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		<title>PARTAGE NOIR</title>
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		<title>Interview de Ronald Creagh (suite et fin)</title>
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		<dc:subject>Ronald Creagh</dc:subject>
		<dc:subject>Archives du Monde libertaire</dc:subject>
		<dc:subject>&lt;i&gt;Le Monde Libertaire&lt;/i&gt;</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Un des grands mouvements communautaires de ces derni&#232;res d&#233;cennies est n&#233; aux Etats-Unis : c'est le mouvement hippie. Tout le monde se souvient de &#171; Peace and love &#187; et des colliers de fleurs. Mais que reste-t-il aujourd'hui de ces ann&#233;es d'esp&#233;rance ? Un folklore ? Un bon souvenir ? Ronald Creagh, auteur de &lt;i&gt;Laboratoire de l'utopie&lt;/i&gt;, ouvrage sur les communaut&#233;s libertaires aux Etats-Unis, dans la suite de l'interview faite lors du colloque de Carcassonne, dont nous avons publi&#233; la premi&#232;re partie dans le &lt;i&gt;Monde libertaire&lt;/i&gt; n&#176;511, nous a expliqu&#233; en quoi ce mouvement lui semble avoir eu une influence importante sur diff&#233;rents courants de pens&#233;e actuels.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-le-monde-libertaire-no512-du-5-janvier-1984-" rel="directory"&gt;Le Monde libertaire n&#176;512 du 5 janvier 1984&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-ronald-creagh-+" rel="tag"&gt;Ronald Creagh&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-archives-du-monde-libertaire-+" rel="tag"&gt;Archives du Monde libertaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-le-monde-libertaire-173-+" rel="tag"&gt;&lt;i&gt;Le Monde Libertaire&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/sans_titre-2-3-b89ba.jpg?1774699822' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Un des grands mouvements communautaires de ces derni&#232;res d&#233;cennies est n&#233; aux &#201;tats-Unis : c'est le mouvement hippie. Tout le monde se souvient de &#171; Peace and love &#187; et des colliers de fleurs. Mais que reste-t-il aujourd'hui de ces ann&#233;es d'esp&#233;rance ? Un folklore ? Un bon souvenir ? Ronald Creagh, auteur de &lt;i&gt;Laboratoire de l'utopie&lt;/i&gt;, ouvrage sur les communaut&#233;s libertaires aux &#201;tats-Unis, dans la suite de l'interview faite lors du colloque de Carcassonne, dont nous avons publi&#233; la premi&#232;re partie dans le &lt;i&gt;Monde libertaire&lt;/i&gt; n&#176;511, nous a expliqu&#233; en quoi ce mouvement lui semble avoir eu une influence importante sur diff&#233;rents courants de pens&#233;e actuels.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#8212; &lt;i&gt; &lt;strong&gt;Le Monde libertaire :&lt;/strong&gt; On ne peut pas parler de l'utopie communautaire. aux &#201;tats-Unis sans. parler du ph&#233;nom&#232;ne hippie ! &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &lt;strong&gt; Ronald Creagh : &lt;/strong&gt; Le ph&#233;nom&#232;ne hippie est apparu aux &#201;tats-Unis &#224; partir des ann&#233;es 1950-1960, sous un certain nombres d'influences. D'une part, de po&#232;tes, de musiciens ; d'autre part, c'est aussi la red&#233;couverte des Indiens et de leur philosophie de la nature, une critique de la soci&#233;t&#233; de consommation, et finalement parfois une contestation radicale de la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine qui &#233;tait alors en pleine guerre du Vi&#234;t-Nam. Ce ph&#233;nom&#232;ne prit une ampleur consid&#233;rable &#224; cause des mass-m&#233;dias qui lui ont donn&#233; un caract&#232;re spectaculaire, de mode, en fin de compte qui l'a tu&#233;, parce que le mouvement n'a plus suivi un rythme de d&#233;veloppement &#224; taille humaine. Il est devenu un ph&#233;nom&#232;ne de vogue. Le dimanche, on allait voir en famille les communaut&#233;s hippies comme on va au jardin zoologique. Cela pose d'ailleurs un probl&#232;me int&#233;ressant ; comment les mass-m&#233;dias peuvent-elles acc&#233;l&#233;rer les rythmes de transformation des choses en les mettant sous une forme telle que les mouvements les plus r&#233;volutionnaires au sens tr&#232;s large peuvent &#234;tre imm&#233;diatement d&#233;truits en devenant pur spectacle. Les Hippies ont form&#233; de nombreuses communaut&#233;s regroupant quelque fois plusieurs milliers de personnes dans diff&#233;rentes r&#233;gions des &#201;tats-Unis. Il y a un ph&#233;nom&#232;ne absolument essentiel dans ces communaut&#233;s, surtout dans les communaut&#233;s libertaires, celles qui m'int&#233;resse, c'est que chacune d'entre elles a voulu rester unique et ne s'est jamais propos&#233;e comme un mod&#232;le aux autres communaut&#233;s. C'&#233;taient des personnes tr&#232;s particuli&#232;res qui voulaient faire leur exp&#233;rience avec les gens avec qui elles &#233;taient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, ces communaut&#233;s ont &#233;t&#233; tr&#232;s &#233;ph&#233;m&#232;res, beaucoup plus &#233;ph&#233;m&#232;res que les communaut&#233;s pr&#233;c&#233;dentes, pour une raison fondamentale, c'est que les communaut&#233;s utopiques, les communaut&#233;s de Hippies n'ont jamais &#233;t&#233; un but en soi, mais seulement un moyen. C'&#233;tait un moyen de se r&#233;aliser sur un plan personnel, sur le plan de d&#233;couverte communautaire ; il y avait un refus tr&#232;s volontaire et tr&#232;s conscient d'institutionnaliser le mouvement et de l'enfermer de nouveau dans des appareils bureaucratiques, ceci &#233;tant il y a tout de m&#234;me des communaut&#233;s qui durent depuis de nombreuses ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &lt;i&gt; &lt;strong&gt;Le M.L. :&lt;/strong&gt; Peut-on avoir une id&#233;e de la vie quotidienne de ces communaut&#233;s ? Se diff&#233;rencie-t-elle de la vie dans les communaut&#233;s qui ont pr&#233;c&#233;d&#233;, par exemple au XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle ? &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &lt;strong&gt;R. C. :&lt;/strong&gt; Bien que tr&#232;s variable, la vie dans les communaut&#233;s hippies est pourtant moins vari&#233;e que dans les communaut&#233;s du XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. La tradition communautaire remonte &#224; plusieurs si&#232;cles d&#233;j&#224;. Aux &#201;tats-Unis, on nous signale des communaut&#233;s libertaires d&#232;s le d&#233;but du XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. A cette &#233;poque-l&#224; une grande part &#233;tait donn&#233;e &#224; l'imagination, avec des exp&#233;riences assez fantastiques. Je pense par exemple &#224; la communaut&#233; des &#171; Temps modernes &#187; o&#249; l'on plante des orangers, pour que les visiteurs ne soient pas humili&#233;s d'avoir &#224; demander leur nourriture, et puissent cueillir des fruits dans la rue ; o&#249; l'on fait des rues aux quatre coins de la maison pour que les gens puissent sortir sans &#234;tre vus du voisin qu'ils ne voudraient pas voir. Je pense aussi &#224; d'autres communaut&#233;s o&#249; avant de pouvoir y habiter, on demandait aux voisins s'ils &#233;taient d'accord ; c'&#233;tait une grande libert&#233; que de pouvoir choisir ses voisins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces communaut&#233;s, les f&#234;tes prenaient une grande place et des formes tr&#232;s diff&#233;rentes suivant les &#233;poques. Le travail prenait une place extr&#234;mement variable d'une communaut&#233; &#224; une autre. Les communaut&#233;s r&#233;centes ont donn&#233; au travail une part excessive, &#224; mon avis, parce qu'elles ont voulu s'enfermer dans l'autarcie rurale, qui posait des probl&#232;mes &#233;normes de stabilit&#233;, surtout quand on connait le climat am&#233;ricain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les communaut&#233;s du XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle n'ont pas eu les m&#234;mes probl&#232;mes, parce qu'elles n'ont pas refus&#233; l'artisanat et m&#234;me &#233;ventuellement l'industrie, mais elles ont utilis&#233; des formes industrielles que je dirais douces, je pense, par exemple, &#224; la communaut&#233; de &#171; La Nouvelle Harmonie &#187;, elle a construit des meubles qui ne pouvaient pas &#234;tre rong&#233;s par les termites, elle avait fait des briques en terre qui gardaient la chaleur l'hiver et rendait la fra&#238;cheur l'&#233;t&#233;, elle utilisait des teintures naturelles pour teindre les v&#234;tements, et ainsi de suite. Il y avait une utilisation du milieu qui &#233;tait pens&#233;e par les gens eux-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a des conceptions du travail tr&#232;s diff&#233;rentes ; aussi bien des communaut&#233;s o&#249; l'on d&#233;cide de travailler tous en commun, et d'autres o&#249; chacun travaille pour son compte. Il y a toutes les formes ; les plus vari&#233;es, depuis l'ind&#233;pendante totale de chaque individu au sein de la communaut&#233; jusqu'au contraire la volont&#233; de communaut&#233; totale, y compris m&#234;me au niveau sexuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &lt;i&gt; &lt;strong&gt;Le M.L. : &lt;/strong&gt; Quel est l'h&#233;ritage que nous ont laiss&#233; les communaut&#233;s hippies ? &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &lt;strong&gt;R. C. :&lt;/strong&gt; Eh bien, je crois que le premier h&#233;ritage des communaut&#233;s hippies, c'est le mouvement &#233;cologique. C'est le grand courant qui s'efforce de ne plus penser les relations &#224; la nature en termes de production. Mais il consid&#232;re l'homme comme faisant partie int&#233;grante de la nature et en &#233;tablissant avec elle un type de relations qui soit tout &#224; fait diff&#233;rent. Ceci est une perspective totalement oppos&#233;e aussi bien &#224; la perspective capitaliste qu'&#224; la perspective marxiste, qui l'une et l'autre consid&#232;rent la terre comme un outil, et non pas comme un &#233;l&#233;ment de nous-m&#234;me. Consid&#233;rer la nature comme un outil, c'est consid&#233;rer notre corps comme un outil, c'est donc aussi vouloir domestiquer nos corps, les asservir &#224; toute une technologie. On pourrait dire que le mouvement &#233;cologiste est un mouvement de retour au pass&#233;, c'est vrai, mais il y a quand m&#234;me une question qui est pos&#233;e, est-ce que lorsque l'on va en direction d'une impasse, il y a une autre solution que de faire machine arri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre aspect, c'est l'importance de la d&#233;centralisation, l'importance de la prise en charge par les gens eux-m&#234;mes. Non pas une d&#233;centralisation provoqu&#233;e par le haut qui consiste &#224; donner aux petits notables de la base, tout pouvoir sur leurs administr&#233;s, mais les gens prennent eux-m&#234;mes, et tout de suite, leur vie en main, sans plus attendre les jours meilleurs d'une r&#233;volution hypoth&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, il semble se d&#233;gager une alternative &#224; la fois au socialisme classique et au capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &lt;i&gt; &lt;strong&gt;Le M.L. :&lt;/strong&gt; Le mouvement hippie a redonn&#233; un souffle nouveau au mouvement antimilitariste, peux-tu nous en dire quelques mots ? &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &lt;strong&gt;R. C. :&lt;/strong&gt; Ce sont les hippies qui ont vulgaris&#233; le slogan &#171; Faites l'amour, pas la guerre &#187;, ils donnaient des fleurs aux soldats et ils ont redonn&#233; de l'importance &#224; l'amour et donc au d&#233;sir. Je crois que l&#224;, il y a un lien extr&#234;mement important. Le mouvement antimilitariste est li&#233; en partie au mouvement hippie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &lt;i&gt; &lt;strong&gt;Le M.L. :&lt;/strong&gt; Et la lib&#233;ration sexuelle &#8212; disons la lib&#233;ration des m&#339;urs ? &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &lt;strong&gt;R. C. :&lt;/strong&gt; Je pense qu'elle n'est pas n&#233;e du mouvement hippie, elle est n&#233;e un peu avant, dans les mouvements qui ont pr&#233;c&#233;d&#233; le mouvement hippie, mais disons qu'elle a r&#233;ussi &#224; trouver sa premi&#232;re concr&#233;tisation, sa premi&#232;re forme d'expression dans ces communaut&#233;s l&#224;, justement les femmes et les hommes ont pu repenser leurs relations sexuelles. La preuve d'ailleurs, c'est que &#233;norm&#233;ment de couples se sont ensuite d&#233;faits et r&#233;form&#233;s tout &#224; fait autrement apr&#232;s &#234;tre pass&#233;s dans ces communaut&#233;s. Les communaut&#233;s hippies, les communaut&#233;s utopiques en g&#233;n&#233;ral remettent tr&#232;s fortement en cause les relations qui avaient &#233;t&#233; &#233;tablies avant&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &lt;i&gt; &lt;strong&gt;Le M.L. :&lt;/strong&gt; Ou en est le mouvement aujourd'hui aux &#201;tats-Unis ? &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &lt;strong&gt;R. C. :&lt;/strong&gt; L&#224; encore, c'est une fa&#231;on pour les m&#233;dias de nous dire que les ann&#233;e 60 sont mortes, le mouvement est mort, or le mouvement, heureusement, ou h&#233;las, est toujours bien vivant. Il y a eu en d&#233;cembre 82, aux &#201;tats-Unis, la manifestation antinucl&#233;aire la plus importante de l'histoire &#8212; on en a m&#234;me pas parl&#233; en France. Elle a r&#233;uni plus d'un million de personnes &#224; New-York ! Et ceci aussi est un h&#233;ritage du mouvement ; la diff&#233;rence importante aujourd'hui, c'est que les m&#233;dias n'en parlent plus, d'un c&#244;t&#233; parce qu'ils cherchent &#224; &#233;touffer le mouvement, et d'autre part parce que ces groupes m&#234;me se m&#233;fient des m&#233;dias, et travaillent avec leurs propres circuits d'information.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Carolina et Jean&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://anarlivres.free.fr/pages/biblio/complements/creagh.html" class="spip_out"&gt;Bibliographie r&#233;alis&#233;e par Anaralivres&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Interview de Ronald Creagh</title>
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		<dc:subject>Ronald Creagh</dc:subject>
		<dc:subject>Archives du Monde libertaire</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Ronald Creagh (1929-2023), auteur de nombreux ouvrages sur l'anarchisme aux Etats-Unis, est d&#233;c&#233;d&#233; le 8 septembre 2023 &#224; Montpellier o&#249; il r&#233;sidait. En hommage nous mettons en ligne une interview qu'il avait accord&#233;e au &lt;i&gt;Monde libertaire&lt;/i&gt; en 1983.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-le-monde-libertaire-no511-du-29-decembre-1983-" rel="directory"&gt;Le Monde libertaire n&#176;511 du 29 d&#233;cembre 1983&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-archives-du-monde-libertaire-+" rel="tag"&gt;Archives du Monde libertaire&lt;/a&gt;

		</description>


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		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ronald Creagh, universitaire de Montpellier, commence &#224; &#234;tre connu et reconnu dans les milieux libertaires pour les diff&#233;rents livres qu'il a publi&#233;s depuis deux ou trois ans. Un point commun d tous ces ouvrages : les &#201;tats-&#173;Unis. Une v&#233;ritable passion !&lt;br class='autobr' /&gt;
Au cours du colloque sur l'autogestion, organis&#233; par le CEREL (Centre d'&#233;tudes et de recherches sur l'expression libre) &#224; Carcassonne, Ronald nous a donn&#233; les raisons de cette passion pour ce pays. Il en a profit&#233; pour nous expliquer l'int&#233;r&#234;t qu'il porte &#224; l'Utopie qui est au c&#339;ur de son dernier livre dont le titre est : &lt;i&gt;Communaut&#233;s libertaires aux &#201;tats-Unis, laboratoires de l'Utopie. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#8212; &lt;i&gt; &lt;strong&gt;Le Monde libertaire :&lt;/strong&gt; Parlons de ton premier li&#173;vre &lt;i&gt;Histoire de l'anarchisme aux &#201;tats-Unis : 1826-1886&lt;/i&gt;. Dans ce livre, tu parles, des pr&#233;curseurs de l'anarchisme ? &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &lt;strong&gt;Ronald Greagh : &lt;/strong&gt; C'est-&#224;-dire que je parle de ce que l'on pourrait appeler l'&#233;poque h&#233;ro&#239;que de l'anar&#173;chisme, c'est-&#224;-dire l'&#226;ge o&#249; l'anarchisme ne s'est pas encore concr&#233;tis&#233; d'une mani&#232;re tr&#232;s approfondie, c'est&#173;-&#224;-dire qu'il appartient encore &#224; la grande famille socia&#173;liste, sans &#234;tre tout &#224; fait diff&#233;renci&#233;. L'anarchisme va alors d&#233;couvrir le courant individualiste, le courant socialiste r&#233;volutionnaire et le courant communautaire ou communiste. C'est une p&#233;riode tr&#232;s importante dans l'histoire de l'anarchisme am&#233;ricain, parce qu'il va tou&#173;cher les am&#233;ricains de souche. On s'imagine que l'anar&#173;chisme aux &#201;tats-Unis est un produit d'importation europ&#233;enne, ce n'est pas vrai du tout. Nous connais&#173;sons en France deux ou trois grandes figures de l'anarchisme am&#233;ricain, comme Emma Goldman ou Sacco et Vanzetti, ils sont d'une &#233;poque relativement plus r&#233;cente, mais Emma Goldman et Sacco et Vanzetti ne se comprennent pas si on ne connait pas les racines pro&#173;fondes, historiques, et tous les liens qui existent entre la culture am&#233;ricaine et l'anarchisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &lt;i&gt; &lt;strong&gt;Le M.L. :&lt;/strong&gt; Pourquoi s'int&#233;resser &#224; l'histoire des &#201;tats-Unis ? &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &lt;strong&gt;R. C. : &lt;/strong&gt; Eh bien, je crois qu'il y a plusieurs rai&#173;sons pour lesquelles il est indispensable aujourd'hui que chacun de nous s'int&#233;resse d l'histoire des &#201;tats-Unis. La premi&#232;re, que nous le voulions ou pas, c'est que nous sommes de plus en plus sous l'influence culturelle des am&#233;ricains, nous sommes dans une situation de colonisation culturelle. Pour nos enfants, leurs anc&#234;tres ne sont plus les gaulois, mais les cow-boys et les indiens. Ils d&#233;couvrent l'Am&#233;rique d&#232;s leur premi&#232;re enfance. Les r&#233;f&#233;rences culturelles am&#233;ricaines sont de plus en plus importantes ; on en d&#233;couvre tout aussi bien dans nos dictionnaires que dans la liste des ouvrages publi&#233;s chez les &#233;diteurs fran&#231;ais. Il est indispensable que nous r&#233;fl&#233;chissions sur cette mutation de la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise. Nous sommes sous l'influence des &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me raison, c'est que l'histoire des &#201;tats&#173;-Unis me semble fausse. Celle que l'on connait, c'est une histoire de vainqueurs, c'est une histoire pr&#233;sent&#233;e sous un certain angle politique pr&#233;cis. Je pense &#224; la fa&#231;on dont la t&#233;l&#233;vision fran&#231;aise a donn&#233; une importance, un accueil extraordinaire &#224; Nixon, m&#234;me apr&#232;s l'af&#173;faire du Watergate, alors que m&#234;me aux &#201;tats-Unis, dans les milieux m&#234;me conservateurs, cet homme &#233;tait m&#233;pris&#233;. Ceci traduit bien une orientation id&#233;ologique, aussi bien des manuels d'histoire que de la t&#233;l&#233;vision et des m&#233;dias vis-&#224;-vis des &#201;tats-Unis ; et m&#234;me aux &#201;tats-Unis l'histoire qui est racont&#233;e est celle des vainqueurs. C'est-&#224;-dire celle des minorit&#233;s anglo-saxonnes et non pas des minorit&#233;s ethniques ; par exemple les Indiens qui &#233;taient les premiers habitants des &#201;tats&#173;-Unis ou les Africains, les Portoricains, les Italiens, les Allemands et m&#234;me les Fran&#231;ais. Ni celle des mino&#173;rit&#233;s politiques. Il y a donc une histoire qui apparait sous un angle compl&#232;tement d&#233;form&#233; car elle occulte un certain nombres de choses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin une troisi&#232;me raison qui me semble &#233;galement importante, c'est que les &#201;tats-Unis se sont toujours pr&#233;&#173;sent&#233;s comme &#233;tant le porte-parole de la d&#233;mocratie. Ils sont n&#233;s en effet comme &#233;tant d&#233;mocratiques, avec un id&#233;al d&#233;mocratique, pour des raisons que j'explique dans mon livre qui n'est pas seulement une histoire de l'anarchisme. Nous nous apercevons que dans ce pays o&#249; on disait &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;moins il y a d'&#201;tat mieux les affaires mar&#173;cheront&lt;/q&gt;, l'&#201;tat est devenu omnipr&#233;sent. Il est donc important de r&#233;fl&#233;chir et de comprendre pourquoi, au&#173;jourd'hui ; aux &#201;tats-Unis des gens dit &#233;clair&#233;s consid&#232;rent qu'il faut passer &#224; un nouveau stade et supprimer la d&#233;mocratie pour permettre un d&#233;veloppement de l'&#201;tat qui sera bien entendu un d&#233;veloppement tota&#173;litaire. Je crois que ces m&#233;canismes de d&#233;veloppement, il faut les examiner de pr&#232;s. Ce sont les principales rai&#173;sons qui m'ont pouss&#233; &#224; &#233;crire l'histoire des &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &lt;i&gt; &lt;strong&gt;Le M.L. : &lt;/strong&gt; Si je me souviens bien, dans le livre qui a &#233;t&#233; &#233;dit&#233; par l'Atelier de cr&#233;ation libertaire &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;L'ima&#173;ginaire subversif&lt;/span&gt; tu avais d&#233;j&#224; &#233;crit un article sur l'Uto&#173;pie, ton dernier livre &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;Laboratoires de l'Utopie&lt;/span&gt; est-il en rapport avec cet article ? &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &lt;strong&gt;R. C. : &lt;/strong&gt; L'article que j'avais &#233;crit dans &lt;i&gt;L'Imaginaire subversif &lt;/i&gt; a &#233;t&#233; pour moi l'occasion de pr&#233;ciser un certain nombre de points importants sur ce qu'&#233;tait l'utopie et de r&#233;fl&#233;chir sur le plan th&#233;orique sur ce que repr&#233;sentait l'utopie. C'&#233;tait aussi une pr&#233;sentation g&#233;n&#233;rale des communaut&#233;s libertaires aux &#201;tats-Unis pour en montrer toute l'ampleur. Ce livre reprend &#233;videm&#173;ment tout cela avec beaucoup plus de d&#233;tails. J'essaie de raconter l'histoire v&#233;cue de ces communaut&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &lt;i&gt; &lt;strong&gt;Le M.L. :&lt;/strong&gt; Pourquoi t'int&#233;resser &#224; l'utopie ? &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &lt;strong&gt;R. C. :&lt;/strong&gt; Tout d'abord, je vais d&#233;finir l'utopie comme une sorte de repr&#233;sentation du futur alors que le mythe est une image clich&#233; du pass&#233;. Je dirais que d'une fa&#231;on g&#233;n&#233;rale toutes nos repr&#233;sentations de l'avenir sont refoul&#233;es par la soci&#233;t&#233; moderne, et on nous pr&#233;sente le monde comme n'ayant plus d'avenir, comme allant de plus en plus mal. On nous am&#232;ne &#224; nous satisfaire de la situation pr&#233;sente, autrement dit, nous sommes dans une soci&#233;t&#233; destructrice de l'utopie, destructrice de l'avenir et quiconque ose dire que demain peut-&#234;tre meilleur qu'aujourd'hui se fait taxer d'utopiste. Il y a un grand refoulement de la pens&#233;e du futur, et il ma sembl&#233; indispensable de r&#233;fl&#233;chir l&#224;-dessus. L'utopie est une image que chacun d'entre nous a en lui sur une soci&#233;t&#233; id&#233;ale et irr&#233;alisable peut-&#234;tre, mais qui con&#173;tinue tout de m&#234;me &#224; nous hanter. Ces soci&#233;t&#233;s, nous ne pouvons nous les pr&#233;senter de mani&#232;re r&#233;volutionnaire ou r&#233;actionnaire. Il y a des p&#233;riodes de l'histoire o&#249; ces repr&#233;sentations commencent &#224; s'incarner, ce sont les grands moments r&#233;volutionnaires ; au contraire, il y a des p&#233;riodes, comme la notre, o&#249; elles sont tota&#173;lement refoul&#233;es et par cons&#233;quent, elles s'expriment dans des &#339;uvres utopiques, des romans, des films uto&#173;piques ou encore dans la science-fiction (bien que sou&#173;vent r&#233;actionnaire).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'utopie pratique est v&#233;cue par des gens qui essaient de vivre d&#233;j&#224; aujourd'hui sans attendre la r&#233;volution avec un grand R, le monde tel qu'ils le voudraient id&#233;al. Ce sont ces communaut&#233;s-l&#224;, auxquelles personne ne s'int&#233;resse ou que l'on cherche &#224; d&#233;nigrer, que j'ai vou&#173;lu examiner dans l'&#201;tat am&#233;ricain. Il y a deux critiques que l'on a fait &#224; ces communaut&#233;s pour essayer de les d&#233;molir. La premi&#232;re critique est de dire qu'elles n'ont rien chang&#233; au monde. Je pense que c'est une critique qui rel&#232;ve encore une fois de notre mentalit&#233; habituelle de productivisme, &#171; il faut que ce soit rentable &#187;. Ces gens-l&#224; ne sont pas rentables, donc ils ne sont pas int&#233;&#173;ressants. La deuxi&#232;me critique, c'est que ce sont des communaut&#233;s souvent &#233;ph&#233;m&#232;res. Cette critique est en r&#233;alit&#233; leur qualit&#233;, et puis au nom de quoi d&#233;cidons &#173;nous que ce qui est durable est meilleur que ce qui est &#233;ph&#233;m&#232;re. La vie est &#233;ph&#233;m&#232;re et pourtant nous y te&#173;nons. Des moments de qualit&#233; peuvent &#234;tre &#233;ph&#233;m&#232;res et restent essentiels dans notre vie. L'utopie par d&#233;finition doit rester &#233;ph&#233;m&#232;re, d&#232;s qu'elle s'installe ou qu'elle s'&#233;ternise, elle se change en mythe et devient r&#233;actionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans une seconde partie, Ronald Creagh nous parlera des communaut&#233;s hippies. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Entretien recueilli par Jean et Carolina&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://anarlivres.free.fr/pages/biblio/complements/creagh.html" class="spip_out"&gt;Bibliographie r&#233;alis&#233;e par Anarlivres&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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