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	<title>PARTAGE NOIR</title>
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		<title>PARTAGE NOIR</title>
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		<title>FORA - Creux syndical</title>
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		<dc:creator>Alex Matin</dc:creator>


		<dc:subject>Kurt Gustav Wilckens</dc:subject>
		<dc:subject>FORA </dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;La FORA tient son IX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; congr&#232;s (celui de 1915 n'ayant jamais &#233;t&#233; reconnu) du 31 mars au 6 avril 1923, &#224; Buenos-Aires. Parmi les motions adopt&#233;es, une signale la d&#233;faite des &#171; anarcho-bolchevistes &#187; (souvent pass&#233;s &#224; l'USA) : On rejette absolument, comme moyen transitoire ou d&#233;finitif, la d&#233;nomm&#233;e dictature du prol&#233;tariat ou n'importe quelle sorte de dictature qui essaiera de s'&#233;tablir en p&#233;riode r&#233;volutionnaire. On d&#233;cide aussi d'amplifier la campagne en faveur de Sacco et Vanzetti.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-la-f-o-r-a-" rel="directory"&gt;La F.O.R.A. &lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-kurt-gustav-wilckens-+" rel="tag"&gt;Kurt Gustav Wilckens&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-fora-argentine-+" rel="tag"&gt;FORA &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/arton78-bb7e3.png?1774693360' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La FORA tient son IX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; congr&#232;s (celui de 1915 n'ayant jamais &#233;t&#233; reconnu) du 31 mars au 6 avril 1923, &#224; Buenos-Aires. Parmi les motions adopt&#233;es, une signale la d&#233;faite des &#171; anarcho-bolchevistes &#187; (souvent pass&#233;s &#224; l'USA) : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;On rejette absolument, comme moyen transitoire ou d&#233;finitif, la d&#233;nomm&#233;e dictature du prol&#233;tariat ou n'importe quelle sorte de dictature qui essaiera de s'&#233;tablir en p&#233;riode r&#233;volutionnaire&lt;/q&gt;. On d&#233;cide aussi d'amplifier la campagne en faveur de Sacco et Vanzetti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite &#224; l'assassinat de Wilckens dans sa prison, la FORA appelle &#224; une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale du 16 au 21 juin, qui sera plus ou moins bien suivie. En effet, peu &#224; peu, la capacit&#233; de mobilisation de la FORA s'effrite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me temps, l'USA, en proie &#224; des luttes internes entre syndicalistes r&#233;volutionnaires, communistes, r&#233;formistes et m&#234;me quelques anarchistes, voit son action faiblir tr&#232;s fortement. Alors que plus de 500 syndicats avaient particip&#233; &#224; son congr&#232;s de fondation, seuls 141 syndicats repr&#233;sentant 30 000 adh&#233;rents sont pr&#233;sents lors de son 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; congr&#232;s (avril 1924) et 101 syndicats rep&#233;sentant 16 000 adh&#233;rents participent &#224; son II&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; congr&#232;s, en mai 1926. De toutes fa&#231;ons, l'USA &#233;tait trop r&#233;volutionnaire pour les socialistes qui, en f&#233;vrier 1926, fondent la COA (Confederacion Obrera Argentina). La grande majorit&#233; de ses 70 000 membres sont en fait des adh&#233;rents de l'Union ferroviaire, auxquels s'ajoutent quelques syndicats de service (les ann&#233;es 1920-1930 connaissent une vive expansion des syndicats de service). A partir de 1926, et ce pendant 4 ans ce sont 3 entit&#233;s f&#233;d&#233;rales qui se partageront le contr&#244;le du mouvement syndical argentin.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>FORA - La Patagonie rebelle</title>
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		<dc:date>2019-06-06T22:01:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alex Matin</dc:creator>


		<dc:subject>FORA </dc:subject>
		<dc:subject>Antonio Soto</dc:subject>
		<dc:subject>Kurt Gustav Wilckens</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Entre temps, des luttes importantes avaient lieu. L'ann&#233;e 1921 fut tr&#232;s sanglante. En avril et en mai, les ouvriers r&#233;cemment syndiqu&#233;s des usines de traitement de Quebracho &#224; la Forestal, dans le Chaco soutiennent la gr&#232;ve pour am&#233;liorer leur condition de vie presque animale. La police, &#224; la solde des exploiteurs, puis l'arm&#233;e, se chargent de r&#233;primer violemment le mouvement, tuant une vingtaine d'ouvriers. A Gualeguaychu (Entre-Rios), le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; Mai, plusieurs travailleurs sont tu&#233;s par les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-kurt-gustav-wilckens-+" rel="tag"&gt;Kurt Gustav Wilckens&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/arton77-5e537.png?1774693360' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Entre temps, des luttes importantes avaient lieu. L'ann&#233;e 1921 fut tr&#232;s sanglante. En avril et en mai, les ouvriers r&#233;cemment syndiqu&#233;s des usines de traitement de Quebracho &#224; la Forestal, dans le Chaco soutiennent la gr&#232;ve pour am&#233;liorer leur condition de vie presque animale. La police, &#224; la solde des exploiteurs, puis l'arm&#233;e, se chargent de r&#233;primer violemment le mouvement, tuant une vingtaine d'ouvriers. A Gualeguaychu (Entre-Rios), le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; Mai, plusieurs travailleurs sont tu&#233;s par les bandes de la Ligue patriotique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est aussi pendant cette m&#234;me p&#233;riode que se d&#233;rouleront les &#233;v&#233;nements qui, plus tard, entreront dans l'histoire du mouvement ouvrier international sous le nom de la Patagonie tragique, &#233;v&#233;nements qui verront toute la Patagonie australe entrer en &#233;tat de r&#233;bellion totale. La gr&#232;ve qui commen&#231;a d'abord parmi les salari&#233;s de Rio Gallegos, petite capitale r&#233;gionale, s'&#233;tendit comme une tache d'huile chez les &#171; peones &#187;, ces mis&#233;rables travailleurs agricoles des grandes haciendas (sp&#233;cialis&#233;es dans la laine et la viande de mouton) dans toute la r&#233;gion, sous l'impulsion de la Sociedad Obrera de Rio Gallegos et de son principal dirigeant, l'anarchiste Antonio Soto. Le gouvernement, craignant de perdre la Patagonie o&#249; il n'existait pas encore d'administration stable, mais surtout pour prot&#233;ger les int&#233;r&#234;ts des propri&#233;taires fonciers et des capitalistes anglais (qui poss&#233;daient les frigorifiques) d&#233;p&#234;che un corps exp&#233;ditionnaire command&#233; par le g&#233;n&#233;ral Varela, charg&#233; de r&#233;primer violemment les gr&#232;ves. Plus de 1 500 travailleurs furent massacr&#233;s, fusill&#233;s, souvent tortur&#233;s, par l'arm&#233;e apr&#232;s avoir &#233;t&#233; faits prisonniers. S'il n'y eut aucune r&#233;action de soutien, ce fut parce que toute l'affaire fut &#233;touff&#233;e. Les d&#233;l&#233;gu&#233;s envoy&#233;s par la FORA &#171; quintiste &#187; sur place furent imm&#233;diatement fusill&#233;s, alors que la FORA &#171; syndicaliste &#187; collabora avec le gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ironie du sort, ce fut sous Irigoyen, radical, premier pr&#233;sident a &#234;tre &#233;lu au suffrage universel (1916) et qui supprima la peine de mort, que furent r&#233;prim&#233;s les mouvements de la Semana Tragica et de la Patagonie tragique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le g&#233;n&#233;ral Varela sera assassin&#233; en janvier 1923 par un anarchiste non violent, K. Wilckens, qui pensa ainsi venger les travailleurs morts dans le Grand Sud.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Patagonie 1921 : Epilogues</title>
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		<dc:date>2019-05-11T22:01:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Alex Matin</dc:creator>


		<dc:subject>Kurt Gustav Wilckens</dc:subject>
		<dc:subject>FORA </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'arm&#233;e ayant termin&#233; sa mission, le gouverneur de Santa Cruz, A. Yza, rentre &#224; Rio Gallegos en janvier 1922. En effet, pendant toute la p&#233;riode des massacres, il &#233;tait rest&#233; &#224; Buenos Aires, montrant ainsi la volont&#233; &#233;vidente du gouvernement de d&#233;marquer le pouvoir politique de la r&#233;pression, l'arm&#233;e ayant eu les mains libres. Mais est dupe qui le veut. En octobre 1921, juste avant son d&#233;part vers la Patagonie, le lieutenant colonel Varela avait eu un entretien avec le pr&#233;sident Hipolito (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-fora-argentine-+" rel="tag"&gt;FORA &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/arton57-97c83.png?1774714711' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'arm&#233;e ayant termin&#233; sa mission, le gouverneur de Santa Cruz, A. Yza, rentre &#224; Rio Gallegos en janvier 1922. En effet, pendant toute la p&#233;riode des massacres, il &#233;tait rest&#233; &#224; Buenos Aires, montrant ainsi la volont&#233; &#233;vidente du gouvernement de d&#233;marquer le pouvoir politique de la r&#233;pression, l'arm&#233;e ayant eu les mains libres. Mais est dupe qui le veut. En octobre 1921, juste avant son d&#233;part vers la Patagonie, le lieutenant colonel Varela avait eu un entretien avec le pr&#233;sident Hipolito Yrigoyen. Radical de longue date et homme de confiance du pr&#233;sident, Varela n'a pas agit de sa propre initiative en vue d'objectifs politiques ; il avait des consignes pr&#233;cises &#233;manant de Buenos Aires, comme ses actions sur place tendent &#224; le sugg&#233;rer. Alors peu importe que les directives proviennent du ministre des Arm&#233;es ou directement d'Yrigoyen : le fait essentiel est que les massacres avaient &#233;t&#233; planifi&#233;s d&#232;s le d&#233;part. Car il ne s'agissait pas d'en terminer avec d'&#233;ventuelles violences ; &#224; cet &#233;gard, le mouvement &#233;tait bien plus pacifique (et &#233;galement plus disciplin&#233; et plus puissant) que les gr&#232;ves de 1920. Il ne s'agissait pas non plus d'en finir avec les gr&#232;ves de la fin de l'ann&#233;e 1921 stricto sensu. Il s'agissait de mettre fin &#224; la d&#233;sob&#233;issance civile qui g&#234;nait aussi bien les propri&#233;taires que les autorit&#233;s, et surtout d'&#233;viter que ce type de situation se reproduise dans le futur. Ceci est mis en &#233;vidence par le type m&#234;me de r&#233;pression : ex&#233;cutions syst&#233;matiques des meneurs (anarchistes, syndiqu&#233;s), terrorisation des autres ouvriers (personnes fusill&#233;es au hasard).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste encore &#224; voir comment ces massacres ont pu se produire, dans une indiff&#233;rence relative. En premier lieu il convient de retenir la situation g&#233;ographique de Santa Cruz &#224; l'extr&#234;me sud de l'Argentine, ce territoire, faiblement peupl&#233;, est loin des centres habit&#233;s. La communication avec le reste du pays se faisait gr&#226;ce au t&#233;l&#233;graphe et par voie maritime. Or les gr&#233;vistes avaient &#233;t&#233; coup&#233;s des villes c&#244;ti&#232;res, sous le contr&#244;le de l'arm&#233;e ; en ce qui concerne le t&#233;l&#233;graphe, la situation &#233;tait similaire. Du reste, les gr&#233;vistes n'avaient pratiquement aucun moyen de communiquer entre eux, except&#233; &#224; cheval ou en voiture, moyen peu efficace quand les distances &#224; couvrir se comptent en centaines de kilom&#232;tres. En second lieu, bien &#233;videmment, le black-out impos&#233; par Varela : les faux communiqu&#233;s qu'il transmettait &#224; Buenos Aires alimentaient l'intoxication de la presse ; et il n'appartenait pas aux propri&#233;taires, seuls t&#233;moins pouvant circuler plus ou moins librement, de s'insurger des massacres qu'ils avaient eux-m&#234;mes provoqu&#233;s et encourag&#233;s. Enfin, une autre raison qui permit que ces massacres aient pu avoir lieu presque sans r&#233;action, c'est l'&#233;tat du mouvement ouvrier pendant cette p&#233;riode.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, la plus importante centrale syndicale, la FORA du IX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; Congr&#232;s, dite &#171; FORA syndicaliste &#187; avait pris, avec la d&#233;mocratisation de l'appareil d'&#201;tat, une tournure tr&#232;s r&#233;formiste, et certains de ses dirigeants &#233;taient proches des radicaux. Les personnes que la direction avait envoy&#233; &#224; Santa Cruz pour casser la F&#233;d&#233;ration locale sont rest&#233;s clo&#238;tr&#233;es, totalement muettes, &#224; Rio Gallegos pendant toute la dur&#233;e de la r&#233;pression. Alors que la F&#233;d&#233;ration locale de Rio Gallegos &#233;tait adh&#233;rente &#224; la FORA syndicaliste (m&#234;me si depuis le congr&#232;s de janvier 1921 elle ne payait plus sa cotisation et avait amorc&#233; un rapprochement avec la FORA anarchiste), la centrale ne fera rien pour venir en aide aux militants f&#233;d&#233;r&#233;s. Elle observa un silence prudent pendant la dur&#233;e des massacres. Pourtant, c'&#233;tait la seule organisation qui disposait d'assez bonnes informations en temps r&#233;el en effet tous les syndicats du sud du pays appartenaient &#224; la FORA syndicaliste, ainsi que la F&#233;d&#233;ration ouvri&#232;re maritime, qui aurait pu emp&#234;cher le transport des troupes. Mais la FORA syndicaliste avait sans doute d'autres probl&#232;mes &#224; r&#233;soudre : elle pr&#233;parait en effet une recomposition du mouvement syndical (un congr&#232;s de fusion d&#233;bouchera en mars 1922 sur la cr&#233;ation de l'USA - Union Sindical Argentina). Et sans m&#234;me tenir compte des pressions du gouvernement, la FORA syndicaliste ne voyait sans doute pas d'un mauvais &#339;il strat&#233;gique la disparition de syndicats contr&#244;l&#233;s par des anarchistes. Il n'est donc pas exag&#233;r&#233; de dire qu'elle a couvert les massacres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Restent alors les anarchistes. D&#232;s septembre 1921, le principal quotidien anarchiste, &lt;i&gt;La Protesta&lt;/i&gt;, avertit sur les dangers d'une &#233;ventuelle r&#233;pression. Et ce quotidien lancera tous les jours des cris de d&#233;sespoir pendant les massacres, dont il n'a malgr&#233; tout que tr&#232;s peu d'informations. Le 25 novembre, la FORA anarchiste lance un appel &#224; toutes les organisations ouvri&#232;res afin de se mobiliser pour d&#233;fendre les gr&#233;vistes de Santa Cruz. La FORA du V&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; Congr&#232;s, dite anarchiste, est d&#233;j&#224; rentr&#233;e, fin 1921, dans sa p&#233;riode de d&#233;clin (elle a perdu des plumes pendant la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de juin 1921, o&#249; elle s'est vue l&#226;ch&#233;e par la FORA syndicaliste qui avait ordonn&#233; de reprendre le travail alors m&#234;me que les gr&#232;ves s'&#233;tendaient) mais elle reste encore puissante. Son appel ne re&#231;oit, on s'en doute, aucune r&#233;ponse. Mais m&#234;me en son sein, la mobilisation est peu importante. D'ailleurs, courant d&#233;cembre, &lt;i&gt;La Protesta&lt;/i&gt; publie quotidiennement dans ses colonnes des articles d&#233;non&#231;ant la couardise du prol&#233;tariat argentin, incapable de se mobiliser. Ceci laisse entrevoir l'indiff&#233;rence des travailleurs par rapport &#224; ces massacres en terres lointaines. Mais ils &#233;taient tout de m&#234;me loin de s'imaginer ce qui se passait r&#233;ellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car il &#233;tait effectivement tr&#232;s difficile de savoir quelle &#233;tait la situation &#224; Santa Cruz. C'est pourquoi la FORA anarchiste envoya des d&#233;l&#233;gu&#233;s pour enqu&#234;ter sur place. Un d'entre eux, Gonzalez Diez, qui s'occupait &#224; Rio Gallegos de rassembler des renseignements sur les &#233;v&#233;nements des campagnes fut fusill&#233; par l'arm&#233;e &#224; la mi-d&#233;cembre. D'autres eurent plus de chance : ils furent expuls&#233;s vers Buenos Aires, sort r&#233;serv&#233; &#224; tout citadin suspect&#233; &#171; d'agitation &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il &#233;tait impossible d'obtenir des informations pendant la r&#233;pression, il n'en va plus de m&#234;me apr&#232;s les &#233;v&#233;nements. Les anarchistes sont les premiers &#224; sortir au grand jour, d&#232;s janvier 1922, les massacres commis par Varela et ses troupes, en s'appuyant sur de nombreux t&#233;moignages de rescap&#233;s. Le quotidien anarchiste de Buenos Aires &lt;i&gt;La Antorcha&lt;/i&gt; publie une brochure rassemblant ces t&#233;moignages ; le chiffre de 1 500 morts est avanc&#233; pour la premi&#232;re fois. La FORA anarchiste tire des tracts et organise des meetings (il restait encore 180 gr&#233;vistes emprisonn&#233;s &#224; Rio Gallegos ; ils seront effectivement lib&#233;r&#233;s en avril 1922). La FORA syndicaliste lui embo&#238;te mollement le pas (tout comme elle ne se pr&#233;occupera gu&#232;re de reconstruire la F&#233;d&#233;ration locale de Santa Cruz). Puis c'est toute la presse qui en parle. Il devient &#233;vident pour tout le monde que quelque chose s'est pass&#233; en Patagonie, m&#234;me si on n'arrive pas &#224; &#233;valuer l'ampleur des ex&#233;cutions. D&#233;but f&#233;vrier 1922, &#224; quelques mois des &#233;lections pr&#233;sidentielles, les 8 d&#233;put&#233;s du parti socialiste font &#233;clater l'affaire &#224; la Chambre des d&#233;put&#233;s : apr&#232;s avoir fort bien r&#233;sum&#233; la situation, ils demandent la cr&#233;ation d'une commission d'enqu&#234;te parlementaire. Sous l'&#339;il amus&#233; de l'opposition conservatrice, ils se la voient refuser par la majorit&#233; radicale. Mais les radicaux sont visiblement g&#234;n&#233;s ; quant au gouvernement, il reste silencieux. Varela, rentr&#233; &#224; Buenos Aires, est l&#226;ch&#233; par le r&#233;sident, qui refuse de le recevoir : le fusible a saut&#233;. Il s'agit alors de mettre le gouvernement &#224; l'abri en faisant peser sur Varela les soup&#231;ons quant &#224; d'&#233;ventuels massacres. Cependant, le lieutenant-colonel ne sera jamais accus&#233; de quoi que ce soit ; on ne l'oblige pas &#224; passer &#224; la retraite. Petit &#224; petit, le sujet passe de mode. Fin 1922, le radical Alvear, dauphin d'Yrigoyen, est &#233;lu Pr&#233;sident de la Nation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;v&#233;nements de Patagonie pr&#233;sentent, par certains c&#244;t&#233;s, un caract&#232;re d'exemplarit&#233;. Il n'y a effectivement rien de surprenant dans les agissements des propri&#233;taires. Voulant &#234;tre les seuls ma&#238;tres &#224; bord, hostiles au syndicat, refusant la moindre augmentation &#224; leurs employ&#233;s, ils font pression sur les autorit&#233;s pour obtenir la fin du conflit, c'est-&#224;-dire pour la r&#233;pression. Le jeu politique est &#233;galement classique. Quand le gouverneur conservateur est encore au pouvoir, les radicaux appuient fortement la F&#233;d&#233;ration locale. Ensuite arrive le gouverneur radical A. Yza. Au changement d'hommes correspond un changement de politique : la police, qui &#233;tait aux bottes des propri&#233;taires, est totalement r&#233;organis&#233;e ; les latifundistes sont oblig&#233;s de signer un accord. Mais les travailleurs ruraux veulent voir leurs revendications satisfaites, et un nouveau mouvement, puissant, est lanc&#233; en octobre 1921. C'en est trop pour le gouvernement ; car d'une part, nous l'avons dit, il est soumis aux pressions des propri&#233;taires. De l'autre, l'&#201;tat ne peut accepter que l'ordre, l'autorit&#233; qu'il exerce, soit bafou&#233; ; et &#224; plus long terme, les gr&#232;ves, ainsi que l'existence d'un mouvement syndical revendicatif et anarchiste, allaient &#224; l'encontre des projets de d&#233;veloppement qu'il avait pour la Patagonie, territoire qui somme toute n'&#233;tait sous son contr&#244;le que depuis une trentaine d'ann&#233;es. La r&#233;pression est alors d&#233;cid&#233;e ; et cette fois, les syndicats de Santa Cruz vont se retrouver seuls face &#224; des militaires bien d&#233;cid&#233;s &#224; remplir les ordres. Ils n'avaient alors presque aucune chance. Les gr&#233;vistes n'avaient ni l'envie, ni encore moins les moyens de se battre. Sinon, comment comprendre qu'&#224; l'estancia La Anita, plusieurs centaines de gr&#233;vistes discutent toute la nuit en assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale, pour prendre une d&#233;cision collective, alors m&#234;me qu'ils savent qu'une colonne de soldats disciplin&#233;s campe &#224; quelques kilom&#232;tres de l&#224; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On voit bien que la th&#233;orie du balancier de Hipolito Yrigoyen (donner une fois raison aux uns, une autre fois aux autres) &#233;tait vici&#233;e d&#232;s le d&#233;part. Ceci avait d&#233;j&#224; &#233;t&#233; prouv&#233; pendant la &#171; Semaine tragique &#187; d&#233;but 1919, une gr&#232;ve &#233;clate dans la plus grande usine de m&#233;tallurgie de Buenos Aires. La police intervient et 4 gr&#233;vistes sont tu&#233;s. Une imposante gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de solidarit&#233; paralyse une grande partie du pays et surtout la r&#233;gion de Buenos Aires. Les ouvriers pillent des armureries pour faire face aux provocations de la Ligue patriotique. De son c&#244;t&#233;, le gouvernement organise une r&#233;pression f&#233;roce. 600 ouvriers seront tu&#233;s, d'autres d&#233;port&#233;s. Mais le gouvernement veillera &#224; ce que toutes les revendications des ouvriers de l'entreprise de m&#233;tallurgie soient satisfaites... Les peones des steppes de Patagonie n'ont m&#234;me pas eu cette chance au contraire, leurs salaires sont baiss&#233;s d'un tiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'histoire ne s'arr&#234;te pas l&#224;. Le 27 janvier 1923, comme tous les matins, le lieutenant-colonel Varela sort de chez lui. Ce jour-ci, un homme l'attend, une bombe &#224; la main. Kurt Wilckens, jeune anarchiste de tendance tolsto&#239;enne, lance sa bombe presque &#224; &#233;gale distance entre lui et Varela. Le lieutenant-colonel est ensuite achev&#233; de 6 coups de revolver. Bless&#233; par les &#233;clats de la bombe, Kurt Wilckens ne peut s'enfuir ; il est arr&#234;t&#233; par 2 policiers, &#224; qui il dira : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;J'ai veng&#233; mes fr&#232;res&lt;/q&gt;. Six mois plus tard, le 16 juin, Wilckens est assassin&#233; en prison par un gardien agissant probablement pour le compte de la Ligue patriotique. Aussit&#244;t, la FORA (anarchiste) et l'USA (qui a succ&#233;d&#233; &#224; la FORA syndicaliste) lancent un appel &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale. La gr&#232;ve est massivement suivie ; ce sera d'ailleurs le mouvement de plus d'ampleur des ann&#233;es 1922-1923. L'USA appelle d&#232;s le 19 juin &#224; reprendre le travail. Qualifiant l'USA de tra&#238;tre, la FORA est oblig&#233;e &#224; son tour de terminer la gr&#232;ve le 21 juin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ainsi, il appara&#238;t que les &#233;v&#233;nements de Santa Cruz &#233;taient connus des gens. Ceci n'est que partiellement vrai. De son c&#244;t&#233;, l'arm&#233;e n'est bien &#233;videmment jamais intervenue pour r&#233;tablir les faits. Mais elle ne s'est pas non plus mise en avant pour d&#233;fendre Varela ; on comprend que les m&#233;thodes utilis&#233;es par ce dernier puissent porter atteinte &#224; son honneur. En fait, la p&#233;riode des massacres constituait plut&#244;t une sorte de tabou. Seul le capitaine Anaya, devenu par la suite g&#233;n&#233;ral, d&#233;fend sans vergogne le r&#244;le jou&#233; par l'arm&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier livre sur ces massacres est paru en 1928 : &lt;i&gt;La Patagonia Tragica &lt;/i&gt; a &#233;t&#233; &#233;crit par Jos&#233;-Maria Borrero. Avocat radical de Rio Gallegos pendant les &#233;v&#233;nements, qui lors des premi&#232;res gr&#232;ves de 1920 r&#233;digeait les tracts pour la F&#233;d&#233;ration locale, son livre est plus un r&#232;glement de comptes qu'une &#233;tude historique. Il cherche &#224; disculper Yrigoyen et l'arm&#233;e, en d&#233;signant comme seuls responsables des massacres les propri&#233;taires. Son livre contient n&#233;anmoins quelques documents iconographiques int&#233;ressants. Tir&#233; &#224; 10 000 exemplaires, La Patagonia Tragica a disparu assez vite des librairies. On dit que tout le tirage avait &#233;t&#233; rachet&#233; par les Braun et les Menendez-Behety. A la fin de cet ouvrage, un deuxi&#232;me tome, intitul&#233; Orgies de sang &#233;tait annonc&#233;. Ce deuxi&#232;me tome ne para&#238;tra jamais. Borrero est mort en 1931 ; ses manuscrits n'ont pas &#233;t&#233; retrouv&#233;s. Il se peut qu'ils aient &#233;t&#233; vol&#233;s par des hommes travaillant pour les Braun et les Menendez-Behety. Dans les ann&#233;es qui suivirent, presque aucun livre n'est paru sur ce sujet, en tout cas aucune &#233;tude historique. Antonio Soto s'&#233;tait &#233;chapp&#233; au Chili en 1921, et apr&#232;s quelques mois de planque, il y reprit une vie normale, &#224; Punta Arenas. Il a lui aussi &#233;crit ses m&#233;moires, mais les manuscrits br&#251;l&#232;rent lors d'un incendie qui ravagea sa maison, et il n'eut pas le courage de les r&#233;&#233;crire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a fallu attendre la fin des ann&#233;es soixante pour qu'un journaliste et essayiste, Osvaldo Bayer, s'attaque au sujet. Retrouvant, presque 50 ans apr&#232;s les faits, des protagonistes des &#233;v&#233;nements, recueillant des dizaines de t&#233;moignages, consultant toutes sortes d'archives, Bayer publie divers articles dans des revues d'histoire. Ses recherches culminent avec son &#339;uvre en 4 tomes &lt;i&gt;Les vengeurs de la Patagonie tragique&lt;/i&gt;, &#233;tude historique, quoique l&#233;g&#232;rement romanc&#233;e, que nous avons largement utilis&#233;e pour la r&#233;daction de cette brochure (&lt;i&gt;Los vengadores de la Patagonia Tr&#224;gica, Editorial Galerna&lt;/i&gt;, Buenos Aires, 1972 &#224; 1974). 0. Bayer a &#233;crit, entre autres Les anarchistes expropriateurs, &lt;i&gt;Radowitzky : martyr ou assassin ?,&lt;/i&gt; ainsi qu'un essai sur l'influence de l'immigration italienne sur le mouvement libertaire argentin. Il a &#233;galement r&#233;dig&#233; le sc&#233;nario du film &#224; grand spectacle &lt;i&gt;La Patagonia rebelde&lt;/i&gt; (la Patagonie rebelle) qui retrace ces &#233;v&#233;nements. Plus r&#233;cemment, d'autres &#233;tudes d'historiens argentins sont parues sur ce sujet, &#233;videmment en espagnol. Car &#224; notre connaissance, rien en fran&#231;ais n'a &#233;t&#233; publi&#233;. C'est d&#233;sormais chose faite.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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