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		<title>PARTAGE NOIR</title>
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		<title>Nathalie Lemel (26 ao&#251;t 1827 - 8 mai 1921)</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Paule Lejeune </dc:creator>


		<dc:subject>&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>@narlivres</dc:subject>
		<dc:subject>Nathalie Lemel</dc:subject>
		<dc:subject>La Commune de Paris (1871)</dc:subject>
		<dc:subject>Eug&#232;ne Varlin</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Elle ne ressemble gu&#232;re au portrait de la communarde que les &#233;crivains bien pensants n'ont cess&#233; de proposer, Nathalie Lemel. Ce n'est point cette gaillarde surexcit&#233;e, buvant sec, la pire injure &#224; la bouche, prenant un plaisir malsain &#224; commander des tueries. Et pourtant c'est bien une communarde, Nathalie. Et l'une des plus actives. Et l'une des plus h&#233;ro&#239;ques. Malheureusement pour parler d'elle cent ans apr&#232;s, on ne dispose gu&#232;re de documents.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-itineraire-une-vie-une-pensee-no11-eugene-varlin-" rel="directory"&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e n&#176;11 : &#171; Eug&#232;ne Varlin &#187;&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-itineraire-une-vie-une-pensee-+" rel="tag"&gt;&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-source-narlivres-+" rel="tag"&gt;@narlivres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-nathalie-lemel-191-+" rel="tag"&gt;Nathalie Lemel&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-la-commune-de-paris-+" rel="tag"&gt;La Commune de Paris (1871)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-eugene-varlin-91-+" rel="tag"&gt;Eug&#232;ne Varlin&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/arton1171-feff0.jpg?1774720728' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Elle ne ressemble gu&#232;re au portrait de la communarde que les &#233;crivains bien pensants n'ont cess&#233; de proposer, Nathalie Lemel. Ce n'est point cette gaillarde surexcit&#233;e, buvant sec, la pire injure &#224; la bouche, prenant un plaisir malsain &#224; commander des tueries. Et pourtant c'est bien une communarde, Nathalie. Et l'une des plus actives. Et l'une des plus h&#233;ro&#239;ques. Malheureusement pour parler d'elle cent ans apr&#232;s, on ne dispose gu&#232;re de documents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, comme pour bien des r&#233;volutionnaires, c'est dans les archives de la police, dans les rapports de gendarmerie, dans les comptes rendus de proc&#232;s qu'il faut aller glaner des renseignements. Lisons donc la fiche signal&#233;tique la concernant : 1 m 49 ; elle est blonde avec des yeux gris, un nez retrouss&#233;, un visage ovale. Et c'est tout ce que nous saurons.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1556 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;16&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH199/file-b8913-2397a.png?1774709809' width='150' height='199' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Nathalie Lemel&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Elle ne paraissait pas destin&#233;e &#224; la r&#233;sistance ouvri&#232;re et politique par son origine, par son v&#233;cu d'enfant, d'adolescente. Ses parents, ais&#233;s, tenaient un caf&#233; &#224; Brest et l'&#233;lev&#232;rent &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;avec assez de soins&lt;/q&gt;, c'est-&#224;-dire qu'elle dut sans doute aller dans une &#233;cole religieuse pour y apprendre &#224; lire dans un recueil de pri&#232;res et ensuite s'initier &#224; la couture, peut-&#234;tre m&#234;me &#224; la broderie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle se marie en 1845 (elle a 19 ans) avec un ouvrier relieur, J&#233;r&#244;me Lemel, de huit ans son a&#238;n&#233;. Et la tradition familiale semble fonctionner normalement puisqu'ils ont trois enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le couple quitte Brest, sa ville natale, en 1849, pour aller s'installer &#224; Quimper. Que font-ils &#224; Quimper ? Elle tient une librairie ; quant au mari, on ne sait trop : l'aide-t-il ? Poursuit-il son m&#233;tier de relieur ? Il est possible qu'il relie &#224; domicile, comme une activit&#233; annexe &#224; la vente des livres. Et c'est l&#224; sans doute que commence &#224; se nouer le destin de Nathalie. Mais on manque de documents et l'on est r&#233;duit de nouveau &#224; des hypoth&#232;ses. Le rapport de gendarmerie de Quimper nous dit : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;En 1861, ils se d&#233;clar&#232;rent en faillite et partirent pour Paris&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle vend des livres, elle a sans doute la curiosit&#233;, d&#233;plac&#233;e, de les lire, et son horizon s'&#233;largit ; elle se pose des questions, elle a envie de discuter de ce qu'elle voit ; elle sort de son r&#244;le de femme, donc elle prend &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;des allures d'ind&#233;pendance&lt;/q&gt; !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Elue au syndicat des relieurs &lt;/h3&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1557 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;16&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH185/image-1b2c5-02f9c.jpg?1774709809' width='150' height='185' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Nathalie Lemel&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Une fois &#224; Paris, sortie du carcan provincial et religieux, oblig&#233;e par manque d'argent d'apprendre et d'exercer un m&#233;tier, celui de relieuse, Nathalie va &#233;voluer beaucoup plus vite. D'autant qu'elle se trouve brusquement dans un climat de surchauffe politique. C'est la p&#233;riode o&#249; les travailleurs vont constituer &#8212; en 1864 &#8212; une Association internationale, o&#249; des gr&#232;ves vont &#233;clater un peu dans tous les secteurs ; et en particulier dans celui o&#249; travaille Nathalie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, en ao&#251;t 1864, une gr&#232;ve longue et tr&#232;s dure est men&#233;e par les ouvriers relieurs de Paris ; parmi eux, un militant de pointe, Eug&#232;ne Varlin. Nathalie est parmi les gr&#233;vistes. Et, lorsque l'ann&#233;e suivante, une nouvelle gr&#232;ve sera d&#233;cid&#233;e, elle sera du comit&#233; de gr&#232;ve et ensuite &#233;lue d&#233;l&#233;gu&#233;e syndicale. Ce qui constituait une v&#233;ritable r&#233;volution pour l'&#233;poque, dans le milieu ouvrier encore sous l'influence de Proudhon qui rel&#233;guait les femmes au foyer ou sur le trottoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est que Nathalie Lemel avait d&#251; montrer sa t&#233;nacit&#233;, son sens de l'organisation dans ces luttes vraiment h&#233;ro&#239;ques car c'&#233;tait la faim, c'&#233;tait la rue qui mena&#231;aient &#224; br&#232;ve &#233;ch&#233;ance les travailleurs en gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nathalie s'inscrit bien vite &#224; l'Internationale et prend une part de plus en plus active &#224; la r&#233;sistance contre le Second Empire. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Elle s'&#233;tait fait remarquer par son exaltation, &#233;crit le commissaire de son quartier, elle s'occupait de politique ; dans les ateliers, elle lisait &#224; haute voix les mauvais journaux ; elle fr&#233;quentait assid&#251;ment les clubs.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En somme, une femme perdue. Et c'est bien entendu sur elle que la soci&#233;t&#233; &#8212; sous les traits du commissaire enqu&#234;teur &#8212; va faire retomber l'&#233;chec de son mariage. Elle quitte le domicile conjugal en 1868 : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;L'exaltation de ses opinions politiques et les discussions auxquelles elle se livrait continuellement auraient &#233;t&#233; pour beaucoup dans cette s&#233;paration&lt;/q&gt; (le tout soulign&#233; en rouge !). Mais le commissaire omet de pr&#233;ciser que le mari s'&#233;tait mis &#224; boire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lib&#233;r&#233;e de ses entraves conjugales, Nathalie va pouvoir se consacrer plus intens&#233;ment &#224; ses activit&#233;s militantes. Avec Varlin et quelques autres relieurs, elle cr&#233;e une coop&#233;rative d'alimentation, la M&#233;nag&#232;re, puis, &#224; partir de 1868, une sorte de restaurant ouvrier, la Marmite. Elle y est caissi&#232;re, secr&#233;taire ; elle loge sur place pour &#234;tre plus efficace. Cette id&#233;e de coop&#233;rative a un tel succ&#232;s que trois autres restaurants s'ouvrent, regroupant environ 8 000 travailleurs. On y mange bien, des choses saines, abondantes ; on se retrouve entre soi, on peut discuter, lire &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;les mauvais journaux&lt;/q&gt;, hors du regard des argousins de Napol&#233;on III.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu, Nathalie va participer pleinement &#224; la Commune de Paris. D&#233;j&#224; pendant le si&#232;ge par les Prussiens, pendant ce terrible hiver 1870, elle avait tout fait pour distribuer &#224; manger, pr&#233;parer les repas dans les restaurants de la Marmite. Mais le 18 mars, quand le drapeau rouge flotte sur l'h&#244;tel de ville, elle va pouvoir &#339;uvrer de fa&#231;on vraiment constructive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les femmes ne sont pas &#233;ligibles &#224; la Commune ? Qu'&#224; cela ne tienne, elles constituent leur structure &#224; elles qui leur permettra de se regrouper, de d&#233;battre des probl&#232;mes du travail, d'ouvrir des ateliers. Et c'est la cr&#233;ation le 11 avril 1871 de l'Union des femmes, que Nathalie Lemel a mise en place avec Elisabeth Dmitrieff et un groupe d'ouvri&#232;res. Cette &#171; union &#187;, tr&#232;s structur&#233;e, dont le manifeste-programme est un des textes les plus avanc&#233;s de cette p&#233;riode, va donc commencer dans les quartiers populaires &#8212; les autres ont &#233;t&#233; d&#233;sert&#233;s &#8212; son action d'information, d'aide, de regroupement. Des clubs sont cr&#233;&#233;s o&#249; les femmes prennent une parole pr&#233;cise, &#233;nergique, tr&#232;s r&#233;aliste. Apr&#232;s le 18 mars, on la vit parcourir les clubs de femmes, y prendre la parole et y pr&#234;cher dans un langage excessivement violent les th&#233;ories les plus subversives.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le temps des barricades &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Nathalie, avec une centaine de femmes, se replie des Batignolles vers la place Blanche, puis vers la place Pigalle. Pendant des heures, elles font le coup de feu pour tenter d'arr&#234;ter l'assaillant versaillais. Un t&#233;moin dira : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Rentrant chez elle le 23 mai, les mains et les l&#232;vres noires, couverte de poussi&#232;re, elle disait avoir combattu 48 heures sans manger et elle ajoutait avec beaucoup d'animosit&#233; : Nous sommes battus, mais non vaincus.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous la retrouvons aussi indomptable devant le conseil de guerre. Elle assume fi&#232;rement toutes les responsabilit&#233;s de son action r&#233;volutionnaire, comme Louise Michel. Et toutes deux, condamn&#233;es &#224; la d&#233;portation, seront jet&#233;es dans le m&#234;me bateau pour &#234;tre livr&#233;es aux autorit&#233;s du bagne de Noum&#233;a.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l&#224; encore elles ne s'avou&#232;rent pas vaincues, puisque d&#232;s leur arriv&#233;e en Nouvelle-Cal&#233;donie elles refusent un traitement &#224; part, parce que, disent-elles : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Nous ne demandons ni n'acceptons aucune faveur et nous irons vivre avec nos cod&#233;port&#233;s dans l'enceinte fortifi&#233;e que la loi nous fixe.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1880 c'est la loi d'amnistie, le retour en France des communards. Nathalie, &#226;g&#233;e, &#233;prouv&#233;e par ses ann&#233;es de d&#233;portation, trouvera un emploi manuel dans l'imprimerie d'un journal ; et sans &#234;tre une militante de pointe comme Paule Minck ou Louise Michel, elle continuera &#224; suivre les &#233;v&#233;nements, &#224; &#233;voquer les grands jours de la Commune et &#224; intervenir tout particuli&#232;rement pour d&#233;fendre les conditions de travail des femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nathalie Lemel, c'est vraiment la communarde comme on en vit des milliers sur les barricades : venues de province, ouvri&#232;res pour la plupart, acqu&#233;rant une conscience politique en tant que femmes travailleuses doublement exploit&#233;es, allant jusqu'au bout et tr&#232;s souvent jusqu'&#224; la mort, pour sauver la R&#233;volution qui leur apparaissait la seule voie possible pour la lib&#233;ration des femmes.&lt;/p&gt;
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		<title>Jacques Reclus (3 f&#233;vrier 1894-5 mai 1984)</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Jacques Gandini</dc:creator>


		<dc:subject>&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>@narlivres</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;lis&#233;e Reclus</dc:subject>
		<dc:subject>Jacques Reclus</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Petit-neveu d'Elis&#233;e (NdR : fils de Paul Reclus), Jacques Reclus (1894-1984) a lui aussi fait sien l'id&#233;al libertaire. N&#233; &#224; Paris le 3 f&#233;vrier 1894, il passe son enfance en Ecosse, puis en Belgique, o&#249; il entreprend des &#233;tudes de sciences &#233;conomiques. De retour &#224; Paris, il continue celles-ci tout en se vouant au piano et se destine &#224; une carri&#232;re de musicien.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-itineraire-une-vie-une-pensee-no14-15-elisee-reclus-" rel="directory"&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e n&#176;14/15 : &#171; Elis&#233;e Reclus &#187;&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-itineraire-une-vie-une-pensee-+" rel="tag"&gt;&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-source-narlivres-+" rel="tag"&gt;@narlivres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-elisee-reclus-57-+" rel="tag"&gt;&#201;lis&#233;e Reclus&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-jacques-reclus-+" rel="tag"&gt;Jacques Reclus&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/arton1284-0ef73.jpg?1774710893' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Petit-neveu d'Elis&#233;e (NdR : fils de Paul Reclus), Jacques Reclus (1894-1984) a lui aussi fait sien l'id&#233;al libertaire. N&#233; &#224; Paris le 3 f&#233;vrier 1894, il passe son enfance en Ecosse, puis en Belgique, o&#249; il entreprend des &#233;tudes de sciences &#233;conomiques. De retour &#224; Paris, il continue celles-ci tout en se vouant au piano et se destine &#224; une carri&#232;re de musicien. Il se retrouve ainsi en 1912 &#224; Montargis, o&#249; il donne des cours de solf&#232;ge &#224; une cinquantaine de jeunes Chinois internes au lyc&#233;e, premier contact avec ce monde chinois qui va orienter tout le cours de sa vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1918, un &#233;clat d'obus re&#231;u &#224; la main droite pendant la Premi&#232;re Guerre mondiale va mettre fin &#224; ses d&#233;buts prometteurs de pianiste professionnel et il se lance dans le journalisme syndical. D&#232;s cette &#233;poque, il est connu dans les milieux libertaires, non seulement par son nom mais surtout pour ses activit&#233;s. Il collabore &#224; &lt;i&gt;la Clairi&#232;re &lt;/i&gt; (1917) et &#224; &lt;i&gt;la Bataille syndicaliste&lt;/i&gt;, devenue&lt;i&gt; la Bataille&lt;/i&gt; (1914-1916). A partir de janvier 1920, il devient g&#233;rant des&lt;i&gt; Temps nouveaux&lt;/i&gt;. Il collabore &#233;galement &#224; la revue du docteur Pierrot, &lt;a href=&#034;https://archivesautonomies.org/spip.php?rubrique643&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Plus loin&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, et au &lt;i&gt;Libertaire &lt;/i&gt; quotidien. Sous son impulsion, en 1923, se constitue le Groupement de d&#233;fense des r&#233;volutionnaires emprisonn&#233;s en Russie. Ce collectif &#233;dita la brochure &lt;i&gt;R&#233;pression de l'anarchisme en Union sovi&#233;tique&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cette &#233;poque, Jacques Reclus vit avec Christiaan Cornelissen et sa femme Lilly Rupertus et feront m&#233;nage &#224; trois pendant quelques ann&#233;es. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Dans les ann&#233;es 20, Lilly et mon p&#232;re auront &#224; s'occuper pendant un certain temps de Pierra, fille de Sacha et petite-fille de Pierre Kropotkine.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Entretien du 17 septembre 1997 de Didier Roy avec Magali Reclus, fille de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1757 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende descriptif' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH227/li_shizeng-3fec0-66dc4.jpg?1774743929' width='150' height='227' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Li Shizeng &lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Peu apr&#232;s, il entre en contact avec un jeune Chinois du nom de Wu Kegang venu en France dans le cadre du mouvement Travail-Etude initi&#233; par l'anarchiste Li Shizeng&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J-J. Gandini, Aux sources de la R&#233;volution chinoise, ACL, Lyon, 1986.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Wu lui fait part de la cr&#233;ation &#224; Shanghai, &#224; la fin de l'ann&#233;e 1927, de l'Universit&#233; du Travail, con&#231;ue sur le mod&#232;le kropotkinien consistant &#224; &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;transformer les &#233;coles en champs et en usines, et les usines et les champs en &#233;coles&lt;/q&gt;, et o&#249; la combinaison travail-&#233;tude doit permettre l'av&#232;nement d'un nouveau type d'individu, annonciateur de la soci&#233;t&#233; anarchiste &#224; venir&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J.-J. Gandini, &#171; L'Anarchisme, face cach&#233;e de la R&#233;volution chinoise &#187;, in (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enthousiaste, Jacques Reclus part y enseigner le fran&#231;ais. Il arrive en mai, en compagnie de son ami l'avocat Pascal Mugnier, expuls&#233; d'Indochine. Jacques Reclus d&#233;nonce aussit&#244;t la corruption des fonctionnaires fran&#231;ais. Rapidement, l'exp&#233;rience universitaire va tourner court, le gouvernement de Tchang Ka&#239;-chek proc&#233;dant d&#232;s 1930 &#224; une coupe claire dans les cr&#233;dits de fonctionnement pour cause de &#171; subversion &#187;. Il d&#233;cide alors de rester en Chine. Apr&#232;s Shanghai, ce sera Nankin, puis Kunming, capitale du Yunnan limitrophe du Vietnam o&#249; le surprendra la Seconde Guerre mondiale. Sa maison va devenir un lieu de rendez-vous de la France libre (Pierre Boulle, L&#233;on Jank&#233;l&#233;vitch...), alors que la p&#233;ninsule indochinoise est sous la botte de Vichy.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1758 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;52&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/sans_titre-2-9.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH387/sans_titre-2-9-5199d.jpg?1774743929' width='500' height='387' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Jacques Reclus chez lui, &#224; P&#233;kin en novembre 1933. &lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Il regagne ensuite P&#233;kin en 1945 et y enseignera jusqu'en 1952. La violente campagne anti-&#233;trangers, accus&#233;s d'&#234;tre des espions &#224; la solde de l'imp&#233;rialisme, alors d&#233;clench&#233;e par le parti communiste au pouvoir depuis 1949, va l'obliger &#224; quitter le pays dans les 48 heures, laissant derri&#232;re lui sa fille &#226;g&#233;e de 12 ans. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;D&#233;j&#224; en 1944, puis en 1948, nous &#233;tions venus en France. La seconde fois, nous sommes rest&#233;s une ann&#233;e durant laquelle je suis all&#233;e &#224; l'&#233;cole. J'avais environ 8 ans. J'ai beaucoup souffert des moqueries des autres enfants. Aussi, en 1952, lorsque mes parents ont d&#233;cid&#233; de retourner &#224; nouveau en France, j'ai refus&#233; de les suivre. La propagande anti-&#233;trangers du moment sonnait juste &#224; mes oreilles. Les autorit&#233;s n'ont pas accept&#233; que mon p&#232;re reste avec moi. Je me suis retrouv&#233;e tout naturellement chez ma tante, jusqu'en 1979 o&#249; j'ai pu rejoindre mes parents.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Entretien avec Magali Reclus, fille de Jacques Reclus, op. cit.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France, son &#233;pouse, Huang Shuyi, devient professeur aux Langues orientales &#224; Paris. Lui travaille d'abord comme correcteur, puis devient r&#233;dacteur de la revue bibliographique de sinologie (&lt;i&gt;EPHE&lt;/i&gt;), enfin enseignant &#224; Paris-VII. Il continue ses activit&#233;s d'auteur (&lt;i&gt;La R&#233;volte des Taiping&lt;/i&gt;, Le Pavillon Roger-Maria &#233;diteur, 1972) et de traducteur (&lt;i&gt;L'Innocent du village aux roseaux&lt;/i&gt;, de Li Tch'ien Ki-ying, Aubier-Montaigne, 1984) jusqu'&#224; son dernier souffle. Jacques Reclus, c'est bien &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;cet &#233;ternel jeune homme amoureux de la nature dont la puret&#233; anarchiste a r&#233;sist&#233; &#224; quatre-vingt-dix ans d'aventures, de joies et de d&#233;ceptions&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Article n&#233;crologique de Marie Holzman, &#171; La Fin des Reclus &#187;, Lib&#233;ration du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Entretien du 17 septembre 1997 de Didier Roy avec Magali Reclus, fille de Jacques Reclus.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;J-J. Gandini, &lt;i&gt;Aux sources de la R&#233;volution chinoise&lt;/i&gt;, ACL, Lyon, 1986.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;J.-J. Gandini, &#171; L'Anarchisme, face cach&#233;e de la R&#233;volution chinoise &#187;, in &lt;i&gt;Chine fin de si&#232;cle&lt;/i&gt;, ACL, Lyon, 1994.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Entretien avec Magali Reclus, fille de Jacques Reclus, op. cit.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Article n&#233;crologique de Marie Holzman, &#171; La Fin des Reclus &#187;, &lt;i&gt;Lib&#233;ration &lt;/i&gt; du 15 mai 1984.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>La soci&#233;t&#233; sans Etat de Giovanna Berneri - Brochure PDF</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Giovanna Berneri</dc:creator>


		<dc:subject>@narlivres</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&lt;i&gt;La soci&#233;t&#233; sans Etat&lt;/i&gt; de Giovanna Berneri (Traduit de l'italien par Albert Ledrapier) a &#233;t&#233; publi&#233; dans la brochure n&#176;3 de &lt;i&gt;Contre Courant - Cahiers mensuels d'&#233;tudes sociales&lt;/i&gt; en janvier 1955.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-la-societe-sans-etat-" rel="directory"&gt;La soci&#233;t&#233; sans Etat&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-source-narlivres-+" rel="tag"&gt;@narlivres&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/arton1206-89b33.png?1774722411' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les brochures Partage Noir sont r&#233;alis&#233;es avec les logiciels libres #GIMP #Inkscape #Scribus&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;La soci&#233;t&#233; sans &#201;tat&lt;/i&gt; de Giovanna Berneri (Traduit de l'italien par Albert Ledrapier) a &#233;t&#233; publi&#233; dans la brochure n&#176;3 de &lt;i&gt;Contre Courant - Cahiers mensuels d'&#233;tudes sociales&lt;/i&gt; en janvier 1955.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Madeleine Vernet (3 septembre 1878 - 5 octobre 1949)</title>
		<link>https://www.partage-noir.fr/madeleine-vernet-3-septembre-1878-5-octobre-1949</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Anarlivres, OLT</dc:creator>


		<dc:subject>Madeleine Vernet </dc:subject>
		<dc:subject>@narlivres</dc:subject>
		<dc:subject> L'&#201;ph&#233;m&#233;ride anarchiste </dc:subject>
		<dc:subject>Archives Autonomies</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Madeleine Eug&#233;nie Cavelier, dite Madeleine Vernet, na&#238;t le 3 septembre 1878 &#224; Le Houlme (Seine-Maritime). Elle passe son enfance &#224; Barentin o&#249; ses parents ont achet&#233; un petit commerce. &#224; la mort de son mari, sa m&#232;re s'installe &#224; Pissy-P&#244;ville et, pour survivre, accueille quatre fillettes de l'Assistance publique ; ce qui d&#233;cidera de sa vocation d'&#233;ducatrice.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-olt-355-" rel="directory"&gt;OLT&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-madeleine-vernet-+" rel="tag"&gt;Madeleine Vernet &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-source-narlivres-+" rel="tag"&gt;@narlivres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-l-ephemeride-anarchiste-456-+" rel="tag"&gt; L'&#201;ph&#233;m&#233;ride anarchiste &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-source-fragments-d-histoire-de-la-gauche-radicale-+" rel="tag"&gt;Archives Autonomies&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L106xH150/madeleine_vernet-1-bac26.jpg?1777019631' class='spip_logo spip_logo_right' width='106' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Texte : Anarlivres (d'apr&#232;s L'&#233;ph&#233;m&#233;ride anarchiste) &#8211; Dessins : OLT - CC BY-NC-SA (d'apr&#232;s les gravures de Pierre Rossi)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Madeleine Eug&#233;nie Cavelier, dite Madeleine Vernet, na&#238;t le 3 septembre 1878 &#224; Le Houlme (Seine-Maritime). Elle passe son enfance &#224; Barentin o&#249; ses parents ont achet&#233; un petit commerce. &#224; la mort de son mari, sa m&#232;re s'installe &#224; Pissy-P&#244;ville et, pour survivre, accueille quatre fillettes de l'Assistance publique ; ce qui d&#233;cidera de sa vocation d'&#233;ducatrice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Madeleine Vernet &#233;crit des articles dans &lt;i&gt;Pages libres&lt;/i&gt;, le journal de Charles Guieysse, o&#249; elle s'insurge contre les abus dont sont victimes les enfants de l'Assistance. En repr&#233;sailles, les fillettes seront retir&#233;es &#224; sa m&#232;re. N'ayant pas r&#233;ussi &#224; cr&#233;er l'orphelinat de ses r&#234;ves en Normandie, elle part pour Paris et exerce le m&#233;tier de comptable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle y rencontre des journalistes, des syndicalistes, et se lie avec les milieux libertaires. En 1906, Madeleine Vernet fonde &#224; Neuilly-Plaisance (banlieue parisienne) l'orphelinat L'Avenir social (d&#233;plac&#233; ensuite &#224; Ep&#244;ne) avec Louis Tribier &#8211; qu'elle &#233;pousera un peu plus tard. Elle collabore au &lt;i&gt;Libertaire&lt;/i&gt;, aux &lt;i&gt;Temps nouveaux &lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le premier num&#233;ro du journal Les Temps Nouveauxvoit le jour le 4 mai 1895 et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; (o&#249; elle s'oppose au n&#233;omalthusianisme), publie des brochures, des po&#233;sies, des romans, devient conf&#233;renci&#232;re, soutenue, malgr&#233; leurs d&#233;saccords, par des f&#233;ministes comme Nelly Roussel et Marie Bonnevial. Pendant la Premi&#232;re Guerre mondiale, elle d&#233;ploie une grande activit&#233; pacifiste, accueille le fils de Marie et Fran&#231;ois Mayoux, instituteurs en Charente emprisonn&#233;s pour antimilitarisme, d&#233;fend H&#233;l&#232;ne Brion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle collabore &#224; &lt;i&gt;Ce qu'il faut dire&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le premier num&#233;ro de C.Q.F.D. para&#238;t le 2 avril 1916. Son dernier num&#233;ro est (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, le journal de S&#233;bastien Faure, &#224; &lt;i&gt;La M&#232;re &#233;ducatrice&lt;/i&gt;, puis participe &#224; la fondation de la Ligue des femmes contre la guerre. En 1922, les communistes &#233;tant devenus majoritaires au conseil d'administration de l'orphelinat, Madeleine Vernet qui refuse d'adh&#233;rer au Parti communiste doit bient&#244;t abandonner son poste de directrice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle fonde en 1927 le journal &lt;i&gt;La Volont&#233; de paix&lt;/i&gt; qui para&#238;tra jusqu'en 1936, date &#224; laquelle il fut interdit apr&#232;s le proc&#232;s de Louis Tribier pour provocation de militaires &#224; la d&#233;sob&#233;issance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1935, elle si&#232;ge au comit&#233; directeur de la Ligue internationale des combattants de la paix et meurt le 5 octobre 1949 &#224; Levallois-Perret.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Le premier num&#233;ro du journal &lt;a href=&#034;https://www.archivesautonomies.org/spip.php?rubrique601&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Les Temps Nouveaux&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;voit le jour le 4 mai 1895 et dispara&#238;t d&#233;but ao&#251;t 1914 apr&#232;s la parution de 982 num&#233;ros.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Le premier num&#233;ro de &lt;i&gt;C.Q.F.D&lt;/i&gt;. para&#238;t le 2 avril 1916. Son dernier num&#233;ro est le 83 du 22 d&#233;cembre 1917. Son r&#233;dacteur principal est S&#233;bastien Faure. &lt;a href=&#034;https://www.archivesautonomies.org/spip.php?rubrique612&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Sommaires de &lt;i&gt;Ce qu'il faut dire (1916-1917)&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;sur le site Fragments d'Histoire de la gauche radicale.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>[BD] Maurice Joyeux (1910-1991)</title>
		<link>https://www.partage-noir.fr/bd-maurice-joyeux-1910-1991</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Anarlivres, OLT</dc:creator>


		<dc:subject>Maurice Joyeux</dc:subject>
		<dc:subject>@narlivres</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;N&#233; le 29 janvier 1910 dans le dixi&#232;me arrondissement de Paris, fils d'un militant socialiste mort &#224; la guerre, Maurice Joyeux grandit &#224; Levallois-Perret. &lt;br class='autobr' /&gt;
Apprenti, il quitte sa famille &#224; 13 ans. &lt;br class='autobr' /&gt;
Adh&#233;rent de la CGTU, il milite entre autres au Comit&#233; des ch&#244;meurs dont il deviendra le secr&#233;taire. Une des actions de ce comit&#233; sera l'attaque du consulat de Pologne, relat&#233;e dans un de ses romans, et qui lui vaudra un an de prison, en 1933. Maurice Joyeux adh&#232;re &#224; l'Union anarchiste en 1935 et (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-olt-355-" rel="directory"&gt;OLT&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-maurice-joyeux-314-+" rel="tag"&gt;Maurice Joyeux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-source-narlivres-+" rel="tag"&gt;@narlivres&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L102xH150/53410112460_9190487533_o_1__copie-97d39.jpg?1774734886' class='spip_logo spip_logo_right' width='102' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;N&#233; le 29 janvier 1910 dans le dixi&#232;me arrondissement de Paris, fils d'un militant socialiste mort &#224; la guerre, Maurice Joyeux grandit &#224; Levallois-Perret.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apprenti, il quitte sa famille &#224; 13 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Adh&#233;rent de la CGTU, il milite entre autres au Comit&#233; des ch&#244;meurs dont il deviendra le secr&#233;taire. Une des actions de ce comit&#233; sera l'attaque du consulat de Pologne, relat&#233;e dans un de ses romans, et qui lui vaudra un an de prison, en 1933. Maurice Joyeux adh&#232;re &#224; l'Union anarchiste en 1935 et est condamn&#233; &#224; six mois de prison pour violence &#224; agents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1936, il participe aux occupations d'usines et anime le Front r&#233;volutionnaire. R&#233;fractaire, il est arr&#234;t&#233; en 1940 et condamn&#233; &#224; cinq ans de prison. Incarc&#233;r&#233; &#224; Montluc, il s'en &#233;vade apr&#232;s avoir foment&#233; une mutinerie (sujet du livre &lt;i&gt;Mutinerie &#224; Montluc&lt;/i&gt;), mais il sera repris et finalement lib&#233;r&#233; en 1944. &#192; la Lib&#233;ration, il participe &#224; la reconstruction du Mouvement libertaire, qui donnera naissance &#224; la F&#233;d&#233;ration anarchiste (FA), et &#224; la r&#233;apparition du &lt;i&gt;Libertaire&lt;/i&gt;, organe de celle-ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Collaborateur, puis g&#233;rant de ce journal, il est condamn&#233; &#224; plusieurs reprises pour des articles d'inspiration antimilitariste. Militant de la CGT-Force ouvri&#232;re d&#232;s sa cr&#233;ation, en 1947, Maurice Joyeux y d&#233;fend les id&#233;es anarcho-syndicalistes. Au sein de la FA, des militants, dont Georges Fontenis, cr&#233;ent une organisation secr&#232;te : l'Organisation Pens&#233;e Bataille (OPB). En 1953, c'est la scission, puis la transformation de la F&#233;d&#233;ration anarchiste en F&#233;d&#233;ration communiste libertaire (FCL).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les exclus, &#224; Paris, Maurice Joyeux s'attelle &#224; la reconstruction de la nouvelle F&#233;d&#233;ration anarchiste, autour du journal &lt;i&gt;Le Monde libertaire &lt;/i&gt; et de la librairie qu'il a ouverte (Le Ch&#226;teau des brouillards).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La FA verra le regain des id&#233;es libertaires, suscit&#233; par Mai 68.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Antimarxiste convaincu, il sera parmi ceux qui la garderont des d&#233;viations gauchiste ou marxiste libertaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ami d'Andr&#233; Breton, d'Albert Camus, de Georges Brassens et de L&#233;o Ferr&#233;, il cr&#233;e en 1968, avec sa compagne Suzy Chevet et le groupe Louise-Michel, &lt;i&gt;La Rue&lt;/i&gt;, revue d'expression culturelle libertaire. En 1981, Maurice Joyeux sera le premier invit&#233; de Radio-Libertaire (radio libre de la FA, &#224; Paris). Il meurt le 9 d&#233;cembre 1991.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://anarlivres.free.fr/pages/biblio/complements/joyeux.html" class="spip_out"&gt;Bibliographie de Maurice Joyeux&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Louise Michel - Po&#232;mes &amp; Chansons - Brochure PDF</title>
		<link>https://www.partage-noir.fr/louise-michel-poemes-chansons-brochure-pdf</link>
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		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Anarlivres, Pascal Bedos</dc:creator>


		<dc:subject>Louise Michel</dc:subject>
		<dc:subject>@narlivres</dc:subject>
		<dc:subject>La Commune de Paris (1871)</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Les brochures Partage Noir sont r&#233;alis&#233;es avec les logiciels libres #GIMP #Inkscape #Scribus&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-louise-michel-poemes-chansons-" rel="directory"&gt;Louise Michel - Po&#232;mes &amp; Chansons&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-louise-michel-198-+" rel="tag"&gt;Louise Michel&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-source-narlivres-+" rel="tag"&gt;@narlivres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-la-commune-de-paris-+" rel="tag"&gt;La Commune de Paris (1871)&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/arton1305-dd057.png?1774734887' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On conna&#238;t l'attrait de Louise Michel pour la po&#233;sie &#8211; elle &#233;crivit tout au long de sa vie de nombreux po&#232;mes, d'une in&#233;gale qualit&#233; &#8211; mais l'on sait moins que des po&#232;tes et chanteurs ont salu&#233; son combat et son courage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les brochures Partage Noir sont r&#233;alis&#233;es avec les logiciels libres #GIMP #Inkscape #Scribus&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>[BD] Ricardo Flores Mag&#243;n [01]</title>
		<link>https://www.partage-noir.fr/bd-ricardo-flores-magon-1204</link>
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		<dc:date>2025-11-22T09:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Anarlivres, OLT</dc:creator>


		<dc:subject>Enrique Flores Mag&#243;n</dc:subject>
		<dc:subject>Ricardo Flores Mag&#243;n</dc:subject>
		<dc:subject>&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>@narlivres</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution mexicaine (1910)</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Comme nos camarades de F&#233;d&#233;ration Anarchiste Mexicaine, nous avons comm&#233;mor&#233; le centenaire de la mort de Ricardo Flores Mag&#243;n assassin&#233; dans sa cellule au p&#233;nitencier de Leavenworth le 21 novembre 1922. &lt;br class='autobr' /&gt;
Texte : Anarlivres.org] &lt;br class='autobr' /&gt; Naissance le 16 septembre 1874, son p&#232;re, Teodoro Flores, est un indien Zapotec et sa m&#232;re, Margarita Mag&#243;n, une m&#233;tisse indienne-espagnole. Le 16 mai 1892, &#233;tudiant en droit &#224; Mexico, il participe &#224; une manifestation contre la dictature du pr&#233;sident D&#237;az. Il est (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-olt-355-" rel="directory"&gt;OLT&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-enrique-flores-magon-+" rel="tag"&gt;Enrique Flores Mag&#243;n&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-ricardo-flores-magon-11-+" rel="tag"&gt;Ricardo Flores Mag&#243;n&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-itineraire-une-vie-une-pensee-+" rel="tag"&gt;&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-source-narlivres-+" rel="tag"&gt;@narlivres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-revolution-mexicaine-1910-+" rel="tag"&gt;R&#233;volution mexicaine (1910)&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L107xH150/arton1204-236c5.jpg?1774734888' class='spip_logo spip_logo_right' width='107' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Comme nos camarades de F&#233;d&#233;ration Anarchiste Mexicaine, nous avons comm&#233;mor&#233; le centenaire de la mort de Ricardo Flores Mag&#243;n assassin&#233; dans sa cellule au p&#233;nitencier de Leavenworth le 21 novembre 1922.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Texte : &lt;a href=&#034;http://anarlivres.free.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Anarlivres.org&lt;/a&gt; &amp; Dessins : OLT - D'apr&#232;s [&lt;a href=&#034;http://anarlivres.free.fr/pages/documents/Itineraire_Magon2.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Itin&#233;raire n&#176; 9-10&lt;/a&gt;]&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Naissance le 16 septembre 1874, son p&#232;re, Teodoro Flores, est un indien Zapotec et sa m&#232;re, Margarita Mag&#243;n, une m&#233;tisse indienne-espagnole. Le 16 mai 1892, &#233;tudiant en droit &#224; Mexico, il participe &#224; une manifestation contre la dictature du pr&#233;sident D&#237;az. Il est arr&#234;t&#233; et condamn&#233; &#224; cinq mois de prison. En 1895, il est admis au barreau comme &lt;br class='autobr' /&gt;
avocat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 7 ao&#251;t 1900, familiaris&#233; avec les &#233;crits des th&#233;oriciens anarchistes, il fonde avec son fr&#232;re Jes&#250;s et A. Horcasitas &lt;i&gt;Regeneraci&#243;n&lt;/i&gt;, qui deviendra en 1901 l'organe du Parti lib&#233;ral mexicain (PLM). Le 22 mai de cette ann&#233;e, Ricardo et Jes&#250;s sont arr&#234;t&#233;s et condamn&#233;s &#224; un an de prison pour insulte au pr&#233;sident.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Lib&#233;r&#233;, il &#233;dite avec son autre fr&#232;re Enrique (qui lui restera fid&#232;le) le journal satirique &lt;i&gt;El Hijo del Ahuizote&lt;/i&gt; (&#171; Le Fils du g&#234;neur &#187;) ; nouvelles condamnations. En 1904, il s'exile au Texas et fait repara&#238;tre &lt;i&gt;Regeneraci&#243;n&lt;/i&gt;. On tente de l'assassiner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il transf&#232;re le journal &#224; Saint-Louis mais, le 12 octobre 1905, il est investi par les d&#233;tectives de l'agence Pinkerton, le mat&#233;riel d&#233;truit, Ricardo et Enrique emprisonn&#233;s. &lt;br class='autobr' /&gt;
En septembre 1906, les premi&#232;res insurrections du PLM ont lieu dans plusieurs villes du Mexique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Los Angeles, Ricardo fait para&#238;tre clandestinement le journal &lt;i&gt;Revoluci&#243;n&lt;/i&gt;, mais il est arr&#234;t&#233; le 23 ao&#251;t 1907 avec Librado Rivera et Antonio I. Villarreal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne sera lib&#233;r&#233; que le 3 ao&#251;t 1910 et reprend alors la parution de &lt;i&gt;Regeneraci&#243;n &lt;/i&gt; (avec une page en anglais).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#201;lis&#233;e Reclus - Du protestantisme &#224; l'anarchisme </title>
		<link>https://www.partage-noir.fr/elisee-reclus-du-protestantisme-a-l-anarchisme</link>
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		<dc:date>2025-10-10T22:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>H&#233;l&#232;ne Sarrazin</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;lis&#233;e Reclus</dc:subject>
		<dc:subject>&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>@narlivres</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Et si le protestantisme de la famille expliquait l'anarchisme d'&#201;lie et d'&#201;lis&#233;e... Insurg&#233;s face &#224; un p&#232;re fanatique, ils l'admirent pour avoir v&#233;cu sa foi pleinement. D'une m&#232;re tol&#233;rante et instruite, ils recueillent la soif de conna&#238;tre, tandis que la fr&#233;quentation des fr&#232;res moraves cultive leur esprit cosmopolite et leur don des langues.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-itineraire-une-vie-une-pensee-no14-15-elisee-reclus-" rel="directory"&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e n&#176;14/15 : &#171; Elis&#233;e Reclus &#187;&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-elisee-reclus-57-+" rel="tag"&gt;&#201;lis&#233;e Reclus&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-itineraire-une-vie-une-pensee-+" rel="tag"&gt;&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-source-narlivres-+" rel="tag"&gt;@narlivres&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/9802661803_7c35ecb4be_o_copie-9ca92.jpg?1774723706' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Et si le protestantisme de la famille expliquait l'anarchisme d'&#201;lie et d'&#201;lis&#233;e... Insurg&#233;s face &#224; un p&#232;re fanatique, ils l'admirent pour avoir v&#233;cu sa foi pleinement. D'une m&#232;re tol&#233;rante et instruite, ils recueillent la soif de conna&#238;tre, tandis que la fr&#233;quentation des fr&#232;res moraves cultive leur esprit cosmopolite et leur don des langues.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#201;lis&#233;e Reclus (1830-1905) est n&#233; dans une famille protestante. Pas n'importe quelle famille, pas n'importe quels protestants. Des protestants de la vall&#233;e de la Dordogne, la Vall&#233;e, t&#244;t convertis au calvinisme. Lors de sa chevauch&#233;e de 1622, Louis XIII reconquit une &#224; une leurs petites places fortes : de Lamothe-Landerron, il ne resta ni une maison debout ni un habitant en vie, les survivants s'&#233;tant donn&#233; la mort plut&#244;t que de se rendre. A Bergerac, le roi pla&#231;a une garnison : les h&#233;r&#233;tiques &#224; la discr&#233;tion des troupes. Effray&#233;e par l'exemple, Sainte-Foy-la-Grande se soumit : on n'y trouva que cinq catholiques, l'&#233;glise d&#233;molie, r&#233;duite &#224; un m&#232;tre de ma&#231;onnerie au-dessus du sol. Partout, dans chaque village, des temples florissants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pers&#233;cution larv&#233;e, puis la r&#233;vocation de l'&#233;dit de Nantes en 1685 &#244;t&#232;rent aux protestants jusqu'&#224; leur existence l&#233;gale, non leur existence r&#233;elle. Ils continu&#232;rent &#224; se marier entre eux, &#224; lire la Bible, &#224; rejoindre d&#232;s qu'ils le pouvaient les pr&#233;dicateurs ambulants dans les assembl&#233;es au &#171; D&#233;sert &#187;. Il y en eut une de fameuse pr&#232;s de Sainte-Foy en 1735.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est au cours d'assembl&#233;es de ce genre que les pasteurs b&#233;nissaient les unions. Ainsi en fut-il de celle de Jacques Reclus et d'&#201;lisabeth Jarry &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;pr&#233;tendus mari&#233;s pour avoir re&#231;u la pr&#233;tendue b&#233;n&#233;diction du pr&#233;tendu ministre P&#233;lissier (...) pr&#233;tendu mariage d&#233;clar&#233; concubinage par arr&#234;t du Parlement de Bordeaux du 21 mai 1749.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. les travaux de Jean Valette sur les registres paroissiaux de la Vall&#233;e (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; Jacques Reclus, tonnelier au Fleix, est l'arri&#232;re-grand-p&#232;re d'&#201;lis&#233;e Reclus. Grande le&#231;on. Faute d'un &#233;tat civil protestant, les enfants sont d&#233;clar&#233;s au cur&#233; de la paroisse. Le pr&#234;tre, pour ces enfants n&#233;s hors mariage, &lt;br class='autobr' /&gt;
pouvait utiliser les formules &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;fils (fille) naturelle) et ill&#233;gitime, fils (fille) ill&#233;gitime et b&#226;tard(e).&lt;/q&gt; Le cur&#233; du Fleix, humanis&#233; par le nombre important de parpaillots dans sa paroisse, se contente de la mention &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;fils ou fille&lt;/q&gt; sans adjectif.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Une tradition de r&#233;sistance familiale &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ces &#233;v&#233;nements lointains qui t&#233;moignent d'un attachement farouche &#224; la libert&#233; de conscience, comment ne pas les rapprocher du deuxi&#232;me &#171; mariage &#187; d'Elis&#233;e avec Fanny Lherminez en 1869 puis, apr&#232;s la mort de Fanny, avec Ermance Gonini en 1875 ? Ces unions furent c&#233;l&#233;br&#233;es devant les amis et parents, sans qu'aucun repr&#233;sentant de la loi ou du culte ne soit admis. Comment ne pas les relier encore au mariage des deux filles d'&#201;lis&#233;e, Jeannie et Magali, que leur p&#232;re d&#233;clara unies &#224; leurs &#233;poux par simple consentement mutuel ? L&#224;, encore, la pr&#233;sence d'une centaine d'amis et de connaissances dans le salon de l'h&#244;tel des Ambassadeurs atteste l'existence r&#233;elle de l'engagement. Ces mariages hors norme, c&#233;l&#233;br&#233;s en 1882, d&#233;clench&#232;rent un petit scandale. &#201;lis&#233;e Reclus fut r&#233;put&#233; p&#232;re indigne ayant pouss&#233; ses enfants &#224; la d&#233;bauche. Certaines personnes &#233;lev&#233;es dans des milieux conservateurs le jugeaient ainsi encore un si&#232;cle plus tard ! Certes, la d&#233;marche d'&#201;lis&#233;e est celle d'un libre-penseur et d'un anarchiste mais elle s'appuie consciemment ou non sur l'attitude de l'irr&#233;ductible anc&#234;tre. Pour l'&#233;tat civil, &#201;lis&#233;e s'appelait Jacques comme lui. Le refus de l'ob&#233;issance aux lois comme tradition familiale...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Passons une g&#233;n&#233;ration. Un autre Jacques Reclus appara&#238;t. N&#233; en 1796, il aura toute latitude pour pratiquer la religion de ses p&#232;res. La famille s'est un peu enrichie : les fils, Jacques et Jean, feront des &#233;tudes, suivront les cours de th&#233;ologie &#224; la Facult&#233; protestante de Montauban. Jean sera enseignant, Jacques pasteur. Au sortir de ses &#233;tudes, il entre comme biblioth&#233;caire chez le duc Decazes (famille libournaise, nous restons dans la Vall&#233;e), puis il est attach&#233; &#224; la paroisse de Montcaret dont il pr&#233;sidera sous peu le consistoire. Il r&#233;side &#224; La Roche-Chalais o&#249; il se marie, s'alliant ainsi &#224; une famille plus prestigieuse mais tout aussi fid&#232;le &#224; la religion que la sienne : les Trigant. Les Trigant sont nombreux, influents, plus ou moins apparent&#233;s &#224; la noblesse, subdivis&#233;s en un grand nombre de familles : Trigant-Beaumont, Trigant-Geneste, etc. Socialement, c'est un beau saut pour le fils d'un aubergiste, le petit-fils d'un tonnelier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le voil&#224; ensuite professeur au coll&#232;ge protestant de Sainte-Foy-la-Grande, ville o&#249; son beau-fr&#232;re Chaucherie est notaire. Puis se pr&#233;sente le tournant... A Sainte-Foy, Reclus rencontre le pasteur pr&#233;dicant Henriquet qui est suisse, qui apporte &#224; cette &#233;glise fran&#231;aise, m&#233;ritante mais un peu endormie, le souffle d'une R&#233;forme toujours renouvel&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux dires d'&#201;lis&#233;e lui-m&#234;me, voici que le pasteur ne supporte plus son &#233;tat de notable. Lui qui, dans sa foi exalt&#233;e, se veut le porteur de l'enseignement du Christ &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;qui n'avait pas m&#234;me une pierre o&#249; reposer sa t&#234;te&lt;/q&gt; vivrait dans le confort d'une petite vie m&#233;diocre ? Impossible quand on a derri&#232;re soi l'exemple des martyrs de Lamothe-Landerron, des pasteurs immol&#233;s sur le b&#251;cher, des fid&#232;les envoy&#233;s aux gal&#232;res. Si nous suivons le r&#233;cit qu'a fait son fils de ces &#233;v&#233;nements, apr&#232;s bien des d&#233;bats int&#233;rieurs et au scandale de son entourage, il d&#233;cide de r&#233;pondre &#224; l'appel d'une communaut&#233; libre de Cast&#233;tarbe, pr&#232;s d'Orthez.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au scandale de son entourage car il avait d&#233;j&#224; trois enfants, sa femme en attendait un quatri&#232;me et il allait vers la pr&#233;carit&#233; : la &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt; libre autonomie&lt;/q&gt; des &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;&#233;glises form&#233;es par le groupe des convertis, en dehors de l'&#201;tat et des consistoires&lt;/q&gt; (les termes sont d'&#201;lis&#233;e) le pla&#231;ait hors des limites du concordat, lui faisait perdre le traitement de ministre du culte qui lui revenait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi il perdait la s&#233;curit&#233; mat&#233;rielle mais il gagnait, dans un futur qu'il ne soup&#231;onnait pas, l'admiration du plus rebelle de ses fils qui &#233;crit en 1904 : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;On le vit, grave, &#233;touffant ses larmes, cong&#233;dier ses fid&#232;les, ses amis, monter &#224; cheval avec son fils &#201;lie camp&#233; devant lui et partir dans la direction du Midi, en compagnie d'un beau paysan de six pieds, le superbe Bessouat, venu pour lui apporter l'invitation des chr&#233;tiens d'Orthez et de Cast&#233;tarbe.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce d&#233;part, cette rupture dramatique, ce voyage de cinquante lieues vers l'inconnu, on sent qu'ils font partie de la mythologie fondatrice des Reclus, que tous, tous les onze Reclus, s'en sont nourris ; &#201;lis&#233;e peut-&#234;tre plus que les autres. N&#233;anmoins pour l'accepter, il lui aura fallu toute une vie. Le texte o&#249; il magnifie le geste du pasteur, &#201;lis&#233;e l'&#233;crit en 1904, entre la mort d'&#201;lie et la sienne. Le p&#232;re a disparu depuis longtemps, le fils peut disposer de sa m&#233;moire, l'int&#233;grer &#224; ses propres valeurs. Il n'est pas possible de d&#233;m&#234;ler ce qu'&#201;lis&#233;e doit &#224; son p&#232;re, ce que le portrait du p&#232;re doit au regard du fils, &#224; la vision libertaire du fils qui transfigure le pass&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le quotidien de la vie, &#201;lis&#233;e s'est toujours pos&#233; en insurg&#233; face &#224; son p&#232;re. Ils se sont peu vus : au moment du grand d&#233;part, fin 1831, &#201;lis&#233;e n'a pas 2 ans. Il est confi&#233; &#224; ses grands-parents maternels &#224; La Roche-Chalais et y restera jusqu'&#224; la maladie, puis la mort du grand-p&#232;re en 1838. Des quelques ann&#233;es pass&#233;es sous le toit paternel, il retiendra le souvenir des sermons hallucinants du dimanche, des r&#233;primandes outr&#233;es pour la moindre peccadille, l'effroi non nomm&#233; mais r&#233;el devant le fanatisme du pasteur : cet homme craignait de tomber dans le p&#233;ch&#233;, voyait s'allumer les feux de l'enfer, ne cessait de se mortifier et de mortifier les siens pour pr&#233;server la vie &#233;ternelle. La famille s'accroissait tous les dix-huit mois d'une unit&#233; o&#249; le pasteur voyait une &#226;me &#224; sauver et la m&#232;re, apparemment, une bouche de plus &#224; nourrir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce parce que ces enfants trop nombreux constituaient une masse difficile &#224; r&#233;duire, est-ce pour des raisons pratiques ? On ne cessait de les ventiler entre les grands-parents, la s&#339;ur de Sainte-Foy, plus tard les a&#238;n&#233;s recevant les plus jeunes.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;A l'&#233;cole des fr&#232;res moraves &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Rentr&#233; &#224; la maison en 1838, &#201;lis&#233;e en repart en 1842. Succ&#233;dant &#224; son fr&#232;re &#201;lie, il va passer deux ans au coll&#232;ge des fr&#232;res moraves &#224; Neuwied, pr&#232;s de Cologne, puis il pr&#233;pare le baccalaur&#233;at &#224; Sainte-Foy, suit les cours de la Facult&#233; de th&#233;ologie de Montauban, retourne chez les fr&#232;res moraves comme r&#233;p&#233;titeur, les quitte, s'inscrit &#224; l'universit&#233; de Berlin. Exil&#233; apr&#232;s le coup d'&#201;tat de 1851, il vit en Angleterre, puis en Am&#233;rique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on regarde l'&#201;lis&#233;e Reclus de cette &#233;poque, on peut penser qu'il &#233;tait un jeune homme difficile &#224; vivre. Passons sur le garnement qu'il avait &#233;t&#233;, tyrannisant ses fr&#232;res et s&#339;urs qui, par ailleurs, l'adoraient. Mais, au cours de ses vagabondages, il se lasse vite des gens qu'il fr&#233;quente ; les mesquins le d&#233;go&#251;tent, les c&#339;urs purs l'ennuient parce que leur horizon est &#233;troit. Il a dit lui-m&#234;me que dans sa jeunesse il &#233;tait facilement port&#233; au m&#233;pris : les valeurs de son p&#232;re qu'il avait int&#233;rioris&#233;es, le m&#233;pris de l'argent, des honneurs, de l'opinion commune, l'&#233;cartaient des uns ; la revendication vitale de sa personnalit&#233; encore en devenir le poussait &#224; fuir tout ce qui pouvait ressembler &#224; un pi&#232;ge : la camaraderie facile, l'intimit&#233; avec les &#234;tres. Dans sa correspondance, il ne parle jamais des femmes. On peut supposer qu'il &#233;tait sur ses gardes : la crainte du p&#233;ch&#233; pesait encore sur lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en Am&#233;rique qu'il s'en est d&#233;barrass&#233; : la nature g&#233;n&#233;reuse, exub&#233;rante, prodigue de beaut&#233;s l'exalte. Il ne peut y avoir rien de mal &#224; s'abandonner &#224; la vie v&#233;g&#233;tative. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;On cesse de vivre par la pens&#233;e,&lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt; &#233;crit-il&lt;/span&gt;, et ne sent plus que la volupt&#233; de voir.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Auparavant il avait d&#233;clar&#233; &#224; son fr&#232;re, dans un grand mouvement d'&#233;loquence : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Depuis que j'ai vu les vagues dor&#233;es des tropiques, depuis que j'ai vu les oiseaux-mouches voler au milieu des lataniers, j'ai fait un paquet des hardes du vieil homme et je les ai jet&#233;es dans le Mississippi.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La rupture totale d'avec l'enfance se fera un peu plus tard, en Colombie. Le pasteur lui a &#233;crit pour lui reprocher de ne jamais s'adresser &#224; lui dans sa correspondance. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Si je garde le silence, si je pr&#233;f&#232;re l'exil au conflit, c'est que je ne pourrai jamais te dire les seuls mots que tu attends de moi ; je ne pourrai jamais te dire que je sens, que je pense, que je prie avec toi.&lt;/q&gt; Tel est le sens tr&#232;s clair de sa lettre, il refuse la religion du p&#232;re, il s'abstrait de sa pr&#233;sence, il sera lui-m&#234;me et seul.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De toutes les p&#233;r&#233;grinations d'&#201;lis&#233;e, celle qui le conduit &#224; Neuwied m&#233;rite le plus d'&#233;claircissements. Le coll&#232;ge de Neuwied, pr&#232;s de Cologne, est tenu par les fr&#232;res moraves. Le pasteur Reclus appartenait &#224; l'&#233;glise m&#233;thodiste, laquelle avait des liens avec les fr&#232;res. Qui &#233;taient-ils ? En partie les h&#233;ritiers de Jean Hus, l'h&#233;r&#233;tique tch&#232;que br&#251;l&#233; &#224; Constance en 1415. N'acceptant d'autre autorit&#233; que l'&#233;criture sainte, ils formaient des communaut&#233;s d'hommes et de femmes vou&#233;es les unes &#224; l'enseignement, les autres &#224; l'&#233;vang&#233;lisation. Le qui&#233;tisme&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Doctrine mystique qui faisait consister la perfection chr&#233;tienne dans un (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; impr&#233;gnait leur pens&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pasteur, qui ne connaissait aucun obstacle quand la foi &#233;tait en jeu, voulut que ses enfants fussent form&#233;s &#224; la pure doctrine. Il conduisit donc les deux a&#238;n&#233;s, Suzanne et &#201;lie, &#224; Neuwied. Suzanne reviendra assez vite. &#201;lie y restera deux ans. &#201;lis&#233;e lui succ&#233;dera. &#201;trange d&#233;cision qui plonge les enfants dans un milieu inconnu, &#224; mille deux cents kilom&#232;tres de chez eux, alors qu'on est encore au temps des diligences. A Neuwied, l'enseignement &#233;tait donn&#233; en allemand &#224; des &#233;l&#232;ves qui appartenaient &#224; de pieuses familles allemandes, anglaises, parfois hollandaises. Rude &#233;cole pour les enfants Reclus qui ne parlaient que le fran&#231;ais ! Il y gagn&#232;rent une bonne connaissance des langues, l'aptitude &#224; en apprendre de nouvelles et y li&#232;rent des amiti&#233;s durables, surtout &#201;lie. Enfin, ils acquirent un sens aigu du cosmopolitisme : partout chez eux, toujours curieux du dehors, pr&#234;ts &#224; fraterniser avec quiconque partageait leurs id&#233;es, sans souci de nationalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revenons sur les fr&#232;res moraves, leur id&#233;al de saintet&#233;, leur s&#233;paration du monde, leur vie communautaire et encore leurs &#233;tablissements dispers&#233;s par toute la terre. Reportons-nous au projet d&#233;velopp&#233; par &#201;lis&#233;e Reclus au congr&#232;s de la Ligue de la paix et de la libert&#233;, tenu &#224; Berne en septembre 1868. Congr&#232;s marqu&#233; par la puissante pr&#233;sence de Bakounine. On y discute du f&#233;d&#233;ralisme, en proposant les mod&#232;les de la Suisse et des &#201;tats-Unis. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Pourquoi,&lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt; dit Elis&#233;e&lt;/span&gt;, nous limiter aux &#201;tats-Unis d'Europe ? Ce qu'il nous faut, c'est la r&#233;publique f&#233;d&#233;rale de la terre enti&#232;re. &lt;/q&gt; Et il d&#233;veloppe le projet de fonder la soci&#233;t&#233; nouvelle sur l'association : des associations qui &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;se formeront et se d&#233;formeront par une cons&#233;quence voulue de la volont&#233; des associ&#233;s, se d&#233;pla&#231;ant avec le travail, tant&#244;t pour &#233;difier un faubourg de ville, tant&#244;t pour construire une ligne de chemin de fer, m&#234;me pour &#233;migrer comme le font certaines associations de Russie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On retrouve dans cette proposition qui recueillit 37 voix pour, 77 contre, l'horreur d'&#201;lis&#233;e Reclus pour les fronti&#232;res, son amour de l'ind&#233;pendance, m&#234;me au sein de l'union communautaire. Est-ce trop se risquer que d'y voir une r&#233;miniscence inconsciente du mode d'action des premiers fr&#232;res moraves, mobiles, unis dans leur passion pour la foi, divers dans leurs activit&#233;s ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes il les a plus tard rejet&#233;s, condamnant leur bigoterie, leurs niaises pr&#233;occupations des petites choses. Mais leur exemple l'avait frapp&#233; puisqu'il est revenu chez eux aux alentours de sa vingti&#232;me ann&#233;e et que n'en a-t-il dit de beau dans son juv&#233;nile enthousiasme ! Il avait trouv&#233; un mod&#232;le de vie, un cadre... pour un temps tr&#232;s court, trois mois seulement. Les fr&#232;res eux-m&#234;mes l'ont encourag&#233; &#224; reprendre ses &#233;tudes. On pourrait croire que tous cherchent &#224; se d&#233;barrasser de cet encombrant jeune homme : il avait &#233;t&#233; renvoy&#233; en 1849 de la Facult&#233; de th&#233;ologie de Montauban ; son s&#233;jour chez son oncle Chaucherie &#224; Sainte-Foy semble avoir &#233;t&#233; orageux ; quant &#224; la famille, on a vu que la dispersion &#233;tait la r&#232;gle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le voil&#224; donc &#224; Berlin, suivant les cours du fameux g&#233;ographe Ritter. Notons que la science g&#233;ographique &#233;merge &#224; peine et qu'elle est encore balbutiante en France. Il a enfin trouv&#233; sa voie ! Il est en train de r&#233;aliser ce qu'il avait en t&#234;te, son r&#233;el projet d'avenir. Pour preuve, la lettre qu'il &#233;crit &#224; sa m&#232;re pour relater son voyage de Cologne &#224; Berlin : c'est une superbe le&#231;on de g&#233;ographie, description du terrain, du relief, des cours d'eau, de la v&#233;g&#233;tation... Pas un mot de pi&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment ses parents ont-ils pu s'imaginer qu'&#224; Berlin il s'inscrirait en th&#233;ologie ? Comment croire qu'on le coulerait un jour dans le moule m&#233;thodiste ? Il est tr&#232;s physique : quoique petit, il a des performances d'athl&#232;te. Il est impulsif : &#233;mu par la d&#233;couverte de la mer qu'il n'a jamais vue, il se jette dans les bras de son fr&#232;re et le mord &#224; l'&#233;paule. Quant &#224; l'humilit&#233;, il n'en a pas trace : personne ne discute avec lui, on le laisse &#224; ses raisons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toujours est-il que la m&#232;re, toute fleurie de bonnes intentions, lui &#233;crit pour le f&#233;liciter du choix glorieux qu'il a fait. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Point du tout, &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;r&#233;pond-il&lt;/span&gt;, je ne veux, ni ne peux ni ne dois &#234;tre pasteur.&lt;/q&gt; Dans un texte superbement &#233;loquent (il n'a pr&#234;ch&#233; qu'une fois &#224; Montauban mais il en fut enivr&#233;), il d&#233;veloppe sa pens&#233;e : il se refuse &#224; intervenir dans les c&#339;urs. Son p&#232;re poussait au mysticisme des jeunes filles &#224; la t&#234;te faible ; il n'en a rien dit mais on sait que ces manipulations lui r&#233;pugnaient. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Chacun, &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;dit-il,&lt;/span&gt; doit &#234;tre son propre roi et son propre pasteur.&lt;/q&gt; Il se r&#233;f&#232;re aux Saintes &#201;critures : doivent &#234;tre abaiss&#233;s tous &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;ceux qui s'&#233;rigent au-dessus des autres, en ma&#238;tres et en proph&#232;tes.&lt;/q&gt; Le p&#232;re n'a rien &#224; r&#233;pondre : son propre enseignement se retrouve en son fils. Il est pris au pi&#232;ge de sa grande &#226;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit pas de sugg&#233;rer que le protestantisme m&#232;ne &#224; l'anarchisme. Weber a bien montr&#233; que pour un bon protestant la fortune est per&#231;ue comme une r&#233;compense divine allant au juste et au vertueux. Mais la lecture serr&#233;e des proph&#232;tes, de l'&#201;vangile, la tradition du libre examen pr&#233;parent le terrain dans une &#226;me enti&#232;re qui va au bout de ses choix.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'apprentissage de la tol&#233;rance &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;On ne peut passer sous silence la relation d'&#201;lis&#233;e Reclus avec sa m&#232;re : il l'aimait, la respectait, la plaignait. Le pasteur, confiant en la Providence, avait la t&#233;m&#233;rit&#233; des &#233;lus. Non content de l'arracher &#224; son milieu, &#224; sa vie confortable, il ne craignit pas de rendre sa femme dix-sept fois m&#232;re : trois fausses couches, un b&#233;b&#233; mort au bout de quelques jours, deux filles disparues, l'une &#224; 20, l'autre &#224; 8 ans. Restent six filles et cinq gar&#231;ons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#232;re &#233;tait croyante mais plus du c&#244;t&#233; de Marthe que de celui de Marie, plus active que contemplative. Pour nourrir la nich&#233;e, elle ouvrit une &#233;cole &#224; Cast&#233;tarbe, plus tard &#224; Orthez, un pensionnat o&#249; la bourgeoisie protestante pla&#231;ait ses filles afin qu'elles devinssent des &#233;pouses et des m&#232;res accomplies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte quotidienne de la m&#232;re, &#201;lis&#233;e n'a fait que l'entrevoir. Ce qui n'a pu lui &#233;chapper, c'est la diplomatie maternelle pour &#233;viter les affrontements, d&#233;vier les heurts. Elle a r&#233;ellement converti son mari &#224; la tol&#233;rance, si l'on pense que les cinq fils sont tous devenus libres-penseurs, que parmi les filles un certain nombre a suivi et que cependant la famille est rest&#233;e unie. Unie m&#234;me apr&#232;s la Commune, apr&#232;s l'exil des deux a&#238;n&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce vaillant exemple maternel de fid&#233;lit&#233; dans la conciliation, on en per&#231;oit un &#233;cho dans &#201;lis&#233;e disant &#224; sa s&#339;ur : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Ces missionnaires, ces pasteurs m&#233;thodistes qui enseignent la justification par la foi et d'autres sottises, nous devons les aimer et les respecter&lt;/q&gt; ; nous le retrouvons dans la correspondance suivie qu'il entretient avec Richard Heath, chr&#233;tien envers et contre tous, auquel il finit par &#233;crire : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Le socialisme n'est pas, comme vous le dites, issu de l'&#201;vangile : l'un et l'autre sont issus de la philosophie occidentale.&lt;/q&gt; Quand il en est &#224; affirmer cela, Reclus est un homme &#226;g&#233; qui a pris de la hauteur par rapport au d&#233;bat. Pour en arriver &#224; ce point, il lui faudra courir le monde, rencontrer force individus, se colleter avec maintes difficult&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reprenons-le en pleine jeunesse, &#224; 25 ans. Il est en Colombie, alors appel&#233;e Nouvelle-Grenade&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Voyage &#224; la Sierra Nevada de Sainte-Marthe, &#201;lis&#233;e Reclus, &#233;d. Zulma.&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Apr&#232;s un s&#233;jour (enchanteur) &#224; Sainte-Marthe, il s'est &#233;tabli &#224; Riohacha, un territoire mis&#233;rable, oubli&#233; de tous, o&#249; se d&#233;veloppe une minuscule soci&#233;t&#233;. Reclus approuve et admire la fa&#231;on dont ces isol&#233;s s'organisent, hors des lois, hors de la religion &#233;tablie. Ils trouvent en eux-m&#234;mes les v&#233;ritables r&#232;gles de la vie en commun : l'entraide, la tol&#233;rance mutuelle. Les couples ne se soucient ni de b&#233;n&#233;diction ni d'engagement l&#233;gal. Chacun para&#238;t suivre sa fantaisie et cependant la collectivit&#233; fonctionne. C'est une le&#231;on d'anarchisme sur le terrain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est rentr&#233; pauvre et malade de Colombie mais riche d'exp&#233;rience. Engag&#233; par Hachette, il voyagera pour r&#233;diger des guides (les fameux Guides bleus) et des articles. Il continuera &#224; regarder, &#224; r&#233;fl&#233;chir. Il sera m&#251;r en 1865, &#224; Florence, pour rencontrer Bakounine...&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;H&#233;l&#232;ne Sarrazin&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-_2A&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;H&#233;l&#232;ne Sarrazin est l'auteur d'&#201;lis&#233;e Reclus ou La Passion du monde, &#233;d. La (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-_2A&#034;&gt;*&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; &lt;/div&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cf. les travaux de Jean Valette sur les registres paroissiaux de la Vall&#233;e (Arch. d&#233;p. de la Gironde).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Doctrine mystique qui faisait consister la perfection chr&#233;tienne dans un &#233;tat continuel de qui&#233;tude et d'union avec Dieu, o&#249; l'&#226;me devient indiff&#233;rente aux &#339;uvres et m&#234;me &#224; son propre salut (NdR).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cf. &lt;i&gt;Voyage &#224; la Sierra Nevada de Sainte-Marthe&lt;/i&gt;, &#201;lis&#233;e Reclus, &#233;d. Zulma.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-_2A&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-_2A&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-_2A&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;*&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;H&#233;l&#232;ne Sarrazin est l'auteur d'&lt;i&gt;&#201;lis&#233;e Reclus ou La Passion du monde&lt;/i&gt;, &#233;d. La D&#233;couverte, Paris, 1985 (NdR).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Emma Goldman - Fragments d'une vie </title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marianne Enckell</dc:creator>


		<dc:subject>Emma Goldman</dc:subject>
		<dc:subject>@narlivres</dc:subject>
		<dc:subject>Alexander Berkman</dc:subject>
		<dc:subject>&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;A travers le monde et les &#233;v&#233;nements : Premi&#232;re Guerre mondiale, r&#233;volutions russe et espagnole, il s'agit de mener une vie de femme et de militante sans entraves. Mais avec humanit&#233; et lucidit&#233;, comme Emma sait le faire.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-itineraire-une-vie-une-pensee-no8-emma-goldman-" rel="directory"&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e n&#176;8 : &#171; Emma Goldman &#187;&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-emma-goldman-+" rel="tag"&gt;Emma Goldman&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-source-narlivres-+" rel="tag"&gt;@narlivres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-alexander-berkman-+" rel="tag"&gt;Alexander Berkman&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/graffito_of_emma_goldman_in_montreal__canada_copie-629fc.jpg?1774694618' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;A travers le monde et les &#233;v&#233;nements : Premi&#232;re Guerre mondiale, r&#233;volutions russe et espagnole, il s'agit de mener une vie de femme et de militante sans entraves. Mais avec humanit&#233; et lucidit&#233;, comme Emma sait le faire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Quand elle avait pr&#232;s de soixante-dix ans, Vernon Richards trouvait qu'elle &#233;tait &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;vaine, intol&#233;rante et dictatoriale&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Alice Wexler, Emma Goldman in Exile, Beacon Press, 1989.&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, tandis qu'&#224; Attilio Bortolotti elle a appris &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;&#224; &#234;tre humain, courtois, amoureux, &#224; consid&#233;rer les femmes comme des partenaires&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Alice Wexler, &#171; Emma Goldman and Women &#187; ; Our Generation n&#176; hiver 1985-1986.&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Plus jeune, combien d'hommes qui croyaient aimer la militante ont voulu qu'elle se cantonne dans son r&#244;le de femme : Ed Brady, Ben Reitman... A Carl Stone, qui a promis de financer ses &#233;tudes de m&#233;decine en 1900 et qui lui reproche d'&#234;tre &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;toute occup&#233;e &#224; (sa) vieille manie de propagande, et ceci avec un nouvel amant&lt;/q&gt;, elle r&#233;torque : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;E.G., la femme et ses id&#233;es sont ins&#233;parables, elle n'est pas l&#224; pour l'amusement des nouveaux riches et ne permettra &#224; personne de lui dicter sa conduite. Garder votre argent.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Emma Goldman, &#201;pop&#233;e d'une anarchiste (Living my Life), Hachette, 1979.&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est bien plut&#244;t l'histoire qui lui a dicte sa conduite. Arriv&#233;e de Russie aux &#201;tat-Unis toute jeune, d&#233;j&#224; sensible aux id&#233;es r&#233;volutionnaires, Emma Goldman donne un sens d&#233;finitif &#224; sa vie lors du proc&#232;s, puis de la pendaison, des anarchistes de Chicago accus&#233;s d'avoir lanc&#233; une bombe contre des policiers en mai 1886. Elle quitte alors Rochester pour se rapprocher de la grande ville et de ses anarchistes : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;C'&#233;tait le 15 ao&#251;t 1889 et j'arrivais &#224; New York. J'avais vingt ans. Je laissais derri&#232;re moi, comme une vieille parure, tout ce qui avait fait ma vie jusque-l&#224;. Une existence nouvelle s'offrait &#224; moi, myst&#233;rieuse et terrifiante. Mais j'avais pour moi mon jeune &#226;ge, une sant&#233; robuste et la foi en mon id&#233;al. Et quel que p&#251;t &#234;tre le sort qui m'&#233;tait r&#233;serv&#233;, j'&#233;tais farouchement d&#233;cid&#233;e &#224; me pr&#233;cipiter &#224; sa rencontre.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Id., ibid.&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On est parfois r&#233;compens&#233; de prendre des risques. Le jour m&#234;me de son arriv&#233;e, elle rencontre A. Berkman (Sasha) et J. Most, et s'enflamme pour chacun des deux. Il ne se passe pas six mois avant que Most ne l'envoie en tourn&#233;e de conf&#233;rences. Et elle ne s'arr&#234;tera plus, sauf pour de br&#232;ves p&#233;riodes de prison, d'&#233;tudes ou de retraite. Quand ni le cin&#233;ma ni la t&#233;l&#233;vision n'existaient, il y avait des gens pour courir les conf&#233;rences et les meetings !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la vie continue : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Dans les bals, j'&#233;tais une des plus gaies et des plus infatigables. Un soir, un cousin de Sasha... me prit &#224; part. Le visage aussi grave que s'il avait d&#251; m'annoncer la mort d'un camarade, il murmura que la danse ne convenait pas aux agitateurs, et surtout pas quand elle &#233;tait pratiqu&#233;e avec une telle impudence... Ma frivolit&#233; ne pouvait que nuire &#224; la cause... Je lui r&#233;pondis de s'occuper de ses affaires... Selon moi, une cause qui d&#233;fendait un si bel id&#233;al, qui luttait pour l'anarchie, la lib&#233;ration et la libert&#233;, contre les id&#233;es re&#231;ues et les pr&#233;jug&#233;s, une telle cause ne pouvait exiger que l'on renonce &#224; la vie et &#224; la joie.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Id., ibid.. Cet &#233;pisode est &#224; l'origine de la pseudo-citation If I can't (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le prix de l'agitation &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En 1892, la gr&#232;ve des ouvriers des aci&#233;ries Carnegie &#224; Pittsburgh et leur massacre par les nervis de l'agence Pinkerton bouleversent Emma et Sasha. Celui-ci, apr&#232;s s'&#234;tre essay&#233; &#224; fabriquer une bombe (ne suivez pas le manuel de Most !), va attenter &#224; la vie du directeur de la firme, Henri Clay Frick. Frick survit, Berkman aussi, mais tout juste : il va passer quatorze ans en prison. Emma Goldman, pour acheter l'arme, s'&#233;tait essay&#233;e &#224; faire le trottoir, sans succ&#232;s. Par la suite, lorsque tous les logeurs lui refuseront une chambre, elle trouvera abri &#224; plusieurs reprises dans des maisons de passe et se liera d'amiti&#233; avec les professionnelles ; leur cousant des robes, leur donnant des conseils d'hygi&#232;ne et de sant&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 21 ao&#251;t 1893, un meeting pour les ch&#244;meurs et les sans-abris r&#233;unit des milliers de personnes &#224; Union Square, la place new-yorkaise o&#249; se tiennent traditionnellement les manifestations. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Hommes et femmes, savez-vous que l'&#201;tat est votre pire ennemi ?, &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;commence-t-elle.&lt;/span&gt; C'est une machine qui vous &#233;crase pour mieux soutenir vos ma&#238;tres. Ceux que l'on nomme la classe dirigeante... L'&#201;tat est un pillard &#224; la solde des capitalistes, et vous &#234;tes na&#239;fs d'en attendre du secours... Alors, allez manifester devant les belles demeures des riches ! Exigez du travail ! S'ils ne vous donnent pas de travail, r&#233;clamez du pain. S'ils vous refusent les deux, prenez le pain. C'est votre droit le plus sacr&#233;.&lt;/q&gt; Comme &#224; Louise Michel quelques ann&#233;es plus t&#244;t, cette harangue vaut &#224; Emma Goldman une longue peine de prison. Elle en profite pour apprendre le m&#233;tier d'aide-infirmi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 15 ao&#251;t 1895, elle embarque pour l'Europe ; deux compagnons lui ont avanc&#233; de quoi passer un an &#224; Vienne pour se former comme infirmi&#232;re et sage-femme. Elle s'y formera &#224; plus encore : c'est l&#224; qu'elle d&#233;couvre Nietzsche et Ibsen, qu'elle entrevoit la &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;signification sociale du th&#233;&#226;tre moderne&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Emma Goldman, The Social Significance of Modem Drama, Boston, 1914.&#034; id=&#034;nh3-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, qu'elle suit &#8212; para&#238;t-il &#8212; les cours du jeune Freud. Cinq ans plus tard, elle retourne en Europe. Elle retrouve &#224; Londres ceux qu'elle s connus Malatesta, Louise Michel, Kropotkine ; elle rencontre surtout Hippolyte Havel qui lui fait aimer Paris. Le congr&#232;s anarchiste pr&#233;vu &#224; Paris en 1900 ne se tiendra pas, hormis en quelques s&#233;ances priv&#233;es&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. &#171; Malatesta et l'Internationalisme &#187; in Itin&#233;raire n&#176; 5-6, p. 30 (NDR).&#034; id=&#034;nh3-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; ; les rapports seuls ont &#233;t&#233; publi&#233;s : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Je viens de terminer une tourn&#233;e de propagande en Am&#233;rique quia dur&#233; huit mois et pendant laquelle j'ai fait deux cent dix conf&#233;rences, visit&#233; soixante villes et parl&#233; &#224; cinquante ou soixante mille personnes ; de plus j'ai fait une tourn&#233;e de conf&#233;rences en Angleterre et en &#201;cosse qui a dur&#233; quatre mois... Les trade-unions am&#233;ricains, les clubs sociaux et litt&#233;raires, les soci&#233;t&#233;s &#233;thiques et philosophiques ne nous consid&#232;rent plus comme des jeteurs de bombes, des b&#234;tes f&#233;roces, des ivrognes, des vagabonds non peign&#233;s et non lav&#233;s (id&#233;e qui a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e par nos ennemis et leurs bouffons &#8212; les organes de la presse quotidienne), mais nous invitent amicalement &#224; faire nos conf&#233;rences et-&#233;coutent avec int&#233;r&#234;ts l'expos&#233; de la philosophie communiste-anarchiste.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Emma Goldman, &#171; Rapport au congr&#232;s anarchiste &#187;, Les Temps nouveaux, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette euphorie ne va pas durer. En septembre 1902, au lendemain d'une visite &#224; Berkman en prison, elle apprend que le pr&#233;sident des &#201;tats-Unis vient d'&#234;tre assassin&#233; par un jeune anarchiste, Leon Czolgosz, qui serait un de ses admirateurs. La presse se d&#233;cha&#238;ne, et l'opinion publique la suit en furie. Czolgosz est peut-&#234;tre lunatique (ou parano&#239;aque, ou d&#233;s&#233;quilibr&#233;, ou tout ce que l'on veut), il est cependant parfaitement r&#233;gulier au cours de tous les interrogatoires oui, il a assist&#233; &#224; des conf&#233;rences d'Emma Goldman ; oui, il lui et parl&#233; ; non, elle n'incite pas &#224; la violence ; non, personne ne lui a dict&#233; son acte. Il n'emp&#234;che. De 1903 &#224; 1989, une loi restera en vigueur aux &#201;tats-Unis interdisant l'entr&#233;e du territoire aux anarchistes &#233;trangers et ordonnant l'expulsion de ceux qui s'y trouvaient frauduleusement. Heureusement, &#171; Miss E.G. Smith, Mrs E.G. Brady, Mrs E. Kerschner &#187; (pseudonymes de Emma Goldman, NDR) n'a pas &#233;t&#233; la seule &#224; pouvoir tourner cet arr&#234;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5897 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L459xH700/mother_earth_1-2-cacc4.jpg?1774695277' width='459' height='700' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Quand Berkman sort de prison, en mai 1906, le monde lui fait peur. Des anarchistes ont supprim&#233; quelques pr&#233;sidents et rois, mais ce n'est pas cela qui a fait changer grand-chose. Il y a des voitures sans cheval dans les rues, il y a eu une r&#233;volution en Russie. Il y a une revue, &lt;i&gt;Mother Earth&lt;/i&gt;, &#224; laquelle collaborent des intellectuels larges d'esprit aux c&#244;t&#233;s des compagnons anarchistes. C'est cette revue de haute teneur, publi&#233;e jusqu'en 1917, qui va r&#233;concilier Berkman avec la vie et avec Emma.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle, elle continue de parler et de se passionner : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Ce que je crois est un processus plus qu'une finalit&#233;. Les finalit&#233;s valent pour les dieux et les gouvernements, et non pour l'intelligence humaine... La vie est plus que des formules. Dans la bataille pour la libert&#233;, comme l'a si bien vu Ibsen, c'est le combat pour la libert&#233;, et pas tellement l'obtention de celle-ci, qui d&#233;veloppe tout ce qui est fort, hardi et fin dans le caract&#232;re humain... C'est l'harmonie de la croissance organique qui produit la vari&#233;t&#233; des couleurs et des formes &#8212; la totalit&#233; compl&#232;te que nous admirons dans la fleur. Par analogie, l'activit&#233; organis&#233;e des &#234;tres humains libres dot&#233;s de l'esprit de solidarit&#233; r&#233;sultera en la perfection de l'harmonie sociale &#8212; soit l'anarchisme.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Emma Goldman. &#171; What I Believe &#187; (1908), in Red Emma Speaks, New rock, 1972.&#034; id=&#034;nh3-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Ni Washington ni Moscou &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Avec son nouvel amant, Ben Reitman, le roi des chemineaux, la vie publique et priv&#233;e devient tortueuse, dangereuse, plus passionn&#233;e que jamais. De bonnes &#226;mes ont comment&#233; sans fin les lettres de &#171; Mammy &#187; &#224; son petit homme ; elle-m&#234;me ne dissimule gu&#232;re dans ses m&#233;moires, les contradictions de cette relation, citant le proverbe russe : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Si tu bois, tu meurs, et si tu ne bois pas, tu meurs aussi ; il vaut mieux boire et mourir&lt;/q&gt;. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Je d&#233;cidai de boire&lt;/q&gt;, &#233;crit-elle simplement. C'est aussi la p&#233;riode o&#249; elle se lance &#224; parler en public de contr&#244;le des naissances, de sexualit&#233; et d'homosexualit&#233;. A Paris, en 1900, elle avait particip&#233; &#224; un congr&#232;s n&#233;o-malthusien avec Paul Robin et Madeleine Vernet ; mais elle n'avait pas os&#233; depuis lors faire des avortements, ni m&#234;me donner des informations sur la contraception. Une autre militante r&#233;volutionnaire et f&#233;ministe, Margaret Sanger, publie ces ann&#233;es-l&#224; le journal &lt;i&gt;Woman Rebel&lt;/i&gt; qui se fait r&#233;guli&#232;rement saisir, et Emma ne peut &#234;tre que solidaire &#8212; et toujours provocante : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;La femme aujourd'hui se trouve dans la n&#233;cessit&#233; de s'&#233;manciper de son &#233;mancipation, si elle d&#233;sire vraiment &#234;tre libre. Cela peut sembler paradoxal, ce n'est pourtant que trop vrai... L'&#233;mancipation ext&#233;rieure a fait de la femme moderne un &#234;tre artificiel qui rappelle les produits de l'arboriculture fran&#231;aise, avec ses arbres et ses arbustes fantaisie taill&#233;s en pyramides, en roues, en couronnes en tout, hormis les formes qui seraient prises par l'expression de leurs qualit&#233;s propres.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Id, La Trag&#233;die de l'&#233;mancipation f&#233;minine (1904, publi&#233; es 1911).&#034; id=&#034;nh3-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre qui tue en Europe provoque aussi la d&#233;ception de voir des compagnons comme Kropotkine choisir un des camps, et l'occasion pour d'autres de publier un manifeste contre la guerre&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. &#171; Contre la guerre &#187;, in Itin&#233;raire n&#176; 5-6, pp. 37-39, le texte (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Au &#201;tats-Unis, m&#234;me si les &#233;chos du canon sont lointains, le nationalisme s&#233;vit, et l'anti-germanisme tous ceux qui sont contre la guerre sont pay&#233;s par les Allemands, ou les Russes, c'est selon. En 1917 a lieu le grand proc&#232;s intent&#233; par le gouvernement &#224; Emma Goldman et Alexandre Berkman, pour &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;complot contre la conscription&lt;/q&gt;, &#224; qui l'on reproche d'avoir d&#233;fendu Mooney et Billings, deux syndicalistes accus&#233;s d'avoir lanc&#233; une bombe contre un d&#233;fil&#233; guerrier. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;De plus grands h&#233;ros et martyrs que moi ont pay&#233; de la prison, voire de leur vie, leur id&#233;al, pourquoi pas moi ? Babuskha (Catherine Breshkovska&#239;a), L(ouise) M(ichel), Spiridonova et une galaxie d'autres me soutiendront...&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lettre &#224; sa ni&#232;ce cit&#233;e par A. Wexler, &#171; Emma Goldman and Women &#187;, op. cit.&#034; id=&#034;nh3-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#232;s de deux ans de prison &#8212; et ils n'auront que trois mois de libert&#233; avant d'&#234;tre expuls&#233;s du pays le 21 d&#233;cembre 1919. Allez donc voir &#224; Moscou si c'est mieux qu'ici ! Le cargo &lt;i&gt;Buford &lt;/i&gt; les emm&#232;ne en Europe avec des dizaines d'autres personnes refoul&#233;es. Il s'agit alors de reconna&#238;tre, de retrouver la Russie et, malgr&#233; les doutes harcelants, d'essayer de comprendre. De se convaincre aussi que leurs interlocuteurs &#8212; Zinoviev, Maxime Gorki, Karl Radek, Alexandra Kollonta&#239;, Angelica Balanoff, Anatole Lounatcharsky &#8212; n'ont pas tort quand ils disent que les zones d'ombres sont in&#233;vitables, que la r&#233;pression est une &#233;tape provisoire, que les petites choses sont sans importance. Sans importance, la peine de mort, la militarisation des usines, les trente-quatre cartes de rationne-ment diff&#233;rentes, les r&#233;quisitions forc&#233;es ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant six mois Emma et Sacha discutent, apprennent, regardent autour d'eux &#224; Petrograd et &#224; Moscou, cherchent &#224; se rendre utiles. On les charge finalement d'un travail d&#233;coratif, la r&#233;colte de mat&#233;riel historique pour le futur mus&#233;e de la R&#233;volution. Ils sillonnent l'Ukraine, remontent au nord jusqu'&#224; Arkhangelsk. Et le mythe bolchevique s'&#233;croule : favoritisme et bureaucratie r&#232;gnent d&#233;j&#224;, les meilleurs camarades sont emprisonn&#233;s ou ex&#233;cut&#233;s ; aux questions pertinentes, on ne r&#233;pond que par des mensonges ou par la &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;n&#233;cessit&#233; r&#233;volutionnaire&lt;/q&gt;. Emma, qui s'insurge, se voit rejet&#233;e de tout travail utile : cette r&#233;volution-l&#224; ne veut pas d'elle. Avec Berkman, elle tient le coup jusqu'au massacre des marins et des ouvriers de Cronstadt.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s cette infamie, deux ans apr&#232;s le d&#233;part des &#201;tats-Unis, ils s'exilent volontairement de Russie, pour des ann&#233;es d'errance. Par Riga ils rallient Stockholm, o&#249; d&#233;j&#224; leurs critiques de l'autoritarisme bolche-vique font peur au gouvernement socialiste, voire aux camarades : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Personne en Am&#233;rique ne croirait que, lors de mon d&#233;part de Stockholm, pas un seul camarade ne m'a accompagn&#233;e. C'&#233;tait tr&#232;s p&#233;nible, croyez-moi&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Emma Goldman &#224; Carl J. Bj&#246;rklund, 4 mai 1922 (copie au CIRA Lausanne).&#034; id=&#034;nh3-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Berlin le milieu anarchiste est plus solidaire, mais il n'est pas possible de survivre. Une fois son livre sur l'exp&#233;rience russe termin&#233;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Id., My Disillusionment in Russia, My Further Disillusionment in Russia, New (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; Emma repart, pour l'Angleterre cette fois, o&#249; elle va trouver encore plus de d&#233;fiance parmi ses amis intellectuels et lib&#233;raux, dans la presse, dans les auditoires. Et gu&#232;re de chaleur parmi les compagnons, sauf de la part de Jim Colton, un mineur gallois qui offre de l'&#233;pouser pour qu'elle obtienne enfin un passeport. Cela lui permet au moins de voyager plus ais&#233;ment une tourn&#233;e au Canada d'abord, pour chercher &#224; se rapprocher des &#201;tats-Unis (ce n'est qu'en 1934 qu'elle sera autoris&#233;e, pour quatre-vingt-dix jours, &#224; y retourner), puis le havre de Saint-Tropez, la maison pr&#234;t&#233;e par des amis, le long travail de r&#233;daction de ses m&#233;moires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En juin 1936, la vie aurait pu s'arr&#234;ter Berkman, le compagnon de toujours, se suicide. Mais Emma n'a pas le temps de se reprendre que c'est le 19 juillet et la r&#233;volution en Espagne, Augustin Souchy et Mariano Vazquez qui l'y appellent. Trois brefs s&#233;jours, &#224; l'automne 1936 et les ann&#233;es suivantes : Emma Goldman est le t&#233;moin direct des avances du front r&#233;publicain, des r&#233;ussites et des difficult&#233;s des collectivisations, de la participation des anarchistes au gouvernement, des d&#233;g&#226;ts bolcheviques... Elle rencontre et admire les &#171; Femmes libres &#187;, les &#233;coles libertaires ; elle participe, pour la premi&#232;re fois de sa vie peut-&#234;tre, &#224; des films et &#224; des &#233;missions de radio.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois ans de soutien actif &#224; la CNT-FAI &#8212; en Angleterre, h&#233;las ! &#8212; avec le travail de propagande pour le bulletin d'information de la CNT-FAI et pour &lt;i&gt;Spain and the World&lt;/i&gt;, au c&#339;ur des d&#233;bats du mouvement international : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Les anarchistes sont humains, trop humains, et sont donc susceptibles comme tous les autres hommes et femmes de trahir leur cause. et je ne pense pas que leur pass&#233; r&#233;volutionnaire puisse toujours garder les anarchistes de l'incoh&#233;rence. Ce n'a pas &#233;t&#233; le cas parmi les premiers r&#233;volutionnaires bolcheviques. Mais il y a une diff&#233;rence. L&#233;nine et son parti aspiraient &#224; la dictature, tandis que d&#232;s le d&#233;but la CNT-FAI a r&#233;pudi&#233; la dictature et tenu haute la banni&#232;re du communisme libertaire. Quels que soient les compromis que les dirigeants de la CNT-FAI aient faits et continuent de faire, personne &#8212; pas m&#234;me leurs ennemis les plus acharn&#233;s &#8212; ne peut dire qu'ils l'ont fait pour leur avantage personnel ou parce qu'ils voulaient le pouvoir.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Id., &#171; Where I Stand &#187; ; Spain and the World, Londres, 2 juillet 1937 ; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La derni&#232;re &#233;tape de la vie d'Emma Goldman se d&#233;roule &#224; Toronto, o&#249; elle est all&#233;e qu&#234;ter pour les Espagnols exil&#233;s, et o&#249; elle prend la d&#233;fense d'antifascistes italiens, tout au d&#233;but de la guerre. Alit&#233;e pendant trois mois, elle meurt le 14 mai 1940. Le service d'immigration des &#201;tats-Unis autorise enfin ses cendres &#224; reposer au cimeti&#232;re de Waldheim, &#224; Chicago, aupr&#232;s des anarchistes pendus en 1887. Emma la vie. Toutes les anarchistes n'ont que son nom aux l&#232;vres, mais elle est bien mal connue en langue fran&#231;aise. Il faut lire ses m&#233;moires (abr&#233;g&#233;s en fran&#231;ais), ses biographies parues en anglais et en espagnol, ses &#233;crits &#233;pars mais disponibles en anglais, en allemand, en su&#233;dois, en japonais. Eparse mais disponible ; joli qualificatif pour la vie d'Emma.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5896 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;49&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/emmagoldmanquote2000.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH279/emmagoldmanquote2000-92de6.jpg?1774729989' width='500' height='279' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Manifestation contre la mondialisation en 2000.&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Marianne Enckell &lt;/strong&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Alice Wexler, &lt;i&gt;Emma Goldman in Exile&lt;/i&gt;, Beacon Press, 1989.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Alice Wexler, &#171; Emma Goldman and Women &#187; ; &lt;i&gt;Our Generation&lt;/i&gt; n&#176; hiver 1985-1986.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Emma Goldman, &#201;pop&#233;e d'une anarchiste (&lt;i&gt;Living my Life&lt;/i&gt;), Hachette, 1979.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Id., ibid.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Id., ibid.. Cet &#233;pisode est &#224; l'origine de la pseudo-citation &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;If I can't dance, I won't be part of your Revolution&lt;/q&gt; (&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Si je ne peux danser. je ne peux pas prendre part &#224; votre r&#233;volution&lt;/q&gt;), attribu&#233;e &#224; diverses p&#233;riodes de la vie d'Emma Goldman.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Emma Goldman, &lt;i&gt;The Social Significance of Modem Drama&lt;/i&gt;, Boston, 1914.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cf. &#171; Malatesta et l'Internationalisme &#187; in &lt;i&gt;Itin&#233;raire &lt;/i&gt; n&#176; 5-6, p. 30 (NDR).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Emma Goldman, &#171; Rapport au congr&#232;s anarchiste &#187;, &lt;i&gt;Les Temps nouveaux&lt;/i&gt;, suppl&#233;ment litt&#233;raire, 1900.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Emma Goldman. &#171; What I Believe &#187; (1908), in &lt;i&gt;Red Emma Speaks&lt;/i&gt;, New rock, 1972.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Id, &lt;i&gt;La Trag&#233;die de l'&#233;mancipation f&#233;minine&lt;/i&gt; (1904, publi&#233; es 1911).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cf. &#171; Contre la guerre &#187;, in &lt;i&gt;Itin&#233;raire &lt;/i&gt; n&#176; 5-6, pp. 37-39, le texte int&#233;gral du manifeste &#171; L'International anarchiste et la guerre &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Lettre &#224; sa ni&#232;ce cit&#233;e par A. Wexler, &#171; Emma Goldman and Women &#187;, op. cit.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Emma Goldman &#224; Carl J. Bj&#246;rklund, 4 mai 1922 (copie au CIRA Lausanne).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Id., &lt;i&gt;My Disillusionment in Russia&lt;/i&gt;&lt;i&gt;, My Further Disillusionment in Russia&lt;/i&gt;, New York. 1923-1924.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Id., &#171; Where I Stand &#187; ; &lt;i&gt;Spain and the World&lt;/i&gt;, Londres, 2 juillet 1937 ; reproduit in &lt;i&gt;Spain 1936-1939, Social Revolution, Counter Revolution, Londres&lt;/i&gt;, Freedom Press, 1990.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		
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		<title>Beno&#238;t Malon </title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Heiner Michael Becker </dc:creator>


		<dc:subject>Beno&#238;t Malon</dc:subject>
		<dc:subject>&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>@narlivres</dc:subject>
		<dc:subject>La Commune de Paris (1871)</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Cet article a &#233;t&#233; publi&#233; en 1993 dans le num&#233;ro 11 de la revue Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e : &#171; Eug&#232;ne Varlin &#187;.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-itineraire-une-vie-une-pensee-no11-eugene-varlin-" rel="directory"&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e n&#176;11 : &#171; Eug&#232;ne Varlin &#187;&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-benoit-malon-412-+" rel="tag"&gt;Beno&#238;t Malon&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-itineraire-une-vie-une-pensee-+" rel="tag"&gt;&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-source-narlivres-+" rel="tag"&gt;@narlivres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-la-commune-de-paris-+" rel="tag"&gt;La Commune de Paris (1871)&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH130/arton946-69853.jpg?1774729989' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='130' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cet article a &#233;t&#233; publi&#233; en 1993 dans le num&#233;ro 11 de la revue Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e : &#171; Eug&#232;ne Varlin &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pendant quelque temps tr&#232;s proche de Varlin au sein des sections parisiennes de l'Asso&#173;ciation internationale des tra&#173;vailleurs, Beno&#238;t Malon est n&#233; le 23 juin 1841 &#224; Pr&#233;cieux (Loire). Fils de pauvres journaliers, il perdit son p&#232;re &#224; l'&#226;ge de deux ans. A sept ans, il dut gagner sa vie, d'abord comme gardien de dindons, puis comme berger, bouvier et enfin laboureur. Son instruction resta tr&#232;s rudimentaire jusqu'au moment o&#249;, &#224; l'&#226;ge de vingt ans, il demeura pendant plusieurs mois lors d'une convalescence chez son fr&#232;re qui avait r&#233;ussi &#224; devenir instituteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir s&#233;journ&#233; &#224; Lyon et Tr&#233;voux, il s'installa dans la r&#233;gion parisienne &#224; l'automne 1863 et entra comme homme de peine aux Tein&#173;tureries de Puteaux. Il fut l'un des fondateurs de l'Internationale en France et, en juillet 1866, parmi les dirigeants de la gr&#232;ve des ouvriers teinturiers de Puteaux. Par la suite, il devint l'un des animateurs de la Soci&#233;t&#233; civile d'&#233;pargne, de cr&#233;dit mutuel et de solidarit&#233; des ouvriers de fabrique de Puteaux, Suresnes et pays environnants, qui se transforma en octobre 1867 en soci&#233;t&#233; de coop&#233;ration d&#233;nomm&#233;e la Revendication.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il fit partie (avec E. Varlin et A. Richard) de la d&#233;l&#233;gation fran&#231;aise au congr&#232;s de l'AIT &#224; Gen&#232;ve et signa &#233;galement le Manifeste des d&#233;l&#233;gu&#233;s fran&#231;ais au congr&#232;s&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Freymond, La Premi&#232;re Internationale, t. I, pp. 85-108.&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Comme Varlin, il sera inculp&#233; en 1868 et condamn&#233; en mai-juin &#224; trois mois de prison et &#224; une amende. A Sainte-P&#233;lagie, il signe avec Varlin et la plupart des internationalistes d&#233;tenus les deux lettres envoy&#233;es au congr&#232;s de Bruxelles. La seconde&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Id., ibid., pp. 451-452.&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; proteste contre la r&#233;solution prise par le congr&#232;s d'appeler la Ligue de la paix et de la libert&#233; &#224; se dissoudre et d&#233;clare notamment : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;qu'au point de vue de la libert&#233;, dont nous poursuivons la conqu&#234;te, le droit de se croire la seule expression des aspirations d'une &#233;poque ne peut appartenir &#224; aucune association isol&#233;e&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A sa sortie de prison, il fut pendant quelque mois membre de la Fraternit&#233; de Bakounine. Durant ces ann&#233;es, il &#233;tait avec Varlin et Albert Richard l'un des internationalistes les plus actifs, organisant la formation de sections et de soci&#233;t&#233;s ouvri&#232;res. Correspondant ou r&#233;dacteur de &lt;i&gt;la Marseillaise&lt;/i&gt;, il prit part aux gr&#232;ves du Creusot de janvier &#224; mars 1870. Inculp&#233; avec Varlin et Pindy, entre autres, lors du troisi&#232;me proc&#232;s de l'AIT, il fut condamn&#233; pour avoir fond&#233; une soci&#233;t&#233; secr&#232;te &#224; un an d'emprisonnement et &#224; une amende de 100 F.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;De la mairie des Batignolles &#224; Gen&#232;ve &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Lib&#233;r&#233; au lendemain de la proclamation de la R&#233;publique (4 septembre 1870), il appela dans une circulaire, sign&#233;e &#233;galement par Varlin et Bachruch, les internationaux de province &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;&#224; la d&#233;fense nationale qui est la chose capitale du moment&lt;/q&gt;, annon&#231;ant la r&#233;volution pour le jour de la victoire qui cr&#233;erait &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;les fondements de la soci&#233;t&#233; &#233;galitaire que nous voulons&lt;/q&gt;. Elu adjoint au maire du 17&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissement, il signe l'Affiche rouge de janvier 1871 d&#233;non&#231;ant au peuple de Paris la trahison du gouvernement et proposant trois mots d'ordre : r&#233;quisition g&#233;n&#233;rale, rationnement gratuit, attaque en masse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 8 f&#233;vrier 1871, il fut &#233;lu repr&#233;&#173;sentant de la Seine &#224; l'Assembl&#233;e nationale o&#249; il vota contre les pr&#233;li&#173;minaires de paix, puis donna sa d&#233;mission pour reprendre ses fonctions de maire des Batignolles. Elu membre de la Commune le 26 mars, il refusera la cr&#233;ation d'un Comit&#233; de salut public et adh&#233;rera &#224; la d&#233;clara&#173;tion de la minorit&#233; : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;La Commune de Paris a abdiqu&#233; son pouvoir entre les mains d'une dictature &#224; laquelle elle a donn&#233; le nom de Salut public&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant la Semaine sanglante, il fut sauv&#233; par Ferdinand Buisson et sa m&#232;re, et parvint ensuite &#224; gagner Gen&#232;ve o&#249;, pour vivre, il fut succes&#173;sivement vannier, typographe et portefaix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y fera para&#238;tre, avec Eudes, Lefran&#231;ais et Razoua, le journal &lt;i&gt;la Revanche&lt;/i&gt; et &#233;crira son livre sur &lt;i&gt;La Troisi&#232;me D&#233;faite du prol&#233;tariat fran&#231;ais&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Beno&#238;t Malon, La Troisi&#232;me D&#233;faite du prol&#233;tariat fran&#231;ais, Neuch&#226;tel, impr. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Beno&#238;t Malon assistera au congr&#232;s constitutif de la F&#233;d&#233;ration jurassienne et adh&#233;rera &#224; la Section de propagande et d'action r&#233;volution&#173;naire de Gen&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il quitta Gen&#232;ve en f&#233;vrier 1872 et s'installa quelque temps &#224; Neuch&#226;tel qu'il repr&#233;senta au congr&#232;s de Locle de la F&#233;d&#233;ration jurassienne. En &#233;t&#233;, il quittera cette ville pour vivre avec Andr&#233; L&#233;o (qui restera sa compagne jusqu'en 1878), d'abord &#224; Milan, puis &#224; Lugano et &#224; Palerme. II collabora &#224; &lt;i&gt;la R&#233;volution sociale &lt;/i&gt; et, jusqu'en mars 1876, au &lt;i&gt;Bulletin de la F&#233;d&#233;ration jurassienne&lt;/i&gt;. En 1880, il fonde la premi&#232;re &lt;i&gt;Revue socialiste&lt;/i&gt; (1880-1881 ; publi&#233;e de nouveau en 1885) et, &#224; partir de 1882, fera para&#238;tre son &lt;i&gt;Histoire du socialisme&lt;/i&gt; (trois vol., 1882-1885). Il meurt le 13 septembre 1893 &#224; Asni&#232;res, 104, rue de Colombes, d'un cancer de la gorge.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://anarlivres.free.fr/pages/documents/Itineraire_Varlin2.pdf" class="spip_out"&gt;Eug&#232;ne Varlin - revue &#171; Itin&#233;raire &#187; n&#176;11 [PDF]&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Freymond, &lt;i&gt;La Premi&#232;re Internationale&lt;/i&gt;, t. I, pp. 85-108.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Id., ibid., pp. 451-452.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Beno&#238;t Malon, &lt;i&gt;La Troisi&#232;me D&#233;faite du prol&#233;tariat fran&#231;ais&lt;/i&gt;, Neuch&#226;tel, impr. G. Guillaume fils, 1871 ; r&#233;impr. EDHIS.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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