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	<title>PARTAGE NOIR</title>
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		<title>PARTAGE NOIR</title>
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		<title>Interview de L&#233;o Voline </title>
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		<dc:subject>Voline</dc:subject>
		<dc:subject>L&#233;o Voline</dc:subject>
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		<dc:subject>&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>Piotr Archinov </dc:subject>
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		<dc:subject>R&#233;volution espagnole (1936-1939)</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Troisi&#232;me fils de Voline, L&#233;o Eichenbaum (plus connu sous le nom de L&#233;o Voline) est n&#233; le 4 janvier 1917. Tr&#232;s t&#244;t, il partage les id&#233;aux de son p&#232;re et, au d&#233;but de l'ann&#233;e 1937, gagne l'Espagne pour &#234;tre incorpor&#233; dans la Columna confederal de la CNT.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-itineraire-une-vie-une-pensee-no13-voline-" rel="directory"&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e n&#176;13 : &#171; Voline &#187;&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-voline-+" rel="tag"&gt;Voline&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-leo-voline-+" rel="tag"&gt;L&#233;o Voline&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-piotr-archinov-+" rel="tag"&gt;Piotr Archinov &lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-revolution-espagnole-1936-1939-+" rel="tag"&gt;R&#233;volution espagnole (1936-1939)&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/sans_titre-1-8-539b6.jpg?1774699761' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Troisi&#232;me fils de Voline, L&#233;o Eichenbaum (plus connu sous le nom de L&#233;o Voline) est n&#233; le 4 janvier 1917. Tr&#232;s t&#244;t, il partage les id&#233;aux de son p&#232;re et, au d&#233;but de l'ann&#233;e 1937, gagne l'Espagne pour &#234;tre incorpor&#233; dans la Columna confederal de la CNT.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#8212; &lt;i&gt; &lt;strong&gt;&#171; Itin&#233;raire &#187; :&lt;/strong&gt; Comment ton p&#232;re a-t-il v&#233;cu la R&#233;volution russe ? &lt;/i&gt; &lt;br /&gt;&#8212; &lt;strong&gt;L&#233;o Voline :&lt;/strong&gt; Il s'est donn&#233; totalement, &#224; fond, comme toujours, tout au long de sa vie, que ce soit dans le domaine familial ou vis-&#224;-vis de toute personne en difficult&#233;. Il ne s'autorisait aucune excuse, aucune faiblesse, m&#234;me si sa vie en d&#233;pendait. Condamn&#233; &#224; mort par les bolcheviks, il a refus&#233; de renier ses id&#233;es au prix de sa gr&#226;ce, s'il se ralliait &#224; eux. Il n'a jamais voulu jouer au leader et rester &#224; Moscou avec les &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;anarchistes en chambre&lt;/q&gt;. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Heureusement, &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;disait-il,&lt;/span&gt; ce ne sont pas eux qui feront la r&#233;volution.&lt;/q&gt; Et c'est ainsi qu'il est parti rejoindre le mouvement insurrectionnel makhnoviste en Ukraine, d&#232;s qu'il en a eu connaissance. Mon p&#232;re s'est toujours tenu en retrait, proclamant face aux masses : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Moi, je ne suis rien, c'est &#224; vous d'agir, de d&#233;cide ; de vous organiser. C'est vous qui connaissez le mieux vos probl&#232;mes. Je peux simplement vous conseiller.&lt;/q&gt; Son respect pour tout individu &#233;tait total. Pour lui, tout le monde &#233;tait bien et, dans le cas contraire, la soci&#233;t&#233; en &#233;tait responsable. A mon avis, m&#234;me s'il y a une part de vrai, il &#233;tait bien souvent trop indulgent. Il n'imposait jamais son point de vue &#224; quiconque. Un jour, je devais avoir environ 14 ans, je lui ai demand&#233; : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Quelles sont tes id&#233;es ?&lt;/q&gt; Il m'a r&#233;pondu : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Ne t'occupe pas de mes opinions, cherche ta v&#233;rit&#233; toi-m&#234;me.&lt;/q&gt; (...) Je n'ai connu mon p&#232;re que vers l'&#226;ge de 5 ans, lorsque emprisonn&#233; dans la prison Boutirki de Moscou et condamn&#233; &#224; mort, il fut lib&#233;r&#233; sous condition de quitter le pays gr&#226;ce &#224; l'action d&#233;clench&#233;e par une d&#233;l&#233;gation de syndicalistes r&#233;volutionnaires europ&#233;ens, avec &#224; leur t&#234;te le Fran&#231;ais Gaston Leval qui fit un v&#233;ritable scandale... Je ne peux donc me souvenir de rien, en ce qui concerne mon p&#232;re, avant cet &#226;ge. Il ne me reste en m&#233;moire que ce qui concerne notre vie de tous les jours, avec en toile de fond un village : Bobrow, au nord de l'Ukraine, et... les larmes de ma m&#232;re, seule avec trois enfants, sans nouvelle de mon p&#232;re : &#233;tait-il mort ou vivant... Et la faim... La nourriture constituait le probl&#232;me majeur, on ne parlait que de cela. Je me souviens d'une vieille paysanne qui vivait avec nous et qui aidait ma m&#232;re. Un jour, notre chat qui ne mangeait que des souris &#8212; il y en avait beaucoup &#8212; surgit avec un gros morceau de viande dans la gueule, chapard&#233; on ne sait o&#249;. La &#171; babouchka &#187; a bien mang&#233; ce jour-l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &lt;i&gt; &lt;strong&gt;I :&lt;/strong&gt; Comment ton p&#232;re, issu d'une famille bourgeoise, a-t-il &#233;t&#233; amen&#233; &#224; devenir un r&#233;volutionnaire ?&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;&#8212; &lt;strong&gt;L. V. :&lt;/strong&gt; Il m'a racont&#233; comment, vers l'&#226;ge de 14 ans, scandalis&#233; en g&#233;n&#233;ral par le sort des gens du peuple et en particulier par celui de leur propre bonne, Anita, une fille de 16 ans, toujours premi&#232;re lev&#233;e et derni&#232;re couch&#233;e, n'ayant droit qu'&#224; deux ou trois heures de sortie le dimanche, il demanda &#224; sa m&#232;re comment elle pourrait construire sa vie, rencontrer un gar&#231;on... Sa m&#232;re lui r&#233;pondit : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Ne t'occupe pas de cela ou tu finiras en Sib&#233;rie !&lt;/q&gt; C'est exactement ce qui s'est produit neuf ans plus tard, lors de la R&#233;volution de 1905. Il fut d&#233;port&#233; &#224; vie, &#224; 23 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &lt;i&gt; &lt;strong&gt;I : &lt;/strong&gt; Comment avez-vous v&#233;cu l'exil ? &lt;/i&gt; &lt;br /&gt;&#8212; &lt;strong&gt;L. V. :&lt;/strong&gt; Nous avons quitt&#233; la Russie, marqu&#233;s par les privations, amaigris, avec pour toute fortune deux valises. Il faut avoir connu cela pour savoir ce qu'est la famine, avoir vu les cadavres dans les rues, morts de faim... La mis&#232;re nous a accompagn&#233;s en Allemagne. Nous &#233;tions cinq enfants, les deux a&#238;n&#233;s &#233;tant de la premi&#232;re femme de mon p&#232;re. Nous nous sommes install&#233;s dans deux pi&#232;ces lou&#233;es aux environs de Berlin. On voyait tr&#232;s peu mon p&#232;re car il travaillait dans la capitale comme comptable, me semble-t-il. Pour compl&#233;ter ses revenus, il donnait des le&#231;ons de langues (russe, fran&#231;ais et allemand). C'&#233;tait une p&#233;riode difficile, mais nous &#233;tions heureux. Mon p&#232;re paraissait vivre son r&#234;ve de soci&#233;t&#233; meilleure, toujours de bonne humeur, optimiste... L'harmonie r&#233;gnait dans la famille, jamais une dispute... Puis, au bout de trois ans, nous avons emm&#233;nag&#233; &#224; Berlin. Mon p&#232;re faisait des d&#233;marches afin de quitter l'Allemagne pour la France. On commen&#231;ait &#224; voir d&#233;filer les Jeunesses hitl&#233;riennes, des meetings, des bagarres. Mon p&#232;re partait souvent pour donner des conf&#233;rences. Ma m&#232;re tremblait pour lui, ne vivait plus. Nous n'allions plus &#224; l'&#233;cole, pr&#234;ts au d&#233;part. Nous &#233;tions toute la journ&#233;e dehors vu que pour toute la famille &#8212; sauf les deux fr&#232;res a&#238;n&#233;s qui vivaient chez des amis &#8212; nous n'avions qu'une mansarde sous les toits pour la nuit. Avec ma s&#339;ur Natacha, nous passions une grande partie de notre temps sur les courts de tennis qui jouxtaient notre immeuble. De riches Berlinois y venaient et nous courions toute la journ&#233;e pour ramasser leurs balles, ce qui nous faisait faire du sport et nous permettait de ramener un peu d'argent &#224; la maison. Notre p&#232;re tenait nos comptes. Plus tard, en France, en 1929, cela m'a pay&#233; mon premier v&#233;lo. C'est en 1925 que avons enfin obtenu l'autorisation de venir en France, d'o&#249; mon p&#232;re avait &#233;t&#233; expuls&#233;...&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_4660 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH186/import-volin_leo02-2341d-6e80c-5b282.jpg?1774725563' width='150' height='186' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;L&#233;o Voline&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&#8212; &lt;i&gt; &lt;strong&gt;I :&lt;/strong&gt; En 1916, je crois... &lt;/i&gt; &lt;br /&gt;&#8212; &lt;strong&gt;L. V. :&lt;/strong&gt; Oui, apprenant qu'il devait &#234;tre arr&#234;t&#233; et intern&#233;, suite &#224; une d&#233;nonciation, pour avoir r&#233;dig&#233; un tract contre la guerre, il s'est enfuit, a rejoint Bordeaux et s'est embarqu&#233; comme soutier sur le &lt;i&gt;La Fayette &lt;/i&gt; sous le nom de Fran&#231;ois-Joseph Rouby. Au cours du voyage, &#233;puis&#233;, les mains en sang, il pensa se rendre au capitaine mais, aid&#233; par les autres soutiers, il tint jusqu'&#224; l'arriv&#233;e aux &#201;tats-Unis et y resta jusqu'au d&#233;clenchement de la R&#233;volution russe. Il a fait savoir &#224; ma m&#232;re, toujours &#224; Paris, qu'il regagnait la Russie en passant par le Japon et la Chine, et il lui demandait de le rejoindre. C'est ainsi que nous embarqu&#226;mes &#224; Brest sur le &lt;i&gt;Dvinsk&lt;/i&gt;, paquebot russe faisant partie d'un convoi, le 5 ao&#251;t 1917. Le convoi fit un large d&#233;tour, descendant d'abord dans la direction de l'&#233;quateur, puis dans une large boucle s'orienta vers le nord, pour finir par passer au nord de l'Angleterre, car les mers et l'oc&#233;an &#233;taient infest&#233;s de sous-marins allemands. Un paquebot fut m&#234;me coul&#233; en cours de route et nous arriv&#226;mes &#224; Arkhangelsk le 20 ao&#251;t 1917.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &lt;i&gt; &lt;strong&gt;I : &lt;/strong&gt; Et, en France, comment cela s'est-il pass&#233; ? &lt;/i&gt; &lt;br /&gt;&#8212; &lt;strong&gt;L. V. : &lt;/strong&gt; Lors de notre retour en France en 1925, nous avons d'abord &#233;t&#233; h&#233;berg&#233;s par de vieux amis de mon p&#232;re, les Fuchs, rue Lamarck &#224; Paris, le temps de trouver un logement. Mon p&#232;re n'a jamais voulu loger dans les grandes villes, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;pour la sant&#233; des enfants&lt;/q&gt;. Gr&#226;ce &#224; Henri Sellier, s&#233;nateur-maire de Suresnes, nous avons obtenu un logement dans la Cit&#233;-jardin de Gennevilliers qui venait d'&#234;tre b&#226;tie. Nos conditions de vie restaient tr&#232;s difficiles. Je me souviens qu'un jour mon p&#232;re se mit &#224; rire : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Il nous manque cinq centimes pour acheter un pain !&lt;/q&gt; Mais il tenait &#224; ce que nous fassions des &#233;tudes malgr&#233; tout, d'autant plus que certains camarades lui avaient reproch&#233;, vu sa vie de militant, d'avoir eu des enfants. Les deux a&#238;n&#233;s, n'aimant pas l'&#233;cole &#8212; il est vrai qu'arriv&#233;s &#224; 13 et 15 ans dans un pays dont ils ne connaissaient pas la langue &#8212;, pr&#233;f&#233;r&#232;rent apprendre un m&#233;tier dans une &#233;cole de m&#233;canique. Natacha choisit la danse : son professeur fut la c&#233;l&#232;bre &#233;toile des ballets russes, devenue princesse Ksichinskaya, ma&#238;tresse du tsar Nicolas II. Mon p&#232;re l'a rencontr&#233;e et, apr&#232;s une longue conversation, l'a jug&#233;e tr&#232;s bien, mais lui a dit : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Cela n'a rien &#224; voir avec mes id&#233;es, ma fille veut faire de la danse...&lt;/q&gt; Moi, j'&#233;tais tr&#232;s bricoleur et d&#233;montais tout, m&#234;me la machine &#224; coudre de ma m&#232;re, pour voir comment cela marchait. On m'orienta donc vers le technique o&#249; je r&#233;ussis tr&#232;s bien. Mon p&#232;re travaillait comme comptable ; il y ajouta un travail compl&#233;mentaire de maroquinerie &#224; domicile. C'est souvent, avec ma m&#232;re, qu'ils ne dormaient pas de la nuit afin d'achever une commande. Aussi, ayant rapidement appris, je les aidais souvent le soir, jusqu'au jour o&#249; j'ai d&#233;cid&#233; d'arr&#234;ter mes &#233;tudes pour travailler. J'ai fait plusieurs entreprises, comme radiotechnicien, avant le d&#233;clenchement de la guerre d'Espagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &lt;i&gt; &lt;strong&gt;I :&lt;/strong&gt; Tu y as particip&#233;, comment cela s'est-il pass&#233; ? &lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; &lt;strong&gt;L. V. :&lt;/strong&gt; Pour moi le probl&#232;me &#233;tait simple : du moment que je militais pour une soci&#233;t&#233; de forme libertaire, il &#233;tait logique de rejoindre ceux qui luttaient pour une telle soci&#233;t&#233;. Des responsables espagnols venaient &#224; la maison, j'assistais aux rencontres avec mon p&#232;re. Il s'agissait souvent d'achats d'armes, mais auparavant il fallait trouver de l'argent en vendant des titres et autres valeurs r&#233;cup&#233;r&#233;s dans des banques espagnoles. Il m'est arriv&#233; de rouler dans Paris, accompagnant les porteurs de valeurs, un pistolet dans ma poche. &#199;a faisait tr&#232;s &#171; cin&#233;ma &#187;. En novembre 1936, voyant que cette guerre n'&#233;tait pas qu'un feu de paille, je d&#233;cidais de partir. Mon p&#232;re m'a dit : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;R&#233;fl&#233;chis bien car c'est toute ta vie qui en sera boulevers&#233;e.&lt;/q&gt; Le temps de tout r&#233;gler et je suis parti le 14 janvier 1937. Je venais d'avoir 20 ans. En fait, c'est presque tout le petit groupe libertaire du 15&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissement de Paris qui est parti : cinq gar&#231;ons et une fille. C'est la CGT-SR qui a organis&#233; le d&#233;part. Un pr&#233;tendu contr&#244;le d'identit&#233; a eu lieu &#224; la fronti&#232;re, mais les policiers fran&#231;ais avaient re&#231;u des ordres pour laisser filer tous ces ind&#233;sirables. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je ne croyais pas du tout au succ&#232;s des forces r&#233;publicaines. Je songeais sans cesse qu'aucun parti politique, aucun gouvernement, d'aucun pays, ne peut admettre la victoire d'une force &#224; dominante libertaire. J'ai observ&#233; plus tard combien j'avais vu juste... Tous ont trahi : depuis le gouvernement r&#233;publicain qui ne donnait pas les armes au peuple, en passant par les communistes qui faisaient encercler nos unit&#233;s par les fascistes, en ouvrant la ligne de front. De mon unit&#233; de plus de 4 000 hommes, il en est rest&#233; 532 pour sortir de l'encerclement le 6 f&#233;vrier 1938, apr&#232;s 24 heures de bataille. On n'a pas suffisamment parl&#233; des Am&#233;ricains qui ravitaillaient Franco, pendant que l'Angleterre et la France, d'accord avec la Russie, pr&#234;chaient la non-intervention. (...) &lt;br class='autobr' /&gt;
A notre arriv&#233;e &#224; Barcelone, &#224; peine descendu du train, notre petit groupe s'est vu entour&#233; par une bande de communistes : ils nous recevaient &#224; bras ouverts pour nous embrigader dans leurs unit&#233;s. Heureusement un groupe des Jeunesses libertaires &#8212;tr&#232;s puissantes en Catalogne &#8212; nous attendait aussi et les a fait d&#233;guerpir. J'avais l'id&#233;e, vu ma formation de radionavigant, de m'engager dans l'aviation r&#233;publicaine. Apr&#232;s quelques d&#233;marches, on m'a envoy&#233; &#224; Valence pour y &#234;tre incorpor&#233;. M'&#233;tant pr&#233;sent&#233; dans le bureau qui en d&#233;pendait, je fus re&#231;u par un employ&#233; assis derri&#232;re son comptoir. Au m&#234;me moment, trois officiers sup&#233;rieurs qui venaient d'arriver m'entendirent et, souriants, me mirent la main sur l'&#233;paule en me disant en fran&#231;ais : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;C'est tr&#232;s bien, on t'emm&#232;ne de suite !&lt;/q&gt; Je r&#233;agis tr&#232;s vite : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Mais vous m'emmenez o&#249; ?&lt;/q&gt; R&#233;ponse : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Dans les Brigades internationales !...&lt;/q&gt; J'ai recul&#233; vers la porte, en disant : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Avec les communistes, jamais !&lt;/q&gt; M'&#233;tant renseign&#233;, j'appris qu'une colonne anarchiste allait rapidement monter au front pour relever la Columna de Hierro (Colonne de Fer), plus ou moins d&#233;cim&#233;e apr&#232;s six mois de front. Je me suis donc pr&#233;sent&#233; devant un responsable pour m'engager dans une colonne de la CNT, la Columna confederal, sous le nom de L&#233;o Voline. Il &#233;tait heureusement surpris que je fus un des fils... &#171; de mon p&#232;re &#187;. C'est ainsi que, fin f&#233;vrier 1937, avec des centaines de jeunes gens entass&#233;s dans des camions, par des routes impossibles, en chantant des hymnes anarchistes et des chants r&#233;volutionnaires, je fon&#231;ai vers le front de Teruel.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_4661 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;81&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/sans_titre-2-22.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH208/sans_titre-2-22-894a0-1e950.jpg?1774725563' width='150' height='208' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;L&#233;o Voline (&#224; gauche) &#224; Barcelone en mars 1938 avec son compagnon Julio Garcia.&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&#8212; &lt;i&gt; &lt;strong&gt;I : &lt;/strong&gt; Et ton p&#232;re, par rapport &#224; la guerre d'Espagne ? &lt;/i&gt; &lt;br /&gt;&#8212; &lt;strong&gt; L. V. :&lt;/strong&gt; Mon p&#232;re s'&#233;tait enti&#232;rement engag&#233; dans l'action aux c&#244;t&#233;s du mouvement espagnol. Il &#233;tait en contact permanent avec des responsables, principalement du fait qu'il s'occupait de la r&#233;daction du journal &lt;i&gt;l'Espagne antifasciste&lt;/i&gt;, &#233;dit&#233; &#224; Paris. Il recevait donc tous les jours des informations sur les &#233;v&#233;nements en cours. Et c'est ainsi qu'arriva, le 21 novembre 1936, un t&#233;l&#233;gramme ainsi r&#233;dig&#233; : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Durruti assassin&#233; sur le front de Madrid par les communistes.&lt;/q&gt; Une heure plus tard, un deuxi&#232;me t&#233;l&#233;gramme est arriv&#233; (au moment o&#249; mon p&#232;re partait pour l'imprimerie), disant : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Annuler le premier t&#233;l&#233;gramme, pour sauvegarder l'unit&#233; d'action.&lt;/q&gt; C'&#233;tait le mot d'ordre absolu de l'&#233;poque. J'ai rencontr&#233; plus tard en prison, &#224; Cerb&#232;re, venant d'Espagne et arr&#234;t&#233; &#224; la fronti&#232;re, un gar&#231;on, un Corse, qui rentrait comme moi, &#233;c&#339;ur&#233; des communistes, qui m'a avou&#233; avoir fait partie du commando ayant abattu Durruti. Il &#233;tait tr&#232;s &#233;mu et m'a cri&#233; : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Mais je te jure, L&#233;o, que je n'ai pas tir&#233; !&lt;/q&gt; Il s'appelait Andr&#233; Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &lt;i&gt; &lt;strong&gt; I :&lt;/strong&gt; Beaucoup de monde venait vous rendre visite, pour voir ton p&#232;re... &lt;/i&gt; &lt;br /&gt;&#8212; &lt;strong&gt;L. V. :&lt;/strong&gt; C'&#233;tait un d&#233;fil&#233; permanent, une situation terrible surtout pour ma m&#232;re. Avec mon p&#232;re, la porte &#233;tait toujours ouverte. Beaucoup de &#171; parasites &#187; venaient essentiellement pour se mettre &#224; table, sans songer aux probl&#232;mes que cela nous posait. Certains en avaient pris l'habitude et venaient manger r&#233;guli&#232;rement. Je n'ai jamais oubli&#233; le regard de ma m&#232;re lorsqu'elle les voyait arriver. C'&#233;tait parfois des &#233;trangers &#233;vad&#233;s, pourchass&#233;s pour leurs id&#233;es, que des camarades fran&#231;ais envoyaient chez Voline. Il y avait plusieurs raisons &#224; cela : mon p&#232;re parlait plusieurs langues, il poss&#233;dait aussi des relations dont il n'a jamais us&#233; pour lui-m&#234;me, bien utiles pour d&#233;panner les autres. Il connaissait Henri Sellier, s&#233;nateur-maire de Suresnes ; L&#233;on Blum ; le pr&#233;fet de Paris Jean Chiappe (&#224; qui l'ami de mon p&#232;re, Paul Fuchs, avait sauv&#233; la vie et qui lui avait promis son aide chaque fois qu'il le faudrait). Il y avait &#233;galement l'avocat Henri Torr&#232;s...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &lt;i&gt; &lt;strong&gt; I :&lt;/strong&gt; Certains &#233;taient francs-ma&#231;ons, comme ton p&#232;re... &lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;&#8212; &lt;strong&gt; L. V. :&lt;/strong&gt; Oui, peut-&#234;tre... je suis par temp&#233;rament quelqu'un de tr&#232;s r&#233;serv&#233;. Il y a donc des domaines que je n'ai jamais abord&#233; avec mon p&#232;re, sauf une fois o&#249; je lui ai demand&#233; pourquoi il &#233;tait franc-ma&#231;on. Il m'a r&#233;pondu qu'il avait h&#233;sit&#233; &#224; cause de certains rites avec lesquels il n'&#233;tait pas d'accord, mais qu'il pensait que c'&#233;tait un milieu o&#249; l'on pouvait r&#233;pandre largement ses id&#233;es, vu que sa loge &#233;tait d&#233;j&#224; tr&#232;s &#171; &#224; gauche &#187;. Je sais aussi que, par ces relations, il pouvait aider beaucoup de monde. Lorsque des camarades en difficult&#233; arrivaient, mon p&#232;re en usait pour faire r&#233;gulariser leur situation ; leur procurer des papiers, permis de s&#233;jour, logement et travail. C'&#233;tait souvent tr&#232;s difficile. Parfois des gens ont log&#233; chez nous... en attendant. Il y eut aussi, heureusement, de vrais amis qui ont tout fait pour, discr&#232;tement, se charger des enfants, organiser une f&#234;te, se transformer en p&#232;re No&#235;l... Je me rappelle en particulier des Goldenberg, de Senya Flechine et Mollie Steimer, des Doubinsky, Archinov et autres...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &lt;i&gt; &lt;strong&gt;I :&lt;/strong&gt; Makhno et Archinov venaient-ils aussi ? &lt;/i&gt; &lt;br /&gt;&#8212; &lt;strong&gt;L. V. :&lt;/strong&gt; Oui, Archinov et sa femme, avec leur gar&#231;onnet Andr&#233;, sont venus durant des ann&#233;es jusqu'&#224; leur d&#233;part pour la Russie. Mon p&#232;re lui disait : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Marine...&lt;/q&gt;. Je ne sais pourquoi on l'appelait ainsi. Je me souviens en particulier d'un chant qu'avec Makhno ils entonnaient ensemble, o&#249; il &#233;tait question de &#171; Batko &#187; (Makhno), d'&#171; Oncle Marine &#187; (Archinov) et de Voline. Lorsque Archinov venait &#224; la maison en 1927, &#224; Gennevilliers, et qu'il languissait de son pays &#8212; moi, j'&#233;tais m&#244;me, &#226;g&#233; d'une dizaine d'ann&#233;es &#8212;, mon p&#232;re lui r&#233;p&#233;tait sans cesse : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Marine, il ne faut pas partir. Ils te fusilleront. Ne te fais pas d'illusion, ils ne te pardonneront jamais...&lt;/q&gt; Il est parti quand m&#234;me, en 1932, et ils l'ont fusill&#233; en 1937... Makhno est venu souvent quand nous habitions notre mansarde &#224; Berlin. Je l'&#233;coutais de toutes mes oreilles car il ne racontait que ses batailles, ses coups d'audace, ses ruses, face &#224; l'ennemi : du vrai western pour moi qui avais entre 7 et 9 ans. Ensuite, en France, nous habitions en lointaine banlieue ; &#233;puis&#233;, malade, handicap&#233; par ses nombreuses blessures, nous le v&#238;mes de moins en moins avant sa mort en 1934.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &lt;i&gt; &lt;strong&gt;I : &lt;/strong&gt; Tu as revu ton p&#232;re, en 1940, &#224; 3. Marseille. Quelle activit&#233; avait-il ? &lt;/i&gt; &lt;br /&gt;&#8212; &lt;strong&gt;L. V. :&lt;/strong&gt; En fait, d&#233;mobilis&#233; en ao&#251;t 1940 (je faisais partie d'une unit&#233; de skieurs, dans les Alpes), j'ai rejoint mon p&#232;re &#224; Marseille le 28 octobre. Entre-temps, attendant d'y voir clair dans la situation g&#233;n&#233;rale (Paris &#233;tait occup&#233; par les Allemands), j'ai particip&#233; aux vendanges et eu d'autres activit&#233;s diverses. Il y avait un million et demi de r&#233;fugi&#233;s, venant de la zone occup&#233;e, dans la r&#233;gion de Marseille. Il &#233;tait tr&#232;s difficile de trouver du travail. Mon p&#232;re, encore tr&#232;s abattu par la mort de ma m&#232;re et vivant au jour le jour, d&#233;ployait toujours une certaine activit&#233; : r&#233;unions, conf&#233;rences, propagande... Nous en parlions un peu, mais, par r&#233;serve de ma part, cela n'allait pas tr&#232;s loin. De fils &#224; p&#232;re, la communication n'est pas tr&#232;s facile : je me sentais encore trop gamin face &#224; lui. C'est bien plus tard, avec toute l'exp&#233;rience acquise et une plus grande connaissance des hommes, que j'aurais aim&#233; discuter avec lui. Mais, il n'&#233;tait plus l&#224;... Recueilli par un de ses meilleurs amis, Francisco Botey qui, avec sa compagne Paquita, &#233;tait r&#233;fugi&#233; d'Espagne aux environs de Marseille, il fut entour&#233;, soign&#233;, en ces temps si durs, mais &#233;puis&#233; et gravement malade il disparut en septembre 1945.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par la r&#233;daction &lt;/strong&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Eug&#232;ne Varlin : Un enfant de Seine-et-Marne </title>
		<link>https://www.partage-noir.fr/eugene-varlin-un-enfant-de-seine-et-marne</link>
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		<dc:date>2026-05-27T22:05:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Maurice Colombo</dc:creator>


		<dc:subject>Eug&#232;ne Varlin</dc:subject>
		<dc:subject>&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>@narlivres</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Fils d'ouvrier agricole, issu d'une famille r&#233;publicaine, le jeune Louis-Eug&#232;ne Varlin a la chance de fr&#233;quenter l'&#233;cole jusqu'&#224; 13 ans. Apprenti relieur, il se perfectionne d'atelier en atelier et, avide de savoir, suit des cours du soir apr&#232;s sa journ&#233;e de travail.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-itineraire-une-vie-une-pensee-no11-eugene-varlin-" rel="directory"&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e n&#176;11 : &#171; Eug&#232;ne Varlin &#187;&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-eugene-varlin-91-+" rel="tag"&gt;Eug&#232;ne Varlin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-itineraire-une-vie-une-pensee-+" rel="tag"&gt;&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-source-narlivres-+" rel="tag"&gt;@narlivres&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/arton1106-0e2a0.jpg?1774697012' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Fils d'ouvrier agricole, issu d'une famille r&#233;publicaine, le jeune Louis-Eug&#232;ne Varlin a la chance de fr&#233;quenter l'&#233;cole jusqu'&#224; 13 ans. Apprenti relieur, il se perfectionne d'atelier en atelier et, avide de savoir, suit des cours du soir apr&#232;s sa journ&#233;e de travail.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La Seine-et-Marne aujourd'hui, c'est pour certains d'excellents fromages de Brie et pour d'autres Euro Disneyland, culture am&#233;ricaine &#224; la sauce MacDo. Mais peu de personnes savent que dans une ville non loin de Paris (&#224; 25 km) est n&#233;e une des figures les plus authentiques que le mouvement ouvrier ait compt&#233; dans ces rangs. Le 5 octobre 1839, dans le hameau de Voisins, aujourd'hui un des quartiers de la commune de Claye-Souilly (entre Paris et Meaux), naquit Louis-Eug&#232;ne Varlin (au 14, rue Berthe, devenue en 1936 rue Eug&#232;ne-Varlin).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Varlin ne sont pas des inconnus &#224; Voisins, c'est une vieille famille attach&#233;e &#224; cette terre, connue et estim&#233;e de tous. Les anc&#234;tres d'Eug&#232;ne ont un beau pass&#233;. En feuilletant les vieux registres municipaux&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Depuis, h&#233;las !, tous les registres de l'&#233;tat civil concernant la p&#233;riode de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, Maurice Foulon a pu &#233;tablir la trace de leurs activit&#233;s. Du plus ancien, Antoine Varlin, qui fut charpentier dans le village au d&#233;but du r&#232;gne de Louis XIV &#224; Eug&#232;ne, en passant par Jean-Adrien (arri&#232;re-grand-p&#232;re d'Eug&#232;ne), ils eurent tous une place dans la m&#233;moire collective de cette contr&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La famille Varlin &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le r&#244;le le plus important fut sans doute jou&#233; par Jean-Adrien. Plac&#233; &#224; la t&#234;te de la municipalit&#233; par ses habitants le 13 novembre 1791, il paya de sa personne pour d&#233;fendre une jeune R&#233;publique menac&#233;e de toute parts et, le 25 novembre 1792, c'est lui qui dirigea le scrutin et installa &#224; Claye la premi&#232;re municipalit&#233; r&#233;publicaine. Plus tard, il &#233;pousa en seconde noce Marie-Marguerite Thiessart dont la famille &#233;tait relativement ais&#233;e et, lorsqu'il mourut, il laissa &#224; son fils Jean-Louis quelques champs et vignes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce bien resta dans la famille jusqu'&#224; Aim&#233;-Alexandre&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Aim&#233;-Alexandre Varlin et non pas Aim&#233;-Alexis, comme ont pu l'&#233;crire (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, p&#232;re d'Eug&#232;ne, mais ne lui permettait plus de subvenir aux besoins de sa famille. Alors, il loua sa force de travail comme journalier. Aim&#233;-Alexandre &#233;pousa le 29 avril 1834, &#224; 29 ans, H&#233;lo&#239;se Duru (1809[?]-1875), issue elle aussi d'une vieille famille de Voisins. Le p&#232;re d'H&#233;lo&#239;se, Fran&#231;ois-Antoine Duru travaillait dans les carri&#232;res de Voisins &#224; extraire du gypse et, apr&#232;s une longue journ&#233;e de labeur, il cultivait son lopin de terre. R&#233;publicain tr&#232;s jeune, il fut &#233;lu au conseil municipal en 1846. Il soutint la r&#233;volution de 1848 et exer&#231;a ses responsabilit&#233;s jusqu'au coup d'&#201;tat de 1851 de Louis-Napol&#233;on Bonaparte, qui devint un an plus tard empereur des Fran&#231;ais, sous le nom de Napol&#233;on III.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il fut &#233;cart&#233;, apr&#232;s la nomination d'une nouvelle municipalit&#233;, pour ses opinions r&#233;publicaines. A cette &#233;poque, il allait souvent rendre visite &#224; sa fille H&#233;lo&#239;se et &#224; son gendre Aim&#233;-Alexandre. De cette union naquirent quatre enfants : Denise-Cl&#233;mence (1836-1865, &#233;pouse Proux), Eug&#232;ne (1839-1871), Louis-Benjamin (1844-1924), Hippolyte (1847-1930). Le soir, &#224; la grande table familiale, le grand-p&#232;re Duru aimait raconter son pass&#233; de r&#233;publicain &#233;pris de justice et de libert&#233;, &#224; la demande d'Eug&#232;ne. Les r&#233;cits du grand-p&#232;re maintenait en &#233;veil toute la famille jusqu'&#224; des heures tardives. Mais, le lendemain, la journ&#233;e d'Aim&#233; &#233;tait p&#233;nible car le m&#233;tier de manouvrier (ouvrier agricole se louant &#224; la journ&#233;e) est &#233;puisant. Pour ses enfants, il r&#234;vait d'un autre avenir. La carri&#232;re de gypse de Voisins o&#249; l'on fabriquait du pl&#226;tre &#233;tait malsaine pour la sant&#233;, et la manufacture de toile imprim&#233;e payait mal. Il d&#233;cida donc que ses enfants auraient le maximum d'instruction possible et les envoya en classe. Voisins n'ayant pas d'&#233;cole, ils allaient &#224; pied tous les jours &#224; Claye en passant par les berges du canal de l'Ourcq. A la lecture de Maurice Foulon&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Maurice Foulon, Eug&#232;ne Varlin, &#233;d. Mont-Louis, 1934.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, on apprend que l'&#233;cole d'Eug&#232;ne &#233;tait un ancien pigeonnier vendu &#224; la ville par la duchesse de Polignac en 1825 (et dont il ne reste, aujourd'hui, aucune trace). Au rez-de-chauss&#233;e, une pi&#232;ce servait de classe, coup&#233;e en deux par une cloison : d'un c&#244;t&#233;, les filles ; de l'autre, les gar&#231;ons. Au-dessus se trouvait la prison de la ville. C'est l&#224; qu'il apprit &#224; lire, &#224; &#233;crire et &#224; compter sous la direction de deux ma&#238;tres : M. Paturance, un ancien sous-officier, et M. Viron. Il y resta jusqu'&#224; l'&#226;ge de 13 ans, chose rare &#224; une &#233;poque o&#249; les enfants de 6 &#224; 8 ans travaillaient de seize &#224; dix-sept heures par jour dans les ateliers, les fabriques ou les usines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ses parents, voulant lui &#233;viter les servitudes de la terre et du travail abrutissant de la manufacture, souhait&#232;rent qu'il apprenne un m&#233;tier lui permettant d'allier le travail manuel et intellectuel au contact des livres. Ils le plac&#232;rent en 1852 chez un relieur, confr&#232;re de son oncle Hippolyte Duru, &#224; Paris, rue du Pont-de-Lodi (6&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; arr.). Mais l'homme &#233;tait dur avec ses ouvriers et les nourrissait mal. Ainsi, l'oncle Duru prit son neveu chez lui pour le former. Lui-m&#234;me &#233;tait violent et sans indulgence pour le jeune Varlin qui avait soif d'apprendre et mettait trop souvent le nez dans les livres, ne se contentant pas seulement de les relier. L'oncle ne supporta plus son neveu et le cong&#233;dia avec l'attestation suivante : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Je, soussign&#233;, certifie que le sieur Louis-Eug&#232;ne Varlin a fait son apprentissage et est sorti de chez moi le 10 d&#233;cembre 1854. M. H. Duru, relieur, 16, rue des Prouvaires.&lt;/q&gt; Ayant pris cong&#233; de son oncle, il lui fallut chercher un toit et il trouva une chambre au 22, rue de la Fontaine-au-Roi (11&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; arr.).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Formation professionnelle et intellectuelle &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La loi du 22 juin 1854, relative au port du livret obligatoire pour les ouvriers, indiquait dans son article premier que tous les ouvriers de l'un et de l'autre sexe, attach&#233;s aux manufactures, usines, fabriques, ateliers etc., ou m&#234;me travaillant chez eux pour un patron, &#233;taient tenus de poss&#233;der un livret, contresign&#233; par le commissaire de police de leur quartier&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Varlin ouvrier &#187; par Lucien Descaves, in la Vie ouvri&#232;re n'137, du 5 mai (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. A la lecture de celui de Varlin, on peut retracer son parcours professionnel depuis le d&#233;part de chez son oncle jusqu'en 1858 : du 25 avril 1855 au 26 juillet 1856, chez Boutigny (5, rue Migon, 6&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; arr.) ; du 30 juillet au 30 ao&#251;t 1856, chez Sauvage (15, rue Rochechouart, 9&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; arr.) ; du 2 septembre 1856 au 28 f&#233;vrier 1857, chez Krantz (rue des Poissonniers, &#224; la Chapelle Saint-Denis, 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; arr.) ; du 8 au 23 mai 1857, chez Gr&#233;goire (27, rue Saint-Sulpice, 6&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; arr.) ; du 25 octobre au 20 novembre 1857, chez Thompson (rue Cassette, 6&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; arr.), du 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; d&#233;cembre 1857 au 26 juin 1858, chez Ni&#233;dr&#233;e (passage Dauphine, 6&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; arr.)&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Varlin ouvrier &#187;, op. cit.&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Il fit ainsi six ateliers autour de Montmartre et dans le quartier Saint-Sulpice, dans un Paris en pleine transformation, livr&#233; aux pelles et aux pioches des ouvriers du baron Haussmann. L&#224;, s'arr&#234;tent les inscriptions sur son livret, mais l'on peut penser qu'il continua sa formation d'atelier en atelier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ann&#233;e 1859 est pour lui celle du service militaire. Il avait tir&#233; au sort le num&#233;ro 51, mais fut exempt&#233; pour varicoc&#232;le au c&#244;t&#233; gauche (une affection pouvant dans les cas extr&#234;mes &#234;tre cause de st&#233;rilit&#233;). En 1864, il rentre comme contrema&#238;tre chez madame veuve Despierres, maison fort appr&#233;ci&#233;e, qui n'employait que quelques ouvriers. Apr&#232;s les gr&#232;ves de 1864 et 1865, il travaille en chambre, pour des travaux de sous-traitance qui lui permettent de g&#233;rer son temps comme il le souhaite. Avide de connaissances, apr&#232;s sa journ&#233;e de travail, il consacre tout son temps &#224; l'&#233;tude. C'est ainsi qu'en 1860, avec son fr&#232;re Louis, il s'inscrit aux cours gratuits organis&#233;s en faveur des ouvriers, rue des Poiriers, par l'Association philotechnique que pr&#233;sidait le comte de Lariboisi&#232;re. Gr&#226;ce &#224; ces cours du soir, il apprend le fran&#231;ais, la g&#233;om&#233;trie, la m&#233;canique, le droit, la comptabilit&#233; (qui lui servira plus tard pour cr&#233;er des coop&#233;ratives, comme la Marmite, ou pendant la Commune de Paris) et la st&#233;nographie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ayant depuis son plus jeune &#226;ge, aim&#233; la musique, il s'initia au chant gr&#226;ce &#224; la m&#233;thode Galin-Paris-Chev&#233;, rue de l'Arbal&#232;te. Selon Lucien Descaves, qui interrogea la famille et les proches de Varlin, il avait une voix basse agr&#233;able et chantait juste. Il chantait, entre autres, en famille, la chanson du relieur de livres &lt;i&gt;Mon f&#251;t&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C'est l'outil avec lequel on rogne les livres sur la tranche.&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Va, mon f&#251;t, la science humaine &lt;br class='autobr' /&gt;
Peut &#224; tout feuillet te b&#233;nir ; &lt;br class='autobr' /&gt;
Glisse, glisse : ouvre ton domaine &lt;br class='autobr' /&gt;
Aux travailleurs fiers de s'unir.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt; C'&#233;tait un &#233;l&#232;ve appliqu&#233;, pers&#233;v&#233;rant, plein d'obstination pour s'am&#233;liorer. A la fin de l'ann&#233;e scolaire 1860-1861, cet &#171; &#233;tudiant &#187; de 22 ans obtint un second prix de comptabilit&#233;, un second prix de fran&#231;ais et une mention de g&#233;om&#233;trie qui lui furent d&#233;cern&#233;s au cirque de l'Imp&#233;ratrice&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le cirque de l'Imp&#233;ratrice, appel&#233; avant 1853 Cirque national, &#233;tait situ&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. La premi&#232;re de ces r&#233;compenses lui valut le livre &lt;i&gt;Les Chefs-d'&#339;uvre de Shakespeare&lt;/i&gt;, comprenant le texte anglais et une traduction fran&#231;aise. La seconde &#233;tait constitu&#233;e par un manuel de morale et d'&#233;conomie politique de Leymarie, intitul&#233; &lt;i&gt;Tout pour le travail.&lt;/i&gt; Puis un livret de caisse d'&#233;pargne lui fut offert par le prince imp&#233;rial. Dans le palmar&#232;s des ann&#233;es suivantes, Eug&#232;ne n'y figure plus, mais son fr&#232;re Louis est cit&#233; trois fois en 1862-1863, une fois en 1863-1864 et une derni&#232;re fois en 1864-1865. Autres personnages &#233;voqu&#233;s : le bronzier Albert Theisz, futur membre de l'Internationale et directeur des Postes sous la Commune ; Gustave Drouchon, m&#233;canicien, directeur de l'artillerie f&#233;d&#233;r&#233;e ; Auguste Rodin, jeune sculpteur alors inconnu&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Michel Cordillot, Eug&#232;ne Varlin, chronique d'un espoir assassin&#233;, Editions (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En juillet 1862, il change de logement et s'installe au 33, rue Dauphine, dans une chambre de l'h&#244;tel d'Aubusson. Il acheta pour 90 F, au roi Clovis, brocanteur &#224; la montagne Sainte-Genevi&#232;ve, un lit, un sommier, une commode, une table et deux chaises apr&#232;s avoir vers&#233; 20 F d'arrhes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son fr&#232;re Louis&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il fit partie du comit&#233; d'initiative du restaurant coop&#233;ratif la Marmite ; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; &#233;tait demeur&#233;, &#224; l'&#226;ge de 13 ans, partiellement paralys&#233; &#224; la suite d'un coup de fourche re&#231;u accidentellement pendant la fenaison. Il avait pass&#233; deux ann&#233;es au coll&#232;ge de Meaux gr&#226;ce &#224; la g&#233;n&#233;rosit&#233; de l'oncle Duru. II vint s'installer avec Eug&#232;ne et y restera jusqu'en 1871. Les deux fr&#232;res continu&#232;rent &#224; s'instruire en apprenant le latin chez un professeur libre, Jules Andrieu, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;gros homme borgne &#224; l'allure d&#233;bonnaire&lt;/q&gt;, d'apr&#232;s Maurice Foulon. Eug&#232;ne fut vivement impressionn&#233; par les opinions g&#233;n&#233;reuses de ce r&#233;publicain &#233;rudit. Parmi ces condisciples, figuraient Henri Tolain et Charles Limousin, deux des fondateurs de l'Association internationale des travailleurs en France, ainsi que Louis Debock, principal accus&#233; du proc&#232;s des typographes de l'imprimerie Dupont en 1862 et futur directeur de l'Imprimerie nationale sous la Commune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;sormais, avec de bonnes bases intellectuelles, Varlin va s'employer dans les ann&#233;es &#224; venir &#224; faire concorder la pens&#233;e et l'action en s'impliquant de mani&#232;re tr&#232;s active dans la Soci&#233;t&#233; des relieurs, l'Association internationale des travailleurs et dans l'exp&#233;rience des restaurants coop&#233;ratifs.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Depuis, h&#233;las !, tous les registres de l'&#233;tat civil concernant la p&#233;riode de 1749 &#224; 1845 ont disparu des archives d&#233;partementales de Seine-et-Marne.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Aim&#233;-Alexandre Varlin et non pas Aim&#233;-Alexis, comme ont pu l'&#233;crire certains. Cf. l'extrait de l'acte de naissance d'Eug&#232;ne Varlin o&#249; il est signal&#233; que son p&#232;re se nommait Aim&#233;-Alexandre (1805-1870).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Maurice Foulon, &lt;i&gt;Eug&#232;ne Varlin&lt;/i&gt;, &#233;d. Mont-Louis, 1934.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#171; Varlin ouvrier &#187; par Lucien Descaves, in la &lt;i&gt;Vie ouvri&#232;re &lt;/i&gt; n'137, du 5 mai 1913.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#171; Varlin ouvrier &#187;, op. cit.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;C'est l'outil avec lequel on rogne les livres sur la tranche.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Le cirque de l'Imp&#233;ratrice, appel&#233; avant 1853 Cirque national, &#233;tait situ&#233; sur le c&#244;t&#233; nord du jardin des Champs-Elys&#233;es entre les d&#233;bouch&#233;s actuels de la rue du Cirque et de l'avenue Matignon. Construit en 1841 par Hittorf, en meuli&#232;re, il avait &#233;t&#233; d&#233;cor&#233; par Pradier, Bosio et Durer, et pouvait contenir 6 000 spectateurs. Il fut d&#233;moli en 1899, Cf.&lt;i&gt; Paris et les Parisiens sous le Second Empire&lt;/i&gt;, Michel Cabaud, &#233;d. Belfond.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Michel Cordillot,&lt;i&gt; Eug&#232;ne Varlin, chronique d'un espoir assassin&#233;&lt;/i&gt;, Editions ouvri&#232;res, 1991.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Il fit partie du comit&#233; d'initiative du restaurant coop&#233;ratif la Marmite ; puis, fonctionnaire de la Commune, il fut emprisonn&#233; apr&#232;s la Semaine sanglante et demeurera pr&#232;s de trois ans sur les pontons de Brest avant d'&#234;tre lib&#233;r&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Paul Reclus</title>
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		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Heiner Michael Becker </dc:creator>


		<dc:subject>&#201;lis&#233;e Reclus</dc:subject>
		<dc:subject>&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>@narlivres</dc:subject>
		<dc:subject>Paul Reclus</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le membre de sa famille le plus proche d'Elis&#233;e Reclus, apr&#232;s son fr&#232;re a&#238;n&#233; Elie, fut sans nul doute son neveu Paul, n&#233; le 25 mai 1858 &#224; Neuilly-sur-Seine. Elis&#233;e semble avoir consid&#233;r&#233; le fils a&#238;n&#233; d'Elie et de No&#233;mi Reclus (avec lesquels il vivait en communaut&#233;) comme son propre enfant, du moins c'est l'impression que l'on a quand on lit ses lettres &#224; d'autres parents. Nous allons bien ici. Notre b&#233;b&#233; se d&#233;veloppe en intelligence et en force, son gazouillis qui n'est pas encore devenu (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-itineraire-une-vie-une-pensee-no14-15-elisee-reclus-" rel="directory"&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e n&#176;14/15 : &#171; Elis&#233;e Reclus &#187;&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-elisee-reclus-57-+" rel="tag"&gt;&#201;lis&#233;e Reclus&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-itineraire-une-vie-une-pensee-+" rel="tag"&gt;&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/arton1105-5a175.png?1774723706' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le membre de sa famille le plus proche d'Elis&#233;e Reclus, apr&#232;s son fr&#232;re a&#238;n&#233; Elie, fut sans nul doute son neveu Paul, n&#233; le 25 mai 1858 &#224; Neuilly-sur-Seine. Elis&#233;e semble avoir consid&#233;r&#233; le fils a&#238;n&#233; d'Elie et de No&#233;mi Reclus (avec lesquels il vivait en communaut&#233;) comme son propre enfant, du moins c'est l'impression que l'on a quand on lit ses lettres &#224; d'autres parents. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Nous allons bien ici. Notre b&#233;b&#233; se d&#233;veloppe en intelligence et en force, son gazouillis qui n'est pas encore devenu langage nous r&#233;jouit le c&#339;ur, il remplit la maison de mouvement et parfois de tapage. Nous l'aimons beaucoup, mais nous t&#226;chons de ne pas le g&#226;ter, j'esp&#232;re que nous r&#233;ussirons.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Elis&#233;e Reclus &#224; sa m&#232;re, Paris, le 7 novembre 1859, Correspondance, t. 1, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; Bient&#244;t se manifesta un trait de caract&#232;re que Max Nettlau, l'historien du mouvement anarchiste, biographe d'Elis&#233;e et ami de Paul pendant quarante ans, d&#233;plorait encore bien plus tard : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Une chose nous chagrine : il est peureux&lt;/q&gt; &#8212; et longtemps il fut connu dans la famille comme &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;le petit peureux&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lettres d'Elis&#233;e Reclus de 1859 et de 1861, op. cit., pp. 207 et 212.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paul Reclus a lui-m&#234;me bien d&#233;crit le milieu o&#249; il grandit jusqu'&#224; la Commune : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Avec leurs enfants, le m&#233;nage des deux fr&#232;res Reclus se composait de huit personnes. Jusqu'en 1867, il habita la r&#233;gion nord-ouest de Paris. Mais &#224; cette date, il se transporta sur la rive gauche et prit un appartement plus grand car le plus jeune des fr&#232;res Reclus, Paul, n&#233; en 1847, venait faire ses &#233;tudes de m&#233;decine &#224; Paris et il &#233;tait d&#233;cid&#233; que les trois fr&#232;res feraient m&#233;nage commun. Leur appartement (...) &#233;tait un centre d'attraction, au moins une fois par semaine, pour quantit&#233; d'amis r&#233;publicains, de socialistes, de r&#233;volutionnaires &#233;trangers exil&#233;s &#224; Paris par suite des &#233;v&#233;nements europ&#233;ens des d&#233;cennies pr&#233;c&#233;dentes. Tous les lundis soir le petit salon s'emplissait d'amis parisiens, ceux dont les noms se rencontrent dans la correspondance, tous &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;d&#233;moc-soc&lt;/q&gt;, selon le sobriquet de l'&#233;poque, coop&#233;rateurs, f&#233;ministes. Puis on y rencontrait des &#233;migr&#233;s russes, polonais, italiens, espagnols. Enfin des &#233;l&#233;ments amen&#233;s par la g&#233;ographie, savants ou explorateurs de passage.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Paul Reclus, &#171; Biographie d'Elis&#233;e Reclus &#187;, dans Les Fr&#232;res Elie et Elis&#233;e (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les semaines qui suivent la r&#233;pression de la Commune, il reste d'abord avec ses parents qui se cachent, puis est envoy&#233; &#224; Vasc&#339;uil chez sa tante Louise et la famille Dumesnil (son fr&#232;re Andr&#233; n'avait pas quitt&#233; la province depuis le d&#233;but de la guerre franco-allemande). A partir de la fin de 1871, il vit &#224; Zurich, ville que son p&#232;re avait choisie comme lieu d'exil essentiellement pour l'&#233;ducation de son fils a&#238;n&#233; qui, tr&#232;s t&#244;t, montre un int&#233;r&#234;t pour les math&#233;matiques et la technologie. Il y rencontre entre autres Bakounine en 1872. Il rentre &#224; Paris en 1877 pour &#233;tudier &#224; l'Ecole centrale des arts et manufactures, d'o&#249; il sort ing&#233;nieur en 1880. Apr&#232;s une ann&#233;e de service militaire, il occupe plusieurs postes d'ing&#233;nieur dans des usines en province, d'abord dans la production de parapluies, et sera &#224; plusieurs reprises forc&#233; de quitter son emploi pour avoir soutenu et couvert des ouvriers gr&#233;vistes, &#171; expropriateurs &#187; ou &#171; saboteurs &#187;. Il collabore d&#232;s le d&#233;but des ann&#233;es 1880 au &lt;i&gt;R&#233;volt&#233;&lt;/i&gt;, &#224; &lt;i&gt;Terre et Libert&#233;&lt;/i&gt; (Paris, 1884-1885), &#224; &lt;i&gt;la R&#233;volte &lt;/i&gt; et &#224; bien d'autres organes anarchistes de l'&#233;poque&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ses articles ont &#233;t&#233; pour la plupart publi&#233;s anonymement et sont difficiles (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Un homme trop confiant &lt;/h3&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1380 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;56&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH228/reclus-dee5b_copie-ffeb8-8d01d.jpg?1774696071' width='150' height='228' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Paul Reclus
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Photo anthropom&#233;trique Alphonse Bertillon.&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;En 1885, il &#233;pouse Marguerite Wapler et de ce mariage naissent quatre enfants, deux filles mortes en bas &#226;ge et deux fils (Michel et Jacques). Revenu &#224; Paris en 1889, il sera le tr&#233;sorier d'une souscription qui a pour but l'achat d'une presse (et c'est &#224; son nom que le local de l'imprimerie de &lt;i&gt;la R&#233;volte&lt;/i&gt; fut lou&#233;), puis d'une autre pour venir en aide aux familles des prisonniers anarchistes. Il est &#233;galement charg&#233; de faire imprimer des brochures de propagande : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;La seule qui parut par mes soins fut &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;L'Ordre par l'anarchie&lt;/span&gt;, reproduction d'articles de &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;la R&#233;volte&lt;/span&gt;.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paul Reclus, son caract&#232;re et sa fa&#231;on d'agir dans le milieu libertaire de cette &#233;poque sont bien d&#233;crits par deux de ses amis. De son c&#244;t&#233;, Jean Grave le caract&#233;rise ainsi dans ses souvenirs : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Apr&#232;s l'arrestation de nos amis, je jugeai que Cabot [compositeur d'imprimerie anarchiste soup&#231;onn&#233; d'&#234;tre un mouchard] devenait trop dangereux. Je demandai &#224; Paul Reclus son appui pour remercier l'ind&#233;sirable. &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;J'ai eu des centaines d'hommes sous mes ordres, me r&#233;pondit-il, je n'ai jamais renvoy&#233; personne.&lt;/q&gt;&lt;/span&gt; La tol&#233;rance est une belle chose, et honore ceux qui la pratiquent. Mais lorsque &#231;a devient dangereux pour les autres, dans un mouvement traqu&#233; comme &#233;tait le n&#244;tre, cela s'appelle de la b&#234;tise. &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;C'est tr&#232;s bien, r&#233;pliquai-je. Gardez Cabot, et l'imprimerie, moi j'irai faire [faire] le journal o&#249; je n'aurai aucune responsabilit&#233; de ce genre.&lt;/q&gt;&lt;/span&gt; (...) L'imprimerie fut, plus tard, transport&#233;e &#224; Bruxelles. Elle servit &#224; &#233;diter la s&#233;rie de brochures connues sous le nom de Biblioth&#232;que des &#171; Temps nouveaux &#187;. C'&#233;tait Elis&#233;e Reclus qui &#233;tait cens&#233; s'en occuper. Mais, avec sa trop grande confiance habituelle et son inaptitude &#224; bien appr&#233;cier les hommes, il l'avait plac&#233;e au nom d'un individu qui finit par la vendre pour son propre compte.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Quarante ans de propagande anarchiste, Flammarion (Paris), 1973, pp. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Max Nettlau, lui, fait sa connaissance lorsque, de juin &#224; d&#233;cembre 1891, lors de la d&#233;tention de Grave &#224; Sainte-P&#233;lagie&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour l'article &#171; Viande &#224; mitraille &#187; de &#171; N'importe qui &#187; (pseudonyme de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, il s'occupe de la r&#233;daction de&lt;i&gt; la R&#233;volte&lt;/i&gt; : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Le jeune homme ne trouva pas mon adresse (abonnement). Il me permit de prendre tout un paquet d'&#233;changes. Je payais 10,50 F (abonnement) et donnais 2 F pour la propagande ; j'ai aussi achet&#233; des brochures. J'ai demand&#233; si Elis&#233;e Reclus &#233;tait &#224; Paris &#8212; il habite S&#232;vres et c'&#233;tait son neveu, Paul Reclus. Cela m'&#233;tonna beaucoup et m'expliqua son caract&#232;re franc et ouvert, le manque de suspicion coutumi&#232;re envers un &#233;tranger et l'antagonisme de classe envers quelqu'un qui n'est pas ouvrier. J'ai parl&#233; de ma biographie de Bakounine &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;(Freiheit)&lt;/span&gt; ; il m'a dit qu'il l'avait lu. Il me donna l'adresse &#224; S&#232;vres. C'&#233;tait le vendredi de l'exp&#233;dition [du journal], et un autre [camarade] arriva avec un pot de colle. P. R. est compl&#232;tement inexp&#233;riment&#233; dans ces affaires, il fait des paquets de tr&#232;s mauvaise qualit&#233;. Nous avons parl&#233; en anglais.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Vendredi, 4 d&#233;c. 1891 ; Max Nettlau, &#171; Notes st&#233;nographiques &#187; transcrites (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les discussions sur les moyens de lutte contre le syst&#232;me bourgeois et comment se rapprocher d'une soci&#233;t&#233; libre, Paul Reclus est partisan de la reprise individuelle et d&#233;fend la &#171; propagande par le fait &#187;, une position tr&#232;s &#224; la mode dans le mouvement anarchiste de cette &#233;poque, et s&#233;v&#232;rement critiqu&#233;e par Kropotkine&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;|Au sujet de ses id&#233;es, cf. Paul Reclus, &#171; Synth&#232;se d'un individu &#187;, dans (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1892, il quitte Paris pour diriger les travaux d'une usine en construction &#224; Nancy, un emploi qu'il perd quelques mois plus tard car, parmi les quelques 400 ouvriers, il a aussi employ&#233; des anarchistes. Au cours des premiers mois de 1893, il est contraint, &#224; cause &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;des chagrins de famille et [de] la faiblesse de [sa] sant&#233;... [de] cesser toute relation anarchique ou autre&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 9 d&#233;cembre 1893, Vaillant jette sa petite bombe dans la Chambre des d&#233;put&#233;s ; or, le m&#234;me jour, il avait envoy&#233; une lettre &#224; Paul Reclus, accompagn&#233;e d'un r&#233;cit de sa vie pendant les derni&#232;res semaines avant l'attentat et quelques pi&#232;ces en vers. Le 13 d&#233;cembre, le domicile de Paul Reclus est perquisitionn&#233; par huit agents de police. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;J'&#233;tais souffrant ; ce r&#233;veil soudain et l'&#233;motion me caus&#232;rent une syncope tandis que je passais &#224; la h&#226;te mes v&#234;tements. Excessive &#233;tait alors la faiblesse de mon syst&#232;me nerveux.&lt;/q&gt; Dans ces circonstances, comme il l'expliqua plus tard &#224; Nettlau, sa famille d&#233;cide qu'il est plus prudent qu'il quitte la France, entre autres parce qu'on le juge incapable de mentir et trop honn&#234;te pour pouvoir faire face &#224; un juge d'instruction sans r&#233;v&#233;ler trop de d&#233;tails sur le mouvement et sur des amis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il se rend d'abord &#224; Bruxelles, pourvu du passeport de son ami Georges Guyon dont il a modifi&#233; le nom en Guyou, et quelques semaines plus tard &#224; Londres o&#249; il sera h&#233;berg&#233; pendant plusieurs mois par la famille Cobden-Sanderson. Il ne rentre en France (&#224; part quelques visites clandestines) qu'en 1914.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant quelque temps, il v&#233;cut &#224; Londres (Acton) dans une sorte de petite communaut&#233; anarchiste, avec Varlaam Tcherkesov, Bernhard Kampffmeyer, et le pionnier de l'aviation, le Suisse allemand Otto Lilienthal. A partir de 1895, il trouve un emploi &#224; Edinbourg, en Ecosse, tandis que sa famille reste avec des amis &#224; Dartmouth, dans le Devonshire. Plus tard, il trouve un emploi d'instituteur &#224; Paisley, pr&#232;s de Glasgow. Il se rend cependant r&#233;guli&#232;rement &#224; Londres, pour voir des amis, lors des visites de son oncle Elis&#233;e, ou pour participer &#224; des r&#233;unions ou congr&#232;s ouvriers (comme, par exemple, le Congr&#232;s socialiste international de Londres de juillet 1896).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1903, il s'installe avec sa famille &#224; Ixelles (Bruxelles) pour aider son oncle &#224; la r&#233;daction de &lt;i&gt;L'Homme et la Terre&lt;/i&gt;, et c'est lui qui en assure la publication (1905-1908). A partir de 1908, il travaille comme professeur dans un lyc&#233;e de Bruxelles, emploi qu'il doit quitter en 1913 apr&#232;s avoir (ce n'&#233;tait pas la premi&#232;re fois d'ailleurs) visit&#233; Kropotkine avec un groupe d'&#233;l&#232;ves pendant un voyage scolaire. Il rentre en France en 1914, autoris&#233; par Clemenceau, gr&#226;ce &#224; l'intervention de Nadar. Pendant la guerre, il signe, un des premiers avec Kropotkine, le &lt;i&gt;Manifeste des seize&lt;/i&gt; qui prend le parti des Alli&#233;s contre l'Allemagne et l'Autriche. En 1919, il se fixe avec sa femme &#224; Domme en Dordogne, o&#249; Patrick Geddes avait mis &#224; sa disposition une maison et une tour m&#233;di&#233;vale. Pendant toutes ces ann&#233;es, il avait continu&#233; &#224; collaborer &#224; la presse anarchiste et, en 1925, il fonde avec Marc Pierrot &lt;i&gt;Plus loin&lt;/i&gt;, qui para&#238;tra jusqu'en 1939. Il publie aussi, en 1925, une version abr&#233;g&#233;e du troisi&#232;me volume de la &lt;i&gt;Correspondance &lt;/i&gt; d'Elis&#233;e Reclus, pr&#233;par&#233; par Louise Dumesnil. C'est lui, avec l'aide de Max Nettlau, qui rassembla la plupart des articles et mat&#233;riaux pour le grand livre sur son p&#232;re et son oncle que Joseph Ishill publia en 1927.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la mort de sa femme (16 ao&#251;t 1927 ; elle &#233;tait n&#233;e le 14 juillet 1859), il invite Nettlau pour consulter les archives de son p&#232;re et ce qu'il d&#233;tient encore des archives d'Elis&#233;e Reclus pour la biographie de son oncle&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les archives d'Elis&#233;e Reclus furent, apr&#232;s son d&#233;c&#232;s, class&#233;es par sa s&#339;ur (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Nettlau s'y rend en juin 1928 en revenant de Barcelone, et ensuite &#233;tablit le contact entre Paul Reclus et la famille Montseny-Urales (Federico Urales, Soledad Gustavo, et leur fille Federica Montseny) qui deviennent bient&#244;t des amis. Paul Reclus passa alors r&#233;guli&#232;rement ses vacances chez eux les ann&#233;es suivantes, ils publi&#232;rent des articles et des in&#233;dits de son p&#232;re dans leur revue (&lt;i&gt;Revista Blanca&lt;/i&gt;) et c'est chez lui, &#224; Montpellier et &#224; Domme, qu'ils trouv&#232;rent refuge en 1939 apr&#232;s la victoire de Franco, En 1931, il publie (avec son ami Georges Guyon et A. Perpillou) une version abr&#233;g&#233;e et remani&#233;e de &lt;i&gt;L'Homme et la Terre&lt;/i&gt;. Il continue d'assurer, avec son ami le plus proche au cours de ces ann&#233;es, le docteur Marc Pierrot, la publication de &lt;i&gt;Plus loin&lt;/i&gt; jusqu'en 1939, et fait partie de plusieurs organismes de secours au mouvement anarchiste espagnol pendant la guerre civile (dont SIA, Secours internationale antifasciste). Il d&#233;c&#232;de &#224; Montpellier le 19 janvier 1941.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1379 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;199&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/les_freres_reclus__par_nadar__1889__original.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH342/les_freres_reclus__par_nadar__1889__original-e53d2.jpg?1774743930' width='500' height='342' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt; Les fr&#232;res Reclus, par Nadar, 1889, original. De gauche &#224; droite, Paul Reclus (1847-1914), &#201;lis&#233;e Reclus (1830-1905), &#201;lie Reclus (1827-1904), On&#233;sime Reclus (1837-1916), Armand Reclus (1843-1927). &lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Elis&#233;e Reclus &#224; sa m&#232;re, Paris, le 7 novembre 1859, Correspondance, t. 1, pp. 203-204. Cf, aussi, entre autres, pp. 190, 206-207, 212, 215.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Lettres d'Elis&#233;e Reclus de 1859 et de 1861, op. cit., pp. 207 et 212.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Paul Reclus, &#171; Biographie d'Elis&#233;e Reclus &#187;, dans &lt;i&gt;Les Fr&#232;res Elie et Elis&#233;e Reclus &lt;/i&gt; (1963), pp. 11-156 [p- 58].&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ses articles ont &#233;t&#233; pour la plupart publi&#233;s anonymement et sont difficiles &#224; retrouver ou &#224; identifier.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;Quarante ans de propagande anarchiste&lt;/i&gt;, Flammarion (Paris), 1973, pp. 214-215. L'&#233;pisode se situe en avril ou mai 1890 ; les personnes arr&#234;t&#233;es sont Francesco Saverio Merlino et Paraskev Stoianoff (1870-1940), l'ami d'Elis&#233;e Reclus.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Pour l'article &#171; Viande &#224; mitraille &#187; de &#171; N'importe qui &#187; (pseudonyme de l'individualiste Michel Antoine, [1858-1929)), publi&#233; dans&lt;i&gt; la R&#233;volte&lt;/i&gt; en mai 1891.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Vendredi, 4 d&#233;c. 1891 ; Max Nettlau, &#171; Notes st&#233;nographiques &#187; transcrites en 1938, pp. 904-905 (trad. de l'allemand) [IISG, Amsterdam].&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;|Au sujet de ses id&#233;es, cf. Paul Reclus, &#171; Synth&#232;se d'un individu &#187;, dans &lt;i&gt;Plus Loin&lt;/i&gt; (Paris), 14 &#187; ann&#233;e, 156, avril 1938, pp. 1-5.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Les archives d'Elis&#233;e Reclus furent, apr&#232;s son d&#233;c&#232;s, class&#233;es par sa s&#339;ur Louise Dumesnil qui pr&#233;para aussi pour publication les trois volumes de sa &lt;i&gt;Correspondance &lt;/i&gt; (1911, 1925). Elle semble en avoir d&#233;pos&#233; une partie juste avant sa mort en 1917 &#224; la Biblioth&#232;que nationale ; ce qui restait fut envoy&#233; par la petite-fille d'Elis&#233;e Reclus, Jeannie Collin, &#224; Montpellier sans jamais y arriver : le transporteur a affirm&#233; plus tard que tout avait &#233;t&#233; perdu &#224; cause des &#233;v&#233;nements &#8212; dans une r&#233;gion qui, pourtant, n'&#233;tait pas touch&#233;e par la guerre...&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Nathalie Lemel (26 ao&#251;t 1827 - 8 mai 1921)</title>
		<link>https://www.partage-noir.fr/nathalie-lemel</link>
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		<dc:date>2026-05-07T22:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Paule Lejeune </dc:creator>


		<dc:subject>&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>@narlivres</dc:subject>
		<dc:subject>Nathalie Lemel</dc:subject>
		<dc:subject>La Commune de Paris (1871)</dc:subject>
		<dc:subject>Eug&#232;ne Varlin</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Elle ne ressemble gu&#232;re au portrait de la communarde que les &#233;crivains bien pensants n'ont cess&#233; de proposer, Nathalie Lemel. Ce n'est point cette gaillarde surexcit&#233;e, buvant sec, la pire injure &#224; la bouche, prenant un plaisir malsain &#224; commander des tueries. Et pourtant c'est bien une communarde, Nathalie. Et l'une des plus actives. Et l'une des plus h&#233;ro&#239;ques. Malheureusement pour parler d'elle cent ans apr&#232;s, on ne dispose gu&#232;re de documents.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-itineraire-une-vie-une-pensee-no11-eugene-varlin-" rel="directory"&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e n&#176;11 : &#171; Eug&#232;ne Varlin &#187;&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-itineraire-une-vie-une-pensee-+" rel="tag"&gt;&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-source-narlivres-+" rel="tag"&gt;@narlivres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-nathalie-lemel-191-+" rel="tag"&gt;Nathalie Lemel&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-la-commune-de-paris-+" rel="tag"&gt;La Commune de Paris (1871)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-eugene-varlin-91-+" rel="tag"&gt;Eug&#232;ne Varlin&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/arton1171-feff0.jpg?1774720728' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Elle ne ressemble gu&#232;re au portrait de la communarde que les &#233;crivains bien pensants n'ont cess&#233; de proposer, Nathalie Lemel. Ce n'est point cette gaillarde surexcit&#233;e, buvant sec, la pire injure &#224; la bouche, prenant un plaisir malsain &#224; commander des tueries. Et pourtant c'est bien une communarde, Nathalie. Et l'une des plus actives. Et l'une des plus h&#233;ro&#239;ques. Malheureusement pour parler d'elle cent ans apr&#232;s, on ne dispose gu&#232;re de documents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, comme pour bien des r&#233;volutionnaires, c'est dans les archives de la police, dans les rapports de gendarmerie, dans les comptes rendus de proc&#232;s qu'il faut aller glaner des renseignements. Lisons donc la fiche signal&#233;tique la concernant : 1 m 49 ; elle est blonde avec des yeux gris, un nez retrouss&#233;, un visage ovale. Et c'est tout ce que nous saurons.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1556 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;16&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH199/file-b8913-2397a.png?1774709809' width='150' height='199' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Nathalie Lemel&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Elle ne paraissait pas destin&#233;e &#224; la r&#233;sistance ouvri&#232;re et politique par son origine, par son v&#233;cu d'enfant, d'adolescente. Ses parents, ais&#233;s, tenaient un caf&#233; &#224; Brest et l'&#233;lev&#232;rent &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;avec assez de soins&lt;/q&gt;, c'est-&#224;-dire qu'elle dut sans doute aller dans une &#233;cole religieuse pour y apprendre &#224; lire dans un recueil de pri&#232;res et ensuite s'initier &#224; la couture, peut-&#234;tre m&#234;me &#224; la broderie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle se marie en 1845 (elle a 19 ans) avec un ouvrier relieur, J&#233;r&#244;me Lemel, de huit ans son a&#238;n&#233;. Et la tradition familiale semble fonctionner normalement puisqu'ils ont trois enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le couple quitte Brest, sa ville natale, en 1849, pour aller s'installer &#224; Quimper. Que font-ils &#224; Quimper ? Elle tient une librairie ; quant au mari, on ne sait trop : l'aide-t-il ? Poursuit-il son m&#233;tier de relieur ? Il est possible qu'il relie &#224; domicile, comme une activit&#233; annexe &#224; la vente des livres. Et c'est l&#224; sans doute que commence &#224; se nouer le destin de Nathalie. Mais on manque de documents et l'on est r&#233;duit de nouveau &#224; des hypoth&#232;ses. Le rapport de gendarmerie de Quimper nous dit : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;En 1861, ils se d&#233;clar&#232;rent en faillite et partirent pour Paris&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle vend des livres, elle a sans doute la curiosit&#233;, d&#233;plac&#233;e, de les lire, et son horizon s'&#233;largit ; elle se pose des questions, elle a envie de discuter de ce qu'elle voit ; elle sort de son r&#244;le de femme, donc elle prend &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;des allures d'ind&#233;pendance&lt;/q&gt; !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Elue au syndicat des relieurs &lt;/h3&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1557 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;16&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH185/image-1b2c5-02f9c.jpg?1774709809' width='150' height='185' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Nathalie Lemel&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Une fois &#224; Paris, sortie du carcan provincial et religieux, oblig&#233;e par manque d'argent d'apprendre et d'exercer un m&#233;tier, celui de relieuse, Nathalie va &#233;voluer beaucoup plus vite. D'autant qu'elle se trouve brusquement dans un climat de surchauffe politique. C'est la p&#233;riode o&#249; les travailleurs vont constituer &#8212; en 1864 &#8212; une Association internationale, o&#249; des gr&#232;ves vont &#233;clater un peu dans tous les secteurs ; et en particulier dans celui o&#249; travaille Nathalie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, en ao&#251;t 1864, une gr&#232;ve longue et tr&#232;s dure est men&#233;e par les ouvriers relieurs de Paris ; parmi eux, un militant de pointe, Eug&#232;ne Varlin. Nathalie est parmi les gr&#233;vistes. Et, lorsque l'ann&#233;e suivante, une nouvelle gr&#232;ve sera d&#233;cid&#233;e, elle sera du comit&#233; de gr&#232;ve et ensuite &#233;lue d&#233;l&#233;gu&#233;e syndicale. Ce qui constituait une v&#233;ritable r&#233;volution pour l'&#233;poque, dans le milieu ouvrier encore sous l'influence de Proudhon qui rel&#233;guait les femmes au foyer ou sur le trottoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est que Nathalie Lemel avait d&#251; montrer sa t&#233;nacit&#233;, son sens de l'organisation dans ces luttes vraiment h&#233;ro&#239;ques car c'&#233;tait la faim, c'&#233;tait la rue qui mena&#231;aient &#224; br&#232;ve &#233;ch&#233;ance les travailleurs en gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nathalie s'inscrit bien vite &#224; l'Internationale et prend une part de plus en plus active &#224; la r&#233;sistance contre le Second Empire. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Elle s'&#233;tait fait remarquer par son exaltation, &#233;crit le commissaire de son quartier, elle s'occupait de politique ; dans les ateliers, elle lisait &#224; haute voix les mauvais journaux ; elle fr&#233;quentait assid&#251;ment les clubs.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En somme, une femme perdue. Et c'est bien entendu sur elle que la soci&#233;t&#233; &#8212; sous les traits du commissaire enqu&#234;teur &#8212; va faire retomber l'&#233;chec de son mariage. Elle quitte le domicile conjugal en 1868 : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;L'exaltation de ses opinions politiques et les discussions auxquelles elle se livrait continuellement auraient &#233;t&#233; pour beaucoup dans cette s&#233;paration&lt;/q&gt; (le tout soulign&#233; en rouge !). Mais le commissaire omet de pr&#233;ciser que le mari s'&#233;tait mis &#224; boire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lib&#233;r&#233;e de ses entraves conjugales, Nathalie va pouvoir se consacrer plus intens&#233;ment &#224; ses activit&#233;s militantes. Avec Varlin et quelques autres relieurs, elle cr&#233;e une coop&#233;rative d'alimentation, la M&#233;nag&#232;re, puis, &#224; partir de 1868, une sorte de restaurant ouvrier, la Marmite. Elle y est caissi&#232;re, secr&#233;taire ; elle loge sur place pour &#234;tre plus efficace. Cette id&#233;e de coop&#233;rative a un tel succ&#232;s que trois autres restaurants s'ouvrent, regroupant environ 8 000 travailleurs. On y mange bien, des choses saines, abondantes ; on se retrouve entre soi, on peut discuter, lire &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;les mauvais journaux&lt;/q&gt;, hors du regard des argousins de Napol&#233;on III.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu, Nathalie va participer pleinement &#224; la Commune de Paris. D&#233;j&#224; pendant le si&#232;ge par les Prussiens, pendant ce terrible hiver 1870, elle avait tout fait pour distribuer &#224; manger, pr&#233;parer les repas dans les restaurants de la Marmite. Mais le 18 mars, quand le drapeau rouge flotte sur l'h&#244;tel de ville, elle va pouvoir &#339;uvrer de fa&#231;on vraiment constructive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les femmes ne sont pas &#233;ligibles &#224; la Commune ? Qu'&#224; cela ne tienne, elles constituent leur structure &#224; elles qui leur permettra de se regrouper, de d&#233;battre des probl&#232;mes du travail, d'ouvrir des ateliers. Et c'est la cr&#233;ation le 11 avril 1871 de l'Union des femmes, que Nathalie Lemel a mise en place avec Elisabeth Dmitrieff et un groupe d'ouvri&#232;res. Cette &#171; union &#187;, tr&#232;s structur&#233;e, dont le manifeste-programme est un des textes les plus avanc&#233;s de cette p&#233;riode, va donc commencer dans les quartiers populaires &#8212; les autres ont &#233;t&#233; d&#233;sert&#233;s &#8212; son action d'information, d'aide, de regroupement. Des clubs sont cr&#233;&#233;s o&#249; les femmes prennent une parole pr&#233;cise, &#233;nergique, tr&#232;s r&#233;aliste. Apr&#232;s le 18 mars, on la vit parcourir les clubs de femmes, y prendre la parole et y pr&#234;cher dans un langage excessivement violent les th&#233;ories les plus subversives.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le temps des barricades &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Nathalie, avec une centaine de femmes, se replie des Batignolles vers la place Blanche, puis vers la place Pigalle. Pendant des heures, elles font le coup de feu pour tenter d'arr&#234;ter l'assaillant versaillais. Un t&#233;moin dira : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Rentrant chez elle le 23 mai, les mains et les l&#232;vres noires, couverte de poussi&#232;re, elle disait avoir combattu 48 heures sans manger et elle ajoutait avec beaucoup d'animosit&#233; : Nous sommes battus, mais non vaincus.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous la retrouvons aussi indomptable devant le conseil de guerre. Elle assume fi&#232;rement toutes les responsabilit&#233;s de son action r&#233;volutionnaire, comme Louise Michel. Et toutes deux, condamn&#233;es &#224; la d&#233;portation, seront jet&#233;es dans le m&#234;me bateau pour &#234;tre livr&#233;es aux autorit&#233;s du bagne de Noum&#233;a.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l&#224; encore elles ne s'avou&#232;rent pas vaincues, puisque d&#232;s leur arriv&#233;e en Nouvelle-Cal&#233;donie elles refusent un traitement &#224; part, parce que, disent-elles : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Nous ne demandons ni n'acceptons aucune faveur et nous irons vivre avec nos cod&#233;port&#233;s dans l'enceinte fortifi&#233;e que la loi nous fixe.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1880 c'est la loi d'amnistie, le retour en France des communards. Nathalie, &#226;g&#233;e, &#233;prouv&#233;e par ses ann&#233;es de d&#233;portation, trouvera un emploi manuel dans l'imprimerie d'un journal ; et sans &#234;tre une militante de pointe comme Paule Minck ou Louise Michel, elle continuera &#224; suivre les &#233;v&#233;nements, &#224; &#233;voquer les grands jours de la Commune et &#224; intervenir tout particuli&#232;rement pour d&#233;fendre les conditions de travail des femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nathalie Lemel, c'est vraiment la communarde comme on en vit des milliers sur les barricades : venues de province, ouvri&#232;res pour la plupart, acqu&#233;rant une conscience politique en tant que femmes travailleuses doublement exploit&#233;es, allant jusqu'au bout et tr&#232;s souvent jusqu'&#224; la mort, pour sauver la R&#233;volution qui leur apparaissait la seule voie possible pour la lib&#233;ration des femmes.&lt;/p&gt;
&lt;iframe width=&#034;100%&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/Je-RJH3hvG0&#034; title=&#034;YouTube video player&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Jacques Reclus (3 f&#233;vrier 1894-5 mai 1984)</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Jacques Gandini</dc:creator>


		<dc:subject>&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>@narlivres</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;lis&#233;e Reclus</dc:subject>
		<dc:subject>Jacques Reclus</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Petit-neveu d'Elis&#233;e (NdR : fils de Paul Reclus), Jacques Reclus (1894-1984) a lui aussi fait sien l'id&#233;al libertaire. N&#233; &#224; Paris le 3 f&#233;vrier 1894, il passe son enfance en Ecosse, puis en Belgique, o&#249; il entreprend des &#233;tudes de sciences &#233;conomiques. De retour &#224; Paris, il continue celles-ci tout en se vouant au piano et se destine &#224; une carri&#232;re de musicien.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-itineraire-une-vie-une-pensee-no14-15-elisee-reclus-" rel="directory"&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e n&#176;14/15 : &#171; Elis&#233;e Reclus &#187;&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-source-narlivres-+" rel="tag"&gt;@narlivres&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/arton1284-0ef73.jpg?1774710893' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Petit-neveu d'Elis&#233;e (NdR : fils de Paul Reclus), Jacques Reclus (1894-1984) a lui aussi fait sien l'id&#233;al libertaire. N&#233; &#224; Paris le 3 f&#233;vrier 1894, il passe son enfance en Ecosse, puis en Belgique, o&#249; il entreprend des &#233;tudes de sciences &#233;conomiques. De retour &#224; Paris, il continue celles-ci tout en se vouant au piano et se destine &#224; une carri&#232;re de musicien. Il se retrouve ainsi en 1912 &#224; Montargis, o&#249; il donne des cours de solf&#232;ge &#224; une cinquantaine de jeunes Chinois internes au lyc&#233;e, premier contact avec ce monde chinois qui va orienter tout le cours de sa vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1918, un &#233;clat d'obus re&#231;u &#224; la main droite pendant la Premi&#232;re Guerre mondiale va mettre fin &#224; ses d&#233;buts prometteurs de pianiste professionnel et il se lance dans le journalisme syndical. D&#232;s cette &#233;poque, il est connu dans les milieux libertaires, non seulement par son nom mais surtout pour ses activit&#233;s. Il collabore &#224; &lt;i&gt;la Clairi&#232;re &lt;/i&gt; (1917) et &#224; &lt;i&gt;la Bataille syndicaliste&lt;/i&gt;, devenue&lt;i&gt; la Bataille&lt;/i&gt; (1914-1916). A partir de janvier 1920, il devient g&#233;rant des&lt;i&gt; Temps nouveaux&lt;/i&gt;. Il collabore &#233;galement &#224; la revue du docteur Pierrot, &lt;a href=&#034;https://archivesautonomies.org/spip.php?rubrique643&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Plus loin&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, et au &lt;i&gt;Libertaire &lt;/i&gt; quotidien. Sous son impulsion, en 1923, se constitue le Groupement de d&#233;fense des r&#233;volutionnaires emprisonn&#233;s en Russie. Ce collectif &#233;dita la brochure &lt;i&gt;R&#233;pression de l'anarchisme en Union sovi&#233;tique&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cette &#233;poque, Jacques Reclus vit avec Christiaan Cornelissen et sa femme Lilly Rupertus et feront m&#233;nage &#224; trois pendant quelques ann&#233;es. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Dans les ann&#233;es 20, Lilly et mon p&#232;re auront &#224; s'occuper pendant un certain temps de Pierra, fille de Sacha et petite-fille de Pierre Kropotkine.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Entretien du 17 septembre 1997 de Didier Roy avec Magali Reclus, fille de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1757 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende descriptif' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH227/li_shizeng-3fec0-66dc4.jpg?1774743929' width='150' height='227' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Li Shizeng &lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Peu apr&#232;s, il entre en contact avec un jeune Chinois du nom de Wu Kegang venu en France dans le cadre du mouvement Travail-Etude initi&#233; par l'anarchiste Li Shizeng&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J-J. Gandini, Aux sources de la R&#233;volution chinoise, ACL, Lyon, 1986.&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Wu lui fait part de la cr&#233;ation &#224; Shanghai, &#224; la fin de l'ann&#233;e 1927, de l'Universit&#233; du Travail, con&#231;ue sur le mod&#232;le kropotkinien consistant &#224; &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;transformer les &#233;coles en champs et en usines, et les usines et les champs en &#233;coles&lt;/q&gt;, et o&#249; la combinaison travail-&#233;tude doit permettre l'av&#232;nement d'un nouveau type d'individu, annonciateur de la soci&#233;t&#233; anarchiste &#224; venir&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J.-J. Gandini, &#171; L'Anarchisme, face cach&#233;e de la R&#233;volution chinoise &#187;, in (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enthousiaste, Jacques Reclus part y enseigner le fran&#231;ais. Il arrive en mai, en compagnie de son ami l'avocat Pascal Mugnier, expuls&#233; d'Indochine. Jacques Reclus d&#233;nonce aussit&#244;t la corruption des fonctionnaires fran&#231;ais. Rapidement, l'exp&#233;rience universitaire va tourner court, le gouvernement de Tchang Ka&#239;-chek proc&#233;dant d&#232;s 1930 &#224; une coupe claire dans les cr&#233;dits de fonctionnement pour cause de &#171; subversion &#187;. Il d&#233;cide alors de rester en Chine. Apr&#232;s Shanghai, ce sera Nankin, puis Kunming, capitale du Yunnan limitrophe du Vietnam o&#249; le surprendra la Seconde Guerre mondiale. Sa maison va devenir un lieu de rendez-vous de la France libre (Pierre Boulle, L&#233;on Jank&#233;l&#233;vitch...), alors que la p&#233;ninsule indochinoise est sous la botte de Vichy.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1758 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;52&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/sans_titre-2-9.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH387/sans_titre-2-9-5199d.jpg?1774743929' width='500' height='387' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Jacques Reclus chez lui, &#224; P&#233;kin en novembre 1933. &lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Il regagne ensuite P&#233;kin en 1945 et y enseignera jusqu'en 1952. La violente campagne anti-&#233;trangers, accus&#233;s d'&#234;tre des espions &#224; la solde de l'imp&#233;rialisme, alors d&#233;clench&#233;e par le parti communiste au pouvoir depuis 1949, va l'obliger &#224; quitter le pays dans les 48 heures, laissant derri&#232;re lui sa fille &#226;g&#233;e de 12 ans. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;D&#233;j&#224; en 1944, puis en 1948, nous &#233;tions venus en France. La seconde fois, nous sommes rest&#233;s une ann&#233;e durant laquelle je suis all&#233;e &#224; l'&#233;cole. J'avais environ 8 ans. J'ai beaucoup souffert des moqueries des autres enfants. Aussi, en 1952, lorsque mes parents ont d&#233;cid&#233; de retourner &#224; nouveau en France, j'ai refus&#233; de les suivre. La propagande anti-&#233;trangers du moment sonnait juste &#224; mes oreilles. Les autorit&#233;s n'ont pas accept&#233; que mon p&#232;re reste avec moi. Je me suis retrouv&#233;e tout naturellement chez ma tante, jusqu'en 1979 o&#249; j'ai pu rejoindre mes parents.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Entretien avec Magali Reclus, fille de Jacques Reclus, op. cit.&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France, son &#233;pouse, Huang Shuyi, devient professeur aux Langues orientales &#224; Paris. Lui travaille d'abord comme correcteur, puis devient r&#233;dacteur de la revue bibliographique de sinologie (&lt;i&gt;EPHE&lt;/i&gt;), enfin enseignant &#224; Paris-VII. Il continue ses activit&#233;s d'auteur (&lt;i&gt;La R&#233;volte des Taiping&lt;/i&gt;, Le Pavillon Roger-Maria &#233;diteur, 1972) et de traducteur (&lt;i&gt;L'Innocent du village aux roseaux&lt;/i&gt;, de Li Tch'ien Ki-ying, Aubier-Montaigne, 1984) jusqu'&#224; son dernier souffle. Jacques Reclus, c'est bien &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;cet &#233;ternel jeune homme amoureux de la nature dont la puret&#233; anarchiste a r&#233;sist&#233; &#224; quatre-vingt-dix ans d'aventures, de joies et de d&#233;ceptions&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Article n&#233;crologique de Marie Holzman, &#171; La Fin des Reclus &#187;, Lib&#233;ration du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Entretien du 17 septembre 1997 de Didier Roy avec Magali Reclus, fille de Jacques Reclus.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;J-J. Gandini, &lt;i&gt;Aux sources de la R&#233;volution chinoise&lt;/i&gt;, ACL, Lyon, 1986.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;J.-J. Gandini, &#171; L'Anarchisme, face cach&#233;e de la R&#233;volution chinoise &#187;, in &lt;i&gt;Chine fin de si&#232;cle&lt;/i&gt;, ACL, Lyon, 1994.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Entretien avec Magali Reclus, fille de Jacques Reclus, op. cit.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Article n&#233;crologique de Marie Holzman, &#171; La Fin des Reclus &#187;, &lt;i&gt;Lib&#233;ration &lt;/i&gt; du 15 mai 1984.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>[BD] Ricardo Flores Mag&#243;n [01]</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Anarlivres, OLT</dc:creator>


		<dc:subject>Enrique Flores Mag&#243;n</dc:subject>
		<dc:subject>Ricardo Flores Mag&#243;n</dc:subject>
		<dc:subject>&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>@narlivres</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution mexicaine (1910)</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Comme nos camarades de F&#233;d&#233;ration Anarchiste Mexicaine, nous avons comm&#233;mor&#233; le centenaire de la mort de Ricardo Flores Mag&#243;n assassin&#233; dans sa cellule au p&#233;nitencier de Leavenworth le 21 novembre 1922. &lt;br class='autobr' /&gt;
Texte : Anarlivres.org] &lt;br class='autobr' /&gt; Naissance le 16 septembre 1874, son p&#232;re, Teodoro Flores, est un indien Zapotec et sa m&#232;re, Margarita Mag&#243;n, une m&#233;tisse indienne-espagnole. Le 16 mai 1892, &#233;tudiant en droit &#224; Mexico, il participe &#224; une manifestation contre la dictature du pr&#233;sident D&#237;az. Il est (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-ricardo-flores-magon-11-+" rel="tag"&gt;Ricardo Flores Mag&#243;n&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-itineraire-une-vie-une-pensee-+" rel="tag"&gt;&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-source-narlivres-+" rel="tag"&gt;@narlivres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-revolution-mexicaine-1910-+" rel="tag"&gt;R&#233;volution mexicaine (1910)&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L107xH150/arton1204-236c5.jpg?1774734888' class='spip_logo spip_logo_right' width='107' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Comme nos camarades de F&#233;d&#233;ration Anarchiste Mexicaine, nous avons comm&#233;mor&#233; le centenaire de la mort de Ricardo Flores Mag&#243;n assassin&#233; dans sa cellule au p&#233;nitencier de Leavenworth le 21 novembre 1922.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Texte : &lt;a href=&#034;http://anarlivres.free.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Anarlivres.org&lt;/a&gt; &amp; Dessins : OLT - D'apr&#232;s [&lt;a href=&#034;http://anarlivres.free.fr/pages/documents/Itineraire_Magon2.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Itin&#233;raire n&#176; 9-10&lt;/a&gt;]&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Naissance le 16 septembre 1874, son p&#232;re, Teodoro Flores, est un indien Zapotec et sa m&#232;re, Margarita Mag&#243;n, une m&#233;tisse indienne-espagnole. Le 16 mai 1892, &#233;tudiant en droit &#224; Mexico, il participe &#224; une manifestation contre la dictature du pr&#233;sident D&#237;az. Il est arr&#234;t&#233; et condamn&#233; &#224; cinq mois de prison. En 1895, il est admis au barreau comme &lt;br class='autobr' /&gt;
avocat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 7 ao&#251;t 1900, familiaris&#233; avec les &#233;crits des th&#233;oriciens anarchistes, il fonde avec son fr&#232;re Jes&#250;s et A. Horcasitas &lt;i&gt;Regeneraci&#243;n&lt;/i&gt;, qui deviendra en 1901 l'organe du Parti lib&#233;ral mexicain (PLM). Le 22 mai de cette ann&#233;e, Ricardo et Jes&#250;s sont arr&#234;t&#233;s et condamn&#233;s &#224; un an de prison pour insulte au pr&#233;sident.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Lib&#233;r&#233;, il &#233;dite avec son autre fr&#232;re Enrique (qui lui restera fid&#232;le) le journal satirique &lt;i&gt;El Hijo del Ahuizote&lt;/i&gt; (&#171; Le Fils du g&#234;neur &#187;) ; nouvelles condamnations. En 1904, il s'exile au Texas et fait repara&#238;tre &lt;i&gt;Regeneraci&#243;n&lt;/i&gt;. On tente de l'assassiner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il transf&#232;re le journal &#224; Saint-Louis mais, le 12 octobre 1905, il est investi par les d&#233;tectives de l'agence Pinkerton, le mat&#233;riel d&#233;truit, Ricardo et Enrique emprisonn&#233;s. &lt;br class='autobr' /&gt;
En septembre 1906, les premi&#232;res insurrections du PLM ont lieu dans plusieurs villes du Mexique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Los Angeles, Ricardo fait para&#238;tre clandestinement le journal &lt;i&gt;Revoluci&#243;n&lt;/i&gt;, mais il est arr&#234;t&#233; le 23 ao&#251;t 1907 avec Librado Rivera et Antonio I. Villarreal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne sera lib&#233;r&#233; que le 3 ao&#251;t 1910 et reprend alors la parution de &lt;i&gt;Regeneraci&#243;n &lt;/i&gt; (avec une page en anglais).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>[BD] Ricardo Flores Mag&#243;n [02]</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Anarlivres, OLT</dc:creator>


		<dc:subject>Librado Rivera</dc:subject>
		<dc:subject>Enrique Flores Mag&#243;n</dc:subject>
		<dc:subject>Ricardo Flores Mag&#243;n</dc:subject>
		<dc:subject>&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution mexicaine (1910)</dc:subject>
		<dc:subject>IWW</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La devise en devient &#161;Tierra y Libertad !. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le 29 janvier 1911, la ville de Mexicali est prise par les forces du PLM. &lt;br class='autobr' /&gt;
Avec l'aide des radicaux am&#233;ricains de l'IWW et des internationalistes, la Commune de Basse-Californie durera cinq mois. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le 25 mai, D&#237;az d&#233;missionne. Madero le remplace, attaque les r&#233;alisations magonistes et reprend les villes conquises. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le 25 juin 1912, aux Etats-Unis, Ricardo et ses compagnons sont &#224; nouveau condamn&#233;s &#224; deux ans de prison. &lt;br class='autobr' /&gt;
A sa lib&#233;ration, il (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-olt-355-" rel="directory"&gt;OLT&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L105xH150/arton1205-4e687.jpg?1774734889' class='spip_logo spip_logo_right' width='105' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La devise en devient &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;&#161;Tierra y Libertad !&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 29 janvier 1911, la ville de Mexicali est prise par les forces du PLM. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec l'aide des radicaux am&#233;ricains de l'IWW et des internationalistes, la Commune de Basse-Californie durera cinq mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 25 mai, D&#237;az d&#233;missionne. Madero le remplace, attaque les r&#233;alisations magonistes et reprend les villes conquises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 25 juin 1912, aux &#201;tats-Unis, Ricardo et ses compagnons sont &#224; nouveau condamn&#233;s &#224; deux ans de prison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A sa lib&#233;ration, il s'installe dans une communaut&#233; pr&#232;s de Los Angeles. Le 16 mars 1918, avec Librado Rivera, il lance &#171; Le Manifeste aux anarchistes du monde et aux travailleurs en g&#233;n&#233;ral &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils sont arr&#234;t&#233;s et condamn&#233;s, le 15 ao&#251;t 1918, &#224; quinze et vingt ans de r&#233;clusion pour &#171; s&#233;dition &#187;. Le 21 novembre 1922, il est assassin&#233; dans sa cellule. A Mexico, son enterrement sera suivi par dix mille travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		
		
		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#201;lis&#233;e Reclus - Du protestantisme &#224; l'anarchisme </title>
		<link>https://www.partage-noir.fr/elisee-reclus-du-protestantisme-a-l-anarchisme</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>H&#233;l&#232;ne Sarrazin</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;lis&#233;e Reclus</dc:subject>
		<dc:subject>&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>@narlivres</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Et si le protestantisme de la famille expliquait l'anarchisme d'&#201;lie et d'&#201;lis&#233;e... Insurg&#233;s face &#224; un p&#232;re fanatique, ils l'admirent pour avoir v&#233;cu sa foi pleinement. D'une m&#232;re tol&#233;rante et instruite, ils recueillent la soif de conna&#238;tre, tandis que la fr&#233;quentation des fr&#232;res moraves cultive leur esprit cosmopolite et leur don des langues.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-itineraire-une-vie-une-pensee-no14-15-elisee-reclus-" rel="directory"&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e n&#176;14/15 : &#171; Elis&#233;e Reclus &#187;&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-elisee-reclus-57-+" rel="tag"&gt;&#201;lis&#233;e Reclus&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-itineraire-une-vie-une-pensee-+" rel="tag"&gt;&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-source-narlivres-+" rel="tag"&gt;@narlivres&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/9802661803_7c35ecb4be_o_copie-9ca92.jpg?1774723706' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Et si le protestantisme de la famille expliquait l'anarchisme d'&#201;lie et d'&#201;lis&#233;e... Insurg&#233;s face &#224; un p&#232;re fanatique, ils l'admirent pour avoir v&#233;cu sa foi pleinement. D'une m&#232;re tol&#233;rante et instruite, ils recueillent la soif de conna&#238;tre, tandis que la fr&#233;quentation des fr&#232;res moraves cultive leur esprit cosmopolite et leur don des langues.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#201;lis&#233;e Reclus (1830-1905) est n&#233; dans une famille protestante. Pas n'importe quelle famille, pas n'importe quels protestants. Des protestants de la vall&#233;e de la Dordogne, la Vall&#233;e, t&#244;t convertis au calvinisme. Lors de sa chevauch&#233;e de 1622, Louis XIII reconquit une &#224; une leurs petites places fortes : de Lamothe-Landerron, il ne resta ni une maison debout ni un habitant en vie, les survivants s'&#233;tant donn&#233; la mort plut&#244;t que de se rendre. A Bergerac, le roi pla&#231;a une garnison : les h&#233;r&#233;tiques &#224; la discr&#233;tion des troupes. Effray&#233;e par l'exemple, Sainte-Foy-la-Grande se soumit : on n'y trouva que cinq catholiques, l'&#233;glise d&#233;molie, r&#233;duite &#224; un m&#232;tre de ma&#231;onnerie au-dessus du sol. Partout, dans chaque village, des temples florissants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pers&#233;cution larv&#233;e, puis la r&#233;vocation de l'&#233;dit de Nantes en 1685 &#244;t&#232;rent aux protestants jusqu'&#224; leur existence l&#233;gale, non leur existence r&#233;elle. Ils continu&#232;rent &#224; se marier entre eux, &#224; lire la Bible, &#224; rejoindre d&#232;s qu'ils le pouvaient les pr&#233;dicateurs ambulants dans les assembl&#233;es au &#171; D&#233;sert &#187;. Il y en eut une de fameuse pr&#232;s de Sainte-Foy en 1735.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est au cours d'assembl&#233;es de ce genre que les pasteurs b&#233;nissaient les unions. Ainsi en fut-il de celle de Jacques Reclus et d'&#201;lisabeth Jarry &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;pr&#233;tendus mari&#233;s pour avoir re&#231;u la pr&#233;tendue b&#233;n&#233;diction du pr&#233;tendu ministre P&#233;lissier (...) pr&#233;tendu mariage d&#233;clar&#233; concubinage par arr&#234;t du Parlement de Bordeaux du 21 mai 1749.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. les travaux de Jean Valette sur les registres paroissiaux de la Vall&#233;e (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; Jacques Reclus, tonnelier au Fleix, est l'arri&#232;re-grand-p&#232;re d'&#201;lis&#233;e Reclus. Grande le&#231;on. Faute d'un &#233;tat civil protestant, les enfants sont d&#233;clar&#233;s au cur&#233; de la paroisse. Le pr&#234;tre, pour ces enfants n&#233;s hors mariage, &lt;br class='autobr' /&gt;
pouvait utiliser les formules &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;fils (fille) naturelle) et ill&#233;gitime, fils (fille) ill&#233;gitime et b&#226;tard(e).&lt;/q&gt; Le cur&#233; du Fleix, humanis&#233; par le nombre important de parpaillots dans sa paroisse, se contente de la mention &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;fils ou fille&lt;/q&gt; sans adjectif.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Une tradition de r&#233;sistance familiale &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ces &#233;v&#233;nements lointains qui t&#233;moignent d'un attachement farouche &#224; la libert&#233; de conscience, comment ne pas les rapprocher du deuxi&#232;me &#171; mariage &#187; d'Elis&#233;e avec Fanny Lherminez en 1869 puis, apr&#232;s la mort de Fanny, avec Ermance Gonini en 1875 ? Ces unions furent c&#233;l&#233;br&#233;es devant les amis et parents, sans qu'aucun repr&#233;sentant de la loi ou du culte ne soit admis. Comment ne pas les relier encore au mariage des deux filles d'&#201;lis&#233;e, Jeannie et Magali, que leur p&#232;re d&#233;clara unies &#224; leurs &#233;poux par simple consentement mutuel ? L&#224;, encore, la pr&#233;sence d'une centaine d'amis et de connaissances dans le salon de l'h&#244;tel des Ambassadeurs atteste l'existence r&#233;elle de l'engagement. Ces mariages hors norme, c&#233;l&#233;br&#233;s en 1882, d&#233;clench&#232;rent un petit scandale. &#201;lis&#233;e Reclus fut r&#233;put&#233; p&#232;re indigne ayant pouss&#233; ses enfants &#224; la d&#233;bauche. Certaines personnes &#233;lev&#233;es dans des milieux conservateurs le jugeaient ainsi encore un si&#232;cle plus tard ! Certes, la d&#233;marche d'&#201;lis&#233;e est celle d'un libre-penseur et d'un anarchiste mais elle s'appuie consciemment ou non sur l'attitude de l'irr&#233;ductible anc&#234;tre. Pour l'&#233;tat civil, &#201;lis&#233;e s'appelait Jacques comme lui. Le refus de l'ob&#233;issance aux lois comme tradition familiale...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Passons une g&#233;n&#233;ration. Un autre Jacques Reclus appara&#238;t. N&#233; en 1796, il aura toute latitude pour pratiquer la religion de ses p&#232;res. La famille s'est un peu enrichie : les fils, Jacques et Jean, feront des &#233;tudes, suivront les cours de th&#233;ologie &#224; la Facult&#233; protestante de Montauban. Jean sera enseignant, Jacques pasteur. Au sortir de ses &#233;tudes, il entre comme biblioth&#233;caire chez le duc Decazes (famille libournaise, nous restons dans la Vall&#233;e), puis il est attach&#233; &#224; la paroisse de Montcaret dont il pr&#233;sidera sous peu le consistoire. Il r&#233;side &#224; La Roche-Chalais o&#249; il se marie, s'alliant ainsi &#224; une famille plus prestigieuse mais tout aussi fid&#232;le &#224; la religion que la sienne : les Trigant. Les Trigant sont nombreux, influents, plus ou moins apparent&#233;s &#224; la noblesse, subdivis&#233;s en un grand nombre de familles : Trigant-Beaumont, Trigant-Geneste, etc. Socialement, c'est un beau saut pour le fils d'un aubergiste, le petit-fils d'un tonnelier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le voil&#224; ensuite professeur au coll&#232;ge protestant de Sainte-Foy-la-Grande, ville o&#249; son beau-fr&#232;re Chaucherie est notaire. Puis se pr&#233;sente le tournant... A Sainte-Foy, Reclus rencontre le pasteur pr&#233;dicant Henriquet qui est suisse, qui apporte &#224; cette &#233;glise fran&#231;aise, m&#233;ritante mais un peu endormie, le souffle d'une R&#233;forme toujours renouvel&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux dires d'&#201;lis&#233;e lui-m&#234;me, voici que le pasteur ne supporte plus son &#233;tat de notable. Lui qui, dans sa foi exalt&#233;e, se veut le porteur de l'enseignement du Christ &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;qui n'avait pas m&#234;me une pierre o&#249; reposer sa t&#234;te&lt;/q&gt; vivrait dans le confort d'une petite vie m&#233;diocre ? Impossible quand on a derri&#232;re soi l'exemple des martyrs de Lamothe-Landerron, des pasteurs immol&#233;s sur le b&#251;cher, des fid&#232;les envoy&#233;s aux gal&#232;res. Si nous suivons le r&#233;cit qu'a fait son fils de ces &#233;v&#233;nements, apr&#232;s bien des d&#233;bats int&#233;rieurs et au scandale de son entourage, il d&#233;cide de r&#233;pondre &#224; l'appel d'une communaut&#233; libre de Cast&#233;tarbe, pr&#232;s d'Orthez.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au scandale de son entourage car il avait d&#233;j&#224; trois enfants, sa femme en attendait un quatri&#232;me et il allait vers la pr&#233;carit&#233; : la &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt; libre autonomie&lt;/q&gt; des &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;&#233;glises form&#233;es par le groupe des convertis, en dehors de l'&#201;tat et des consistoires&lt;/q&gt; (les termes sont d'&#201;lis&#233;e) le pla&#231;ait hors des limites du concordat, lui faisait perdre le traitement de ministre du culte qui lui revenait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi il perdait la s&#233;curit&#233; mat&#233;rielle mais il gagnait, dans un futur qu'il ne soup&#231;onnait pas, l'admiration du plus rebelle de ses fils qui &#233;crit en 1904 : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;On le vit, grave, &#233;touffant ses larmes, cong&#233;dier ses fid&#232;les, ses amis, monter &#224; cheval avec son fils &#201;lie camp&#233; devant lui et partir dans la direction du Midi, en compagnie d'un beau paysan de six pieds, le superbe Bessouat, venu pour lui apporter l'invitation des chr&#233;tiens d'Orthez et de Cast&#233;tarbe.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce d&#233;part, cette rupture dramatique, ce voyage de cinquante lieues vers l'inconnu, on sent qu'ils font partie de la mythologie fondatrice des Reclus, que tous, tous les onze Reclus, s'en sont nourris ; &#201;lis&#233;e peut-&#234;tre plus que les autres. N&#233;anmoins pour l'accepter, il lui aura fallu toute une vie. Le texte o&#249; il magnifie le geste du pasteur, &#201;lis&#233;e l'&#233;crit en 1904, entre la mort d'&#201;lie et la sienne. Le p&#232;re a disparu depuis longtemps, le fils peut disposer de sa m&#233;moire, l'int&#233;grer &#224; ses propres valeurs. Il n'est pas possible de d&#233;m&#234;ler ce qu'&#201;lis&#233;e doit &#224; son p&#232;re, ce que le portrait du p&#232;re doit au regard du fils, &#224; la vision libertaire du fils qui transfigure le pass&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le quotidien de la vie, &#201;lis&#233;e s'est toujours pos&#233; en insurg&#233; face &#224; son p&#232;re. Ils se sont peu vus : au moment du grand d&#233;part, fin 1831, &#201;lis&#233;e n'a pas 2 ans. Il est confi&#233; &#224; ses grands-parents maternels &#224; La Roche-Chalais et y restera jusqu'&#224; la maladie, puis la mort du grand-p&#232;re en 1838. Des quelques ann&#233;es pass&#233;es sous le toit paternel, il retiendra le souvenir des sermons hallucinants du dimanche, des r&#233;primandes outr&#233;es pour la moindre peccadille, l'effroi non nomm&#233; mais r&#233;el devant le fanatisme du pasteur : cet homme craignait de tomber dans le p&#233;ch&#233;, voyait s'allumer les feux de l'enfer, ne cessait de se mortifier et de mortifier les siens pour pr&#233;server la vie &#233;ternelle. La famille s'accroissait tous les dix-huit mois d'une unit&#233; o&#249; le pasteur voyait une &#226;me &#224; sauver et la m&#232;re, apparemment, une bouche de plus &#224; nourrir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce parce que ces enfants trop nombreux constituaient une masse difficile &#224; r&#233;duire, est-ce pour des raisons pratiques ? On ne cessait de les ventiler entre les grands-parents, la s&#339;ur de Sainte-Foy, plus tard les a&#238;n&#233;s recevant les plus jeunes.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;A l'&#233;cole des fr&#232;res moraves &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Rentr&#233; &#224; la maison en 1838, &#201;lis&#233;e en repart en 1842. Succ&#233;dant &#224; son fr&#232;re &#201;lie, il va passer deux ans au coll&#232;ge des fr&#232;res moraves &#224; Neuwied, pr&#232;s de Cologne, puis il pr&#233;pare le baccalaur&#233;at &#224; Sainte-Foy, suit les cours de la Facult&#233; de th&#233;ologie de Montauban, retourne chez les fr&#232;res moraves comme r&#233;p&#233;titeur, les quitte, s'inscrit &#224; l'universit&#233; de Berlin. Exil&#233; apr&#232;s le coup d'&#201;tat de 1851, il vit en Angleterre, puis en Am&#233;rique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on regarde l'&#201;lis&#233;e Reclus de cette &#233;poque, on peut penser qu'il &#233;tait un jeune homme difficile &#224; vivre. Passons sur le garnement qu'il avait &#233;t&#233;, tyrannisant ses fr&#232;res et s&#339;urs qui, par ailleurs, l'adoraient. Mais, au cours de ses vagabondages, il se lasse vite des gens qu'il fr&#233;quente ; les mesquins le d&#233;go&#251;tent, les c&#339;urs purs l'ennuient parce que leur horizon est &#233;troit. Il a dit lui-m&#234;me que dans sa jeunesse il &#233;tait facilement port&#233; au m&#233;pris : les valeurs de son p&#232;re qu'il avait int&#233;rioris&#233;es, le m&#233;pris de l'argent, des honneurs, de l'opinion commune, l'&#233;cartaient des uns ; la revendication vitale de sa personnalit&#233; encore en devenir le poussait &#224; fuir tout ce qui pouvait ressembler &#224; un pi&#232;ge : la camaraderie facile, l'intimit&#233; avec les &#234;tres. Dans sa correspondance, il ne parle jamais des femmes. On peut supposer qu'il &#233;tait sur ses gardes : la crainte du p&#233;ch&#233; pesait encore sur lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en Am&#233;rique qu'il s'en est d&#233;barrass&#233; : la nature g&#233;n&#233;reuse, exub&#233;rante, prodigue de beaut&#233;s l'exalte. Il ne peut y avoir rien de mal &#224; s'abandonner &#224; la vie v&#233;g&#233;tative. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;On cesse de vivre par la pens&#233;e,&lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt; &#233;crit-il&lt;/span&gt;, et ne sent plus que la volupt&#233; de voir.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Auparavant il avait d&#233;clar&#233; &#224; son fr&#232;re, dans un grand mouvement d'&#233;loquence : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Depuis que j'ai vu les vagues dor&#233;es des tropiques, depuis que j'ai vu les oiseaux-mouches voler au milieu des lataniers, j'ai fait un paquet des hardes du vieil homme et je les ai jet&#233;es dans le Mississippi.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La rupture totale d'avec l'enfance se fera un peu plus tard, en Colombie. Le pasteur lui a &#233;crit pour lui reprocher de ne jamais s'adresser &#224; lui dans sa correspondance. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Si je garde le silence, si je pr&#233;f&#232;re l'exil au conflit, c'est que je ne pourrai jamais te dire les seuls mots que tu attends de moi ; je ne pourrai jamais te dire que je sens, que je pense, que je prie avec toi.&lt;/q&gt; Tel est le sens tr&#232;s clair de sa lettre, il refuse la religion du p&#232;re, il s'abstrait de sa pr&#233;sence, il sera lui-m&#234;me et seul.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De toutes les p&#233;r&#233;grinations d'&#201;lis&#233;e, celle qui le conduit &#224; Neuwied m&#233;rite le plus d'&#233;claircissements. Le coll&#232;ge de Neuwied, pr&#232;s de Cologne, est tenu par les fr&#232;res moraves. Le pasteur Reclus appartenait &#224; l'&#233;glise m&#233;thodiste, laquelle avait des liens avec les fr&#232;res. Qui &#233;taient-ils ? En partie les h&#233;ritiers de Jean Hus, l'h&#233;r&#233;tique tch&#232;que br&#251;l&#233; &#224; Constance en 1415. N'acceptant d'autre autorit&#233; que l'&#233;criture sainte, ils formaient des communaut&#233;s d'hommes et de femmes vou&#233;es les unes &#224; l'enseignement, les autres &#224; l'&#233;vang&#233;lisation. Le qui&#233;tisme&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Doctrine mystique qui faisait consister la perfection chr&#233;tienne dans un (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; impr&#233;gnait leur pens&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pasteur, qui ne connaissait aucun obstacle quand la foi &#233;tait en jeu, voulut que ses enfants fussent form&#233;s &#224; la pure doctrine. Il conduisit donc les deux a&#238;n&#233;s, Suzanne et &#201;lie, &#224; Neuwied. Suzanne reviendra assez vite. &#201;lie y restera deux ans. &#201;lis&#233;e lui succ&#233;dera. &#201;trange d&#233;cision qui plonge les enfants dans un milieu inconnu, &#224; mille deux cents kilom&#232;tres de chez eux, alors qu'on est encore au temps des diligences. A Neuwied, l'enseignement &#233;tait donn&#233; en allemand &#224; des &#233;l&#232;ves qui appartenaient &#224; de pieuses familles allemandes, anglaises, parfois hollandaises. Rude &#233;cole pour les enfants Reclus qui ne parlaient que le fran&#231;ais ! Il y gagn&#232;rent une bonne connaissance des langues, l'aptitude &#224; en apprendre de nouvelles et y li&#232;rent des amiti&#233;s durables, surtout &#201;lie. Enfin, ils acquirent un sens aigu du cosmopolitisme : partout chez eux, toujours curieux du dehors, pr&#234;ts &#224; fraterniser avec quiconque partageait leurs id&#233;es, sans souci de nationalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revenons sur les fr&#232;res moraves, leur id&#233;al de saintet&#233;, leur s&#233;paration du monde, leur vie communautaire et encore leurs &#233;tablissements dispers&#233;s par toute la terre. Reportons-nous au projet d&#233;velopp&#233; par &#201;lis&#233;e Reclus au congr&#232;s de la Ligue de la paix et de la libert&#233;, tenu &#224; Berne en septembre 1868. Congr&#232;s marqu&#233; par la puissante pr&#233;sence de Bakounine. On y discute du f&#233;d&#233;ralisme, en proposant les mod&#232;les de la Suisse et des &#201;tats-Unis. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Pourquoi,&lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt; dit Elis&#233;e&lt;/span&gt;, nous limiter aux &#201;tats-Unis d'Europe ? Ce qu'il nous faut, c'est la r&#233;publique f&#233;d&#233;rale de la terre enti&#232;re. &lt;/q&gt; Et il d&#233;veloppe le projet de fonder la soci&#233;t&#233; nouvelle sur l'association : des associations qui &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;se formeront et se d&#233;formeront par une cons&#233;quence voulue de la volont&#233; des associ&#233;s, se d&#233;pla&#231;ant avec le travail, tant&#244;t pour &#233;difier un faubourg de ville, tant&#244;t pour construire une ligne de chemin de fer, m&#234;me pour &#233;migrer comme le font certaines associations de Russie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On retrouve dans cette proposition qui recueillit 37 voix pour, 77 contre, l'horreur d'&#201;lis&#233;e Reclus pour les fronti&#232;res, son amour de l'ind&#233;pendance, m&#234;me au sein de l'union communautaire. Est-ce trop se risquer que d'y voir une r&#233;miniscence inconsciente du mode d'action des premiers fr&#232;res moraves, mobiles, unis dans leur passion pour la foi, divers dans leurs activit&#233;s ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes il les a plus tard rejet&#233;s, condamnant leur bigoterie, leurs niaises pr&#233;occupations des petites choses. Mais leur exemple l'avait frapp&#233; puisqu'il est revenu chez eux aux alentours de sa vingti&#232;me ann&#233;e et que n'en a-t-il dit de beau dans son juv&#233;nile enthousiasme ! Il avait trouv&#233; un mod&#232;le de vie, un cadre... pour un temps tr&#232;s court, trois mois seulement. Les fr&#232;res eux-m&#234;mes l'ont encourag&#233; &#224; reprendre ses &#233;tudes. On pourrait croire que tous cherchent &#224; se d&#233;barrasser de cet encombrant jeune homme : il avait &#233;t&#233; renvoy&#233; en 1849 de la Facult&#233; de th&#233;ologie de Montauban ; son s&#233;jour chez son oncle Chaucherie &#224; Sainte-Foy semble avoir &#233;t&#233; orageux ; quant &#224; la famille, on a vu que la dispersion &#233;tait la r&#232;gle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le voil&#224; donc &#224; Berlin, suivant les cours du fameux g&#233;ographe Ritter. Notons que la science g&#233;ographique &#233;merge &#224; peine et qu'elle est encore balbutiante en France. Il a enfin trouv&#233; sa voie ! Il est en train de r&#233;aliser ce qu'il avait en t&#234;te, son r&#233;el projet d'avenir. Pour preuve, la lettre qu'il &#233;crit &#224; sa m&#232;re pour relater son voyage de Cologne &#224; Berlin : c'est une superbe le&#231;on de g&#233;ographie, description du terrain, du relief, des cours d'eau, de la v&#233;g&#233;tation... Pas un mot de pi&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment ses parents ont-ils pu s'imaginer qu'&#224; Berlin il s'inscrirait en th&#233;ologie ? Comment croire qu'on le coulerait un jour dans le moule m&#233;thodiste ? Il est tr&#232;s physique : quoique petit, il a des performances d'athl&#232;te. Il est impulsif : &#233;mu par la d&#233;couverte de la mer qu'il n'a jamais vue, il se jette dans les bras de son fr&#232;re et le mord &#224; l'&#233;paule. Quant &#224; l'humilit&#233;, il n'en a pas trace : personne ne discute avec lui, on le laisse &#224; ses raisons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toujours est-il que la m&#232;re, toute fleurie de bonnes intentions, lui &#233;crit pour le f&#233;liciter du choix glorieux qu'il a fait. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Point du tout, &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;r&#233;pond-il&lt;/span&gt;, je ne veux, ni ne peux ni ne dois &#234;tre pasteur.&lt;/q&gt; Dans un texte superbement &#233;loquent (il n'a pr&#234;ch&#233; qu'une fois &#224; Montauban mais il en fut enivr&#233;), il d&#233;veloppe sa pens&#233;e : il se refuse &#224; intervenir dans les c&#339;urs. Son p&#232;re poussait au mysticisme des jeunes filles &#224; la t&#234;te faible ; il n'en a rien dit mais on sait que ces manipulations lui r&#233;pugnaient. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Chacun, &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;dit-il,&lt;/span&gt; doit &#234;tre son propre roi et son propre pasteur.&lt;/q&gt; Il se r&#233;f&#232;re aux Saintes &#201;critures : doivent &#234;tre abaiss&#233;s tous &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;ceux qui s'&#233;rigent au-dessus des autres, en ma&#238;tres et en proph&#232;tes.&lt;/q&gt; Le p&#232;re n'a rien &#224; r&#233;pondre : son propre enseignement se retrouve en son fils. Il est pris au pi&#232;ge de sa grande &#226;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit pas de sugg&#233;rer que le protestantisme m&#232;ne &#224; l'anarchisme. Weber a bien montr&#233; que pour un bon protestant la fortune est per&#231;ue comme une r&#233;compense divine allant au juste et au vertueux. Mais la lecture serr&#233;e des proph&#232;tes, de l'&#201;vangile, la tradition du libre examen pr&#233;parent le terrain dans une &#226;me enti&#232;re qui va au bout de ses choix.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'apprentissage de la tol&#233;rance &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;On ne peut passer sous silence la relation d'&#201;lis&#233;e Reclus avec sa m&#232;re : il l'aimait, la respectait, la plaignait. Le pasteur, confiant en la Providence, avait la t&#233;m&#233;rit&#233; des &#233;lus. Non content de l'arracher &#224; son milieu, &#224; sa vie confortable, il ne craignit pas de rendre sa femme dix-sept fois m&#232;re : trois fausses couches, un b&#233;b&#233; mort au bout de quelques jours, deux filles disparues, l'une &#224; 20, l'autre &#224; 8 ans. Restent six filles et cinq gar&#231;ons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#232;re &#233;tait croyante mais plus du c&#244;t&#233; de Marthe que de celui de Marie, plus active que contemplative. Pour nourrir la nich&#233;e, elle ouvrit une &#233;cole &#224; Cast&#233;tarbe, plus tard &#224; Orthez, un pensionnat o&#249; la bourgeoisie protestante pla&#231;ait ses filles afin qu'elles devinssent des &#233;pouses et des m&#232;res accomplies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte quotidienne de la m&#232;re, &#201;lis&#233;e n'a fait que l'entrevoir. Ce qui n'a pu lui &#233;chapper, c'est la diplomatie maternelle pour &#233;viter les affrontements, d&#233;vier les heurts. Elle a r&#233;ellement converti son mari &#224; la tol&#233;rance, si l'on pense que les cinq fils sont tous devenus libres-penseurs, que parmi les filles un certain nombre a suivi et que cependant la famille est rest&#233;e unie. Unie m&#234;me apr&#232;s la Commune, apr&#232;s l'exil des deux a&#238;n&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce vaillant exemple maternel de fid&#233;lit&#233; dans la conciliation, on en per&#231;oit un &#233;cho dans &#201;lis&#233;e disant &#224; sa s&#339;ur : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Ces missionnaires, ces pasteurs m&#233;thodistes qui enseignent la justification par la foi et d'autres sottises, nous devons les aimer et les respecter&lt;/q&gt; ; nous le retrouvons dans la correspondance suivie qu'il entretient avec Richard Heath, chr&#233;tien envers et contre tous, auquel il finit par &#233;crire : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Le socialisme n'est pas, comme vous le dites, issu de l'&#201;vangile : l'un et l'autre sont issus de la philosophie occidentale.&lt;/q&gt; Quand il en est &#224; affirmer cela, Reclus est un homme &#226;g&#233; qui a pris de la hauteur par rapport au d&#233;bat. Pour en arriver &#224; ce point, il lui faudra courir le monde, rencontrer force individus, se colleter avec maintes difficult&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reprenons-le en pleine jeunesse, &#224; 25 ans. Il est en Colombie, alors appel&#233;e Nouvelle-Grenade&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Voyage &#224; la Sierra Nevada de Sainte-Marthe, &#201;lis&#233;e Reclus, &#233;d. Zulma.&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Apr&#232;s un s&#233;jour (enchanteur) &#224; Sainte-Marthe, il s'est &#233;tabli &#224; Riohacha, un territoire mis&#233;rable, oubli&#233; de tous, o&#249; se d&#233;veloppe une minuscule soci&#233;t&#233;. Reclus approuve et admire la fa&#231;on dont ces isol&#233;s s'organisent, hors des lois, hors de la religion &#233;tablie. Ils trouvent en eux-m&#234;mes les v&#233;ritables r&#232;gles de la vie en commun : l'entraide, la tol&#233;rance mutuelle. Les couples ne se soucient ni de b&#233;n&#233;diction ni d'engagement l&#233;gal. Chacun para&#238;t suivre sa fantaisie et cependant la collectivit&#233; fonctionne. C'est une le&#231;on d'anarchisme sur le terrain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est rentr&#233; pauvre et malade de Colombie mais riche d'exp&#233;rience. Engag&#233; par Hachette, il voyagera pour r&#233;diger des guides (les fameux Guides bleus) et des articles. Il continuera &#224; regarder, &#224; r&#233;fl&#233;chir. Il sera m&#251;r en 1865, &#224; Florence, pour rencontrer Bakounine...&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;H&#233;l&#232;ne Sarrazin&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-_2A&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;H&#233;l&#232;ne Sarrazin est l'auteur d'&#201;lis&#233;e Reclus ou La Passion du monde, &#233;d. La (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-_2A&#034;&gt;*&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; &lt;/div&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cf. les travaux de Jean Valette sur les registres paroissiaux de la Vall&#233;e (Arch. d&#233;p. de la Gironde).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Doctrine mystique qui faisait consister la perfection chr&#233;tienne dans un &#233;tat continuel de qui&#233;tude et d'union avec Dieu, o&#249; l'&#226;me devient indiff&#233;rente aux &#339;uvres et m&#234;me &#224; son propre salut (NdR).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cf. &lt;i&gt;Voyage &#224; la Sierra Nevada de Sainte-Marthe&lt;/i&gt;, &#201;lis&#233;e Reclus, &#233;d. Zulma.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-_2A&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-_2A&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-_2A&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;*&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;H&#233;l&#232;ne Sarrazin est l'auteur d'&lt;i&gt;&#201;lis&#233;e Reclus ou La Passion du monde&lt;/i&gt;, &#233;d. La D&#233;couverte, Paris, 1985 (NdR).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		
		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Emma Goldman - Fragments d'une vie </title>
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		<dc:date>2025-09-16T10:26:15Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marianne Enckell</dc:creator>


		<dc:subject>Emma Goldman</dc:subject>
		<dc:subject>@narlivres</dc:subject>
		<dc:subject>Alexander Berkman</dc:subject>
		<dc:subject>&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;A travers le monde et les &#233;v&#233;nements : Premi&#232;re Guerre mondiale, r&#233;volutions russe et espagnole, il s'agit de mener une vie de femme et de militante sans entraves. Mais avec humanit&#233; et lucidit&#233;, comme Emma sait le faire.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-itineraire-une-vie-une-pensee-no8-emma-goldman-" rel="directory"&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e n&#176;8 : &#171; Emma Goldman &#187;&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-emma-goldman-+" rel="tag"&gt;Emma Goldman&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/graffito_of_emma_goldman_in_montreal__canada_copie-629fc.jpg?1774694618' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;A travers le monde et les &#233;v&#233;nements : Premi&#232;re Guerre mondiale, r&#233;volutions russe et espagnole, il s'agit de mener une vie de femme et de militante sans entraves. Mais avec humanit&#233; et lucidit&#233;, comme Emma sait le faire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Quand elle avait pr&#232;s de soixante-dix ans, Vernon Richards trouvait qu'elle &#233;tait &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;vaine, intol&#233;rante et dictatoriale&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Alice Wexler, Emma Goldman in Exile, Beacon Press, 1989.&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, tandis qu'&#224; Attilio Bortolotti elle a appris &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;&#224; &#234;tre humain, courtois, amoureux, &#224; consid&#233;rer les femmes comme des partenaires&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Alice Wexler, &#171; Emma Goldman and Women &#187; ; Our Generation n&#176; hiver 1985-1986.&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Plus jeune, combien d'hommes qui croyaient aimer la militante ont voulu qu'elle se cantonne dans son r&#244;le de femme : Ed Brady, Ben Reitman... A Carl Stone, qui a promis de financer ses &#233;tudes de m&#233;decine en 1900 et qui lui reproche d'&#234;tre &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;toute occup&#233;e &#224; (sa) vieille manie de propagande, et ceci avec un nouvel amant&lt;/q&gt;, elle r&#233;torque : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;E.G., la femme et ses id&#233;es sont ins&#233;parables, elle n'est pas l&#224; pour l'amusement des nouveaux riches et ne permettra &#224; personne de lui dicter sa conduite. Garder votre argent.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Emma Goldman, &#201;pop&#233;e d'une anarchiste (Living my Life), Hachette, 1979.&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est bien plut&#244;t l'histoire qui lui a dicte sa conduite. Arriv&#233;e de Russie aux &#201;tat-Unis toute jeune, d&#233;j&#224; sensible aux id&#233;es r&#233;volutionnaires, Emma Goldman donne un sens d&#233;finitif &#224; sa vie lors du proc&#232;s, puis de la pendaison, des anarchistes de Chicago accus&#233;s d'avoir lanc&#233; une bombe contre des policiers en mai 1886. Elle quitte alors Rochester pour se rapprocher de la grande ville et de ses anarchistes : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;C'&#233;tait le 15 ao&#251;t 1889 et j'arrivais &#224; New York. J'avais vingt ans. Je laissais derri&#232;re moi, comme une vieille parure, tout ce qui avait fait ma vie jusque-l&#224;. Une existence nouvelle s'offrait &#224; moi, myst&#233;rieuse et terrifiante. Mais j'avais pour moi mon jeune &#226;ge, une sant&#233; robuste et la foi en mon id&#233;al. Et quel que p&#251;t &#234;tre le sort qui m'&#233;tait r&#233;serv&#233;, j'&#233;tais farouchement d&#233;cid&#233;e &#224; me pr&#233;cipiter &#224; sa rencontre.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Id., ibid.&#034; id=&#034;nh4-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On est parfois r&#233;compens&#233; de prendre des risques. Le jour m&#234;me de son arriv&#233;e, elle rencontre A. Berkman (Sasha) et J. Most, et s'enflamme pour chacun des deux. Il ne se passe pas six mois avant que Most ne l'envoie en tourn&#233;e de conf&#233;rences. Et elle ne s'arr&#234;tera plus, sauf pour de br&#232;ves p&#233;riodes de prison, d'&#233;tudes ou de retraite. Quand ni le cin&#233;ma ni la t&#233;l&#233;vision n'existaient, il y avait des gens pour courir les conf&#233;rences et les meetings !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la vie continue : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Dans les bals, j'&#233;tais une des plus gaies et des plus infatigables. Un soir, un cousin de Sasha... me prit &#224; part. Le visage aussi grave que s'il avait d&#251; m'annoncer la mort d'un camarade, il murmura que la danse ne convenait pas aux agitateurs, et surtout pas quand elle &#233;tait pratiqu&#233;e avec une telle impudence... Ma frivolit&#233; ne pouvait que nuire &#224; la cause... Je lui r&#233;pondis de s'occuper de ses affaires... Selon moi, une cause qui d&#233;fendait un si bel id&#233;al, qui luttait pour l'anarchie, la lib&#233;ration et la libert&#233;, contre les id&#233;es re&#231;ues et les pr&#233;jug&#233;s, une telle cause ne pouvait exiger que l'on renonce &#224; la vie et &#224; la joie.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Id., ibid.. Cet &#233;pisode est &#224; l'origine de la pseudo-citation If I can't (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le prix de l'agitation &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En 1892, la gr&#232;ve des ouvriers des aci&#233;ries Carnegie &#224; Pittsburgh et leur massacre par les nervis de l'agence Pinkerton bouleversent Emma et Sasha. Celui-ci, apr&#232;s s'&#234;tre essay&#233; &#224; fabriquer une bombe (ne suivez pas le manuel de Most !), va attenter &#224; la vie du directeur de la firme, Henri Clay Frick. Frick survit, Berkman aussi, mais tout juste : il va passer quatorze ans en prison. Emma Goldman, pour acheter l'arme, s'&#233;tait essay&#233;e &#224; faire le trottoir, sans succ&#232;s. Par la suite, lorsque tous les logeurs lui refuseront une chambre, elle trouvera abri &#224; plusieurs reprises dans des maisons de passe et se liera d'amiti&#233; avec les professionnelles ; leur cousant des robes, leur donnant des conseils d'hygi&#232;ne et de sant&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 21 ao&#251;t 1893, un meeting pour les ch&#244;meurs et les sans-abris r&#233;unit des milliers de personnes &#224; Union Square, la place new-yorkaise o&#249; se tiennent traditionnellement les manifestations. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Hommes et femmes, savez-vous que l'&#201;tat est votre pire ennemi ?, &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;commence-t-elle.&lt;/span&gt; C'est une machine qui vous &#233;crase pour mieux soutenir vos ma&#238;tres. Ceux que l'on nomme la classe dirigeante... L'&#201;tat est un pillard &#224; la solde des capitalistes, et vous &#234;tes na&#239;fs d'en attendre du secours... Alors, allez manifester devant les belles demeures des riches ! Exigez du travail ! S'ils ne vous donnent pas de travail, r&#233;clamez du pain. S'ils vous refusent les deux, prenez le pain. C'est votre droit le plus sacr&#233;.&lt;/q&gt; Comme &#224; Louise Michel quelques ann&#233;es plus t&#244;t, cette harangue vaut &#224; Emma Goldman une longue peine de prison. Elle en profite pour apprendre le m&#233;tier d'aide-infirmi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 15 ao&#251;t 1895, elle embarque pour l'Europe ; deux compagnons lui ont avanc&#233; de quoi passer un an &#224; Vienne pour se former comme infirmi&#232;re et sage-femme. Elle s'y formera &#224; plus encore : c'est l&#224; qu'elle d&#233;couvre Nietzsche et Ibsen, qu'elle entrevoit la &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;signification sociale du th&#233;&#226;tre moderne&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Emma Goldman, The Social Significance of Modem Drama, Boston, 1914.&#034; id=&#034;nh4-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, qu'elle suit &#8212; para&#238;t-il &#8212; les cours du jeune Freud. Cinq ans plus tard, elle retourne en Europe. Elle retrouve &#224; Londres ceux qu'elle s connus Malatesta, Louise Michel, Kropotkine ; elle rencontre surtout Hippolyte Havel qui lui fait aimer Paris. Le congr&#232;s anarchiste pr&#233;vu &#224; Paris en 1900 ne se tiendra pas, hormis en quelques s&#233;ances priv&#233;es&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. &#171; Malatesta et l'Internationalisme &#187; in Itin&#233;raire n&#176; 5-6, p. 30 (NDR).&#034; id=&#034;nh4-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; ; les rapports seuls ont &#233;t&#233; publi&#233;s : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Je viens de terminer une tourn&#233;e de propagande en Am&#233;rique quia dur&#233; huit mois et pendant laquelle j'ai fait deux cent dix conf&#233;rences, visit&#233; soixante villes et parl&#233; &#224; cinquante ou soixante mille personnes ; de plus j'ai fait une tourn&#233;e de conf&#233;rences en Angleterre et en &#201;cosse qui a dur&#233; quatre mois... Les trade-unions am&#233;ricains, les clubs sociaux et litt&#233;raires, les soci&#233;t&#233;s &#233;thiques et philosophiques ne nous consid&#232;rent plus comme des jeteurs de bombes, des b&#234;tes f&#233;roces, des ivrognes, des vagabonds non peign&#233;s et non lav&#233;s (id&#233;e qui a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e par nos ennemis et leurs bouffons &#8212; les organes de la presse quotidienne), mais nous invitent amicalement &#224; faire nos conf&#233;rences et-&#233;coutent avec int&#233;r&#234;ts l'expos&#233; de la philosophie communiste-anarchiste.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Emma Goldman, &#171; Rapport au congr&#232;s anarchiste &#187;, Les Temps nouveaux, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette euphorie ne va pas durer. En septembre 1902, au lendemain d'une visite &#224; Berkman en prison, elle apprend que le pr&#233;sident des &#201;tats-Unis vient d'&#234;tre assassin&#233; par un jeune anarchiste, Leon Czolgosz, qui serait un de ses admirateurs. La presse se d&#233;cha&#238;ne, et l'opinion publique la suit en furie. Czolgosz est peut-&#234;tre lunatique (ou parano&#239;aque, ou d&#233;s&#233;quilibr&#233;, ou tout ce que l'on veut), il est cependant parfaitement r&#233;gulier au cours de tous les interrogatoires oui, il a assist&#233; &#224; des conf&#233;rences d'Emma Goldman ; oui, il lui et parl&#233; ; non, elle n'incite pas &#224; la violence ; non, personne ne lui a dict&#233; son acte. Il n'emp&#234;che. De 1903 &#224; 1989, une loi restera en vigueur aux &#201;tats-Unis interdisant l'entr&#233;e du territoire aux anarchistes &#233;trangers et ordonnant l'expulsion de ceux qui s'y trouvaient frauduleusement. Heureusement, &#171; Miss E.G. Smith, Mrs E.G. Brady, Mrs E. Kerschner &#187; (pseudonymes de Emma Goldman, NDR) n'a pas &#233;t&#233; la seule &#224; pouvoir tourner cet arr&#234;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5897 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L459xH700/mother_earth_1-2-cacc4.jpg?1774695277' width='459' height='700' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Quand Berkman sort de prison, en mai 1906, le monde lui fait peur. Des anarchistes ont supprim&#233; quelques pr&#233;sidents et rois, mais ce n'est pas cela qui a fait changer grand-chose. Il y a des voitures sans cheval dans les rues, il y a eu une r&#233;volution en Russie. Il y a une revue, &lt;i&gt;Mother Earth&lt;/i&gt;, &#224; laquelle collaborent des intellectuels larges d'esprit aux c&#244;t&#233;s des compagnons anarchistes. C'est cette revue de haute teneur, publi&#233;e jusqu'en 1917, qui va r&#233;concilier Berkman avec la vie et avec Emma.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle, elle continue de parler et de se passionner : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Ce que je crois est un processus plus qu'une finalit&#233;. Les finalit&#233;s valent pour les dieux et les gouvernements, et non pour l'intelligence humaine... La vie est plus que des formules. Dans la bataille pour la libert&#233;, comme l'a si bien vu Ibsen, c'est le combat pour la libert&#233;, et pas tellement l'obtention de celle-ci, qui d&#233;veloppe tout ce qui est fort, hardi et fin dans le caract&#232;re humain... C'est l'harmonie de la croissance organique qui produit la vari&#233;t&#233; des couleurs et des formes &#8212; la totalit&#233; compl&#232;te que nous admirons dans la fleur. Par analogie, l'activit&#233; organis&#233;e des &#234;tres humains libres dot&#233;s de l'esprit de solidarit&#233; r&#233;sultera en la perfection de l'harmonie sociale &#8212; soit l'anarchisme.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Emma Goldman. &#171; What I Believe &#187; (1908), in Red Emma Speaks, New rock, 1972.&#034; id=&#034;nh4-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Ni Washington ni Moscou &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Avec son nouvel amant, Ben Reitman, le roi des chemineaux, la vie publique et priv&#233;e devient tortueuse, dangereuse, plus passionn&#233;e que jamais. De bonnes &#226;mes ont comment&#233; sans fin les lettres de &#171; Mammy &#187; &#224; son petit homme ; elle-m&#234;me ne dissimule gu&#232;re dans ses m&#233;moires, les contradictions de cette relation, citant le proverbe russe : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Si tu bois, tu meurs, et si tu ne bois pas, tu meurs aussi ; il vaut mieux boire et mourir&lt;/q&gt;. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Je d&#233;cidai de boire&lt;/q&gt;, &#233;crit-elle simplement. C'est aussi la p&#233;riode o&#249; elle se lance &#224; parler en public de contr&#244;le des naissances, de sexualit&#233; et d'homosexualit&#233;. A Paris, en 1900, elle avait particip&#233; &#224; un congr&#232;s n&#233;o-malthusien avec Paul Robin et Madeleine Vernet ; mais elle n'avait pas os&#233; depuis lors faire des avortements, ni m&#234;me donner des informations sur la contraception. Une autre militante r&#233;volutionnaire et f&#233;ministe, Margaret Sanger, publie ces ann&#233;es-l&#224; le journal &lt;i&gt;Woman Rebel&lt;/i&gt; qui se fait r&#233;guli&#232;rement saisir, et Emma ne peut &#234;tre que solidaire &#8212; et toujours provocante : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;La femme aujourd'hui se trouve dans la n&#233;cessit&#233; de s'&#233;manciper de son &#233;mancipation, si elle d&#233;sire vraiment &#234;tre libre. Cela peut sembler paradoxal, ce n'est pourtant que trop vrai... L'&#233;mancipation ext&#233;rieure a fait de la femme moderne un &#234;tre artificiel qui rappelle les produits de l'arboriculture fran&#231;aise, avec ses arbres et ses arbustes fantaisie taill&#233;s en pyramides, en roues, en couronnes en tout, hormis les formes qui seraient prises par l'expression de leurs qualit&#233;s propres.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Id, La Trag&#233;die de l'&#233;mancipation f&#233;minine (1904, publi&#233; es 1911).&#034; id=&#034;nh4-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre qui tue en Europe provoque aussi la d&#233;ception de voir des compagnons comme Kropotkine choisir un des camps, et l'occasion pour d'autres de publier un manifeste contre la guerre&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. &#171; Contre la guerre &#187;, in Itin&#233;raire n&#176; 5-6, pp. 37-39, le texte (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Au &#201;tats-Unis, m&#234;me si les &#233;chos du canon sont lointains, le nationalisme s&#233;vit, et l'anti-germanisme tous ceux qui sont contre la guerre sont pay&#233;s par les Allemands, ou les Russes, c'est selon. En 1917 a lieu le grand proc&#232;s intent&#233; par le gouvernement &#224; Emma Goldman et Alexandre Berkman, pour &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;complot contre la conscription&lt;/q&gt;, &#224; qui l'on reproche d'avoir d&#233;fendu Mooney et Billings, deux syndicalistes accus&#233;s d'avoir lanc&#233; une bombe contre un d&#233;fil&#233; guerrier. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;De plus grands h&#233;ros et martyrs que moi ont pay&#233; de la prison, voire de leur vie, leur id&#233;al, pourquoi pas moi ? Babuskha (Catherine Breshkovska&#239;a), L(ouise) M(ichel), Spiridonova et une galaxie d'autres me soutiendront...&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lettre &#224; sa ni&#232;ce cit&#233;e par A. Wexler, &#171; Emma Goldman and Women &#187;, op. cit.&#034; id=&#034;nh4-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#232;s de deux ans de prison &#8212; et ils n'auront que trois mois de libert&#233; avant d'&#234;tre expuls&#233;s du pays le 21 d&#233;cembre 1919. Allez donc voir &#224; Moscou si c'est mieux qu'ici ! Le cargo &lt;i&gt;Buford &lt;/i&gt; les emm&#232;ne en Europe avec des dizaines d'autres personnes refoul&#233;es. Il s'agit alors de reconna&#238;tre, de retrouver la Russie et, malgr&#233; les doutes harcelants, d'essayer de comprendre. De se convaincre aussi que leurs interlocuteurs &#8212; Zinoviev, Maxime Gorki, Karl Radek, Alexandra Kollonta&#239;, Angelica Balanoff, Anatole Lounatcharsky &#8212; n'ont pas tort quand ils disent que les zones d'ombres sont in&#233;vitables, que la r&#233;pression est une &#233;tape provisoire, que les petites choses sont sans importance. Sans importance, la peine de mort, la militarisation des usines, les trente-quatre cartes de rationne-ment diff&#233;rentes, les r&#233;quisitions forc&#233;es ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant six mois Emma et Sacha discutent, apprennent, regardent autour d'eux &#224; Petrograd et &#224; Moscou, cherchent &#224; se rendre utiles. On les charge finalement d'un travail d&#233;coratif, la r&#233;colte de mat&#233;riel historique pour le futur mus&#233;e de la R&#233;volution. Ils sillonnent l'Ukraine, remontent au nord jusqu'&#224; Arkhangelsk. Et le mythe bolchevique s'&#233;croule : favoritisme et bureaucratie r&#232;gnent d&#233;j&#224;, les meilleurs camarades sont emprisonn&#233;s ou ex&#233;cut&#233;s ; aux questions pertinentes, on ne r&#233;pond que par des mensonges ou par la &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;n&#233;cessit&#233; r&#233;volutionnaire&lt;/q&gt;. Emma, qui s'insurge, se voit rejet&#233;e de tout travail utile : cette r&#233;volution-l&#224; ne veut pas d'elle. Avec Berkman, elle tient le coup jusqu'au massacre des marins et des ouvriers de Cronstadt.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s cette infamie, deux ans apr&#232;s le d&#233;part des &#201;tats-Unis, ils s'exilent volontairement de Russie, pour des ann&#233;es d'errance. Par Riga ils rallient Stockholm, o&#249; d&#233;j&#224; leurs critiques de l'autoritarisme bolche-vique font peur au gouvernement socialiste, voire aux camarades : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Personne en Am&#233;rique ne croirait que, lors de mon d&#233;part de Stockholm, pas un seul camarade ne m'a accompagn&#233;e. C'&#233;tait tr&#232;s p&#233;nible, croyez-moi&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Emma Goldman &#224; Carl J. Bj&#246;rklund, 4 mai 1922 (copie au CIRA Lausanne).&#034; id=&#034;nh4-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Berlin le milieu anarchiste est plus solidaire, mais il n'est pas possible de survivre. Une fois son livre sur l'exp&#233;rience russe termin&#233;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Id., My Disillusionment in Russia, My Further Disillusionment in Russia, New (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; Emma repart, pour l'Angleterre cette fois, o&#249; elle va trouver encore plus de d&#233;fiance parmi ses amis intellectuels et lib&#233;raux, dans la presse, dans les auditoires. Et gu&#232;re de chaleur parmi les compagnons, sauf de la part de Jim Colton, un mineur gallois qui offre de l'&#233;pouser pour qu'elle obtienne enfin un passeport. Cela lui permet au moins de voyager plus ais&#233;ment une tourn&#233;e au Canada d'abord, pour chercher &#224; se rapprocher des &#201;tats-Unis (ce n'est qu'en 1934 qu'elle sera autoris&#233;e, pour quatre-vingt-dix jours, &#224; y retourner), puis le havre de Saint-Tropez, la maison pr&#234;t&#233;e par des amis, le long travail de r&#233;daction de ses m&#233;moires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En juin 1936, la vie aurait pu s'arr&#234;ter Berkman, le compagnon de toujours, se suicide. Mais Emma n'a pas le temps de se reprendre que c'est le 19 juillet et la r&#233;volution en Espagne, Augustin Souchy et Mariano Vazquez qui l'y appellent. Trois brefs s&#233;jours, &#224; l'automne 1936 et les ann&#233;es suivantes : Emma Goldman est le t&#233;moin direct des avances du front r&#233;publicain, des r&#233;ussites et des difficult&#233;s des collectivisations, de la participation des anarchistes au gouvernement, des d&#233;g&#226;ts bolcheviques... Elle rencontre et admire les &#171; Femmes libres &#187;, les &#233;coles libertaires ; elle participe, pour la premi&#232;re fois de sa vie peut-&#234;tre, &#224; des films et &#224; des &#233;missions de radio.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois ans de soutien actif &#224; la CNT-FAI &#8212; en Angleterre, h&#233;las ! &#8212; avec le travail de propagande pour le bulletin d'information de la CNT-FAI et pour &lt;i&gt;Spain and the World&lt;/i&gt;, au c&#339;ur des d&#233;bats du mouvement international : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Les anarchistes sont humains, trop humains, et sont donc susceptibles comme tous les autres hommes et femmes de trahir leur cause. et je ne pense pas que leur pass&#233; r&#233;volutionnaire puisse toujours garder les anarchistes de l'incoh&#233;rence. Ce n'a pas &#233;t&#233; le cas parmi les premiers r&#233;volutionnaires bolcheviques. Mais il y a une diff&#233;rence. L&#233;nine et son parti aspiraient &#224; la dictature, tandis que d&#232;s le d&#233;but la CNT-FAI a r&#233;pudi&#233; la dictature et tenu haute la banni&#232;re du communisme libertaire. Quels que soient les compromis que les dirigeants de la CNT-FAI aient faits et continuent de faire, personne &#8212; pas m&#234;me leurs ennemis les plus acharn&#233;s &#8212; ne peut dire qu'ils l'ont fait pour leur avantage personnel ou parce qu'ils voulaient le pouvoir.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Id., &#171; Where I Stand &#187; ; Spain and the World, Londres, 2 juillet 1937 ; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La derni&#232;re &#233;tape de la vie d'Emma Goldman se d&#233;roule &#224; Toronto, o&#249; elle est all&#233;e qu&#234;ter pour les Espagnols exil&#233;s, et o&#249; elle prend la d&#233;fense d'antifascistes italiens, tout au d&#233;but de la guerre. Alit&#233;e pendant trois mois, elle meurt le 14 mai 1940. Le service d'immigration des &#201;tats-Unis autorise enfin ses cendres &#224; reposer au cimeti&#232;re de Waldheim, &#224; Chicago, aupr&#232;s des anarchistes pendus en 1887. Emma la vie. Toutes les anarchistes n'ont que son nom aux l&#232;vres, mais elle est bien mal connue en langue fran&#231;aise. Il faut lire ses m&#233;moires (abr&#233;g&#233;s en fran&#231;ais), ses biographies parues en anglais et en espagnol, ses &#233;crits &#233;pars mais disponibles en anglais, en allemand, en su&#233;dois, en japonais. Eparse mais disponible ; joli qualificatif pour la vie d'Emma.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5896 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;49&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/emmagoldmanquote2000.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH279/emmagoldmanquote2000-92de6.jpg?1774729989' width='500' height='279' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Manifestation contre la mondialisation en 2000.&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Marianne Enckell &lt;/strong&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Alice Wexler, &lt;i&gt;Emma Goldman in Exile&lt;/i&gt;, Beacon Press, 1989.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Alice Wexler, &#171; Emma Goldman and Women &#187; ; &lt;i&gt;Our Generation&lt;/i&gt; n&#176; hiver 1985-1986.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Emma Goldman, &#201;pop&#233;e d'une anarchiste (&lt;i&gt;Living my Life&lt;/i&gt;), Hachette, 1979.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Id., ibid.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Id., ibid.. Cet &#233;pisode est &#224; l'origine de la pseudo-citation &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;If I can't dance, I won't be part of your Revolution&lt;/q&gt; (&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Si je ne peux danser. je ne peux pas prendre part &#224; votre r&#233;volution&lt;/q&gt;), attribu&#233;e &#224; diverses p&#233;riodes de la vie d'Emma Goldman.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Emma Goldman, &lt;i&gt;The Social Significance of Modem Drama&lt;/i&gt;, Boston, 1914.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cf. &#171; Malatesta et l'Internationalisme &#187; in &lt;i&gt;Itin&#233;raire &lt;/i&gt; n&#176; 5-6, p. 30 (NDR).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Emma Goldman, &#171; Rapport au congr&#232;s anarchiste &#187;, &lt;i&gt;Les Temps nouveaux&lt;/i&gt;, suppl&#233;ment litt&#233;raire, 1900.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Emma Goldman. &#171; What I Believe &#187; (1908), in &lt;i&gt;Red Emma Speaks&lt;/i&gt;, New rock, 1972.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Id, &lt;i&gt;La Trag&#233;die de l'&#233;mancipation f&#233;minine&lt;/i&gt; (1904, publi&#233; es 1911).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cf. &#171; Contre la guerre &#187;, in &lt;i&gt;Itin&#233;raire &lt;/i&gt; n&#176; 5-6, pp. 37-39, le texte int&#233;gral du manifeste &#171; L'International anarchiste et la guerre &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Lettre &#224; sa ni&#232;ce cit&#233;e par A. Wexler, &#171; Emma Goldman and Women &#187;, op. cit.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Emma Goldman &#224; Carl J. Bj&#246;rklund, 4 mai 1922 (copie au CIRA Lausanne).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Id., &lt;i&gt;My Disillusionment in Russia&lt;/i&gt;&lt;i&gt;, My Further Disillusionment in Russia&lt;/i&gt;, New York. 1923-1924.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Id., &#171; Where I Stand &#187; ; &lt;i&gt;Spain and the World&lt;/i&gt;, Londres, 2 juillet 1937 ; reproduit in &lt;i&gt;Spain 1936-1939, Social Revolution, Counter Revolution, Londres&lt;/i&gt;, Freedom Press, 1990.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Beno&#238;t Malon </title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Heiner Michael Becker </dc:creator>


		<dc:subject>Beno&#238;t Malon</dc:subject>
		<dc:subject>&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>@narlivres</dc:subject>
		<dc:subject>La Commune de Paris (1871)</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Cet article a &#233;t&#233; publi&#233; en 1993 dans le num&#233;ro 11 de la revue Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e : &#171; Eug&#232;ne Varlin &#187;.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-itineraire-une-vie-une-pensee-no11-eugene-varlin-" rel="directory"&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e n&#176;11 : &#171; Eug&#232;ne Varlin &#187;&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-benoit-malon-412-+" rel="tag"&gt;Beno&#238;t Malon&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-itineraire-une-vie-une-pensee-+" rel="tag"&gt;&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-la-commune-de-paris-+" rel="tag"&gt;La Commune de Paris (1871)&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH130/arton946-69853.jpg?1774729989' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='130' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cet article a &#233;t&#233; publi&#233; en 1993 dans le num&#233;ro 11 de la revue Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e : &#171; Eug&#232;ne Varlin &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pendant quelque temps tr&#232;s proche de Varlin au sein des sections parisiennes de l'Asso&#173;ciation internationale des tra&#173;vailleurs, Beno&#238;t Malon est n&#233; le 23 juin 1841 &#224; Pr&#233;cieux (Loire). Fils de pauvres journaliers, il perdit son p&#232;re &#224; l'&#226;ge de deux ans. A sept ans, il dut gagner sa vie, d'abord comme gardien de dindons, puis comme berger, bouvier et enfin laboureur. Son instruction resta tr&#232;s rudimentaire jusqu'au moment o&#249;, &#224; l'&#226;ge de vingt ans, il demeura pendant plusieurs mois lors d'une convalescence chez son fr&#232;re qui avait r&#233;ussi &#224; devenir instituteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir s&#233;journ&#233; &#224; Lyon et Tr&#233;voux, il s'installa dans la r&#233;gion parisienne &#224; l'automne 1863 et entra comme homme de peine aux Tein&#173;tureries de Puteaux. Il fut l'un des fondateurs de l'Internationale en France et, en juillet 1866, parmi les dirigeants de la gr&#232;ve des ouvriers teinturiers de Puteaux. Par la suite, il devint l'un des animateurs de la Soci&#233;t&#233; civile d'&#233;pargne, de cr&#233;dit mutuel et de solidarit&#233; des ouvriers de fabrique de Puteaux, Suresnes et pays environnants, qui se transforma en octobre 1867 en soci&#233;t&#233; de coop&#233;ration d&#233;nomm&#233;e la Revendication.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il fit partie (avec E. Varlin et A. Richard) de la d&#233;l&#233;gation fran&#231;aise au congr&#232;s de l'AIT &#224; Gen&#232;ve et signa &#233;galement le Manifeste des d&#233;l&#233;gu&#233;s fran&#231;ais au congr&#232;s&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Freymond, La Premi&#232;re Internationale, t. I, pp. 85-108.&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Comme Varlin, il sera inculp&#233; en 1868 et condamn&#233; en mai-juin &#224; trois mois de prison et &#224; une amende. A Sainte-P&#233;lagie, il signe avec Varlin et la plupart des internationalistes d&#233;tenus les deux lettres envoy&#233;es au congr&#232;s de Bruxelles. La seconde&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Id., ibid., pp. 451-452.&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; proteste contre la r&#233;solution prise par le congr&#232;s d'appeler la Ligue de la paix et de la libert&#233; &#224; se dissoudre et d&#233;clare notamment : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;qu'au point de vue de la libert&#233;, dont nous poursuivons la conqu&#234;te, le droit de se croire la seule expression des aspirations d'une &#233;poque ne peut appartenir &#224; aucune association isol&#233;e&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A sa sortie de prison, il fut pendant quelque mois membre de la Fraternit&#233; de Bakounine. Durant ces ann&#233;es, il &#233;tait avec Varlin et Albert Richard l'un des internationalistes les plus actifs, organisant la formation de sections et de soci&#233;t&#233;s ouvri&#232;res. Correspondant ou r&#233;dacteur de &lt;i&gt;la Marseillaise&lt;/i&gt;, il prit part aux gr&#232;ves du Creusot de janvier &#224; mars 1870. Inculp&#233; avec Varlin et Pindy, entre autres, lors du troisi&#232;me proc&#232;s de l'AIT, il fut condamn&#233; pour avoir fond&#233; une soci&#233;t&#233; secr&#232;te &#224; un an d'emprisonnement et &#224; une amende de 100 F.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;De la mairie des Batignolles &#224; Gen&#232;ve &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Lib&#233;r&#233; au lendemain de la proclamation de la R&#233;publique (4 septembre 1870), il appela dans une circulaire, sign&#233;e &#233;galement par Varlin et Bachruch, les internationaux de province &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;&#224; la d&#233;fense nationale qui est la chose capitale du moment&lt;/q&gt;, annon&#231;ant la r&#233;volution pour le jour de la victoire qui cr&#233;erait &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;les fondements de la soci&#233;t&#233; &#233;galitaire que nous voulons&lt;/q&gt;. Elu adjoint au maire du 17&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissement, il signe l'Affiche rouge de janvier 1871 d&#233;non&#231;ant au peuple de Paris la trahison du gouvernement et proposant trois mots d'ordre : r&#233;quisition g&#233;n&#233;rale, rationnement gratuit, attaque en masse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 8 f&#233;vrier 1871, il fut &#233;lu repr&#233;&#173;sentant de la Seine &#224; l'Assembl&#233;e nationale o&#249; il vota contre les pr&#233;li&#173;minaires de paix, puis donna sa d&#233;mission pour reprendre ses fonctions de maire des Batignolles. Elu membre de la Commune le 26 mars, il refusera la cr&#233;ation d'un Comit&#233; de salut public et adh&#233;rera &#224; la d&#233;clara&#173;tion de la minorit&#233; : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;La Commune de Paris a abdiqu&#233; son pouvoir entre les mains d'une dictature &#224; laquelle elle a donn&#233; le nom de Salut public&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant la Semaine sanglante, il fut sauv&#233; par Ferdinand Buisson et sa m&#232;re, et parvint ensuite &#224; gagner Gen&#232;ve o&#249;, pour vivre, il fut succes&#173;sivement vannier, typographe et portefaix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y fera para&#238;tre, avec Eudes, Lefran&#231;ais et Razoua, le journal &lt;i&gt;la Revanche&lt;/i&gt; et &#233;crira son livre sur &lt;i&gt;La Troisi&#232;me D&#233;faite du prol&#233;tariat fran&#231;ais&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Beno&#238;t Malon, La Troisi&#232;me D&#233;faite du prol&#233;tariat fran&#231;ais, Neuch&#226;tel, impr. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Beno&#238;t Malon assistera au congr&#232;s constitutif de la F&#233;d&#233;ration jurassienne et adh&#233;rera &#224; la Section de propagande et d'action r&#233;volution&#173;naire de Gen&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il quitta Gen&#232;ve en f&#233;vrier 1872 et s'installa quelque temps &#224; Neuch&#226;tel qu'il repr&#233;senta au congr&#232;s de Locle de la F&#233;d&#233;ration jurassienne. En &#233;t&#233;, il quittera cette ville pour vivre avec Andr&#233; L&#233;o (qui restera sa compagne jusqu'en 1878), d'abord &#224; Milan, puis &#224; Lugano et &#224; Palerme. II collabora &#224; &lt;i&gt;la R&#233;volution sociale &lt;/i&gt; et, jusqu'en mars 1876, au &lt;i&gt;Bulletin de la F&#233;d&#233;ration jurassienne&lt;/i&gt;. En 1880, il fonde la premi&#232;re &lt;i&gt;Revue socialiste&lt;/i&gt; (1880-1881 ; publi&#233;e de nouveau en 1885) et, &#224; partir de 1882, fera para&#238;tre son &lt;i&gt;Histoire du socialisme&lt;/i&gt; (trois vol., 1882-1885). Il meurt le 13 septembre 1893 &#224; Asni&#232;res, 104, rue de Colombes, d'un cancer de la gorge.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://anarlivres.free.fr/pages/documents/Itineraire_Varlin2.pdf" class="spip_out"&gt;Eug&#232;ne Varlin - revue &#171; Itin&#233;raire &#187; n&#176;11 [PDF]&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Freymond, &lt;i&gt;La Premi&#232;re Internationale&lt;/i&gt;, t. I, pp. 85-108.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Id., ibid., pp. 451-452.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Beno&#238;t Malon, &lt;i&gt;La Troisi&#232;me D&#233;faite du prol&#233;tariat fran&#231;ais&lt;/i&gt;, Neuch&#226;tel, impr. G. Guillaume fils, 1871 ; r&#233;impr. EDHIS.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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