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	<title>PARTAGE NOIR</title>
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		<title>PARTAGE NOIR</title>
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		<title>Interview de L&#233;o Voline </title>
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		<dc:subject>Voline</dc:subject>
		<dc:subject>L&#233;o Voline</dc:subject>
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		<dc:subject>&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>Piotr Archinov </dc:subject>
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		<dc:subject>R&#233;volution espagnole (1936-1939)</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Troisi&#232;me fils de Voline, L&#233;o Eichenbaum (plus connu sous le nom de L&#233;o Voline) est n&#233; le 4 janvier 1917. Tr&#232;s t&#244;t, il partage les id&#233;aux de son p&#232;re et, au d&#233;but de l'ann&#233;e 1937, gagne l'Espagne pour &#234;tre incorpor&#233; dans la Columna confederal de la CNT.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-itineraire-une-vie-une-pensee-no13-voline-" rel="directory"&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e n&#176;13 : &#171; Voline &#187;&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-voline-+" rel="tag"&gt;Voline&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-leo-voline-+" rel="tag"&gt;L&#233;o Voline&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-itineraire-une-vie-une-pensee-+" rel="tag"&gt;&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-piotr-archinov-+" rel="tag"&gt;Piotr Archinov &lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-revolution-espagnole-1936-1939-+" rel="tag"&gt;R&#233;volution espagnole (1936-1939)&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/sans_titre-1-8-539b6.jpg?1774699761' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Troisi&#232;me fils de Voline, L&#233;o Eichenbaum (plus connu sous le nom de L&#233;o Voline) est n&#233; le 4 janvier 1917. Tr&#232;s t&#244;t, il partage les id&#233;aux de son p&#232;re et, au d&#233;but de l'ann&#233;e 1937, gagne l'Espagne pour &#234;tre incorpor&#233; dans la Columna confederal de la CNT.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#8212; &lt;i&gt; &lt;strong&gt;&#171; Itin&#233;raire &#187; :&lt;/strong&gt; Comment ton p&#232;re a-t-il v&#233;cu la R&#233;volution russe ? &lt;/i&gt; &lt;br /&gt;&#8212; &lt;strong&gt;L&#233;o Voline :&lt;/strong&gt; Il s'est donn&#233; totalement, &#224; fond, comme toujours, tout au long de sa vie, que ce soit dans le domaine familial ou vis-&#224;-vis de toute personne en difficult&#233;. Il ne s'autorisait aucune excuse, aucune faiblesse, m&#234;me si sa vie en d&#233;pendait. Condamn&#233; &#224; mort par les bolcheviks, il a refus&#233; de renier ses id&#233;es au prix de sa gr&#226;ce, s'il se ralliait &#224; eux. Il n'a jamais voulu jouer au leader et rester &#224; Moscou avec les &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;anarchistes en chambre&lt;/q&gt;. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Heureusement, &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;disait-il,&lt;/span&gt; ce ne sont pas eux qui feront la r&#233;volution.&lt;/q&gt; Et c'est ainsi qu'il est parti rejoindre le mouvement insurrectionnel makhnoviste en Ukraine, d&#232;s qu'il en a eu connaissance. Mon p&#232;re s'est toujours tenu en retrait, proclamant face aux masses : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Moi, je ne suis rien, c'est &#224; vous d'agir, de d&#233;cide ; de vous organiser. C'est vous qui connaissez le mieux vos probl&#232;mes. Je peux simplement vous conseiller.&lt;/q&gt; Son respect pour tout individu &#233;tait total. Pour lui, tout le monde &#233;tait bien et, dans le cas contraire, la soci&#233;t&#233; en &#233;tait responsable. A mon avis, m&#234;me s'il y a une part de vrai, il &#233;tait bien souvent trop indulgent. Il n'imposait jamais son point de vue &#224; quiconque. Un jour, je devais avoir environ 14 ans, je lui ai demand&#233; : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Quelles sont tes id&#233;es ?&lt;/q&gt; Il m'a r&#233;pondu : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Ne t'occupe pas de mes opinions, cherche ta v&#233;rit&#233; toi-m&#234;me.&lt;/q&gt; (...) Je n'ai connu mon p&#232;re que vers l'&#226;ge de 5 ans, lorsque emprisonn&#233; dans la prison Boutirki de Moscou et condamn&#233; &#224; mort, il fut lib&#233;r&#233; sous condition de quitter le pays gr&#226;ce &#224; l'action d&#233;clench&#233;e par une d&#233;l&#233;gation de syndicalistes r&#233;volutionnaires europ&#233;ens, avec &#224; leur t&#234;te le Fran&#231;ais Gaston Leval qui fit un v&#233;ritable scandale... Je ne peux donc me souvenir de rien, en ce qui concerne mon p&#232;re, avant cet &#226;ge. Il ne me reste en m&#233;moire que ce qui concerne notre vie de tous les jours, avec en toile de fond un village : Bobrow, au nord de l'Ukraine, et... les larmes de ma m&#232;re, seule avec trois enfants, sans nouvelle de mon p&#232;re : &#233;tait-il mort ou vivant... Et la faim... La nourriture constituait le probl&#232;me majeur, on ne parlait que de cela. Je me souviens d'une vieille paysanne qui vivait avec nous et qui aidait ma m&#232;re. Un jour, notre chat qui ne mangeait que des souris &#8212; il y en avait beaucoup &#8212; surgit avec un gros morceau de viande dans la gueule, chapard&#233; on ne sait o&#249;. La &#171; babouchka &#187; a bien mang&#233; ce jour-l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &lt;i&gt; &lt;strong&gt;I :&lt;/strong&gt; Comment ton p&#232;re, issu d'une famille bourgeoise, a-t-il &#233;t&#233; amen&#233; &#224; devenir un r&#233;volutionnaire ?&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;&#8212; &lt;strong&gt;L. V. :&lt;/strong&gt; Il m'a racont&#233; comment, vers l'&#226;ge de 14 ans, scandalis&#233; en g&#233;n&#233;ral par le sort des gens du peuple et en particulier par celui de leur propre bonne, Anita, une fille de 16 ans, toujours premi&#232;re lev&#233;e et derni&#232;re couch&#233;e, n'ayant droit qu'&#224; deux ou trois heures de sortie le dimanche, il demanda &#224; sa m&#232;re comment elle pourrait construire sa vie, rencontrer un gar&#231;on... Sa m&#232;re lui r&#233;pondit : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Ne t'occupe pas de cela ou tu finiras en Sib&#233;rie !&lt;/q&gt; C'est exactement ce qui s'est produit neuf ans plus tard, lors de la R&#233;volution de 1905. Il fut d&#233;port&#233; &#224; vie, &#224; 23 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &lt;i&gt; &lt;strong&gt;I : &lt;/strong&gt; Comment avez-vous v&#233;cu l'exil ? &lt;/i&gt; &lt;br /&gt;&#8212; &lt;strong&gt;L. V. :&lt;/strong&gt; Nous avons quitt&#233; la Russie, marqu&#233;s par les privations, amaigris, avec pour toute fortune deux valises. Il faut avoir connu cela pour savoir ce qu'est la famine, avoir vu les cadavres dans les rues, morts de faim... La mis&#232;re nous a accompagn&#233;s en Allemagne. Nous &#233;tions cinq enfants, les deux a&#238;n&#233;s &#233;tant de la premi&#232;re femme de mon p&#232;re. Nous nous sommes install&#233;s dans deux pi&#232;ces lou&#233;es aux environs de Berlin. On voyait tr&#232;s peu mon p&#232;re car il travaillait dans la capitale comme comptable, me semble-t-il. Pour compl&#233;ter ses revenus, il donnait des le&#231;ons de langues (russe, fran&#231;ais et allemand). C'&#233;tait une p&#233;riode difficile, mais nous &#233;tions heureux. Mon p&#232;re paraissait vivre son r&#234;ve de soci&#233;t&#233; meilleure, toujours de bonne humeur, optimiste... L'harmonie r&#233;gnait dans la famille, jamais une dispute... Puis, au bout de trois ans, nous avons emm&#233;nag&#233; &#224; Berlin. Mon p&#232;re faisait des d&#233;marches afin de quitter l'Allemagne pour la France. On commen&#231;ait &#224; voir d&#233;filer les Jeunesses hitl&#233;riennes, des meetings, des bagarres. Mon p&#232;re partait souvent pour donner des conf&#233;rences. Ma m&#232;re tremblait pour lui, ne vivait plus. Nous n'allions plus &#224; l'&#233;cole, pr&#234;ts au d&#233;part. Nous &#233;tions toute la journ&#233;e dehors vu que pour toute la famille &#8212; sauf les deux fr&#232;res a&#238;n&#233;s qui vivaient chez des amis &#8212; nous n'avions qu'une mansarde sous les toits pour la nuit. Avec ma s&#339;ur Natacha, nous passions une grande partie de notre temps sur les courts de tennis qui jouxtaient notre immeuble. De riches Berlinois y venaient et nous courions toute la journ&#233;e pour ramasser leurs balles, ce qui nous faisait faire du sport et nous permettait de ramener un peu d'argent &#224; la maison. Notre p&#232;re tenait nos comptes. Plus tard, en France, en 1929, cela m'a pay&#233; mon premier v&#233;lo. C'est en 1925 que avons enfin obtenu l'autorisation de venir en France, d'o&#249; mon p&#232;re avait &#233;t&#233; expuls&#233;...&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_4660 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH186/import-volin_leo02-2341d-6e80c-5b282.jpg?1774725563' width='150' height='186' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;L&#233;o Voline&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&#8212; &lt;i&gt; &lt;strong&gt;I :&lt;/strong&gt; En 1916, je crois... &lt;/i&gt; &lt;br /&gt;&#8212; &lt;strong&gt;L. V. :&lt;/strong&gt; Oui, apprenant qu'il devait &#234;tre arr&#234;t&#233; et intern&#233;, suite &#224; une d&#233;nonciation, pour avoir r&#233;dig&#233; un tract contre la guerre, il s'est enfuit, a rejoint Bordeaux et s'est embarqu&#233; comme soutier sur le &lt;i&gt;La Fayette &lt;/i&gt; sous le nom de Fran&#231;ois-Joseph Rouby. Au cours du voyage, &#233;puis&#233;, les mains en sang, il pensa se rendre au capitaine mais, aid&#233; par les autres soutiers, il tint jusqu'&#224; l'arriv&#233;e aux &#201;tats-Unis et y resta jusqu'au d&#233;clenchement de la R&#233;volution russe. Il a fait savoir &#224; ma m&#232;re, toujours &#224; Paris, qu'il regagnait la Russie en passant par le Japon et la Chine, et il lui demandait de le rejoindre. C'est ainsi que nous embarqu&#226;mes &#224; Brest sur le &lt;i&gt;Dvinsk&lt;/i&gt;, paquebot russe faisant partie d'un convoi, le 5 ao&#251;t 1917. Le convoi fit un large d&#233;tour, descendant d'abord dans la direction de l'&#233;quateur, puis dans une large boucle s'orienta vers le nord, pour finir par passer au nord de l'Angleterre, car les mers et l'oc&#233;an &#233;taient infest&#233;s de sous-marins allemands. Un paquebot fut m&#234;me coul&#233; en cours de route et nous arriv&#226;mes &#224; Arkhangelsk le 20 ao&#251;t 1917.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &lt;i&gt; &lt;strong&gt;I : &lt;/strong&gt; Et, en France, comment cela s'est-il pass&#233; ? &lt;/i&gt; &lt;br /&gt;&#8212; &lt;strong&gt;L. V. : &lt;/strong&gt; Lors de notre retour en France en 1925, nous avons d'abord &#233;t&#233; h&#233;berg&#233;s par de vieux amis de mon p&#232;re, les Fuchs, rue Lamarck &#224; Paris, le temps de trouver un logement. Mon p&#232;re n'a jamais voulu loger dans les grandes villes, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;pour la sant&#233; des enfants&lt;/q&gt;. Gr&#226;ce &#224; Henri Sellier, s&#233;nateur-maire de Suresnes, nous avons obtenu un logement dans la Cit&#233;-jardin de Gennevilliers qui venait d'&#234;tre b&#226;tie. Nos conditions de vie restaient tr&#232;s difficiles. Je me souviens qu'un jour mon p&#232;re se mit &#224; rire : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Il nous manque cinq centimes pour acheter un pain !&lt;/q&gt; Mais il tenait &#224; ce que nous fassions des &#233;tudes malgr&#233; tout, d'autant plus que certains camarades lui avaient reproch&#233;, vu sa vie de militant, d'avoir eu des enfants. Les deux a&#238;n&#233;s, n'aimant pas l'&#233;cole &#8212; il est vrai qu'arriv&#233;s &#224; 13 et 15 ans dans un pays dont ils ne connaissaient pas la langue &#8212;, pr&#233;f&#233;r&#232;rent apprendre un m&#233;tier dans une &#233;cole de m&#233;canique. Natacha choisit la danse : son professeur fut la c&#233;l&#232;bre &#233;toile des ballets russes, devenue princesse Ksichinskaya, ma&#238;tresse du tsar Nicolas II. Mon p&#232;re l'a rencontr&#233;e et, apr&#232;s une longue conversation, l'a jug&#233;e tr&#232;s bien, mais lui a dit : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Cela n'a rien &#224; voir avec mes id&#233;es, ma fille veut faire de la danse...&lt;/q&gt; Moi, j'&#233;tais tr&#232;s bricoleur et d&#233;montais tout, m&#234;me la machine &#224; coudre de ma m&#232;re, pour voir comment cela marchait. On m'orienta donc vers le technique o&#249; je r&#233;ussis tr&#232;s bien. Mon p&#232;re travaillait comme comptable ; il y ajouta un travail compl&#233;mentaire de maroquinerie &#224; domicile. C'est souvent, avec ma m&#232;re, qu'ils ne dormaient pas de la nuit afin d'achever une commande. Aussi, ayant rapidement appris, je les aidais souvent le soir, jusqu'au jour o&#249; j'ai d&#233;cid&#233; d'arr&#234;ter mes &#233;tudes pour travailler. J'ai fait plusieurs entreprises, comme radiotechnicien, avant le d&#233;clenchement de la guerre d'Espagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &lt;i&gt; &lt;strong&gt;I :&lt;/strong&gt; Tu y as particip&#233;, comment cela s'est-il pass&#233; ? &lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; &lt;strong&gt;L. V. :&lt;/strong&gt; Pour moi le probl&#232;me &#233;tait simple : du moment que je militais pour une soci&#233;t&#233; de forme libertaire, il &#233;tait logique de rejoindre ceux qui luttaient pour une telle soci&#233;t&#233;. Des responsables espagnols venaient &#224; la maison, j'assistais aux rencontres avec mon p&#232;re. Il s'agissait souvent d'achats d'armes, mais auparavant il fallait trouver de l'argent en vendant des titres et autres valeurs r&#233;cup&#233;r&#233;s dans des banques espagnoles. Il m'est arriv&#233; de rouler dans Paris, accompagnant les porteurs de valeurs, un pistolet dans ma poche. &#199;a faisait tr&#232;s &#171; cin&#233;ma &#187;. En novembre 1936, voyant que cette guerre n'&#233;tait pas qu'un feu de paille, je d&#233;cidais de partir. Mon p&#232;re m'a dit : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;R&#233;fl&#233;chis bien car c'est toute ta vie qui en sera boulevers&#233;e.&lt;/q&gt; Le temps de tout r&#233;gler et je suis parti le 14 janvier 1937. Je venais d'avoir 20 ans. En fait, c'est presque tout le petit groupe libertaire du 15&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissement de Paris qui est parti : cinq gar&#231;ons et une fille. C'est la CGT-SR qui a organis&#233; le d&#233;part. Un pr&#233;tendu contr&#244;le d'identit&#233; a eu lieu &#224; la fronti&#232;re, mais les policiers fran&#231;ais avaient re&#231;u des ordres pour laisser filer tous ces ind&#233;sirables. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je ne croyais pas du tout au succ&#232;s des forces r&#233;publicaines. Je songeais sans cesse qu'aucun parti politique, aucun gouvernement, d'aucun pays, ne peut admettre la victoire d'une force &#224; dominante libertaire. J'ai observ&#233; plus tard combien j'avais vu juste... Tous ont trahi : depuis le gouvernement r&#233;publicain qui ne donnait pas les armes au peuple, en passant par les communistes qui faisaient encercler nos unit&#233;s par les fascistes, en ouvrant la ligne de front. De mon unit&#233; de plus de 4 000 hommes, il en est rest&#233; 532 pour sortir de l'encerclement le 6 f&#233;vrier 1938, apr&#232;s 24 heures de bataille. On n'a pas suffisamment parl&#233; des Am&#233;ricains qui ravitaillaient Franco, pendant que l'Angleterre et la France, d'accord avec la Russie, pr&#234;chaient la non-intervention. (...) &lt;br class='autobr' /&gt;
A notre arriv&#233;e &#224; Barcelone, &#224; peine descendu du train, notre petit groupe s'est vu entour&#233; par une bande de communistes : ils nous recevaient &#224; bras ouverts pour nous embrigader dans leurs unit&#233;s. Heureusement un groupe des Jeunesses libertaires &#8212;tr&#232;s puissantes en Catalogne &#8212; nous attendait aussi et les a fait d&#233;guerpir. J'avais l'id&#233;e, vu ma formation de radionavigant, de m'engager dans l'aviation r&#233;publicaine. Apr&#232;s quelques d&#233;marches, on m'a envoy&#233; &#224; Valence pour y &#234;tre incorpor&#233;. M'&#233;tant pr&#233;sent&#233; dans le bureau qui en d&#233;pendait, je fus re&#231;u par un employ&#233; assis derri&#232;re son comptoir. Au m&#234;me moment, trois officiers sup&#233;rieurs qui venaient d'arriver m'entendirent et, souriants, me mirent la main sur l'&#233;paule en me disant en fran&#231;ais : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;C'est tr&#232;s bien, on t'emm&#232;ne de suite !&lt;/q&gt; Je r&#233;agis tr&#232;s vite : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Mais vous m'emmenez o&#249; ?&lt;/q&gt; R&#233;ponse : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Dans les Brigades internationales !...&lt;/q&gt; J'ai recul&#233; vers la porte, en disant : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Avec les communistes, jamais !&lt;/q&gt; M'&#233;tant renseign&#233;, j'appris qu'une colonne anarchiste allait rapidement monter au front pour relever la Columna de Hierro (Colonne de Fer), plus ou moins d&#233;cim&#233;e apr&#232;s six mois de front. Je me suis donc pr&#233;sent&#233; devant un responsable pour m'engager dans une colonne de la CNT, la Columna confederal, sous le nom de L&#233;o Voline. Il &#233;tait heureusement surpris que je fus un des fils... &#171; de mon p&#232;re &#187;. C'est ainsi que, fin f&#233;vrier 1937, avec des centaines de jeunes gens entass&#233;s dans des camions, par des routes impossibles, en chantant des hymnes anarchistes et des chants r&#233;volutionnaires, je fon&#231;ai vers le front de Teruel.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_4661 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;81&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/sans_titre-2-22.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH208/sans_titre-2-22-894a0-1e950.jpg?1774725563' width='150' height='208' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;L&#233;o Voline (&#224; gauche) &#224; Barcelone en mars 1938 avec son compagnon Julio Garcia.&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&#8212; &lt;i&gt; &lt;strong&gt;I : &lt;/strong&gt; Et ton p&#232;re, par rapport &#224; la guerre d'Espagne ? &lt;/i&gt; &lt;br /&gt;&#8212; &lt;strong&gt; L. V. :&lt;/strong&gt; Mon p&#232;re s'&#233;tait enti&#232;rement engag&#233; dans l'action aux c&#244;t&#233;s du mouvement espagnol. Il &#233;tait en contact permanent avec des responsables, principalement du fait qu'il s'occupait de la r&#233;daction du journal &lt;i&gt;l'Espagne antifasciste&lt;/i&gt;, &#233;dit&#233; &#224; Paris. Il recevait donc tous les jours des informations sur les &#233;v&#233;nements en cours. Et c'est ainsi qu'arriva, le 21 novembre 1936, un t&#233;l&#233;gramme ainsi r&#233;dig&#233; : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Durruti assassin&#233; sur le front de Madrid par les communistes.&lt;/q&gt; Une heure plus tard, un deuxi&#232;me t&#233;l&#233;gramme est arriv&#233; (au moment o&#249; mon p&#232;re partait pour l'imprimerie), disant : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Annuler le premier t&#233;l&#233;gramme, pour sauvegarder l'unit&#233; d'action.&lt;/q&gt; C'&#233;tait le mot d'ordre absolu de l'&#233;poque. J'ai rencontr&#233; plus tard en prison, &#224; Cerb&#232;re, venant d'Espagne et arr&#234;t&#233; &#224; la fronti&#232;re, un gar&#231;on, un Corse, qui rentrait comme moi, &#233;c&#339;ur&#233; des communistes, qui m'a avou&#233; avoir fait partie du commando ayant abattu Durruti. Il &#233;tait tr&#232;s &#233;mu et m'a cri&#233; : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Mais je te jure, L&#233;o, que je n'ai pas tir&#233; !&lt;/q&gt; Il s'appelait Andr&#233; Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &lt;i&gt; &lt;strong&gt; I :&lt;/strong&gt; Beaucoup de monde venait vous rendre visite, pour voir ton p&#232;re... &lt;/i&gt; &lt;br /&gt;&#8212; &lt;strong&gt;L. V. :&lt;/strong&gt; C'&#233;tait un d&#233;fil&#233; permanent, une situation terrible surtout pour ma m&#232;re. Avec mon p&#232;re, la porte &#233;tait toujours ouverte. Beaucoup de &#171; parasites &#187; venaient essentiellement pour se mettre &#224; table, sans songer aux probl&#232;mes que cela nous posait. Certains en avaient pris l'habitude et venaient manger r&#233;guli&#232;rement. Je n'ai jamais oubli&#233; le regard de ma m&#232;re lorsqu'elle les voyait arriver. C'&#233;tait parfois des &#233;trangers &#233;vad&#233;s, pourchass&#233;s pour leurs id&#233;es, que des camarades fran&#231;ais envoyaient chez Voline. Il y avait plusieurs raisons &#224; cela : mon p&#232;re parlait plusieurs langues, il poss&#233;dait aussi des relations dont il n'a jamais us&#233; pour lui-m&#234;me, bien utiles pour d&#233;panner les autres. Il connaissait Henri Sellier, s&#233;nateur-maire de Suresnes ; L&#233;on Blum ; le pr&#233;fet de Paris Jean Chiappe (&#224; qui l'ami de mon p&#232;re, Paul Fuchs, avait sauv&#233; la vie et qui lui avait promis son aide chaque fois qu'il le faudrait). Il y avait &#233;galement l'avocat Henri Torr&#232;s...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &lt;i&gt; &lt;strong&gt; I :&lt;/strong&gt; Certains &#233;taient francs-ma&#231;ons, comme ton p&#232;re... &lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;&#8212; &lt;strong&gt; L. V. :&lt;/strong&gt; Oui, peut-&#234;tre... je suis par temp&#233;rament quelqu'un de tr&#232;s r&#233;serv&#233;. Il y a donc des domaines que je n'ai jamais abord&#233; avec mon p&#232;re, sauf une fois o&#249; je lui ai demand&#233; pourquoi il &#233;tait franc-ma&#231;on. Il m'a r&#233;pondu qu'il avait h&#233;sit&#233; &#224; cause de certains rites avec lesquels il n'&#233;tait pas d'accord, mais qu'il pensait que c'&#233;tait un milieu o&#249; l'on pouvait r&#233;pandre largement ses id&#233;es, vu que sa loge &#233;tait d&#233;j&#224; tr&#232;s &#171; &#224; gauche &#187;. Je sais aussi que, par ces relations, il pouvait aider beaucoup de monde. Lorsque des camarades en difficult&#233; arrivaient, mon p&#232;re en usait pour faire r&#233;gulariser leur situation ; leur procurer des papiers, permis de s&#233;jour, logement et travail. C'&#233;tait souvent tr&#232;s difficile. Parfois des gens ont log&#233; chez nous... en attendant. Il y eut aussi, heureusement, de vrais amis qui ont tout fait pour, discr&#232;tement, se charger des enfants, organiser une f&#234;te, se transformer en p&#232;re No&#235;l... Je me rappelle en particulier des Goldenberg, de Senya Flechine et Mollie Steimer, des Doubinsky, Archinov et autres...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &lt;i&gt; &lt;strong&gt;I :&lt;/strong&gt; Makhno et Archinov venaient-ils aussi ? &lt;/i&gt; &lt;br /&gt;&#8212; &lt;strong&gt;L. V. :&lt;/strong&gt; Oui, Archinov et sa femme, avec leur gar&#231;onnet Andr&#233;, sont venus durant des ann&#233;es jusqu'&#224; leur d&#233;part pour la Russie. Mon p&#232;re lui disait : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Marine...&lt;/q&gt;. Je ne sais pourquoi on l'appelait ainsi. Je me souviens en particulier d'un chant qu'avec Makhno ils entonnaient ensemble, o&#249; il &#233;tait question de &#171; Batko &#187; (Makhno), d'&#171; Oncle Marine &#187; (Archinov) et de Voline. Lorsque Archinov venait &#224; la maison en 1927, &#224; Gennevilliers, et qu'il languissait de son pays &#8212; moi, j'&#233;tais m&#244;me, &#226;g&#233; d'une dizaine d'ann&#233;es &#8212;, mon p&#232;re lui r&#233;p&#233;tait sans cesse : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Marine, il ne faut pas partir. Ils te fusilleront. Ne te fais pas d'illusion, ils ne te pardonneront jamais...&lt;/q&gt; Il est parti quand m&#234;me, en 1932, et ils l'ont fusill&#233; en 1937... Makhno est venu souvent quand nous habitions notre mansarde &#224; Berlin. Je l'&#233;coutais de toutes mes oreilles car il ne racontait que ses batailles, ses coups d'audace, ses ruses, face &#224; l'ennemi : du vrai western pour moi qui avais entre 7 et 9 ans. Ensuite, en France, nous habitions en lointaine banlieue ; &#233;puis&#233;, malade, handicap&#233; par ses nombreuses blessures, nous le v&#238;mes de moins en moins avant sa mort en 1934.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &lt;i&gt; &lt;strong&gt;I : &lt;/strong&gt; Tu as revu ton p&#232;re, en 1940, &#224; 3. Marseille. Quelle activit&#233; avait-il ? &lt;/i&gt; &lt;br /&gt;&#8212; &lt;strong&gt;L. V. :&lt;/strong&gt; En fait, d&#233;mobilis&#233; en ao&#251;t 1940 (je faisais partie d'une unit&#233; de skieurs, dans les Alpes), j'ai rejoint mon p&#232;re &#224; Marseille le 28 octobre. Entre-temps, attendant d'y voir clair dans la situation g&#233;n&#233;rale (Paris &#233;tait occup&#233; par les Allemands), j'ai particip&#233; aux vendanges et eu d'autres activit&#233;s diverses. Il y avait un million et demi de r&#233;fugi&#233;s, venant de la zone occup&#233;e, dans la r&#233;gion de Marseille. Il &#233;tait tr&#232;s difficile de trouver du travail. Mon p&#232;re, encore tr&#232;s abattu par la mort de ma m&#232;re et vivant au jour le jour, d&#233;ployait toujours une certaine activit&#233; : r&#233;unions, conf&#233;rences, propagande... Nous en parlions un peu, mais, par r&#233;serve de ma part, cela n'allait pas tr&#232;s loin. De fils &#224; p&#232;re, la communication n'est pas tr&#232;s facile : je me sentais encore trop gamin face &#224; lui. C'est bien plus tard, avec toute l'exp&#233;rience acquise et une plus grande connaissance des hommes, que j'aurais aim&#233; discuter avec lui. Mais, il n'&#233;tait plus l&#224;... Recueilli par un de ses meilleurs amis, Francisco Botey qui, avec sa compagne Paquita, &#233;tait r&#233;fugi&#233; d'Espagne aux environs de Marseille, il fut entour&#233;, soign&#233;, en ces temps si durs, mais &#233;puis&#233; et gravement malade il disparut en septembre 1945.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par la r&#233;daction &lt;/strong&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Eug&#232;ne Varlin : Un enfant de Seine-et-Marne </title>
		<link>https://www.partage-noir.fr/eugene-varlin-un-enfant-de-seine-et-marne</link>
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		<dc:date>2026-05-27T22:05:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Maurice Colombo</dc:creator>


		<dc:subject>Eug&#232;ne Varlin</dc:subject>
		<dc:subject>&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>@narlivres</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Fils d'ouvrier agricole, issu d'une famille r&#233;publicaine, le jeune Louis-Eug&#232;ne Varlin a la chance de fr&#233;quenter l'&#233;cole jusqu'&#224; 13 ans. Apprenti relieur, il se perfectionne d'atelier en atelier et, avide de savoir, suit des cours du soir apr&#232;s sa journ&#233;e de travail.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-itineraire-une-vie-une-pensee-no11-eugene-varlin-" rel="directory"&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e n&#176;11 : &#171; Eug&#232;ne Varlin &#187;&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-eugene-varlin-91-+" rel="tag"&gt;Eug&#232;ne Varlin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-itineraire-une-vie-une-pensee-+" rel="tag"&gt;&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-source-narlivres-+" rel="tag"&gt;@narlivres&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/arton1106-0e2a0.jpg?1774697012' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Fils d'ouvrier agricole, issu d'une famille r&#233;publicaine, le jeune Louis-Eug&#232;ne Varlin a la chance de fr&#233;quenter l'&#233;cole jusqu'&#224; 13 ans. Apprenti relieur, il se perfectionne d'atelier en atelier et, avide de savoir, suit des cours du soir apr&#232;s sa journ&#233;e de travail.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La Seine-et-Marne aujourd'hui, c'est pour certains d'excellents fromages de Brie et pour d'autres Euro Disneyland, culture am&#233;ricaine &#224; la sauce MacDo. Mais peu de personnes savent que dans une ville non loin de Paris (&#224; 25 km) est n&#233;e une des figures les plus authentiques que le mouvement ouvrier ait compt&#233; dans ces rangs. Le 5 octobre 1839, dans le hameau de Voisins, aujourd'hui un des quartiers de la commune de Claye-Souilly (entre Paris et Meaux), naquit Louis-Eug&#232;ne Varlin (au 14, rue Berthe, devenue en 1936 rue Eug&#232;ne-Varlin).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Varlin ne sont pas des inconnus &#224; Voisins, c'est une vieille famille attach&#233;e &#224; cette terre, connue et estim&#233;e de tous. Les anc&#234;tres d'Eug&#232;ne ont un beau pass&#233;. En feuilletant les vieux registres municipaux&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Depuis, h&#233;las !, tous les registres de l'&#233;tat civil concernant la p&#233;riode de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, Maurice Foulon a pu &#233;tablir la trace de leurs activit&#233;s. Du plus ancien, Antoine Varlin, qui fut charpentier dans le village au d&#233;but du r&#232;gne de Louis XIV &#224; Eug&#232;ne, en passant par Jean-Adrien (arri&#232;re-grand-p&#232;re d'Eug&#232;ne), ils eurent tous une place dans la m&#233;moire collective de cette contr&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La famille Varlin &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le r&#244;le le plus important fut sans doute jou&#233; par Jean-Adrien. Plac&#233; &#224; la t&#234;te de la municipalit&#233; par ses habitants le 13 novembre 1791, il paya de sa personne pour d&#233;fendre une jeune R&#233;publique menac&#233;e de toute parts et, le 25 novembre 1792, c'est lui qui dirigea le scrutin et installa &#224; Claye la premi&#232;re municipalit&#233; r&#233;publicaine. Plus tard, il &#233;pousa en seconde noce Marie-Marguerite Thiessart dont la famille &#233;tait relativement ais&#233;e et, lorsqu'il mourut, il laissa &#224; son fils Jean-Louis quelques champs et vignes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce bien resta dans la famille jusqu'&#224; Aim&#233;-Alexandre&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Aim&#233;-Alexandre Varlin et non pas Aim&#233;-Alexis, comme ont pu l'&#233;crire (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, p&#232;re d'Eug&#232;ne, mais ne lui permettait plus de subvenir aux besoins de sa famille. Alors, il loua sa force de travail comme journalier. Aim&#233;-Alexandre &#233;pousa le 29 avril 1834, &#224; 29 ans, H&#233;lo&#239;se Duru (1809[?]-1875), issue elle aussi d'une vieille famille de Voisins. Le p&#232;re d'H&#233;lo&#239;se, Fran&#231;ois-Antoine Duru travaillait dans les carri&#232;res de Voisins &#224; extraire du gypse et, apr&#232;s une longue journ&#233;e de labeur, il cultivait son lopin de terre. R&#233;publicain tr&#232;s jeune, il fut &#233;lu au conseil municipal en 1846. Il soutint la r&#233;volution de 1848 et exer&#231;a ses responsabilit&#233;s jusqu'au coup d'&#201;tat de 1851 de Louis-Napol&#233;on Bonaparte, qui devint un an plus tard empereur des Fran&#231;ais, sous le nom de Napol&#233;on III.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il fut &#233;cart&#233;, apr&#232;s la nomination d'une nouvelle municipalit&#233;, pour ses opinions r&#233;publicaines. A cette &#233;poque, il allait souvent rendre visite &#224; sa fille H&#233;lo&#239;se et &#224; son gendre Aim&#233;-Alexandre. De cette union naquirent quatre enfants : Denise-Cl&#233;mence (1836-1865, &#233;pouse Proux), Eug&#232;ne (1839-1871), Louis-Benjamin (1844-1924), Hippolyte (1847-1930). Le soir, &#224; la grande table familiale, le grand-p&#232;re Duru aimait raconter son pass&#233; de r&#233;publicain &#233;pris de justice et de libert&#233;, &#224; la demande d'Eug&#232;ne. Les r&#233;cits du grand-p&#232;re maintenait en &#233;veil toute la famille jusqu'&#224; des heures tardives. Mais, le lendemain, la journ&#233;e d'Aim&#233; &#233;tait p&#233;nible car le m&#233;tier de manouvrier (ouvrier agricole se louant &#224; la journ&#233;e) est &#233;puisant. Pour ses enfants, il r&#234;vait d'un autre avenir. La carri&#232;re de gypse de Voisins o&#249; l'on fabriquait du pl&#226;tre &#233;tait malsaine pour la sant&#233;, et la manufacture de toile imprim&#233;e payait mal. Il d&#233;cida donc que ses enfants auraient le maximum d'instruction possible et les envoya en classe. Voisins n'ayant pas d'&#233;cole, ils allaient &#224; pied tous les jours &#224; Claye en passant par les berges du canal de l'Ourcq. A la lecture de Maurice Foulon&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Maurice Foulon, Eug&#232;ne Varlin, &#233;d. Mont-Louis, 1934.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, on apprend que l'&#233;cole d'Eug&#232;ne &#233;tait un ancien pigeonnier vendu &#224; la ville par la duchesse de Polignac en 1825 (et dont il ne reste, aujourd'hui, aucune trace). Au rez-de-chauss&#233;e, une pi&#232;ce servait de classe, coup&#233;e en deux par une cloison : d'un c&#244;t&#233;, les filles ; de l'autre, les gar&#231;ons. Au-dessus se trouvait la prison de la ville. C'est l&#224; qu'il apprit &#224; lire, &#224; &#233;crire et &#224; compter sous la direction de deux ma&#238;tres : M. Paturance, un ancien sous-officier, et M. Viron. Il y resta jusqu'&#224; l'&#226;ge de 13 ans, chose rare &#224; une &#233;poque o&#249; les enfants de 6 &#224; 8 ans travaillaient de seize &#224; dix-sept heures par jour dans les ateliers, les fabriques ou les usines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ses parents, voulant lui &#233;viter les servitudes de la terre et du travail abrutissant de la manufacture, souhait&#232;rent qu'il apprenne un m&#233;tier lui permettant d'allier le travail manuel et intellectuel au contact des livres. Ils le plac&#232;rent en 1852 chez un relieur, confr&#232;re de son oncle Hippolyte Duru, &#224; Paris, rue du Pont-de-Lodi (6&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; arr.). Mais l'homme &#233;tait dur avec ses ouvriers et les nourrissait mal. Ainsi, l'oncle Duru prit son neveu chez lui pour le former. Lui-m&#234;me &#233;tait violent et sans indulgence pour le jeune Varlin qui avait soif d'apprendre et mettait trop souvent le nez dans les livres, ne se contentant pas seulement de les relier. L'oncle ne supporta plus son neveu et le cong&#233;dia avec l'attestation suivante : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Je, soussign&#233;, certifie que le sieur Louis-Eug&#232;ne Varlin a fait son apprentissage et est sorti de chez moi le 10 d&#233;cembre 1854. M. H. Duru, relieur, 16, rue des Prouvaires.&lt;/q&gt; Ayant pris cong&#233; de son oncle, il lui fallut chercher un toit et il trouva une chambre au 22, rue de la Fontaine-au-Roi (11&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; arr.).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Formation professionnelle et intellectuelle &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La loi du 22 juin 1854, relative au port du livret obligatoire pour les ouvriers, indiquait dans son article premier que tous les ouvriers de l'un et de l'autre sexe, attach&#233;s aux manufactures, usines, fabriques, ateliers etc., ou m&#234;me travaillant chez eux pour un patron, &#233;taient tenus de poss&#233;der un livret, contresign&#233; par le commissaire de police de leur quartier&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Varlin ouvrier &#187; par Lucien Descaves, in la Vie ouvri&#232;re n'137, du 5 mai (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. A la lecture de celui de Varlin, on peut retracer son parcours professionnel depuis le d&#233;part de chez son oncle jusqu'en 1858 : du 25 avril 1855 au 26 juillet 1856, chez Boutigny (5, rue Migon, 6&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; arr.) ; du 30 juillet au 30 ao&#251;t 1856, chez Sauvage (15, rue Rochechouart, 9&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; arr.) ; du 2 septembre 1856 au 28 f&#233;vrier 1857, chez Krantz (rue des Poissonniers, &#224; la Chapelle Saint-Denis, 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; arr.) ; du 8 au 23 mai 1857, chez Gr&#233;goire (27, rue Saint-Sulpice, 6&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; arr.) ; du 25 octobre au 20 novembre 1857, chez Thompson (rue Cassette, 6&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; arr.), du 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; d&#233;cembre 1857 au 26 juin 1858, chez Ni&#233;dr&#233;e (passage Dauphine, 6&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; arr.)&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Varlin ouvrier &#187;, op. cit.&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Il fit ainsi six ateliers autour de Montmartre et dans le quartier Saint-Sulpice, dans un Paris en pleine transformation, livr&#233; aux pelles et aux pioches des ouvriers du baron Haussmann. L&#224;, s'arr&#234;tent les inscriptions sur son livret, mais l'on peut penser qu'il continua sa formation d'atelier en atelier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ann&#233;e 1859 est pour lui celle du service militaire. Il avait tir&#233; au sort le num&#233;ro 51, mais fut exempt&#233; pour varicoc&#232;le au c&#244;t&#233; gauche (une affection pouvant dans les cas extr&#234;mes &#234;tre cause de st&#233;rilit&#233;). En 1864, il rentre comme contrema&#238;tre chez madame veuve Despierres, maison fort appr&#233;ci&#233;e, qui n'employait que quelques ouvriers. Apr&#232;s les gr&#232;ves de 1864 et 1865, il travaille en chambre, pour des travaux de sous-traitance qui lui permettent de g&#233;rer son temps comme il le souhaite. Avide de connaissances, apr&#232;s sa journ&#233;e de travail, il consacre tout son temps &#224; l'&#233;tude. C'est ainsi qu'en 1860, avec son fr&#232;re Louis, il s'inscrit aux cours gratuits organis&#233;s en faveur des ouvriers, rue des Poiriers, par l'Association philotechnique que pr&#233;sidait le comte de Lariboisi&#232;re. Gr&#226;ce &#224; ces cours du soir, il apprend le fran&#231;ais, la g&#233;om&#233;trie, la m&#233;canique, le droit, la comptabilit&#233; (qui lui servira plus tard pour cr&#233;er des coop&#233;ratives, comme la Marmite, ou pendant la Commune de Paris) et la st&#233;nographie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ayant depuis son plus jeune &#226;ge, aim&#233; la musique, il s'initia au chant gr&#226;ce &#224; la m&#233;thode Galin-Paris-Chev&#233;, rue de l'Arbal&#232;te. Selon Lucien Descaves, qui interrogea la famille et les proches de Varlin, il avait une voix basse agr&#233;able et chantait juste. Il chantait, entre autres, en famille, la chanson du relieur de livres &lt;i&gt;Mon f&#251;t&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C'est l'outil avec lequel on rogne les livres sur la tranche.&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Va, mon f&#251;t, la science humaine &lt;br class='autobr' /&gt;
Peut &#224; tout feuillet te b&#233;nir ; &lt;br class='autobr' /&gt;
Glisse, glisse : ouvre ton domaine &lt;br class='autobr' /&gt;
Aux travailleurs fiers de s'unir.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt; C'&#233;tait un &#233;l&#232;ve appliqu&#233;, pers&#233;v&#233;rant, plein d'obstination pour s'am&#233;liorer. A la fin de l'ann&#233;e scolaire 1860-1861, cet &#171; &#233;tudiant &#187; de 22 ans obtint un second prix de comptabilit&#233;, un second prix de fran&#231;ais et une mention de g&#233;om&#233;trie qui lui furent d&#233;cern&#233;s au cirque de l'Imp&#233;ratrice&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le cirque de l'Imp&#233;ratrice, appel&#233; avant 1853 Cirque national, &#233;tait situ&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. La premi&#232;re de ces r&#233;compenses lui valut le livre &lt;i&gt;Les Chefs-d'&#339;uvre de Shakespeare&lt;/i&gt;, comprenant le texte anglais et une traduction fran&#231;aise. La seconde &#233;tait constitu&#233;e par un manuel de morale et d'&#233;conomie politique de Leymarie, intitul&#233; &lt;i&gt;Tout pour le travail.&lt;/i&gt; Puis un livret de caisse d'&#233;pargne lui fut offert par le prince imp&#233;rial. Dans le palmar&#232;s des ann&#233;es suivantes, Eug&#232;ne n'y figure plus, mais son fr&#232;re Louis est cit&#233; trois fois en 1862-1863, une fois en 1863-1864 et une derni&#232;re fois en 1864-1865. Autres personnages &#233;voqu&#233;s : le bronzier Albert Theisz, futur membre de l'Internationale et directeur des Postes sous la Commune ; Gustave Drouchon, m&#233;canicien, directeur de l'artillerie f&#233;d&#233;r&#233;e ; Auguste Rodin, jeune sculpteur alors inconnu&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Michel Cordillot, Eug&#232;ne Varlin, chronique d'un espoir assassin&#233;, Editions (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En juillet 1862, il change de logement et s'installe au 33, rue Dauphine, dans une chambre de l'h&#244;tel d'Aubusson. Il acheta pour 90 F, au roi Clovis, brocanteur &#224; la montagne Sainte-Genevi&#232;ve, un lit, un sommier, une commode, une table et deux chaises apr&#232;s avoir vers&#233; 20 F d'arrhes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son fr&#232;re Louis&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il fit partie du comit&#233; d'initiative du restaurant coop&#233;ratif la Marmite ; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; &#233;tait demeur&#233;, &#224; l'&#226;ge de 13 ans, partiellement paralys&#233; &#224; la suite d'un coup de fourche re&#231;u accidentellement pendant la fenaison. Il avait pass&#233; deux ann&#233;es au coll&#232;ge de Meaux gr&#226;ce &#224; la g&#233;n&#233;rosit&#233; de l'oncle Duru. II vint s'installer avec Eug&#232;ne et y restera jusqu'en 1871. Les deux fr&#232;res continu&#232;rent &#224; s'instruire en apprenant le latin chez un professeur libre, Jules Andrieu, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;gros homme borgne &#224; l'allure d&#233;bonnaire&lt;/q&gt;, d'apr&#232;s Maurice Foulon. Eug&#232;ne fut vivement impressionn&#233; par les opinions g&#233;n&#233;reuses de ce r&#233;publicain &#233;rudit. Parmi ces condisciples, figuraient Henri Tolain et Charles Limousin, deux des fondateurs de l'Association internationale des travailleurs en France, ainsi que Louis Debock, principal accus&#233; du proc&#232;s des typographes de l'imprimerie Dupont en 1862 et futur directeur de l'Imprimerie nationale sous la Commune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;sormais, avec de bonnes bases intellectuelles, Varlin va s'employer dans les ann&#233;es &#224; venir &#224; faire concorder la pens&#233;e et l'action en s'impliquant de mani&#232;re tr&#232;s active dans la Soci&#233;t&#233; des relieurs, l'Association internationale des travailleurs et dans l'exp&#233;rience des restaurants coop&#233;ratifs.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Depuis, h&#233;las !, tous les registres de l'&#233;tat civil concernant la p&#233;riode de 1749 &#224; 1845 ont disparu des archives d&#233;partementales de Seine-et-Marne.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Aim&#233;-Alexandre Varlin et non pas Aim&#233;-Alexis, comme ont pu l'&#233;crire certains. Cf. l'extrait de l'acte de naissance d'Eug&#232;ne Varlin o&#249; il est signal&#233; que son p&#232;re se nommait Aim&#233;-Alexandre (1805-1870).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Maurice Foulon, &lt;i&gt;Eug&#232;ne Varlin&lt;/i&gt;, &#233;d. Mont-Louis, 1934.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#171; Varlin ouvrier &#187; par Lucien Descaves, in la &lt;i&gt;Vie ouvri&#232;re &lt;/i&gt; n'137, du 5 mai 1913.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#171; Varlin ouvrier &#187;, op. cit.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;C'est l'outil avec lequel on rogne les livres sur la tranche.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Le cirque de l'Imp&#233;ratrice, appel&#233; avant 1853 Cirque national, &#233;tait situ&#233; sur le c&#244;t&#233; nord du jardin des Champs-Elys&#233;es entre les d&#233;bouch&#233;s actuels de la rue du Cirque et de l'avenue Matignon. Construit en 1841 par Hittorf, en meuli&#232;re, il avait &#233;t&#233; d&#233;cor&#233; par Pradier, Bosio et Durer, et pouvait contenir 6 000 spectateurs. Il fut d&#233;moli en 1899, Cf.&lt;i&gt; Paris et les Parisiens sous le Second Empire&lt;/i&gt;, Michel Cabaud, &#233;d. Belfond.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Michel Cordillot,&lt;i&gt; Eug&#232;ne Varlin, chronique d'un espoir assassin&#233;&lt;/i&gt;, Editions ouvri&#232;res, 1991.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Il fit partie du comit&#233; d'initiative du restaurant coop&#233;ratif la Marmite ; puis, fonctionnaire de la Commune, il fut emprisonn&#233; apr&#232;s la Semaine sanglante et demeurera pr&#232;s de trois ans sur les pontons de Brest avant d'&#234;tre lib&#233;r&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Paul Reclus</title>
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		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Heiner Michael Becker </dc:creator>


		<dc:subject>&#201;lis&#233;e Reclus</dc:subject>
		<dc:subject>&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>@narlivres</dc:subject>
		<dc:subject>Paul Reclus</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le membre de sa famille le plus proche d'Elis&#233;e Reclus, apr&#232;s son fr&#232;re a&#238;n&#233; Elie, fut sans nul doute son neveu Paul, n&#233; le 25 mai 1858 &#224; Neuilly-sur-Seine. Elis&#233;e semble avoir consid&#233;r&#233; le fils a&#238;n&#233; d'Elie et de No&#233;mi Reclus (avec lesquels il vivait en communaut&#233;) comme son propre enfant, du moins c'est l'impression que l'on a quand on lit ses lettres &#224; d'autres parents. Nous allons bien ici. Notre b&#233;b&#233; se d&#233;veloppe en intelligence et en force, son gazouillis qui n'est pas encore devenu (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-itineraire-une-vie-une-pensee-no14-15-elisee-reclus-" rel="directory"&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e n&#176;14/15 : &#171; Elis&#233;e Reclus &#187;&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-elisee-reclus-57-+" rel="tag"&gt;&#201;lis&#233;e Reclus&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-itineraire-une-vie-une-pensee-+" rel="tag"&gt;&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/arton1105-5a175.png?1774723706' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le membre de sa famille le plus proche d'Elis&#233;e Reclus, apr&#232;s son fr&#232;re a&#238;n&#233; Elie, fut sans nul doute son neveu Paul, n&#233; le 25 mai 1858 &#224; Neuilly-sur-Seine. Elis&#233;e semble avoir consid&#233;r&#233; le fils a&#238;n&#233; d'Elie et de No&#233;mi Reclus (avec lesquels il vivait en communaut&#233;) comme son propre enfant, du moins c'est l'impression que l'on a quand on lit ses lettres &#224; d'autres parents. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Nous allons bien ici. Notre b&#233;b&#233; se d&#233;veloppe en intelligence et en force, son gazouillis qui n'est pas encore devenu langage nous r&#233;jouit le c&#339;ur, il remplit la maison de mouvement et parfois de tapage. Nous l'aimons beaucoup, mais nous t&#226;chons de ne pas le g&#226;ter, j'esp&#232;re que nous r&#233;ussirons.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Elis&#233;e Reclus &#224; sa m&#232;re, Paris, le 7 novembre 1859, Correspondance, t. 1, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; Bient&#244;t se manifesta un trait de caract&#232;re que Max Nettlau, l'historien du mouvement anarchiste, biographe d'Elis&#233;e et ami de Paul pendant quarante ans, d&#233;plorait encore bien plus tard : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Une chose nous chagrine : il est peureux&lt;/q&gt; &#8212; et longtemps il fut connu dans la famille comme &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;le petit peureux&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lettres d'Elis&#233;e Reclus de 1859 et de 1861, op. cit., pp. 207 et 212.&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paul Reclus a lui-m&#234;me bien d&#233;crit le milieu o&#249; il grandit jusqu'&#224; la Commune : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Avec leurs enfants, le m&#233;nage des deux fr&#232;res Reclus se composait de huit personnes. Jusqu'en 1867, il habita la r&#233;gion nord-ouest de Paris. Mais &#224; cette date, il se transporta sur la rive gauche et prit un appartement plus grand car le plus jeune des fr&#232;res Reclus, Paul, n&#233; en 1847, venait faire ses &#233;tudes de m&#233;decine &#224; Paris et il &#233;tait d&#233;cid&#233; que les trois fr&#232;res feraient m&#233;nage commun. Leur appartement (...) &#233;tait un centre d'attraction, au moins une fois par semaine, pour quantit&#233; d'amis r&#233;publicains, de socialistes, de r&#233;volutionnaires &#233;trangers exil&#233;s &#224; Paris par suite des &#233;v&#233;nements europ&#233;ens des d&#233;cennies pr&#233;c&#233;dentes. Tous les lundis soir le petit salon s'emplissait d'amis parisiens, ceux dont les noms se rencontrent dans la correspondance, tous &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;d&#233;moc-soc&lt;/q&gt;, selon le sobriquet de l'&#233;poque, coop&#233;rateurs, f&#233;ministes. Puis on y rencontrait des &#233;migr&#233;s russes, polonais, italiens, espagnols. Enfin des &#233;l&#233;ments amen&#233;s par la g&#233;ographie, savants ou explorateurs de passage.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Paul Reclus, &#171; Biographie d'Elis&#233;e Reclus &#187;, dans Les Fr&#232;res Elie et Elis&#233;e (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les semaines qui suivent la r&#233;pression de la Commune, il reste d'abord avec ses parents qui se cachent, puis est envoy&#233; &#224; Vasc&#339;uil chez sa tante Louise et la famille Dumesnil (son fr&#232;re Andr&#233; n'avait pas quitt&#233; la province depuis le d&#233;but de la guerre franco-allemande). A partir de la fin de 1871, il vit &#224; Zurich, ville que son p&#232;re avait choisie comme lieu d'exil essentiellement pour l'&#233;ducation de son fils a&#238;n&#233; qui, tr&#232;s t&#244;t, montre un int&#233;r&#234;t pour les math&#233;matiques et la technologie. Il y rencontre entre autres Bakounine en 1872. Il rentre &#224; Paris en 1877 pour &#233;tudier &#224; l'Ecole centrale des arts et manufactures, d'o&#249; il sort ing&#233;nieur en 1880. Apr&#232;s une ann&#233;e de service militaire, il occupe plusieurs postes d'ing&#233;nieur dans des usines en province, d'abord dans la production de parapluies, et sera &#224; plusieurs reprises forc&#233; de quitter son emploi pour avoir soutenu et couvert des ouvriers gr&#233;vistes, &#171; expropriateurs &#187; ou &#171; saboteurs &#187;. Il collabore d&#232;s le d&#233;but des ann&#233;es 1880 au &lt;i&gt;R&#233;volt&#233;&lt;/i&gt;, &#224; &lt;i&gt;Terre et Libert&#233;&lt;/i&gt; (Paris, 1884-1885), &#224; &lt;i&gt;la R&#233;volte &lt;/i&gt; et &#224; bien d'autres organes anarchistes de l'&#233;poque&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ses articles ont &#233;t&#233; pour la plupart publi&#233;s anonymement et sont difficiles (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Un homme trop confiant &lt;/h3&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1380 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;56&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH228/reclus-dee5b_copie-ffeb8-8d01d.jpg?1774696071' width='150' height='228' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Paul Reclus
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Photo anthropom&#233;trique Alphonse Bertillon.&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;En 1885, il &#233;pouse Marguerite Wapler et de ce mariage naissent quatre enfants, deux filles mortes en bas &#226;ge et deux fils (Michel et Jacques). Revenu &#224; Paris en 1889, il sera le tr&#233;sorier d'une souscription qui a pour but l'achat d'une presse (et c'est &#224; son nom que le local de l'imprimerie de &lt;i&gt;la R&#233;volte&lt;/i&gt; fut lou&#233;), puis d'une autre pour venir en aide aux familles des prisonniers anarchistes. Il est &#233;galement charg&#233; de faire imprimer des brochures de propagande : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;La seule qui parut par mes soins fut &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;L'Ordre par l'anarchie&lt;/span&gt;, reproduction d'articles de &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;la R&#233;volte&lt;/span&gt;.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paul Reclus, son caract&#232;re et sa fa&#231;on d'agir dans le milieu libertaire de cette &#233;poque sont bien d&#233;crits par deux de ses amis. De son c&#244;t&#233;, Jean Grave le caract&#233;rise ainsi dans ses souvenirs : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Apr&#232;s l'arrestation de nos amis, je jugeai que Cabot [compositeur d'imprimerie anarchiste soup&#231;onn&#233; d'&#234;tre un mouchard] devenait trop dangereux. Je demandai &#224; Paul Reclus son appui pour remercier l'ind&#233;sirable. &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;J'ai eu des centaines d'hommes sous mes ordres, me r&#233;pondit-il, je n'ai jamais renvoy&#233; personne.&lt;/q&gt;&lt;/span&gt; La tol&#233;rance est une belle chose, et honore ceux qui la pratiquent. Mais lorsque &#231;a devient dangereux pour les autres, dans un mouvement traqu&#233; comme &#233;tait le n&#244;tre, cela s'appelle de la b&#234;tise. &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;C'est tr&#232;s bien, r&#233;pliquai-je. Gardez Cabot, et l'imprimerie, moi j'irai faire [faire] le journal o&#249; je n'aurai aucune responsabilit&#233; de ce genre.&lt;/q&gt;&lt;/span&gt; (...) L'imprimerie fut, plus tard, transport&#233;e &#224; Bruxelles. Elle servit &#224; &#233;diter la s&#233;rie de brochures connues sous le nom de Biblioth&#232;que des &#171; Temps nouveaux &#187;. C'&#233;tait Elis&#233;e Reclus qui &#233;tait cens&#233; s'en occuper. Mais, avec sa trop grande confiance habituelle et son inaptitude &#224; bien appr&#233;cier les hommes, il l'avait plac&#233;e au nom d'un individu qui finit par la vendre pour son propre compte.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Quarante ans de propagande anarchiste, Flammarion (Paris), 1973, pp. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Max Nettlau, lui, fait sa connaissance lorsque, de juin &#224; d&#233;cembre 1891, lors de la d&#233;tention de Grave &#224; Sainte-P&#233;lagie&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour l'article &#171; Viande &#224; mitraille &#187; de &#171; N'importe qui &#187; (pseudonyme de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, il s'occupe de la r&#233;daction de&lt;i&gt; la R&#233;volte&lt;/i&gt; : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Le jeune homme ne trouva pas mon adresse (abonnement). Il me permit de prendre tout un paquet d'&#233;changes. Je payais 10,50 F (abonnement) et donnais 2 F pour la propagande ; j'ai aussi achet&#233; des brochures. J'ai demand&#233; si Elis&#233;e Reclus &#233;tait &#224; Paris &#8212; il habite S&#232;vres et c'&#233;tait son neveu, Paul Reclus. Cela m'&#233;tonna beaucoup et m'expliqua son caract&#232;re franc et ouvert, le manque de suspicion coutumi&#232;re envers un &#233;tranger et l'antagonisme de classe envers quelqu'un qui n'est pas ouvrier. J'ai parl&#233; de ma biographie de Bakounine &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;(Freiheit)&lt;/span&gt; ; il m'a dit qu'il l'avait lu. Il me donna l'adresse &#224; S&#232;vres. C'&#233;tait le vendredi de l'exp&#233;dition [du journal], et un autre [camarade] arriva avec un pot de colle. P. R. est compl&#232;tement inexp&#233;riment&#233; dans ces affaires, il fait des paquets de tr&#232;s mauvaise qualit&#233;. Nous avons parl&#233; en anglais.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Vendredi, 4 d&#233;c. 1891 ; Max Nettlau, &#171; Notes st&#233;nographiques &#187; transcrites (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les discussions sur les moyens de lutte contre le syst&#232;me bourgeois et comment se rapprocher d'une soci&#233;t&#233; libre, Paul Reclus est partisan de la reprise individuelle et d&#233;fend la &#171; propagande par le fait &#187;, une position tr&#232;s &#224; la mode dans le mouvement anarchiste de cette &#233;poque, et s&#233;v&#232;rement critiqu&#233;e par Kropotkine&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;|Au sujet de ses id&#233;es, cf. Paul Reclus, &#171; Synth&#232;se d'un individu &#187;, dans (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1892, il quitte Paris pour diriger les travaux d'une usine en construction &#224; Nancy, un emploi qu'il perd quelques mois plus tard car, parmi les quelques 400 ouvriers, il a aussi employ&#233; des anarchistes. Au cours des premiers mois de 1893, il est contraint, &#224; cause &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;des chagrins de famille et [de] la faiblesse de [sa] sant&#233;... [de] cesser toute relation anarchique ou autre&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 9 d&#233;cembre 1893, Vaillant jette sa petite bombe dans la Chambre des d&#233;put&#233;s ; or, le m&#234;me jour, il avait envoy&#233; une lettre &#224; Paul Reclus, accompagn&#233;e d'un r&#233;cit de sa vie pendant les derni&#232;res semaines avant l'attentat et quelques pi&#232;ces en vers. Le 13 d&#233;cembre, le domicile de Paul Reclus est perquisitionn&#233; par huit agents de police. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;J'&#233;tais souffrant ; ce r&#233;veil soudain et l'&#233;motion me caus&#232;rent une syncope tandis que je passais &#224; la h&#226;te mes v&#234;tements. Excessive &#233;tait alors la faiblesse de mon syst&#232;me nerveux.&lt;/q&gt; Dans ces circonstances, comme il l'expliqua plus tard &#224; Nettlau, sa famille d&#233;cide qu'il est plus prudent qu'il quitte la France, entre autres parce qu'on le juge incapable de mentir et trop honn&#234;te pour pouvoir faire face &#224; un juge d'instruction sans r&#233;v&#233;ler trop de d&#233;tails sur le mouvement et sur des amis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il se rend d'abord &#224; Bruxelles, pourvu du passeport de son ami Georges Guyon dont il a modifi&#233; le nom en Guyou, et quelques semaines plus tard &#224; Londres o&#249; il sera h&#233;berg&#233; pendant plusieurs mois par la famille Cobden-Sanderson. Il ne rentre en France (&#224; part quelques visites clandestines) qu'en 1914.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant quelque temps, il v&#233;cut &#224; Londres (Acton) dans une sorte de petite communaut&#233; anarchiste, avec Varlaam Tcherkesov, Bernhard Kampffmeyer, et le pionnier de l'aviation, le Suisse allemand Otto Lilienthal. A partir de 1895, il trouve un emploi &#224; Edinbourg, en Ecosse, tandis que sa famille reste avec des amis &#224; Dartmouth, dans le Devonshire. Plus tard, il trouve un emploi d'instituteur &#224; Paisley, pr&#232;s de Glasgow. Il se rend cependant r&#233;guli&#232;rement &#224; Londres, pour voir des amis, lors des visites de son oncle Elis&#233;e, ou pour participer &#224; des r&#233;unions ou congr&#232;s ouvriers (comme, par exemple, le Congr&#232;s socialiste international de Londres de juillet 1896).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1903, il s'installe avec sa famille &#224; Ixelles (Bruxelles) pour aider son oncle &#224; la r&#233;daction de &lt;i&gt;L'Homme et la Terre&lt;/i&gt;, et c'est lui qui en assure la publication (1905-1908). A partir de 1908, il travaille comme professeur dans un lyc&#233;e de Bruxelles, emploi qu'il doit quitter en 1913 apr&#232;s avoir (ce n'&#233;tait pas la premi&#232;re fois d'ailleurs) visit&#233; Kropotkine avec un groupe d'&#233;l&#232;ves pendant un voyage scolaire. Il rentre en France en 1914, autoris&#233; par Clemenceau, gr&#226;ce &#224; l'intervention de Nadar. Pendant la guerre, il signe, un des premiers avec Kropotkine, le &lt;i&gt;Manifeste des seize&lt;/i&gt; qui prend le parti des Alli&#233;s contre l'Allemagne et l'Autriche. En 1919, il se fixe avec sa femme &#224; Domme en Dordogne, o&#249; Patrick Geddes avait mis &#224; sa disposition une maison et une tour m&#233;di&#233;vale. Pendant toutes ces ann&#233;es, il avait continu&#233; &#224; collaborer &#224; la presse anarchiste et, en 1925, il fonde avec Marc Pierrot &lt;i&gt;Plus loin&lt;/i&gt;, qui para&#238;tra jusqu'en 1939. Il publie aussi, en 1925, une version abr&#233;g&#233;e du troisi&#232;me volume de la &lt;i&gt;Correspondance &lt;/i&gt; d'Elis&#233;e Reclus, pr&#233;par&#233; par Louise Dumesnil. C'est lui, avec l'aide de Max Nettlau, qui rassembla la plupart des articles et mat&#233;riaux pour le grand livre sur son p&#232;re et son oncle que Joseph Ishill publia en 1927.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la mort de sa femme (16 ao&#251;t 1927 ; elle &#233;tait n&#233;e le 14 juillet 1859), il invite Nettlau pour consulter les archives de son p&#232;re et ce qu'il d&#233;tient encore des archives d'Elis&#233;e Reclus pour la biographie de son oncle&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les archives d'Elis&#233;e Reclus furent, apr&#232;s son d&#233;c&#232;s, class&#233;es par sa s&#339;ur (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Nettlau s'y rend en juin 1928 en revenant de Barcelone, et ensuite &#233;tablit le contact entre Paul Reclus et la famille Montseny-Urales (Federico Urales, Soledad Gustavo, et leur fille Federica Montseny) qui deviennent bient&#244;t des amis. Paul Reclus passa alors r&#233;guli&#232;rement ses vacances chez eux les ann&#233;es suivantes, ils publi&#232;rent des articles et des in&#233;dits de son p&#232;re dans leur revue (&lt;i&gt;Revista Blanca&lt;/i&gt;) et c'est chez lui, &#224; Montpellier et &#224; Domme, qu'ils trouv&#232;rent refuge en 1939 apr&#232;s la victoire de Franco, En 1931, il publie (avec son ami Georges Guyon et A. Perpillou) une version abr&#233;g&#233;e et remani&#233;e de &lt;i&gt;L'Homme et la Terre&lt;/i&gt;. Il continue d'assurer, avec son ami le plus proche au cours de ces ann&#233;es, le docteur Marc Pierrot, la publication de &lt;i&gt;Plus loin&lt;/i&gt; jusqu'en 1939, et fait partie de plusieurs organismes de secours au mouvement anarchiste espagnol pendant la guerre civile (dont SIA, Secours internationale antifasciste). Il d&#233;c&#232;de &#224; Montpellier le 19 janvier 1941.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1379 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;199&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/les_freres_reclus__par_nadar__1889__original.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH342/les_freres_reclus__par_nadar__1889__original-e53d2.jpg?1774743930' width='500' height='342' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt; Les fr&#232;res Reclus, par Nadar, 1889, original. De gauche &#224; droite, Paul Reclus (1847-1914), &#201;lis&#233;e Reclus (1830-1905), &#201;lie Reclus (1827-1904), On&#233;sime Reclus (1837-1916), Armand Reclus (1843-1927). &lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Elis&#233;e Reclus &#224; sa m&#232;re, Paris, le 7 novembre 1859, Correspondance, t. 1, pp. 203-204. Cf, aussi, entre autres, pp. 190, 206-207, 212, 215.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Lettres d'Elis&#233;e Reclus de 1859 et de 1861, op. cit., pp. 207 et 212.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Paul Reclus, &#171; Biographie d'Elis&#233;e Reclus &#187;, dans &lt;i&gt;Les Fr&#232;res Elie et Elis&#233;e Reclus &lt;/i&gt; (1963), pp. 11-156 [p- 58].&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ses articles ont &#233;t&#233; pour la plupart publi&#233;s anonymement et sont difficiles &#224; retrouver ou &#224; identifier.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;Quarante ans de propagande anarchiste&lt;/i&gt;, Flammarion (Paris), 1973, pp. 214-215. L'&#233;pisode se situe en avril ou mai 1890 ; les personnes arr&#234;t&#233;es sont Francesco Saverio Merlino et Paraskev Stoianoff (1870-1940), l'ami d'Elis&#233;e Reclus.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Pour l'article &#171; Viande &#224; mitraille &#187; de &#171; N'importe qui &#187; (pseudonyme de l'individualiste Michel Antoine, [1858-1929)), publi&#233; dans&lt;i&gt; la R&#233;volte&lt;/i&gt; en mai 1891.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Vendredi, 4 d&#233;c. 1891 ; Max Nettlau, &#171; Notes st&#233;nographiques &#187; transcrites en 1938, pp. 904-905 (trad. de l'allemand) [IISG, Amsterdam].&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;|Au sujet de ses id&#233;es, cf. Paul Reclus, &#171; Synth&#232;se d'un individu &#187;, dans &lt;i&gt;Plus Loin&lt;/i&gt; (Paris), 14 &#187; ann&#233;e, 156, avril 1938, pp. 1-5.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Les archives d'Elis&#233;e Reclus furent, apr&#232;s son d&#233;c&#232;s, class&#233;es par sa s&#339;ur Louise Dumesnil qui pr&#233;para aussi pour publication les trois volumes de sa &lt;i&gt;Correspondance &lt;/i&gt; (1911, 1925). Elle semble en avoir d&#233;pos&#233; une partie juste avant sa mort en 1917 &#224; la Biblioth&#232;que nationale ; ce qui restait fut envoy&#233; par la petite-fille d'Elis&#233;e Reclus, Jeannie Collin, &#224; Montpellier sans jamais y arriver : le transporteur a affirm&#233; plus tard que tout avait &#233;t&#233; perdu &#224; cause des &#233;v&#233;nements &#8212; dans une r&#233;gion qui, pourtant, n'&#233;tait pas touch&#233;e par la guerre...&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Nathalie Lemel (26 ao&#251;t 1827 - 8 mai 1921)</title>
		<link>https://www.partage-noir.fr/nathalie-lemel</link>
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		<dc:date>2026-05-07T22:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Paule Lejeune </dc:creator>


		<dc:subject>&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>@narlivres</dc:subject>
		<dc:subject>Nathalie Lemel</dc:subject>
		<dc:subject>La Commune de Paris (1871)</dc:subject>
		<dc:subject>Eug&#232;ne Varlin</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Elle ne ressemble gu&#232;re au portrait de la communarde que les &#233;crivains bien pensants n'ont cess&#233; de proposer, Nathalie Lemel. Ce n'est point cette gaillarde surexcit&#233;e, buvant sec, la pire injure &#224; la bouche, prenant un plaisir malsain &#224; commander des tueries. Et pourtant c'est bien une communarde, Nathalie. Et l'une des plus actives. Et l'une des plus h&#233;ro&#239;ques. Malheureusement pour parler d'elle cent ans apr&#232;s, on ne dispose gu&#232;re de documents.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-itineraire-une-vie-une-pensee-no11-eugene-varlin-" rel="directory"&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e n&#176;11 : &#171; Eug&#232;ne Varlin &#187;&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-itineraire-une-vie-une-pensee-+" rel="tag"&gt;&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-source-narlivres-+" rel="tag"&gt;@narlivres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-nathalie-lemel-191-+" rel="tag"&gt;Nathalie Lemel&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-la-commune-de-paris-+" rel="tag"&gt;La Commune de Paris (1871)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-eugene-varlin-91-+" rel="tag"&gt;Eug&#232;ne Varlin&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/arton1171-feff0.jpg?1774720728' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Elle ne ressemble gu&#232;re au portrait de la communarde que les &#233;crivains bien pensants n'ont cess&#233; de proposer, Nathalie Lemel. Ce n'est point cette gaillarde surexcit&#233;e, buvant sec, la pire injure &#224; la bouche, prenant un plaisir malsain &#224; commander des tueries. Et pourtant c'est bien une communarde, Nathalie. Et l'une des plus actives. Et l'une des plus h&#233;ro&#239;ques. Malheureusement pour parler d'elle cent ans apr&#232;s, on ne dispose gu&#232;re de documents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, comme pour bien des r&#233;volutionnaires, c'est dans les archives de la police, dans les rapports de gendarmerie, dans les comptes rendus de proc&#232;s qu'il faut aller glaner des renseignements. Lisons donc la fiche signal&#233;tique la concernant : 1 m 49 ; elle est blonde avec des yeux gris, un nez retrouss&#233;, un visage ovale. Et c'est tout ce que nous saurons.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1556 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;16&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH199/file-b8913-2397a.png?1774709809' width='150' height='199' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Nathalie Lemel&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Elle ne paraissait pas destin&#233;e &#224; la r&#233;sistance ouvri&#232;re et politique par son origine, par son v&#233;cu d'enfant, d'adolescente. Ses parents, ais&#233;s, tenaient un caf&#233; &#224; Brest et l'&#233;lev&#232;rent &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;avec assez de soins&lt;/q&gt;, c'est-&#224;-dire qu'elle dut sans doute aller dans une &#233;cole religieuse pour y apprendre &#224; lire dans un recueil de pri&#232;res et ensuite s'initier &#224; la couture, peut-&#234;tre m&#234;me &#224; la broderie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle se marie en 1845 (elle a 19 ans) avec un ouvrier relieur, J&#233;r&#244;me Lemel, de huit ans son a&#238;n&#233;. Et la tradition familiale semble fonctionner normalement puisqu'ils ont trois enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le couple quitte Brest, sa ville natale, en 1849, pour aller s'installer &#224; Quimper. Que font-ils &#224; Quimper ? Elle tient une librairie ; quant au mari, on ne sait trop : l'aide-t-il ? Poursuit-il son m&#233;tier de relieur ? Il est possible qu'il relie &#224; domicile, comme une activit&#233; annexe &#224; la vente des livres. Et c'est l&#224; sans doute que commence &#224; se nouer le destin de Nathalie. Mais on manque de documents et l'on est r&#233;duit de nouveau &#224; des hypoth&#232;ses. Le rapport de gendarmerie de Quimper nous dit : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;En 1861, ils se d&#233;clar&#232;rent en faillite et partirent pour Paris&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle vend des livres, elle a sans doute la curiosit&#233;, d&#233;plac&#233;e, de les lire, et son horizon s'&#233;largit ; elle se pose des questions, elle a envie de discuter de ce qu'elle voit ; elle sort de son r&#244;le de femme, donc elle prend &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;des allures d'ind&#233;pendance&lt;/q&gt; !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Elue au syndicat des relieurs &lt;/h3&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1557 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;16&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH185/image-1b2c5-02f9c.jpg?1774709809' width='150' height='185' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Nathalie Lemel&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Une fois &#224; Paris, sortie du carcan provincial et religieux, oblig&#233;e par manque d'argent d'apprendre et d'exercer un m&#233;tier, celui de relieuse, Nathalie va &#233;voluer beaucoup plus vite. D'autant qu'elle se trouve brusquement dans un climat de surchauffe politique. C'est la p&#233;riode o&#249; les travailleurs vont constituer &#8212; en 1864 &#8212; une Association internationale, o&#249; des gr&#232;ves vont &#233;clater un peu dans tous les secteurs ; et en particulier dans celui o&#249; travaille Nathalie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, en ao&#251;t 1864, une gr&#232;ve longue et tr&#232;s dure est men&#233;e par les ouvriers relieurs de Paris ; parmi eux, un militant de pointe, Eug&#232;ne Varlin. Nathalie est parmi les gr&#233;vistes. Et, lorsque l'ann&#233;e suivante, une nouvelle gr&#232;ve sera d&#233;cid&#233;e, elle sera du comit&#233; de gr&#232;ve et ensuite &#233;lue d&#233;l&#233;gu&#233;e syndicale. Ce qui constituait une v&#233;ritable r&#233;volution pour l'&#233;poque, dans le milieu ouvrier encore sous l'influence de Proudhon qui rel&#233;guait les femmes au foyer ou sur le trottoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est que Nathalie Lemel avait d&#251; montrer sa t&#233;nacit&#233;, son sens de l'organisation dans ces luttes vraiment h&#233;ro&#239;ques car c'&#233;tait la faim, c'&#233;tait la rue qui mena&#231;aient &#224; br&#232;ve &#233;ch&#233;ance les travailleurs en gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nathalie s'inscrit bien vite &#224; l'Internationale et prend une part de plus en plus active &#224; la r&#233;sistance contre le Second Empire. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Elle s'&#233;tait fait remarquer par son exaltation, &#233;crit le commissaire de son quartier, elle s'occupait de politique ; dans les ateliers, elle lisait &#224; haute voix les mauvais journaux ; elle fr&#233;quentait assid&#251;ment les clubs.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En somme, une femme perdue. Et c'est bien entendu sur elle que la soci&#233;t&#233; &#8212; sous les traits du commissaire enqu&#234;teur &#8212; va faire retomber l'&#233;chec de son mariage. Elle quitte le domicile conjugal en 1868 : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;L'exaltation de ses opinions politiques et les discussions auxquelles elle se livrait continuellement auraient &#233;t&#233; pour beaucoup dans cette s&#233;paration&lt;/q&gt; (le tout soulign&#233; en rouge !). Mais le commissaire omet de pr&#233;ciser que le mari s'&#233;tait mis &#224; boire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lib&#233;r&#233;e de ses entraves conjugales, Nathalie va pouvoir se consacrer plus intens&#233;ment &#224; ses activit&#233;s militantes. Avec Varlin et quelques autres relieurs, elle cr&#233;e une coop&#233;rative d'alimentation, la M&#233;nag&#232;re, puis, &#224; partir de 1868, une sorte de restaurant ouvrier, la Marmite. Elle y est caissi&#232;re, secr&#233;taire ; elle loge sur place pour &#234;tre plus efficace. Cette id&#233;e de coop&#233;rative a un tel succ&#232;s que trois autres restaurants s'ouvrent, regroupant environ 8 000 travailleurs. On y mange bien, des choses saines, abondantes ; on se retrouve entre soi, on peut discuter, lire &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;les mauvais journaux&lt;/q&gt;, hors du regard des argousins de Napol&#233;on III.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu, Nathalie va participer pleinement &#224; la Commune de Paris. D&#233;j&#224; pendant le si&#232;ge par les Prussiens, pendant ce terrible hiver 1870, elle avait tout fait pour distribuer &#224; manger, pr&#233;parer les repas dans les restaurants de la Marmite. Mais le 18 mars, quand le drapeau rouge flotte sur l'h&#244;tel de ville, elle va pouvoir &#339;uvrer de fa&#231;on vraiment constructive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les femmes ne sont pas &#233;ligibles &#224; la Commune ? Qu'&#224; cela ne tienne, elles constituent leur structure &#224; elles qui leur permettra de se regrouper, de d&#233;battre des probl&#232;mes du travail, d'ouvrir des ateliers. Et c'est la cr&#233;ation le 11 avril 1871 de l'Union des femmes, que Nathalie Lemel a mise en place avec Elisabeth Dmitrieff et un groupe d'ouvri&#232;res. Cette &#171; union &#187;, tr&#232;s structur&#233;e, dont le manifeste-programme est un des textes les plus avanc&#233;s de cette p&#233;riode, va donc commencer dans les quartiers populaires &#8212; les autres ont &#233;t&#233; d&#233;sert&#233;s &#8212; son action d'information, d'aide, de regroupement. Des clubs sont cr&#233;&#233;s o&#249; les femmes prennent une parole pr&#233;cise, &#233;nergique, tr&#232;s r&#233;aliste. Apr&#232;s le 18 mars, on la vit parcourir les clubs de femmes, y prendre la parole et y pr&#234;cher dans un langage excessivement violent les th&#233;ories les plus subversives.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le temps des barricades &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Nathalie, avec une centaine de femmes, se replie des Batignolles vers la place Blanche, puis vers la place Pigalle. Pendant des heures, elles font le coup de feu pour tenter d'arr&#234;ter l'assaillant versaillais. Un t&#233;moin dira : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Rentrant chez elle le 23 mai, les mains et les l&#232;vres noires, couverte de poussi&#232;re, elle disait avoir combattu 48 heures sans manger et elle ajoutait avec beaucoup d'animosit&#233; : Nous sommes battus, mais non vaincus.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous la retrouvons aussi indomptable devant le conseil de guerre. Elle assume fi&#232;rement toutes les responsabilit&#233;s de son action r&#233;volutionnaire, comme Louise Michel. Et toutes deux, condamn&#233;es &#224; la d&#233;portation, seront jet&#233;es dans le m&#234;me bateau pour &#234;tre livr&#233;es aux autorit&#233;s du bagne de Noum&#233;a.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l&#224; encore elles ne s'avou&#232;rent pas vaincues, puisque d&#232;s leur arriv&#233;e en Nouvelle-Cal&#233;donie elles refusent un traitement &#224; part, parce que, disent-elles : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Nous ne demandons ni n'acceptons aucune faveur et nous irons vivre avec nos cod&#233;port&#233;s dans l'enceinte fortifi&#233;e que la loi nous fixe.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1880 c'est la loi d'amnistie, le retour en France des communards. Nathalie, &#226;g&#233;e, &#233;prouv&#233;e par ses ann&#233;es de d&#233;portation, trouvera un emploi manuel dans l'imprimerie d'un journal ; et sans &#234;tre une militante de pointe comme Paule Minck ou Louise Michel, elle continuera &#224; suivre les &#233;v&#233;nements, &#224; &#233;voquer les grands jours de la Commune et &#224; intervenir tout particuli&#232;rement pour d&#233;fendre les conditions de travail des femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nathalie Lemel, c'est vraiment la communarde comme on en vit des milliers sur les barricades : venues de province, ouvri&#232;res pour la plupart, acqu&#233;rant une conscience politique en tant que femmes travailleuses doublement exploit&#233;es, allant jusqu'au bout et tr&#232;s souvent jusqu'&#224; la mort, pour sauver la R&#233;volution qui leur apparaissait la seule voie possible pour la lib&#233;ration des femmes.&lt;/p&gt;
&lt;iframe width=&#034;100%&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/Je-RJH3hvG0&#034; title=&#034;YouTube video player&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Jacques Reclus (3 f&#233;vrier 1894-5 mai 1984)</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Jacques Gandini</dc:creator>


		<dc:subject>&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>@narlivres</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;lis&#233;e Reclus</dc:subject>
		<dc:subject>Jacques Reclus</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Petit-neveu d'Elis&#233;e (NdR : fils de Paul Reclus), Jacques Reclus (1894-1984) a lui aussi fait sien l'id&#233;al libertaire. N&#233; &#224; Paris le 3 f&#233;vrier 1894, il passe son enfance en Ecosse, puis en Belgique, o&#249; il entreprend des &#233;tudes de sciences &#233;conomiques. De retour &#224; Paris, il continue celles-ci tout en se vouant au piano et se destine &#224; une carri&#232;re de musicien.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-itineraire-une-vie-une-pensee-no14-15-elisee-reclus-" rel="directory"&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e n&#176;14/15 : &#171; Elis&#233;e Reclus &#187;&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-itineraire-une-vie-une-pensee-+" rel="tag"&gt;&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-source-narlivres-+" rel="tag"&gt;@narlivres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-elisee-reclus-57-+" rel="tag"&gt;&#201;lis&#233;e Reclus&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-jacques-reclus-+" rel="tag"&gt;Jacques Reclus&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/arton1284-0ef73.jpg?1774710893' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Petit-neveu d'Elis&#233;e (NdR : fils de Paul Reclus), Jacques Reclus (1894-1984) a lui aussi fait sien l'id&#233;al libertaire. N&#233; &#224; Paris le 3 f&#233;vrier 1894, il passe son enfance en Ecosse, puis en Belgique, o&#249; il entreprend des &#233;tudes de sciences &#233;conomiques. De retour &#224; Paris, il continue celles-ci tout en se vouant au piano et se destine &#224; une carri&#232;re de musicien. Il se retrouve ainsi en 1912 &#224; Montargis, o&#249; il donne des cours de solf&#232;ge &#224; une cinquantaine de jeunes Chinois internes au lyc&#233;e, premier contact avec ce monde chinois qui va orienter tout le cours de sa vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1918, un &#233;clat d'obus re&#231;u &#224; la main droite pendant la Premi&#232;re Guerre mondiale va mettre fin &#224; ses d&#233;buts prometteurs de pianiste professionnel et il se lance dans le journalisme syndical. D&#232;s cette &#233;poque, il est connu dans les milieux libertaires, non seulement par son nom mais surtout pour ses activit&#233;s. Il collabore &#224; &lt;i&gt;la Clairi&#232;re &lt;/i&gt; (1917) et &#224; &lt;i&gt;la Bataille syndicaliste&lt;/i&gt;, devenue&lt;i&gt; la Bataille&lt;/i&gt; (1914-1916). A partir de janvier 1920, il devient g&#233;rant des&lt;i&gt; Temps nouveaux&lt;/i&gt;. Il collabore &#233;galement &#224; la revue du docteur Pierrot, &lt;a href=&#034;https://archivesautonomies.org/spip.php?rubrique643&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Plus loin&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, et au &lt;i&gt;Libertaire &lt;/i&gt; quotidien. Sous son impulsion, en 1923, se constitue le Groupement de d&#233;fense des r&#233;volutionnaires emprisonn&#233;s en Russie. Ce collectif &#233;dita la brochure &lt;i&gt;R&#233;pression de l'anarchisme en Union sovi&#233;tique&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cette &#233;poque, Jacques Reclus vit avec Christiaan Cornelissen et sa femme Lilly Rupertus et feront m&#233;nage &#224; trois pendant quelques ann&#233;es. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Dans les ann&#233;es 20, Lilly et mon p&#232;re auront &#224; s'occuper pendant un certain temps de Pierra, fille de Sacha et petite-fille de Pierre Kropotkine.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Entretien du 17 septembre 1997 de Didier Roy avec Magali Reclus, fille de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1757 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende descriptif' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH227/li_shizeng-3fec0-66dc4.jpg?1774743929' width='150' height='227' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Li Shizeng &lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Peu apr&#232;s, il entre en contact avec un jeune Chinois du nom de Wu Kegang venu en France dans le cadre du mouvement Travail-Etude initi&#233; par l'anarchiste Li Shizeng&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J-J. Gandini, Aux sources de la R&#233;volution chinoise, ACL, Lyon, 1986.&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Wu lui fait part de la cr&#233;ation &#224; Shanghai, &#224; la fin de l'ann&#233;e 1927, de l'Universit&#233; du Travail, con&#231;ue sur le mod&#232;le kropotkinien consistant &#224; &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;transformer les &#233;coles en champs et en usines, et les usines et les champs en &#233;coles&lt;/q&gt;, et o&#249; la combinaison travail-&#233;tude doit permettre l'av&#232;nement d'un nouveau type d'individu, annonciateur de la soci&#233;t&#233; anarchiste &#224; venir&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J.-J. Gandini, &#171; L'Anarchisme, face cach&#233;e de la R&#233;volution chinoise &#187;, in (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enthousiaste, Jacques Reclus part y enseigner le fran&#231;ais. Il arrive en mai, en compagnie de son ami l'avocat Pascal Mugnier, expuls&#233; d'Indochine. Jacques Reclus d&#233;nonce aussit&#244;t la corruption des fonctionnaires fran&#231;ais. Rapidement, l'exp&#233;rience universitaire va tourner court, le gouvernement de Tchang Ka&#239;-chek proc&#233;dant d&#232;s 1930 &#224; une coupe claire dans les cr&#233;dits de fonctionnement pour cause de &#171; subversion &#187;. Il d&#233;cide alors de rester en Chine. Apr&#232;s Shanghai, ce sera Nankin, puis Kunming, capitale du Yunnan limitrophe du Vietnam o&#249; le surprendra la Seconde Guerre mondiale. Sa maison va devenir un lieu de rendez-vous de la France libre (Pierre Boulle, L&#233;on Jank&#233;l&#233;vitch...), alors que la p&#233;ninsule indochinoise est sous la botte de Vichy.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1758 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;52&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/sans_titre-2-9.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH387/sans_titre-2-9-5199d.jpg?1774743929' width='500' height='387' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Jacques Reclus chez lui, &#224; P&#233;kin en novembre 1933. &lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Il regagne ensuite P&#233;kin en 1945 et y enseignera jusqu'en 1952. La violente campagne anti-&#233;trangers, accus&#233;s d'&#234;tre des espions &#224; la solde de l'imp&#233;rialisme, alors d&#233;clench&#233;e par le parti communiste au pouvoir depuis 1949, va l'obliger &#224; quitter le pays dans les 48 heures, laissant derri&#232;re lui sa fille &#226;g&#233;e de 12 ans. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;D&#233;j&#224; en 1944, puis en 1948, nous &#233;tions venus en France. La seconde fois, nous sommes rest&#233;s une ann&#233;e durant laquelle je suis all&#233;e &#224; l'&#233;cole. J'avais environ 8 ans. J'ai beaucoup souffert des moqueries des autres enfants. Aussi, en 1952, lorsque mes parents ont d&#233;cid&#233; de retourner &#224; nouveau en France, j'ai refus&#233; de les suivre. La propagande anti-&#233;trangers du moment sonnait juste &#224; mes oreilles. Les autorit&#233;s n'ont pas accept&#233; que mon p&#232;re reste avec moi. Je me suis retrouv&#233;e tout naturellement chez ma tante, jusqu'en 1979 o&#249; j'ai pu rejoindre mes parents.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Entretien avec Magali Reclus, fille de Jacques Reclus, op. cit.&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France, son &#233;pouse, Huang Shuyi, devient professeur aux Langues orientales &#224; Paris. Lui travaille d'abord comme correcteur, puis devient r&#233;dacteur de la revue bibliographique de sinologie (&lt;i&gt;EPHE&lt;/i&gt;), enfin enseignant &#224; Paris-VII. Il continue ses activit&#233;s d'auteur (&lt;i&gt;La R&#233;volte des Taiping&lt;/i&gt;, Le Pavillon Roger-Maria &#233;diteur, 1972) et de traducteur (&lt;i&gt;L'Innocent du village aux roseaux&lt;/i&gt;, de Li Tch'ien Ki-ying, Aubier-Montaigne, 1984) jusqu'&#224; son dernier souffle. Jacques Reclus, c'est bien &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;cet &#233;ternel jeune homme amoureux de la nature dont la puret&#233; anarchiste a r&#233;sist&#233; &#224; quatre-vingt-dix ans d'aventures, de joies et de d&#233;ceptions&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Article n&#233;crologique de Marie Holzman, &#171; La Fin des Reclus &#187;, Lib&#233;ration du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Entretien du 17 septembre 1997 de Didier Roy avec Magali Reclus, fille de Jacques Reclus.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;J-J. Gandini, &lt;i&gt;Aux sources de la R&#233;volution chinoise&lt;/i&gt;, ACL, Lyon, 1986.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;J.-J. Gandini, &#171; L'Anarchisme, face cach&#233;e de la R&#233;volution chinoise &#187;, in &lt;i&gt;Chine fin de si&#232;cle&lt;/i&gt;, ACL, Lyon, 1994.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Entretien avec Magali Reclus, fille de Jacques Reclus, op. cit.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Article n&#233;crologique de Marie Holzman, &#171; La Fin des Reclus &#187;, &lt;i&gt;Lib&#233;ration &lt;/i&gt; du 15 mai 1984.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La soci&#233;t&#233; sans Etat de Giovanna Berneri - Brochure PDF</title>
		<link>https://www.partage-noir.fr/la-societe-sans-etat-de-giovanna-berneri-brochure-pdf</link>
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		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Giovanna Berneri</dc:creator>


		<dc:subject>@narlivres</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&lt;i&gt;La soci&#233;t&#233; sans Etat&lt;/i&gt; de Giovanna Berneri (Traduit de l'italien par Albert Ledrapier) a &#233;t&#233; publi&#233; dans la brochure n&#176;3 de &lt;i&gt;Contre Courant - Cahiers mensuels d'&#233;tudes sociales&lt;/i&gt; en janvier 1955.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-la-societe-sans-etat-" rel="directory"&gt;La soci&#233;t&#233; sans Etat&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-source-narlivres-+" rel="tag"&gt;@narlivres&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/arton1206-89b33.png?1774722411' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les brochures Partage Noir sont r&#233;alis&#233;es avec les logiciels libres #GIMP #Inkscape #Scribus&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;La soci&#233;t&#233; sans &#201;tat&lt;/i&gt; de Giovanna Berneri (Traduit de l'italien par Albert Ledrapier) a &#233;t&#233; publi&#233; dans la brochure n&#176;3 de &lt;i&gt;Contre Courant - Cahiers mensuels d'&#233;tudes sociales&lt;/i&gt; en janvier 1955.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Madeleine Vernet (3 septembre 1878 - 5 octobre 1949)</title>
		<link>https://www.partage-noir.fr/madeleine-vernet-3-septembre-1878-5-octobre-1949</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Anarlivres, OLT</dc:creator>


		<dc:subject>Madeleine Vernet </dc:subject>
		<dc:subject>@narlivres</dc:subject>
		<dc:subject> L'&#201;ph&#233;m&#233;ride anarchiste </dc:subject>
		<dc:subject>Archives Autonomies</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Madeleine Eug&#233;nie Cavelier, dite Madeleine Vernet, na&#238;t le 3 septembre 1878 &#224; Le Houlme (Seine-Maritime). Elle passe son enfance &#224; Barentin o&#249; ses parents ont achet&#233; un petit commerce. &#224; la mort de son mari, sa m&#232;re s'installe &#224; Pissy-P&#244;ville et, pour survivre, accueille quatre fillettes de l'Assistance publique ; ce qui d&#233;cidera de sa vocation d'&#233;ducatrice.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-olt-355-" rel="directory"&gt;OLT&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-madeleine-vernet-+" rel="tag"&gt;Madeleine Vernet &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-source-narlivres-+" rel="tag"&gt;@narlivres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-l-ephemeride-anarchiste-456-+" rel="tag"&gt; L'&#201;ph&#233;m&#233;ride anarchiste &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-source-fragments-d-histoire-de-la-gauche-radicale-+" rel="tag"&gt;Archives Autonomies&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L106xH150/madeleine_vernet-1-bac26.jpg?1777019631' class='spip_logo spip_logo_right' width='106' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Texte : Anarlivres (d'apr&#232;s L'&#233;ph&#233;m&#233;ride anarchiste) &#8211; Dessins : OLT - CC BY-NC-SA (d'apr&#232;s les gravures de Pierre Rossi)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Madeleine Eug&#233;nie Cavelier, dite Madeleine Vernet, na&#238;t le 3 septembre 1878 &#224; Le Houlme (Seine-Maritime). Elle passe son enfance &#224; Barentin o&#249; ses parents ont achet&#233; un petit commerce. &#224; la mort de son mari, sa m&#232;re s'installe &#224; Pissy-P&#244;ville et, pour survivre, accueille quatre fillettes de l'Assistance publique ; ce qui d&#233;cidera de sa vocation d'&#233;ducatrice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Madeleine Vernet &#233;crit des articles dans &lt;i&gt;Pages libres&lt;/i&gt;, le journal de Charles Guieysse, o&#249; elle s'insurge contre les abus dont sont victimes les enfants de l'Assistance. En repr&#233;sailles, les fillettes seront retir&#233;es &#224; sa m&#232;re. N'ayant pas r&#233;ussi &#224; cr&#233;er l'orphelinat de ses r&#234;ves en Normandie, elle part pour Paris et exerce le m&#233;tier de comptable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle y rencontre des journalistes, des syndicalistes, et se lie avec les milieux libertaires. En 1906, Madeleine Vernet fonde &#224; Neuilly-Plaisance (banlieue parisienne) l'orphelinat L'Avenir social (d&#233;plac&#233; ensuite &#224; Ep&#244;ne) avec Louis Tribier &#8211; qu'elle &#233;pousera un peu plus tard. Elle collabore au &lt;i&gt;Libertaire&lt;/i&gt;, aux &lt;i&gt;Temps nouveaux &lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le premier num&#233;ro du journal Les Temps Nouveauxvoit le jour le 4 mai 1895 et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; (o&#249; elle s'oppose au n&#233;omalthusianisme), publie des brochures, des po&#233;sies, des romans, devient conf&#233;renci&#232;re, soutenue, malgr&#233; leurs d&#233;saccords, par des f&#233;ministes comme Nelly Roussel et Marie Bonnevial. Pendant la Premi&#232;re Guerre mondiale, elle d&#233;ploie une grande activit&#233; pacifiste, accueille le fils de Marie et Fran&#231;ois Mayoux, instituteurs en Charente emprisonn&#233;s pour antimilitarisme, d&#233;fend H&#233;l&#232;ne Brion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle collabore &#224; &lt;i&gt;Ce qu'il faut dire&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le premier num&#233;ro de C.Q.F.D. para&#238;t le 2 avril 1916. Son dernier num&#233;ro est (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, le journal de S&#233;bastien Faure, &#224; &lt;i&gt;La M&#232;re &#233;ducatrice&lt;/i&gt;, puis participe &#224; la fondation de la Ligue des femmes contre la guerre. En 1922, les communistes &#233;tant devenus majoritaires au conseil d'administration de l'orphelinat, Madeleine Vernet qui refuse d'adh&#233;rer au Parti communiste doit bient&#244;t abandonner son poste de directrice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle fonde en 1927 le journal &lt;i&gt;La Volont&#233; de paix&lt;/i&gt; qui para&#238;tra jusqu'en 1936, date &#224; laquelle il fut interdit apr&#232;s le proc&#232;s de Louis Tribier pour provocation de militaires &#224; la d&#233;sob&#233;issance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1935, elle si&#232;ge au comit&#233; directeur de la Ligue internationale des combattants de la paix et meurt le 5 octobre 1949 &#224; Levallois-Perret.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Le premier num&#233;ro du journal &lt;a href=&#034;https://www.archivesautonomies.org/spip.php?rubrique601&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Les Temps Nouveaux&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;voit le jour le 4 mai 1895 et dispara&#238;t d&#233;but ao&#251;t 1914 apr&#232;s la parution de 982 num&#233;ros.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Le premier num&#233;ro de &lt;i&gt;C.Q.F.D&lt;/i&gt;. para&#238;t le 2 avril 1916. Son dernier num&#233;ro est le 83 du 22 d&#233;cembre 1917. Son r&#233;dacteur principal est S&#233;bastien Faure. &lt;a href=&#034;https://www.archivesautonomies.org/spip.php?rubrique612&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Sommaires de &lt;i&gt;Ce qu'il faut dire (1916-1917)&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;sur le site Fragments d'Histoire de la gauche radicale.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>[BD] Maurice Joyeux (1910-1991)</title>
		<link>https://www.partage-noir.fr/bd-maurice-joyeux-1910-1991</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Anarlivres, OLT</dc:creator>


		<dc:subject>Maurice Joyeux</dc:subject>
		<dc:subject>@narlivres</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;N&#233; le 29 janvier 1910 dans le dixi&#232;me arrondissement de Paris, fils d'un militant socialiste mort &#224; la guerre, Maurice Joyeux grandit &#224; Levallois-Perret. &lt;br class='autobr' /&gt;
Apprenti, il quitte sa famille &#224; 13 ans. &lt;br class='autobr' /&gt;
Adh&#233;rent de la CGTU, il milite entre autres au Comit&#233; des ch&#244;meurs dont il deviendra le secr&#233;taire. Une des actions de ce comit&#233; sera l'attaque du consulat de Pologne, relat&#233;e dans un de ses romans, et qui lui vaudra un an de prison, en 1933. Maurice Joyeux adh&#232;re &#224; l'Union anarchiste en 1935 et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-olt-355-" rel="directory"&gt;OLT&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-maurice-joyeux-314-+" rel="tag"&gt;Maurice Joyeux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-source-narlivres-+" rel="tag"&gt;@narlivres&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L102xH150/53410112460_9190487533_o_1__copie-97d39.jpg?1774734886' class='spip_logo spip_logo_right' width='102' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;N&#233; le 29 janvier 1910 dans le dixi&#232;me arrondissement de Paris, fils d'un militant socialiste mort &#224; la guerre, Maurice Joyeux grandit &#224; Levallois-Perret.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apprenti, il quitte sa famille &#224; 13 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Adh&#233;rent de la CGTU, il milite entre autres au Comit&#233; des ch&#244;meurs dont il deviendra le secr&#233;taire. Une des actions de ce comit&#233; sera l'attaque du consulat de Pologne, relat&#233;e dans un de ses romans, et qui lui vaudra un an de prison, en 1933. Maurice Joyeux adh&#232;re &#224; l'Union anarchiste en 1935 et est condamn&#233; &#224; six mois de prison pour violence &#224; agents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1936, il participe aux occupations d'usines et anime le Front r&#233;volutionnaire. R&#233;fractaire, il est arr&#234;t&#233; en 1940 et condamn&#233; &#224; cinq ans de prison. Incarc&#233;r&#233; &#224; Montluc, il s'en &#233;vade apr&#232;s avoir foment&#233; une mutinerie (sujet du livre &lt;i&gt;Mutinerie &#224; Montluc&lt;/i&gt;), mais il sera repris et finalement lib&#233;r&#233; en 1944. &#192; la Lib&#233;ration, il participe &#224; la reconstruction du Mouvement libertaire, qui donnera naissance &#224; la F&#233;d&#233;ration anarchiste (FA), et &#224; la r&#233;apparition du &lt;i&gt;Libertaire&lt;/i&gt;, organe de celle-ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Collaborateur, puis g&#233;rant de ce journal, il est condamn&#233; &#224; plusieurs reprises pour des articles d'inspiration antimilitariste. Militant de la CGT-Force ouvri&#232;re d&#232;s sa cr&#233;ation, en 1947, Maurice Joyeux y d&#233;fend les id&#233;es anarcho-syndicalistes. Au sein de la FA, des militants, dont Georges Fontenis, cr&#233;ent une organisation secr&#232;te : l'Organisation Pens&#233;e Bataille (OPB). En 1953, c'est la scission, puis la transformation de la F&#233;d&#233;ration anarchiste en F&#233;d&#233;ration communiste libertaire (FCL).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les exclus, &#224; Paris, Maurice Joyeux s'attelle &#224; la reconstruction de la nouvelle F&#233;d&#233;ration anarchiste, autour du journal &lt;i&gt;Le Monde libertaire &lt;/i&gt; et de la librairie qu'il a ouverte (Le Ch&#226;teau des brouillards).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La FA verra le regain des id&#233;es libertaires, suscit&#233; par Mai 68.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Antimarxiste convaincu, il sera parmi ceux qui la garderont des d&#233;viations gauchiste ou marxiste libertaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ami d'Andr&#233; Breton, d'Albert Camus, de Georges Brassens et de L&#233;o Ferr&#233;, il cr&#233;e en 1968, avec sa compagne Suzy Chevet et le groupe Louise-Michel, &lt;i&gt;La Rue&lt;/i&gt;, revue d'expression culturelle libertaire. En 1981, Maurice Joyeux sera le premier invit&#233; de Radio-Libertaire (radio libre de la FA, &#224; Paris). Il meurt le 9 d&#233;cembre 1991.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://anarlivres.free.fr/pages/biblio/complements/joyeux.html" class="spip_out"&gt;Bibliographie de Maurice Joyeux&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		
		<enclosure url="https://www.partage-noir.fr/IMG/pdf/bd-joyeux.pdf" length="1586759" type="application/pdf" />
		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Louise Michel - Po&#232;mes &amp; Chansons - Brochure PDF</title>
		<link>https://www.partage-noir.fr/louise-michel-poemes-chansons-brochure-pdf</link>
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		<dc:date>2026-01-08T23:05:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Anarlivres, Pascal Bedos</dc:creator>


		<dc:subject>Louise Michel</dc:subject>
		<dc:subject>@narlivres</dc:subject>
		<dc:subject>La Commune de Paris (1871)</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Les brochures Partage Noir sont r&#233;alis&#233;es avec les logiciels libres #GIMP #Inkscape #Scribus&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-louise-michel-poemes-chansons-" rel="directory"&gt;Louise Michel - Po&#232;mes &amp; Chansons&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-louise-michel-198-+" rel="tag"&gt;Louise Michel&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-source-narlivres-+" rel="tag"&gt;@narlivres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-la-commune-de-paris-+" rel="tag"&gt;La Commune de Paris (1871)&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/arton1305-dd057.png?1774734887' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On conna&#238;t l'attrait de Louise Michel pour la po&#233;sie &#8211; elle &#233;crivit tout au long de sa vie de nombreux po&#232;mes, d'une in&#233;gale qualit&#233; &#8211; mais l'on sait moins que des po&#232;tes et chanteurs ont salu&#233; son combat et son courage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les brochures Partage Noir sont r&#233;alis&#233;es avec les logiciels libres #GIMP #Inkscape #Scribus&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		
		<enclosure url="https://www.partage-noir.fr/IMG/pdf/brochure-lm.pdf" length="2849406" type="application/pdf" />
		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>[BD] Ricardo Flores Mag&#243;n [01]</title>
		<link>https://www.partage-noir.fr/bd-ricardo-flores-magon-1204</link>
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		<dc:date>2025-11-22T09:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Anarlivres, OLT</dc:creator>


		<dc:subject>Enrique Flores Mag&#243;n</dc:subject>
		<dc:subject>Ricardo Flores Mag&#243;n</dc:subject>
		<dc:subject>&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>@narlivres</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution mexicaine (1910)</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Comme nos camarades de F&#233;d&#233;ration Anarchiste Mexicaine, nous avons comm&#233;mor&#233; le centenaire de la mort de Ricardo Flores Mag&#243;n assassin&#233; dans sa cellule au p&#233;nitencier de Leavenworth le 21 novembre 1922. &lt;br class='autobr' /&gt;
Texte : Anarlivres.org] &lt;br class='autobr' /&gt; Naissance le 16 septembre 1874, son p&#232;re, Teodoro Flores, est un indien Zapotec et sa m&#232;re, Margarita Mag&#243;n, une m&#233;tisse indienne-espagnole. Le 16 mai 1892, &#233;tudiant en droit &#224; Mexico, il participe &#224; une manifestation contre la dictature du pr&#233;sident D&#237;az. Il est (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-olt-355-" rel="directory"&gt;OLT&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-enrique-flores-magon-+" rel="tag"&gt;Enrique Flores Mag&#243;n&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-ricardo-flores-magon-11-+" rel="tag"&gt;Ricardo Flores Mag&#243;n&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-itineraire-une-vie-une-pensee-+" rel="tag"&gt;&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-source-narlivres-+" rel="tag"&gt;@narlivres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-revolution-mexicaine-1910-+" rel="tag"&gt;R&#233;volution mexicaine (1910)&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L107xH150/arton1204-236c5.jpg?1774734888' class='spip_logo spip_logo_right' width='107' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Comme nos camarades de F&#233;d&#233;ration Anarchiste Mexicaine, nous avons comm&#233;mor&#233; le centenaire de la mort de Ricardo Flores Mag&#243;n assassin&#233; dans sa cellule au p&#233;nitencier de Leavenworth le 21 novembre 1922.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Texte : &lt;a href=&#034;http://anarlivres.free.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Anarlivres.org&lt;/a&gt; &amp; Dessins : OLT - D'apr&#232;s [&lt;a href=&#034;http://anarlivres.free.fr/pages/documents/Itineraire_Magon2.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Itin&#233;raire n&#176; 9-10&lt;/a&gt;]&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Naissance le 16 septembre 1874, son p&#232;re, Teodoro Flores, est un indien Zapotec et sa m&#232;re, Margarita Mag&#243;n, une m&#233;tisse indienne-espagnole. Le 16 mai 1892, &#233;tudiant en droit &#224; Mexico, il participe &#224; une manifestation contre la dictature du pr&#233;sident D&#237;az. Il est arr&#234;t&#233; et condamn&#233; &#224; cinq mois de prison. En 1895, il est admis au barreau comme &lt;br class='autobr' /&gt;
avocat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 7 ao&#251;t 1900, familiaris&#233; avec les &#233;crits des th&#233;oriciens anarchistes, il fonde avec son fr&#232;re Jes&#250;s et A. Horcasitas &lt;i&gt;Regeneraci&#243;n&lt;/i&gt;, qui deviendra en 1901 l'organe du Parti lib&#233;ral mexicain (PLM). Le 22 mai de cette ann&#233;e, Ricardo et Jes&#250;s sont arr&#234;t&#233;s et condamn&#233;s &#224; un an de prison pour insulte au pr&#233;sident.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Lib&#233;r&#233;, il &#233;dite avec son autre fr&#232;re Enrique (qui lui restera fid&#232;le) le journal satirique &lt;i&gt;El Hijo del Ahuizote&lt;/i&gt; (&#171; Le Fils du g&#234;neur &#187;) ; nouvelles condamnations. En 1904, il s'exile au Texas et fait repara&#238;tre &lt;i&gt;Regeneraci&#243;n&lt;/i&gt;. On tente de l'assassiner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il transf&#232;re le journal &#224; Saint-Louis mais, le 12 octobre 1905, il est investi par les d&#233;tectives de l'agence Pinkerton, le mat&#233;riel d&#233;truit, Ricardo et Enrique emprisonn&#233;s. &lt;br class='autobr' /&gt;
En septembre 1906, les premi&#232;res insurrections du PLM ont lieu dans plusieurs villes du Mexique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Los Angeles, Ricardo fait para&#238;tre clandestinement le journal &lt;i&gt;Revoluci&#243;n&lt;/i&gt;, mais il est arr&#234;t&#233; le 23 ao&#251;t 1907 avec Librado Rivera et Antonio I. Villarreal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne sera lib&#233;r&#233; que le 3 ao&#251;t 1910 et reprend alors la parution de &lt;i&gt;Regeneraci&#243;n &lt;/i&gt; (avec une page en anglais).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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