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		<title>PARTAGE NOIR</title>
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		<title>Nathalie Lemel </title>
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		<dc:date>2025-05-07T22:05:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Paule Lejeune </dc:creator>


		<dc:subject>&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>@narlivres</dc:subject>
		<dc:subject>Nathalie Lemel</dc:subject>
		<dc:subject>La Commune de Paris (1871)</dc:subject>
		<dc:subject>Eug&#232;ne Varlin</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Elle ne ressemble gu&#232;re au portrait de la communarde que les &#233;crivains bien pensants n'ont cess&#233; de proposer, Nathalie Lemel. Ce n'est point cette gaillarde surexcit&#233;e, buvant sec, la pire injure &#224; la bouche, prenant un plaisir malsain &#224; commander des tueries. Et pourtant c'est bien une communarde, Nathalie. Et l'une des plus actives. Et l'une des plus h&#233;ro&#239;ques. Malheureusement pour parler d'elle cent ans apr&#232;s, on ne dispose gu&#232;re de documents.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-itineraire-une-vie-une-pensee-no11-eugene-varlin-" rel="directory"&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e n&#176;11 : &#171; Eug&#232;ne Varlin &#187;&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-itineraire-une-vie-une-pensee-+" rel="tag"&gt;&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-nathalie-lemel-191-+" rel="tag"&gt;Nathalie Lemel&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-la-commune-de-paris-+" rel="tag"&gt;La Commune de Paris (1871)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-eugene-varlin-91-+" rel="tag"&gt;Eug&#232;ne Varlin&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/arton1171-feff0.jpg?1774720728' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Elle ne ressemble gu&#232;re au portrait de la communarde que les &#233;crivains bien pensants n'ont cess&#233; de proposer, Nathalie Lemel. Ce n'est point cette gaillarde surexcit&#233;e, buvant sec, la pire injure &#224; la bouche, prenant un plaisir malsain &#224; commander des tueries. Et pourtant c'est bien une communarde, Nathalie. Et l'une des plus actives. Et l'une des plus h&#233;ro&#239;ques. Malheureusement pour parler d'elle cent ans apr&#232;s, on ne dispose gu&#232;re de documents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, comme pour bien des r&#233;volutionnaires, c'est dans les archives de la police, dans les rapports de gendarmerie, dans les comptes rendus de proc&#232;s qu'il faut aller glaner des renseignements. Lisons donc la fiche signal&#233;tique la concernant : 1 m 49 ; elle est blonde avec des yeux gris, un nez retrouss&#233;, un visage ovale. Et c'est tout ce que nous saurons.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1556 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;16&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH199/file-b8913-2397a.png?1774709809' width='150' height='199' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Nathalie Lemel&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Elle ne paraissait pas destin&#233;e &#224; la r&#233;sistance ouvri&#232;re et politique par son origine, par son v&#233;cu d'enfant, d'adolescente. Ses parents, ais&#233;s, tenaient un caf&#233; &#224; Brest et l'&#233;lev&#232;rent &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;avec assez de soins&lt;/q&gt;, c'est-&#224;-dire qu'elle dut sans doute aller dans une &#233;cole religieuse pour y apprendre &#224; lire dans un recueil de pri&#232;res et ensuite s'initier &#224; la couture, peut-&#234;tre m&#234;me &#224; la broderie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle se marie en 1845 (elle a 19 ans) avec un ouvrier relieur, J&#233;r&#244;me Lemel, de huit ans son a&#238;n&#233;. Et la tradition familiale semble fonctionner normalement puisqu'ils ont trois enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le couple quitte Brest, sa ville natale, en 1849, pour aller s'installer &#224; Quimper. Que font-ils &#224; Quimper ? Elle tient une librairie ; quant au mari, on ne sait trop : l'aide-t-il ? Poursuit-il son m&#233;tier de relieur ? Il est possible qu'il relie &#224; domicile, comme une activit&#233; annexe &#224; la vente des livres. Et c'est l&#224; sans doute que commence &#224; se nouer le destin de Nathalie. Mais on manque de documents et l'on est r&#233;duit de nouveau &#224; des hypoth&#232;ses. Le rapport de gendarmerie de Quimper nous dit : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;En 1861, ils se d&#233;clar&#232;rent en faillite et partirent pour Paris&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle vend des livres, elle a sans doute la curiosit&#233;, d&#233;plac&#233;e, de les lire, et son horizon s'&#233;largit ; elle se pose des questions, elle a envie de discuter de ce qu'elle voit ; elle sort de son r&#244;le de femme, donc elle prend &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;des allures d'ind&#233;pendance&lt;/q&gt; !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Elue au syndicat des relieurs &lt;/h3&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1557 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;16&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH185/image-1b2c5-02f9c.jpg?1774709809' width='150' height='185' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Nathalie Lemel&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Une fois &#224; Paris, sortie du carcan provincial et religieux, oblig&#233;e par manque d'argent d'apprendre et d'exercer un m&#233;tier, celui de relieuse, Nathalie va &#233;voluer beaucoup plus vite. D'autant qu'elle se trouve brusquement dans un climat de surchauffe politique. C'est la p&#233;riode o&#249; les travailleurs vont constituer &#8212; en 1864 &#8212; une Association internationale, o&#249; des gr&#232;ves vont &#233;clater un peu dans tous les secteurs ; et en particulier dans celui o&#249; travaille Nathalie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, en ao&#251;t 1864, une gr&#232;ve longue et tr&#232;s dure est men&#233;e par les ouvriers relieurs de Paris ; parmi eux, un militant de pointe, Eug&#232;ne Varlin. Nathalie est parmi les gr&#233;vistes. Et, lorsque l'ann&#233;e suivante, une nouvelle gr&#232;ve sera d&#233;cid&#233;e, elle sera du comit&#233; de gr&#232;ve et ensuite &#233;lue d&#233;l&#233;gu&#233;e syndicale. Ce qui constituait une v&#233;ritable r&#233;volution pour l'&#233;poque, dans le milieu ouvrier encore sous l'influence de Proudhon qui rel&#233;guait les femmes au foyer ou sur le trottoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est que Nathalie Lemel avait d&#251; montrer sa t&#233;nacit&#233;, son sens de l'organisation dans ces luttes vraiment h&#233;ro&#239;ques car c'&#233;tait la faim, c'&#233;tait la rue qui mena&#231;aient &#224; br&#232;ve &#233;ch&#233;ance les travailleurs en gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nathalie s'inscrit bien vite &#224; l'Internationale et prend une part de plus en plus active &#224; la r&#233;sistance contre le Second Empire. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Elle s'&#233;tait fait remarquer par son exaltation, &#233;crit le commissaire de son quartier, elle s'occupait de politique ; dans les ateliers, elle lisait &#224; haute voix les mauvais journaux ; elle fr&#233;quentait assid&#251;ment les clubs.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En somme, une femme perdue. Et c'est bien entendu sur elle que la soci&#233;t&#233; &#8212; sous les traits du commissaire enqu&#234;teur &#8212; va faire retomber l'&#233;chec de son mariage. Elle quitte le domicile conjugal en 1868 : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;L'exaltation de ses opinions politiques et les discussions auxquelles elle se livrait continuellement auraient &#233;t&#233; pour beaucoup dans cette s&#233;paration&lt;/q&gt; (le tout soulign&#233; en rouge !). Mais le commissaire omet de pr&#233;ciser que le mari s'&#233;tait mis &#224; boire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lib&#233;r&#233;e de ses entraves conjugales, Nathalie va pouvoir se consacrer plus intens&#233;ment &#224; ses activit&#233;s militantes. Avec Varlin et quelques autres relieurs, elle cr&#233;e une coop&#233;rative d'alimentation, la M&#233;nag&#232;re, puis, &#224; partir de 1868, une sorte de restaurant ouvrier, la Marmite. Elle y est caissi&#232;re, secr&#233;taire ; elle loge sur place pour &#234;tre plus efficace. Cette id&#233;e de coop&#233;rative a un tel succ&#232;s que trois autres restaurants s'ouvrent, regroupant environ 8 000 travailleurs. On y mange bien, des choses saines, abondantes ; on se retrouve entre soi, on peut discuter, lire &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;les mauvais journaux&lt;/q&gt;, hors du regard des argousins de Napol&#233;on III.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu, Nathalie va participer pleinement &#224; la Commune de Paris. D&#233;j&#224; pendant le si&#232;ge par les Prussiens, pendant ce terrible hiver 1870, elle avait tout fait pour distribuer &#224; manger, pr&#233;parer les repas dans les restaurants de la Marmite. Mais le 18 mars, quand le drapeau rouge flotte sur l'h&#244;tel de ville, elle va pouvoir &#339;uvrer de fa&#231;on vraiment constructive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les femmes ne sont pas &#233;ligibles &#224; la Commune ? Qu'&#224; cela ne tienne, elles constituent leur structure &#224; elles qui leur permettra de se regrouper, de d&#233;battre des probl&#232;mes du travail, d'ouvrir des ateliers. Et c'est la cr&#233;ation le 11 avril 1871 de l'Union des femmes, que Nathalie Lemel a mise en place avec Elisabeth Dmitrieff et un groupe d'ouvri&#232;res. Cette &#171; union &#187;, tr&#232;s structur&#233;e, dont le manifeste-programme est un des textes les plus avanc&#233;s de cette p&#233;riode, va donc commencer dans les quartiers populaires &#8212; les autres ont &#233;t&#233; d&#233;sert&#233;s &#8212; son action d'information, d'aide, de regroupement. Des clubs sont cr&#233;&#233;s o&#249; les femmes prennent une parole pr&#233;cise, &#233;nergique, tr&#232;s r&#233;aliste. Apr&#232;s le 18 mars, on la vit parcourir les clubs de femmes, y prendre la parole et y pr&#234;cher dans un langage excessivement violent les th&#233;ories les plus subversives.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le temps des barricades &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Nathalie, avec une centaine de femmes, se replie des Batignolles vers la place Blanche, puis vers la place Pigalle. Pendant des heures, elles font le coup de feu pour tenter d'arr&#234;ter l'assaillant versaillais. Un t&#233;moin dira : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Rentrant chez elle le 23 mai, les mains et les l&#232;vres noires, couverte de poussi&#232;re, elle disait avoir combattu 48 heures sans manger et elle ajoutait avec beaucoup d'animosit&#233; : Nous sommes battus, mais non vaincus.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous la retrouvons aussi indomptable devant le conseil de guerre. Elle assume fi&#232;rement toutes les responsabilit&#233;s de son action r&#233;volutionnaire, comme Louise Michel. Et toutes deux, condamn&#233;es &#224; la d&#233;portation, seront jet&#233;es dans le m&#234;me bateau pour &#234;tre livr&#233;es aux autorit&#233;s du bagne de Noum&#233;a.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l&#224; encore elles ne s'avou&#232;rent pas vaincues, puisque d&#232;s leur arriv&#233;e en Nouvelle-Cal&#233;donie elles refusent un traitement &#224; part, parce que, disent-elles : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Nous ne demandons ni n'acceptons aucune faveur et nous irons vivre avec nos cod&#233;port&#233;s dans l'enceinte fortifi&#233;e que la loi nous fixe.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1880 c'est la loi d'amnistie, le retour en France des communards. Nathalie, &#226;g&#233;e, &#233;prouv&#233;e par ses ann&#233;es de d&#233;portation, trouvera un emploi manuel dans l'imprimerie d'un journal ; et sans &#234;tre une militante de pointe comme Paule Minck ou Louise Michel, elle continuera &#224; suivre les &#233;v&#233;nements, &#224; &#233;voquer les grands jours de la Commune et &#224; intervenir tout particuli&#232;rement pour d&#233;fendre les conditions de travail des femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nathalie Lemel, c'est vraiment la communarde comme on en vit des milliers sur les barricades : venues de province, ouvri&#232;res pour la plupart, acqu&#233;rant une conscience politique en tant que femmes travailleuses doublement exploit&#233;es, allant jusqu'au bout et tr&#232;s souvent jusqu'&#224; la mort, pour sauver la R&#233;volution qui leur apparaissait la seule voie possible pour la lib&#233;ration des femmes.&lt;/p&gt;
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		<title>Coop&#233;ratives - Pour faire bouillir la Marmite </title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Andr&#233; Devriendt </dc:creator>


		<dc:subject>Eug&#232;ne Varlin</dc:subject>
		<dc:subject>La Commune de Paris (1871)</dc:subject>
		<dc:subject>Nathalie Lemel</dc:subject>
		<dc:subject>&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>@narlivres</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Les voies de l'&#233;mancipation ouvri&#232;re sont multiples et les coop&#233;ratives, tout en am&#233;liorant les conditions de vie imm&#233;diates, permettent d'apprendre &#224; g&#233;rer collectivement un bien commun. En 1867, Varlin lance une coop&#233;rative de consommation, la M&#233;nag&#232;re, puis en 1868 un restaurant coop&#233;ratif, la Marmite.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-itineraire-une-vie-une-pensee-no11-eugene-varlin-" rel="directory"&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e n&#176;11 : &#171; Eug&#232;ne Varlin &#187;&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-eugene-varlin-91-+" rel="tag"&gt;Eug&#232;ne Varlin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-la-commune-de-paris-+" rel="tag"&gt;La Commune de Paris (1871)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-nathalie-lemel-191-+" rel="tag"&gt;Nathalie Lemel&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-itineraire-une-vie-une-pensee-+" rel="tag"&gt;&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-source-narlivres-+" rel="tag"&gt;@narlivres&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/arton1394-613b3.png?1774698106' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les voies de l'&#233;mancipation ouvri&#232;re sont multiples et les coop&#233;ratives, tout en am&#233;liorant les conditions de vie imm&#233;diates, permettent d'apprendre &#224; g&#233;rer collectivement un bien commun. En 1867, Varlin lance une coop&#233;rative de consommation, la M&#233;nag&#232;re, puis en 1868 un restaurant coop&#233;ratif, la Marmite.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;On les pers&#233;cute, on les tue, &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Quitte, apr&#232;s un lent examen, &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;A leur dresser une statue, &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Pour la gloire du genre humain.&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Chanson de B&#233;ranger : les Fous.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Un homme, une voix, c'est le principe fondamental des organismes de l'&#233;conomie sociale : coop&#233;ratives, mu&#173;tuelles, associations &#224; buts non lucra&#173;tifs r&#233;gies par la loi de 1901, quel que soit l'apport de chacun et quelle que soit la fonction exerc&#233;e. Ce principe ne pouvait que convenir &#224; Varlin, mais ce n'est pas cela seulement qui l'a conduit &#224; cr&#233;er des coop&#233;ratives. D&#232;s le d&#233;but du XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, des tra&#173;vailleurs ont cherch&#233; &#224; se d&#233;gager de l'exploitation sans merci dont ils &#233;taient victimes. On travaillait douze heures par jour pour des salaires de mis&#232;re ; les enfants, d&#232;s l'&#226;ge de huit ans, devaient eux aussi travailler dans les manufactures, m&#234;me parfois de nuit dans les plus mauvais cas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas &#233;tonnant, donc, que les plus entreprenants de ces travailleurs aient adopt&#233; une forme d'organisa&#173;tion du travail, de la production et de la distribution des produits qui &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;visait &#224; &#233;liminer le patron, &#224; donner &#224; l'ou&#173;vrier l'int&#233;gralit&#233; du produit de son travail (coop&#233;rative de production) ou qui supprimait le marchand, les inter&#173;m&#233;diaires, le commerce (coop&#233;rative de consommation)&lt;/q&gt;. Bien qu'on e&#251;t dit que &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;le syst&#232;me coop&#233;ratif n'est pas sorti du cerveau d'un savant ou d'un r&#233;formateur, mais des entrailles du peuple&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Charles Gide, les Soci&#233;t&#233;s coop&#233;ratives de -consommation.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, les &#233;crits de th&#233;oriciens tels que Fourier, Proudhon, Saint&#173;-Simon, De L'Ange, Auguste Comte, Louis Blanc, Robert Owen... ont contribu&#233; puissamment au d&#233;velop&#173;pement du syst&#232;me coop&#233;ratif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;conomie sociale repose sur trois principes de base : l'adh&#233;sion volon&#173;taire, l'&#233;galit&#233; des droits, la non-r&#233;mu&#173;n&#233;ration d'un capital ; les b&#233;n&#233;fices &#233;tant distribu&#233;s sous forme de pres&#173;tations. La coop&#233;ration, puisque c'est d'elle plus particuli&#232;rement qu'il s'agit ici, ce sont des producteurs ou des consommateurs qui s'associent libre&#173;ment et administrent leurs affaires en dehors de toute tutelle &#233;tatique ou capitaliste. En eux-m&#234;mes, le coop&#233;&#173;ratisme, le mutualisme ne sont pas r&#233;volutionnaires. Ils peuvent cepen&#173;dant &#234;tre un levier puissant pour un changement de soci&#233;t&#233; tel que nous le voulons. C'est aussi un lieu d'exp&#233;&#173;riences, d'apprentissage de la gestion &#233;conomique de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France, les premi&#232;res associa&#173;tions coop&#233;ratives furent cr&#233;&#233;es &#224; Pa&#173;ris en 1831 : Association des menui&#173;siers, Association des typographes, Association des bijoutiers en dor&#233; (1843). A Lyon, ce fut, en 1835, le Commerce v&#233;ritable et social. En Angleterre, vingt-huit tisserands fon&#173;d&#232;rent en 1844 la fameuse coop&#233;ra&#173;tive les Equitables Pionniers de Roch&#173;dale, qui donna l'essor &#224; tout le mouvement coop&#233;ratif dans le pays. En Allemagne, c'est d'abord sous la forme du cr&#233;dit coop&#233;ratif (mutuel) qu'apparut la coop&#233;ration en 1845-1846 sous les efforts de Guillaume Raiffeisen puis de Schulze-Delitzsch.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e faisait donc son chemin, mais c'est la r&#233;volution de 1848 qui fit &#171; exploser &#187; le mouvement coop&#233;ra&#173;tif. Des centaines de coop&#233;ratives furent cr&#233;&#233;es. Cependant, l'&#233;lan fut rapidement bris&#233; lorsque le Second Empire, en 1852, prit la d&#233;cision de dissoudre toutes les coop&#233;ratives. Un nouveau d&#233;part eut lieu &#224; partir de 1864, notamment des coop&#233;ratives de consommation, lorsque l'Empire devint &#171; lib&#233;ral &#187;, car il avait besoin de l'appui de la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Evidemment, un mouvement de cette importance, et vu son ambition, ne pouvait que susciter des contro&#173;verses au sein de la classe ouvri&#232;re organis&#233;e et de la soci&#233;t&#233; en g&#233;n&#233;ral. Les &#233;conomistes, d'abord m&#233;fiants, finirent par conclure que, somme toute, la coop&#233;ration pourrait &#234;tre un barrage &#224; la r&#233;volution, par une r&#233;forme sociale pacifique du probl&#232;me des rapports du capital et du travail.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_2194 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende descriptif' data-legende-len=&#034;58&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/png/vvvvv.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH209/vvvvv-4ba7a-ebb21.png?1774707101' width='150' height='209' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Londres septembre 1865 (Source le &lt;a href=&#034;https://macommunedeparis.com/2021/02/09/londres-septembre-1865-eugene-varlin-avec-tolain-fribourg-limousin-et-un-photographe/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;blog de Mich&#232;le Audin&lt;/a&gt;)&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne les socialistes, l'accueil fut variable. Jusqu'&#224; la Commune, les socialistes fran&#231;ais furent favorables. Les th&#232;ses marxis&#173;tes, oppos&#233;s, ne furent vraiment connues en France qu'&#224; partir de 1872. La th&#233;orie de Lassalle sur la loi d'airain fut alors r&#233;pandue. On la conna&#238;t : quoi qu'on fasse sous le r&#233;gime capitaliste, le salaire de l'ouvrier se r&#232;gle toujours sur ses d&#233;penses pour son entretien. Il ne peut &#234;tre sup&#233;rieur. Donc, affirmaient les marxistes, les coop&#233;ratives de consommation font jouer un r&#244;le de dupe au travailleur, car plus on dimi&#173;nuera le co&#251;t de la vie &#8212;ce qui &#233;tait un des principaux buts des coop&#233;ra&#173;tives&#8212; plus on fera diminuer son salaire. Dans ce sens, le coop&#233;ratisme ne sert &#224; rien. De plus, ils le consid&#233;&#173;raient comme un moyen insuffisant et chim&#233;rique d'&#233;mancipation du sala&#173;riat ; il retardait m&#234;me la r&#233;volution n&#233;cessaire. Ils n'&#233;taient d'ailleurs pas les seuls &#224; penser ainsi, mais reve&#173;nons au temps de Varlin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le coop&#233;ratisme, ou la coop&#233;ration, fit l'objet du point 5 de l'ordre du jour du congr&#232;s de Gen&#232;ve de l'Internatio&#173;nale, qui se tint du 3 au 8 septembre 1866. Varlin y participait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce point 5 de l'ordre du jour, inti&#173;tul&#233; &#171; Travail coop&#233;ratif &#187;, fit l'objet d'une r&#233;solution dans laquelle le congr&#232;s pr&#233;cisait qu'il ne devait pas procla&#173;mer un syst&#232;me sp&#233;cial de coop&#233;ra&#173;tion, mais se limiter &#224; l'&#233;nonc&#233; de quelques principes g&#233;n&#233;raux. L'Association internationale des tra&#173;vailleurs reconnaissait le mouvement coop&#233;ratif comme une des forces transformatrices de la soci&#233;t&#233; pr&#233;&#173;sente, bas&#233;e sur l'antagonisme des classes. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;[Son]&lt;/span&gt; grand m&#233;rite est de montrer pratiquement que le syst&#232;me actuel de subordination du travail au capital, despotique et paup&#233;risateur, peut &#234;tre supplant&#233; par le syst&#232;me r&#233;publicain de l'association de pro&#173;ducteurs libres et &#233;gaux.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Toutefois, le mouvement coop&#233;ra&#173;tif &#233;tait consid&#233;r&#233; par le congr&#232;s comme impuissant &#224; transformer par lui-m&#234;me la soci&#233;t&#233; capitaliste. Pour cela, des changements g&#233;n&#233;raux sont indispensables. Le congr&#232;s recom&#173;mandait aux ouvriers d'encourager la coop&#233;ration de production plut&#244;t que la coop&#233;ration de consommation. Enfin, les soci&#233;t&#233;s coop&#233;ratives devaient consacrer une partie de leurs fonds &#224; la propagande de leurs prin&#173;cipes et, surtout, pour les emp&#234;cher de d&#233;g&#233;n&#233;rer, elles devaient accorder le m&#234;me salaire &#224; tout ouvrier ou employ&#233;, associ&#233; ou non.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Varlin et le coop&#233;ratisme &lt;/h3&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_2196 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende descriptif' data-legende-len=&#034;81&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/eugene_varlin_by_vallotton_copie.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH177/eugene_varlin_by_vallotton_copie-3050f-25f47.jpg?1774707101' width='150' height='177' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Eug&#232;ne Varlin. Portrait par F&#233;lix Vallotton paru dans La Revue blanche en 1897.&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Varlin dut suivre attentivement le congr&#232;s de Gen&#232;ve et particuli&#232;rement la discussion du point 5 de l'ordre du jour. En effet, il &#233;tait d&#233;j&#224; convaincu de la n&#233;cessit&#233; de constituer des grou&#173;pements corporatifs, des coop&#233;ratives, dans lesquels les travailleurs auraient un peu plus de s&#233;curit&#233; et de bien-&#173;&#234;tre et acquerraient l'habitude de la solidarit&#233; et la conscience de leurs int&#233;r&#234;ts collectifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un article de &lt;i&gt;la Marseillaise&lt;/i&gt;, il &#233;crivait : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Les soci&#233;t&#233;s ouvri&#232;res, sous quelque forme qu'elles existent actuel&#173;lement, ont d&#233;j&#224; cet immense avan&#173;tage d'habituer les hommes &#224; la vie de soci&#233;t&#233; et de les pr&#233;parer ainsi pour une organisation sociale plus &#233;tendue. Elles les habituent non seulement &#224; s'accorder et &#224; s'entendre, mais encore &#224; s'occuper de leurs affaires, &#224; s'orga&#173;niser, &#224; discuter, &#224; raisonner de leurs int&#233;r&#234;ts mat&#233;riels et moraux, et tou&#173;jours au point de vue collectif, puisque leur int&#233;r&#234;t personnel individuel, direct, dispara&#238;t d&#232;s qu'ils font partie d'une collectivit&#233;.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La position du congr&#232;s ne pouvait donc que le renforcer dans son opi&#173;nion. D&#232;s le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; mai 1866, il avait cr&#233;&#233; la Soci&#233;t&#233; civile d'&#233;pargne et de cr&#233;&#173;dit mutuel des ouvriers relieurs. C'est lui qui en r&#233;digea les statuts, dans lesquels, il faut le souligner car ce n'&#233;tait pas courant &#224; l'&#233;poque, l'&#233;galit&#233; des droits des relieurs et des relieuses &#233;tait affirm&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revenu de Gen&#232;ve, il entreprit de constituer une coop&#233;rative de consom&#173;mation. Ce fut fait en 1867 : la M&#233;na&#173;g&#232;re, coop&#233;rative de consommation, fonctionne. Puis, le 19 janvier 1868, Varlin fonde un restaurant coop&#233;ra&#173;tif : la Marmite, qui eut un tel succ&#232;s que trois succursales durent &#234;tre rapi&#173;dement ouvertes. Au conseil d'admi&#173;nistration, autour du pr&#233;sident Eug&#232;ne Varlin, on trouve Nathalie Lemel, Alphonse Delacour, Antoine Bourdon, Louis Varlin. Ces coop&#233;ra&#173;tives fonctionn&#232;rent parfaitement jusqu'&#224; la fin de la Commune. La Marmite comptait 8 000 adh&#233;rents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Charles Keller, membre de l'Inter&#173;nationale, communard, composa des po&#232;mes dont l'un, mis en musique par James Guillaume, a connu un grand succ&#232;s sous le nom de &lt;i&gt;la Jurassienne&lt;/i&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Ouvrier, prends la machine, &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Prends la terre, paysan !&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_2198 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende descriptif' data-legende-len=&#034;60&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/carte_consommation_la_marmite.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH236/carte_consommation_la_marmite-cf262-9f07a.jpg?1774707101' width='150' height='236' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Carte consommation de La Marmite. Source : &lt;a href=&#034;https://www.commune1871.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;commune1871.org&lt;/a&gt;&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Keller, donc, fr&#233;quenta assid&#251;ment la Marmite, et il d&#233;crit ainsi l'atmo&#173;sph&#232;re chaleureuse qui y r&#233;gnait : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;On y prenait des repas modestes, mais bien accommod&#233;s, et la gaiet&#233; r&#233;gnait autour des tables. Les convives &#233;taient nombreux. Chacun allait chercher lui&#173;-m&#234;me ses plats &#224; la cuisine, et en ins&#173;crivait le prix sur la feuille de contr&#244;le qu'il remettait avec son argent au camarade charg&#233; de le recevoir. &lt;br class='autobr' /&gt;
G&#233;n&#233;ralement, on ne s'attardait pas et, pour laisser la place &#224; d'autres, on s'en allait apr&#232;s avoir satisfait son app&#233;tit. &lt;br class='autobr' /&gt;
Parfois, cependant, quelques camarades plus intimes prolongeaient la s&#233;ance, et l'on causait. On chantait aussi. Le beau baryton Alphonse Delacour nous disait du Pierre Dupont, &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;le Chant des ouvriers&lt;/span&gt;, &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;la Locomotive&lt;/span&gt;, etc. La citoyenne Nathalie Lemel ne chantait pas ; elle philoso&#173;phait et r&#233;solvait les grands probl&#232;mes avec une simplicit&#233; et une facilit&#233; extraordinaires.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Varlin montre encore dans son acti&#173;vit&#233; de coop&#233;rateur qu'il ne se conten&#173;tait pas de propager des th&#233;ories ni d'attendre le Grand Soir pour entre&#173;prendre la transformation de la soci&#233;t&#233;. Il &#233;tait bien conscient que la cr&#233;ation de coop&#233;ratives, de soci&#233;t&#233;s de cr&#233;dit mutuel ne serait pas suffi&#173;sante pour amener une &#232;re nouvelle. Mais il comprit qu'&#224; de nouvelles conditions &#233;conomiques et sociales devaient correspondre de nouvelles m&#233;thodes de formation, d'organisa&#173;tion et de combat. Il ne pratiquait pas la politique du pire pour faire &#233;clater plus vite la r&#233;volution. La souffrance des travailleurs, il la vivait quoti&#173;diennement. Et si l'&#233;mancipation de ces travailleurs, l'abolition du sala&#173;riat &#233;taient bien son but, il fallait vivre en attendant, ne pas s'en remettre &#224; la charit&#233;, aider les ouvriers &#224; am&#233;liorer leur sort imm&#233;&#173;diat en les aidant &#224; cr&#233;er des associa&#173;tions qu'ils g&#233;reraient eux-m&#234;mes et dans lesquelles ils feraient l'appren&#173;tissage de la gestion, de l'administra&#173;tion du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un si&#232;cle plus tard, apr&#232;s l'&#233;crou&#173;lement du communisme marxiste, nous sommes devant les m&#234;mes pro&#173;bl&#232;mes, plus graves encore. Jamais, peut-&#234;tre, l'urgence de la transfor&#173;mation de la soci&#233;t&#233; n'a &#233;t&#233; aussi grande. Les organismes de l'&#233;conomie sociale existent toujours, quoique bien menac&#233;s et dans leur existence et dans leur &#171; &#233;thique &#187;. Les libertaires devraient sans doute en faire une des pierres de la fondation de l'&#233;difice social de demain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;tt&gt;&lt;widget_sitereference150|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Chanson de B&#233;ranger : &lt;i&gt;les Fous&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Charles Gide, &lt;i&gt;les Soci&#233;t&#233;s coop&#233;ratives de -consommation&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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