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	<title>PARTAGE NOIR</title>
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		<title>PARTAGE NOIR</title>
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		<title>Antoine Cyvoct, premier martyr de l'anarchie </title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Laurent Gallet</dc:creator>


		<dc:subject>Antoine Cyvoct</dc:subject>
		<dc:subject>Archives Autonomies</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Une d&#233;cennie avant les comparses de Ravachol, avant L&#233;authier et Meunier, le Lyonnais Antoine Cyvoct fut envoy&#233; au bagne &#224; l'occasion de la premi&#232;re affaire retentissante de propagande par le fait en France. Sa vie est celle de son combat pour faire reconna&#238;tre son innocence. &lt;br class='autobr' /&gt; Antoine Cyvoct est inconnu des autorit&#233;s avant la date du 7 ao&#251;t 1882, o&#249; il est d&#233;sign&#233; nouveau g&#233;rant du journal anarchiste L'&#201;tendard r&#233;volutionnaire lors d'une r&#233;union g&#233;n&#233;rale des groupes de la f&#233;d&#233;ration (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-gavroche-no166-avril-juin-2011-" rel="directory"&gt;Gavroche n&#176;166 - Avril-Juin 2011&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-antoine-cyvoct-+" rel="tag"&gt;Antoine Cyvoct&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-source-fragments-d-histoire-de-la-gauche-radicale-+" rel="tag"&gt;Archives Autonomies&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/sans_titre-3_copie-6953d.jpg?1774704157' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Une d&#233;cennie avant les comparses de Ravachol, avant L&#233;authier et Meunier, le Lyonnais Antoine Cyvoct fut envoy&#233; au bagne &#224; l'occasion de la premi&#232;re affaire retentissante de propagande par le fait en France. Sa vie est celle de son combat pour faire reconna&#238;tre son innocence.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Antoine Cyvoct est inconnu des autorit&#233;s avant la date du 7 ao&#251;t 1882, o&#249; il est d&#233;sign&#233; nouveau g&#233;rant du journal anarchiste &lt;i&gt;L'&#201;tendard r&#233;volutionnaire &lt;/i&gt; lors d'une r&#233;union g&#233;n&#233;rale des groupes de la f&#233;d&#233;ration r&#233;volutionnaire lyonnaise. Il garde la g&#233;rance du journal le temps de cinq num&#233;ros parus entre le 13 ao&#251;t et le 10 septembre 1882 et prend la parole lors de cinq r&#233;unions jusqu'au 4 octobre. Trois jours apr&#232;s, il est interrog&#233; par le juge d'instruction Rigot, sur l'inculpation d'avoir &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;directement provoqu&#233; &#224; commettre les crimes de meurtre, de pillage et d'incendie sans que cette provocation ait &#233;t&#233; suivie d'effets &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A.D.Rh&#244;ne 2U464, dossier Cyvoct-Bonthoux, interrogatoire de Cyvoct. dat&#233; du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/q&gt;. L'accusation, qui a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; utilis&#233;e les mois pr&#233;c&#233;dents avec succ&#232;s contre les anarchistes Dejoux d'une part, puis Bonthoux et Crestin d'autre part, repose sur un discours prononc&#233; par Antoine lors d'une r&#233;union tenue &#224; la Croix-Rousse le 16 ao&#251;t 1882. Se voyant menac&#233; d'une poursuite, Cyvoct d&#233;cide de ne pas attendre un proc&#232;s qui pourrait pourtant lui servir de tribune publique et quitte la France. Ce faisant, il met &#233;galement en pratique cette gr&#232;ve des conscrits qu'il a pr&#233;conis&#233;e en r&#233;union publique. Le 10 octobre 1882, il &#233;crit &#224; ses parents une lettre post&#233;e depuis Gen&#232;ve, puis le lendemain, gagne Lausanne o&#249;, sous un nom d'emprunt, il loge chez les &#233;poux Hermenjat, une adresse que lui a sans doute fournie Dejoux suite &#224; son propre exil dans cette ville. Il s&#233;journe chez les Hermenjat depuis environ 10 jours lorsqu'un double attentat secoue Lyon et sa population. En effet, le lundi 23 octobre, &#224; plus de 23 heures d'intervalle, deux bombes agitent les nuits lyonnaises. C'est d'abord, entre minuit trente et une heure moins le quart, le caf&#233;-restaurant L'Assommoir, situ&#233; dans le sous-sol du th&#233;&#226;tre Bellecour, qui voit l'un de ses employ&#233;s Louis Miodre &#234;tre la victime d'une explosion qui blesse en outre plusieurs personnes. C'est ensuite, &#224; 23 heures 45, la caserne de recrutement militaire de la vitriolerie qui subit des d&#233;g&#226;ts mat&#233;riels assez peu importants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gustave Chenier, le seul t&#233;moin pouvant dresser le portrait d'un suspect compatible avec la physionomie de Cyvoct dans ce second attentat ne se d&#233;clare que le 2 mai 1881 et malgr&#233; ce laps de temps, n'h&#233;site pas &#224; donner un signalement si pr&#233;cis qu'il correspond &#224; celui de Cyvoct jusque dans la taille estim&#233;e du suspect que Chenier peut encore situer, plus de sept mois apr&#232;s l'attentat, dans un intervalle de 2 centim&#232;tres.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5061 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/preview_page0_source_1_.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH228/preview_page0_source_1_-45a6f-339ad.jpg?1774757376' width='150' height='228' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;En revanche, pour l'attentat de L'Assommoir, divers t&#233;moignages rapportent que deux hommes et une femme ont quitt&#233; les lieux quelques secondes avant l'explosion. La description du pseudo-Cyvoct faite par le gar&#231;on de caf&#233; Flot, d&#233;tach&#233; au service du box n&#176; 2 d'o&#249; est partie l'explosion m&#232;ne &#224; une premi&#232;re arrestation. En effet, un &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;d&#233;tail caract&#233;ristique&lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A.D Rh&#244;ne 2U464. dossier Cyvoct-Assommoir, acte d'accusation dat&#233; du 23-11-1883.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/q&gt; remarqu&#233; par Flot et d'autres t&#233;moins, un pince-nez &#224; verres bleus que portait l'un des deux hommes, conduit la police lyonnaise &#224; arr&#234;ter, le 25 octobre, un anarchiste caladois, Antoine Desgranges. Celui-ci s'est fait remarquer le 21 octobre dans une r&#233;union &#224; Villefranche au cours de laquelle il a invectiv&#233; les bourgeois de L'Assommoir prostituant les filles du peuple. Desgranges confront&#233; et innocent&#233;, le commissaire sp&#233;cial annonce au procureur de la R&#233;publique que Cyvoct, introuvable depuis le 9 octobre dernier, est revenu &#224; Lyon le 23 pour repartir le 24 et qu'il &#233;tait porteur d'un lorgnon &#224; verres bleus. Au proc&#232;s de Cyvoct, les 11 et 12 d&#233;cembre 1883, le commissaire sp&#233;cial Perraudin se retranchera derri&#232;re un inexistant secret professionnel afin de ne pas r&#233;v&#233;ler ses sources d'informations. Il n'a pas oubli&#233; qu'en ce d&#233;but d'ann&#233;e 1883, lors du proc&#232;s des 66 anarchistes, mis &#224; mal par trois avocats qui lui demandent de venir citer ses sources d'informations, Perraudin a &#233;t&#233; sauv&#233; par le procureur qui &#233;luda la question en faisant valoir le secret professionnel du commissaire. Il faut dire que l'origine des renseignements que fournit Perraudin &#224; la justice provient d'individus infiltr&#233;s et pay&#233;s sur le budget du commissariat sp&#233;cial. Le r&#244;le de l'un de ces indicateurs est publiquement d&#233;nonc&#233; lors du proc&#232;s des 66 et Cyvoct le d&#233;nonce encore une fois lors de son proc&#232;s pour le double attentat, comme &#233;tant &#224; l'origine de la machination. Le 10 juillet 1882, ce personnage, Aristide Valadier, &#233;crit une lettre au pr&#233;fet du Rh&#244;ne dans laquelle il demande une aide sous forme d'argent en &#233;change de renseignements qu'il pourrait lui fournir car, dit-il, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;les circonstances ont fait de moi l'un des principaux r&#233;dacteurs d'une feuille hebdomadaire qui ne vous est point inconnue : &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;Le Droit social&lt;/span&gt;, organe anarchiste r&#233;volutionnaire &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le progr&#232;s, dat&#233; du 22-10-1882.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/q&gt;. C'est dans ce journal, anc&#234;tre de &lt;i&gt;L'&#201;tendard r&#233;volutionnaire&lt;/i&gt;, qu'avait paru, le 12 mars pr&#233;c&#233;dent, un article incendiaire intitul&#233; &#171; Un bouge &#187; qui incitait &#224; &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;d&#233;truire les repaires de bourgeois&lt;/q&gt; tel que L'Assommoir. Cyvoct, dans &lt;i&gt;L'Hydre anarchiste&lt;/i&gt;, &#224; partir du 9 mars 1884, puis dans &lt;i&gt;L'Alarme &lt;/i&gt; qui lui succ&#233;da, accuse Valadier d'&#234;tre l'auteur de l'article. Plus tard, Bordat, l'un des condamn&#233;s du proc&#232;s des 66, l'innocente de ce grief : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;L'auteur de cet article &#233;tait Damians fils, demeurant rue Tolozan &#224; Lyon, qui fut plus tard compromis dans le fameux proc&#232;s de l'Internationale et qui, gr&#226;ce &#224; sa l&#226;chet&#233;, ne fut condamn&#233; qu'&#224; six mois... &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lettre &#224; S&#233;bastien Faure parue dans Le Libertaire n&#176; 6, 21-28 d&#233;cembre 1895.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/q&gt;. Un autre des condamn&#233;s, Joseph Bonthoux, affirme dans une lettre du 5 novembre 1897 publi&#233;e dans &lt;i&gt;L'Aurore &lt;/i&gt; du 2 janvier 1898 que l'auteur des quelques lignes &#233;tait &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;un nomm&#233; D..., tisseur, alors apprenti dans l'imprimerie o&#249; se publiait &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;Le Droit social&lt;/span&gt;&lt;/q&gt; et affirme l'innocence de Cyvoct tant au sujet de l'article incrimin&#233; que de l'attentat. Enfin Damians lui-m&#234;me, dans une lettre dat&#233;e du 31 octobre 1902 confirme en tout point ce qu'affirmait Cyvoct en 1884 : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;... je reconnais &#234;tre le signataire [...] l'auteur v&#233;ritable est ce Monsieur Daladier, qui joua un si vilain r&#244;le dans toute cette affaire &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Archives Nationales, BB 18 6262, dossier de r&#233;vision, lettre de Damians, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, cet indicateur n'est pas seul &#224; avoir forg&#233; la pr&#233;somption de culpabilit&#233; de Cyvoct. En effet, au cours de l'instruction de son proc&#232;s, Cyvoct entre en conflit avec le juge Cuaz. Le 25 juillet 1883 il lui adresse une lettre dans laquelle il lui reproche sa partialit&#233; et sa conduite des auditions des t&#233;moins. Il l'accuse de chercher &#224; orienter les r&#233;ponses de quatre t&#233;moins pour les faire conclure &#224; la ressemblance entre Cyvoct et l'individu de L'Assommoir, mais aussi d'avoir laiss&#233; Flot communiquer avec les autres t&#233;moins. Dans l'imm&#233;diat, afin de contrer les accusations de Cyvoct, le juge d'instruction Rigot, qui remplace Cuaz pendant ses vacances, interroge &#224; nouveau les quatre t&#233;moins et man&#339;uvre habilement en leur demandant s'ils reconnaissent avoir subi une &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;pression quelconque &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A.D.Rh&#244;ne 2U464, dossier Cyvoct-Assommoir, interrogatoires dat&#233;s du 18-08-1883.&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/q&gt; lors des confrontations. En leur demandant donc s'ils admettent que l'on puisse se jouer si facilement de leur libre arbitre, Rigot obtient les r&#233;ponses n&#233;gatives qu'il peut esp&#233;rer &#8212; le patron de L'Assommoir, par exemple, estime n&#233;cessaire de r&#233;p&#233;ter par trois fois qu'il n'est &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;pas homme &#224; &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;[s]&lt;/span&gt;e laisser influencer par qui que ce soit&lt;/q&gt;. Cyvoct est donc condamn&#233; &#224; un mois de prison pour outrage &#224; magistrat. Ce conflit avec Cuaz conduit ce dernier &#224; se d&#233;charger de l'affaire au profit d'un autre de ses coll&#232;gues, le juge Vial. Celui-ci va r&#233;ussir &#224; retourner trois t&#233;moins dans le sens de l'accusation. Une voisine de Cyvoct qui, auditionn&#233;e par Cuaz, innocentait l'anarchiste, jette maintenant sur lui une lourde suspicion. Un autre qui, devant Cuaz, se montrait bien timor&#233; dans son accusation devient empli de certitudes. Et puis un gendarme qui donnait un calendrier des &#233;v&#233;nements ne co&#239;ncidant pas avec la version officielle le rectifie pour qu'il soit conforme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est pas jusqu'aux jur&#233;s dont les magistrats ne se soient jou&#233;s. Interrog&#233; sur la culpabilit&#233; d'assassinat, le jury r&#233;pond par la n&#233;gative. Sur la complicit&#233;, il ne r&#233;pond par l'affirmative qu'&#224; la question d'avoir &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;par machinations ou artifices coupables, provoqu&#233; &#224; ce meurtre, ou d'avoir donn&#233; des instructions pour le commettre &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A.D.Rh&#244;ne 2U176, arr&#234;t de la cour d'assises du Rh&#244;ne, dat&#233; du 12-12-1883.&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/q&gt;. D&#232;s le lendemain du verdict, les autorit&#233;s administratives et judiciaires forgent le mythe de la clairvoyance des jur&#233;s qui, d'apr&#232;s le Procureur G&#233;n&#233;ral de Lyon Fabreguettes, lui aurait permis de faire preuve &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;d'une grande fermet&#233; et d'un v&#233;ritable discernement. Ils ont statu&#233; en connaissance de cause, sachant que la condamnation &#224; mort devait &#234;tre le r&#233;sultat du refus des circonstances att&#233;nuantes. Ils comprenaient la n&#233;cessit&#233; d'un exemple &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Archives Nationales, BB 24 2055, dossier 12363 S 1883, lettre du Procureur (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/q&gt; et que &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;sa r&#233;ponse n&#233;gative sur la question principale a permis de soutenir que Cyvoct n'&#233;tait pas l'auteur direct, bien que, d'apr&#232;s mes renseignements le jury f&#251;t convaincu de sa participation &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Archives Nationales, BB 24 2055, dossier 12363 S 1883, rapport du minist&#232;re (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/q&gt;. Or, ce n'est pas l&#224; l'opinion de l'un de ces jur&#233;s qui, interrog&#233; presque 14 ann&#233;es plus tard r&#233;v&#232;le les dessous de la prise de d&#233;cision collective. &#192; la question de la culpabilit&#233; par &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;machinations ou artifices coupables&lt;/q&gt;, ce jur&#233; reconna&#238;t qu'il pensait que cette demande visait l'article de journal &#171; Un bouge &#187; et qu'il s'agissait donc d'une provocation par la presse suivie d'effet. La peine de mort prononc&#233;e pour un d&#233;lit de presse stup&#233;fie tant les jur&#233;s que onze sur douze s'empressent de signer un recours en gr&#226;ce pour Cyvoct. Le seul jur&#233; qui avait bien compris o&#249; les emmen&#232;rent les magistrats, et qui s'abstint de signer le recours, &#233;tait avocat.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;DES PROC&#200;S COMME S'IL EN PLEUVAIT &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Entre le double attentat du 23 octobre 1882 et son proc&#232;s le 11 et 12 d&#233;cembre 1883, Cyvoct vit quelque temps en Suisse o&#249; il ne trouve pas de travail et part pour la Belgique o&#249; sa situation ne s'am&#233;liore gu&#232;re. Il se trouve &#224; Verviers le 6 d&#233;cembre 1882 lorsqu'il est condamn&#233;, par d&#233;faut, avec Bonthoux, &#224; 2 ans de prison et 3 000 francs d'amende pour les discours tenus le 16 ao&#251;t pr&#233;c&#233;dent. Puis, on l'implique dans le proc&#232;s dit des 66 qui s'ouvre &#224; Lyon le 8 janvier 1883. Si la justice ne peut formellement accuser les anarchistes d'&#234;tre impliqu&#233;s &#224; la fois dans les explosions de Lyon et dans les troubles de Montceau-les-Mines, le point de d&#233;part de l'information r&#233;sulte d'un attentat &#224; la dynamite, commis dans la nuit du 12 au 13 octobre 1882 contre la maison d'un industriel de Saint-Vallier, intervenu le lendemain de l'affichage de placards anarchistes envoy&#233;s par Bordat. Selon l'importance des charges retenues contre eux, les pr&#233;venus avaient &#233;t&#233; class&#233;s en deux cat&#233;gories. Cyvoct, pr&#233;venu de la seconde cat&#233;gorie, fut condamn&#233; par d&#233;faut &#224; cinq ans de prison, 2 000 F d'amende et cinq ans d'interdiction des droits civils.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il r&#233;side alors &#224; Bruxelles et ne trouvant toujours pas de travail, s'inscrit alors au cours de chimie de l'&#233;cole industrielle de Bruxelles avec son ami Paul M&#233;tayer. Le 23 f&#233;vrier 1883, ils essaient de reproduire les cours dispens&#233;s &#224; l'&#233;cole. L'exp&#233;rience tourne mal car, alors qu'ils gagnent la campagne environnant Bruxelles, un engin explose dans la poche de M&#233;tayer en lui causant des blessures fatales. Au cours de son interrogatoire, qu'il refuse de signer, Cyvoct affirme qu'il enseignait &#224; M&#233;tayer comment &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;faire des feux d'artifices en attendant de faire des bombes &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Archives g&#233;n&#233;rales du Royaume de Belgique. Tribunal Correctionnel de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/q&gt;. Poursuivi le 28 f&#233;vrier pour usage de faux nom et fabrication d'armes prohib&#233;es, son affaire est le pr&#233;lude &#224; une s&#233;rie d'arrestation d'anarchistes &#233;trangers install&#233;s en Belgique. Ce complot nihiliste se r&#233;duit toutefois &#224; peau de chagrin puisque seules sont prononc&#233;es des peines pour usage de fausses identit&#233;s et de faux en &#233;criture. Le parquet de Bruxelles abandonne &#233;galement au b&#233;n&#233;fice de Cyvoct la pr&#233;vention de fabrication d'armes prohib&#233;es. Le 30 mai 1883, il passe en audience devant le Tribunal de Premi&#232;re Instance qui le condamne &#224; deux peines de 8 jours de prison et 26 francs d'amende pour port public de faux nom, une peine d'un mois de prison et 50 francs d'amende pour usage d'un faux passeport et une peine de trois mois de prison et 26 francs d'amende pour complicit&#233; de faux en &#233;criture.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;AU BAGNE &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Extrad&#233; puis condamn&#233; &#224; mort dans l'affaire de L'Assommoir, l'anarchiste lyonnais voit sa peine commu&#233;e en travaux forc&#233;s &#224; perp&#233;tuit&#233; le 22 f&#233;vrier 1884. Le 8 mars 1884, il est transf&#233;r&#233; &#224; Saint-Martin-de-R&#233; o&#249; il arrive deux jours plus tard et d'o&#249; il part pour le bagne de Nouvelle-Cal&#233;donie le 6 juin suivant. Il arrive dans la colonie p&#233;nitentiaire le 2 octobre 1884. Le 29 mars 1887, il voit arriver &#224; &#171; La Nouvelle &#187; Charles Gallo, un coreligionnaire politique condamn&#233; &#224; 20 ans de bagne pour avoir jet&#233; une bouteille d'acide prussique et tir&#233; trois coups de feu &#224; l'int&#233;rieur de la Bourse de Paris. Par la suite, les anarchistes seront envoy&#233;s en Guyane. Le 13 juillet 1889, sa peine est une nouvelle fois commu&#233;e en quinze ann&#233;es de travaux forc&#233;s. La mesure ne prenant effet qu'&#224; partir de la promulgation du d&#233;cret, Cyvoct devient lib&#233;rable en 1904, soit au bout de 20 ann&#233;es de bagne. Le 14 janvier 1891, il &#233;cope de 30 nuits de prison pour r&#233;clamation non-fond&#233;e &#224; propos des vivres et insolence envers les m&#233;decins. Cyvoct se croyait atteint de scorbut et se plaignait de d&#233;faut de soins. Dans le m&#234;me temps, il &#233;crit au directeur de l'administration p&#233;nitentiaire, Armand de la Loy&#232;re, pour se plaindre de la nourriture, lui affirmant que tout ce qu'il trouve de l&#233;gume chaque jour dans sa gamelle &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;pourrait facilement tenir dans un d&#233; &#224; coudre &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;CAOM, H143/Cyvoct, lettre de Cyvoct dat&#233;e du 24-12-1890.&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/q&gt;. Il r&#233;it&#232;re ses accusations de d&#233;faut de soins contre les m&#233;decins du bagne le 23 avril suivant et re&#231;oit la m&#234;me punition. Fin 1893, &#224; la suite de l'attentat de Vaillant &#224; la chambre des d&#233;put&#233;s, il &#233;crit &#224; ses parents sa d&#233;ception de voir une nouvelle demande d'amnistie enterr&#233;e par cet &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;attentat stupide &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;CAOM, H143/Cyvoct, lettre d'Antoine Cyvoct adress&#233;e &#224; sa famille, dat&#233;e du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/q&gt;. Il forge aussi la r&#233;solution d'adopter une position critique face &#224; une propagande qu'il croit &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;seulement propre &#224; conduire les meilleurs r&#233;volutionnaires au bagne et &#224; l'&#233;chafaud&lt;/q&gt;. Il r&#233;ussit &#224; faire parvenir aux journaux fran&#231;ais deux lettres publi&#233;es le 21 mars 1894. Dans la premi&#232;re, alors que les attentats anarchistes se multiplient en France, Cyvoct &#233;crit aux compagnons pour r&#233;prouver de tels actes tout en d&#233;clarant demeurer fid&#232;le aux principes libertaires. Il s'adresse dans le m&#234;me temps &#224; la pr&#233;sidence de la R&#233;publique, d&#233;daignant par avance une &#233;ventuelle r&#233;compense pour sa r&#233;pudiation de la propagande par le fait (cf. &lt;i&gt;La Petite R&#233;publique&lt;/i&gt;, 21 mars 1894). En fait de r&#233;compense, il se voit priv&#233; du poste de biblioth&#233;caire qu'il occupait au bagne et plac&#233; aux corv&#233;es g&#233;n&#233;rales. Et le 6 juin, il est de nouveau puni pour avoir refus&#233; la corv&#233;e et correspondu sans passer par la voie administrative. Il est condamn&#233; &#224; un mois de cellule et &#224; la r&#233;trogradation &#224; la deuxi&#232;me classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;cembre 1895, S&#233;bastien Faure, &#224; travers &lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt; relance une campagne pour la lib&#233;ration de Cyvoct. Son appel est largement entendu par des intellectuels comme S&#233;verine, Arthur Ranc, Georges Clemenceau, Camille Pelletan et d'autres aussi &#233;loign&#233;s de l'anarchisme que peuvent l'&#234;tre Paul de Cassagnac ou Henri Rochefort qui n'a cess&#233; de s'int&#233;resser au cas de Cyvoct. En vain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mai 1897 s'organise un mouvement visant &#224; pr&#233;senter une candidature amnistiante pour Cyvoct &#224; l'occasion des prochaines &#233;lections l&#233;gislatives qui doivent avoir lieu l'ann&#233;e suivante. Le bagnard sera port&#233; dans le treizi&#232;me arrondissement de Paris, 2&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; circonscription, face au d&#233;put&#233; en poste Paulin-M&#233;ry. La campagne int&#233;resse le journaliste Henry Leyret, de la toute nouvelle &lt;i&gt;Aurore&lt;/i&gt;. Il &#233;crit quatre articles entre octobre 1897 et la gr&#226;ce obtenue le 3 janvier 1898. Ce m&#234;me jour, Paulin-M&#233;ry adresse un courrier au ministre de la Justice dans lequel il lui demande d'examiner avec bienveillance le dossier du for&#231;at. Le 22 janvier, Antoine Cyvoct embarque &#224; bord du Tana&#239;s &#224; destination de Sydney o&#249; il prend place &#224; bord de l'Armand-B&#233;hic en partance pour Marseille. Le 28 f&#233;vrier, il arrive en rade de Marseille o&#249; il est attendu par son p&#232;re et par quelques anarchistes dont S&#233;bastien Faure et Matha. Avant de prendre le train pour regagner Lyon, il apprend le d&#233;c&#232;s de son fr&#232;re &#8212; qui s'est beaucoup impliqu&#233; dans les campagnes pour sa lib&#233;ration &#8212; et son enterrement la veille.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;UN MILITANT CONTRE L'INJUSTICE &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le 20 mars, il arrive &#224; Paris o&#249; il prend la parole dans une r&#233;union sur le th&#232;me : la candidature Cyvoct pour l'amnistie des for&#231;ats encore au bagne. Paulin-M&#233;ry, de la &lt;i&gt;Libre Parole&lt;/i&gt;, qui souhaite parler, est expuls&#233; sans m&#233;nagement de la salle, visiblement contre la volont&#233; de Cyvoct qui souhaite entendre son contradicteur. Clemenceau, dans&lt;i&gt; L'Aurore&lt;/i&gt;, annonce qu'il &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;vote pour Cyvoct &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'Aurore n&#176; 201, 07-05-1898.&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/q&gt;, ce qui n'emp&#234;che pas le r&#233;sultat du suffrage d'&#234;tre d&#233;cevant. Sa candidature soul&#232;ve des protestations dans certains milieux anarchistes bien qu'il ait affirm&#233; qu'elle &#233;tait uniquement protestataire et destin&#233;e &#224; attirer l'attention sur le cas des anarchistes rest&#233;s au bagne. Il ne recueille que 862 voix sur 14 692 votants face aux 8 469 voix recueillies par le d&#233;put&#233; sortant Paulin-M&#233;ry et il est m&#234;me d&#233;pass&#233; par les 3 404 voix du socialiste Simon Boulet. Notons que le secr&#233;taire du comit&#233; &#233;lectoral pr&#233;sentant la candidature Cyvoct se nomme S. Boulet. Nous ignorons s'il y a identit&#233; entre les deux personnages. Par la suite, il s'entretient avec Clemenceau afin de cr&#233;er un parti r&#233;volutionnaire antiparlementaire qui pr&#233;senterait des candidats in&#233;ligibles aux &#233;lections.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En juin 1898, l'anarchiste se brouille avec Rochefort en refusant une place au sein de &lt;i&gt;L'Intransigeant&lt;/i&gt; anti-dreyfusard pour rejoindre l'&#233;quipe dreyfusarde de &lt;i&gt;L'Aurore&lt;/i&gt;. Il commence alors une campagne en faveur du capitaine, demandant, avec E. Janvion et Ch. Malato, l'union sacr&#233;e dans la rue de tous les r&#233;publicains contre les antis&#233;mites (&lt;i&gt;L'Aurore&lt;/i&gt; des 16 et 18 ao&#251;t 1899). Toutefois, n'oubliant pas d'o&#249; il revient, il &#233;crit encore, en 1900, afin que la R&#233;publique &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;amnistie Massoubre, Grang&#233;, Chevry, Meunier, Bury, tous ces humbles qui, aimant le peuple, ont lutt&#233; pour lui, sont tomb&#233;s pour lui dans la m&#234;l&#233;e sociale &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Soir, 16-06-1900.&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/q&gt;. Depuis le 25 mai 1900, il est initi&#233; apprenti &#224; la loge des R&#233;novateurs de Clichy, o&#249; il est rejoint peu apr&#232;s par Paraf-Javal. Il quitte cependant la loge le 23 novembre 1904 apr&#232;s avoir rejoint le 15 du m&#234;me mois une nouvelle loge fond&#233;e le 6 : L'id&#233;al Social. Au sein de cette loge, il trouve une nouvelle tribune pour parler des &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;voies du socialisme&lt;/q&gt;, de &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;la magistrature&lt;/q&gt; ou encore de &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt; l'immoralit&#233; du suffrage universel&lt;/q&gt;. Le 12 f&#233;vrier 1907, Cyvoct est exclu de la loge, et la loge elle-m&#234;me exclue de l'ob&#233;dience de la Grande Loge Symbolique &#201;cossaise, &#224; la suite de l'apposition dans Paris et la banlieue d'affiches constituant &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;une injure grave &#224; la Ma&#231;onnerie Universelle &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Grande Loge de France, archives de la Grande Loge Symbolique &#201;cossaise, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 31 octobre 1902, l'ancien bagnard re&#231;oit communication de la lettre de Damians, dans laquelle il reconna&#238;t avoir sign&#233; l'article &#171; Un bouge &#187; inspir&#233; par Valadier. Depuis lors, il ne cesse d'essayer d'obtenir la r&#233;vision de son proc&#232;s. Il d&#233;pose un premier dossier dans ce sens en mars 1903 qui se solde par un &#233;chec notifi&#233; &#224; la fin de l'ann&#233;e. En f&#233;vrier 1904, il fait la connaissance de Louis Havet, membre de l'Institut et de la Ligue des Droits de l'Homme. La Ligue lui adresse alors M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; Bergougnan pour l'aider dans ses d&#233;marches mais Cyvoct et lui ne s'entendent pas sur la marche &#224; suivre : Cyvoct veut la r&#233;vision en prouvant qu'il n'est pas l'auteur de l'article &#171; Un bouge &#187;, Bergougnan estime qu'il y a un vice de forme et esp&#232;re obtenir l'annulation de l'arr&#234;t.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;h1&gt;La loi, rien que la loi... &lt;/h1&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Article 60 du Code p&#233;nal fran&#231;ais : &lt;/strong&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Seront punis comme complices d'une action qualifi&#233;e crime ou d&#233;lit, ceux qui, par dons, promesses, menaces, abus d'autorit&#233; ou de pouvoir, machinations ou artifices coupables, auront provoqu&#233; &#224; cette action, ou donn&#233; des instructions pour la commettre ; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8211; Ceux qui auront procur&#233; des armes, des instruments ou tout autre moyen qui aura servi &#224; l'action, sachant qu'ils devaient y servir ; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8211; Ceux qui auront, avec connaissance, aid&#233; ou assist&#233; l'auteur ou les auteurs de l'action, dans les faits qui l'auront pr&#233;par&#233;e ou facilit&#233;e, ou dans ceux qui l'auront consomm&#233;e ; sans pr&#233;judice des peines qui seront sp&#233;cialement port&#233;es par le pr&#233;sent Code contre les auteurs de complots ou de provocations attentatoires contre la s&#251;ret&#233; int&#233;rieure ou ext&#233;rieure de l'&#201;tat, m&#234;me dans le cas o&#249; le crime qui &#233;tait l'objet des conspirateurs ou des provocateurs n'aurait pas &#233;t&#233; commis.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Article 66 du Code p&#233;nal belge :&lt;/strong&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Seront punis comme auteurs d'un crime ou d'un d&#233;lit : ceux qui l'auront ex&#233;cut&#233; ou qui auront coop&#233;r&#233; directement &#224; son ex&#233;cution ; ceux qui, par un fait quelconque, auront pr&#234;t&#233; pour l'ex&#233;cution une aide telle que, sans leur assistance, le crime ou le d&#233;lit n'e&#251;t pu &#234;tre commis ; ceux qui, par dons, promesses, menaces, abus d'autorit&#233; ou de pouvoir, machinations ou artifices coupables auront directement provoqu&#233; &#224; ce crime ou &#224; ce d&#233;lit ; ceux qui soit par des discours tenus dans des r&#233;unions ou dans des lieux publics, soit par des placards affich&#233;s, soit par des &#233;crits imprim&#233;s ou non et vendus ou distribu&#233;s auront provoqu&#233; directement &#224; le commettre. &lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Article 67 du Code p&#233;nal belge : &lt;/strong&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Seront punis comme complices d'un crime ou d&#233;lit : ceux qui auront donn&#233; des instructions pour le commettre ; ceux qui auront procur&#233; des armes, des instruments, ou tout autre moyen qui a servi au crime ou au d&#233;lit, sachant qu'ils devaient y servir ; ceux qui, hors le cas pr&#233;vu par le &#167; 3 de l'art. 66, auront, avec connaissance, aid&#233; ou assist&#233; l'auteur ou les auteurs du crime ou du d&#233;lit, dans les faits qui l'ont pr&#233;par&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
ou facilit&#233;, ou dans ceux qui l'ont consomm&#233;. &lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le code p&#233;nal belge, issu du code fran&#231;ais, le l&#233;gislateur a pris soin d'ajouter que la provocation par machinations ou artifices coupables, si elle n'est pas directe, n'est pas r&#233;pr&#233;hensible. La provocation au crime et d&#233;lit par le biais de discours tenus en r&#233;union publique ou d'articles de journaux n'est donc, dans le code belge, pas assimilable &#224; une complicit&#233; morale. Ainsi, l'ajout d'un mot (&#171; directement &#187;) fit dire au d&#233;put&#233; et juriste belge Paul Janson que Cyvoct n'aurait pas pu &#234;tre condamn&#233; en vertu de leurs lois et il interpella &#224; la chambre en 1884 afin de r&#233;clamer le retour de Cyvoct, extrad&#233; en contradiction de la convention d'extradition conclue avec la France. &lt;br class='autobr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En ao&#251;t 1905, il &#233;crit &#224; Louis Havet qu'il veut se s&#233;parer de son avocat car &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;pour gagner la cause qui lui est confi&#233;e, il faut que l'avocat soit en pleine communion de pens&#233;e avec son client &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Biblioth&#232;que Nationale, N.A.Fr 24492, correspondance Louis Havet, lettre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/q&gt;. Il continue n&#233;anmoins &#224; travailler avec lui et Cyvoct renouvelle sa demande en r&#233;vision le 7 janvier 1904, puis le 14 octobre 1905, demandes dont il n'obtient rien. Il introduira une derni&#232;re fois ce recours en 1909 sans plus de r&#233;sultat. &#192; l'occasion des &#233;lections l&#233;gislatives du 24 avril 1910, alors que les anarchistes se lancent dans une campagne antiparlementaire de grande envergure, Cyvoct, encore une fois soutenu par Louis Havet, pr&#233;sentera une candidature de pure forme car il est toujours in&#233;ligible. Il sera alors port&#233; dans la 2&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; circonscription du dix-huiti&#232;me arrondissement de Paris et se retrouvera face &#224; l'anarchiste Eug&#232;ne Martin.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;TENTATION CLEMENCISTE &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Attir&#233; depuis longtemps par le th&#233;&#226;tre (il essaye de se faire embaucher au th&#233;&#226;tre de Gen&#232;ve, de Lausanne, tient un r&#244;le &#224; l'essai &#224; Verviers), il fait partie du groupe th&#233;&#226;tral du vingti&#232;me arrondissement, lequel se produit dans des f&#234;tes en soutien au mouvement anarchiste. Toutefois, &#224; l'arriv&#233;e de Clemenceau &#224; la pr&#233;sidence du Conseil de Clemenceau et du g&#233;n&#233;ral Picquart au minist&#232;re de la Guerre, il &#233;crit &#224; Louis Havet pour lui avouer sa &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;grande joie&lt;/q&gt; de voir arriver &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;ces deux hommes &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;[qui]&lt;/span&gt; honoreront grandement la France &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Biblioth&#232;que Nationale, N.A.Fr 24492, correspondance Louis Havet, lettre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/q&gt;. Devenu pauvre camelot, vendant des peignes pour assurer sa survie, en proie aux tracasseries de la mar&#233;chauss&#233;e, son admiration pour Clemenceau le pousse &#224; prendre parti pour la r&#233;pression sanglante contre les gr&#233;vistes du Nord et les vignerons du Midi en 1907, puis contre la gr&#232;ve des postiers en 1909 (lettres &#224; M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;me&lt;/sup&gt; Havet du 8 septembre 1907, lettre &#224; M. Havet du 21 mars 1909). Enfin, le 26 novembre 1910, il &#233;crit, d&#233;pit&#233;, &#224; son ami de l'Institut, qu'il n'est &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;nullement ni anarchiste, ni socialiste, &#8212; comme il faudrait l'&#234;tre &#8212; &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;[...]&lt;/span&gt; Il est notoire que chez les socialistes, comme chez les anarchistes, c'est la queue qui dirige la t&#234;te &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Biblioth&#232;que Nationale, N.A.Fr 24492, correspondance Louis Havet, lettre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5060 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;110&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/cyvoct-couv.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH316/cyvoct-couv-19883.jpg?1774826918' width='500' height='316' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt; A lire : &lt;a href=&#034;&#034; target=&#034;_blank&#034;&gt;&lt;i&gt;Machinations et artifices - Antoine Cyvoct et l'attentat de Bellecour (Lyon 1882) &lt;/i&gt; &lt;/a&gt; de Gallet Laurent &lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;A.D.Rh&#244;ne 2U464, dossier Cyvoct-Bonthoux, interrogatoire de Cyvoct. dat&#233; du 07-10-1882.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;A.D Rh&#244;ne 2U464. dossier Cyvoct-Assommoir, acte d'accusation dat&#233; du 23-11-1883.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le progr&#232;s&lt;/i&gt;, dat&#233; du 22-10-1882.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Lettre &#224; S&#233;bastien Faure parue dans &lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt; n&#176; 6, 21-28 d&#233;cembre 1895.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Archives Nationales, BB 18 6262, dossier de r&#233;vision, lettre de Damians, dat&#233;e du 31-10-1902.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;A.D.Rh&#244;ne 2U464, dossier Cyvoct-Assommoir, interrogatoires dat&#233;s du 18-08-1883.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;A.D.Rh&#244;ne 2U176, arr&#234;t de la cour d'assises du Rh&#244;ne, dat&#233; du 12-12-1883.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Archives Nationales, BB 24 2055, dossier 12363 S 1883, lettre du Procureur g&#233;n&#233;ral de Lyon Fabreguettes adress&#233;e au ministre de la Justice, dat&#233;e du 13-12-1883.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Archives Nationales, BB 24 2055, dossier 12363 S 1883, rapport du minist&#232;re de la Justice, dat&#233; du 05-02-1884.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Archives g&#233;n&#233;rales du Royaume de Belgique. Tribunal Correctionnel de Bruxelles, n&#176; 745. copie d'extrait des minutes du greffe du Tribunal de Premi&#232;re Instance, interrogatoire de Cyvoct, dat&#233; du 24-02-1883.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;CAOM, H143/Cyvoct, lettre de Cyvoct dat&#233;e du 24-12-1890.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;CAOM, H143/Cyvoct, lettre d'Antoine Cyvoct adress&#233;e &#224; sa famille, dat&#233;e du 14-12-1893.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;L'Aurore&lt;/i&gt; n&#176; 201, 07-05-1898.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le Soir&lt;/i&gt;, 16-06-1900.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Grande Loge de France, archives de la Grande Loge Symbolique &#201;cossaise, 12-02-1907.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Biblioth&#232;que Nationale, N.A.Fr 24492, correspondance Louis Havet, lettre d'Antoine Cyvoct, dat&#233;e du 04-08-1905.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Biblioth&#232;que Nationale, N.A.Fr 24492, correspondance Louis Havet, lettre d'Antoine Cyvoct, dat&#233;e du 25-10-1906.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Biblioth&#232;que Nationale, N.A.Fr 24492, correspondance Louis Havet, lettre d'Antoine Cyvoct, dat&#233;e du 26-11-1910.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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