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		<title>PARTAGE NOIR</title>
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		<title>Pierre Martin, militant anarchiste de la fin du si&#232;cle dernier </title>
		<link>https://www.partage-noir.fr/pierre-martin-militant-anarchiste-de-la-fin-du-siecle-dernier</link>
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		<dc:date>2025-08-05T23:08:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Carole Reynaud-Paligot </dc:creator>


		<dc:subject>Archives Autonomies</dc:subject>
		<dc:subject>Pierre Martin</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Pierre Martin, que l'on surnomme tr&#232;s t&#244;t le &#171; bossu &#187;, est n&#233; &#224; Vienne, petite ville de l'Is&#232;re situ&#233;e &#224; une trentaine de kilom&#232;tres de Lyon, en 1856. De condition tr&#232;s modeste, sa m&#232;re est servante dans une ferme, il devient tisseur, tr&#232;s jeune, comme la majorit&#233; de ses compagnons viennois.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-gavroche-no66-novembre-decembre-1992-" rel="directory"&gt;Gavroche n&#176;66 - Novembre-D&#233;cembre 1992&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-source-fragments-d-histoire-de-la-gauche-radicale-+" rel="tag"&gt;Archives Autonomies&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-pierre-martin-+" rel="tag"&gt;Pierre Martin&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/arton1020-17899.jpg?1774709686' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pierre Martin, que l'on surnomme tr&#232;s t&#244;t le &#171; bossu &#187;, est n&#233; &#224; Vienne, petite ville de l'Is&#232;re situ&#233;e &#224; une trentaine de kilom&#232;tres de Lyon, en 1856. De condition tr&#232;s modeste, sa m&#232;re est servante dans une ferme, il devient tisseur, tr&#232;s jeune, comme la majorit&#233; de ses compagnons viennois.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il n'existe en effet que peu d'alternatives pour les enfants de famille modeste : les usines de tissage les happent d&#232;s leur plus jeune &#226;ge. D&#232;s six ou sept ans, ils deviennent appondeurs, c'est-&#224;-dire de v&#233;ritables ouvriers, ne b&#233;n&#233;ficiant aucunement d'un quelconque statut d'apprenti. La m&#233;canisation introduite &#224; Vienne tout au long du 19&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle permet d'avoir recours &#224; une main d'&#339;uvre sans grande force musculaire, ainsi femmes et enfants sont recrut&#233;s massivement par les fabricants. L'emploi de la main d'&#339;uvre enfantine repose sur un double int&#233;r&#234;t : celui du fabricant qui leur verse un salaire inf&#233;rieur de moiti&#233; &#224; celui des adultes, et celui des familles pour qui le salaire des enfants est un compl&#233;ment indispensable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; la loi du 19 mai 1874 qui r&#233;glemente le travail des enfants &#226;g&#233;s de moins de 12 ans &#224; huit heures par jour, leurs journ&#233;es varient le plus souvent entre dix et douze heures. Les jeunes viennois participent &#224; la fabrication de draps dits de la Renaissance, sp&#233;cialit&#233; de Vienne. Ces draps sont fabriqu&#233;s &#224; partir de vieux chiffons que l'on trie, rince, effiloche puis une fois le fil r&#233;cup&#233;r&#233;, on confectionne le tissu : filature, tissage, appr&#234;tage. Ce principe produit un tissu bon march&#233; mais n&#233;cessite une nombreuse main d'&#339;uvre et implique de tr&#232;s mauvaises conditions de travail : les trieurs de chiffons remuent des microbes &#224; pleins poumons, leur nettoyage n&#233;cessite l'emploi de produits toxiques...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tr&#232;s jeune, Pierre Martin se r&#233;volte et d&#233;cide de lutter contre la condition mis&#233;rable des ouvriers de cette fin du 19&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle ; &#224; l'&#226;ge de 14 ans, il entreprend sa premi&#232;re gr&#232;ve, et quelques ann&#233;es plus tard, il participe aux c&#244;t&#233;s de trois mille travailleurs viennois &#224; la longue gr&#232;ve de 1879. Pendant cinq mois les ouvriers ch&#244;ment pour protester contre de nouveaux tarifs qui, &#233;tablis d&#233;sormais selon &lt;br class='autobr' /&gt;
le nombre de &#171; duites &#187; (coup de navette) et non plus au poids, marquent une baisse. Cette longue gr&#232;ve d&#233;montre la t&#233;nacit&#233; et la coh&#233;sion des tisseurs, mais son &#233;chec devant un patronat des plus intransigeants, annihile en grande partie l'&#233;nergie des ouvriers et d&#233;sorganise le mouvement ouvrier qui s'&#233;tait lentement constitu&#233; au cours des ann&#233;es 1870.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les d&#233;buts du militant &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pierre Martin devient tr&#232;s vite un personnage central dans le milieu anarchiste par son dynamisme, sa personnalit&#233;, l'enthousiasme de ses convictions, et par ses talents d'orateur. Tous les hommes qui le c&#244;toieront, rendront hommage &#224; sa g&#233;n&#233;rosit&#233; et &#224; son d&#233;vouement sans borne. Malgr&#233; l'absence de scolarisation, il n'en est pas moins un v&#233;ritable &#233;rudit et fr&#233;quente assid&#251;ment la biblioth&#232;que de Vienne. Le directeur de la Maison centrale de Clairvaux, o&#249; il s&#233;journera quelques ann&#233;es plus tard, donne de lui un portrait flatteur : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Tr&#232;s intelligent, d'une instruction sup&#233;rieure &#224; celle que poss&#232;dent d'ordinaire les ouvriers des grandes villes. Nature tr&#232;s sensible, g&#233;n&#233;reuse, d&#233;vou&#233;, d'une grande &#233;nergie morale, semble profond&#233;ment convaincu de ses id&#233;es&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Archives nationales, BB 24 875.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faudra toute l'&#233;nergie de Pierre Martin pour que le mouvement ouvrier renaisse &#224; Vienne. P. Martin et ses compagnons vont en effet, dans les ann&#233;es suivantes, par une propagande efficace, non seulement ranimer le mouvement ouvrier mais surtout rallier les militants les plus actifs &#224; l'anarchisme. Ils fondent un groupe, les Indign&#233;s, que la police &#224; t&#244;t fait de surnommer &#171; La bande &#224; Martin &#187;. Au d&#233;part, ils se r&#233;unissent dans un caf&#233;, puis en 1882, dans un local pr&#234;t&#233; par un ami. Des conf&#233;rences &#171; publiques et contradictoires &#187; sont organis&#233;es par les militants anarchistes, qui n'h&#233;sitent pas &#224; faire venir des conf&#233;renciers d'autres villes. Elles ont lieu au th&#233;&#226;tre municipal, pr&#234;t&#233; par le maire, un radical tol&#233;rant. Ils participent activement aux journaux anarchistes lyonnais et les contacts sont fr&#233;quents avec Lyon, la ville voisine. Ils ne restent pas &#224; l'&#233;cart du mouvement national : en octobre 1880, Pierre Martin participe au Congr&#232;s de Vevey aux c&#244;t&#233;s de Kropotkine et d'&#201;lis&#233;e Reclus, l'ann&#233;e suivante, il est pr&#233;sent &#224; celui de Londres, aux c&#244;t&#233;s de Louise Michel...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'attentat de la place Belle-court &#224; Lyon, qui a comme cons&#233;quence l'arrestation de Pierre Martin et de quelques-uns de ses compagnons va mettre momentan&#233;ment un terme &#224; leurs activit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le proc&#232;s de Lyon &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'effervescence qui gagne la r&#233;gion lyonnaise : l'affaire de Montceau en ao&#251;t 1882, les attentats &#224; la bombe &#224; Lyon en octobre... inqui&#232;tent vivement les autorit&#233;s publiques. Nul doute, pour le gouvernement, ces &#233;v&#233;nements sont le signe que &#171; l'Internationale antiautoritaire &#187; est en train de se reconstituer et que cette fois-ci les anarchistes sont d&#233;cid&#233;s &#224; employer la violence en vue d'une insurrection. D&#232;s le mois d'octobre, une s&#233;rie de perquisitions est effectu&#233;e &#224; Lyon, gagnant tr&#232;s vite Vienne en raison des liaisons constantes entre les deux localit&#233;s. Mi-octobre, Martin est arr&#234;t&#233;, bient&#244;t suivi par quatre autres de ses compagnons viennois, le cinqui&#232;me prenant la fuite. Ces arrestations aboutissent au grand proc&#232;s dit des soixante-six, qui d&#233;bute le 8 janvier devant le Tribunal correctionnel de Lyon, avec Kropotkine en vedette. Le proc&#232;s se d&#233;roule pendant une dizaine de jours, les mesures de s&#233;curit&#233; sont draconiennes et le d&#233;ploiement des forces est imposant. Pierre Martin assure lui-m&#234;me sa d&#233;fense, montrant ainsi ses talents d'orateur ; il r&#233;cuse vivement l'accusation d'affiliation &#224; l'Internationale, dans son groupe, dit-il, il n'y a que des &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;hommes libres ne se soumettant &#224; aucun chef, ayant le sentiment de r&#233;volte et d'insubordination&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lyon r&#233;publicain, 17 janvier 1883.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;On ne saurait trop attirer l'attention du tribunal sur ce fait : c'est que le parti anarchiste n'a aucun des caract&#232;res qui distinguent l'Internationale. Il aurait fallu d&#233;montrer, fixer, pr&#233;ciser, que ce parti &#233;tait une vaste association ayant des soldats et des chefs, une discipline et des statuts, le r&#233;sultat d'ordres venus d'autorit&#233;s sociales quelconques ? On dira non avec moi (...) De tout cela il faut conclure que ce qu'on demande ici, c'est la condamnation d'id&#233;es, de tendances, d'opinions qui ne plaisent pas au gouvernement (...) Si vous me condamnez comme anarchiste, vous ne vous trompez pas, si vous me condamnez pour affiliation &#224; l'Internationale, vous vous trompez absolument&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le R&#233;volt&#233;, 20/01-3/02/1883.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1060 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/proces_66_juge.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH207/proces_66_juge-c4bbb.jpg?1774749060' width='500' height='207' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Encore tr&#232;s jeune et peu connu, Pierre Martin acquiert lors de ce proc&#232;s une certaine notori&#233;t&#233;. &lt;i&gt;Le Progr&#232;s de Lyon&lt;/i&gt; dresse ainsi son portrait :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;C'est un jeune homme que la nature n'a pas tr&#232;s bien dot&#233; au point de vue de la structure : il est bossu. Mais dans sa t&#234;te il y a du Kropotkine, les traits sont un peu ceux du c&#233;l&#232;bre agitateur&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;17 janvier 1883.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il d&#233;clare qu'avant d'&#234;tre anarchiste, il &#233;tait r&#233;publicain, mais devant la trahison de la R&#233;publique bourgeoise, il a rejoint le mouvement anarchiste, car, dit-il, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;il ne faut pas avoir de c&#339;ur pour supporter la soci&#233;t&#233; actuelle !&lt;/q&gt;. Il explique par la suite que l'anarchie est un parti humain pr&#233;conisant le bien-&#234;tre et la libert&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Nos id&#233;es sont-elles d'ailleurs tellement subversives qu'on ne puisse les discuter ? Nous voulons la libert&#233; pour tous, l'&#233;galit&#233; pour tous. Ah ! Si au lieu de pr&#234;cher l'&#233;galit&#233; nous avions pr&#234;ch&#233; le servilisme, si nous avions dit au travailleur : ob&#233;is, courbe l'&#233;chine, ne te plains jamais, nous ne serions pas assis sur ces bancs !&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le R&#233;volt&#233;, 20/01-3/02/1883&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les jur&#233;s restent insensibles aux arguments et &#224; l'&#233;loquence des orateurs : le verdict tombe, des plus s&#233;v&#232;res : P. Martin est condamn&#233; &#224; quatre ans de prison, cent francs d'amende, dix ans de surveillance et cinq ans de privations de droits civiques... Il est transf&#233;r&#233; &#224; la prison de Clairvaux, avec les autres condamn&#233;s, dont bien s&#251;r Kropotkine. Le s&#233;jour &#224; Clairvaux est un v&#233;ritable calvaire pour la sant&#233; fragile du jeune anarchiste. Il fait plusieurs s&#233;jours &#224; l'h&#244;pital et le directeur de la prison le d&#233;clare &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;tr&#232;s menac&#233; dans sa vie par le climat de Clairvaux&lt;/q&gt; et &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;afflig&#233; de germes de phtisie&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Archives Nationales, BB 24 875 lettre du directeur de Clairvaux.&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Les longs emprisonnements dans des conditions difficiles ont, semble-t-il, profond&#233;ment atteint sa sant&#233; d&#233;licate, sans n&#233;anmoins entamer son courage et son endurance. Emprisonn&#233; une nouvelle fois quelques ann&#233;es plus tard, il &#233;crira &#224; son ami Jean Grave :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;En effet, n'ayant pas de sant&#233; pour deux sous, j'ai une endurance de crapaud : &#233;cras&#233;, ab&#238;m&#233; au physique, je bouge quand m&#234;me, je remue toujours un peu. Je dois cela aux id&#233;es anarchistes qui, en procurant au moral un salutaire courage, donne &#224; mon corps faible, une r&#233;sistance assez forte&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lettre de Jean Grave du 16 juillet 1892 de la prison d'Embrun, Institut (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourtant pour lui l'occasion de faire plus ample connaissance avec Kropotkine, avec qui il est autoris&#233; &#224; faire des promenades et qui est incarc&#233;r&#233; dans une cellule voisine. Une solide amiti&#233; s'&#233;tablira ainsi entre les deux hommes.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1061 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;76&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L200xH334/1597680481-06d3a.jpg?1774749060' width='200' height='334' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Le drame de Decazeville. Journal &lt;i&gt;L'illustration&lt;/i&gt; en date du 6 f&#233;vrier 1886. &lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Il quitte l'enfer de Clairvaux, b&#233;n&#233;ficiant d'une remise de peine, en janvier 1886 et il est aussit&#244;t de retour &#224; Vienne. Les &#233;v&#233;nements de Decazeville vont lui donner l'occasion de reprendre pleinement son activit&#233; militante. Le 26 janvier se d&#233;clenche une gr&#232;ve &#224; la soci&#233;t&#233; de houill&#232;res et fonderies de l'Aveyron &#224; Decazeville. Dans l'apr&#232;s-midi, un groupe de gr&#233;viste se rend au bureau du sous-directeur Watrin, particuli&#232;rement d&#233;test&#233; par la population ouvri&#232;re. Ayant refus&#233; d'accepter les revendications ouvri&#232;res, Watrin est assailli par la foule et, dans un exc&#232;s de fureur, les &#233;meutiers le pr&#233;cipitent par la fen&#234;tre. La d&#233;fenestration de Watrin restera c&#233;l&#232;bre dans les annales comme un acte authentiquement r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant les mois qui suivent, Pierre Martin se mobilise pour aider les gr&#233;vistes, sillonnant les routes afin de r&#233;colter les fonds de secours, organisant des r&#233;unions publiques ou encore s&#233;journant &#224; Decazeville pour distribuer des secours aux ouvriers... Alors que le mouvement lyonnais d&#233;cline, toute l'activit&#233; se concentre sur Vienne. P. Martin est en liaison avec &#201;lys&#233;e Reclus et correspond avec Kropotkine. L'imprimerie de la F&#233;d&#233;ration Jurassienne leur fournit tous les tracts et brochures n&#233;cessaires &#224; la propagande. La diffusion de &lt;i&gt;La R&#233;volte&lt;/i&gt; augmente sensiblement. Les autorit&#233;s locales s'inqui&#232;tent et le milieu, infiltr&#233; par un indicateur, est soumis &#224; une &#233;troite surveillance. Mais c'est la pr&#233;paration de la journ&#233;e du 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; mai 1890 qui va v&#233;ritablement donner l'occasion &#224; Pierre Martin et ses compagnons de d&#233;ployer tout leur dynamisme.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La folle journ&#233;e du 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; mai 1890 &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;C'est aux &#201;tats-Unis, lors du IV&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; Congr&#232;s de la F&#233;d&#233;ration Am&#233;ricaine du travail, qu'est lanc&#233;e pour la premi&#232;re fois l'id&#233;e de faire du 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; mai une journ&#233;e revendicative pour obtenir la journ&#233;e de huit heures. Le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; mai 1886, de puissantes manifestations &#233;clatent dans le pays. A Chicago, le mouvement conna&#238;t des suites funestes : lors d'un meeting de protestations contre les violences &#224; l'encontre des gr&#233;vistes, le 3 mai, une bombe &#233;clate, attribu&#233;e &#224; un anarchiste allemand. C'est le pr&#233;texte d'une r&#233;pression sanglante : un proc&#232;s des plus arbitraires a lieu condamnant huit dirigeants ouvriers de Chicago &#224; la pendaison. Cet &#233;v&#233;nement frappa l'esprit des militants ouvriers du monde entier et contribua &#224; faire du 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; mai une date symbolique. Le 20 juillet 1889 le Congr&#232;s socialiste international de Paris, &#224; dominance guesdiste, d&#233;cide d'organiser &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;une grande manifestation internationale &#224; date fixe&lt;/q&gt; afin d'obtenir la journ&#233;e de huit heures de travail et la date du 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; mai 1890 est adopt&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re r&#233;action des anarchistes est de bouder la manifestation, car leurs conceptions de la gr&#232;ve diff&#232;rent de celles des socialistes. En effet, la gr&#232;ve ne doit, selon eux, pas &#234;tre revendicative, mais doit &#234;tre une gr&#232;ve &#233;meute, consid&#233;r&#233;e comme le premier acte de la r&#233;volution. La gr&#232;ve doit &#234;tre &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;la guerre des poings ferm&#233;s, ferm&#233;s sur le manche d'un couteau ou la crosse d'un pistolet&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le R&#233;volt&#233;, 30 avril-6 mai 1887.&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Les anarchistes se rallient malgr&#233; tout &#224; la manifestation, tout en &#233;tant fermement d&#233;cid&#233;s &#224; lui donner un caract&#232;re insurrectionnel. Tortelier s'en fait l'ap&#244;tre dans diverses r&#233;unions pr&#233;c&#233;dant le mois de mai. Mais les mesures pr&#233;ventives de r&#233;pression prises par Freycinet (Pr&#233;sident du Conseil) et Constans (ministre de l'Int&#233;rieur) afin de briser l'offensive prol&#233;tarienne, emp&#234;chent les anarchistes parisiens de passer aux actes : l'imprimerie de &lt;i&gt;La R&#233;volte&lt;/i&gt; est perquisitionn&#233;e, et les principaux militants arr&#234;t&#233;s. Les anarchistes lyonnais, st&#233;phanois et roannais subissent le m&#234;me sort. C'est Vienne, &#233;chappant &#224; ces arrestations pr&#233;ventives, qui va conna&#238;tre sous l'&#233;gide de P. Martin et de ses amis une v&#233;ritable gr&#232;ve &#233;meute comme l'avait r&#234;v&#233;e les anarchistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s f&#233;vrier, Tortelier vient faire une conf&#233;rence sur la gr&#232;ve aux ouvriers viennois. En avril les choses s'acc&#233;l&#232;rent : le 13, une r&#233;union publique anim&#233;e par P. Martin rassemble 1 200 personnes : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Il faut que le premier mai 1890, tous les ouvriers se l&#232;vent comme un seul homme et ne se rendent pas au travail&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Archives d&#233;partementales de l'Is&#232;re (ADI) 75 M 2.&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Le 27, les anarchistes r&#233;it&#232;rent leur appel &#224; la gr&#232;ve, qui est entendu puisque le ch&#244;mage est vot&#233; pour la journ&#233;e. La venue de Louise Michel et de Thennevin ne fait que renforcer la d&#233;termination des ouvriers : trois mille personnes se pressent pour &#233;couter les deux orateurs. P. Martin et ses compagnons peuvent &#234;tre satisfaits. leurs efforts sont r&#233;compens&#233;s : la population ouvri&#232;re a r&#233;pondu &#224; l'appel, le premier mai pourra &#234;tre la grande journ&#233;e tant attendue...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A 9 heures, hommes, femmes et enfants sont pr&#232;s de deux mille au rendez-vous, dans la salle du th&#233;&#226;tre. Les rapporteurs de diverses corporations se succ&#232;dent &#224; la tribune, r&#233;citant un flot continu de r&#233;clamations et, tr&#232;s vite, l'ambiance s'&#233;chauffe. P. Martin est pr&#233;sent, et prend la parole pour inciter la foule &#224; aller d&#233;baucher les autres. C'est alors que surgit le maire, qui lui fait signe pour prendre la parole. P. Martin agite la sonnette et demande &#224; la foule d'&#233;couter le maire. Mais celle-ci ne veut rien entendre, aujourd'hui le peuple est roi ! Et devant l'insistance de l'&#233;lu, elle le bouscule puis l'&#233;jecte de la salle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La foule se d&#233;verse alors dans la rue ; drapeaux rouges et drapeaux noirs en t&#234;te, chantant &#224; pleine voix &lt;i&gt;la Carmagnole&lt;/i&gt;, le cort&#232;ge se scinde en plusieurs groupes qui parcourent les rues de la ville, sous une pluie battante. Tr&#232;s vite, elle se heurte aux forces de l'ordre, des barricades se forment. Un mot d'ordre se propage : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Chez Brocard, chez Brocard !&lt;/q&gt;. La foule s'&#233;lance, d&#233;cid&#233;e &#224; se venger de ce patron honni. Lors du proc&#232;s, P. Martin raconte :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;On arriva enfin chez Brocard. L&#224;, il y eut comme un frisson qui courut dans cette foule de prol&#233;taires. Hommes, femmes et enfants s'arr&#234;tent et un cri formidable partit de toutes les poitrines : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;Brocard le mis&#233;rable, Brocard, l'affameur !&lt;/span&gt;&lt;/q&gt;(...) On enfon&#231;a les portes, on s'engouffra dans le magasin, on y saisit une coupe de draps, de 43 m&#232;tres, on la jeta au peuple, on la tra&#238;na dans la boue, on la coupa, on la d&#233;chira, on se l'arracha. Il semblait qu'on coupait, qu'on s'arrachait, qu'on d&#233;chirait du Brocard.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Proc&#232;s des anarchistes de l'Is&#232;re devant la Cour d'Assises de l'Is&#232;re, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le lendemain des &#233;v&#233;nements, les gr&#232;ves commencent spontan&#233;ment, tandis que les meneurs anarchistes sont arr&#234;t&#233;s. Elles se poursuivent pendant quelques jours, plus longtemps parmi les femmes, mais la reprise du travail &#224; lieu assez t&#244;t, quelques maigres concessions en poche. Vienne retrouve son calme, et c'est d&#233;sormais vers Grenoble que vont se tourner les regards, o&#249; P. Martin et ses compagnons se retrouvent incarc&#233;r&#233;s. Les autorit&#233;s publiques jugeront que l'importance des &#233;v&#233;nements justifie un proc&#232;s en Cour d'Assises et non en simple correctionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le proc&#232;s s'ouvre le 8 ao&#251;t 1890 devant la Cour d'Assises de l'Is&#232;re. Les accus&#233;s sont au nombre de 21, mais, trois ayant pris la fuite, dix hommes (tous anarchistes) et huit femmes comparaissent. Pour leur d&#233;fense, les militants insistent sur le caract&#232;re spontan&#233; de la manifestation qui r&#233;sulte directement de la mis&#232;re des ouvriers. Pierre Martin s'&#233;tend longuement sur la situation de la population ouvri&#232;re. Alors que les femmes qui ont particip&#233; au pillage sont acquitt&#233;es, les anarchistes sont lourdement condamn&#233;s : Martin &#233;cope de cinq ans de prison et dix ans d'interdiction de s&#233;jour. Il se pourvoit en Cassation et il est &#224; nouveau jug&#233; devant la Cour d'Assises de Gap, qui ram&#232;ne sa peine &#224; trois ans de prison. Il &#233;crit &#224; Jean Grave :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Tout a march&#233; aux mieux des int&#233;r&#234;ts de la propagande. La salle d'audience &#233;tait trop petite pour contenir tout le monde. Pour la premi&#232;re fois que la parole anarchiste se fait entendre dans ces montagnes, l'impression est &#233;norme (...) j'ai pu parler pendant pr&#232;s de deux heures et je peux te narrer combien ce peuple est int&#233;ressant comme auditoire. Son c&#339;ur vibrait &#224; l'expos&#233; de nos id&#233;es, l'&#233;motion &#233;tait arriv&#233;e &#224; un tel point que le Pr&#233;sident craignait lui-m&#234;me une manifestation par trop sensible &#224; l'&#233;gard de l'accus&#233;.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lettre &#224; J. Grave, 20 d&#233;cembre 1890, Institut Fran&#231;ais d'histoire sociale.&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;table class=&#034;table spip&#034;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1062 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;30&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH207/tortelier_j-3c5fc.jpg?1774749060' width='150' height='207' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Joseph Jean-Marie Tortelier.&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; &lt;p&gt;Tortelier est consid&#233;r&#233; comme l'un des pr&#233;curseurs de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale r&#233;volutionnaire. En 1882 il est d&#233;l&#233;gu&#233; au congr&#232;s de Saint-&#201;tienne o&#249; il vote contre Guesde. En 1884, il devient anarchiste et fait partie des groupes de Paris. Dans les ann&#233;es qui suivent il parcourt la France pour pr&#234;cher la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale. A propos de la manifestation du premier mai il d&#233;clare le 17 avril 1890 : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Ce n'est pas une manifestation pacifiste que nous voulons. Il faut que ce grand mouvement porte profit. Il faut qu'il en sorte l'id&#233;e d'une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale pour aboutir &#224; la journ&#233;e des huit heures en attendant mieux. N'allons pas voir les d&#233;put&#233;s, c'est inutile, ils ne feront rien pour nous.&lt;/q&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
(Dommanget, &lt;i&gt;Histoire du premier mai&lt;/i&gt;, op. cit., p.123)&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Du &#171; nomadisme &#187; au Libertaire &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il est lib&#233;r&#233; le 3 ao&#251;t 1893, mais &#224; peine sorti de prison, en arrivant &#224; Grenoble, il est remis sous les verrous car la ville est en pleine p&#233;riode &#233;lectorale ! Rel&#226;ch&#233;, il gagne Romans o&#249; il d&#233;cide de s'installer avec sa femme. Sa sant&#233; n'est gu&#232;re brillante : lors de son s&#233;jour en prison, il a souffert d'une r&#233;miniscence de l'ancienne pneumonie de Clairvaux. Il exerce tour &#224; tour les professions de tailleur et de fondeur. Il participe de temps &#224; autre &#224; un groupe anarchiste de la Dr&#244;me mais demeure moins actif qu'&#224; Vienne. Il semble surtout chercher un peu de tranquillit&#233;. Les autorit&#233;s publiques ne lui en laisse gu&#232;re le loisir. Le 19 f&#233;vrier 1894, son domicile est perquisitionn&#233; et on l'inculpe pour avoir particip&#233; &#224; une entente &#233;tablie dans le but de pr&#233;parer ou de commettre des crimes contre les personnes et les propri&#233;t&#233;s, sans autre preuve que la d&#233;couverte de brochures anarchistes &#224; son domicile. P. Martin s'indigne de son emprisonnement, et affirme que depuis sa lib&#233;ration il n'a particip&#233; &#224; aucune r&#233;union publique ou priv&#233;e : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;On nous arr&#234;te uniquement parce qu'on nous sait anarchistes et que nous avons la coupable audace de ne pas renier nos convictions honn&#234;tes et sinc&#232;res&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lettre &#224; sa femme, 6 mars 1894, Archives d&#233;partementales de la Dr&#244;me. 21 U 209.&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Il b&#233;n&#233;ficie finalement d'un non-lieu le 10 mai 1894.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Afin d'&#233;chapper aux pers&#233;cutions de la police, la seule solution s'av&#232;re &#234;tre la mobilit&#233;. Le couple Martin quitte alors Romans pour Saint-Vallier o&#249; P. Martin devient photographe ambulant. En 1902, on le retrouve &#224; Sarras en Ard&#232;che, vivant dans une roulotte. Il devient difficile ensuite de suivre sa trace en raison de son &#171; nomadisme &#187;. En 1906, il est arr&#234;t&#233; pour avoir sign&#233; un tract antimilitariste. L'ann&#233;e suivante, il fait &#224; nouveau partie des signataires d'un tract contre l'arm&#233;e &#233;labor&#233;e par la Bourse du travail de Lyon. Sa vie de nomade le retient &#233;loign&#233; de toute propagande active, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;jusqu'au jour o&#249;, &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;raconte S&#233;bastien Faure&lt;/span&gt;, se sentant vieillir, il voulut visiter la capitale qu'il n'avait jamais vue. Il vint donc &#224; Paris et son voyage qui ne devait &#234;tre que d'une dur&#233;e de quelques jours. finit par amener sur l'insistance de ses camarades parisiens, son installation au &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;Libertaire&lt;/span&gt;&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;CQFD,12 ao&#251;t 1916.&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il devient administrateur du journal et fournit ses derniers efforts de militant. Bien que sa sant&#233; soit gravement atteinte, il participe &#224; toutes les r&#233;unions, tous les meetings organis&#233;s par la F&#233;d&#233;ration communiste anarchiste et se d&#233;clare partisan de l'action dans les syndicats. Fervent ap&#244;tre de la paix, il figure au Carnet B&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Liste &#233;tablie par le minist&#232;re de l'Int&#233;rieur dans laquelle &#233;tait (&#8230;)&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Cependant, lors du d&#233;clenchement de la premi&#232;re guerre mondiale, la division s'installe dans les rangs anarchistes entre les partisans de l'Union sacr&#233;e et ceux qui refusent le conflit. Dans &lt;i&gt;La Bataille syndicaliste&lt;/i&gt;, en mars 1916, para&#238;t le c&#233;l&#232;bre &#171; Manifeste des seize &#187;. Sign&#233; en fait par 15 anarchistes dont Kropotkine, J. Grave, Malato, ce manifeste pr&#244;ne un ralliement &#224; la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce ralliement ne fait pas l'unanimit&#233; au sein du mouvement anarchiste. Tr&#232;s t&#244;t, Louis Lecoin, S&#233;bastien Faure, Pierre Martin s'insurgent contre ce ralliement et font para&#238;tre clandestinement des tracts en faveur de la paix. S&#233;bastien Faure est le premier &#224; tenter une action en d&#233;cembre 1914 : il tire un tract intitul&#233; &#171; Vers la paix &#187;, puis un nouveau en juin 1915 &#171; La tr&#232;ve des peuples &#187;. A leur tour Lecoin et Ruff de la Maison Centrale de Caen, o&#249; ils purgent une peine de 5 ans de prison pour sabotage de la mobilisation, r&#233;digent en ao&#251;t 1915 un appel &#224; l'action internationale en faveur de la paix. Pierre Martin se joint &#224; eux et participe &#224; l'impression et &#224; la diffusion de l'appel. Toute une s&#233;rie de tracts et de brochures circulent malgr&#233; la censure. Il se retrouve aux c&#244;t&#233;s de S&#233;bastien Faure dans le journal &lt;i&gt;Ce qu'il faut dire&lt;/i&gt; qui para&#238;t le 2 avril 1916, afin de prendre position contre la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pierre Martin s'est engag&#233;, sans h&#233;sitation ni r&#233;serve du c&#244;t&#233; des pacifistes, profond&#233;ment att&#233;r&#233; et boulevers&#233; par les sentiments bellicistes de quelques anarchistes notoires. Ainsi condamne-t-il de fa&#231;on cat&#233;gorique la d&#233;claration des Seize. C'est dans ce contexte que, malade et alit&#233;, il d&#233;c&#232;de au si&#232;ge du &lt;i&gt;Libertaire&lt;/i&gt;, o&#249; il r&#233;sidait. 15 rue d'Orsel dans le XVIII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissement. Il est incin&#233;r&#233; au cimeti&#232;re du P&#232;re Lachaise le 9 ao&#251;t 1916.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1063 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;44&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/martin-pierre-lit-de-mort.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH349/martin-pierre-lit-de-mort-59d05.jpg?1774749060' width='500' height='349' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Pierre Martin sur son lit de mort en 1916.&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;tt&gt;&lt;widget_sitereference88|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="https://archivesautonomies.org/spip.php?article4644" class="spip_out"&gt;Cet article de Carole Reynaud-Paligot est extrait du num&#233;ro d'&lt;i&gt;Agora&lt;/i&gt; n&#176;66 - Novembre-D&#233;cembre 1992. Tous les num&#233;ros d'Agora (1980-1986) - Sur le site Fragments d'Histoire de la gauche radicale.&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Archives nationales, BB 24 875.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;Lyon r&#233;publicain&lt;/i&gt;, 17 janvier 1883.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le R&#233;volt&#233;&lt;/i&gt;, 20/01-3/02/1883.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;17 janvier 1883.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le R&#233;volt&#233;&lt;/i&gt;, 20/01-3/02/1883&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Archives Nationales, BB 24 875 lettre du directeur de Clairvaux.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Lettre de Jean Grave du 16 juillet 1892 de la prison d'Embrun, Institut fran&#231;ais d'histoire sociale.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le R&#233;volt&#233;&lt;/i&gt;, 30 avril-6 mai 1887.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Archives d&#233;partementales de l'Is&#232;re (ADI) 75 M 2.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Proc&#232;s des anarchistes de l'Is&#232;re devant la Cour d'Assises de l'Is&#232;re, Saint-&#201;tienne, 1890, 64p., p.7.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Lettre &#224; J. Grave, 20 d&#233;cembre 1890, Institut Fran&#231;ais d'histoire sociale.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Lettre &#224; sa femme, 6 mars 1894, Archives d&#233;partementales de la Dr&#244;me. 21 U 209.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;,12 ao&#251;t 1916.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Liste &#233;tablie par le minist&#232;re de l'Int&#233;rieur dans laquelle &#233;tait r&#233;pertori&#233;s les militants r&#233;volutionnaires et antimilitaristes susceptibles d'&#234;tre arr&#234;t&#233;s en cas de guerre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Le Libertaire &#187; entre les deux guerres mondiales (1919-1939)</title>
		<link>https://www.partage-noir.fr/le-libertaire-entre-les-deux-guerres-mondiales-1919-1939</link>
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		<dc:date>2024-02-25T23:05:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Maurice Joyeux</dc:creator>


		<dc:subject>Louis Lecoin</dc:subject>
		<dc:subject>Nestor Makhno</dc:subject>
		<dc:subject>Piotr Archinov </dc:subject>
		<dc:subject>Pierre Besnard</dc:subject>
		<dc:subject>Volont&#233; Anarchiste</dc:subject>
		<dc:subject>Maurice Joyeux</dc:subject>
		<dc:subject>Pierre Martin</dc:subject>
		<dc:subject>Nicolas Faucier</dc:subject>
		<dc:subject>Andr&#233; Prudhommeaux</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;1919. Pierre Martin a disparu, Louis Lecoin va prendre sa place pour animer &lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt; qui repara&#238;t. De nouvelles signatures vont s'ajouter &#224; celles qui ont surv&#233;cu au carnage et &#224; la d&#233;sagr&#233;gation des consciences jet&#233;es dans ce pourrissoir qu'est l'&#233;tat de guerre. S&#233;bastien Faure essaiera bien, pendant cette p&#233;riode tragique, de faire para&#238;tre un journal : &lt;i&gt;Ce qu'il faut dire&lt;/i&gt;, qui devra rapidement se saborder devant les menaces du pouvoir. Les anarcho-syndicalistes crieront avec les militants qui iront &#224; Zimmerwald pour essayer d'arr&#234;ter la guerre : &lt;q&gt;Cette guerre n'est pas notre guerre&lt;/q&gt;. Efforts infructueux, mais qui sauveront l'honneur du mouvement ouvrier. Les anarchistes, cependant, ne d&#233;sarment pas. Ils feront para&#238;tre le 15 juin 1917 un num&#233;ro clandestin du &lt;i&gt;Libertaire&lt;/i&gt;, ce qui vaudra &#224; Lepetit, &#224; Barb&#233;, &#224; Content, &#224; Ruff et &#224; Le Meillour des peines de prison importantes.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-25-du-libertaire-au-monde-libertaire-histoire-du-journal-de-l-" rel="directory"&gt;25 - Du &#171; Libertaire &#187; au &#171; Monde libertaire &#187; : Histoire du journal de l'organisation des anarchistes - Maurice Joyeux&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-louis-lecoin-+" rel="tag"&gt;Louis Lecoin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-nestor-makhno-+" rel="tag"&gt;Nestor Makhno&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-piotr-archinov-+" rel="tag"&gt;Piotr Archinov &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-pierre-besnard-+" rel="tag"&gt;Pierre Besnard&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-volonte-anarchiste-302-+" rel="tag"&gt;Volont&#233; Anarchiste&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-maurice-joyeux-314-+" rel="tag"&gt;Maurice Joyeux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-pierre-martin-+" rel="tag"&gt;Pierre Martin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-nicolas-faucier-+" rel="tag"&gt;Nicolas Faucier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-andre-prudhommeaux-+" rel="tag"&gt;Andr&#233; Prudhommeaux&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/sans_titre-3-6-19ee0.jpg?1774703810' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Mais tant que nous subirons la honte que nous subissons, tant que la classe ouvri&#232;re organis&#233;e de ce pays subira la honte qu'elle subit, c'est-&#224;-dire que tant qu'&#224; la t&#234;te de la C.G.T. il y aura les hommes qui ont, depuis sept ans, le pass&#233; de reniement que nous connaissons, il n'y a pas de possibilit&#233; de s'entendre sur une orientation syndicale possible. Et le premier geste &#224; faire, notre premier geste, camarades d&#233;l&#233;gu&#233;s dans ce congr&#232;s, c'est de nettoyer les &#233;curies d'Augias et de vomir les gens qui, depuis 1914, ont manqu&#233; &#224; toutes les motions pass&#233;es des congr&#232;s pr&#233;c&#233;dents&lt;/q&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Louis Lecoin. &lt;br class='autobr' /&gt;
Intervention au congr&#232;s conf&#233;d&#233;ral de Lille, septembre 1921. &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt;, septembre 1921.&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_4753 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH178/martin-72eb2-03c8b.jpg?1774725564' width='150' height='178' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;1919. Pierre Martin a disparu, Louis Lecoin va prendre sa place pour animer &lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt; qui repara&#238;t. De nouvelles signatures vont s'ajouter &#224; celles qui ont surv&#233;cu au carnage et &#224; la d&#233;sagr&#233;gation des consciences jet&#233;es dans ce pourrissoir qu'est l'&#233;tat de guerre. S&#233;bastien Faure essaiera bien, pendant cette p&#233;riode tragique, de faire para&#238;tre un journal : &lt;i&gt;Ce qu'il faut dire&lt;/i&gt;, qui devra rapidement se saborder devant les menaces du pouvoir. Les anarcho-syndicalistes crieront avec les militants qui iront &#224; Zimmerwald pour essayer d'arr&#234;ter la guerre : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Cette guerre n'est pas notre guerre&lt;/q&gt;. Efforts infructueux, mais qui sauveront l'honneur du mouvement ouvrier. Les anarchistes, cependant, ne d&#233;sarment pas. Ils feront para&#238;tre le 15 juin 1917 un num&#233;ro clandestin du &lt;i&gt;Libertaire&lt;/i&gt;, ce qui vaudra &#224; Lepetit, &#224; Barb&#233;, &#224; Content, &#224; Ruff et &#224; Le Meillour des peines de prison importantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le 26 janvier 1919 que para&#238;t le premier num&#233;ro du &lt;i&gt;Libertaire &lt;/i&gt; de l'apr&#232;s-guerre. Dans ce premier num&#233;ro, les anarchistes rejettent ceux d'entre eux qui, avec Jean Grave, Pierrot, Malato et quelques autres, ont particip&#233; &#224; l'effort de guerre au c&#244;t&#233; des d&#233;mocraties. Ils le font d'ailleurs avec d&#233;dain. L'&#233;ditorial du num&#233;ro 1 du journal d&#233;clare : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Si nous avons un sujet &#224; m&#233;diter, ce n'est pas sur la fragilit&#233; de nos doctrines, de notre id&#233;al, mais bien sur le manque de conscience, sur la l&#226;chet&#233;, sur l'aberration dont firent preuve certains individus qui ne peuvent, &#224; eux seuls, personnifier l'Anarchie&lt;/q&gt;. Lor&#233;al et Le Meillour, dans une s&#233;rie d'articles, vont d&#233;noncer les &#171; revenants &#187;, les &#171; cadavres putr&#233;fi&#233;s &#187;. Querelle qui ne sera jamais close, et Pierrot, dans &lt;i&gt;Plus loin&lt;/i&gt;, posera un probl&#232;me qui n'est pas encore r&#233;solu dans nos milieux : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Si la participation &#224; la guerre vide les principes pacifistes et antimilitaristes, la non-r&#233;sistance aux arm&#233;es d'invasion constitue une violation non moins grande du principe primordial de la r&#233;sistance &#224; l'oppression, un abandon au moins aussi grand de l'esprit de r&#233;volte&lt;/q&gt;. Question &#224; laquelle j'essaierai pour ma part de r&#233;pondre avec quelques amis pendant la Seconde Guerre mondiale et que je d&#233;finirai dans&lt;i&gt; La Rue&lt;/i&gt; du troisi&#232;me trimestre 1971, &#224; l'occasion de la mort de Louis Lecoin :&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_389 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH213/louis_lecoin-8dfbf-8523d.jpg?1774725564' width='150' height='213' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small &gt;Louis Lecoin.&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Nous refusions d'assumer les convulsions qui d&#233;clenchaient les guerres. Notre premier adversaire, c'&#233;tait d'abord l'&#201;tat et le capitalisme fran&#231;ais qui nous mettaient en prison, c'&#233;tait Vichy qui nous y maintenait, c'&#233;tait le gendarme d&#233;mocrate qui nous y conduisait, le soldat allemand ou am&#233;ricain qui voulait nous y maintenir. Dans de telles &#233;poques, la grande politique n'est plus de saison. L'adversaire, lorsqu'on ne veut pas faire la guerre et lutter contre l'oppression, il n'est pas besoin de sortir de l'X pour le d&#233;finir ; le militant agit, c'est-&#224;-dire d&#233;nonce l'oppression, et alors l'adversaire qui veut l'empoigner se d&#233;masque et la lutte s'impose. C'est une position dissemblable de celle de Lecoin. Elle n'est pas moins anarchiste que la sienne. Ce fut la n&#244;tre, &#224; nous qui refuserons toujours de faire une diff&#233;rence entre la servitude et la guerre&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le Libertaire &lt;/i&gt; est reparti, il va prendre une part active aux mouvements sociaux qui secouent la soci&#233;t&#233; capitaliste de l'&#233;poque. Mais la grande affaire qui perturbe la bourgeoisie europ&#233;enne, c'est la R&#233;volution russe. Les anarchistes, d&#232;s 1917, ont manifest&#233; de la sympathie pour la R&#233;volution russe. &lt;i&gt;Le Libertaire &lt;/i&gt; va d'abord, dans ses premiers num&#233;ros, proclamer que, malgr&#233; ses lacunes, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;la R&#233;volution russe est un fait consid&#233;rable&lt;/q&gt;, et Lepetit &#233;crira dans le num&#233;ro de janvier 1921 : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Un progr&#232;s immense est accompli sous le rapport moral, ce qui nous fait aimer quand m&#234;me la R&#233;volution russe malgr&#233; toutes ses erreurs&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreux anarchistes se rendent &#224; Moscou aux congr&#232;s de l'Internationale politique ou syndicale. Ils rentrent d&#233;sabus&#233;s. On peut dater la rupture du &lt;i&gt;Libertaire &lt;/i&gt; avec les communistes russes et ses repr&#233;sentants en France avec la disparition inexplicable de Lepetit, de Lefebvre et de Vergeat lors de leur retour de Russie et en route pour la France pour participer au congr&#232;s conf&#233;d&#233;ral de la C.G.T. o&#249; ils devaient rendre compte de leur d&#233;l&#233;gation. Un livre excellent de Mauricius, &#233;galement d&#233;l&#233;gu&#233; &#224; Moscou et qui raconte ses m&#233;saventures, rompra le charme. La r&#233;volte de Cronstadt finira de d&#233;chirer le voile. Dans le num&#233;ro du journal de novembre 1921, Gaston Leval, qui lui aussi rentre de Moscou, est particuli&#232;rement s&#233;v&#232;re avec les bolcheviks : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;[...] On a fait des syndicats des instruments au service du parti, on a emp&#234;ch&#233; leur &#233;volution normale, leur &#233;ducation, leur adaptation logique aux besoins de la r&#233;volution ; par la violence, la prison, la d&#233;portation, l'annulation des &#233;lections et beaucoup d'autres proc&#233;d&#233;s du m&#234;me genre, l'accomplissement de leur mission a &#233;t&#233; rendu impossible&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_4754 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;70&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/arton3411.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH324/arton3411-fcb96.jpg?1774725564' width='500' height='324' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Lepetit, Lefebvre et Vergeat en Russie durant l'&#233;t&#233; 1920. &lt;a href=&#034;https://cartoliste.ficedl.info/article3411.html&#034; target=&#034;_blank&#034;&gt;Cartoliste&lt;/a&gt;&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;sillusion des r&#233;dacteurs du &lt;i&gt;Libertaire &lt;/i&gt; est d'autant plus profonde qu'en France les anarchistes ont engag&#233; la lutte contre les r&#233;formistes, mais &#233;galement contre les communistes pour la conqu&#234;te de la C.G.T.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lendemain de la guerre, la lutte des tendances va reprendre au sein de la C.G.T. entre les r&#233;formistes et les r&#233;volutionnaires que la conversion de quelques-uns de ces derniers au bolch&#233;visme va encore compliquer. &lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt;, naturellement, va participer &#224; tous les efforts tent&#233;s par les anarcho-syndicalistes pour conqu&#233;rir l'appareil conf&#233;d&#233;ral. Le point culminant sera le Congr&#232;s de Lille de 1921, qui verra la scission entre les deux grands courants du mouvement ouvrier. Cependant, les militants de l'Union anarchiste &#8211; qui vient d'&#234;tre constitu&#233;e et dont &lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt; est devenu le moyen d'expression &#8211; marqueront leur distance entre eux et l'anarcho-syndicalisme inspir&#233; par Pierre Besnard et qui domine la minorit&#233; syndicaliste-r&#233;volutionnaire rassembl&#233;e dans les Comit&#233;s syndicalistes r&#233;volutionnaires, les C.S.R.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux yeux des anarchistes, l'anarcho-syndicalisme doit &#234;tre confort&#233; par l'anarchie, et dans Le Libertaire de janvier 1921, Veber &#233;crit : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Que nos amis qui militent dans cette organisation nouvelle, C.S.R., sachent bien que nous applaudirons toujours leurs efforts et qu'ils nous trouveront &#224; leurs c&#244;t&#233;s pour d&#233;fendre le syndicalisme. Cela d'autant mieux que nous allons plus loin qu'eux-m&#234;mes puisque nos volont&#233;s sont tendues vers l'ind&#233;pendance des individus&lt;/q&gt;, et, dans une controverse avec Monatte, qui ne va pas tarder &#224; rejoindre le Parti communiste, Georges Bastien rappelle que &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;le mouvement syndical propose aussi bien la d&#233;fense des revendications imm&#233;diates que la r&#233;volution sociale&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_4757 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;16&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH200/besnard-pierre-2-05d7c-20620-8b6f2.png?1774725564' width='150' height='200' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Pierre Besnard&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;bats du congr&#232;s C.G.T. &#224; Lille seront tumultueux et&lt;i&gt; Le Libertaire&lt;/i&gt; va en donner un compte rendu d&#233;taill&#233; non sans mettre en &#233;vidence les interventions de Lecoin, de Colomer et de quelques autres, ainsi que, bien entendu, sa version du coup de revolver que Lecoin tirera dans les limpes pour r&#233;tablir le calme. Il va naturellement informer ses lecteurs des suites de la scission intervenue &#224; Lille, de la constitution de la C.G.T.U. dont Besnard sera le premier secr&#233;taire avant d'&#234;tre d&#233;log&#233; par les communistes. Le journal appuiera tous les efforts des anarcho-syndicalistes pour reconqu&#233;rir la direction de la nouvelle centrale syndicale. Ils &#233;choueront. &lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt; va alors prendre ses distances avec les divers courants de l'anarcho-syndicalisme dont certains sont rest&#233;s &#224; la C.G.T., dont d'autres iront &#224; la C.G.T.-S.R., alors qu'une minorit&#233;, dont je fus, continuera d'appartenir &#224; la C.G.T.U., clivage entre les organisations syndicales auxquelles adh&#233;reront les anarchistes, qu'on retrouve encore de nos jours, et que l'&#233;migration russe &#224; partir de 1930 et la guerre d'Espagne ne feront qu'accentuer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si la R&#233;volution russe et la lutte pour la conqu&#234;te de l'organisation syndicale marquent les premi&#232;res ann&#233;es du &lt;i&gt;Libertaire&lt;/i&gt;, d'autres probl&#232;mes vont trouver leur place &#224; la &#171; une &#187; : le coup de revolver que Cottin tirera sur Cl&#233;menceau, celui de Germaine Berton contre Plateau, l'assassinat de Philippe Daudet, entre autres, comme l'affaire Fantomas o&#249; des ouvriers trouv&#232;rent la mort dans une bataille entre communistes et anarchistes. Pourtant, aucun de ces faits divers n'obtint autant de place dans les colonnes du journal que le probl&#232;me de l'organisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant la guerre,&lt;i&gt; Le Libertaire&lt;/i&gt; avait &#233;t&#233; le journal d'un homme, puis d'un groupe, et &#224; la fin de la guerre il va encore, pour un moment, &#234;tre l'&#233;manation de quelques militants : Content, Lecoin, Le Meillour, Lor&#233;al, etc. Apr&#232;s le congr&#232;s constitutif de l'Union anarchiste, il va devenir, pour la premi&#232;re fois, le journal d'une organisation. D&#232;s le num&#233;ro 1 du &lt;i&gt;Libertaire&lt;/i&gt;, Lecoin avait pos&#233; le probl&#232;me de l'organisation : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Le parti doit &#234;tre organis&#233; sur des bases f&#233;d&#233;ralistes, &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;&#233;crivait-il,&lt;/span&gt; laissant la plus compl&#232;te libert&#233; aux groupes&lt;/q&gt;, et Georges Bastien expliquait dans un num&#233;ro de septembre 1921 : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Nous n'obtiendrons notre maximum de rendement au point de vue propagande et action que par l'organisation. Nous ne lutterons avec efficacit&#233; contre les partis... que par l'organisation&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_4758 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;87&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/arton5074.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH309/arton5074-d5225.jpg?1774725564' width='500' height='309' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Photo de groupe avec Nestor Makhno, Galina Kouzmenko, Piotr Archinov, etc. &lt;a href=&#034;https://cartoliste.ficedl.info/article5074.html&#034; target=&#034;_blank&#034;&gt;Cartoliste&lt;/a&gt;&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; partir de ce probl&#232;me de l'organisation tel que le pos&#232;rent un certain nombre d'anarchistes russes r&#233;fugi&#233;s en France avec Archinoff et Makhno que s'ouvrira dans les colonnes du journal une pol&#233;mique sur la plate-forme. &lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt;, dans son num&#233;ro de fin avril 1932, passera la mise en garde de Novik, secr&#233;taire du Club progressiste de Chicago, qui constate : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Ayant reconnu tous les principes sus-indiqu&#233;s du bolch&#233;visme, avec toutes les cons&#233;quences logiques, Archinoff, de par ce fait, se met hors des rangs du mouvement anarchiste&lt;/q&gt;. Cependant, l'organisation de l'Union r&#233;volutionnaire anarchiste reste &#224; l'ordre du jour et Bastien dira dans &lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt; de 1925 : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Ils ont tous peur de voir mutiler leur Moi dans une organisation. C'est pourquoi ils la rejettent d'une fa&#231;on cat&#233;gorique et d&#233;tourn&#233;e, chicanant sur chaque minuscule d&#233;tail. Tout leur r&#233;pugne &#224; l'association r&#233;guli&#232;re&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vers les ann&#233;es 30, de nouvelles signatures sont venues enrichir la r&#233;daction du journal, et la bataille entre les &#171; plate-formistes &#187; et les &#171; synth&#233;sistes &#187; fait rage : ce sont celles de Lasborde et de Nicolas Faucier, un jeune militant qui jouera un r&#244;le important par la suite et qui &#233;crit dans le num&#233;ro de fin d&#233;cembre 1931 : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Il ne suffit pas de d&#233;noncer la malfaisance du capitalisme &#224; tout venant et de pr&#233;coniser la r&#233;volution comme une panac&#233;e, un rem&#232;de. La lutte r&#233;volutionnaire est de tous les jours. En attendant l'heure du grand soir, c'est bribe par bribe que nous devons arracher les am&#233;liorations qui porteront le germe des espoirs vers des actions plus f&#233;condes&lt;/q&gt;. Ce qui est encore vrai de nos jours !&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_4759 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;10&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH200/ernestan-6f26c-74efb.jpg?1774725564' width='150' height='200' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Ernestan&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;On rel&#232;ve &#233;galement la signature, dans le journal de cette p&#233;riode, d'un militant belge de grande valeur auquel on n'a pas rendu l'hommage que son &#339;uvre m&#233;ritait ! Il s'appelait Ernestan et il &#233;crivit : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;L'anarchisme ne remplira son r&#244;le social que nous lui reconnaissons, le socialisme libertaire ne sera une r&#233;alit&#233; que le jour o&#249; il sera con&#231;u et exprim&#233; avec la nettet&#233; indispensable.&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, il faut souligner, dans&lt;i&gt; Le Libertaire&lt;/i&gt; de d&#233;cembre 1931, que Jean, rendant compte du congr&#232;s de la C.G.T.U., d&#233;nonce cette petite canaille de Gitton qui, pendant des ann&#233;es, sera l'homme de la pr&#233;fecture au bureau politique du Parti communiste et qui sera abattu pendant l'Occupation par les clandestins du parti : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;C'est un jeune, Gitton, qui avait la charge d'arracher le masque unitaire de la C.G.T.U. Le seul fait de le voir nomm&#233; rapporteur est tout un symbole. C'est le type parfait de la g&#233;n&#233;ration neuve de formation exclusivement bolch&#233;vique, sans aucune conscience syndicaliste, que Moscou impose &#224; la direction des affaires de la C. G. T. U.&lt;/q&gt;. On ne saurait mieux dire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'Union anarchiste r&#233;volutionnaire, la th&#232;se de l'organisation finira par triompher avec, comme corollaire, les cartes d'adh&#233;sion et les timbres de cotisation qui ont tant fait hurler les &#171; purs &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais des probl&#232;mes plus urgents vont solliciter le journal de l'Union anarchiste. Le fascisme, qui a triomph&#233; en Italie et en Allemagne, pointe son nez en France. Le 6 f&#233;vrier, les ligues descendent dans la rue. Il y a des morts. Au Congr&#232;s de Paris de 1934, le mouvement se ressoude. Pas pour longtemps d'ailleurs, car le 16 ao&#251;t se cr&#233;e &#224; Toulouse la F&#233;d&#233;ration anarchiste fran&#231;aise. La guerre d'Espagne et le Front populaire vont aggraver les divisions entre les deux organisations dissidentes. De nouveaux militants vont animer le journal &#224; la veille de la Premi&#232;re Guerre mondiale : Anderson, Fr&#233;mont, Scheck, Ridel !&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_4760 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;26&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/durruti-ascaso-jover.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH218/durruti-ascaso-jover-10295-6611b.jpg?1774716240' width='150' height='218' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Durruti, Ascaso et Jover&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt;, depuis des ann&#233;es, soutenait avec vigueur les campagnes de Louis Lecoin pour la d&#233;fense des militants ouvriers emprisonn&#233;s &#8211; campagne pour la lib&#233;ration de Sacco et Vanzetti qui d&#233;butera en 1921 et se cl&#244;turera avec l'ex&#233;cution des deux anarchistes par le gouvernement am&#233;ricain. Le journal patronne toutes les manifestations, et, dans le num&#233;ro du 4 novembre 1921, son &#233;ditorialiste &#233;crit : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Jusqu'au bout, jusqu'&#224; la lib&#233;ration de Sacco-Vanzetti, les travailleurs fran&#231;ais, pour effacer la honte dont la carence de leurs chefs les ent&#226;che, poursuivront avec la m&#234;me conviction, avec la m&#234;me ardeur et le m&#234;me courage l'agitation &#233;nergique et intense qu'ils ont si bien commenc&#233;e&lt;/q&gt;. Campagne pour la lib&#233;ration d'Ascaso et de Durruti, des militants espagnols r&#233;fugi&#233;s en France et emprisonn&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Union anarchiste, comme son journal&lt;i&gt; Le Libertaire&lt;/i&gt;, sera toujours insensible &#224; l'&#233;volution de l'anarchisme en Espagne o&#249; l'organisation anarcho-syndicaliste a pris une dimension internationale et compte un million d'adh&#233;rents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre civile en Espagne d&#233;bute le 17 juillet 1936. Lecoin constitue imm&#233;diatement un comit&#233; pour l'Espagne libre qui organisera des meetings aux tribunes desquelles d&#233;fileront des personnages importants de l'&#233;poque : Jouhaux, Marceau Pivert et m&#234;me Cachin. &lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt; du 8 d&#233;cembre 1936 pr&#233;cise toutefois : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Nous avons le devoir de surmonter, au moins pour l'instant, le d&#233;plaisir que nous causent certains contacts&lt;/q&gt;. Enfin, le journal va donner la plus large audience &#224; Solidarit&#233; internationale antifasciste, organisme cr&#233;&#233; par les Espagnols pour aider le mouvement anarchiste espagnol dans sa lutte sur deux fronts : contre les troupes de Franco et contre les staliniens qui avaient entrepris, avec l'aide de Moscou, de liquider le mouvement r&#233;volutionnaire espagnol. Naturellement, la lutte anti-fasciste va poser quelques probl&#232;mes au mouvement anarchiste, par nature pacifiste, antimilitariste. &lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt; &#233;crira, avec la caution de S&#233;bastien Faure : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Le choc dramatique est devenu fatal entre l'Espagne des palais et des ch&#226;teaux et celle des taudis et des chaumi&#232;res, entre l'Espagne des privil&#233;gi&#233;s et des d&#233;sh&#233;rit&#233;s, entre la mis&#233;rable minorit&#233; qui est affam&#233;e de domination et d'autorit&#233; et l'immense multitude qui est assoiff&#233;e de r&#233;volte et de libert&#233;&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1696 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH236/andre_prudhommeaux-fc2a8-f18cb.jpg?1774702289' width='150' height='236' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Andr&#233; Prudhommeaux&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;La solidarit&#233; du journal avec la C.N.T. espagnole s'exercera sur tous les plans, m&#234;me si la politique de la direction de l'organisation oblige les militants &#224; avaler certaines couleuvres. Les membres de l'Union anarchiste vont franchir les Pyr&#233;n&#233;es pour constituer la centurie S&#233;bastien Faure et feront taire leurs scrupules par le cri : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Miliciens, oui ! Soldats, jamais !&lt;/q&gt;. L'entr&#233;e de quatre ministres anarchistes dans le gouvernement Caballero va soulever quelques remous dans l'Union anarchiste et des r&#233;serves de militants de la qualit&#233; d'Andr&#233; Prudhommeaux et de Voline, dont le journal &lt;i&gt;L'Espagne antifasciste&lt;/i&gt; exprima les critiques des militants de la F.A.F. Il fallut attendre 1937 pour que S&#233;bastien Faure, &#224; son tour, mette en question dans &lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt; la politique de la C.N.T. espagnole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le Libertaire &lt;/i&gt; avait accueilli tr&#232;s froidement la cr&#233;ation par Pierre Besnard de la C.G.T.-S.R. Les militants sont pour l'union syndicale, et le journal, en 1936, &#233;crit &#224; propos du Congr&#232;s de Toulouse : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;L'esprit syndicaliste l'a emport&#233;&lt;/q&gt; et pr&#233;conise la formation de groupes d'usines pour faire pi&#232;ce aux communistes. &lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt; saluera l'immense mouvement de gr&#232;ve qui, en 1936, se r&#233;pand sur tout le pays, m&#234;me s'il fait des r&#233;serves sur le Front populaire, et Faucier rappelle, dans le num&#233;ro de juillet 1936, que &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;le contrat collectif ne doit pas se borner &#224; r&#233;glementer les rapports entre patrons et ouvriers dans la paix sociale&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_4761 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;17&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH200/faucier-nicolas-d8a93-4fade-7a6de.jpg?1774725564' width='150' height='200' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Nicolas Faucier&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Mais la guerre est l&#224;, et la victoire de Franco en Espagne est le pr&#233;lude &#224; la Seconde Guerre mondiale. Celle-ci laissera les anarchistes d&#233;sempar&#233;s. L'enqu&#234;te que m&#232;ne &lt;i&gt;Le Libertaire &lt;/i&gt; aupr&#232;s de ses lecteurs dans : &#171; Pr&#233;cisons notre pacifisme &#187; r&#233;v&#232;le le d&#233;sarroi de notre mouvement, impuissant &#224; arr&#234;ter une guerre que la population s'appr&#234;te &#224; subir avec r&#233;signation. Dans un dernier cri, Maurice Doutreau titre son article : &#171; Qu'ils y aillent et qu'ils en cr&#232;vent ! &#187; C'est effectivement ce que va faire, sous pr&#233;texte d'antifascisme, cette g&#233;n&#233;ration du Front populaire. Elle est bien loin l'illusion de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale r&#233;volutionnaire. Lecoin et Faucier essaieront de sauver l'honneur en publiant le tract fameux : &#171; Paix imm&#233;diate &#187;. Quelques-uns dispara&#238;tront dans la nature et je fus de ceux-l&#224; ; d'autres pratiqueront le d&#233;brouillage individuel. La plupart, r&#233;sign&#233;s, r&#233;pondront &#224; l'appel. Le dernier congr&#232;s avait donn&#233; des consignes : en cas de guerre, les militants doivent sauver leur peau et r&#233;aliser une organisation clandestine leur permettant de rester en liaison, m&#234;me si toute propagande est impossible. De cette fa&#231;on, ils pourront agir &#224; partir de 1943 dans un regroupement qui pr&#233;figurera ce que sera la F&#233;d&#233;ration anarchiste et son journal &lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt; &#224; la Lib&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce Libertaire d'entre-deux-guerres conservera son aspect classique qui fut le sien d&#232;s son origine. Les anarchistes sont traditionalistes, y compris dans le lettrage qui forme le titre du journal. Son tirage variera peu, un peu plus d'un millier d'abonn&#233;s, un tirage un peu plus fort impos&#233; par sa distribution dans les points de vente du trust Hachette, 15 000 &#224; 20 000 num&#233;ros pour une vente de 6 000 &#224; 7 000 exemplaires, avec des pointes les jours de fi&#232;vre. Apr&#232;s l'affaire Daudet, le journal sera quelques temps quotidien, pour revenir &#224; cette sage parution hebdomadaire qui lui est traditionnelle. Contrairement &#224; ce qu'on voit de nos jours, l'actualit&#233; politique tient peu de place dans ses colonnes, r&#233;serv&#233;es &#224; l'action ouvri&#232;re, &#224; la propagande antimilitariste et &#224; la doctrine anarchiste. C'est un journal construit &#171; &#224; l'ancienne &#187;, qui n'a pas encore adopt&#233; les &#233;volutions de la presse quotidienne. Disons qu'il est aust&#232;re, journal de militants fait par des militants pour des militants, et qu'on ach&#232;te plus par devoir que par plaisir. Les articles, longs comme des jours sans pain, sont pourtant bien construits par des autodidactes qui se sont donn&#233; une culture solide, qui cultivent pourtant encore le complexe d'&#233;lite du mouvement ouvrier. Pour ce texte, je viens de relire d'innombrables num&#233;ros de ce journal d'entre les deux guerres mondiales o&#249; j'ai appris l'ABC de l'Anarchie, et je suis &#233;tonn&#233; de la qualit&#233; de style et de la r&#233;flexion de nos anciens, de leur clairvoyance surtout&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire la collection du Libertaire &#224; la Biblioth&#232;que nationale et la premi&#232;re (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Lire la collection du &lt;i&gt;Libertaire &lt;/i&gt; &#224; la Biblioth&#232;que nationale et la premi&#232;re partie du second volume :&lt;i&gt; Le Mouvement anarchiste en France &lt;/i&gt; de Jean Maitron, &#233;ditions Masp&#233;ro, auquel il a &#233;t&#233; fait de nombreux emprunts pour construire ce texte.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Le Libertaire &#187; avant La Premi&#232;re Guerre mondiale (1895-1914)</title>
		<link>https://www.partage-noir.fr/le-libertaire-avant-la-premiere-guerre-mondiale-1895-1914</link>
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		<dc:date>2024-02-24T23:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Maurice Joyeux</dc:creator>


		<dc:subject>Volont&#233; Anarchiste</dc:subject>
		<dc:subject>Jean Grave</dc:subject>
		<dc:subject>&lt;i&gt;Les Temps nouveaux&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>Georges Yvetot </dc:subject>
		<dc:subject>&#201;mile Pouget</dc:subject>
		<dc:subject>Pierre Martin</dc:subject>
		<dc:subject>Louis Lecoin</dc:subject>
		<dc:subject>S&#233;bastien Faure</dc:subject>
		<dc:subject>Charles Malato</dc:subject>
		<dc:subject>Victor M&#233;ric</dc:subject>
		<dc:subject>Georges Pioch</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;C'est le 16 novembre 1895 que S&#233;bastien Faure publie le premier num&#233;ro du &lt;i&gt;Libertaire&lt;/i&gt;, en France cette fois-ci ! Le journal prend la suite des deux hebdomadaires anarchistes : &lt;i&gt;La R&#233;volte&lt;/i&gt; de Jean Grave et &lt;i&gt;Le P&#232;re Peinard &lt;/i&gt; d'Emile Pouget, qui viennent d'avoir des ennuis avec la justice. Il n'est pas sans int&#233;r&#234;t de noter qu'&#224; la m&#234;me &#233;poque, Jean Grave, qui ne d&#233;sarme pas, lance &lt;i&gt;Les Temps nouveaux &lt;/i&gt; destin&#233; &#224; remplacer &lt;i&gt;La R&#233;volte &lt;/i&gt; et dont l'audience va devenir consid&#233;rable dans les milieux litt&#233;raires.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-25-du-libertaire-au-monde-libertaire-histoire-du-journal-de-l-" rel="directory"&gt;25 - Du &#171; Libertaire &#187; au &#171; Monde libertaire &#187; : Histoire du journal de l'organisation des anarchistes - Maurice Joyeux&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-jean-grave-+" rel="tag"&gt;Jean Grave&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-les-temps-nouveaux-+" rel="tag"&gt;&lt;i&gt;Les Temps nouveaux&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-georges-yvetot-+" rel="tag"&gt;Georges Yvetot &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-emile-pouget-+" rel="tag"&gt;&#201;mile Pouget&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-pierre-martin-+" rel="tag"&gt;Pierre Martin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-louis-lecoin-+" rel="tag"&gt;Louis Lecoin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-sebastien-faure-+" rel="tag"&gt;S&#233;bastien Faure&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-charles-malato-90-+" rel="tag"&gt;Charles Malato&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-victor-meric-+" rel="tag"&gt;Victor M&#233;ric&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-georges-pioch-+" rel="tag"&gt;Georges Pioch&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/le_libertaire___fonde_par_____bpt6k29285091_copie-119f2.jpg?1774693295' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt; Les syndicats ouvriers, cela n'est pas contestable, sont et seront, &#224; mon avis, les embryons de la soci&#233;t&#233; future. Une telle affirmation, ici faite, semble os&#233;e si on se reporte quelques ann&#233;es en arri&#232;re. Il &#233;tait &#224; la mode, en ce temps, dans les milieux anarchistes, ou de tendance telle, de d&#233;nigrer les groupements syndicaux, les associations &#233;conomiques ouvri&#232;res, sentines &#233;lectorales, p&#233;pini&#232;res &#224; candidats disaient pontificalement quelques-uns qu'&#233;coutait, bouche-b&#233;e, la grande masse des compagnons qui, panurgiquement, suivait les contempteurs des organisations ouvri&#232;res...&lt;/q&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Anarchistes et syndicalistes &#187;, Louis Grandidier, &lt;i&gt;Le libertaire&lt;/i&gt;, 5/12 novembre 1899.&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est le 16 novembre 1895 que S&#233;bastien Faure publie le premier num&#233;ro du &lt;i&gt;Libertaire&lt;/i&gt;, en France cette fois-ci ! Le journal prend la suite des deux hebdomadaires anarchistes : &lt;i&gt;La R&#233;volte&lt;/i&gt; de Jean Grave et &lt;i&gt;Le P&#232;re Peinard &lt;/i&gt; d'Emile Pouget, qui viennent d'avoir des ennuis avec la justice. Il n'est pas sans int&#233;r&#234;t de noter qu'&#224; la m&#234;me &#233;poque, Jean Grave, qui ne d&#233;sarme pas, lance &lt;i&gt;Les Temps nouveaux &lt;/i&gt; destin&#233; &#224; remplacer &lt;i&gt;La R&#233;volte &lt;/i&gt; et dont l'audience va devenir consid&#233;rable dans les milieux litt&#233;raires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A sa parution,&lt;i&gt; Le Libertaire&lt;/i&gt; de S&#233;bastien Faure &#8212; qui n'a pas encore &#233;labor&#233; sa th&#233;orie de la synth&#232;se anarchiste &#8212; va &#234;tre un journal de tendance individualiste. Aupr&#232;s de celui de S&#233;bastien Faure, on trouve les noms d'Emile Girault, d'Henri Dhorr, de Paraf-Javal. Il faudra attendre la cr&#233;ation de &lt;i&gt;L'Anarchie&lt;/i&gt; en 1905, o&#249; se retrouveront Libertad, Lorulot, Mauricius, Armand, etc., pour que dans les pages du &lt;i&gt;Libertaire&lt;/i&gt;, devenu l'organe du mouvement anarchiste, soient &#224; peu pr&#232;s refl&#233;t&#233;es sur un pied plus ou moins &#233;galitaire toutes les tendances de l'anarchie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce &lt;i&gt;Libertaire &lt;/i&gt; premi&#232;re mani&#232;re est violemment antisyndicaliste, et Paraf-Javal &#233;crira dans un num&#233;ro d'avril 1904 ce commentaire &#233;difiant : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Qu'est-ce que le syndicalisme ? C'est un groupement dans lequel les abrutis se classent par m&#233;tier pour essayer de rendre moins intol&#233;rables les rapports entre les patrons et les ouvriers. De deux choses l'une : ou bien ils ne r&#233;ussissent pas et alors la besogne syndicale est inutile, ou bien ils r&#233;ussissent et alors le syndicat est nuisible car un groupe d'hommes aura rendu sa situation moins intol&#233;rable et aura, par la suite, fait durer la situation actuelle !&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_4750 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;13&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH211/paraf-javal-944c7-cb7b3.jpg?1774719778' width='150' height='211' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Paraf-Javal&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Il est certain, compte-tenu des outrances du temps, que Paraf-Javal posait un probl&#232;me qui a fait et fera encore couler beaucoup d'encre dans les milieux anarchistes, et pas seulement parmi eux. En effet, c'est &#224; partir de jugements de cette nature que L&#233;nine et ses amis ont mis le syndicalisme dans des fers, de fa&#231;on &#224; ce qu'il ne soit plus que l'organisation de masse des Partis communistes. Mais une telle attitude ne ralliera pas tous les militants libertaires, comme le d&#233;montre le texte plac&#233; en exergue de ce chapitre, et l'anarcho-syndicalisme qui va se d&#233;velopper dans le pays trouvera bient&#244;t sa place dans le journal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce qui fut la grande affaire de ce &lt;i&gt;Libertaire &lt;/i&gt; de S&#233;bastien Faure fut s&#251;rement l'affaire Dreyfus ! A vrai dire, lorsqu'elle &#233;clata en 1894, elle fut loin de passionner les milieux ouvriers, et Pouget &#233;crivait dans&lt;i&gt; Le P&#232;re Peinard &lt;/i&gt; &#224; propos de l'arrestation de Dreyfus : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;[...] Qu'il soit innocent ou coupable, je m'en tamponne le coquillard, j'ai beau le reluquer sous toutes ses coutures, je ne retrouve en lui que l'officier. Et, Nom de Dieu, je ne perds pas de vue que s'il &#233;tait arriv&#233; un coup de chambard &#224; l'&#233;poque o&#249; le capitaine Dreyfus se pavanait, chamarr&#233; de galons, il aurait parad&#233; dans le clan des fusilleurs&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette opinion est r&#233;pandue dans les milieux ouvriers et pas seulement chez les anarchistes qui comptent des centaines de militants dans les bagnes militaires. Dans un premier temps, &lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt; gardera le silence et lorsque, en 1897, la dimension que prit la campagne en faveur de la r&#233;vision obligera le journal &#224; rompre le silence, S&#233;bastien Faure &#233;crira : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;La personnalit&#233; de Dreyfus m'est indiff&#233;rente. Comme officier, il appartient &#224; cette caste d'individus qui commanderaient le feu contre moi et mes amis si demain la r&#233;volte s'affirmait&lt;/q&gt;. S&#233;bastien Faure a certainement raison, pourtant, petit &#224; petit, &lt;i&gt;Le Libertaire &lt;/i&gt; va sortir de sa r&#233;serve, car la condamnation de Dreyfus d&#233;passe ce personnage falot pour devenir un probl&#232;me de droits de l'homme.&lt;i&gt; Le Libertaire &lt;/i&gt; va alors organiser un meeting pour protester contre le huis-clos du proc&#232;s. Aupr&#232;s de S&#233;bastien Faure et de Louise Michel, le militant anarcho-syndicaliste Tortelier dit tout haut ce que beaucoup d'ouvriers pensent tout bas : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;[...] Je ne veux pas laisser passer sans d&#233;clarer que les anarchistes n'ont qu'&#224; se r&#233;jouir de ce que les dirigeants et les galonn&#233;s se mangent le nez. Tant mieux, tant mieux, Dreyfus et Esterhazy, je m'en fous&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1789 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;17&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/fauresebastien_police.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH229/fauresebastien_police-a7f5f-965a4.jpg?1774703895' width='150' height='229' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;S&#233;bastien Faure&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Cependant, S&#233;bastien Faure a bien vu le profit que la propagande anarchiste peut tirer des affrontements de la classe dirigeante qui se d&#233;chire ! &lt;i&gt;Le Libertaire &lt;/i&gt; du 4 septembre 1898 para&#238;t avec ce titre : &#171; Dreyfus est innocent &#187;, et S&#233;bastien Faure &#233;crit dans son journal : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Je jetterai dans la m&#234;l&#233;e mes ardeurs et mes col&#232;res, mes revendications et mes haines&lt;/q&gt;. Et il va tenir parole ! &lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt; va devenir le journal de la r&#233;vision, m&#234;me si Emile Pouget &#233;crit dans &lt;i&gt;Le P&#232;re Peinard &lt;/i&gt; d'un ton d&#233;sabus&#233; : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;On boucane bougrement autour de Dreyfus, des chi&#233;s types chialent sur son sort parce qu'il est riche ! Tandis que peu, bien peu, s'apitoient sur les mis&#232;res qu'endurent les innocents &#224; qui on vient de refuser l'amnistie&lt;/q&gt;. Opinion qui est bien pr&#232;s d'&#234;tre partag&#233;e par Guesde et ses amis socialistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Curieusement, &lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt; va &#234;tre la victime de ce mouvement irr&#233;sistible qui pousse les travailleurs &#224; arracher le capitaine Dreyfus de l'Ile-du-Diable. En f&#233;vrier 1899, S&#233;bastien Faure abandonne &lt;i&gt;Le Libertaire &lt;/i&gt; hebdomadaire pour lancer un quotidien : &lt;i&gt;Le Journal du Peuple&lt;/i&gt;, qui va r&#233;unir les plus brillantes signatures des intellectuels qui, de pr&#232;s ou de loin, se r&#233;clament de la presse libertaire ! Attitude qui ne sera pas toujours appr&#233;ci&#233;e dans les couches prol&#233;tariennes qui se r&#233;clament de l'anarchie. La disparition du &lt;i&gt;Libertaire &lt;/i&gt; sera de courte dur&#233;e, six mois au plus, et en novembre 1899, le journal repara&#238;t.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;tt&gt;&lt;picto|nom=asterisk&gt;&lt;/tt&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le premier num&#233;ro de cette nouvelle s&#233;rie, Louis Grandidier d&#233;fend avec vigueur la participation des anarchistes au mouvement syndical. Cet article marque le tour diff&#233;rent que va prendre &lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt;. Insensiblement, presque naturellement, il va devenir l'expression des trois grands courants de l'anarchie : l'individualisme, l'anarcho-syndicalisme et le communisme-libertaire. Encore faudra-t-il attendre la fondation d'un nouveau journal :&lt;i&gt; L'Anarchie&lt;/i&gt;, pour que, les individualistes l'ayant rejoint, les attaques contre le syndicalisme s'estompent. Dans les colonnes du&lt;i&gt; Libertaire&lt;/i&gt;, une rubrique nouvelle est ouverte : &#171; Les gr&#232;ves &#187;, qu'Yvetot, secr&#233;taire de la F&#233;d&#233;ration des bourses du travail, r&#233;digera. Depuis ce jour, une page du &lt;i&gt;Libertaire &lt;/i&gt; va &#234;tre consacr&#233;e aux luttes ouvri&#232;res et au d&#233;veloppement des organisations syndicales. Celles-ci occupent encore de nos jours une place importante dans les feuilles du journal.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_4751 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH197/vernet_madeleine__libertaire_-1e7dd-f8d96.jpg?1774719778' width='150' height='197' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Madeleine Vernet&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Mais l'Anarchie se veut universelle, dans le sens o&#249; elle propose aux hommes une soci&#233;t&#233; diff&#233;rente qui englobe toutes les activit&#233;s humaines. Moins tranchant que&lt;i&gt; Les Temps nouveaux &lt;/i&gt; de Jean Grave,&lt;i&gt; Le Libertaire&lt;/i&gt; de S&#233;bastien Faure ouvre ses colonnes aux activit&#233;s multiples des anarchistes. Paul Robin y d&#233;veloppera ses conceptions n&#233;o-malthusianistes, Madeleine Vernet d&#233;fendra la limitation des naissances. Le journal va participer au d&#233;veloppement des Universit&#233;s populaires tout en pr&#233;conisant une culture anarchiste &#224; travers la culture populaire, et en d&#233;non&#231;ant les dangers de n&#233;gliger la premi&#232;re au profit de la seconde. Et c'est avec amertume que, dans le premier num&#233;ro de janvier 1913, un militant d&#233;nonce cette culture qui &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;annihile la force de r&#233;volte des travailleurs qui viennent assister aux cours&lt;/q&gt;. Ce qui est encore vrai de nos jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les probl&#232;mes de l'enseignement sont une des pr&#233;occupations constantes du mouvement anarchiste. &lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt; va &#234;tre le support naturel de l'exp&#233;rience tent&#233;e &#224; travers la Ruche par S&#233;bastien Faure, qu'il d&#233;finira comme &#171; l'&#233;cole de demain &#187; face &#224; l'&#233;cole chr&#233;tienne et &#224; l'&#233;cole la&#239;que, rejoignant ainsi l'exp&#233;rience similaire de Francisco Ferrer &#224; Barcelone. L'int&#233;r&#234;t des anarchistes pour le mouvement coop&#233;ratif est constant : r&#233;miniscence de l'enseignement de Proudhon ou d&#233;sire d'&#233;chapper &#224; l'exploitation du capital ? Les deux, probablement. C'est un anarchiste, Daud&#233;-Bancel, qui va &#234;tre le th&#233;oricien de ce mouvement coop&#233;ratif qui, dans le nord de la France comme en Belgique, va prendre un d&#233;veloppement consid&#233;rable. Avec prudence, &lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt; va appuyer ce mouvement pendant quelques ann&#233;es et refl&#233;ter l'illusion de la coop&#233;rative de production qui se voulait un oasis au sein d'une &#233;conomie capitaliste, erreur qui la conduira &#224; l'impasse et qui est encore celle qui guette l'autogestion plac&#233;e de nos jours devant le dilemme par des hommes qui n'ont pas encore compris que le socialisme ne peut &#234;tre que le fruit d'une r&#233;volution sociale ayant aboli les classes !&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1125 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;17&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/arton3270.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH237/arton3270-aca44-7f43c.jpg?1774719778' width='150' height='237' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Georges Yvetot.&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Violemment hostile &#224; l'&#201;tat, &lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt; sera farouchement antimilitariste. Il donnera une large place au Congr&#232;s contre la Guerre qui se tiendra &#224; Saint-Etienne en 1905 et que deux de ses r&#233;dacteurs : Georges Yvetot et Miguel Almereyda, animeront. Dans ses colonnes, une discussion anim&#233;e va s'engager entre ceux qui, comme Kropotkine et le docteur Pierrot, sont partisans, sous certaines conditions, de la d&#233;fense de la d&#233;mocratie, ceux qui, comme Libertad et Paraf-Javal, sont pour l'insoumission totale, et les anarcho-syndicalistes, comme Yvetot et Pouget, qui pr&#233;conisent la lutte au sein de l'arm&#233;e et la transformation de la guerre imp&#233;rialiste en guerre civile &#8211; ce qui deviendra la position adopt&#233;e par le syndicalisme-r&#233;volutionnaire, avant d'&#234;tre celle de L&#233;nine, Trotsky et consorts. L'&#233;t&#233; 1914, devant la mobilisation g&#233;n&#233;rale, l'histoire tranchera et nous retrouverons quelques-uns de ces plus farouches r&#233;volutionnaires sur la ligne bleue des Vosges, c&#233;dant, il faut bien le constater, &#224; un mouvement d'opinion irr&#233;sistible. C'est au cours de ces campagnes contre l'arm&#233;e que nous verrons appara&#238;tre pour la premi&#232;re fois dans les colonnes du journal le nom de Louis Lecoin, qui commence une longue marche qui le conduira, de prison en prison, &#224; la gr&#232;ve de la faim et au statut de l'objection de conscience. Jusqu'&#224; la d&#233;claration de la Premi&#232;re Guerre mondiale, &lt;i&gt;Le Libertaire &lt;/i&gt; demeurera irr&#233;ductiblement antimilitariste, et seul Almereyda rejoindra la position de Pierre Kropotkine. Le mouvement anarchiste paiera durement pendant la guerre sa fid&#233;lit&#233; &#224; ses id&#233;es et il fournira le gros de ceux qui seront fusill&#233;s pour l'exemple ou qui iront pourrir dans les bagnes militaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques ann&#233;es avant la Premi&#232;re Guerre mondiale, les illusions se sont envol&#233;es. Nous sommes &#224; une &#233;poque o&#249; le doute sur l'instauration d'une soci&#233;t&#233; socialiste libertaire, &#224; la suite d'une r&#233;volution violente, gagne les esprits. Ce fl&#233;chissement &#224; peine perceptible de la pens&#233;e r&#233;volutionnaire va conduire un certain nombre de militants anarchistes vers les &#171; milieux libre &#187; et vers l'&#171; ill&#233;galisme &#187; qui, parfois, se confondent. &lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt; suivra ce mouvement d'opinions avec beaucoup de prudence. Un de ses r&#233;dacteurs aura un jugement s&#233;v&#232;re sur les &#171; milieux libres &#187; &#224; la suite de la disparition de la colonie libertaire &lt;i&gt;l'Essai&lt;/i&gt;. Il &#233;crira, dans le num&#233;ro d'avril 1909 : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Apr&#232;s cinq ann&#233;es d'efforts, de ridicules privations, d'imb&#233;ciles froissements, cette tentative vient de s'effondrer lamentablement... Peut-&#234;tre e&#251;t-il mieux valu qu'elle ne f&#251;t jamais&lt;/q&gt;. Paroles pleines de bon sens, qui n'emp&#234;cheront pas, de nos jours, toute une jeunesse issue des journ&#233;es de juin 1968 de se livrer &#224; nouveau, malgr&#233; nos mises en garde, &#224; de telles &#226;neries !&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_4752 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH200/pioch-georges-1929-agence-rol-7e935-e8ff4-4ac9d.png?1774719778' width='150' height='200' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Georges Pioch&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;A propos de l'&#171; ill&#233;galisme &#187;, &lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt; sera plus nuanc&#233;. Le commentaire qui para&#238;tra dans les colonnes du journal s'appliquera plus &#224; commenter qu'&#224; justifier, m&#234;me si Lephay avait, dans le num&#233;ro de mai 1896, pr&#233;sent&#233; Emile Henry comme un &#171; pr&#233;curseur &#187;. Parlant de Jacob, ap&#244;tre de la reprise individuelle qui conduira quelques-uns des n&#244;tres en prison, Georges Pioch &#233;crit qu'&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;il est un beau sp&#233;cimen de virilit&#233;, de raison libre, et, relativement au meilleur monde que nous &#233;laborons, une le&#231;on d'ap&#244;tre cat&#233;gorique op&#233;rant dans l'imm&#233;diate r&#233;alit&#233;&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'odyss&#233;e des &#171; bandits tragiques &#187; va &#233;galement placer les r&#233;dacteurs du journal dans une position difficile. Il faut dire que c'est dans les colonnes de &lt;i&gt;L'Anarchie&lt;/i&gt; qu'ils trouveront leurs plus chauds d&#233;fenseurs, sous la plume de Lorulot, Armand, Mauricius. Jean Grave, dans &lt;i&gt;Les Temps nouveaux&lt;/i&gt;, prend violemment &#224; partie Bonnot et ses amis : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;De tels actes n'ont rien d'anarchistes, ce sont des actes purement et simplement bourgeois...&lt;/q&gt;. &lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt; se montrera moins cat&#233;gorique, tout en refusant d'approuver, car &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;de tels actes ne constituent pas un facteur d'affranchissement social...&lt;/q&gt;, d&#233;clare Pierre Martin dont le titre de l'article : &#171; H&#233;ro&#239;sme ill&#233;gal et banditisme l&#233;gal &#187; souligne bien l'ambigu&#239;t&#233; du journal devant ce probl&#232;me br&#251;lant, ce qui ne l'emp&#234;che pas de reconna&#238;tre du courage &#224; Bonnot et &#224; ses compagnons.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;tt&gt;&lt;picto|nom=asterisk&gt;&lt;/tt&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ces vingt ann&#233;es qui pr&#233;c&#232;dent la Premi&#232;re Guerre mondiale, &lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt; ne sera jamais le journal d'une organisation. Fond&#233; par S&#233;bastien Faure &#8211; qui le fera vivre avec les b&#233;n&#233;fices que le grand orateur retire de ses tourn&#233;es de conf&#233;rences &#8211; il deviendra insensiblement le journal d'une &#233;quipe qui a vocation de pr&#233;senter tous les groupes anarchistes qui se font et se d&#233;font &#224; une cadence vertigineuse. M&#234;me lorsque, vers 1912, il aura puissamment &#339;uvr&#233; pour que se constitue une premi&#232;re organisation anarchiste avec un semblant de structure (la F&#233;d&#233;ration r&#233;volutionnaire communiste), il faut voir quel luxe de pr&#233;cautions prennent Pierre Martin et A. Dauthuille pour parler des militants de cette organisation, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;nos amis de la F.R.C.&lt;/q&gt;, de mani&#232;re &#224; ne pas donner &#224; penser que le journal puisse &#234;tre devenu celui d'une organisation.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_3954 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/gravejean_police.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH219/gravejean_police-2d972-04b29.jpg?1774719778' width='150' height='219' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Jean Grave&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Naturellement, la tol&#233;rance de ce &lt;i&gt;Libertaire&lt;/i&gt; premi&#232;re mani&#232;re pour tous les courants de la pens&#233;e anarchiste ne l'emp&#234;chera pas de se laisser entra&#238;ner &#224; des pol&#233;miques vigoureuses avec &lt;i&gt;Les Temps nouveaux&lt;/i&gt; de Jean Grave et surtout avec &lt;i&gt;La Guerre sociale&lt;/i&gt; d'Herv&#233; ! Au cours des ann&#233;es, le syndicalisme a pris de plus en plus de place dans les colonnes du journal et le tout s'en ressent. On peut ainsi lire sous la plume de Pamphile, qui n'est autre que Vergeat &#8211; un brillant syndicaliste du b&#226;timent qui dispara&#238;tra tragiquement avec Lefebvre et Lepetit en revenant d'une d&#233;l&#233;gation en Russie en 1921 &#8211;, ce texte contre les individualistes. Il donne bien le ton du &lt;i&gt;Libertaire &lt;/i&gt; de cette &#233;poque : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;[...] la gangr&#232;ne d'un individualisme imb&#233;cile, &#233;troit, plus vil que le conservatisme bourgeois parce que plus hypocrite et qui tuerait l'id&#233;e anarchiste si l'id&#233;e pouvait mourir, les autres organes de Paris &#233;tant tomb&#233;s, les uns dans le militarisme le plus dangereux, sans parler de son &#233;tatisme, les autres dans la crapule antis&#233;mite&lt;/q&gt;. Bien s&#251;r, le militant r&#233;volutionnaire n'est pas tendre avec &lt;i&gt;Les Temps nouveaux &lt;/i&gt; et &lt;i&gt;La Guerre sociale&lt;/i&gt;, mais il s'agit d'un article que j'aurai volontiers sign&#233; des deux mains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On retrouve dans les pages du &lt;i&gt;Libertaire &lt;/i&gt; &#8211; qui ne sacrifiera pas &#224; ce &#171; vice impuni &#187; qu'est la litt&#233;rature et qui est le p&#233;ch&#233; mignon des &lt;i&gt;Temps nouveaux&lt;/i&gt;, le journal de Jean Grave &#8211; la signature de tous les militants de renom de l'anarchisme et de l'anarcho-syndicalisme du d&#233;but de ce si&#232;cle tourment&#233;. Cependant, il reste un journal de militants. Sa derni&#232;re page est remplie de communiqu&#233;s de groupes, d'annonces publicitaires destin&#233;es &#224; faire vendre la litt&#233;rature anarchiste. On y retrouve &#233;galement l'in&#233;vitable appel aux souscriptions, qui permettent au journal de vivre, ce qui fera dire plaisamment &#224; l'abb&#233; Violette, au cours d'un d&#233;bat public avec Andr&#233; Lorulot qu'&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;il existe un point commun entre l'Eglise et les organisations anarchistes, c'est que toutes deux vivent de la qu&#234;te&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le journal refl&#232;te l'aspect de la presse de cette &#233;poque. Il est sobre, gris, compact. La technique de la presse n'a pas encore sacrifi&#233; aux titres flamboyants. Il est difficile de conna&#238;tre son tirage exact. Entre cinq cents et mille abonn&#233;s probablement. Souscrivent, par les membres des groupes constitu&#233;s, l'in&#233;vitable cohorte des professionnels de la lecture et les intellectuels int&#233;ress&#233;s par les id&#233;es libertaires. Le tirage dut rarement d&#233;passer les cinq mille exemplaires vendus &#224; la cri&#233;e dans la rue ou au cours des innombrables r&#233;unions et manifestations organis&#233;es par les groupes. On peut penser que, comme de nos jours,&lt;i&gt; Le Libertaire&lt;/i&gt; est lu par de nombreux responsables syndicaux, en professionnels des probl&#232;mes sociaux. Certains, d'ailleurs, y collaborent occasionnellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est naturellement la premi&#232;re page qui donne le ton au num&#233;ro du journal lorsque l'&#233;v&#233;nement l'impose. La premi&#232;re page de &lt;i&gt;L'Aurore&lt;/i&gt;, barr&#233;e par le &#171; J'accuse &#187; de Zola, d&#233;finit bien ce que fut l'esth&#233;tique de la presse de l'&#233;poque devant la nouvelle &#224; sensation. &lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt; ne d&#233;rogera pas &#224; cet aspect dans ses premi&#232;res pages destin&#233;es &#224; frapper l'imagination, encore que ce f&#251;t la qualit&#233; de ses signatures plus que la recherche de la pr&#233;sentation qui signale l'importance du papier au lecteur. En bref, &lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt;, compte-tenu de ses moyens, est un journal &#171; classique &#187; pour son &#233;poque. Comment pouvait-il en &#234;tre autrement, les travailleurs des imprimeries de cette &#233;poque ayant d&#233;j&#224; une forte coloration libertaire !&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1132 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;22&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/victor_meric-1921-portrait_meurisse.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH205/victor_meric-1921-portrait_meurisse-bdd60-3a9ed.jpg?1774719778' width='150' height='205' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Victor M&#233;ric (1921).&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Aux collaborateurs d&#233;j&#224; signal&#233;s, en dehors de S&#233;bastien Faure dont on remarque en passant qu'il se contentera d'un titre sur quatre colonnes pour annoncer le &#171; virage &#187; &#224; propos de Dreyfus, on trouve Fortun&#233; Henry, adepte des &#171; milieux libres &#187;, Bordes sur l'ill&#233;galisme, Malato sur la r&#233;volution, Labrousse sur l'organisation, Gu&#233;rard, que je conna&#238;trai lorsque j'adh&#233;rerai &#224; l'Union anarchiste, apr&#232;s la Premi&#232;re Guerre mondiale, Pierre Martin, qui sera l'&#226;me du journal, Dauthuille, Janvion, ainsi que tous les syndicalistes de renom depuis Pouget, Vergeat, Lepetit, et quelques hommes de lettres, collaborateurs occasionnels : Augustin Hamon, Victor M&#233;ric, Georges Pioch, Laurent Tailhade, Han Ryner. Mais plus que les noms qu'on y trouve, ce sont ceux qui sont absents qui soulignent le v&#233;ritable caract&#232;re du journal anarchiste qui se veut pluraliste, ce qui parfois d&#233;pla&#238;t dans nos milieux. Il faut souligner cependant que dans les ann&#233;es qui pr&#233;c&#232;dent la Premi&#232;re Guerre mondiale, la tendance anarcho-syndicaliste gagne du terrain dans ses colonnes !&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;tt&gt;&lt;picto|nom=asterisk&gt;&lt;/tt&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;claration de guerre va sonner le glas du journal de S&#233;bastien Faure. La jeune organisation anarchiste dispara&#238;t, noy&#233;e dans la tourmente ; quelques anarchistes comme Martin, Lecoin et Ruff sauveront l'honneur, et d'autres, dont il est inutile de rappeler les noms, plongeront dans un n&#233;o-malthusianisme d&#233;lirant. La plupart, le dos courb&#233;, suivront le cort&#232;ge. Ceux qui refuseront de marcher dans les clous finiront au bagne ou devant les pelotons d'ex&#233;cution. Une page est tourn&#233;e. Le journal est oblig&#233; de se taire. Pour un temps, sans plus ! D&#232;s 1919, &lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt;, l'increvable &lt;i&gt;Libertaire&lt;/i&gt;, va repara&#238;tre avec une nouvelle g&#233;n&#233;ration de r&#233;dacteurs et de lecteurs endurcis dans les tranch&#233;es et les prisons, et ils vont inscrire un nouveau chapitre au journal des anarchistes : &lt;i&gt;Le Libertaire IV&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour l'histoire du Libertaire de cette p&#233;riode, consulter, en dehors de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Pour l'histoire du &lt;i&gt;Libertaire &lt;/i&gt; de cette p&#233;riode, consulter, en dehors de la collection du journal de la Biblioth&#232;que nationale, le premier tome de l'ouvrage de Jean Maitron : &lt;i&gt;Le Mouvement anarchiste en France, des origines &#224; 1914&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Louis Lecoin - Un militant exemplaire [05]</title>
		<link>https://www.partage-noir.fr/louis-lecoin-un-militant-exemplaire-05</link>
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		<dc:date>2021-01-21T23:01:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sylvain Garel</dc:creator>


		<dc:subject>Louis Lecoin</dc:subject>
		<dc:subject>Pierre Martin</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;En novembre 1916, Lecoin sort de prison. Pierre Martin vient de mourir. Quelques jours apr&#232;s sa lib&#233;ration, le 3 d&#233;cembre, Lecoin se rend &#224; une r&#233;union au local du journal de S&#233;bastien Faure &#171; C.Q.F.D. &#187;.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-19-louis-lecoin-et-le-mouvement-anarchiste-" rel="directory"&gt;19 - Louis Lecoin et le mouvement anarchiste&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-louis-lecoin-+" rel="tag"&gt;Louis Lecoin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-pierre-martin-+" rel="tag"&gt;Pierre Martin&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/arton755-505b1.jpg?1774709686' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En novembre 1916, Lecoin sort de prison. Pierre Martin vient de mourir. Quelques jours apr&#232;s sa lib&#233;ration, le 3 d&#233;cembre, Lecoin se rend &#224; une r&#233;union au local du journal de S&#233;bastien Faure &lt;i&gt;C.Q.F.D&lt;/i&gt;. Il prend &#224; parti le tribun anarchiste, l'accusant de continuer &#224; faire para&#238;tre un journal censur&#233; et d'&#234;tre trop timide face aux socialistes et au gouvernement &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;en raison de ses attaches avec les partis non anarchistes et de ses accointances&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Archives Nationales. F. 7/13061, rapport du 4 d&#233;cembre 1916.&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Alphonse Barb&#233;, alors d&#233;serteur, t&#233;moin de la dispute, rapporte : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;S&#233;bastien Faure, qu'il accuse devant une centaine de camarades libertaires, non seulement de trahir la paix, mais d'&#234;tre vendu au gouvernement, ceci parce que Malvy, ministre de l'Int&#233;rieur, avait mis S&#233;bastien Faure en demeure de cesser sa propagande pacifiste, car il y allait de la vie d'un certain nombre de soldats des tranch&#233;es, dans les paquetages desquels on avait trouv&#233; des tracts contre la guerre, sign&#233;s S&#233;bastien Faure ; plac&#233; en face de cette situation tragique et de ses responsabilit&#233;s, S&#233;bastien Faure accepta de suspendre sa campagne pour la paix ; c'est pour ce geste d'humanit&#233; que Lecoin tenta de fustiger ce dernier, il ne fut pas suivi par l'assembl&#233;e qui arbitrait le d&#233;bat&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D&#233;fense de l'Homme, septembre 1971, p. 10.&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lecoin, plus tard, regrette ses accusations : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Ma jeunesse et mon imp&#233;tuosit&#233;, mon inexp&#233;rience, me rendirent injuste envers lui &#224; qui je reprochais, avec v&#233;h&#233;mence, ce que j'appelais ses coupables m&#233;nagements &#224; l'&#233;gard des &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;anarchistes de guerre&lt;/q&gt;&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Louis Lecoin, Le cours d'une vie, d&#233;j&#224; cit&#233; p. 95.&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nouveau en prison, pour insoumission, Lecoin et d'autres d&#233;tenus politiques de la Sant&#233;, r&#233;digent en juin 1917 un num&#233;ro clandestin du &lt;i&gt;Libertaire &lt;/i&gt;, ainsi qu'un peu plus tard, un manifeste, peut-&#234;tre le premier, soutenant les maximalistes de L&#233;nine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'armistice sign&#233;, &lt;i&gt; Le Libertaire &lt;/i&gt; r&#233;appara&#238;t &#224; partir de janvier 1919. Lecoin, toujours en prison, y collabore d&#232;s les premiers num&#233;ros sous le pseudonyme de Leonic. Conscient de l'inefficacit&#233; du mouvement en 1914, il &#233;crit un article intitul&#233; &#171; Organisons-nous &#187; o&#249; il appelle &#224; la constitution d'une organisation anarchiste&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Libertaire, 8 f&#233;vrier 1920.&#034; id=&#034;nh4-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son opinion est importante pour le mouvement libertaire. Lecoin est un martyr qu'il convient de faire lib&#233;rer. &lt;i&gt;Le Libertaire &lt;/i&gt; m&#232;ne une campagne et publie une brochure&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'anarchiste Louis Lecoin et la guerre, Paris 1918 (6 pages).&#034; id=&#034;nh4-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Louis Lecoin est devenu pour nous jeunes libertaires, jeunes syndicalistes, un exemple &#224; suivre. Il nous avait d&#233;montr&#233; qu'on pouvait &#234;tre &#224; la fois syndicaliste, libertaire et antimilitariste&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;May Picqueray, May la r&#233;fractaire, Paris 1980 (247 pages), p. 55. 1916.&#034; id=&#034;nh4-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le Libertaire &lt;/i&gt; doit attendre jusqu'&#224; la fin novembre 1920 pour titrer sur trois colonnes &#224; la une &#171; Lecoin lib&#233;r&#233; &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Libertaire, 28 novembre 1920.&#034; id=&#034;nh4-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Il vient de passer huit ann&#233;es en prison !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Archives Nationales. F. 7/13061, rapport du 4 d&#233;cembre 1916.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;D&#233;fense de l'Homme&lt;/i&gt;, septembre 1971, p. 10.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Louis Lecoin, &lt;i&gt;Le cours d'une vie&lt;/i&gt;, d&#233;j&#224; cit&#233; p. 95.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt;, 8 f&#233;vrier 1920.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;L'anarchiste Louis Lecoin et la guerre&lt;/i&gt;, Paris 1918 (6 pages).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;May Picqueray, &lt;i&gt;May la r&#233;fractaire&lt;/i&gt;, Paris 1980 (247 pages), p. 55. 1916.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt;, 28 novembre 1920.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Louis Lecoin - Un militant exemplaire [03]</title>
		<link>https://www.partage-noir.fr/1-un-militant-exemplaire-03</link>
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		<dc:date>2021-01-19T23:01:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sylvain Garel</dc:creator>


		<dc:subject>Louis Lecoin</dc:subject>
		<dc:subject>Pierre Martin</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;En mars 1912, Louis Lecoin adh&#232;re au Foyer Populaire de Belleville, un des groupes les plus actifs de la F&#233;d&#233;ration Communiste Anarchiste (FCA).&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-19-louis-lecoin-et-le-mouvement-anarchiste-" rel="directory"&gt;19 - Louis Lecoin et le mouvement anarchiste&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-louis-lecoin-+" rel="tag"&gt;Louis Lecoin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-pierre-martin-+" rel="tag"&gt;Pierre Martin&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/arton753-ba95b.jpg?1774709686' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En mars 1912, Louis Lecoin adh&#232;re au Foyer Populaire de Belleville, un des groupes les plus actifs de la F&#233;d&#233;ration Communiste Anarchiste (FCA). La FCA, depuis son premier congr&#232;s en juin 1911, regroupe seize groupes et 400 militants majoritairement anarcho-communistes. Elle &#233;dite et diffuse le journal &lt;i&gt;Le libertaire&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lecoin arrive dans le mouvement anarchiste aur&#233;ol&#233; de son action pendant son service militaire. Il acquiert tr&#232;s vite les bases de l'id&#233;ologie libertaire, gr&#226;ce &#224; l'aide de Pierre Martin, le secr&#233;taire du &lt;i&gt;Libertaire&lt;/i&gt;. L'ancien compagnon de Louise Michel impressionne fortement le jeune militant : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Je garde &#224; mon ami Pierre Martin, mon guide et mon mod&#232;le, un fid&#232;le souvenir&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Louis Lecoin, Le cours d'une vie, d&#233;j&#224; cit&#233; p. 51.&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'activit&#233; de Lecoin est telle qu'en octobre 1912 il est &#233;lu secr&#233;taire de la FCA. L'&#233;lection &#224; un tel poste de responsabilit&#233; d'un militant, entr&#233; six mois plus t&#244;t dans le mouvement, montre &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;que l'impuissance &#224; s'organiser &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;[qui]&lt;/span&gt; est un des traits de l'anarchisme fran&#231;ais avant 1914&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean Maitron, Le mouvement anarchiste en France, Vienne 1975 (609 p.), Tome (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Ce choix entra&#238;ne une protestation des &#233;rudits de l'organisation ; le nouveau secr&#233;taire sait tout juste lire et &#233;crire, il ignore, en grande partie, l'&#339;uvre des grands pr&#233;curseurs de l'anarchisme !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Heureusement que, la guerre approchant, l'&#233;poque est plus &#224; l'action qu'&#224; la discussion. Lecoin d&#233;ploie une intense activit&#233; antimilitariste. Il organise r&#233;unions sur r&#233;unions, met au point de nombreuses initiatives et vend jusqu'&#224; trois cents exemplaires du &lt;i&gt;Libertaire&lt;/i&gt; par semaine. Tout cela en travaillant dix heures par jour sur des chantiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, Lecoin et les militants de la FCA chahutent les r&#233;unions de Gustave Herv&#233; et Miguel Almareyda. Ils n'acceptent pas que ces deux anciens libertaires fassent une propagande n&#233;o-patriotique. Les meetings se terminent souvent &#224; coups de poings quand ce n'est pas &#224; coups de pistolets !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'engagement &#224; outrance de Louis Lecoin lui vaut d'&#234;tre dans le collimateur de la police. Le 15 novembre, il est arr&#234;t&#233; pour avoir &#233;dit&#233; une affiche appelant &#224; la d&#233;sertion&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir annexe.&#034; id=&#034;nh5-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La FCA fait imm&#233;diatement campagne pour la lib&#233;ration de Lecoin. Pierre Martin &#233;crit dans le quotidien de la CGT : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Ils ne peuvent rester longtemps libres, des hommes comme Lecoin, parce que ce sont des &#234;tres fid&#232;les &#224; leurs convictions et qui restent en conformit&#233; avec leurs principes dans tous leurs actes&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La Bataille Syndicaliste, novembre 1912.&#034; id=&#034;nh5-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Louis Lecoin, &lt;i&gt;Le cours d'une vie&lt;/i&gt;, d&#233;j&#224; cit&#233; p. 51.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Jean Maitron, &lt;i&gt;Le mouvement anarchiste en France&lt;/i&gt;, Vienne 1975 (609 p.), Tome I, p. 452.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir annexe.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;La Bataille Syndicaliste&lt;/i&gt;, novembre 1912.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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