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		<title>PARTAGE NOIR</title>
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		<title>Marie Goldsmith</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marc Pierrot</dc:creator>


		<dc:subject>Marie Goldsmith</dc:subject>
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		<dc:subject>&lt;i&gt;Plus loin&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>ESRI</dc:subject>
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		<dc:subject>Jean Grave</dc:subject>
		<dc:subject>&lt;i&gt;Les Temps nouveaux&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>Paul Delesalle</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;En novembre 1891, un &#233;tudiant, blanquiste et tr&#232;s r&#233;volutionnaire, Jules-Louis Breton, qui plus tard entra au Parlement, fit distribuer un manifeste pour appeler la jeunesse des &#233;coles &#224; fonder un groupe socialiste. On se r&#233;unit d'abord chez Breton, puis dans une biblioth&#232;que fouri&#233;riste de la rue Mouffetard. Gr&#226;ce &#224; l'&#233;nergie du roumain, Georges Diamandy, le groupe se d&#233;clara internationaliste, ce qui &#233;carta de lui un tas de jeunes radicaillons, vaguement socialisants et trop f&#233;rus de politicaillerie. Gr&#226;ce &#224; la t&#233;nacit&#233; de Breton on ajouta au titre l'&#233;tiquette r&#233;volutionnaire. Et ainsi fut cr&#233;&#233;, en d&#233;cembre 1891, le premier groupe socialiste d'&#233;tudiants, celui des &#233;tudiants socialistes r&#233;volutionnaires internationalistes de Paris (ESRI).&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-plus-loin-no95-mars-1933-" rel="directory"&gt;Plus Loin n&#176;95 - Mars 1933&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-source-fragments-d-histoire-de-la-gauche-radicale-+" rel="tag"&gt;Archives Autonomies&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-paul-delesalle-+" rel="tag"&gt;Paul Delesalle&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/sans_titre-4fffffffffffffffff-e7b23.jpg?1774697731' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En novembre 1891, un &#233;tudiant, blanquiste et tr&#232;s r&#233;volutionnaire, Jules-Louis Breton, qui plus tard entra au Parlement, fit distribuer un manifeste pour appeler la jeunesse des &#233;coles &#224; fonder un groupe socialiste. On se r&#233;unit d'abord chez Breton, puis dans une biblioth&#232;que fouri&#233;riste de la rue Mouffetard. Gr&#226;ce &#224; l'&#233;nergie du roumain, Georges Diamandy, le groupe se d&#233;clara internationaliste, ce qui &#233;carta de lui un tas de jeunes radicaillons, vaguement socialisants et trop f&#233;rus de politicaillerie. Gr&#226;ce &#224; la t&#233;nacit&#233; de Breton on ajouta au titre l'&#233;tiquette r&#233;volutionnaire. Et ainsi fut cr&#233;&#233;, en d&#233;cembre 1891, le premier groupe socialiste d'&#233;tudiants, celui des &#233;tudiants socialistes r&#233;volutionnaires internationalistes de Paris (ESRI).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;union de jeunes gens, ayant chacun leurs habitudes, leurs traditions, les pr&#233;jug&#233;s impos&#233;s par l'&#233;ducation, par l'instruction officielle, par le milieu familial et social, mais ayant un id&#233;alisme, mais avides de conna&#238;tre, ne redoutant pas les hypoth&#232;ses les plus audacieuses, se lan&#231;ant dans des discussions passionn&#233;es qui peu &#224; peu aboutissaient &#224; d&#233;molir les traditions, &#224; saper les pr&#233;jug&#233;s, &#224; changer les habitudes. Mais les membres du groupe n'avaient pas pour but de passer leur temps &#224; faire de l'esprit et &#224; cultiver le paradoxe. Ils avaient un id&#233;alisme et ils cherchaient &#224; le confirmer. On se mit imm&#233;diatement au travail sous la direction intellectuelle et morale des camarades plus &#226;g&#233;s, Alfred Bonnet, Suffren Raymond, Georges Diamandy, qui avaient quatre ou cinq ans de plus que les autres et qui avaient d&#233;j&#224; &#233;tudi&#233; les th&#233;ories socialistes. La premi&#232;re ann&#233;e fut consacr&#233;e &#224; la revue rapide des syst&#232;mes socialistes ant&#233;rieurs et &#224; une &#233;tude longue et pr&#233;cise du &lt;i&gt;Capital &lt;/i&gt; de Karl Marx&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nous f&#251;mes souvent oblig&#233;s de changer de local au cours de cette premi&#232;re (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Les discussions furent toujours s&#233;rieuses. On prit le go&#251;t et l'habitude de la m&#233;thode, de la critique rationnelle, de la recherche de la v&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_3974 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/jules-louis_breton_1913.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH667/jules-louis_breton_1913-ee448.jpg?1774708417' width='500' height='667' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Jules-Louis Breton &lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Au noyau du d&#233;but, Bonnet, Breton, Chapoutot, Diamandy, Lorcin, Mouchette, Neuville, Pierrot, Suffren Raymond, R&#233;my, Thiercelin, L&#233;on Thivier, Ygouf, Z&#233;va&#232;s, Zimmer et d'autres dont j'ai oubli&#233; le nom, s'adjoignirent rapidement Attal, Ameline, Ducroquet, Julien, Lapie qui ne fit que passer, M&#233;tin, d'autres encore, des &#233;tudiants roumains, des &#233;tudiants russes (dont la colonie &#233;tait alors vivante et nombreuse &#224; cause des pers&#233;cutions tsaristes) et des &#233;tudiantes de m&#234;me nationalit&#233;. La presque unanimit&#233; des &#233;tudiantes &#224; cette &#233;poque &#233;taient &#233;trang&#232;res. Les pr&#233;jug&#233;s de la bourgeoisie fran&#231;aise s'opposaient &#224; ce que les jeunes filles entrassent &#224; l'Universit&#233; ; c'e&#251;t &#233;t&#233; pour elles la d&#233;ch&#233;ance. Parmi les cinq ou six &#233;tudiantes qui entr&#232;rent au groupe, il y eut Marie Goldsmith et son amie Roubanovitch.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre effort &#233;tait de nous instruire nous-m&#234;mes et d'aider &#224; l'&#233;mancipation des travailleurs. Il nous paraissait qu'il &#233;tait de la discr&#233;tion la plus &#233;l&#233;mentaire de laisser ceux-ci discuter eux-m&#234;mes leurs int&#233;r&#234;ts et choisir parmi eux leurs repr&#233;sentants. Nous pensions que nous devions rester en dehors des luttes politiques et surtout ne pas nous offrir comme candidats dans les luttes &#233;lectorales. Cette d&#233;cision ne fut pas du go&#251;t de tous, et &#224; la fin de 1892, Z&#233;va&#232;s et Thiercelin quittaient le groupe pour fonder relui des &#233;tudiants collectivistes, adh&#232;rent an parti guesdiste, dans le dessein de prendre part aux campagnes politiciennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avions plus de sympathie pour l'action ouvri&#232;re proprement dite. A ce moment, il n'y avait que les syndicats allemanistes qui menassent une action autonome et v&#233;ritablement prol&#233;tarienne. Plusieurs d'entre nous avaient des relations d'amiti&#233; avec Jean Allemane ; un peu plus tard, gr&#226;ce &#224; l'interm&#233;diaire d'Hamon, nous nous li&#226;mes avec Fernand Pelloutier, aussit&#244;t que celui-ci vint &#224; Paris. D'autre part M&#233;tin et Remy, au retour de leur ann&#233;e de service militaire, mettaient leur influence &#224; pousser le groupe vers l'anarchie. Nous entrions en rapport avec Grave, et nous retrouvions aux &lt;i&gt;Temps Nouveaux,&lt;/i&gt; Paul Delesalle que nous connaissions depuis 1892.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant le groupe ne s'&#233;tait inf&#233;od&#233; &#224; aucun parti, &#224; aucune secte. I1 continuait &#224; recruter des membres aux tendances diverses, des marxistes lib&#233;raux comme Schumacher (russe), Arndt (allemand), ou des anti-social-d&#233;mocrates comme Cornelissen. Il s'&#233;largissait en englobant une partie des membres de la Ligue d&#233;mocratique des &#233;coles (Marchand, E. Milhaud, Bon, etc.) et m&#234;me en recevant l'adh&#233;sion des &#233;tudiants collectivistes qui vinrent &#224; ses s&#233;ances pendant quelques mois.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_3975 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L419xH600/31411312644-0a283.jpg?1774708321' width='419' height='600' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Les opinions des ESRI apparaissent dans les brochures que le groupe publia successivement de 1894 &#224; 1901 : &lt;i&gt;Le Socialisme et les &#233;tudiants&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Pourquoi nous sommes internationalistes&lt;/i&gt;, &lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k817808&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Les r&#233;volutionnaires au congr&#232;s de Londres&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;R&#233;formes et r&#233;volution&lt;/i&gt;, &lt;a href=&#034;https://archive.org/details/lindividuetlecom00grou/page/n1/mode/2up&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;L'individu et le communisme&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;Mis&#232;re et mortalit&#233;&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Comment l'&#201;tat enseigne la morale&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Les anarchistes et les syndicats&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;La scission socialiste&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Le tolsto&#239;sme et l'anarchie&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Coop&#233;ratisme et n&#233;o-coop&#233;ratisme&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Le communisme et l'anarchie&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;La gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale&lt;/i&gt;. Elles &#233;taient l'&#339;uvre d'une commission et discut&#233;es chapitre par chapitre au cours des s&#233;ances publiques. Cette commission comprenait de 6 &#224; 12 membres. Leur collaboration fut tellement enchev&#234;tr&#233;e dans certaines brochures qu'il me serait impossible de dire aujourd'hui quelle fut la part de chacun. La vie du groupe se r&#233;duisit peu &#224; peu &#224; l'activit&#233; de la commission, dont les membres, sauf un noyau permanent, ne furent pas toujours exactement les m&#234;mes outre un camarade devenu professeur de facult&#233;, que je ne puis nommer ici, les plus jeunes associ&#233;s furent Cr&#233;mieu et Jacoubet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#233;rite du groupe fut d'avoir aid&#233; &#224; d&#233;gager les principes du syndicalisme r&#233;volutionnaire, au moment m&#234;me o&#249; celui-ci naissait et se d&#233;veloppait, et d'avoir devanc&#233; les th&#233;oriciens purs qui foisonn&#232;rent par la suite. Au lieu de la diplomatie des r&#233;formistes, nous pensions que l'action avait sinon plus de r&#233;sultats imm&#233;diats, du moins une vertu &#233;ducative. L'&#233;tude du mouvement ouvrier avait d&#233;tourn&#233; le groupe, &#224; partir de 1896, de la jeunesse des &#233;coles. Il appelait les travailleurs &#224; ses discussions, et c'est ainsi que Delesalle et d'autres nous apport&#232;rent leur collaboration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La part de Marie Goldsmith, la seule de nos camarades femmes qui &#233;tait demeur&#233;e au groupe, fut peu consid&#233;rable dans les premi&#232;res brochures. Elle devint de plus en plus grande au fur et &#224; mesure que le groupe se resserra, surtout &#224; partir de la septi&#232;me brochure. Le comit&#233; de r&#233;daction prit l'habitude de se r&#233;unir chez elle. Elle intervenait pour remettre ordre et clart&#233; dans la discussion lorsque celle-ci devenait confuse et commen&#231;ait &#224; s'embrouiller. Ce furent son influence et celle de Remy qui orient&#232;rent d&#233;finitivement l'activit&#233; du groupe vers l'anarchisme. D'ailleurs le groupe d&#233;clinait. Les camarades peu &#224; peu s'en allaient pour prendre un poste ou pour s'&#233;tablir soit en province, soit aux colonies ; d'autres &#233;taient retourn&#233;s &#224; l'&#233;tranger. Beaucoup se mariaient. Tous &#233;taient pris par la n&#233;cessit&#233; de gagner leur existence. Le groupe disparut en 1901.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai racont&#233; la vie du groupe parce que la vie de Goldsmith se confondit en grande partie avec elle. J'ai &#233;prouv&#233; par exp&#233;rience que la vie collective donne d'aussi belles &#233;motions, d'aussi fortes satisfactions et qu'elle offre plus d'ampleur et plus de s&#233;curit&#233; que la vie individuelle trop souvent confin&#233;e &#224; un &#233;go&#239;sme mesquin et fauss&#233;e par une vanit&#233; ridicule. En tout cas notre vie collective nous a servi &#224; fonder notre psychologie morale et notre philosophie sociale sur des donn&#233;es r&#233;fl&#233;chies ; elle ne nous a pas emp&#234;ch&#233;s de conserver notre personnalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vie collective aide au d&#233;veloppement des individus &#224; condition que ceux-ci ne s'enferment pas dans un seul groupe et qu'ils aient en dehors de lui d'autres activit&#233;s, &#224; condition par exemple qu'ils participent &#224; une activit&#233; professionnelle, &#224; d'autres groupes encore (artistiques, etc.), qu'ils aient une vie familiale. A ce point de vue la famille, la famille vivante avec les pr&#233;occupations que donne l'&#233;ducation des enfants, a son utilit&#233; contre la tendance &#224; ne voir les faits sociaux que d'apr&#232;s des formules th&#233;oriques. Par contre, l'&#233;go&#239;sme familial fait perdre de vue la vie sociale et m&#233;conna&#238;tre la solidarit&#233; humaine.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_3980 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;17&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L362xH550/goldsmith_aen_petit-ab074-2-4e121.jpg?1774708321' width='362' height='550' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Marie Goldsmith&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;En dehors du groupe des ESRI, Goldsmith fr&#233;quentait les milieux r&#233;volutionnaires russes, multiples et divers &#224; cette &#233;poque. Le vieux Lavrof, par sa pr&#233;sence m&#234;me &#224; Paris (il habitait rue Saint-Jacques), avait sur eux la plus grande influence. Les tendances du socialisme r&#233;volutionnaire pr&#233;dominaient. Dans un pays essentiellement agricole et pour ainsi dire sans industrie, la r&#233;volution agraire paraissait la premi&#232;re chose &#224; organiser. Quelques &#233;tudiants russes se r&#233;clamaient de Plekhanof, la b&#234;te noire des anarchistes, et faisaient bande &#224; part. Pour eux, la r&#233;volution, la vraie r&#233;volution, c'&#233;tait la r&#233;volution marxiste, paradoxale dans un pays o&#249; les ouvriers industriels et prol&#233;taris&#233;s &#233;taient en infime minorit&#233;. Le fatalisme du mat&#233;rialisme &#233;conomique aboutissait, tout au moins dans l'esprit de quelques-uns, &#224; attendre le d&#233;veloppement du stade capitaliste. Chez les autres on voyait poindre la th&#233;orie de la dictature du prol&#233;tariat. Pour ces fanatiques, ignorants de la vie sociale, la dialectique h&#233;g&#233;lienne servait &#224; conna&#238;tre et &#224; explique tous les faits &#233;conomiques et sociaux, comme si ces ph&#233;nom&#232;nes devaient ob&#233;ir &#224; une r&#232;gle scolastique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Goldsmith, fr&#233;quentait chez Lavrof. Elle y fit connaissance de Simon Rappoport, que nous e&#251;mes comme ami commun, Simon Rappoport, le noir, un original et le meilleur des hommes. Il ne faut pas le confondre avec son homonyme, Charles Rappoport, le blond, que nous conn&#251;mes, lui, au groupe des ESRI, o&#249; il vint vers 1896 bavarder inlassablement. Simon, qui v&#233;cut toujours en boh&#232;me charitable, &#233;tait sous le pseudonyme d'Ansky, un &#233;crivain de talent et faisait revivre en langue yiddish le folklore juif. Il mourut extr&#234;mement pauvre, sans avoir la joie de voir repr&#233;senter son &#339;uvre, le Dybbouk, qui fit au th&#233;&#226;tre une carri&#232;re triomphale. Des nationalistes juifs ont pr&#233;tendu s'emparer d'Ansky et sans scrupules faire un des leurs de ce r&#233;volutionnaire imp&#233;nitent. Les morts ont toujours bon dos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce fut probablement au Congr&#232;s international socialiste de Londres en 1896 que Goldsmith fit la connaissance de Kropotkine, comme c'est l&#224; aussi qu'elle se lia avec Cornelissen, Hamon, Tcherkesoff et quelques autres. A partie de ce moment Kropotkine eut la plus grande influence sur ses id&#233;es et dirigea ses tendances r&#233;volutionnaires. En correspondance constante avec lui, elle fut son disciple le plus fid&#232;le et le plus cher. Toute son activit&#233; sociale fut d&#232;s lors dirig&#233;e vers la propagande anarchiste. Elle fut en rapports d'amiti&#233; avec Nettlau, avec Brupbacher, avec Paul Reclus, avec Dave, avec le docteur et Madame Zielinski, avec tant d'autres, dont je ne puis ici publier les noms, et qui ont eu pour elle les sentiments les plus affectueux.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_3979 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;55&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/IMG/webp/goldsmith-study.webp?1689069894' width='500' height='365' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Marie Goldsmith. Source : &lt;a href=&#034;https://mariegoldsmith.uk/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;THE MARIE GOLDSMITH PROJECT&lt;/a&gt;&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Elle collabora aux &lt;i&gt;Temps Nouveaux&lt;/i&gt;, d'une fa&#231;on suivie, donnant des traductions, des correspondances de journaux &#233;trangers et aussi des articles originaux sous les pseudonymes de M. Corn et d'Isidine. Si je me souviens bien, notre collaboration au journal commen&#231;a en m&#234;me temps et d'une fa&#231;on r&#233;guli&#232;re. C'&#233;tait au temps des &#233;v&#233;nements de Cr&#232;te, alors que la population chr&#233;tienne s'&#233;tait soulev&#233;e contre la domination turque. Kropotkine ou Tcherkesoff avait pris parti pour la lib&#233;ration des Cr&#233;tois. Apr&#232;s une conversation avec Goldsmith et Remy, j'&#233;crivis un article pour d&#233;clarer que ce soul&#232;vement devait nous laisser &#224; peu pr&#232;s indiff&#233;rent, puisque d'apr&#232;s les nouvelles, la population chr&#233;tienne s'&#233;tait mise &#224; massacrer la population musulmane et &#224; la d&#233;pouiller de ses biens, que les habitants musulmans, en forte minorit&#233;, avaient bien, eux aussi, le droit de vivre, et que la solution de la question cr&#233;toise n'&#233;tait pas dans un changement de gouvernement et dans l'instauration d'une nouvelle tyrannie s'exer&#231;ant sur l'autre partie de la population. A quoi Kropotkine r&#233;pondit que sans prendre le point de vue patriotique des nationalismes, il fallait envisager l'&#233;volution de l'humanit&#233; et que la civilisation occidentale avec ses d&#233;fauts &#233;tait infiniment pr&#233;f&#233;rable &#224; la routine et &#224; la stagnation sous une tyrannie turque dont il &#233;tait impossible d'esp&#233;rer le changement. En somme donner leurs chances au progr&#232;s et &#224; la libert&#233;. Je suis bien s&#251;r de d&#233;former l'argumentation de Kropotkine, je n'ai pas sa r&#233;ponse sous les yeux. Mais telle est l'interpr&#233;tation qui m'est rest&#233;e dans l'esprit. Et c'est le m&#234;me point de vue auquel Kropotkine devait se placer en 1914 et en 1916, non pas celui du patriotisme et du nationalisme, mais celui de la civilisation : f&#233;odale et militariste ou d&#233;mocratique et lib&#233;rale. Il disait que la victoire des empires centraux serait l'affermissement de la f&#233;odalit&#233; militaire et la persistance ou la restauration du principe monarchique. J'avais compl&#232;tement oubli&#233; la pol&#233;mique cr&#233;toise ; c'est Goldsmith qui m'en a fait souvenir et qui proposait derni&#232;rement d'en publier des extraits pour &#233;clairer le point de vue du manifeste des Seize. A ce propos elle-m&#234;me a donn&#233; dans, le n&#176; 44 de &lt;i&gt;Plus Loin&lt;/i&gt; (novembre 1918) sous la signature d'Isidine un article qui &#224; mon avis cl&#244;t d&#233;finitivement le d&#233;bat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux &lt;i&gt;Temps Nouveaux&lt;/i&gt; nous continu&#226;mes un travail d'&#233;dition de brochures avec Paul Delesalle. Puis, apr&#232;s le passage d'Am&#233;d&#233;e Dunois, ou peut-&#234;tre pendant son secr&#233;tariat, fut cr&#233;&#233; un groupe d'amis des &lt;i&gt;Temps Nouveaux&lt;/i&gt; avec Desplanques (qui succ&#233;da &#224; Dunois comme secr&#233;taire de r&#233;daction), James Guillaume, Manette, Andr&#233; Girard, Ch. Beno&#238;t (qui. s'occupa sp&#233;cialement de l'&#233;dition des brochures), etc. Monatte, pris par son journal, &lt;i&gt;La Vie Ouvri&#232;re&lt;/i&gt;, ne resta pas tr&#232;s longtemps. Mais sous l'impulsion de Gu&#233;rin, il y eut des r&#233;unions assez suivies qui se tinrent jusqu'&#224; la guerre, &#224; peu pr&#232;s tous les quinze jours, et ou Goldsmith assista assez r&#233;guli&#232;rement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1910, Gu&#233;rin ressuscita les &lt;i&gt;Temps Nouveaux &lt;/i&gt; (&#233;dition d'apr&#232;s guerre) avec Goldsmith au comit&#233; de r&#233;daction. Puis, apr&#232;s la scission avec Jean Grave, Plus Loin apparaissait en mars 1925. Goldsmith faisait partie du groupe fondateur avec Desplanques, Cornelissen, David, Dooghe, Kermabon, Bertrand, Jacques et Paul Reclus, Tcherkesoff, etc. Elle prit part aux r&#233;unions du comit&#233; de r&#233;daction jusqu'au jour o&#249; l'affaiblissement progressif de sa m&#232;re ne lui permit pas de la laisser seule et de s'absenter le soir. Mais elle envoyait de la copie, et son dernier article &#171; A travers notre presse &#187; a paru dans le n&#176; 93 (janvier 1933).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps son logis &#233;tait le centre de r&#233;unions amicales et vivantes avec tant et tant de r&#233;volutionnaires russes, dont je ne peux donner ici les noms. Et elle faisait un travail consid&#233;rable de collaboration et de correspondances au profit des publications &#233;trang&#232;res d'avant-garde. C'est &#224; elle que Kropotkine confia la traduction fran&#231;aise de l'&lt;i&gt;&#201;thique&lt;/i&gt;. Elle avait m&#234;me esp&#233;r&#233; pouvoir en donner la deuxi&#232;me partie avec les notes &#233;parses qu'il avait laiss&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin elle avait une activit&#233; scientifique. Docteur &#232;s-sciences, elle &#233;tait devenue la secr&#233;taire et la collaboratrice d'Yves Delage avec qui elle &#233;crivit deux ouvrages : &lt;i&gt;Les th&#233;ories de l'&#233;volution &lt;/i&gt; et &lt;i&gt;La Parth&#233;nog&#233;n&#232;se naturelle et exp&#233;rimentale&lt;/i&gt;. Surtout elle faisait avec lui l'&lt;i&gt;Ann&#233;e biologique&lt;/i&gt;, dont elle fut l'un des deux secr&#233;taires depuis 1902, le seul secr&#233;taire depuis 1919 et en r&#233;alit&#233; la v&#233;ritable cheville ouvri&#232;re. Ce fut l'&#233;poque la plus heureuse de sa vie, une &#233;poque de travail f&#233;cond dans la s&#233;curit&#233;. Delage, devenu aveugle, se confiait enti&#232;rement &#224; elle. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Si modeste qu'elle f&#251;t, il en r&#233;sulta contre elle de terribles jalousies, &#224; la fois des adversaires de l'&#233;cole de Delage et de beaucoup d'&#233;l&#232;ves m&#234;me de celui-ci, ces derniers &#233;tant furieux de la confiance &#224; peu pr&#232;s exclusive que lui accordait Delage. Elle la m&#233;ritait et ne pouvait certes porter ombrage &#224; personne. Ce n'en fut pas moins sur son dos que s'&#233;tablit la r&#233;conciliation apparente des adversaires et des amis de Delage, &#224; la mort de celui-ci. Elle lui avait servi, intellectuellement et un peu mat&#233;riellement de chien d'aveugle. Il ne la r&#233;compensa m&#234;me pas en la dirigeant, comme il e&#251;t d&#251; le faire, vers une situation officielle, et, pauvre et charg&#233; de famille, il ne la r&#233;compensa pas non plus autrement de fa&#231;on sensible. C'&#233;tait un illumin&#233;. Mais la pauvre Goldsmith fut par trop d&#233;pourvue de sens pratique. Elle &#233;tait r&#233;fractaire &#224; la naturalisation, sans laquelle elle &#233;tait condamn&#233;e, dans le milieu o&#249; elle vivait, &#224; la mis&#232;re, puisqu'elle n'y pouvait avoir de situation officielle sans &#234;tre fran&#231;aise. Delage aurait p&#251;t le lui dire&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_3977 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;88&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/webp/goldsmith-lab.webp' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/webp&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/IMG/webp/goldsmith-lab.webp?1689069308' width='500' height='368' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Marie Goldsmith dans son laboratoire (vers 1910). Source : &lt;a href=&#034;https://mariegoldsmith.uk/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;THE MARIE GOLDSMITH PROJECT&lt;/a&gt;&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;En tout cas elle fut &#233;vinc&#233;e de l'&lt;i&gt;Ann&#233;e biologique&lt;/i&gt;, o&#249; la fonction de secr&#233;taire n'&#233;tait pourtant pas une situation officielle. Elle continue ses travaux dans des laboratoires successifs et dans des conditions assez pr&#233;caires. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Partout o&#249; elle passa, elle s'effa&#231;a trop ; elle y vivait trop isol&#233;e et trop &#224; l'&#233;cart des travaux qui s'y faisaient ; cette r&#233;serve &#233;tait m&#233;chamment jug&#233;e et elle acheva de lui faire tort&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1927, elle publiait n&#233;anmoins chez Costes,&lt;i&gt; La psychologie compar&#233;e&lt;/i&gt; (in-12&#176;, p. 344) o&#249; elle passe en revue dans la s&#233;rie animale, les tropismes, les r&#233;flexes, les instincts, l'&#233;tablissement des associations qui sont la source de la m&#233;moire et de tous les processus intellectuels sup&#233;rieurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cet ouvrage et dans &lt;i&gt;Les th&#233;ories de l'&#233;volution&lt;/i&gt;, Goldsmith fait une sorte de synth&#232;se philosophique, faisant la revue et la critique des th&#233;ories &#233;mises sur l'un et l'autre sujet. Comme ouvrages de recherches personnelles, j'ai d&#233;j&#224; cit&#233; &lt;i&gt;La Parth&#233;nogen&#232;se&lt;/i&gt;, en collaboration, il est vrai, avec Delage, mais o&#249; sa contribution est &#233;norme. Enfin sa th&#232;se de doctorat &#233;tudie les &lt;i&gt;R&#233;actions physiologiques et psychiques des poissons&lt;/i&gt;. Je crois int&#233;ressant de reproduire ce passage de la premi&#232;re page :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;ll y a peu de temps encore, la psychologie, sp&#233;culative comme la philosophie elle-m&#234;me, appartenait &#224; ce titre au domaine des lettres et non &#224; celui des sciences de la nature. Cependant la th&#233;orie de l'&#233;volution, et aussi le mat&#233;rialisme philosophique du milieu du XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, lui indiquaient d&#233;j&#224; une autre voie ; la pens&#233;e d'Auguste Comte, qui dans la Politique positive pr&#233;voit la cr&#233;ation d'une psychologie compar&#233;e, bas&#233;e sur l'&#233;tude du syst&#232;me nerveux, avait m&#234;me pr&#233;c&#233;d&#233; ces doctrines, mais sans avoir trouv&#233; l'&#233;cho &#224; son &#233;poque. La psychologie fermement attach&#233;e aux anciennes traditions de la pens&#233;e, n'a pris la nouvelle orientation que lentement, et jusqu'&#224; l'heure actuelle encore elle n'est pas enti&#232;rement devenue une science bas&#233;e sur l'observation et l'exp&#233;rimentation&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le but de M. Goldsmith est de contribuer de faire progresser la psychologie en tant que science exp&#233;rimentale, et pour cela elle a poursuivi des recherches sur le psychisme des animaux ; ce sont des observations sur les poissons, faites &#224; la station biologique de Roscoff, qui lui en ont fourni les mat&#233;riaux. Les associations que peut fournir un cerveau de poisson sont tr&#232;s &#233;loign&#233;es des n&#244;tres, mais c'est &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;quelque chose d'o&#249; les v&#233;ritables associations sont n&#233;es plus tard au cours de l'&#233;volution&lt;/q&gt; (p. 128). Telle est l'une des conclusions du travail de Goldsmith. Elle est fort importante. Mais Goldsmith, qui avait &#233;t&#233; accapar&#233;e par Delage, n'avait plus &#224; sa disposition de laboratoire o&#249; elle e&#251;t ses coud&#233;es franches ; les travaux originaux lui &#233;taient fort difficiles. D'autre part sa sp&#233;cialit&#233;, la Psychologie exp&#233;rimentale, &#233;tait le fief d'une camarilla, celle-l&#224; m&#234;me qui l'a d&#233;barqu&#233;e de l'ann&#233;e biologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la mort de Kropotkine et de Delage, qui disparurent &#224; peu de distance l'un de l'autre, Goldsmith se trouva d&#233;pourvue des soutiens moraux sur lesquels elle avait pris l'habitude de s'appuyer. La vieillesse arrivait, une vieillesse sans aucune s&#233;curit&#233;, avec un seul refuge affectif, celui d'une m&#232;re qui s'&#233;teignait lentement. Depuis deux mois, Goldsmith n'osait plus prendre la moindre libert&#233;, m&#234;me dans la journ&#233;e, elle ne sortait plus du tout, elle avait abandonn&#233; ses travaux de laboratoire. Lorsque sa m&#232;re mourut &#224; 83 ans dans la nuit du 8 au 9 janvier, elle s'empoisonna pour ne pas lui survivre.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_3978 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;85&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/png/img044-marie-and-sophie-e1668822651847-edited.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH476/img044-marie-and-sophie-e1668822651847-edited-a4b45.png?1774708417' width='500' height='476' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Marie (&#224; gauche) et sa m&#232;re Sophie (&#224; droite). Source : &lt;a href=&#034;https://mariegoldsmith.uk/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;THE MARIE GOLDSMITH PROJECT&lt;/a&gt;&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="https://archivesautonomies.org/spip.php?article2785" class="spip_out"&gt;Liste des brochures des ESRI disponibles sur le site Fragments d'Histoire de la gauche radicale &lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Nous f&#251;mes souvent oblig&#233;s de changer de local au cours de cette premi&#232;re ann&#233;e. Et je note qu'ayant trouv&#233; &#224; nous r&#233;unir dans la salle annexe d'un caf&#233; au-dessous de l'Association g&#233;n&#233;rale des &#233;tudiants, nous en f&#251;mes &#233;vinc&#233;s sous la pression du comit&#233; de cette association o&#249; dominait alors, sans qu'il en fit partie officiellement, l'influence de L&#233;on Blum ; il n'avait pas encore trouv&#233; son chemin de Damas.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Aristide Delannoy (1874 - 1911)</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Henry Poulaille</dc:creator>


		<dc:subject>Paul Delesalle</dc:subject>
		<dc:subject>Aristide Delannoy</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Nous reproduisons ici l'introduction d'Henry Poulaille pour &lt;i&gt;Un crayon de combat - Aristide Delannoy&lt;/i&gt;, publi&#233; par &#171; Le Vent du Ch'min &#187; en 1982&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-partages-noirs-" rel="directory"&gt;Partages &lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-paul-delesalle-+" rel="tag"&gt;Paul Delesalle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-henry-poulaille-131-+" rel="tag"&gt;Aristide Delannoy&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH101/arton1042-e32f0.jpg?1774700089' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='101' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous reproduisons ici l'introduction &#233;crite par Henry Poulaille au recueil de dessins &lt;i&gt;Un crayon de combat - Aristide Delannoy&lt;/i&gt;, publi&#233; par &#171; Le Vent du Ch'min &#187; en 1982.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1135 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende titre' data-legende-len=&#034;36&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L198xH258/poulaillelebedef-6ae62-edb9a.jpg?1774701625' width='198' height='258' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;&lt;small&gt;Henry Poulaille par Jean L&#233;b&#233;deff.&lt;/small&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le Dictionnaire critique et documentaire des peintres, dessinateurs et graveurs&lt;/i&gt; de B&#233;n&#233;zit, le plus complet de ces dictionnaires (il a 5 000 pages double colonne) consacre trois lignes &#224; Delannoy : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Delannoy (Aristide), peintre n&#233; &#224; B&#233;thune (Pas-de-Calais) en 1874, mort &#224; Paris en 1911. Il exposa au Salon des Ind&#233;pendants. Il collabora comme illustrateur &#224; plusieurs journaux&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est tout. C'est peu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Constatons simplement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Delannoy fut une de mes premi&#232;res admirations. Au cours de mes explorations dans les tiroirs de la commode o&#249; mon p&#232;re rangeait ses livres, explorations effectu&#233;es &#224; son insu, j'avisai quelques dessins, couvertures d'hebdomadaires, coupures de journaux, quelques num&#233;ros de &lt;i&gt;l'Assiette au Beurre&lt;/i&gt; et des &lt;i&gt;Hommes du Jour&lt;/i&gt; ; il y avait une bonne trentaine de ceux-ci, ils &#233;taient sign&#233;s Delannoy. J'avais d&#233;j&#224; l'habitude de regarder les signatures. Une page m'impressionna particuli&#232;rement. C'&#233;tait la caricature du G&#233;n&#233;ral d'Amade, l'un des &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;pacificateurs&lt;/q&gt; du Maroc. Elle le montrait tout ensanglant&#233;, un vrai saigneur et le coloriage du dessin accusait en rouge vif l'intention de l'artiste, constituant un t&#233;moignage irr&#233;cusable contre l'arm&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'avais environ douze ans. Je n'&#233;tais plus le gosse bien sage de mes d&#233;buts &#224; l'&#233;cole communale, alors que j'&#233;tais glorieux d'&#234;tre Fran&#231;ais, du m&#234;me pays que le grand savant Pasteur qu'on portait au pinacle et dont nos cahiers de classe imposaient le portrait. 1906-1907. J'&#233;tais particuli&#232;rement fier que mes nom et pr&#233;nom aient les m&#234;mes initiales que celles de la devise de la France que nous rappelait la &#171; La&#239;que &#187; : &#171; HONNEUR - PATRIE &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette sotte vanit&#233; ne m'avait pas dur&#233; longtemps. Un oncle que j'aimais beaucoup, revenant de Biribi, avait refroidi mon go&#251;t pour les choses militaires et la d&#233;couverte du dessin de Delannoy campant le g&#233;n&#233;ral aux bras sanglants m'en avait d&#233;tourn&#233; tout &#224; fait.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1123 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L200xH310/310px-andre_gill_by_nadar-fc520-f1d84.jpg?1774701625' width='200' height='310' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;&lt;small&gt;Andr&#233; Gill, par Nadar.&lt;/small&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Comme tous les gosses, j'&#233;tais curieux et, m'&#233;tant aper&#231;u que deux tiroirs de la commode servaient de biblioth&#232;que &#224; mon p&#232;re, j'y avais bient&#244;t fait des emprunts. Il fallait des ruses de Sioux pour consulter les tr&#233;sors qui &#233;taient renferm&#233;s l&#224;. Mon p&#232;re n'eut pas admis ces investigations et, ma m&#232;re travaillant &#224; ses chassis dans cette pi&#232;ce qui &#233;tait la seule habitable, je devais me garder d'attirer l'attention. Il y avait quelques bouquins de Zola et Zevaco, des fascicules d&#233;pareill&#233;s de &lt;i&gt;l'Homme et la Terre&lt;/i&gt; de Reclus et tout un tas de brochures anarchistes enfouies sous des fascicules de romans populaires d'Eug&#232;ne Sue et d'Erckman-Chatrian, de num&#233;ros des &lt;i&gt;Temps Nouveaux &lt;/i&gt; et les dessins dont j'ai parl&#233;. En une dizaine de mois, j'&#233;tais parvenu &#224; tout regarder. Lorsque mon p&#232;re s'aper&#231;ut que je butinais dans, ses &#171; caches &#187;, il m'engueula. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Ce n'est pas de ton &#226;ge !&lt;/q&gt;, mais j'avais &#224; peu pr&#232;s tout vu et lu. C'est ainsi que naquit en moi le go&#251;t pour le dessin satirique. Il y avait dans ces paperasses entrem&#234;l&#233;es &lt;i&gt;le Gil Blas illustr&#233;&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;l'&#201;clipse&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;le P&#232;re Peinard&lt;/i&gt;, etc., des points de rep&#232;re qui me furent d'utilit&#233; quand je devins plus &#171; grand &#187;. Des noms s'&#233;taient fix&#233;s dans mon esprit : Steinlen, Andr&#233; Gill, Ibels, Luce, Grandjouan, Jossot, Camara, Delannoy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Combien de fois son g&#233;n&#233;ral aux bras sanglants qui m'avait &#233;berlu&#233; me revint &#224; l'esprit. Ce coloriage &#233;tait une r&#233;ussite. C'est le cas de le dire : &#171; le sang parlait &#187;. &#199;'avait &#233;t&#233;, je le sus plus tard, tir&#233; &#224; pas mal de milliers d'exemplaires. Le num&#233;ro s'enleva ; ce fut une mani&#232;re de triomphe pour le jeune hebdomadaire, mais il devait faire poursuivre et condamner l'auteur du texte, Victor M&#233;ric, et l'artiste &#224; un an de prison. Malade, Delannoy vit son mal s'aggraver. Des protestations le firent sortir de ge&#244;le, mais il devait en mourir quelques mois plus tard. Je ne devais jamais oublier le nom de Delannoy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand je fus seul, &#224; l'entr&#233;e de mes treize ans, mon p&#232;re &#233;tant d&#233;c&#233;d&#233; au d&#233;but de 1910 et ma m&#232;re dans la m&#234;me ann&#233;e, je n'eus plus les tiroirs de la commode paternelle &#224; ma port&#233;e. J'&#233;tais d&#233;j&#224; un jeune salari&#233;, d&#232;s mes treize ans r&#233;volus. J'avais pu ainsi apporter quelques payes &#224; maman qui, malade, se d&#233;battait avec trois gosses dont j'&#233;tais l'a&#238;n&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre grand-m&#232;re ne pouvait pas assumer la charge de nous garder. Un oncle s'&#233;tait bien propos&#233; pour nous prendre, mais il avait d&#233;j&#224; six enfants dont deux jeunes et sa femme &#233;tait impotente.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1125 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende titre' data-legende-len=&#034;17&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/arton3270.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L200xH316/arton3270-cccaf-2d893.jpg?1774701625' width='200' height='316' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Georges Yvetot.&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Au cours d'une discussion, il avait &#233;t&#233; d&#233;cid&#233; que ma s&#339;ur irait chez un oncle boutiquier o&#249; elle fit la boniche et notre jeune fr&#232;re serait plac&#233; dans un orphelinat de Bretagne, une p&#233;taudi&#232;re calotine o&#249;, nourri de patates et d'or&#233;mus, il devait rester jusqu'&#224; seize ans. Ce pensionnat qui s'honorait du patronage d'Albert de Mun, avait eu parmi ses involontaires prisonniers, Georges Yvetot qui, &#233;l&#232;ve d&#233;j&#224; rebelle l&#224;-bas, devint, d&#232;s que lib&#233;r&#233;, un des plus actifs animateurs de la propagande r&#233;volutionnaire, syndicaliste, anarchiste et antimilitariste. Mon fr&#232;re devait, un peu comme lui, mal tourner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Furieux du r&#233;sultat de cette d&#233;cision de la famille, je les engueulai. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Foutez-vous tout &#231;a au cul. Moi, je me d&#233;merderai tout seul&lt;/q&gt;. J'allai voir mon instituteur qui m'avait fait prendre par un pharmacien et il l'alla retrouver pour lui demander de me garder &#171; couch&#233;, nourrit, blanchi &#187; : c'&#233;tait une formule assez courante au temps qu'on a appel&#233; la &#171; belle &#233;poque &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre nous, comparativement &#224; la n&#244;tre, c'&#233;tait plut&#244;t une belle &#233;poque. Enfin, je sais tout le monde a l'air content : t&#233;l&#233;, voitures, alcool, drogues etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon patron ayant accept&#233;, je fus donc couch&#233;. J'eus une chambre &#224; moi. J'&#233;tais libre au lendemain de mes treize ans. &#202;tre son ma&#238;tre &#224; cet &#226;ge ! J'&#233;tais content. Je pourrais disposer de mes loisirs &#224; ma guise... &#201;videmment, ces loisirs, il fallait voir &#224; les prendre. La pharmacie ouvrait &#224; huit heures et fermait &#224; neuf heures du soir. C'est-&#224;-dire que j'&#233;tais libre apr&#232;s le d&#238;ner, &#224; environ neuf heures un quart. Ma chambre &#233;tait &#224; cinq minutes de mon travail. Donc je ne perdais pas trop de temps. Voulant profiter de ma libert&#233; pour lire, &#233;crire, dessiner, il me fallait organiser le temps dont j'avais droit &#224; disposer. Le mieux, pensais-je, c'&#233;tait de prendre sur mon sommeil. J'arrivai en un mois au r&#233;sultat esp&#233;r&#233;. Quatre heures pour dormir, cinq au maximum, me suffirent et j'ai pu garder ce rythme sans g&#234;ne jusqu'aux environs de la septantaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ayant coup&#233; avec ma famille, rien ne me revint des livres, brochures et dessins. Cela n'avait pas &#233;t&#233; sans me causer de la peine, mais je me consolais. Ma libert&#233; me laissait les joies de la rue. Il y avait les affiches sur les murs et, dans les kiosques &#224; journaux et les vitrines des librairies, les couvertures de &lt;i&gt;Fantasio &lt;/i&gt; aux amusants dessins de Roubille o&#249; l'artiste jouait avec deux personnages typiques, les couvertures de Ra&#239;eter, l'ami de Delannoy, pour &lt;i&gt;les Hommes du Jour&lt;/i&gt;, les grands dessins de &lt;i&gt;la Bataille Syndicaliste&lt;/i&gt; et de &lt;i&gt;la Guerre Sociale&lt;/i&gt;, ceux de&lt;i&gt; la Calotte&lt;/i&gt; en noir et vert sign&#233;s Mac : A. F. Mac, dont je suis h&#233;las, seul &#224; me rappeler&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J'ai tent&#233; plusieurs fois d'attirer l'attention sur cet artiste et ses (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais revenons &#224; Delannoy dont les quelques num&#233;ros de &lt;i&gt;l'Assiette au Beurre&lt;/i&gt; qu'avait gard&#233;s mon p&#232;re et des &lt;i&gt;Hommes du Jour&lt;/i&gt; des premi&#232;res ann&#233;es n'&#233;taient plus pour moi qu'&#224; l'&#233;tat de souvenirs. J'eus la chance de pouvoir bient&#244;t les retrouver peu &#224; peu au cours des promenades qui faisaient la moiti&#233; de mon m&#233;tier de saute-ruisseau chez mon patron potard.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1126 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende titre' data-legende-len=&#034;17&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L200xH267/ob_35ea72_paul-delesalle-dd53b-6f3d2.jpg?1774701625' width='200' height='267' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;&lt;small&gt;Paul Delesalle.&lt;/small&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;En 1911 je connus Paul Delesalle que son activit&#233; militante de deux d&#233;cades charg&#233;es, avait condamn&#233; &#224; ne plus pouvoir travailler dans son m&#233;tier d'ouvrier. &#202;tre militant &#224; la fin du XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle et au d&#233;but du XX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;, n'&#233;tait pas une garantie de facilit&#233; d'existence. C'est maintenant devenu &#171; un m&#233;tier &#187; ai-je lu. Cela risque de se payer cher demain. Mais nous parlons d'un militant d'hier, un vrai. Delesalle qui avait &#233;t&#233; le bras droit de Fernand Pelloutier (les Bourses du Travail, l'impulsion donn&#233;e &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale comme moyen d'action) avait &#233;t&#233; &#233;cart&#233; de son m&#233;tier de m&#233;canicien. Il &#233;tait cependant un ouvrier de tout premier plan dans son travail qu'il aimait. Rappelons seulement que c'est lui qui avait construit et mis au point le premier appareil de projection cin&#233;matographique, le tout premier : celui de Lumi&#232;re en 1895.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il &#233;tait consid&#233;r&#233; comme une brebis galeuse. Il eut la chance d'avoir un ami qui lui pr&#234;ta un peu d'argent et je pense que sa s&#339;ur, l'actrice de th&#233;&#226;tre Mona Delza (qui fut la &lt;i&gt;Vierge Folle&lt;/i&gt; de la pi&#232;ce d'Henry Bataille, entre autres succ&#232;s) l'aida &#233;galement. Delesalle put prendre une petite boutique rue Monsieur-se-Prince o&#249; il fit de la librairie d'occasion et de l'&#233;dition syndicaliste et anarchiste : la &lt;i&gt;Publication Sociale&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il fut un des premiers libraires o&#249; je me fournis d&#232;s la fin de 1911. Il m'avait &#171; &#224; la bonne &#187; et m'aida &#224; me d&#233;brouiller litt&#233;rairement, me conseillant et me donnant des choses en plus de ce que je lui achetais. Il s'amusait &#224; me voir si attentif et passionn&#233; et, bient&#244;t, j'eus un tas de &lt;i&gt;Gil Blas Illustr&#233;&lt;/i&gt;, d'&lt;i&gt;&#201;clipse&lt;/i&gt;, de &lt;i&gt;P&#232;re Peinard&lt;/i&gt; et des &lt;i&gt;Hommes du Jour&lt;/i&gt; dont le num&#233;ro sur le g&#233;n&#233;ral aux mains sanglantes. En 1914, gr&#226;ce &#224; Delesalle pour beaucoup et &#224; jean Grave &#224; qui il avait parl&#233; de moi, j'avais collectionn&#233; de nombreuses pages de Steinlen, Delannoy, Grandjouan, etc.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1127 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende titre' data-legende-len=&#034;21&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L200xH267/359px-honore_daumier-nadar-d0b1b-897e1.jpg?1774701625' width='200' height='267' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;&lt;small&gt;Daumier, par Nadar.&lt;/small&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Je ne m'attarderai pas sur les collaborations de Delannoy dans &lt;i&gt;Le Bon Vivant&lt;/i&gt;,&lt;i&gt; Le Petit Illustr&#233; amusant&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;La Vie pour rire&lt;/i&gt;, etc. Ses dessins devaient &#234;tre strictement pour amuser et il n'y a pas un grand dommage de les ignorer. Le Delannoy qui compte, c'est le peintre dont on n'a que tr&#232;s peu de choses et le dessinateur de combat qui d'embl&#233;e, s'&#233;tait inscrit et impos&#233; dans la lign&#233;e de Daumier et d'Andr&#233; Gill.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce m'&#233;tait une joie de reprendre les dossiers que j'avais constitu&#233;s sur ces artistes, car &#231;'avait &#233;t&#233; vite une manie, cette constante mise &#224; jour de mes acquisitions dans les domaines litt&#233;raires et artistiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ma table, devant mes cahiers que j'emplissais de documents d&#233;coup&#233;s et coll&#233;s et de copies d'articles, j'entassais bient&#244;t une quantit&#233; de ces cahiers de 32 &#224; 120 pages sur les peintres, les as du dessin, et sur la po&#233;sie, le th&#233;&#226;tre, la chanson sociale, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y eut plusieurs mois de g&#226;ch&#233;s, ceux o&#249; m'&#233;tant emm&#234;l&#233; dans l'histoire Bonnot par mes &#171; relations &#187;, j'avais suivi le d&#233;roulement du drame en notant ce qui m'avait frapp&#233;, &#233;mu, &#233;c&#339;ur&#233; et meurtri, mon meilleur camarade d'alors ayant &#233;t&#233; tu&#233; par un de ceux qu'il avait h&#233;berg&#233;s parmi d'autres, au nom du Droit d'Asile. Entre le second semestre de 1912 et le d&#233;but de 1913, le contr&#244;le du jugement de l'affaire m'avait mang&#233; le temps que je d&#233;sirais consacrer &#224; mes lectures. Ce furent des heures perdues et p&#233;nibles, mais ceci est une autre histoire...&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1128 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende vignette' data-legende-len=&#034;31&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L200xH273/steinlengat-1a5c3-22610.jpg?1774701625' width='200' height='273' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;&lt;small&gt;Th&#233;ophile Alexandre Steinlen.&lt;/small&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;En reprenant mes &lt;i&gt;Assiette au Beurre&lt;/i&gt;, mes groupages Delannoy, Steinlen et autres, je parvins &#224; reprendre mes esprits et je me d&#233;gageai du marasme o&#249; j'&#233;tais plong&#233; &#224; l'insu de tous puisque j'&#233;tais un gosse seul. A qui me serais-je confi&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai peut-&#234;tre tort de rappeler ces choses ici ; elles peuvent para&#238;tre en dehors du sujet, mais si j'ai propos&#233; aux camarades du &lt;i&gt;Vent du Ch'min&lt;/i&gt; de faire la pr&#233;face &#224; leur ouvrage sur Delannoy, c'est parce que, lorsqu'ils me parl&#232;rent de leur projet, mon emballement de gosse s'imposa &#224; moi et parce qu'effectivement Delannoy avait &#233;t&#233; le premier point d'o&#249; j'&#233;tais parti dans ma recherche d'art.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mains sanglantes du bandit galonn&#233; d'Almade m'indiquaient la voie que je devais suivre. J'ai toujours eu ce dessin dans ma pens&#233;e ; il fut l'un de ceux qui me marqu&#232;rent le plus profond&#233;ment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Delannoy est mort &#224; 37 ans. Il &#233;tait costaud d'apparence, mais d'apparence seulement. Il avait eu une enfance maladive dont il tra&#238;nait les s&#233;quelles, nous dit Gaston Ra&#239;eter, son meilleur ami. Son p&#232;re &#233;tait mort &#224; moins de 30 ans ; le fils devait s'en aller de la m&#234;me maladie. Il avait &#233;t&#233; ajourn&#233; puis r&#233;form&#233; au corps, Mari&#233;, il avait eu deux gar&#231;ons morts tout deux jeunes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#234;vant d'&#234;tre peintre, il avait eu &#224; Lille comme ma&#238;tre un brave type Pharaon de Winter qui lui avait bien mis son m&#233;tier en mains. Il avait fait ensuite un rapide passage &#224; Paris, en 1891, chez Bonnat qu'il avait vite quitt&#233;, retournant au pays. Mais il fallait vivre. Il &#233;tait attir&#233; par la capitale et, profitant de l'Exposition Universelle de 1900, y &#233;tait revenu s'y fixer. Il pensa &#224; proposer des dessins dans les journaux. C'&#233;tait un pis-aller, il verrait plus tard pour la peinture, sa famille n'encourageant pas sa vocation.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1129 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L200xH255/51_qf4nwh7l__sx298_bo1_204_203_200_-9ded3-88f5a.jpg?1774701625' width='200' height='255' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Il s'acharna &#224; crayonner, allant d'un p&#233;riodique &#224; l'autre : &lt;i&gt;Le Frou-Frou, Le P&#234;le-M&#234;le, le Petit Illustr&#233; Amusant, le Rire, Le Sourire, Le Journal pour tous&lt;/i&gt;, etc. Accept&#233; assez vite comme collaborateur r&#233;gulier, il prit confiance en la carri&#232;re d'illustrateur qui semblait s'ouvrir largement. Il aborda les p&#233;riodiques politiques. En juillet 1901, deux dessins de lui passaient dans &lt;i&gt;l'Assiette au Beurre&lt;/i&gt;, dans les pages du suppl&#233;ment qui, dans la premi&#232;re ann&#233;e, publiait des jeunes et des inconnus. Ces deux croquis &#233;taient sur les &lt;i&gt;Gueules Noires&lt;/i&gt;, ce qui &#233;tait une curieuse carte de visite. D&#232;s 1902, il &#233;tait parmi les artistes qui compos&#232;rent l'un des plus importants num&#233;ros de la publication : &lt;i&gt;Les Falsificateurs du Lait&lt;/i&gt;. Delannoy, d&#232;s lors. fut de la maison. Sa signature se trouve dans plus de soixante fascicules et elle &#233;tait encore en novembre 1910 dans &lt;i&gt;le Pain Cher&lt;/i&gt; avec Ra&#239;eter et Camara et dans &lt;i&gt;Messes de Minuit et R&#233;veillons &lt;/i&gt; qu'il composa avec Grandjouan pour No&#235;l 1910. Ce sont ses derniers dessins, avec son &lt;i&gt;Christ chez les Prostitu&#233;es&lt;/i&gt;, paru dans le num&#233;ro hors-s&#233;rie sur No&#235;l des &lt;i&gt;Hommes du Jour&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'Assiette au Beurre&lt;/i&gt; conquit la premi&#232;re place dans le domaine de l'art satirique gr&#226;ce &#224; une douzaine d'artistes d'esprit r&#233;volutionnaire contents d'avoir la possibilit&#233; d'affirmer leurs convictions. Delannoy fut avec Grandjouan le plus actif de cette pl&#233;iade d'hommes d&#233;cid&#233;s, les Steinlen, Jossot, Naudin, Canera. Je renvoie le lecteur &#224; l'ouvrage publi&#233; r&#233;cemment par Michel et Elisabeth Dixmier chez Masp&#233;ro : &lt;i&gt;L'Assiette au Beurre, revue satirique illustr&#233;e &lt;/i&gt; (400 pages et 42 hors-texte).&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1130 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L200xH260/aristide_delannoy_-_cover_of_lplate_au_beurre_number_348_satirique_en_couleurs_-__meisterdrucke-1077699_copie-9a371-33685.jpg?1774701625' width='200' height='260' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Je me bornerai &#224; parler de Delannoy qui en fut un des principaux collaborateurs. De 1902 &#224; 1910, on compte plus de trois cents dessins de lui. Une douzaine de num&#233;ros sous sa seule signature : &lt;i&gt;Notre Darne de l'Usine&lt;/i&gt;, 1902 &#8212; &lt;i&gt;La Petite Ville&lt;/i&gt;, 1903 &#8212; &lt;i&gt;Asiles et Fous&lt;/i&gt;, 1904 &#8212; &lt;i&gt;La Traite des Gosses&lt;/i&gt; (texte de L. Frapi&#233;), &lt;i&gt;La F&#234;te &#224; Marianne, Faisons des Enfants, La Petite Roquette&lt;/i&gt; (texte d'Almereyda), 1907. Soulignons cette date de 1907. Elle apportait un peu de joie au foyer qui n'en avait gu&#232;re connu. C'&#233;tait l'an de la naissance de sa fille Madeleine. En 1908 paraissaient &lt;i&gt;Les Conseillers Municipaux, Les belles phrases de Clemenceau&lt;/i&gt;. En 1909, Les &lt;i&gt;Bonnes Paroles de Briand&lt;/i&gt; et en 1910 &lt;i&gt;Les M&#233;tiers des Cur&#233;s&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Delannoy &#233;tait en outre co-auteur avec Grandjouan et Flor&#232;s du num&#233;ro sur la catastrophe de &lt;i&gt;Courri&#232;res &lt;/i&gt; (1906), avec Grancljouan aussi pour &lt;i&gt;Messes de Minuit et R&#233;veillons&lt;/i&gt; (1910), avec Naudin et Grandjouan dans &lt;i&gt;Les M&#233;tiers qui tuent &lt;/i&gt; avec textes des fr&#232;res Bonneff (1907).&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1131 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L200xH259/aristide_delannoy_-_cover_of_lplate_au_beurre_number_363_satirique_en_couleurs_-__meisterdrucke-1077467_copie-b0a7e-64f25.jpg?1774701625' width='200' height='259' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Mentionnons quelques titres des num&#233;ros sp&#233;ciaux parmi la soixantaine o&#249; il donna 2, 4, 6 et 8 dessins. On se rendra compte de la largeur de son horizon politique. Depuis &lt;i&gt;Les Falsificateurs du Lait&lt;/i&gt; (1902), &lt;i&gt;Les Apaches du Pr&#233;fet &lt;/i&gt; (1903), &lt;i&gt;La Question d'Alsace-Lorraine&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Les PTT, Les &#201;corcheurs, Le Sauvetage de l'Enfance &lt;/i&gt; (1904), &lt;i&gt;Les Bourreaux des Noirs, La Mutualit&#233;&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Les &#201;teignoirs de la Pens&#233;e &lt;/i&gt; (1905), &lt;i&gt;Les Retraites ouvri&#232;res, Conseils de R&#233;vision, Les Inventaires, La Libert&#233;, Les Conseils de Guerre, Les Tournants de l'Histoire &lt;/i&gt; (1906), &lt;i&gt;La Peine de Mort, La Question Sociale, La R&#233;volte des Vignerons&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Europa, Civilisons le Maroc, Les Quinze Mille, Antimilitaristes, L&#233;opold en M&#233;nage&lt;/i&gt; (1907), &lt;i&gt;Les Grandes Entreprises, Les Mouchards, Terre &#224; Galons&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;La V&#233;rit&#233; sur la Crise de l'Amour, Falli&#232;res &#224; Londres, Rebelles, Les Slaves, Bruits de guerre, bruits de paix, La Libert&#233; d'Opinion&lt;/i&gt; (1908), &lt;i&gt;Les Camelots du Roy, Protecteurs et Prot&#233;g&#233;s, L'Affaire Bassot, Les Coulisses des Courses&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Boucherie &#171; Aux Armes de Castille &#187;&lt;/i&gt; (&#224; propos de l'affaire Ferrer) (1909), &lt;i&gt;La Congr&#233;gation des Liquidateurs, Le Pain cher&lt;/i&gt; (1910). En 1909. sous le pseudonyme de Pierre Sec, Delannoy, &#224; la Sant&#233;, collaborait aux num&#233;ros &lt;i&gt;L'Octroi &lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Le G&#226;chis&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Delannoy avait de l'&#233;toffe et nul mieux que lui sans doute ne pouvait entreprendre la bagarre qui s'offrirait hebdomadairement avec &lt;i&gt;Les Hommes du Jour &lt;/i&gt; qu'envisageaient de lancer Henri Fabre et Victor M&#233;ric. Il s'agissait d'un br&#251;lot violent de quatre pages donnant le portrait dessin&#233; et la biographie de l'homme qu'on pr&#233;sentait.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1132 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende titre' data-legende-len=&#034;22&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/victor_meric-1921-portrait_meurisse.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L200xH273/victor_meric-1921-portrait_meurisse-3d430-0e376.jpg?1774701625' width='200' height='273' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Victor M&#233;ric (1921).&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Flax (Victor M&#233;ric) avait, dans ses articles de &lt;i&gt;La Guerre Sociale&lt;/i&gt;, montr&#233; un aper&#231;u de ce qu'il donnerait ; Delannoy, dans&lt;i&gt; l'Assiette au Beurre, Les Temps Nouveaux, La Caricature, La Guerre Sociale, Le Cri de Paris,&lt;/i&gt; faisait &#233;galement le poids. La r&#233;ussite de cette publication pouvait &#234;tre douteuse, devant se cantonner &#224; des portraits. Il y avait eu Andr&#233; Gill, &lt;i&gt;La Lune, L'&#201;clipse. Le Charivari, Le Tintamarre, Le Panth&#233;on De Nadar&lt;/i&gt;. Et certains noms dominaient : ceux de Daumier avec &lt;i&gt;Robert Macaire&lt;/i&gt;, Henry Monnier et son&lt;i&gt; Joseph Prudhomme&lt;/i&gt;, Travi&#232;s avec &lt;i&gt;Mayeux&lt;/i&gt;. L'&#233;ventail s'ouvrait avec Gill dont les caricatures de Thiers sont rest&#233;es inoubliables et le d&#233;roulement aboutissait &#224; Toulouse-Lautrec. Vouloir les &#233;galer n'&#233;tait peut-&#234;tre pas dans la pens&#233;e de Delannoy qui &#233;tait sans pr&#233;tention. Il avait confiance en lui, il acceptait d'aller sur le ring. Ce serait, pensait-il, passionnant. En 1908, on avait souvenir des portraits par Valloton dans &lt;i&gt;La Revue Blanche, Le Cri de Paris, La Grande Revue&lt;/i&gt;, des couvertures du &lt;i&gt;Rire &lt;/i&gt; par Jean Veber, L&#233;andre, Gyp, des portraits de Barr&#232;re dans &lt;i&gt;Fantasio&lt;/i&gt;. Et l'on ne comptait plus les charges de Cappiello, de De Losques, Sem, dans les feuilles les plus distingu&#233;es. Il y avait les dessins de Rouveyre au &lt;i&gt;Mercure de France&lt;/i&gt;, les portraits d'artistes d'Ibels (ceux du th&#233;&#226;tre), les caricatures de Camara dans&lt;i&gt; Frou-Frou&lt;/i&gt;, les croquis de Cazals et d'Ernest La Jeunesse sur les litt&#233;rateurs et Henry Bataille venait de publier une s&#233;rie o&#249; l'on voyait Jules Renard, P. Louys, Mirbeau, Jean Lorrain. A &lt;i&gt;l'Humanit&#233;&lt;/i&gt;, Cabrol, H. P. Gassier &#224; qui l'on doit sans doute le meilleur portrait de Briand, celui o&#249; il nous le campe en Arlequin. Les portraits de Bruant, Rodolphe Salis, de Rictus par Steinlen sont &#224; citer &#233;galement. Aucun de ces artistes n'avait atteint les r&#233;alisations de Daumier, de Gill et de Lautrec, mais il n'y avait pas l&#224; une raison de ne pas accepter la partie, m&#234;me si elle &#233;tait difficile. Delannoy devait la gagner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le travail d'&#233;quipe &#224; deux est b&#233;n&#233;fique s'il y a entente parfaite. Ce fut le cas pour M&#233;ric et Delannoy, duettistes du portrait, Il y a peu d'exemples de collaborations de ce genre ayant dur&#233; trois ann&#233;es pleines. Elle cessa par le d&#233;c&#232;s de Delannoy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant 150 semaines, les deux hommes, quoique l'un et l'autre de caract&#232;re difficile, men&#232;rent en complet accord leur t&#226;che, se ruant litt&#233;ralement sur le patient qu'ils avaient choisi et animaient. C'&#233;tait en g&#233;n&#233;ral un &#171; ennemi &#187; : Clemenceau, Viviani, Briand, etc. Cela facilitait tes choses sans doute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; l'unit&#233; de l'ensemble. Quand Henri Fabre eut l'id&#233;e de cr&#233;er &lt;i&gt;Les Hommes du Jour&lt;/i&gt;. il envisageait la r&#233;ussite sur le plan de l'actualit&#233;. C'&#233;tait un organe de combat, une sorte de boutique de jeu de massacre, comme dans les baraques de f&#234;tes foraines, mais on veillerait &#224; n'y pas donner de coups pour rien. On partait avec un programme bien &#233;tudi&#233; et l'on &#233;tait d&#233;cid&#233; &#224; le suivre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Victor M&#233;ric a cont&#233; dans le num&#233;ro consacr&#233; &#224; Delannoy &#224; sa mort que l'artiste les avait quelque peu laiss&#233;s soucieux : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Quand nous e&#251;mes, Fabre et moi, soumis notre projet &#224; Delannoy, l'artiste approuva et promit son concours&lt;/q&gt; dit M&#233;ric. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Mais Delannoy &#233;tait un homme du Nord, peu enclin &#224; l'exub&#233;rance de l'enthousiasme. Il r&#233;fl&#233;chissait &lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1133 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/578635504_3_copie.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L200xH280/578635504_3_copie-dc40f-45631.jpg?1774701625' width='200' height='280' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Nous &#233;tions, &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;avoue M&#233;ric&lt;/span&gt;, assez inquiets. Il nous fallait, pour le premier num&#233;ro destin&#233; au &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Grand Flic&lt;/q&gt; Clemenceau, un dessin vigoureux, acerbe, mordant. J'avais fait le possible pour texte. Quand Delannoy, quelques jours apr&#232;s, revint avec son carton et exhiba la fameuse t&#234;te de mort, nous tr&#233;pign&#226;rnes de joie. Avec un dessin semblable, c'&#233;tait le succ&#232;s assur&#233;. Ce fut le triomphe. La gueule de Clemenceau tir&#233;e &#224; 25 000 s'enleva comme du petit pain&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Clemenceau furieux, se jura d'avoir l'artiste au premier tournant qui se pr&#233;senterait. Il devait &#234;tre parmi les plus attentifs des lecteurs &#224; suivre la publication dont il avait &#233;t&#233; la premi&#232;re victime. Dans les num&#233;ros 2 et 3 : &lt;i&gt;Herv&#233; &lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Jaur&#232;s&lt;/i&gt;, le dessinateur et le biographe se montraient d'un aimable abord. Ils se remettaient au franc jeu de massacre d&#232;s le n&#176;4. C'&#233;tait &lt;i&gt;&#201;douard Drumont &lt;/i&gt; ; il &#233;tait de bonne prise. Les biographies de &lt;i&gt;G. Herv&#233;&lt;/i&gt; et de &lt;i&gt;Jaur&#232;s &lt;/i&gt; laiss&#232;rent indiff&#233;rent le &#171; Grand Flic &#187;. Il comprenait le &#171; jeu &#187; du trio : il l'avait jou&#233; avant eux, quand il &#233;tait de gauche... Apr&#232;s &lt;i&gt;Jaur&#232;s&lt;/i&gt;, la gueule de &lt;i&gt;Drumont&lt;/i&gt;, le bouffeur de Juifs au sourire roublard, puis celle du G&#233;n&#233;ral &lt;i&gt;Picquart&lt;/i&gt;, autre roublard, sans sourire celui-l&#224;. Ex-Dreyfusard comme son ami Georges qui l'avait appel&#233; &#224; son c&#244;t&#233;, au minist&#232;re, ce Picquart qu'on avait vant&#233; comme un h&#233;ros s'appliquait &#224; d&#233;montrer qu'on s'&#233;tait tromp&#233; sur son courage. Ensuite, c'&#233;tait &lt;i&gt;Fali&#232;res&lt;/i&gt;. Pr&#233;sident de la R&#233;publique, un poussah poussif ventru comme le b&#339;uf gras des chars de f&#234;te. Puis &lt;i&gt;Rochefort&lt;/i&gt;, encore un homme qui avait bern&#233; le populo et &lt;i&gt;D&#233;roul&#232;de&lt;/i&gt;, le bon patriote. Il ne voulait tromper personne, lui, aimable et portant beau ; il n'&#233;tait pas avare de ses saluts, il se d&#233;couvrait devant les drapeaux des lavoirs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s lui, &lt;i&gt;M. Combes&lt;/i&gt;, puis &lt;i&gt;Rochette&lt;/i&gt;., le fameux Rochette. Qui &#233;tait-il ? Le finassier ou le financier Rochette ? On n'en sait gu&#232;re plus aujourd'hui sur lui qu'on en savait il y a trois quarts de si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1124 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende descriptif' data-legende-len=&#034;86&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L200xH263/365px-hommes_amade-4bdb1-72b92.jpg?1774701625' width='200' height='263' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Carricature du G&#233;n&#233;ral d'Amade par Aristide Delannoy pour &lt;i&gt;Les Hommes du jour&lt;/i&gt; (1908).&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;M. Clemenceau haussait les &#233;paules mais restait aux aguets. Il a toujours su attendre. H&#233; h&#233; ! le prochain num&#233;ro sera le bon... Ce num&#233;ro annonce la biographie du &lt;i&gt;G&#233;n&#233;ral d'Amade&lt;/i&gt;. Il jubile : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;On va rire. Ce sera &#224; nous de jouer..&lt;/q&gt;. Et l'imparfaitement nomm&#233; Clemenceau (il n'est ni cl&#233;ment ni sot) grimace, tout &#224; sa haine. Quatre mois se sont &#233;coul&#233;s depuis qu'il a re&#231;u son camouflet de bonne ann&#233;e. Voil&#224; l'heure de la monnaie &#224; rendre. Le num&#233;ro a paru. Magnifique, plus beau encore que celui qui lui &#233;tait consacr&#233;. Le G&#233;n&#233;ral &#171; pacificateur du Maroc &#187; est repr&#233;sent&#233; en boucher sanglant et le sang d&#233;gouline de lui, d'un beau rouge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ah ! fait Clemenceau, on attaque l'arm&#233;e ! Les apaches de l'arm&#233;e... !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les sieurs Delannoy et M&#233;ric furent appel&#233;s pour r&#233;pondre devant la justice du crime de l&#232;se-Patrie. Ils eurent chacun un an de prison et 3 000 F d'amende.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Clemenceau avait pens&#233; et esp&#233;r&#233; que leur incarc&#233;ration g&#234;nerait les deux prisonniers dans la marche de leur travail, mais l'un et l'autre avaient pris la pr&#233;caution de pr&#233;parer des articles et des dessins pour parer aux accidents possibles et il n'y eut pas de surprise au cours de la publication.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre, Delannoy tomba malade au point que ses camarades de ge&#244;le d&#233;march&#232;rent aupr&#232;s du directeur de la prison, M&#233;ric et un prisonnier d'Action Fran&#231;aise lui expos&#232;rent le s&#233;rieux du cas, si bien que Delannoy fut lib&#233;r&#233; aussit&#244;t. Le malade n'en devait pas moins d&#233;c&#233;der de son mal qu'avait aggrav&#233; le s&#233;jour de quatre mois qu'il fit &#224; la Sant&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1134 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/aristide_delannoy_-_the_butter_plate_satirical_in_colours_-__meisterdrucke-1078898_.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH329/aristide_delannoy_-_the_butter_plate_satirical_in_colours_-__meisterdrucke-1078898_-33c0b.jpg?1774836496' width='500' height='329' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Tant qu'il put, Delannoy garda ses collaborations. En octobre 1910, la Justice se rappelait de nouveau &#224; lui pour un dessin paru dans le &lt;i&gt;Pioupiou de l'Yonne&lt;/i&gt;. Ce journal publiait tous les ans un num&#233;ro unique. C'&#233;tait une feuille antimilitariste qui &#233;tait destin&#233;e aux recrues lors du d&#233;part de la classe. C'&#233;tait rituel depuis plusieurs ann&#233;es. Ce dessin le fit inculper pour &#171; injures &#224; 'arm&#233;e &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Ce que pensent les m&#232;res&lt;/q&gt; disait le dessin qui avait une l&#233;gende plus tolsto&#239;enne que provocatrice. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Mon petit, &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;disait la m&#232;re&lt;/span&gt;, vaut mieux nous revenir assassin&#233; par les morticoles galonn&#233;s qu'assassin de ses fr&#232;res dans une gr&#232;ve&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On avait l'&#339;il sur l'anarchiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il &#233;tait tr&#232;s malade et allait sur sa fin. En d&#233;cembre, il entrait a l'h&#244;pital, &#224; Saint-Rapha&#235;l. Le 9 avril, il en repartait pour Paris, dans un &#233;tat qui &#233;tait si grave que le m&#233;decin appr&#233;hendait une issue fatale en cours de route. Il put rentrer chez lui, avenue du Maine, mais le 5 mai, il mourrait.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1137 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/png/18-figure10-1.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L200xH267/18-figure10-1-a625e-93cf5.png?1774701625' width='200' height='267' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Sans contester l'importance de la collaboration de Delannoy &#224; &lt;i&gt;l'Assiette au Beurre&lt;/i&gt;, on est amen&#233;, si on la confronte avec celle des &lt;i&gt;Hommes du Jour&lt;/i&gt;, &#224; se demander si ce n'est point dans cet hebdomadaire que l'artiste s'est manifest&#233; le plus personnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'ici, on n'a pas envisag&#233; le cas Delannoy sous cet angle, et cet angle est sans doute celui qui conviendrait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il donnerait &#224; l'artiste sa place, une place de premier plan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voyons cela ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Delannoy donna aux &lt;i&gt;Hommes du Jour&lt;/i&gt; environ deux cents grands dessins, les portraits compris et une bonne trentaine de croquis et croquetons &#233;gayant les textes (comme en-t&#234;te ou cul de lampe) dont aucun n'&#233;tait b&#226;cl&#233; (sc&#232;nes de rue, de cirque, notations paysannes, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les pages ins&#233;r&#233;es dans les num&#233;ros du 16 octobre 1909 au 28 f&#233;vrier 1910, bon nombre d'entre elles peuvent compter parmi les meilleures de son crayon : je n'en note que quelques-unes : &lt;i&gt;Qui sera le p&#232;re ?&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Nos Magistrats&lt;/i&gt;,&lt;i&gt; A Ivry...&lt;/i&gt;... &lt;i&gt;Coucou...&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Civilisation, syphilisation&lt;/i&gt;, etc.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1136 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende titre' data-legende-len=&#034;38&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/meric.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L200xH221/meric-113bd-1ad6d.jpg?1774701625' width='200' height='221' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;&lt;small&gt;Victor M&#233;ric (Flax) par A. Delannoy.&lt;/small&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Il y a aussi la s&#233;rie &lt;i&gt;Une Saison &#224; la Sant&#233;&lt;/i&gt;, publi&#233;e du 14 janvier 1911 au 11 mars, plus de trente portraits des h&#244;tes de la prison quand l'artiste y &#233;tait h&#233;berg&#233;. A c&#244;t&#233; des caricatures d'Herv&#233;, de Victor M&#233;ric, d'Ernest Reynaud, le g&#233;rant des &lt;i&gt;Hommes du Jour&lt;/i&gt;, d'Eug&#232;ne Merle, d'Almereyda, Delannoy campait les coll&#232;gues d'extr&#234;me-droite qui partageaient l'h&#244;tellerie avec eux, mais l&#224; aussi pour raisons politiques : Maurice Pujo, Marius Plateau, Real Del Sarte, Andr&#233; Gaucher, etc. Quelques t&#234;tes de gardiens, celle du coiffeur et de M. le Directeur, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mentionnons aussi les huit couvertures qui ne sont pas des portraits&lt;i&gt; L'Avarie et le 606&lt;/i&gt;,&lt;i&gt; Les Sabotages, Les Liquidateurs, Mouches et Mouchards, Les Mastroquets, La Bande Rothschild, Les Ventres dor&#233;s, Le citoyen Chonoc&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ce sont les cent cinquante portraits qui vous requi&#232;rent et retiennent. Il convient de nous arr&#234;ter sur cette collection unique de dessins-charges, paraissant en une suite ininterrompue durant cent cinquante semaines et que seule la mort arr&#234;ta.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes oblig&#233;s de convenir que nous nous trouvons devant une &#339;uvre admirable. Ces cent cinquante couvertures des &lt;i&gt;Hommes du Jour&lt;/i&gt; du d&#233;but de 1908 &#224; la fin de 1910, constituent en quelque sorte &lt;i&gt;Panth&#233;on de la Belle &#201;poque&lt;/i&gt;, celle du septennat de M. Falli&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autour de la t&#234;te de mort de Clemenceau qui ouvrait cette boutique, Delannoy r&#233;novait une vieille id&#233;e du dessinateur Nadar avant qu'il ne se fix&#226;t photographe et qu'il avait baptis&#233;e &lt;i&gt;le Panth&#233;on Nadar&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1138 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/aristide_delannoy_-_cover_of_les_hommes_du_jour_satirique_en_n_b_-__meisterdrucke-1079129_.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L200xH256/aristide_delannoy_-_cover_of_les_hommes_du_jour_satirique_en_n_b_-__meisterdrucke-1079129_-e9c86-e6d49.jpg?1774701625' width='200' height='256' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;L&#224;, dans ce nouveau Panth&#233;on, vont d&#233;filer les vedettes de toutes sortes que fournissait l'actualit&#233; qui &#233;tait extr&#234;mement riche... l'actualit&#233; politique, litt&#233;raire, artistique, judiciaire, religieuse, scientifique, etc. toutes les activit&#233;s ! On verra aussi bien &lt;i&gt;L'aviateur Bl&#233;riot&lt;/i&gt; que le &lt;i&gt;chirurgien Doyen&lt;/i&gt; et l'autre chirurgien l&#233;gal &lt;i&gt;M. Deibler&lt;/i&gt;. L'&#233;tranger y d&#233;l&#233;guera ses plus remarquables repr&#233;sentants &lt;i&gt;M. Roosevelt, L&#233;opold II, Nicolas II, Alphonse XIII&lt;/i&gt;, m&#234;me&lt;i&gt; Le Pape&lt;/i&gt;. La politique domine, on s'en doute. Il y a les arrivistes et les arriv&#233;s. C'est &#224; la fois le &#171; pour tous les go&#251;ts &#187; et le &#171; tout &#224; l'&#233;gout &#187;. C'est un riche &#233;ventaire. Voici &lt;i&gt;Briand, Viviani, Lafargue, G&#233;rault-Richard, Barthou, Laffere, Rochefort, le G&#233;n&#233;ral Picquart, Pelletan, Combes, le s&#233;nateur B&#233;renger, Pichon, Lockroy, Z&#233;va&#232;s, &#201;douard Drumont, Jules Guesde, Marc Sangnier, Naquet, Ribot, Pressens&#233;, Georges Leygues, Labori, M&#233;line, Augagneur, Paul D&#233;roul&#232;de, Deschanel, Coutant d'Ivry, P. Bi&#233;try&lt;/i&gt; l'homme des &#171; jaunes &#187;, &lt;i&gt;Millerand, Cambon, Cochery, d'Amade. Ch. Benoist, l'Abb&#233; Lemire, Dujardin-Baumetz&lt;/i&gt;, etc., etc. Et les &#233;crivains, les meilleurs et les pires : &lt;i&gt;Tolsto&#239;, Gorky, Maeterlinck, Descaves, H. de R&#233;gnier, Rictus, Urbain Gohier, Brieux, S&#233;verine, Bloy, Porto-Riche, Verhaeren, Mirbeau, H. Bataille, Jules Renard, Courteline, Donnay, Claretie Barr&#233;s, Bourget, Rostand.&lt;/i&gt; Et les artistes : &lt;i&gt;Guitry&lt;/i&gt;, le sculpteur &lt;i&gt;Rodin, Antoine, Sarah Bernhardt, G&#233;mier, Saint-Sa&#235;ns, Forain&lt;/i&gt;, etc.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1139 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L200xH275/jean-grave-hommes-du-jour-290x400-74cef-2fcb6.jpg?1774701625' width='200' height='275' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Il y a dans cette galerie une vingtaine de privil&#233;gi&#233;s : militants syndicalistes et anarchistes amis des deux montreurs de ph&#233;nom&#232;nes. Le peintre &lt;i&gt;Luce, G. Yvetot, Jaur&#232;s, Cipriani, Ferrer, Kropotkine, Pataud, Griffuelhes, Pouget, Malato, Jean Grave, Allemane, Edouard Vaillant, Charles Albert, S&#233;bastien Faure, Paul Robin&lt;/i&gt;. Ajoutons le &lt;i&gt;Pelloutier &lt;/i&gt; des &lt;i&gt;Portraits d'hier.&lt;/i&gt; Ceux l&#224; sont dessin&#233;s, non caricatur&#233;s. Les portraits sont bons. Certains sont des r&#233;ussites absolues, inattendues, comme le &lt;i&gt;Jaur&#232;s&lt;/i&gt;, le &lt;i&gt;Cipriani&lt;/i&gt;, le &lt;i&gt;Griffuelhes&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Allemane&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Grave &lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Vaillant&lt;/i&gt;. Certes dans cet ordre de dessin satirique, il n'est pas demand&#233; &#224; l'artiste d'&#234;tre bon pour les sujets qu'il a &#224; nous pr&#233;senter. Au contraire, plus il sera m&#233;chant, rosse et f&#233;roce, plus il satisfera le client, car contrairement &#224; ce que croyait et tenta de nous faire admettre J.J. Rousseau, l'homme n'est pas n&#233; bon et rien ne fait supposer qu'il puisse &#234;tre apte &#224; le devenir...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc si Delannoy a eu le succ&#232;s qu'on est oblig&#233; de lui reconna&#238;tre, c'est parce que son crayon avait des envol&#233;es critiques s&#233;v&#232;res et cruelles parfois. On pourrait appeler critiques certaines de ses charges, une belle quantit&#233; de ses charges devrait-on dire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Souvent, l'esp&#232;ce de rosserie qu'il d&#233;ploie saute aux yeux au premier regard. C'est le cas pour les dessins suivants &#8212; je n'en cite que quelques-uns : &lt;i&gt;Drumont, Barr&#233;s, Pichon, Claretio, Arthur Meyer, Pierre Merlou, Labori, Leygues, Combes, L&#233;pine, Millerand, Viviani, Briand, Ribot, Simyan, Barthou. Doumer, Bi&#233;try...&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres se lisent moins vite : J. Reinach, Augagneur, Bunau-Varilia, Dujardin-Baumetz... Contrairement &#224; la plupart des collections similaires, il n'y a pas de d&#233;chet dans ce vaste ensemble. Cela tient du tour de force, car Delannoy est sans doute le seul avec Andr&#233; Gill &#224; avoir r&#233;alis&#233; cette performance de toujours r&#233;ussir le portrait vivant. Certes, il y a de tr&#232;s bonnes caricatures sign&#233;es Cham, Uz&#232;s, Moloch, Le Petit, Nadar... C'est une vraie joie que feuilleter les amusants croquis de Sem, de De Losques, de Cappiello. Ils avaient le sens du d&#233;tail, ils savaient deviner ce que voulait cacher le d&#233;faut de la cuirasse, mais, comme Forain, ils se montraient pus m&#233;chants qu'ils n'&#233;taient. Leur dessin satirique &#233;tait du jeu d'escrime et non du combat et l'acceptation de faire du portrait d'actualit&#233; soumettait l'artiste &#224; suivre cette actualit&#233; et non &#224; l'&#233;tudier en la regardant en face. C'est ce qui explique le choix presque automatique que les dessinateurs ont fait des &#233;v&#233;nements de la vie. C'est de l'art mondain. Quand le crayonneur rompt des lances, c'est &#224; la remorque d'une toquade politique et les campagnes se d&#233;samor&#231;aient avec la m&#234;me facilit&#233; qu'on se jetait dans l'ar&#232;ne. L'affaire Dreyfus fit illusion un certain temps. Il n'en reste que l'esp&#232;ce de dialogue entre le &lt;i&gt;Psst...&lt;/i&gt; ! de Forain et Caran d'Ache et leur adversaire H.-G. lbels et le &lt;i&gt;Sifflet&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1140 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende titre' data-legende-len=&#034;29&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L200xH313/aze_carqb4907_001-847a0-511dd.jpg?1774701625' width='200' height='313' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;&lt;small&gt;Madame Anastasie, par Gill.&lt;/small&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Vingt p&#233;riodiques se succ&#233;d&#232;rent dans le combat politique, mais il n'y a qu'avec &lt;i&gt;les&lt;/i&gt;&lt;i&gt; Hommes du Jour &lt;/i&gt; que la formule d'Andr&#233; Gill fut reprise. Elle r&#233;ussit et elle tint si bien que Fabre, au bout de huit mois, augmentait le nombre des pages : une esp&#232;ce de suppl&#233;ment litt&#233;raire cherchait &#224; s'imposer, profitant de la bonne marche du brulot initial. Succ&#232;s l&#224; encore et &lt;i&gt;les Hommes du Jour&lt;/i&gt; devenait une vraie revue, tout en gardant la m&#234;me pr&#233;sentation. M&#233;ric y gagnait quelquefois d'avoir une page en plus. Cela restait la revue de Delannoy. C'&#233;tait le dessinateur qu'on suivait, comme autrefois on achetait &lt;i&gt;La Lune&lt;/i&gt; et&lt;i&gt; L'&#201;clipse&lt;/i&gt; pour Andr&#233; Gill.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dessin satirique pourtant n'&#233;tait qu'un pis-aller pour Delannoy qui avait r&#234;v&#233; &#234;tre peintre. On a quelques toiles et aquarelles de lui. Il en a dit souvent son regret, mais la vie &#233;tait l&#224;, imp&#233;rieuse. Il la fallait gagner au jour le jour. Quelques paysages t&#233;moignent d'une ferveur qui e&#251;t voulu se d&#233;penser. Plusieurs lithos des &lt;i&gt;Temps Nouveaux &lt;/i&gt; et certaine double page de &lt;i&gt;La Petite Ville&lt;/i&gt;. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Le chemin de Halage&lt;/q&gt; dans&lt;i&gt; l'Assiette au Beurre&lt;/i&gt; eurent &#233;t&#233; des absolus chefs-d'&#339;uvre peints &#224; l'huile. Comme peintre, il se fut situ&#233; aux c&#244;t&#233;s de Pissaro et de Maximilien Luce, ce Luce si affectueusement camp&#233; dans &lt;i&gt;les Hommes du Jour&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1141 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left titre'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/aristide_delannoy_-_cover_of_les_hommes_du_jour_satirique_en_n_b_-__meisterdrucke-1077362_.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L200xH270/aristide_delannoy_-_cover_of_les_hommes_du_jour_satirique_en_n_b_-__meisterdrucke-1077362_-38aa4-11978.jpg?1774701625' width='200' height='270' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Henri Guilbeaux qui &#233;tait un des intimes de Delannoy, rappelait les derni&#232;res visites qu'il lui fit et &#233;voquait les projets qu'il continuait de nourrir. Il lui parlait de ce qu'il envisageait de faire. Il voulait illustrer les deux &#339;uvres les plus belles du po&#232;te belge Verhaeren : &lt;i&gt;Les Campagnes Hallucin&#233;es&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Les Villes Tentaculaires.&lt;/i&gt; C'&#233;tait alors qu'on l'emmenait dans le Var. De retour, peu apr&#232;s, toujours alit&#233;, il parlait de travaux &#224; entreprendre quand il irait mieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dix jours avant de mourir, il &#233;tait encore dans ses projets :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Il regardait sa puissante affiche inachev&#233;e pour la &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;Guerre Sociale&lt;/span&gt; et, avec la confiance d'un enfant, il disait &#224; Guilbeaux dans quelques jours, je serai &#224; B&#233;thune et apr&#232;s quelques mois je la finirai. Il ponctuait cette phrase d'ironie, mais il croyait bien qu'il se rel&#232;verait. Et nous quittait le 5 mai 1911&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Il s'&#233;teignit, &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;&#233;crit Gaston Ra&#239;eter&lt;/span&gt;, &#224; fa tomb&#233;e de la nuit, comme pour profiter encore d'une journ&#233;e de clart&#233;. Sa ch&#232;re femme, seule &#224; son chevet, lui ferma les yeux... car on avait &#233;loign&#233; sa petite Madeleine&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je laisse la plume &#224; Ra&#239;eter et recopie quelques lignes de l'&#233;tude que je lui avais demand&#233;e en 1946 pour ma revue &lt;i&gt;Maintenant&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;La mort de Delannoy eut un &#233;cho douloureux. Une foule d'amis, de militants et d'inconnus se retrouv&#232;rent constern&#233;s, comme d'une catastrophe impr&#233;vue. &lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Les humoristes Hansi et Zislin qui avaient &#233;t&#233; emprisonn&#233;s en Alsace, les artistes ind&#233;pendants, vinrent fleurir son cercueil, apporter leurs condol&#233;ances.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;(...) Il fut inhum&#233; &#224; B&#233;thune, sa ville natale. Suivant une tradition vieille de plusieurs si&#232;cles. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;La Confr&#233;rie des Charitables&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La Confr&#233;rie des Charitables existe encore. Elle date de la peste de 1188 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; le porta jusqu'au cimeti&#232;re. l&#224;-bas, en bordure du canai o&#249; il se promenait dans sa jeunesse en qu&#234;te de croquis&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ra&#239;eter rappelait que &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;si Delannoy &#233;tait devenu le grand caricaturiste que l'on sait, ce fut un peu par hasard. S'il le resta, &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;pr&#233;cisait-il et la remarque est importante&lt;/span&gt;, ce fut par la n&#233;cessit&#233; d'apporter aux siens la nourriture quotidienne.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Mais ce qu'il pr&#233;f&#233;rait, ce qu'il aimait plus que tout, c'&#233;tait peindre. Nul doute qu'il y eut acquis un joli talent, le peu de toiles que l'on connaisse en sont la preuve &#233;clatante. H&#233;las, sa production picturale est rare, il exposa peu et seulement au Salon des Ind&#233;pendants o&#249; le port&#232;rent ses sympathies. On y remarqua &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Portrait d'Enfant&lt;/q&gt; (1903), &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Pierre Maquaire Mineur&lt;/q&gt; (1904), &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;L'Homme au Foulard bleu&lt;/q&gt; (1904), des vues d'&#201;tampes (l'&#233;glise) et des paysages des Flandres, de Bruges, de Boulogne...&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Ce sont des &#339;uvres d'une large facture, lumineuses, aux bleus personnels, rudes parfois, dans un d&#233;tail de composition, aux roses nacr&#233;s, d&#233;licats. C'est aussi une tache chrom&#233;e jetant son &#233;clat de soleil dans un paysage embrum&#233; des campagnes du Nord, c'est encore la vaporeuse atmosph&#232;re des canaux flamands. Elles sont la possession de quelques collectionneurs qui ont su et distinguer la beaut&#233; et sa valeur. Mais comme on voudrait, en souvenir de ce camarade si sensible et ayant tant souffert, les retrouver un jour, ces toiles face &#224; quelques-uns de ses admirables dessins.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Gaston Ra&#239;eter, dans Maintenant n&#176;3, juillet 1946.&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un peu ce qu'ont tent&#233; ici les camarades du &lt;i&gt;Vent du Ch'min&lt;/i&gt; avec la pr&#233;sente initiative.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://anarlivres.free.fr/pages/documents/Itineraire_Poulaille2.pdf" class="spip_out"&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e - n&#176; 12 - 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; semestre 1994 - Henry Poulaille [PDF]&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;J'ai tent&#233; plusieurs fois d'attirer l'attention sur cet artiste et ses dessins de &lt;i&gt;la Calotte&lt;/i&gt;, revue anticl&#233;ricale tr&#232;s vivante en 1912-1913, qui n'a rien de commun avec &lt;i&gt;la Calotte&lt;/i&gt; que sortit une vingtaine d'ann&#233;es apr&#232;s l'ex-ill&#233;galiste Lorulot. &lt;br class='autobr' /&gt;
A. F. Mac Delmarle donna pendant la guerre-de 14-18 quelques dessins dans &lt;i&gt;le Rire Rouge&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;la Ba&#239;onnette&lt;/i&gt;, quelques-uns des rares dessins valables de ces ann&#233;es. Il donna aussi un num&#233;ro sp&#233;cial de la revue de Paul Reboux : &lt;i&gt;la Charrette&lt;/i&gt;, sur les profiteurs de la reconstruction dans le Nord. Depuis, Delmarle, ami de Kupka, suivit ce peintre dans l'abstrait. Il y avait sans doute des possibilit&#233;s que ne donnait pas le dessin de combat et il ne fit rien pour rappeler les &#339;uvres r&#233;volutionnaires de ses d&#233;buts. Je signale quand m&#234;me l'existence du collaborateur de &lt;i&gt;la Calotte&lt;/i&gt; d'avant 1914. Ses dessins de couverture &#233;taient splendides et, quoique gosse, je savais appr&#233;cier ce que je voyais.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;La Confr&#233;rie des Charitables existe encore. Elle date de la peste de 1188 (Note de H.P.)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Gaston Ra&#239;eter, dans &lt;i&gt;Maintenant &lt;/i&gt; n&#176;3, juillet 1946.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Un de ceux qui firent la CGT : Paul Delesalle </title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean Maitron</dc:creator>


		<dc:subject>CGT</dc:subject>
		<dc:subject>Paul Delesalle</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;mile Pouget</dc:subject>
		<dc:subject>Fernand Pelloutier</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Paul Delesalle n'est plus. Le mardi 13 avril nous f&#251;mes une trentaine &#8212; quelques compagnons des luttes d'antan et quelques amis &#8212; &#224; l'accompagner au P&#232;re-Lachaise et l'on ne peut que regretter l'absence d'une d&#233;l&#233;gation ouvri&#232;re &#224; une telle c&#233;r&#233;monie. Certes Chambelland avait &#233;t&#233; charg&#233; d'apporter les excuses de L&#233;on Jouhaux emp&#234;ch&#233;, mais on e&#251;t aim&#233;, et Paul Delesalle e&#251;t aim&#233;, que d'authentiques prol&#233;taires, d&#233;laissant l'usine ou l'atelier, soient venus dire adieu &#224; l'a&#238;n&#233; qui durant toute (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-source-fragments-d-histoire-de-la-gauche-radicale-+" rel="tag"&gt;Archives Autonomies&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/arton1007-957b1.jpg?1774700089' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;font-size:1.2em&#034;&gt;Paul Delesalle n'est plus. Le mardi 13 avril nous f&#251;mes une trentaine &#8212; quelques compagnons des luttes d'antan et quelques amis &#8212; &#224; l'accompagner au P&#232;re-Lachaise et l'on ne peut que regretter l'absence d'une d&#233;l&#233;gation ouvri&#232;re &#224; une telle c&#233;r&#233;monie. Certes Chambelland avait &#233;t&#233; charg&#233; d'apporter les excuses de L&#233;on Jouhaux emp&#234;ch&#233;, mais on e&#251;t aim&#233;, et Paul Delesalle e&#251;t aim&#233;, que d'authentiques prol&#233;taires, d&#233;laissant l'usine ou l'atelier, soient venus dire adieu &#224; l'a&#238;n&#233; qui durant toute une vie s'&#233;tait, sans compter, d&#233;vou&#233; &#224; la cause de l'&#233;mancipation ouvri&#232;re. Il e&#251;t aim&#233; non des obs&#232;ques solennelles et guind&#233;es, mais un adieu fraternel et viril o&#249;, entre combattants d'une m&#234;me cause, on e&#251;t &#233;voqu&#233; le pass&#233;... et pr&#233;par&#233; l'avenir. Cela n'a pas &#233;t&#233;. Du moins Maurice Dommanget sut-il retracer en termes &#233;mus les grandes &#233;tapes de la vie du probe militant que fut Paul Delesalle&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Un autre discours fut prononc&#233; par M. Poursin, pr&#233;sident du Syndicat de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Chambelland, qui l'a vu une derni&#232;re fois alors que la mort avait enfin mis un terme &#224; ses souffrances, nous disait les attentions touchantes de son admirable compagne qui avait tenu &#224; &#233;pingler sur la poitrine du militant son vieil insigne de la CGT. Par del&#224; la mort, Paul Delesalle restait ainsi fid&#232;le &#224; lui-m&#234;me, fid&#232;le aux premiers enthousiasmes de sa jeunesse, fid&#232;le &#224; sa classe, et c'est en t&#233;moignage de profonde admiration que j'essaierai ici, pour ceux qui n'ont pas connu les temps h&#233;ro&#239;ques du syndicalisme, de retracer &#224; grands traits cette vie, qui restera un exemple. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_974 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;17&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH211/sans_titre-3-3-f5b7d.png?1774693718' width='150' height='211' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Paul Delesalle.&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Paul Delasalle naquit le 29 juillet 1870 &#224; Issy-les-Moulineaux. Son p&#232;re et sa m&#232;re connurent comme tant d'autres la dure condition ouvri&#232;re, &#224; un moment o&#249; nulle loi sociale ne garantissait le salari&#233; contre un patronat de combat aux dents longues. Le p&#232;re ouvrier ajusteur et fraiseur, n'avait pas une &#226;me de r&#233;volt&#233;. Il limitait son ambition &#224; &#233;conomiser chichement et n'aurait pas sacrifi&#233; quelques sous &#224; l'achat d'une brochure. La m&#232;re, couturi&#232;re, dut tr&#232;s vite abandonner son m&#233;tier pour &#233;lever la &#171; nich&#233;e &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Paul fut l'a&#238;n&#233; de quatre enfants : deux gar&#231;ons et deux filles. L'une de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; et se consacrer aux t&#226;ches ingrates du foyer. Aussi la vie &#224; la maison s'&#233;coula-t-elle grise et morne et les joies tant pr&#244;n&#233;es de la famille ne laiss&#232;rent-elles aucune trace dans la m&#233;moire de Paul qui notera seulement, lorsqu'il aura l'occasion de parler de ces ann&#233;es : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Je n'ai pas toujours mang&#233; &#224; ma faim &#233;tant tout enfant &lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A contre-courant, Mars 1936. &#171; En trimardant &#187; par P. Delesalle.&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Ann&#233;es de mis&#232;re dans un foyer uni o&#249; le manque d'argent apporte chaque jour ses soucis renouvel&#233;s. Une seule date a marqu&#233; : 1883, l'ann&#233;e o&#249; Paul est re&#231;u &#224; son certificat d'&#233;tudes. Mais le grand liseur qu'il sera doit abandonner aussit&#244;t l'&#233;cole et c'est l'apprentissage aux c&#244;t&#233;s du p&#232;re &#224; la maison Foucher, boulevard Jourdan. Trois ans et demi durant, le jeune gar&#231;on se familiarise avec les machines qui, apr&#232;s avoir r&#233;duit le salari&#233; &#224; la condition d'esclave, finiront bien un jour par concourir &#224; son affranchissement. Ann&#233;es p&#233;nibles encore o&#249; l'enfant ne gagne rien qu'une gratification en fin de mois. Mais tr&#232;s vite Paul comprend que l'ouvrier doit conqu&#233;rir ce que la bourgeoisie r&#233;serve jalousement pour ses fils : la culture. Il lit, il &#233;tudie. Apr&#232;s les longues journ&#233;es de 10 et 12 heures, il va suivre les cours que la Ville de Paris organise pour les jeunes apprentis et une m&#233;daille de dessin industriel qui lui fut d&#233;cern&#233;e en 1888 atteste l'ardeur qu'il mit &#224; apprendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son apprentissage termin&#233;, il reste dans la m&#234;me maison encore deux ans &#8212; jusqu'au 18 juillet 1890. Ouvrier qualifi&#233;, il change, apr&#232;s cette date, fr&#233;quemment de patron afin de se familiariser avec d'autres techniques. Successivement il travaille &#224; l'Imprimerie Chaix, rue Berg&#232;re ; chez Rayasse, ing&#233;nieur, rue de Crim&#233;e ; chez Deschiens, sp&#233;cialis&#233; dans la t&#233;l&#233;graphie et l'horlogerie &#233;lectrique, boulevard St-Michel ; chez Br&#233;guet, rue Didot ; puis un beau jour &#8212; apr&#232;s quelques semaines de ch&#244;mage &#8212; le voil&#224; parti &#171; sur le trimard &#187;. Paris ne suffit plus au jeune homme avide d'&#233;largir ses horizons. Il fait son baluchon et, plus riche d'id&#233;al que d'&#233;cus, il s'en va au soleil des grandes routes. La France m&#234;me est trop petite et il pousse jusqu'&#224; Bruxelles. C'est l&#224; qu'il fait la connaissance de L&#233;ona qui sera sa d&#233;vou&#233;e compagne. Il revient &#224; Paris puis, au printemps de 1893, il se lance dans un nouveau voyage. Cette fois, c'est le Sud qui l'attire et sp&#233;cialement l'Espagne avec sa Catalogne, terre &#233;lue de l'anarchisme. Il s&#233;journe &#224; Barcelone puis revient &#224; Cette avec Villeval, un compagnon de trimard, et, de l&#224;, entreprend une sorte de tour de France, travaillant ici, s'arr&#234;tant l&#224;, au hasard des rencontres ou de la fantaisie. Montpellier, N&#238;mes, Avignon, Valence, Lyon, Dijon seront les principales &#233;tapes de ce p&#233;riple qui le ram&#232;nera &#224; Paris fin 1893.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis longtemps, Paul est devenu un homme. A un moment o&#249; les fils de bourgeois pensent aux &#233;tudes, au jeu, aux amours de vingt ans, le fils d'ouvrier est aux prises avec l'&#226;pre lutte pour l'existence. Dure mais excellente &#233;cole au fond pour une &#226;me bien tremp&#233;e. Aussi, d&#232;s 1891, une note parue dans &lt;i&gt;La R&#233;volte &lt;/i&gt;, journal anarchiste de Jean Grave, annonce que &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;le compagnon P. Delesalle se charge de la correspondance du groupe anarchiste du XIV&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La R&#233;volte n&#176;14, 26 d&#233;cembre 1891.&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Un rapport de police d'avril 1892 classe le jeune homme parmi &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;les cent et quelques militants que compte le parti anarchiste &#224; Paris&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Document d'archives.&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Ce m&#234;me mois, le 22, il est arr&#234;t&#233; et reste &#224; Mazas dix-huit jours, le temps de laisser passer l'&#233;ch&#233;ance toujours redoutable du 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; mai. Le 7 janvier 1893 enfin, il adh&#232;re &#224; la Chambre syndicale des ouvriers en instruments de pr&#233;cision qui n'a que quelques mois d'existence&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fond&#233;e le 12 Juillet 1892.&#034; id=&#034;nh3-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. D&#232;s lors, Delesalle est un militant et les pouvoirs publics ont l'&#339;il sur lui ; il suffit, pour s'en rendre compte, de feuilleter les nombreux rapports de police qui le suivent sur les routes de France lorsqu'il accomplit son voyage dans le Midi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pourquoi Delesalle est-il anarchiste ? Il faut, si l'on veut comprendre, revivre le pass&#233;. A cette &#233;poque le socialisme est scind&#233; en deux grands courants : d'un c&#244;t&#233;, les socialistes &#171; autoritaires &#187; &#233;parpill&#233;s dans les multiples chapelles : guesdiste, broussiste, blanquiste..., de l'autre, les libertaires dont le prestige est grand, qui promettent un saut imm&#233;diat de l'&#232;re de la fatalit&#233; dans celle de la libert&#233;, pour reprendre l'expression d'Engels. L'&#226;me de Delesalle, &#233;prise de justice sociale et de puret&#233;, fut sensible &#224; cette conception sans doute simpliste mais absolue d'une R&#233;volution dont se portaient garants, non seulement des ouvriers comme Grave ou Pouget, mais des savants comme Elis&#233;e Reclus ou Kropotkine, des &#233;crivains de talent comme Mirbeau et toute une pl&#233;iade d'artistes et de po&#232;tes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1892-1894, c'est l'&#233;poque troubl&#233;e des attentats, &#233;poque de Ravachol, d'Emile Henry, de Vaillant, de Caserio, &#233;poque de cette geste romantique de l'anarchie o&#249; de jeunes t&#234;tes de vingt ans se jetaient en d&#233;fi &#224; une soci&#233;t&#233; &#233;clabouss&#233;e par les scandales de Panama. Delesalle, comme tous les compagnons qui, au fond d'eux-m&#234;mes, &#233;taient en d&#233;saccord avec cette tactique, ne manifesta jamais, c'est &#233;vident, de d&#233;sapprobation ouverte. On ne hurle pas avec les loups. Mais je ne crois pas qu'il se soit jamais laiss&#233; tenter par les attitudes hautaines mais vaines des propagandistes par le fait&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;M, Z&#233;va&#232;s a cru pouvoir annoncer &#8212; L'Ordre du 13 avril 1948 &#8212; que Delesalle (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Bien plus volontiers &#233;t&#233; s&#233;duit par le travail obscur, ingrat, mais combien f&#233;cond, d'un Pelloutier qui, d&#232;s 1894, &#233;tait secr&#233;taire de la F&#233;d&#233;ration des Bourses du Travail. Au surplus, le Proc&#232;s des Trente d'ao&#251;t 1894 va clore l'&#232;re des attentats. Les compagnons r&#233;alistes vont se lancer &#224; corps perdu dans la lutte corporative au cri de Pouget : Plus de politique dans les syndicats ! A un moment o&#249; ceux-ci servaient de champ clos aux groupements politiques pour vider leurs querelles de boutiques, ce mot d'ordre connut un incontestable succ&#232;s ; les anarchistes surent par la suite maintenir et d&#233;velopper leur influence et par leur dynamisme conqu&#233;rir la CGT tout enti&#232;re lorsqu'en 1902 se r&#233;alisera l'unit&#233; au Congr&#232;s de Montpellier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De 1894 &#224; 1897, Delesalle est &#224; la fois un ouvrier et un militant. Ouvrier chez l'ing&#233;nieur Doignon, rue N.-D.-des-Champs, c'est lui qui avec son camarade Viardot construit de juin &#224; novembre 1895&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ses carnets de travail en font foi.&#034; id=&#034;nh3-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; le premier appareil de cin&#233;ma, &#171; appareil chronophotographique des fr&#232;res Lumi&#232;re de Lyon &#187;. Militant, il est d&#233;l&#233;gu&#233; par sa Chambre corporative au Comit&#233; d'action pour l'&#233;dification de la Verrerie ouvri&#232;re d'Albi et il participe, au nom de son syndicat et de la Bourse du Travail d'Amiens, au fameux Congr&#232;s de Londres &#8212; juillet-ao&#251;t 1896 &#8212; o&#249; s'affront&#232;rent dans une bataille hom&#233;rique les tenants de l'anarchisme et ceux du marxisme, et qui consacra de fa&#231;on d&#233;finitive la scission entre ces deux courants du socialisme&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Une premi&#232;re scission entre bakouninistes et marxistes s'&#233;tait d&#233;j&#224; produite (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1006 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/sans_titre-1-4.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH311/sans_titre-1-4-c08de.jpg?1774731974' width='500' height='311' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Cependant Delesalle fait de plus en plus corps avec le mouvement et un jour que Grave cherche un compagnon pour l'aider dans son travail de r&#233;daction, d'impression et d'administration des &lt;i&gt;Temps Nouveaux&lt;/i&gt;, il se laisse tenter et devient ce que L&#233;nine appellera plus tard un &#171; r&#233;volutionnaire professionnel &#187;, c'est-&#224;-dire celui qui se donne corps et &#226;me &#224; la cause et y consacre sa vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le 10 mai 1897 qu'il quitte la maison Doignon. Depuis le 14 septembre 1895, il collabore aux &lt;i&gt;Temps Nouveaux&lt;/i&gt;, journal anarchiste inspir&#233; par Elis&#233;e Reclus et Pierre Kropotkine et administr&#233; par Jean Grave. Depuis le 7 janvier 1893, il est syndiqu&#233; et syndicaliste, et ces deux propagandes, anarchiste d'une part, syndicaliste de l'autre, vont occuper tous les instants du militant pendant dix ann&#233;es. Dans l'organisation syndicale, Delesalle se verra confier des postes importants, mais les documents manquent pour &#233;tablir avec exactitude la date &#224; laquelle il est &#171; entr&#233; en fonctions &#187;. En ce qui concerne la F&#233;d&#233;ration des Bourses du Travail, nous savons qu'il fit partie du Comit&#233; f&#233;d&#233;ral d&#232;s novembre 1897&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir proc&#232;s-verbaux du 22 novembre 1892 au 12 juillet 1901. Mus&#233;e Social (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Par ailleurs, lors du renouvellement du bureau de la F&#233;d&#233;ration apr&#232;s le Congr&#232;s de Rennes &#8212; r&#233;union du comit&#233; f&#233;d&#233;ral du 11 novembre 1898 &#8212; il est dit :&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1007 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;21&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L260xH320/pelloutier-76c5f.jpg?1774701289' width='260' height='320' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Fernand Pelloutier.&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;(...) Le camarade Pelloutier est r&#233;&#233;lu &#224; l'unanimit&#233; secr&#233;taire, le camarade Delesalle, secr&#233;taire adjoint (...)&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous pouvons en conclure que, d&#232;s 1897 vraisemblablement, Delesalle &#233;tait le second de Pelloutier &#224; la t&#234;te de cet organisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'unit&#233; du mouvement syndical s'&#233;tait r&#233;alis&#233;e au Congr&#232;s de Limoges de 1895 o&#249; avait &#233;t&#233; fond&#233;e la CGT. Mais cette unit&#233; resta purement th&#233;orique, et jusqu'au Congr&#232;s de Montpellier de 1902 les deux organisations &#8212; F&#233;d&#233;ration des Bourses et Conf&#233;d&#233;ration G&#233;n&#233;rale du Travail &#8212; men&#232;rent une existence autonome. Cependant les militants se retrouvaient aux deux congr&#232;s qui avaient lieu en g&#233;n&#233;ral dans la m&#234;me ville &#224; quelques jours d'intervalle et Delesalle, d&#232;s cette &#233;poque, joua un r&#244;le important dans la CGT. En effet le rapport du Conseil national pour l'exercice 1897-1898 pr&#233;sent&#233; au X&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; Congr&#232;s corporatif tenu &#224; Rennes signale :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;(...) le citoyen Delesalle fut nomm&#233; secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral adjoint&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Xe Congr&#232;s national corporatif (IVe de la CGT) tenu &#224; Rennes les 26, 27, 28, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi donc, que ce soit &#224; la F&#233;d&#233;ration des Bourses, d'inspiration plus purement anarchiste, ou &#224; la CGT. Delesalle occupa des postes de direction &#224; la suite du Congr&#232;s de Toulouse de 1897.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1008 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;21&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L250xH333/griffuelhes-5cdd8.jpg?1774701289' width='250' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt; Victor Griffuelhes.&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;La ligne directrice de son action fut double et simple &#224; la fois car, si elle s'orienta d'une part vers les groupes anarchistes d'autre part vers les chambres syndicales, elle eut n&#233;anmoins un seul objet : grouper les travailleurs en vue de leur &#233;mancipation par le syndicalisme r&#233;volutionnaire. Pour cela, il lui fallut agir d'un c&#244;t&#233; sur les anarchistes toujours rebelles &#224; l'embrigadement et &#224; l'organisation en leur faisant comprendre que les syndicats ne contiennent pas en germe le virus &#233;tatique, de l'autre sur les syndiqu&#233;s venus d'autres horizons pour les convaincre de l'inutilit&#233; des r&#233;formes, de la malfaisance de l'&#201;tat et des bienfaits de l'action directe, seule susceptible de les conduire, par la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, &#224; leur &#233;mancipation. Delesalle &#8212; lui qui avait le culte de la v&#233;rit&#233; ne m'en aurait pas voulu de cette pr&#233;cision &#8212; n'appartint pas &#224; la lign&#233;e des grands militants. Ni th&#233;oricien, &#233;ducateur ou administrateur comme Pelloutier, ce mod&#232;le du militant ouvrier, ni strat&#232;ge de classe comme Griffuelhes, ni &#233;crivain ou connaisseur d'hommes comme Pouget, ni orateur populaire comme Tortelier, il fut plus modestement mais non moins efficacement le militant de deuxi&#232;me zone qui, par son travail consciencieux et probe, assure la difficile propagande de chaque jour et fait que les r&#233;solutions prennent vie au contact de la masse ouvri&#232;re. Mais o&#249; Delesalle eut peut-&#234;tre le plus de m&#233;rite, c'est dans son action patiente et tenace aux &lt;i&gt;Temps Nouveaux&lt;/i&gt;. Sa collaboration de dix ans &#224; ce journal tient du prodige. Grave, qui &#233;tait un brave homme, avait, il faut bien le dire, un caract&#232;re souvent bourru. Ainsi Pelloutier apr&#232;s quelques articles dut renoncer &#224; &#233;crire dans le journal anarchiste. Monatte, Am&#233;d&#233;e Dunois, bien d'autres ne firent qu'y passer et Grave fit par la suite, &#224; leur sujet, des r&#233;flexions aussi dures qu'imm&#233;rit&#233;es&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Le Mouvement libertaire sous la R&#233;publique. Les &#338;uvres repr&#233;sentatives. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Lui qui se consid&#233;rait un peu comme le d&#233;positaire de la pure doctrine anarchiste &#8212; ne le surnomma-t-on pas &#171; le pape de la rue Mouffetard &#187; &#8212; avait une certaine pr&#233;vention contre le syndicalisme qui attirait les meilleurs hommes de l'anarchie et, selon lui, leur faisait perdre de vue le grand but libertaire qu'ils finissaient par confondre avec le syndicalisme lui-m&#234;me&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir le compte rendu du Congr&#232;s anarchiste d'Amsterdam &#8212; 1907 &#8212; et le d&#233;bat (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Delesalle donc eut ce m&#233;rite immense de &#171; tenir &#187; aux &lt;i&gt;Temps Nouveaux&lt;/i&gt;, d'y mener une propagande syndicaliste de plus en plus intense et si l'anarchisme philosophique, intellectuel et abstrait du journal maintint son influence, c'est &#224; un homme comme Delesalle qu'incontestablement il le dut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En septembre 1897, au Congr&#232;s de Toulouse&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;VIe Congr&#232;s national des Bourses du Travail. 15-18 septembre. IXe Congr&#232;s (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, son action syndicale devint particuli&#232;rement active. Ses interventions y furent nombreuses : elles eurent trait &#224; la cr&#233;ation d'un quotidien syndicaliste, au vote du principe de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, &#224; la suppression du pourboire, etc., mais surtout il fut, au nom de la huiti&#232;me commission, le rapporteur de la question du boycottage, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;syst&#233;matisation de ce que nous appelons, en France la mise &#224; l'index&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;IXe Congr&#232;s national corporatif. Compte rendu des travaux, Toulouse. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Il fit un historique de ce mode d'action qui prit naissance en Irlande ; et apr&#232;s en avoir fait l'analyse, il examina les modalit&#233;s de son application, avant tout contre les commer&#231;ants &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;conservateurs de la soci&#233;t&#233; actuelle&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid. &#8212; P. 144.&#034; id=&#034;nh3-16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. A cette m&#233;thode de lutte, et comme compl&#233;ment indispensable, il adjoignit le Sabotage, d'origine anglaise &#233;galement, et qui peut se d&#233;finir par la formule &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;&#224; mauvaise paye, mauvais travail&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid. &#8212; P. 146.&#034; id=&#034;nh3-17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Son rapport fut adopt&#233; &#224; l'unanimit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Delesalle n'assista pas personnellement &#8212; sans doute en raison d'une grave maladie de sa compagne &#8212; au Congr&#232;s de Rennes de 1898 o&#249; il fut mis en cause ainsi que Pelloutier par le secr&#233;taire de la CGT Lagailse, homme assez m&#233;diocre et qui n'allait pas tarder &#224; &#234;tre remplac&#233; par Copigneaux &#224; la t&#234;te de la Conf&#233;d&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1900 fut l'ann&#233;e de l'Exposition et pour cette raison les congr&#232;s syndicaux eurent lieu &#224; Paris. Delesalle y participa et s'y occupa surtout de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale et de la structure de la CGT (travaux des quatri&#232;me et sixi&#232;me commissions du congr&#232;s corporatif). Ces assises ouvri&#232;res, suivies de congr&#232;s internationaux, dur&#232;rent du 5 au 22 septembre. Par ailleurs, et en r&#233;plique au congr&#232;s socialiste international qui fit suite &#224; celui de Londres de 1896, les anarchistes avaient souhait&#233; organiser un Congr&#232;s ouvrier r&#233;volutionnaire international du 19 au 22 septembre. Cette r&#233;union ne put avoir lieu, le gouvernement s'y &#233;tant oppos&#233;. Cependant les nombreux rapports qui devaient y &#234;tre pr&#233;sent&#233;s parurent dans le suppl&#233;ment litt&#233;raire des &lt;i&gt;Temps Nouveaux&lt;/i&gt; et notamment celui de Delesalle intitul&#233; &#171; L'action syndicale et les anarchistes &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Paru en brochure. Editions de l'Education Libertaire, 1900.&#034; id=&#034;nh3-18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; ; c'est cette m&#234;me ann&#233;e qu'il fit paraitre une brochure : &lt;i&gt;Aux travailleurs. La Gr&#232;ve ! &lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Petite Biblioth&#232;que &#233;conomique, n&#176;2, 1900.&#034; id=&#034;nh3-19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Enfin il d&#233;ploya une grande activit&#233; pour populariser les r&#233;sultats de ce congr&#232;s dans des r&#233;unions publiques organis&#233;es en novembre 1900 et janvier 1901.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 13 mars 1901, &#224; 33 ans, meurt Fernand Pelloutier, et Delesalle, qui se forma &#224; son &#233;cole, lui rend un hommage &#233;mu dans les &lt;i&gt;Temps Nouveaux&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;N&#176;48, 23-29 mars 1901.&#034; id=&#034;nh3-20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Il fait partie ensuite de la d&#233;l&#233;gation qui en juin 1901 se rend &#224; Londres pour r&#233;pondre &#224; la visite que les d&#233;l&#233;gu&#233;s des travailleurs anglais ont faite &#224; leurs camarades parisiens au moment o&#249; les menaces de guerre &#233;taient s&#233;rieuses entre les deux pays, &#224; la suite de l'occupation de Fachoda par la mission Marchand.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette m&#234;me ann&#233;e se tiennent les congr&#232;s de Lyon et de Nice&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;IXe Congr&#232;s des Bourses du Travail &#224; Nice. XIIe Congr&#232;s national corporatif (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. On peut dire qu'ils sont marqu&#233;s essentiellement par le rapprochement des deux organisations CGT-Bourses du Travail. Delesalle y intervient sur les syndicats et l'action politique (deuxi&#232;me commission) et la r&#233;solution adopt&#233;e rappelle que &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;l'action syndicale doit... partout s'affirmer en dehors de toute influence politique, laissant aux individus le droit imprescriptible de se livrer au genre de luttes qui leur convient dans le domaine politique&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;XIIe Congr&#232;s national corporatif tenu &#224; la Bourse du Travail de Lyon. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Montpellier, en 1902&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;XIIIe Congr&#232;s national corporatif, septembre 1902.&#034; id=&#034;nh3-23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, a lieu le Congr&#232;s de l'Unit&#233; syndicale qui consacre dans les faits la r&#233;union au sein de la CGT de l'union de la F&#233;d&#233;ration des Bourses du Travail et de la F&#233;d&#233;ration des Syndicats. Delesalle est pr&#233;sent comme il sera pr&#233;sent au Congr&#232;s de Bourges en 1904&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C'est dans l'intervalle de ces deux congr&#232;s que Delesalle publia Les deux (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; qui verra s'affronter les partisans de la repr&#233;sentation proportionnelle (r&#233;formistes) et les partisans du vote par syndicat (syndicalistes r&#233;volutionnaires), question doctrinale qui consacre le succ&#232;s des derniers favorables aux &#171; minorit&#233;s agissantes &#187;. Au point de vue de l'action ce congr&#232;s rev&#234;t une grande importance car c'est lui qui lance la campagne pour les huit heures. Delesalle est d&#233;sign&#233; comme secr&#233;taire de la commission qui a pour t&#226;che de populariser ce mot d'ordre. Dans la lutte qui s'engage il voit d'ailleurs moins la possibilit&#233; d'obtenir une r&#233;forme qui peut &#234;tre &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;aussi profitable &#224; la bourgeoisie qu'aux travailleurs&lt;/q&gt; qu'une possibilit&#233; d'action, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;un tremplin destin&#233; &#224; intensifier pendant un certain laps de temps la propagande... un pr&#233;texte &#224; action et agitation, un moyen de tenir les esprits en &#233;veil...&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les Temps Nouveaux, n&#176;37, 14-20 janvier 1905.&#034; id=&#034;nh3-25&#034;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes alors dans la grande &#233;poque du syndicalisme r&#233;volutionnaire, &#233;poque que Delesalle vit intens&#233;ment si l'on en juge par son action : r&#233;daction d'articles pour &lt;i&gt;Les Temps Nouveaux&lt;/i&gt;, collaboration au &lt;i&gt;Mouvement socialiste&lt;/i&gt; d'H. Lagardelle qui du r&#233;formisme puis du guesdisme est venu au syndicalisme r&#233;volutionnaire, participation au Congr&#232;s des Verriers &#224; Rive-de-Gier en septembre 1905, action antimilitariste avec ses camarades du comit&#233; conf&#233;d&#233;ral (tension franco-allemande &#224; la suite de l'affaire du Maroc), action suivie de perquisitions et d'annonce de poursuites, &#171; complicit&#233; &#187; dans les gr&#232;ves du Nord, ce qui lui vaut une nouvelle perquisition aux environs du 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; mai 1906...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En octobre enfin, c'est le Congr&#232;s d'Amiens, congr&#232;s historique o&#249; s'&#233;labore la fameuse &#171; Charte &#187; du mouvement syndical qui se caract&#233;rise essentiellement par les deux traits suivants :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Le syndicalisme est apolitique et, mieux que les partis politiques, il est susceptible de r&#233;aliser l'unit&#233; du monde ouvrier face au patronat ; &lt;br /&gt;&#8212; Le syndicalisme est une doctrine, le syndicat un parti, et cela forme un tout qui se suffit &#224; soi-m&#234;me. La CGT, organisation majeure, vise, par del&#224; l'&#339;uvre revendicative quotidienne, &#224; l'&#233;mancipation int&#233;grale des travailleurs ; le syndicat sera, dans la soci&#233;t&#233; future, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;le groupement de production et de r&#233;partition, base de r&#233;organisation sociale&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec Pouget qui tient la plume, Griffuelhes, Niel et Morizet, Delesalle compte parmi l&#233;s auteurs de cette fameuse r&#233;solution.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1010 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L376xH508/arton7598-9d75c.jpg?1774701289' width='376' height='508' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;La lutte cependant s'exacerbe, les conflits se multiplient : lock-out de Foug&#232;res en novembre 1906, gr&#232;ve des dockers de Nantes et des &#233;lectriciens de Paris en mars 1907, action suivie de r&#233;vocations, d&#233;s postiers et des instituteurs, manifestations violentes des vignerons du Midi en mai-juin 1907 marqu&#233;e par la r&#233;volte du 17&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; que c&#233;l&#233;brera Mont&#233;hus... La bourgeoisie, qui a trembl&#233; le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; mai 1906, a trouv&#233; son homme dans la personne de Clemenceau devenu pr&#233;sident du Conseil en octobre 1906 et qui, avec Briand et Viviani, va s'efforcer de ma&#238;triser le mouvement ouvrier. La CGT tient t&#234;te et dans une affiche &#171; Gouvernement d'assassins &#187; fustige le &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;trio sinistre qui symbolise le Pouvoir&lt;/q&gt; et c&#233;l&#232;bre le geste des soldats du 17&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; dans lequel elle voit la justification de sa campagne antimilitariste. Douze membres du Comit&#233; conf&#233;d&#233;ral, arbitrairement choisis parmi les 77 qui le composent, comparaissent sous l'inculpation devenue classique &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;d'injures &#224; l'arm&#233;e et de provocation de militaires &#224; la d&#233;sob&#233;issance&lt;/q&gt;. Delesalle est du lot. Avec Griffuelhes, Garnery, Merrheirn, Pouget, Monatte, etc. il comparait le 20 f&#233;vrier 1908 devant la Cour d'Assises de la Seine&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Gazette des Tribunaux, 21, 22, 23, f&#233;vrier 1908.&#034; id=&#034;nh3-26&#034;&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Mais les jur&#233;s, se refusant &#224; suivre l'avocat g&#233;n&#233;ral Peyssonni&#233; dans son r&#233;quisitoire, acquittent les &#171; douze &#187;... qui &#8212; ainsi que Delesalle aimait &#224; le raconter &#8212; f&#234;tent ce succ&#232;s en prenant, &#224; la sortie de l'audience, l'ap&#233;ritif avec ceux qui venaient de les juger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paul Delesalle cependant, entra&#238;n&#233; par son amour profond pour les livres et sp&#233;cialement pour les livres sociaux, r&#234;vait depuis longtemps de librairie et d'&#233;dition. D&#232;s janvier 1900 il fait para&#238;tre une s&#233;rie de chansons r&#233;volutionnaires, en 1902 il commence l'&#233;dition de l'&lt;i&gt;Almanach illustr&#233; de la R&#233;volution&lt;/i&gt; qu'il poursuivra les ann&#233;es suivantes. Aussi lorsque son ami Chapoutot, plus fortun&#233;, offre de lui fournir la premi&#232;re mise de fonds pour ouvrir une librairie, il accepte avec joie et s'installe 46, puis 16, rue. Monsieur-le-Prince. Ne se jugeant plus qualifi&#233; pour repr&#233;senter ses camarades ouvriers, il d&#233;missionne alors du poste de secr&#233;taire adjoint qu'il occupait au bureau conf&#233;d&#233;ral et donne par l&#224;-m&#234;me un bel exemple de probit&#233; morale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant il n'a pas chang&#233;, il demeure le militant fid&#232;le &#224; sa classe et &#224; ses id&#233;es. Acheter bon march&#233; et vendre cher n'est pas son id&#233;al. Ce qu'il veut, c'est faire de sa maison un lieu d'asile peur le tract, le vieux journal, le compte rendu de congr&#232;s qui sont un moment de la lutte ouvri&#232;re et qui, bien vite, se dispersent et disparaissent au feu de l'action. Ce qu'il veut, c'est faire de sa maison un foyer culturel o&#249; les militants aimeront, entre deux meetings, &#224; feuilleter quelque revue et &#224; deviser sur le mouvement. Et il y r&#233;ussit. Il &#233;dite &lt;i&gt;La Publication sociale &lt;/i&gt; dont le premier num&#233;ro parait en janvier 1907 et qui veut &#234;tre &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;plus une &#339;uvre de propagande et de diffusion qu'une affaire commerciale&lt;/q&gt;. Elle vise &#224; faciliter les recherches de ceux qu'int&#233;resse la question sociale et il faut voir avec quel soin m&#233;ticuleux sont consign&#233;es les observations sur chaque volume que le militant a recueilli ici ou l&#224;. Tr&#232;s vite Delesalle accumule dans sa boutique des tr&#233;sors inestimables par leur raret&#233; et bien des figures connues de militants, d'&#233;crivains, d'artistes fr&#233;quentent la librairie. C'est l&#224; notamment que Sorel, dont il a fait la connaissance en 1903, et qui peu &#224; peu s'est pris d'une grande amiti&#233; pour lui, va &#171; tenir salon &#187; chaque jeudi. Et l'on peut voir combien pr&#233;cieuse lui fut cette amiti&#233; lorsqu'on feuillette ses &#171; Lettres &#224; Paul Delesalle &#187; o&#249; revient comme un leit-motiv cette phrase : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Je me demande quand je pourrai reprendre l'&#232;re des bavardages de la rue Monsieur-le-Prince.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lettre du 9 juin 1921.&#034; id=&#034;nh3-27&#034;&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Delesalle n'est pas un mercanti. Il vend au plus juste prix. Quel plus bel exemple en donner que celui d'Henry Poulaine&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-28&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il a cont&#233; l'anecdote dans Les Damn&#233;s de la Terre, Edition Grasset, pp. 460-462.&#034; id=&#034;nh3-28&#034;&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; qui, orphelin, ne disposait le plus souvent que de quelques sous pour apaiser sa soif de lecture. Notre libraire, apr&#232;s s'&#234;tre adroitement inform&#233; des d&#233;sirs du jeune homme, lui glissait les publications convoit&#233;es dans la bo&#238;te &#224; bon march&#233; et trouvait ainsi moyen de le satisfaire sans froisser sa susceptibilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_975 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH235/sans_titre-4-2-a914f.png?1774693718' width='150' height='235' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Emile Pouget.&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Mais vendre des livres ou &#171; tenir salon &#187; ne suffit pas au militant qu'est Paul Delesalle. S'il a quitt&#233; la CGT il n'a pas rompu avec le mouvement ni reni&#233; les amis. Syndicaliste r&#233;volutionnaire il &#233;tait, syndicaliste r&#233;volutionnaire il est rest&#233; et restera. Pendant les 25 ans qu'il demeurera libraire il collabore &#224; la presse socialiste et syndicaliste : &#224; &lt;i&gt; l'Action directe&lt;/i&gt; et au &lt;i&gt;Mouvement socialiste&lt;/i&gt; en 1908, &#224; &lt;i&gt;la Revue socialiste&lt;/i&gt; en 1911, &#224; &lt;i&gt; la Bataille syndicaliste &lt;/i&gt; et &#224; &lt;i&gt;l'Humanit&#233;&lt;/i&gt; en 1922, au &lt;i&gt;Cri du Peuple &lt;/i&gt; en 1931... Il &#233;dite aussi des brochures syndicalistes dues &#224; sa plume comme La &lt;i&gt;CGT &lt;/i&gt; en 1907 ou &#224; celle de son camarade Yvetot : &lt;i&gt; Le Syndicalisme&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Les Intellectuels et la CGT&lt;/i&gt;. Il r&#233;imprime &lt;i&gt;Boycottage et Sabotage&lt;/i&gt; en 1908 ainsi que &lt;i&gt;Le Syndicalisme et la R&#233;volution&lt;/i&gt; du D&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;r&lt;/sup&gt; Pierrot. En 1908 &#233;galement il &#233;dite le compte rendu du congr&#232;s anarchiste tenu &#224; Amsterdam l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente. Mais Delesalle sait aussi faire plaisir aux amis et tout d'abord &#224; Chapoutot qui lui a permis de s'&#233;tablir et dont il fait para&#238;tre un &lt;i&gt;Villiers de l'Isle Adam &lt;/i&gt; en 1908. Puis c'est un &lt;i&gt;Guy de Maupassant &lt;/i&gt; de L. Deffoux et Emile Zavie en 1918. Encore de Deffoux et la m&#234;me ann&#233;e &lt;i&gt;L'Immortalit&#233; litt&#233;raire selon M. de Goncourt&lt;/i&gt;. En 1921 un &lt;i&gt;G. Sorel&lt;/i&gt; de Max Ascoli et en 1924 un &lt;i&gt;Hommage &#224; Verlaine&lt;/i&gt;, &#224; ce pauvre L&#233;lian qu'il a plus d'une fois reconduit &#224; son domicile quand la passion &#233;thylique l'emportait chez lui sur la foi religieuse. Enfin, avant de quitter d&#233;finitivement la rue Monsieur-le-Prince, Paul Delesalle cl&#244;t ses travaux d'&#233;dition par une plaquette &lt;a href=&#034;https://pandor.u-bourgogne.fr/archives-en-ligne/functions/ead/detached/BMP/brb88.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Ad Memoriam&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; dans laquelle, il r&#233;unit quelques articles en hommage au P&#232;re Peinard, &#224; Emile rouget, son vieux camarade qui vient de mourir le 21 juillet 1931&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-29&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cette &#233;num&#233;ration n'a pas la pr&#233;tention d'&#234;tre compl&#232;te. Je signalerai (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-29&#034;&gt;29&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais Paul Delesalle est trop &#233;motif, trop tourment&#233;, tranchons le mot, trop honn&#234;te, pour faire un bon commer&#231;ant. Les soucis ont d&#233;termin&#233; chez lui une grande fatigue, une grande an&#233;mie et sur le conseil des m&#233;decins il doit songer &#224; la retraite. Il a 62 ans. Il va, accompagn&#233; de la fid&#232;le L&#233;ona, se retirer &#224; Palaiseau dans la petite maison aux contrevents verts entour&#233;e d'un jardin. Il vit l&#224; sans grand confort mais avec l'espoir que, la sant&#233; revenue, il retournera &#224; Paris fl&#226;ner aux &#233;talages des bouquinistes et bavarder avec les amis. Cependant il a emport&#233; toute la biblioth&#232;que dont il ne se s&#233;pare jamais. Delesalle n'est pas pass&#233; par la librairie sans r&#233;unir un fonds solide de beaux et rares ouvrages. C'est tout d'abord une collection sociologique unique dont chaque livre vaut par son contenu mais aussi par son cachet propre : tous sont d&#233;dicac&#233;s et plus d'un a appartenu &#224; tel militant connu. Aussi amis et anciens clients &#8212; ils sont tous rest&#233;s ses amis &#8212; connaissent le petit sentier Ch&#233;rif-Pacha qui conduit &#224; l'hospitali&#232;re demeure des Delesalle. D&#232;s le seuil, tout vous sollicite : les peintures d'Utrillo ou de Maximilien Luce, les portraits de Sorel ou de Pelloutier et si vous montez &#224; la suite du vieux militant l'escalier &#224; pente raide qui tient de l'&#233;chelle de meunier, jusqu'&#224; la pi&#232;ce du haut o&#249; dorment tant de souvenirs alors c'est un &#233;merveillement : livres sur la Commune avec cette belle peinture de Louise Michel... qui sert de tablier &#224; la chemin&#233;e, collection unique de brochures, comptes rendus de congr&#232;s, revues, livres, cartons &#224; dessin o&#249; s'empilent les journaux anarchistes aux noms de bataille : &lt;i&gt;Le Drapeau noir&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;l'Emeute&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;le D&#233;fi&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;l'Hydre anarchiste&lt;/i&gt;... Que ne faudrait-il citer !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est au milieu de ces vestiges du pass&#233;, amoureusement conserv&#233;s, que le vieux militant participe encore au mouvement prol&#233;tarien en &#233;crivant une plaquette &lt;i&gt;Paris sous la Commune&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-30&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Parue au Bureau d'Editions en 1938.&#034; id=&#034;nh3-30&#034;&gt;30&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Enfin en 1939, en souvenir de la vieille amiti&#233;, il constitue une &#171; Bibliographie sor&#233;lienne &#187; qui parait dans l'&lt;i&gt;International Review for social History &lt;/i&gt; &#224; Amsterdam.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre vient, deuxi&#232;me guerre mondiale qui dut &#234;tre bien p&#233;nible pour celui qui avait r&#234;v&#233; la fraternit&#233; des peuples. Le retour &#224; Paris se r&#233;v&#232;le impossible et les deux vieux compagnons se trouvent bien seuls dans leur retraite de Palaiseau. Les infirmit&#233;s de la vieillesse ne les &#233;pargnent pas et c'est apr&#232;s une douloureuse maladie que Paul Delesalle meurt le 8 avril 1948.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa vie du moins restera comme un exemple et il a m&#233;rit&#233; jusqu'au bout le bel &#233;loge que lui d&#233;cerna autrefois Georges Sorel : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt; Voil&#224; ce que j'appelle un serviteur d&#233;sint&#233;ress&#233; du prol&#233;tariat... L'exemple de cet homme si probe, pour qui une doctrine n'est pas un tremplin... est pour moi la preuve quotidienne qu'il existe encore des hommes capables de vivre pour une id&#233;e. &lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;tt&gt;&lt;widget_sitereference71|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://archivesautonomies.org/spip.php?article1657" class="spip_out"&gt;Cet article de Jean Maitron est extrait de &lt;i&gt;La R&#233;volution Prol&#233;tarienne, revue syndicaliste r&#233;volutionnaire&lt;/i&gt; n&#176;15 - Juin 1948. De nombreux num&#233;ros de cette revue sont sur le site Fragments d'Histoire de la gauche radicale.&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Un autre discours fut prononc&#233; par M. Poursin, pr&#233;sident du Syndicat de la Librairie ancienne et moderne.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Paul fut l'a&#238;n&#233; de quatre enfants : deux gar&#231;ons et deux filles. L'une de celles-ci fera une brillante carri&#232;re th&#233;&#226;trale et deviendra par son mariage la comtesse Patrimonio.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt; A contre-courant&lt;/i&gt;, Mars 1936. &#171; En trimardant &#187; par P. Delesalle.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;La R&#233;volte&lt;/i&gt; n&#176;14, 26 d&#233;cembre 1891.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Document d'archives.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Fond&#233;e le 12 Juillet 1892.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;M, Z&#233;va&#232;s a cru pouvoir annoncer &#8212; &lt;i&gt;L'Ordre&lt;/i&gt; du 13 avril 1948 &#8212; que Delesalle &#233;tait l'auteur de l'attentat du restaurant Foyot. Il y a l&#224; une affirmation que je crois pour ma part erron&#233;e et sur laquelle Je me propose de revenir plus tard [Lire &lt;a href=&#034;http://archivesautonomies.org/IMG/pdf/syndrev/revolutionproletarienne/serieap1947/larevolutionproletarienne-n042.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Paul Delesalle et la bombe du restaurant Foyot &#187;&lt;/a&gt; , &lt;i&gt;La R&#233;volution Prol&#233;tarienne&lt;/i&gt; n&#176;42, septembre 1950].&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ses carnets de travail en font foi.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Une premi&#232;re scission entre bakouninistes et marxistes s'&#233;tait d&#233;j&#224; produite au Congr&#232;s de La Haye en 1872, scission qui avait mis pratiquement fin &#224; l'existence de la Premi&#232;re Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir proc&#232;s-verbaux du 22 novembre 1892 au 12 juillet 1901. Mus&#233;e Social 26166 v. 4&#176;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;X&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; Congr&#232;s national corporatif (IV&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; de la CGT) tenu &#224; Rennes les 26, 27, 28, 29, 30 septembre et 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; octobre 1898. Compte rendu des travaux du congr&#232;s. Rennes, 1898, P. 58.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir &lt;i&gt;Le Mouvement libertaire sous la R&#233;publique&lt;/i&gt;. Les &#338;uvres repr&#233;sentatives. Paris, 1930.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir le compte rendu du Congr&#232;s anarchiste d'Amsterdam &#8212; 1907 &#8212; et le d&#233;bat qui, sur cette question, mit aux prises Malatesta et Monatte.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;VI&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; Congr&#232;s national des Bourses du Travail. 15-18 septembre. &lt;br class='autobr' /&gt;
IX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; Congr&#232;s national corporatif (III&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; de la CGT), 20-25 septembre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;IX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; Congr&#232;s national corporatif. Compte rendu des travaux, Toulouse. Imprimerie Berthoumieu, 1897, p. 141.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ibid. &#8212; P. 144.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ibid. &#8212; P. 146.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Paru en brochure. Editions de l'Education Libertaire, 1900.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Petite Biblioth&#232;que &#233;conomique, n&#176;2, 1900.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;N&#176;48, 23-29 mars 1901.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;IX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; Congr&#232;s des Bourses du Travail &#224; Nice. XII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; Congr&#232;s national corporatif (VI&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; de la CGT) &#224; Lyon.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;XII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; Congr&#232;s national corporatif tenu &#224; la Bourse du Travail de Lyon. Imprimerie Decl&#233;ris, Lyon, 1901, p. 151.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;XIII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; Congr&#232;s national corporatif, septembre 1902.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;C'est dans l'intervalle de ces deux congr&#232;s que Delesalle publia &lt;i&gt;Les deux M&#233;thodes du Syndicalisme&lt;/i&gt;, Petite Biblioth&#232;que d'Etudes &#233;conomiques. N&#176;5, juillet 1903.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-25&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-25&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;Les Temps Nouveaux&lt;/i&gt;, n&#176;37, 14-20 janvier 1905.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-26&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-26&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;Gazette des Tribunaux&lt;/i&gt;, 21, 22, 23, f&#233;vrier 1908.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-27&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-27&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Lettre du 9 juin 1921.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-28&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-28&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-28&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;28&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Il a cont&#233; l'anecdote dans &lt;i&gt;Les Damn&#233;s de la Terre&lt;/i&gt;, Edition Grasset, pp. 460-462.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-29&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-29&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-29&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;29&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cette &#233;num&#233;ration n'a pas la pr&#233;tention d'&#234;tre compl&#232;te. Je signalerai toutefois la brochure que Paul Delesalle publia chez Rivi&#232;re en 1909 : &#171; &lt;i&gt;Les Bourses du Travail et la CGT &lt;/i&gt; et dont G. Sorel a dit qu'elle &#233;tait &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;singuli&#232;rement pr&#233;cieuse&lt;/q&gt;. (Propos de G. Sorel recueillis par J. Varlot. N.R.V. Gallimard, 4&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; &#233;dition, p. 169.)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-30&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-30&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-30&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;30&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Parue au Bureau d'Editions en 1938.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La Vie militante d'Emile Pouget</title>
		<link>https://www.partage-noir.fr/la-vie-militante-d-emile-pouget</link>
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		<dc:date>2024-07-20T22:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Paul Delesalle</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;mile Pouget</dc:subject>
		<dc:subject>Paul Delesalle</dc:subject>
		<dc:subject>Victor Griffuelhes</dc:subject>
		<dc:subject>@narlivres</dc:subject>
		<dc:subject>CGT</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le Cri du Peuple&lt;/i&gt;, dans ses num&#233;ros du 29 juillet et 5 ao&#251;t 1931, a publi&#233; l'article ci-apr&#232;s : &lt;q&gt;Personne ne pouvait mieux retracer &#8212; pour les g&#233;n&#233;rations qui ne l'ont pas connu &#8212; la vie militante d'Emile Pouget que Paul Delesalle, son ami, son compagnon de luttes de quarante ann&#233;es et qui fut lui aussi, secr&#233;taire de la CGT, de la vraie CGT, celle d'hier, celle que nous travaillons &#224; reconstruire. &lt;/q&gt;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-emile-pouget-ad-memoriam-" rel="directory"&gt;Emile Pouget. Ad memoriam&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-emile-pouget-+" rel="tag"&gt;&#201;mile Pouget&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-paul-delesalle-+" rel="tag"&gt;Paul Delesalle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-victor-griffuelhes-+" rel="tag"&gt;Victor Griffuelhes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-source-narlivres-+" rel="tag"&gt;@narlivres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-cgt-+" rel="tag"&gt;CGT&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/arton1157-9f282.jpg?1774700089' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le Cri du Peuple&lt;/i&gt;, dans ses num&#233;ros du 29 juillet et 5 ao&#251;t 1931, a publi&#233; l'article ci-apr&#232;s :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Personne ne pouvait mieux retracer &#8212; pour les g&#233;n&#233;rations qui ne l'ont pas connu &#8212; la vie militante d'Emile Pouget que Paul Delesalle, son ami, son compagnon de luttes de quarante ann&#233;es et qui fut lui aussi, secr&#233;taire de la CGT, de la vraie CGT, celle d'hier, celle que nous travaillons &#224; reconstruire. &lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lundi 21 juillet, &#224; cinq heures du soir, une courte d&#233;p&#234;che, Emile plus mal, m'avertissait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre vieux camarade s'&#233;tait &#233;teint tout d'un coup dans son fauteuil vers 2 heures de l'apr&#232;s-midi, &#224; l'&#226;ge de 71 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les camarades du &lt;i&gt;Cri &lt;/i&gt; m'ont demand&#233; d'&#233;crire un article sur Emile Pouget. C'est une t&#226;che difficile tant sa vie, toute au service de la classe ouvri&#232;re, fut remplie. J'ai tent&#233; de le faire mais je me rends compte de l'insuffisance de mon papier. Ecrire une vie, m&#234;me r&#233;sum&#233;e, de Pouget, c'est &#233;crire l'histoire du mouvement prol&#233;tarien pendant plus de trente ann&#233;es et cela d&#233;passe, et de beaucoup, le cadre d'un article.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;sc&gt;La jeunesse&lt;/sc&gt; &lt;/h3&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_367 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;16&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH211/delesalle_paul-36b5f-45d63.jpg?1774787751' width='150' height='211' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Paul Delesalle&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Emile Pouget &#233;tait n&#233; en 1860, pr&#232;s de Rodez, dans le d&#233;partement de l'Aveyron. Son p&#232;re qui &#233;tait notaire, mourut de bonne heure. Sa m&#232;re se remaria et de ce fait sa vie fut en quelque sorte d&#233;sax&#233;e. N&#233;anmoins, son beau-p&#232;re, bon r&#233;publicain de l'&#233;poque, batailleur comme son beau-fils, perdit vite sa place de petit fonctionnaire pour avoir &#233;crit dans une petite feuille de combat qu'il avait du reste fond&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est au lyc&#233;e de Rodez o&#249; il commen&#231;a ses &#233;tudes que naquit sa passion pour le journalisme. Il fonda &#8212; &#224; 15 ans &#8212;son premier journal, le &lt;i&gt;Lyc&#233;en r&#233;publicain&lt;/i&gt;. Je n'ai pas besoin de dire comment ses ma&#238;tres accueillirent la petite feuille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1875, son beau-p&#232;re mourut. Il lui fallut quitter le lyc&#233;e pour gagner sa vie. Paris l'attira. Ce que furent ses d&#233;buts dans la capitale, je ne puis &#224; mon grand regret le dire ici dans leurs d&#233;tails. Employ&#233; dans un magasin de nouveaut&#233;s, il se mit, la t&#226;che termin&#233;e, &#224; courir les r&#233;unions publiques, les groupes avanc&#233;s et rapidement se donna tout entier &#224; la propagande r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour &#234;tre exact et complet, il me faudrait refaire ici l'histoire des scissions socialistes, la cr&#233;ation des premiers groupements anarchistes avec ce que l'on a appel&#233; &#224; l'&#233;poque le demi-quarteron.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais d&#233;j&#224;, l'anarchisme purement sp&#233;culatif et id&#233;aliste ne pouvait satisfaire un sens social prononc&#233; et d&#232;s 1879 il prit part &#224; la fondation, &#224; Paris, dit premier syndicat d'employ&#233;s. Il y a une telle unit&#233; de vie militante chez Pouget qu'il sut bient&#244;t d&#233;cider son syndicat &#224; publier la premi&#232;re en date des brochures antimilitaristes. Inutile de dite que de fut notre syndicaliste qui la r&#233;digea et j'ajoute qu'elle serait aujourd'hui impubliable aussi bien par la v&#233;h&#233;mence de son texte que par les conseils dont elle &#233;tait largement &#233;maill&#233;e...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vers les ann&#233;es 1882-1883, le ch&#244;mage s&#233;vissait &#224; Paris avec une certaine intensit&#233;, si bien que le 8 mars 1883 la Chambre syndicale des menuisiers convoquait les sans-travail &#224; un meeting et plein air qui devait se tenir sur l'esplanade des Invalides.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1520 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/png/sans_titre-1-5.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH230/sans_titre-1-5-b95f6-3208d.png?1774787751' width='150' height='230' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu, le meeting fut rapidement dissous par la police, mais deux groupes importants de manifestants se form&#232;rent : l'un prit le chemin de l'Elys&#233;e et fut rapidement dispers&#233;, l'autre, avec Louise Michel et Pouget, d&#233;vala vers le boulevard Saint-Germain. Rue du Four une boulangerie fut plus ou moins d&#233;valis&#233;e. Peut-&#234;tre raconterai-je un jour par le d&#233;tail ce que fut exactement cette randonn&#233;e telle que me la conta Pouget un 8 mars anniversaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, la manifestation continua et ce ne fut qu'arriv&#233;e place Maubert qu'elle se trouva en pr&#233;sence d'une force de police importante. Les agents s'&#233;tant pr&#233;cipit&#233;s pour arr&#234;ter Louise Michel, Pouget s'effor&#231;a de la d&#233;livrer ; il fut &#224; son tour arr&#234;t&#233; et conduit au poste. Quelque temps apr&#232;s, sous l'inculpation &#8212; inexacte &#8212; de pillage &#224; main arm&#233;e, il passait en cour d'assises. Louise &#233;tait condamn&#233;e &#224; six ans de r&#233;clusion, Pouget &#224; huit ans, peine qu'il dut purger &#224; la prison de droit commun de Melun. Il y resta trois ann&#233;es pleines et une amnistie intervenue, &#224; la suite d'une &#233;lection de Rochefort l'en tira au bout de ce temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La prison, bien au contraire, n'avait pas assagi le militant. Pour vivre, il s'occupa alors de repr&#233;sentation, voire de librairie en m&#234;me temps qu'il reprenait la propagande.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;sc&gt;&lt;i&gt;Le P&#232;re Peinard&lt;/i&gt;&lt;/sc&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Et la propagande le prit si bien que l'id&#233;e lui vint naturellement d'avoir un journal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le 24 f&#233;vrier 1889 que paru le premier num&#233;ro du &lt;i&gt;P&#232;re Peinard&lt;/i&gt; en petite brochure, rappelant les &lt;i&gt;Lanternes &lt;/i&gt; de Rochefort, &#233;crit &#224; la fa&#231;on imag&#233;e du&lt;i&gt; P&#232;re Duch&#234;ne&lt;/i&gt;, d'H&#233;bert, mais d'un style plus prol&#233;tarien. Dans l'un des premiers num&#233;ros, il reproduit la lettre d'un correspondant qui montre combien Pouget avait touch&#233; juste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Dans mon bureau il y a huit copains... Je leur fais lire le &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;P&#232;re Peinard&lt;/span&gt;. Ils sont malheureusement trop couillons pour l'acheter, mais je leur pr&#234;te, et il faut l'avouer, c'est la forme qui fait passer les id&#233;es qui y sont contenues. Donc cela prouve que vous avez raison. &lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et Pouget de r&#233;pondre : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;J'ai foutu ta lettre, cher copain, malgr&#233; la pommade que tu me passes : justement parce que tu as mis le doigt sur un des chouettes c&#244;t&#233;s de mes flanches&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La forme, en ceci, faisait passer le fond et c'est pourquoi les petits pamphlets de Pouget eurent un succ&#232;s dont on se rend difficilement compte aujourd'hui. Tant que dura le &lt;i&gt;P&#232;re Peinard &lt;/i&gt; &#8212; puis la &lt;i&gt;Sociale&lt;/i&gt;, &#8212; il y eut dans certains centres ouvriers une r&#233;elle agitation prol&#233;tarienne et je pourrais citer dix, vingt localit&#233;s ouvri&#232;res, telles Tr&#233;laz&#233;, Fourchambault o&#249; tout mouvement est tomb&#233; &#224; rien apr&#232;s la disparition de ses pamphlets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Paris, notamment, parmi les &#233;b&#233;nistes du faubourg Saint-Antoine, le mouvement revendicatif dura tant que v&#233;cut le &lt;i&gt;P&#232;re Peinard&lt;/i&gt;. Un petit br&#251;lot &lt;i&gt;Le Pot-&#224;-Colle&lt;/i&gt;, &#233;crit dans le m&#234;me style y parut m&#234;me vers les armes 1891-1893. Depuis, le faubourg est &#224; peu pr&#232;s rest&#233; en sommeil. Telle a &#233;t&#233; &#224; une certaine &#233;poque l'influence profonde de Pouget sur le mouvement ouvrier.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1521 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;17&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/png/sans_titre-cc.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH209/sans_titre-cc-af3cd-6abd9.png?1774787751' width='150' height='209' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;&lt;small&gt;Le P&#232;re Peinard&lt;/small&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Et cela n'est en rien surprenant car l'anarchisme de Pouget est avant tout et surtout prol&#233;tarien. D&#232;s les premiers num&#233;ros du &lt;i&gt;P&#232;re Peinard&lt;/i&gt;, il exalte les mouvements de gr&#232;ve, les num&#233;ros du 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; Mai sont uniquement consacr&#233;s &#224; encourager &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;les copains&lt;/q&gt; &#224; y prendre part. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; Mai est une occase qui peut tourner bien. Il suffirait pour cela que nos frangins, les troubades, l&#232;vent la crosse en l'air, comme en f&#233;vrier 1848, comme au 18 mars 1871, et &#231;a ne serait pas long du coup.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'un des premiers, il sent tout ce que l'on peut tirer de l'id&#233;e de &#171; Gr&#232;ve G&#233;n&#233;rale &#187; et d&#232;s 1889, il &#233;crit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Oui, nom de Dieu, y a plus que &#231;a aujourd'hui la Gr&#232;ve G&#233;n&#233;rale ! &lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Voyez-vous ce qui arriverait si dans quinze jours y avait plus de charbon. Les usines s'arr&#234;teraient, les grandes villes, n'auraient plus de gaz, les chemins de fer roupilleraient. &lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Du coup, le populo presque tout entier se reposerait. &#199;a lui donnerait le temps de r&#233;fl&#233;chir ; il comprendrait qu'il est salement vol&#233; par les patrons, et dame, il se pourrait bien qu'il leur secoue les puces dare-dare !&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et plus loin :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Donc une fois que les mineurs seraient tous en l'air, que la gr&#232;ve serait quasi g&#233;n&#233;rale, faudrait, nom de dieu, qu'ils se foutent &#224; turbiner pour leur propre compte ; la mine est &#224; eux, elle leur a &#233;t&#233; vol&#233;e par les richards ; qu'ils reprennent leur bien, mille bombes. &lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Et le jour o&#249;, assez marioles, y aura une tripot&#233;e de bons bougres qui commenceront le chabanais dans ce sens, eh bien ! foi de P&#232;re Peinard, le commencement de la fin sera arriv&#233; !&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;sc&gt;Un grand pamphl&#233;taire prol&#233;tarien&lt;/sc&gt; &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Mais si le mouvement ouvrier y tient une tr&#232;s grande place, tous les autres aspects de la question sociale, Pouget les passe au crible de son implacable censure ; aucune des tares de la soci&#233;t&#233; bourgeoise ne lui &#233;chappe ; une grande banque, &#171; Le Comptoir d'Escompte &#187;, vient-elle de sauter : son article &#171; Les Accapareurs &#187; serait &#224; citer en entier :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Gouvernants, bouffe-galette et financiers, c'est fripouille et C&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;ie&lt;/sup&gt;. Comme aujourd'hui, l'on a d&#233;cid&#233; une enqu&#234;te Je pr&#233;f&#232;re,&lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt; &#233;crit-il&lt;/span&gt;, le syst&#232;me de 89, c'&#233;tait mieux. Ainsi au mois de juillet 89, Berthier de Sauvigny &#233;tait accroch&#233; &#224; un r&#233;verb&#232;re, et un autre de ses copains, Foulon, &#233;tait massacr&#233;. Quand donc nous foutrons-nous &#224; appliquer &#224; nouveau ce syst&#232;me, pour faire passer le go&#251;t du pain &#224; toute la clique des Rothschild et des Schneider ? &lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'agitation &#224; l'ext&#233;rieur ne le laisse jamais indiff&#233;rent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi : &#171; Chez les copains d'&#224;-c&#244;t&#233; &#187; : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;En plus des gars d'Allemagne qui se tr&#233;moussent gaillardement, les Macaronis cassent la margoulette &#224; leurs grands proprios, les paysans serbes et bulgares, qualifi&#233;s de brigands par nos salopiots de journaleux, tapent sur leurs grosses l&#233;gumes... Y a pas jusqu'aux Angliches qui, malgr&#233; leur flegme et leur air gnangnan, y sont all&#233;s de leur petite gr&#232;ve. &lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ensuite &#171; Les Jean-foutreries militaires &#187;, critique de l'arm&#233;e, des &#171; saloperies de la caserne &#187; et c'est une charge &#224; fond &#8212; et quelle charge ! &#8212; de l'arm&#233;e et du militarisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Au Palais d'injustice &#187;, c'est la magistrature et la justice de classe et je ne vous dis que &#231;a, qui est &#224; son tour jug&#233;e comme elle le m&#233;rite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ce n'est pas tout. A chaque sursaut de l'opinion publique c'est un article, voire un num&#233;ro sp&#233;cial, car Pouget a, par-dessus tout, le sens exact de la propagande, de ce qu'il y a &#224; dire aux foules.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1522 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;47&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/png/sans_titre-3-12.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH239/sans_titre-3-12-65687-9b374.png?1774787751' width='150' height='239' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;a href=&#034;https://placard.ficedl.info/mot6978.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ficedl - Affiches - Le P&#232;re Peinard au populo&lt;/a&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Le tirage au sort lui est un bon pr&#233;texte, de m&#234;me l'anniversaire de la Commune ou du 14 juillet, et souvent un placard&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nombre de placards et affiches &#171; Le P&#232;re Peinard au Populo &#187; ont &#233;t&#233; tir&#233;s &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; accompagne le num&#233;ro du &lt;i&gt;P&#232;re Peinard&lt;/i&gt;. Pas un fait qui ne touche tant soit peu l'opinion ne le laisse indiff&#233;rent. C'est que Pouget est avant tout et surtout un journaliste-n&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais o&#249; la pol&#233;mique rev&#234;t une forme plus personnelle, bien que sans lui &#234;tre particuli&#232;re puisqu'elle est celle de tous les anarchistes &#224; cette &#233;poque, c'est dans sa critique du parlementarisme et de tout l'organisme &#233;tatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que ressuscitaient Pouget et les anarchistes de cette &#233;poque c'&#233;taient en r&#233;alit&#233; les anciennes luttes de la Premi&#232;re Internationale, le socialisme libertaire d'une part, repr&#233;sent&#233; par Bakounine et la F&#233;d&#233;ration dite Jurassienne, et le socialisme autoritaire de Marx.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Guesde, &#8212; le meilleur des repr&#233;sentants du socialisme autoritaire de l'&#233;poque &#8212; la b&#234;te noire de Pouget et qui le lui rendait bien, &#8212; allait partout clamant : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Envoyez au Parlement, vous classe ouvri&#232;re, la moiti&#233; des d&#233;put&#233;s plus un et la R&#233;volution ne sera pas loin d'&#234;tre un fait accompli&lt;/q&gt;. Ce &#224; quoi Pouget et ses amis r&#233;pondaient : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Groupez-vous dans vos Soci&#233;t&#233;s ouvri&#232;res, dans vos syndicats et emparez-vous des ateliers.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux m&#233;thodes qui mettaient et mettent aujourd'hui encore &#8212; aux prises, et de fa&#231;ons parfois violentes, socialistes libertaires et autoritaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et Pinget d'illustrer sa th&#232;se, aussi la pol&#233;mique est-elle acerbe. Qu'on en juge : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;C'est dimanche qu'elles ont lieu, ces sacr&#233;es &#233;lections ! Turellement c'est pas les candidats qui manquent ; y en a pour tous les go&#251;ts et de toutes les couleurs une truie n'y trouverait pas ses petits. &lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Mais, nom de dieu, si la couleur et l'&#233;tiquette des candidats changent, y a une chose qui ne varie pas : les boniments ! R&#233;acs, r&#233;publicains, boulangeards, socialos, etc., etc., tous promettent au populo de se faire mourir de fatigue ! &lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et un violent placard de d&#233;velopper sa d&#233;monstration.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;pression &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Mais une telle propagande, men&#233;e avec tant de vigueur, n'&#233;tait certes pas sans inconv&#233;nients. Les poursuites pleuvaient dru et si ses g&#233;rants &#233;copaient, Pouget, lui aussi, allait faire de temps &#224; autre des s&#233;jours &#224; Sainte-P&#233;lagie, la prison politique de l'&#233;poque, ce qui n'emp&#234;chait pas le&lt;i&gt; P&#232;re Peinard &lt;/i&gt; de para&#238;tre, des copains allant &#224; tour de r&#244;le chercher la copie &#224; prison m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une p&#233;riode d'agitation aussi intense &#8212; et il faut bien le dire, elle n'&#233;tait pas seule &#8212; avait exasp&#233;r&#233; certaines individualit&#233;s, une s&#233;rie d'attentats s'ensuivit avec, comme couronnement, l'assassinat &#224; Lyon du pr&#233;sident Carnot.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bourgeoisie, excit&#233;e par la presse &#224; son service, fut prise d'une frousse telle qu'elle ne crut trouver son salut que dans le vote par les Parlements d'une s&#233;rie de lois de r&#233;pression qualifi&#233;es justement, la peur pass&#233;e, de lois sc&#233;l&#233;rates.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les arrestations succ&#233;d&#232;rent aux perquisitions qui eurent lieu par centaines &#224; travers le pays et un grand proc&#232;s, dit &#171; Proc&#232;s des Trente &#187;, fut engag&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pouget et pas mal d'autres camarades mirent alors la fronti&#232;re entre eux et leurs pr&#233;tendus juges. L'exil commen&#231;ait pour lui et le 21 f&#233;vrier 1894, le 253&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; et dernier num&#233;ro de la premi&#232;re s&#233;rie du &lt;i&gt;P&#232;re Peinard&lt;/i&gt; paraissait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;fugi&#233; &#224; Londres o&#249; il retrouva Louise Michel, ce serait mal conna&#238;tre notre camarade que de croire qu'il allait s'arr&#234;ter, et en septembre de la m&#234;me ann&#233;e le premier num&#233;ro de la s&#233;rie londonienne du &lt;i&gt;P&#232;re Peinard &lt;/i&gt; paraissait. Huit num&#233;ros parurent jusqu'en janvier 1895.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'exil n'&#233;tait pas une solution, la bourgeoisie se sentait un peu rassur&#233;e, Pouget revint en France pour purger sa contumace et fut acquitt&#233; comme l'avaient du reste &#233;t&#233; tous ses co-accus&#233;s du &#171; Proc&#232;s des Trente &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes ces p&#233;rip&#233;ties n'avaient en rien alt&#233;r&#233; l'ardeur du militant ; cela ne tra&#238;na pas ; le 11 mai de la m&#234;me ann&#233;e paressait &lt;i&gt;La Sociale&lt;/i&gt; qui succ&#233;dait au &lt;i&gt;P&#232;re Peinard&lt;/i&gt;, dont son fondateur dateur, pour de multiples raisons, n'avait pu reprendre, momentan&#233;ment le titre (qui ne fut repris qu'en octobre 1896).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ces deux nouveaux n&#233;s de Pouget, que dire sinon qu'ils furent &#233;gaux, par l'intensit&#233; de la propagande, &#224; leur a&#238;n&#233; ? M&#234;me courage &#8212; plus de courage m&#234;me, car les &#171; Lois sc&#233;l&#233;rates &#187; aggravaient les difficult&#233;s &#8212; et m&#234;me vaillance. C'est de cette &#233;poque que datent les fameux &lt;i&gt;Almanachs du P&#232;re Peinard&lt;/i&gt;, de nombreuses brochures de propagande dont l'une, entre autres, sign&#233;e Pouget, &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k856091z.texteImage&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les variations Guesdistes&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, fit quelque bruit dans le landerneau du socialisme politicien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-&#234;tre est-ce le moment de rappeler que l'artiste chez Pouget n'&#233;tait pas inf&#233;rieur au propagandiste et &#224; l'&#233;crivain. Chaque semaine une page du &lt;i&gt;P&#232;re Peinard&lt;/i&gt; &#233;tait r&#233;serv&#233;e &#224; l'illustration, et ses dessins si v&#233;h&#233;ments &#233;taient souvent sign&#233;s d'artistes tels Maximilien Luce qui se sont fait depuis une place de premier plan parmi les meilleurs peintres de ces cinquante derni&#232;res ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1458 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH200/pissarro-portrait-216f4-9f424.jpg?1774768698' width='150' height='200' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Camille Pissarro&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Les dessins des &lt;i&gt;Almanachs du P&#232;re Peinard &lt;/i&gt; sont sign&#233;s Camille Pissaro et des fils de ce grand artiste et Paul Signac apporta parfois sa collaboration &#224; l'&#339;uvre de Pouget.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une belle exposition des &#339;uvres du plus grand des sculpteurs du labeur prol&#233;tarien : Constantin Meunier, ayant lieu &#224; Paris, ne pouvait laisser Pouget indiff&#233;rent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son ami de toujours, Maximilien Luce, fit de superbes croquis de l'&#339;uvre de Constantin Meunier et de la collaboration de ces deux grands artistes qui eurent mieux que tous autres, le sens de la beaut&#233; du labeur ouvrier, sortit le bel album : &lt;i&gt;Les Gueules Noires&lt;/i&gt;, qu'&#233;dita Emile Pouget.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vint l'affaire Dreyfus. Pouget l&#224; encore ne pouvait pas rester indiff&#233;rent. Il se jeta dans la bataille, mais ce fut pour r&#233;clamer la justice aussi pour les anarchistes envoy&#233;s au bagne et qui se mouraient aux Iles du Salut, qui leur &#233;taient &#224; cette &#233;poque sp&#233;cialement affect&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par de multiples articles, par sa brochure, &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k836767.texteImage&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les lois sc&#233;l&#233;rates&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, &#233;crite en collaboration avec Francis de Pressens&#233;, il r&#233;ussit &#224; attirer l'attention des masses, et les gouvernants de l'&#233;poque durent mettre en libert&#233; quelques-uns de ceux qui restaient d'une pr&#233;tendue r&#233;volte habilement machin&#233;e ant&#233;rieurement par l'administration du bagne.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;i&gt;La Voix du peuple&lt;/i&gt; &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes arriv&#233;s &#224; l'ann&#233;e 1898. La Conf&#233;d&#233;ration G&#233;n&#233;rale du Travail prend un d&#233;veloppement de plus en plus grand, une importance sociale toujours plus forte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Congr&#232;s de Toulouse (1897), sous l'impulsion de Pouget, avait adopt&#233; un important rapport sur &lt;i&gt;Le Boycottage et le Sabotage&lt;/i&gt;, qui apportait &#224; la classe ouvri&#232;re une nouvelle forme de lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, et c'&#233;tait l&#224; son id&#233;e la plus ch&#232;re, il avait envisag&#233; de doter la classe ouvri&#232;re d'un organe de combat exclusivement r&#233;dig&#233; par les int&#233;ress&#233;s. D&#233;j&#224; un premier v&#339;u dans ce sens avait &#233;t&#233; adopt&#233; au Congr&#232;s de Toulouse, puis repris au Congr&#232;s de Rennes. Il s'agissait alors dans l'esprit des camarades d'un journal quotidien, projet auquel l'on dut renoncer par la suite, en pr&#233;sence de difficult&#233;s financi&#232;res de tout ordre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'importe, l'id&#233;e &#233;tait lanc&#233;e et il est bon de le rappeler ici, c'est aussi gr&#226;ce &#224; la t&#233;nacit&#233; de Pouget que le premier num&#233;ro de la &lt;i&gt;Voix du Peuple &lt;/i&gt; paraissait le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; d&#233;cembre 1900.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1523 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;61&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/arton5954.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH212/arton5954-a9339-592f4.jpg?1774787751' width='150' height='212' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;&#171; Ah ! jean-foutre ! tu as tir&#233; sur le Peuple ! &#187;&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Pouget, nomm&#233; secr&#233;taire adjoint de la CGT, section des F&#233;d&#233;rations, &#233;tait charg&#233; d'assurer la parution hebdomadaire du journal. Gr&#226;ce &#224; son effort pers&#233;v&#233;rant et aid&#233; par Fernand Pelloutier, la classe ouvri&#232;re pour la premi&#232;re fois &#233;tait dot&#233;e d'un organe bien &#224; elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur les difficult&#233;s du d&#233;but, difficult&#233;s de tous ordres, morales surtout, car on ne voyait pas d'un bon &#339;il dans certains milieux le nouvel organe, je ne m'&#233;tendrai pas. Il me faudrait refaire en quelque sorte l'historique des d&#233;buts du syndicalisme de ce que des camarades ont surnomm&#233; les temps h&#233;ro&#239;ques de la CGT et dont d'autres ont pens&#233; et pensent encore qu'ils ont &#233;t&#233; l'un des moments les plus beaux de l'histoire du mouvement ouvrier fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il me serait facile, la collection de&lt;i&gt; La Voix du Peuple&lt;/i&gt; aidant, de reprendre une &#224; une les campagnes de tous ordres, lutte contre les bureaux de placements, repos hebdomadaire, journ&#233;e de huit heures, lutte contre les iniquit&#233;s les plus diverses auxquelles le nom d'&#201;mile Pouget est constamment m&#234;l&#233; et toujours au premier plan de la bataille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est toute la classe ouvri&#232;re qui luttait par sa plume.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il me faut cependant rappeler ces beaux et inoubliables num&#233;ros sp&#233;ciaux sur &#171; Le tirage au sort &#187;, sur &#171; Le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; Mai &#187;, con&#231;us et mis en valeur d'une telle fa&#231;on qu'il n'est pas exag&#233;r&#233; de dire que jamais une telle intensit&#233; de propagande n'a &#233;t&#233; d&#233;pass&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappellerai-je aussi la campagne pour la journ&#233;e de huit heures, ayant son aboutissement au 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; mai 1906 ? Il faut avoir v&#233;cu cette &#233;poque au c&#244;t&#233; de Pouget pour savoir quelle science &#8212; le mot ne me parait pas trop fort &#8212; de la propagande il d&#233;ploya alors. Second&#233; par son &lt;i&gt;alter ego&lt;/i&gt; Victor Griffuelhes, pendant pr&#232;s de deux ann&#233;es, ils surent trouver chaque fois du nouveau pour tenir en haleine la masse des travailleurs qui parfois a trop tendance &#224; douter d'elle-m&#234;me. Il n'est donc pas exag&#233;r&#233; de dire que si l&#224; o&#249; elle sait l'imposer int&#233;gralement, la classe ouvri&#232;re jouit de la journ&#233;e de huit heures, elle le doit pour une part assez appr&#233;ciable &#224; &#201;mile Pouget.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il suffit de reprendre la collection des Congr&#232;s de la CGT entre 1896 et 1907 pour bien juger de l'influence profonde qu'il exer&#231;a sur ces assises du travail. Ses rapports, ses interventions et surtout son travail effectif au sein des commissions sont encore les plus s&#251;rs garants de ce que lui doit le syndicalisme. Rappellerai-je qu'&#224; Amiens c'est lui qui tint la plume et que la motion, qui aujourd'hui encore reste la charte du v&#233;ritable syndicalisme, est en partie son &#339;uvre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut rappeler aussi, en dehors des nombreuses brochures qu'il signa, et dont on trouvera plus loin une liste que je crains incompl&#232;te, sa collaboration &#224; nombre de petits journaux ouvriers et aussi ses grands articles parus dans le &lt;i&gt;Mouvement socialiste&lt;/i&gt; d'Hubert Lagardelle, &#233;tudes si substantielles qu'il sera impossible de les ignorer lorsque l'on voudra &#224; l'avenir &#233;tudier plus que superficiellement les origines et les m&#233;thodes du Mouvement syndicaliste en France.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;sc&gt;La r&#233;volution - Villeneuve-Saint-Georges - La retraite&lt;/sc&gt; &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Journaliste n&#233;, je l'ai d&#233;j&#224; dit, Pouget eut toute sa vie comme la hantise d'un journal quotidien, mais d'un journal prol&#233;tarien refl&#233;tant exclusivement les aspirations de la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est alors ce qu'il tenta en fondant avec d'autres camarades,&lt;i&gt; La R&#233;volution&lt;/i&gt;. Griffuelhes en &#233;tait, Monatte aussi. Malheureusement, il faut pour cela beaucoup d'argent pour faire vivre un journal quotidien et l'aide escompt&#233;e n'&#233;tant pas venue, &lt;i&gt;La R&#233;volution&lt;/i&gt; dut, au bout de quelques mois, cesser de para&#238;tre. Ce fut bien l&#224; l'un des plus grands cr&#232;ve-c&#339;ur de sa vie de voir sombrer l'&#339;uvre qu'il avait si ardemment d&#233;sir&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1524 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/png/sans_titre-4-7.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH281/sans_titre-4-7-01d75.png?1774800660' width='500' height='281' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Gr&#232;ve Draveil 1908&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Je pourrais presque m'arr&#234;ter ici mais il me faut bien rappeler l'affaire de Draveil-Villeneuve-Saint-Georges. Il semble bien en effet, avec le recul des ann&#233;es, que cette mis&#233;rable et triste journ&#233;e ait &#233;t&#233; voulue par Clemenceau. C'&#233;tait du reste l'opinion de Griffuelhes autant que celle de Pouget. Des poursuites furent engag&#233;es contre un certain nombre de militants et naturellement Pouget &#233;tait du nombre. Mais au bout de plus de deux mois pass&#233;s &#224; la prison de Corbeil, l'accusation dut &#234;tre abandonn&#233;e et il n'est pas exag&#233;r&#233; de dire que si le proc&#232;s &#233;tait venu, le banc d'infamie n'aurait sans doute pas &#233;t&#233; celui des accus&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais d&#233;j&#224; la sant&#233; de Pouget, qui &#233;tait notre a&#238;n&#233; d'une bonne dizaine d'ann&#233;es, commen&#231;ait &#224; laisser &#224; d&#233;sirer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la longue, la lutte telle qu'il la comprenait use quelque peu son homme. Le repos pour lui consista alors &#224; se remettre au travail pour gagner sa vie et jusqu'au jour o&#249; la maladie le terrassa, il n'arr&#234;ta pas &#8212; bien qu'&#226;g&#233; de 71 ans &#8212; de travailler. Telle fut la vie, trop largement esquiss&#233;e ici, de cet admirable lutteur, que la classe ouvri&#232;re, pour qui il a donn&#233; plus que le meilleur de lui-m&#234;me, semble aujourd'hui avoir par trop oubli&#233;. Mais de cela Pouget n'avait cure. Il lui a suffi d'avoir toujours travaill&#233; suivant ses id&#233;es pour trouver en elles toutes les satisfactions qu'il attendait de la vie. Car cet homme si simple, si cordial, si bon camarade, si courageux souvent, &#233;tait un rude homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camarades qui venez de me lire, vous pouvez m'en croire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Nombre de placards et affiches &#171; Le P&#232;re Peinard au Populo &#187; ont &#233;t&#233; tir&#233;s &#224; plus de 20 000 exemplaires, et je pourrais en citer plus de trente.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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