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		<title>PARTAGE NOIR</title>
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		<title>Marie Goldsmith</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marc Pierrot</dc:creator>


		<dc:subject>Marie Goldsmith</dc:subject>
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		<dc:subject>&lt;i&gt;Plus loin&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>ESRI</dc:subject>
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		<dc:subject>Jean Grave</dc:subject>
		<dc:subject>&lt;i&gt;Les Temps nouveaux&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>Paul Delesalle</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;En novembre 1891, un &#233;tudiant, blanquiste et tr&#232;s r&#233;volutionnaire, Jules-Louis Breton, qui plus tard entra au Parlement, fit distribuer un manifeste pour appeler la jeunesse des &#233;coles &#224; fonder un groupe socialiste. On se r&#233;unit d'abord chez Breton, puis dans une biblioth&#232;que fouri&#233;riste de la rue Mouffetard. Gr&#226;ce &#224; l'&#233;nergie du roumain, Georges Diamandy, le groupe se d&#233;clara internationaliste, ce qui &#233;carta de lui un tas de jeunes radicaillons, vaguement socialisants et trop f&#233;rus de politicaillerie. Gr&#226;ce &#224; la t&#233;nacit&#233; de Breton on ajouta au titre l'&#233;tiquette r&#233;volutionnaire. Et ainsi fut cr&#233;&#233;, en d&#233;cembre 1891, le premier groupe socialiste d'&#233;tudiants, celui des &#233;tudiants socialistes r&#233;volutionnaires internationalistes de Paris (ESRI).&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-plus-loin-no95-mars-1933-" rel="directory"&gt;Plus Loin n&#176;95 - Mars 1933&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-source-fragments-d-histoire-de-la-gauche-radicale-+" rel="tag"&gt;Archives Autonomies&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-paul-delesalle-+" rel="tag"&gt;Paul Delesalle&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/sans_titre-4fffffffffffffffff-e7b23.jpg?1774697731' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En novembre 1891, un &#233;tudiant, blanquiste et tr&#232;s r&#233;volutionnaire, Jules-Louis Breton, qui plus tard entra au Parlement, fit distribuer un manifeste pour appeler la jeunesse des &#233;coles &#224; fonder un groupe socialiste. On se r&#233;unit d'abord chez Breton, puis dans une biblioth&#232;que fouri&#233;riste de la rue Mouffetard. Gr&#226;ce &#224; l'&#233;nergie du roumain, Georges Diamandy, le groupe se d&#233;clara internationaliste, ce qui &#233;carta de lui un tas de jeunes radicaillons, vaguement socialisants et trop f&#233;rus de politicaillerie. Gr&#226;ce &#224; la t&#233;nacit&#233; de Breton on ajouta au titre l'&#233;tiquette r&#233;volutionnaire. Et ainsi fut cr&#233;&#233;, en d&#233;cembre 1891, le premier groupe socialiste d'&#233;tudiants, celui des &#233;tudiants socialistes r&#233;volutionnaires internationalistes de Paris (ESRI).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;union de jeunes gens, ayant chacun leurs habitudes, leurs traditions, les pr&#233;jug&#233;s impos&#233;s par l'&#233;ducation, par l'instruction officielle, par le milieu familial et social, mais ayant un id&#233;alisme, mais avides de conna&#238;tre, ne redoutant pas les hypoth&#232;ses les plus audacieuses, se lan&#231;ant dans des discussions passionn&#233;es qui peu &#224; peu aboutissaient &#224; d&#233;molir les traditions, &#224; saper les pr&#233;jug&#233;s, &#224; changer les habitudes. Mais les membres du groupe n'avaient pas pour but de passer leur temps &#224; faire de l'esprit et &#224; cultiver le paradoxe. Ils avaient un id&#233;alisme et ils cherchaient &#224; le confirmer. On se mit imm&#233;diatement au travail sous la direction intellectuelle et morale des camarades plus &#226;g&#233;s, Alfred Bonnet, Suffren Raymond, Georges Diamandy, qui avaient quatre ou cinq ans de plus que les autres et qui avaient d&#233;j&#224; &#233;tudi&#233; les th&#233;ories socialistes. La premi&#232;re ann&#233;e fut consacr&#233;e &#224; la revue rapide des syst&#232;mes socialistes ant&#233;rieurs et &#224; une &#233;tude longue et pr&#233;cise du &lt;i&gt;Capital &lt;/i&gt; de Karl Marx&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nous f&#251;mes souvent oblig&#233;s de changer de local au cours de cette premi&#232;re (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Les discussions furent toujours s&#233;rieuses. On prit le go&#251;t et l'habitude de la m&#233;thode, de la critique rationnelle, de la recherche de la v&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_3974 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/jules-louis_breton_1913.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH667/jules-louis_breton_1913-ee448.jpg?1774708417' width='500' height='667' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Jules-Louis Breton &lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Au noyau du d&#233;but, Bonnet, Breton, Chapoutot, Diamandy, Lorcin, Mouchette, Neuville, Pierrot, Suffren Raymond, R&#233;my, Thiercelin, L&#233;on Thivier, Ygouf, Z&#233;va&#232;s, Zimmer et d'autres dont j'ai oubli&#233; le nom, s'adjoignirent rapidement Attal, Ameline, Ducroquet, Julien, Lapie qui ne fit que passer, M&#233;tin, d'autres encore, des &#233;tudiants roumains, des &#233;tudiants russes (dont la colonie &#233;tait alors vivante et nombreuse &#224; cause des pers&#233;cutions tsaristes) et des &#233;tudiantes de m&#234;me nationalit&#233;. La presque unanimit&#233; des &#233;tudiantes &#224; cette &#233;poque &#233;taient &#233;trang&#232;res. Les pr&#233;jug&#233;s de la bourgeoisie fran&#231;aise s'opposaient &#224; ce que les jeunes filles entrassent &#224; l'Universit&#233; ; c'e&#251;t &#233;t&#233; pour elles la d&#233;ch&#233;ance. Parmi les cinq ou six &#233;tudiantes qui entr&#232;rent au groupe, il y eut Marie Goldsmith et son amie Roubanovitch.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre effort &#233;tait de nous instruire nous-m&#234;mes et d'aider &#224; l'&#233;mancipation des travailleurs. Il nous paraissait qu'il &#233;tait de la discr&#233;tion la plus &#233;l&#233;mentaire de laisser ceux-ci discuter eux-m&#234;mes leurs int&#233;r&#234;ts et choisir parmi eux leurs repr&#233;sentants. Nous pensions que nous devions rester en dehors des luttes politiques et surtout ne pas nous offrir comme candidats dans les luttes &#233;lectorales. Cette d&#233;cision ne fut pas du go&#251;t de tous, et &#224; la fin de 1892, Z&#233;va&#232;s et Thiercelin quittaient le groupe pour fonder relui des &#233;tudiants collectivistes, adh&#232;rent an parti guesdiste, dans le dessein de prendre part aux campagnes politiciennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avions plus de sympathie pour l'action ouvri&#232;re proprement dite. A ce moment, il n'y avait que les syndicats allemanistes qui menassent une action autonome et v&#233;ritablement prol&#233;tarienne. Plusieurs d'entre nous avaient des relations d'amiti&#233; avec Jean Allemane ; un peu plus tard, gr&#226;ce &#224; l'interm&#233;diaire d'Hamon, nous nous li&#226;mes avec Fernand Pelloutier, aussit&#244;t que celui-ci vint &#224; Paris. D'autre part M&#233;tin et Remy, au retour de leur ann&#233;e de service militaire, mettaient leur influence &#224; pousser le groupe vers l'anarchie. Nous entrions en rapport avec Grave, et nous retrouvions aux &lt;i&gt;Temps Nouveaux,&lt;/i&gt; Paul Delesalle que nous connaissions depuis 1892.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant le groupe ne s'&#233;tait inf&#233;od&#233; &#224; aucun parti, &#224; aucune secte. I1 continuait &#224; recruter des membres aux tendances diverses, des marxistes lib&#233;raux comme Schumacher (russe), Arndt (allemand), ou des anti-social-d&#233;mocrates comme Cornelissen. Il s'&#233;largissait en englobant une partie des membres de la Ligue d&#233;mocratique des &#233;coles (Marchand, E. Milhaud, Bon, etc.) et m&#234;me en recevant l'adh&#233;sion des &#233;tudiants collectivistes qui vinrent &#224; ses s&#233;ances pendant quelques mois.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_3975 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L419xH600/31411312644-0a283.jpg?1774708321' width='419' height='600' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Les opinions des ESRI apparaissent dans les brochures que le groupe publia successivement de 1894 &#224; 1901 : &lt;i&gt;Le Socialisme et les &#233;tudiants&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Pourquoi nous sommes internationalistes&lt;/i&gt;, &lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k817808&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Les r&#233;volutionnaires au congr&#232;s de Londres&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;R&#233;formes et r&#233;volution&lt;/i&gt;, &lt;a href=&#034;https://archive.org/details/lindividuetlecom00grou/page/n1/mode/2up&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;L'individu et le communisme&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;Mis&#232;re et mortalit&#233;&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Comment l'&#201;tat enseigne la morale&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Les anarchistes et les syndicats&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;La scission socialiste&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Le tolsto&#239;sme et l'anarchie&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Coop&#233;ratisme et n&#233;o-coop&#233;ratisme&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Le communisme et l'anarchie&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;La gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale&lt;/i&gt;. Elles &#233;taient l'&#339;uvre d'une commission et discut&#233;es chapitre par chapitre au cours des s&#233;ances publiques. Cette commission comprenait de 6 &#224; 12 membres. Leur collaboration fut tellement enchev&#234;tr&#233;e dans certaines brochures qu'il me serait impossible de dire aujourd'hui quelle fut la part de chacun. La vie du groupe se r&#233;duisit peu &#224; peu &#224; l'activit&#233; de la commission, dont les membres, sauf un noyau permanent, ne furent pas toujours exactement les m&#234;mes outre un camarade devenu professeur de facult&#233;, que je ne puis nommer ici, les plus jeunes associ&#233;s furent Cr&#233;mieu et Jacoubet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#233;rite du groupe fut d'avoir aid&#233; &#224; d&#233;gager les principes du syndicalisme r&#233;volutionnaire, au moment m&#234;me o&#249; celui-ci naissait et se d&#233;veloppait, et d'avoir devanc&#233; les th&#233;oriciens purs qui foisonn&#232;rent par la suite. Au lieu de la diplomatie des r&#233;formistes, nous pensions que l'action avait sinon plus de r&#233;sultats imm&#233;diats, du moins une vertu &#233;ducative. L'&#233;tude du mouvement ouvrier avait d&#233;tourn&#233; le groupe, &#224; partir de 1896, de la jeunesse des &#233;coles. Il appelait les travailleurs &#224; ses discussions, et c'est ainsi que Delesalle et d'autres nous apport&#232;rent leur collaboration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La part de Marie Goldsmith, la seule de nos camarades femmes qui &#233;tait demeur&#233;e au groupe, fut peu consid&#233;rable dans les premi&#232;res brochures. Elle devint de plus en plus grande au fur et &#224; mesure que le groupe se resserra, surtout &#224; partir de la septi&#232;me brochure. Le comit&#233; de r&#233;daction prit l'habitude de se r&#233;unir chez elle. Elle intervenait pour remettre ordre et clart&#233; dans la discussion lorsque celle-ci devenait confuse et commen&#231;ait &#224; s'embrouiller. Ce furent son influence et celle de Remy qui orient&#232;rent d&#233;finitivement l'activit&#233; du groupe vers l'anarchisme. D'ailleurs le groupe d&#233;clinait. Les camarades peu &#224; peu s'en allaient pour prendre un poste ou pour s'&#233;tablir soit en province, soit aux colonies ; d'autres &#233;taient retourn&#233;s &#224; l'&#233;tranger. Beaucoup se mariaient. Tous &#233;taient pris par la n&#233;cessit&#233; de gagner leur existence. Le groupe disparut en 1901.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai racont&#233; la vie du groupe parce que la vie de Goldsmith se confondit en grande partie avec elle. J'ai &#233;prouv&#233; par exp&#233;rience que la vie collective donne d'aussi belles &#233;motions, d'aussi fortes satisfactions et qu'elle offre plus d'ampleur et plus de s&#233;curit&#233; que la vie individuelle trop souvent confin&#233;e &#224; un &#233;go&#239;sme mesquin et fauss&#233;e par une vanit&#233; ridicule. En tout cas notre vie collective nous a servi &#224; fonder notre psychologie morale et notre philosophie sociale sur des donn&#233;es r&#233;fl&#233;chies ; elle ne nous a pas emp&#234;ch&#233;s de conserver notre personnalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vie collective aide au d&#233;veloppement des individus &#224; condition que ceux-ci ne s'enferment pas dans un seul groupe et qu'ils aient en dehors de lui d'autres activit&#233;s, &#224; condition par exemple qu'ils participent &#224; une activit&#233; professionnelle, &#224; d'autres groupes encore (artistiques, etc.), qu'ils aient une vie familiale. A ce point de vue la famille, la famille vivante avec les pr&#233;occupations que donne l'&#233;ducation des enfants, a son utilit&#233; contre la tendance &#224; ne voir les faits sociaux que d'apr&#232;s des formules th&#233;oriques. Par contre, l'&#233;go&#239;sme familial fait perdre de vue la vie sociale et m&#233;conna&#238;tre la solidarit&#233; humaine.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_3980 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;17&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L362xH550/goldsmith_aen_petit-ab074-2-4e121.jpg?1774708321' width='362' height='550' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Marie Goldsmith&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;En dehors du groupe des ESRI, Goldsmith fr&#233;quentait les milieux r&#233;volutionnaires russes, multiples et divers &#224; cette &#233;poque. Le vieux Lavrof, par sa pr&#233;sence m&#234;me &#224; Paris (il habitait rue Saint-Jacques), avait sur eux la plus grande influence. Les tendances du socialisme r&#233;volutionnaire pr&#233;dominaient. Dans un pays essentiellement agricole et pour ainsi dire sans industrie, la r&#233;volution agraire paraissait la premi&#232;re chose &#224; organiser. Quelques &#233;tudiants russes se r&#233;clamaient de Plekhanof, la b&#234;te noire des anarchistes, et faisaient bande &#224; part. Pour eux, la r&#233;volution, la vraie r&#233;volution, c'&#233;tait la r&#233;volution marxiste, paradoxale dans un pays o&#249; les ouvriers industriels et prol&#233;taris&#233;s &#233;taient en infime minorit&#233;. Le fatalisme du mat&#233;rialisme &#233;conomique aboutissait, tout au moins dans l'esprit de quelques-uns, &#224; attendre le d&#233;veloppement du stade capitaliste. Chez les autres on voyait poindre la th&#233;orie de la dictature du prol&#233;tariat. Pour ces fanatiques, ignorants de la vie sociale, la dialectique h&#233;g&#233;lienne servait &#224; conna&#238;tre et &#224; explique tous les faits &#233;conomiques et sociaux, comme si ces ph&#233;nom&#232;nes devaient ob&#233;ir &#224; une r&#232;gle scolastique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Goldsmith, fr&#233;quentait chez Lavrof. Elle y fit connaissance de Simon Rappoport, que nous e&#251;mes comme ami commun, Simon Rappoport, le noir, un original et le meilleur des hommes. Il ne faut pas le confondre avec son homonyme, Charles Rappoport, le blond, que nous conn&#251;mes, lui, au groupe des ESRI, o&#249; il vint vers 1896 bavarder inlassablement. Simon, qui v&#233;cut toujours en boh&#232;me charitable, &#233;tait sous le pseudonyme d'Ansky, un &#233;crivain de talent et faisait revivre en langue yiddish le folklore juif. Il mourut extr&#234;mement pauvre, sans avoir la joie de voir repr&#233;senter son &#339;uvre, le Dybbouk, qui fit au th&#233;&#226;tre une carri&#232;re triomphale. Des nationalistes juifs ont pr&#233;tendu s'emparer d'Ansky et sans scrupules faire un des leurs de ce r&#233;volutionnaire imp&#233;nitent. Les morts ont toujours bon dos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce fut probablement au Congr&#232;s international socialiste de Londres en 1896 que Goldsmith fit la connaissance de Kropotkine, comme c'est l&#224; aussi qu'elle se lia avec Cornelissen, Hamon, Tcherkesoff et quelques autres. A partie de ce moment Kropotkine eut la plus grande influence sur ses id&#233;es et dirigea ses tendances r&#233;volutionnaires. En correspondance constante avec lui, elle fut son disciple le plus fid&#232;le et le plus cher. Toute son activit&#233; sociale fut d&#232;s lors dirig&#233;e vers la propagande anarchiste. Elle fut en rapports d'amiti&#233; avec Nettlau, avec Brupbacher, avec Paul Reclus, avec Dave, avec le docteur et Madame Zielinski, avec tant d'autres, dont je ne puis ici publier les noms, et qui ont eu pour elle les sentiments les plus affectueux.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_3979 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;55&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/IMG/webp/goldsmith-study.webp?1689069894' width='500' height='365' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Marie Goldsmith. Source : &lt;a href=&#034;https://mariegoldsmith.uk/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;THE MARIE GOLDSMITH PROJECT&lt;/a&gt;&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Elle collabora aux &lt;i&gt;Temps Nouveaux&lt;/i&gt;, d'une fa&#231;on suivie, donnant des traductions, des correspondances de journaux &#233;trangers et aussi des articles originaux sous les pseudonymes de M. Corn et d'Isidine. Si je me souviens bien, notre collaboration au journal commen&#231;a en m&#234;me temps et d'une fa&#231;on r&#233;guli&#232;re. C'&#233;tait au temps des &#233;v&#233;nements de Cr&#232;te, alors que la population chr&#233;tienne s'&#233;tait soulev&#233;e contre la domination turque. Kropotkine ou Tcherkesoff avait pris parti pour la lib&#233;ration des Cr&#233;tois. Apr&#232;s une conversation avec Goldsmith et Remy, j'&#233;crivis un article pour d&#233;clarer que ce soul&#232;vement devait nous laisser &#224; peu pr&#232;s indiff&#233;rent, puisque d'apr&#232;s les nouvelles, la population chr&#233;tienne s'&#233;tait mise &#224; massacrer la population musulmane et &#224; la d&#233;pouiller de ses biens, que les habitants musulmans, en forte minorit&#233;, avaient bien, eux aussi, le droit de vivre, et que la solution de la question cr&#233;toise n'&#233;tait pas dans un changement de gouvernement et dans l'instauration d'une nouvelle tyrannie s'exer&#231;ant sur l'autre partie de la population. A quoi Kropotkine r&#233;pondit que sans prendre le point de vue patriotique des nationalismes, il fallait envisager l'&#233;volution de l'humanit&#233; et que la civilisation occidentale avec ses d&#233;fauts &#233;tait infiniment pr&#233;f&#233;rable &#224; la routine et &#224; la stagnation sous une tyrannie turque dont il &#233;tait impossible d'esp&#233;rer le changement. En somme donner leurs chances au progr&#232;s et &#224; la libert&#233;. Je suis bien s&#251;r de d&#233;former l'argumentation de Kropotkine, je n'ai pas sa r&#233;ponse sous les yeux. Mais telle est l'interpr&#233;tation qui m'est rest&#233;e dans l'esprit. Et c'est le m&#234;me point de vue auquel Kropotkine devait se placer en 1914 et en 1916, non pas celui du patriotisme et du nationalisme, mais celui de la civilisation : f&#233;odale et militariste ou d&#233;mocratique et lib&#233;rale. Il disait que la victoire des empires centraux serait l'affermissement de la f&#233;odalit&#233; militaire et la persistance ou la restauration du principe monarchique. J'avais compl&#232;tement oubli&#233; la pol&#233;mique cr&#233;toise ; c'est Goldsmith qui m'en a fait souvenir et qui proposait derni&#232;rement d'en publier des extraits pour &#233;clairer le point de vue du manifeste des Seize. A ce propos elle-m&#234;me a donn&#233; dans, le n&#176; 44 de &lt;i&gt;Plus Loin&lt;/i&gt; (novembre 1918) sous la signature d'Isidine un article qui &#224; mon avis cl&#244;t d&#233;finitivement le d&#233;bat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux &lt;i&gt;Temps Nouveaux&lt;/i&gt; nous continu&#226;mes un travail d'&#233;dition de brochures avec Paul Delesalle. Puis, apr&#232;s le passage d'Am&#233;d&#233;e Dunois, ou peut-&#234;tre pendant son secr&#233;tariat, fut cr&#233;&#233; un groupe d'amis des &lt;i&gt;Temps Nouveaux&lt;/i&gt; avec Desplanques (qui succ&#233;da &#224; Dunois comme secr&#233;taire de r&#233;daction), James Guillaume, Manette, Andr&#233; Girard, Ch. Beno&#238;t (qui. s'occupa sp&#233;cialement de l'&#233;dition des brochures), etc. Monatte, pris par son journal, &lt;i&gt;La Vie Ouvri&#232;re&lt;/i&gt;, ne resta pas tr&#232;s longtemps. Mais sous l'impulsion de Gu&#233;rin, il y eut des r&#233;unions assez suivies qui se tinrent jusqu'&#224; la guerre, &#224; peu pr&#232;s tous les quinze jours, et ou Goldsmith assista assez r&#233;guli&#232;rement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1910, Gu&#233;rin ressuscita les &lt;i&gt;Temps Nouveaux &lt;/i&gt; (&#233;dition d'apr&#232;s guerre) avec Goldsmith au comit&#233; de r&#233;daction. Puis, apr&#232;s la scission avec Jean Grave, Plus Loin apparaissait en mars 1925. Goldsmith faisait partie du groupe fondateur avec Desplanques, Cornelissen, David, Dooghe, Kermabon, Bertrand, Jacques et Paul Reclus, Tcherkesoff, etc. Elle prit part aux r&#233;unions du comit&#233; de r&#233;daction jusqu'au jour o&#249; l'affaiblissement progressif de sa m&#232;re ne lui permit pas de la laisser seule et de s'absenter le soir. Mais elle envoyait de la copie, et son dernier article &#171; A travers notre presse &#187; a paru dans le n&#176; 93 (janvier 1933).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps son logis &#233;tait le centre de r&#233;unions amicales et vivantes avec tant et tant de r&#233;volutionnaires russes, dont je ne peux donner ici les noms. Et elle faisait un travail consid&#233;rable de collaboration et de correspondances au profit des publications &#233;trang&#232;res d'avant-garde. C'est &#224; elle que Kropotkine confia la traduction fran&#231;aise de l'&lt;i&gt;&#201;thique&lt;/i&gt;. Elle avait m&#234;me esp&#233;r&#233; pouvoir en donner la deuxi&#232;me partie avec les notes &#233;parses qu'il avait laiss&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin elle avait une activit&#233; scientifique. Docteur &#232;s-sciences, elle &#233;tait devenue la secr&#233;taire et la collaboratrice d'Yves Delage avec qui elle &#233;crivit deux ouvrages : &lt;i&gt;Les th&#233;ories de l'&#233;volution &lt;/i&gt; et &lt;i&gt;La Parth&#233;nog&#233;n&#232;se naturelle et exp&#233;rimentale&lt;/i&gt;. Surtout elle faisait avec lui l'&lt;i&gt;Ann&#233;e biologique&lt;/i&gt;, dont elle fut l'un des deux secr&#233;taires depuis 1902, le seul secr&#233;taire depuis 1919 et en r&#233;alit&#233; la v&#233;ritable cheville ouvri&#232;re. Ce fut l'&#233;poque la plus heureuse de sa vie, une &#233;poque de travail f&#233;cond dans la s&#233;curit&#233;. Delage, devenu aveugle, se confiait enti&#232;rement &#224; elle. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Si modeste qu'elle f&#251;t, il en r&#233;sulta contre elle de terribles jalousies, &#224; la fois des adversaires de l'&#233;cole de Delage et de beaucoup d'&#233;l&#232;ves m&#234;me de celui-ci, ces derniers &#233;tant furieux de la confiance &#224; peu pr&#232;s exclusive que lui accordait Delage. Elle la m&#233;ritait et ne pouvait certes porter ombrage &#224; personne. Ce n'en fut pas moins sur son dos que s'&#233;tablit la r&#233;conciliation apparente des adversaires et des amis de Delage, &#224; la mort de celui-ci. Elle lui avait servi, intellectuellement et un peu mat&#233;riellement de chien d'aveugle. Il ne la r&#233;compensa m&#234;me pas en la dirigeant, comme il e&#251;t d&#251; le faire, vers une situation officielle, et, pauvre et charg&#233; de famille, il ne la r&#233;compensa pas non plus autrement de fa&#231;on sensible. C'&#233;tait un illumin&#233;. Mais la pauvre Goldsmith fut par trop d&#233;pourvue de sens pratique. Elle &#233;tait r&#233;fractaire &#224; la naturalisation, sans laquelle elle &#233;tait condamn&#233;e, dans le milieu o&#249; elle vivait, &#224; la mis&#232;re, puisqu'elle n'y pouvait avoir de situation officielle sans &#234;tre fran&#231;aise. Delage aurait p&#251;t le lui dire&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_3977 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;88&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/webp/goldsmith-lab.webp' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/webp&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/IMG/webp/goldsmith-lab.webp?1689069308' width='500' height='368' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Marie Goldsmith dans son laboratoire (vers 1910). Source : &lt;a href=&#034;https://mariegoldsmith.uk/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;THE MARIE GOLDSMITH PROJECT&lt;/a&gt;&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;En tout cas elle fut &#233;vinc&#233;e de l'&lt;i&gt;Ann&#233;e biologique&lt;/i&gt;, o&#249; la fonction de secr&#233;taire n'&#233;tait pourtant pas une situation officielle. Elle continue ses travaux dans des laboratoires successifs et dans des conditions assez pr&#233;caires. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Partout o&#249; elle passa, elle s'effa&#231;a trop ; elle y vivait trop isol&#233;e et trop &#224; l'&#233;cart des travaux qui s'y faisaient ; cette r&#233;serve &#233;tait m&#233;chamment jug&#233;e et elle acheva de lui faire tort&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1927, elle publiait n&#233;anmoins chez Costes,&lt;i&gt; La psychologie compar&#233;e&lt;/i&gt; (in-12&#176;, p. 344) o&#249; elle passe en revue dans la s&#233;rie animale, les tropismes, les r&#233;flexes, les instincts, l'&#233;tablissement des associations qui sont la source de la m&#233;moire et de tous les processus intellectuels sup&#233;rieurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cet ouvrage et dans &lt;i&gt;Les th&#233;ories de l'&#233;volution&lt;/i&gt;, Goldsmith fait une sorte de synth&#232;se philosophique, faisant la revue et la critique des th&#233;ories &#233;mises sur l'un et l'autre sujet. Comme ouvrages de recherches personnelles, j'ai d&#233;j&#224; cit&#233; &lt;i&gt;La Parth&#233;nogen&#232;se&lt;/i&gt;, en collaboration, il est vrai, avec Delage, mais o&#249; sa contribution est &#233;norme. Enfin sa th&#232;se de doctorat &#233;tudie les &lt;i&gt;R&#233;actions physiologiques et psychiques des poissons&lt;/i&gt;. Je crois int&#233;ressant de reproduire ce passage de la premi&#232;re page :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;ll y a peu de temps encore, la psychologie, sp&#233;culative comme la philosophie elle-m&#234;me, appartenait &#224; ce titre au domaine des lettres et non &#224; celui des sciences de la nature. Cependant la th&#233;orie de l'&#233;volution, et aussi le mat&#233;rialisme philosophique du milieu du XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, lui indiquaient d&#233;j&#224; une autre voie ; la pens&#233;e d'Auguste Comte, qui dans la Politique positive pr&#233;voit la cr&#233;ation d'une psychologie compar&#233;e, bas&#233;e sur l'&#233;tude du syst&#232;me nerveux, avait m&#234;me pr&#233;c&#233;d&#233; ces doctrines, mais sans avoir trouv&#233; l'&#233;cho &#224; son &#233;poque. La psychologie fermement attach&#233;e aux anciennes traditions de la pens&#233;e, n'a pris la nouvelle orientation que lentement, et jusqu'&#224; l'heure actuelle encore elle n'est pas enti&#232;rement devenue une science bas&#233;e sur l'observation et l'exp&#233;rimentation&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le but de M. Goldsmith est de contribuer de faire progresser la psychologie en tant que science exp&#233;rimentale, et pour cela elle a poursuivi des recherches sur le psychisme des animaux ; ce sont des observations sur les poissons, faites &#224; la station biologique de Roscoff, qui lui en ont fourni les mat&#233;riaux. Les associations que peut fournir un cerveau de poisson sont tr&#232;s &#233;loign&#233;es des n&#244;tres, mais c'est &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;quelque chose d'o&#249; les v&#233;ritables associations sont n&#233;es plus tard au cours de l'&#233;volution&lt;/q&gt; (p. 128). Telle est l'une des conclusions du travail de Goldsmith. Elle est fort importante. Mais Goldsmith, qui avait &#233;t&#233; accapar&#233;e par Delage, n'avait plus &#224; sa disposition de laboratoire o&#249; elle e&#251;t ses coud&#233;es franches ; les travaux originaux lui &#233;taient fort difficiles. D'autre part sa sp&#233;cialit&#233;, la Psychologie exp&#233;rimentale, &#233;tait le fief d'une camarilla, celle-l&#224; m&#234;me qui l'a d&#233;barqu&#233;e de l'ann&#233;e biologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la mort de Kropotkine et de Delage, qui disparurent &#224; peu de distance l'un de l'autre, Goldsmith se trouva d&#233;pourvue des soutiens moraux sur lesquels elle avait pris l'habitude de s'appuyer. La vieillesse arrivait, une vieillesse sans aucune s&#233;curit&#233;, avec un seul refuge affectif, celui d'une m&#232;re qui s'&#233;teignait lentement. Depuis deux mois, Goldsmith n'osait plus prendre la moindre libert&#233;, m&#234;me dans la journ&#233;e, elle ne sortait plus du tout, elle avait abandonn&#233; ses travaux de laboratoire. Lorsque sa m&#232;re mourut &#224; 83 ans dans la nuit du 8 au 9 janvier, elle s'empoisonna pour ne pas lui survivre.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_3978 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;85&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/png/img044-marie-and-sophie-e1668822651847-edited.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH476/img044-marie-and-sophie-e1668822651847-edited-a4b45.png?1774708417' width='500' height='476' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Marie (&#224; gauche) et sa m&#232;re Sophie (&#224; droite). Source : &lt;a href=&#034;https://mariegoldsmith.uk/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;THE MARIE GOLDSMITH PROJECT&lt;/a&gt;&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="https://archivesautonomies.org/spip.php?article2785" class="spip_out"&gt;Liste des brochures des ESRI disponibles sur le site Fragments d'Histoire de la gauche radicale &lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Nous f&#251;mes souvent oblig&#233;s de changer de local au cours de cette premi&#232;re ann&#233;e. Et je note qu'ayant trouv&#233; &#224; nous r&#233;unir dans la salle annexe d'un caf&#233; au-dessous de l'Association g&#233;n&#233;rale des &#233;tudiants, nous en f&#251;mes &#233;vinc&#233;s sous la pression du comit&#233; de cette association o&#249; dominait alors, sans qu'il en fit partie officiellement, l'influence de L&#233;on Blum ; il n'avait pas encore trouv&#233; son chemin de Damas.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Un courageux pr&#233;curseur de la limitation des naissances : Eug&#232;ne Humbert</title>
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		<dc:creator>Alexandre Croix</dc:creator>


		<dc:subject>Paul Robin</dc:subject>
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		<dc:subject>&lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt;</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Un certain nombre d'adresses auront &#233;t&#233; famili&#232;res &#224; travers le monde aux compagnons de plusieurs g&#233;n&#233;rations. Ainsi du 6 de la rue des Savoises, &#224; Gen&#232;ve, o&#249; plus de quarante ann&#233;es durant, Louis Bertoni r&#233;digea et composa avec des moyens de fortune son R&#233;veil anarchiste ; ainsi du 140 de la rue Mouffetard et du 4 de la rue Broca o&#249; Jean Grave fit successivement la R&#233;volte et les Temps nouveaux ; ainsi encore du 15 de la rue d'Orsel, o&#249; Matha d'abord et Pierre Martin ensuite maintinrent (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-liberte-no167-du-1er-avril-1970-" rel="directory"&gt;Libert&#233; n&#176;167 du 1er avril 1970&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-paul-robin-+" rel="tag"&gt;Paul Robin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-eugene-humbert-+" rel="tag"&gt;Eug&#232;ne Humbert&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-jeanne-humbert-+" rel="tag"&gt;Jeanne Humbert&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-les-temps-nouveaux-+" rel="tag"&gt;&lt;i&gt;Les Temps nouveaux&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, 
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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/sans_titre-1_copie_2-a3b1e.jpg?1774704491' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un certain nombre d'adresses auront &#233;t&#233; famili&#232;res &#224; travers le monde aux compagnons de plusieurs g&#233;n&#233;rations. Ainsi du 6 de la rue des Savoises, &#224; Gen&#232;ve, o&#249; plus de quarante ann&#233;es durant, Louis Bertoni r&#233;digea et composa avec des moyens de fortune son &lt;i&gt;R&#233;veil anarchiste&lt;/i&gt; ; ainsi du 140 de la rue Mouffetard et du 4 de la rue Broca o&#249; Jean Grave fit successivement la &lt;i&gt;R&#233;volte &lt;/i&gt; et les &lt;i&gt;Temps nouveaux&lt;/i&gt; ; ainsi encore du 15 de la rue d'Orsel, o&#249; Matha d'abord et Pierre Martin ensuite maintinrent longtemps le &lt;i&gt;Libertaire&lt;/i&gt;, malgr&#233; bourrasques et avanies. Adresse quasi historique que cette derni&#232;re, puisque M. Jacques Hillairet veut bien en faire cas dans son &lt;i&gt;Dictionnaire des rues de Paris&lt;/i&gt; sauf toutefois &#224; se tromper l&#233;g&#232;rement sur les dates, en assignant celle de 1910 comme point limite de l'existence du &lt;i&gt;Libertaire &lt;/i&gt; &#224; cet endroit. Qu'il relise Roger Martin du Gard et il verra que dans le d&#233;sarroi de l'&lt;i&gt;Et&#233; 1914&lt;/i&gt;, Jacques Thibault se souciait encore de ce qu'on pouvait penser au 15 de la rue d'Orsel au fort de la premi&#232;re boucherie. D'ailleurs, des tracts pacifistes et antimilitaristes prirent encore leur essor de cette voie alors discr&#232;te de Clignancourt, mais que le voisinage du March&#233; Saint-Pierre, haut lieu de la passementerie parisienne, a livr&#233; maintenant aux multitudes p&#233;piantes et jacassi&#232;res !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais aujourd'hui, c'est vers une autre bonne adresse du pass&#233;, de notre pass&#233;, que nos pas veulent nous porter, l&#224;-bas, au plus haut de M&#233;nilmontant, au 27 de la rue de la Du&#233;e, art&#232;re encore plus discr&#232;te que celles que nous avons d&#233;j&#224; &#233;voqu&#233;es et qu'on pouvait avoir peine &#224; d&#233;couvrir lors de la premi&#232;re visite. Le coin &#233;tait retir&#233;, quasi villageois et sentait bon un autre temps, qu'on aurait maintenant difficult&#233; &#224; retrouver, encore que le quartier n'ait pas &#233;t&#233; de nos jours tellement d&#233;vast&#233; par la sp&#233;culation immobili&#232;re, ce qui ne saurait tarder. Le Passage des Saint-Simoniens est aussi tout proche ; il a &#233;chapp&#233; jusqu'&#224; maintenant &#224; la pioche du d&#233;molisseur, parfumant toujours le secteur d'un brin d'utopie. Et &#233;galement la rue de Pix&#233;r&#233;court, o&#249; S&#233;bastien Faure eut longtemps son imprimerie, la Fraternelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est de ce 27 de la rue de la Du&#233;e que partit peut-&#234;tre, que se d&#233;veloppa en tout cas, un mouvement qui est dit aujourd'hui de Planning Familial mais qu'on disait plus expressivement &#224; l'&#233;poque de limitation des naissances. Un gars bien plant&#233;, solide, r&#233;solu, Eug&#232;ne Humbert, hardi pr&#233;curseur et qui comme tous les pr&#233;curseurs v&#233;cut l'aventure par les c&#244;t&#233;s les plus difficiles, qui sont aussi les plus prenants, partant les seuls qui vaillent !&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5224 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;16&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH190/delale_auguste-572ff-6fe49-4ba59.jpg?1774704492' width='150' height='190' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Auguste Delale&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;L'occasion, au demeurant secondaire, d'en parler aujourd'hui est dans le centi&#232;me anniversaire de sa naissance. Au vrai, elle aurait d&#233;j&#224; pu s'offrir, voici deux mois, quand quelques anciens de la rue de la Du&#233;e se retrouv&#232;rent pour f&#234;ter les quatre-vingts ans de Jeanne Humbert, toujours ingambe, toujours vaillante et dont le mordant parait s'accro&#238;tre avec l'&#226;ge. Et que de souvenirs le seul nom de cette ch&#232;re Jeanne ne tra&#238;ne-t-il pas apr&#232;s lui ? L&#224; voil&#224; vraisemblablement la derni&#232;re qui pourrait parler valablement des temps de l'A.I.A. (Association internationale antimilitariste), dont son beau-p&#232;re, le syndicaliste Delal&#233; &#233;tait le tr&#233;sorier ; de Miguel Almereyda, de Merle et de tant d'autres, qu'elle connut pour ainsi dire dans l'&#339;uf et qui, dans leur jeunesse hasardeuse, venaient souvent demander le g&#238;te et le couvert &#224; sa m&#232;re, cette l&#233;gendaire &#171; m&#232;re Blanc &#187;, disparue plus tard dans un fait divers tragique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eug&#232;ne Humbert venait de Nancy, o&#249; il &#233;tait n&#233; le 6 mars 1870. Les Humbert sont nombreux dans la r&#233;gion, et longtemps un de ses cousins, Lucien Humbert, y anima un petit journal, le &lt;i&gt;R&#233;veil ouvrier&lt;/i&gt;, qui fit date dans le syndicalisme local.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tr&#232;s jeune, Eug&#232;ne Humbert, qui &#233;tait p&#233;tri de r&#233;volte et que des commencements amers n'avaient pas pr&#233;cis&#233;ment induit &#224; la b&#233;atitude, s'&#233;tait orient&#233; vers l'anarchisme ; et c'est vers Jean Grave, un des militants les plus en vue, qu'&#233;taient all&#233;es ses premi&#232;res curiosit&#233;s. Le fait est s&#251;r qu'on peut d&#233;j&#224; relever son nom dans les colonnes de la &lt;i&gt;R&#233;volte&lt;/i&gt;, autour des ann&#233;es 90, comme un des correspondants du journal pour la r&#233;gion nanc&#233;ienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;T&#233;moin cet entrefilet dans l'organe en question du 3 avril 1891, qui permet de prendre date irr&#233;futablement :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Nancy. &#8212; Le camarade Eug&#232;ne Humbert demande aux compagnons de Toulon, qui lui ont envoy&#233; des &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;R&#233;volte&lt;/span&gt; de correspondre avec lui ; il informe en outre tous les amis que sa nouvelle adresse est : Eug&#232;ne Humbert, rue de l'Equitation, 36, &#224; Nancy.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5225 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;16&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH225/yuuiyu-654ee-03935.jpg?1774704492' width='150' height='225' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Louis L&#233;veill&#233;&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Le 3 avril, on est &#224; deux mois de la p&#233;riode ravacholienne qui s'ouvrira avec l'affaire Dardare, Decamp et L&#233;veill&#233;, trois compagnons de Levallois, arr&#234;t&#233;s le premier mai 91, et qui, maltrait&#233;s par les policiers et par les juges, feront que Ravachol confectionnera ses bombes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean Grave et son journal sont avec Pouget et son &lt;i&gt;P&#232;re Peinard&lt;/i&gt; les grands p&#244;les d'attraction vers lesquels se tournent alors les camarades de province. Eug&#232;ne Humbert est tout naturellement entr&#233; en relations avec Jean Grave. Celui-ci est encore dans son aur&#233;ole premi&#232;re d'avoir &#233;t&#233; choisi par Kropotkine pour prendre sa succession au &lt;i&gt;R&#233;volt&#233; &lt;/i&gt; de Gen&#232;ve, mu&#233; en &lt;i&gt;R&#233;volte &lt;/i&gt; en raison de tracasseries administratives !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean Grave est pourtant discut&#233; d&#232;s 1890 et Charles Ma-lato l'a d&#233;j&#224; trait&#233;, fort irr&#233;v&#233;rencieusement de &#171; pape de la rue Mouffetard &#187; ! L'affaire Ravachol va aussi entamer son prestige, mais Grave conna&#238;tra encore des regains apr&#232;s qu'Elis&#233;e Reclus l'aura remis sur le bon cap !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand Humbert aura rejoint Paris, apr&#232;s la grande tornade de 93-94, ce n'est pas le groupe des&lt;i&gt; Temps nouveaux&lt;/i&gt;, qui a pris la suite de la &lt;i&gt;R&#233;volte &lt;/i&gt; qui l'attirera. Le charme a &#233;t&#233; rompu ! La rencontre d'un homme qu'il faut bien dire extraordinaire, le p&#232;re Robin, fixe maintenant son destin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paul Robin venait d'accaparer, &#224; son corps d&#233;fendant, l'attention publique, par un &#171; scandale &#187; survenu &#224; l'Orphelinat Pr&#233;vost, qu'il dirigeait &#224; Cempuis, dans l'Oise, depuis 1880. Il avait os&#233; instituer dans cet &#233;tablissement la co&#233;ducation des sexes, v&#233;rit&#233; premi&#232;re d'aujourd'hui mais regard&#233;e alors comme l'abomination de la d&#233;solation ! Puis, un jour, une des femmes de charge de l'orphelinat ayant &#233;t&#233; prise des douleurs de l'enfantement, il avait voulu que quelques-unes des pensionnaires de la maison assistent &#224; la d&#233;livrance. C'&#233;tait l&#224; mettre le comble &#224; une infamie d&#232;s longtemps reconnue !&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5226 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/arton694-34453.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH251/arton694-34453-152ea.jpg?1774704492' width='500' height='251' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Paul Robin&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;La presse, toujours bien pensante, &#233;tait aux aguets, notamment la &lt;i&gt;Libre parole&lt;/i&gt; du vertueux Drumont, et aussi le &lt;i&gt;Matin &lt;/i&gt; qui appartenait &#224; un pourri entre les pourris, de ce temps-l&#224;, le nomm&#233; Alfred Edwards. Celui-ci s'honorait d'ailleurs de la collaboration du sieur Jules Guesde, noble figure du jans&#233;nisme socialiste, comme nul n'en ignorait, et cela dans les moments m&#234;mes o&#249; toute la valetaille de plume du &lt;i&gt;Matin &lt;/i&gt; &#233;tait d&#233;cha&#238;n&#233;e contre le &#171; porc de Cempuis &#187;, comme revuistes et boulevardiers disaient alors pour d&#233;signer Paul Robin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jet&#233; &#224; la rue, celui-ci n'avait pas d&#233;sarm&#233; et il avait cr&#233;&#233; imm&#233;diatement un p&#233;riodique l'&lt;i&gt;Education int&#233;grale &lt;/i&gt; pour continuer la divulgation de ses th&#233;ories p&#233;dagogiques, et conjointement il s'&#233;tait attel&#233; &#224; un autre Rocher de Sisyphe et avait cr&#233;&#233; la ligue de la R&#233;g&#233;n&#233;ration Humaine ! C'&#233;tait sans doute un titre bien ambitieux, mais les ap&#244;tres se doivent de pr&#233;sumer beaucoup du prochain ! Un journal faisait cort&#232;ge, &lt;i&gt;R&#233;g&#233;n&#233;ration&lt;/i&gt;, qui commen&#231;a de para&#238;tre en d&#233;cembre 1896 et qui n'eut pas plus de six num&#233;ros en six ans, le terrain devant &#234;tre plut&#244;t ingrat comme tr&#232;s souvent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paul Robin pourtant innovait beaucoup. Il posait pour la premi&#232;re fois les fondements th&#233;oriques et pratiques de ce qui recevra bient&#244;t le nom de n&#233;o-malthusianisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous laisserons de c&#244;t&#233; le probl&#232;me dans son essence, qui opposerait encore aujourd'hui les abondancistes qui croient que le globe peut supporter, sinon un pullulement infini, en tout cas un nombre encore accru de bip&#232;des et ceux qui pensent que l'optimum quantitatif de pauvres h&#232;res en qu&#234;te du minimum vital est atteint ! L'heure n'est pas de rouvrir la controverse Drysdale - Kropotkine sur le th&#232;me fameux : &#171; Y a-t-il des subsistances pour tous ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'affaire ne doit nous soucier que dans ses cons&#233;quences individuelles et imm&#233;diates. Et &#224; cet &#233;gard, Paul Robin fut un lib&#233;rateur, dont les avaleuses de pilules d'aujourd'hui devraient r&#233;v&#233;rer pieusement la m&#233;moire. Mais il &#233;tait d'abord un homme de th&#233;orie et il abordait la soixantaine quand il se lan&#231;a &#224; corps perdu dans la propagande n&#233;o-malthusienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224; qu'Eug&#232;ne Humbert, qui venait d'embrasser ses th&#233;ories, allait lui &#234;tre pr&#233;cieux par son allant juv&#233;nile et sa volont&#233; d'aller tout de suite au concret et au pratique.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5227 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;112&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/arton703.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH319/arton703-1e6f1.jpg?1774704492' width='500' height='319' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt; Eug&#232;ne Humbert est assis &#224; la table aux c&#244;t&#233;s de Jeanne, en clair, debout Eug&#233;nie de Bast. Source : &lt;a href=&#034;https://cartoliste.ficedl.info/article703.html&#034; target=&#034;_blank&#034;&gt;Cartoliste&lt;/a&gt;&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;C'est sous l'impulsion d'Humbert que na&#238;t le nouveau journal, dont le titre en dit plus long qu'un long discours, &lt;i&gt;G&#233;n&#233;ration consciente&lt;/i&gt; et &#224; partir duquel on peut vraiment parler de la naissance d'un mouvement n&#233;o-malthusien en France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la rue du Surmelin voisine, o&#249; le premier branle a &#233;t&#233; donn&#233; &#224; l'entreprise, on est venu s'installer rue de la Du&#233;e. Le XX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissement, plus exactement le haut M&#233;nilmontant, fut un terrain d'&#233;lection pour le n&#233;o-malthusianisme. Le quartier vivait encore des souvenirs de la Commune et du massacre de la rue Haxo. C'&#233;tait aussi un coin o&#249; grouillaient les &#171; faminombreuses &#187;, selon le n&#233;ologisme que cr&#233;a pr&#233;cis&#233;ment Humbert.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rue de la Du&#233;e, Eug&#232;ne Humbert, hormis les s&#233;jours en prison et l'exil &#224; Barcelone, tiendra g&#238;te et bureau jusqu'&#224; la guerre de 1939. Les abonn&#233;s de la soci&#233;t&#233; de consommation se refuseraient probablement aujourd'hui &#224; une installation aussi modeste. La maison &#233;tait vieillotte, un tantinet humide, en contrebas du corps principal du b&#226;timent. Quelques arbustes avaient des allures de fausse charmille, et quelquefois, quand la saison &#233;tait douce, une table simple mais g&#233;n&#233;reuse y r&#233;unissait quelques amis. Que de gens y d&#233;fil&#232;rent, de Paul-Napol&#233;on Roinard, rescap&#233; de la p&#233;riode symboliste et un des premiers compagnons de Zo d'Axa &#224; l'&lt;i&gt;En dehors&lt;/i&gt; &#224; Marc St&#233;phane, l'auteur de &lt;i&gt;Ceux du Trimard&lt;/i&gt;, de Fernand Kolney, le beau-fr&#232;re de Tailhade, et qui incarnait, lui, la forme totalement d&#233;sesp&#233;r&#233;e du n&#233;o-malthusianisme &#8212; les titres de ses brochures le disent crument : la &lt;i&gt;Gr&#232;ve des ventres&lt;/i&gt;, le &lt;i&gt; Crime d'engendrer&lt;/i&gt; le disent assez &#8212; &#224; Alexandre Jacob, dont il est question aujourd'hui dans une page voisine. Jean Marestan aussi, quand il montait de Marseille &#224; Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; Manuel Devald&#232;s, Gabriel Giroud (G. Hardy) ils &#233;taient les h&#244;tes ordinaires de la maison. Giroud, gendre de Robin et ancien &#233;l&#232;ve de Cempuis, y avait, si l'on peut dire part de fondateur. Son nom est indissolublement li&#233; &#224; la diffusion des premiers rudiments pratiques que les classes pauvres en France purent conna&#238;tre pour rem&#233;dier &#224; leur fr&#233;n&#233;sie procr&#233;atrice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;G&#233;n&#233;ration consciente &lt;/i&gt; tra&#231;a un assez joli sillon jusqu'&#224; la guerre de 1914, c&#233;sure brutale ouverte dans toutes les propagandes, mais la chose ne s'&#233;tait pas faite sans les anicroches rituelles. Des repopulateurs, du s&#233;nateur Piot &#224; l'&#233;conomiste Paul Leroy-Beaulieu en passant par un docteur Bertillon &#8212; parent d'Alphonse, celui de l'anthropom&#233;trie &#8212;, bramaient partout qu'on allait au d&#233;sastre si le prol&#233;taire &#8212; comme le veut l'&#233;tymologie m&#234;me du mot &#8212; ne besognait pas &#224; c... rabattues, ainsi qu'on dit dans Rabelais, pour assurer les prochaines lev&#233;es de chair &#224; canon ! La guerre qui venait supposait, en effet, de grandes consommations de celle-ci, et il &#233;tait urgent d'y pourvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais voil&#224;, l'arsenal du l&#233;gislateur &#233;tait plus d&#233;pourvu qu'il ne le fut dans la suite, apr&#232;s les monstrueuses lois de 1920, et il fallait poursuivre alors sous couleur d'&#171; outrage aux bonnes m&#339;urs &#187;, d&#233;lit pr&#233;vu par une loi du 2 ao&#251;t 1882, modifi&#233;e par une loi du 16 mars 1898 et une autre du 7 avril 1908.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5228 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;16&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH200/humbert-eugene-51513-4750e-f29a2.png?1774704492' width='150' height='200' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Eug&#232;ne Humbert&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs fois donc Humbert se trouva poursuivi et l'h&#244;te de la Sant&#233; pour avoir contrevenu aux aust&#232;res dispositions en question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son cas fit m&#234;me jurisprudence si l'on ose dire et c'est dans un peu affriolant recueil de la &lt;i&gt;Gazette du Palais&lt;/i&gt;, acquis un jour au march&#233; aux puces, que nous trouv&#226;mes, &#224; la date du 25 mars 1911, un arr&#234;t&#233; de la Cour de Cassation, dont nous donnons, pour l'anecdote le court extrait suivant. (On y verra que, paradoxalement, par certains c&#244;t&#233;s, la V&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; R&#233;publique, qui permet beaucoup plus qu'il ne fut jamais permis, est singuli&#232;rement moins antilib&#233;rale que la III&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;, sinon de la volont&#233; de ses dirigeants, en tout cas par le simple poids de l'&#233;volution des m&#339;urs) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;... Attendu que l'annonce de substances, m&#233;dicaments ou rem&#232;des destin&#233;s, soit &#224; procurer l'avortement d'une femme enceinte, soit &#224; mettre obstacle &#224; la f&#233;condation ne peut, par elle-m&#234;me et ind&#233;pendamment de toute expression ou description obsc&#232;ne ou contraire aux bonnes m&#339;urs, constituer le d&#233;lit pr&#233;vu et puni par la loi de 1898. &lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Attendu, toutefois, qu'il en est diff&#233;remment lorsque comme dans l'esp&#232;ce, cette annonce est accompagn&#233;e de descriptions obsc&#232;nes ou contraires aux bonnes m&#339;urs, qu'il en est ainsi notamment dans le num&#233;ro du journal &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;G&#233;n&#233;ration consciente&lt;/span&gt; du 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; janvier 1909, contenant un entrefilet intitul&#233; &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Petit courrier m&#233;dical&lt;/q&gt;, que cet entrefilet contient une description obsc&#232;ne ou contraire aux bonnes m&#339;urs rentrant dans les pr&#233;visions de la loi de 1898, et que c'est par suite, &#224; bon droit que l'arr&#234;t attaqu&#233; a fait &#224; Humbert l'application des dispositions de ladite loi...&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si ce texte avait surv&#233;cu &#8212;mais il peut &#234;tre lettre morte sans qu'on puisse parler d'abrogation, comme il arrive si souvent en France &#8212;, tous les membres du &#171; Planning familial &#187;, qui ont &#224; exposer quotidiennement, dessins et coupes anatomiques &#224; la main, la fa&#231;on la plus appropri&#233;e de poser diaphragmes ou st&#233;rilets pourraient se trouver demain poursuivis pour outrages aux bonnes m&#339;urs !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne fermons pas ce chapitre sur la r&#233;pression d'avant 1914, sans &#233;voquer la figure de Liard-Courtois, un autre ancien des Iles du Salut o&#249; la &#171; Terreur grise &#187; des ann&#233;es 94-95 l'avait exp&#233;di&#233; pour des motifs anciens, une simple substitution d'&#233;tat civil, et qui de retour du bagne, s'&#233;tait vou&#233; particuli&#232;rement &#224; la propagande n&#233;o-malthusienne, jusqu'&#224; compara&#238;tre souvent en correctionnelle, aux c&#244;t&#233;s d'Humbert ou ind&#233;pendamment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; du n&#233;o-malthusianisme, Eug&#232;ne Humbert fut encore un antimilitariste cons&#233;quent, de l'esp&#232;ce assez rare, qui ne faillit point en 1914. Il devait d'ailleurs payer son insoumission de guerre d'une peine de 5 ans de prison prononc&#233;e en 1920, la pr&#233;sence &#224; la barre de son avocat Andr&#233; Berthon, qui venait d'&#234;tre apostroph&#233; par Poincar&#233; de l'&#233;pith&#232;te &#171; abominable gredin &#187; (&#224; cause de l'allusion que Berthon avait os&#233; faire au chantage exerc&#233; par l'&#171; Action fran&#231;aise &#187; sur l'&#171; honn&#234;te Poincar&#233; &#187;, en raison d'affaires priv&#233;es) ayant plut&#244;t fait pour aggraver les choses !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dirons-nous encore la suite, plus pr&#232;s de nous : la tentative de faire revivre l'ancien mouvement n&#233;o-malthusien au travers de la &lt;i&gt;Grande R&#233;forme&lt;/i&gt;), que Jeanne Humbert tenta de maintenir quelque temps apr&#232;s 1945, et faut-il parler de sa fin tragique lors du bombardement de la prison d'Amiens en 1944, o&#249; &#224; plus de 70 ans il se trouvait d&#233;tenu, pour avoir c&#233;d&#233; encore &#224; son p&#233;ch&#233; ingu&#233;rissable de propagandiste-n&#233; ! Il le faudrait ; mais le mieux &#233;tait d'&#233;clairer aujourd'hui le pass&#233; le plus lointain. Pour l'avant-hier, nous trouverons bien quelque occasion, pour c&#233;l&#233;brer une fois de plus notre vaillant et vieux camarade Eug&#232;ne Humbert, cet actif pr&#233;curseur de la limitation des naissances.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#171; Le Libertaire &#187; avant La Premi&#232;re Guerre mondiale (1895-1914)</title>
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		<dc:date>2024-02-24T23:05:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Maurice Joyeux</dc:creator>


		<dc:subject>Volont&#233; Anarchiste</dc:subject>
		<dc:subject>Jean Grave</dc:subject>
		<dc:subject>&lt;i&gt;Les Temps nouveaux&lt;/i&gt;</dc:subject>
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		<dc:subject>&#201;mile Pouget</dc:subject>
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		<dc:subject>Louis Lecoin</dc:subject>
		<dc:subject>S&#233;bastien Faure</dc:subject>
		<dc:subject>Charles Malato</dc:subject>
		<dc:subject>Victor M&#233;ric</dc:subject>
		<dc:subject>Georges Pioch</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;C'est le 16 novembre 1895 que S&#233;bastien Faure publie le premier num&#233;ro du &lt;i&gt;Libertaire&lt;/i&gt;, en France cette fois-ci ! Le journal prend la suite des deux hebdomadaires anarchistes : &lt;i&gt;La R&#233;volte&lt;/i&gt; de Jean Grave et &lt;i&gt;Le P&#232;re Peinard &lt;/i&gt; d'Emile Pouget, qui viennent d'avoir des ennuis avec la justice. Il n'est pas sans int&#233;r&#234;t de noter qu'&#224; la m&#234;me &#233;poque, Jean Grave, qui ne d&#233;sarme pas, lance &lt;i&gt;Les Temps nouveaux &lt;/i&gt; destin&#233; &#224; remplacer &lt;i&gt;La R&#233;volte &lt;/i&gt; et dont l'audience va devenir consid&#233;rable dans les milieux litt&#233;raires.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-jean-grave-+" rel="tag"&gt;Jean Grave&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-les-temps-nouveaux-+" rel="tag"&gt;&lt;i&gt;Les Temps nouveaux&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-georges-pioch-+" rel="tag"&gt;Georges Pioch&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/le_libertaire___fonde_par_____bpt6k29285091_copie-119f2.jpg?1774693295' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt; Les syndicats ouvriers, cela n'est pas contestable, sont et seront, &#224; mon avis, les embryons de la soci&#233;t&#233; future. Une telle affirmation, ici faite, semble os&#233;e si on se reporte quelques ann&#233;es en arri&#232;re. Il &#233;tait &#224; la mode, en ce temps, dans les milieux anarchistes, ou de tendance telle, de d&#233;nigrer les groupements syndicaux, les associations &#233;conomiques ouvri&#232;res, sentines &#233;lectorales, p&#233;pini&#232;res &#224; candidats disaient pontificalement quelques-uns qu'&#233;coutait, bouche-b&#233;e, la grande masse des compagnons qui, panurgiquement, suivait les contempteurs des organisations ouvri&#232;res...&lt;/q&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Anarchistes et syndicalistes &#187;, Louis Grandidier, &lt;i&gt;Le libertaire&lt;/i&gt;, 5/12 novembre 1899.&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est le 16 novembre 1895 que S&#233;bastien Faure publie le premier num&#233;ro du &lt;i&gt;Libertaire&lt;/i&gt;, en France cette fois-ci ! Le journal prend la suite des deux hebdomadaires anarchistes : &lt;i&gt;La R&#233;volte&lt;/i&gt; de Jean Grave et &lt;i&gt;Le P&#232;re Peinard &lt;/i&gt; d'Emile Pouget, qui viennent d'avoir des ennuis avec la justice. Il n'est pas sans int&#233;r&#234;t de noter qu'&#224; la m&#234;me &#233;poque, Jean Grave, qui ne d&#233;sarme pas, lance &lt;i&gt;Les Temps nouveaux &lt;/i&gt; destin&#233; &#224; remplacer &lt;i&gt;La R&#233;volte &lt;/i&gt; et dont l'audience va devenir consid&#233;rable dans les milieux litt&#233;raires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A sa parution,&lt;i&gt; Le Libertaire&lt;/i&gt; de S&#233;bastien Faure &#8212; qui n'a pas encore &#233;labor&#233; sa th&#233;orie de la synth&#232;se anarchiste &#8212; va &#234;tre un journal de tendance individualiste. Aupr&#232;s de celui de S&#233;bastien Faure, on trouve les noms d'Emile Girault, d'Henri Dhorr, de Paraf-Javal. Il faudra attendre la cr&#233;ation de &lt;i&gt;L'Anarchie&lt;/i&gt; en 1905, o&#249; se retrouveront Libertad, Lorulot, Mauricius, Armand, etc., pour que dans les pages du &lt;i&gt;Libertaire&lt;/i&gt;, devenu l'organe du mouvement anarchiste, soient &#224; peu pr&#232;s refl&#233;t&#233;es sur un pied plus ou moins &#233;galitaire toutes les tendances de l'anarchie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce &lt;i&gt;Libertaire &lt;/i&gt; premi&#232;re mani&#232;re est violemment antisyndicaliste, et Paraf-Javal &#233;crira dans un num&#233;ro d'avril 1904 ce commentaire &#233;difiant : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Qu'est-ce que le syndicalisme ? C'est un groupement dans lequel les abrutis se classent par m&#233;tier pour essayer de rendre moins intol&#233;rables les rapports entre les patrons et les ouvriers. De deux choses l'une : ou bien ils ne r&#233;ussissent pas et alors la besogne syndicale est inutile, ou bien ils r&#233;ussissent et alors le syndicat est nuisible car un groupe d'hommes aura rendu sa situation moins intol&#233;rable et aura, par la suite, fait durer la situation actuelle !&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_4750 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;13&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH211/paraf-javal-944c7-cb7b3.jpg?1774719778' width='150' height='211' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Paraf-Javal&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Il est certain, compte-tenu des outrances du temps, que Paraf-Javal posait un probl&#232;me qui a fait et fera encore couler beaucoup d'encre dans les milieux anarchistes, et pas seulement parmi eux. En effet, c'est &#224; partir de jugements de cette nature que L&#233;nine et ses amis ont mis le syndicalisme dans des fers, de fa&#231;on &#224; ce qu'il ne soit plus que l'organisation de masse des Partis communistes. Mais une telle attitude ne ralliera pas tous les militants libertaires, comme le d&#233;montre le texte plac&#233; en exergue de ce chapitre, et l'anarcho-syndicalisme qui va se d&#233;velopper dans le pays trouvera bient&#244;t sa place dans le journal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce qui fut la grande affaire de ce &lt;i&gt;Libertaire &lt;/i&gt; de S&#233;bastien Faure fut s&#251;rement l'affaire Dreyfus ! A vrai dire, lorsqu'elle &#233;clata en 1894, elle fut loin de passionner les milieux ouvriers, et Pouget &#233;crivait dans&lt;i&gt; Le P&#232;re Peinard &lt;/i&gt; &#224; propos de l'arrestation de Dreyfus : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;[...] Qu'il soit innocent ou coupable, je m'en tamponne le coquillard, j'ai beau le reluquer sous toutes ses coutures, je ne retrouve en lui que l'officier. Et, Nom de Dieu, je ne perds pas de vue que s'il &#233;tait arriv&#233; un coup de chambard &#224; l'&#233;poque o&#249; le capitaine Dreyfus se pavanait, chamarr&#233; de galons, il aurait parad&#233; dans le clan des fusilleurs&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette opinion est r&#233;pandue dans les milieux ouvriers et pas seulement chez les anarchistes qui comptent des centaines de militants dans les bagnes militaires. Dans un premier temps, &lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt; gardera le silence et lorsque, en 1897, la dimension que prit la campagne en faveur de la r&#233;vision obligera le journal &#224; rompre le silence, S&#233;bastien Faure &#233;crira : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;La personnalit&#233; de Dreyfus m'est indiff&#233;rente. Comme officier, il appartient &#224; cette caste d'individus qui commanderaient le feu contre moi et mes amis si demain la r&#233;volte s'affirmait&lt;/q&gt;. S&#233;bastien Faure a certainement raison, pourtant, petit &#224; petit, &lt;i&gt;Le Libertaire &lt;/i&gt; va sortir de sa r&#233;serve, car la condamnation de Dreyfus d&#233;passe ce personnage falot pour devenir un probl&#232;me de droits de l'homme.&lt;i&gt; Le Libertaire &lt;/i&gt; va alors organiser un meeting pour protester contre le huis-clos du proc&#232;s. Aupr&#232;s de S&#233;bastien Faure et de Louise Michel, le militant anarcho-syndicaliste Tortelier dit tout haut ce que beaucoup d'ouvriers pensent tout bas : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;[...] Je ne veux pas laisser passer sans d&#233;clarer que les anarchistes n'ont qu'&#224; se r&#233;jouir de ce que les dirigeants et les galonn&#233;s se mangent le nez. Tant mieux, tant mieux, Dreyfus et Esterhazy, je m'en fous&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1789 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;17&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/fauresebastien_police.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH229/fauresebastien_police-a7f5f-965a4.jpg?1774703895' width='150' height='229' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;S&#233;bastien Faure&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Cependant, S&#233;bastien Faure a bien vu le profit que la propagande anarchiste peut tirer des affrontements de la classe dirigeante qui se d&#233;chire ! &lt;i&gt;Le Libertaire &lt;/i&gt; du 4 septembre 1898 para&#238;t avec ce titre : &#171; Dreyfus est innocent &#187;, et S&#233;bastien Faure &#233;crit dans son journal : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Je jetterai dans la m&#234;l&#233;e mes ardeurs et mes col&#232;res, mes revendications et mes haines&lt;/q&gt;. Et il va tenir parole ! &lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt; va devenir le journal de la r&#233;vision, m&#234;me si Emile Pouget &#233;crit dans &lt;i&gt;Le P&#232;re Peinard &lt;/i&gt; d'un ton d&#233;sabus&#233; : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;On boucane bougrement autour de Dreyfus, des chi&#233;s types chialent sur son sort parce qu'il est riche ! Tandis que peu, bien peu, s'apitoient sur les mis&#232;res qu'endurent les innocents &#224; qui on vient de refuser l'amnistie&lt;/q&gt;. Opinion qui est bien pr&#232;s d'&#234;tre partag&#233;e par Guesde et ses amis socialistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Curieusement, &lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt; va &#234;tre la victime de ce mouvement irr&#233;sistible qui pousse les travailleurs &#224; arracher le capitaine Dreyfus de l'Ile-du-Diable. En f&#233;vrier 1899, S&#233;bastien Faure abandonne &lt;i&gt;Le Libertaire &lt;/i&gt; hebdomadaire pour lancer un quotidien : &lt;i&gt;Le Journal du Peuple&lt;/i&gt;, qui va r&#233;unir les plus brillantes signatures des intellectuels qui, de pr&#232;s ou de loin, se r&#233;clament de la presse libertaire ! Attitude qui ne sera pas toujours appr&#233;ci&#233;e dans les couches prol&#233;tariennes qui se r&#233;clament de l'anarchie. La disparition du &lt;i&gt;Libertaire &lt;/i&gt; sera de courte dur&#233;e, six mois au plus, et en novembre 1899, le journal repara&#238;t.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;tt&gt;&lt;picto|nom=asterisk&gt;&lt;/tt&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le premier num&#233;ro de cette nouvelle s&#233;rie, Louis Grandidier d&#233;fend avec vigueur la participation des anarchistes au mouvement syndical. Cet article marque le tour diff&#233;rent que va prendre &lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt;. Insensiblement, presque naturellement, il va devenir l'expression des trois grands courants de l'anarchie : l'individualisme, l'anarcho-syndicalisme et le communisme-libertaire. Encore faudra-t-il attendre la fondation d'un nouveau journal :&lt;i&gt; L'Anarchie&lt;/i&gt;, pour que, les individualistes l'ayant rejoint, les attaques contre le syndicalisme s'estompent. Dans les colonnes du&lt;i&gt; Libertaire&lt;/i&gt;, une rubrique nouvelle est ouverte : &#171; Les gr&#232;ves &#187;, qu'Yvetot, secr&#233;taire de la F&#233;d&#233;ration des bourses du travail, r&#233;digera. Depuis ce jour, une page du &lt;i&gt;Libertaire &lt;/i&gt; va &#234;tre consacr&#233;e aux luttes ouvri&#232;res et au d&#233;veloppement des organisations syndicales. Celles-ci occupent encore de nos jours une place importante dans les feuilles du journal.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_4751 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH197/vernet_madeleine__libertaire_-1e7dd-f8d96.jpg?1774719778' width='150' height='197' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Madeleine Vernet&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Mais l'Anarchie se veut universelle, dans le sens o&#249; elle propose aux hommes une soci&#233;t&#233; diff&#233;rente qui englobe toutes les activit&#233;s humaines. Moins tranchant que&lt;i&gt; Les Temps nouveaux &lt;/i&gt; de Jean Grave,&lt;i&gt; Le Libertaire&lt;/i&gt; de S&#233;bastien Faure ouvre ses colonnes aux activit&#233;s multiples des anarchistes. Paul Robin y d&#233;veloppera ses conceptions n&#233;o-malthusianistes, Madeleine Vernet d&#233;fendra la limitation des naissances. Le journal va participer au d&#233;veloppement des Universit&#233;s populaires tout en pr&#233;conisant une culture anarchiste &#224; travers la culture populaire, et en d&#233;non&#231;ant les dangers de n&#233;gliger la premi&#232;re au profit de la seconde. Et c'est avec amertume que, dans le premier num&#233;ro de janvier 1913, un militant d&#233;nonce cette culture qui &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;annihile la force de r&#233;volte des travailleurs qui viennent assister aux cours&lt;/q&gt;. Ce qui est encore vrai de nos jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les probl&#232;mes de l'enseignement sont une des pr&#233;occupations constantes du mouvement anarchiste. &lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt; va &#234;tre le support naturel de l'exp&#233;rience tent&#233;e &#224; travers la Ruche par S&#233;bastien Faure, qu'il d&#233;finira comme &#171; l'&#233;cole de demain &#187; face &#224; l'&#233;cole chr&#233;tienne et &#224; l'&#233;cole la&#239;que, rejoignant ainsi l'exp&#233;rience similaire de Francisco Ferrer &#224; Barcelone. L'int&#233;r&#234;t des anarchistes pour le mouvement coop&#233;ratif est constant : r&#233;miniscence de l'enseignement de Proudhon ou d&#233;sire d'&#233;chapper &#224; l'exploitation du capital ? Les deux, probablement. C'est un anarchiste, Daud&#233;-Bancel, qui va &#234;tre le th&#233;oricien de ce mouvement coop&#233;ratif qui, dans le nord de la France comme en Belgique, va prendre un d&#233;veloppement consid&#233;rable. Avec prudence, &lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt; va appuyer ce mouvement pendant quelques ann&#233;es et refl&#233;ter l'illusion de la coop&#233;rative de production qui se voulait un oasis au sein d'une &#233;conomie capitaliste, erreur qui la conduira &#224; l'impasse et qui est encore celle qui guette l'autogestion plac&#233;e de nos jours devant le dilemme par des hommes qui n'ont pas encore compris que le socialisme ne peut &#234;tre que le fruit d'une r&#233;volution sociale ayant aboli les classes !&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1125 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;17&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/arton3270.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH237/arton3270-aca44-7f43c.jpg?1774719778' width='150' height='237' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Georges Yvetot.&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Violemment hostile &#224; l'&#201;tat, &lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt; sera farouchement antimilitariste. Il donnera une large place au Congr&#232;s contre la Guerre qui se tiendra &#224; Saint-Etienne en 1905 et que deux de ses r&#233;dacteurs : Georges Yvetot et Miguel Almereyda, animeront. Dans ses colonnes, une discussion anim&#233;e va s'engager entre ceux qui, comme Kropotkine et le docteur Pierrot, sont partisans, sous certaines conditions, de la d&#233;fense de la d&#233;mocratie, ceux qui, comme Libertad et Paraf-Javal, sont pour l'insoumission totale, et les anarcho-syndicalistes, comme Yvetot et Pouget, qui pr&#233;conisent la lutte au sein de l'arm&#233;e et la transformation de la guerre imp&#233;rialiste en guerre civile &#8211; ce qui deviendra la position adopt&#233;e par le syndicalisme-r&#233;volutionnaire, avant d'&#234;tre celle de L&#233;nine, Trotsky et consorts. L'&#233;t&#233; 1914, devant la mobilisation g&#233;n&#233;rale, l'histoire tranchera et nous retrouverons quelques-uns de ces plus farouches r&#233;volutionnaires sur la ligne bleue des Vosges, c&#233;dant, il faut bien le constater, &#224; un mouvement d'opinion irr&#233;sistible. C'est au cours de ces campagnes contre l'arm&#233;e que nous verrons appara&#238;tre pour la premi&#232;re fois dans les colonnes du journal le nom de Louis Lecoin, qui commence une longue marche qui le conduira, de prison en prison, &#224; la gr&#232;ve de la faim et au statut de l'objection de conscience. Jusqu'&#224; la d&#233;claration de la Premi&#232;re Guerre mondiale, &lt;i&gt;Le Libertaire &lt;/i&gt; demeurera irr&#233;ductiblement antimilitariste, et seul Almereyda rejoindra la position de Pierre Kropotkine. Le mouvement anarchiste paiera durement pendant la guerre sa fid&#233;lit&#233; &#224; ses id&#233;es et il fournira le gros de ceux qui seront fusill&#233;s pour l'exemple ou qui iront pourrir dans les bagnes militaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques ann&#233;es avant la Premi&#232;re Guerre mondiale, les illusions se sont envol&#233;es. Nous sommes &#224; une &#233;poque o&#249; le doute sur l'instauration d'une soci&#233;t&#233; socialiste libertaire, &#224; la suite d'une r&#233;volution violente, gagne les esprits. Ce fl&#233;chissement &#224; peine perceptible de la pens&#233;e r&#233;volutionnaire va conduire un certain nombre de militants anarchistes vers les &#171; milieux libre &#187; et vers l'&#171; ill&#233;galisme &#187; qui, parfois, se confondent. &lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt; suivra ce mouvement d'opinions avec beaucoup de prudence. Un de ses r&#233;dacteurs aura un jugement s&#233;v&#232;re sur les &#171; milieux libres &#187; &#224; la suite de la disparition de la colonie libertaire &lt;i&gt;l'Essai&lt;/i&gt;. Il &#233;crira, dans le num&#233;ro d'avril 1909 : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Apr&#232;s cinq ann&#233;es d'efforts, de ridicules privations, d'imb&#233;ciles froissements, cette tentative vient de s'effondrer lamentablement... Peut-&#234;tre e&#251;t-il mieux valu qu'elle ne f&#251;t jamais&lt;/q&gt;. Paroles pleines de bon sens, qui n'emp&#234;cheront pas, de nos jours, toute une jeunesse issue des journ&#233;es de juin 1968 de se livrer &#224; nouveau, malgr&#233; nos mises en garde, &#224; de telles &#226;neries !&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_4752 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH200/pioch-georges-1929-agence-rol-7e935-e8ff4-4ac9d.png?1774719778' width='150' height='200' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Georges Pioch&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;A propos de l'&#171; ill&#233;galisme &#187;, &lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt; sera plus nuanc&#233;. Le commentaire qui para&#238;tra dans les colonnes du journal s'appliquera plus &#224; commenter qu'&#224; justifier, m&#234;me si Lephay avait, dans le num&#233;ro de mai 1896, pr&#233;sent&#233; Emile Henry comme un &#171; pr&#233;curseur &#187;. Parlant de Jacob, ap&#244;tre de la reprise individuelle qui conduira quelques-uns des n&#244;tres en prison, Georges Pioch &#233;crit qu'&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;il est un beau sp&#233;cimen de virilit&#233;, de raison libre, et, relativement au meilleur monde que nous &#233;laborons, une le&#231;on d'ap&#244;tre cat&#233;gorique op&#233;rant dans l'imm&#233;diate r&#233;alit&#233;&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'odyss&#233;e des &#171; bandits tragiques &#187; va &#233;galement placer les r&#233;dacteurs du journal dans une position difficile. Il faut dire que c'est dans les colonnes de &lt;i&gt;L'Anarchie&lt;/i&gt; qu'ils trouveront leurs plus chauds d&#233;fenseurs, sous la plume de Lorulot, Armand, Mauricius. Jean Grave, dans &lt;i&gt;Les Temps nouveaux&lt;/i&gt;, prend violemment &#224; partie Bonnot et ses amis : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;De tels actes n'ont rien d'anarchistes, ce sont des actes purement et simplement bourgeois...&lt;/q&gt;. &lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt; se montrera moins cat&#233;gorique, tout en refusant d'approuver, car &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;de tels actes ne constituent pas un facteur d'affranchissement social...&lt;/q&gt;, d&#233;clare Pierre Martin dont le titre de l'article : &#171; H&#233;ro&#239;sme ill&#233;gal et banditisme l&#233;gal &#187; souligne bien l'ambigu&#239;t&#233; du journal devant ce probl&#232;me br&#251;lant, ce qui ne l'emp&#234;che pas de reconna&#238;tre du courage &#224; Bonnot et &#224; ses compagnons.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;tt&gt;&lt;picto|nom=asterisk&gt;&lt;/tt&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ces vingt ann&#233;es qui pr&#233;c&#232;dent la Premi&#232;re Guerre mondiale, &lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt; ne sera jamais le journal d'une organisation. Fond&#233; par S&#233;bastien Faure &#8211; qui le fera vivre avec les b&#233;n&#233;fices que le grand orateur retire de ses tourn&#233;es de conf&#233;rences &#8211; il deviendra insensiblement le journal d'une &#233;quipe qui a vocation de pr&#233;senter tous les groupes anarchistes qui se font et se d&#233;font &#224; une cadence vertigineuse. M&#234;me lorsque, vers 1912, il aura puissamment &#339;uvr&#233; pour que se constitue une premi&#232;re organisation anarchiste avec un semblant de structure (la F&#233;d&#233;ration r&#233;volutionnaire communiste), il faut voir quel luxe de pr&#233;cautions prennent Pierre Martin et A. Dauthuille pour parler des militants de cette organisation, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;nos amis de la F.R.C.&lt;/q&gt;, de mani&#232;re &#224; ne pas donner &#224; penser que le journal puisse &#234;tre devenu celui d'une organisation.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_3954 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/gravejean_police.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH219/gravejean_police-2d972-04b29.jpg?1774719778' width='150' height='219' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Jean Grave&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Naturellement, la tol&#233;rance de ce &lt;i&gt;Libertaire&lt;/i&gt; premi&#232;re mani&#232;re pour tous les courants de la pens&#233;e anarchiste ne l'emp&#234;chera pas de se laisser entra&#238;ner &#224; des pol&#233;miques vigoureuses avec &lt;i&gt;Les Temps nouveaux&lt;/i&gt; de Jean Grave et surtout avec &lt;i&gt;La Guerre sociale&lt;/i&gt; d'Herv&#233; ! Au cours des ann&#233;es, le syndicalisme a pris de plus en plus de place dans les colonnes du journal et le tout s'en ressent. On peut ainsi lire sous la plume de Pamphile, qui n'est autre que Vergeat &#8211; un brillant syndicaliste du b&#226;timent qui dispara&#238;tra tragiquement avec Lefebvre et Lepetit en revenant d'une d&#233;l&#233;gation en Russie en 1921 &#8211;, ce texte contre les individualistes. Il donne bien le ton du &lt;i&gt;Libertaire &lt;/i&gt; de cette &#233;poque : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;[...] la gangr&#232;ne d'un individualisme imb&#233;cile, &#233;troit, plus vil que le conservatisme bourgeois parce que plus hypocrite et qui tuerait l'id&#233;e anarchiste si l'id&#233;e pouvait mourir, les autres organes de Paris &#233;tant tomb&#233;s, les uns dans le militarisme le plus dangereux, sans parler de son &#233;tatisme, les autres dans la crapule antis&#233;mite&lt;/q&gt;. Bien s&#251;r, le militant r&#233;volutionnaire n'est pas tendre avec &lt;i&gt;Les Temps nouveaux &lt;/i&gt; et &lt;i&gt;La Guerre sociale&lt;/i&gt;, mais il s'agit d'un article que j'aurai volontiers sign&#233; des deux mains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On retrouve dans les pages du &lt;i&gt;Libertaire &lt;/i&gt; &#8211; qui ne sacrifiera pas &#224; ce &#171; vice impuni &#187; qu'est la litt&#233;rature et qui est le p&#233;ch&#233; mignon des &lt;i&gt;Temps nouveaux&lt;/i&gt;, le journal de Jean Grave &#8211; la signature de tous les militants de renom de l'anarchisme et de l'anarcho-syndicalisme du d&#233;but de ce si&#232;cle tourment&#233;. Cependant, il reste un journal de militants. Sa derni&#232;re page est remplie de communiqu&#233;s de groupes, d'annonces publicitaires destin&#233;es &#224; faire vendre la litt&#233;rature anarchiste. On y retrouve &#233;galement l'in&#233;vitable appel aux souscriptions, qui permettent au journal de vivre, ce qui fera dire plaisamment &#224; l'abb&#233; Violette, au cours d'un d&#233;bat public avec Andr&#233; Lorulot qu'&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;il existe un point commun entre l'Eglise et les organisations anarchistes, c'est que toutes deux vivent de la qu&#234;te&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le journal refl&#232;te l'aspect de la presse de cette &#233;poque. Il est sobre, gris, compact. La technique de la presse n'a pas encore sacrifi&#233; aux titres flamboyants. Il est difficile de conna&#238;tre son tirage exact. Entre cinq cents et mille abonn&#233;s probablement. Souscrivent, par les membres des groupes constitu&#233;s, l'in&#233;vitable cohorte des professionnels de la lecture et les intellectuels int&#233;ress&#233;s par les id&#233;es libertaires. Le tirage dut rarement d&#233;passer les cinq mille exemplaires vendus &#224; la cri&#233;e dans la rue ou au cours des innombrables r&#233;unions et manifestations organis&#233;es par les groupes. On peut penser que, comme de nos jours,&lt;i&gt; Le Libertaire&lt;/i&gt; est lu par de nombreux responsables syndicaux, en professionnels des probl&#232;mes sociaux. Certains, d'ailleurs, y collaborent occasionnellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est naturellement la premi&#232;re page qui donne le ton au num&#233;ro du journal lorsque l'&#233;v&#233;nement l'impose. La premi&#232;re page de &lt;i&gt;L'Aurore&lt;/i&gt;, barr&#233;e par le &#171; J'accuse &#187; de Zola, d&#233;finit bien ce que fut l'esth&#233;tique de la presse de l'&#233;poque devant la nouvelle &#224; sensation. &lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt; ne d&#233;rogera pas &#224; cet aspect dans ses premi&#232;res pages destin&#233;es &#224; frapper l'imagination, encore que ce f&#251;t la qualit&#233; de ses signatures plus que la recherche de la pr&#233;sentation qui signale l'importance du papier au lecteur. En bref, &lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt;, compte-tenu de ses moyens, est un journal &#171; classique &#187; pour son &#233;poque. Comment pouvait-il en &#234;tre autrement, les travailleurs des imprimeries de cette &#233;poque ayant d&#233;j&#224; une forte coloration libertaire !&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1132 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;22&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/victor_meric-1921-portrait_meurisse.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH205/victor_meric-1921-portrait_meurisse-bdd60-3a9ed.jpg?1774719778' width='150' height='205' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Victor M&#233;ric (1921).&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Aux collaborateurs d&#233;j&#224; signal&#233;s, en dehors de S&#233;bastien Faure dont on remarque en passant qu'il se contentera d'un titre sur quatre colonnes pour annoncer le &#171; virage &#187; &#224; propos de Dreyfus, on trouve Fortun&#233; Henry, adepte des &#171; milieux libres &#187;, Bordes sur l'ill&#233;galisme, Malato sur la r&#233;volution, Labrousse sur l'organisation, Gu&#233;rard, que je conna&#238;trai lorsque j'adh&#233;rerai &#224; l'Union anarchiste, apr&#232;s la Premi&#232;re Guerre mondiale, Pierre Martin, qui sera l'&#226;me du journal, Dauthuille, Janvion, ainsi que tous les syndicalistes de renom depuis Pouget, Vergeat, Lepetit, et quelques hommes de lettres, collaborateurs occasionnels : Augustin Hamon, Victor M&#233;ric, Georges Pioch, Laurent Tailhade, Han Ryner. Mais plus que les noms qu'on y trouve, ce sont ceux qui sont absents qui soulignent le v&#233;ritable caract&#232;re du journal anarchiste qui se veut pluraliste, ce qui parfois d&#233;pla&#238;t dans nos milieux. Il faut souligner cependant que dans les ann&#233;es qui pr&#233;c&#232;dent la Premi&#232;re Guerre mondiale, la tendance anarcho-syndicaliste gagne du terrain dans ses colonnes !&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;tt&gt;&lt;picto|nom=asterisk&gt;&lt;/tt&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;claration de guerre va sonner le glas du journal de S&#233;bastien Faure. La jeune organisation anarchiste dispara&#238;t, noy&#233;e dans la tourmente ; quelques anarchistes comme Martin, Lecoin et Ruff sauveront l'honneur, et d'autres, dont il est inutile de rappeler les noms, plongeront dans un n&#233;o-malthusianisme d&#233;lirant. La plupart, le dos courb&#233;, suivront le cort&#232;ge. Ceux qui refuseront de marcher dans les clous finiront au bagne ou devant les pelotons d'ex&#233;cution. Une page est tourn&#233;e. Le journal est oblig&#233; de se taire. Pour un temps, sans plus ! D&#232;s 1919, &lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt;, l'increvable &lt;i&gt;Libertaire&lt;/i&gt;, va repara&#238;tre avec une nouvelle g&#233;n&#233;ration de r&#233;dacteurs et de lecteurs endurcis dans les tranch&#233;es et les prisons, et ils vont inscrire un nouveau chapitre au journal des anarchistes : &lt;i&gt;Le Libertaire IV&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour l'histoire du Libertaire de cette p&#233;riode, consulter, en dehors de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Pour l'histoire du &lt;i&gt;Libertaire &lt;/i&gt; de cette p&#233;riode, consulter, en dehors de la collection du journal de la Biblioth&#232;que nationale, le premier tome de l'ouvrage de Jean Maitron : &lt;i&gt;Le Mouvement anarchiste en France, des origines &#224; 1914&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Charles Benoit</title>
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		<dc:date>2023-10-21T12:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Maurice Chambelland</dc:creator>


		<dc:subject>Charles Benoit</dc:subject>
		<dc:subject>&lt;i&gt;Les Temps nouveaux&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>La R&#233;volution prol&#233;tarienne </dc:subject>
		<dc:subject>Archives Autonomies</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Suivant &#224; quelques semaines son ami le docteur Pierrot, Charles Benoit est mort &#224; Paris le dimanche 19 mars 1950. Il s'est &#233;teint paisiblement apr&#232;s huit jours d'une r&#233;sistance &#233;tonnante. Il avait soixante-douze ans. On disait : Charles Benoit, des &#171; Temps Nouveaux &#187;. Il avait appartenu &#224; l'&#233;quipe de l'&#171; organe communiste anarchiste &#187; qui, sous la direction de Jean Grave et sous l'&#233;gide de Kropotkine, fut publi&#233; avant 1914 pendant quelque vingt ann&#233;es. Il s'y occupait surtout des t&#226;ches administratives, b&#233;n&#233;volement, &#224; la mani&#232;re d'autrefois. Il y consacrait ses dimanches, accomplissant les besognes les plus ingrates avec le s&#233;rieux qu'il apportait &#224; toutes choses.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-source-fragments-d-histoire-de-la-gauche-radicale-+" rel="tag"&gt;Archives Autonomies&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/larevolutionproletarienne-n037-31-fb492.jpg?1774700157' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Suivant &#224; quelques semaines son ami le docteur Pierrot, Charles Benoit est mort &#224; Paris le dimanche 19 mars 1950. Il s'est &#233;teint paisiblement apr&#232;s huit jours d'une r&#233;sistance &#233;tonnante. Il avait soixante-douze ans.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;i class=&#034;fa-asterisk fas&#034;&gt;&lt;/i&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;On disait : Charles Benoit, des &#171; Temps Nouveaux &#187;. Il avait appartenu &#224; l'&#233;quipe de l'&#171; organe communiste anarchiste &#187; qui, sous la direction de Jean Grave et sous l'&#233;gide de Kropotkine, fut publi&#233; avant 1914 pendant quelque vingt ann&#233;es. Il s'y occupait surtout des t&#226;ches administratives, b&#233;n&#233;volement, &#224; la mani&#232;re d'autrefois. Il y consacrait ses dimanches, accomplissant les besognes les plus ingrates avec le s&#233;rieux qu'il apportait &#224; toutes choses.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_4231 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/les_temps_nouveaux_40.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH205/les_temps_nouveaux_40-31e81-2f168.jpg?1774723976' width='150' height='205' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Dans notre mouvement social, &lt;i&gt;Les Temps Nouveaux&lt;/i&gt; avaient trac&#233; un sillon d'une fertilit&#233; surprenante. Combien de militants se form&#232;rent &#224; la lecture de ces pages aust&#232;res o&#249; la fantaisie n'avait point de place ! Encore aujourd'hui, il arrive parfois que l'on d&#233;niche, dans quelque biblioth&#232;que poussi&#233;reuse de syndicat ou de Bourse du travail, ou sur la planchette &#224; livres d'un militant, &#8212; non des exemplaires des &lt;i&gt;Temps Nouveaux&lt;/i&gt; ou du &#171; Suppl&#233;ment litt&#233;raire &#187; malheureusement devenus rarissimes &#8212; mais quelques-unes de ces brochures a couverture illustr&#233;e et sign&#233;es Kropotkine, Domela Nieuwenhuis, Reclus, Grave, Malatesta, Chaughi, Girard, Nettlau, Pierrot, Mesnil, Delzant, &#8212; ces brochures qui, depuis des ann&#233;es, formaient le compl&#233;ment pr&#233;cieux du journal hebdomadaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La diffusion des brochures des &lt;i&gt;Temps Nouveaux&lt;/i&gt; constitua la pr&#233;occupation majeure de Charles Benoit. Il n'en fut certes pas le cr&#233;ateur. Mais il poursuivit l'effort avec pers&#233;v&#233;rance et, surtout, l'organisa avec m&#233;thode lorsque, vers 1910, il cr&#233;a le &#171; Groupe de propagande par la brochure &#187;. Ecoutons-le :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;La propagande par la brochure est une des meilleures propagandes si on peut la faire avec suite. &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Le R&#233;volt&#233;, La R&#233;volte, Les Temps Nouveaux &lt;/i&gt; s'y sont employ&#233;s de leur mieux. A l'heure actuelle, plus de 60 brochures diverses, dont les diff&#233;rents tirages r&#233;unis d&#233;passent un million d'exemplaires, ont &#233;t&#233; lanc&#233;es par eux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Malheureusement, les fonds manquent pour pouvoir en imprimer plus souvent de nouvelles, ou r&#233;imprimer, lorsque c'est n&#233;cessaire, celles qui sont &#233;puis&#233;es. Il s'agit donc de trouver 500 souscripteurs s'engageant &#224; verser chacun douze francs par an. Nous serions donc en mesure d'imprimer chaque mois &#8212; ou de r&#233;imprimer parmi celles &#233;puis&#233;es &#8212; une nouvelle brochure de 0 fr. 10 ou deux de 0 fr. 05... &lt;br class='autobr' /&gt;
... En discutant avec des camarades, il est facile de leur glisser une brochure et de leur arracher deux sous. Les souscripteurs pourront ainsi r&#233;cup&#233;rer le montant de leur souscription, et augmenter leur propagande.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Le nom de Charles Benoit restera attach&#233; &#224; cette exp&#233;rience de propagande syst&#233;matique des id&#233;es libertaires.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;i class=&#034;fa-asterisk fas&#034;&gt;&lt;/i&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Charles Benoit avait d&#233;but&#233; dans le mouvement ouvrier &#224; Rouen, son pays natal, o&#249; il fut instruit des choses sociales par un militant libre penseur, Bazire, qui s'&#233;tait consacr&#233; &#224; la recherche et &#224; la formation des jeunes. Bazire appartenait au parti socialiste r&#233;volutionnaire, qui avait succ&#233;d&#233; &#224; l'organisation blanquiste dite &#171; Comit&#233; r&#233;volutionnaire central &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le futur libertaire Charles Benoit militait &#224; la fois dans le mouvement syndical et au groupe &#171; l'Union communiste r&#233;volutionnaire de Rouen &#187;. Il n'avait gu&#232;re plus de seize ans qu'il se m&#234;lait d&#233;j&#224; aux gr&#232;ves : en 1898, &#224; celle des tissages Manchon fr&#232;res &#224; Rouen ; en 1900, &#224; celle des &#233;tablissements Plantrou &#224; Oissel. Benoit fut un des secr&#233;taires de l'Union d&#233;partementale des syndicats cr&#233;&#233;e en 1896 sous la pr&#233;sidence de Hardy. Il est n&#233;cessaire d'ajouter que le parti socialiste r&#233;volutionnaire et son leader Edouard Vaillant &#8212;dont Benoit fut l'ami &#8212; respectaient, &#224; l'encontre des guesdistes, l'ind&#233;pendance des syndicats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un &#171; incident &#187; survint, qui devait changer le cours de la vie du jeune militant. En 1902, Benoit organise une conf&#233;rence antimilitariste &#224; l'intention des conscrits de Rouen. Il est inqui&#233;t&#233;, perquisitionn&#233;, poursuivi. Sa m&#232;re, veuve, tenait un caf&#233;. Prenant pr&#233;texte des poursuites engag&#233;es contre le fils, le g&#233;n&#233;ral commandant la place de Rouen interdit &#224; la troupe le petit &#233;tablissement g&#233;r&#233; par la m&#232;re. M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;me&lt;/sup&gt; Benoit se voit contrainte de liquider le fonds avec l'aide de Bazire, puis elle est forc&#233;e de quitter Rouen. Elle vient &#224; Paris avec son fils.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi Charles Benoit, administrateur des&lt;i&gt; Temps Nouveaux&lt;/i&gt;, avait fait ses premi&#232;res armes dans un parti. Il est &#233;galement curieux de noter qu'il est mort membre du parti socialiste S.F.I.O. Il avait donn&#233; son adh&#233;sion &#224; la 6&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; section vers 1925. A l'&#233;gal d'un certain nombre de syndicalistes et de libertaires, Benoit avait salu&#233; d'enthousiasme la R&#233;volution de 1917. Comme beaucoup aussi, il avait d&#251; d&#233;chanter. Aussi bien, tout laisse croire que le Parti S.F.I.O. s'offrit &#224; lui plus comme un refuge que comme une terre d'&#233;lection. Il faut comprendre le besoin qu'avait ce sensible, ce sociable, de se retrouver avec des amis, le soir, &#171; au groupe &#187; pour deviser de questions qui n'avaient jamais cess&#233; de le remuer, de le passionner. Charles Benoit n'aimait pas l'isolement.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;i class=&#034;fa-asterisk fas&#034;&gt;&lt;/i&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;La guerre de 1914 avait disloqu&#233; les &lt;i&gt;Temps Nouveaux&lt;/i&gt;. Comme les autres, le mouvement anarchiste s'&#233;tait divis&#233;. On se souvient de la D&#233;claration dite &#171; Manifeste des Seize &#187; que publia, le 14 mai 1916, la &lt;i&gt;Bataille ex-syndicaliste&lt;/i&gt;, sous les signatures, entre autres de Kropotkine, de Grave, de Corn&#233;lissen, de Malato, de Pierrot, de Paul Reclus. C'&#233;tait un essai de justification du ralliement des leaders libertaires &#224; la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &#171; Manifeste des Seize &#187; avait surtout &#233;t&#233; r&#233;dig&#233; pour r&#233;pondre &#224; la publication par le &#171; groupe &#187; des &#171; Temps Nouveaux &#187; d'une premi&#232;re lettre approuvant l'initiative de Zimmerwald. Pr&#233;cisons qu'il s'agissait du &#171; groupe &#187;, non du &#171; journal &#187;. Le &#171; journal &#187; &#8212; qui ne paraissait plus &#8212; c'&#233;tait Grave. Le &#171; groupe &#187;, c'&#233;taient Andr&#233; Girard, Charles Benoit, A. Mignon, Siegfried, Asfeld, &#8212; auxquels vinrent se joindre Garnery, P&#233;ricat, Tourrette, B&#233;ranger, Paul Signac, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &#171; groupe &#187; r&#233;pliqua aux &#171; Seize &#187; &#8212; apr&#232;s avoir, comme il se devait, reproduit le Manifeste lui-m&#234;me &#8212; par une &#171; Deuxi&#232;me lettre &#187; : &#171; Un d&#233;saccord. Nos explications. &#187; Ce fut aussi une brochure clandestine, publi&#233;e sous les auspices du Comit&#233; pour la reprise des relations internationales. Son petit format, impos&#233; par l'&#233;poque, permettait de la r&#233;pandre avec discr&#233;tion. Intitul&#233;e &#171; La Paix par les Peuples &#187;, la r&#233;plique constituait une prise de position tr&#232;s nette contre la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Charles Benoit ne se bornait pas &#224; tenir bon. Il continuait d'agir. Il avait pris l'initiative d'un comit&#233; d'entraide des &#171; Temps Nouveaux &#187;. Il avait organis&#233; la solidarit&#233; pour les camarades mobilis&#233;s. Du 20 novembre 1914 &#224; fin d&#233;cembre 1916, 6 842 francs avaient &#233;t&#233; r&#233;unis. Ces souscriptions avaient permis l'envoi de journaux, de brochures et d'argent aux soldats par force. Et les permissionnaires de passage &#224; Paris trouvaient de surcro&#238;t chez Charles et Marie-Louise Benoit un accueil fraternel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une &#171; Troisi&#232;me lettre &#187; : &#171; Projets d'avenir &#187;, dat&#233;e de f&#233;vrier 1917, le groupe des &#171; Temps Nouveaux &#187; annon&#231;ait sa d&#233;cision de suspendre toute pol&#233;mique avec les &#171; Seize &#187;. Il ne voulait plus discuter avec la &lt;i&gt;Libre F&#233;d&#233;ration&lt;/i&gt; dont un article anonyme osait suspecter l'origine des ressources et insinuer que &#171; l'Allemand &#187; serait dans la coulisse ! Le &#171; groupe &#187; va amplifier sa r&#233;sistance &#224; la guerre. Il pr&#233;pare l'&#233;dition d'une revue, qu'il pr&#233;sente ainsi :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;... Nous tournerons nos efforts vers une plus grande intensification de nos id&#233;es d'humanit&#233; et d'internationalisme. Les &#233;v&#233;nements nous ont prouv&#233; &#224; quel point &#233;taient fragiles les progr&#232;s que nous avions cru constater en ce sens dans l'opinion publique. La n&#233;cessit&#233; nous apparait de reprendre &#224; pied d'&#339;uvre toute cette besogne d'&#233;ducation. &lt;br class='autobr' /&gt;
Aussi prions-nous les camarades qui nous ont jusqu'ici apport&#233; leur concours, de vouloir bien nous le continuer ; les subsides qui nous parviendront seront r&#233;serv&#233;s pour pouvoir, aussit&#244;t que possible, mettre au jour un organe p&#233;riodique dont nous nous occupons d&#232;s maintenant de r&#233;unir les &#233;l&#233;ments. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cet organe s'appellera &lt;i&gt;l'Avenir International&lt;/i&gt;...&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;C'est seulement en janvier 1918 que parut le premier num&#233;ro de&lt;i&gt; l'Avenir International&lt;/i&gt;, blanchi comme il se devait par Dame Censure. Les collaborateurs annonc&#233;s &#233;taient : Ch. Benoit, Brenn, A. D. (Am&#233;d&#233;e Dunois ?) : Andr&#233; Girard, A. Mignon, Jacques Mesnil, Fr&#233;d&#233;ric Stackelberg, Fernand Despr&#232;s, Hella Alzir, Marcel Martinet, Brupbacher, Guilbeaux, Genold, Jean de Saint-Prix. Dans son deuxi&#232;me num&#233;ro, &lt;i&gt;l'Avenir International &lt;/i&gt; commen&#231;a la publication du premier texte, fortement caviard&#233;, de la brochure de Dumoulin. Il ne serait donc pas juste d'&#233;crire seulement : Charles Benoit, des &lt;i&gt;Temps Nouveaux&lt;/i&gt;. Il est indispensable d'ajouter : Et de &#171; &lt;i&gt;l'Avenir International&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;i class=&#034;fa-asterisk fas&#034;&gt;&lt;/i&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Hors du cercle de ses amis personnels, Charles Benoit &#233;tait bien oubli&#233;. Gr&#226;ce &#224; sa modestie, il s'en consolait ais&#233;ment. Ce qu'il fit dans sa vie laborieuse fut sans pr&#233;tention, sans autre d&#233;sir que de servir la cause ouvri&#232;re. Jusqu'&#224; ses derniers moments, il v&#233;cut de son double m&#233;tier de libraire en appartement et de comptable. Il se trouvait heureux, au milieu de ses chers livres, notant minutieusement sa d&#233;pense quotidienne dans ses carnets. Rest&#233; de la &#171; vieille &#233;cole &#187;, les prix d'aujourd'hui l'effaraient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme la plupart des libertaires et des syndicalistes de l'&#233;poque h&#233;ro&#239;que, Charles Benoit portait la lavalli&#232;re et le feutre noir &#224; larges bords. On n'en voit plus gu&#232;re, de ces feutres noirs... A l'incin&#233;ration de Benoit, il n'y en avait qu'un, celui de son compatriote et ami Charles Marck, encore droit comme un i &#224; quatre-vingt-trois ans. Les &#171; vieux de la Vieille &#187; s'en vont en poussi&#232;re. Leur souvenir vivra en nos m&#233;moires. Mais, ce qui fut leur &#339;uvre commune, saurons-nous emp&#234;cher que ce ne soit aussi r&#233;duit en cendres ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Jossot : un caricaturiste de la &#171; belle &#233;poque &#187; (?) </title>
		<link>https://www.partage-noir.fr/jossot-un-caricaturiste-de-la-belle-epoque</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.partage-noir.fr/jossot-un-caricaturiste-de-la-belle-epoque</guid>
		<dc:date>2023-08-10T22:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Philippe </dc:creator>


		<dc:subject>Fanzinoth&#232;que</dc:subject>
		<dc:subject>Gustave Henri Jossot </dc:subject>
		<dc:subject>&lt;i&gt;L'Assiette au beurre&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>&lt;i&gt;Les Temps nouveaux&lt;/i&gt;</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Bien qu'elle ne soit pas compl&#232;tement tomb&#233;e dans l'oubli, l'oeuvre du caricaturiste Jossot (1866-1951) m&#233;riterait une meilleure diffusion. Ses meilleurs dessins datent du d&#233;but du si&#232;cle, mais les sujets qu'il traite sont toujours d'actualit&#233; et son graphisme, &#233;tonnamment moderne &#224; l'&#233;poque, n'a toujours pas vieilli. &lt;br class='autobr' /&gt;
Gustave Henri Jossot est n&#233; &#224; Dijon dans une famine ais&#233;e. Il perd sa m&#232;re alors qu'il est encore enfant et supporte tr&#232;s mal l'ambiance familiale. Il voue d&#233;j&#224; une haine &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-soleil-noir-no8-mars-1992-" rel="directory"&gt;Soleil Noir n&#176;8 - Mars 1992&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-source-la-fanzinotheque-+" rel="tag"&gt;Fanzinoth&#232;que&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-gustave-henri-jossot-+" rel="tag"&gt;Gustave Henri Jossot &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-l-assiette-au-beurre-+" rel="tag"&gt;&lt;i&gt;L'Assiette au beurre&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-les-temps-nouveaux-+" rel="tag"&gt;&lt;i&gt;Les Temps nouveaux&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/arton1046-8e5ad.jpg?1774723976' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1158 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L200xH274/jossotppp-580c8-f18c2.jpg?1774723977' width='200' height='274' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Bien qu'elle ne soit pas compl&#232;tement tomb&#233;e dans l'oubli, l'&#339;uvre du caricaturiste Jossot (1866-1951) m&#233;riterait une meilleure diffusion. Ses meilleurs dessins datent du d&#233;but du si&#232;cle, mais les sujets qu'il traite sont toujours d'actualit&#233; et son graphisme, &#233;tonnamment moderne &#224; l'&#233;poque, n'a toujours pas vieilli.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gustave Henri Jossot est n&#233; &#224; Dijon dans une famine ais&#233;e. Il perd sa m&#232;re alors qu'il est encore enfant et supporte tr&#232;s mal l'ambiance familiale. Il voue d&#233;j&#224; une haine &#224; la famille : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Les parents sont des scorpions&lt;/q&gt; ; &#224; propos de sa belle-m&#232;re, il &#233;crit : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;J'&#233;tais tourment&#233; par la continuelle d&#233;mangeaison de lui d&#233;molir une chaise sur la t&#234;te&lt;/q&gt;. Le lyc&#233;e et l'arm&#233;e ne lui laisseront pas des souvenirs imp&#233;rissables. Puis, comme son p&#232;re, il va travailler dans une compagnie d'assurances ; pas pour longtemps : un premier h&#233;ritage va lui permettre de se consacrer &#224; la peinture et au dessin. Entre-temps il avait &#233;pous&#233; une couturi&#232;re et avait ainsi rompu avec son milieu d'origine.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1156 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/jossot-from-gustave-to-abdul-karim.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH361/jossot-from-gustave-to-abdul-karim-88ef9.jpg?1774723977' width='500' height='361' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Ses premiers dessins &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Sa formation de peintre est assez classique, mais il se dirige tr&#232;s vite vers la caricature. Ses premiers dessins sont publi&#233;s vers 1891 dans des journaux humoristiques (&lt;i&gt;Le Rire&lt;/i&gt;), litt&#233;raires et artistiques. Son style original sera vite remarqu&#233; par les lecteurs et les critiques. Un trait &#233;pais d&#233;limite les objets et les personnages. Ceux-ci sont sch&#233;matis&#233;s &#224; l'extr&#234;me, les caract&#232;res sont exag&#233;r&#233;s. Les couleurs, d'abord claires, deviennent plus violentes : noir, blanc et rouge. Jossot ne se rattache &#224; aucun courant. Lui-m&#234;me s'est r&#233;clam&#233; du Moyen-&#194;ge roman, il est vrai que certains de ses personnages font penser &#224; des gargouilles. On a dit de lui qu'il &#233;tait un pr&#233;curseur de l'expressionnisme. Ses l&#233;gendes sont particuli&#232;rement soign&#233;es : elles sont courtes et incisives.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1154 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L200xH152/2011035-388f4-19d61.jpg?1774723977' width='200' height='152' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Ses dessins les plus int&#233;ressants vont &#234;tre publi&#233;s pendant une courte p&#233;riode (de 1901 &#224; 1907). En fin de compte, il nous laisse une production peu abondante. Iln'avait pas de soucis financiers (un deuxi&#232;me h&#233;ritage lui parvient en 1899) et il faisait l'apologie de la paresse, ce qui est cependant plus facile quand on n'a pas besoin de travailler. Pendant cette p&#233;riode il collabore &#224; des journaux satiriques (&lt;i&gt;L'Assiette au beurre, Le Diable&lt;/i&gt;), anticl&#233;ricaux (&lt;i&gt;La Raison, L'Action&lt;/i&gt;), anarchistes (&lt;i&gt;Les Temps nouveaux&lt;/i&gt;). On retrouve ses dessins &#233;galement dans &lt;i&gt;L'Antivivisection&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Internacia sociarevuo&lt;/i&gt; (revue esp&#233;rantiste). Il publie aussi trois albums de caricatures, un roman illustr&#233;, quelques cartes postales, des lithographies et des affiches publicitaires.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1159 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L200xH275/circulez-b1461-47749.jpg?1774723977' width='200' height='275' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'Assiette au beurre&lt;/i&gt; est le journal dans lequel on trouve le plus grand nombre de ses dessins. Il collabora &#224; 35 num&#233;ros (sur 600 parus entre 1901 et 1913) dont 18 sont enti&#232;rement dessin&#233;s par lui. &lt;i&gt;L'Assiette au beurre&lt;/i&gt; &#233;tait l'&#233;quivalent de &lt;i&gt;Charlie Hebdo&lt;/i&gt; dans les ann&#233;es soixante-dix ou de &lt;i&gt;La Grosse Bertha &lt;/i&gt; aujourd'hui. Curieusement, alors qu'il s'agissait d'un journal anticl&#233;rical, antimilitariste, anticapitaliste, bref anti-tout, il &#233;tait financ&#233; par des &#233;diteurs qui n'avaient rien d'anarchistes. Mais le journal se vendait tr&#232;s bien, et ses propri&#233;taires eurent l'intelligence de laisser les auteurs s'y exprimer librement. Y ont &#233;crit des &#233;crivains tels que Laurent Tailhade, Octave Mirbeau ou Jehan Rictus. Les plus grands dessinateurs du moment y participaient : Aristide Delannoy, Jules Grandjouan, Steinlein. Des peintres alors inconnus y collabor&#232;rent avant de connaitre la c&#233;l&#233;brit&#233; : Juan Gris, Van Dongen.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Un jeu de massacre &lt;/h3&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1155 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L300xH178/gardiens_paix-1af31-6a371.jpg?1774723977' width='300' height='178' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;De 1901 &#224; 1904, Jossot s'attaque dans ses dessins aux institutions. Les cur&#233;s, les militaires, les policiers, les juges, les parents, les francs-ma&#231;ons : tous en prennent pour leur grade, c'est un vrai jeu de massacre, tous ces guignols sont d&#233;molis avec une grande f&#233;rocit&#233;. A partir de 1906, il s'attaque &#224; l'individu dans ce qu'il a de plus m&#233;diocre : la pudeur, l'honneur, le respect, l'alcoolisme. L'entreprise de d&#233;molition de Jossot est totalement anarchiste, mais lui-m&#234;me ne revendiquait pas cette &#233;tiquette : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Mon id&#233;al [serait] de ne point en avoir&lt;/q&gt;, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;cette sacr&#233;e question sociale est insoluble et le restera tant que les hommes resteront b&#234;tes et m&#233;chants, ce qui peut encore durer quelque temps&lt;/q&gt;. Les dessins de Jossot ignorent les luttes ouvri&#232;res, &#224; la mani&#232;re de Georges Darien ou de Zo d'Axa : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;J'entends vivre en homme libre&lt;/q&gt;, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;la besogne du caricaturiste [consiste] &#224; semer dans les cerveaux qui pensent des id&#233;es lib&#233;ratrices&lt;/q&gt;, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;mon r&#234;ve : acheter une maison [o&#249;] je pourrai tout &#224; mon aise faire de l'art pour tuer le temps en attendant que le temps me tue&lt;/q&gt;. Jossot est avant tout un observateur sinc&#232;re qui refuse l'arrivisme et fuit comme la peste les salons parisiens.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Jossot et l'islam &lt;/h3&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1152 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/epson392.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L200xH181/epson392-e9470-e2ad5.jpg?1774723977' width='200' height='181' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s 1907, les activit&#233;s de Jossot n'ont plus grand rapport avec l'anarchisme. Sa fille unique &#233;tant morte &#224; l'&#226;ge de 11 ans, il traverse une p&#233;riode de d&#233;pression, il voyage beaucoup. A la fin de 1911 il s'installe en Tunisie et ne reviendra plus en France. Bizarrement, l'ancien caricaturiste anticl&#233;rical, apr&#232;s une crise mystique, va se convertir en 1913 &#224; l'islam. Il prend le nom d'Abdou-l-Karim Jossot. Comme il est l'un des rares Europ&#233;ens &#224; se v&#234;tir &#224; l'orientale, il cr&#233;e un certain scandale dans les rues de Tunis. Il a d&#233;sormais abandonn&#233; la caricature, mais il peint des paysages, des huiles et des lavis. Il garde un &#339;il critique : pendant la Guerre de 1914-1918, il &#233;crit dans les revues pacifistes (&lt;i&gt;Le Bonnet rouge&lt;/i&gt;) ; il collabore aussi aux journaux tunisiens dans lesquels il d&#233;nonce les m&#233;faits du colonialisme, mais de fa&#231;on assez timide. Son individualisme le pousse toujours &#224; refuser la lutte politique et la violence. Sa conversion &#224; l'islam &#233;tait li&#233;e &#224; un refus des id&#233;es occidentales de travail et de progr&#232;s. Il pensait trouver une religion sans culte, dogme et clerg&#233; ! Il se lasse assez vite de la pri&#232;re du vendredi &#224; la Grande Mosqu&#233;e et commence &#224; s'int&#233;resser au soufisme, sorte de libre pens&#233;e de l'islam assez mal vue par les musulmans orthodoxes. Constatant que ses efforts pour acqu&#233;rir la foi &#233;taient vains, vers 1930 il rompt avec toute forme de religion organis&#233;e. En 1938, il publie un petit livre :&lt;i&gt; Le F&#339;tus r&#233;calcitrant&lt;/i&gt; ; il y expose sa d&#233;finition du caricaturiste et propose un &#171; &#233;vangile &#187; de la paresse. Il passe les derni&#232;res ann&#233;es de sa vie &#224; Sidi Bou Sa&#239;d, un village de peintres pr&#232;s de Tunis et meurt dans l'oubli.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1153 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende titre' data-legende-len=&#034;42&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH281/epson395-9b52a.jpg?1774723977' width='500' height='281' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;&lt;small&gt;&lt;i&gt;La D&#233;p&#234;che Tunisienne&lt;/i&gt; (10 f&#233;vrier 1913).&lt;/small&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Si les dessins de Jossot continuent &#224; nous int&#233;resser aujourd'hui, c'est parce qu'ils s'attaquent aux institutions et que celles-ci sont 90 ans apr&#232;s toujours les m&#234;mes. Ses dessins ne sont pas dat&#233;s. Il n'a pas caricatur&#233; des personnalit&#233;s et des hommes politiques de l'&#233;poque, mais les juges, les parents, la police, l'arm&#233;e... Ses cibles sont toujours les n&#244;tres. Aussi on a pu voir ses dessins dans &lt;i&gt;L'Enrag&#233;&lt;/i&gt; en 1968 puis dans &lt;i&gt;Le Monde libertaire&lt;/i&gt; ou dans &lt;i&gt;Lib&#233;ration &lt;/i&gt; et m&#234;me sur les couvertures de livres consacr&#233;s &#224; la justice.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="https://fanzinotheque.centredoc.fr/index.php?lvl=notice_display&amp;id=2094" class="spip_out"&gt;Vous pouvez retrouver certains num&#233;ros de &lt;i&gt;Soleil Noir&lt;/i&gt; sur le site internet de La Fanzinoth&#232;que&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>F&#233;lix Vallotton</title>
		<link>https://www.partage-noir.fr/felix-vallotton</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Felip &#201;quy</dc:creator>


		<dc:subject>F&#233;lix Vallotton</dc:subject>
		<dc:subject>Charles Maurin</dc:subject>
		<dc:subject>Jean Grave</dc:subject>
		<dc:subject>&lt;i&gt;L'Assiette au beurre&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>&lt;i&gt;Les Temps nouveaux&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>Suisse</dc:subject>
		<dc:subject>CIRA Marseille</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le peintre franco-suisse Felix Vallotton (1865-1925) a &#233;t&#233; proche des nabis. Ses talents &#233;taient nombreux : peinture et sculpture mais aussi gravure, illustration, romans et critiques d'art. C'est le peintre et graveur anarchiste Charles Maurin (1856-1914) qui va l'initier aussi bien &#224; la gravure qu'&#224; l'anarchisme. En dix ann&#233;es, Felix Vallotton va ex&#233;cuter plus de 120 gravures sur bois et une cinquantaine de lithographies.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-felix-vallotton-276-+" rel="tag"&gt;F&#233;lix Vallotton&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-l-assiette-au-beurre-+" rel="tag"&gt;&lt;i&gt;L'Assiette au beurre&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-les-temps-nouveaux-+" rel="tag"&gt;&lt;i&gt;Les Temps nouveaux&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-suisse-+" rel="tag"&gt;Suisse&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-source-centre-international-de-recherches-sur-l-anarchisme-de-+" rel="tag"&gt;CIRA Marseille&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH106/pages_de_calendrier-2023-ecran-2-ba46b.jpg?1774723977' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='106' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le peintre franco-suisse Felix Vallotton (1865-1925) a &#233;t&#233; proche des nabis. Ses talents &#233;taient nombreux : peinture et sculpture mais aussi gravure, illustration, romans et critiques d'art. C'est le peintre et graveur anarchiste Charles Maurin (1856-1914) qui va l'initier aussi bien &#224; la gravure qu'&#224; l'anarchisme. En dix ann&#233;es, Felix Vallotton va ex&#233;cuter plus de 120 gravures sur bois et une cinquantaine de lithographies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gravure sur bois lui permet de r&#233;aliser des estampes tr&#232;s expressives, en aplats francs de noir sur blanc. On y voit des sc&#232;nes de vie au milieu d'un environnement d'un noir profond, exprimant les tensions sociales aussi bien que l'hypocrisie des m&#339;urs. D&#232;s ses premi&#232;res gravures, il s'attaque &#224; la r&#233;pression polici&#232;re : &lt;i&gt;La Charge &lt;/i&gt; (1892),&lt;i&gt; L'Anarchiste&lt;/i&gt; (1892), &lt;i&gt;La Manifestation&lt;/i&gt; (1893), &lt;i&gt;L'Ex&#233;cution&lt;/i&gt; (1894), Il rend aussi hommage aux communards : &lt;i&gt;Le Mur&lt;/i&gt; (1892).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On trouve ses dessins dans les grandes revues satiriques de l'&#233;poque :&lt;i&gt; Le Rire&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Le Cri de Paris&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Le Canard sauvage&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;L'Assiette au beurre&lt;/i&gt;. Pour cette derni&#232;re, il est l'auteur d'un num&#233;ro entier : &#171; Crimes et ch&#226;timents &#187; (1902).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est l'un des principaux illustrateurs de &lt;i&gt;La Revue blanche.&lt;/i&gt; On peut y voir des portraits de communards comme Fortun&#233; Henry et Eug&#232;ne Varlin. Dans cette revue ou d'autres, on trouve &#233;galement les portraits de Michel Bakounine, Victor Barrucand, Georges Eekhoud, Felix F&#233;n&#233;on, Multatuli, Jehan Rictus, Max Stirner, Laurent Tailhade...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est un acteur important de l'affaire Dreyfus, mettant en images une chronique des &#233;v&#233;nements. En 1900, il est naturalis&#233; fran&#231;ais. Ne risquant plus l'expulsion vers la Suisse, il peut affirmer ses id&#233;es anarchistes au grand jour. Il fait partie des soutiens de Jean Grave : illustrations pour le livre &lt;i&gt;Guerre et Militarisme&lt;/i&gt;, pour le journal &lt;i&gt;Les Temps nouveaux&lt;/i&gt;, r&#233;alisation de la couverture d'une brochure, participation &#224; une tombola de solidarit&#233;. &#192; l'exception de gravures r&#233;alis&#233;es pendant la Premi&#232;re Guerre mondiale, Felix Vallotton se consacre ensuite essentiellement &#224; la peinture.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Th&#233;ophile Alexandre Steinlen</title>
		<link>https://www.partage-noir.fr/theophile-alexandre-steinlen</link>
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		<dc:date>2023-07-06T08:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator> Marc Ferla</dc:creator>


		<dc:subject>Th&#233;ophile Alexandre Steinlen</dc:subject>
		<dc:subject>CIRA Marseille</dc:subject>
		<dc:subject>&lt;i&gt;L'Assiette au beurre&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>&lt;i&gt;Les Temps nouveaux&lt;/i&gt;</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Steinlen est n&#233; &#224; Lausanne en 1859 et d&#233;c&#233;d&#233; &#224; Paris en 1923. Peintre, graveur, illustrateur, affichiste et sculpteur, ses th&#232;mes favoris &#233;taient l'injustice sociale, les chats et les nus f&#233;minins. Les titres de ses &#339;uvres : &lt;i&gt;Louise Michel sur une barricade&lt;/i&gt; (1885), &lt;i&gt;Les Petits martyrs&lt;/i&gt; (1892), &lt;i&gt;La Lib&#233;ratrice&lt;/i&gt; (1903), &lt;i&gt;Les Prol&#233;taires, Le Cri des opprim&#233;s&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;Le Locataire&lt;/i&gt; (1913), &lt;i&gt;Les Veuves de Courri&#232;res &lt;/i&gt; (1909), affichent sa fibre libertaire. Il a mis en lumi&#232;re la dure condition des prol&#233;taires et les luttes sociales qu'ils ont men&#233;es pour leur &#233;mancipation. Il illustra des ouvrages litt&#233;raires comme &lt;i&gt;Les Soliloques du pauvre &lt;/i&gt; de Jehan Rictus, des chansons comme &lt;i&gt;L'Internationale&lt;/i&gt; d'Eug&#232;ne Pottier et &lt;i&gt;Dans la rue&lt;/i&gt; d'Aristide Bruant. Habitant de Montmartre, il fr&#233;quenta le Cabaret du Chat noir dont il illustra le journal du m&#234;me nom.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-calendrier-du-cira-2023-" rel="directory"&gt;Calendrier du CIRA 2023&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-theophile-alexandre-steinlen-272-+" rel="tag"&gt;Th&#233;ophile Alexandre Steinlen&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-source-centre-international-de-recherches-sur-l-anarchisme-de-+" rel="tag"&gt;CIRA Marseille&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-l-assiette-au-beurre-+" rel="tag"&gt;&lt;i&gt;L'Assiette au beurre&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-les-temps-nouveaux-+" rel="tag"&gt;&lt;i&gt;Les Temps nouveaux&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH106/pages_de_calendrier-2023-ecran-ddf7b.jpg?1774713209' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='106' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Steinlen est n&#233; &#224; Lausanne en 1859 et d&#233;c&#233;d&#233; &#224; Paris en 1923. Peintre, graveur, illustrateur, affichiste et sculpteur, ses th&#232;mes favoris &#233;taient l'injustice sociale, les chats et les nus f&#233;minins. Les titres de ses &#339;uvres : &lt;i&gt;Louise Michel sur une barricade&lt;/i&gt; (1885), &lt;i&gt;Les Petits martyrs&lt;/i&gt; (1892), &lt;i&gt;La Lib&#233;ratrice&lt;/i&gt; (1903), &lt;i&gt;Les Prol&#233;taires, Le Cri des opprim&#233;s&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;Le Locataire&lt;/i&gt; (1913), &lt;i&gt;Les Veuves de Courri&#232;res &lt;/i&gt; (1909), affichent sa fibre libertaire. Il a mis en lumi&#232;re la dure condition des prol&#233;taires et les luttes sociales qu'ils ont men&#233;es pour leur &#233;mancipation. Il illustra des ouvrages litt&#233;raires comme &lt;i&gt;Les Soliloques du pauvre &lt;/i&gt; de Jehan Rictus, des chansons comme &lt;i&gt;L'Internationale&lt;/i&gt; d'Eug&#232;ne Pottier et &lt;i&gt;Dans la rue&lt;/i&gt; d'Aristide Bruant. Habitant de Montmartre, il fr&#233;quenta le Cabaret du Chat noir dont il illustra le journal du m&#234;me nom.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ses dessins, il enrichit livres et brochures li&#233;s au mouvement anarchiste : &lt;i&gt;L'&#201;tat, son r&#244;le historique &lt;/i&gt; de Pierre Kropotkine, &lt;i&gt;La Question sociale &lt;/i&gt; de S&#233;bastien Faure,&lt;i&gt; &#201;volution et R&#233;volution&lt;/i&gt; d'&#201;lis&#233;e Reclus, &lt;i&gt;Guerre et militarisme&lt;/i&gt; de Jean Grave. Suite &#224; une visite &#224; Charles Malato et Ernest G&#233;gout qui &#233;taient emprisonn&#233;s &#224; Sainte-P&#233;lagie pour d&#233;lit d'opinion, il illustra leur livre-t&#233;moignage &lt;i&gt;Prison fin de si&#232;cle&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il collabora &#224; divers journaux humoristiques : &lt;i&gt;L'Assiette au beurre, Le Rire, Gil-Blas, Les Hommes d'aujourd'hui, Les Humoristes.&lt;/i&gt; Principal illustrateur de &lt;i&gt;La Feuille&lt;/i&gt; de Zo d'Axa, il s'engage contre les mensonges de l'arm&#233;e et pour que justice soit rendue &#224; Dreyfus. Il participa aux c&#244;t&#233;s d'autres illustrateurs libertaires (M. Luce, J. Grandjouan, F. Vallotton, P. Signac, C. Pissarro&#8230;) au journal de Jean Grave &lt;i&gt;Les Temps nouveaux.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ne pas &#234;tre arr&#234;t&#233; &#224; la suite des lois sc&#233;l&#233;rates de 1893 et 1894 visant &#224; r&#233;primer le mouvement anarchiste, il quitta la France pour Munich (o&#249; il publia dans &lt;i&gt;Simplicissimus&lt;/i&gt;) et la Norv&#232;ge. Steinlen milita pour la constitution d'un syndicat des artistes peintres et dessinateurs qui adh&#233;ra &#224; la CGT en 1902. Il figure dans le comit&#233; constitu&#233; pour &#233;riger la statue &#224; Louise Michel. Il signe plusieurs p&#233;titions pour d&#233;noncer la condamnation &#224; mort du cordonnier &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Jacques_Liabeuf&#034; class=&#034;spip_glossaire&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Jean-Jacques Liabeuf&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant la Guerre de 14-18, Steinlen se rendit sur le front et dessina les corps bris&#233;s des poilus, les ouvriers exploit&#233;s par la machine de guerre, le d&#233;sarroi des populations d&#233;plac&#233;es. Il se servit de son art pour t&#233;moigner de la barbarie des guerres.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="https://www.cira-marseille.info/category/calendriers/" class="spip_out"&gt;Les Calendriers du CIRA de Marseille&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		
		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Charles Maurin</title>
		<link>https://www.partage-noir.fr/charles-maurin</link>
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		<dc:date>2023-05-23T14:26:32Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christophe Longbois-Canil</dc:creator>


		<dc:subject>Charles Maurin</dc:subject>
		<dc:subject>&lt;i&gt;Les Temps nouveaux&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>CIRA Marseille</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Peu connu du grand public, Charles Maurin (1856-1914) reste une figure essentielle de la sc&#232;ne artistique parisienne fin-de-si&#232;cle. Peintre, remarquable dessinateur et talentueux graveur, il joua un r&#244;le majeur dans la r&#233;novation des techniques de l'estampe et, en particulier, celle de la gravure sur bois. Professeur &#224; l'acad&#233;mie Julian, il enseigna, entre autres, &#224; F&#233;lix Vallotton dont il fut le mentor et l'ami. Il fut aussi celui de Toulouse-Lautrec avec lequel il organisa une exposition commune.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-calendrier-du-cira-2023-" rel="directory"&gt;Calendrier du CIRA 2023&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-charles-maurin-261-+" rel="tag"&gt;Charles Maurin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-les-temps-nouveaux-+" rel="tag"&gt;&lt;i&gt;Les Temps nouveaux&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-source-centre-international-de-recherches-sur-l-anarchisme-de-+" rel="tag"&gt;CIRA Marseille&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH106/arton1391-a9da2.jpg?1774713209' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='106' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_2183 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende description' data-legende-len=&#034;50&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/henri_de_toulouse-lautrec_1947.7_87.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH233/henri_de_toulouse-lautrec_1947.7_87-44aee-5938a.jpg?1774695113' width='150' height='233' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Henri de Toulouse-Lautrec, Charles Maurin (1890)&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Peu connu du grand public, Charles Maurin (1856-1914) reste une figure essentielle de la sc&#232;ne artistique parisienne fin-de-si&#232;cle. Peintre, remarquable dessinateur et talentueux graveur, il joua un r&#244;le majeur dans la r&#233;novation des techniques de l'estampe et, en particulier, celle de la gravure sur bois. Professeur &#224; l'acad&#233;mie Julian, il enseigna, entre autres, &#224; F&#233;lix Vallotton dont il fut le mentor et l'ami. Il fut aussi celui de Toulouse-Lautrec avec lequel il organisa une exposition commune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme illustrateur, il collabora &#224; &lt;i&gt;La Revue blanche&lt;/i&gt;, au &lt;i&gt;P&#232;re Peinard&lt;/i&gt; et aux &lt;i&gt;Temps nouveaux&lt;/i&gt;. &#192; deux reprises, il grava le portrait de Ravachol : d'abord une eau-forte puis une gravure sur bois. Publi&#233;e en 1893 dans l'&lt;i&gt;Almanach du P&#232;re Peinard&lt;/i&gt;, dans un style japonisant et d'une rare efficacit&#233;, ce dernier portrait s'imposa imm&#233;diatement comme une &#339;uvre &#224; la symbolique saisissante. Entre 1899 et 1914, il contribua r&#233;guli&#232;rement aux &lt;i&gt;Temps nouveaux &lt;/i&gt; par l'envoi de lithographies, la cr&#233;ation de couvertures pour les brochures du journal ou donnant des &#339;uvres pour les tombolas afin d'en renflouer les phynances.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_2181 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende description' data-legende-len=&#034;45&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/ravachol_maurin.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH214/ravachol_maurin-055de-ef80d.jpg?1774695113' width='150' height='214' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Ravachol, peinture de Charles Maurin (1893)&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;En 1892, il exposa au Salon de la Rose+Croix un triptyque intitul&#233; &lt;i&gt;L'Aurore&lt;/i&gt; dont le programme socio-politique m&#234;l&#233; d'onirisme embarrassa plus d'un commentateur de l'&#233;poque, tel F&#233;lix F&#233;n&#233;on.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Anarchiste de c&#339;ur, d'un caract&#232;re entier et farouche, Charles Maurin paya ch&#232;rement son refus des concessions, des coteries et des convenances car, malgr&#233; son talent, il connut la pauvret&#233; une grande partie de sa vie. Ce n'est pas pour rien qu'un journaliste de &lt;i&gt;L'&#201;clair&lt;/i&gt; en 1901 pouvait &#233;crire : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;M. Maurin est un artiste rare. C'est un homme libre. Il s'est cr&#233;&#233; une vie d'ind&#233;pendance morale et physique&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;tt&gt;&lt;widget_sitereference149|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		
		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Portrait et itin&#233;raire de Jean Grave (1854-1939)</title>
		<link>https://www.partage-noir.fr/portrait-et-itineraire-de-jean-grave-1854-1939</link>
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		<dc:date>2022-03-17T23:01:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Carole Reynaud-Paligot </dc:creator>


		<dc:subject>Jean Grave</dc:subject>
		<dc:subject>Archives Autonomies</dc:subject>
		<dc:subject>&lt;i&gt;Les Temps nouveaux&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>&lt;i&gt;Les Hommes du jour&lt;/i&gt;</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Au bas de la rue Mouffetard, face &#224; l'Eglise Saint-M&#233;dard, une haute maison, &#224; fa&#231;ade enfum&#233;e, crevass&#233;e, sordide. Un escalier obscur, dont les marches p&#233;rilleuses branlent sous le pied qui s'y pose, m&#232;ne &#224; une mansarde o&#249; se r&#233;dige le R&#233;volt&#233; (...). Dans le fond de la mansarde sous l'angle surbaiss&#233; du toit, un lit de fer aux couvertures en d&#233;sordre. Pr&#232;s de la fen&#234;tre, &#233;troite &#224; petits carreaux, une large table en bois blanc, pos&#233;e sur des tr&#233;teaux et couverte de paperasses. Trois ou (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-gavroche-no63-64-mai-aout-1992-" rel="directory"&gt;Gavroche n&#176;63-64- Mai-Ao&#251;t 1992&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-jean-grave-+" rel="tag"&gt;Jean Grave&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-source-fragments-d-histoire-de-la-gauche-radicale-+" rel="tag"&gt;Archives Autonomies&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-les-temps-nouveaux-+" rel="tag"&gt;&lt;i&gt;Les Temps nouveaux&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-les-hommes-du-jour-+" rel="tag"&gt;&lt;i&gt;Les Hommes du jour&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/arton1025-8e738.png?1774697731' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1144 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende titre' data-legende-len=&#034;13&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH223/grave_jean-2dc15-1bc09-516a7.jpg?1774723977' width='150' height='223' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;&lt;small&gt;Jean Grave.&lt;/small&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Au bas de la rue Mouffetard, face &#224; l'Eglise Saint-M&#233;dard, une haute maison, &#224; fa&#231;ade enfum&#233;e, crevass&#233;e, sordide. Un escalier obscur, dont les marches p&#233;rilleuses branlent sous le pied qui s'y pose, m&#232;ne &#224; une mansarde o&#249; se r&#233;dige le &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;R&#233;volt&#233; &lt;/span&gt; (...). Dans le fond de la mansarde sous l'angle surbaiss&#233; du toit, un lit de fer aux couvertures en d&#233;sordre. Pr&#232;s de la fen&#234;tre, &#233;troite &#224; petits carreaux, une large table en bois blanc, pos&#233;e sur des tr&#233;teaux et couverte de paperasses. Trois ou quatre chaises de paille. Sur le mur des gravures r&#233;volutionnaires dont l'une montre accroch&#233;s &#224; des potences, le pr&#233;sident Carnot, L&#233;on XIII, le Tsar et Rotschild. En monceaux poussi&#233;reux, dans les coins les brouillons du journal. (...) C'est l&#224; que vit Jean Grave. (...) C'est un petit homme trapu aux &#233;paules massives, dot&#233; d'un ventre qui se permet de bedonner. Sa t&#234;te toute ronde grisonne. Une moustache en brosse coupe sa face d&#233;bonnaire. &lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1145 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende titre' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH198/adolphe_rette-4cfeb-65d59.jpg?1774723977' width='150' height='198' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;&lt;small&gt;Adolphe Rett&#233; (1894).&lt;/small&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Voici la description que donne l'&#233;crivain Adolphe Rett&#233;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Adolphe Rett&#233;, Au pays du lys noir, Paris, P. T&#233;qui, 1934, 317 p. p.85.&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; de Jean Grave, qui fut, pendant pr&#232;s de trente-cinq ans, le responsable d'un hebdomadaire anarchiste des plus importants au tournant du si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean Grave est n&#233; le 16 octobre 1854 &#224; Breuil, commune de l'arrondissement d'Issoire, dans le Puy-de-D&#244;me. Son p&#232;re, ayant &#233;t&#233; tour &#224; tour mais sans succ&#232;s meunier puis cultivateur, part, comme tant d'autres Auvergnats, tenter sa chance &#224; Paris. Sa m&#232;re le suit et confie ses enfants &#224; leurs grands-parents : Jean Grave garde peu de souvenirs de sa petite enfance en Auvergne, sinon que ses grands-parents aust&#232;res et s&#233;v&#232;res &#233;taient bonapartistes...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1860, il gagne Paris et ses parents l'envoient &#224; l'&#233;cole des Fr&#232;res dans le V&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissement, seule &#233;cole &#224; accueillir les enfants de son milieu. D&#233;j&#224;, il se d&#233;crit comme sensible &#224; l'injustice, sentiment &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;plus inn&#233; qu'on ne le pense chez les enfants&lt;/q&gt; et affubl&#233; d'une &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;stupide timidit&#233;&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J. Grave, Quarante ans de propagande anarchiste, annot&#233; par Mireille Delfau (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; que les moqueries et r&#233;primandes de son p&#232;re ne font qu'aviver.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A onze ans et demi. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;le petit bout d'homme &#8212;haut comme trois pommes&#8212; maigriot &#224; plaisir&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; termine sa scolarit&#233; : il est temps qu'il apprenne un m&#233;tier. Il est tout d'abord plac&#233; comme apprenti chez un m&#233;canicien, mais l'exp&#233;rience n'&#233;tant pas concluante, il abandonne la m&#233;canique pour la chaussure. Son p&#232;re d&#233;cide de s'&#233;tablir cordonnier en le prenant avec lui : l'exp&#233;rience familiale se solde par un &#233;chec, car Jean Grave supporte mal l'autoritarisme paternel. En dehors de son apprentissage de cordonnier, le jeune Grave conna&#238;t une v&#233;ritable boulimie de lectures : il d&#233;vore p&#234;le-m&#234;le romans d'aventures, publications &#224; bon march&#233; qu'il se procure avec son argent de poche...&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1143 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/commune_de_paris_gardes_nationaux_sur_la_colonne_vendome.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH367/commune_de_paris_gardes_nationaux_sur_la_colonne_vendome-7f4ef.jpg?1774723978' width='500' height='367' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;&lt;small&gt;La Garde Nationale&lt;/small&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;pisode de la Commune va contribuer &#224; la formation du futur militant. L'exemple de son p&#232;re, r&#233;publicain et patriote fervent, va &#233;veiller la conscience politique de l'adolescent. Son p&#232;re participe &#224; une section blanquiste d&#232;s la fin de l'Empire, et lors de la reddition de Sedan, il s'engage dans la Garde nationale. Jean Grave, alors &#226;g&#233; de seize ans, lui embo&#238;te le pas, mais on refuse de l'enr&#244;ler en raison de son aspect malingre et ch&#233;tif. Il se contente alors d'assister aux r&#233;unions blanquistes et d'&#234;tre le t&#233;moin impuissant de ces &#233;v&#233;nements dont pourtant il se sent d&#233;j&#224; un ardent partisan. Peu apr&#232;s. il assiste &#224; la dislocation de sa famille : sa m&#232;re, atteinte de tuberculose, d&#233;c&#232;de : puis c'est le tour de sa s&#339;ur atteinte de phtisie qui meurt dans ses bras. En 1875, arrive sa feuille de route. Il rejoint le deuxi&#232;me r&#233;giment d'infanterie &#224; Brest. Un troisi&#232;me drame familial &#233;courte son service militaire : le d&#233;c&#232;s de son p&#232;re. Il reprend alors son m&#233;tier de cordonnier et simultan&#233;ment commence sa &#171; carri&#232;re &#187; de militant.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1146 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende titre' data-legende-len=&#034;14&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH217/cherkesov_v-4ed45-52642.jpg?1774723978' width='150' height='217' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;&lt;small&gt;Tcherkesoff.&lt;/small&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;pression qui suivit les ann&#233;es de la Commune s'affaiblissant, un r&#233;veil de l'opinion se produit, des r&#233;unions s'organisent : d&#232;s 1877, Jean Grave s'y rend, accompagn&#233; par des compagnons de travail. Il s'abonne au &lt;i&gt;Prol&#233;taire &lt;/i&gt; de Paul Brousse et &#224; &lt;i&gt;L'Egalit&#233;&lt;/i&gt; de Jules Guesde. Le 30 janvier 1879, il rejoint le Parti Ouvrier, du m&#234;me Guesde et fait partie du conseil d'administration de son journal, dont il s'occupe de l'exp&#233;dition. Parall&#232;lement &#224; son activit&#233; aux c&#244;t&#233;s de Guesde. Jean Grave rejoint le &#171; Groupe d'Etudes sociales des V&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; et Xllle arrondissements &#187;. Il y c&#244;toie des guesdistes mais aussi des anarchistes de renom : Cafi&#233;ro, Malatesta, Tcherkesoff, avant leur expulsion. Il devient secr&#233;taire du groupe et se charge de la correspondance.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1147 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende titre' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH192/1310783-jules_guesde-7f3d1-717c1.jpg?1774723978' width='150' height='192' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;&lt;small&gt;Jules Guesde.&lt;/small&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'en 1880, la distinction n'est pas &#233;tablie entre anarchistes et guesdistes. Ce n'est qu'apr&#232;s la rencontre entre Guesde et Marx &#224; Londres que les divergences apparaissent : le &#171; programme minimum &#187; que publie &lt;i&gt;L'Egalit&#233;&lt;/i&gt; se prononce en faveur de l'action parlementaire. Jean Grave refuse cette volte-face et d&#233;missionne du conseil d'administration du journal. Cette divergence entre partisans de l'action parlementaire et partisans des moyens r&#233;volutionnaires se transforme en scission lors du Congr&#232;s du Centre tenu &#224; Paris en juillet 1880. Jean Grave y participe en tant que d&#233;l&#233;gu&#233; du Groupe des V&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; et Xllle arrondissements. Il prononce un discours remarqu&#233; o&#249; il s'oppose fermement &#224; toute action parlementaire et d&#233;clare pr&#233;f&#233;rer &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;la dynamite au bulletin de vote !&lt;/q&gt;. L'intervention de Grave ne se renouvellera pas : ses camarades lui proposent de participer aux deux congr&#232;s suivants (au Havre en 1880, &#224; Londres en juillet 1881) mais se sentant incapable de parler en public, il d&#233;cline l'offre. D'une timidit&#233; maladive qui le fait bafouiller devant un auditoire, il pr&#233;f&#232;re se tourner vers l'&#233;crit. D&#232;s novembre 1881, il est charg&#233; de la publication du &lt;i&gt;Bulletin des groupes anarchistes&lt;/i&gt;, mensuel &#233;manant, comme le nom l'indique, de diff&#233;rents groupes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;crits de Jean Grave se multiplient et s'affirment entre 1881-1885. Ils paraissent dans la presse anarchiste lyonnaise, premier foyer actif de propagande. &lt;i&gt;Le Droit Social &lt;/i&gt; qui na&#238;t &#224; Lyon en f&#233;vrier 1882 ins&#232;re ses premiers articles. Ses premi&#232;res brochures paraissent l'ann&#233;e suivante sous le pseudonyme de Jehan Le Vagre... Enhardi par le succ&#232;s de ses &#233;crits, il envoie des articles au &lt;i&gt;R&#233;volt&#233; &lt;/i&gt; dont s'occupe Kropotkine &#224; Gen&#232;ve, ce dernier les publie et les deux hommes se lient tr&#232;s vite d'une solide amiti&#233;. En 1883, Elis&#233;e Reclus rend visite &#224; Jean Grave pour lui demander d'aller &#224; Gen&#232;ve s'occuper du &lt;i&gt;R&#233;volt&#233;&lt;/i&gt;. N'ayant aucune exp&#233;rience, il accepte de s'engager uniquement pour six mois. Les six mois pr&#233;vus se prolongeront en fait en trente et une ann&#233;es. On comprend d&#232;s lors que le nom de Grave soit &#233;troitement li&#233; &#224; ceux du &lt;i&gt;R&#233;volt&#233;&lt;/i&gt;, de &lt;i&gt;La R&#233;volte&lt;/i&gt; et des &lt;i&gt;Temps nouveaux&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jeune militant se lance alors avec passion dans sa nouvelle fonction. La diffusion du journal augmente rapidement gr&#226;ce &#224; son d&#233;vouement, sa t&#233;nacit&#233; et &#224; la qualit&#233; des r&#233;dacteurs. Le journal par son s&#233;rieux et sa gravit&#233;, s'oppose au style, &#224; la verve imag&#233;e et argotique du &lt;i&gt;P&#232;re Peinard&lt;/i&gt; d'Emile Pouget. Jean Grave et son &#233;quipe ont voulu faire un journal &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;vierge de toute personnalit&#233;, pur de tous cancans (...), consacr&#233; &#224; la seule id&#233;e&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean Grave, TN. N-43, 22-28/02/1896.&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Le titre devenant le passage oblig&#233; de la propagande de l'&#233;poque, suscite envies et jalousies : Grave est surnomm&#233; &#171; le Pape de la rue Mouffetard &#187;, sa longue blouse grise de typo assimil&#233;e &#224; une soutane. L'hebdomadaire est qualifi&#233; du &lt;i&gt;Temps &lt;/i&gt; ou du &lt;i&gt;Journal officiel &lt;/i&gt; de l'anarchisme !&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1149 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende titre' data-legende-len=&#034;17&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH212/charles_malato-3792f-6482f.jpg?1774723978' width='150' height='212' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;&lt;small&gt;Charles Malato.&lt;/small&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Charles Malato dresse ainsi son portrait :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Il appartenait &#224; l'une des professions manuelles o&#249; le travailleur peut le mieux se reconqu&#233;rir et penser, l'une de celles qui fournit le plus d'anarchistes, la cordonnerie. Effroyable logicien, tenace comme un rocher d'Auvergne, son pays, studieux, acharn&#233; (...). La petite phalange de &lt;i&gt;La R&#233;volte &lt;/i&gt; repr&#233;sentait dans le groupement anarchiste, le noyau immacul&#233;, silencieux et il faut le dire sectaire, &#224; la fois intransigeant en th&#233;orie et endormi en action&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Charles Malato, De la Commune &#224; l'Anarchie, Paris, P. V. Stock, 1894, 296p., (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'accusation de sectarisme revient souvent dans les critiques : elle d&#233;coule d'une part de l'orientation du journal et d'autre part de la personnalit&#233; de Jean Grave. L'hebdomadaire n'entendait repr&#233;senter qu'un courant de l'anarchisme, le communisme libertaire et face &#224; l'individualisme, &#224; la dispersion des tendances (n&#233;omalthusianisme, antimilitarisme, coop&#233;ratisme...) il s'est toujours voulu le gardien vigilant de la &#171; pure &#187; doctrine. Quant au caract&#232;re de Grave, il serait difficile de nier son c&#244;t&#233; entier et ent&#234;t&#233; qui frise souvent le sectarisme. Son ami Charles Laisant d&#233;clare le consid&#233;rer comme l'un des types de probit&#233; les plus respectables, comme un &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;travailleur infatigable et &#233;nergique&lt;/q&gt; mais capable en m&#234;me temps &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;d'un ent&#234;tement terrible&lt;/q&gt; et de para&#238;tre ne pas pouvoir admettre se tromper&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lettre &#224; J. Grave, 11/01/1913, Institut Fran&#231;ais d'Histoire Sociale (IFHS).&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il serait erron&#233; de le d&#233;crire comme un personnage aust&#232;re, &#224; l'image de son journal. Sa description, donn&#233;e par la presse, en fait un homme doux et sensible, dot&#233; d'une &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;physionomie calme, &#233;clair&#233;e d'yeux tr&#232;s vif&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'&#201;clair, 13/04/1895.&#034; id=&#034;nh3-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;une t&#234;te &#233;nergique et douce&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Matin, 09/08/1895.&#034; id=&#034;nh3-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Il est salu&#233; par tous comme une forte personnalit&#233;, au caract&#232;re difficile, plein de contrastes : sa brusquerie, son intransigeance s'accompagnent d'une grande sensibilit&#233;. d'une extr&#234;me g&#233;n&#233;rosit&#233;. Envers les personnes qui m&#233;ritent son amiti&#233;, il sait faire preuve d'une grande bont&#233; et d'un d&#233;vouement total.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1150 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende titre' data-legende-len=&#034;22&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/png/severine_atelier_nadar_01.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH206/severine_atelier_nadar_01-8d81d-2ee7c.png?1774710111' width='150' height='206' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;&lt;small&gt;S&#233;verine, par Nadar.&lt;/small&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Ses plus proches amis lui rendent souvent hommage. Camille Pissaro parie du &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;bon et brave Grave&lt;/q&gt; ; Nadar, le c&#233;l&#232;bre photographe, lui &#233;crit : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Si vous &#233;tiez parfois dans un petit coin &#224; quelques instants trop rares, vous verriez comme c'est bon d'entendre notre si grand Elis&#233;e (Reclus) dire son amiti&#233; et son estime pour vous !&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lettre &#224; J. Grave, s.d.. IFHS.&#034; id=&#034;nh3-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Des liens profonds l'unissent &#224; la famille de sa premi&#232;re femme, qu'il a perdu avec l'enfant qu'elle allait lui donner en 1885. Dans des lettres qu'il leur &#233;crit en prison, on d&#233;couvre un autre homme, plein d'humour et de fantaisie. Il d&#233;borde d'affection pour ses neveux et sa ni&#232;ce Alexandrine, qui remplacent dans son c&#339;ur les enfants qu'il n'a pas eus. Car Jean Grave sait &#234;tre gai et faire preuve d'humour : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Et le beau rire, &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;s'&#233;crira S&#233;verine&lt;/span&gt;, le large rire silencieux qui, illuminant soudain la m&#233;lancolie du visage. y fait rayonner la droiture, la loyaut&#233;, la candeur dont d&#233;borde cette &#226;me&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Un homme &#187;, Le Journal, 22/08/1896.&#034; id=&#034;nh3-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean Grave, entour&#233; de ses fid&#232;les collaborateurs, a r&#233;ussi l'exploit de faire para&#238;tre pendant plus de trente ans un hebdomadaire anarchiste. Il sut s'entourer de militants pr&#233;cieux : l'infatigable Charles Beno&#238;t, le syndicaliste Paul Delesalle, le docteur Pierrot... mais aussi d'artistes et d'&#233;crivains dont certains resteront fid&#232;le &#224; la cause libertaire jusqu'au bout, ne m&#233;nageant pas leurs contributions financi&#232;res ou artistiques : les c&#233;l&#232;bres lithographies de Maximilien Luce, Paul Signac, Camille Pissaro &#233;gayeront souvent les pages aust&#232;res du journal ; il faudrait citer beaucoup d'autres personnalit&#233;s : Octave Mirbeau, le photographe Nadar, le po&#232;te et avocat Ajalbert, l'architecte Francis Jourdain... qui d'une mani&#232;re ou d'une autre aid&#232;rent Jean Grave dans son entreprise. C'est en grande partie gr&#226;ce &#224; eux que le journal put survivre, en effet, J. Grave dut souvent faire appel &#224; leur g&#233;n&#233;rosit&#233; pour boucler les fins de mois difficiles. Dans les situations les plus d&#233;sesp&#233;r&#233;es, il eut aussi recours aux tombolas, rem&#232;de miracle &#224; cette maladie commune aux journaux r&#233;volutionnaires, &#224; savoir l'incapacit&#233; &#224; s'auto-financer. Ces v&#233;ritables &#171; spectacles &#187; qui alliaient la propagande &#224; l'int&#233;r&#234;t financier sauv&#232;rent bien souvent le journal de la catastrophe. La survie du journal fut en tout cas, pour Jean Grave, une lutte constante, et sans son courage et sa terrible obstination le journal n'aurait pas eu si longue vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dot&#233; d'une instruction modeste, c'est gr&#226;ce &#224; une volont&#233; de fer, gr&#226;ce &#224; toute son ardeur qu'il mit au service de la v&#233;ritable passion qui l'animait, que le petit cordonnier, fils d'immigr&#233; auvergnat, put se hisser aux c&#244;t&#233;s des deux grands savants : Kropotkine et Reclus. Ses &#233;crits sont nombreux : outre ses articles dans la presse, ses brochures et cinq volumes consacr&#233;s &#224; la doctrine anarchiste, il s'essaie &#224; des contes pour enfants, &#224; des romans sociaux, &#224; une pi&#232;ce de th&#233;&#226;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il fut &#224; deux reprises condamn&#233; par la justice fran&#231;aise, &#224; six mois de prison en juin 1891, en tant que g&#233;rant de &lt;i&gt;La R&#233;volte&lt;/i&gt; pour un article sur les &#233;v&#233;nements de Fourmies. En 1894, il fut impliqu&#233; dans deux proc&#232;s : lors du premier, le 24 f&#233;vrier, pour son livre &lt;i&gt;La Soci&#233;t&#233; mourante et l'anarchie&lt;/i&gt;, il est condamn&#233; &#224; deux ans de prison ; en ao&#251;t &#224; l'issue du &#171; proc&#232;s des Trente &#187;, il est acquitt&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, la guerre de 1914-18, qui verra son ralliement &#224; l'Union sacr&#233;e, ternira grandement son image et c'est isol&#233; qu'il finira sa vie. N&#233;anmoins, comme l'a soulign&#233; Jean Maitron : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;s'il n'a pas &#233;t&#233; un cr&#233;ateur de syst&#232;me, il n'en reste pas moins un des quatre ou cinq hommes de valeur qu'a compt&#233; le mouvement anarchiste fran&#231;ais ant&#233;rieurement &#224; la Grande Guerre&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Article de J. Maitron dans le Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier.&#034; id=&#034;nh3-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_349 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;30&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/pdf/les_hommes_du_jour_24.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 848.4 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH688/jean-grave-5-86a65.jpg?1774723978' width='500' height='688' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Les Hommes du jour n&#176;24
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="https://archivesautonomies.org/spip.php?article299" class="spip_out"&gt;Cet article de Carole Reynaud-Paligot est extrait du num&#233;ro de &lt;i&gt;Gavroche&lt;/i&gt; Bimestriel n&#176;63-64 - Mai-Ao&#251;t 1992. Tous les num&#233;ros de &lt;i&gt;Gavroche&lt;/i&gt; (1981-2011) sont sur le site Fragments d'Histoire de la gauche radicale.&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Adolphe Rett&#233;, &lt;i&gt;Au pays du lys noir&lt;/i&gt;, Paris, P. T&#233;qui, 1934, 317 p. p.85.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;J. Grave, &lt;i&gt;Quarante ans de propagande anarchiste&lt;/i&gt;, annot&#233; par Mireille Delfau et pr&#233;fac&#233; par Jean Maitron, Paris, Flammarion, 1971.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Jean Grave, TN. N-43, 22-28/02/1896.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Charles Malato, &lt;i&gt;De la Commune &#224; l'Anarchie&lt;/i&gt;, Paris, P. V. Stock, 1894, 296p., p.265.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Lettre &#224; J. Grave, 11/01/1913, Institut Fran&#231;ais d'Histoire Sociale (IFHS).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;L'&#201;clair&lt;/i&gt;, 13/04/1895.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le Matin&lt;/i&gt;, 09/08/1895.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Lettre &#224; J. Grave, s.d.. IFHS.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Un homme &#187;, &lt;i&gt;Le Journal&lt;/i&gt;, 22/08/1896.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Article de J. Maitron dans le &lt;i&gt;Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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