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		<title>PARTAGE NOIR</title>
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		<title>Jean Amila, un v&#233;t&#233;ran du roman noir</title>
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		<dc:date>2023-04-01T22:05:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Yves B.</dc:creator>


		<dc:subject>Jean Amila</dc:subject>
		<dc:subject>&lt;i&gt;Le Monde Libertaire&lt;/i&gt;</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;N&#233; en 1910, Jean Amila est un v&#233;t&#233;ran du roman noir fran&#231;ais, reconnu depuis peu &#224; sa juste valeur. Peut-&#234;tre la prise de conscience des probl&#232;mes de notre soci&#233;t&#233;, par un certain nombre de jeunes auteurs, en est-il la raison. Beaucoup d'entre eux ne manquent pas en tout cas de rendre hommage &#224; Amila, notamment Didier Daeninckx. Qualifi&#233; d'&#233;crivain social et prol&#233;tarien, Amila met en sc&#232;ne de petites gens dont la vie quotidienne &#8212; souvent m&#233;diocre &#8212; est boulevers&#233;e par les &#233;v&#233;nements. Au cours de ceux-ci apparaissent aussi des rapports conflictuels entre classes sociales. Parmi ses romans noirs (vingt et un au total), on trouve de v&#233;ritables chefs-d'oeuvres comme &lt;i&gt;Le boucher des Hurlus&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;La lune d'Omaha&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Piti&#233; pour les rats !&lt;/i&gt; Jean Amila est aussi l'auteur de livres non policiers (si ces &#233;tiquettes signifient quelque chose) sous son vrai nom : Jean Meckert. Publi&#233;s chez Gallimard, ils sont pour l'instant introuvables. Ses romans noirs sont par contre disponibles en Carr&#233; noir et en S&#233;rie noire. Amila vit aujourd'hui retir&#233; &#224; la campagne et a abandonn&#233; le roman noir depuis &lt;i&gt;Au balcon d'Hiroshima&lt;/i&gt; (1985), mais pense poursuivre ses travaux d'&#233;crivain. Nous avons &#233;t&#233; l'interviewer. Etaient pr&#233;sents des membres du &lt;i&gt;Monde libertaire&lt;/i&gt; et de la revue de polar &lt;i&gt;Asphalte&lt;/i&gt;. En raison de probl&#232;mes techniques, une partie de l'interview a &#233;t&#233; reconstitu&#233;e de m&#233;moire. Le reste est retranscrit fid&#232;lement. &lt;b&gt;Yves B&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-le-monde-libertaire-no-684-du-3-decembre-1987-" rel="directory"&gt;Le Monde libertaire n&#176; 684 du 3 d&#233;cembre 1987&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-jean-amila-+" rel="tag"&gt;Jean Amila&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-le-monde-libertaire-173-+" rel="tag"&gt;&lt;i&gt;Le Monde Libertaire&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/arton1041-cc1ea.png?1774706800' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;N&#233; en 1910, &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Amila&#034; class=&#034;spip_glossaire&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Jean Amila&lt;/a&gt; est un v&#233;t&#233;ran du roman noir fran&#231;ais, reconnu depuis peu &#224; sa juste valeur. Peut-&#234;tre la prise de conscience des probl&#232;mes de notre soci&#233;t&#233;, par un certain nombre de jeunes auteurs, en est-il la raison. Beaucoup d'entre eux ne manquent pas en tout cas de rendre hommage &#224; Amila, notamment Didier Daeninckx. Qualifi&#233; d'&#233;crivain social et prol&#233;tarien, Amila met en sc&#232;ne de petites gens dont la vie quotidienne &#8212; souvent m&#233;diocre &#8212; est boulevers&#233;e par les &#233;v&#233;nements. Au cours de ceux-ci apparaissent aussi des rapports conflictuels entre classes sociales. Parmi ses romans noirs (vingt et un au total), on trouve de v&#233;ritables chefs-d'&#339;uvres comme &lt;i&gt;Le boucher des Hurlus&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;La lune d'Omaha&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Piti&#233; pour les rats !&lt;/i&gt; Jean Amila est aussi l'auteur de livres non policiers (si ces &#233;tiquettes signifient quelque chose) sous son vrai nom : Jean Meckert. Publi&#233;s chez Gallimard, ils sont pour l'instant introuvables. Ses romans noirs sont par contre disponibles en Carr&#233; noir et en S&#233;rie noire. Amila vit aujourd'hui retir&#233; &#224; la campagne et a abandonn&#233; le roman noir depuis &lt;i&gt;Au balcon d'Hiroshima&lt;/i&gt; (1985), mais pense poursuivre ses travaux d'&#233;crivain. Nous avons &#233;t&#233; l'interviewer. Etaient pr&#233;sents des membres du &lt;i&gt;Monde libertaire&lt;/i&gt; et de la revue de polar &lt;i&gt;Asphalte&lt;/i&gt;. En raison de probl&#232;mes techniques, une partie de l'interview a &#233;t&#233; reconstitu&#233;e de m&#233;moire. Le reste est retranscrit fid&#232;lement. Yves B&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#8212; &lt;strong&gt;Le &#171; Monde libertaire &#187;&lt;/strong&gt; : &lt;i&gt;Comment es-tu venu &#224; l'&#233;criture ? &lt;/i&gt; &lt;br /&gt;&#8212; &lt;strong&gt;Jean Amila &lt;/strong&gt; : Je suis entr&#233; tr&#232;s jeune &#224; l'usine, vers 13-14 ans. Pendant la guerre, je me suis mis &#224; &#233;crire. J'&#233;tais intern&#233; et je n'aimais pas jouer aux cartes avec les autres. Mon premier livre s'appelait &lt;i&gt;Les coups&lt;/i&gt;. Il a &#233;t&#233; publi&#233; en 1942, chez Gallimard, gr&#226;ce &#224; Raymond Queneau. Je ne crois pas que l'&#233;diteur voulait avoir &#171; son &#187; &#233;crivain prol&#233;tarien. En fait, on esp&#233;rait que je ferais concurrence &#224; C&#233;line, qui vendait bien chez Deno&#235;l, mais Les coups s'est vendu &#224; mille ou deux mille exemplaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &lt;strong&gt;M.L. &lt;/strong&gt; : &lt;i&gt;Comment as-tu v&#233;cu la guerre ? &lt;/i&gt; &lt;br /&gt;&#8212; &lt;strong&gt;J. A. &lt;/strong&gt; : J'ai rejoint le maquis, ce dont je ne garde pas un bon souvenir. Nous n'avons rien fait, sinon tuer un soldat allemand isol&#233; qui r&#233;parait sa moto. D&#233;j&#224; j'&#233;tais contre et ensuite deux otages ont &#233;t&#233; fusill&#233;s &#224; cause de cela. Apr&#232;s la Lib&#233;ration, j'ai vu ces types tondre deux ou trois putes pendant l'&#233;puration, et en tirer une gloire de r&#233;sistant ! Aussi j'ai &#233;crit un livre qui a &#233;t&#233; refus&#233; par les &#233;diteurs, ils m'ont dit que c'&#233;tait trop t&#244;t. Les Fran&#231;ais s'&#233;taient d&#233;bin&#233;s comme des lapins en 1940, puis quarante millions de p&#233;tainistes sont devenus quarante millions de gaullistes, et il fallait leur dire qu'ils &#233;taient formidables... &lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s la guerre, j'ai travaill&#233; &#224; la pr&#233;fecture de la Seine au registre des d&#233;c&#232;s. Je d&#233;p&#233;rissais &#224; vu d'oeil, j'avais perdu 14 kilos. J'ai dit &#224; ma soeur : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Je vais crever&lt;/q&gt;. Elle m'a r&#233;pondu : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Oui, mais tu as la s&#233;curit&#233; de l'emploi&lt;/q&gt;. J'ai rendu ma blouse et je suis redevenu &#233;crivain. J'ai m&#234;me fait un roman &#224; l'eau de rose. Marcel Duhamel m'a demand&#233; d'&#233;crire pour la S&#233;rie noire. Il a trouv&#233; que Meckert &#231;a n'allait pas, il fallait un nom qui fasse am&#233;ricain. J'ai propos&#233; John Amilanar qui vient de l'espagnol, et puis il y avait &#171; anar &#187; dedans. Duhamel m'a dit que c'&#233;tait trop... long et c'est devenu John Amila, puis Jean Amila (avec, en page de garde, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;adapt&#233; de l'am&#233;ricain par Jean Mekert&lt;/q&gt;). Je consid&#232;re que le polar avec les histoires de flics, c'est termin&#233;. Maintenant il y a le roman noir, qui est une fa&#231;on de rendre compte de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &lt;strong&gt;M.L.&lt;/strong&gt; : &lt;i&gt;Tu as eu des ennuis apr&#232;s un livre sur la Polyn&#233;sie... &lt;/i&gt; &lt;br /&gt;&#8212; &lt;strong&gt;J. A.&lt;/strong&gt; : A cette &#233;poque, je devais faire un texte anti-James Bond. Je n'aimais pas les espions. Alors j'ai voulu aller &#224; Tahiti pour y situer l'action. On m'a pay&#233; le voyage et j'y suis rest&#233; six semaines : J'ai beaucoup sympathis&#233; avec des Polyn&#233;siens, qui m'ont racont&#233; des histoires effroyables sur les essais nucl&#233;aires dont on ne nous parle jamais. Par exemple, une barque avait &#233;t&#233; atteinte par les radiations, et plut&#244;t que d'avoir &#224; soigner ces Polyn&#233;siens contamin&#233;s, les autorit&#233;s fran&#231;aises les ont fait mitrailler par l'aviation. De toutes ces informations, j'en ai fait un livre, &lt;i&gt;La vierge et le taureau&lt;/i&gt;, qui a &#233;t&#233; publi&#233; aux Presses de la Cit&#233; par un Su&#233;dois qui ne se sentait pas atteint dans son honneur national ! Mais, six mois apr&#232;s, il m'a dit que l'administration lui faisait des probl&#232;mes et lui avait conseill&#233; de ne plus publier ce genre de livre. Ensuite, tout le stock a &#233;t&#233; rachet&#233; par des inconnus et le livre a disparu des librairies&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ce roman a &#233;t&#233; r&#233;&#233;dit&#233; en 1971 aux Presses de la cit&#233;.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. J'ai re&#231;u des menaces par t&#233;l&#233;phone. Sur le moment nous avons cru &#224; une blague. Et puis un soir je me suis fait agresser, je me suis r&#233;veill&#233; &#224; l'h&#244;pital gravement bless&#233;. J'&#233;tais devenu &#233;pileptique et partiellement amn&#233;sique. Une partie de mon pass&#233; avait disparu de ma m&#233;moire. Je suis rest&#233; sept ans sans &#233;crire, du fait de ce choc, et j'ai d&#251; tout reconstitu&#233; (voir sur cette r&#233;appropriation de la m&#233;moire : &lt;i&gt;Le boucher des Hurlus&lt;/i&gt;, en partie le r&#233;cit de son enfance, NDLR). Je pense que ce n'&#233;taient pas des militaires, mais plut&#244;t le SAC.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &lt;strong&gt;M.L.&lt;/strong&gt; : &lt;i&gt;Que penses-tu de l'anarchisme ? &lt;/i&gt; &lt;br /&gt;&#8212; &lt;strong&gt;J. A.&lt;/strong&gt; : Je ne sais pas si je suis anarchiste, mais j'en ai les id&#233;es. Mon p&#232;re &#233;tait un anarchiste, il a d&#233;sert&#233; en 14-18, et tous les voisins de palier ont harcel&#233; ma m&#232;re en lui disant que c'&#233;tait un l&#226;che. Apr&#232;s sa d&#233;sertion il a refait sa vie ailleurs, alors elle a fini par croire qu'il avait &#233;t&#233; fusill&#233; pour l'exemple. Elle me disait que je n'avais pas &#224; avoir honte de lui, ce qui est vrai. Il n'a pas voulu se battre pour la souverainet&#233; nationale. J'ai &#233;t&#233; &#233;lev&#233; dans un orphelinat protestant, et l'on nous emmenait &#224; des causeries, mes petits camarades chr&#233;tiens et moi (d&#233;j&#224; incroyant). Un jour, nous avons entendu une femme qui s'&#233;tait occup&#233;e de Caserio, des ann&#233;es auparavant, et elle nous en parla comme d'un saint. Plus tard, &#224; l'usine, des types syndiqu&#233;s nous parlaient en mal des anarchistes, en disant que c'&#233;taient des bavards. C'est peut-&#234;tre cela qui m'a pr&#233;venu contre le mouvement, mais j'avais ces id&#233;es, non pas parce que je les avaient re&#231;ues mais par m&#233;fiance du chef, du verbe. Je suis all&#233; &#224; divers meetings &#224; l'&#233;poque, pour m'informer, mais j'ai horreur des foules. Dans les ann&#233;es trente, cela a &#233;t&#233; tr&#232;s dur pour tout le monde. Et moi, je ne voulais pas &#234;tre au ch&#244;mage (d'ailleurs ne s'inscrivait pas qui voulait). Alors j'allais aux manifestations, communistes par exemple, mais pour vendre mes dessins car je croyais savoir tirer les portraits et la dame me disait : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Quoi ! C'est moi cette horreur ?&lt;/q&gt;. De toute fa&#231;on, c'est tr&#232;s dur de les exprimer ces id&#233;es anarchistes, antimilitaristes... Ce sont toujours des termes n&#233;gatifs. On est an-archiste, a-th&#233;e, in-soumis et parce qu'on ne peut pas s'exprimer, cela d&#233;bouche parfois sur la violence (la discussion d&#233;vie sur l'affaire Audran, et Amila en conclut que &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;de toute fa&#231;on c'&#233;tait un personnage nuisible&lt;/q&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &lt;strong&gt;M.L.&lt;/strong&gt; :&lt;i&gt; Qu'est-ce que vous &#233;crivez en ce moment ? &lt;/i&gt; &lt;br /&gt;&#8212; &lt;strong&gt;J. A.&lt;/strong&gt; : On m'a dit que je devrais &#233;crire l'&#339;uvre de ma vie, que j'en avais l'&#226;ge ! Ce ne sera pas seulement des m&#233;moires. Je relis mes romans refus&#233;s, parfois je me dis qu'on a eu raison parce que c'&#233;tait de la merde. A d'autres pages, je me dis : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;L&#224;, c'est parce que &#231;a g&#234;ne quelqu'un, &#224; cause d'une fa&#231;on de penser que je cherche &#224; exprimer&lt;/q&gt;. Il n'y a pas de raison, puisqu'on est anarchiste, de ne pas le dire. Un de ces bouquins refus&#233;s, que je pense reprendre, parlait de la guerre, de ce r&#233;gime, de cette soci&#233;t&#233; qui n'est pas celle que nous devrions vivre. Nous sommes tous de la m&#234;me esp&#232;ce humaine et cette humanit&#233; est tr&#232;s jeune. Mais les gens ne l'admettent pas. Ceux de droite affirment que nous avons un tr&#232;s long pass&#233; et qu'il faut se baser l&#224;-dessus. Ceux de gauche, c'est pareil, ils s'imaginent vivre dans une tr&#232;s vieille civilisation. Or, l'humanit&#233; en est encore &#224; l'&#226;ge des couches-culottes et il va falloir qu'elle s'en d&#233;barrasse. Mais les gens ne veulent pas penser &#224; &#231;a, &#224; cause de leur &#233;ducation. Voil&#224; ce que je cherche &#224; dire. C'est merdouzard et de cette merdouze il faut essayer d'&#233;crire quelque chose de bien. C'est impossible, mais je m'attache toujours &#224; l'impossible !&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt; &lt;strong&gt;Propos recueillis par Yves B. &lt;/strong&gt; &lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Note : plusieurs romans d'Amila sont disponibles &#224; la librairie du Monde libertaire. N'h&#233;sitez pas &#224; commander les autres ! Nous vous recommandons (dans l'ordre) : &lt;i&gt;Le boucher des Hurlus, La lune d'Omaha, Piti&#233; pour les rats !, Contest-flics, Motus !&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Le chien de Montargis. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt; &lt;strong&gt;&lt;sc&gt;&lt;span style=&#034;font-size:1.2em&#034;&gt;Bibliographie sommaire&lt;/span&gt;&lt;/sc&gt; &lt;/strong&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Parmi les titres encore disponibles, citons tout d'abord &lt;i&gt;Le boucher des Hurlus&lt;/i&gt; (S&#233;rie noire n&#176; 1881), qui raconte la vengeance du fils d'un mutin de 1917 fusill&#233; &#171; pour l'exemple &#187;. Description sans complaisance de personnages, petits ou grands, en qui la guerre r&#233;v&#232;le et d&#233;cuple la b&#234;tise crasse, cette histoire est particuli&#232;re dans l'&#339;uvre de Jean Amila (voir interview). Dans &lt;i&gt;Jusqu'&#224; plus soif&lt;/i&gt; (Carr&#233; noir n&#176; 369), une jeune institutrice arrive en Normandie et se heurte aux bouilleurs de cru, v&#233;ritable institution populaire. Elle se voit rejet&#233;e, tel un chien dans un jeu de quilles. Les chiens, le personnage principal du &lt;i&gt; Chien de Montargis &lt;/i&gt; (S&#233;rie noire n&#176; 1930) les hait, au point de les tuer. Mais le lobby canin veille. Deux polars excellent par l'art de la description, et les personnages principaux nous communiquent leur naus&#233;e et leur d&#233;sespoir. Notons toutefois, dans &lt;i&gt; Le chien de Montargis&lt;/i&gt; comme dans &lt;i&gt;Au balcon d'Hiroshima&lt;/i&gt; (S&#233;rie noire n&#176; 2007), de la complaisance pour le milieu et un certain &#171; machisme &#187;. Ce dernier livre met aux prises un truand en fuite au Japon avec la guerre. Si Amila introduit volontiers l'histoire dans ses livres pour d&#233;voiler les puissants, ceux-ci semblent se venger sur les adaptations de ses &#339;uvres. Ainsi, &#224; la t&#233;l&#233;vision, &lt;i&gt;Piti&#233; pour les rats !&lt;/i&gt; (S&#233;rie noire n&#176; 832) mettait en sc&#232;ne un terroriste d'extr&#234;me gauche en rupture avec son organisation, alors que dans le polar il s'agissait d'un terroriste d'extr&#234;me droite. Ne parlons pas de l'adaptation de &lt;i&gt;La lune d'Omaha&lt;/i&gt; (Carr&#233; noir n&#176;424), qui retra&#231;ait l'Itin&#233;raire d'un d&#233;serteur am&#233;ricain lors du d&#233;barquement de Normandie, ceux qui ont eu le malheur de voir le t&#233;l&#233;film doivent absolument lire le livre (la trahison est compl&#232;te). Ils ne savent pas lire &#224; la t&#233;l&#233;vision ? &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;A. Miami &lt;/strong&gt; &lt;/div&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ce roman a &#233;t&#233; r&#233;&#233;dit&#233; en 1971 aux Presses de la cit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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