233; de gens plus &#226;g&#233;s que lui et qui se pr&#233;paraient d&#233;j&#224; &#224; l'action r&#233;volutionnaire et socialiste. Il y fut re&#231;u avec amiti&#233;, surtout par lchoutine avec lequel Tcherkesov v&#233;cut plus de quatre mois dans la m&#234;me chambre.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5078 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/dmitrykarakozov.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH197/dmitrykarakozov-9fe1e-815b5.jpg?1774835670' width='150' height='197' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Dmitri Karakozov&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;L'influence de ce groupe fut tr&#232;s grande sur toute la vie de Tcherkesov. Les membres du groupe, Ichoutine, Yourasov, Karakozov, avaient &#224; leur disposition de larges moyens financiers dont ils usaient pour la propagande et pour l'organisation d'associations ouvri&#232;res, de coop&#233;ratives, etc., tandis qu'eux-m&#234;mes vivaient non seulement simplement, mais aussi pauvrement que des ouvriers. Pour caract&#233;riser ce groupe il suffit de rappeler que Karakozov fut pendu pour le premier attentat, contre le tsar, que six autres furent condamn&#233;s &#224; de longues ann&#233;es de travaux forc&#233;s en Sib&#233;rie et que parmi les jeunes gens de son entourage se trouvaient les initiateurs du mouvement socialiste et r&#233;volutionnaire de 1868 &#8211; 1874, les s&#339;urs Sasoulitch, Ouspenski, Lopatine, Tcherkesov y compris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, quand il arriva aux ann&#233;es de la vie d'&#233;tudiant, il &#233;tait d&#233;j&#224; en possession de la tradition et de l'exp&#233;rience des g&#233;n&#233;rations r&#233;volutionnaires pr&#233;c&#233;dentes et il se fit ou bien initiateur et inspirateur &#224; son tour, ou, quand il se lia &#224; un mouvement, il le fit en connaissance de cause, de sa mani&#232;re &#224; lui, jamais en n&#233;ophyte. Il ne fut pas un isol&#233; pour cela : personne n'&#233;tait plus sociable que lui. Il se r&#233;pandit beaucoup et fut l'ami et le confident de tous ; mais il savait conserver son ind&#233;pendance. Il ne pensait m&#234;me pas &#224; devenir jamais un chef. En un mot, l'expression &#171; nature n'a fait ni serviteur ni ma&#238;tre &#187; fut r&#233;alis&#233;e par sa conduite r&#233;volutionnaire &#224; travers toute sa vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il avait consenti &#224; nous parler de ses ann&#233;es de jeunesse ! Quelques pages de lui jetteraient plus de lumi&#232;re sur l'histoire du mouvement russe de 1860 &#224; 1870 que toutes les histoires &#233;crites jusqu'ici. Car il connaissait mieux que personne la v&#233;ritable histoire int&#233;rieure de cette s&#233;rie de mouvements qui se suivent, s'entre-croisent, se touchent ou se contrecarrent, tout cela pour des raisons tr&#232;s pr&#233;cises qu'il faut conna&#238;tre, que l'hypoth&#232;se la plus m&#233;dit&#233;e n'&#233;lucide jamais et que les proc&#232;s, les pol&#233;miques publi&#233;es, etc., ne font souvent qu'embrouiller et obscurcir.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5079 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;25&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/img-11.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH204/img-11-cfa98-3baf8.jpg?1774835670' width='150' height='204' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Tchernychevski en 1870.&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, pour donner un exemple : qui ne s'est &#233;tonn&#233; que Tchernychevsky, quoique tenu en prison (dont il ne sortit que bris&#233;, bien plus lard) ait pu publier librement, son magnifique roman : &lt;i&gt;Que faire ?&lt;/i&gt;, le livre qui donna l'impulsion finale au mouvement nihiliste ? Tcherkesov nous aurait racont&#233; que le prince Souvarov, descendant du g&#233;n&#233;ral Souvarov et gouverneur g&#233;n&#233;ral de Petrograd, homme tr&#232;s lib&#233;ral et ami personnel d'Alexandre II, appr&#233;ciait beaucoup Tchernychevsky, arr&#234;t&#233; en juillet 1862. Quelques amis conseill&#232;rent &#224; la femme du prisonnier de prier Souvarov de permettre &#224; son mari d'&#233;crire pour gagner sa vie. Souvarov obtint la permission du tsar et &lt;i&gt;Que faire ? &lt;/i&gt; fut &#233;crit. Le manuscrit fut remis &#224; Souvarov, qui, sans faire intervenir la censure, le remit &#224; la revue &lt;i&gt;Le Contemporain &lt;/i&gt; o&#249; il fut publi&#233; dans deux num&#233;ros, personne n'osant mettre obstacle &#224; l'intervention de Souvarov. Et au sujet du myst&#232;re de la &#171; dame noire &#187; vers la fin de ce roman, Tcherkesov nous e&#251;t cont&#233; l'histoire de M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;me&lt;/sup&gt; Consini et sa visite Chez Tchernychevsky, &#224; lui racont&#233;e par la femme m&#234;me de celui-ci. Ces d&#233;tails-ci se retrouvent sans doute dans d'autres &#233;crits, mais tant d'autres ne s'y trouvent pas. On imagine en tous cas l'attention intelligente avec laquelle le jeune Tcherkesov suivit ces mouvements si entrelac&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les &lt;i&gt;Materialy &lt;/i&gt; de Lavrov d'octobre 1896, on d&#233;crit la vie de P.-G. Za&#239;tchnevski, d&#233;c&#233;d&#233; vers cette date et qui &#224; partir de 1859 fut l'inspirateur d'un petit groupe d'&#233;tudiants &#224; Moscou o&#249; l'on faisait circuler des traductions de Proudhon, mais qui adh&#233;ra &#224; la r&#233;volution autoritaire. Za&#239;tchnevski, en 1862, fut le premier qui pronon&#231;a un discours r&#233;volutionnaire devant un tribunal &#224; huis clos et il fut condamn&#233; &#224; vingt ans de travaux forc&#233;s, etc. De tels &#233;v&#233;nements, le sort fait &#224; Tchernychevsky, &#224; Mikha&#239;lov, l'&#233;lan de la jeunesse &#224; vivre selon les id&#233;es de Tchernychevsky, la propagande populaire et la volont&#233; r&#233;volutionnaire d'agir qui, selon l'examen, r&#233;sulte de l'acte de Karakozov, tout cela se d&#233;roula alors devant Tcherkesov que son extr&#234;me jeunesse tenait relativement &#224; l'abri.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;i&gt;(A suivre)&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Tcherkesov (Suite et fin)</title>
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		<dc:creator>Max Nettlau </dc:creator>


		<dc:subject>Tcherkesov</dc:subject>
		<dc:subject>&lt;i&gt;Plus loin&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution russe (1917-1921)</dc:subject>
		<dc:subject>Archives Autonomies</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Durant neuf ou dix ann&#233;es, jusqu'en 1892, Tcherkesov passa quelques temps dans son pays, en G&#233;orgie m&#234;me ; il resta aussi en Asie Mineure, &#224; Tr&#233;bizonde, &#224; Constantinople, en Bulgarie et se trouva en dernier lieu &#224; Pl&#339;shti, en Roumanie, o&#249; demeurait un de ses amis, le socialiste roumain, C. Dobroglanu-Gherea, auteur tr&#232;s estim&#233;, &#233;chapp&#233;, lui aussi, de la Russie. Je ne sais si ce furent les exigences de la vie (qu'il gagnait toujours par quelque travail d'occasion, restant tr&#232;s pauvre toute sa (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-revolution-russe-1917-1921-+" rel="tag"&gt;R&#233;volution russe (1917-1921)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-source-fragments-d-histoire-de-la-gauche-radicale-+" rel="tag"&gt;Archives Autonomies&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/warlaam_tcherkesoff_et_son_epouse_frida_copie-2a9a8.jpg?1774708417' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Durant neuf ou dix ann&#233;es, jusqu'en 1892, Tcherkesov passa quelques temps dans son pays, en G&#233;orgie m&#234;me ; il resta aussi en Asie Mineure, &#224; Tr&#233;bizonde, &#224; Constantinople, en Bulgarie et se trouva en dernier lieu &#224; Pl&#339;shti, en Roumanie, o&#249; demeurait un de ses amis, le socialiste roumain, C. Dobroglanu-Gherea, auteur tr&#232;s estim&#233;, &#233;chapp&#233;, lui aussi, de la Russie. Je ne sais si ce furent les exigences de la vie (qu'il gagnait toujours par quelque travail d'occasion, restant tr&#232;s pauvre toute sa vie), ou les pers&#233;cutions des mouchards russes qui le d&#233;nichaient partout, qui le refoul&#232;rent ainsi de pays en pays. En tout cas, c'est alors qu'il acquit une large exp&#233;rience des probl&#232;mes nationaux du Caucase, de l'Asie-Mineure et des Balkans et il vit la &#171; p&#233;n&#233;tration &#187; russe de ces pays &#224; l'&#339;uvre. Durant ce temps, par exemple en Bulgarie, le prince Alexandre et le ministre Stambouloff, qui avait le malheur de d&#233;plaire &#224; la Russie, furent, l'un chass&#233;, l'autre coup&#233; en morceaux ; et bien d'autres am&#233;nit&#233;s analogues avaient lieu. Tcherkesov ne parlait pas inutilement de ces choses, mais son coup d'&#339;il fut vite aiguis&#233; et les all&#232;chements lib&#233;rateurs panrusses n'eurent pas d'attrait pour lui quel que f&#251;t leur d&#233;guisement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant l'&#233;t&#233; de 1892, il arrive &#224; Londres o&#249; son ancienne amiti&#233; avec Kropotkine et Malatesta, Stepnick et d'autres Russes, lui donne imm&#233;diatement une place reconnue dans les milieux avanc&#233;s russes, fran&#231;ais, italiens et, d&#232;s que la langue le permet, dans le milieu anglais de &lt;i&gt;Freedom&lt;/i&gt;. J'ai oubli&#233; si ce d&#233;placement avait pour but direct de s'appliquer &#224; int&#233;resser l'opinion publique anglaise en faveur de la G&#233;orgie. En tout cas, ce fut l&#224; un but qu'il poursuivit avec la m&#234;me ardeur que la propagande anarchiste et le mouvement r&#233;volutionnaire russe.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;small&gt;&lt;i class=&#034;fa-asterisk fas&#034;&gt;&lt;/i&gt;&lt;/small&gt;&lt;/center&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Pour la libert&#233; de la G&#233;orgie&lt;/h3&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5092 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;13&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/paulreclus09.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH246/paulreclus09-91b2a-4bfc4.jpg?1774708418' width='150' height='246' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Paul Reclus&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Il &#233;tait pour ainsi dire l'ambassadeur des patriotes g&#233;orgiens qui, &#224; d&#233;faut d'autres moyens, voulaient que l'Europe rappel&#226;t &#224; la Russie son obligation de se conformer au trait&#233; de 1801, qui garantissait l'autonomie permanente de la G&#233;orgie dont les Russes avaient fait, depuis longtemps, une province russe. Il exposa la cause georgienne dans le &lt;i&gt;Times&lt;/i&gt;, en 1886, puis dans un long article &lt;i&gt;Georgian Treaties with Russia&lt;/i&gt;, paru dans la revue&lt;i&gt; Nineteenth Century&lt;/i&gt;, de mai 1895, pp 832 &#224; 847. Il en parla successivement avec des hommes politiques anglais, sir Charles Dilke et d'autres, il gagna l'amiti&#233; d'un ancien consul anglais, Mr. W. qui, lui et sa s&#339;ur, aimaient vraiment la G&#233;orgie et en avaient, appris m&#234;me la langue si difficile. Lorsque &#201;lis&#233;e Reclus vint &#224; Bruxelles, Tcherkesov fit, par son interm&#233;diaire, la connaissance d'experts en droit international et leur pr&#233;senta le cas de son pays. Il se lia de vraie amiti&#233; avec le professeur et juge Ernest Nys et aussi avec le vieux sociologue Guillaume De Greef. En 1900, para&#238;t une brochure russe sans nom d'auteur, due &#224; Hambachidz&#233; p&#232;re ; elle raconte une nouvelle offensive russificatrice ; cette fois dirig&#233;e contre l'&#201;glise nationale g&#233;orgienne, dernier vestige de l'ancienne ind&#233;pendance. Un peu plus tard, d'autres amis de Tcherkesov arrivent &#224; l'&#233;tranger et publient, en fran&#231;ais, &lt;i&gt;La G&#233;orgie&lt;/i&gt; (en g&#233;orgien &lt;i&gt;Saghartveto&lt;/i&gt;), &#224; Paris, leur groupement s'appelle &#171; Parti socialiste-f&#233;d&#233;raliste-r&#233;volutionnaire g&#233;orgien &#187; (1903 1905), et une de leurs brochures donne le compte rendu &#233;tendu de leur premi&#232;re conf&#233;rence (1904). Enfin, d&#232;s le mois d'octobre 1905, la presse g&#233;orgienne du pays m&#234;me, d&#233;sormais libre pour quelque temps, discute ouvertement ces revendications.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tcherkesov, nous l'avons dit, aimait passionn&#233;ment son pays et ne se lasse pas d'en d&#233;peindre les beaut&#233;s naturelles et son caract&#232;re cultiv&#233; et antique. Le feu sacr&#233; enlev&#233; par Prom&#233;th&#233;e, encha&#238;n&#233; au Caucase, la Toison d'Or des Argonautes, d'autres mythes furent expliqu&#233;s par le naphte de la montagne enflamm&#233; par un &#233;clair, par les peaux d'animaux dont la laine cueillait l'or dans l'eau des torrents rapides, etc. Et les cottes de mailles qui, encore au XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, rappelaient l'&#226;ge de la chevalerie, les belles femmes, les ruines pittoresques et les gorges de montagnes, la vigne des coteaux, les po&#233;sies et traditions, ce po&#232;te fameux dont la &lt;i&gt;Kelmscott Press&lt;/i&gt; de William Morris publia une si belle &#233;dition &#8212; comme Tcherkesov fut heureux de nous en parler et nous en montrer des illustrations. Ainsi, la cause de la G&#233;orgie fut gagn&#233;e aupr&#232;s de tous ceux qui l'ont connu et il s'agissait d'une ind&#233;pendance ou d'une autonomie douce et inoffensive, sans haines, sans monopole, revanche et repr&#233;sailles &#233;conomiques ou guerre fiscale odieuse, continuelle. Il n'a pas un mot contre le peuple russe pour lequel il luttait lui-m&#234;me, ni contre le peuple turc qu'il connaissait de pr&#232;s et qu'il aimait, ni contre les Tartares qui s'entendent toujours bien avec les G&#233;orgiens. Bref, ce fut un nationalisme non agressif, mais de pure d&#233;fensive et sans ambitions &#233;conomiques auxquelles on ne pensait m&#234;me pas alors.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_922 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH207/domela_nieuwenhuis_copie-c4088-64238.jpg?1774695982' width='150' height='207' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Domela Nieuwenhuis&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Cette question qui lui &#233;tait si ch&#232;re, n'entrait du reste aucunement dans sa propagande anarchiste, qui fut identique aux grands courants anarchistes, une voie moyenne entre Kropotkine et Malatesta peut-&#234;tre, entre lesquels, eux que la distance s&#233;parait, il f&#251;t un lien commun, aussi par les relations personnelles. Il se lia d'amiti&#233; avec B. Kampffmeyer, avec le myst&#233;rieux George Guyon (Paul Reclus) de cette &#233;poque (1894-95-96), avec &#201;lis&#233;e Reclus et Domela Nieuwenhuis ; il fr&#233;quentait V. Richard, Gu&#233;rineau, Alfred Marsh, Mrs. Dryhurst, H. W. Nevinson, Hermann Jung, le docteur G. B. Clark, plus tard miss G. Davis et bien d'autres. &#192; un moment, je me rappelle, sa sant&#233; parut s&#233;rieusement &#233;branl&#233;e ; il alla alors se refaire en Suisse, chez des Russes du c&#244;t&#233; de Clarens, et, en voie de gu&#233;rison, il entra en lice dans une r&#233;union russe, &#224; Gen&#232;ve, contre le grand Plekhanov qui ne s'y attendait pas. Il revint rajeuni ; c'est &#224; cette &#233;poque, vers 1897, qu'il fit un long voyage secret en G&#233;orgie o&#249; il rencontra beaucoup de ses amis de jeunesse. Il y avait un grand nombre de G&#233;orgiens parmi les accus&#233;s du grand proc&#232;s de Moscou (1875), appel&#233; le proc&#232;s des 50, celui de Sophie Bardina. Ce fut par excellence le proc&#232;s des plus d&#233;vou&#233;s propagandistes et leur traitement f&#233;roce, contribua &#224; donner au mouvement russe une direction terroriste. Vingt ans plus tard, une partie de ces victimes &#233;tait rentr&#233;e en G&#233;orgie et inspiraient alors les nouveaux mouvements et celui de la renaissance nationale. Tcherkesov nous revint retremp&#233; et il fit, alors, quelques voyages moins &#233;tendus en Hollande, dont l'un aboutit &#224; sa rentr&#233;e &#224; Londres, en octobre 1899, avec une vaillante jeune compagne, qui depuis a partag&#233; son sort, en Angleterre, en France, en Russie et au Caucase. Ils trouvent, en plein Kentish Town, un quartier populaire de Londres, &#224; c&#244;t&#233; de la grande rue, une petite oasis de rues propres et tranquilles et leur grande chambre hospitali&#232;re fut un des rares endroits de Londres o&#249; on sentait un souffle de la vie libre et fraternelle de l'avenir que nous ne verrons plus.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;small&gt;&lt;i class=&#034;fa-asterisk fas&#034;&gt;&lt;/i&gt;&lt;/small&gt;&lt;/center&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les &#233;crits de Tcherkesov&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Tcherkesov &#233;tait indign&#233; comme nous tous, des pr&#233;tentions de la social-d&#233;mocratie qui, tout en proclamant un socialisme toujours plus &#233;mascul&#233; et r&#233;formiste, repr&#233;sentait cet avortement comme le produit d'une essence scientifique absolument unique, d'une science d&#233;volue sur Marx et Engels et &#224; la rigueur, et &#224; distance propre, sur Karl Kautsky et un petit nombre d'autres. C'&#233;tait inepte, mais les ouvriers n'avaient pas les moyens de v&#233;rifier ces assertions et Tcherkesov fil une besogne excellente, en montrant l'origine et la filiation du socialisme qui ne fut jamais l'&#339;uvre de quelque penseur unique, mais fut &#233;labor&#233; collectivement par des hommes qui puisaient aux sources vivantes de la pens&#233;e libre de tous les si&#232;cles et qui furent fiers d'admettre cette solidarit&#233; avec la pens&#233;e commune de l'humanit&#233; et ne r&#234;vaient pas &#224; se cr&#233;er un monopole d'id&#233;es. Ces &#233;tudes parues dans les &lt;i&gt;Temps Nouveaux&lt;/i&gt; et dans &lt;i&gt;Freedom &lt;/i&gt; forment les petits bouquins : &lt;i&gt;Pages d'Histoire socialiste&lt;/i&gt; (au &lt;i&gt;Temps Nouveaux &lt;/i&gt; 1896, 64 p.) et &lt;i&gt;Pr&#233;curseurs de l'Internationale&lt;/i&gt; (&#224; la &lt;i&gt;Biblioth&#232;que des Temps Nouveaux&lt;/i&gt;, de Bruxelles, 1899, 144 p.) ; mentionnons encore quelques paroles adress&#233;es &#224; Liebknecht, lors du congr&#232;s international de Londres, &lt;i&gt;Let us be just &lt;/i&gt; (Soyons justes, dans &lt;i&gt;Freedom &lt;/i&gt; et en brochure, 1896, 10 p.), un rapport adress&#233; au Congr&#232;s anarchiste de Paris (1900), &lt;i&gt;L'Action &#233;conomique et r&#233;volutionnaire&lt;/i&gt; (en italien, Londres, 1903, 16 p.), &lt;i&gt;Concentration of Capital, a Marxian Fallacy &lt;/i&gt; (Londres, &lt;i&gt;Freedom&lt;/i&gt;, 25 p.). etc.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5094 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;13&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH233/max_nettlau-44127-49d49.jpg?1774708418' width='150' height='233' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Max Nettlau&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Un jour, en 1899, je pense, Tcherkesov parcourait par hasard, chez Domela Nieuwenhuis, la brochure de Victor Consid&#233;rant :&lt;i&gt; Principe du Socialisme, Manifeste de la D&#233;mocratie au XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle &lt;/i&gt; (Paris, librairie phalanst&#233;rienne, 1847, 157 p. in-16) ; il en existe une &#233;dition de 1841 (&lt;i&gt;Bases de la Politique positive&lt;/i&gt;, Paris, &#171; La Phalange &#187;, IV, 119 p. in-8&#176;). C'est une des brochures fouri&#233;ristes les moins rares. Il fut frapp&#233; par des ressemblances avec le &lt;i&gt;Manifeste du parti communiste &lt;/i&gt; de Marx et Engels (1848, f&#233;vrier) qu'il avait gard&#233; en m&#233;moire d'apr&#232;s sa traduction russe imprim&#233;e &#224; Londres dans les ann&#233;es soixante et attribu&#233;e &#224; Bakounine. Il v&#233;rifia du reste d'apr&#232;s une autre &#233;dition, et revint &#224; Londres fermement convaincu que Marx et Engels &#233;taient de vulgaires plagiaires qui avaient vol&#233; le travail de Consid&#233;rant. Il se mit &#224; comparer les deux textes et ses articles &lt;i&gt;Un Plagiat tr&#232;s scientifique, &#192; propos de deux Manifestes &lt;/i&gt; (&lt;i&gt;Temps Nouveaux&lt;/i&gt;, 14 avril au 26 mai 1900) sont le r&#233;sultat de son travail. Il en a parl&#233; plus tard, dans une r&#233;ponse &#224; Kautsky et il m'a montr&#233; en 1903, de quelle mani&#232;re peu consciencieuse F. Engels se servit, pour un livre paru en 1845, d'un livre de Buret (1840) ; tout cela se trouve aussi dans les &lt;i&gt;Temps Nouveaux &lt;/i&gt; et dans &lt;i&gt;Freedom&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je crois qu'il n'est personne ayant vu mes travaux sur Bakounine, ou connaissant l'esprit de ce que j'ai pu &#233;crire en observations g&#233;n&#233;rales, qui m'accusera d'une tendresse quelconque envers Marx et Engels et leurs adh&#233;rents. Et pourtant, je dois dire que les arguments de Tcherkesov ne m'ont jamais donn&#233; compl&#232;te satisfaction et il a, du reste, toujours connu mon scepticisme &#224; ce sujet.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;small&gt;&lt;i class=&#034;fa-asterisk fas&#034;&gt;&lt;/i&gt;&lt;/small&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;1905. &#8213; L'Universit&#233; Populaire de Tiflis&lt;/h3&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5091 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;58&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/warlaam_tcherkesoff_et_son_epouse_frida.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH202/warlaam_tcherkesoff_et_son_epouse_frida-9bf11-134ed.jpg?1774708418' width='150' height='202' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Warlaam Tcherkesoff (Cherkezishvili) et son &#233;pouse Frida&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;L'ann&#233;e m&#233;morable de 1905 s'approche et la premi&#232;re r&#233;volution russe s'annonce. Tous les Russes sont amnisti&#233;s et Tcherkesov, lav&#233; ainsi de son pass&#233; noir, proc&#232;de bient&#244;t en Russie, avec sa femme, &#224; un voyage prolong&#233;, duquel un journal am&#233;ricain le &lt;i&gt;Chicago Daily News&lt;/i&gt;, o&#249; il a beaucoup &#233;crit, conservera un r&#233;cit int&#233;ressant. Il se fixa &#224; Tiflis, o&#249; la r&#233;action se fait bient&#244;t jour comme partout ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, pendant ces mois d'une libert&#233; relative, apr&#232;s la premi&#232;re r&#233;volution russe, Tcherkesov organisa, &#224; Tiflis, l'Universit&#233; populaire avec des conf&#233;rences et des classes en russe, g&#233;orgien, arm&#233;nien et tartare. L'administration de cette universit&#233; &#233;tait enti&#232;rement entre les mains des ouvriers et chaque nationalit&#233; organisa sa section autonome, invita des conf&#233;renciers, etc., mais chaque mois les sections se r&#233;unissaient pour discuter les questions g&#233;n&#233;rales. L'id&#233;e de Tcherkesov &#233;tait de r&#233;tablir, en pratique, la solidarit&#233; parmi les nationalit&#233;s qui, quelques mois auparavant, gr&#226;ce aux instigations du gouvernement russe, &#233;tait rudement &#233;branl&#233;e par les massacres arm&#233;niens-tartares. L'Universit&#233; Populaire ne tarda &#224; jouir d'une grande faveur ; elle se d&#233;veloppa et organisa des filiales dans toutes les villes. Par la suite, cette institution prit un grand &#233;lan, sous le r&#233;gime de la r&#233;publique g&#233;orgienne ind&#233;pendante (1918-21), quand elle re&#231;ut des subsides du gouvernement ; on se pr&#233;parait alors &#224; &#233;largir le mouvement, lorsque l'invasion bolcheviste mit fin &#224; tout. Le pr&#233;sident de l'Universit&#233; Populaire, Natadze, fut arr&#234;t&#233; et mourut de faim en prison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vers le mois d'avril 1907, les G&#233;orgiens r&#233;dig&#232;rent une &#171; P&#233;tition du Peuple g&#233;orgien &#224; la Conf&#233;rence internationale de la Paix &#224; La Haye, 1907. &#187; (4 pp. Fol. 18, juin 1907), dont Tcherkesov fut porteur et qui lui valut un nouvel exil, ce qui montre qu'il fut toujours le porte-parole de son pays devant l'opinion europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s 1907, il vit dans le m&#234;me milieu anglais qu'auparavant. Ses voyages &#224; Paris, ville o&#249; il se sent mieux, eut chaque fois pour effet de le rajeunir, en pr&#233;sence de son optimisme, de sa joie na&#239;ve &#224; chaque succ&#232;s ouvrier, &#224; chaque manifestation de l'esprit de r&#233;volte, on ne pense pas &#224; son &#226;ge. La guerre arrive, et &#224; sa mani&#232;re de voir, pareille en ce moment &#224; celle de Kropotkine, le s&#233;pare de beaucoup de camarades, entre autres, de Malatesta.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;small&gt;&lt;i class=&#034;fa-asterisk fas&#034;&gt;&lt;/i&gt;&lt;/small&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;1917. &#8213; L'ind&#233;pendance g&#233;orgienne&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'en 1917, la seconde r&#233;volution &#233;clata et que la r&#233;publique y fut proclam&#233;e, tous les proscrits rentr&#232;rent en Russie. En mai 1917, deux semaines avant Kropotkine, Tcherkesov arrive &#224; Petrograd. Voyant que les partis socialistes &#233;taient aussi centralistes que les r&#233;actionnaires russes, Tcherkesov, apr&#232;s avoir pass&#233; quelques semaines avec Kropotkine, et envisag&#233; la situation avec celui-ci, partit pour la G&#233;orgie en vue d'y travailler contre la tendance marxiste et &#233;tatiste qui se faisait jour en Russie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s le coup d'&#201;tat bolch&#233;viste &#224; Petrograd et Moscou, les social-d&#233;mocrates (mench&#233;vistes), g&#233;orgiens, arm&#233;niens et tartares, proclam&#232;rent la r&#233;publique f&#233;d&#233;rative de Transcaucasie. Les bolchevistes russes c&#233;d&#232;rent, par le trait&#233; de Brest-Litowsk, quelques provinces g&#233;orgiennes et arm&#233;niennes aux Turcs qui s'empress&#232;rent de s'emparer de ce territoire. Les G&#233;orgiens et Arm&#233;niens essay&#232;rent de s'y opposer, mais les Tartares ne voulaient pas se battre contre leurs coreligionnaires et la f&#233;d&#233;ration transcaucasienne fut dissoute. Aussit&#244;t, la G&#233;orgie reprenait, en mai 1918, son existence nationale ind&#233;pendante, interrompue par un si&#232;cle d'oppression russe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les G&#233;orgiens se mirent &#224; l'&#339;uvre en vue d'organiser leur vie sur une base vraiment d&#233;mocratique et m&#234;me socialiste. Des r&#233;formes agraires tr&#232;s radicales, le suffrage universel pour hommes et femmes, furent introduits. La G&#233;orgie se d&#233;clara neutre, et de m&#234;me qu'elle avait refus&#233; de prendre part, avec les Bolchevistes, au trait&#233; de Brest-Litowsk, de m&#234;me elle refusait de se joindre aux interventions arm&#233;es de Denikine et de Wrangel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vie &#233;conomique commen&#231;ait &#224; reprendre, et l'ordre et la tranquillit&#233; relative faisaient dire aux r&#233;fugi&#233;s russes que la G&#233;orgie &#233;tait le seul coin de l'ancien empire o&#249; r&#233;gnaient la paix et la libert&#233;. De son c&#244;t&#233;, la d&#233;l&#233;gation socialiste internationale qui se rendit en G&#233;orgie, en septembre 1920, se d&#233;clara enchant&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;small&gt;&lt;i class=&#034;fa-asterisk fas&#034;&gt;&lt;/i&gt;&lt;/small&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'invasion bolcheviste&lt;/h3&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5095 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;86&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/22_2_.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH346/22_2_-62825.jpg?1774708419' width='500' height='346' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;L'entr&#233;e de la 11&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; Arm&#233;e rouge de Russie sovi&#233;tique &#224; Tbilissi le 25 f&#233;vrier 1921.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Malheureusement, le peuple g&#233;orgien ne devait pas continuer &#224; jouir de son droit de vivre sa vie nationale. Trotsky, le chef du militarisme bolcheviste, sut imposer son plan de conqu&#234;te imp&#233;rialiste aux autres Bolchevistes, et en f&#233;vrier 1921, sans d&#233;claration de guerre, les arm&#233;es rouges command&#233;es par des g&#233;n&#233;raux tsaristes, envahirent la G&#233;orgie. Malgr&#233; une r&#233;sistance h&#233;ro&#239;que de toute la nation, le triomphe resta au nombre &#233;crasant des Russes, et la G&#233;orgie fut sovi&#233;tis&#233;e. Les r&#233;quisitions poursuivies m&#233;thodiquement, en vue de transporter en Russie toutes les richesses, toutes les denr&#233;es, caus&#232;rent en peu de temps la famine. Toute libert&#233; politique et civile fut supprim&#233;e, la Tch&#233;ka et l'arm&#233;e russe r&#233;gnant en ma&#238;tres tout puissants. Les &#233;l&#233;ments avanc&#233;s, socialistes et intellectuels furent arr&#234;t&#233;s comme otages. Jamais le r&#233;gime tsariste n'a caus&#233; autant de mis&#232;re, de d&#233;sespoir que le r&#232;gne sanguinaire des bolchevistes s'abritant. sons les plis du drapeau ronge, soi-disant socialiste. Toujours ami du peuple russe, le peuple g&#233;orgien est absolument uni dans sa demande d'&#234;tre lib&#233;r&#233; des arm&#233;es russes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En voyant qu'aucune propagande contre le pr&#233;tendu socialisme-marxisme bolcheviste n'&#233;tait possible en G&#233;orgie et que tout autre travail d'organisation sociale lui &#233;tait interdit sous le r&#233;gime de terreur en vigueur, Tcherkesov se d&#233;cida &#224; revenir en Europe pour d&#233;fendre les droits de son pays devant ceux qui sont convaincus que la libert&#233; et la justice doivent faire les bases de l'existence nationale et individuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tcherkesov a &#233;t&#233; actif jusqu'au moment o&#249; la maladie l'a terrass&#233;. Il a pris la parole en public, pour la derni&#232;re fois, le 30 mai 1921, au cours d'un meeting organis&#233; sur son initiative, en faveur des r&#233;volutionnaires emprisonn&#233;s en Russie. C'est un sujet qui ne laissait son esprit en repos, ni jour, ni nuit. Le meeting, pr&#233;sid&#233; par le syndicaliste Turner, fut un succ&#232;s. Quelques semaines avant sa mort, il s'occupait encore &#224; traduire une brochure publi&#233;e par des G&#233;orgiens en protestation contre le r&#233;gime bolcheviste et sa d&#233;fense plus ou moins avou&#233;e, par la d&#233;l&#233;gation des &lt;i&gt;Trade Unions&lt;/i&gt;, en Russie.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;small&gt;&lt;i class=&#034;fa-asterisk fas&#034;&gt;&lt;/i&gt;&lt;/small&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; donc quelques pages de la vie d'un homme qui a toujours travaill&#233; &#224; nous rapprocher de l'&#226;ge de la libert&#233; et de la solidarit&#233;, et qui a fait cela en cr&#233;ant autour de lui une atmosph&#232;re d'optimisme courageux, de camaraderie et de bons proc&#233;d&#233;s r&#233;ciproques, qui a enseign&#233; &#224; ceux que la propagande avait touch&#233;s, &#224; se sentir &lt;i&gt;at home &lt;/i&gt; dans l'anarchie. La G&#233;orgie telle qu'il la r&#234;vait nous, a toujours paru extraite d'une utopie libertaire. Puisse, en souvenir de Tcherkesov, ce r&#234;ve devenir une r&#233;alit&#233;, pour la G&#233;orgie et pour nous tous.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Tcherkesov (suite)</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Max Nettlau </dc:creator>


		<dc:subject>Tcherkesov</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Premier emprisonnement &lt;br class='autobr' /&gt;
Il entra en 1865, d&#232;s sa fondation, &#224; l'Acad&#233;mie agraire de P&#233;trovsk, &#224; huit kilom&#232;tres de Moscou. Les &#233;tudiants, &#224; cause de la distance, n'avaient pas la ressource de donner des le&#231;ons en ville selon la coutume russe, et ils furent amen&#233;s &#224; organiser leur vie d'une mani&#232;re &#233;conomique et solidaire, ce qui donna beaucoup de force &#224; la propagande qui fut faite parmi eux par Tcherkesov et d'autres. &#192; la suite de l'acte de Karakozov, en avril 1866, Tcherkesov fut en (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-plus-loin-no8-15-octobre-1925-" rel="directory"&gt;Plus Loin n&#176;8 - 15 octobre 1925&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-tcherkesov-384-+" rel="tag"&gt;Tcherkesov&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/sans_titre-6-3-e4a91.jpg?1774778137' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Premier emprisonnement&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il entra en 1865, d&#232;s sa fondation, &#224; l'Acad&#233;mie agraire de P&#233;trovsk, &#224; huit kilom&#232;tres de Moscou. Les &#233;tudiants, &#224; cause de la distance, n'avaient pas la ressource de donner des le&#231;ons en ville selon la coutume russe, et ils furent amen&#233;s &#224; organiser leur vie d'une mani&#232;re &#233;conomique et solidaire, ce qui donna beaucoup de force &#224; la propagande qui fut faite parmi eux par Tcherkesov et d'autres. &#192; la suite de l'acte de Karakozov, en avril 1866, Tcherkesov fut en quelque sorte impliqu&#233; dans les pers&#233;cutions et passait huit mois dans la Forteresse Pierre-et-Paul. Il lui fut interdit de fr&#233;quenter les &#233;coles sup&#233;rieures.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5096 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;27&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/5ce69e5b15e9f9270701cc5f.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH311/5ce69e5b15e9f9270701cc5f-94f23.jpg?1774778138' width='500' height='311' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Forteresse Pierre-et-Paul&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;L'ann&#233;e 1867 fut un temps d'isolement et d'inaction que Tcherkesov passa &#224; Petrograd. C'est l&#224; qu'en 1868 on recommen&#231;a &#224; s'organiser en tout petit, en fondant un restaurant coop&#233;ratif qui attire les &#233;tudiants. Un groupe s'organise dont est Tkatchev, d&#233;mocrate et blanquiste, qui a d&#233;j&#224; un pass&#233; r&#233;volutionnaire. Ce groupe envoie m&#234;me Botchkarov en Suisse explorer l'&#233;migration o&#249; des &#233;tudiants r&#233;fugi&#233;s, venus de Kazan, &#233;taient d&#233;j&#224; &#224; l'&#339;uvre. Tcherkesov leur fait parvenir 50 roubles pour aider &#224; la premi&#232;re &#233;dition du livre &lt;i&gt;Que faire ?&lt;/i&gt;. Ce maladroit de Botchkarov ne rencontre pas Bakounine, mais il rapporte le premier num&#233;ro du journal russe de celui-ci,&lt;i&gt; La Cause du Peuple &lt;/i&gt; (septembre 1868) qui est d&#233;vor&#233; par le groupe, est copi&#233; maintes fois en manuscrit et qui circule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y avait &#224; Petrograd une bonne biblioth&#232;que d'&#233;crits r&#233;volutionnaires, form&#233;e secr&#232;tement par les &#233;tudiants du temps de Tchernychevsky. Lors des poursuites de 1866, elle connut de grands risques, mais des &#233;tudiants g&#233;orgiens l'emport&#232;rent au minist&#232;re de la Guerre chez la femme du ministre, le fameux Milioutine. Cette femme &#233;tait une G&#233;orgienne et elle prit le d&#233;p&#244;t d'accord avec son mari. En 1868, la biblioth&#232;que fut reprise par le groupe. Voil&#224; un exemple de l'intervention amicale de ces femmes g&#233;orgiennes qui, r&#233;pandues dans les hauts milieux russes, surent souvent &#234;tre utiles &#224; leurs jeunes compatriotes. Ceux-ci furent de tous les mouvements r&#233;volutionnaires et y repr&#233;sent&#232;rent un &#233;l&#233;ment tr&#232;s pur et d&#233;vou&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tcherkesov, &#224; cette &#233;poque, gr&#226;ce &#224; Botchkarov, entra aussi en relation avec des jeunes Serbes, Sava Grouitch (futur ministre de la Guerre), Nikolitch et Svetozar Mak&#233;vitch, le fondateur du socialisme serbe, &#171; trouv&#233; mort &#187; en prison au temps de Milan. Grouitch avait &#233;t&#233; &#224; Berlin et connaissait des ouvrages de Lassalle, mais tous trois ne connaissaient, comme progressistes russes, que les slavophiles de la nuance Aksakov, et dans l'intimit&#233; ils les trouvaient bien r&#233;actionnaires. Tcherkesov leur dessilla les yeux, leur fit lire les articles de Tchernychevsky, notamment son fameux &#233;reintement du panslavisme (&lt;i&gt;Manque de tact national&lt;/i&gt;). Ils en furent enchant&#233;s et se rapproch&#232;rent du cercle o&#249; on lisait Bakounine. Mais ils durent partir bient&#244;t.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les intrigues de Netcha&#239;ev&lt;/h3&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5084 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH244/sans_titre-2-25-e1f1e-2edca.jpg?1774778138' width='150' height='244' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Netcha&#239;ev&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ce milieu que Netcha&#239;ev fut introduit ; et ainsi Tcherkesov le connut d&#232;s la premi&#232;re heure. On sait que c'&#233;tait un homme d'origine populaire, devenu instituteur, anim&#233; d'une haine violente contre le syst&#232;me tsariste et bourgeois, d&#233;sireux d'agir et surtout de faire agir cette masse d'&#233;tudiants et d'autres sympathisants qu'il traitait un peu trop en simple chair &#224; conspiration et &#224; r&#233;volution. Il voulait coordonner au plus vite, par tous les moyens, au besoin en abusant les gens et en employant tous ces mouvements o&#249; le d&#233;vouement &#224; la cause n'allait pourtant pas jusqu'&#224; mettre tout sur une carte. Cette mani&#232;re de forcer la r&#233;volution comme on force une plante dans une serre chaude lui r&#233;ussit aupr&#232;s de beaucoup de monde et lui soumit leurs volont&#233;s, celle de Bakounine, entre autres, d'une mani&#232;re extraordinaire. C'est l&#224; un sujet &#224; part que j'ai examin&#233; d'assez pr&#232;s, car il a plu &#224; la calomnie marxiste de confondre perfidement l'action de Netcha&#239;ev et celle de Bakounine, et il faut d&#233;brouiller tout cela comme du fil entortill&#233;. Ce que Tcherkesov m'en a racont&#233; m'a beaucoup aid&#233;, et j'ai pu donner au moins un r&#233;sum&#233; de ces d&#233;tails nombreux dans un long article sur Bakounine et le mouvement r&#233;volutionnaire russe de 1868 &#224; 1873, publi&#233; en 1916.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il suffit de dire ici que Tcherkesov eut une connaissance intime et parfaite des origines de cette affaire, mais il dut bient&#244;t partir pour Moscou (22 d&#233;cembre) o&#249; il rencontre Ouspenski, l'&#226;me du mouvement local, Tkatchev, qui apporte des nouvelles de Petrograd, etc. ; mais, en mars 1869 d&#233;j&#224;, les arrestations commencent. Netcha&#239;ev part pour Gen&#232;ve et s'y pr&#233;sente chez Bakounine avec la pr&#233;tention d'&#234;tre la cheville de tous ces mouvements, ce qui &#233;tait une exag&#233;ration absurde. De son c&#244;t&#233;, Tcherkesov devenait &#171; l'homme ill&#233;gal &#187;, le premier en Russie, a-t-il dit, c'est-&#224;-dire qu'au lieu d'attendre d'&#234;tre arr&#234;t&#233;, il devint l'ing&#233;nieur un tel, et s'en alla tracer un chemin de fer de Rostov au Caucase. Par ce travail, il gagna de l'argent qui, dans l'automne, fut tr&#232;s utile &#224; la cause et indispensable aux op&#233;rations de sauvetage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Netcha&#239;ev &#233;tait revenu &#224; Moscou ; il avait pu rentrer en Russie par le Midi, avec l'aide de ses camarades bulgares de Bakounine, r&#233;fugi&#233;s en Roumanie. Il se transporte d'abord chez Tcherkesov (3 septembre) auquel il veut en imposer par son importance et des r&#233;cits exag&#233;r&#233;s sur son &#339;uvre &#224; l'&#233;tranger ; mais Tcherkesov ne se laisse pas prendre &#224; ces vantardises. Toutefois, pour donner &#224; Netcha&#239;ev des facilit&#233;s de propagande r&#233;volutionnaire, il le pr&#233;sente &#224; Ouspenski, Pryzhov, Kouznelsev, Ripman, c'est-&#224;-dire &#224; des camarades &#233;prouv&#233;s de Moscou et de l'Acad&#233;mie agraire de P&#233;trovsk o&#249; Tcherkesov avait gard&#233; beaucoup de relations et qui devint l'asile et le foyer de la nouvelle organisation. Tcherkesov se donnait &#233;galement beaucoup de peine pour rallier les &#233;tudiants de l'Universit&#233; au mouvement et nous trouvons ici pour la premi&#232;re fois les noms de Oelsnilz, Holstein, Smirnov, comme celui de Ralli (Zamfir C. Arbore) para&#238;t d&#233;j&#224; &#224; Petrograd l'hiver pr&#233;c&#233;dent. Ce furent, &#224; l'exception de Smirnov, les collaborateurs intimes de Bakounine en 1872-73.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La propagande de Netcha&#239;ev d&#233;tourna les &#233;tudiants de P&#233;trovsk de l'id&#233;e d&#233;sesp&#233;r&#233;e, alors en vogue, de se d&#233;sint&#233;resser de la Russie et d'&#233;migrer en masse en Am&#233;rique (id&#233;e qui fut r&#233;alis&#233;e individuellement par quelques autres, ailleurs, N. Tcha&#239;kovski, Ross et autres). Il les fascina par la fiction d'une grande r&#233;volution paysanne qu'il pr&#233;tendait devoir &#233;clater en 1870. Pour comprendre le succ&#232;s de Netcha&#239;ev, il ne faut pas perdre de vue que vers la fin de 1869 tous les &#233;l&#233;ments sympathiques aux id&#233;es r&#233;volutionnaires et socialistes s'attendaient, comme le gouvernement lui-m&#234;me, vers le milieu de 1870, &#224; une r&#233;volte parmi les paysans qui n'avaient pas &#233;t&#233; compl&#232;tement lib&#233;r&#233;s en 1861. D&#233;j&#224; en 1861 il y avait eu des r&#233;voltes, mais c'est seulement &#224; Kazan que les intellectuels et la jeunesse r&#233;volutionnaire les avaient soutenues. &#192; la r&#233;volte attendue et esp&#233;r&#233;e, Netcha&#239;ev et ses amis, y compris Bakounine, Ouspenski, Tkatchev et autres, voulaient prendre une part active.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Netcha&#239;ev pouvait compter sur le d&#233;vouement de toute cette jeunesse, mais au lieu de s'acheminer peu &#224; peu de la fiction &#224; une r&#233;alit&#233; d'abord modeste, puis grandissante, son autoritarisme extr&#234;me, effr&#233;n&#233;, lui fit employer des moyens d&#233;testables, exigeant continuellement des devoirs impos&#233;s au nom d'une dictature invisible, sur l'existence de laquelle, en dehors de sa propre personne, des doutes commen&#231;aient &#224; s'&#233;lever. Alors, pour affermir son autorit&#233;, il assassina simplement le seul homme, l'&#233;tudiant Ivanov, qui lui avait jet&#233; un d&#233;fi ; et cela avec pr&#233;m&#233;ditation et de fa&#231;on &#224; impliquer ses principaux camarades dans la pr&#233;paration et les d&#233;tails de l'assassinat. Puis il partit, et bient&#244;t, &#224; la suite de la d&#233;couverte du cadavre, les autres furent arr&#234;t&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5097 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH206/___2-29a30-9aa04.jpg?1774724085' width='150' height='206' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Tcherkesov &lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Si Tcherkesov avait &#233;t&#233; l&#224;, il aurait probablement ri au nez de Netcha&#239;ev et emp&#234;ch&#233; cet acte de m&#233;lodrame. Mais il &#233;tait &#224; son chemin de fer ou cours des semaines d&#233;cisives et rentra juste &#224; Moscou lorsque le malheur venait de se produire. Les arrestations commen&#231;aient ; chez Ouspenski, de vraies archives de documents compromettants furent imm&#233;diatement d&#233;couverts. Tcherkesov se d&#233;voua alors au sauvetage, louant des chambres qui servaient d'asile, avertissant les camarades de Petrograd. trouvant l'argent et une femme m&#234;me qui assur&#232;rent &#224; Netcha&#239;ev son d&#233;part de Toula pour l'&#233;tranger en toute s&#233;curit&#233;, etc. Il passa ces semaines mouvement&#233;es de la fin de 1869 &#224; Moscou, voyant peu &#224; peu tout le monde arr&#234;t&#233; et sentant le cercle se resserrer autour de lui de jour en jour. Enfin une imprudence de Nikola&#239;ev compromit son dernier asile et il fut arr&#234;t&#233; le 29 d&#233;cembre 1869. Homme sociable avant tout, il fut presque content de partager enfin le sort de tous ces camarades.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La d&#233;portation&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement fit un proc&#232;s monstre &#224; 84 des quelques 180 personnes compromises dans cette affaire (juillet-ao&#251;t 1871). Le compte rendu complet, les documents r&#233;volutionnaires m&#234;mes furent publi&#233;s par les journaux quotidiens, ce qui fut fait en vue de discr&#233;diter les r&#233;volutionnaires, but qui fut compl&#232;tement manqu&#233;. Ce qui f&#251;t discr&#233;dit&#233; ce fut le syst&#232;me de la dictature, de l'ob&#233;issance aveugle. Depuis lors, pendant de longues ann&#233;es, les nouveaux mouvements russes furent empreints de l'esprit de libert&#233;, de vraie solidarit&#233;, de confiance mutuelle et bas&#233;s sur l'accord volontaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Presque tous les accus&#233;s principaux se sentaient d&#233;moralis&#233;s par la honte d'avoir &#233;t&#233; les dupes, les marionnettes d'un faiseur habile. Du reste, pour quelques-uns, cette attitude put &#234;tre un moyen pour se d&#233;charger eux-m&#234;mes aux d&#233;pens de Netcha&#239;ev, r&#233;fugi&#233; &#224; l'&#233;tranger et qui avait bon dos. En outre, il pouvait para&#238;tre utile de confirmer l'accusation dans ses assertions pour sauver les parties et ramifications peut-&#234;tre importantes du mouvement qui ne furent jamais d&#233;couvertes. Il faut donc utiliser ces nombreux mat&#233;riaux avec beaucoup de circonspection. Mais quant &#224; Tcherkesov, il me para&#238;t nettement qu'il fut le seul des accus&#233;s en vue qui affronta l'accusation avec une s&#233;r&#233;nit&#233; non &#233;branl&#233;e. Il n'avait pas &#233;t&#233; le dupe de Netcha&#239;ev et n'avait pas non plus particip&#233; aux machinations de celui-ci ; par contre, il avait organis&#233; les sauvetages et celui de Netcha&#239;ev lui-m&#234;me, et tenu en &#233;chec les poursuites pendant des semaines. Il n'avait jamais perdu la t&#234;te ; et il s'&#233;tonne encore du peu de vraies donn&#233;es que la police et l'accusation surent rassembler &#224; l'aide de tous leurs moyens d'inquisition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a du reste de lui un document tr&#232;s int&#233;ressant lu au proc&#232;s, une lettre &#224; Ivan Likhoutine qui donne la caract&#233;ristique de Netcha&#239;ev et qui montre que lui, seul des accus&#233;s, l'avait su p&#233;n&#233;trer. J'avais devin&#233; qu'il en &#233;tait l'auteur et il a confirm&#233; mon hypoth&#232;se en 1913.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 18 ao&#251;t 1871, Tcherkesov fut condamn&#233; &#224; la d&#233;portation &#224; vie dans le Gouvernement, de Tomsk (Sib&#233;rie Occidentale) avec internement d'un an et demi dans la m&#234;me localit&#233; et d&#233;fense de sortir du Gouvernement pendant cinq autres ann&#233;es. Cependant, on le garda en Russie jusqu'au 28 novembre 1873, et ce n'est qu'apr&#232;s quatre ans de prison qu'il fut d&#233;port&#233; en Sib&#233;rie.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Fuite de Sib&#233;rie, L'action &#224; Londres, Gen&#232;ve et Paris&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le voil&#224; donc &#224; Tomsk, o&#249; Bakounine aussi avait &#233;t&#233; d&#233;port&#233; de 1857 &#224; 1859. Il gagne sa vie au moyen de quelque travail technique ou des le&#231;ons. Puis, en janvier 1876, il s'&#233;vade, ce qui &#233;tait alors tr&#232;s rare (Sokolov et Lopatine seuls l'avaient pr&#233;c&#233;d&#233;, v. &lt;i&gt;Materialy &lt;/i&gt; x, p. 221). Cette fuite, gr&#226;ce &#224; quelque argent et &#224; un bon passeport, fut un simple voyage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il comptait rester &#224; Moscou, mais justement, entre deux mouvements, il n'y avait rien &#224; faire pour un r&#233;volutionnaire. On lui conseilla de passer &#224; l'&#233;tranger. Il s'arr&#234;ta &#224; Petrograd o&#249; le docteur Weimar, l'ami de tous les r&#233;volutionnaires, lui fit bon accueil. Lui et ses amis Klementz, Stepniak, Perovska&#239;a, etc. persuad&#232;rent Tcherkesov de partir pour Londres pour faire la revue de la vie russe dans le journal &lt;i&gt;Vperod&lt;/i&gt;, de Lavrov, ce qu'il fit, depuis avril jusqu'&#224; octobre 1876, quand il pr&#233;f&#233;ra aller en Suisse o&#249; les anciens camarades de Bakounine, Ralli, Oelsnitz, Holstein, le groupe du &lt;i&gt;Rabotnik &lt;/i&gt; (&lt;i&gt;L'Ouvrier&lt;/i&gt;), &#233;ditaient toujours des publications russes de tendance anarchiste mod&#233;r&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De v&#233;ritable coop&#233;ration avec ces hommes d&#233;j&#224; fatigu&#233;s, il ne pouvait gu&#232;re &#234;tre question. Toutefois la pr&#233;sence de Tcherkesov dans ce milieu est attest&#233;e par exemple par une lettre de Ralli &#224; James Guillaume (14 juillet 1877), lui r&#233;clamant, en vain, le pr&#234;t de l'imprimerie russe de Ross (arr&#234;t&#233; en Russie) et offrant la garantie et la responsabilit&#233; &#171; de D. Klementz Joukowsky, Ralli, Tcherkesov et peut-&#234;tre de Kropotkine &#187;. Kropotkine non plus ne partageait pas les id&#233;es sp&#233;ciales de ce groupe ; cependant une circulaire imprim&#233;e (exp&#233;di&#233;e le 12 avril 1877) du groupe parent de langue fran&#231;aise &#171; La Commune &#187; nous fait conna&#238;tre que Klementz et Kropotkine avaient adress&#233; &#224; ce groupe un projet de &#171; Dictionnaire socialiste &#187; (qui ne fut jamais publi&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5099 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;10&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/sergius_stepniak_by_elliott___fry.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH212/sergius_stepniak_by_elliott___fry-5d06f-cf59b.jpg?1774778138' width='150' height='212' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Stepniak&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;De son c&#244;t&#233;, Tcherkesov avait pris l'initiative d'organiser d'une part une biblioth&#232;que pour les &#233;tudiants et les &#233;migr&#233;s russes, de l'autre, une caisse de secours mutuel et la publication d'un journal socialiste et r&#233;volutionnaire en langue russe intitul&#233;e &lt;i&gt;Obtchina &lt;/i&gt; (Commune) et qui parut en 1878. Gr&#226;ce &#224; ces trois entreprises, la vie des &#233;l&#233;ments r&#233;volutionnaires russes devenait plus saine et agr&#233;able. Au journal collabor&#232;rent Stepniak, Klementz, Axelrod, Deutsch (pas encore marxiste &#224; cette &#233;poque) et autres. &#192; Gen&#232;ve et dans le Jura, dans le milieu russe et celui de la F&#233;d&#233;ration jurassienne, l'amiti&#233; se cimenta alors par la vie avec Kropotkine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tcherkesov fit &#233;galement la connaissance de Malatesta qu'une vraie odyss&#233;e de Naples en &#201;gypte, en Syrie, en Asie Mineure, a Marseille, avait conduit &#224; Gen&#232;ve pour quelques mois, apr&#232;s lesquels, au printemps 1879, il fut expuls&#233; de Suisse d'o&#249; il se rendit en Roumanie et de l&#224; &#224; Paris pour y &#234;tre expuls&#233; de nouveau quelque temps apr&#232;s, &#8212; deux fois m&#234;mes : une fois sous son nom, la seconde fois sous un autre nom &#8212; quitte &#224; rentrer de nouveau pour passer cette fois six mois en prison ; on le trouve ensuite &#224; Lugano o&#249; il est arr&#234;t&#233; et expuls&#233;, et &#224; Bruxelles o&#249; il ne put pas rester non plus, et enfin il arrive pour la premi&#232;re fois &#224; Londres ! Ce qui ne l'emp&#234;cha pas d'&#234;tre pr&#233;sent, avec Kropotkine et le groupe de Gen&#232;ve, tel soir de f&#233;vrier 1879 dans un petit caf&#233;, lorsque le premier num&#233;ro du &lt;i&gt;R&#233;volt&#233; &lt;/i&gt; fut exp&#233;di&#233; et que Tcherkesov enseigna aux camarades l'art de plier un journal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Paris aussi, Tcherkesov et Malatesta, ainsi que Cafiero, se virent souvent et assistaient en 1879-80 &#224; toutes ces petites r&#233;unions des groupes naissants o&#249; l'id&#233;e anarchiste fit son &#233;closion, chaleureusement d&#233;fendue contre ses adversaires n&#233;s, guesdistes et blanquistes. Apr&#232;s quelques temps, Tcherkesov fut expuls&#233; &#224; la suite de l'assassinat d'Alexandre II et dut se replier sur Gen&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces ann&#233;es de 1877 &#224; 1882 ou 1883 entre Gen&#232;ve, Paris et le Jura, camarade et ami du &lt;i&gt;R&#233;volt&#233;&lt;/i&gt;, de Kropotkine, des Italiens, des Jurassiens et de beaucoup de Russes et G&#233;orgiens, furent une &#233;poque &#224; jamais m&#233;morable et heureuse pour Tcherkesov qui depuis longtemps avait fait, du milieu des camarades, sa vraie patrie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le hasard voulut que cet homme aimable et internationaliste, autonomiste convaincu, f&#238;t alors son d&#233;but, litt&#233;raire par une longue brochure de pol&#233;mique v&#233;h&#233;mente contre Michel Dragomanov, le socialiste f&#233;d&#233;raliste oukra&#239;nien demeurant dans ces ann&#233;es &#224; Gen&#232;ve. Ce professeur distingu&#233; de l'Universit&#233; de Kiev, en exil et avec qui Tcherkesov &#233;tait en relations tr&#232;s amicales, publia, sous l'impression de l'assassinat d'Alexandre II, une brochure fran&#231;aise intitul&#233;e &lt;i&gt;Le Tyrannicide&lt;/i&gt;, d'un tel caract&#232;re que beaucoup d'amis comme Kropotkine, &#201;lis&#233;e Reclus, Lefran&#231;ais en furent tellement d&#233;go&#251;t&#233;s qu'ils la lui renvoy&#232;rent. Non seulement Dragomanov ne changea pas d'id&#233;es, mais il commen&#231;a &#224; collaborer au journal &lt;i&gt;Volno&#239;&#233; Slovo&lt;/i&gt; (Libre Parole) publi&#233; par l'agent de l'association secr&#232;te contre-r&#233;volutionnaire de Petrograd, la &lt;i&gt;Svachtchenna&#239;a Droujma&lt;/i&gt; (Sainte Milice) dont le chef &#233;tait le ministre de la Cour imp&#233;riale, le comte Vorontso-Dachkov. Tcherkesov s'effor&#231;a de persuader Dragomanov de rompre avec ce journal, mais Dragomanov s'obstina dans ses attaques contre les nations russe et polonaise. Le r&#233;sultat en fut cette brochure contre Dragomanov qui compromettait le socialisme, le f&#233;d&#233;ralisme et la solidarit&#233; internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une r&#233;union tenue &#224; Paris pas longtemps avant la mort d'Alexandre II, o&#249; Plekhanov, venu de Russie, condamna le terrorisme r&#233;volutionnaire et o&#249; Lavrov fit un discours d'un dogmatisme &#233;c&#339;urant, Tcherkesov fit un franc appel &#224; la continuation de la lutte.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5098 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;19&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH200/s_perovskaya-94934-5fe13.jpg?1774778138' width='150' height='200' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Sophie Perovska&#239;a&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Lorsque le tsar fut tu&#233; et que Sophie Perovska&#239;a et les autres furent pendus apr&#232;s une longue agonie due &#224; la maladresse du bourreau, Kropotkine en fut si &#233;mu qu'&#224; Gen&#232;ve, au comit&#233; ex&#233;cutif, il s'offrit avec sa femme de rentrer en Russie pour prendre part &#224; la lutte. Stepniak refusa d'accepter ce sacrifice et Tcherkesov s'appliqua &#224; convaincre Kropotkine de l'utilit&#233; de sa pr&#233;sence au Congr&#232;s r&#233;volutionnaire de Londres (&#233;t&#233; 1881) ; ces deux amis, consid&#233;rant qu'il appartenait avant tout &#224; son &#339;uvre d'id&#233;es, lui firent ainsi passer cette crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s son retour de Londres, Kropotkine fut expuls&#233; de Suisse. Les pers&#233;cutions en France, du c&#244;t&#233; de Lyon, devenaient plus pressantes et, en Suisse m&#234;me, la chasse fut bient&#244;t faite aux anarchistes. Les amis qui connaissaient les relations intimes de Tcherkesov avec les camarades de Lyon lui conseill&#232;rent de partir, et au commencement de 1883 il dispara&#238;t compl&#232;tement, absorb&#233;, englouti, dirait-on, par l'Orient.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;i&gt;(A suivre)&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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