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		<title>PARTAGE NOIR</title>
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		<title>Marie Goldsmith</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marc Pierrot</dc:creator>


		<dc:subject>Marie Goldsmith</dc:subject>
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		<dc:subject>&lt;i&gt;Plus loin&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>ESRI</dc:subject>
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		<dc:subject>Jean Grave</dc:subject>
		<dc:subject>&lt;i&gt;Les Temps nouveaux&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>Paul Delesalle</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;En novembre 1891, un &#233;tudiant, blanquiste et tr&#232;s r&#233;volutionnaire, Jules-Louis Breton, qui plus tard entra au Parlement, fit distribuer un manifeste pour appeler la jeunesse des &#233;coles &#224; fonder un groupe socialiste. On se r&#233;unit d'abord chez Breton, puis dans une biblioth&#232;que fouri&#233;riste de la rue Mouffetard. Gr&#226;ce &#224; l'&#233;nergie du roumain, Georges Diamandy, le groupe se d&#233;clara internationaliste, ce qui &#233;carta de lui un tas de jeunes radicaillons, vaguement socialisants et trop f&#233;rus de politicaillerie. Gr&#226;ce &#224; la t&#233;nacit&#233; de Breton on ajouta au titre l'&#233;tiquette r&#233;volutionnaire. Et ainsi fut cr&#233;&#233;, en d&#233;cembre 1891, le premier groupe socialiste d'&#233;tudiants, celui des &#233;tudiants socialistes r&#233;volutionnaires internationalistes de Paris (ESRI).&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-plus-loin-no95-mars-1933-" rel="directory"&gt;Plus Loin n&#176;95 - Mars 1933&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-source-fragments-d-histoire-de-la-gauche-radicale-+" rel="tag"&gt;Archives Autonomies&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-paul-delesalle-+" rel="tag"&gt;Paul Delesalle&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/sans_titre-4fffffffffffffffff-e7b23.jpg?1774697731' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En novembre 1891, un &#233;tudiant, blanquiste et tr&#232;s r&#233;volutionnaire, Jules-Louis Breton, qui plus tard entra au Parlement, fit distribuer un manifeste pour appeler la jeunesse des &#233;coles &#224; fonder un groupe socialiste. On se r&#233;unit d'abord chez Breton, puis dans une biblioth&#232;que fouri&#233;riste de la rue Mouffetard. Gr&#226;ce &#224; l'&#233;nergie du roumain, Georges Diamandy, le groupe se d&#233;clara internationaliste, ce qui &#233;carta de lui un tas de jeunes radicaillons, vaguement socialisants et trop f&#233;rus de politicaillerie. Gr&#226;ce &#224; la t&#233;nacit&#233; de Breton on ajouta au titre l'&#233;tiquette r&#233;volutionnaire. Et ainsi fut cr&#233;&#233;, en d&#233;cembre 1891, le premier groupe socialiste d'&#233;tudiants, celui des &#233;tudiants socialistes r&#233;volutionnaires internationalistes de Paris (ESRI).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;union de jeunes gens, ayant chacun leurs habitudes, leurs traditions, les pr&#233;jug&#233;s impos&#233;s par l'&#233;ducation, par l'instruction officielle, par le milieu familial et social, mais ayant un id&#233;alisme, mais avides de conna&#238;tre, ne redoutant pas les hypoth&#232;ses les plus audacieuses, se lan&#231;ant dans des discussions passionn&#233;es qui peu &#224; peu aboutissaient &#224; d&#233;molir les traditions, &#224; saper les pr&#233;jug&#233;s, &#224; changer les habitudes. Mais les membres du groupe n'avaient pas pour but de passer leur temps &#224; faire de l'esprit et &#224; cultiver le paradoxe. Ils avaient un id&#233;alisme et ils cherchaient &#224; le confirmer. On se mit imm&#233;diatement au travail sous la direction intellectuelle et morale des camarades plus &#226;g&#233;s, Alfred Bonnet, Suffren Raymond, Georges Diamandy, qui avaient quatre ou cinq ans de plus que les autres et qui avaient d&#233;j&#224; &#233;tudi&#233; les th&#233;ories socialistes. La premi&#232;re ann&#233;e fut consacr&#233;e &#224; la revue rapide des syst&#232;mes socialistes ant&#233;rieurs et &#224; une &#233;tude longue et pr&#233;cise du &lt;i&gt;Capital &lt;/i&gt; de Karl Marx&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nous f&#251;mes souvent oblig&#233;s de changer de local au cours de cette premi&#232;re (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Les discussions furent toujours s&#233;rieuses. On prit le go&#251;t et l'habitude de la m&#233;thode, de la critique rationnelle, de la recherche de la v&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_3974 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/jules-louis_breton_1913.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH667/jules-louis_breton_1913-ee448.jpg?1774708417' width='500' height='667' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Jules-Louis Breton &lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Au noyau du d&#233;but, Bonnet, Breton, Chapoutot, Diamandy, Lorcin, Mouchette, Neuville, Pierrot, Suffren Raymond, R&#233;my, Thiercelin, L&#233;on Thivier, Ygouf, Z&#233;va&#232;s, Zimmer et d'autres dont j'ai oubli&#233; le nom, s'adjoignirent rapidement Attal, Ameline, Ducroquet, Julien, Lapie qui ne fit que passer, M&#233;tin, d'autres encore, des &#233;tudiants roumains, des &#233;tudiants russes (dont la colonie &#233;tait alors vivante et nombreuse &#224; cause des pers&#233;cutions tsaristes) et des &#233;tudiantes de m&#234;me nationalit&#233;. La presque unanimit&#233; des &#233;tudiantes &#224; cette &#233;poque &#233;taient &#233;trang&#232;res. Les pr&#233;jug&#233;s de la bourgeoisie fran&#231;aise s'opposaient &#224; ce que les jeunes filles entrassent &#224; l'Universit&#233; ; c'e&#251;t &#233;t&#233; pour elles la d&#233;ch&#233;ance. Parmi les cinq ou six &#233;tudiantes qui entr&#232;rent au groupe, il y eut Marie Goldsmith et son amie Roubanovitch.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre effort &#233;tait de nous instruire nous-m&#234;mes et d'aider &#224; l'&#233;mancipation des travailleurs. Il nous paraissait qu'il &#233;tait de la discr&#233;tion la plus &#233;l&#233;mentaire de laisser ceux-ci discuter eux-m&#234;mes leurs int&#233;r&#234;ts et choisir parmi eux leurs repr&#233;sentants. Nous pensions que nous devions rester en dehors des luttes politiques et surtout ne pas nous offrir comme candidats dans les luttes &#233;lectorales. Cette d&#233;cision ne fut pas du go&#251;t de tous, et &#224; la fin de 1892, Z&#233;va&#232;s et Thiercelin quittaient le groupe pour fonder relui des &#233;tudiants collectivistes, adh&#232;rent an parti guesdiste, dans le dessein de prendre part aux campagnes politiciennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avions plus de sympathie pour l'action ouvri&#232;re proprement dite. A ce moment, il n'y avait que les syndicats allemanistes qui menassent une action autonome et v&#233;ritablement prol&#233;tarienne. Plusieurs d'entre nous avaient des relations d'amiti&#233; avec Jean Allemane ; un peu plus tard, gr&#226;ce &#224; l'interm&#233;diaire d'Hamon, nous nous li&#226;mes avec Fernand Pelloutier, aussit&#244;t que celui-ci vint &#224; Paris. D'autre part M&#233;tin et Remy, au retour de leur ann&#233;e de service militaire, mettaient leur influence &#224; pousser le groupe vers l'anarchie. Nous entrions en rapport avec Grave, et nous retrouvions aux &lt;i&gt;Temps Nouveaux,&lt;/i&gt; Paul Delesalle que nous connaissions depuis 1892.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant le groupe ne s'&#233;tait inf&#233;od&#233; &#224; aucun parti, &#224; aucune secte. I1 continuait &#224; recruter des membres aux tendances diverses, des marxistes lib&#233;raux comme Schumacher (russe), Arndt (allemand), ou des anti-social-d&#233;mocrates comme Cornelissen. Il s'&#233;largissait en englobant une partie des membres de la Ligue d&#233;mocratique des &#233;coles (Marchand, E. Milhaud, Bon, etc.) et m&#234;me en recevant l'adh&#233;sion des &#233;tudiants collectivistes qui vinrent &#224; ses s&#233;ances pendant quelques mois.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_3975 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L419xH600/31411312644-0a283.jpg?1774708321' width='419' height='600' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Les opinions des ESRI apparaissent dans les brochures que le groupe publia successivement de 1894 &#224; 1901 : &lt;i&gt;Le Socialisme et les &#233;tudiants&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Pourquoi nous sommes internationalistes&lt;/i&gt;, &lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k817808&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Les r&#233;volutionnaires au congr&#232;s de Londres&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;R&#233;formes et r&#233;volution&lt;/i&gt;, &lt;a href=&#034;https://archive.org/details/lindividuetlecom00grou/page/n1/mode/2up&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;L'individu et le communisme&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;Mis&#232;re et mortalit&#233;&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Comment l'&#201;tat enseigne la morale&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Les anarchistes et les syndicats&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;La scission socialiste&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Le tolsto&#239;sme et l'anarchie&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Coop&#233;ratisme et n&#233;o-coop&#233;ratisme&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Le communisme et l'anarchie&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;La gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale&lt;/i&gt;. Elles &#233;taient l'&#339;uvre d'une commission et discut&#233;es chapitre par chapitre au cours des s&#233;ances publiques. Cette commission comprenait de 6 &#224; 12 membres. Leur collaboration fut tellement enchev&#234;tr&#233;e dans certaines brochures qu'il me serait impossible de dire aujourd'hui quelle fut la part de chacun. La vie du groupe se r&#233;duisit peu &#224; peu &#224; l'activit&#233; de la commission, dont les membres, sauf un noyau permanent, ne furent pas toujours exactement les m&#234;mes outre un camarade devenu professeur de facult&#233;, que je ne puis nommer ici, les plus jeunes associ&#233;s furent Cr&#233;mieu et Jacoubet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#233;rite du groupe fut d'avoir aid&#233; &#224; d&#233;gager les principes du syndicalisme r&#233;volutionnaire, au moment m&#234;me o&#249; celui-ci naissait et se d&#233;veloppait, et d'avoir devanc&#233; les th&#233;oriciens purs qui foisonn&#232;rent par la suite. Au lieu de la diplomatie des r&#233;formistes, nous pensions que l'action avait sinon plus de r&#233;sultats imm&#233;diats, du moins une vertu &#233;ducative. L'&#233;tude du mouvement ouvrier avait d&#233;tourn&#233; le groupe, &#224; partir de 1896, de la jeunesse des &#233;coles. Il appelait les travailleurs &#224; ses discussions, et c'est ainsi que Delesalle et d'autres nous apport&#232;rent leur collaboration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La part de Marie Goldsmith, la seule de nos camarades femmes qui &#233;tait demeur&#233;e au groupe, fut peu consid&#233;rable dans les premi&#232;res brochures. Elle devint de plus en plus grande au fur et &#224; mesure que le groupe se resserra, surtout &#224; partir de la septi&#232;me brochure. Le comit&#233; de r&#233;daction prit l'habitude de se r&#233;unir chez elle. Elle intervenait pour remettre ordre et clart&#233; dans la discussion lorsque celle-ci devenait confuse et commen&#231;ait &#224; s'embrouiller. Ce furent son influence et celle de Remy qui orient&#232;rent d&#233;finitivement l'activit&#233; du groupe vers l'anarchisme. D'ailleurs le groupe d&#233;clinait. Les camarades peu &#224; peu s'en allaient pour prendre un poste ou pour s'&#233;tablir soit en province, soit aux colonies ; d'autres &#233;taient retourn&#233;s &#224; l'&#233;tranger. Beaucoup se mariaient. Tous &#233;taient pris par la n&#233;cessit&#233; de gagner leur existence. Le groupe disparut en 1901.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai racont&#233; la vie du groupe parce que la vie de Goldsmith se confondit en grande partie avec elle. J'ai &#233;prouv&#233; par exp&#233;rience que la vie collective donne d'aussi belles &#233;motions, d'aussi fortes satisfactions et qu'elle offre plus d'ampleur et plus de s&#233;curit&#233; que la vie individuelle trop souvent confin&#233;e &#224; un &#233;go&#239;sme mesquin et fauss&#233;e par une vanit&#233; ridicule. En tout cas notre vie collective nous a servi &#224; fonder notre psychologie morale et notre philosophie sociale sur des donn&#233;es r&#233;fl&#233;chies ; elle ne nous a pas emp&#234;ch&#233;s de conserver notre personnalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vie collective aide au d&#233;veloppement des individus &#224; condition que ceux-ci ne s'enferment pas dans un seul groupe et qu'ils aient en dehors de lui d'autres activit&#233;s, &#224; condition par exemple qu'ils participent &#224; une activit&#233; professionnelle, &#224; d'autres groupes encore (artistiques, etc.), qu'ils aient une vie familiale. A ce point de vue la famille, la famille vivante avec les pr&#233;occupations que donne l'&#233;ducation des enfants, a son utilit&#233; contre la tendance &#224; ne voir les faits sociaux que d'apr&#232;s des formules th&#233;oriques. Par contre, l'&#233;go&#239;sme familial fait perdre de vue la vie sociale et m&#233;conna&#238;tre la solidarit&#233; humaine.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_3980 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;17&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L362xH550/goldsmith_aen_petit-ab074-2-4e121.jpg?1774708321' width='362' height='550' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Marie Goldsmith&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;En dehors du groupe des ESRI, Goldsmith fr&#233;quentait les milieux r&#233;volutionnaires russes, multiples et divers &#224; cette &#233;poque. Le vieux Lavrof, par sa pr&#233;sence m&#234;me &#224; Paris (il habitait rue Saint-Jacques), avait sur eux la plus grande influence. Les tendances du socialisme r&#233;volutionnaire pr&#233;dominaient. Dans un pays essentiellement agricole et pour ainsi dire sans industrie, la r&#233;volution agraire paraissait la premi&#232;re chose &#224; organiser. Quelques &#233;tudiants russes se r&#233;clamaient de Plekhanof, la b&#234;te noire des anarchistes, et faisaient bande &#224; part. Pour eux, la r&#233;volution, la vraie r&#233;volution, c'&#233;tait la r&#233;volution marxiste, paradoxale dans un pays o&#249; les ouvriers industriels et prol&#233;taris&#233;s &#233;taient en infime minorit&#233;. Le fatalisme du mat&#233;rialisme &#233;conomique aboutissait, tout au moins dans l'esprit de quelques-uns, &#224; attendre le d&#233;veloppement du stade capitaliste. Chez les autres on voyait poindre la th&#233;orie de la dictature du prol&#233;tariat. Pour ces fanatiques, ignorants de la vie sociale, la dialectique h&#233;g&#233;lienne servait &#224; conna&#238;tre et &#224; explique tous les faits &#233;conomiques et sociaux, comme si ces ph&#233;nom&#232;nes devaient ob&#233;ir &#224; une r&#232;gle scolastique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Goldsmith, fr&#233;quentait chez Lavrof. Elle y fit connaissance de Simon Rappoport, que nous e&#251;mes comme ami commun, Simon Rappoport, le noir, un original et le meilleur des hommes. Il ne faut pas le confondre avec son homonyme, Charles Rappoport, le blond, que nous conn&#251;mes, lui, au groupe des ESRI, o&#249; il vint vers 1896 bavarder inlassablement. Simon, qui v&#233;cut toujours en boh&#232;me charitable, &#233;tait sous le pseudonyme d'Ansky, un &#233;crivain de talent et faisait revivre en langue yiddish le folklore juif. Il mourut extr&#234;mement pauvre, sans avoir la joie de voir repr&#233;senter son &#339;uvre, le Dybbouk, qui fit au th&#233;&#226;tre une carri&#232;re triomphale. Des nationalistes juifs ont pr&#233;tendu s'emparer d'Ansky et sans scrupules faire un des leurs de ce r&#233;volutionnaire imp&#233;nitent. Les morts ont toujours bon dos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce fut probablement au Congr&#232;s international socialiste de Londres en 1896 que Goldsmith fit la connaissance de Kropotkine, comme c'est l&#224; aussi qu'elle se lia avec Cornelissen, Hamon, Tcherkesoff et quelques autres. A partie de ce moment Kropotkine eut la plus grande influence sur ses id&#233;es et dirigea ses tendances r&#233;volutionnaires. En correspondance constante avec lui, elle fut son disciple le plus fid&#232;le et le plus cher. Toute son activit&#233; sociale fut d&#232;s lors dirig&#233;e vers la propagande anarchiste. Elle fut en rapports d'amiti&#233; avec Nettlau, avec Brupbacher, avec Paul Reclus, avec Dave, avec le docteur et Madame Zielinski, avec tant d'autres, dont je ne puis ici publier les noms, et qui ont eu pour elle les sentiments les plus affectueux.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_3979 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;55&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/IMG/webp/goldsmith-study.webp?1689069894' width='500' height='365' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Marie Goldsmith. Source : &lt;a href=&#034;https://mariegoldsmith.uk/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;THE MARIE GOLDSMITH PROJECT&lt;/a&gt;&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Elle collabora aux &lt;i&gt;Temps Nouveaux&lt;/i&gt;, d'une fa&#231;on suivie, donnant des traductions, des correspondances de journaux &#233;trangers et aussi des articles originaux sous les pseudonymes de M. Corn et d'Isidine. Si je me souviens bien, notre collaboration au journal commen&#231;a en m&#234;me temps et d'une fa&#231;on r&#233;guli&#232;re. C'&#233;tait au temps des &#233;v&#233;nements de Cr&#232;te, alors que la population chr&#233;tienne s'&#233;tait soulev&#233;e contre la domination turque. Kropotkine ou Tcherkesoff avait pris parti pour la lib&#233;ration des Cr&#233;tois. Apr&#232;s une conversation avec Goldsmith et Remy, j'&#233;crivis un article pour d&#233;clarer que ce soul&#232;vement devait nous laisser &#224; peu pr&#232;s indiff&#233;rent, puisque d'apr&#232;s les nouvelles, la population chr&#233;tienne s'&#233;tait mise &#224; massacrer la population musulmane et &#224; la d&#233;pouiller de ses biens, que les habitants musulmans, en forte minorit&#233;, avaient bien, eux aussi, le droit de vivre, et que la solution de la question cr&#233;toise n'&#233;tait pas dans un changement de gouvernement et dans l'instauration d'une nouvelle tyrannie s'exer&#231;ant sur l'autre partie de la population. A quoi Kropotkine r&#233;pondit que sans prendre le point de vue patriotique des nationalismes, il fallait envisager l'&#233;volution de l'humanit&#233; et que la civilisation occidentale avec ses d&#233;fauts &#233;tait infiniment pr&#233;f&#233;rable &#224; la routine et &#224; la stagnation sous une tyrannie turque dont il &#233;tait impossible d'esp&#233;rer le changement. En somme donner leurs chances au progr&#232;s et &#224; la libert&#233;. Je suis bien s&#251;r de d&#233;former l'argumentation de Kropotkine, je n'ai pas sa r&#233;ponse sous les yeux. Mais telle est l'interpr&#233;tation qui m'est rest&#233;e dans l'esprit. Et c'est le m&#234;me point de vue auquel Kropotkine devait se placer en 1914 et en 1916, non pas celui du patriotisme et du nationalisme, mais celui de la civilisation : f&#233;odale et militariste ou d&#233;mocratique et lib&#233;rale. Il disait que la victoire des empires centraux serait l'affermissement de la f&#233;odalit&#233; militaire et la persistance ou la restauration du principe monarchique. J'avais compl&#232;tement oubli&#233; la pol&#233;mique cr&#233;toise ; c'est Goldsmith qui m'en a fait souvenir et qui proposait derni&#232;rement d'en publier des extraits pour &#233;clairer le point de vue du manifeste des Seize. A ce propos elle-m&#234;me a donn&#233; dans, le n&#176; 44 de &lt;i&gt;Plus Loin&lt;/i&gt; (novembre 1918) sous la signature d'Isidine un article qui &#224; mon avis cl&#244;t d&#233;finitivement le d&#233;bat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux &lt;i&gt;Temps Nouveaux&lt;/i&gt; nous continu&#226;mes un travail d'&#233;dition de brochures avec Paul Delesalle. Puis, apr&#232;s le passage d'Am&#233;d&#233;e Dunois, ou peut-&#234;tre pendant son secr&#233;tariat, fut cr&#233;&#233; un groupe d'amis des &lt;i&gt;Temps Nouveaux&lt;/i&gt; avec Desplanques (qui succ&#233;da &#224; Dunois comme secr&#233;taire de r&#233;daction), James Guillaume, Manette, Andr&#233; Girard, Ch. Beno&#238;t (qui. s'occupa sp&#233;cialement de l'&#233;dition des brochures), etc. Monatte, pris par son journal, &lt;i&gt;La Vie Ouvri&#232;re&lt;/i&gt;, ne resta pas tr&#232;s longtemps. Mais sous l'impulsion de Gu&#233;rin, il y eut des r&#233;unions assez suivies qui se tinrent jusqu'&#224; la guerre, &#224; peu pr&#232;s tous les quinze jours, et ou Goldsmith assista assez r&#233;guli&#232;rement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1910, Gu&#233;rin ressuscita les &lt;i&gt;Temps Nouveaux &lt;/i&gt; (&#233;dition d'apr&#232;s guerre) avec Goldsmith au comit&#233; de r&#233;daction. Puis, apr&#232;s la scission avec Jean Grave, Plus Loin apparaissait en mars 1925. Goldsmith faisait partie du groupe fondateur avec Desplanques, Cornelissen, David, Dooghe, Kermabon, Bertrand, Jacques et Paul Reclus, Tcherkesoff, etc. Elle prit part aux r&#233;unions du comit&#233; de r&#233;daction jusqu'au jour o&#249; l'affaiblissement progressif de sa m&#232;re ne lui permit pas de la laisser seule et de s'absenter le soir. Mais elle envoyait de la copie, et son dernier article &#171; A travers notre presse &#187; a paru dans le n&#176; 93 (janvier 1933).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps son logis &#233;tait le centre de r&#233;unions amicales et vivantes avec tant et tant de r&#233;volutionnaires russes, dont je ne peux donner ici les noms. Et elle faisait un travail consid&#233;rable de collaboration et de correspondances au profit des publications &#233;trang&#232;res d'avant-garde. C'est &#224; elle que Kropotkine confia la traduction fran&#231;aise de l'&lt;i&gt;&#201;thique&lt;/i&gt;. Elle avait m&#234;me esp&#233;r&#233; pouvoir en donner la deuxi&#232;me partie avec les notes &#233;parses qu'il avait laiss&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin elle avait une activit&#233; scientifique. Docteur &#232;s-sciences, elle &#233;tait devenue la secr&#233;taire et la collaboratrice d'Yves Delage avec qui elle &#233;crivit deux ouvrages : &lt;i&gt;Les th&#233;ories de l'&#233;volution &lt;/i&gt; et &lt;i&gt;La Parth&#233;nog&#233;n&#232;se naturelle et exp&#233;rimentale&lt;/i&gt;. Surtout elle faisait avec lui l'&lt;i&gt;Ann&#233;e biologique&lt;/i&gt;, dont elle fut l'un des deux secr&#233;taires depuis 1902, le seul secr&#233;taire depuis 1919 et en r&#233;alit&#233; la v&#233;ritable cheville ouvri&#232;re. Ce fut l'&#233;poque la plus heureuse de sa vie, une &#233;poque de travail f&#233;cond dans la s&#233;curit&#233;. Delage, devenu aveugle, se confiait enti&#232;rement &#224; elle. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Si modeste qu'elle f&#251;t, il en r&#233;sulta contre elle de terribles jalousies, &#224; la fois des adversaires de l'&#233;cole de Delage et de beaucoup d'&#233;l&#232;ves m&#234;me de celui-ci, ces derniers &#233;tant furieux de la confiance &#224; peu pr&#232;s exclusive que lui accordait Delage. Elle la m&#233;ritait et ne pouvait certes porter ombrage &#224; personne. Ce n'en fut pas moins sur son dos que s'&#233;tablit la r&#233;conciliation apparente des adversaires et des amis de Delage, &#224; la mort de celui-ci. Elle lui avait servi, intellectuellement et un peu mat&#233;riellement de chien d'aveugle. Il ne la r&#233;compensa m&#234;me pas en la dirigeant, comme il e&#251;t d&#251; le faire, vers une situation officielle, et, pauvre et charg&#233; de famille, il ne la r&#233;compensa pas non plus autrement de fa&#231;on sensible. C'&#233;tait un illumin&#233;. Mais la pauvre Goldsmith fut par trop d&#233;pourvue de sens pratique. Elle &#233;tait r&#233;fractaire &#224; la naturalisation, sans laquelle elle &#233;tait condamn&#233;e, dans le milieu o&#249; elle vivait, &#224; la mis&#232;re, puisqu'elle n'y pouvait avoir de situation officielle sans &#234;tre fran&#231;aise. Delage aurait p&#251;t le lui dire&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_3977 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;88&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/webp/goldsmith-lab.webp' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/webp&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/IMG/webp/goldsmith-lab.webp?1689069308' width='500' height='368' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Marie Goldsmith dans son laboratoire (vers 1910). Source : &lt;a href=&#034;https://mariegoldsmith.uk/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;THE MARIE GOLDSMITH PROJECT&lt;/a&gt;&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;En tout cas elle fut &#233;vinc&#233;e de l'&lt;i&gt;Ann&#233;e biologique&lt;/i&gt;, o&#249; la fonction de secr&#233;taire n'&#233;tait pourtant pas une situation officielle. Elle continue ses travaux dans des laboratoires successifs et dans des conditions assez pr&#233;caires. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Partout o&#249; elle passa, elle s'effa&#231;a trop ; elle y vivait trop isol&#233;e et trop &#224; l'&#233;cart des travaux qui s'y faisaient ; cette r&#233;serve &#233;tait m&#233;chamment jug&#233;e et elle acheva de lui faire tort&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1927, elle publiait n&#233;anmoins chez Costes,&lt;i&gt; La psychologie compar&#233;e&lt;/i&gt; (in-12&#176;, p. 344) o&#249; elle passe en revue dans la s&#233;rie animale, les tropismes, les r&#233;flexes, les instincts, l'&#233;tablissement des associations qui sont la source de la m&#233;moire et de tous les processus intellectuels sup&#233;rieurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cet ouvrage et dans &lt;i&gt;Les th&#233;ories de l'&#233;volution&lt;/i&gt;, Goldsmith fait une sorte de synth&#232;se philosophique, faisant la revue et la critique des th&#233;ories &#233;mises sur l'un et l'autre sujet. Comme ouvrages de recherches personnelles, j'ai d&#233;j&#224; cit&#233; &lt;i&gt;La Parth&#233;nogen&#232;se&lt;/i&gt;, en collaboration, il est vrai, avec Delage, mais o&#249; sa contribution est &#233;norme. Enfin sa th&#232;se de doctorat &#233;tudie les &lt;i&gt;R&#233;actions physiologiques et psychiques des poissons&lt;/i&gt;. Je crois int&#233;ressant de reproduire ce passage de la premi&#232;re page :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;ll y a peu de temps encore, la psychologie, sp&#233;culative comme la philosophie elle-m&#234;me, appartenait &#224; ce titre au domaine des lettres et non &#224; celui des sciences de la nature. Cependant la th&#233;orie de l'&#233;volution, et aussi le mat&#233;rialisme philosophique du milieu du XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, lui indiquaient d&#233;j&#224; une autre voie ; la pens&#233;e d'Auguste Comte, qui dans la Politique positive pr&#233;voit la cr&#233;ation d'une psychologie compar&#233;e, bas&#233;e sur l'&#233;tude du syst&#232;me nerveux, avait m&#234;me pr&#233;c&#233;d&#233; ces doctrines, mais sans avoir trouv&#233; l'&#233;cho &#224; son &#233;poque. La psychologie fermement attach&#233;e aux anciennes traditions de la pens&#233;e, n'a pris la nouvelle orientation que lentement, et jusqu'&#224; l'heure actuelle encore elle n'est pas enti&#232;rement devenue une science bas&#233;e sur l'observation et l'exp&#233;rimentation&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le but de M. Goldsmith est de contribuer de faire progresser la psychologie en tant que science exp&#233;rimentale, et pour cela elle a poursuivi des recherches sur le psychisme des animaux ; ce sont des observations sur les poissons, faites &#224; la station biologique de Roscoff, qui lui en ont fourni les mat&#233;riaux. Les associations que peut fournir un cerveau de poisson sont tr&#232;s &#233;loign&#233;es des n&#244;tres, mais c'est &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;quelque chose d'o&#249; les v&#233;ritables associations sont n&#233;es plus tard au cours de l'&#233;volution&lt;/q&gt; (p. 128). Telle est l'une des conclusions du travail de Goldsmith. Elle est fort importante. Mais Goldsmith, qui avait &#233;t&#233; accapar&#233;e par Delage, n'avait plus &#224; sa disposition de laboratoire o&#249; elle e&#251;t ses coud&#233;es franches ; les travaux originaux lui &#233;taient fort difficiles. D'autre part sa sp&#233;cialit&#233;, la Psychologie exp&#233;rimentale, &#233;tait le fief d'une camarilla, celle-l&#224; m&#234;me qui l'a d&#233;barqu&#233;e de l'ann&#233;e biologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la mort de Kropotkine et de Delage, qui disparurent &#224; peu de distance l'un de l'autre, Goldsmith se trouva d&#233;pourvue des soutiens moraux sur lesquels elle avait pris l'habitude de s'appuyer. La vieillesse arrivait, une vieillesse sans aucune s&#233;curit&#233;, avec un seul refuge affectif, celui d'une m&#232;re qui s'&#233;teignait lentement. Depuis deux mois, Goldsmith n'osait plus prendre la moindre libert&#233;, m&#234;me dans la journ&#233;e, elle ne sortait plus du tout, elle avait abandonn&#233; ses travaux de laboratoire. Lorsque sa m&#232;re mourut &#224; 83 ans dans la nuit du 8 au 9 janvier, elle s'empoisonna pour ne pas lui survivre.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_3978 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;85&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/png/img044-marie-and-sophie-e1668822651847-edited.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH476/img044-marie-and-sophie-e1668822651847-edited-a4b45.png?1774708417' width='500' height='476' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Marie (&#224; gauche) et sa m&#232;re Sophie (&#224; droite). Source : &lt;a href=&#034;https://mariegoldsmith.uk/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;THE MARIE GOLDSMITH PROJECT&lt;/a&gt;&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="https://archivesautonomies.org/spip.php?article2785" class="spip_out"&gt;Liste des brochures des ESRI disponibles sur le site Fragments d'Histoire de la gauche radicale &lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Nous f&#251;mes souvent oblig&#233;s de changer de local au cours de cette premi&#232;re ann&#233;e. Et je note qu'ayant trouv&#233; &#224; nous r&#233;unir dans la salle annexe d'un caf&#233; au-dessous de l'Association g&#233;n&#233;rale des &#233;tudiants, nous en f&#251;mes &#233;vinc&#233;s sous la pression du comit&#233; de cette association o&#249; dominait alors, sans qu'il en fit partie officiellement, l'influence de L&#233;on Blum ; il n'avait pas encore trouv&#233; son chemin de Damas.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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