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	<title>PARTAGE NOIR</title>
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		<title>PARTAGE NOIR</title>
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		<title>Du &#171; Libertaire &#187; au &#171; Monde Libertaire &#187; apr&#232;s la Seconde Guerre mondiale</title>
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		<dc:date>2024-02-26T23:05:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Maurice Joyeux</dc:creator>


		<dc:subject>Maurice Joyeux</dc:subject>
		<dc:subject>&lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>Henri Bouy&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Suzy Chevet</dc:subject>
		<dc:subject>Louis Mercier-Vega</dc:subject>
		<dc:subject>Gaston Leval</dc:subject>
		<dc:subject>Georges Brassens</dc:subject>
		<dc:subject>Volont&#233; Anarchiste</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le jeudi 21 d&#233;cembre 1944, &lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt; repara&#238;t : quatre pages sous un format r&#233;duit, avec ce sous-titre : &#171; S&#233;bastien Faure et Louise Michel : fondateurs &#187;. Il est bi-mensuel et va le rester pendant plus d'une ann&#233;e. Son format est r&#233;duit &#224; l'image de la presse de ces temps difficiles. Cependant, m&#234;me si les caract&#232;res du titre sont rest&#233;s les m&#234;mes, sa pr&#233;sentation est bien diff&#233;rente. Les articles sont courts, le contenu englobe toute l'activit&#233; politique, sociale, culturelle de l'&#233;poque. C'est, compte-tenu des circonstances, un bon journal. Les hommes et les femmes qui vont l'animer sont mes contemporains. Citons Henri Bouy&#233;, Vincey, Durand, Suzy Chevet, auxquels, sortant de Montluc, je vais bient&#244;t me joindre. Si l'on voulait qualifier ce premier num&#233;ro et ceux qui vont suivre, on pourrait dire qu'il s'en d&#233;gage un air de puritanisme que l'absence de signatures conforte. Dans ce premier num&#233;ro, un &#233;ditorial d&#233;finit bien le projet anarchiste au lendemain de l'Occupation, alors que la guerre n'est pas termin&#233;e. On y trouve aussi un article de caract&#232;re syndical, un autre sur l'Espagne, un autre encore sur la guerre, et de multiples &#233;chos. Sous son vernis moderne, &lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt; est reparti d'un bon pied. Il va atteindre rapidement le millier d'abonn&#233;s. Il sera tir&#233; &#224; 10 000 exemplaires, dont 5 ou 6 000 vont &#234;tre vendus (ce qui est sa vitesse de croisi&#232;re) avant de faire beaucoup mieux par la suite.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-25-du-libertaire-au-monde-libertaire-histoire-du-journal-de-l-" rel="directory"&gt;25 - Du &#171; Libertaire &#187; au &#171; Monde libertaire &#187; : Histoire du journal de l'organisation des anarchistes - Maurice Joyeux&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-maurice-joyeux-314-+" rel="tag"&gt;Maurice Joyeux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-le-libertaire-+" rel="tag"&gt;&lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-henri-bouye-353-+" rel="tag"&gt;Henri Bouy&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-suzy-chevet-+" rel="tag"&gt;Suzy Chevet&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-gaston-leval-+" rel="tag"&gt;Gaston Leval&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-volonte-anarchiste-302-+" rel="tag"&gt;Volont&#233; Anarchiste&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/libertaire001-1-98560.jpg?1774694508' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Libertaires nous f&#251;mes, libertaires nous demeurons, libertaires nous entendons demeurer, quoi qu'il advienne. Les ennemis de la libert&#233;, les oppresseurs du peuple se succ&#232;dent, notre position doctrinale, elle, demeure inchangeable. Notre activit&#233; peut varier dans ses formes, nos principes fondamentaux n'en d&#233;plaise &#224; certains doctrinaires trop press&#233;s &#8211; sont immuables et ne sont pas &#224; r&#233;viser !&lt;/q&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt; n&#176; 1, d&#233;cembre 1944, &#233;ditorial. &lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le jeudi 21 d&#233;cembre 1944, &lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt; repara&#238;t : quatre pages sous un format r&#233;duit, avec ce sous-titre : &#171; S&#233;bastien Faure et Louise Michel : fondateurs &#187;. Il est bi-mensuel et va le rester pendant plus d'une ann&#233;e. Son format est r&#233;duit &#224; l'image de la presse de ces temps difficiles. Cependant, m&#234;me si les caract&#232;res du titre sont rest&#233;s les m&#234;mes, sa pr&#233;sentation est bien diff&#233;rente. Les articles sont courts, le contenu englobe toute l'activit&#233; politique, sociale, culturelle de l'&#233;poque. C'est, compte-tenu des circonstances, un bon journal. Les hommes et les femmes qui vont l'animer sont mes contemporains. Citons Henri Bouy&#233;, Vincey, Durand, Suzy Chevet, auxquels, sortant de Montluc, je vais bient&#244;t me joindre. Si l'on voulait qualifier ce premier num&#233;ro et ceux qui vont suivre, on pourrait dire qu'il s'en d&#233;gage un air de puritanisme que l'absence de signatures conforte. Dans ce premier num&#233;ro, un &#233;ditorial d&#233;finit bien le projet anarchiste au lendemain de l'Occupation, alors que la guerre n'est pas termin&#233;e. On y trouve aussi un article de caract&#232;re syndical, un autre sur l'Espagne, un autre encore sur la guerre, et de multiples &#233;chos. Sous son vernis moderne, &lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt; est reparti d'un bon pied. Il va atteindre rapidement le millier d'abonn&#233;s. Il sera tir&#233; &#224; 10 000 exemplaires, dont 5 ou 6 000 vont &#234;tre vendus (ce qui est sa vitesse de croisi&#232;re) avant de faire beaucoup mieux par la suite.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_4762 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;47&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/pdf/libertaire001.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 3.4 Mio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH229/ttttttttttt-3b1f2-b53b7.jpg?1774717138' width='150' height='229' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;&lt;small&gt;&lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt; n&#176; 1 &lt;br&gt;du 21 d&#233;cembre 1944&lt;/small&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Peu &#224; peu, le journal renoue avec son pass&#233;, et &#224; l'occasion des &#233;lections, dans son num&#233;ro d'avril 1945, il titre sur toute la largeur de la page : &#171; La libert&#233; n'est pas dans les urnes &#187;. Enfin, une note annonce que le journal est dans ses meubles au 145, quai Valmy. Il y restera dix ans. On m'excusera de citer le num&#233;ro 4, celui de mai 1945, dans lequel, sortant de prison, para&#238;t mon premier article sous ce titre : &#171; Vive le Premier Mai de lutte de classes &#187; et dans lequel, avec un peu de na&#239;vet&#233;, j'&#233;cris : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;En cette fin de guerre qui ne lui fait pas oublier que le brigandage officiel repr&#233;sent&#233; par le capitalisme et par l'&#201;tat continue, le mouvement anarchiste tient &#224; souligner la signification historique et r&#233;volutionnaire du Premier Mai (...). Pour la destruction du capitalisme ! Pour la disparition de l'&#201;tat, diviseur du Peuple ! A bas toutes les dictatures ! Pour la r&#233;volution sociale !&lt;/q&gt;. Les mauvaises langues trouveront peut-&#234;tre que mon style n'a pas beaucoup vari&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; Mai 1945, avec Suzy Chevet, nous allons vendre ce journal &#224; la cri&#233;e dans le vieux faubourg Saint-Martin, et nous serons &#233;tonn&#233;s de la sympathie que nous t&#233;moignera cette population qui vient d'&#234;tre lib&#233;r&#233;e. Parmi les Parisiens qui nous entourent, une figure populaire du &lt;i&gt;Libertaire &lt;/i&gt; de l'entre-deux-guerres, Louis Lor&#233;al &#8211; qui pendant l'Occupation prit le mauvais chemin, et il ne sera pas le seul &#8211;, aigri, nous expose les raisons de son attitude ! Que dire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Naturellement, lorsque la presse est reparue, nous avons eu quelques difficult&#233;s &#224; obtenir les bons donnant droit au papier n&#233;cessaire au tirage qui &#233;tait s&#233;rieusement contingent&#233;. Il faudra qu'&#224; la tribune du Parlement, Edouard Herriot auquel nous nous sommes adress&#233;s &#8211; proclame que &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;dans ce pays, la parution du &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;Libertaire&lt;/span&gt; est la marque infaillible que la d&#233;mocratie est r&#233;tablie&lt;/q&gt; pour que les tracasseries administratives cessent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il faudra attendre la reconstitution de l'organisation, la F&#233;d&#233;ration anarchiste en l'occurrence, pour qu'en avril 46 le journal redevienne hebdomadaire. Un titre au vitriol salue l'&#233;v&#233;nement : &#171; Quel que soit le moment de scrutin, les &#233;lections ne changent rien &#187;. Ce qui s'av&#233;ra parfaitement exact ! A la fin avril, &lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt; para&#238;t dans un format normal pour l'&#233;poque, et un congr&#232;s d&#233;cide que les articles seront de nouveau sign&#233;s par leurs auteurs. J'&#233;cris dans l'&#233;ditorial de notre journal enfin &#171; normalis&#233; &#187; : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;C'est l'action directe r&#233;volutionnaire, la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale expropriatrice, qui permettra aux travailleurs en r&#233;volte de se d&#233;barrasser du fardeau d'un r&#233;gime qui les &#233;crase&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1845 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;13&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH200/henri-bouye-1955-ad8ba-21f51-33335.png?1774717138' width='150' height='200' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Henri Bouy&#233; &lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s une ann&#233;e d'efforts, et en dehors de ceux dont l'attitude, pendant l'Occupation, avait paru discutable, les diverses tendances de l'anarchie se sont regroup&#233;es au sein de la F&#233;d&#233;ration anarchiste, et ce sont les noms de ceux qui sont absents dans les colonnes du journal qui, une fois de plus, dessinent le vrai visage de l'organisation. Parmi les militants qui &#233;crivent, on rel&#232;ve Andr&#233; Prudhommeaux, Marcel Lepoil, Parsol (qui est le pseudonyme de Ridel, alias Mercier, un ancien du &lt;i&gt;Libertaire &lt;/i&gt; d'entre les deux guerres), Marcel Planche, Bouy&#233;, Lefranc (qui est le pseudonyme de Leval), Armand Robin. A vrai dire, ces signatures n'&#233;clairent pas beaucoup les chercheurs qui veulent reconstituer l'histoire de notre mouvement. Ce sont des pseudonymes pour la plupart. Pour ma part, et d&#232;s cette &#233;poque, j'ai toujours condamn&#233; cette pratique qu'on veut parfois justifier par la crainte de la police ou du patron. Si j'ai quelquefois sign&#233; Montluc ou Vancia certains de mes articles, c'est pour ne pas faire de &#171; doublons &#187; dans les colonnes d'un journal, o&#249;, pendant de nombreuses ann&#233;es, j'ai pratiquement &#233;crit tous les &#233;ditoriaux. C'est pour ce &lt;i&gt;Libertaire &lt;/i&gt; de 1956 que Georges Brassens travaillera comme grouillot, aupr&#232;s de Lepoil puis de Prudhommeaux qui assureront successivement la mise en page. Je crois, sans en &#234;tre vraiment s&#251;r, que les bouts d'articles humoristiques sign&#233;s Charles Brens sont de lui. C'est dans le num&#233;ro d'octobre 1946 que j'ai retrouv&#233; ce merveilleux article d'Armand Robin : &#171; L'assassinat des po&#232;tes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1854 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;16&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH170/georges_vincey-d13d1-386ad.jpg?1774717138' width='150' height='170' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Georges Vincey&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Au lendemain de la guerre, nous b&#233;n&#233;ficions, comme les autres organisations qui se r&#233;clament sous une forme ou sous une autre du mouvement r&#233;volutionnaire, d'un afflux d'adh&#233;rents dont tous ne seront pas de la meilleure cuv&#233;e. Notre journal se porte bien, avec, naturellement, des hauts et des bas qui se discernent au nombre de pages de l'hebdomadaire. Nous vendrons 15 000 &#224; 20 000 exemplaires pour un tirage de 30 000. Certains de nos num&#233;ros sp&#233;ciaux, comme celui sur l'Espagne, atteindront 50 000 exemplaires. Mais le record sera pulv&#233;ris&#233; par le num&#233;ro sp&#233;cial sur la gr&#232;ve Renault de 1947. Nous en tireront 100 000 exemplaires et nous les vendrons ! Pendant cette p&#233;riode, nous fr&#244;lerons les 2 000 abonn&#233;s, le r&#234;ve jamais atteint de Georges Vincey, l'administrateur de nos publications.&lt;i&gt; Le Libertaire&lt;/i&gt;, qui l'e&#251;t cru, est devenu un journal agr&#233;able &#224; regarder. Il est agr&#233;ment&#233; de photos, de dessins humoristiques, de nombreux &#171; cabochons &#187; pour s&#233;parer les articles. Sa page artistique est bien fournie, sa page syndicale est lue dans le monde ouvrier. Nous sommes en p&#233;riode d'euphorie. Cela ne durera pas !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut &#233;taler sur cinq ans la marche ascendante de notre journal, ce qui donne la temp&#233;rature de la F&#233;d&#233;ration anarchiste ; cinq ann&#233;es o&#249;&lt;i&gt; Le Libertaire&lt;/i&gt; sera pr&#233;sent dans tous les &#233;v&#233;nements qui bouscul&#232;rent la vie politique et sociale du pays. L'ann&#233;e 1947 est marqu&#233;e par la grande gr&#232;ve des cheminots et par la gr&#232;ve sauvage chez Renault. Dans le num&#233;ro du 8 mai 1947, l'&#233;ditorial proclame : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Les m&#233;tallos de la r&#233;gie Renault sont en gr&#232;ve contre les directions syndicales tra&#238;tres. Le comit&#233; de gr&#232;ve, organisme sorti spontan&#233;ment de la lutte, ne doit pas craindre de s'affirmer face aux autorit&#233;s, sinon les n&#233;gociations se feront sans tenir compte de son point de vue&lt;/q&gt;. Et dans le journal du 15 mai, qui est un magnifique num&#233;ro sur la Commune, je conclus &#224; propos de la gr&#232;ve Renault : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Apr&#232;s quinze jours de lutte non seulement contre l'&#201;tat, leur patron, mais aussi contre la cinqui&#232;me colonne c&#233;g&#233;tiste, alli&#233;e de celui-ci, les ouvriers de chez Renault ont repris le travail lundi &#224; l'exception des vaillants des ateliers 6 et 8, cramponn&#233;s &#224; la gr&#232;ve dont ils furent les initiateurs... D'ailleurs rien n'est fini&lt;/q&gt;. C'est la m&#234;me ann&#233;e que para&#238;tra, &#224; travers toute la premi&#232;re page, le mot d'ordre souvent repris par la suite : &#171; Assez de gr&#232;ves Molotov ! Vive la gr&#232;ve gestionnaire &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_4765 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH158/sans_titre-1-25-130b4-21b37.jpg?1774714822' width='150' height='158' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Andr&#233; Prudhommeaux &lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Cette ann&#233;e, la troisi&#232;me page litt&#233;raire et artistique que dirige avec beaucoup de go&#251;t Andr&#233; Prudhommeaux s'enrichira d'une collaboration flatteuse parmi laquelle on rel&#232;ve les noms de Raymond Asso, de Jean-Claude Simon, de Louzon, de Roger Toussenot ! C'est &#233;galement l'&#233;poque des meetings fracassants qui remplissent la salle Wagram, la Soci&#233;t&#233; des Savants, annonc&#233;s en premi&#232;re page du journal en gros caract&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si nous ne retrouvons plus les tirages des premi&#232;res ann&#233;es d'apr&#232;s la Lib&#233;ration, &lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt; va poursuivre un parcours, sinon facile, du moins sans &#224;-coups. Il rendra compte de tous les &#233;v&#233;nements en faisant sa manchette sur les plus significatifs, comme la premi&#232;re mainmise sur la Tch&#233;coslovaquie par exemple ou la grande gr&#232;ve des mineurs d'octobre 1948 que je suivrai sur place aupr&#232;s des militants anarcho-syndicalistes ! Je pr&#233;coniserai dans nos colonnes : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Pendant cette bataille, il pourrait &#234;tre extrait du charbon des mines et qui servirait &#224; chauffer gratuitement les gr&#233;vistes et les travailleurs de la r&#233;gion au cours de l'hiver&lt;/q&gt;. Ce qui &#233;tait les pr&#233;misses &#224; la gr&#232;ve gestionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt;, dont la vocation pacifiste est bien connue, va naturellement s'int&#233;resser &#224; Garry Davis, ce jeune aviateur am&#233;ricain qui se d&#233;clare citoyen du monde. Nous participons &#224; son meeting, au V&#233;l d'Hiv, dont Vancia rend compte dans le journal : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Les orateurs du V&#233;l d'Hiv doivent se souvenir, s'ils veulent que l'espoir qui s'est lev&#233; ne soit pas d&#233;&#231;u, que le pacifisme constructif doit &#234;tre charpent&#233; par la pens&#233;e r&#233;volutionnaire&lt;/q&gt;. L'effet Garry Davis ne sera qu'un feu de paille qu'un meeting organis&#233; par la F&#233;d&#233;ration anarchiste &#224; la Mutualit&#233; cl&#244;turera. Andr&#233; Breton y prononcera, dans le bruit et le tumulte, un discours que &lt;i&gt;Le Libertaire &lt;/i&gt; du 2 octobre 1949 reproduira et o&#249; le grand &#233;crivain d&#233;clarait : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Les temps o&#249; nous vivons ont au moins ceci de bon que les grandes infortunes et les grands maux qui se sont abattus sur nous et nous menacent sont de ceux qui appellent les grands rem&#232;des&lt;/q&gt;. Ce qui est encore vrai de nos jours !&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_4766 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;17&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH200/mauricelaisant1984-a897a-6fd30-44406.png?1774717138' width='150' height='200' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Maurice Laisant&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;C'est cette ann&#233;e-l&#224; que nous voyons pour la premi&#232;re fois appara&#238;tre dans les colonnes de notre journal les signatures d'hommes qui vont jouer un r&#244;le capital dans le mouvement libertaire : celle d'Aristide Lapeyre au bas d'un article sur l'Eglise, celle de Maurice Fayolle sur les staliniens, celle de Maurice Laisant qui nous rappelle ce que fut S&#233;bastien Faure et qui &#233;crit : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Soulev&#233; par les p&#233;riodes de l'incomparable orateur, par sa foi, par sa fougue, par sa violence et par son ironie, je sortis dans un &#233;tat d'agitation f&#233;brile, interrogeant Paris endormi, attendant follement qu'&#224; cet appel il sortit de son sommeil pour r&#233;aliser la grande pr&#233;dication d'avenir dont je venais de sentir passer le souffle...&lt;/q&gt;. Je veux encore signaler la page litt&#233;raire du journal la pr&#233;sence de Benjamin P&#233;ret, le po&#232;te surr&#233;aliste, et celle de Maurice Lemaitre qui deviendra, aupr&#232;s d'Isidor Isou, le chantre du lettrisme et qui construira une page du journal pour r&#233;clamer le retour de C&#233;line, o&#249; figurent, en dehors des communistes, des textes de tous les grands &#233;crivains humanistes de l'&#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l'ann&#233;e suivante que notre journal va d&#233;clencher une campagne soutenue pour la gr&#232;ve gestionnaire, et &#224; partir du premier avril 1950, je signerai une s&#233;rie d'articles th&#233;oriques qui nous vaudront un nombreux courrier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es cinquante, &lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt; a trouv&#233; ses assises naturelles. Il s'inscrit dans ce tirage o&#249; la presse libertaire se maintient depuis le d&#233;but du si&#232;cle : 15 &#224; 20 000 exemplaires pour une vente, qui, avec les abonnements, frise les 10 000 exemplaires. L'&#233;quipe qui l'anime semble solide. Pourtant, en quelques ann&#233;es, le journal va se d&#233;grader. Ce n'est pas le lieu ici d'analyser les raisons de ce d&#233;sastre. Il suffit de dire que, aid&#233;s par la b&#234;tise humaine, quelques aventuriers vont s'emparer de l'organisation et de son journal, et les conduire &#224; leur disparition. Cependant, celle-ci ne sera que momentan&#233;e, et, d&#232;s 1954, le journal va repara&#238;tre avec son &#233;quipe initiale. Seul, pour des raisons administratives et juridiques, le titre sera l&#233;g&#232;rement modifi&#233;. Il s'appellera d&#233;sormais &lt;i&gt;Le Monde libertaire&lt;/i&gt;, mais personne ne s'y trompera et, &#224; nouveau, les militants de la F&#233;d&#233;ration anarchiste vont se rassembler autour de lui&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire la collection du Libertaire de la Biblioth&#232;que nationale et dans la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="https://archivesautonomies.org/spip.php?article77" class="spip_out"&gt;Num&#233;ros du journal &lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt; (1944-1956) sur le site Fragments d'Histoire de la gauche radicale &lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Lire la collection du &lt;i&gt;Libertaire &lt;/i&gt; de la Biblioth&#232;que nationale et dans la revue &lt;i&gt;La Rue &lt;/i&gt; une suite d'articles : une page d'histoire de Maurice Joyeux.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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